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Sur ma route avec Elisabeth Parachini
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00:00Ici Lorraine, crack pour l'émission, sur ma route, sur Moselle TV et Vosges Télévisions.
00:06Ici, votre radio de proximité en Lorraine.
00:34Bonjour, chers amis de Sur ma Route.
00:36Je suis cette semaine dans la vallée de la Fenge, d'abord à Florange.
00:39Et puis nous viendrons ici à Thionville.
00:41Ensuite, mon invité est Elisabeth Paracchini.
00:43Je prononce bien, je prononce à l'italienne parce qu'elle a des racines italiennes.
00:46Elisabeth Paracchini, elle a un parcours assez exceptionnel et même exceptionnel tout court.
00:52Alors, elle a été directrice d'un centre d'hébergement pour femmes et enfants victimes de violences.
00:58Toute sa vie professionnelle est liée à l'aide aux autres.
01:02Et puis, elle a été la fondatrice, la cofondatrice d'une entreprise Valo.
01:06Elle va nous expliquer ce qu'est cette entreprise qui pèse aujourd'hui.
01:09C'est une entreprise de presque 500 salariés avec des implantations en France,
01:14plusieurs autres implantations en France.
01:15Elle a un siège social qui est donc à Florange.
01:18Elle est aussi très impliquée dans la fondation et dans l'organisation de ce lieu.
01:23Les beaux jours, on est à Thionville.
01:25C'est absolument formidable.
01:27Venez-y, si vous pouvez.
01:29On va la retrouver.
01:29Elle va nous expliquer ce que c'est.
01:31Et puis, nous évoquerons aussi l'association des maux et de bas.
01:35Bref, beaucoup d'engagement qu'Elisabeth Paracchini a mené depuis sa jeunesse.
01:41On va parler d'ailleurs de sa jeunesse pour démarrer l'émission à Florange,
01:44son enfance, dans cette vallée de la Fench qu'elle aime tant.
01:47Et puis, nous terminerons l'émission ici même, à Thionville, avec ses deux enfants, Marie et Paul.
01:53A tout de suite. Pour l'heure, je pars rejoindre mon invité à Florange.
02:10Bonjour Elisabeth.
02:12Bonjour Vianney.
02:12Ça va ? Je te fais l'avise ?
02:13Avec plaisir.
02:14On se connaît.
02:15Oui, un peu.
02:16Un petit peu, depuis un petit bout de temps.
02:1813 rue Robert-de-la-Marque.
02:20C'est ta maison d'enfance, c'est ça ?
02:23Exactement.
02:23On est dans ton pays d'enfance aussi ?
02:24Ah oui, oui. Je suis sortie de la maternité, je suis arrivée ici.
02:30Très aimée par des parents catho de gauche, qui travaillaient dans la sidérurgie, et fille unique.
02:38Et par bonheur, il y avait plein d'enfants ici, dans toute la cité.
02:42Et voilà, du coup, je me suis fait énormément de copains.
02:46Alors, des copains de famille, là, qui venaient de Pologne, là, qui venaient du Nord, là, qui venaient de Bretagne,
02:56d'autres qui venaient d'Algérie.
02:57Oui. Il devait y avoir de l'Italie aussi, un peu de tout.
03:00Ah ben, moi ?
03:00Ah ben oui, toi, Parakini.
03:02Oui, Parakini.
03:03Parakini, pardon.
03:04Parakini.
03:05Tu disais fille unique.
03:06Oui.
03:07Quand on est une fille unique, ou un fils unique, on se bâtit une famille avec des copains.
03:13Est-ce qu'on peut dire les choses comme ça ?
03:14Oui. Je pense que, alors, mes parents m'ont inculqué un certain nombre de valeurs, on y viendra peut-être.
03:19Mais surtout, le sens du collectif, je l'ai appris là, parce que j'ai cherché des frères et des
03:26soeurs toute mon enfance.
03:28Donc, bien sûr.
03:30Tu parlais de tes parents et des valeurs, mais parlons-en tout de suite.
03:32Parce que c'est... On reparlera de ta carrière professionnelle, de ton parcours professionnel.
03:39Finalement, qu'est-ce que disent tes parents quand tu es une gamine ici, que tu te lances dans la
03:44vie ?
03:45Tes parents, ils te laissent aller dans la vie avec quelle valeur ?
03:49Alors, ils me disent déjà, on ne laisse jamais tomber plus petit que soi.
03:52Oui.
03:53Jamais.
03:53On s'en occupe.
03:55On le protège.
03:56Et puis, on fait ensemble.
03:58On fait avec d'autres.
04:00On ne laisse pas faire à sa place.
04:04C'est-à-dire, on prend sa place et on fait avec d'autres.
04:07Et puis, voilà, des valeurs de justice sociale, de solidarité.
04:12Enfin, bon, voilà ce qui est sous-tendu par les premières phrases que je viens de dire.
04:17Mais on parlait parce qu'ici, on est quand même à Florens.
04:20On est au cœur de la vallée de la Fenne.
04:21C'est-à-dire, pour les Lorrains, pour les Français même, c'est vraiment le symbole de la Cidère-Rogée
04:27ici.
04:27C'est un des grands symboles de la Cidère-Rogée.
04:30Il y a la Solac, d'ailleurs.
04:31Il y a le grand bâtiment de la Solac, là-bas.
04:33Mais dis-nous quand même, parce qu'il y a une anecdote avec ta maman par rapport à la Solac.
04:37Ah oui, alors ma maman était la première femme embauchée par Solac.
04:42Et d'ailleurs, dans cette cité, et ce qui m'a permis d'être féministe sans même le savoir,
04:47elle-même, je pense qu'elle ne le savait pas,
04:49elle était la seule de la cité à travailler,
04:52elle était la seule à avoir le permis de conduire,
04:55et elle était la seule à fumer.
04:57Ah oui, c'est vrai ?
04:59Ah oui ?
05:00Les femmes ne fumaient pas en public.
05:04Et elle m'a inculqué toutes ces valeurs,
05:07ce qui fait que moi, toute ma vie, je ne me suis jamais posé la question
05:10est-ce que je dois aller travailler, pas aller travailler,
05:13est-ce que je dois être mère, femme, chef d'entreprise, etc.
05:18Elle, elle avait résolu ça.
05:20Mais ta maman comme ça, c'est-à-dire, elle-même s'est inspirée aussi de sa maman,
05:23ou est-ce que c'était une famille comme ça ?
05:25Alors un peu, sa maman a commencé à avoir un engagement,
05:29justement, à l'époque, ça s'appelait les aides familiales,
05:32parce qu'elle était maman, elle, de cet enfant.
05:35Donc elle avait commencé un petit peu à être militante,
05:40son papa était à la CGT, enfin bon voilà.
05:43Oui, oui, donc c'était des engagés.
05:44C'était des engagés.
05:45Et puis on verra, nous, à la fin de l'émission,
05:47est-ce que tes invités, ce sont tes enfants ?
05:49Oui.
05:50Donc on verra comment ça se poursuit aussi avec l'autre génération.
05:53On verra ce qu'ils disent.
05:54L'autre génération.
05:56La Solac, la Sidérogé, la vallée de la Fench, Florens,
05:59tout ça, ce sont des vallées qui ont énormément souffert.
06:02Oui.
06:02Comment on le vit ?
06:03Quel acheter quand ça commence à s'effondrer ici ?
06:06T'es une gamine ?
06:07Une vingtaine d'années.
06:07Ah, une vingtaine d'années déjà ?
06:08Oui, une vingtaine d'années, 15, 20 ans.
06:10Comment on le vit ça ?
06:11D'abord, on ne se rend pas trop compte,
06:13parce que pendant plusieurs années,
06:15les choses continuent comme si de rien n'était.
06:18On voit les vagues de licenciement,
06:20les gens qui prennent leur retraite à 50 ans,
06:23qui s'étiolent un peu parce qu'ils ne savaient pas trop quoi faire.
06:27Et puis après, les gens partent,
06:30les commerces ferment.
06:32Donc c'est très, très difficile.
06:34Alors là, il faut reprendre de l'énergie,
06:36se servir du collectif pour bâtir des choses
06:40et pour ne pas se laisser faire, ne pas se laisser aller
06:43et embarquer des gens avec soi.
06:44Oui, c'est ça.
06:45Et bon, voilà, c'est un petit peu...
06:48Alors c'est ce qui explique aussi
06:49tous tes engagements associatifs dont on va parler,
06:51parce que c'est quand même pas rien dans ta vie.
06:54Toute ta vie est un engagement, finalement.
06:57Est-ce qu'on peut, tu crois,
06:58est-ce qu'on peut faire un petit tour dans le jardin ?
07:00On va essayer le culot d'aller faire un petit tour dans le jardin.
07:03Je pense qu'on ne va pas se faire virer.
07:05Non, non, à l'intérieur du 13, on va aller voir.
07:07On va aller voir.
07:18Alors voilà, donc là, t'as habité là.
07:20Oui, ma famille habitait là.
07:21Juste au-dessus.
07:22D'accord.
07:23Mais c'est un quartier, en fait, ce quartier-là,
07:25c'est...
07:25Alors, toutes les maisons ressemblent,
07:26comme dans les quartiers, les cités,
07:28ce qu'on appelle les cités voyants.
07:30Là, ça dépendait de la SOLAC ?
07:31Oui.
07:31C'est ça ?
07:32Oui, oui, enfin, ils avaient une agence immobilière
07:34qui leur appartenait, des magasins
07:36qui leur appartenait, un hôpital
07:37qui leur appartenait...
07:39Oui, c'est ça.
07:39Alors, sur le modèle de Vindel,
07:41parce que c'est la suite de Vindel,
07:44et donc, tout leur appartenait,
07:47ils géraient tout.
07:47Les centres aérés, les colonies de vacances,
07:50c'était, ceci dit, on était les rois du pétrole.
07:52Oui, c'est vrai.
07:53Mais sur le modèle de Vindel,
07:54et pour les Vosgiens qui nous écoutent,
07:56sur le modèle des Boussac.
07:57Sans doute.
07:57C'était le paternalisme qui organisait tout,
07:59de A à Z.
08:00Et les gens appréciaient.
08:03Oui, bien sûr.
08:04Les gens appréciaient.
08:04Sauf que, quand ça s'est arrêté,
08:06tu vois, on l'évoquait tout à l'heure,
08:08quand ça s'est arrêté,
08:09ils étaient perdus.
08:10Oui, c'est ça.
08:11Ils ne savaient pas se débrouiller.
08:13C'est là que j'ai commencé à travailler
08:14dans la formation professionnelle
08:16et accompagner des gens en recherche d'emploi.
08:19Mais ils étaient,
08:20ils avaient deux mains gauches.
08:22Parce qu'ils avaient l'habitude
08:24qu'on s'occupe de tout pour eux.
08:26Enfin, de tout, sauf du travail, quand même.
08:28Parce qu'ils ont apporté des compétences,
08:30ils ont travaillé,
08:31ils ont fait en sorte que tout se développe ici.
08:34Mais ils étaient perdus.
08:36Dans les Vosges, dans la Meuse,
08:37on se dit, ici, c'est la Sidéréogénie,
08:40c'est des vallées un peu mornes,
08:42alors que ce n'est pas le cas.
08:44C'est extrêmement vivant.
08:45Mais est-ce qu'on vient passer un séjour ici ?
08:46Est-ce qu'on vient au touriste ?
08:48Est-ce qu'on peut venir au touriste ?
08:49On peut, parce qu'on peut avoir un point d'ancrage ici
08:53et puis aller voir la Vierge
08:56où on a toute cette vue.
08:58Aller au U4,
08:59qui est un bâtiment fantastique
09:01qui a été défendu par Michel Paradès,
09:04d'ailleurs, de manière très talentueuse.
09:07Et puis, on peut aller se balader au Luxembourg,
09:09on peut aller se balader en Allemagne.
09:11On est quand même au pays des trois frontières.
09:13Oui, c'est vrai.
09:13On peut aller en Belgique.
09:16Il y a une vie culturelle ici,
09:17quand même, dans cette vallée de la Fennec.
09:18qui est intense, on le voit.
09:19Oui, oui, oui, qui est intense.
09:21Beaucoup d'associations.
09:22Beaucoup d'associations,
09:24beaucoup de salles de spectacle
09:26ou de diffusion
09:27ou que les associations font vivre.
09:30Oui, oui, il y a une vie culturelle intense.
09:45Vous y voilà ?
09:46Oui.
09:46Alors, on est passé de l'autre côté de Florange, là.
09:50C'est ça, on est sur la zone artisanale.
09:52Et on est à Valo, l'entreprise que tu as créée.
09:54On va en parler, on va en parler,
09:55mais je voudrais qu'on poursuive sur ta carrière,
09:58ton parcours.
09:59Oui.
09:59Après, donc, tu es directrice d'un centre d'hébergement, non ?
10:02Alors, ça, c'est tout à fait à la fin de ma carrière.
10:06D'accord.
10:06J'ai diplôme de JE, j'ai travaillé comme éducatrice,
10:10puis dans la formation pour adultes auprès de demandeurs d'emploi.
10:15À partir de là, et c'est ce qui a créé Valo,
10:18je décide avec une de mes collègues, Bernadette Festor,
10:22de créer de l'emploi.
10:24On s'est dit plutôt qu'accompagner des gens à chercher du travail,
10:27on va créer de l'emploi.
10:30Et là, on a pu s'adosser sur le centre de tri
10:35qui s'ouvrait à ce moment-là,
10:37qui voulait externaliser sa main d'œuvre
10:40et qui a effectivement accepté qu'il y ait des gens en insertion.
10:47Et c'est comme ça qu'on a démarré.
10:49Alors, Valo, quelles sont les activités de Valo aujourd'hui ?
10:52Est-ce que ça a été créé quand tu le crées avec ton associé,
10:56il y a combien d'années ?
10:5720 ans, 25 ans.
10:58Oui, il y a 25 ans.
10:59Aujourd'hui, c'est quoi Valo ?
11:00On connaît la marque.
11:02Oui, oui.
11:02Alors aujourd'hui, c'est toujours du recyclage,
11:06de la récupération et du recyclage et de la revente.
11:10C'est une entreprise de propreté.
11:13C'est de l'intérim d'insertion.
11:18C'est de la formation.
11:21Il y a un organisme de formation.
11:23Et puis, c'est de la restauration.
11:27C'est-à-dire que tous les cafés fauves ont été repris par Valo.
11:30Ah oui, alors les cafés fauves, on va en parler,
11:32puisque l'étape suivante, on va à Tionville, on va au Beaujol,
11:35et c'est lié aux cafés fauves.
11:36On va en parler.
11:37Alors, ça fait partie dans la nomenclature des entreprises.
11:40Valo, c'est ce qu'on appelle les entreprises.
11:42C'est l'économie sociale et solidaire, c'est ça ?
11:45C'est exactement ça.
11:47Les entreprises d'insertion sont là pour accompagner des gens à retourner à l'emploi.
11:54C'est-à-dire qu'à partir d'activités réelles dans le monde économique,
11:59ces gens travaillent et les entreprises d'insertion sont simplement indemnisées pour la rotation,
12:05parce qu'on a le droit de les garder que deux ans, pour la formation,
12:08et puis pour les accompagner à rechercher un emploi dans des entreprises de droit commun.
12:14Mais c'est à ça.
12:15Et l'économie sociale et solidaire, de façon plus générale,
12:19c'est une économie qui est là pour gagner de l'argent, pour être rentable,
12:26mais tout l'argent qui est gagné est redonné à l'entreprise et aux salariés.
12:30C'est ça, à la différence des entreprises classiques.
12:33Voilà, c'est-à-dire que les actionnaires ne touchent rien.
12:37Il n'y a pas de dividendes.
12:37Voilà, il n'y a pas de dividendes.
12:39D'accord.
12:39Quelle fierté, ça doit être quand même, il y a 25 ans, quand on crée ça.
12:42Ah oui.
12:42Et aujourd'hui, alors, tu me disais, dans le parcours, en venant ici,
12:46c'est presque 500 salariés, aujourd'hui ?
12:48Aujourd'hui, 494 en 2025.
12:50Et sur différents sites en France aussi, il faut le préciser, ici, c'est le siège social.
12:54Ici, c'est le siège social, c'est là qu'on a créé l'activité.
12:58Alors, il faut quand même faire aussi un pas de côté sur...
13:02On était deux femmes.
13:04Aujourd'hui, 75% des chefs d'entreprise sont des hommes.
13:07Aujourd'hui, vous dire, il y a 25 ans, que c'était encore plus difficile.
13:13Donc, voilà.
13:14C'est là aussi l'héritage de ma mère et des féministes de l'époque.
13:21C'est-à-dire que c'était difficile de se faire une place, mais on y est parvenu.
13:24Et puis, voilà, on a commencé par du tri, d'emballage.
13:29On a créé la propreté et puis ça, c'est l'organisme de formation et tout s'est enchaîné petit
13:36à petit.
13:37Très belle boîte.
13:38Pour ceux qui veulent se renseigner, de toute façon, il y a un site internet, il y a tout ce
13:41qu'il faut.
13:42C'est vraiment, j'imagine, la fierté.
13:43La fondatrice.
13:44Oui, oui, fondatrice et puis...
13:46Co-fondatrice.
13:47Co-fondatrice, oui, parce que voilà, je n'étais pas seule.
13:50Et puis, voir des gens qui se sont épanouis au travail pendant des années.
13:56Alors, il y a eu des ratés, on ne va pas non plus se mentir, ce n'est pas idyllique.
14:00Mais faire comprendre aux chefs d'entreprise de droit commun que des personnes qu'on juge éloignées de l'emploi,
14:09c'est un peu une école de la deuxième chance.
14:11Oui, c'est bien.
14:12Je voudrais qu'on dise un mot avant d'aller au beau jour à Thionville,
14:16qu'on dise un mot sur un autre aspect de ta carrière.
14:18On ne pourra pas tout dire, évidemment.
14:19Mais tu as été à un moment, je ne sais pas si c'est après, je crois que c'est
14:21après,
14:21tu as été directrice d'un centre d'hébergement d'urgence pour femmes et enfants violentés.
14:26C'est comme ça, je dis bien les choses.
14:27Oui, c'est ça, victime de violence.
14:28Victime de violence.
14:31Alors là aussi, on est toujours en connexion avec les valeurs de l'aide à l'autre.
14:35C'est ça.
14:35Quand j'ai arrêté de travailler ici, j'ai été me former en coaching,
14:43j'ai travaillé dans un cabinet de consultants.
14:47Et puis, j'ai décidé de réenclencher vers l'accompagnement de personnes en difficulté.
14:57Et je suis revenue sur l'accompagnement des femmes et des enfants.
15:00Donc là, ça a été magnifique parce que là, j'ai bouclé la boucle parce que j'ai commencé comme
15:07éducatrice de jeunes enfants.
15:09J'ai ensuite accompagné, accueilli, hébergé.
15:14Enfin, ce n'est pas moi toute seule.
15:16Oui, bien sûr.
15:16J'ai été financé par l'État.
15:17Il y avait une belle équipe d'éducatrices et d'éducateurs d'ailleurs.
15:20Mais pouvoir les héberger, pareil, leur redonner une deuxième chance, retrouver un logement, retrouver un emploi,
15:29pour sortir de l'emprise en général d'hommes qui ont été compliqués avec eux, c'est une grande fierté.
15:40Oui, j'imagine.
15:40Mais toi qui es une femme qui s'intéresse aux autres, qui s'intéresse au monde, qui a un regard
15:45sur les autres,
15:47la question, on en parle beaucoup dans les médias aujourd'hui, la question de la violence faite aux femmes, aux
15:51enfants, etc.
15:53Est-ce que la société est plus attentive aujourd'hui ?
15:56Oui, elle est plus attentive.
15:58Ça ne résout rien, puisqu'il y a toujours autant de féminicides.
16:01Oui, oui.
16:04Alors, on en parle plus.
16:06C'est-à-dire qu'aujourd'hui, on voit toujours autant de femmes victimes de violences, d'enfants victimes de
16:12violences.
16:13Je pense qu'il n'y en a pas plus, et peut-être qu'il y en a moins, sauf
16:18qu'on en parle beaucoup plus.
16:19Et ça, c'est formidable.
16:21C'est bien d'en parler. C'est bien qu'on en parle.
16:22Il faut absolument en parler.
16:23Et puis, de plus en plus, la police s'est formée, les tribunaux sont formés.
16:30Enfin, bon, voilà.
16:31Alors que pendant longtemps, c'est seulement le secteur social qui était formé et qui accompagne.
16:35Donc là, aujourd'hui, les commerçants sont formés.
16:39D'accord. Pour accueillir éventuellement les femmes qui viennent...
16:41Et alerter.
16:42Et alerter.
16:43Très bien.
16:43Donc, ça évolue.
16:45Bien sûr.
16:45Soyons positifs.
16:46Ça évolue.
16:47Ça n'empêche pas tout.
16:48Ça n'empêche pas assez.
16:50Mais ça évolue.
16:52Ok.
16:52Elisabeth, maintenant, on va quitter Florange.
16:54Oui.
16:55Ta ville natale.
16:56Et on va aller à Thionville.
16:58Ta ville vitale, finalement.
16:59Ma ville actuelle.
17:01Où tu vis aujourd'hui.
17:01On va aller à Thionville.
17:02Allez, allons-y.
17:03Au beau jour, messieurs, dames.
17:24Buongiorno, Marie.
17:25Bonjour, Yannick.
17:25Paul.
17:26Bonjour, Yannick.
17:26Comment ça va ?
17:27On va demander un truc à Elisabeth.
17:29C'est de se taire pendant quelques minutes.
17:31Je vais vous laisser la parole.
17:32C'est elle qui a voulu que vous soyez là.
17:34C'est le principe de cette émission, Marie.
17:37Toi qui es parisienne, qui ne suit peut-être pas toutes les semaines l'émission.
17:40Pas toutes les semaines, je suis désolée.
17:43Le principe de l'émission, c'est que mon invité a des invités à la fin.
17:47Et là, je trouvais ça très original.
17:48C'est la première fois que ça arrive.
17:50Tes deux enfants.
17:51Tes deux enfants.
17:53Donc, Marie, Paul, Marie, administratrice de production.
17:58C'est quelque chose comme ça qu'on dit à l'Odéon, s'il vous plaît.
18:00Ça nous impressionne ?
18:01C'est de l'Odéon Théâtre National à Paris.
18:03Ça consiste en quoi ?
18:04Ça consiste en quoi ?
18:06Ça consiste à accueillir des projets, des spectacles d'artistes.
18:10Et à mettre en œuvre, c'est-à-dire à partir du moment où un artiste a une idée de
18:14projet, de spectacle,
18:16de trouver les moyens financiers, de les gérer, les moyens logistiques, humains, techniques,
18:20et d'accompagner à partir du moment où on a une idée jusqu'au jour de la première.
18:24D'accord.
18:25Et alors là, on est à l'Odéon, donc c'est connu par tout le monde.
18:29Mais c'est-à-dire que ce métier-là, il existe partout dans toutes les salles ?
18:32Il existe dans toutes les salles qui font des créations, des productions et surtout en compagnie,
18:36c'est-à-dire avec des gens indépendants.
18:38J'ai longtemps travaillé en compagnie avant d'arriver à l'Odéon, il n'y a pas si longtemps.
18:42D'accord.
18:43Donc, parisienne ?
18:44Parisienne depuis 20, 25 ans.
18:47Je pense maintenant.
18:48Et tu reviens souvent ?
18:49Je reviens souvent à Thionville, oui.
18:51Mes enfants adorent passer leurs vacances à Thionville.
18:54Alors, avec un avantage quand même pour Thionville, c'est qu'il y a du TGV très rapide.
18:58Et ça, c'est quand même vraiment bien.
18:59Tout à fait.
19:00C'est quand même vraiment bien.
19:01Et puis Paul, qui est aussi le fils d'Elisabeth.
19:05Alors Paul, économiste.
19:06Économiste.
19:06Et lui, qui travaille du côté du Luxembourg.
19:08Oui.
19:08On a effleuré le sujet tout à l'heure avec ta maman.
19:12Le Luxembourg qui pèse ici beaucoup, ça représente vraiment quelque chose d'économiquement
19:18vital, on peut dire comme ça.
19:19Sur une ville comme Thionville, 50% des actifs travaillent au Luxembourg.
19:24Donc, c'est des échanges réguliers constants avec des problèmes de transport, de logement
19:30parfois, des prix extrêmement hauts.
19:31Mais aussi, des avantages à Thionville.
19:34En une après-midi, on peut traverser quatre pays différents.
19:38On est un pays, une région qui est ouverte aux migrations, qui est ouverte aux autres
19:44cultures, qui est ouverte à l'Europe.
19:46Donc, c'est assez chouette aussi.
19:47Est-ce qu'on peut dire, même question pour Marie, mais est-ce qu'on peut dire que finalement
19:51l'identité de cette région de Moselle, c'est le phénomène des frontières ? Parce
19:57que je vois, moi qui suis natif des Vosges, qui vis dans les Vosges une grande partie
20:02de l'année, on n'a pas cette sensation des frontières.
20:04On sent que vous vivez vraiment avec les frontières, vous ici.
20:07Oui, effectivement.
20:09C'est un quotidien de traverser ça.
20:11Peut-être que ça l'est davantage que quand toi, tu as grandi dans la vallée de la Fensch,
20:15où c'était moins prégnant.
20:16Je pense.
20:17Moi, j'ai grandi à Florence, pas à tout le monde.
20:18Donc, je suis plus de la vallée de la Fensch et je pense que c'était moins prégnant
20:21à l'époque.
20:22Aujourd'hui, c'est un vrai phénomène.
20:23Oui, c'est ça.
20:24Tout à fait.
20:25On a beaucoup parlé de Florence tout à l'heure, Marie, avec Elisabeth, évidemment.
20:28Et je vais te poser la même question que je lui ai posé tout à l'heure.
20:30Est-ce qu'on vient passer un séjour à Florence ? Est-ce que c'est des lieux où on
20:33peut
20:33venir...
20:35Allez, on se dit, on se fait une semaine.
20:36Est-ce qu'on trouve du gîte ? Est-ce qu'on trouve des choses reposantes et apaisantes ?
20:40Non.
20:42Je pense qu'on n'a pas la même vision de Florence.
20:45Elle adore Florence.
20:47Voilà, on n'a peut-être pas la même passion de Florence qui reste un mystère à percer.
20:55Mais on a encore du temps.
20:55On aime bien les gens franco comme ça.
20:57Tu en vile ?
20:58Ah oui, ben tu en vile.
20:59Attends pas, Thérésie, non ?
21:00C'est ça.
21:01Moi, je suis conseiller municipal ici.
21:04Donc, oui, bien sûr, il y a des choses à faire.
21:05Il y a déjà des monuments de Menwick, il y a la Tour Opus, il y a le château de
21:09Volcrange.
21:10Il y a du sport.
21:11On a une équipe maintenant en Ligue 3, donc la troisième division nationale.
21:15Il n'y a plus besoin d'aller à Saint-Symphorien pour aller voir du foot.
21:17On peut aller au Stade de Gaëtrange.
21:18Oui, c'est vrai, c'est vrai, c'est vrai.
21:20Et puis, il y a de la culture.
21:21Moi, forcément, je suis élu à la culture, donc c'est ce qui me tient à cœur.
21:23On a deux cinémas, dont un d'art et essai.
21:26On a deux théâtres, dont un centre dramatique national.
21:29On a un conservatoire de musique.
21:31On a une salle de musique actuelle avec le Lab pour une ville de 40 000 habitants.
21:35Un mouvement culturel extrêmement fort et énormément d'assaut.
21:38Alors, on a beaucoup discuté avec Elisabeth tout à l'heure de son enfance,
21:42de la relation avec ses parents.
21:43Elle nous a beaucoup parlé de sa maman, notamment, etc., ce qu'elle lui avait apporté.
21:47Vous avez quand même des superbes carrières, je veux dire, un économiste,
21:51une administratrice de production.
21:53Est-ce que ça, ça s'est construit aussi à travers des discussions avec votre maman
21:57ou plus largement avec vos parents, vos grands-parents, etc.?
22:02Alors, oui, mais c'est des carrières.
22:04C'est des carrières qui ne sont pas très construites.
22:05Je crois que, moi, ce que j'ai reçu, c'est que rien n'est jamais irréversible.
22:09On peut être très libre, on peut reprendre des études à 30 ans.
22:12On peut changer d'avis, on peut se reformer toujours.
22:15C'est plutôt cette liberté-là.
22:16Moi, je trouve que j'ai reçu plutôt qu'un plan de carrière, des études.
22:21Et à notre époque, c'est bien.
22:22C'est plutôt bon.
22:23C'est pas mal, c'est pas mal.
22:24C'est plutôt de ce côté-là.
22:26Mais je ne sais pas toi.
22:27Oui, je suis d'accord.
22:28Et je crois que ma mère nous a transmis, et c'est très loin d'être péjoratif, le sens de
22:32la fête.
22:33Le sens de faire les choses toujours en s'amusant.
22:36Un petit peu.
22:38Et vraiment, de le faire sérieusement, de les faire bien.
22:42Mais d'être toujours, on en parlait avec Marie juste avant, d'être toujours du côté de la vie.
22:47D'être toujours du côté de la joie, de l'amusement.
22:50Et donc, c'est vraiment quelque chose qui, dans notre carrière, dans nos activités,
22:55moi, associative et politique, continue de me porter.
22:58Mais quand je vois ton parcours politique, associatif, citoyen, etc.,
23:03il y a quand même, ça se tient aussi, je veux dire,
23:07Elisabeth, elle a bâti son parcours beaucoup avec, on aide les autres.
23:09Il y a un fil rouge quand même.
23:11Vous l'avez aussi tous les deux, ce lien-là.
23:13Il y a ça, mais il y a aussi un modèle féminin qui est quand même très fort.
23:16C'est-à-dire, ma grand-mère, Madeleine, moi, j'ai eu des grands-mères qui ont toujours travaillé.
23:21Et puis, qu'on peut avoir une vie professionnelle, une vie personnelle, une vie associative et une maternité.
23:26Que tout ça, ça ne s'opposait pas du tout.
23:28Que ça faisait partie de la même vie.
23:29Et que d'avoir des choses en dehors de ses enfants, des engagements, des soucis, des déterminations,
23:35ça rendait plutôt des amitiés.
23:37Des belles amitiés.
23:37Ça rendait plutôt ses enfants heureux, en fait, d'avoir des choses en dehors d'eux.
23:41Quand on a la chance d'être dans une famille comme ça, où ça bouillonne beaucoup, ça discute beaucoup,
23:45puis quand même là, vous êtes confronté au monde, vous le regardez tel qu'il est.
23:49Dans quel état d'esprit vous êtes ?
23:51Comment vous regardez ce monde aujourd'hui ?
23:53Je crois que j'ai toujours été, justement, par cette enfance du côté de l'engagement.
23:58C'est-à-dire, depuis que je suis tout petit, grâce à mes parents, à ma mère en particulier,
24:02j'ai toujours vu des réunions d'assaut, des réunions politiques,
24:05où on débat, où on s'engueule et où on agit.
24:07Donc, c'est vrai que le monde n'est pas toujours réjouissant.
24:09Il fait parfois un peu peur.
24:11Mais par contre, je crois qu'on a toujours été du côté de l'action
24:14et d'essayer d'apporter notre petite pierre à l'édifice pour améliorer tout ça.
24:18Moi, c'est plus transformé dans l'artistique.
24:20C'est-à-dire qu'on transforme cette vision du monde, mais voilà, qu'il y ait un regard sur
24:23le monde.
24:23On est aussi au service des autres dans l'art.
24:25Oui, aussi.
24:26C'est chouette, vous avez des vies sublimes.
24:30Je voudrais qu'avant qu'on...
24:31Elle est sage, Elisabeth.
24:32Elle ne peut rien dire, elle n'a pas de micro.
24:34C'est dur à tenir.
24:36Un tout petit mot, quand même, Paul.
24:37Je voudrais que tu nous expliques, on va parler des beaux jours.
24:39Je voudrais que tu nous expliques où on est ici.
24:40Parce que tu connais forcément l'imagines.
24:42Bien sûr.
24:43Alors, on est au beau jour, elle en parlera.
24:45Mais on est surtout...
24:45Alors, au 14e siècle, c'était l'Hôtel des Seigneurs de Tionville, mais ensuite, un peu plus tard, c'était
24:50la Poste Royale.
24:51Donc, vous voyez ici la forme qui est une forme d'écurie, parce qu'il y avait les chevaux, tout
24:58simplement, qui allaient envoyer les lettres.
24:59Et ici, dans cette cour, est venu Victor Hugo, puisque le papa de Victor Hugo s'est battu à Tionville.
25:05C'est vrai, c'est vrai.
25:05Et donc, au moment de l'annexion de 1870, Victor Hugo est revenu à Tionville, sur les terres de son
25:11père.
25:11Et il a dessiné dans cette rue.
25:13Il a posté dans cette rue.
25:16Et à l'époque, il n'y avait pas de bar, donc il n'a pas pu boire un jus
25:18de tomate ni un coca.
25:19On est ici au beau jour.
25:21Alors, c'est beaucoup plus qu'un bar, c'est beaucoup plus qu'un restaurant.
25:24Tu nous parlais tout à l'heure de Café Fauve, puisqu'on était chez Valo.
25:27Explique-nous juste le lien entre tout ça.
25:28Valo, Café Fauve, les beaux jours.
25:31Les beaux jours, c'est un lieu hybride, en fait, qui accueille des spectacles, des rencontres littéraires, des apéros philo,
25:38des karaokés, etc., où on fait la fête, où on mange.
25:43Et on a donné l'exploitation du bar à Café Fauve, qui est une filiale de Valo, où on était
25:50tout à l'heure.
25:51Et ce sont des gens qui sont en insertion, qui font à manger.
25:55Donc, Thierry, qui est ici, n'est pas en insertion.
25:58C'est le chef.
25:58C'est le patron.
25:59Voilà.
26:01Mais les personnes qui font à manger sont des personnes en insertion.
26:04D'accord.
26:05Elles font à manger, elles n'auront à le veneur.
26:07Alors, je voudrais qu'on dise un mot aussi, parce que je suis allé aux toilettes avant de démarrer l
26:10'émission.
26:11Je dis tout, hein.
26:11On joue la transparence.
26:13Plein d'affiches de démos et débat.
26:15Mais oui.
26:15Alors, évidemment, on connaît démos et débat, Pascal.
26:18Alors, c'est Pascal qui a fondé ?
26:19C'est Pascal, Pascal qui est mon amoureux.
26:21Voilà.
26:21Qui est donc le président de démos et débat et qui est un partenaire de ce lieu.
26:27C'est-à-dire que c'est l'association démos et débat qui a la compétence d'organiser des rencontres
26:33littéraires avec des auteurs, régulièrement, au moins une fois par mois.
26:38Et quels auteurs, et quels invités, vraiment.
26:40Et quels invités, et notre marraine et Cécile Coulon.
26:43Très bien.
26:44Dernière question, ça m'impressionne toujours des mots et débat, parce que j'ai regardé l'évolution de cette association.
26:50Ça marche très bien, on voit, il y a des mots.
26:52C'est-à-dire qu'aujourd'hui, il y a un besoin, il y a une attente de débattre, de
26:57philosophie, d'aujourd'hui dans la société.
26:59C'est-à-dire qu'on se rend compte que les gens viennent pour entendre des spécialistes sur un certain
27:06nombre de sujets,
27:07et puis pour pouvoir les interpeller, et pour pouvoir entendre des avis différents, mais en chair et en os.
27:15Donc effectivement, ici c'est le spot pour les petites rencontres littéraires,
27:20où on sait qu'on va avoir une cinquantaine de personnes.
27:22Et au-delà des mots et débat, c'est 100, 200, et la prochaine fois 300 personnes.
27:28Oui, c'est vachement bien. Il y a un site internet, on peut aller voir tous les programmes.
27:32Voilà, des mots et débat, et les beaux jours.
27:34Et puis on conseille les beaux jours ici, c'est en plein cœur de la ville de Metz.
27:38Tionville.
27:39De la ville de Tionville, pardon.
27:41Et on est en un cœur, pardon Pierre Cuny, en un cœur de la ville de Tionville.
27:49Merci Elisabeth, c'était chouette cette valeur d'étoile.
27:51Merci à toi de t'intéresser à tout ce qu'on fait, parce que mes enfants,
27:56mais aussi tous les gens qui sont derrière nous, qui bossent avec nous,
28:00et qui nous suivent, quelle que soit l'idée, à la con des fois qu'on est.
28:05Merci. Et merci Marie, merci Paul.
28:08A très bientôt.
28:23Ici Lorraine, crack pour l'émission Sur ma route, sur Moselle TV et Vosges Télévisions.
28:28Ici, votre radio de proximité en Lorraine.
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