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  • il y a 8 heures

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00:13Bonjour, la Moselle Terre des énergies, nouvelle l'opus dans notre série d'émissions produites sur l'espace de Moselle
00:21Attractivité durant la FIM, la foire internationale de Metz.
00:24Aujourd'hui, nous allons évoquer la question de la transition énergétique avec Antonin Arnoux. Bonjour, Antonin.
00:31Bonjour, Jérôme et content de retrouver à nouveau le plateau de Moselle TV.
00:34Bonjour et merci de votre présence. Vous êtes le directeur du site Émile Huchet, Gaz et l'énergie.
00:40Alors, c'est une centrale dont on entend beaucoup parler. Émile Huchet, je vais vous demander de faire un peu
00:44l'Alain Decaux raconte,
00:47si vous voulez bien nous faire un brin d'histoire quand même avant de se projeter vers l'avenir de
00:51cette centrale Émile Huchet.
00:53Oui, revenons dans l'histoire. C'est encore l'un des derniers symboles de l'ère industrielle importante qu'a
01:00vécu notre territoire.
01:01Quand je dis le territoire, c'est la Moselle, la Sars. D'ailleurs, Émile Huchet, c'est le nom d
01:04'un des grands directeurs du bassin Moselle Sars pour l'acier et le charbon.
01:09Il a donné le nom à cette centrale, centrale qui a démarré dans les années 48, donc en fait juste
01:14après la Seconde Guerre mondiale.
01:16L'objectif, il était clair pour tout le monde. C'était comment on réunifie notre économie entre l'Allemagne et
01:22la France après la guerre.
01:23Et bien entendu, tout s'est fait autour du charbon. On revient à Robert Schumann, la communauté économique du charbon
01:27et de l'acier.
01:28Et donc, cette centrale est l'un des symboles importants de ce qu'a pu être cette nouvelle ère industrielle
01:33post Seconde Guerre mondiale.
01:35Donc, une centrale à charbon, tout le monde l'aura bien compris. Évidemment, puisque nous sommes en plein milieu du
01:40bassin Houillé-Moselland, la production d'énergie était destinée à qui en 1950, dans les années 50 ?
01:48Très clairement, c'était pour soutenir l'industrialisation, soutenir les aciéries qui avaient besoin d'électricité, soutenir le déploiement des
01:55réseaux électriques.
01:56Donc, l'objectif, c'était bien entendu d'utiliser tous les coproduits des mines, parce qu'en fait, la centrale
02:01est au barisande de beaucoup de mines en Moselle.
02:03La dernière mine, en 2004, s'arrête à la Houve, à Creusval, pas très loin de chez nous, vraiment à
02:07quelques kilomètres à vol d'oiseau.
02:09Donc, l'objectif, c'était d'utiliser tout le charbon qui n'était pas la matière première, qui, elle, allait
02:14plutôt vers, on va dire, des causes nobles, qui étaient l'acierie, etc.
02:18Et donc, tous les coproduits des mines étaient brûlés pour en faire de l'électricité, alimenter le réseau électrique.
02:24Donc, une histoire économique, une histoire humaine aussi, puisque de nombreux collaborateurs se sont succédés.
02:30Et même, vous avez chauffé de nombreux Mosellans dans l'Est, notamment.
02:35Exactement, oui. De toute façon, c'est des générations.
02:38Donc, quelque part, un site comme celui-là, il faut comprendre aussi d'où viennent les personnes, d'où viennent
02:43les familles, ce qu'elles ont pu vivre aussi au fil des générations.
02:48Et donc, un attachement, un ancrage très, très fort sur cette infrastructure, encore une fois, très symbolique et stratégique pour
02:54la Moselle-Est.
02:56Alors, vous avez constitué, alors quand je dis vous, c'est la centrale, évidemment, constitué une infrastructure énergétique importante sur
03:03le site,
03:04avec un accès au réseau électrique, des compétences de conduite et de maintenance industrielle, et puis une culture industrielle très
03:09forte.
03:10Ça aussi, ce sont des atouts sur lesquels vous vous appuyez aujourd'hui, en 2026, toujours.
03:16Claire, c'est des atouts très importants. Et pas que pour nous. Je pense qu'on a vécu collectivement l
03:22'annonce, l'arrivée de gros projets industriels ces dernières années.
03:26Et à chaque fois, les atouts sont toujours les mêmes.
03:28La Moselle, au cœur de l'Europe. On est au cœur du bassin de densité urbaine européenne, en partant des
03:35Pays-Bas jusqu'à l'Italie du Nord.
03:37Donc, on est vraiment au milieu, Paris-Centre, des super infrastructures routières, de logistique, de trains, etc.
03:44Ensuite, l'acceptation sociale. On voit bien que tout projet industriel qui est proposé aujourd'hui en Moselle, et notamment
03:50en Moselle-Est,
03:51fait l'objet d'un gros support de la population locale. Personne n'est contre.
03:55Alors, bien entendu, il y a des concertations pour ça. On en a fait plusieurs pour expliquer ce qui se
03:59passe.
03:59Mais les gens sont pour et accompagnent le progrès.
04:02Et bien entendu, une base de compétences techniques est quand même importante du fait de toute l'histoire industrielle.
04:08Et donc, bien entendu, l'objectif, c'est de maintenir cet élan de compétences et d'accompagner la réindustrialisation.
04:14Nous parlons de Centrale pour avoir une idée, pour une représentation la plus fine possible.
04:20De quoi parle-t-on en termes de superficie, d'installation encore présente sur le site?
04:25Alors, le site fait une centaine d'hectares.
04:28Pour ceux qui connaissent la plateforme chimique de Carlin-Saint-Avold, quand vous passez sur l'autoroute,
04:32toute la plateforme fait 600. Le site fait un sixième, 100 hectares.
04:35Sur les 100 hectares, on a encore des anciennes installations qui sont en cours de démantèlement.
04:42D'ailleurs, on a vu en 2024 le dynamitage d'une tour de la tranche numéro 5.
04:48qui nous reste la tranche numéro 6. On y reviendra un petit peu plus tard.
04:51C'est les 600 mégawatts. Et bien entendu, notre objectif, c'est à la fois de maintenir cette tranche
04:56pour la sécurité du réseau électrique et de rediversifier des activités énergétiques sur le site
05:01au fur et à mesure de démantèlement et d'aménagement.
05:04Alors aujourd'hui, évidemment, quand on parle de charbon, on n'est pas vraiment dans le tempo lié à décarbonation.
05:11On en reparlera dans quelques instants. Votre stratégie, ça n'est pas de fermer totalement, mais de transformer.
05:16Ça, c'est important aussi.
05:18Oui, alors clairement, la stratégie n'a jamais été de fermer.
05:22Bien entendu, il y a toujours une certaine simplicité en se disant on arrête le charbon
05:25et puis on mettra un petit peu d'argent sur la table et on verra bien ce qui se passe.
05:29En fait, c'est juste pas possible. Ça ne peut pas se passer comme ça.
05:33Un site, une réindustrialisation d'un site industriel qui est quand même des sites d'industrie lourde
05:38se font en 5 ans, 10 ans, 15 ans. Donc, il faut voir loin.
05:41Il faut comprendre quelle est la dynamique énergétique parce qu'on reste énergéticien
05:45et voir un petit peu la dynamique énergétique à 10 ans, 15 ans et l'accompagner.
05:49Donc, très clairement, notre objectif, il est triple.
05:52C'est de garder les 600 mégawatts pour sécuriser le réseau électrique.
05:56C'est d'aider le réseau électrique à être de plus en plus dynamique et de plus en plus flexible.
06:00On y reviendra, mais c'est le stockage d'électricité par batterie.
06:03Et bien entendu, c'est de verdir et d'amener de l'énergie aussi sur le territoire
06:07avec la production d'hydrogène décarboné et intégrer chez nous des industries fortement consommatrices
06:14pour les accompagner. Et typiquement, il y a le sujet des data centers.
06:17Ce que vous êtes en train de nous dire, c'est que transition énergétique, finalement,
06:21ne rime pas avec des industrialisations.
06:25Non, pas du tout.
06:25Bien au contraire.
06:26Non, bien du tout. Bien au contraire.
06:29La transition énergétique, c'est même un levier de souveraineté.
06:32Finalement, on le voit bien aujourd'hui.
06:34On a subi la crise énergétique en 2022.
06:37On est en train de la subir à nouveau avec ce qui se passe au Moyen-Orient.
06:41Et finalement, la transition énergétique, c'est de se donner les capacités
06:45de pouvoir compter sur une énergie qui ne dépend pas des autres.
06:48C'est ça, en fait, la transition énergétique.
06:49Et donc que nos usines ne dépendent pas tout le temps des fluctuations géopolitiques mondiales.
06:53Donc travailler sur la transition énergétique, c'est donner un regain de souveraineté à notre industrie.
06:57Et là, on est en plein dedans sur ce qu'on essaye de faire à Saint-Avol.
07:00Finalement, une transition réussie, c'est changer d'énergie sans perdre toutes les compétences sur le site.
07:06C'est ça. Et aussi maintenir la compétitivité, bien entendu.
07:10Parce que la transition énergétique doit être compétitive pour être en capacité d'accompagner la réindustrialisation de notre pays
07:18et le fait que les usines puissent continuer à produire de manière compétitive.
07:21Et bien entendu, garder les compétences dans le temps.
07:25Je pense qu'on ne change pas vraiment de compétence, quelque part.
07:30Nos salariés sur site, depuis des décennies, travaillent quoi ?
07:33Le courant fort, le courant faible, les pressions importantes de gaz dans les tuyauteries.
07:38Donc en fait, à partir du moment où vous savez gérer du courant fort, du gaz fort, de la chaleur,
07:42du froid,
07:44ça reste tout le temps.
07:45C'est juste que les équipements sont un peu différents.
07:47Et on vient, bien entendu, aller chercher un peu plus d'expertise sur certains nouveaux équipements.
07:53Mais grosso modo, le métier industriel ne change pas.
07:55Donc ce que vous nous dites, c'est que grosso modo, pour reprendre votre expression, les compétences basiques sont là.
08:01Exactement. Elles sont là.
08:02Elles se font aussi par la culture.
08:03Ce serait dommage de les perdre.
08:04Exactement.
08:05Et c'est une culture.
08:06Et une culture, ça ne s'apprend pas à l'école.
08:08Une culture industrielle, ça s'apprend sur le terrain.
08:10Ça se transmet par compagnonnage entre les anciens et les jeunes qui arrivent.
08:15Donc on a aussi besoin d'une certaine continuité d'emploi sur le site pour être en capacité de transmettre
08:20cette culture,
08:21la culture de la gestion du risque industriel, la culture de la performance.
08:25Et ça, ça se transmet au fur et à mesure des générations.
08:29Alors vous avez parlé tout à l'heure de la tranche numéro 6, si j'ai été attentif.
08:33C'est bien ça.
08:33Donc c'est celle qui reste, qui ressemble à la tranche qui a été dynamitée il y a deux ans.
08:37C'est ça, à peu près ?
08:38La tour Aero, oui, c'est ça.
08:39Voilà, la tour Aero.
08:40Et donc c'est la tranche numéro 6.
08:42Aujourd'hui, à quoi sert-elle ?
08:45Combien de collaborateurs sont sur place ?
08:47Alors là, aujourd'hui, cette tranche-là, elle sert vraiment à sécuriser les journées les plus difficiles du réseau électrique.
08:53Si on reprend le réseau électrique, pour donner quelques grands chiffres et se rendre compte, quand même en France,
08:58on appelle l'hiver l'équivalent de deux fois la taille du parc nucléaire français.
09:03Il fait froid.
09:03Quand vous dites qu'on appelle, c'est-à-dire qu'on a recours à deux fois...
09:06C'est-à-dire que la consommation en appel instantané, par exemple, un hiver, au mois de janvier, quand il
09:11fait très froid le matin,
09:12le pic de consommation, c'est l'équivalent de deux fois la puissance du parc nucléaire français.
09:17Deux fois, c'est énorme.
09:18Donc le parc nucléaire français, on entend souvent parler qu'on est excédentaire en électricité.
09:23Oui, 90% du temps, mais vous avez un nombre de jours assez limité, à peu près une vingtaine de
09:29jours par an, où il faut aller chercher bien plus.
09:31Et c'est là que ce genre de centrale intervient.
09:33C'est pour permettre aux Français de se réveiller le matin en utilisant leur ripin.
09:38C'est pour permettre aux usines de toujours commencer le matin à travailler à partir de 6 heures du matin.
09:42Et c'est ça, l'objectif de ce genre de centrale.
09:44C'est quand il n'y a plus assez de solaire, plus assez de vent, qu'on est limité aussi
09:48en termes d'eau, des fois dans les barrages électriques.
09:50Ces centrales-là, c'est les centrales de pointe qui permettent de garantir la sécurité du réseau.
09:54Donc pour éviter ce qu'on appelle le blackout, je crois, dans le jargon des énergéticiens.
09:58Et depuis ces dernières années, vous avez été appelé, puisque c'est la façon dont cela se dit, combien de
10:05fois ?
10:06Alors forcément, on a dû redémarrer pendant la crise énergétique.
10:10Pourquoi ? Parce qu'on avait un problème de disponibilité sur le parc nucléaire.
10:15Et en parallèle, on avait une crise gazière avec la Russie,
10:19qui a fait que finalement, ces centrales-là au charbon étaient un combustible différent
10:22qui permettait de garantir une sécurité et un marché qui puisse tenir.
10:29Donc là, on a bossé pas mal de semaines en 2022-2023 pendant l'hiver.
10:33Là, sur le dernier hiver, on n'est plus sur une semaine cumulée de production, on va dire.
10:387 à 10 jours. On s'attend à peu près à faire la même chose cet hiver, voire peut-être
10:42un peu plus.
10:43Alors cette centrale, donc tranche numéro 6, a quand même un avenir relativement court au charbon.
10:49Je crois que c'est la fin de l'année, normalement.
10:51Moins de mars.
10:52Moins de mars.
10:53Fin de l'hiver.
10:53Fin de l'hiver, donc 2027.
10:57Où en est-on aujourd'hui concrètement de ce dossier de transition de l'énergie du charbon à une énergie
11:03propre ?
11:04Une énergie beaucoup moins carbonée, le gaz, voire migration vers le biogaz.
11:10Notre objectif, très clairement, c'est maintenir ces 600 mégawatts.
11:13Je vous l'ai dit, on a besoin de deux fois la taille du parc nucléaire l'hiver pour passer
11:16les pics.
11:16Donc on a besoin de ces centrales.
11:19On a clairement besoin.
11:21Mais il faut décarboner.
11:22Donc en fait, on ne se lève pas le matin pour brûler du charbon.
11:24Ce n'est pas l'objectif.
11:25On se lève le matin pour sécuriser le réseau électrique des Français.
11:28Et bien entendu, passer du charbon au gaz, ça demande pas mal d'investissements.
11:32On dit quasiment 100 millions d'euros qui vont se faire pendant à peu près un an et demi.
11:37Mais le déclenchement de ces investissements vont être liés au fait que le réseau électrique nous donne une visibilité long
11:42terme sur le fait que cette centrale va permettre de le sécuriser.
11:45Et ça, ça passe par des enchères.
11:47On appelle ça les nouvelles enchères du mécanisme de capacité.
11:50Et ces enchères-là auront lieu en janvier.
11:52Donc en fait, on saura normalement, alors sauf si la date bouge, on saura fin janvier si la centrale est
11:58retenue à horizon 2040, 2045 pour sécuriser le réseau électrique.
12:01Et ça nous permettra de passer au gaz naturel.
12:04Donc aujourd'hui, rien n'est écrit encore malgré la fameuse loi Saint-Avold qui a été votée à l
12:10'unanimité.
12:11Je crois que les deux chambres ont voté à l'unanimité.
12:15C'est un peu paradoxal comme situation, non ?
12:17Alors une loi nous permet l'éligibilité aux enchères.
12:21La loi, ça a été un moment incroyable.
12:23Je veux dire, une dynamique collective.
12:25Moi, il ne faut pas qu'on cède à la fatalité vis-à-vis de notre réindustrialisation et la capacité
12:29de notre territoire à se réindustrialiser.
12:31Quand je vois ce qu'on a été capable de faire pour la loi Saint-Avold, on y arrivera.
12:34On y arrivera, mais il va falloir aller sur chaque projet, défendre le territoire, quitte à monter à Paris comme
12:40on l'a été fait sur la loi.
12:41Mais on y arrivera, projet par projet.
12:43Et donc là, la dynamique collective et le président Weyten en tête a permis d'avoir ce consensus.
12:50Et que tout le monde comprenne que 600 mégawatts sur un réseau électrique, ce n'est pas une paille.
12:54On en a besoin.
12:55Et donc, il faut le maintenir.
12:56Et ça, il y a un consensus politique qui est indéniable.
12:58Donc, cette loi nous a permis de nous rendre éligibles à ces enchères.
13:02Maintenant, on va aller aux enchères.
13:05Faut-il encore que les enchères soient suffisamment bien dimensionnées pour laisser la place à cette centrale ?
13:10Ça veut dire quoi, bien dimensionnées ?
13:11Ça veut dire qu'on puisse répondre quand on est de la taille d'Émiluchet ?
13:14Que ne soit ni trop gros, ni trop petit ?
13:16Très clairement, le réseau électrique, tous les ans, va mettre aux enchères une capacité.
13:21C'est-à-dire, je vous ai dit, l'hiver, on appelle deux fois la taille du parc nucléaire.
13:25Donc, en fait, à peu près, deux fois la taille du parc nucléaire va être mise aux enchères tous les
13:30ans par le réseau électrique.
13:33La seule chose, c'est qu'aujourd'hui, il y a beaucoup d'actifs sur le réseau.
13:36Donc, il faut qu'on s'assure qu'il y a une juste place qui soit réservée à cette centrale
13:40pour qu'on puisse jouer.
13:41Je donne toujours l'exemple d'un terrain de foot.
13:42Aujourd'hui, on connaît le nombre de joueurs qui vont aller jouer.
13:45Le problème, c'est qu'il faut que le terrain de foot soit suffisamment gros, suffisamment grand, pour que tous
13:51les joueurs puissent jouer.
13:52Voilà.
13:52Et donc, en fait, c'est ce qui est en train de se passer aujourd'hui.
13:54On est en train de s'assurer que, techniquement, la centrale puisse jouer au milieu du terrain de foot.
14:00Pour ceux qui jouent au foot, c'est sûr que c'est difficile de jouer à 11 sur un terrain
14:04de 5, par exemple.
14:05C'est exactement ça.
14:06C'est difficile.
14:07Alors, un peu de, comment dire, pas d'inquiétude, mais on sent que le monde politique est mobilisé pour que
14:14ces enchères de janvier laissent la place à la centrale.
14:17Les Miluchet, néanmoins, j'allais dire, vous ne restez pas attentiste puisque vous poursuivez un certain nombre de projets sur
14:23le site, avec notamment, vous l'avez un peu évoqué tout à l'heure, sur le stockage de l'énergie,
14:29notamment de l'électricité.
14:30Alors, de quelle façon ?
14:31Alors, très clairement, on installe des batteries, donc c'est des gros containers, vous pouvez les voir, c'est des
14:36containers blancs, où il y a plein de batteries à l'intérieur.
14:39Donc, c'est des milliers de petits modules.
14:41Là, aujourd'hui, on a 100 MW, donc c'est un sixième de la taille de la centrale, pendant deux
14:47heures.
14:47Donc, en fait, on est capable d'injecter sur le réseau ou d'aspirer du réseau l'équivalent d'un
14:53sixième de notre centrale pendant deux heures.
14:55Donc, c'est deux sujets différents.
14:56La centrale est là pour sécuriser l'hiver, les batteries sont là tous les jours, toutes les secondes, pour aider
14:59le système électrique.
15:01Donc, on est directement relié au système électrique.
15:04Et donc, un peu comme un amortisseur d'une voiture, la batterie vient pallier à la hausse ou à la
15:08baisse les soubresauts du système électrique,
15:11qui voit d'un côté des renouvelables qui montent ou qui descendent en permanence.
15:14Il suffit qu'un nuage passe dans une région et vous perdez drastiquement de l'électricité.
15:18Ou alors que des consommateurs, ça s'éteigne ou s'allume en permanence.
15:21Et donc, les batteries font le tampon.
15:23Donc, ça, c'est opérationnel.
15:24Voilà, on a déjà deux beaux projets.
15:26Donc, c'est à peu près 50 millions d'euros qui ont été investis sur le site ces deux dernières
15:29années.
15:29Mais ça fonctionne, cet amortisseur ?
15:32Ah oui, oui, ça fonctionne très bien.
15:33C'est hyper dynamique.
15:34Des batteries, c'est en un claquement de doigts.
15:37Vous les mettez soit à la hausse, soit à la baisse.
15:38Et le système électrique pourrait être en capacité d'intégrer encore plus de renouvelables
15:42et donc de réussir cette transition énergétique.
15:44On a besoin de ces amortisseurs.
15:46Alors, vous nous parlez de deux gros containers, de grosses batteries.
15:49Si je vulgarise un peu, est-ce qu'il y a d'autres projets pour en fabriquer ?
15:53D'autres ?
15:54Alors oui, aujourd'hui, on a reçu le permis de construire d'ailleurs récemment.
15:58La décision d'investissement arrivera normalement d'ici la fin de l'année.
16:01On devrait quadrupler la taille du parc à peu près sur site d'ici 2028.
16:08Donc voilà pour le stockage de l'énergie, donc avec ces grosses batteries.
16:12Et puis, il y a un autre sujet qui est celui de l'hydrogène avec un...
16:16Ce n'est même pas un projet, c'est un...
16:18Comment dire ?
16:20C'est un actif qui est prêt à construire.
16:22Un actif prêt à construire qui s'appelle Émilie avec HY.
16:26Donc, c'est de l'hydrogène, mais qui n'est pas de l'hydrogène natif
16:29comme celui dont on parle du côté de Pompière dans le district urbain de Folquemont.
16:33Non, celui-là, il ne vient pas du sous-sol directement.
16:34Comment est-il ? D'où vient-il ?
16:37Alors, l'eau vient du sous-sol.
16:38Mais en fait, l'objectif de cet hydrogène électrolytique,
16:42c'est-à-dire qu'on casse une molécule d'eau avec un courant électrique.
16:45Et donc, en cassant une molécule d'eau H2O avec un courant électrique,
16:48vous avez du H2O d'un côté et de l'oxygène de l'autre.
16:50Voilà. L'objectif, c'est d'utiliser un courant électrique qui soit renouvelable ou décarboné.
16:56Et donc, ça permet de fournir des molécules d'hydrogène dans un réseau décarboné
17:02aux heures où l'électricité n'est pas chère.
17:04Et on en a de plus en plus d'heures où l'électricité est abondante,
17:07même trop abondante sur le réseau électrique.
17:08Donc, c'est l'objectif.
17:09Donc, après, il faut fournir un industriel.
17:11Aujourd'hui, la demande est tirée par l'Allemagne et l'aciériste Zarchtal,
17:15qui souhaitent utiliser beaucoup d'hydrogène dans le futur,
17:19hydrogène décarboné, pour purifier son minerai de fer et vendre de l'acier vert.
17:24Donc, tout va défendre un peu de la politique européenne
17:28à être en capacité vis-à-vis du prix du carbone
17:31de rendre une production d'acier vert à partir d'hydrogène compétitive.
17:35C'est tout l'objectif aujourd'hui.
17:36Donc, nous, en tant qu'énergéticiens et fournisseurs d'énergie, on est prêts.
17:39Notre projet est prêt de construire.
17:41On a les autorisations pour le faire.
17:43Et on accompagne la montée en puissance de l'acieriste dans sa course à l'acier vert.
17:47Est-ce que vous pouvez nous donner quelques chiffres ?
17:49Je les ai sous les yeux, mais je peux vous les laisser sur ce projet Émilie ?
17:53Alors, le projet Émilie, comme il est là aujourd'hui,
17:56sur les prochaines étapes, on serait plutôt sur un projet
17:59qui va faire à peu près 100 MW.
18:02Alors, il était ambitionné à 200 MW,
18:05mais comme on monte crescendo au fur et à mesure que le client y va,
18:08on serait plutôt sur une centaine de MW au démarrage.
18:11Pour environ entre 100 et 200 millions d'euros en fonction des équipements.
18:15Et combien de tonnes, si c'est en tonnes, que l'on compte d'hydrogène ?
18:19Alors là, on serait sur entre 15 et 20 000 tonnes,
18:22à peu près par an d'hydrogène sur ces premières phases.
18:25Donc, on a parlé de la façon de stocker l'énergie,
18:28de ce projet de fabrication d'hydrogène vert.
18:31Il y a aussi un autre projet, c'est celui d'attirer de nouvelles entreprises sur votre site,
18:37puisque vous nous l'avez dit, il y a une centaine d'hectares.
18:39Donc, forcément, vous avez du foncier, il y a de la place.
18:42Exactement.
18:42Alors, on a essayé déjà, parce qu'on a essayé avec la chimie verte,
18:47qui a été un projet fort et phare aussi.
18:50C'était le projet Circa.
18:51L'objectif, c'était de refaire des molécules biodégradables à partir de bois, en le gazéifiant.
18:59Malheureusement, on est toujours un peu sur les équations de compétitivité économique des usines en Europe
19:03et un peu de la taxe carbone aux frontières et des enjeux entre ce qui est importé de la Chine
19:08et ce qu'on est capable de faire chez nous.
19:09Typiquement, c'est le genre de projet qui a su trouver un démarrage de financement,
19:13mais qui n'a pas pu finaliser le projet par manque de compétitivité
19:16par rapport à ce qu'on peut importer de l'extérieur.
19:22Mais ce n'est pas pour ça qu'on lâche l'affaire.
19:24On continue.
19:25On a bien compris que sur le site, vous étiez tenace.
19:27On ne lâchera pas.
19:28Ah oui, exactement.
19:29Je pense que ça peut être écrit aussi.
19:31La pugnacité, exactement.
19:33Et on ne lâchera pas parce que ce site est juste incroyable.
19:35Je vois toutes les infrastructures, le personnel,
19:39les gens qui habitent aussi en Moselle-Est et qui nous soutiennent en permanence.
19:42On ne peut qu'y arriver.
19:43Donc voilà, c'est ce que je vous ai dit.
19:45Un site industriel comme celui-là, c'est 5 ans, 10 ans, 15 ans.
19:48Donc il faut être résilient.
19:50Ça va au-delà d'un mandat présidentiel.
19:51Et donc, il faut être résilient dans le temps.
19:53Et très clairement, on continue.
19:55En passant du charbon au gaz, on va libérer beaucoup d'espace.
19:57Parce que le parc à charbon, le parc à centre, je n'en aurai plus besoin.
20:00Et donc là, typiquement, on regarde aussi se projeter sur un data center.
20:04Un data center d'une entreprise connue ?
20:08Vous avez déjà des pistes ?
20:09Alors pour l'instant, on cherche le bon partenaire.
20:11L'objectif, c'est d'avoir un partenaire sur le long terme.
20:14Et pourquoi un data center à cet endroit ?
20:16Quels seraient les atouts du site pour un data center, pour son implantation ?
20:19Alors un data center, déjà, il a besoin de foncier.
20:22Donc en libérant de l'espace, en arrêtant le charbon et en passant au gaz,
20:25on aura du foncier suffisamment.
20:27Il faut des gros câbles électriques.
20:29Donc une bonne capacité au réseau électrique.
20:31C'est ce qu'on a.
20:32Vu la taille du site historique, on les a.
20:35Et il faut de l'eau.
20:36Il faut aussi de l'eau pour refroidir.
20:37Et je pense que aussi, l'une des forces de la Moselle Est,
20:39c'est d'avoir beaucoup d'eau disponible.
20:42Donc en fait, on est en capacité assez rapidement sur un site qui est déjà entropisé.
20:46On parle beaucoup aussi de zones,
20:48de ne pas artificialiser de nouvelles zones.
20:51Là, c'est clairement le cas.
20:52On a un site qui est prêt.
20:53Les infrastructures sont là.
20:54Le personnel est là sur tous ces sujets-là.
20:57Donc il n'y a plus qu'à.
20:58Mais il faut trouver le bon partenaire.
21:00Parce que nous, on sait vendre de l'énergie,
21:01mais on ne sait pas vendre de la donnée.
21:02Donc il faut trouver le partenaire qui sait, lui, vendre des données.
21:05Encore quelques instants avec vous, Antonin Arnoux,
21:08directeur du site Émiluchet, sur les compétences et les emplois.
21:12Rappelons le nombre de collaborateurs qui sont sur le site
21:15et qui sont évidemment prêts à cette transformation,
21:19à cette valorisation de l'énergie verte.
21:22Là, très clairement, sur site aujourd'hui,
21:24on est quasiment une centaine de collaborateurs.
21:27Mais quand je vois, par exemple, on sort d'une révision annuelle,
21:30le nombre de sous-traitants qui peuvent passer pendant l'été pour nous aider
21:33ou qui sont là même à l'année.
21:35On parle vite d'emplois impactés vis-à-vis de l'activité de ce site.
21:39300, voire 400 emplois.
21:40Ça va assez vite.
21:43C'est des grosses industries.
21:44Donc en fait, très rapidement,
21:46on est obligé de déployer beaucoup de moyens.
21:48Et je pense que ça me permet aussi peut-être de faire une transition
21:50avec l'impact local qu'on peut avoir.
21:53C'est vrai qu'on parle souvent des emplois directs.
21:55Mais en fait, il ne faut pas oublier qu'on fait bosser énormément de sous-traitants.
21:58On fait partie des grands donneurs d'ordre, je pense, de la Moselle.
22:01Quand je fais le bilan un petit peu des dernières années,
22:03sur les 4-5 dernières années,
22:06c'est plus de 150 millions d'euros qui ont été injectés en Moselle
22:09quand même via toutes les activités qu'on crée,
22:12via les investissements qu'on fait.
22:15Et au-delà de ça, je voulais mettre un petit point aussi particulier.
22:18Quand on a redémarré le charbon, il y a eu un fonds de compensation carbone.
22:21En fait, on nous a demandé de compenser le surplus de CO2
22:25qui a été émis pendant la crise.
22:26Et ça, ça a été une retombée directe puisqu'on a aidé de la reforestation,
22:30on a aidé des agriculteurs sur le territoire en Moselle
22:32pour à peu près 7 millions d'euros.
22:34Un dernier mot sur le rôle du territoire.
22:38Vous le disiez, le territoire proche de chez vous
22:40est derrière vous et derrière la centrale Émiluché.
22:43Mais c'est évidemment plus large.
22:44Tout le monde se mobilise pour que cette centrale puisse se convertir
22:48au biogaz dans les prochaines années.
22:49Oui, je crois beaucoup à la force d'un territoire
22:51pour arriver à se sortir de la situation.
22:56On se rend bien compte qu'un industriel tout seul n'y arrivera pas.
22:59Un territoire sans les industriels ou sans les entreprises n'y arrivera pas aussi.
23:03Donc c'est vraiment cette dualité.
23:05Et quand je dis territoire, c'est bien entendu les collectivités.
23:08C'est les collectivités, mais c'est aussi l'état local.
23:11L'état local qui est aussi très aidant
23:13et qui est aussi là pour aider à faire émerger les projets.
23:16Donc en fait, c'est un peu même un triptyque
23:18entre les entreprises, les collectivités et l'état local
23:21pour être en capacité d'aller arbitrer,
23:24de discuter en permanent sur quels sont les challenges
23:26qu'on peut avoir sur un projet
23:27et essayer de trouver les solutions au cas par cas.
23:30Et petit pas par petit pas, on y arrivera.
23:32Voilà, ténacité pour la centrale Émiluché et prospective.
23:36Et vous demandez non pas de lire dans une boule de cristal
23:39parce que vous avez beaucoup plus d'informations sûres
23:42pour être porté vers l'avenir.
23:44À quoi ressemblera Émiluché en 2035, 2036 ?
23:50Selon vous ?
23:51Selon la trajectoire qu'on est en train de mettre en place.
23:54Il assurera la sécurité du réseau électrique
23:56avec les 600 MW qui passeront au gaz.
23:59Il assurera la résilience du système électrique
24:01avec la flexibilité et les batteries.
24:03Il assurera une certaine souveraineté énergétique localement
24:06avec la production d'hydrogène décarboné.
24:08Et il assurera la souveraineté numérique avec un data center.
24:11Voilà un petit peu ce que je vois pour 2035 sur le site.
24:14C'est tout ce qu'on vous souhaite, évidemment, Antonin Arnoux,
24:17directeur du site Émiluché chez Gazelle Énergie.
24:20Merci beaucoup.
24:21Merci, Jérôme.
24:22L'information continue sur Moselle TV.
24:25Merci.

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