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  • il y a 2 jours
Invité : William Mathis, maire de Saint-Michel-sur-Meurthe de 1990 à 2026 et vice-président du Département des Vosges

Remerciements : William Mathis, Christine Jacquot, commune de Saint-Michel-sur-Meurthe, paroisse, Séverine et les clients du bar "La Vacherie", boulangerie "Le Fournil de Pierrot", Caroline Privat-Mattioni

Présentation : Vianney Huguenot
Réalisation : Azzedine Brahimi

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Transcription
00:00Ici Lorraine, crack pour l'émission, sur Marouk, sur Moselle TV et Vosges Télévisions.
00:06Ici, votre radio de proximité en Lorraine.
00:32Il fait partie de ces maires au long cours qui incarnent une commune.
00:37William Matisse, mon invité de cette semaine, a été élu maire de Saint-Michel-sur-Meurthe en 1990.
00:43Et en 2026, il a décidé d'arrêter 36 ans de mandat, une popularité intacte et la fierté d'avoir
00:50créé une dynamique tout en gardant l'âme d'un village.
00:53Rigoureux, humble et passionné, ce sont les adjectifs qui reviennent le plus souvent lorsqu'on évoque William Matisse.
00:59Il est une personnalité qui compte dans les Vosges, un personnage, un homme attaché à sa terre et à son
01:07métier d'instituteur.
01:08Par ailleurs, vice-président du département des Vosges, William Matisse fut aussi le suppléant au Sénat d'une grande figure
01:15Lorraine, Christian Poncelet, président du département des Vosges et président du Sénat.
01:20Dans cette émission, William Matisse nous emmène en balade dans ce village dont il fut le premier magistrat et où
01:26il est né.
01:26Il nous emmène d'abord à la mairie, à la rencontre de celle qui fut son adjointe aux finances, Christine
01:31Jacot, puis à l'école Marguerite Matisse, du nom de sa maman institutrice, une belle âme saluée par tous.
01:39Et puis, nous ferons un saut à l'église Saint-Michel, voire les vitraux de Jacques Grubert et Gabriel Loire.
01:44Et enfin, comme souvent dans cette émission, on terminera au bistrot.
02:03Bonjour, M. le maire.
02:03Bonjour, M. le maire.
02:04Je dis M. le maire parce que, en fait, dans l'esprit des gens, vous êtes toujours maire.
02:08Oui.
02:08Maire honoraire, en tout cas.
02:10Oui.
02:10J'espère maire honorable.
02:11Maire honorable.
02:14C'est William Matisse, pas seulement à Saint-Michel-sur-Meurte, on va en parler, mais ici, dans la déodacie,
02:20comme on dit, dans les Vosges, c'est une personnalité, c'est un personnage quand même.
02:25Vous avez marqué.
02:25Oui, je préfère la modestie de dire être un personnage qu'une personnalité.
02:32Oui, oui.
02:33Personnage, c'est-à-dire qu'on est clairement identifié.
02:36Oui.
02:36Ça veut dire qu'on a quelque peu marqué le territoire, qu'on a gravi au fur et à mesure
02:42les marches d'un engagement, depuis le milieu associatif jusqu'à la mairie, jusqu'au conseil départemental, à la vice
02:51-présidence du conseil départemental.
02:53Et, je dirais, un rôle de petit, comment, d'aiguillon à la communauté d'agglos.
03:02Ah oui, d'accord, qui est à la communauté d'agglos.
03:04On en parlera peut-être si on a le temps.
03:06Un rôle d'aiguillon, voilà.
03:08Alors, on va revenir au début, parce qu'il y a 43 ans, donc vous entrez dans cette mairie au
03:13conseil municipal.
03:15Est-ce que c'est déjà la suite de... parce que vous êtes un gars très engagé, vous êtes dans
03:20la société de pêche, vous êtes dans le comité des faits,
03:22vous êtes très engagé pour le village.
03:24C'est en fait une suite logique d'aller au conseil ?
03:27Eh bien, c'est une suite logique, vous savez, les personnes réellement engagées ne sont pas forcément très, très, très
03:36nombreuses.
03:36Donc, mon prédécesseur, auquel je rends un hommage particulier, Georges Filippo, qui a mené la commune pendant 31 ans, me
03:45sollicite.
03:46Elle me dit, écoute, j'aurais besoin de toi, etc.
03:50Et c'est là que je m'engage à ses côtés, je deviens adjoint aux finances.
03:54Et puis, ma foi, la marche se poursuit.
03:58Oui, oui, oui.
03:58Et alors, Georges Filippo, on est sur la place, Georges Filippo, puisqu'il est décédé.
04:04Alors, il est décédé en cours de mandat, vous prenez sa succession ?
04:06Tout à fait, il avait été réélu en 89, et il est décédé en 90.
04:11D'accord.
04:11Et quand on regarde, quand même, parce que c'est 36 ans de maire, 43 ans d'élu municipal,
04:17on regarde l'ensemble de l'action menée avec des équipes, vous avez raison de le signaler.
04:24Il y a des choses qui vous touchent plus que d'autres, qui vous marquent plus que d'autres,
04:29dont vous êtes peut-être plus fiers que d'autres aussi.
04:31Alors, une fierté générale, la dynamisation de la commune en gardant son âme.
04:39Oui, oui, oui.
04:40La dynamisation de la commune en gardant son âme, ça veut dire en gardant son look,
04:45en gardant son caractère rural, et à proximité d'une ville, et ne pas tomber dans le périurbain.
04:56Oui, c'est ça.
04:57Voilà.
04:57C'est compliqué.
04:58Et même dans les aménagements, on a toujours fait des aménagements, vous voyez,
05:01l'aménagement ici devant la mairie a été fait, on a évité les choses qui ressemblaient trop à de l
05:09'urbain.
05:10On a toujours gardé le caractère rural, et je n'aurais jamais voulu qu'un paysan qui passe
05:15avec une remorque, etc., paraisse incongrue au centre du village.
05:22Donc, la dynamisation de la commune, la santé financière aussi, on a quand même toujours fonctionné quasiment sans aucun emprunt.
05:35D'accord.
05:36Aucun emprunt.
05:38Il y a plein de mecs qui sont jaloux là.
05:39Voilà, ça c'est de la gestion, je pense, inégalée.
05:45Et d'autre part, on a fait des achats, on a acheté 35 hectares de forêt.
05:50Je viens d'acheter au nom de la commune les établissements Bellorini, là, à côté,
05:57340 000 euros cash sans emprunt.
05:59Il ne faut quand même pas, dans une commune de 1800 habitants, il faut quand même avoir fait ce qu
06:05'il fallait en amont.
06:06Une commune rurale, vous disiez, qui a gardé l'Inde d'un village, c'est ce que vous dites,
06:11et en même temps qui a une vocation industrielle.
06:14Les gens, il y a beaucoup de gens qui connaissent Saint-Michel-sur-Merthe aussi,
06:16parce qu'ils passent à côté de la voie, de la 4 voies, et ils voient Saint-Michel-sur-Merthe,
06:20c'est une zone industrielle aussi.
06:21Ah ben, une zone industrielle riche.
06:23Riche, hein, voilà.
06:23Riche, quelques 600 emplois.
06:25Oui, c'est ça.
06:26Rien que sur la zone industrielle, plus des artisans et des unités de 10 personnes, on a quelques 700 emplois
06:33sur notre commune.
06:36Et puis des entreprises de renom.
06:38Donc il y a un mélange, c'est ça, il y a un mélange, il y a une harmonie.
06:42Oui, tout à fait.
06:42On trouve une harmonie à Saint-Michel-sur-Merthe.
06:44William, on va aller, vous m'avez proposé qu'on rentre dans la mairie, qu'on aille saluer.
06:50Je n'ai plus les clés, je pense qu'on ne sera pas rejetés.
06:54Non, si je vous suis, on y va.
07:03Voilà Christine qui nous attend sagement.
07:06Salut Christine.
07:07Bonjour William, comment vas-tu ?
07:08Ça va, tu vois.
07:09Ça va, oui.
07:10Bonjour Christine.
07:11Bonjour Madame.
07:12Bonjour Monsieur.
07:13La mère adjointe, la mère adjointe, comment on dit, les femmes ont des préférences.
07:16On peut dire la mère, non, je n'ai pas de préférences, la mère adjointe, c'est très bien.
07:21C'est gentil de nous accueillir, Monsieur le maire est retenu.
07:24Monsieur le maire qui a succédé il y a quelques semaines à William Matisse, merci de nous accueillir.
07:30Alors, vous faites la bise, vous vous connaissez depuis très longtemps.
07:34Vous avez été l'adjointe aux finances de William Matisse.
07:36Oui.
07:36Mais vous le connaissez depuis longtemps, donc vous allez pouvoir nous parler de lui.
07:40Moi je l'ai connu.
07:41Vous le connaissez depuis quand déjà ?
07:43Depuis 65 ans.
07:44Ah ouais ?
07:46Ah ouais ?
07:46Voilà, 65 ans, j'habite à Sausseret, donc William habitait à Sausseret à l'école.
07:50Oui.
07:51Et moi j'étais à l'école avec sa maman.
07:53Voilà, donc j'ai connu la retraite, le départ en retraite de sa maman.
07:56Ah ouais.
07:56Et ma maman était à l'école pendant la guerre avec sa maman.
08:00Oui.
08:00Donc c'est presque un lien d'amitié, voilà.
08:04La maman de William, dans cette région, on en parlait beaucoup.
08:08C'était un personnage.
08:11William, je pense à, je vais le citer, je pense à Gérard Charton qui m'a souvent
08:14souvent parlé de Madame Matisse, l'institutrice.
08:18On en parlera tout à l'heure parce qu'on va aller à l'école.
08:21Mais je voudrais que vous me disiez un mot sur William parce que vous le connaissez bien.
08:25Quel bonhomme c'est, tout simplement, dans la vie, humainement ?
08:29Humainement, c'est quelqu'un d'humble, simple et qui pense beaucoup aux autres avant
08:34de penser à lui.
08:35Donc voilà, c'est quelqu'un qui a mené sa commune avec beaucoup de passion, qui a
08:41fait une commune dynamique et aussi financièrement, c'est une commune qui n'a aucune dette.
08:48Donc ce qui est très bien, nous, pour notre équipe, de repartir avec un bon budget.
08:52Vous avez vu quasiment un demi-siècle défiler sur...
08:57Quels ont été les plus grands bouleversements dans la façon d'être maire d'une commune ?
09:02Dans la façon d'être maire, c'est une adaptation à la dépossession des compétences.
09:12Ah oui.
09:13La dépossession des compétences, notamment à travers les intercommunalités, qui au départ
09:18étaient des intercommunalités de proximité de projets, nous ont enlevé les règles
09:29d'urbanisme, nous ont enlevé l'eau, nous ont enlevé l'assainissement.
09:33Et il convient donc de s'adapter pour faire vivre le reste et être en harmonie avec ce
09:40que décident ceux qui sont en possession des dites compétences.
09:44Voilà, ça c'est important.
09:47Puis on a surtout, nous, on a toujours eu une volonté farouche de maintenir notre
09:56tissu scolaire et notre tissu scolaire réparti sur les hameaux.
10:01Ah oui.
10:01C'est-à-dire pour garder la vie des hameaux et puis pour garder le caractère rural que
10:07j'évoquais ici avant.
10:08Oui, bien, on va voir d'ailleurs, on va aller voir, à Sausseret, c'est là.
10:11À l'école, je suis allée.
10:13À l'école où vous étiez.
10:21Alors, William, ici, on est dans un lieu quand même important de votre vie.
10:24D'abord, on a vu la plaque en arrivant, école Marguerite Matisse, c'est votre maman.
10:29Voilà.
10:30On va en reparler.
10:31Mais vous, vous êtes né ici, enfin, vous êtes né, oui, ici, à Sausseret, c'est ça ?
10:37Oui, oui, oui.
10:39Comment, un mot d'abord, quand vous êtes un gamin, elle est comment la vie du village
10:43à Saint-Michel-sur-Morte, c'est quoi ?
10:45D'abord, c'est une vie de quartier, parce que les quartiers avaient une identité et
10:51l'ont toujours, mais encore plus marqués.
10:53On était vraiment ou de Sausseret, ou d'Herbaville, ou du centre, ou de la Vacherie.
11:00Ah, la Vacherie, j'ai vu ça.
11:02Et donc, oui, je suis né ici, c'est mon berceau familial, et donc l'école, là, a
11:09une histoire particulière.
11:12D'abord, sur le plateau sportif qui se trouve là, il y avait l'ancienne école, dans les
11:20années 1880.
11:23ma mère avait été nommée en 1937, et elle a été détruite, elle se trouvait à l'intérieur
11:30avec une amie qui s'appelait Jeannette, une de ses anciennes élèves, et puis elle a
11:34passé toute la guerre, et qui, ils ont été bombardés par les Américains, évidemment,
11:40la libération.
11:41L'école a été détruite, ils ont dû leur salut à différents événements favorables.
11:47Alors là, il n'y avait plus d'école, une autre organisation s'est faite.
11:51Juste après la guerre, là-haut, dans le Pré, a été construit un baraquement provisoire
11:58qui nous a servi d'hébergement pour la famille.
12:02Il y avait logement, il y avait école, il y avait préau, 30 mètres de long, avec l'inconfort
12:08que l'on peut imaginer.
12:09Et je suis né dans cette baraque.
12:11Ah oui, d'accord.
12:12Je suis né dans cette baraque.
12:13Donc à côté de l'école ou au-dessus de l'école ?
12:15Dans l'école, dans le logement de l'école.
12:19D'accord.
12:19Et enfin, cette école a vu le jour, elle était ouverte en 1956.
12:28C'est donc là que j'ai passé toute ma jeunesse, jusqu'à l'âge de 17 ans.
12:33D'accord.
12:33Voilà.
12:34Et alors, vous marchez dans les pas de votre maman, vous devenez instituteur à votre tour.
12:40C'était une envie, ça, d'être enseignant ?
12:43Oui, c'était vraiment une envie.
12:44Il y avait comme une histoire d'attachement, de modèle, si vous voulez.
12:48Ma mère a été un monument, ici, dans ce village.
12:52C'est vrai, elle était officier des palmes et académiques.
12:55Ici, dans une seule classe, il n'y avait qu'une seule classe à l'époque,
12:58qui accueillait les enfants du hameau au moment du baby-boom.
13:02Nous étions avec une seule enseignante, pas d'ATSEM, pas de choses comme ça.
13:09Et nous avions un effectif qui variait de 5 à 6 à 60, de 5 à 14 ans.
13:16Il fallait de l'autorité.
13:17Études jusqu'à 6 heures, évidemment, quasiment obligatoire.
13:21Il fallait de l'autorité.
13:22Oui, mais enfin, la population scolaire n'était pas la même.
13:26C'est vrai que Marguerite Mathis, votre maman, a beaucoup marqué, beaucoup d'esprit.
13:31Je me posais la question, parce que vous évoquiez en 1944,
13:34on sait aussi qu'il y a eu une des grandes batailles de la guerre de 70,
13:37qui a eu lieu ici, tout près, non Patlise, la Bourgogne-Saint-Michel.
13:40Est-ce que cette histoire locale-là, vous l'évoquiez dans vos cours,
13:45ou est-ce que vous étiez sur les programmes nationaux ?
13:47Comment ça se passait ?
13:48On est sur les programmes nationaux, mais la mémoire étant en vive,
13:52encore bien vive, à ce moment-là, évidemment qu'on parlait des guerres,
13:56évidemment qu'on parlait des événements.
13:58Quand on parle de la destruction de l'école,
14:01tous les gamins d'ici savaient que l'école avait été détruite,
14:03avec des photos, avec des choses comme ça,
14:05et l'histoire du hameau, quoi, du village.
14:11J'entends parfois, quand on tourne comme ça dans des communes,
14:15des gens qui sont nostalgiques d'un trio.
14:19C'est le trio, le maire, l'instit, le curé.
14:24Et il y a beaucoup de gens qui en parlent,
14:25qui tenaient quand même en partie la commune.
14:28Ça, vous le sentez, cette nostalgie-là, les gens vous en parlent ?
14:31Alors, les gens ne m'en parlent pas tellement,
14:35mais moi, je le ressens comme étant un trépied de stabilité d'une société.
14:43C'est-à-dire, l'instruction publique,
14:47l'instruction, enfin, l'instruction ou le moral,
14:51le moral et le spirituel avec le prêtre,
14:56et l'autorité avec le maire.
14:58Avec le maire, oui.
14:59Ça, ça a bien changé, évidemment.
15:02Ça ne pourrait plus être applicable aujourd'hui, évidemment.
15:05Mais, néanmoins, ça apportait quand même une certaine stabilité.
15:10Alors, il faut qu'on évoque aussi,
15:12j'ai oublié d'en parler, c'était à la mairie tout à l'heure,
15:16c'est que votre arrière-grand-père
15:18a été mère aussi de Saint-Michel-sur-Mer,
15:20et à un moment quand même très, très, très particulier.
15:23Mon arrière-grand-père, qui s'appelait,
15:25c'était le grand-père de ma mère.
15:27Oui.
15:27Donc, il s'appelait Jean-Nicolas Dieudonné.
15:31Il a été mère de 14 à 19.
15:35Donc, la guerre.
15:35Donc, mère de la guerre, quoi.
15:37Oui, c'est ça.
15:38Avec les destructions, avec l'invasion,
15:41et avec la destruction en particulier totale,
15:46oui, quasi totale, de l'Église.
15:48Ah oui.
15:48Donc, il était âgé,
15:51il avait pris cette fonction
15:54parce qu'il y avait un déficit, etc.
15:58de possibilités.
16:00Et il est allé voir,
16:02à pied depuis les fègnes,
16:05comment ça se passait au centre,
16:07l'Église, tout ça.
16:08Il avait entendu parler.
16:09Et il s'est fait arrêter par les Allemands
16:11et il a été emmené en Allemagne
16:12pendant plusieurs mois
16:14parce qu'on lui reprochait
16:15de se trouver là au mauvais moment.
16:17Ah oui, d'accord.
16:19L'Église dont vous parlez
16:20et où on va aller maintenant,
16:21c'est la troisième étape
16:23de notre périple avec vous, William.
16:26Tout à fait.
16:26On va à l'Église.
16:27Qui domine le village.
16:28Voilà.
16:29Allez, je vous suis.
16:29On y va, William.
16:30On y va.
16:47Et bien, nous voilà dans cette belle église Saint-Michel.
16:50Je vais poser une question d'avoir Saint-Michel.
16:52Il doit y en avoir un paquet en France des Saint-Michel d'hier.
16:54Il y a eu à un moment un club des Saint-Michel ?
16:56Oui, il y avait eu un mouvement de rassemblement
16:59des Saint-Michel de France en toute amitié,
17:01en toute simplicité.
17:04Et puis finalement, au bout de quelques rassemblements,
17:07ça a duré quand même un moment,
17:09mais les choses se sont étiolées.
17:13Saint-Michel, ici, on est à Saint-Michel sur meurtre.
17:17Un moment, on est dans cette très belle église Saint-Michel.
17:19Alors, c'est un bijou, hein ?
17:21Oui.
17:22J'ai vu un portrait dans l'entrée.
17:24C'est l'abbé...
17:25L'abbé Paul Robert.
17:26L'abbé Paul Robert.
17:27Alors, l'abbé Paul Robert, ça, c'est un personnage.
17:30Oui, pourquoi ?
17:31C'est un personnage.
17:33L'abbé Paul Robert est nommé ici en 1919.
17:40Et il va y être 40 ans, jusqu'à sa mort.
17:44L'abbé Paul Robert, une voix, une présence, une stature, une chose...
17:52Moi, je ne m'en rappelle pas personnellement.
17:54Il m'a baptisé, bien sûr.
17:56Mais c'était mes parents.
17:58L'abbé Paul Robert s'engage volontaire en 1914,
18:04alors qu'il était exonté pour des raisons de vue.
18:09Et il était déjà trop âgé.
18:14Il s'engage et il est blessé, etc., etc.
18:19Bon.
18:20Ensuite, dans les années 1930, il se présente à la députation.
18:24Ah, oui.
18:24En 1932, je crois.
18:26Il se présente à la députation.
18:28Il arrive largement en tête du premier tour.
18:29C'est vrai.
18:31Il y a eu des pressions du diocèse ou autre.
18:34Il s'est retiré malgré sa première place.
18:37Et il s'est désisté en faveur de Constant-Verlot.
18:40Oui, Constant-Verlot, oui.
18:41Ensuite, il se présente à ce moment-là au conseil départemental.
18:48Et va au bout.
18:49Et est élu conseiller départemental du Grand Saint-Dié.
18:53Ah, oui, d'accord.
18:54Alors, évidemment, vous imaginez un curé dans les années 1930 se faire élire.
19:00Oui, les corbeaux, les curés, etc., etc.
19:03Vous imaginez à peu près.
19:05Et il écrivait sur sa profession de foi que j'ai de sa main, en 1914, quand on montait en
19:17ligne au coude à coude,
19:20que j'ai perdu une demi-livre de bidoche au vieil Armand, on ne m'a jamais demandé si j
19:25'avais été baptisé au Champagne, à l'eau bénite ou au sécateur.
19:31Et on ne me reprochait pas ma tunique verdie.
19:34Oui, oui, oui, oui.
19:35Hein, voilà.
19:36Donc, c'était quelqu'un, c'était quelqu'un.
19:38Il a passé la Deuxième Guerre mondiale.
19:41Il a eu quelques ennuis lors du Deuxième conflit mondial, et notamment la fin, parce qu'il avait eu une
19:51parole avant-gardiste lors des combats de non-patlise en 1940,
19:58où des soldats français avaient été tués, ils ont été exhumés quelques temps après, et il a organisé les obsèques
20:04parce qu'il n'y avait plus de prêtres à non-patlise.
20:08Et il a fait une parole de paix.
20:10Il a dit que, il a dit qu'il était temps que le paysan français Jacques Bonhomme tende la main
20:18à l'ami Fritz.
20:19Ah, oui.
20:20Ceci…
20:21En quelle année, ça, il dit ça ?
20:23En 1940.
20:24Ah, oui, d'accord.
20:25Ceci a choqué, et on lui a reproché ça, on l'a baptisé de collaboration.
20:32Oui, oui.
20:33Et à ce moment-là, il est passé en procès, il est passé en procès, il s'est défendu lui
20:38-même sans avocat.
20:40Et alors que le président du tribunal lui dit, mais écoutez, quand même, dans les journaux, il paraît que Paul
20:48Robert, oh, monsieur le président, lui dit-il,
20:51« Si on savait toujours pouvoir croire ce qui est dans les journaux, imaginez qu'on ait écrit dans les
20:59journaux que la tour Eiffel est pointue parce que Paul Robert y a appliqué en son sommet une session prolongée,
21:06devrait-il pour autant être inquiété pour dégradation de mobilier public ? »
21:12Alors le président lui répond, « Vous vous défendez mieux qu'un avocat. »
21:17Il a été acquitté, il a retrouvé sa légion d'honneur.
21:19C'est génial.
21:20Et tout.
21:21Alors comment se fait-il qu'on ait du Jacques Grubert ici et un Gabriel Loire au milieu de tout
21:25ça ?
21:26Alors, tout d'abord, quand l'église a été détruite en 1914, détruite complètement, pratiquement, elle a été reconstruite, elle
21:34a été réouverte en 1924,
21:36et un bienfaiteur de la commune, un enfant de la commune qui s'appelait Eugène Villaume,
21:42qui était parti aux États-Unis travailler, espérer développer une entreprise,
21:47n'a pas oublié son village natal et a payé, a financé les vitraux en Jacques Grubert et le grand
21:57calvaire qui se trouve devant avec les statues.
22:02Il a également fait don d'une maison, il a fait don qu'une association, aujourd'hui, le foyer Eugène
22:10Villaume,
22:10gère toujours au bénéfice de l'entretien de l'église, ça existe toujours.
22:14Eugène Villaume, alors qu'on voit là ?
22:16Qu'on voit là, qu'on voit là.
22:17Sur un des vitraux.
22:18Et donc, le Gabriel Loire, lui, nous vient du fait qu'à nouveau, en 1944, beaucoup plus légèrement,
22:26la commune a été touchée par les bombardements alliés.
22:29Et un des vitraux a été descendu par le bombardement, et l'abbé Paul Robert, que j'évoquais, a recommandé,
22:40en 1951, un vitrail nouveau.
22:44Et c'est Gabriel Loire qui l'a fabriqué et mis en place.
22:49C'est fantastique.
22:50Merci de nous emmener dans cet endroit qui est magnifique.
22:53Et en plus, quand on sort, il y a une vue absolument splendide.
22:58Une vue panoramique sur toute la vallée de la Meurthe.
23:01Sur toute la vallée de la Meurthe.
23:18Bon ben William, dernière étape.
23:20Oui.
23:20Joli périple.
23:22On est au capé de la Vacherie.
23:24Alors on est à la Vacherie.
23:25C'est quand même pas banal comme nom, la Vacherie.
23:28Non mais c'était le nom originel du quartier.
23:31Oui.
23:32Et Séverine a tenu à rappeler cela à travers la dénomination du bar.
23:39C'est chouette.
23:40Séverine qui tient le bar depuis 4-5 ans, c'est ça ?
23:453 ans.
23:453 ans, c'est pas ça.
23:48Et c'est un bar, on a Gilou aussi qui est avec nous.
23:51Mais je vois qu'il y a du monde quand même.
23:53Ça circule pas mal.
23:54La commune a pris sa part dans ce bar.
23:57Les locaux lui appartiennent, c'est ça ?
23:59Elle a acheté les locaux et l'outil de travail.
24:02Oui.
24:03Elle a donc recherché le locataire gérant.
24:08Oui.
24:08C'est la deuxième, il y en a eu une avant.
24:11Et puis Séverine a pris et puis ça fonctionne bien quoi.
24:14Oui.
24:15Alors on suit au fur et à mesure les menus travaux.
24:18On a déjà fait des transformations.
24:20On a changé les vitrines.
24:21On a fait des choses comme ça.
24:24Et après il s'est présenté l'opportunité aussi de la boulangerie,
24:29des murs de la boulangerie.
24:31Donc finalement on est propriétaire des murs de l'ensemble.
24:34D'accord.
24:34Mais pour la boulangerie, on n'est pas propriétaire de l'outil de travail.
24:38D'accord.
24:38Mais en tout cas la collectivité aide vraiment à maintenir une activité.
24:43On s'est investi.
24:44On n'imaginait pas que le dernier café de la commune disparaisse.
24:48Oui, bien sûr.
24:49Mais ça c'est bien.
24:50Voilà.
24:50Ça c'est bien d'être sensible à ces questions-là.
24:54Tous les maires ne le sont pas.
24:56Et je trouve que c'est chouette.
24:57On a parlé un petit peu tout à l'heure de l'industrie qui est sur la commune.
25:01Là on est dans le commerce.
25:03On est dans le commerce du commerce.
25:04On a allé dire bonjour à la boulangère tout à l'heure.
25:06Il y a de l'agriculture encore ici à Saint-Michel aussi ?
25:09Oui, il y a encore une agriculture.
25:10On a cinq ou six agriculteurs.
25:12Ça dépend.
25:13Il y a des mi-temps, des doubles actifs.
25:15Mais on a cinq ou six exploitations avec des exploitations qui ont une activité moyenne
25:26et des activités assez soutenues.
25:30D'accord.
25:32Mais c'est essentiellement de l'élevage, c'est ça ?
25:34Oui, c'est tout de l'élevage.
25:36C'est de l'élevage, d'accord.
25:36C'est tout de l'élevage, oui.
25:37Ok, d'accord.
25:38Et un mot quand même, c'est le tourisme.
25:41Moi j'ai vu en arrivant ici tout à l'heure, il y a des gîtes.
25:43Donc on vient aussi ici passer un séjour ?
25:45Tout à fait, il y a des gîtes.
25:46Il y a des gîtes qui sont fréquentés.
25:48Il y a des gîtes dont un gîte insolite sous forme d'une roulotte.
25:52Oui, oui, oui.
25:53Et puis des gîtes classiques.
25:54Oui, Saint-Michel est fréquenté en gîte, oui.
25:57Et on le voit, c'est entouré de forêts, il y a de la balade, il y a de la...
26:00Ah oui, oui.
26:00C'est tout ça.
26:01Le parcours des jumeaux, la forêt communale, voilà.
26:06Et puis on est à proximité de Saint-Dié pour les événements de l'Asie, pour une ville.
26:11On arrive hélas à la fin de l'émission.
26:14Je voudrais qu'on revienne à ces 43 ans de mandat, dont 36 de maire.
26:20Oui.
26:21William, est-ce que vous pouvez me dire un souvenir, c'est difficile comme question,
26:25mais peut-être le souvenir le plus émouvant.
26:27Alors, le souvenir le plus, je ne sais pas si, oui, c'est le plus émouvant, le plus difficile à
26:34gérer.
26:35Oui, oui, oui.
26:35C'est indéniablement l'annonce, en plein milieu d'une nuit, d'un décès dans une famille qui est complètement
26:43perdue.
26:44Et on arrive avec notre mauvaise nouvelle.
26:48Ah oui.
26:48Et il faut gérer un petit peu, avec souvent l'aide de la police.
26:54Ça m'est arrivé trois ou quatre fois dans ma carrière.
26:57Et c'est le maire qui fait ça.
26:58Et voilà.
26:59Et ça, peut-être moins maintenant, mais je l'ai fait trois ou quatre fois.
27:04Et ça, c'est vraiment terrible.
27:06Il faut trouver un petit peu la sensibilité, mesurer le degré d'impact immédiat, savoir gérer.
27:16Et ça, c'est très difficile.
27:18J'imagine.
27:20J'imagine.
27:20En tout cas, un grand merci, William, pour cette belle balade avec vous.
27:24On aurait eu envie de se dire encore plein d'autres choses, mais bon, voilà, on est limité dans le
27:27temps.
27:28On remercie Séverine et Gilou, et on conseille aux téléspectateurs, la vacherie à Saint-Michel-sur-Meurthe.
27:35Il faut venir.
27:35Voilà.
27:36C'est vraiment sympa.
27:36Merci, William.
27:37À bientôt.
27:39C'est bien.
27:52Ici Lorraine, crack pour l'émission sur Marouk, sur Moselle TV et Vosges Télévisions.
27:58Ici, votre radio de proximité en Lorraine.
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