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  • il y a 19 heures
Enfant prodige du piano, concertiste, compositrice, amie intime de Franz Liszt, élève de Camille Saint-Saëns, pédagogue… Marie Jaëll n’a eu de cesse de vivre pour la musique. Comme de nombreuses femmes, elle disparut de l'histoire pendant près de 70 ans… Alors qu'en 2025 sera célébré le centenaire de sa mort, son œuvre revient peu à peu sur le devant de la scène. Et la génération montante des musiciens s'en empare.
Mêlant les nombreux écrits de Marie Jaëll, interprétés par une comédienne, aux éclairages de ceux qui jouent ses œuvres ou les étudient, ce film propose un véritable voyage musical. De sa terre natale l’Alsace, à l’Allemagne, l’Autriche et Paris, il fait le récit inédit et nécessaire d'une grande dame de la musique…

Réalisé et écrit par Damien Fritsch.

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Transcription
00:01:00Comment pourrait-on en mourir ?
00:01:02La vérité des vérités, c'est ma passion pour l'art.
00:01:07Chaque fois que je l'ai méconnue, j'ai erré dans les ténèbres et j'ai perdu la trace de
00:01:13la lumière.
00:01:16Maintenant, je l'ai retrouvée et me suis retrouvée moi-même.
00:01:59La maison de Marie-Jeanelle, il n'y a rien d'autre, il n'y a pas d'autre commentaire.
00:02:04La maisonnette que son père avait fait construire dans Jarnin, pour qu'elle puisse s'exercer au piano, qu'elle
00:02:10soit tranquille.
00:02:10Elle est née le 17 août 1846. Elle était la cadette de trois enfants.
00:02:16Il n'y a rien qui, dans la famille, prédisposait quelqu'un à faire de la musique.
00:02:22Mais il se fait qu'il y avait des musiciens ambulants dans le nord de l'Asas, mais pas seulement.
00:02:30Elle a été fascinée par ses musiciens et elle s'est obnubilée à vouloir absolument qu'on lui achète un
00:02:40piano.
00:02:41Ses parents, en désespoir de cause, si j'ose dire, pour avoir un peu la paix, ont fini par acheter
00:02:47le piano.
00:02:48Il s'est révélé que, très vite, l'instituteur du coin a été dépassé par les lèvres.
00:02:53À ce moment-là, elle a été envoyée à Stuttgart, si mes souvenirs sont bons, effectivement, pour y prendre des
00:03:02leçons.
00:03:03C'est sa mère qui, en fait, surveillait toute cette éducation.
00:03:07Et de ce fait-là aussi, elle n'est jamais allée à l'école à proprement parler.
00:03:11C'est sa mère qui a assumé l'éducation de la petite prodige.
00:03:17Ce n'est pas un original, mais une reproduction de Marie-Jale.
00:03:21Elle a enfant, à 9 ans.
00:03:23C'est très joli de la voir là, parce qu'avec ses petites boucles, ça faisait une petite artiste tout
00:03:28à fait appréciée.
00:03:33Et l'autre, qu'est-ce qu'il y a de la suite ?
00:04:01Oui, j'adore passionnément jouer du piano.
00:04:06C'est une des plus grandes joies de ma vie.
00:04:09C'est beau.
00:04:10C'est beau de sentir qu'on fait passer toute son âme à travers ses touches d'ivoire.
00:04:15C'est beau de l'entendre vibrer.
00:04:18Et de sentir qu'il fait vibrer d'autres âmes.
00:04:22Je m'aime moins que le piano.
00:04:24Mais j'aime moins le piano que la musique.
00:04:28Devant nos passions, nous devenons des enfants.
00:04:33C'est beau de l'entendre.
00:04:51C'est beau de l'entendre.
00:04:54C'est beau de l'entendre.
00:05:01C'est beau de l'entendre.
00:05:13C'est beau de l'entendre.
00:05:25des revues que sa mère de Jaël.
00:05:28Et donc, ce sont des années de son plus de ces revues,
00:05:32elle est en train de comparer à ses proyges Mozart et Mendelssohn.
00:05:37Donc, elle était de m'aussi à être un proyge dans ses années.
00:05:40Dans ses années, elle était souvent appelée à «géniose».
00:05:44J'ai eu l'impressionné Marie Jaël
00:05:47pendant ma PhD dans le livre de Princeton.
00:05:49C'était plus d'une fois 10 ans.
00:05:51Et, en tant qu'elle a joué une partie partie en ça,
00:05:53elle m'a apporté dans ma minde,
00:05:56parce que j'ai pensé que c'était vraiment important
00:05:58la façon dont elle a apporté des fields
00:06:00qui n'ont toujours en dialogue avec l'autre,
00:06:02comme la performance, la pédagogie, la musicologie, et la théorie musicale.
00:06:07Ils ont tous parlé à l'autre.
00:06:22Je suis dans ma chambre, écrivant, rêvant, pensant, dormant,
00:06:28toujours avec le même but devant les yeux, quoi que je fasse.
00:06:32Apprendre à composer, passion qui ne me quitte jamais.
00:06:37Je me réveille le matin avec elle, je m'endors avec elle le soir.
00:06:42Mais je souffre de ne trouver personne qui aime la musique autant que moi.
00:06:47Et le vide s'empare de mon âme lorsque rien, parmi ceux qui m'écoutent,
00:06:52ne répond à mon élan passionné vers le beau.
00:06:57Elle a fini par rencontrer un certain Alfred Jaël.
00:07:00Comment elle a rencontré un certain Alfred Jaël,
00:07:03qui était un des plus grands pianistes quand même à l'époque.
00:07:05Il est vraisemblable qu'elle a pris des conseils, des leçons auprès de cet Alfred Jaël.
00:07:13Et cet Alfred Jaël, on le voit sur cette photo qu'il lui a dédicacée,
00:07:19a peut-être été un peu touché par la jeune pianiste, si vous voulez.
00:07:24Cette photo est de 1865.
00:07:27Un an après, il épousait son élève à Paris.
00:07:32Il avait une énorme réputation, en particulier pour les trilles.
00:07:35D'où le dessin ici, avec dix doigts à chaque main.
00:07:38Vous voyez ?
00:07:42Dix doigts à chaque main, carrément.
00:07:45Là, voilà, le jour du mariage.
00:07:47C'est tout à fait touchant.
00:07:49Et ici, beaucoup plus tard, évidemment.
00:07:52Là, c'est la photo de 1866.
00:07:56Mais celle-là, elle a été faite à Paris.
00:07:58C'est certainement vers 1881.
00:08:00C'est une photo où ils sont tous les deux,
00:08:02enfin lui en particulier, déjà bien âgés.
00:08:04C'est assez rare qu'on associe, comme il est dit ici,
00:08:07« Nos deux pianistes voyageurs, on les associe ensemble lors de tournées ».
00:08:12Et c'est effectivement ce qui s'est passé.
00:08:15Lui, on estimait qu'il avait un toucher plus doux qu'elle, mais qu'il se complétait.
00:08:21Enfin, finalement, ce couple artistique sillonne toute l'Europe.
00:08:25Ils font connaître les musiciens qui nous paraissent maintenant être connus,
00:08:30comme Beethoven, Brahms, Chopin, Liszt, Lassence, Schumann,
00:08:34mais qui, à l'époque, étaient la nouvelle musique.
00:08:37Et vous voyez ici le premier concerto,
00:08:40et avec une dédicace de Liszt donc à Alfred,
00:08:44qui le remercie parce qu'effectivement, il a fait, il a joué ce concerto
00:08:48avant même qu'il ne soit imprimé.
00:08:50Les critiques ne pouvaient s'empêcher de tempérer, malgré tout, les félicitations envers une femme.
00:08:56Alors, le mieux, c'est quand même de lire le texte,
00:08:59parce que, véritable révélation d'une grande pianiste mercredi dernier chez Erhardt,
00:09:03c'est toujours les grands noms, les grandes salles parisiennes,
00:09:06Madame Jaël est devenue absolument l'alter ego de son mari.
00:09:09Elle peut traiter, aujourd'hui, de puissance à puissance,
00:09:13avec les plus grands virtuoses du secte fort.
00:09:16Un duor à Dieu piano par Monsieur et Madame Jaël devient un combat à outrance
00:09:21qui laisse le public aussi embarrassé qu'émerveillé.
00:09:23Vous voyez, il faut quand même toujours un peu tempérer,
00:09:25c'est un combat à outrance,
00:09:27mais c'est quand même reconnaître qu'elle savait jouer avec lui, en tout cas, à une bonne place.
00:09:40Si seulement j'avais les mains d'un homme, c'est une des choses que je leur envie.
00:09:45Nous n'arrivons à la puissance que par la beauté,
00:09:48et cette beauté est pour nous la plus grande des impuissances.
00:09:53Oui, je leur envie ces grosses mains larges, nerveuses, pesantes et osseuses.
00:09:58Ce sont des pattes affreuses et des sons divins.
00:10:02Pourtant, si j'avais ces pattes-là, je ne saurais pas ce que je sais,
00:10:07et pourvu que je puisse arriver au but.
00:10:10Est-ce que la femme doit donc toujours succomber ?
00:10:13Et doit-elle faire le choix entre les ailes du corps et celles de l'âme ?
00:10:18Sacrifier les unes aux autres ?
00:10:20Ne peut-elle pas garder quatre ailes ?
00:10:24Donc ça, c'est la main de Liszt ?
00:10:27Oui.
00:10:28À l'époque, les musiciens se mettaient des poids,
00:10:31se mettaient toutes sortes d'objets entre les doigts pour les étirer,
00:10:36pour allonger les cartes,
00:10:38pour justement perfectionner la technique pianistique.
00:10:40Mais là, c'est vrai que cette main, c'est vraiment fascinant.
00:11:01C'est parti !
00:11:32Alors Alexandre, ça c'est un morceau qu'elle a dédié à son mari.
00:11:36C'est un morceau qu'elle a dédié à son cher époux Alfred Jaël, qui était un grand ami de
00:11:45Franz Liszt.
00:11:46Et que Franz Liszt l'admirait beaucoup. Et un jour, ils étaient au concert d'Alfred Jaël.
00:11:54Elle avait 20 ans quand elle a épousé Alfred Jaël. Et c'est par Alfred qu'elle est rentrée en
00:11:59contact avec Liszt.
00:12:00Et un jour, Liszt était avec Marie Jaël à un concert d'Alfred. Et il s'est tourné et il
00:12:06dit « Vous savez faire des tris comme lui ? »
00:12:09Elle a dit non. Et Liszt a dit « Moi non plus ».
00:12:11C'était rare à l'époque qu'un couple se produise comme ça ensemble.
00:12:15Oui, oui. Et d'ailleurs, c'est d'autant plus étonnant que souvent, dans des couples comme ça, quand il
00:12:20y a des couples de musiciens,
00:12:21il y a toujours un qui est rival de l'autre. Enfin, c'est fréquent.
00:12:25Et en fait, non. Parce qu'ils avaient tous les deux une très forte pertinérité.
00:12:32Évidemment, Alfred Jaël, lui, il avait une telle notoriété qu'il n'avait rien à craindre de quiconque.
00:12:38Et quant à Marie Jaël, elle avait autre chose de plus encore, qui était son tempérament de chercheuse, d'intellectuelle.
00:12:46D'ailleurs, à un moment donné, elle a arrêté de jouer du piano avec lui, de faire des tournées avec
00:12:51lui.
00:12:51À un moment donné, elle a arrêté. Elle s'est consacrée à la composition.
00:12:54Et d'ailleurs, je ne sais plus si c'est Saint-Sens ou Liszt, je crois que c'est Saint
00:12:59-Sens qui a dit.
00:12:59« Mais Madame Jaël ne veut plus qu'on parle de son piano. Elle veut se consacrer à la composition,
00:13:04etc. »
00:13:05Et elle était très tourmentée par la composition. Très tourmentée.
00:13:09Mais c'est peut-être aussi l'une des raisons pour lesquelles sa musique est architecturée et intelligente.
00:13:17Cher admirable, faire des merveilles est chance toute familière à vos mains.
00:13:23Le clavier et la plume vous servent à l'envie.
00:13:26Faites-moi connaître vos nouvelles œuvres, auxquelles personne plus que moi ne souhaite pleine chance de succès.
00:13:33Un nom d'homme sur votre musique, et il serait sur tous les pianos.
00:13:40Cher grand maître, vous me confondez par vos bontés.
00:13:45Que je suis heureuse que mes modestes valses vous plaisent.
00:13:48Elles ne sont pas dignes d'un si beau sort.
00:13:52Elles ont été tout naturellement écrites par une commençante qui tâche de faire de son mieux.
00:13:59Que c'est beau d'entendre Liste dire que cela fait du bien de m'entendre jouer du piano.
00:14:06Oui, cela fait du bien.
00:14:09Vous, Alexandre, vous avez vraiment été le premier à la jouer, à l'enregistrer.
00:14:14C'était un honneur.
00:14:18C'était une sorte de baiser à la belle au bois dormant, en effet.
00:14:21C'est-à-dire que cette musique existait, bien sûr, puisqu'elle l'avait composée.
00:14:27Mais simplement, elle n'avait jamais été enregistrée au monde.
00:14:30Je suis très fier, pourquoi ne pas le dire.
00:14:32Je suis très fier.
00:14:33Ce n'est pas parce que Marie Jalet est une femme qu'elle est moins grande que les Liste, que
00:14:36les Clara Schumann.
00:14:37Alors, on connaît Clara Schumann davantage, parce qu'elle a bénéficié de la notoriété de son génial époux, Robert Schumann.
00:14:45Mais Marie Jalet était la grande rivale de Clara Schumann au point de vue pianiste,
00:14:50puisqu'elle a été en 1893, je crois, la première à jouer l'intégrale des sonnettes de Beethoven en six
00:15:00concerts à la salle Play à la Paris.
00:15:01Elle a été la première à enregistrer l'œuvre intégrale de Liste.
00:15:05Je ne sais pas si on se rend compte de l'anapurna que ça représente, d'enregistrer l'œuvre intégrale
00:15:10de Liste.
00:15:11C'est une difficulté absolue, totale, pour la pensée, pour les doigts, pour la résistance nerveuse.
00:15:17Elle a joué l'œuvre intégrale de Liste.
00:15:20Donc, c'était une très, très grande pianiste.
00:15:22Je me suis dit, mais pourquoi cette femme qu'on ne connaît pas, n'aurait-elle pas le droit de
00:15:26citer au panthéon des plus grands compositeurs ?
00:15:28Donc, je suis très heureux d'avoir enregistré cette musique et d'avoir été le premier à le faire.
00:15:32Tant mieux, voilà, ma vie n'aura pas été inutile.
00:15:36C'est ce disque-là en 1997 ?
00:15:39Absolument, oui.
00:15:40Et alors, j'en ai fait un deuxième volume par la suite.
00:15:44J'aime beaucoup le premier parce que je dois dire que les esquisses romantiques et les vals mélancoliques sont vraiment
00:15:52de très, très, très belles pièces.
00:15:53Ce sont des œuvres décisives qui comptent dans l'histoire de la musique.
00:15:57Je suis très content que Marie-Jaëlle fasse partie de l'histoire de la musique.
00:16:01C'est légitime.
00:16:05Mon enfer n'est pas terminé.
00:16:07Il faut encore bien activer le feu et faire surgir les idées de la fournaise.
00:16:13J'avance quand même.
00:16:14Le paradis prend forme.
00:16:17Hélas, ce qui me tourmente, c'est discerner si ce que j'écris m'appartient
00:16:22ou dérive des autres.
00:16:25Mon jugement cesse d'être lucide si je me familiarise avec ce que j'écris.
00:16:32La sensation de faire neuf s'émousse.
00:16:36Apprendre à composer.
00:16:38Passion qui ne me quitte jamais.
00:16:42Musique
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