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  • il y a 10 heures
Invité :
Denis GRANDIDIER, directeur général de "Cuisines Grandidier"

Remerciements :
Denis et Patricia GRANDIDIER, les équipes de "Cuisines Grandidier" à Rémilly, le relais 2.0 à Lemud

Présentation :
Vianney HUGUENOT

Réalisation :
Azzedine BRAHIMI

Catégorie

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News
Transcription
00:00Ici Lorraine, crack pour l'émission, sur Marouk, sur Moselle TV et Vosges Télévisions.
00:06Ici, votre radio de proximité en Lorraine.
00:31Bonjour à toutes et à tous et bienvenue sur Marouk.
00:34Je fais halte aujourd'hui dans la région de la Niée française, en Moselle, à Lemus, Remis et en Serville,
00:40avec pour inviter Denis Grandidier, patron d'une belle entreprise qui fêtera dans quelques jours son 70e anniversaire.
00:47Une entreprise qui imagine, dessine, conçoit, fabrique et pose des cuisines, mais pas que du sur-mesure naturellement.
00:54L'entreprise a été fondée en 1956 par le père de Denis, Gabriel Grandidier, maître ébéniste.
01:01Et d'ailleurs, son vieil atelier et le magasin d'exposition originelle sont toujours là.
01:06Nous irons y faire un tour, un tour émouvant, vous verrez.
01:09Mais nous nous attarderons surtout sur le nouveau site créé par Denis Grandidier, à quelques centaines de mètres de là,
01:16comprenant l'usine ultra moderne, le bureau d'études et un vaste showroom.
01:20Plusieurs prix et un label, Moselle Passion, ont salué le succès de cette entreprise attachée au made-in local.
01:27Le bois est quasi exclusivement lorrain et défenseur du goût du très beau.
01:32Elle compte aujourd'hui une quarantaine de salariés et parmi eux l'épouse de Denis, Patricia Grandidier,
01:37et leurs deux fils, Lucas et Thibault, ingénieurs dans l'entreprise.
01:42La transmission qui soucie beaucoup d'entrepreneurs s'est déroulée ici sereinement,
01:47au sein d'une famille passionnée, heureuse, ça se voit d'ailleurs,
01:51heureuse de créer ensemble et d'assurer le passage de la société du statut d'artisan à celui d'industriel.
01:59Mais avant d'entrer dans l'entreprise, Denis nous emmène à Lemus rencontrer Mathieu et Sophie
02:04à l'auberge du Relais 2.0, plisant Serville, un de ses lieux de balade à vélo,
02:09avec, vous allez voir, une vue large et longue, d'une beauté pure et simple, comme nous aimons, sans chichi.
02:39Bonjour mon cher Denis, bonjour Vianney.
02:41Comment ça va ? C'est sympa comme rendez-vous ici, près d'un champ de blé.
02:46Merci de venir dans notre belle région, je t'ai amené vraiment au milieu de l'orge en fait,
02:52et on a une vue générale, mais oui, regarde, il y a les petits bruns là qui flottent,
02:58et les couleurs actuellement sont superbes parce que tu as à la fois des verts et des jaunes,
03:04on croirait rêver.
03:05Oui, c'est magnifique.
03:06Voilà.
03:06Alors ça, c'est un morceau de la Moselle, c'est de la Moselle, un morceau de la Lorraine qui
03:11est magnifique.
03:12C'est des paysages très simples, mais magnifiquement beaux.
03:17C'est ici en fait que j'ai grandi, c'est ici que je me ressource.
03:20Alors tu es originaire d'ici ?
03:21Absolument.
03:22De Rémi.
03:23De Rémi, le village que tu vois en bas là.
03:25On va aller là après, dans le village, après ton entreprise, elle est là ?
03:29Absolument, oui, c'est ça.
03:30On va aller là.
03:32Un mot quand même ici, c'est quoi ? C'est des lieux de ressourcement, tu disais ?
03:36Oui, après le boulot, moi j'aime bien venir me promener soit avec le chien,
03:40on a un chien qui s'appelle Tao, ou bien en vélo, il y a plein de petits chemins.
03:44Tu arrives à rejoindre les villages sans jamais rencontrer les voitures.
03:48Regarde, on entend les oiseaux, à quel point c'est calme.
03:51Et quand il y a un soleil comme ça, pas besoin de partir en vacances, tu restes ici.
03:55Alors pour préciser pour les téléspectateurs, on est ici dans la région de l'Agnier.
03:59C'est comme ça, on dit l'Agnier ?
04:00Absolument, l'Agnier c'est cool en bas là.
04:02Voilà, c'est des zones qui sont aussi protégées.
04:05Il y a beaucoup de poissons, il y a pas mal de pêcheurs.
04:08Il fait très frais actuellement quand il fait chaud.
04:10C'est super de venir se promener à côté de l'Agnier.
04:13On est en mai-juin, les vacances vont approcher.
04:16Il y a beaucoup de Lorrains qui vont en vacances, en Lorraine.
04:20On peut venir ici, passer un séjour, il y a du gîte, il y a des choses à faire.
04:24Même dans le village de Rémi, tu peux trouver plusieurs gîtes.
04:26Oui, bien sûr.
04:27Et puis il y a des bons restaurants.
04:29Tout à l'heure, je t'amènerai à Lemus, au relais 2.0.
04:32Tu pourras rencontrer une famille comme nous qui fait à manger de façon absolument exceptionnelle.
04:37Rémi, c'est aussi connu pour des forêts avec des arbres qui sont un peu particuliers.
04:41Parce qu'on a des arbres tortillards, des hêtres qui poussent un peu dans tous les sens.
04:46C'est vraiment une curiosité.
04:47Et puis on a aussi des arbres qui sont plusieurs fois centenaires.
04:50Il y a une région qui est assez boisée.
04:53Et même pour mon métier, on essaie au maximum d'exploiter les arbres de nos régions.
04:57Oui.
04:58Donc c'est-à-dire que les cuisines et toutes les autres choses que fait l'entreprise grandir, c'est
05:04du bois local.
05:04Absolument.
05:05Les façades en bois, en chêne, ce sont des arbres qu'on va acheter ici lors de vente de l
05:11'ONF.
05:11On pourra scier, faire sécher et ensuite exploiter.
05:16Bien sûr, il faut les laisser pendant plusieurs années sous les hangars pour qu'il y ait du temps de
05:20bien sécher.
05:20D'accord.
05:21On va reparler de tout ça parce qu'on va aller voir ton entreprise.
05:24Belle en commun, c'est qu'à 70 ans aujourd'hui.
05:26Pas aujourd'hui, aujourd'hui.
05:28Cette année.
05:28Cette année.
05:29Oui, c'est la troisième génération.
05:31Mon père l'a créée et maintenant, mes fils m'ont rejoint avec mon épouse il y a quelques années.
05:36Je suis très fier de leur retransmettre cette belle société sur laquelle on va encore faire un long parcours.
05:42Super.
05:42Super, on va reparler de tout ça, Denis.
05:44Là, donc, tu nous as suggéré, on va aller faire un petit tour, on va saluer un de tes amis.
05:49Alors, on va aller maintenant sur Lemus pour aller au relais 2.0.
05:54Ah oui.
05:54Et tu vas voir à quel point ce qu'ils font, c'est super bon.
05:57Oui, oui.
05:57C'est une bonne cantine, comme on dit.
06:00Avec plaisir.
06:00On y va.
06:01Je te suis, je te suis.
06:12Et voilà.
06:13Bonjour, Mathieu.
06:14Bonjour.
06:15Bonjour, Sophie.
06:16Bonjour, Sophie.
06:18C'est ça ?
06:19Bonjour, enchanté.
06:20Bonjour.
06:20Mathieu, le chef, c'est ça ?
06:22Bonjour, enchanté.
06:23Le chef.
06:24Bon, Denis, tu as tenu à ce qu'on fasse un petit crochet par ici.
06:27Tu voulais venir absolument au relais 2.0.
06:30J'aime bien venir, en fait, dans ce restaurant parce que c'est une ambiance familiale, comme dans mon entreprise.
06:35Et ils utilisent des produits locaux.
06:38C'est une nourriture qui est simple, mais qui est très bonne.
06:41Et on est toujours très bien accueillis.
06:43Ils ont repris l'entreprise il y a maintenant quelques années.
06:47Et voilà, nos amis ou la famille, on vient régulièrement ici.
06:51On passe toujours un bon moment, en tout cas.
06:52C'est un peu ta cantine.
06:55Oui, ce n'est pas très loin, puisque plutôt que monter jusqu'à Metz, en fait, on est juste un
06:59kilomètre depuis l'entreprise.
07:01Et il y a toujours une table ici.
07:03On passe un coup d'huile.
07:05Ils nous préparent et on est un bon accueil.
07:07Oui, moi, je connais.
07:08C'est très bon.
07:09J'ai goûté.
07:10Absolument.
07:11J'ai bien fait à l'heure de t'amener ici.
07:12C'est très, très bon.
07:14Est-ce qu'il y a une spécialité ?
07:16Est-ce que les gens, des fois, quand ils recherchent des restaurants dans des régions, ils disent, tiens, clac, on
07:20va venir là, parce que non, il y a…
07:22On a des spécialités.
07:23On aime travailler l'entrecôte de bœuf, le tartare de bœuf aussi.
07:29Après, on a des gens qui sont friands de Saint-Jacques avec les gambas.
07:32On fait ça avec une sauce au chorizo, c'est très bien.
07:36Les mincées de volailles étaient fantastiques.
07:38Parfait, merci.
07:39Fantastique, vraiment.
07:40C'est une affaire, comme disait Denis, c'est une affaire familiale.
07:43C'est une affaire familiale, oui.
07:44On a aperçu votre épouse tout à l'heure.
07:46Oui.
07:47Sophie, travailler en famille, comme ça, c'est un moteur ou c'est des fois un peu pesant ?
07:52Non, je pense que c'est très, très bon.
07:54De nos jours, travailler en famille, c'est la meilleure des façons de voir la chose.
08:00Vraiment, oui.
08:01On le signale, le relais 2.0, on est au cœur de l'EMUT, c'est ça ?
08:06C'est ça.
08:06Et l'EMUT, c'est Romini.
08:08Absolument.
08:08C'est deux communes qui se touchent.
08:11Voilà, on est à cheval presque mix entre du Lemus et du Rémy.
08:16C'est vrai que le Rémy est davantage connu parce que plus grand, mais il y a aussi une belle
08:19activité sur la commune de Lemus.
08:22Terrasse, et c'est tranquille.
08:23Merci beaucoup, Mathieu.
08:24Merci à vous.
08:25À bientôt.
08:25À très bientôt.
08:26À bientôt, Mathieu.
08:27Au revoir.
08:28On va faire un petit tour.
08:29Allez, on y va.
08:30C'est parti.
08:45Alors Denis, là, on descend de la montagne à vélo.
08:49À vélo.
08:49Toi, tu l'as fait à vélo, pas moi.
08:51Ça descend, donc ça va bien.
08:53Ça descend, mais il a fallu que tu montes quand même avant.
08:54Mais c'est vrai qu'on a vu des paysages, c'est époussoufflant.
08:57Vraiment, moi, j'ai adoré.
08:59On est en plein air pur ici.
09:01Rémy, c'est à une vingtaine de kilomètres de Metz.
09:03C'est une petite ville à la campagne.
09:04On a le train, le collège, beaucoup de médecins.
09:07Donc on a une qualité de vie qui est top, quoi.
09:10Pour rien au monde, j'ai envie de quitter mon village.
09:12Mais j'imagine, puis c'est une ville, on voit, il y a du commerce, il y a de l
09:14'activité,
09:15c'est vivant, il y a une zone.
09:16C'est vraiment chouette.
09:17Ça vit, ça vit.
09:19Et il y a même un cuisiniste.
09:21Un excellent cuisiniste, ça, je peux me permettre de le dire, moi.
09:24Et donc on redescend, et là, avant d'aller dans l'entreprise,
09:29on fait une étape nostalgie, on va dire.
09:32Ou mélancolée, je ne sais pas, c'est comme tu voudras, le mot que tu préfères.
09:35Mais c'est ici que ton papa refond de l'entreprise.
09:37Il a créé, effectivement.
09:38Il a créé en 1956, alors que le grand-père était percepteur.
09:41Mon père voulait vraiment faire ce métier-là.
09:42Ah oui, pas dans le métier du tout.
09:44Il a démarré à créer un, avec un petit peu d'outils, un établi.
09:48Il s'est fait petit à petit sa clientèle.
09:50D'abord sur les buffets, puis dans les années 70, les cuisines sur mesure sont arrivées.
09:54Mais il n'y avait pas encore de panneaux.
09:56Il devait fabriquer ces panneaux à partir de lattes de bois, d'histoirelle.
09:59Et il mettait une peinture à l'intérieur des caissons.
10:01Il n'y avait pas non plus toutes les normes de sécurité qu'on a maintenant sur nos machines modernes.
10:06C'est-à-dire qu'il n'y avait pas d'ensemble de cuisine complètement fabriquée.
10:10C'était des meubles qui étaient agencés d'une façon ou d'une autre.
10:13Oui, c'était plutôt des meubles.
10:14Puis on avait des cuisinières à ce moment-là.
10:16On n'avait pas encore des fours intégrés ou des frigos.
10:19Les normes n'existaient pas.
10:20Et au début, même dans les années 80, quand moi, j'ai rejoint mon père en 85,
10:25les appareils n'étaient pas encore complètement normalisés.
10:27On avait encore des fois du mal à changer un appareil qui est tombé en panne
10:30parce que les encastrements, les niches n'étaient pas standards.
10:33Mais avant que tu rejoignes ton père, en quelle année, en 80 ?
10:37Alors, moi, j'ai terminé mes études à Strasbourg en 85.
10:40Et ensuite, j'ai fait une maîtrise en cours du soir que j'ai obtenue en 90.
10:43D'accord.
10:43Et là, tu vas rejoindre l'entreprise.
10:46Alors, à partir de 1985, je suis avec mon père.
10:49Oui.
10:49Mais déjà petit, je venais dans l'atelier pour jouer.
10:53Oui, c'est ça.
10:53La question que je me posais, c'est des baignées dents.
10:56J'étais tout le temps à l'intérieur de cette entreprise avec des pièces de bois
11:00qui traînaient derrière les machines.
11:02J'arrivais à faire des petits tracteurs, des petites machines.
11:04Je n'avais pas le droit forcément de faire des usinages,
11:06mais je demandais aux gars dans l'atelier s'ils pouvaient me faire des trous
11:08pour créer des roues, par exemple.
11:10Et puis, toujours un petit peu plus sophistiqué.
11:14Et j'ai pris goût petit à petit à tout ça.
11:17Puis, j'aimais bien sculpter aussi.
11:18Donc, mon père m'a appris à sculpter parce qu'il avait fait les beaux-arts à Balenciennes.
11:23Et puis, moi, j'ai aussi appris la sculpture parce qu'à une époque,
11:27sur les cuisines ou sur les meubles, on sculptait.
11:29On sculptait des épis de blé, des petits personnages.
11:32Oui, c'est vrai.
11:33Mais Denis, tu disais les gars tout à l'heure en parlant des salariés qui travaillaient.
11:36Est-ce que ton papa, il démarre, il est tout seul ?
11:38Absolument.
11:39Et après, là, par exemple, ça monte en gamme, ça monte en puissance.
11:43L'entreprise a augmenté un petit peu, mais elle est restée très longtemps à peu près avec le même effectif.
11:49On était un peu près 4-5 personnes jusqu'en 2011.
11:52Donc, tant qu'on est resté dans cet atelier là où vous êtes actuellement,
11:55on n'a pas beaucoup augmenté les effectifs et les machines sont restées plutôt traditionnelles.
12:00Ce qu'on va voir tout à l'heure, c'est-à-dire une entreprise moderne,
12:04ton papa l'a connue, l'a vue ?
12:06Il l'a connue, mais il avait du mal à comprendre.
12:09Parce que faire marcher des machines à partir de tomates, de robots, c'était deux mondes différents.
12:15Oui, bien sûr.
12:15Et mon père était âgé, il avait 90 ans.
12:18Donc, c'était quelque chose qu'il avait du mal à comprendre le système.
12:23Je ne dis pas qu'il n'adhérait pas, mais c'était tellement différent de ce qu'il avait appris.
12:26Bien sûr, bien sûr.
12:27Et les styles, entre-temps, avaient aussi changé parce qu'on n'était plus sur des cuisines réellement en bois.
12:31Aujourd'hui, on est quelque chose qui est beaucoup plus contemporain et beaucoup plus lisse.
12:34Parce que je comprends aussi qu'il est ses réactions.
12:37Parce que moi-même, je me pose la question.
12:38Je me dis, quand je vois tous les outils là, qu'on voit qu'ils sont des outils manuels,
12:43et j'ai vu des images, on va la découvrir en vrai, l'usine, je me posais la question.
12:48Est-ce que finalement, c'est les mêmes métiers ?
12:49Est-ce qu'on est toujours dans l'ébénisterie ?
12:51Ou est-ce qu'on est dans un autre métier déjà ?
12:53Je dis souvent, le résultat est le même, mais on va le faire de façon différente.
12:58On s'adapte aux technologies de maintenant.
13:00On dessine à la main.
13:01Le meuble, à la fin, est identique à un meuble qui se faisait il y a 30 ans.
13:05Par contre, les outils pour le réaliser sont complètement différents.
13:08On n'a plus besoin de se faire mal, on n'a plus besoin de se blesser.
13:10C'est très précis, et ça peut être dupliqué plusieurs fois.
13:15Une fois que le programme est là, le meuble peut être reproduit,
13:18l'adapter bien sûr aux dimensions.
13:19Donc il y a quand même des gains.
13:22Est-ce que, par rapport à l'époque où ton papa fondait l'entreprise, la gérait,
13:28la clientèle avait des attentes différentes ?
13:31Est-ce qu'elle se mêlait ?
13:32Par exemple, aujourd'hui, j'imagine que la clientèle, elle fait la cuisine avec vous.
13:35Enfin, elle conçoit, vous la concevez ensemble, la cuisine.
13:38Alors, les maisons ont changé aussi.
13:41Oui, les maisons, bien sûr.
13:42Les cuisines étaient petites.
13:44Au début, il n'y avait pas forcément de la vaisselle.
13:46On ne mangeait pas dans la cuisine.
13:48Aujourd'hui, c'est des cuisines qui sont ouvertes, des cuisines à l'américaine.
13:51On aime faire à manger avec ses amis, montrer que ça sent bon.
13:55Et la cuisine est devenue une pièce principale de la maison.
13:59On ne va pas la cacher.
14:00On veut montrer qu'on a une belle cuisine.
14:02Donc, il faut s'adapter.
14:04Il faut comprendre l'évolution, être très curieux, aller faire des salons, regarder
14:08des magazines, être toujours d'avant-garde par rapport à ce qui est en train de se passer,
14:13de ce qui va évoluer.
14:14Toujours être sur les salons, toujours être présent partout, avec une clientèle.
14:18Aujourd'hui, je ne parle pas de l'époque de ton papa.
14:20Aujourd'hui, avec une clientèle qui est quoi ?
14:22C'est grande régionale ?
14:23Alors, on a une clientèle qui est sur la région Lorraine, qui vient de Strasbourg jusqu'au
14:29nord de Luxembourg, parce qu'il y a un magasin de Luxembourg.
14:31Il y a quand même pas mal de clients qui partent aussi là-bas.
14:33Mais c'est d'abord un travail d'écoute, du dessin, du dessin à la main, un côté
14:38plaisir dans l'étude, prendre son temps, voir plusieurs fois les clients, ne pas forcer.
14:44Et à la fin, on trouve exactement ce qu'ils veulent.
14:46On a vraiment quelque chose qui est très précis, avec tous les détails qui ont été
14:51analysés, et on est sûr que le client sera satisfait.
14:54Oui, ça c'est bien, c'est formidable.
14:56Mais on va aller voir tout ça sur place.
14:57Avec plaisir, on va continuer la suite maintenant.
14:59Oui, on va voir la suite.
15:00Denis, je te suis.
15:02On y va.
15:02Et je rends même, c'est un ciseau ça ?
15:05C'est une nîme.
15:06C'est une nîme.
15:07Décidément, j'arrête pas de me gorrer, j'ai déjà confondu une blé avec l'orge.
15:11Je ne suis pas bon là.
15:27Bon, Denis, là, on est dans l'usine, là.
15:30On était dans l'atelier de ton papa, on va dire les choses pour rédiger.
15:35C'est ça ?
15:35Et là, c'est la nouvelle usine, mais qui a déjà quand même un peu de bouteille.
15:39Alors, en fait, oui, on a quitté des machines complètement traditionnelles pour arriver
15:44dans un univers complètement moderne.
15:46En fait, j'ai eu la chance il y a quelques années de rentrer dans un programme des entreprises
15:49du futur de la région Grand Est.
15:51D'accord.
15:52Et on m'a donné un tuteur qui a été PSA.
15:54Et pendant une année, des ingénieurs de PSA m'ont aidé à moderniser l'atelier.
15:59Donc, j'ai eu des aides, des fonds européens, plus des ingénieurs de différentes écoles,
16:04d'Épinal ou de Metz, qui sont venus ici m'aider à comprendre ce que c'était la numérisation.
16:09Ok.
16:10Et c'est là, alors, la bascule ? C'est là que l'entreprise se modernise totalement ?
16:14Absolument.
16:14Ça se mécanise, en fait.
16:15Alors, en fait, la réussite du système, ça a été l'association de mon savoir-faire
16:19avec les technologies que mes fils ingénieurs avaient appris dans leurs études.
16:23On a complètement automatisé et modernisé la production.
16:27On est sortis d'une méthode artisanale vers un outil industriel,
16:31mais qui a cette particularité de faire vraiment du sur-mesure.
16:34On dessine à la main, comme on veut, comme mon père faisait n'importe quelle dimension.
16:39Un de mes fils, Lucas, va dans le bureau d'études modéliser sur la CAO les projets.
16:45Et il va donner à son frère, qui est justement en train de programmer une machine derrière, Thibaut,
16:51les pièces qui vont être usinées.
16:52On n'a pas de reprise humaine.
16:54D'accord.
16:54Les machines commencent à travailler la nuit, à 2 heures du matin.
16:57Ah ouais ?
16:58Et surtout, environ sur 100 mètres de long, les pièces vont être reprises par des robots,
17:01les unes après les autres, pour arriver jusqu'à un stocker,
17:05qui range les pièces dans des casiers pour regrouper les éléments entre eux.
17:09Alors la machine leur donne un code-barre, et elles suivent les instructions du code-barre.
17:13Elles partent là-bas, c'est tout ce processus qui est ici, dans cette usine.
17:18Et la matière première vient des Vosges.
17:20Ce sont des panneaux qui viennent de Rembert-Villet.
17:22On joue vraiment le côté local, Moselland.
17:26Les collaborateurs sont du cru.
17:28Ils se sont adaptés à l'outil qui a modernisé,
17:31parce qu'au départ, on était sur des établis en bois.
17:33On travaille vraiment beaucoup de ses mains,
17:35mais il y avait beaucoup plus de risques de se blesser, voire de se faire mal au dos.
17:39Aujourd'hui, il y a pas mal de robots qui nous aident à limiter, en tout cas au maximum, les
17:44accidents.
17:45Alors, je me mets à la place d'un client, il vient ici.
17:48On va aller voir tout à l'heure ce qu'on appelle le showroom, la salle d'exposition.
17:52Et puis il y a aussi toute la phase conception des choses.
17:56Tout est fait de A à Z.
17:57C'est-à-dire que vous prenez le client en main de A à Z pour du sur-mesure.
18:00Absolument.
18:01Et tout ici ?
18:01On va tout faire ici.
18:03Et on ne se limite pas dans les projets.
18:05C'est vraiment l'innovation, le côté artistique qu'on va dessiner.
18:09On dessine d'ailleurs à la main.
18:11Comme mon père a dessiné, on va d'abord dessiner en perspective nos projets à la main.
18:16Ensuite, ils vont être numérisés et ils vont arriver dans la ligne de production.
18:20D'accord.
18:21Alors ici, c'est l'usine.
18:22Oui.
18:22Il y a une salle d'études.
18:25Il y a des bureaux d'études.
18:26Il y a des showrooms.
18:27Mais il y a d'autres implantations.
18:29Et on a d'autres magasins, tout à fait.
18:32Il y a des magasins aussi à Metz, à la Zagdonie.
18:35Et on a un autre magasin en Luxembourg.
18:36On fait à peu près le tiers de la production aujourd'hui qui part au Luxembourg.
18:39On a aussi une grosse activité pour de la sous-traitance industrielle qui va partir à peu près partout en
18:45France.
18:45D'accord.
18:46Alors, tu évoquais tout à l'heure la région Grand Est.
18:48Je voudrais qu'on évoque le département.
18:50Je crois que l'entreprise a été saluée par plusieurs prix.
18:54Les grands prix de l'artisanat.
18:56Exactement.
18:56A été labellisé aussi.
18:57Il faut qu'on dise un mot.
18:58Ce n'est pas si fréquent.
18:59Oui.
18:59Donc, on a reçu différents prix.
19:01Le premier des prix, ça a été un premier prix du savoir-faire.
19:05Qui a été une belle reconnaissance pour savoir qu'on faisait quelque chose de particulier.
19:09Deux ans après, on a obtenu un premier prix de l'innovation régionale.
19:13Je commence à avoir une ouverture beaucoup plus longue avec des clients qui viennent même de l'étranger.
19:18Et le dernier prix qu'on a pu avoir, c'est la meilleure transformation industrielle de la région Grand Est
19:23année 2022.
19:24On est aussi labellisé Moselle Passion et Moselle Employeur.
19:28Moselle Employeur, ça veut dire qu'on fait attention au bien-être de nos collaborateurs dans l'entreprise.
19:32Notamment avec une association sportive qui a été créée.
19:35Oui, alors c'est quoi ça ?
19:36On va proposer chaque semaine des sports différents, mais collaborateurs.
19:39Ils vont découvrir du basket, du balle linton, du tir, pour créer du lien, de la cohésion entre les équipes.
19:46Et c'est une façon de manager qui est aujourd'hui beaucoup plus moderne et beaucoup plus intéressante
19:50que les méthodes qu'on pouvait utiliser il y a quelques années.
19:52C'est un esprit de famille qui perdure depuis ton papa ?
19:56C'est ce qu'on veut garder.
19:57Jusqu'à tes fistons ?
19:58On est dans un village, en zone rurale.
20:01On travaille en famille avec mon épouse, mes deux fils.
20:04Et on veut garder cet esprit de famille où les gens qui viennent bosser chez nous tous les jours,
20:08ils sont avec le sourire.
20:10Ça nous fait plaisir de les voir, on est là pour les épauler.
20:12Et eux, ils sont là pour continuer l'histoire de l'aventure de mon père qui continuera avec mes fils.
20:19Denis, avant qu'on aille voir le showroom, 70 ans, l'entreprise a 70 ans.
20:23J'imagine que vous avez fêté ça.
20:25Mais elle évolue, c'est ça, une entreprise qui marche, c'est une entreprise qui évolue tout le temps.
20:29Il y a des projets en tête, il y a des choses qui…
20:33Alors, il faut toujours être visionnaire, en fait.
20:35Et avoir un coup d'avance parce que le monde bouge et on pense toujours que ce qu'on a
20:39acquis va durer éternellement.
20:41On s'intéresse beaucoup actuellement à l'intelligence artificielle, notamment sur les dessins.
20:44Pour faire des dessins photo-réalistes, c'est encore plus important.
20:47Et je pense que tout ce qui se développe sur Internet a un grand avenir,
20:50y compris sur des connexions lesquelles on n'a pas spécialement besoin de venir dans les magasins,
20:55mais qui peuvent nous faire des échanges plus facilement par de la vision.
20:59On regarde aussi les exosquelettes, qui nous aident aussi à porter au niveau des meubles quelque chose où on ne
21:05va pas se faire mal au dos.
21:06Donc même si aujourd'hui on est très avancé sur nos machines, je pense que dans dix ans,
21:10Vianney, si tu veux bien revenir, je suis sûr que l'atelier sera encore complètement différent.
21:14Et je le reviendrai, évidemment.
21:16On va aller faire un tour, on va continuer notre conversation.
21:18Ça marche.
21:18On va aller voir nos chambres, c'est très très impressionnant.
21:20On va saluer ton fiston, le premier alors.
21:23Voilà.
21:24Le plus jeune, bonjour.
21:25Bonjour.
21:27Thibault est en train de programmer une machine à commande numérique
21:30qui est capable de chantourner et de plaquer des champs de formes courbes.
21:36C'est une machine assez unique, Thibault, je pense qu'il y en a très peu en France.
21:39Je pense que c'est la deuxième ou la troisième.
21:42Ce sont des machines qui sont assez complexes,
21:44mais une fois qu'on les maîtrise, c'est incroyable ce qu'on peut faire avec.
22:28Bon, Denis, on est déjà à la fin.
22:30Quel contraste quand même quand on voit l'atelier de ton papa,
22:34qu'on voit l'usine qu'on vient de voir,
22:37et comment ici, c'est cet espace de présentation qui est fantastique.
22:41Ça donne envie de faire de la cuisine quand même.
22:43Tu vois, Vianney, ça c'était l'établis de mon père, et ça a été le mien.
22:47Et derrière toi, j'ai même ma caisse à outils.
22:49En une dizaine d'années, on a fait une transformation incroyable dans l'entreprise.
22:53Une petite entreprise artisanale du village.
22:57On est devenu une industrie.
22:58Une industrie capable de faire du sur-mesure.
23:01On va dessiner, comme mon père, tout ce qu'on veut.
23:05Le résultat sera le même, mais c'est les outils qui ont changé.
23:07Et bien qu'on a beaucoup automatisé,
23:10on est dix fois plus nombreux aujourd'hui qu'il y a une dizaine d'années.
23:13C'est ça.
23:14Vous contredisez en fait l'idée qui est fausse en fait de dire
23:17les nouvelles technologies finalement font perdre l'emploi.
23:20Ce n'est pas vrai.
23:20Parce que vous vous en créez.
23:21Il y a 40 salariés aujourd'hui à peu près ?
23:23Une quarantaine de salariés.
23:24Une quarantaine de salariés.
23:25Absolument.
23:26En fait, ce ne sont plus les mêmes postes.
23:28Avant, on était tous dans l'atelier.
23:29Aujourd'hui, on a besoin d'ingénieurs, d'informaticiens,
23:32de personnes qui vont maîtriser les commandes, la logistique.
23:36Les métiers ont changé, on s'est adapté.
23:38Mais on reste toujours dans le haut de gamme et dans le sur-mesure.
23:41On ne va pas descendre en qualité.
23:44On va toujours faire attention aux détails, aux finitions,
23:47un vrai sur-mesure qui a aussi la particularité d'être fabriqué par nous
23:51et posé par nous.
23:52Il n'y a pas de sous-traitance chez le Fusine Grand-Digier.
23:54D'accord.
23:55On aura l'occasion.
23:56Et du local, j'insiste.
23:57Et du local, du local à Rémy, en Moselle.
24:00Et on va faire une grande porte ouverte pour les 70 ans de l'entreprise.
24:05Donc, ça sera ouvert au public ?
24:07Ce sera le 19 septembre, ici, à Rémy.
24:11Les ateliers seront ouverts.
24:13L'usine sera en mode de fonction.
24:15Et on aura aussi les lycées hôteliers qui vont venir faire des démonstrations culinaires
24:19sur nos cuisines dans le showroom.
24:21Et j'invite toutes les personnes qui regardent ton émission, qui est formidable,
24:25à venir nous rencontrer ici pour qu'on leur ouvre leurs portes.
24:28Et nous, on leur dit aussi qu'il faut venir.
24:29Tu disais à l'instant, on fait du sur-mesure, on fait de la qualité, de la super qualité.
24:34Il y a un terme, moi, qui me plaît beaucoup, parce qu'on l'oublie un peu dans notre époque.
24:38Je l'ai lu sur le site internet.
24:39C'est « on est attaché au goût du très beau ».
24:43On oublie ça.
24:44On dit aujourd'hui, il faut faire vite, il faut faire pas cher.
24:46Et il faut faire du moche.
24:48On fait du moche, aujourd'hui.
24:49Or, aujourd'hui, vous êtes sensibles à cette question du beau.
24:51C'est du détail, chez nous.
24:52C'est vachement bien.
24:52C'est du détail, c'est du sur-mesure.
24:54On va aller dans la finesse, on va vraiment assortir une taille de poignée avec la couleur de la façade.
24:59Même quand on fait nos lacs, on les fait dans toutes les couleurs.
25:02On peut travailler sur 100 finitions de verre différentes.
25:05On présentera des essais à nos clients pour être sûr que ça leur correspond complètement.
25:10Donc, il y a un côté plaisir.
25:12C'est se dire, on veut quelque chose de bien, de beau, avec une entreprise qui existe depuis très longtemps.
25:17Et aujourd'hui, avec nos machines, on arrive à fabriquer jusqu'à deux ou trois cuisines par jour.
25:22À une époque, mon père, c'était une cuisine tous les mois.
25:25Mais on arrive avec la même qualité à faire beaucoup plus de choses.
25:29Cuisine et pas seulement.
25:31Oui.
25:32On le signale, même si ça représente une minorité ?
25:34Les cuisines, c'est peut-être 70% de l'activité.
25:37On travaille bien sûr des dressings, des placards, de la buanderie, des salles de bain, des bureaux.
25:42Tous les meubles qui sont dédiés à l'aménagement d'intérieur dans les maisons, en surmesure.
25:47On peut aussi travailler pour d'autres artisans, sur des meubles qu'on va nous envoyer des plans et qui
25:55peuvent partir un peu partout en France.
25:57Un tout dernier mot, Denis, parce qu'on est quand même ici, entouré de plein de cuisines.
26:03Ça donne envie de sortir des poils.
26:04C'est le but.
26:04C'est le but.
26:05J'espère qu'en partant, tu vas signer ta cuisine.
26:07Oui, voilà.
26:08C'est ma femme qui va être contente.
26:10De votre avis.
26:12Vous avez suivi aussi l'aménagement de vos cuisines et l'évolution de la société.
26:17On ne fait pas de la cuisine de la même façon en 2026 qu'on le faisait dans les années.
26:21C'est un éternel renouvellement.
26:22Il faut tout le temps s'intéresser au style et aux couleurs.
26:25Il n'y a pas très longtemps, il y a 15 jours, on était à Milan, au grand salon international
26:29de la cuisine qui s'appelle Oru Kuchina.
26:31On va aller s'intéresser aux tendances, aux formes.
26:34C'est vrai qu'à une époque, on a démarré avec des cuisines en formica.
26:36Mon père faisait des buffets, ensuite on était sur le rustique, puis sur des lacs qui étaient plutôt rouges, plutôt
26:42brillantes.
26:42Et maintenant, on est vraiment sur des couleurs mat, sur des pastels, sur des pastels verts, sur des pastels un
26:48petit peu bleus,
26:49qu'on va soit associer avec un peu de bois, mais il faut toujours que ça reste très classe.
26:53Parce qu'on veut garder une finition intemporelle où les clients vont se sentir bien.
26:59La société bouge tout le temps et vous la suivez.
27:01C'est ça, les couleurs pastels, c'est ça ?
27:04Absolument.
27:04Donc ça, c'est par exemple deux lacs avec un cadre assez léger.
27:08On va avoir une petite bordure sur le bord de la porte, et c'est une un peu plus large,
27:12qu'on pourra facilement associer avec un plaquage et avec une céramique ou un granit.
27:17Et ça, c'est des couleurs à la mode ?
27:19Absolument, les couleurs pastels actuellement.
27:21D'accord.
27:21On a fini les noirs, on a fini les brillants, on va toujours travailler sur un pastel.
27:25D'accord.
27:26Il y a bien souvent deux teintes dans la cuisine.
27:28Et le plan de travail qui a une grande importance aussi.
27:30D'accord.
27:31Bon, mon cher Denis, on va passer à table.
27:34Je remercie en tout cas de ta visite, Fianney.
27:37C'est un plaisir.
27:38C'était vraiment très, très agréable de faire cette tournée avec toi.
27:40Dans le temps aussi, une balade dans le temps.
27:42On a fait une très belle balade.
27:43Merci Denis.
27:44À bientôt.
27:45À bientôt.
27:45Au revoir, Vianney.
27:58Ici Lorraine, crack pour l'émission sur Marouk, sur Moselle TV et Vosges Télévisions.
28:04Ici, votre radio de proximité en Lorraine.
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