00:00La Moselle justement se distingue par un engagement particulièrement fort en matière d'investissement industriel et technologique.
00:08On le sait, de nombreux Mosellans traversent la frontière pour aller travailler au Luxembourg chaque matin.
00:12Mais la Moselle multiplie les arguments pour convaincre les Mosellans de travailler sur le territoire.
00:18Focus sur trois chantiers d'envergure.
00:20Donc avec Elisa Wittich, journaliste à la rédaction de Moselle Info. Bonsoir Elisa.
00:23Bonsoir, oui, tout à fait. Des chantiers que vous devez bien connaître, qu'on va détailler ensemble ce soir.
00:28Donc je voudrais d'abord démarrer par Holosolis.
00:31Donc là, cette méga-factory qui va s'implanter du côté de Embar.
00:36Quelques éléments de contexte, déjà pour bien savoir de quoi on parle.
00:39Donc ce projet est né en 2021 d'une rencontre entre trois acteurs économiques européens.
00:44D'un côté, on a EIT InnoEnergy, qui est un groupe européen public-privé visant à accélérer la transition énergétique sur l'Union Européenne pour la réindustrialisation.
00:53On a TSE, qui est un développeur de centrales photovoltaïques.
00:56Donc c'est là qu'il va être un acteur majeur, parce qu'on parle bien d'une usine pour les panneaux photovoltaïques.
01:02Ainsi que le groupe IDEC, qui est un acteur majeur pour la construction.
01:06Cette super usine de fabrication de panneaux photovoltaïques s'appuie sur une nouvelle norme européenne,
01:11qui est le Net Zero Act, qui vise notamment à ce que 40% des panneaux photovoltaïques installés en Europe,
01:17à partir de 2030, soit fabriquée au sein de l'Union.
01:21Donc c'est à partir de cette norme que l'usine compte bien s'appuyer pour faire valoir et pouvoir vendre ces panneaux photovoltaïques.
01:27Un projet titanès qui verra le jour sur la commune d'Embar, je vous le disais, sur un terrain d'une cinquantaine d'hectares viabilisés.
01:34Une localisation intéressante à proximité de la frontière luxembourgeoise, allemande et belge.
01:40Donc ça sera parfait pour acheminer les panneaux photovoltaïques vers les pays frontaliers.
01:44Où en sommes-nous ? Vous avez envie de me dire.
01:49Où en sommes-nous aujourd'hui ?
01:50Justement, nos confrères des Mosaïques Cristal ont profité d'une visite du préfet, M. Bollot, pour prendre la température.
01:57On les écoute tout de suite sur place.
02:00Dans les coulisses, le projet avance.
02:02Le financement pour finaliser les études liées notamment au bâtiment est en cours de clôture.
02:0760% de ce financement est actuellement sécurisé, soit 9 millions d'euros sur 15.
02:12La discussion se poursuit avec de prochains investisseurs qui devraient rejoindre le projet d'ici la fin de l'année.
02:18On va pouvoir finaliser, compléter toutes les études de détail, donc nos équipes construction, nos équipes process.
02:25On a déjà lancé des consultations avec les fabricants des lignes de fabrication.
02:30Maintenant, il va falloir qu'on sélectionne ces fabricants, qu'on travaille sur la contractualisation avec eux,
02:35de façon à pouvoir démarrer la construction.
02:38Entre le moment où on va finir cette levée de fonds et le moment où on va démarrer la construction du site,
02:45compte tenu des études, des consultations du fournisseur, des sélections des fournisseurs
02:50et des négociations des contrats avec les fournisseurs, je pense qu'il va se passer une douzaine de mois.
02:55On a une douzaine de mois de travail devant nous avant de démarrer la construction.
02:58Le soutien de l'État est déjà très important, que ce soit à partir des enveloppes locales
03:06ou que ce soit les montants nationaux d'aide en subvention.
03:09Le projet, évidemment, est très aidé.
03:12Il a été retenu par Chose France et donc il est connu, il est identifié
03:17et il sera aidé au fur et à mesure des différentes phases de réalisation et de montée en puissance.
03:23Prévu pour 2025, finalement, les travaux vont démarrer seulement pour 2027.
03:28Un projet total à hauteur de 850 millions d'euros et qui devrait embaucher,
03:32là c'est les chiffres qui sont pour le moment annoncés, 1900 personnes.
03:36Un dossier que nous allons donc suivre avec attention.
03:39Et du côté de Saint-Avold, un autre projet se prépare, un projet de production d'hydrogène cette fois.
03:44Oui, tout à fait. C'est l'usine Carlin, mais Carlin, H-Y-N pour hydrogène,
03:49qui prévoit de s'implanter ici, on le voit sur la carte, entre Saint-Avold et l'hôpital,
03:53donc la plateforme Carlin qu'on connaît bien, qui est déjà connue des industriels.
03:57Engagée dans la transition énergétique et la décarbonation de l'industrie,
04:01la France accompagne financièrement et de façon plutôt intéressante, on va le dire, les projets verts.
04:06La filière hydrogène a été identifiée comme un des piliers, un des leviers d'action prioritaire.
04:11Et la société VersoEnergie compte bien l'exploiter.
04:13Le projet est de produire de l'hydrogène à partir de l'électrolyse de l'eau.
04:18Donc c'est ce procédé de décomposition de deux molécules chimiques,
04:22l'hydrogène d'un côté et l'oxygène de l'autre, sous l'effet d'un courant électrique,
04:27courant électrique qui sera vert, parce qu'il viendra du réseau RTE à proximité.
04:31Alors jetons un coup d'œil sur le calendrier, calendrier qui change beaucoup,
04:35on le sait, au fur et à mesure de ces chantiers industriels,
04:38qui a démarré en 2023, donc on le voit juste ici.
04:41Les travaux devaient démarrer courant 2025, finalement ils vont démarrer fin 2026.
04:47Il y a trois unités de production qui sont prévues sur cette usine
04:50et la première unité de production hydrogène vert devrait voir le jour avant 2028.
04:56Donc c'est bien encore l'objectif qui est donné par les directions.
05:00Au total, pour ce projet, on parle de 300 emplois
05:03qui seraient créés pendant la phase de construction et de test des installations
05:07pendant à peu près six mois.
05:10Mais en fonctionnement, le projet créerait de 20 à 40 emplois
05:13et une quarantaine d'emplois indirects en plus de l'usine à proprement parler.
05:18C'est un investissement tout de même de 100 millions d'euros pour cette plateforme.
05:23Et pour finir, un prochain projet qui a été annoncé plus récemment,
05:26mais toujours du côté de Saint-Avol, c'est l'usine CIRC, qu'on peut dire CIRC, je crois.
05:32Oui, tout à fait. C'est la start-up américaine CIRC qui a lancé son projet circadien,
05:37aussi du côté de Saint-Avol, donc décidément il y a beaucoup de choses qui se passent de ce côté-ci,
05:41pour implanter la première usine de recyclage chimique de textiles.
05:45Donc l'idée, c'est du textile vers le textile, de pouvoir réutiliser ces éléments de polymère.
05:50Alors le bassin naborien est en perte de vitesse concernant l'emploi, on le sait,
05:54suite à la fin du charbon.
05:56Des habitants et des élus attendent avec espoir la réalisation de ce projet
06:00qui devrait proposer 300 emplois tout de même.
06:03Justement, les habitants et élus ont pu assister à une consultation publique.
06:07Ils ont pu faire valoir leurs sentiments.
06:10En tout cas, ils l'ont donné à notre journaliste sur place.
06:13On est en train de perdre beaucoup d'emplois sur le secteur depuis une paire d'années.
06:19On a toujours des mauvaises nouvelles.
06:20Et là, en fait, le projet CIRC, c'est avec beaucoup d'espoir qu'on espère qu'il va se faire.
06:25En savoir plus sur le déroulement du projet, connaître un petit peu mieux le projet.
06:30Il y a de très grandes quantités d'eau qui seront prélevées chaque année pour le nettoyage du coton.
06:35Cette eau va être polluée.
06:37On nous dit qu'elle va être traitée, mais il faut savoir avec quelle intensité, avec quel rendement cette eau va être traitée.
06:44Alors, le procédé utilisera certes de l'eau en quantité, mais permettra de réapprovisionner, comme je disais,
06:49la filière textile au démarrage.
06:51Pour mieux comprendre ce procédé technique, on écoute le directeur général CIRC et du projet CIRCADien sur place.
06:56L'eau chaude sous pression, ça agit comme solvant.
07:00Et ce qui se passe là-dedans, c'est que nos textiles qui sont mélangés en polycotton,
07:06le polyester se défait, se décompose en petits morceaux.
07:10Ça libère les fibres de coton.
07:12On obtient les matières premières complètement régénérées, comme neuves,
07:17qui permettent d'aller au tout début de la chaîne d'approvisionnement du textile.
07:21La mise en place est prévue pour 2028, mais la consultation publique, elle, se poursuit jusqu'au 19 novembre.
07:30Alors, la question qui reste après tout ça, c'est pourquoi ces géants industriels et énergétiques choisissent la Moselle ?
07:36Pour Olosolis, il y a eu 40 endroits sites visités.
07:39Est-ce que je peux poser peut-être la question à l'invité ?
07:41Pourquoi la Moselle centralise un petit peu ses projets d'envergure ?
07:45Oui, je peux tout à fait donner mon avis.
07:47Après, est-ce la bonne ou l'exacte raison ? C'est une autre affaire.
07:53Mais la Moselle bénéficie, comme je le précisais tout à l'heure, de compétences.
07:56Et également, elle peut s'appuyer sur son histoire industrielle,
08:01que nulle part ailleurs on ne peut retrouver,
08:02et surtout de ressources énergétiques et également de procédés
08:07qui permettent d'asseoir des nouvelles compétences et technologies
08:11pour que justement on puisse avoir, tant dans son coût, mais aussi dans son approvisionnement,
08:17une énergie décarbonée.
08:19Et je crois que vous en avez parlé assez clairement dans votre reportage.
08:24Donc l'enjeu, c'est clairement avoir un bon approvisionnement
08:28et une maîtrise également de la ressource,
08:29tout en ayant la décarbonation en ligne de mire.
08:32Affaire à suivre alors.
08:33Affaire à suivre. Merci beaucoup Elisa.
08:37On se retrouve dans un instant pour la suite de Moselle Info.
08:39Sous-titrage Société Radio-Canada
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