- il y a 15 heures
49 ans au service d'une commune : découvrez le parcours exceptionnel de François Lavergne, maire honoraire de Créhange. Embarquez pour un voyage dans le temps, de l'âge d'or du charbon en Lorraine à la transformation d'une région entière.
François Lavergne partage sa vision unique sur la gestion d'une ville, comparant une commune à un paquebot nécessitant temps et patience pour naviguer à travers les changements. Il revient sur son arrivée en Lorraine dans les années 50 et son parcours d'ingénieur aux Houillères du Bassin de Lorraine, une institution clé du paysage industriel régionale.
François Lavergne partage sa vision unique sur la gestion d'une ville, comparant une commune à un paquebot nécessitant temps et patience pour naviguer à travers les changements. Il revient sur son arrivée en Lorraine dans les années 50 et son parcours d'ingénieur aux Houillères du Bassin de Lorraine, une institution clé du paysage industriel régionale.
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00:00Ici Lorraine, crack pour l'émission, sur Marouk, sur Moselle TV et Vosges Télévisions.
00:06Ici, votre radio de proximité en Lorraine.
00:32Bonjour, chers amis de Sur Marouk, très heureux de vous retrouver.
00:35Voici deux émissions spéciales, cette semaine et la semaine prochaine.
00:39Nous sommes dans l'après-municipal et j'ai voulu aller à la rencontre de deux maires
00:44qui viennent de raccrocher les gants après une longue période à la tête d'une commune.
00:48Tout d'abord, cette semaine, le Moselland, François Lavergne, membre des Record Men,
00:53élu maire de Créange en 1977.
00:571977, quand Valéry Giscard d'Estaing était président de la République
01:00et Raymond Barr, Premier ministre.
01:0349 ans de mandat pour François Lavergne.
01:05Ce n'est pas seulement un record, c'est un temps très long pour agir sur un territoire.
01:11Ce temps essentiel, nous dit François Lavergne,
01:14qui fut aussi président du district urbain de Folquemont,
01:17vice-président du département de la Moselle
01:19et professionnellement ingénieur au HBL, ou hier, du bassin de Lorraine.
01:24Depuis 50 ans, cet homme engagé a affronter des bouleversements nombreux
01:28que la France, et particulièrement la Lorraine, ont connus.
01:51Bonjour M. le maire.
01:52Je dis M. le maire, François.
01:55Ancien, ancien, depuis peu, voilà.
01:57Mère honoraire, maire honoraire.
01:59Oui, oui, oui.
02:0149 ans de maire.
02:03Eh oui.
02:03C'est quand même impressionnant, c'est presque un record.
02:06Alors je ne sais pas si c'est un record,
02:08mais bon, ça montre que si on veut réaliser,
02:14changer une image de marque, il faut du temps.
02:16Il faut du temps.
02:18C'est un peu ce que j'ai vu dans la dernière campagne,
02:21dans certains secteurs, les gens l'oublient.
02:24Tout ne se fait pas d'un certain nombre de doigts.
02:27D'ailleurs, si je peux me permettre,
02:29il y a une belle symbolique sur cette médiathèque
02:31dont on va parler, c'est le paquebot.
02:34Et une ville, c'est souvent...
02:36J'ai un de vos confrères qui disait
02:37que ça se conduit comme un paquebot, c'est très lent.
02:39Oui, oui, oui, c'est un gros vaisseau.
02:44Alors, vous êtes parisien, ce qui n'est pas une tare.
02:49Vous êtes lorrain, en fait.
02:51Depuis le temps, oui.
02:52Vous arrivez en quelle année, en Lorraine ?
02:54Alors, dans les années 54 ou 55, avec mes parents.
03:00Mais vous êtes...
03:01Ah oui, vous arrivez avec vos parents.
03:02Oui, oui.
03:03Et puis ensuite, on va en parler, vous êtes ingénieur au HBL.
03:06Oui.
03:06Mais comment ça se passe, l'accueil en Lorraine,
03:09dans les années 50 ?
03:10Oh, dans les années 50, c'était à Nancy,
03:14donc je me suis posé sans problème.
03:17On est adopté, vite.
03:19Je suis allé au lycée, je me suis fait des copains.
03:21Pas de problème.
03:22Et alors, vous devenez...
03:24Vous êtes ingénieur, vous êtes ingénieur,
03:26et vous travaillez au HBL.
03:28Oui.
03:28Les Houillères du bassin de Lorraine.
03:30Oui, oui.
03:30C'est quasiment une des grandes institutions de Lorraine.
03:33La grande institution, c'était, je dirais,
03:37la puissance tutélaire de tout l'Est de Mosellande.
03:40Oui, c'est ça.
03:41Parce que pour expliquer aux téléspectateurs lorrains,
03:45parce qu'on est regardé aussi sur Vosges Télévisions,
03:47sur Moselle TV, mais aussi Vosges TV,
03:49ici, c'est vraiment la Lorraine du charbon.
03:52Ben, ici, c'était le charbon.
03:54Au nord de Metz, et en partie de la Meurthe-et-Moselle,
03:58c'était le fer.
03:59Et les Vosges, ben...
04:01Ah, c'était...
04:02C'était les textiles, etc.
04:04Bien sûr.
04:05Il y avait...
04:05Chaque région était bien marquée sur le plan des activités économiques.
04:10Mais alors, combien il y avait de...
04:11Parce que sur toute une région comme ça,
04:13où on extrait le charbon,
04:14combien il y avait de puits ?
04:16On sait à peu près combien il y avait...
04:17Bon, ben, moi, de tête, comme ça,
04:19quand j'y étais, il devait y en avoir une bonne douzaine.
04:23Oui, oui, oui, oui.
04:25Depuis Styrin-Vendel, jusqu'ici.
04:29Et puis, vous connaissez donc...
04:32Vous connaissez la crise.
04:33Ah, oui, oui.
04:34Alors, ça, c'est quoi ?
04:34C'est dans les années...
04:35Alors, on est les premiers à avoir...
04:36Et ça a été une chance, je dirais,
04:37quand on fait un peu de rétrospective.
04:40Oui.
04:40Premier pays qui ferme, vraiment...
04:43Bon, techniquement, il y a eu des fermetures, des ouvertures.
04:45Ça, c'était atéchnique.
04:46Mais, politiquement, la première fermeture,
04:491974, le puits de Folquemont.
04:51Oui.
04:51Donc, bon, là, ça a créé...
04:53Ah, la première, c'est Folquemont.
04:54Oui, ça a créé des remous, évidemment.
04:57Mais, il y avait des moyens à l'époque, en 1974.
05:00Donc, on a eu des moyens pour créer
05:03la zone de développement économique,
05:06pour reprendre les voiries.
05:09Les houillères s'occupaient de tout, hein.
05:11Elles tondaient même les haies
05:13en bordure de la voirie.
05:14Mais il y avait du pognon, quoi, comme on disait le guèrement.
05:16Oui, oui, tout à fait.
05:18Je voudrais qu'on revienne à 1974,
05:21parce que là, il y a donc la fermeture du puits.
05:24Oui.
05:25Et il y a une démission collective, si j'ai bien compris.
05:28Des conseils.
05:28Des conseils, voilà.
05:29Et à ce moment-là, le préfet, conformément à la loi,
05:33nomme une délégation spéciale de trois personnes.
05:36Donc, une qui était une personne qui venait des houillères,
05:41en l'occurrence moi-même,
05:43une autre personne qui venait des activités chimiques,
05:46et un chef d'entreprise qui était, à l'époque,
05:52M. Albert Obstetter, le directeur général de Wisman France.
05:57D'accord, d'accord.
05:58Donc, vous, l'ingénieur des HBL,
06:00vous entrez, vous mettez un pied dans la vie municipale.
06:03Oui.
06:051977, il faut quand même qu'on se rende compte,
06:07pour ceux qui nous écoutent, les plus jeunes notamment,
06:09Giscard d'Estaing est président de la République,
06:11si je ne me trompe pas.
06:12Je crois que c'est Raymond Bach qui est un jeune Premier ministre.
06:15Oui, oui, oui.
06:15Ce qu'on est en reloi.
06:17Ça remonte.
06:18Est-ce que vous vous souvenez, François,
06:21de la première action que vous avez prise,
06:23des premières mesures que vous avez décidées ?
06:26Alors, les premières mesures,
06:29ça a été de voir avec notamment les services des HBL,
06:36le transfert des équipements publics,
06:38notamment les voiries.
06:39D'accord.
06:40Il y avait des crédits de l'État à l'époque
06:43pour rénover les voiries
06:44qui étaient transférées des houillères
06:46vers les collectivités locales,
06:48ce qui était normal.
06:49D'accord.
06:50Un mot, et puis on va poursuivre notre route,
06:52on va aller notamment au centre, au complexe sportif.
06:54Oui.
06:54Un mot sur cette magnifique médiathèque.
06:56Ça, c'est vous, avec votre équipe,
06:57qui l'avez décidé, qui l'avez bâti.
06:59Oui.
07:00C'est long, un projet comme ça,
07:02à être élaboré ?
07:03Tout projet nécessite déjà au moins deux, trois ans de réflexion.
07:09Ce n'est pas la veille d'une élection sur une table de bistrot,
07:13qu'on décide, on va faire ci, on va faire ça.
07:15Ça nécessite une réflexion, ça nécessite des moyens.
07:19Il a fallu rassembler des moyens de l'État, du département, de la région,
07:25pour réaliser.
07:26Sinon, le coût total n'est pas supportable.
07:29Oui, oui, bien sûr, pour une collectivité.
07:31Alors ici, c'est un centre important,
07:33au point de vue de la lecture publique,
07:35puisque, à partir de cette médiathèque,
07:39on approvisionne 20 ou 25 médiathèques
07:45de moindre importance dans le secteur.
07:47Dans le secteur, et ça s'appelle Créanto.
07:48Voilà.
07:49Et ici, on a donné le nom de Créanto à ce bâtiment.
07:52C'est l'ancien nom de Créange au Moyen-Âge.
07:55Ah oui, d'accord, ok.
07:56Ok, très bien.
07:58Très bien, bon, on va poursuivre sur...
07:59Ah oui, Créange a changé de nom à plusieurs reprises.
08:04Créanto, Krischingen, et puis Créange.
08:06Crescendo, ça c'est peut-être autre chose.
08:09Crescendo, on y va doucement.
08:11Crescendo, c'est l'organisme qui gère le multi,
08:15les multi-accueils et la politique petite enfance
08:19par délégation du...
08:21D'accord, bonjour.
08:22La délégation du district urbain.
08:24Très bien.
08:25On va faire un tour au...
08:26On y va.
08:27...au complexe sportif.
08:28Ok.
08:29Allons-y, François, je vous suis.
08:38Alors François, on est sur le centre...
08:40Complexe sportif, on dit comme ça ?
08:42Le complexe sportif...
08:43Qui est immense, on voit, il y a plein de temps partout.
08:45Il y a 7 hectares et des bâtiments à la fois comme celui-ci,
08:50qui est le premier, qui était celui d'origine,
08:53transféré dans les années 70 par les HBL.
08:56Et progressivement, nous avons réalisé le bouleau de rome couvert,
09:02le tennis couvert à côté des tennis extérieurs
09:06et là, à la maison des sports de combat.
09:09Qu'est-ce qu'il fait ? Parce que le bilan en 50 ans, il est énorme.
09:12Je dirais que la seule chose peut-être plus marquante,
09:15c'est de montrer qu'il faut des moyens, bien sûr,
09:23mais aussi de la volonté pour développer, pour passer une crise.
09:29En 74, quand la mine a fermé, l'INSEE prévoyait un avenir noir.
09:40On a les pertes des habitants, il n'y a plus les 400 emplois, etc.
09:46Aujourd'hui, on n'a pas perdu d'habitants.
09:49Au niveau du district, on est toujours largement autour des 24-25 000.
09:57On a, sur nos zones d'activité, près de 5 000 emplois
10:02pour remplacer les 14 fonds supprimés.
10:04Donc, là-dessus, il faut savoir que toutes les prévisions,
10:14les projections faites par ces organismes statistiques
10:17ne tiennent pas compte de la volonté humaine.
10:22C'est ça, la volonté humaine, j'allais dire.
10:23Vous avez aussi traversé les crises.
10:26Oui.
10:26Vous les avez franchi.
10:27Mais il y en aura encore.
10:28Il y en aura encore.
10:28Est-ce que ça joue beaucoup, parce qu'il y a un patron, c'est le maire,
10:34mais il y a une équipe, il n'y a rien.
10:35Est-ce que ça joue beaucoup, l'équipe ?
10:37Oui, oui, oui.
10:37Alors, c'est une organisation, il faut savoir,
10:40là, bon, je reproduis ici un peu ce que j'avais l'habitude professionnellement.
10:45Oui.
10:45Bon, il faut un patron qui fixe une ligne,
10:49qui ait avec lui une équipe,
10:51mais qui ne soit pas une équipe, j'allais dire, de courtisans.
10:55Oui, oui, oui.
10:55On a des discussions en équipe,
10:58et puis après, le patron, il est le porteur, après, du projet,
11:03notamment auprès des autorités, etc.
11:06Mais chacun amène sa pierre.
11:11Un conseil municipal, dans l'équipe,
11:14il y en a issu des différents quartiers,
11:16et on peut mieux appréhender certains besoins.
11:19Oui, d'accord.
11:20Tout à l'heure, en venant ici, on est venus ensemble en voiture,
11:24et il y a un créanjoie qui nous a arrêtés,
11:26qui nous a salués, pour dire bonjour,
11:29et qui a dit, alors, monsieur le maire, je ne sais plus ce qu'il a dit,
11:31quand est-ce que vous vous rempilez ?
11:32Qu'est-ce qui a fait, en 2026, qu'est-ce qui vous a fait arrêter, finalement ?
11:37L'âge.
11:38L'âge, c'est l'âge, vraiment.
11:39Je m'étais fixé, professionnellement, autour de 65 ans,
11:43qui était la limite d'âge,
11:45donc j'ai pris ma retraite de directeur général, à l'époque.
11:50Je m'étais fixé les élections de 2020,
11:54pour arrêter le département,
11:57et 2026, pour la mairie,
12:00pour progressivement abandonner un certain nombre de mandats.
12:04D'accord, et puis on en reparlera peut-être,
12:06mais vous avez été aussi conseiller régional de Lorraine,
12:08mais pas...
12:09Très peu dans l'équipe de Gérard Longuet,
12:12mais la loi ayant modifié les possibilités de cumul,
12:17j'ai fait le choix du département.
12:20D'accord, très bien.
12:21On fait un tour sur le carreau de la mine ?
12:22On y va.
12:23On y va ?
12:23Je vous suis, François, on y va.
12:39François, ici, on est sur ce qu'on appelle le carreau de la mine ?
12:41Le carreau de la mine de Folquemont.
12:43De Folquemont.
12:44Pour les gens qui n'y connaissent rien, le carreau de la mine, c'est quoi ?
12:46C'est l'emprise, c'est comme une zone d'activité.
12:50Ah oui, d'accord, ok, d'accord.
12:51Mais spécialisée pour l'extraction charbonnière.
12:54Alors vous étiez ingénieur, plutôt dans le domaine de la gestion financière ?
12:58Ah oui, oui, dans tous les domaines de gestion, contrôle de gestion, etc.
13:02Donc vos bureaux étaient là ?
13:03Non, non, non.
13:04C'était les bureaux de la direction générale jusqu'au milieu des années 60.
13:09D'accord.
13:10Et ensuite, la direction générale a été transférée et construite
13:14un nouveau bâtiment à Frémain-Mère-le-Bac.
13:17Alors là, on a quand même un bel exemple.
13:19Les gens qui se posent plein de questions sur ce que font les collectivités, etc.
13:23On a un bel exemple de réhabilitation d'un site, quand même.
13:26Tout à fait.
13:27Des choses qui se sont arrivées.
13:28Ce qu'il faut savoir, c'est qu'il faut du temps.
13:30On a vu récemment des grandes annonces, 3000 emplois qui venaient sur une friche.
13:36Puis il n'y a plus rien aujourd'hui.
13:38Un an après, on n'en parle plus.
13:39Il faut du temps pour reconvertir un site industriel comme celui-là.
13:45Et donc, on a fait raser, ce qui m'a valu quelques remarques désagréables des bâtiments de France.
13:52On a rasé tous les locaux techniques, ce qui ne servait plus pour une reconversion et continuer à faire vivre
13:59le site.
14:00Donc, s'il n'y a plus de charbon à extraire, il n'y a plus besoin de puits.
14:03S'il n'y a plus de puits, il n'y a plus besoin de l'avoir.
14:06S'il n'y a plus de l'avoir, il n'y a pas besoin de chargement sur la voie
14:10ferrée.
14:11Donc, on a rasé tout ça.
14:13Donc, tout ça, ça prend du temps, les autorisations administratives.
14:17Et puis maintenant, ici, ça vit autour d'activités essentiellement de formation, la sécurité.
14:25Et on voit les camions de pompiers, c'est un centre de formation des pompiers.
14:29Ils ont ici, on le voit, le plateau technique de formation.
14:34Très bien.
14:35Alors, on ne le voit pas, mais en dessous, il y a le véhicule école qui est stationné.
14:39Il y a une piste de formation.
14:41Très beau bâtiment quand même.
14:43Ah oui, ça valait d'être conservé.
14:45Oui, d'être conservé, c'est vraiment un beau bâtiment.
14:47D'être manié, par exemple, là, on est en train de faire les travaux pour l'ascenseur et l'accessibilité
14:54aux personnes à mobilité réduite.
14:57Et puis, on le rappelle, il y a le conservatoire automobile.
14:59Voilà, il y a le conservatoire automobile.
15:02Il y a, dans la partie basse également, une association qui collectionne les véhicules militaires de la Deuxième Guerre mondiale.
15:12qu'on voit dans toutes les manifestations.
15:16Si un jour ça vous intéresse.
15:18C'est bien de le signaler, on peut le signaler au public qui est intéressé, parce que la voiture ancienne
15:23intéresse.
15:25François, vous nous emmenez où maintenant ?
15:27Maintenant, on va aller voir une entreprise sur une zone artisanale.
15:33Allez, c'est parti, on y va.
15:39François, on s'arrête juste là, on est en visite dans la zone artisanale.
15:43Dans la zone artisanale.
15:57François, qui a créé son entreprise il y a plus de 20 ans maintenant.
16:01C'est sa fille maintenant qui est la responsable.
16:06Et c'est une émergence purement créanjoise.
16:09Et ça, ça veut dire que le maire, un maire, est vraiment extrêmement présent sur le développement économique.
16:14Je m'en rends compte depuis le début de la discussion.
16:17Si on veut réaliser, ce n'est pas en augmentant les impôts pour avoir des recettes, c'est en créant
16:23de la richesse.
16:24Alors malheureusement, l'État nous confisque de plus en plus notre fiscalité économique.
16:30Mais il nous en reste encore un peu, alors le tout, c'est de bien l'utiliser.
16:34On va poursuivre cette discussion sur le développement économique, puisqu'on va à la française de...
16:39On va parler énergie.
16:40On va parler énergie. Il faut parler énergie ici.
16:51François, avant-dernière étape de notre périple, long périple avec vous, François.
16:56On doit encore aller voir un coup au golf.
16:59Tu n'as vu qu'une toute petite partie.
17:02Oui, je sais.
17:03Il faut revenir.
17:04J'en reviendrai.
17:05On est avec Fadi, on va parler dans un instant.
17:07On est à la française de l'énergie.
17:10Un mot avant, François.
17:12Dans l'imaginaire collectif lorrain français, l'Est-Moselland, c'est quand même une terre d'énergie.
17:16C'est d'ailleurs le nom du district.
17:19Tout à fait.
17:20C'est notre slogan.
17:22L'énergie, l'énergie du charbon.
17:25Ça a commencé dans les années 35.
17:28Et après-guerre, relancer l'économie, il fallait de l'énergie.
17:32Or, l'énergie, à l'époque, c'était le charbon essentiellement et puis accessoirement le pétrole,
17:38puisqu'il y avait Péchelbron, notamment en France.
17:41Mais alors, pour être clair, le charbon, on entend vous dire beaucoup de choses.
17:45Pour ceux qui n'y connaissent rien, c'est quoi ?
17:47Est-ce que ça, on peut dire que c'est encore une énergie d'avenir ou pas ?
17:50Alors, c'est plus l'énergie exploitée.
17:55On n'enverra plus des gens à 1200 mètres sous terre pour gratter le charbon.
17:59Mais c'est une source d'énergie, mais Fadi, on parlera certainement tout à l'heure,
18:04d'aller chercher l'énergie, en particulier le méthane, qui est dans les veines de charbon.
18:11Donc là, il y a une chose.
18:13Alors, je vais être très dur.
18:15C'est dommage qu'au plus niveau de l'État, ce sont des incompétents qui s'occupent de ce genre
18:20de choses.
18:21On dit que c'est fossile, tout.
18:23Mais le méthane, il est là.
18:27On nous refuse ici, notamment à la Française de l'énergie, de l'exploiter,
18:32au prétexte administratif, il n'y a jamais le bon dossier, pour faire court,
18:37alors qu'on l'importe à grands frais, venant d'Amérique,
18:40et extrait, lui, en plus du schiste par fracturation.
18:44Ah oui, oui.
18:44C'est le grand débat sur la...
18:46L'incompétence, je le dis, je l'assume, l'incompétence au niveau des instances de l'État sur ce dossier.
18:55Alors, le message est passé.
18:58Fadi, je voudrais qu'on explique aux téléspectateurs ce qu'on fait ici, à la Française de l'énergie.
19:04OK.
19:05Parce que là, on voit...
19:06Ça, c'est ce qu'on appelle une carotte, c'est ça ?
19:07Tout à fait, tout à fait.
19:09Parce que le sous-sol lorrain est naturellement très riche.
19:12Ah, il est riche.
19:12Il est très riche.
19:13Il est très riche.
19:14Mais qu'est-ce qu'on y fait alors ici ?
19:15Donc, à la Française de l'énergie, on est implanté en Moselle depuis les années 2000,
19:19donc début des années 2000.
19:20On est fournisseur d'énergie, donc d'énergie locale.
19:23Donc, on produit de l'électricité, du gaz, de la chaleur,
19:26et pas mal d'autres molécules, de l'hydrogène, du CO2 notamment,
19:29pour nos clients.
19:31Donc, ici, en Moselle, principalement, on produit de l'électricité,
19:35donc à travers des champs photovoltaïques,
19:37et également, on travaille sur un projet phare depuis les débuts des années 2000
19:40qui s'appelle le projet de gaz de couche,
19:43donc le CBM en anglais,
19:45qui consiste à extraire, en fait, le gaz qui est présent naturellement
19:48dans les veines de charbon, le grisou.
19:50D'accord.
19:51Donc, le grisou, qui est très connu, en fait,
19:55et documenté scientifiquement,
19:57et avec les accidents dans les exploitations minières à l'époque.
20:00Les coups de grisou, les fameux coups de grisou.
20:02Exactement, c'est exactement le même gaz, en fait,
20:04qu'on retrouve à l'état naturel, dans les veines de charbon,
20:07à 1000, 1500 mètres.
20:09Et nous, en fait, on propose des solutions d'aller chercher ce gaz-là,
20:12en fait, et pouvoir l'exploiter, le produire en surface,
20:15et pouvoir faire bénéficier, en fait, aux populations locales,
20:17aux parties prenantes de ce gaz-là,
20:19de cette richesse, en fait, qui est dans notre territoire.
20:21D'accord.
20:21Ça, c'est un des projets qu'on développe depuis des années.
20:25En parallèle, depuis quelques temps,
20:28on a retrouvé de l'hydrogène aussi, naturel,
20:30donc dans ces couches de charbon, les couches du carbonifère.
20:33Donc, c'est des couches qui datent d'il y a 300 millions d'années,
20:36qui regorgent de richesses.
20:37Donc, là-dedans, il y a des sédiments et des cailloux,
20:41comme vous voyez ici.
20:42En fait, ici, on va venir échantillonner une partie des roches.
20:46Et en fait, à l'intérieur de ces roches,
20:48il y a ce qu'on appelle de la porosité, donc du vide.
20:51Et dans ces ports-là, en fait, on va trouver…
20:54Et c'est là qu'il y a le…
20:55Exactement, et là où il y a la molécule.
20:57Donc, on va trouver ou du CH4,
20:59ou de l'hydrogène dissous, donc dans l'eau.
21:03Et ces molécules-là qu'on va aller viser,
21:05chercher et ressortir en surface.
21:07C'est génial et c'est passionnant, ce que fait la FDE.
21:10C'est vraiment superbe.
21:11Vous avez répondu à mes questions,
21:13j'allais vous demander commercialisation, comment ça se fait.
21:16Ça reste une commercialisation locale ?
21:19Exactement, et c'est à destination des locaux.
21:21Donc, en fait, nous, à la Française d'énergie,
21:23on croit au circuit court.
21:24En fait, notre ADN, c'est le circuit court.
21:26Donc, en fait, le but, c'est de faire bénéficier les locaux,
21:30en fait, le territoire de cette énergie-là,
21:33avant les autres.
21:34Donc, c'est sûr que la destination principale,
21:37ça sera en local.
21:38On l'a fait, on le fait déjà dans les Hauts-de-France,
21:39avec le gaz de mine, parce qu'on exploite exactement le gaz de mine
21:43qui est dans les galeries minières.
21:44Et en fait, on fait bénéficier les communes minières
21:47de cette richesse-là.
21:48Alors, justement, François, tu disais,
21:50tu évoquais des relations avec l'État,
21:51pas toujours simples, dans les grandes administrations.
21:55Un maire, revenons à, puisqu'on est sur,
21:58on a beaucoup parlé des 49 ans de maire,
22:02de François,
22:04dans sa relation avec les industriels,
22:05parce que là, vraiment, on est au niveau de l'industriel,
22:07des chercheurs, on est au niveau des chercheurs,
22:09des industriels.
22:10Le dialogue se passe bien ?
22:12Est-ce qu'il y a besoin d'une formation particulière ?
22:16Quand on rencontre des professeurs-chercheurs du CNRS,
22:23il faut quand même avoir un minimum de dossiers.
22:27Quand on parle, quand Fadi nous parle de l'hydrogène, du CH4,
22:35et je n'ai évidemment pas le niveau de connaissance qu'il a,
22:39il est spécialiste,
22:40mais il faut qu'il y ait une connaissance générale.
23:13Bon, eh bien, mon cher François,
23:14on s'est rapatrié à l'intérieur,
23:16parce qu'il y a beaucoup de ventes.
23:17Ah oui, on est sur une colline.
23:19Mais on a été superbement accueillis,
23:20on est dans la boutique du...
23:22Du golf.
23:23Du golf.
23:24On est ici sur Folkmont, c'est ça ?
23:26Non, ici, on est sur la bande pompière.
23:29Pompière, d'accord.
23:30Mais c'est un golf intercommunal, on dit.
23:33Districal, c'est le territoire du district.
23:35District, d'accord.
23:37On a parlé de plein de choses avec toi,
23:39c'était très, très agréable.
23:4049 ans, mère, c'est quand même fantastique.
23:44Je me posais des questions comme ça.
23:47On regarde un peu ce qu'on a fait en 49 ans, etc.
23:49Est-ce qu'on a des regrets, des remords ?
23:52Est-ce que ça turbine dans la tête sur ces choses-là ?
23:56Oui, alors, il ne faut pas non plus...
23:57Ça, ça turbine trop,
23:58parce que sinon, on ne fait plus rien.
24:00Il y a des réussites, il y a des échecs.
24:02Ah oui.
24:04C'est la vie.
24:05Et en plus, bon, le monde bouge.
24:07C'est-à-dire, ce qui pouvait être une réussite il y a 40 ans,
24:11aujourd'hui, je dirais même, l'entreprise peut avoir disparu.
24:14C'est vrai.
24:14Le tout, c'est d'être vivant.
24:17Et de toujours dire, bah, ça, on le verra avec la française de l'énergie.
24:23C'est de l'avenir.
24:25Mais il faut s'en préoccuper pour assurer la suite de ce qui disparaîtra.
24:29On parlait du charbon.
24:31Le charbon, c'était l'énergie d'après-guerre.
24:33Aujourd'hui, le charbon peut être utilisé comme source d'énergie,
24:38mais de façon très différente.
24:40Je me posais la question, François,
24:4249 ans de mandat, très bon connaisseur du territoire,
24:46également conseiller départemental,
24:48avec trois présidents, vice-président aussi,
24:50avec trois présidents différents, conseiller régional.
24:53Bonne connaissance, donc, de cette région.
24:56Quel regard, aujourd'hui, sur la Lorraine ?
24:58Alors, la Lorraine, malheureusement, la région a été absorbée.
25:07Et c'était encore une identité autour de laquelle pouvaient se développer des synergies.
25:14Il y a deux départements qui sont industriels, et puis deux autres moins.
25:20Mais il y avait des choses qui pouvaient se faire, qui pourront encore se faire.
25:26Le handicap, je dirais, aujourd'hui, c'est la structuration régionale.
25:33C'est bien.
25:34Une grande région, contrairement à toutes les espérances qui nous ont été vendues,
25:40ça n'a pas fait d'économies, mais plutôt des frais.
25:43Ensuite, des sociologies très différentes.
25:47Un Champenois viticole n'a rien à voir avec un Lorrain charbonnier ou sidérurgiste,
25:55et encore pas forcément, même s'ils ont un peu le vin en commun, avec un Alsacien.
26:00C'est très compliqué.
26:01C'est très compliqué.
26:03Donc, il faut tenir compte des particularismes.
26:05La Moselle est faite de particularismes.
26:08L'intérêt, c'est qu'au niveau des gouvernances, il y a toujours eu une volonté des présidents
26:16et de leurs équipes de faire respecter, je dirais, un intérêt commun, un intérêt général
26:23à l'ensemble de la Moselle.
26:25On parlerait des heures.
26:26Des heures, oui.
26:28Pour l'heure, je crois qu'on va aller se rafraîchir.
26:32On va aller se rafraîchir.
26:33Il y a tout ce qu'il faut.
26:34Merci.
26:35Merci pour cette balade très agréable.
26:50Ici Lorraine, crack pour l'émission, sur ma route, sur Moselle TV et Vosges Télévisions.
26:56Ici, votre radio de proximité en Lorraine.
26:59Merci.
26:59Merci.
27:01Merci.
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