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  • il y a 18 heures
Le tour de la Question avec Eliane Romani

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00:07Générique
00:20Bonsoir à toutes, bonsoir à tous.
00:22Bienvenue dans ce nouveau numéro de votre Late Show Politique.
00:25Ravi de vous retrouver comme chaque semaine dans le tour de la question
00:28pour analyser, décrypter et comprendre les enjeux qui feront la campagne présidentielle
00:32mais qui sont aussi au cœur des préoccupations des Français et des Mosellans.
00:36Nous allons à nouveau aborder ensemble avec notre invité une thématique qui est très discutée,
00:41c'est le réchauffement climatique.
00:43Et c'était en septembre dernier, le samedi 26 septembre, il faisait beau et chaud pour la saison
00:48et des centaines d'organisations ont appelé à marcher pour le climat et la justice sociale.
00:53Une marche qui réunissait alors citoyens, associations et collectifs, notamment à Metz,
00:58avec trois plans réclamés au gouvernement, un plan d'urgence, un plan d'adaptation au changement climatique
01:02et un plan d'atténuation.
01:05260 rassemblements dans toute la France, 130 000 participants sur le territoire
01:09et parmi les solutions proposées, développer la mobilité douce, favoriser les énergies renouvelables,
01:14limiter l'artificialisation des sols ou l'usage des pesticides.
01:18Autant de problèmes et de solutions que nous entendons depuis des années,
01:22des revendications sociales mais aussi politiques qui ont une résonance particulière
01:26à l'approche de cette élection présidentielle.
01:28Tous de Glucksmann à Philippe en passant par Mélenchon et Le Pen ont un avis sur le climat
01:32et les énergies renouvelables.
01:33Alors si l'écologie est devenue tendance en politique,
01:36pourquoi avons-nous l'impression d'entendre les mêmes discours depuis 30 ans ?
01:39Pour en parler avec nous ce soir, Eliane Romani.
01:42Bonsoir.
01:42Bonsoir.
01:43– Eliane Romani, vous êtes coprésidente du groupe Les Écologistes
01:46au Conseil Régional du Grand Est, membre de la commission tourisme,
01:50militante d'Evers depuis plus de 20 ans.
01:52Je vais commencer peut-être par une question qui fâche.
01:55Je ne sais plus qui disait, les écologistes n'ont finalement pas vocation
01:59à réparer tous les problèmes climatiques, sinon ils n'auraient plus de boulot.
02:02Est-ce que vous considérez vraiment qu'il y a une fin au combat, à la lutte
02:06et que l'écologie politique a un but paradoxal de ne plus exister à terme ?
02:10– Moi, je pense qu'il n'y a pas d'écologie sans les écologistes.
02:13En tous les cas, c'est ce que nous ont montré les 20 dernières années,
02:15parce qu'au-delà des discours, on a peu d'actes.
02:18Et ce qu'on a vécu cet été, nous le montre, notre région, notre pays
02:22ne sont pas du tout préparés à ce genre de catastrophe
02:26que les scientifiques nous ont annoncées depuis des décennies.
02:31– On va revenir sur cette marche pour le climat dont je parlais en introduction.
02:35Marche exactement, alors c'était pour le climat, le vivant, la paix et la justice sociale.
02:39– C'était il y a quelques jours, vous y étiez, avec d'autres élus,
02:43notamment écologistes comme Guiaro ou Jérémy Roch.
02:45Un millier de personnes dans les rues à Metz, 24 organisations de Moselle.
02:49On sait que le climat mobilise, moins que les grands mouvements sociaux en général.
02:53Mais c'était plutôt une forte mobilisation.
02:54Il y a eu 130 000 personnes pour la France, je le disais tout à l'heure.
02:57Est-ce que vous pensez qu'on vous a entendues ?
02:59– Alors je ne suis pas sûre qu'on nous ait entendues,
03:01mais en tous les cas, c'est vrai que ça montrait.
03:03C'était une initiative d'ailleurs citoyenne, d'organisation associative, syndicale
03:08et soutenue par les partis politiques.
03:11Mais ça a été une vraie mobilisation citoyenne qu'on n'avait pas vue depuis longtemps.
03:16Elle a été intense.
03:17Après l'été qu'on vient de passer, je crois que c'était un cri d'alarme
03:21en disant nous ne voulons pas revivre l'été que nous venons de voir
03:25et il faut maintenant passer des discours aux actes.
03:28Je ne suis pas sûre qu'on ait été complètement entendus.
03:30– C'était une marche pour le climat, le vivant, la paix et la justice sociale.
03:33Pourquoi ? Quel est le lien finalement entre tout ça ?
03:36– Parce qu'il n'y a pas d'écologie sans justice sociale.
03:42Je donne un exemple très simple.
03:44On dit qu'il faut électrifier par exemple nos véhicules.
03:47Très bien, mais le coût des véhicules est tel
03:51que seulement une petite partie de la population peut le faire.
03:54Et donc on ne peut pas se satisfaire de cette situation.
03:58il faut aussi voir comment ces mesures utiles à la collectivité
04:02peuvent être aussi favorables aux couches les plus populaires.
04:07– Alors vous dites, vous n'êtes pas sûre qu'on vous a entendu.
04:09Il faudrait continuer la mobilisation avec d'autres marches de ce genre.
04:14Comment on peut être entendu finalement ?
04:15– Oui, je pense qu'il faut mobiliser sur ces questions.
04:19Pour notre part, nous, nous avons, dès le début de l'été,
04:24les écologistes du Grand Est publié un fascicule de mesures d'urgence
04:31pour la protection de la population en cas de canicule
04:34que nous avons remis au président de la région.
04:37Et nous continuerons demain et après-demain,
04:41en séance plénière du Conseil régional,
04:43à remettre en avant cette question-là,
04:46qui est une question extrêmement urgence,
04:48qui est la mer de toutes les batailles.
04:50– Il y a plusieurs mesures qui seront justement débattues
04:52en plénière dans les jours à venir.
04:54La marche demandait un plan d'urgence pour le changement climatique.
04:58Quelques jours plus tard, la ministre de la Transition
05:00a rendu au Premier ministre ses propositions
05:03pour accélérer ce qu'on appelle le PNA-ACC3.
05:06C'est le plan national d'adaptation au changement climatique
05:09qui a été fabriqué en 2025.
05:10Maintenant, on a 52 mesures qui doivent permettre de nous adapter.
05:15Dans ce texte, ça permet de nous préparer à plus 4 degrés en 2100.
05:20Aujourd'hui, il y a une alerte qui est, vous le disiez,
05:23qui est là depuis très longtemps,
05:24mais on arrive sur une situation d'urgence.
05:27C'est ça ?
05:27– Oui, mais l'intention du gouvernement est très louable,
05:32les objectifs sont très louables.
05:33Mais comme d'habitude, la droite et les macronistes,
05:36ce qu'ils font, c'est de mettre en avant des discours,
05:39mettre en avant des objectifs,
05:41mais l'organisation derrière la gouvernance,
05:44les budgets, les indicateurs de suivi de ces politiques n'existent pas.
05:48Donc c'est un plan extrêmement décevant.
05:51Je ne suis pas la seule à le dire,
05:52les associations environnementales l'ont dit,
05:54et surtout le Conseil pour le climat,
05:57qui est une organisation indépendante, le dit aussi.
06:00Il faut maintenant qu'on passe des discours aux actes
06:03et on ne peut pas le faire sans moyens.
06:04Mais les moyens qu'on met là-dedans,
06:06c'est très intéressant parce que si on ne met pas ces moyens-là,
06:10ça nous coûtera beaucoup plus cher dans le futur.
06:13Donc c'est un investissement tout à fait satisfaisant que de le faire.
06:17– C'est un plan qui est soumis à l'arbitrage de Sébastien Lecornu,
06:19qui présente son budget en ce moment.
06:21Donc on a les moyens, vous dites qu'on n'a pas les moyens de cette adaptation.
06:24– Non, on voit bien que tous les budgets ont rogné
06:27sur toutes les politiques environnementales depuis un certain temps.
06:33On divise le fond chaleur.
06:35Voilà, tous les budgets qui sont justement des soutiens,
06:39par exemple collectivités pour isoler leurs bâtiments,
06:42ou particuliers, tout ça a fondu comme neige au soleil.
06:46Ça n'est pas sérieux.
06:47– Ce plan indique qu'il faut nous préparer à plus 4 degrés en 2100.
06:53Se préparer, ça veut dire qu'on ne peut plus inverser la tendance aujourd'hui ?
06:55– Il y a malheureusement des choses pour lesquelles on ne reviendra pas en arrière.
07:00Les glaciers qui ont fondu, ils ont fondu.
07:04La montagne qui est fragilisée par cela, elle est fragilisée.
07:07Donc il y a des choses sur lesquelles ça va être impossible de revenir en arrière.
07:12Il faut à la fois tenir, j'allais dire, les deux bouts,
07:14à la fois lutter contre, continuer à lutter contre le réchauffement climatique.
07:18Il n'y a qu'une solution, c'est faire baisser l'émission de gaz à effet de serre
07:23et puis avoir un plan de protection, de préparation à cette température qui va monter.
07:30Et c'est là qu'on voit que notre pays, notre région ne sont pas préparées.
07:35– D'ailleurs c'est 4 degrés dans le monde, ça veut dire 3 degrés probablement en France.
07:38En 2015, en France, il y a eu les accords de Paris,
07:42on voulait éviter de dépasser les 2 degrés de hausse, c'est un échec ?
07:45– Effectivement, c'était une bonne mesure, mais on voit qu'on n'y arrive pas.
07:52On n'y arrive pas, non pas parce qu'on n'est pas capable de le faire,
07:56mais parce qu'on n'a pas la volonté politique de le faire.
07:58C'est vraiment une question de volonté politique.
08:01Il faut soutenir toutes les activités qui vont dans le sens de l'amélioration,
08:06de la diminution des gaz à effet de serre.
08:08Il faut arrêter de subventionner les énergies fossiles
08:14et tout ce qui va augmenter les gaz à effet de serre et donc réchauffer la planète.
08:20Et notre région est l'une des régions qui se réchauffe le plus.
08:24– Le plan national a été fabriqué avec des groupes de travail,
08:27avec une vingtaine d'organisations.
08:29On a critiqué cependant le manque d'ambition de ce plan.
08:32Est-ce que c'est votre avis aussi ?
08:33– Alors moi je critiquerais le manque de participation citoyenne à ces plans-là,
08:38parce que voilà, ça a été fait sans les citoyens.
08:41Et le manque d'ambition, non pas tant dans les objectifs
08:44que dans les moyens qu'on met, les budgets qu'on met.
08:49L'organisation, il faut que ce soit transversal,
08:52il faut qu'il y ait une gouvernance, il faut qu'il y ait des critères de suivi.
08:56On n'a pas tout ça.
08:57– Vous dites qu'on risque d'annoncer des mesures sans pouvoir les appliquer finalement.
09:01– Oui, c'est ce qu'on va faire.
09:02– Une sociologue disait en septembre chez France Inter
09:05que les personnes qui sont en lutte aujourd'hui
09:06n'ont plus la même coloration politique aujourd'hui qu'auparavant.
09:11L'écologie et la justice sociale sont aujourd'hui des thématiques transpartisanes.
09:15Est-ce que vous constatez ça ?
09:19– Je pense que tout le monde cet été a souffert à des degrés divers,
09:24à des degrés divers de la canicule,
09:27parce que ce n'est pas pareil si on est dans une maison bien isolée
09:31ou si on est dans un appartement surchauffe, qu'on entend bien,
09:34mais tout le monde a souffert de cela,
09:38tout le monde souffre des morts qu'on a eues cet été, ça c'est vrai,
09:45et tout le monde voit qu'on n'est pas égaux les uns et les autres
09:49face à ce phénomène.
09:53Et donc ça c'est une sensibilité je pense générale.
09:55Après les réponses qui sont données et les volontés politiques,
09:59à mon avis elles sont très mal partagées.
10:00En tous les cas l'histoire de ces dernières décennies nous le montre.
10:05– Je le disais, aujourd'hui tous les partis,
10:06tous les candidats à la présidentielle ont un avis sur l'écologie.
10:11– Oui, ça fait longtemps qu'ils ont ouvert une page verte dans leur programme,
10:15et puis on se souvient par exemple de Nicolas Sarkozy
10:18qui avait mis en place le Grenelle de l'environnement,
10:19qui était une démarche assez intéressante ma foi,
10:22qui avait donné un certain nombre d'outils,
10:24et puis qu'il referme à un moment donné en disant
10:28l'environnement ça commence à bien faire.
10:30On se souvient de la Convention citoyenne pour le climat,
10:35qui était aussi une démarche extrêmement constructive,
10:38qui avait donné des résultats extrêmement positifs,
10:42et dont le président de la République,
10:45qui d'ailleurs avait dit qu'il prendrait les mesures
10:50telles quelles pour les appliquer dans une loi,
10:53comment il est revenu en arrière.
10:55Donc on a des expériences déjà nombreuses,
10:57de la droite et des macronistes,
11:00qui tentent de faire quelque chose,
11:02et puis au dernier moment font marche arrière,
11:04donc on n'avance pas, et c'est bien dommage.
11:06– Il y a quelques années, on reprochait au vert un certain gauchisme,
11:10une radicalité donc à gauche,
11:12finalement aujourd'hui, l'écologie politique elle existe toujours
11:16ou c'est dilué dans tous les partis ?
11:18On peut être de droite et écologiste ?
11:20– Alors moi je pense que ce qu'on a vu,
11:23c'est que contrairement à ce qu'on disait,
11:25les réalistes ce sont les écologistes.
11:27Ceux qui voyaient, qui ont alerté sur la réalité
11:30que nous vivons aujourd'hui,
11:31ceux qui la connaissaient et qui n'ont pas mis la réalité
11:36sous le tapis comme les autres ont fait,
11:37ce sont les écologistes.
11:39Donc les réalistes ce sont les écologistes.
11:41Et par contre, on voit bien que quand bien même
11:45des discours sont prononcés sur l'écologie,
11:49la droite et les macronistes n'en font rien.
11:52C'est pour ça qu'on est impréparés.
11:54La région, le pays n'est pas préparé.
11:57Et donc la souffrance dans la population, elle est immense.
12:00– Sur le plan national, on a parlé tout à l'heure
12:03de la sécheresse après l'été historique qu'on a connu en France
12:05et notamment en Moselle.
12:07On en a déjà parlé sur ce plateau dans cette émission
12:09avec le sénateur Michael Weber
12:10ou encore avec Édouard Philippe et David Suc qui étaient hauteurs de gym.
12:14Vous, votre groupe a fait donc, vous le disiez tout à l'heure,
12:15cinq propositions pour un plan régional contre la canicule en grand S.
12:19Est-ce que vous pouvez juste nous expliquer ces propositions ?
12:21– Oui, ça veut dire qu'on a imaginé que tout le monde aurait le même réflexe
12:26après l'été qu'on vient de passer, de mobiliser, de se mobiliser
12:30pour voir quelles étaient les priorités
12:33et axer les politiques publiques vers ces priorités.
12:36La région, elle a des compétences, elle peut agir sur ces compétences.
12:40Donc on a là des propositions sur une priorité fraîcheur
12:45pour les transports régionaux puisque c'est la région qui est compétente.
12:48Pour les lycées aussi, des lycées Oasis pour étudier et enseigner en toute sérénité.
12:52On voit que c'est extrêmement d'actualité puisque c'est une demande des lycéens
12:59aujourd'hui mobilisées et pour lesquelles ils n'ont pas du président de région de réponse
13:04et je le déplore.
13:05Des refuges climatiques de proximité sur tout le territoire
13:08parce que la région, elle aide les territoires à avancer.
13:11Et un bonus climatique pour l'adaptation des communes.
13:15Et surtout un bouclier, un carton rouge climatique
13:17pour protéger notre territoire et nos secours.
13:20C'est-à-dire qu'à un moment donné, il faut arrêter, je l'ai dit,
13:23de financer des activités qui détruisent le climat.
13:28Et je pense qu'il ne faut plus appeler économie ce genre d'activité
13:31et il faut se concentrer sur des activités qui font du bien à la population.
13:36Par exemple, sur une agriculture qui soit une agriculture vivrière
13:40qui ne pollue pas, par exemple, l'air et qui soit bonne à la santé.
13:45– Changer de modèle de notre agriculture.
13:46– Complètement, oui.
13:48– Notamment, il y a aussi le fonds vert qui est financé par l'État
13:51et qui est utilisé dans le Grand Est.
13:5472 millions ont été mobilisés en 2025 pour 477 projets.
13:58dont près de 10 millions pour la Moselle.
14:00Est-ce que ces moyens sont suffisants aujourd'hui face aux besoins ?
14:03– Non, ils ne sont pas suffisants.
14:04La preuve, c'est qu'on voit bien que dans tous les territoires,
14:07on n'a pas été capable d'avoir des endroits qui sont rafraîchis.
14:11On voit que les centres-villes sont encore…
14:13il y a des îlots de chaleur importants.
14:16Il y a tout un domaine, il y a toutes des politiques publiques
14:20qu'il faut mettre en œuvre.
14:21Mais pour cela, il faut vraiment mobiliser, il faut une mobilisation générale.
14:26Et j'attendais, nous attendions-nous peut-être naïvement,
14:29du président de région, qu'il soit à l'œuvre dans cette mobilisation générale.
14:33On n'en voit pas venir le début.
14:35– Concrètement, aujourd'hui, quelle est la contribution de la région Grand Est
14:38au financement de cette transition écologique, en complément des aides de l'État ?
14:41– Alors, il y a des choses qui sont faites.
14:44Je ne dis pas que rien n'est fait parce qu'on n'a pas un budget de 4 milliards
14:47sans rien dépenser, bien entendu.
14:49La question, c'est qu'on voit par exemple sur les lycées,
14:52des choses sont réalisées, mais la vitesse avec laquelle on y va
14:57fait qu'on sera mort de chaud avant qu'on ait fini de rénover tous les lycées.
15:04Or, ce n'est pas le but, et la demande des lycéens aussi, elle est là.
15:09Elle est que c'est maintenant qu'il faut réchauffer.
15:11C'est maintenant qu'il faut réfléchir et organiser les choses
15:15de façon à ce que nous ne reproduisions pas la même catastrophe l'été prochain.
15:22– Dans la marche pour le climat, on a entendu des demandes pour protéger,
15:26donc vous le disiez, la population des canicules,
15:28c'est le cœur d'une majorité des mesures qui sont dans le plan national
15:31dont on parlait tout à l'heure.
15:32Comment on finance toutes ces mesures ?
15:35Parce qu'il faut les financer, toutes ces mesures.
15:36Alors, certains parlent d'un impôt climatique sur les patrimoines des plus riches,
15:40par exemple, ce serait une idée ?
15:42– Oui, et c'est ce problème de la droite et des macronistes,
15:45c'est qu'ils n'ont pas voulu toucher aux grandes fortunes,
15:48ils n'ont pas voulu augmenter les recettes de l'État en touchant aux grandes fortunes,
15:52qui par ailleurs, proportionnellement, payent moins d'impôts
15:55que la majorité de nos concitoyens,
15:58ce qui est une injustice que les gens ne tolèrent plus,
16:00parce qu'on le sait, les gens ne tolèrent plus ce genre de choses.
16:04Et donc, on peut effectivement avoir des recettes à cet endroit-là,
16:10ce qui permet effectivement de développer des politiques publiques
16:14dont on a tous besoin.
16:16– Sur la question de la ressource en eau aussi,
16:17on avait beaucoup parlé avec nos précédents invités,
16:20on va devoir s'adapter, vous le disiez, dans le Grand Est.
16:24Est-ce qu'on doit revoir dès maintenant nos usages,
16:27nos pratiques agricoles, notre manière d'aménager le territoire ?
16:31– Oui, on a vu qu'il y a des communes qui n'avaient plus d'eau,
16:34on voit même la nature, les ruisseaux à sec, c'est difficile.
16:40Il y a la quantité d'eau et puis la qualité.
16:43On voit comment elle est polluée et comment, par exemple, par les pifaces,
16:47il y a des communes qui ne peuvent plus utiliser l'eau.
16:52Évidemment, la question la plus importante, c'est la question des usages.
16:57Ça veut dire qu'il faut que démocratiquement, on choisisse
17:00si la priorité, c'est de donner de l'eau potable à nos concitoyens
17:05ou bien d'arroser les golfs, ou bien d'arroser le maïs qui ira pour le bétail.
17:15Voilà, il faut à un moment donné qu'on ait un débat démocratique
17:18et qu'on puisse décider de l'usage de l'eau qui est prioritaire pour l'eau.
17:25– Il y a deux jours, Raphaël Glucksmann a été désigné candidat
17:28pour l'EPS et ses alliés après la primaire.
17:30Les écologistes et Marine Tondelier critiquent un repli.
17:34Marine Tondelier qui partira seule à la présidentielle,
17:36qui n'est pas passée par une primaire.
17:38Vous, qu'est-ce que vous attendez d'un candidat à la présidentielle
17:40comme principale mesure pour cette question du climat ?
17:44– Moi, je dois dire d'abord que les écologistes ont fait beaucoup d'efforts
17:47pour réunir la gauche et les écologistes de façon à faire en sorte
17:53que l'extrême droite n'arrive pas au pouvoir, ou à l'élection présidentielle.
17:59Force est de constater qu'on n'a pas réussi à le faire.
18:03Pour l'instant, Marine Tondelier est la candidate des écologistes.
18:08On est en débat sur la stratégie à venir
18:12et les écologistes prendront une décision en décembre
18:16pour savoir si on continue dans cette stratégie ou pas.
18:20Donc ça, c'est déjà ça.
18:22C'est qu'à un moment donné, quand elle parle d'un repli,
18:25c'est-à-dire par rapport à notre stratégie à nous
18:30qui était de dire face à la montée de l'extrême droite
18:35et nos concitoyens nous le demandent,
18:38il est important de réunir toute la gauche et les écologistes.
18:42Voilà, ça n'a pas pu être fait, nous le déplorons.
18:44– Aujourd'hui, personne d'autre que Marine Tondelier
18:46ne peut défendre les questions du climat ?
18:51– Je le redis, moi, je ne pense pas qu'il puisse y avoir
18:54de véritables avancées d'écologie sans les écologistes.
18:57Enfin, du moins, l'expérience nous a montré cela.
18:59– Alors, on va parler aussi d'autres enjeux en Moselle
19:04liés à l'écologie, au climat, à l'énergie.
19:07Un de ceux dont on a beaucoup parlé,
19:08on en a parlé avec Roland Balserzak
19:10de la communauté de communes de Quatre-Nomme
19:11et environ il y a quelques jours ici,
19:13c'est l'implantation d'un EPR à Quatre-Nomme.
19:17Il a redit que la région le soutenait pour implanter cet EPR
19:20et la prolongation aussi de la centrale jusqu'en 2060.
19:22Votre groupe est contre.
19:24Est-ce que la Moselle peut aujourd'hui se passer
19:26de ces projets et de cet employeur sur la communauté de Quatre-Nomme ?
19:31– Le nucléaire, ce n'est pas très souverain d'ailleurs.
19:36On n'a pas de mine d'uranium, on l'achète en uranium aux amis de Poutine.
19:42Il n'y a rien de moins souverain que ça.
19:44Ce n'est pas très compatible non plus avec le réchauffement climatique.
19:47Vous avez vu cet été un certain nombre de centrales nucléaires en France
19:51mais aussi en Europe qui ont dû fermer parce qu'on n'arrive plus à les refroidir.
19:55Ça coûte cher.
19:57Au fur et à mesure que se développent les énergies renouvelables partout dans le monde,
20:00l'énergie nucléaire n'est pas compétitive.
20:03On se souvient par exemple de l'EPR de Flamanville
20:07qui devait coûter 3,3 milliards au début
20:09et qui maintenant n'en coûte pas 6, pas 9 mais presque 20
20:14et qui a mis beaucoup de temps à se mettre en route.
20:17Qu'on a de nouveau refermé parce qu'il y a une fissure dans une cuve
20:21que l'on savait, on connaissait cette fissure depuis le début
20:25mais on l'a ouverte quand même.
20:27Donc je ne suis pas sûre que ce soit une énergie d'avenir pour ma part.
20:31Vous voulez fermer la centrale ?
20:32Nous on veut qu'on puisse développer la sobriété énergétique
20:38dont on ne parle jamais.
20:40Il y a beaucoup de choses à faire dans ce domaine-là,
20:41l'efficacité énergétique et développer les énergies renouvelables
20:45pour qu'elles montent en puissance par rapport à l'énergie nucléaire.
20:47Mais on ne peut pas continuer de notre point de vue une course en avant
20:50ne serait-ce que parce que c'est énormément cher.
20:53– Je repose la question, mais si on perd cette énergie
20:57et en tout cas ce bassin d'emploi, il faut trouver une alternative.
21:01On met quoi à la place ?
21:03– Oui, c'est ce que je viens de dire.
21:04Mais parce que je pense qu'on n'a pas développé un plan
21:07de sobriété énergétique important dans notre région et dans notre pays,
21:12on n'a pas développé de l'efficacité énergétique,
21:14on a fait une course en avant puisqu'il y avait du nucléaire,
21:17on peut continuer à en produire.
21:19Donc la question n'est pas tellement de produire,
21:21mais d'avoir une maîtrise sur la consommation de l'énergie aussi.
21:24– Le projet, par exemple, on en a parlé aussi il y a quelques jours,
21:27le projet d'utiliser la chaleur fatale de Catnum,
21:30donc l'eau chaude qui aujourd'hui est déversée dans la Moselle,
21:34on la réutilise pour chauffer par exemple la communauté de communes
21:37de Thillon-Ville-Fench.
21:39Ce genre de projet, par exemple, ce serait intéressant selon vous ?
21:43– La récupération d'énergie fatale dans toutes les industries,
21:46elle est intéressante, c'est quand même très étonnant
21:48qu'on ne l'ait pas fait depuis longtemps,
21:51parce qu'on avait des énergies, on avait des industries importantes,
21:55on a toujours dans notre région,
21:57donc c'est sûr que c'est a priori quelque chose d'intéressant.
22:00– Un autre projet qui tient en haleine les Mosellans depuis des années
22:03et qui devrait connaître un terme prochainement, c'est la 31 bis.
22:06Vous êtes opposé à la forme actuelle,
22:09est-ce que vous êtes opposé formellement à tout projet d'infrastructure type à 31 bis
22:16ou est-ce qu'il faut juste revoir un petit peu le schéma
22:18et le plan qui est prévu aujourd'hui ?
22:20– Nous nous sommes opposés au projet nord de la 31 bis,
22:24au contournement par l'ouest de Thillonville,
22:26parce que c'est un projet qui date depuis très longtemps,
22:30c'est un projet d'une autre époque,
22:31c'est un projet qui est très destructeur du point de vue de l'environnement,
22:36qui fera gagner quelques minutes à ceux qui voudront bien payer le péage quotidien
22:41que ça représentera,
22:44et en fait qui sera aussi un appel pour des voitures,
22:48donc nous on est plus favorables à développer d'autres formes de mobilité,
22:53que ce soit le train, le covoiture, etc.,
22:56mais aussi à discuter avec nos amis luxembourgeois pour organiser aussi le travail différemment,
23:02parce que s'il y a plus de télétravail chez les frontaliers,
23:05il y a aussi moins besoin de déplacement,
23:07donc c'est tout un ensemble de choses que nous voulons voir,
23:11mais effectivement, continuer à développer des autoroutes,
23:16c'est incompatible avec ce qu'on disait tout à l'heure,
23:20le réchauffement climatique.
23:21– Eliane Romani, vous avez fait le tour de la question avec nous,
23:24mais ce n'est pas terminé, il reste une toute dernière épreuve,
23:27c'est une tradition de cette fin d'émission,
23:29on passe au tour du cadran,
23:30alors je vous explique, 60 secondes pour répondre uniquement par vrai ou faux
23:34à une série de questions,
23:35je vous laisse tout de même la possibilité de prendre un joker si vous le souhaitez.
23:38– C'est trop aimable.
23:39– Est-ce que vous êtes prête ?
23:41– Oui.
23:42– C'est parti.
23:44L'écologie devrait être une préoccupation prioritaire de tous les partis.
23:50– Pouf !
23:52J'ai l'impression d'avoir déjà répondu à cette question.
23:56Franchement, dans les discours, oui, dans les discours, ils savent faire.
24:00Dans les actes, non.
24:01– On peut être écologiste et supporter le nucléaire.
24:04– Pas vraiment, non.
24:06– Un été à 40 degrés sera bientôt la norme.
24:09– Ah ben, oui.
24:12– Les climato-sceptiques ont gagné du terrain dans l'opinion publique ?
24:16– Plus depuis cet été peut-être.
24:19Avant probablement, depuis cet été, c'est pas sûr.
24:21– La Moselle peut se passer d'un nouvel EPR à Cattenham ?
24:24– Oui.
24:24– La chaleur de Cattenham pourrait chauffer des logements
24:26plutôt que de finir dans la Moselle ?
24:28– Ah ben, toutes les industries, elles peuvent chauffer.
24:31– Le meilleur moyen de faire aimer le train aux automobilistes,
24:33c'est de supprimer les retards ?
24:36– Oui, c'est d'avoir des trains,
24:37c'est d'avoir des trains nombreux, c'est d'avoir des trains à l'heure,
24:40c'est d'avoir des lignes de trains plus importantes.
24:44– Il faut fermer la centrale nucléaire de Cattenham ?
24:47– Ah, terme, oui.
24:49– La 31 bis…
24:49– De toute façon, elle est très vieillissante, vous savez.
24:51– La 31 bis doit être construite, mais pas sous cette forme actuelle ?
24:54– La 31 bis, le projet Nord en tout cas ne doit pas être construit, non.
24:58Il faut adapter à notre époque les moyens de déplacement de nos concitoyens.
25:04– Merci Eliane Romani d'avoir fait le tour de la question.
25:06On a attendu le gong, c'est terminé en notre compagnie, merci.
25:09On le rappelle, vous êtes co-présidente du groupe des écologistes à la région Grand Est.
25:14Vous serez d'ailleurs en plénière jeudi à Metz avec le vote du plan Grand Est 2030.
25:19On parlera notamment beaucoup d'adaptation climatique justement.
25:22– Merci de votre accueil.
25:23– Merci d'avoir accepté notre invitation.
25:25Nous on se retrouve mardi prochain pour une nouvelle édition du tour de la question.
25:31En attendant, l'information continue sur notre site et sur Moselle TV, bonsoir.
25:40– Merci d'avoir regardé cette vidéo !

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