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  • il y a 7 semaines
Alors que le pape Léon XIV s'apprête à passer la journée du 28 septembre au coeur de Metz, nos invités du Mag' de la rédaction reviennent sur la visite de Jean-Paul II en octobre 1988. Anecdotes, défis logistiques et souvenirs sont à retrouver dans cette émission.

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Transcription
00:03Générique
00:06...
00:10Bienvenue dans le mag de la rédaction.
00:12Nos épisodes autour de la venue du pape Léon XIV
00:15continuent en partenariat avec nos confrères de la radio RCF Géricault, Moselle.
00:21Nos émissions sont à retrouver sur leurs ondes
00:23également chaque lundi du mois de septembre, n'est-ce pas Cédric ?
00:26Oui Yorani, bonjour à toutes, bonjour à tous.
00:28Oui, ça sera l'occasion d'un mois spécial quasiment sur l'antenne de RCF Géricault, Moselle,
00:33entièrement dédié quasiment au pape Léon XIV.
00:36On le rappelle, le pape sera à Metz le 28 septembre prochain.
00:40Notez bien la date, un événement unique dans une vie pour des milliers de personnes le jour J,
00:45mais pas pour nos deux invités aujourd'hui autour de la table,
00:49Robert Scholtus et Philippe Yegel.
00:52Merci beaucoup d'être présent à nos côtés.
00:54Merci à vous.
00:55Vous avez déjà vécu la venue d'un pape, retour en arrière maintenant.
01:00Je vous propose d'aller le 10 octobre 1988, à l'époque c'est donc le pape Jean-Paul II
01:06qui se rend à Metz lors de son voyage apostolique dans l'Est de la France.
01:11Tout un symbole déjà à l'époque,
01:13mais dans un contexte assez différent de celui que nous nous apprêtons à vivre.
01:17Messieurs, je vous propose de nous plonger donc dans vos souvenirs,
01:20pour revivre l'ambiance, l'organisation et le contexte de cette visite
01:25qui s'est déroulée il y a presque 38 ans maintenant.
01:28Et pour démarrer, je vous donne la main Cédric.
01:30Père Robert Scholtus, on peut peut-être commencer avec vous.
01:32Comment est-ce qu'on peut aborder déjà votre rôle
01:35et puis la manière dont vous vous êtes retrouvés comme ça au cœur de l'organisation ?
01:39C'était donc en octobre et dès le mois d'avril,
01:46Mgr Raffin, donc l'évêque, tout jeune évêque de l'époque,
01:50m'a, contre toute attente, m'a convoqué
01:54et m'a nommé, le titre officiel, ça devait être directeur de cabinet de l'évêque.
02:03Et à partir de ce moment-là, je me suis retrouvé engagé
02:09dans un marathon de réunion en préfecture.
02:17Donc c'est un souvenir assez intense.
02:22Alors s'il a fait appel à moi, je disais contre toute attente,
02:26pas tout à fait, parce qu'il avait été ordonné évêque
02:30peu de temps avant, en 87, en 87.
02:36Et dès qu'il est arrivé, j'ai eu l'occasion
02:43de lui demander d'intervenir sur, les anciens se souviendront,
02:49sur, ça s'appelait, 3615 Mirabelle.
02:53– Voilà, et donc j'avais obtenu l'accord de Jean-Marie Roche,
02:59le maire de l'époque, pour que l'évêque puisse,
03:02dès qu'il arriverait, puisse répondre aux questions de la population.
03:09Un évêque répond à vos, le nouvel évêque répond à vos questions.
03:13Donc c'est un peu ça qui m'avait évidemment mis sur les rails.
03:18– Voilà, donc souvenir, comme je le dis, très très intense.
03:22– Et avec quel périmètre de compétence organiser cette visite-là ?
03:26Ça correspondait à quoi très pratiquement ?
03:29– Ah ben très pratiquement, voilà, j'ai tout de suite été en réunion
03:36chez le préfet de l'époque, en lien permanent avec le cabinet du préfet,
03:43et avec une multitude de réunions, dans tous les services départementaux.
03:55– Il fallait tout coordonner.
03:56– Tout était à coordonner, voilà, je suis allé à Strasbourg,
04:02puisqu'il fallait coordonner aussi avec l'étape précédente, qui était Strasbourg.
04:08– Il a passé quatre jours dans l'est de la France.
04:11– Et puis je suis allé à Rome, voilà.
04:15Donc j'ai consacré quatre mois de ma vie à ne faire que ça.
04:21– Et de votre côté, Philippe Yégel, vous aviez 26 ans, c'est ça, à l'époque ?
04:27– Oui, c'est ça, oui.
04:27– À ce moment-là, vous débutez une de vos premières missions ?
04:30– C'est la première mission, je suis embauché par le diocèse à cette époque-là.
04:33J'étais déjà dans le diocèse par d'autres voies.
04:37J'étais à la cathédrale depuis 1976, donc je connaissais un petit peu déjà la cathédrale.
04:42Et puis en 88, l'un des adjoints du père Raffin, Mgr Spire, vicaire général,
04:49m'embauche à la fois pour une mission à la cathédrale et une mission pour Radio Géricault.
04:55Oui, comme quoi on se suit.
04:56– Quel est votre plus grand souvenir de ce moment-là, en termes d'organisation, comme le jour J ?
05:02– Alors le plus grand souvenir, c'est l'arrivée du pape dans la sacristie,
05:05quand vous avez Jean-Paul II à côté de vous, qui vous salue,
05:09et puis derrière lui, le cardinal Sodano, et je dis à mon voisin,
05:14c'est le patron du Vatican, il me dit, exactement monsieur, c'est moi,
05:18je suis le cardinal Sodano, voilà.
05:20C'est des moments intenses, qu'on ne vit qu'une fois dans la vie,
05:24et qui passent tellement vite.
05:25– Et vous avez conscience d'être encore cette mémoire vivante de cet événement-là,
05:30parce que beaucoup de témoins de l'époque ne sont plus présents, malheureusement.
05:34– Beaucoup sont morts.
05:35– C'est vrai.
05:35– Jean-Paul II, d'ailleurs, est mort.
05:38Monseigneur Raffin est mort.
05:39Et sur les photos, je vois que je suis un survivant.
05:44Mais je rencontre encore aujourd'hui des hauts fonctionnaires,
05:50des anciens, des renseignements généraux, comme on disait autrefois,
05:56pour qui, voilà, ça a été le plus grand événement de leur vie.
06:04Et ça, ça m'a toujours impressionné.
06:07– On a eu l'occasion d'échanger, d'ailleurs, avec les organisateurs de 2026,
06:11pour qui ça sera sans doute un des grands événements aussi de leur vie.
06:15L'organisation, c'était aussi une pression.
06:17Le parcours était connu.
06:18Enfin, on peut comparer les deux organisations.
06:23Vous aviez une visibilité très claire sur les quatre jours.
06:26– Alors, je peux vous dire comment ça s'est passé.
06:29Donc, le pape arrivait de Strasbourg, en avion, à Frescati,
06:37à la base aérienne qui était encore en fonctionnement.
06:42Et, au moment de son accueil, on tirait au sort.
06:47Parce qu'il y avait deux itinéraires qui avaient été prévus.
06:51Un, en gros, pour ceux qui connaissent,
06:54plutôt par la Montigny, la rue Fragnat, etc.
06:57Et l'autre, par l'avenue de Pont-à-Mousson, vous voyez.
07:03Et au dernier moment, donc, on tire au sort.
07:07Alors, pour tout vous dire, je ne sais plus exactement lequel a été…
07:11– Mais quel suspense !
07:13– Mais toujours est-il que…
07:15Enfin, ça signifie que, sur tout le long des deux parcours,
07:21les renseignements généraux avaient évidemment fait des enquêtes,
07:25qu'il y avait des tireurs d'élite dans un certain nombre d'appartements,
07:30des deux côtés, y compris sur la place de la cathédrale,
07:35devenue d'ailleurs place Jean-Paul II.
07:39Voilà, tout ça pour vous dire le niveau de sécurité
07:44qui était extrêmement tendu.
07:48– Surtout qu'il avait été victime du tentative d'attention.
07:50– Absolument, c'était après l'attentat qu'il avait atteint.
07:56Et puis, comme on disait à l'époque, c'était niveau maximal de sécurité.
08:01Donc voilà, autant vous dire que, malgré tout, c'était très, très, très tendu.
08:08Et le pape est arrivé, donc, devant la cathédrale,
08:13a été accueilli sous le parvis par le maire.
08:17Alors, il y a eu deux petits moments un peu, comment dirais-je, de tension
08:27quand il s'est un peu égaré, vous voyez, sur l'emmarchement de l'époque,
08:33il y avait, je ne sais plus combien, des milliers de pots de chrysanthèmes,
08:37jaunes et blancs évidemment.
08:40Et à un moment, il s'est égaré dans les pots de fleurs, si je puis dire.
08:44– Et j'ai senti un, vous voyez, un frémissement.
08:47– Un moment de panique.
08:48– Oui, un moment de panique.
08:50Et surtout à la sortie.
08:52Quand il est sorti, donc il était prévu qu'il monte dans cette voiture blindée
08:59qui allait le conduire à Nancy.
09:01Mais voyant que sur la place d'armes, il y avait un grand écran,
09:05puis un certain nombre de gens qui étaient là,
09:07il est parti vers ces gens, et là j'ai senti vraiment la tension
09:16telle que la voiture en question a fait marche arrière,
09:21enfin c'était un moment…
09:23– Lui vivait le moment un peu avec son prisme,
09:27alors que vous, vous étiez vraiment dans le côté sécuritaire,
09:29il fallait être dans le protocole, ce qui était normal.
09:32– Et puis aussi, le souvenir que j'ai quand même,
09:34c'est que le pape était donc assis dans la cathèdre
09:40qui était disposée autrement.
09:42– Différemment, oui.
09:43– Mais derrière lui, derrière lui, personne ne les voyait,
09:48il y avait services de sécurité, les voyages…
09:50– Vous voyez le monsieur derrière ?
09:51– Sur la photo.
09:52– Et il y avait celui que, je ne sais pas s'il explique…
09:54– Caché, c'est celui qui est complètement…
09:56– Sur l'écran, juste derrière, alors j'ai mon corps qui est devant,
09:59vous vouliez m'excuser… – Je ne vois qu'une partie de sa tête,
10:02mais il était tout le temps à côté du pape.
10:04– C'est un jésuite, dont j'ai oublié le nom,
10:06des voyages officiels, et qui étaient venus d'ailleurs précédemment,
10:11et qui était lui-même armé.
10:14– Et ils savent être discrets, parce que ça lui permet d'observer aussi plus facilement.
10:18Et de votre côté alors, qu'est-ce que vous…
10:20– Alors quelques années, pour reprendre un petit peu ce que disait Robert,
10:24le moment intense, nous étions dans la sacristie,
10:26donc on ne voyait pas, la sacristie se trouve où se trouve le trésor aujourd'hui,
10:30on ne voyait pas ce qui se passait à l'extérieur,
10:33mais on a senti un silence de plomb,
10:36au moment où Jean-Paul II entre dans la cathédrale,
10:39et va se mettre à la chapelle de Notre-Dame-la-Ronde,
10:43et prie pendant quelques minutes,
10:45et sans doute sans faire attention non plus au timing de toute la sécurité.
10:49Pour lui, ce n'était pas ça sa priorité.
10:52Il s'abîme en prière, et là, il y a un silence de plomb,
10:56je ne sais pas si tu t'en souviens.
10:57– Oui, oui, oui.
10:58– C'était très, très impressionnant.
10:59Une cathédrale comble, une place d'armes remplie,
11:03il n'y avait plus un bruit, quoi.
11:04Et nous, ne sachant pas ce qui se passait,
11:07on savait qu'il allait s'arrêter là,
11:08mais on ne savait pas à quel moment il était.
11:11C'était très, très impressionnant.
11:12Les minutes ne passent pas quand c'est comme ça.
11:15Puis peut-être une anecdote aussi.
11:16Alors, dans la préparation, Robert a connu ça la veille,
11:20on a fermé la cathédrale, on parlait des renseignements généraux,
11:24les renseignements généraux, on vidait la cathédrale.
11:26Ils sont restés là toute la nuit pour surveiller la cathédrale.
11:29Et le déminage est passé.
11:31Et donc, on a déminé toute la cathédrale, quoi.
11:36Et puis…
11:36– Enfin, ils étaient furieux, tout de même,
11:39parce qu'il a fallu sonder les milliers de pots de fleurs
11:43dont je parlais tout à l'heure.
11:45C'était un travail monstrueux.
11:47– On imagine bien, oui.
11:49– Et les démineurs, donc, entrent dans la sacristie,
11:52avec la police, les services secrets,
11:54enfin, tous les services possibles étaient là.
11:57Et le jour de la messe, quelques minutes avant l'arrivée du pape,
12:01je vais dans la sacristie, comme je le faisais toujours,
12:04depuis des années, et j'ouvre un coffre
12:06qui était caché derrière une porte en bois,
12:09mais qui est une fausse porte, en fait.
12:11Et quand un des policiers me voit ouvrir ce coffre,
12:13il me dit, arrêtez tout, qu'est-ce qu'il se passe ?
12:16– Ben, j'ouvre le coffre pour prendre les clés,
12:19pour ouvrir les autres armoires.
12:20Il me dit, non, vous ne touchez à plus rien.
12:22Alors, un, c'était un grand moment de panique,
12:24avec leur téléphone qu'ils avaient dans leurs manches,
12:27ils se sont tous concertés, on n'osait plus bouger,
12:31on n'osait plus… Le pape allait arriver quelques minutes,
12:34et les démineurs sont arrivés très, très vite,
12:36on a ouvert le coffre, il n'y avait rien dedans,
12:38mais comme quoi, on avait tout fouillé,
12:41mais on avait oublié cet endroit-là.
12:43– Alors, il y a une autre anecdote,
12:45c'est qu'il a fallu construire des toilettes.
12:49– Ah oui, bien sûr.
12:50– Ah ben, ça, ce n'est pas une question que je vous aurais posée.
12:52– Non, mais je vous le dis, attendez.
12:54– C'était la sécurité.
12:54– Je vous le dis parce que ça a permis à…
12:59– Libération.
13:00– Aux canards enchaînés, je crois,
13:02de faire évidemment des variations sur le Saint-Siège.
13:08– Et l'évêque qui veut se faire bien voir de son PDG,
13:11il lui construit des toilettes dans le trésor.
13:13– Voilà.
13:15– Mais c'était très important, en fait, ça n'a l'air de rien.
13:17C'était très sérieux pour eux.
13:19Si jamais il y avait un problème, où le pape allait se rendre,
13:23il ne pouvait pas ressortir de la cathédrale.
13:24– C'est sûr, il fallait anticiper.
13:26– Donc on a construit trois mois de temps.
13:28– Et à l'hôpital aussi, Bon Secours avait été construit,
13:34enfin, oui, aménagé une chambre spéciale en cas d'incident.
13:40– On a évoqué la plage Jean-Paul II.
13:43Même si de nombreux témoins de l'époque ne sont plus avec nous aujourd'hui,
13:47on a quand même l'impression que la ville a été marquée quand même profondément.
13:51On nous en parle encore aujourd'hui avec les témoins qui étaient parfois même enfants.
13:56C'est quelque chose aussi que vous ressentez, vous, l'un et l'autre ?
13:59– J'ai un peu de mal à répondre à cette question.
14:02Peut-être parce que j'étais trop dans l'organisation.
14:08Je vous ai dit, donc, j'ai été frappé par le fait que ça ait marqué tous les acteurs,
14:14tous ceux, je parlais des renseignements généraux, mais je pourrais parler d'autres.
14:20Mais du point de vue de la, comment dirais-je, du bénéfice spirituel de cet événement,
14:31j'ai un peu de mal à le mesurer.
14:35Évidemment, tous ceux qui ont été présents, ça reste un grand moment, etc.
14:42Mais si on compare à la venue de Léon XIV, évidemment, il y a,
14:49justement, on est dans une autre dimension.
14:54– Le pape Jean-Paul II était, de part aussi sa dimension politique
14:57qui était très installée à ce moment-là, elle raisonnait peut-être différemment
15:01et puis le contexte aussi sociologique était un peu différent, sans doute.
15:05– Oui, c'est ça. Alors, je pense que dans son discours, son homélie,
15:15j'ai un souvenir un tout petit peu flou, je l'avoue,
15:19parce que moi, j'étais au bout d'un téléphone au cas où,
15:23enfin bref, c'était un peu compliqué, mais ce dont je crois pouvoir dire,
15:28c'est qu'il y avait deux grandes thématiques, c'est-à-dire,
15:30c'était la cathédrale elle-même, comme tout à coup,
15:35comme lieu mis en évidence, lieu de l'Église, au sens fort du terme,
15:42mais sur un arrière-plan, comment dirais-je, économique,
15:47enfin sur la situation de la Lorraine, la crise de…
15:54– On est dans un contexte de crise de la sidérurgie déjà là, à ce moment-là.
16:00Il y a des fermes de domines qui sont déjà bien entamées.
16:03Je ne sais pas, je n'ai pas forcément trouvé le chiffre précis
16:06du nombre de fidèles qui étaient à l'intérieur de la cathédrale.
16:10C'est plusieurs milliers.
16:12– 1800.
16:12– 1800.
16:13– Oui, c'était 1800.
16:14– Donc, devant autant de personnes, son discours se tourne forcément
16:18vers cet aspect religieux, mais aussi vers les travailleurs lorrains.
16:21Je vous propose d'ailleurs qu'on écoute un extrait.
16:23– Vous avez su accueillir avec une grande cordialité
16:27les arrivées successives d'immigrés
16:30qui ont travaillé dans les mines, dans la sidérurgie.
16:37Puissiez-vous continuer cette tradition d'hospitalité
16:41à l'égard de l'étranger ?
16:43Aujourd'hui, la récession économique laisse un grand nombre
16:49de lorrains désemparés au chômage.
16:53C'est un problème difficile.
16:56Vous êtes invité à tout entreprendre
17:01pour susciter une nouvelle restructuration économique
17:06qui donne à chacun sa chance de travailler
17:10et de vivre dans la dignité.
17:13– Alors, on peut continuer peut-être avec vous, Philippe Iégel.
17:16Le contexte, on le disait, français,
17:19on était sans doute dans une France plus catholique,
17:21plus pratiquante en tout cas,
17:23on a vu apparaître aussi des débuts de polémiques
17:27sur le coût du voyage, sur son impact réel
17:29ou supposé.
17:30C'était des choses qui pouvaient être imaginables
17:33dans la France de 88,
17:34de débattre sur le coût de l'accueil du pape ?
17:36– Sous réserve de confirmation,
17:38il y en a eu déjà à cette époque-là.
17:40Et je crois qu'il y en a dès qu'il y a un voyage
17:43ou un déplacement du pape,
17:45ce qui est normal, il faut que chacun puisse s'exprimer.
17:47On l'a fait récemment à Metz,
17:49dans le contexte actuel.
17:51Ça a été le cas dans d'autres déplacements,
17:53dans d'autres pays.
17:55Et en France particulièrement,
17:56vous savez qu'en France,
17:57il y a une laïcité bien particulière
18:00et c'est normal qu'elle puisse réagir.
18:02Après, tout s'explique.
18:04Vous savez, quand on parle des sommes
18:06peut-être astronomiques pour certains,
18:08pour la visite du pape aujourd'hui,
18:11qu'elles retombaient derrière.
18:13Et pas seulement des retombées financières,
18:15qu'elles retombaient, qu'elles images.
18:17Que va dire le pape ?
18:18On ne le sait pas encore aujourd'hui,
18:19moi je ne le sais pas,
18:20vous le savez peut-être,
18:21mais certainement ce sera des paroles fortes.
18:23Et ça rejoint ce que disait aussi Robert tout à l'heure.
18:25Le contexte est un peu semblable
18:28à celui de la visite de Jean-Paul II.
18:31On est dans une situation de crise,
18:33on est dans un monde qui va très très mal,
18:35pour tout un tas de raisons.
18:37Le pape, qui est un chef d'État,
18:39mais qui est aussi le représentant
18:40de l'Église universelle,
18:42vient dire un message,
18:43et dira certainement des choses très fortes,
18:45à Metz surtout.
18:47C'est ce qu'a fait aussi Jean-Paul II
18:48lorsqu'il est venu en 1988.
18:50Je crois que les déplacements du pape,
18:53de cet ordre-là,
18:55oui c'est un coût,
18:56forcément c'est un coût,
18:57quand on voit toute l'organisation actuelle,
19:00qui est sans doute plus importante
19:01encore que celle de l'époque,
19:03mais parce qu'il y aura peut-être
19:05d'autres invités importants
19:06qui vont obliger l'État
19:07à prendre toutes les sécurités nécessaires.
19:10Mais quelle importance de cette journée ?
19:13Comment on va la vivre ?
19:15Et puis derrière, qu'est-ce que ça peut apporter ?
19:17Rappelez-vous,
19:181988 c'est 1989,
19:19et 1989 c'est le moment
19:20où le mur de Berlin s'écroule.
19:24N'oubliez pas ça.
19:25C'était aussi un travail
19:26que le Vatican a mené.
19:27Le travail du Vatican,
19:29je crois que c'est un travail très discret,
19:31en dehors des caméras,
19:32bien souvent malheureusement pour vous,
19:34mais qui fait un travail de fond
19:36très très important,
19:37et qui parfois arrive
19:38à démettre des nœuds
19:40que d'autres hommes politiques
19:41ne pourraient pas faire.
19:42C'est ça qu'il faut peut-être mesurer.
19:43– Oui, c'est un rapport indirect
19:46à ce que tu es en train de dire,
19:47mais je crois qu'il faut souligner aussi,
19:52enfin, rappeler qui étaient
19:54les personnes qui étaient dans la cathédrale
19:57ce jour-là.
19:59Et Mgr Raffin avait voulu
20:01que tout le diocèse,
20:04toute la Moselle,
20:05soit représentée.
20:07– Alors c'était difficile
20:08parce qu'il fallait d'abord
20:10que dans chaque zone,
20:13chaque archi-prêtré,
20:15comme on dit chez nous,
20:17etc.,
20:17il fallait désigner des gens,
20:19trouver des gens
20:19qui soient assez représentatifs,
20:22etc.
20:22C'était d'autant plus compliqué
20:25qu'il fallait que toutes ces personnes
20:26soient badgées.
20:28Alors là, je dois beaucoup
20:29aux commandants de la base aérienne
20:32de l'époque,
20:32puisque pour rentrer dans une base aérienne,
20:35tout le monde est badgé.
20:36– Bien évidemment.
20:36– Donc, c'est eux
20:38qui ont réalisé les badges.
20:43Oui, c'était vraiment tout un…
20:46– Un travail collectif.
20:47– Ah oui, pour le coup, oui.
20:48– Déjà à l'époque,
20:50le diocèse et le Saint-Père
20:51évoquaient la baisse
20:53du nombre de pratiquants,
20:54même s'ils étaient
20:56certainement plus nombreux,
20:57Cédric, vous l'avez souligné,
20:59en 88 par rapport à maintenant.
21:01Quel regard vous avez
21:02sur ce sujet-là ?
21:04Parce qu'on sent que dans la société,
21:05c'est assez séparé,
21:07pour le coup,
21:08concernant cette venue du pape.
21:10– Oui, il y a évidemment
21:12des points de vue très différents.
21:14Il y a des polémiques actuelles
21:15que je suis plus ou moins
21:17de loin, mais où beaucoup considèrent
21:21que ce voyage du pape,
21:26je ne parle pas spécialement de messe,
21:28je parle plutôt de Paris,
21:31ça a quelque chose
21:32qui pend en accord
21:35avec la laïcité,
21:39le fait même du lieu
21:41où le pape va célébrer la messe,
21:44vous voyez avec toutes les connotations
21:46que ça peut avoir,
21:47place de la Concorde,
21:50voilà, il y a un certain nombre
21:51d'éléments comme ça
21:52qui irritent,
21:54qui irritent beaucoup,
21:58beaucoup de gens,
21:58et pas seulement,
22:01comment dire,
22:02pas seulement des incroyants,
22:03etc.,
22:04mais aussi à l'intérieur même
22:05de l'Église.
22:06– D'accord.
22:06– Donc il y a un débat
22:09à ce propos.
22:11– L'arrivée d'un pape,
22:13je ne pense pas que ça va faire
22:14beaucoup bouger les chiffres
22:16chez les catholiques,
22:17ni en plus,
22:17ni en moins,
22:18et je ne pense pas que ce soit
22:20la première des raisons
22:21du voyage du pape à Metz
22:23et en France,
22:24puisque c'est un voyage d'État.
22:26Je crois que ça marque,
22:27et ce qui est intéressant de dire,
22:29je crois que Robert et moi,
22:30on l'a vécu
22:31et on le revit encore
22:33avec actuellement
22:35ce qui se passe.
22:35Tout le monde est partant
22:37dans cette affaire,
22:38qu'on soit chrétien,
22:40athée,
22:41incroyant,
22:42d'autres religions.
22:44Toutes les personnes
22:45que vous contactez,
22:46et c'était le cas à l'époque,
22:47tu as parlé de la base aérienne,
22:49on a plein d'exemples
22:50comme ça,
22:50de gens qui ont vraiment
22:52donné un coup de main,
22:53et bien gentiment,
22:55et avec beaucoup d'intérêt,
22:57et qui l'ont fait vraiment
22:59avec tout ce qu'ils pouvaient faire.
23:00On revit un peu cela en ce moment,
23:03c'est-à-dire qu'il y a des choses
23:04pour lesquelles on n'est pas équipés
23:06ou pour lesquelles
23:07on n'est pas des professionnels,
23:08et on voit que dès qu'on a une demande,
23:11ça répond tout de suite.
23:12C'est le pape.
23:13Quand on dit que c'est pour le pape,
23:15il y a quelque chose de cet ordre.
23:17Et ce pape,
23:19Léon XIV,
23:21a manifesté vraiment
23:24par son voyage en Algérie,
23:27par ses voyages en Afrique,
23:31par ses voyages en Espagne,
23:35voilà,
23:35a dévoilé sa personnalité
23:39qui est vraiment
23:40tout à fait impressionnante,
23:42et on peut ajouter aussi
23:44son encyclique
23:45sur l'intelligence artificielle.
23:48Tous ces éléments,
23:50le fait aussi qu'il est américain,
23:52qu'il a des...
23:53quelques petites racines françaises,
23:56qu'il est aussi...
23:58– C'est une personnalité intéressante.
23:59– Latino.
24:00C'est une personnalité incroyable
24:02qui a conquis, je pense,
24:05beaucoup, beaucoup de monde.
24:06Et son opposition
24:11extrêmement claire à Trump,
24:14voilà,
24:14fait qu'aujourd'hui,
24:16c'est vraiment un homme reconnu
24:18pour ce qu'il est,
24:19alors qu'au début,
24:20on disait,
24:20oh, il est un peu timide,
24:22un peu réservé,
24:23on ne sait pas qui c'est.
24:24Non, pas du tout.
24:25C'est un personnage formidable.
24:28– On me demande tous les jours
24:29à la cathédrale
24:30comment faire pour venir à la cathédrale.
24:32– Ah, ben ça.
24:32– Vous le direz sur votre antenne
24:33à un autre moment.
24:36Parce que c'est le pape
24:37et parce qu'on l'aime bien, le pape.
24:40Il y a quelque chose
24:40de cet ordre-là.
24:41– Un moment qu'on ne veut pas louper, quoi.
24:42– Voilà.
24:43Et puis, c'est plus que ça.
24:45On attend vraiment
24:46quelque chose de lui.
24:47On sait que ça va être
24:49un voyage fort à Paris,
24:50à Lourdes et à Metz.
24:51Ce sera certainement
24:52un moment très fort à Metz.
24:54On attend beaucoup de cela.
24:55Et tout le monde attend ça,
24:57à mon avis.
24:58– Tout au long de cette émission,
24:59vous avez évoqué l'ambiance,
25:01les anecdotes.
25:02Pour terminer,
25:03je me tourne vers Cédric.
25:05Autre anecdote,
25:06RCF Géricault-Moselle
25:08a vu le jour,
25:09cette année-là.
25:10– Ça a été un peu évoqué aussi,
25:12finalement.
25:12D'ailleurs,
25:12nos deux témoins du jour
25:13étaient un peu en première ligne aussi.
25:16L'objet, quasiment,
25:17c'était la raison d'être
25:18aussi de la radio.
25:19À l'époque,
25:19Radio Géricault,
25:20aujourd'hui,
25:20RCF Géricault-Moselle,
25:22la radio a été imaginée,
25:23lancée.
25:24On n'est pas tous…
25:25Ça a été l'occasion aussi
25:26pour de nombreux diocèses
25:27à l'époque de lancer leur…
25:28C'était dans l'air du temps.
25:29Ça fait un peu sourire,
25:30mais à l'époque,
25:31la radio,
25:32c'était le média
25:32qui parlait aux jeunes.
25:33Et donc,
25:34ça a été imaginé
25:36à ce moment-là.
25:36Et donc,
25:38presque naturellement,
25:39avec un peu,
25:40je pense,
25:40des bouts de ficelle aussi,
25:41avec des réalités
25:45qui perdurent aujourd'hui.
25:47Et donc,
25:47c'est forcément
25:48un peu émouvant
25:48pour certains,
25:49d'ailleurs des bénévoles
25:50qui sont encore là,
25:52de pouvoir accompagner
25:53cette nouvelle venue.
25:54Merci, messieurs,
25:56d'avoir partagé ce plateau.
25:58Vous pouvez bien évidemment
25:59retrouver cette émission
26:00sur les ondes de RCF.
26:03C'est sur des créneaux
26:04bien précis ?
26:05Chaque lundi,
26:07ce sera à 19h10
26:08et puis une rediffusion
26:10le mardi à 13h30.
26:11Parfait,
26:12c'est noté.
26:13Et puis,
26:13bien évidemment,
26:14en replay sur notre site
26:15internet et sur vos télévisions
26:16connectées avec l'application
26:18Moselle TV+.
26:20Mardi prochain,
26:21nous nous intéresserons
26:22aux messages forts
26:23que le pape Léon XIV
26:24souhaite véhiculer
26:25lors de sa visite.
26:26Alors,
26:26quelques bribes
26:27ont déjà été données.
26:28L'explication derrière son nom,
26:30le choix de son écrit encyclique.
26:33Vous en avez parlé
26:35sur l'intelligence artificielle
26:36qui est au cœur
26:36de ses préoccupations.
26:38Nous aurons aussi la chance
26:39de recevoir une Mosellane
26:41qui s'est déplacée
26:42jusqu'à Alger
26:43à l'occasion
26:44de son dernier voyage.
26:46En attendant,
26:47restez informés
26:48sur Moselle TV.
26:48Sous-titrage Société Radio-Canada
26:52Sous-titrage Société Radio-Canada
26:56Sous-titrage Société Radio-Canada
26:57Sous-titrage Société Radio-Canada

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