- il y a 1 jour
Le Tour de la Question avec Michaël Weber
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00:05Musique
00:21Bonsoir à toutes, bonsoir à tous, bienvenue dans votre nouvelle émission.
00:24Merci d'être là pour cette première édition dans cette saison éminemment politique.
00:28A quelques mois maintenant du premier tour de la présidentielle, il est d'autant plus important pour nous de vous
00:33proposer un programme où on pourra analyser, débattre, comprendre les principaux enjeux pour les départements, la région et même la
00:40France.
00:41Et notre département justement a connu un été historique. On en connaîtra de plus en plus dans les années à
00:47venir.
00:48Les canicules ont touché le pays. Des vagues de chaleur durant les mois de juin, juillet et août et des
00:53records de température sur 1300 stations météo en France.
00:57Plus de 570 ont dépassé les 40 degrés au moins une fois à Metz et dans plus de 80 villes
01:03françaises.
01:03C'était même la première fois que ça arrivait depuis le début des relevés.
01:07Les conséquences, on les a vues directement dans nos campagnes.
01:11Une chaleur qui a causé des incendies, des feux immenses en Giron notamment.
01:15La France a perdu 35 000 hectares de forêt à ce jour.
01:17Et une canicule qui a causé du tort aux agriculteurs, aux viticulteurs et aux éleveurs.
01:22Depuis plus d'un mois, la moitié du département alterne entre les vigilances sécheresses, feux de forêt ou canicules.
01:28Dans ce contexte, durant l'été, la loi d'urgence agricole a été adoptée par le Parlement puis promulguée le
01:3418 août dernier.
01:35Elle veut répondre aux difficultés rencontrées dans la ruralité.
01:39L'un des opposants de ce texte très actif sur le dossier, c'était Michael Weber.
01:44On va faire le tour de la question avec lui. Bonsoir.
01:47Bonsoir.
01:48Michael Weber, vous êtes sénateur PS de Moselle, membre notamment de la commission de l'aménagement du territoire
01:53mais aussi conseiller municipal et ancien maire de la petite commune rurale de Volflin-les-Sarguemines.
01:58Vous étiez aussi président du parc naturel régional des Vosges du Nord.
02:03Quand on a l'habitude d'être comme vous dans des régions boisées, agricoles et rurales,
02:08comment est-ce qu'on regarde un été comme celui qu'on vient de passer ?
02:12Écoutez, d'abord je voudrais vous remercier pour cette invitation et souhaiter plein succès à cette émission.
02:16Je suis un petit peu peut-être le premier invité.
02:19Et donc j'espère en tout cas que ce sera l'occasion de débattre de sujets qui concernent nos concitoyens.
02:25Pour effectivement la question de la forêt, puisque j'étais aussi président des communes forestières de ce département,
02:29il est vrai que l'inquiétude va grandissant aujourd'hui.
02:32Ça fait quelques temps que l'on sait que la forêt ne capte plus autant de carbone que par le
02:36passé,
02:36qu'il y a des risques à incendie et qu'on le découvre même en Moselle.
02:39Dans ce département, l'inquiétude sur des risques à incendie potentiels, il y en a eu il y a trois
02:45ans.
02:45Et aujourd'hui, toutes les communes rurales sont engagées dans le sujet pour se prémunir face au risque-là
02:50qui va aller croissant dans les années à venir sur le territoire français.
02:54Donc la Moselle, c'est à peu près 31% du département qui est boisé, qui est directement impacté.
03:00Surtout que la particularité des départements de l'Est français, du Grand Est,
03:05c'est que ce sont des forêts essentiellement publiques,
03:07puisque l'essentiel c'est de la forêt domanelle, de la forêt communale,
03:11et que la forêt privée est moins importante que ce que l'on a connu dans les Landes ou en
03:15Gironde.
03:15Avec une particularité aussi, c'est que nous ne sommes pas dans une forêt purement de production.
03:20Ce qui, à mon avis, est une façon de résister face aux changements climatiques et aux feux de forêt,
03:24c'est d'avoir des forêts à couvert continu avec des essences mélangées,
03:28comme c'est le cas aujourd'hui.
03:29Vous savez qu'il y a eu la crise sur les squalites et sur les résineux il y a quelques
03:31temps.
03:32Donc si on mélange les forêts avec du hêtre, du chêne, des résineux,
03:37peut-être que ça nous permet de nous prémunir face à la suite,
03:39mais l'inquiétude maintenant, ce n'est pas simplement celle-ci,
03:42c'est de savoir aussi quelles sont les essences qui demain vont s'adapter au climat
03:46qui est annoncé avec des risques que l'on a là aussi d'aller peut-être trop vite
03:51dans ce changement de l'apparence des essences qui seront choisies pour nos forêts.
03:55– Oui, la Gironde, ça peut paraître loin, c'est dans le sud,
03:57mais c'est vrai que ça concerne tout le monde aujourd'hui
03:58jusque dans ce que les sudistes appellent le nord de la France où nous sommes.
04:02Le changement climatique, on le vit déjà, on est en plein dedans évidemment.
04:05Les sécheresses, les fortes chaleurs, je le disais tout à l'heure, le risque d'incendie.
04:09Est-ce qu'on est en train de changer de réalité climatique vraiment dans les territoires ruraux ?
04:14– Bien sûr, je pense que d'abord il faut se dire qu'on a eu des périodes déjà de
04:18canicule
04:18et on s'est dit que c'était des passages et qu'en quelque sorte,
04:21on a été rappelé par la patrouille puisque, comme vous l'avez très bien dit dans votre introduction,
04:26au moment même où l'on parle de la question de l'eau,
04:28de la question des pratiques agricoles en vertu du changement climatique,
04:32eh bien on se fait rappeler alors, puisque dès le mois de juin on a eu des très fortes chaleurs
04:36avec une première vague de canicule et que l'été a été plus concerné
04:39par ces épisodes caniculaires qui se sont succédés que par des épisodes normaux
04:43avec les impacts que cela a eu sur ce que chacun a pu constater,
04:48les moissons qui se font de plus en plus tôt,
04:51nos sols, enfin en tout cas nos prairies qui sont totalement brûlées, cramées par la chaleur,
04:56le manque d'eau que l'on a constaté, les gens qui font du jardin qui ne peuvent plus en
04:58faire.
04:59Donc l'essentiel des territoires ruraux, et je rappelle que la Moselle est d'abord un territoire qui est rural,
05:03en particulier le Sud-Moselland, sont directement concernés par ces pratiques-là
05:05et je pense que ça va aller s'accentuer dans les années à venir.
05:08Cette espèce de rappel à l'ordre sur le changement climatique, il est terrible,
05:12d'autant plus que l'on sait que les réponses que l'on peut apporter
05:16ne seront pas que des réponses locales.
05:19La raison du réchauffement climatique à l'échelle planétaire, c'est bien sûr l'activité humaine
05:23et tant qu'on n'a pas réglé cette problématique de l'activité humaine qui cause le réchauffement climatique,
05:27on ne sera qu'à essayer de faire de l'adaptation, mais on ne sait pas jusqu'où ça peut
05:31aller
05:31puisque moi j'ai constaté aujourd'hui beaucoup de gens qui me disaient
05:34qu'ils préfèrent ne même plus aller en vacances en été, par exemple dans le Sud,
05:38parce qu'ils pensaient que c'est trop chaud et que finalement l'été n'est plus aussi agréable
05:41que ce fut le cas il y a quelques années encore.
05:44– Quand on a préparé cette émission, on m'avait dit quelque chose justement,
05:46c'est sécheresse, feu de forêt, agriculture et ce projet loi, tout est lié.
05:48– Oui.
05:50– Voilà, comment c'est lié tout ça ?
05:52– Écoutez, par exemple si je prends un exemple, enfin si je prends le cas de l'eau
05:57qui est à mon avis le sujet principal, on a moins d'eau,
06:02on a des problèmes de renouvellement des nappes phréatiques,
06:04l'agriculture a besoin d'eau.
06:07Une des réflexions qui est menée c'est d'essayer de stocker l'eau
06:10puisqu'on a des épisodes plus vieux qui sont beaucoup plus violents que par le passé,
06:13des trompes d'eau qui tombent en quantité importante.
06:15Il y a quelques jours, on a eu la tornade, notamment dans le sud de la France.
06:22Donc la question ce serait peut-être de retenir cette eau-là
06:24pour peut-être la redistribuer par la suite.
06:27Il y a aussi la question des retenues collinaires,
06:28on pourrait imaginer que dans les Vosges il y ait des retenues collinaires.
06:30Tout ça peut être mis sur la table, moi je n'ai pas de position particulière.
06:35Ce que je dis simplement, c'est attention à utiliser l'eau des nappes phréatiques
06:39pour l'agriculture, attention pour les retenues collinaires
06:41parce que ce ne sera pas le cas partout, attention aussi sur la pollution de l'eau
06:45puisque c'est un des sujets que l'on abordera notamment avec la question des pesticides
06:49et du partage de cette eau.
06:51On ne peut pas avoir une catégorie de la population
06:54qui en quelque sorte met la main sur la ressource au détriment des autres
06:57et que là aussi le sujet de l'eau, de la potabilité de l'eau
07:01est devenu un sujet d'inquiétude pour nos concitoyens.
07:03– Justement, la question c'est sur cette eau qui, évidemment on le sait,
07:07c'est déjà un point essentiel qui était dans le projet de loi
07:12puisque ça prévoit aussi de doubler les capacités de stockage d'eau
07:15à usage agricole d'ici à 2035.
07:17Quand l'eau manquera, finalement, qui sera prioritaire ?
07:20C'est ça la question, l'eau potable, l'agriculture, l'industrie, les incendies ?
07:25– Vous l'avez très bien dit, je crois que la Moselle l'illustre bien.
07:28On a une centrale nucléaire qui a besoin d'eau,
07:30qui puise de l'eau dans la Moselle.
07:32Je rappelle qu'elle a dû d'ailleurs fermer un des réacteurs pour cette raison-là.
07:36On a une agriculture quand même qui a elle aussi besoin d'eau
07:38avec des cultures qu'il faudra revoir, je pense à l'usage au maïs
07:42qui peut-être n'est plus tout à fait adopté à nos territoires.
07:44On a la question de, évidemment, l'eau potable, la potabilité de l'eau.
07:49Et je crois que dans ce cadre-là, et il y a aussi, on oublie de le dire,
07:53la régulation de l'eau sur le climat,
07:55puisque les grands espaces d'eau, je pense à l'étendue l'Inde,
07:59peut-être en Meuse sur la Madine, ont aussi une fonction qu'il faut préserver.
08:03Et donc on voit bien qu'il y a là des concurrences sur les usages d'eau.
08:08Et je pense que le premier sujet, c'est bien sûr pour la santé humaine.
08:11On ne peut pas demain accepter ou considérer que toute l'eau
08:14que l'on devra consommer ne sera que de l'eau en bouteille.
08:16On a une eau potable qui de base devrait être,
08:19enfin doit plutôt être une eau de qualité.
08:22Et je pense qu'on doit tout faire pour préserver cette eau de qualité
08:24pour la consommation de nos concitoyens lorsqu'ils ouvrent le robinet.
08:29– Alors juste rapidement, sur ce projet de loi, j'en parlais.
08:31L'idée de doubler les capacités de stockage d'eau à 2035, une bonne chose pour vous ?
08:36– Moi je pense que tout dépend où est-ce qu'on va la chercher.
08:39Je n'ai rien contre à ce que l'on retienne une partie de cette eau-là.
08:42Je pense que sur des retenues collines déjà existantes,
08:45qui avaient été oubliées, on peut imaginer de les remettre en ordre pour l'utiliser.
08:49Mais par contre je suis totalement opposé à puiser de l'eau potable
08:54pour créer par exemple des bassines.
08:55Et d'ailleurs de ce point de vue-là, comme c'est le cas notamment en Poitou-Charentes,
08:58où il y a eu la grosse polémique dans le marais Poitvin,
09:00on sait que dans ces territoires-là actuellement,
09:03là où les bassines existaient, l'eau s'est évaporée.
09:06Il y a quand même une question d'évaporation.
09:08Donc si c'est de puiser de l'eau dans les sous-sols pour créer des grandes réserves,
09:11je suis totalement opposé.
09:12Et je crains que de ce point de vue-là, on n'ait pas toujours l'objectivité nécessaire
09:17pour s'assurer d'utiliser le mieux possible cette eau.
09:20– Aujourd'hui, est-ce qu'on demande trop aux agriculteurs
09:24de s'adapter à ce changement climatique, mais sans forcément leur donner les moyens ?
09:29– Je pense que le monde agricole, malgré toutes les remarques que l'on peut formuler,
09:34s'est très largement adapté à la situation.
09:37L'agriculteur de base, il veut vivre de son travail,
09:40il veut vivre décemment de son travail,
09:41et il répond aux exigences qui sont celles de la société.
09:45Après-guerre, on a demandé à ce qu'il y ait une agriculture productiviste.
09:48Aujourd'hui, on demande à ce qu'il y ait une agriculture de qualité
09:49et qui, malgré tout, ne met pas en péril l'autonomie,
09:52la souveraineté alimentaire du pays.
09:54Et en fait, là encore, on a des contradictions
09:56parce que les choses ont changé, le climat a un impact.
10:00Donc dire que le monde agricole ne s'adapte pas,
10:02je crois que c'est tout à fait faux.
10:05Il s'adapte. Je pense qu'il faut accélérer cette adaptation
10:07et je pense qu'il faut mieux rémunérer cette adaptation nécessaire.
10:10Et de ce point de vue-là, je regrette personnellement
10:12que la politique agricole commune, qui quand même est un moyen du financement,
10:16ne soit pas adaptée aux nouvelles exigences agricoles du moment
10:19et qu'il faudra absolument que dans la prochaine négociation,
10:23ceux qui font des efforts pour avoir une agriculture de territoire,
10:26de proximité, qui assure la qualité, qui savent utiliser les eaux,
10:30qui essayent d'autres modes de culture,
10:33soient privilégiés par rapport à d'autres.
10:35– Ce que vous dites, c'est aujourd'hui, la bataille agricole,
10:38elle se joue davantage à Bruxelles qu'au Sénat ?
10:41– Je pense qu'il y a deux axes. Bien sûr, d'abord, le Parlement,
10:44lui, essaye, là encore, en vertu des pressions qui ont été faites
10:49d'apporter des réponses, mais je crois qu'il y a deux,
10:51effectivement, autres éléments stratégiques.
10:54Un, la question européenne, et l'autre, c'est aussi le renouement
10:57des générations, on n'en parle pas suffisamment,
10:58mais on ne peut pas avoir demain une concentration des terres,
11:01de l'exploitation agricole entre les mains de quelques agriculteurs
11:04qui deviendraient super puissants.
11:06Il faut refaire une agriculture de territoire dans nos villages.
11:08Moi, je sillonne le département et je ne suis attiré que de voir
11:12le nombre d'agriculteurs qui ferment leur exploitation sans repreneur.
11:16– En juillet, vous disiez que cette loi, c'était, je cite,
11:18« de l'agro-business qui imposait son libéralisme ».
11:21Pourtant, dans le même, c'était une vidéo Facebook, vous le silliez,
11:26pourtant, vous vouliez aussi de la productivité.
11:27Alors, comment on fait ?
11:28– Je pense qu'il n'y a pas d'opposition entre les deux
11:30et je pense que les deux doivent, d'une certaine façon,
11:33même tenter de coexiter.
11:35Le problème, c'est que ce texte de loi, à mon avis, a été dicté, en effet,
11:38par ceux qui souhaitent faire de l'agro-business.
11:41Et là encore, j'en appelle à ce que nous constatons.
11:47Le maïs, vous savez, la fonction même de l'utilisation du maïs
11:51n'est pas une absolue nécessité.
11:52Pourtant, on voit partout aujourd'hui des maïs qui souffrent.
11:55Donc, c'est aussi la preuve que, quelque part,
11:57le prix d'achat d'un certain nombre de ces éléments agricoles
12:03justifie des pratiques qui ne sont pas adoptées ni à nos sols,
12:06ni au climat actuel.
12:08Et je crois qu'il faut, de ce point de vue-là, retrouver de l'équilibre
12:10parce que la productivité, ce n'est pas elle qui commande tout.
12:14Si je prends un exemple, puisqu'on peut parler de l'acétamipride
12:16et de l'impact de l'usage des pesticides,
12:19quand on sait que l'usage ne fait varier ou améliore la productivité
12:24que d'aller 5%, souvent même en deçà,
12:27je crois que ce n'est pas une nécessité quand on voit l'impact
12:30que cela peut avoir par ailleurs.
12:31Et de ce point de vue-là, sans doute que le monde agricole,
12:35pour une partie de ces agriculteurs, doit s'interroger sur l'impact réel.
12:39– Alors, vous parliez justement des produits phytosanitaires,
12:41c'était un des points d'opposition.
12:43On vous a beaucoup vu sur le réseau, justement.
12:46On vous reçoit ce soir pour parler de cette loi d'urgence agricole
12:48qui a été votée cet été par le Parlement.
12:52Vous êtes le seul Mosellan à avoir voté contre.
12:55Pourquoi, selon vous, ce n'est pas une bonne loi ?
12:57– Parce que, d'abord, j'ai dû travailler avec,
13:02dans le cadre de l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques
13:05et technologiques, sur une note scientifique sur l'acétamipride
13:09et le retour de l'acétamipride.
13:10– Vous avez invité des scientifiques même ?
13:12– Tout à fait, nous avons invité des scientifiques.
13:15Depuis le 18 décembre, nous avons présenté cette note
13:18avec un collègue député Rassemblement nationale
13:20avec les conclusions qui nous allaient tous les deux très bien.
13:24Et puis, finalement, ça s'est mal passé
13:25puisque cette note n'a pas été, in fine, adoptée pour des raisons politiques
13:30parce qu'en gros, il heurtait le calendrier parlementaire
13:33sur ce projet de loi d'urgence agricole
13:34qui, au Sénat, souhaitait réintroduire l'acétamipride,
13:38ce qui n'était pas le cas, je le rappelle, à l'Assemblée nationale.
13:40Bon, pourquoi est-ce que je ne souhaite pas cette…
13:42D'abord, il faut rappeler que cette substance, par exemple,
13:46n'est pas utilisée dans l'agriculture française
13:48et qu'elle ne concerne que certaines filières,
13:51la noisette, la cerise, la pomme et les betteraves.
13:57De surcroît, quand j'ai interrogé l'interprofession sur la betterave,
14:00je l'évoquais un peu tout à l'heure,
14:02quand on regarde sur la production de l'année 2025 sur la betterave,
14:06elle n'a jamais été aussi importante qu'en 2025.
14:08Et que l'impact, puisque j'ai interrogé l'interprofession,
14:12on me dit, on me répond, ça améliore le rendement de 3%.
14:16Donc je constate quand même que de ce point de vue-là,
14:18le risque qu'il y a derrière ne justifie pas,
14:21et l'avantage ne justifie pas qu'on utilise l'acétamipride.
14:23L'acétamipride, dans les rapports et dans les scientifiques
14:26que nous avons reçus, a un impact sur la santé.
14:29Il a bien sûr un impact sur la biodiversité, sur les pollinisateurs,
14:32il est très agressif, mais il a aussi un impact sur la santé,
14:34notamment sur la santé des jeunes.
14:35On sait qu'il traverse la barrière placentaire.
14:39On sait aussi que les doses, la présence d'acétamipride
14:42dans l'eau souterraine, est de plus en plus importante.
14:46Et comme c'est une molécule créée ex nihilo,
14:48on ne sait pas la traiter aujourd'hui.
14:49On sait aussi que cette substance est présente
14:52par évapotranspiration dans les pluies.
14:54C'est-à-dire que même si l'acétamipride n'est pas utilisée en France,
14:57il pleut aujourd'hui avec de l'acétamipride dans l'eau.
15:00Donc tout ça a été documenté.
15:02Et tout ça, c'est documenté.
15:03Il y a 80 études qui ont été citées.
15:06La note, elle sortira à l'automne, puisque maintenant,
15:08comme le débat est passé et que la note doit, in fine, sortir,
15:11elle sortira sans doute à l'automne après le débat.
15:14Et ça, je le regrette, bien évidemment,
15:15parce que je pense que c'est une manœuvre politique qui a été souhaitée.
15:17Mais tout ça est documenté par des scientifiques du CNRS,
15:21par l'ANSES, par l'EFSA, qui a été d'ailleurs interrogé
15:25pour refaire une étude plus poussée en matière de santé humaine.
15:28Donc il y a de ce point de vue-là une crainte.
15:30Et la question que je pose, c'est qu'in fine,
15:32parce que je suis persuadé qu'in fine, cette substance sera malgré tout interdite,
15:35eh bien qu'est-ce qu'on fera quand on se rendra compte
15:37qu'il y a un impact sur la santé avéré et reconnu par tous ?
15:40Il y aura des responsabilités à chercher à ce moment-là.
15:41– Alors sur ce débat, la droite vous répond assez souvent
15:43que vous focalisez sur les produits, alors que le texte contient
15:47beaucoup d'autres mesures en faveur des agriculteurs.
15:51Est-ce que vous pensez que vous passez à côté un peu de cette loi,
15:54du reste de la loi en tout cas ?
15:55– Non, pas du tout. Dans le débat, on a voté tout ce qu'on jugeait
15:58effectivement plutôt positif. Avec mon groupe, on s'est opposé
16:02sur ces deux sujets qui sont celui de l'eau et celui de l'acide apébride.
16:06Mais je pense que quand on a une approche générale
16:09et qu'il y a un vote global sur un texte, il faut prendre l'ensemble des éléments
16:12et que quand on touche à la santé humaine, tel que c'est le cas ici
16:15et que c'est reconnu par toutes et tous, on ne peut pas jouer avec cela.
16:19Et puis moi, je ne peux pas porter la responsabilité de revenir dans mes territoires
16:21en disant, écoutez, tout va bien, on a réintroduit une substance
16:25dont tout le monde reconnaît qu'elle est toxique
16:26et qui n'a absolument, à mon avis, pas d'intérêt pour améliorer
16:29la productivité aujourd'hui. En France, ce n'est pas l'acide apébride
16:32qui va régler les problèmes aujourd'hui liés au changement climatique
16:35ou qui va permettre qu'on produise plus alors qu'on souffre de l'eau et de la chaleur.
16:39Donc voilà, c'est un ensemble de choses. Moi, je pense qu'on s'est passé
16:43de ces substances-là. En 2016, il y a eu un débat sur l'interdiction
16:46des néonicotines dans France qui a été introduite en 2017.
16:50Il n'y a pas eu un chamboule-tout, c'est-à-dire qu'on n'a pas une perte
16:54terrible
16:54de production. La perte de production de l'agriculture est d'abord due
16:58au changement climatique plutôt qu'aux substances qui sont utilisées
17:01pour améliorer soi-disant cette production.
17:04– Alors comment on améliore la productivité ?
17:06Où on place le curseur finalement entre la santé et la production des agriculteurs ?
17:10– Je pense que d'abord, le sujet, c'est de revenir aussi à un certain nombre
17:15de pratiques, comme je le disais tout à l'heure, qui sont des pratiques peut-être
17:19qui nécessitent moins d'eau, sans doute aussi de la recherche,
17:22qui permet d'améliorer la rentabilité avec de nouvelles semences.
17:27Je crois qu'il y a beaucoup de recherche en la matière.
17:30– Certaines productions ont moins besoin d'eau, il y a effectivement la façon
17:35dont on arrive à retenir de l'eau là où c'est possible pour améliorer
17:39là aussi la productivité. On revient aussi à une agriculture de territoire.
17:45Moi je pense beaucoup que la question de l'atteinte au sol en tant que tel,
17:51puisque c'est aussi un sujet, c'est-à-dire comment est-ce qu'on a rendu ces sols
17:55assez arides et secs. Donc toutes ces pratiques-là, elles doivent changer.
17:58Et je rappelle quand même que même l'agriculture biologique qui est touchée,
18:02à certains égards, a pu montrer qu'elle savait s'adapter et faire malgré tout
18:06de la production. Puisque je rappelle que dans les objectifs qui sont donnés
18:09par l'État d'usage de produits issus de l'agriculture biologique
18:12dans la restauration collective, on a mis des objectifs qui ne sont pour l'instant
18:16pas tenus mais que le monde agricole pourrait tenir si on le demandait.
18:19– Alors cette transition, elle a un coût. Qui paye l'État, les consommateurs,
18:25les agriculteurs ?
18:26– Je pense que de ce point de vue-là, il faudra véritablement l'aide de l'Europe.
18:31C'est ce que je disais tout à l'heure, c'est que dans la politique agricole commune,
18:35je pense qu'il faut valoriser tous ces agriculteurs qui changent de pratique,
18:38qui sont prêts à des transitions, qui sont prêts à travailler,
18:41à imaginer une autre agriculture demain, que l'on doit accompagner
18:44pour que ça soit une réussite.
18:46Ça devra passer, à mon avis, essentiellement par, en tout cas en phase de transition,
18:50peut-être après que les prix pourront permettre à ce que l'on régule les choses,
18:53mais en phase de transition, je pense que ça devra passer
18:54par des financements publics pour améliorer tout cela.
18:57– Alors sur ces produits phytosanitaires toxiques,
19:01comment on fait face finalement aux autres pays qui, eux,
19:03autorisent certains produits que nous, on interdit ?
19:07Est-ce qu'il y a une question aussi de souveraineté agricole derrière ça ?
19:10– Alors d'abord, c'est vrai que c'est un des arguments qui est beaucoup utilisé
19:14dans les débats politiques en disant que les autres pays l'autorisent,
19:17ce n'est pas tout à fait la réalité.
19:19Il y a beaucoup de ces produits-là qui ne sont pas autorisés dans d'autres pays.
19:23Chaque pays a sa stratégie localement.
19:25Je rappelle que c'est l'EFSA qui donne un avis,
19:29donc c'est un organisme européen qui donne un avis sur les produits phytosanitaires
19:32qui sont utilisés.
19:33Et chaque État a après la responsabilité dans le dosage
19:36et dans l'utilisation que de définir ce qu'il souhaite faire.
19:40Je prends un autre exemple dont il a été beaucoup question,
19:41c'est celle du cadmium, puisque nous on a encore des quantités de cadmium
19:45qui sont utilisées, qui sont beaucoup plus élevées que dans d'autres pays,
19:49alors que certains pays ont déjà divisé par 5, voire plus,
19:53l'usage du cadmium qui est présent dans les engrais.
19:55Donc c'est à mon avis un faux débat aujourd'hui.
19:59Et puis je le disais tout à l'heure, je le rappelle,
20:02la rentabilité liée à l'usage des produits phytosanitaires
20:06est plus à la marge que toute autre chose.
20:08J'évoquais tout à l'heure 5%, sur la betterave c'est même plutôt 3%.
20:12Donc ce n'est pas une question de rentabilité,
20:13c'est une question en quelque sorte d'assurance-vie.
20:18Certains agriculteurs pensent que finalement ça peut améliorer les choses,
20:21mais ce n'est pas nécessairement toujours le cas.
20:23– On va terminer aussi en prenant un peu de hauteur,
20:27en sortant un peu de ce sujet, même si on reste au Sénat.
20:29Vous êtes sénateur depuis 2023,
20:31les sénatoriales auront lieu le 27 septembre,
20:35mais la Moselle n'est pas concernée par ce renouvellement.
20:37Vous êtes sénateur de Moselle,
20:38vous êtes aussi membre du groupe socialiste au Sénat.
20:41La question elle est simple, quand les deux intérêts divergent,
20:44qu'est-ce qui prime ?
20:45La défense du département ou défendre la ligne politique nationale ?
20:49– Écoutez, moi j'ai toujours été très…
20:51pour moi ça a toujours été très clair,
20:53et systématiquement en faisant la tournée chez les maires,
20:57je pense que les sénateurs,
20:58et je parle là aussi des cinq sénateurs de Moselle,
21:00ont à cœur que d'aider d'abord les élus, les communes, les maires,
21:04qui font face à des difficultés de plus en plus importantes,
21:06là on parlait tout à l'heure de la canicule,
21:08moi je vois tous les maires qui aujourd'hui s'interrogent
21:10sur l'installation peut-être de climatiseurs dans les écoles,
21:13on sait les efforts qu'ils font, on est à leur côté,
21:15et je crois qu'on ne fait pas de politique politicienne
21:17quand on défend les maires et leurs intérêts dans les communes.
21:21Le débat là, il est par contre, à l'inverse,
21:23tout à fait important au Parlement.
21:26Et quant à moi, j'ai toujours su, jusqu'à présent,
21:29je ne me suis jamais senti en difficulté
21:31entre ce que je défendais localement
21:33et ce que j'essaie de défendre au Parlement.
21:36On a parlé de l'agriculture, c'est vrai,
21:38j'ai pris des positions qui sont des positions fortes,
21:41et j'y tiens, parce que franchement,
21:43c'est aussi pour moi, comment dirais-je,
21:46quelque chose de très personnel,
21:47comment est-ce que je me regarde dans la glace
21:48quand je sais l'impact que cela a sur la santé humaine.
21:52À l'inverse, sur un autre sujet,
21:53qui est celui de l'hydrogène natif,
21:56puisque c'est un des sujets qui va occuper,
21:58et je pense encore un peu l'automne,
21:59j'ai rendu, là aussi, notre scientifique
22:01il y a quelques semaines sur l'hydrogène natif,
22:04eh bien, je pense que la Moselle a un atout,
22:06une carte à jouer,
22:07et je serai très actif auprès des élus locaux,
22:09auprès du département et de la Française de l'énergie,
22:12par exemple, et d'autres entreprises
22:13que j'ai auditionnées pour permettre,
22:15en tout cas, de travailler ce sujet-là,
22:16de s'assurer de l'opportunité ou pas
22:18d'une énergie qui soit une énergie renouvelable.
22:20Donc, moi, je n'ai jamais eu de problème
22:21de ce point de vue-là,
22:22et je n'ai jamais eu à me cacher
22:23entre les positions que je prenais au Néon national
22:25et les positions que je défends localement,
22:27j'ai toujours été, voilà, prêt à l'assumer.
22:32– On le rappelle, le département
22:33qui est une terre des énergies,
22:34puisqu'il y a l'hydrogène dans notre sous-sol.
22:37– C'est une histoire,
22:37c'est une histoire du département à la Moselle
22:38liée à son histoire,
22:40qui est liée à l'énergie,
22:41ça a été le charbon,
22:41mon père a été mineur
22:43où il y a du bassin de Lorraine,
22:45c'est l'acide de l'énergie,
22:46et donc peut-être que demain,
22:47ça sera l'hydrogène,
22:48comme c'est aujourd'hui aussi le nucléaire
22:49avec 4 noms.
22:50– Et l'eau aussi, une ressource qui est sur notre territoire.
22:54La gauche, elle peut progresser au sénatoriel de septembre,
22:57c'est l'ambition ?
22:59– Bien sûr, c'est l'ambition,
23:00on a eu de nombreuses négociations,
23:03moi je fais partie aussi de la commission électorale
23:04pour le Parti socialiste,
23:06nous avons eu de nombreuses négociations
23:08avec nos partenaires,
23:09vous savez que la difficulté première de la gauche,
23:11peut-être plus que de la droite d'ailleurs,
23:13c'est de s'unir,
23:13c'est un débat qui nous occupe à compter de maintenant
23:15pour l'élection présidentielle,
23:17et c'est très difficile,
23:18parce que c'est aussi la culture de la gauche
23:19qui fait qu'il y a un tel morcellement,
23:21c'est le fait qu'on est aussi affaibli
23:22entre une gauche très radicale
23:24et une gauche peut-être plus sociale-démocrate,
23:27voire écologiste, ce que j'appelle de mes voeux,
23:29donc c'est très difficile,
23:31et je regrette pour ma part en effet
23:33qu'il y ait un certain nombre de divisions,
23:34y compris à gauche, pour ces élections sénatoriales.
23:36Ce que l'on sait, ce que l'on craint,
23:38et ce que l'on combat en quelque sorte,
23:40les uns et les autres,
23:41c'est d'éviter qu'il y ait un groupe
23:43du Rassemblement national au Sénat,
23:45je pense que c'est un des risques qu'il va y avoir,
23:46parce que le Sénat, même s'il y a un temps de retard,
23:49c'est quand même à l'image
23:50de ce qu'est le territoire français.
23:52Les élections municipales ont été plutôt bonnes
23:54pour le Rassemblement national,
23:56et donc il est fort à parier
23:57que des sénateurs du Rassemblement national
24:00fassent les sénatrices leur entrer dans la haute chambre,
24:03ce qui va peut-être poser un certain nombre de difficultés,
24:05de la même façon que d'autres groupes peuvent disparaître.
24:06Je sais que le groupe des macronistes,
24:08comme on les appelle,
24:09peut-être va avoir des difficultés à se maintenir au Sénat.
24:12– Michael Weber, vous avez fait le tour de la question avec nous,
24:14mais on n'a pas terminé, on va faire encore le tour du cadran.
24:17Une minute pour répondre par vrai ou faux
24:20aux affirmations que je vais vous donner.
24:23Alors juste vrai ou faux,
24:24je vous autorise éventuellement un ça dépend,
24:26comme un joker si vous le souhaitez.
24:29Le but c'est de répondre rapidement.
24:31Est-ce que vous êtes prêt ?
24:32– Je pense être prêt.
24:33– 60 secondes, c'est parti.
24:36– Les agriculteurs sont trop contrôlés.
24:39– Faux.
24:41– Il faut construire davantage de retenue d'eau.
24:45– Vrai.
24:46– La question agricole, c'est de droite.
24:49– Faux.
24:50– L'écologie est parfois trop punitive.
24:52– Vrai.
24:53– La France doit produire davantage elle-même.
24:57– Vrai.
24:58– Le changement climatique va transformer durablement
25:01l'agriculture mozélane.
25:02– Vrai.
25:02– Vous faites confiance au gouvernement
25:04pour sauver l'agriculture française.
25:06– Faux.
25:07– La politique agricole commune doit être préservée.
25:10– Vrai.
25:11– Il faut être optimiste sur l'avenir de l'agriculture française.
25:14– Vrai.
25:15– La gauche peut gagner la prochaine présidentielle.
25:18– Joker.
25:19– La gauche comprend mieux la ruralité que la droite.
25:22– Bonne question, mais je dirais vrai.
25:24– La société de consommation est une partie du problème.
25:27– Vrai.
25:28– Il faut produire plus, même si cela signifie
25:30utiliser davantage de produits phytosanitaires.
25:32– Faux.
25:33– Et vous pourriez être candidat à autre chose qu'au Sénat.
25:36– Bien sûr, vrai.
25:38– Merci beaucoup, Michael Weber.
25:40– Merci à vous.
25:40– Merci d'avoir fait le tour de la question avec nous.
25:42Reprise des travaux en séance publique pour vous,
25:44ce sera au Sénat le 1er octobre.
25:46– Tout à fait.
25:46– Et puis je le rappelle, cette loi d'urgence
25:49pour la protection et la souveraineté agricole
25:51a été promulguée le 18 août.
25:53Merci beaucoup, Michael Weber.
25:55– Merci à vous.
25:55– L'actualité politique continue dès maintenant sur Moselle.tv
25:58et très vite sur notre antenne.
25:59Bonne soirée sur Moselle TV.
26:00– C'est parti.
26:04– C'est parti.
26:05– C'est parti.
26:07– Sous-titrage Société Radio-Canada
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