- il y a 4 mois
Plongez au cœur de l'histoire industrielle de la vallée de la Fensch avec Thierry Speth ! Découvrez comment cette région, autrefois poumon de la sidérurgie française, a façonné des vies et des paysages.
Revivez l'effervescence d'une époque révolue où les usines dominaient l'horizon et où la vie battait son plein dans les rues animées. Thierry, natif de Nilvange, partage des souvenirs saisissants, imprégnés des odeurs caractéristiques de l'industrie sidérurgique omniprésente.
Explorez la transformation d'un territoire : des berges poissonneuses de la Fensch aux montagnes d'acier, en passant par l'arrivée massive de travailleurs venus d'Italie et d'Alsace. L'héritage industriel de cette région est à la fois un témoignage de puissance et une source d'histoires humaines poignantes.
Aujourd'hui, la nature a repris ses droits, offrant des paysages magnifiques propices aux balades et aux randonnées. Découvrez les vestiges romantiques qui parsèment encore la vallée, témoins silencieux d'une histoire riche et complexe. Un voyage passionnant au cœur de la mémoire ouvrière et de la renaissance d'un territoire.
Revivez l'effervescence d'une époque révolue où les usines dominaient l'horizon et où la vie battait son plein dans les rues animées. Thierry, natif de Nilvange, partage des souvenirs saisissants, imprégnés des odeurs caractéristiques de l'industrie sidérurgique omniprésente.
Explorez la transformation d'un territoire : des berges poissonneuses de la Fensch aux montagnes d'acier, en passant par l'arrivée massive de travailleurs venus d'Italie et d'Alsace. L'héritage industriel de cette région est à la fois un témoignage de puissance et une source d'histoires humaines poignantes.
Aujourd'hui, la nature a repris ses droits, offrant des paysages magnifiques propices aux balades et aux randonnées. Découvrez les vestiges romantiques qui parsèment encore la vallée, témoins silencieux d'une histoire riche et complexe. Un voyage passionnant au cœur de la mémoire ouvrière et de la renaissance d'un territoire.
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NewsTranscription
00:00Ici Lorraine, crack pour l'émission, sur Marouk, sur Moselle TV et Vosges Télévisions.
00:06Ici, votre radio de proximité en Lorraine.
00:32Bonjour chers amis de Sur Marouk, très heureux de vous retrouver pour ce nouveau numéro de notre magazine.
00:37Mon invité cette semaine est Thierry Chpette.
00:40C'est un historien, mais un historien du monde du travail.
00:44Il a fait avant cela beaucoup, beaucoup, beaucoup de métiers différents.
00:47Il a été conseiller en insertion professionnelle, il a été chargé de mission au ministère de la Culture.
00:51Il a une vie professionnelle, mais pas que très, très, très diversifiée, très active.
00:56Et surtout, il a fait un travail remarquable sur cette vallée de la Fench,
00:59où il a reconstitué, y compris visuellement, un certain nombre de scènes de la vie industrielle
01:06qui était extrêmement intense ici, avec une sidérurgie hyper puissante.
01:10Et on va voir tout ça en discutant avec Thierry, mais aussi on va le voir en images.
01:15C'est une émission, vous allez voir, qui est passionnante.
01:17Et puis on est dans une des plus grandes vallées industrielles de France,
01:21qui fut une des plus grandes vallées industrielles de France, la vallée de la Fench.
01:24On sera plus précisément, on est plus précisément à Knutange et à Nilevange,
01:29où Thierry, mon invité de cette semaine, est né.
01:32Je pars le rejoindre pour l'instant et je vous invite à me suivre.
01:35A tout de suite.
01:37Musique
01:53Bonjour mon cher Thierry.
01:54Bonjour Yonnet.
01:55Ça va ?
01:56Oui, ça va, impeccable.
01:57Tu nous as donné rendez-vous ici.
01:59On est dans un parc quand même très particulier,
02:01parce que sous nos pieds, c'est toute une histoire.
02:04Oui, oui, alors il y a très très longtemps, c'était vraiment un petit décor
02:09avec un élevage de truites, ça c'est dans les années 1800.
02:12Et là-dessus, la sidérurgie est arrivée du jour au lendemain à partir de 1898.
02:17Et là, en très très très peu de temps, on a eu des montagnes d'acier,
02:21de construction, de batailles dans les périodes allemandes, françaises.
02:25Donc c'était une usine sidérurgique très polluante.
02:27On va en reparler un peu de tout, parce qu'en fait, c'était une immense zone industrielle,
02:32en fait, c'est la Fench qu'on entend là ?
02:34Oui, oui, c'est la Fench.
02:35Ah ouais, donc c'est la Fench.
02:36On est encore sur son trajet naturel.
02:38D'accord.
02:39On va d'abord un peu remonter l'histoire, parce que toi, tu es natif de cette région,
02:43t'es un gamin de Nil-Vange ou de Clutange, non ?
02:46Oui, Nil-Vange.
02:48Est-ce qu'il y a comme ça des souvenirs qui reviennent immédiatement,
02:53c'est-à-dire qui sont vraiment collés à ton enfance Nil-Vangeoise ?
02:57Oui, alors moi, ici, dès que je suis ici, je sens tout de suite l'odeur de l'usine.
03:02Ah ouais ?
03:02En fait, il y avait tellement de poussière qui était soufflée,
03:05qu'il y avait une odeur particulière dans Côte-le-Ton et un peu humide,
03:08comme ça j'arrive des fois à sentir l'odeur,
03:10et tout de suite, immédiatement, ça me ramène dans l'enfance.
03:12Ah oui ?
03:12Oui, parce que cette odeur te revient, mais c'est la mémoire qui te ramène cette odeur ?
03:16Non, c'est l'odeur qui me ramène la mémoire.
03:18Ah oui, d'accord, d'accord.
03:21Mais c'était...
03:23Parce que là, quand on arrive, c'est plus vivant en bas,
03:26mais là, on arrive, on voit, il y a un hôtel-restaurant qui est fermé, etc.
03:31Tout ça, ça devait bouillonner, ça devait être extrêmement vivant.
03:34Oui, il y avait des magasins à chaque mètre,
03:37des épiceries toutes les 50 mètres, des vendeurs de tabac partout,
03:41il y avait des vendeurs de produits coloniaux,
03:43ça vivait, ça bourdonnait, il y avait des Solex, des Mobilettes,
03:46des gens qui sortaient de l'usine, qui rentraient,
03:48les trottoirs étaient pleins, comme à Metz, dimanche.
03:51Ah oui ?
03:52On se bousculait, il y avait des photographes sur le trottoir
03:54qui faisaient des photos comme si on était sur une zone touristique,
03:58qui les vendait,
03:59des petites échoppes de limonade un peu partout,
04:02parce qu'il fallait absorber des sucres rapides
04:04quand on marchait et quand on travaillait à l'usine.
04:07Donc oui, c'était très, très vivant.
04:09Mais c'était un...
04:10Alors, on ne s'imagine pas ça forcément de loin,
04:12parce qu'on pense à l'industrie,
04:13tout de suite, quand on pense à Vallée de la Fenne,
04:15chez Industrie,
04:16mais c'était un lieu, un site naturel extrêmement riche,
04:19extrêmement beau.
04:20D'ailleurs, on le voit autour de nous,
04:21on est autour de la forêt.
04:22C'est quoi, c'est de la balade aujourd'hui ?
04:24C'est des randonnées ?
04:25Oui, oui, il y a des circuits de balade,
04:26il y a des circuits en vélo,
04:28et puis il y a même un circuit occulte, aventureux,
04:31pour ceux qui veulent faire du hors-piste.
04:33Avec les ruines romantiques de la synagogie,
04:35on va en voir quelques-unes.
04:36Il y a de plus en plus de monde maintenant
04:37qui sont révertis et qui circulent un peu
04:39soit dans les souterrains ou alors en plein air.
04:42Alors Thierry, toi, on revient à ta famille,
04:46à ton parcours.
04:48Alors, d'une famille italienne, d'un côté, c'est ça ?
04:50Alsacienne, italienne ?
04:52Oui, et les deux sont venus s'échouer à Nilvange
04:55pour la sidérurgie.
04:56C'est-à-dire, du côté de mon grand-père,
04:58il venait d'Alsace.
04:59Donc, c'était un lieu ici où on pouvait travailler,
05:03avoir une maison d'usine.
05:05Et pour l'Italie, c'était pareil.
05:07Les deux vannels ont fait venir énormément d'Italiens.
05:09Donc, des deux côtés de la famille,
05:11c'était la sidérurgie qui nous a rassemblés ici.
05:12D'accord, d'accord.
05:13Qu'on comprenne bien ici,
05:15quand on parle de la vallée de la Fange,
05:18c'est de la sidérurgie ?
05:19Oui.
05:21Il n'y avait pas de mine ?
05:22Il y avait de la mine aussi ?
05:23Oui, oui.
05:24Alors, des mines,
05:26très vite, ça a été l'achat de concessions minières partout.
05:28En fait, les Allemands,
05:30contrairement aux Français,
05:31eux, ils avaient sondé,
05:31ils savaient très bien quelle était la valeur du sol.
05:34Donc, quand la France s'est débarrassée de la Lorraine
05:36en la sédant à l'Allemagne,
05:38les Allemands ont fait bouger un peu les frontières
05:41pour être sûrs d'avoir les mines.
05:42Donc, les mines ont ouvert en même temps que les usines.
05:44D'accord, d'accord.
05:46Alors, on reviendra dans la suite de cette émission
05:48sur les raisons pour lesquelles toi, tu n'es pas.
05:50Parce qu'on était un peu sidérurgiste de père en fils,
05:54dans cette région-là.
05:55Pourquoi toi, tu ne l'es pas ?
05:57On va comprendre pourquoi.
05:58Mais alors, tu as un parcours quand même professionnel,
06:00très riche, qui va de conseiller en insertion professionnelle.
06:04Tu travailles, tu es chargé de mission ministère de la Culture aussi à un moment.
06:07Tu fais des métiers extrêmement divers.
06:09Oui, oui, oui.
06:09Alors, malheureusement, tous les gens de ma génération,
06:11c'est ça, on a connu plein de boulots.
06:13Quelques-uns de mes copains ont réussi à se faire engager grâce à leur père,
06:17à leur relation dans la sidérurgie.
06:19Donc, dans les derniers moments de la sidérurgie,
06:21trier les tôles, vraiment des boulots à la chaîne.
06:24Et moi, j'y ai échappé.
06:26Enfin, c'était aussi un choix de partir sur autre chose.
06:29Oui, tiens, ça a été un choix.
06:30Mais est-ce qu'il y a un moment où il n'y a pas un regret de ne pas
06:33avoir été à l'usine ?
06:35Oui, oui.
06:35Comme son père, son grand-père.
06:36Enfin, je ne sais pas.
06:37Oui, oui, oui, bien sûr, beaucoup.
06:38De toute façon, tous les boulots que j'ai faits,
06:40je les ai faits avec un alibi scientifique,
06:44mais c'était la nostalgie.
06:45Tout ce que je fais en 3D VR, c'est pour retrouver des souvenirs d'enfance.
06:49Et quand j'ai fait tout ce travail photographique sur les usines qui tournaient à corps,
06:54c'était pour retrouver des impressions et des choses que j'aurais dû connaître
06:58et que je n'ai pas connues.
06:59Ah oui, d'accord.
07:00Donc, tu te recrées aussi un univers.
07:02Oui, je prends connaissance d'un univers qui m'était promis,
07:05mais qui a disparu quand j'avais 15 ans.
07:08Et qu'on va faire redécouvrir en partie aux téléspectateurs,
07:10parce que c'est vraiment fantastique.
07:13Un tout dernier mot, avant qu'on aille sur le deuxième lieu,
07:16tu es historien, mais historien du monde du travail.
07:20C'est quoi la spécificité du monde du travail ?
07:22Alors, le monde du travail,
07:24beaucoup de gens ont commencé à écrire l'histoire de la sidérurgie
07:27sans savoir ce que les sidérurgistes faisaient.
07:29Par exemple, mon grand-père, lui, travaillait à la centrale électrique,
07:31donc il n'a jamais sorti la clé à molette pour réparer quoi que ce soit
07:35et manœuvrait des contacteurs.
07:36Donc, il y avait des boulots au peinard très propres,
07:38et puis il y avait des boulots très durs au fourneau.
07:40Donc, si on doit commencer à écrire une histoire,
07:43il faut déjà savoir ce que les usines faisaient,
07:46où les gens travaillaient et qu'est-ce qu'ils fabriquaient.
07:49Et après, seulement, on sait s'ils ont souffert ou non,
07:51et qui a souffert.
07:52Donc, c'est nécessaire d'être historien des sciences et des techniques
07:55dans un premier temps.
07:56Oui, d'accord, ça a été là-dessus.
07:57Donc, ça, on en reparlera aussi.
07:59On reparlera tes livres, notamment.
08:01Il y a eu beaucoup de livres d'histoire.
08:02Et puis, un dernier mot, quand même, c'est...
08:05Tu as fait un métier, je crois que peu de gens font,
08:08sur cette planète, il faut qu'on en parle.
08:10Mais j'ai lu ça quelque part, tu as été secoueur de haricots.
08:14C'est quoi cette histoire ?
08:15Oui, alors, les usines ici, elles produisaient beaucoup de poussière.
08:19C'est la première chose.
08:20Quand on est enfant, on voit que ça produit de la poussière.
08:22On en avait de la poussière dans l'œil,
08:24à tel point que la médecine du travail laissait les enfants rentrer
08:27pour leur enlever avec un aimant les poussières de métal
08:30qu'on recevait dans les yeux.
08:32Alors, tout le monde ici avait un jardin.
08:34Souvent, il y avait des haricots.
08:35Mais il y avait tellement de poussière qui tombait
08:37que les feuilles d'haricots se recouvraient d'une couche de poussière avec l'eau.
08:41Et les pauvres haricots ne pouvaient plus respirer.
08:43Donc, en été, les voisins me donnaient deux francs
08:47si j'allais secouer les haricots.
08:48Donc, la poussière tombait, les haricots pouvaient respirer.
08:52Donc, voilà.
08:53Ça a été ton premier métier.
08:54Voilà, voilà.
08:55Tu as peur de l'haricot.
08:55Oui, oui, 8 ans, 10 ans.
08:57Aujourd'hui, historien.
08:59Quel parcours.
09:00Oui, voilà.
09:22C'était quoi cet élément ?
09:24Ça servait à quoi, ça ?
09:25Alors, ce qu'il reste, ce qu'on voit derrière nous, en fait, c'est le bas d'une cheminée.
09:29C'est le socle d'une cheminée.
09:30D'accord.
09:30Donc, la cheminée faisait 80 mètres de haut.
09:32Il y en avait deux côte à côte.
09:34Et elle a été abattue en fin 88.
09:37Et le maire de Nile-Vange avait souhaité garder le bas de la cheminée.
09:40D'accord.
09:41Donc, maintenant, il y a des jeunes qui viennent faire de l'escalade,
09:43du barbecue en dessous de la cheminée.
09:45Il y a un bon tirage.
09:46Et on voit encore une ouverture comme ça, au voïde,
09:49qui servait à canaliser les gaz.
09:51D'accord.
09:51Et l'échappement de l'usine.
09:53Parce qu'on brûlait quoi là-dedans ?
09:54Alors, qu'est-ce qui partait là-dedans ?
09:56On faisait un mélange de minerais et de coques.
09:59Donc, ça donnait une sorte de goudron qui, après, partait dans les hauts fournons.
10:02Donc, on enrichissait le minerais.
10:04D'accord.
10:04C'était pour le rendre plus homogène.
10:08Est-ce qu'on pourrait...
10:09Alors, bien sûr, il y a toutes les photos qu'on a,
10:12les reconstitutions que tu as faites,
10:13qui vont passer à l'écran et qui vont nous aider.
10:15Mais est-ce que, comme ça, on pourrait imaginer,
10:19là, si on recule 50 ans en arrière,
10:21à peu près, 60 ans, 70 ans, c'était quoi tout ça ?
10:24Alors, ici, il y avait 5 hectares de ferraille de montagne.
10:28Vraiment, c'était même difficile de s'y retrouver,
10:30même pour les gens qui bossaient à l'usine.
10:31Il y avait des séries de conduites qui partaient dans tous les sens
10:34dans lesquels on pouvait se balader.
10:35Des bandes transporteuses qui étaient arénées.
10:38Il y avait des ateliers partout.
10:40Chaque fois qu'il fallait construire une baraque,
10:41on construisait un gratte-ciel, une baraque.
10:44C'était une montagne.
10:45C'était vraiment un vrai cauchemar de conduite, etc.
10:48D'ailleurs, quand j'étais gosse, je faisais des cauchemars
10:50où je me retrouvais dans l'usine.
10:52Je voyais des fils électriques partout, des trucs.
10:53Je me sentais perdu.
10:55Et la première fois que je m'amène ici à l'usine,
10:57dans la bagnole de la Copa à mon père,
10:59j'avais fait un cauchemar.
11:00C'était vraiment...
11:01Parce qu'en plus, ça devait être une forme d'immensité.
11:04C'est-à-dire, il y en avait partout.
11:06Voilà.
11:06Il y avait même des...
11:07Alors, dans une ville, il y a des noms de rues.
11:09Alors ici, il y avait les rues, c'était les voies ferrées,
11:12qui avaient un numéro et un nom.
11:15Par exemple, il y avait Cavallini 415,
11:17nommé pour, je ne sais pas, quelqu'un qui s'appelait Cavallini.
11:19Il y avait le Toque Victoria, c'était la voie 212.
11:23Donc, il y avait des sortes de rues, comme ça,
11:25en l'honneur de la reine Victoria.
11:26Je ne sais pas ce qu'elle a fait.
11:27Mais quand on a construit un bout de l'usine,
11:29on l'a appelé comme ça.
11:30Mais c'était une ville, en fait, une usine.
11:32C'était une ville, c'était...
11:34C'est ça ?
11:35Oui, c'est ça.
11:35C'était une ville avec une hiérarchie particulière,
11:38avec que des hommes, très peu de femmes,
11:40une forme d'humour particulière,
11:42et puis une vie particulière.
11:43Les gens avaient une deuxième vie ici.
11:45Ah oui, d'accord.
11:45Ils avaient l'alcool ici.
11:48Il y avait même, à une époque, avant la Deuxième Guerre mondiale,
11:52il y avait une citerne pour les ouvriers de vin,
11:55avec un wagon de vin.
11:57Donc, la voie ferrée s'appelait Cava 20.
11:59Ok.
12:00Oui, donc c'était une organisation sociale,
12:04interne à l'usine,
12:04enfin, qui était à part de la ville.
12:06Oui.
12:06De là, de la ville.
12:08Et quand tu découvres ça,
12:10quand tu découvres vraiment l'intérieur,
12:12tu le dis tout à l'heure,
12:13c'est quelle époque, ça ?
12:14C'est à quel moment que tu...
12:15Ah, c'était 1967.
12:16Quand il y a eu la première grande grève,
12:18là, j'ai pu rentrer à l'usine.
12:19D'accord.
12:20Là, tout le monde pouvait y rentrer,
12:21puisqu'il n'y avait plus de garde,
12:22il n'y avait plus quoi que ce soit.
12:22Mais tu y rentres avec tes appareils photos,
12:24caméras, etc.
12:25Alors non, en 1967, moi, j'étais tout petit.
12:27C'est mon père qui m'a dit,
12:28tiens, on va rentrer à l'usine.
12:29Oui, c'est à coups 6 ans.
12:30Oui, c'est ça, j'avais 5 ou 6 ans à l'époque.
12:32Donc là, vu que l'usine était plus surveillée,
12:37déjà, moi, avec des copains,
12:38on y rentrait clandestinement,
12:40donc des petits morceaux de l'usine,
12:41on jouait.
12:42Donc, mes copains jouaient
12:43avec des mini bulldozers matchbox.
12:46Moi, je montais sur l'évraie, quoi,
12:48avec comment on était heureux.
12:50Ça ne fonctionnait pas.
12:52Mais voilà, c'était la première connaissance
12:55de l'usine à 5 ou 6 ans.
12:56Mais les grandes grèves, 67, puis il y a eu 68.
13:00C'était un peu plus tôt en Moselle
13:01qu'en France, mais il y a eu quand même
13:03le mouvement de 68 qui démarre un peu plus tôt.
13:05Je lisais, je me demande,
13:06ce n'est pas un thé bouquin,
13:07enfin, je ne sais plus,
13:08mais c'était véritablement des scènes de guerre.
13:11Est-ce qu'on peut vraiment dire comme ça ?
13:13J'ai fait en reconstitution VR
13:15une scène basée sur les souvenirs.
13:17Oui, c'était une scène de guerre.
13:19Parce qu'il y avait tout qui se mélangeait là-dedans.
13:20Non, il y avait l'OAS qui se battait
13:22encore contre le FLN ici.
13:23D'accord.
13:24Les choses n'étaient pas réglées.
13:25Et il y avait des affrontements terribles.
13:27Il y a même un policier qui est mort à Ville-Rue.
13:30C'est des choses qu'on ne retrouve pas dans les trucs.
13:32Mais non, c'était vraiment très, très, très violent.
13:34C'était violent.
13:35J'habitais à 50 mètres de l'usine.
13:36Les souvenirs que j'en ai, c'était terrible.
13:38Il ne manquait plus que les chevaux.
13:39Ce n'est plus l'époque, mais ça tapait.
13:41Ça tapait.
13:43Pour revenir à ton travail de recomposition, on va dire les choses comme ça, on va en
13:49parler aussi tout à l'heure sur l'autre site, mais ici même, tu as fait un travail
13:52de reconstitution visuelle.
13:55Oui, parce qu'on avait trois hauts fourneaux.
13:56Donc, c'est vraiment...
13:58Moi, on me destinait aux hauts fourneaux.
14:00Quand j'étais gosse, on me disait, tu poses trop de questions.
14:02Je demandais, c'était qui, madame K1 ?
14:04Mais quel rapport avec les hauts fourneaux ?
14:06Les fortes têtes, on les mettait aux hauts fourneaux.
14:08Ceux qui posaient trop de questions, on les mettait aux hauts fourneaux.
14:11Moi, on l'a déjà remarqué, je demandais aux prêtres, si on met un cerveau dans un
14:16robot et le robot meurt, est-ce que le cerveau va au paradis ?
14:18Donc, le prêtre me disait, stop, Thierry, c'est toi, tu vas aller aux hauts fourneaux.
14:22Oui, on me destinait aux hauts fourneaux.
14:24Je posais trop de questions.
14:25Donc, les hauts fourneaux me fascinaient.
14:28Chimiquement, c'est des objets particuliers.
14:30Donc, j'ai reconstitué la partie hauts fourneaux qui se trouve près de la...
14:34À tout dernier mot, on va le voir, tu parlais tout à l'heure des odeurs.
14:37Oui.
14:37Mais il y a aussi les lumières.
14:42Oui.
14:44Une lumière puissante 24 sur 24.
14:46Oui.
14:4724 sur 24, c'est ça.
14:48Alors, on avait des espèces de tours qui faisaient 60 mètres, des espèces de miradors,
14:52comme les projecteurs des stades de foot, dirigés dans tous les sens pour que ça éclaire.
14:57Donc, la nuit, ça a envoyé.
14:58C'était 14 juillet tous les jours, avec les coulées qui rythmaient la journée.
15:03Donc, il y en avait toutes les 4 heures, en sachant qu'il y avait des hauts fourneaux.
15:07Donc, ça faisait des coulées pratiquement tout le temps.
15:09La nuit, c'était fantastique.
15:10Et donc, c'est marrant, tu dis que c'était fantastique.
15:13Oui.
15:13C'était fantastique.
15:14C'était des beaux décors.
15:15Parce que, moi, je me souviens, en hiver, les hauts fourneaux étaient refroidis par l'eau.
15:18Donc, quand il faisait moins 10, ça faisait des cataractes de glace.
15:21Oui.
15:21Et quand on faisait une coulée derrière, c'était comme un diamant qui reprenait la lumière,
15:25l'envoyait dans tous les sens.
15:26Et avec la fumée, ça faisait des rayons de lumière, des rayons d'or qui partaient dans tous les sens.
15:32Donc, c'était…
15:33Et troisième sens, le bruit.
15:35On a parlé du nez, on a parlé des yeux.
15:37Le bruit, c'était bruyant ?
15:38C'était bruyant, mais on était habitués.
15:41Les klaxons des locomotives, les locomotives diesel qui faisaient chauffer les moteurs le matin,
15:46ça rythmait notre vie à tel point que quand il y avait un arrêt pour grève, c'était inquiétant.
15:51Ah oui, d'accord.
15:52L'arrêt du bruit, les oiseaux qui chantent, c'était bizarre.
15:56Le silence était angoissant ?
15:57Oui.
15:58Oui, je comprends.
16:11Alors là, on est tout près.
16:12On arrive de là, on est au pied de ce bâtiment.
16:15Alors, justement, c'était quoi ce bâtiment ?
16:17Alors ça, c'est une tranche de la centrale électrique de Fantois, qui était la centrale des hauts fourneaux.
16:22Donc, les hauts fourneaux dégageaient du gaz combustible qui était transformé en électricité.
16:27Et tout ça a éclairé toute l'usine, mais aussi toute la ville et tout le réseau de tramway jusqu
16:30'à Thionville.
16:31D'accord. Mais elle semble relativement sur pied. Donc, elle a été utilisée à d'autres fins, après ?
16:38Alors, non. Il n'y a que dans les années 2000 où il y a eu des fêtes organisées un
16:43peu à l'intérieur.
16:44Mais c'est difficile d'animer cet endroit qui est au milieu de la nature. Là, il est un peu
16:48oublié pour l'instant.
16:49D'accord. Alors ici, on le rappelle, je ne l'ai même pas dit, c'était la SMK, Société Métallurgique
16:56de Knutange.
16:57Voilà. C'est ça. Mais c'était... La société était rattachée à quel groupe ?
17:02Alors, c'était une société indépendante pendant la plus grande partie de son fonctionnement.
17:07Il n'y a qu'en 1964 où elle a fusionné avec la Gondange pour former la SMS.
17:11Puis, c'est devenu un peu le Vadel-Sidlor, Sassilor, Solakfen, à la fin.
17:15Voilà, c'est ça. Juste avant la fin.
17:17Est-ce que le fait que tu aies... Parce que tu as eu un parcours professionnel riche, on le disait,
17:24mais aussi universitaire, un parcours de recherche avant.
17:28Est-ce que le fait d'avoir été au Beaux-Arts, parce que tu es passé par les Beaux-Arts,
17:30tu as aidé justement à avoir cette approche sur tous ces lieux-là avec ton matériel photographique ?
17:36Oui. Alors, au début, moi, au Beaux-Arts, c'était à Metz, donc on était spécialisés dans la photo.
17:41J'ai fait énormément de photos de gens au travail.
17:43Et je me suis tellement intéressé aux choses, ces choses-là, que j'ai travaillé avec le père Bonnet, Serge
17:48Bonnet, qui était directeur de recherche au CNRS.
17:51Donc, j'ai travaillé sur deux ouvrages avec lui.
17:52Et lui, il m'a dit, écoute, tu es tellement intéressé, tu fais un travail, essaye de t'inscrire sur
17:58un cursus à un angle mort qui n'est pas très utilisé en recherche.
18:01Donc, la formation technique des apprentis.
18:03Et c'est ce qui m'a décidé de faire un deuxième cursus après les Beaux-Arts et d'entrer
18:08en fac d'histoire.
18:10Serge Bonnet qui a travaillé, je crois, aussi ensuite au ministère de l'Agriculture avec François Guillaume.
18:14Oui, oui, oui, c'est vrai, en 1986.
18:16Oui, un sacré personnage aussi, Serge Bonnet, d'accord, tu as travaillé.
18:20Et puis, en Victor Madeleine, on va dire un mot quand même sur Victor Madeleine, parce que c'est un
18:23personnage ici.
18:24Toi, tu l'as côtoyé, fréquenté.
18:26Oui, oui, j'ai connu. Il connaissait tout le monde, Daniel Venge.
18:29Il a travaillé avec mon grand-père.
18:31Mon grand-père, lui, travaillait ici. Il était contre-maître.
18:34Et il avait sous ses ordres Victor Madeleine, qui connaissait mon grand-père et qui disait
18:37« C'est un chieur, on a souffert avec lui ».
18:39C'est vrai qu'à l'usine, ça marchait un peu d'une façon spéciale.
18:44Mais oui, ils ont travaillé tous les deux ici.
18:46D'accord.
18:47On peut rentrer à l'intérieur ?
18:49Oui, oui, on va rentrer.
18:49Il y a une conversation là-bas, on va regarder.
19:06Derrière nous, ce bâtiment dont tu parlais tout à l'heure, c'est peut-être le moment de nous expliquer
19:11techniquement comment se fait le travail de recomposition en 3D.
19:16Tu viens d'abord ici, ensuite il y a un travail automatique, technique. Comment ça se passe ?
19:20Oui, alors c'est très compliqué parce qu'en fait, il n'y a plus de plans.
19:24Quand les usines ont fermé, ils ont rempli les bennes et ils ont tout brûlé.
19:27Ah oui.
19:27Donc ils ont gardé quelques plans pour la démolition, mais on ne trouve plus de plans.
19:30Donc je dois travailler avec des photos anciennes, des fois avec des souvenirs et puis commencer à reconstituer avec un
19:37logiciel 3D sur un PC.
19:40Et j'essaye de retrouver les textures, les usures, la poussière parce que sinon un bâtiment est trop neuf.
19:46Donc je fais toutes les époques, la construction et jusqu'en 71 où là les bâtiments sont vraiment usés, les
19:51briques sont recouverts de poussière, il y a des concrétions partout.
19:55Donc c'est un travail des fois de mémoire. Alors je dois tout dessiner avant de me mettre sur l
19:59'ordinateur.
19:59Oui, donc il n'y a rien de tout.
20:00Parce que si on se met sur un ordinateur avec le cerveau vide, on obtient rien de bon, à peine
20:04des cubes et des choses comme ça, ça on voit assez souvent.
20:07Donc moi je tiens absolument aux usures, aux textures, c'est la partie la plus dure.
20:13Donc je suis un peu comme un preneur de son, là je reporte le sol, je regarde les mousses, les
20:18soloperies au sol et j'essaie de voir si c'est épais, pétinant ou non.
20:22Oui, oui. Donc des fois ça l'est, toutes ces textures-là m'intéressent.
20:26Les murs usés, les peintures, les dégoulinures, là où la mousse pousse.
20:33Alors je reproduis aussi les coulées, donc c'est à liquide visqueux, la fonte qui est très lourde.
20:40Mais donc il n'y a rien d'automatique comme je le disais.
20:42Ah non, non, non, l'intelligence artificielle n'en a rien.
20:45C'est extrêmement long.
20:45Oui, c'est très long.
20:46Très bien. On va tout doucement poursuivre. Tu voulais ajouter quelque chose ?
20:50Non, on ne va pas aller dans une zone interdite.
20:53Quand on était petit, on ne pouvait pas aller voir le château du directeur.
20:56On ne pouvait pas s'en approcher.
20:57Et là, on va aller voir.
20:58Oui, là, on va rentrer.
21:16Et bien mon cher Thierry, déjà dernière séquence, il faut que tu nous expliques d'abord, là on a le
21:22château du directeur, on va en reparler.
21:23Mais dans la rue, là, il y a une rue qui monte, il y a des maisons d'ingénieurs, des
21:27maisons d'ouvriers.
21:28Tout ça n'était organisé pas au hasard du tout.
21:30Non, c'était une architecture en étoile.
21:32C'est-à-dire que le château était au centre de la ville et il y avait un rayon qui
21:35partait vers l'usine.
21:36Et après plusieurs qui partaient vers une rue d'employés, de contre-maître, quatre rues d'ouvriers et puis des
21:44ingénieurs à chaque bout.
21:45À chaque bout des rues ouvrières, il y avait un ingénieur avec le téléphone et un autre ingénieur avec le
21:50téléphone.
21:51Donc le directeur pouvait d'un coup d'œil voir s'il y avait des attroupements dans la rue et
21:55avoir un coup de téléphone des ingénieurs s'ils constataient que ça commençait à bouillir sous la marmite.
22:00Ah oui, d'accord. Donc tout ça était très surveillant.
22:02Oui, c'était bien pensé.
22:03Avec des souterrains aussi qui permettent au directeur de s'évader si jamais il est pris en otage.
22:07Ah oui, d'accord.
22:08D'accord. Comment c'était l'intérieur de ces maisons ?
22:10On va parler plutôt peut-être des ingénieurs et des ouvriers.
22:13C'était plutôt confort, dit-on, pour l'époque ?
22:16Oui, oui. Alors ouvriers, ingénieurs ou contre-maîtres avaient le même espace vital.
22:21Vraiment la même surface, hauteur de plafond.
22:23La seule chose qui changeait, c'était chauffage central pour les ingénieurs et puis directeurs,
22:28chauffage au poêle et puis au tout début, on avait les cités casernes comme dans le nord.
22:34Là, on a encore quatre rues qui sont très bien conservées.
22:37On a un patrimoine complet, un élevange de tous les types de cités.
22:41Et surtout, on a le château, contrairement à d'autres communes qui ont laissé les châteaux pourrir.
22:45En revanche, après la chute de la sidérurgie,
22:48ici, il y a une association de retraités qui a conservé depuis 1980 le château.
22:53L'ont entretenu et l'ont empêché de pourrir et il est encore visiteur.
22:57Parce qu'à d'autres endroits, tu disais, on les laissait globalement, volontairement pourrir.
23:01Oui, il y a des mairies qui ont eu, notamment dans le PIO, sur Longoui,
23:04une attitude vraiment très offensive en disant
23:06« Les vampires nous ont sucé le sang, on laisse pourrir, on détruit, on vend et on détruit. »
23:11D'accord.
23:11Et ce château-là, il est différent parce que la plupart des directeurs d'usine
23:15avaient des corps de ferme, des bâtiments cubiques, comme les de Vadel,
23:22sans la même vue architecturale.
23:24Ici, on a une architecture allemande pour le toit, française,
23:30Troisième République pour l'ensemble du bâtiment,
23:32avec des décorations, des stucatures qui sont purement germaniques.
23:35Et tout ça…
23:37Donc construit sous la période d'annexion.
23:38Oui, voilà.
23:39En 1898, c'est la période allemande.
23:41D'accord.
23:42D'accord.
23:42Alors justement, j'arrive à un sujet, il faut qu'on l'aborde rapidement.
23:46Tu es élu ici aussi à Nile-Vange, depuis les dernières élections municipales.
23:50Oui, depuis très peu de temps.
23:51Chargé du patrimoine, de l'histoire de la culture, je crois.
23:54Oui, c'est ça.
23:55Qu'est-ce que fait un adjoint au maire, chargé de ces questions-là,
23:59dans une ville comme Nile-Vange ? Quels sont ses soucis principaux ?
24:03Alors, il y a beaucoup à faire.
24:04Par exemple, il y a des souterrains sous l'usine
24:07qui nous permettent d'envisager des travaux d'assainissement.
24:10Il y a tellement de souterrains qui sont consacrés à utiliser les eaux,
24:15qu'on peut les réutiliser.
24:17Donc là, on va avoir des économies de 250 000 euros
24:20en utilisant déjà les réseaux souterrains.
24:21Donc, je dois retrouver les plans.
24:23Ici, on doit rédiger normalement une histoire aussi de ce château.
24:27Il y a une communication à faire avec les monuments historiques aussi,
24:30pour que les habitants du coin ne soient pas embêtés
24:33chaque fois qu'ils mettent une cabane dans le jardin.
24:35Là, il y a un travail à faire.
24:37Et puis, il y a aussi des travaux à faire par rapport à des terrains
24:42qui doivent être vendus.
24:43Est-ce qu'ils sont constructibles ou non ?
24:45D'accord.
24:45Parce que le sous-sol, il y a des endroits où c'est du bruit gruyère.
24:48Le terrain est attrayant en surface, alors qu'il est futur.
24:51En dessous, il est condamné.
24:53On ne peut pas vendre.
24:54Donc voilà, il y a constamment des choses.
24:55Et puis, il faut que la population se sente bien.
24:58Oui.
25:00Et un habitat qui a une histoire, on peut trouver des subventions pour restaurer.
25:05Et ça fait baisser le prix des loyers et ça augmente la valeur de l'habitat.
25:09Mais la population est sensible à son histoire.
25:13Tu le ressens, ça tu l'entends ?
25:14Oui.
25:15Parce que là, on parcourt les rues déjà avec un autre conseiller.
25:18Et puis, les gens viennent spontanément nous voir et nous raccoltent des histoires dont on ignore tout.
25:22Sur la libération.
25:24Ça, c'est formidable.
25:24Même sous l'annexion, ça s'est transmis oralement de père en fils.
25:28Ça, c'est formidable.
25:29Un tout dernier mot.
25:31Tu as écrit beaucoup aussi.
25:33Ah oui.
25:33Livres.
25:35Donc, des livres d'histoire.
25:37Oui.
25:37Sur l'histoire ouvrière, l'histoire de l'immigration aussi, je crois.
25:41Même démarche.
25:42On a démarré l'émission où tu disais, il y a une nostalgie qui est aussi une forme de moteur
25:48chez moi.
25:49Oui.
25:49Dans tout ce que je fais.
25:49Est-ce que c'est le cas aussi pour les livres ? Est-ce que ça a été ça ou
25:52pas ?
25:53Les livres, disons que les livres m'ont servi à comprendre où je vivais.
26:00Au moment où je commençais à lire, je ne savais pas ce que j'allais trouver.
26:03Quand j'ai démarré mes études sur la formation des apprentis, l'histoire de Nile Vange, je ne connaissais pas.
26:09J'avais envie d'approfondir, de savoir moi-même.
26:11Et à l'époque, il n'existait pas de livre là-dessus.
26:13Donc, je l'ai fait pour moi en sachant que je suis fait de la même chair et du même
26:15sang que d'autres jeunes et d'autres personnes plus âgées.
26:20Parce qu'il y a une demande de la part des jeunes.
26:22Oui, je crois.
26:23Oui, oui.
26:24Tout à fait.
26:24Et puis, un roman, on en parle quand même ?
26:26Il y a eu Apollo 20 ?
26:27Oui, oui.
26:28Un roman, oui, qui se passe pendant la guerre froide.
26:31Là, c'est une récréation.
26:32Disons que la sidérurgie, c'est un énorme plat de résistance.
26:36Et l'histoire de la conquête spatiale, ça, c'est le dessert.
26:40D'accord.
26:41Donc, ça porte sur la guerre froide et une expédition secrète sur la vie.
26:43Mais un roman.
26:44Un roman, oui.
26:45Un roman.
26:45Et pourtant, quand tu étais gamin, tu me disais, le ciel, tu ne le voyais pas tant que ça.
26:50Oui, oui, oui.
26:50Les étoiles avec toutes les pollutions des usines, tu ne les voyais pas ?
26:54Alors, je lisais bien des choses sur les étoiles dans le ciel et puis la voie lactée, mais je ne
26:57voyais rien dans le ciel.
26:58Nous, on avait une lumière de la sidérurgie qui nous masquait absolument tout.
27:02Donc, il a fallu que je parte en vacances en Alsace pour que je vois pour la première fois les
27:06étoiles, là, au mois de juillet.
27:08Et j'ai été terrifié.
27:09J'avais vu la voie lactée, je ne savais pas ce que c'était que ces trénées grises lumineuses dans
27:13le ciel.
27:14Et après, je me suis intéressé à l'astronomie.
27:15Là, pour moi, c'était une jungle, un territoire vierge dans lequel je m'enfonçais et plein de légendes.
27:23En tout cas, un grand merci Thierry pour cette balade passionnante, mais vraiment passionnante avec toi.
27:29Et puis, je te souhaite plein de belles choses pour la suite.
27:32Oui, ok, merci.
27:33On se dit à bientôt.
27:34Ok, à bientôt.
27:47Ici Lorraine, crack pour l'émission sur Marouk, sur Moselle TV et Vosges Télévisions.
27:52Ici, votre radio de proximité en Lorraine.
27:56Merci d'avoir regardé cette vidéo !
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