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  • il y a 5 heures
Remontons le temps pour comprendre l'héritage de la centrale Émile Huchet, née après la Seconde Guerre mondiale pour soutenir la reconstruction et l'industrialisation de la Moselle. Cette installation, nommée en l'honneur d'un pionnier de l'acier et du charbon, a joué un rôle crucial dans l'économie locale et a chauffé des générations de Mosellans.

Aujourd'hui, le site Émile Huchet, d'une superficie de 100 hectares, représente bien plus qu'une ancienne centrale à charbon. Il incarne une infrastructure énergétique solide, dotée de compétences industrielles pointues et d'une forte culture d'entreprise, héritage d'une riche histoire.

Face aux défis de la décarbonation, la stratégie n'est pas la fermeture, mais la transformation. Découvrez comment ce site se positionne comme un atout majeur pour la réindustrialisation et l'innovation énergétique, en capitalisant sur sa localisation stratégique au cœur de l'Europe et sur le soutien indéfectible de la population locale.

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Transcription
00:13Bonjour, la Moselle Terre des énergies, nouvelle l'opus dans notre série d'émissions produites sur l'espace de Moselle
00:21Attractivité durant la FIM, la foire internationale de Metz.
00:24Aujourd'hui, nous allons évoquer la question de la transition énergétique avec Antonin Arnoux. Bonjour, Antonin.
00:31Bonjour, Jérôme et content de retrouver à nouveau le plateau de Moselle TV.
00:34Bonjour et merci de votre présence. Vous êtes le directeur du site Émile Huchet, Gaz et l'énergie.
00:40Alors, c'est une centrale dont on entend beaucoup parler. Émile Huchet, je vais vous demander de faire un peu
00:44l'Alain Decaux raconte,
00:47si vous voulez bien nous faire un brin d'histoire quand même avant de se projeter vers l'avenir de
00:51cette centrale Émile Huchet.
00:53Oui, revenons dans l'histoire. C'est encore l'un des derniers symboles de l'ère industrielle importante qu'a
01:00vécu notre territoire.
01:01Quand je dis le territoire, c'est la Moselle, la Sars. D'ailleurs, Émile Huchet, c'est le nom d
01:04'un des grands directeurs du bassin Moselle Sars pour l'acier et le charbon.
01:09Il a donné le nom à cette centrale, centrale qui a démarré dans les années 48, donc en fait juste
01:14après la Seconde Guerre mondiale.
01:16L'objectif, il était clair pour tout le monde. C'était comment on réunifie notre économie entre l'Allemagne et
01:22la France après la guerre.
01:23Et bien entendu, tout s'est fait autour du charbon. On revient à Robert Schumann, la communauté économique du charbon
01:27et de l'acier.
01:28Et donc, cette centrale est l'un des symboles importants de ce qu'a pu être cette nouvelle ère industrielle
01:33post Seconde Guerre mondiale.
01:35Donc, une centrale à charbon, tout le monde l'aura bien compris. Évidemment, puisque nous sommes en plein milieu du
01:40bassin Houillé-Moselland, la production d'énergie était destinée à qui en 1950, dans les années 50 ?
01:48Très clairement, c'était pour soutenir l'industrialisation, soutenir les aciéries qui avaient besoin d'électricité, soutenir le déploiement des
01:55réseaux électriques.
01:56Donc, l'objectif, c'était bien entendu d'utiliser tous les coproduits des mines, parce qu'en fait, la centrale
02:01est au barisande de beaucoup de mines en Moselle.
02:03La dernière mine, en 2004, s'arrête à la Houve, à Creusval, pas très loin de chez nous, vraiment à
02:07quelques kilomètres à vol d'oiseau.
02:09Donc, l'objectif, c'était d'utiliser tout le charbon qui n'était pas la matière première, qui, elle, allait
02:14plutôt vers, on va dire, des causes nobles, qui étaient l'acierie, etc.
02:18Et donc, tous les coproduits des mines étaient brûlés pour en faire de l'électricité, alimenter le réseau électrique.
02:24Donc, une histoire économique, une histoire humaine aussi, puisque de nombreux collaborateurs se sont succédés.
02:30Et même, vous avez chauffé de nombreux Mosellans dans l'Est, notamment.
02:35Exactement, oui. De toute façon, c'est des générations.
02:38Donc, quelque part, un site comme celui-là, il faut comprendre aussi d'où viennent les personnes, d'où viennent
02:43les familles, ce qu'elles ont pu vivre aussi au fil des générations.
02:48Et donc, un attachement, un ancrage très, très fort sur cette infrastructure, encore une fois, très symbolique et stratégique pour
02:54la Moselle-Est.
02:56Alors, vous avez constitué, alors quand je dis vous, c'est la centrale, évidemment, constitué une infrastructure énergétique importante sur
03:03le site,
03:04avec un accès au réseau électrique, des compétences de conduite et de maintenance industrielle, et puis une culture industrielle très
03:09forte.
03:10Ça aussi, ce sont des atouts sur lesquels vous vous appuyez aujourd'hui, en 2026, toujours.
03:16Claire, c'est des atouts très importants. Et pas que pour nous. Je pense qu'on a vécu collectivement l
03:22'annonce, l'arrivée de gros projets industriels ces dernières années.
03:26Et à chaque fois, les atouts sont toujours les mêmes.
03:28La Moselle, au cœur de l'Europe. On est au cœur du bassin de densité urbaine européenne, en partant des
03:35Pays-Bas jusqu'à l'Italie du Nord.
03:37Donc, on est vraiment au milieu, Paris-Centre, des super infrastructures routières, de logistique, de trains, etc.
03:44Ensuite, l'acceptation sociale. On voit bien que tout projet industriel qui est proposé aujourd'hui en Moselle, et notamment
03:50en Moselle-Est,
03:51fait l'objet d'un gros support de la population locale. Personne n'est contre.
03:55Alors, bien entendu, il y a des concertations pour ça. On en a fait plusieurs pour expliquer ce qui se
03:59passe.
03:59Mais les gens sont pour et accompagnent le progrès.
04:02Et bien entendu, une base de compétences techniques est quand même importante du fait de toute l'histoire industrielle.
04:08Et donc, bien entendu, l'objectif, c'est de maintenir cet élan de compétences et d'accompagner la réindustrialisation.
04:14Nous parlons de Centrale pour avoir une idée, pour une représentation la plus fine possible.
04:20De quoi parle-t-on en termes de superficie, d'installation encore présente sur le site?
04:25Alors, le site fait une centaine d'hectares.
04:28Pour ceux qui connaissent la plateforme chimique de Carlin-Saint-Avold, quand vous passez sur l'autoroute,
04:32toute la plateforme fait 600. Le site fait un sixième, 100 hectares.
04:35Sur les 100 hectares, on a encore des anciennes installations qui sont en cours de démantèlement.
04:42D'ailleurs, on a vu en 2024 le dynamitage d'une tour de la tranche numéro 5.
04:48qui nous reste la tranche numéro 6. On y reviendra un petit peu plus tard.
04:51C'est les 600 mégawatts. Et bien entendu, notre objectif, c'est à la fois de maintenir cette tranche
04:56pour la sécurité du réseau électrique et de rediversifier des activités énergétiques sur le site
05:01au fur et à mesure de démantèlement et d'aménagement.
05:04Alors aujourd'hui, évidemment, quand on parle de charbon, on n'est pas vraiment dans le tempo lié à décarbonation.
05:11On en reparlera dans quelques instants. Votre stratégie, ça n'est pas de fermer totalement, mais de transformer.
05:16Ça, c'est important aussi.
05:18Oui, alors clairement, la stratégie n'a jamais été de fermer.
05:22Bien entendu, il y a toujours une certaine simplicité en se disant on arrête le charbon
05:25et puis on mettra un petit peu d'argent sur la table et on verra bien ce qui se passe.
05:29En fait, c'est juste pas possible. Ça ne peut pas se passer comme ça.
05:33Un site, une réindustrialisation d'un site industriel qui est quand même des sites d'industrie lourde
05:38se font en 5 ans, 10 ans, 15 ans. Donc, il faut voir loin.
05:41Il faut comprendre quelle est la dynamique énergétique parce qu'on reste énergéticien
05:45et voir un petit peu la dynamique énergétique à 10 ans, 15 ans et l'accompagner.
05:49Donc, très clairement, notre objectif, il est triple.
05:52C'est de garder les 600 mégawatts pour sécuriser le réseau électrique.
05:56C'est d'aider le réseau électrique à être de plus en plus dynamique et de plus en plus flexible.
06:00On y reviendra, mais c'est le stockage d'électricité par batterie.
06:03Et bien entendu, c'est de verdir et d'amener de l'énergie aussi sur le territoire
06:07avec la production d'hydrogène décarboné et intégrer chez nous des industries fortement consommatrices
06:14pour les accompagner. Et typiquement, il y a le sujet des data centers.
06:17Ce que vous êtes en train de nous dire, c'est que transition énergétique, finalement,
06:21ne rime pas avec des industrialisations.
06:25Non, pas du tout.
06:25Bien au contraire.
06:26Non, bien du tout. Bien au contraire.
06:29La transition énergétique, c'est même un levier de souveraineté.
06:32Finalement, on le voit bien aujourd'hui.
06:34On a subi la crise énergétique en 2022.
06:37On est en train de la subir à nouveau avec ce qui se passe au Moyen-Orient.
06:41Et finalement, la transition énergétique, c'est de se donner les capacités
06:45de pouvoir compter sur une énergie qui ne dépend pas des autres.
06:48C'est ça, en fait, la transition énergétique.
06:49Et donc que nos usines ne dépendent pas tout le temps des fluctuations géopolitiques mondiales.
06:53Donc travailler sur la transition énergétique, c'est donner un regain de souveraineté à notre industrie.
06:57Et là, on est en plein dedans sur ce qu'on essaye de faire à Saint-Avol.
07:00Finalement, une transition réussie, c'est changer d'énergie sans perdre toutes les compétences sur le site.
07:06C'est ça. Et aussi maintenir la compétitivité, bien entendu.
07:10Parce que la transition énergétique doit être compétitive pour être en capacité d'accompagner la réindustrialisation de notre pays
07:18et le fait que les usines puissent continuer à produire de manière compétitive.
07:21Et bien entendu, garder les compétences dans le temps.
07:25Je pense qu'on ne change pas vraiment de compétence, quelque part.
07:30Nos salariés sur site, depuis des décennies, travaillent quoi ?
07:33Le courant fort, le courant faible, les pressions importantes de gaz dans les tuyauteries.
07:38Donc en fait, à partir du moment où vous savez gérer du courant fort, du gaz fort, de la chaleur,
07:42du froid,
07:44ça reste tout le temps.
07:45C'est juste que les équipements sont un peu différents.
07:47Et on vient, bien entendu, aller chercher un peu plus d'expertise sur certains nouveaux équipements.
07:53Mais grosso modo, le métier industriel ne change pas.
07:55Donc ce que vous nous dites, c'est que grosso modo, pour reprendre votre expression, les compétences basiques sont là.
08:01Exactement. Elles sont là.
08:02Elles se font aussi par la culture.
08:03Ce serait dommage de les perdre.
08:04Exactement.
08:05Et c'est une culture.
08:06Et une culture, ça ne s'apprend pas à l'école.
08:08Une culture industrielle, ça s'apprend sur le terrain.
08:10Ça se transmet par compagnonnage entre les anciens et les jeunes qui arrivent.
08:15Donc on a aussi besoin d'une certaine continuité d'emploi sur le site pour être en capacité de transmettre
08:20cette culture,
08:21la culture de la gestion du risque industriel, la culture de la performance.
08:25Et ça, ça se transmet au fur et à mesure des générations.
08:29Alors vous avez parlé tout à l'heure de la tranche numéro 6, si j'ai été attentif.
08:33C'est bien ça.
08:33Donc c'est celle qui reste, qui ressemble à la tranche qui a été dynamitée il y a deux ans.
08:37C'est ça, à peu près ?
08:38La tour Aero, oui, c'est ça.
08:39Voilà, la tour Aero.
08:40Et donc c'est la tranche numéro 6.
08:42Aujourd'hui, à quoi sert-elle ?
08:45Combien de collaborateurs sont sur place ?
08:47Alors là, aujourd'hui, cette tranche-là, elle sert vraiment à sécuriser les journées les plus difficiles du réseau électrique.
08:53Si on reprend le réseau électrique, pour donner quelques grands chiffres et se rendre compte, quand même en France,
08:58on appelle l'hiver l'équivalent de deux fois la taille du parc nucléaire français.
09:03Il fait froid.
09:03Quand vous dites qu'on appelle, c'est-à-dire qu'on a recours à deux fois...
09:06C'est-à-dire que la consommation en appel instantané, par exemple, un hiver, au mois de janvier, quand il
09:11fait très froid le matin,
09:12le pic de consommation, c'est l'équivalent de deux fois la puissance du parc nucléaire français.
09:17Deux fois, c'est énorme.
09:18Donc le parc nucléaire français, on entend souvent parler qu'on est excédentaire en électricité.
09:23Oui, 90% du temps, mais vous avez un nombre de jours assez limité, à peu près une vingtaine de
09:29jours par an, où il faut aller chercher bien plus.
09:31Et c'est là que ce genre de centrale intervient.
09:33C'est pour permettre aux Français de se réveiller le matin en utilisant leur ripin.
09:38C'est pour permettre aux usines de toujours commencer le matin à travailler à partir de 6 heures du matin.
09:42Et c'est ça, l'objectif de ce genre de centrale.
09:44C'est quand il n'y a plus assez de solaire, plus assez de vent, qu'on est limité aussi
09:48en termes d'eau, des fois dans les barrages électriques.
09:50Ces centrales-là, c'est les centrales de pointe qui permettent de garantir la sécurité du réseau.
09:54Donc pour éviter ce qu'on appelle le blackout, je crois, dans le jargon des énergéticiens.
09:58Et depuis ces dernières années, vous avez été appelé, puisque c'est la façon dont cela se dit, combien de
10:05fois ?
10:06Alors forcément, on a dû redémarrer pendant la crise énergétique.
10:10Pourquoi ? Parce qu'on avait un problème de disponibilité sur le parc nucléaire.
10:15Et en parallèle, on avait une crise gazière avec la Russie,
10:19qui a fait que finalement, ces centrales-là au charbon étaient un combustible différent
10:22qui permettait de garantir une sécurité et un marché qui puisse tenir.
10:29Donc là, on a bossé pas mal de semaines en 2022-2023 pendant l'hiver.
10:33Là, sur le dernier hiver, on n'est plus sur une semaine cumulée de production, on va dire.
10:387 à 10 jours. On s'attend à peu près à faire la même chose cet hiver, voire peut-être
10:42un peu plus.
10:43Alors cette centrale, donc tranche numéro 6, a quand même un avenir relativement court au charbon.
10:49Je crois que c'est la fin de l'année, normalement.
10:51Moins de mars.
10:52Moins de mars.
10:53Fin de l'hiver.
10:53Fin de l'hiver, donc 2027.
10:57Où en est-on aujourd'hui concrètement de ce dossier de transition de l'énergie du charbon à une énergie
11:03propre ?
11:04Une énergie beaucoup moins carbonée, le gaz, voire migration vers le biogaz.
11:10Notre objectif, très clairement, c'est maintenir ces 600 mégawatts.
11:13Je vous l'ai dit, on a besoin de deux fois la taille du parc nucléaire l'hiver pour passer
11:16les pics.
11:16Donc on a besoin de ces centrales.
11:19On a clairement besoin.
11:21Mais il faut décarboner.
11:22Donc en fait, on ne se lève pas le matin pour brûler du charbon.
11:24Ce n'est pas l'objectif.
11:25On se lève le matin pour sécuriser le réseau électrique des Français.
11:28Et bien entendu, passer du charbon au gaz, ça demande pas mal d'investissements.
11:32On dit quasiment 100 millions d'euros qui vont se faire pendant à peu près un an et demi.
11:37Mais le déclenchement de ces investissements vont être liés au fait que le réseau électrique nous donne une visibilité long
11:42terme sur le fait que cette centrale va permettre de le sécuriser.
11:45Et ça, ça passe par des enchères.
11:47On appelle ça les nouvelles enchères du mécanisme de capacité.
11:50Et ces enchères-là auront lieu en janvier.
11:52Donc en fait, on saura normalement, alors sauf si la date bouge, on saura fin janvier si la centrale est
11:58retenue à horizon 2040, 2045 pour sécuriser le réseau électrique.
12:01Et ça nous permettra de passer au gaz naturel.
12:04Donc aujourd'hui, rien n'est écrit encore malgré la fameuse loi Saint-Avold qui a été votée à l
12:10'unanimité.
12:11Je crois que les deux chambres ont voté à l'unanimité.
12:15C'est un peu paradoxal comme situation, non ?
12:17Alors une loi nous permet l'éligibilité aux enchères.
12:21La loi, ça a été un moment incroyable.
12:23Je veux dire, une dynamique collective.
12:25Moi, il ne faut pas qu'on cède à la fatalité vis-à-vis de notre réindustrialisation et la capacité
12:29de notre territoire à se réindustrialiser.
12:31Quand je vois ce qu'on a été capable de faire pour la loi Saint-Avold, on y arrivera.
12:34On y arrivera, mais il va falloir aller sur chaque projet, défendre le territoire, quitte à monter à Paris comme
12:40on l'a été fait sur la loi.
12:41Mais on y arrivera, projet par projet.
12:43Et donc là, la dynamique collective et le président Weyten en tête a permis d'avoir ce consensus.
12:50Et que tout le monde comprenne que 600 mégawatts sur un réseau électrique, ce n'est pas une paille.
12:54On en a besoin.
12:55Et donc, il faut le maintenir.
12:56Et ça, il y a un consensus politique qui est indéniable.
12:58Donc, cette loi nous a permis de nous rendre éligibles à ces enchères.
13:02Maintenant, on va aller aux enchères.
13:05Faut-il encore que les enchères soient suffisamment bien dimensionnées pour laisser la place à cette centrale ?
13:10Ça veut dire quoi, bien dimensionnées ?
13:11Ça veut dire qu'on puisse répondre quand on est de la taille d'Émiluchet ?
13:14Que ne soit ni trop gros, ni trop petit ?
13:16Très clairement, le réseau électrique, tous les ans, va mettre aux enchères une capacité.
13:21C'est-à-dire, je vous ai dit, l'hiver, on appelle deux fois la taille du parc nucléaire.
13:25Donc, en fait, à peu près, deux fois la taille du parc nucléaire va être mise aux enchères tous les
13:30ans par le réseau électrique.
13:33La seule chose, c'est qu'aujourd'hui, il y a beaucoup d'actifs sur le réseau.
13:36Donc, il faut qu'on s'assure qu'il y a une juste place qui soit réservée à cette centrale
13:40pour qu'on puisse jouer.
13:41Je donne toujours l'exemple d'un terrain de foot.
13:42Aujourd'hui, on connaît le nombre de joueurs qui vont aller jouer.
13:45Le problème, c'est qu'il faut que le terrain de foot soit suffisamment gros, suffisamment grand, pour que tous
13:51les joueurs puissent jouer.
13:52Voilà.
13:52Et donc, en fait, c'est ce qui est en train de se passer aujourd'hui.
13:54On est en train de s'assurer que, techniquement, la centrale puisse jouer au milieu du terrain de foot.
14:00Pour ceux qui jouent au foot, c'est sûr que c'est difficile de jouer à 11 sur un terrain
14:04de 5, par exemple.
14:05C'est exactement ça.
14:06C'est difficile.
14:07Alors, un peu de, comment dire, pas d'inquiétude, mais on sent que le monde politique est mobilisé pour que
14:14ces enchères de janvier laissent la place à la centrale.
14:17Les Miluchet, néanmoins, j'allais dire, vous ne restez pas attentiste puisque vous poursuivez un certain nombre de projets sur
14:23le site, avec notamment, vous l'avez un peu évoqué tout à l'heure, sur le stockage de l'énergie,
14:29notamment de l'électricité.
14:30Alors, de quelle façon ?
14:31Alors, très clairement, on installe des batteries, donc c'est des gros containers, vous pouvez les voir, c'est des
14:36containers blancs, où il y a plein de batteries à l'intérieur.
14:39Donc, c'est des milliers de petits modules.
14:41Là, aujourd'hui, on a 100 MW, donc c'est un sixième de la taille de la centrale, pendant deux
14:47heures.
14:47Donc, en fait, on est capable d'injecter sur le réseau ou d'aspirer du réseau l'équivalent d'un
14:53sixième de notre centrale pendant deux heures.
14:55Donc, c'est deux sujets différents.
14:56La centrale est là pour sécuriser l'hiver, les batteries sont là tous les jours, toutes les secondes, pour aider
14:59le système électrique.
15:01Donc, on est directement relié au système électrique.
15:04Et donc, un peu comme un amortisseur d'une voiture, la batterie vient pallier à la hausse ou à la
15:08baisse les soubresauts du système électrique,
15:11qui voit d'un côté des renouvelables qui montent ou qui descendent en permanence.
15:14Il suffit qu'un nuage passe dans une région et vous perdez drastiquement de l'électricité.
15:18Ou alors que des consommateurs, ça s'éteigne ou s'allume en permanence.
15:21Et donc, les batteries font le tampon.
15:23Donc, ça, c'est opérationnel.
15:24Voilà, on a déjà deux beaux projets.
15:26Donc, c'est à peu près 50 millions d'euros qui ont été investis sur le site ces deux dernières
15:29années.
15:29Mais ça fonctionne, cet amortisseur ?
15:32Ah oui, oui, ça fonctionne très bien.
15:33C'est hyper dynamique.
15:34Des batteries, c'est en un claquement de doigts.
15:37Vous les mettez soit à la hausse, soit à la baisse.
15:38Et le système électrique pourrait être en capacité d'intégrer encore plus de renouvelables
15:42et donc de réussir cette transition énergétique.
15:44On a besoin de ces amortisseurs.
15:46Alors, vous nous parlez de deux gros containers, de grosses batteries.
15:49Si je vulgarise un peu, est-ce qu'il y a d'autres projets pour en fabriquer ?
15:53D'autres ?
15:54Alors oui, aujourd'hui, on a reçu le permis de construire d'ailleurs récemment.
15:58La décision d'investissement arrivera normalement d'ici la fin de l'année.
16:01On devrait quadrupler la taille du parc à peu près sur site d'ici 2028.
16:08Donc voilà pour le stockage de l'énergie, donc avec ces grosses batteries.
16:12Et puis, il y a un autre sujet qui est celui de l'hydrogène avec un...
16:16Ce n'est même pas un projet, c'est un...
16:18Comment dire ?
16:20C'est un actif qui est prêt à construire.
16:22Un actif prêt à construire qui s'appelle Émilie avec HY.
16:26Donc, c'est de l'hydrogène, mais qui n'est pas de l'hydrogène natif
16:29comme celui dont on parle du côté de Pompière dans le district urbain de Folquemont.
16:33Non, celui-là, il ne vient pas du sous-sol directement.
16:34Comment est-il ? D'où vient-il ?
16:37Alors, l'eau vient du sous-sol.
16:38Mais en fait, l'objectif de cet hydrogène électrolytique,
16:42c'est-à-dire qu'on casse une molécule d'eau avec un courant électrique.
16:45Et donc, en cassant une molécule d'eau H2O avec un courant électrique,
16:48vous avez du H2O d'un côté et de l'oxygène de l'autre.
16:50Voilà. L'objectif, c'est d'utiliser un courant électrique qui soit renouvelable ou décarboné.
16:56Et donc, ça permet de fournir des molécules d'hydrogène dans un réseau décarboné
17:02aux heures où l'électricité n'est pas chère.
17:04Et on en a de plus en plus d'heures où l'électricité est abondante,
17:07même trop abondante sur le réseau électrique.
17:08Donc, c'est l'objectif.
17:09Donc, après, il faut fournir un industriel.
17:11Aujourd'hui, la demande est tirée par l'Allemagne et l'aciériste Zarchtal,
17:15qui souhaitent utiliser beaucoup d'hydrogène dans le futur,
17:19hydrogène décarboné, pour purifier son minerai de fer et vendre de l'acier vert.
17:24Donc, tout va défendre un peu de la politique européenne
17:28à être en capacité vis-à-vis du prix du carbone
17:31de rendre une production d'acier vert à partir d'hydrogène compétitive.
17:35C'est tout l'objectif aujourd'hui.
17:36Donc, nous, en tant qu'énergéticiens et fournisseurs d'énergie, on est prêts.
17:39Notre projet est prêt de construire.
17:41On a les autorisations pour le faire.
17:43Et on accompagne la montée en puissance de l'acieriste dans sa course à l'acier vert.
17:47Est-ce que vous pouvez nous donner quelques chiffres ?
17:49Je les ai sous les yeux, mais je peux vous les laisser sur ce projet Émilie ?
17:53Alors, le projet Émilie, comme il est là aujourd'hui,
17:56sur les prochaines étapes, on serait plutôt sur un projet
17:59qui va faire à peu près 100 MW.
18:02Alors, il était ambitionné à 200 MW,
18:05mais comme on monte crescendo au fur et à mesure que le client y va,
18:08on serait plutôt sur une centaine de MW au démarrage.
18:11Pour environ entre 100 et 200 millions d'euros en fonction des équipements.
18:15Et combien de tonnes, si c'est en tonnes, que l'on compte d'hydrogène ?
18:19Alors là, on serait sur entre 15 et 20 000 tonnes,
18:22à peu près par an d'hydrogène sur ces premières phases.
18:25Donc, on a parlé de la façon de stocker l'énergie,
18:28de ce projet de fabrication d'hydrogène vert.
18:31Il y a aussi un autre projet, c'est celui d'attirer de nouvelles entreprises sur votre site,
18:37puisque vous nous l'avez dit, il y a une centaine d'hectares.
18:39Donc, forcément, vous avez du foncier, il y a de la place.
18:42Exactement.
18:42Alors, on a essayé déjà, parce qu'on a essayé avec la chimie verte,
18:47qui a été un projet fort et phare aussi.
18:50C'était le projet Circa.
18:51L'objectif, c'était de refaire des molécules biodégradables à partir de bois, en le gazéifiant.
18:59Malheureusement, on est toujours un peu sur les équations de compétitivité économique des usines en Europe
19:03et un peu de la taxe carbone aux frontières et des enjeux entre ce qui est importé de la Chine
19:08et ce qu'on est capable de faire chez nous.
19:09Typiquement, c'est le genre de projet qui a su trouver un démarrage de financement,
19:13mais qui n'a pas pu finaliser le projet par manque de compétitivité
19:16par rapport à ce qu'on peut importer de l'extérieur.
19:22Mais ce n'est pas pour ça qu'on lâche l'affaire.
19:24On continue.
19:25On a bien compris que sur le site, vous étiez tenace.
19:27On ne lâchera pas.
19:28Ah oui, exactement.
19:29Je pense que ça peut être écrit aussi.
19:31La pugnacité, exactement.
19:33Et on ne lâchera pas parce que ce site est juste incroyable.
19:35Je vois toutes les infrastructures, le personnel,
19:39les gens qui habitent aussi en Moselle-Est et qui nous soutiennent en permanence.
19:42On ne peut qu'y arriver.
19:43Donc voilà, c'est ce que je vous ai dit.
19:45Un site industriel comme celui-là, c'est 5 ans, 10 ans, 15 ans.
19:48Donc il faut être résilient.
19:50Ça va au-delà d'un mandat présidentiel.
19:51Et donc, il faut être résilient dans le temps.
19:53Et très clairement, on continue.
19:55En passant du charbon au gaz, on va libérer beaucoup d'espace.
19:57Parce que le parc à charbon, le parc à centre, je n'en aurai plus besoin.
20:00Et donc là, typiquement, on regarde aussi se projeter sur un data center.
20:04Un data center d'une entreprise connue ?
20:08Vous avez déjà des pistes ?
20:09Alors pour l'instant, on cherche le bon partenaire.
20:11L'objectif, c'est d'avoir un partenaire sur le long terme.
20:14Et pourquoi un data center à cet endroit ?
20:16Quels seraient les atouts du site pour un data center, pour son implantation ?
20:19Alors un data center, déjà, il a besoin de foncier.
20:22Donc en libérant de l'espace, en arrêtant le charbon et en passant au gaz,
20:25on aura du foncier suffisamment.
20:27Il faut des gros câbles électriques.
20:29Donc une bonne capacité au réseau électrique.
20:31C'est ce qu'on a.
20:32Vu la taille du site historique, on les a.
20:35Et il faut de l'eau.
20:36Il faut aussi de l'eau pour refroidir.
20:37Et je pense que aussi, l'une des forces de la Moselle Est,
20:39c'est d'avoir beaucoup d'eau disponible.
20:42Donc en fait, on est en capacité assez rapidement sur un site qui est déjà entropisé.
20:46On parle beaucoup aussi de zones,
20:48de ne pas artificialiser de nouvelles zones.
20:51Là, c'est clairement le cas.
20:52On a un site qui est prêt.
20:53Les infrastructures sont là.
20:54Le personnel est là sur tous ces sujets-là.
20:57Donc il n'y a plus qu'à.
20:58Mais il faut trouver le bon partenaire.
21:00Parce que nous, on sait vendre de l'énergie,
21:01mais on ne sait pas vendre de la donnée.
21:02Donc il faut trouver le partenaire qui sait, lui, vendre des données.
21:05Encore quelques instants avec vous, Antonin Arnoux,
21:08directeur du site Émiluchet, sur les compétences et les emplois.
21:12Rappelons le nombre de collaborateurs qui sont sur le site
21:15et qui sont évidemment prêts à cette transformation,
21:19à cette valorisation de l'énergie verte.
21:22Là, très clairement, sur site aujourd'hui,
21:24on est quasiment une centaine de collaborateurs.
21:27Mais quand je vois, par exemple, on sort d'une révision annuelle,
21:30le nombre de sous-traitants qui peuvent passer pendant l'été pour nous aider
21:33ou qui sont là même à l'année.
21:35On parle vite d'emplois impactés vis-à-vis de l'activité de ce site.
21:39300, voire 400 emplois.
21:40Ça va assez vite.
21:43C'est des grosses industries.
21:44Donc en fait, très rapidement,
21:46on est obligé de déployer beaucoup de moyens.
21:48Et je pense que ça me permet aussi peut-être de faire une transition
21:50avec l'impact local qu'on peut avoir.
21:53C'est vrai qu'on parle souvent des emplois directs.
21:55Mais en fait, il ne faut pas oublier qu'on fait bosser énormément de sous-traitants.
21:58On fait partie des grands donneurs d'ordre, je pense, de la Moselle.
22:01Quand je fais le bilan un petit peu des dernières années,
22:03sur les 4-5 dernières années,
22:06c'est plus de 150 millions d'euros qui ont été injectés en Moselle
22:09quand même via toutes les activités qu'on crée,
22:12via les investissements qu'on fait.
22:15Et au-delà de ça, je voulais mettre un petit point aussi particulier.
22:18Quand on a redémarré le charbon, il y a eu un fonds de compensation carbone.
22:21En fait, on nous a demandé de compenser le surplus de CO2
22:25qui a été émis pendant la crise.
22:26Et ça, ça a été une retombée directe puisqu'on a aidé de la reforestation,
22:30on a aidé des agriculteurs sur le territoire en Moselle
22:32pour à peu près 7 millions d'euros.
22:34Un dernier mot sur le rôle du territoire.
22:38Vous le disiez, le territoire proche de chez vous
22:40est derrière vous et derrière la centrale Émiluché.
22:43Mais c'est évidemment plus large.
22:44Tout le monde se mobilise pour que cette centrale puisse se convertir
22:48au biogaz dans les prochaines années.
22:49Oui, je crois beaucoup à la force d'un territoire
22:51pour arriver à se sortir de la situation.
22:56On se rend bien compte qu'un industriel tout seul n'y arrivera pas.
22:59Un territoire sans les industriels ou sans les entreprises n'y arrivera pas aussi.
23:03Donc c'est vraiment cette dualité.
23:05Et quand je dis territoire, c'est bien entendu les collectivités.
23:08C'est les collectivités, mais c'est aussi l'état local.
23:11L'état local qui est aussi très aidant
23:13et qui est aussi là pour aider à faire émerger les projets.
23:16Donc en fait, c'est un peu même un triptyque
23:18entre les entreprises, les collectivités et l'état local
23:21pour être en capacité d'aller arbitrer,
23:24de discuter en permanent sur quels sont les challenges
23:26qu'on peut avoir sur un projet
23:27et essayer de trouver les solutions au cas par cas.
23:30Et petit pas par petit pas, on y arrivera.
23:32Voilà, ténacité pour la centrale Émiluché et prospective.
23:36Et vous demandez non pas de lire dans une boule de cristal
23:39parce que vous avez beaucoup plus d'informations sûres
23:42pour être porté vers l'avenir.
23:44À quoi ressemblera Émiluché en 2035, 2036 ?
23:50Selon vous ?
23:51Selon la trajectoire qu'on est en train de mettre en place.
23:54Il assurera la sécurité du réseau électrique
23:56avec les 600 MW qui passeront au gaz.
23:59Il assurera la résilience du système électrique
24:01avec la flexibilité et les batteries.
24:03Il assurera une certaine souveraineté énergétique localement
24:06avec la production d'hydrogène décarboné.
24:08Et il assurera la souveraineté numérique avec un data center.
24:11Voilà un petit peu ce que je vois pour 2035 sur le site.
24:14C'est tout ce qu'on vous souhaite, évidemment, Antonin Arnoux,
24:17directeur du site Émiluché chez Gazelle Énergie.
24:20Merci beaucoup.
24:21Merci, Jérôme.
24:22L'information continue sur Moselle TV.
24:25Merci.

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