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Philippe Bihouix, ingénieur et auteur engagé, est une figure incontournable dans le domaine de l'écologie. Connu pour ses prises de position sur la réduction de l'usage du plastique et la promotion d'une économie circulaire, il prône des solutions durables et low-tech dans différents secteurs, dont celui du bâtiment.

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14/05/2019 Thinkerview https://www.youtube.com/watch?v=Oq84s9BLn14
14/12/2022 Metabolism of cities https://www.youtube.com/watch?v=3r9OLYBRPAs
14/01/2023 Élucid https://www.youtube.com/watch?v=IkNphbjqAJA
Musique https://www.youtube.com/watch?v=39PVEaSytpo

Réponses au quiz de fin :

/!\ Description à ne pas lire avant d'avoir vu la vidéo entièrement
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Quelle quantité de micro-plastique tombe dans les pyrénées ?
365 par jour et par mètre carré.

Quelle est la condition sine qua none à la transition écologique en Europe ?
Mécanisme d'ajustement aux frontières.

Si le ciment était un pays, quel serait sa place dans le classement en terme d’émissions de CO2 ?
3ème.

#bihouix #écologie #plastique #interview #thinkerview #bâtiment #ciment #acier #crevette #pêche #extrait #ethiqueettac

Catégorie

📚
Éducation
Transcription
00:01Musique
00:07Je lisais l'autre jour un article qui a eu, je pense, pas mal de succès,
00:10qui disait même au fin fond des Pyrénées, il pleut du plastique.
00:14Donc en gros, il y a une station éthérologique,
00:17des scientifiques qui ont récupéré des micro-plastiques,
00:19il en tombe 365 par jour et par mètre carré au fin fond des Pyrénées.
00:25On se dit mais qu'est-ce que c'est que ces trucs ?
00:26Avant on savait que l'eau qui tombait du ciel n'était plus potable depuis longtemps,
00:29parce qu'elle vient lécher et ramasser un certain nombre de pollutions gazeuses diverses et variées.
00:35Mais maintenant elle vient aussi ramasser des micro-particules de plastique.
00:38Alors d'où viennent ces micro-particules de plastique ?
00:40Ce n'est pas les méchants coton-tiges que la Commission européenne a décidé d'interdire.
00:43Bravo pour ce premier acte courageux, si je puis dire.
00:48Ça vient en fait notamment de l'usure des pneus, de voitures, de la poussière des villes,
00:52de l'érosion du monde, de l'usure de tous les objets qu'on utilise
00:55et qui en fait crée des micro-plastiques.
00:57C'est-à-dire que même s'il y en avait une voiture dite propre,
01:00même si son énergie était propre, même si sa fabrication était propre,
01:03même si la gestion des déchets était propre,
01:05rien que rouler, c'est un tiers des micro-plastiques primaires qui finissent dans l'océan chaque année.
01:12Donc la largeur de votre pneu détermine le taux de pollution océanique que vous créez.
01:19Dans ce nouveau monde que vous appelez de vos voeux, vous développez aussi la partie de lutte contre la délocalisation,
01:25donc la relocalisation.
01:27D'ailleurs, votre livre s'ouvre sur une introduction dont le titre est « La folle valse des crevettes ».
01:32Pourquoi ? Quelle saison ces crevettes ?
01:34Je ne sais pas si c'est encore vrai.
01:36Depuis, j'avais trouvé des trucs encore plus horribles.
01:38Les crevettes, c'était les fameuses crevettes, je pense que c'est encore le cas,
01:41qui est pêchée plutôt en Europe du Nord et qui sont décortiquées au Maroc en l'occurrence
01:45et qui remontent pour avoir des crevettes qui sont déjà décortiquées, vendues dans les rayons qui vont bien
01:50ou pour les restaurants, etc.
01:51Il y a effectivement des systèmes de transport extrêmement efficaces
01:57qui ont beaucoup gagné en productivité eux aussi,
02:00parce qu'on a fait des bateaux de plus en plus grands,
02:03parce qu'on a fait des avions qui consommaient moins,
02:06donc on peut faire venir de plus en plus de choses en avion,
02:08parce qu'on a des camions qui ont été de mieux en mieux remplis
02:12à travers aussi des outils tout simplement de partage numérique
02:16pour faire en sorte que le camion qui fait un point A, un point B
02:20puisse revenir rempli avec autre chose.
02:23Et donc, tout ça a contribué à un prix du transport extrêmement faible.
02:26Et du coup, une fois qu'on a un prix du transport faible
02:28et qu'on a des barrières douanières qui, historiquement, se sont abaissées, voire annulées,
02:35ça, c'est toute la logique qui date du GATT, puis de l'OMC,
02:40et puis c'est encore le cas aujourd'hui avec un certain nombre de traités,
02:44eh bien, à un moment, vous avez soit un alignement par le bas
02:48des conditions environnementales et sociales,
02:50il y avait l'espoir, je ne conteste pas peut-être une partie de bonne foi
02:54de dire non, ça allait, au contraire, les standards allaient monter,
02:58c'était les prix des salaires allaient augmenter dans les autres pays, etc.
03:02Ben non, c'est plutôt la pression, au contraire.
03:06Et donc, ben voilà, ça finit forcément avec des choses un petit peu stupides
03:12et avec des pièces auto qui traversent l'Europe,
03:15pour alimenter les différentes usines, pour gagner quelques centimes
03:19ou quelques euros par pièce,
03:22des tomates qui partent d'Italie et qui montent en Hollande
03:27et des tomates qui partent de Hollande et qui descendent en Italie.
03:29Ce ne sont pas les mêmes tomates, évidemment.
03:31C'est de la bonne tomate italienne qui est vendue au décile
03:35qui va bien en Hollande et puis de la mauvaise tomate hollandaise
03:38qui descend pour être vendue au décile qui va bien aussi en Italie.
03:41Mais voilà, tout ça, c'est effectivement une réalité.
03:45Et que moi, d'ailleurs, c'était là pour le coup aussi en 2014,
03:50c'était peut-être un peu disruptif comme la sobriété, le pull au vert.
03:53Mais maintenant, même la Commission européenne est pour et de reconnaître.
03:56C'est-à-dire qu'il faut, si on veut faire une transition
04:00dans laquelle on va donner un prix au carbone réellement,
04:03donner un prix aux ressources éventuellement,
04:05il faut que soit tout le monde joue les règles du jeu,
04:08ce qui n'est pas possible,
04:09soit on a des mécanismes d'ajustement aux frontières.
04:13Dans d'autres temps, on aurait appelé ça barrière douanière,
04:15mais c'est quand même à peu près l'idée.
04:18Et donc, elle est imparfaite, elle va arriver dans quelques années,
04:21mais il faut encore qu'elle soit votée par les États.
04:23Donc, il va y avoir quelques grandes manœuvres qui se promènent.
04:26Mais c'est ça l'idée, c'est que sinon, effectivement,
04:30tout se mondialise et plutôt avec des conditions qui s'harmonisent par le bas.
04:35Le secteur de la construction, c'est un poids lourd climatique, c'est clair,
04:38par les matériaux qui l'embarquent.
04:40Alors, l'essentiel des granulats, du sable,
04:44c'est pour le bâtiment et les infrastructures,
04:47travaux publics, VRD, etc.
04:50On a deux bons gros matériaux qui sont le ciment et l'acier,
04:54tous les deux très émetteurs de gaz à effet de serre.
04:57Si le ciment était un pays, ça serait le troisième pays
05:01après la Chine et les États-Unis, en termes d'émission de CO2.
05:04S'ils étaient à la COP21, ils seraient troisième.
05:06Ils seraient représentés.
05:07Voilà.
05:08Et ils seraient à peu près 7%.
05:10Et ils seraient troisième ex-aequo avec l'acier,
05:12qui lui aussi est un émetteur.
05:14Dans les deux cas, en fait, on a une émission de CO2,
05:17quelque part, par la nature même du process industriel.
05:20C'est-à-dire que, en fait, pour faire du clincaire,
05:23qui est un composant essentiel du ciment,
05:26à côté de l'argile et de trois autres petites poules de perlimpinpin,
05:32on part du carbonate de calcium, le calcaire.
05:36Donc, on va libérer, on va chauffer et on va libérer un CO2,
05:42donc une molécule de CO2.
05:44Donc, c'est vraiment par la nature même fait qu'on rejette un CO2.
05:47Pour l'acier, c'est un peu différent.
05:48On est plutôt...
05:50On doit réduire le minerai de fer, donc un oxyde de fer.
05:54Et on va donc utiliser du coke de charbon.
05:57Donc, en gros, pour faire simple, du carbone pur, ou presque,
06:00qui va accrocher un oxygène.
06:03Et donc, ça va aussi faire une émission de CO2.
06:05Donc, à cause de cette nature presque...
06:07Enfin, complètement chimique, en fait, du truc,
06:09ça fait deux gros émetteurs de gaz à effet de serre.
06:12On pourrait rajouter d'autres matériaux énergivores,
06:16que peuvent être l'aluminium, que peuvent être le verre.
06:18Alors, la différence, c'est que l'aluminium,
06:20ça ne sert pas que dans le bâtiment.
06:22L'acier non plus.
06:24Ça sert aussi beaucoup dans le domaine du transport.
06:27Le verre, voilà.
06:28Il y a aussi d'autres applications, évidemment,
06:29tout ce qui est emballage, etc.
06:30Par contre, effectivement, le ciment, pour le coup,
06:32lui, il va à peu près...
06:33On va dire...
06:34C'est bâtiments et travaux publics,
06:35infrastructures qui vont avec.
06:36Donc, évidemment, pas que ce qui est lié à l'étalement urbain,
06:39mais c'est quand même accroché à ça.
06:41Donc, on a une ville qui, en fait,
06:44finalement, évidemment, est très...
06:45Alors, le secteur du bâtiment,
06:48ou le habiter, si j'utilise un verbe,
06:51comme dans les lois maintenant,
06:53ou dans les conventions citoyennes pour le climat,
06:55se loger...
06:56Des besoins, quoi.
06:57Se transporter.
06:58Le besoin d'habiter, il est...
07:01Évidemment, les émissions de CO2,
07:02elles sont aussi liées au chauffage
07:04et dans une moindre mesure à la climatisation.
07:07Mais globalement, quand même,
07:10dans les émissions de CO2 de l'industrie, etc.,
07:13on a quand même...
07:14Voilà, la construction est quand même
07:16un gros, gros faiseur.
07:17Et c'est parce qu'on continue à construire beaucoup
07:20que, finalement, on a encore beaucoup d'émissions de CO2
07:22et beaucoup d'extractions de ressources
07:24pour nourrir ça.
07:25Donc, la question, c'est pourquoi on construit tant.
07:28Alors, c'est là qu'on entre dans un débat un peu incroyable,
07:31mais... Enfin, pas incroyable, d'ailleurs,
07:32mais en fait, aujourd'hui, on construit à peu près
07:36350 000 logements par an en France,
07:37pour donner un ordre de grandeur.
07:39Ça varie légèrement, évidemment, d'une année sur l'autre,
07:41un peu selon les différents dispositifs fiscaux,
07:44éventuellement, ou autre.
07:45Mais ces 350 000 logements,
07:48ils correspondent à peu près à 180 000 personnes de plus
07:50sur le territoire.
07:52qui sont le solde des gens qui partent en expat,
07:54de ceux qui arrivent, des naissances, des morts,
07:56voilà, ça fait à peu près...
07:57C'est une très faible augmentation démographique,
08:00de l'ordre de 0,3%, je crois, de la population,
08:02ça va être à peu près comme ça.
08:04Les projections, d'ailleurs, à 2050,
08:05sont très, très modérées.
08:10Et du coup, un habitant égale deux logements
08:14mis en chantier.
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