00:00TVL a besoin de vous maintenant. Je sais que pour beaucoup d'entre vous, ma demande est synonyme de sacrifice.
00:06Et je vous remercie par avance pour le soutien que vous nous accorderez. Il n'y a pas de petits
00:10gestes.
00:10De notre côté, toutes les dépenses sont concentrées sur notre mission d'information.
00:15Au sein de TVL, nous n'avons ni milliardaires, ni millionnaires.
00:19TVL, ce n'est pas non plus le service public, je peux vous le dire. Personne ne se gave.
00:24Il n'y a pas de prétendu star chez TVL, il n'y a que des personnalités animées par la
00:29volonté de vous livrer une information libre.
00:31Et c'est uniquement notre indépendance totale qui nous permet cette liberté.
00:35Celle que vous avez appréciée pendant les Gilets jaunes et le Covid, celle qui vous ouvre les yeux sur l
00:39'actualité internationale.
00:40Parce que soyons clairs, si j'avais un oligarque derrière l'épaule pour souffler mes textes,
00:44si j'avais une puissance étrangère pour dicter les éléments de langage,
00:47un marchand de canons pour décrypter les guerres,
00:50ou des perfusions d'argent public à la gloire du pouvoir en place,
00:53je ne serais pas là à vous demander de l'aide.
00:56TVL a besoin de votre don car c'est la seule garantie d'une intégrité totale.
01:01C'est aussi pour ça que nos analyses sont confirmées par le réel.
01:04Elles ne sont pas biaisées par des intérêts privés.
01:06Et dans les mois à venir, l'information totalement indépendante, ce sera crucial.
01:12La voix de TVL sera capitale.
01:14Alors aidez-la à raisonner.
01:16Soutenez TVL maintenant.
01:43Bonjour à tous, je suis ravie de vous retrouver pour ce nouveau numéro
01:46du samedi politique où l'on va bien sûr s'intéresser aux nouveaux rebondissements internationaux.
01:52Alors les annonces de négociations avec l'Iran viennent-elles de sauver l'avenir politique de Donald Trump ?
01:58L'Iran va-t-elle vraiment sortir affaibli de cette affaire ?
02:02Le divorce entre Benjamin Netanyahou et Donald Trump est-il en train d'être consommé ?
02:07Le Liban, lui, va-t-il devenir le parent pauvre de cette affaire ?
02:10Nous allons voir tout ça dans un instant.
02:12Mais avant toute chose, n'oubliez pas de nous soutenir et bien sûr de cliquer sur le petit pouce en
02:17l'air,
02:17de relayer au maximum cette vidéo.
02:19A tout de suite.
02:30Et à mes côtés aujourd'hui, Régis Le Sommier. Bonjour monsieur.
02:33Bonjour Élise.
02:34Merci beaucoup d'être avec nous à nouveau.
02:35Vous êtes journaliste, grand reporter, directeur de la rédaction et cofondateur d'Omerta.
02:40Vous avez fait récemment deux séquences de reportages au Liban.
02:43Et surtout, le dernier numéro du magazine Omerta vient tout juste de paraître.
02:49Il parle de l'Occident dégénéré.
02:51Vous n'avez pas dû avoir du mal à le remplir ce numéro, j'imagine ?
02:53On n'a pas eu du mal, mais quand on voit l'ampleur de la dégénérescence,
02:57c'est là où on se dit qu'il y a un problème dans ce pays.
02:59Enfin, dans ce pays, en Europe.
03:02Oui, entre la pédophilie, l'affaire Epstein, Raphaël Arnaud, les antifas.
03:10La splande de Barbara Butch.
03:12Barbara Butch, qu'on a mis en couverture aussi.
03:15Les progressistes dans tous les sens.
03:16C'est sans doute pour attirer le challenge, je pense.
03:17Oui, c'est ça.
03:18On a essayé de faire un…
03:19C'était toujours, comme vous savez, quand j'étais à Paris Match,
03:21on disait, il faut toujours un personnage féminin en couverture.
03:25Bon, là, on a essayé.
03:26On verra si ça marche.
03:27Le choc des photos.
03:28Voilà, exactement.
03:30Toujours est-il qu'on peut retrouver ce dernier numéro, évidemment, sur le site web, bien sûr.
03:34On peut précommander sur le site web.
03:35On peut aussi…
03:36Il est en kiosque, 5000 points de vente en France.
03:38Dans tous les bons kiosques.
03:39Exactement.
03:39Et puis, je souligne aussi un numéro hors série sur l'Iran,
03:42qui est plus en lien avec l'émission qu'on va faire aujourd'hui.
03:44La faute de Trump, le bourbier de l'Amérique, lui aussi, est disponible en kiosque
03:49ou sur votre site en précommande.
03:51Alors, Régis Le Sommier, les 60 jours de négociations entre Washington et Téhéran
03:54sont déjà commencés.
03:55On l'a vu, aujourd'hui, Trump a-t-il, selon vous, repris une position favorable
04:00dans toute cette affaire, avec la réouverture et la reprise du commerce
04:04dans le détroit d'Hormuz, notamment.
04:06Mais c'est question de redevance qui reste en suspens.
04:08– Alors oui, en effet, détroit d'Hormuz, hier, 70 navires sont passés.
04:14C'est bien de donner quelques chiffres parce que, jusqu'à présent,
04:17ça passait au compte-gouttes, c'était 3 ou 4.
04:21À l'annonce de la réouverture, il y a eu 20, puis 30.
04:24Puis, il y a eu un coup de froid.
04:25Les Iraniens ont commencé à resserrer le nœud, en tout cas.
04:31Et puis là, hier, 70, il faut expliquer quand même à nos auditeurs
04:35que 70, c'est la moitié de la jauge ordinaire.
04:39On est autour de 140 dans les deux sens, en temps ordinaire.
04:43On n'est pas encore… Voilà, le trafic n'est pas encore revenu à la normale.
04:48Et donc, je pense qu'il va s'écouler quand même un petit moment
04:51avant qu'on retrouve une normalité sur les prix des hydrocarbures,
04:55puisque c'est quand même ça qui intéresse aussi ceux qui nous regardent.
04:58Et que, on va dire, la faute de Donald Trump, comme on l'a dit,
05:02en s'engageant dans cette guerre en Iran,
05:04a quand même des conséquences économiques colossales.
05:07Alors, est-ce que le même Donald Trump va s'en sortir ?
05:11Ce qui est quand même intéressant, c'est qu'on est rentré dans une phase
05:13où, à mon sens, quand on a vu dans le comté de Lucerne,
05:19à Birkenstock réuni, J.D. Vance, Steve Witkoff,
05:24Jared Kushner pour les Américains,
05:28Abbas Arachi, Mohamed Halibaf,
05:31et toute la délégation iranienne pour les Iraniens,
05:35le Premier ministre pakistanais qui était là,
05:38les émissaires qataris aussi, qui ont été très très actifs
05:41pour mettre sur les fonds baptismaux ce projet d'accord,
05:45puisque ça s'appelle un MOU, Memorandum of Understanding,
05:49c'est-à-dire donc projet de, comment,
05:51Memorandum de compréhension,
05:53ça veut dire qu'on n'est pas encore à l'accord,
05:55mais on est quand même sur des traces
05:56qui vont aller vers, à mon avis, un accord,
06:00parce que quand on arrive à réunir toute la diplomatie mondiale,
06:03celle qui compte pour ce...
06:04Évidemment, les Français sont un peu spectateurs,
06:07et les Européens en général,
06:09mais vous avez toutes les bonnes personnes au bon endroit.
06:13Donc je pense que pour ça, on est arrivé à, on va dire,
06:18une situation qui va se résoudre.
06:21Maintenant, votre question est de savoir,
06:22est-ce que pour Trump, ça lui permet de sortir de ce guépier ?
06:27Pas sûr.
06:28Mais en tout cas, ce qui est très intéressant,
06:31c'est qu'en mettant J.D.Vance à la tête des négociateurs,
06:34puisque c'est lui qui a vraiment le vent en poupe,
06:37tout le monde sait que c'est un anti-guerre,
06:39tout le monde sait qu'il a le soutien de la base MAGA,
06:42en tout cas, aujourd'hui, peut-être plus que Trump,
06:44et que reconnecter avec ceux qui l'ont élu
06:48est l'impératif premier pour Donald Trump.
06:51Et donc Donald Trump va, à mon avis,
06:54est quand même sorti de la zone de turbulence,
07:01dans le sens où il a réussi à faire porter le chapeau à Netanyahou,
07:04dont l'intransigeance au Liban permet finalement de dire
07:08voilà, le méchant c'est lui.
07:10Trump, lui, il est là, il veut être celui qui résout des problèmes,
07:14qui fait des deals,
07:16et arriver à masquer toute l'inconséquence de cette guerre absolument inutile
07:21qui a permis à l'Iran de ressortir en position de force
07:25et de devenir un acteur probablement principal,
07:28un acteur sur lequel il va falloir compter dans les années à venir.
07:31Alors ce que vous venez de dire, il me semble crucial,
07:33parce qu'effectivement, aujourd'hui, on travaille sur des accords
07:36dont l'objectif est finalement de revenir à la situation antérieure à la guerre.
07:41– Oui, c'est-à-dire que la guerre déclenche la fermeture du Détroit
07:45et on fait des accords pour obtenir la réouverture, en gros.
07:48Parce que quand on regarde dans l'histoire,
07:51les Américains arrivent, répètent en permanence que,
07:54oui, nucléaire, nucléaire, nucléaire.
07:56Enfin, les Iraniens ont dit, bon, on va résoudre tout ça
08:02en le promettant par écrit de ne jamais avoir l'arme atomique.
08:07Mais en dehors de ça, le stock de yellow cake, comme on dit en anglais,
08:12ou d'uranium enrichi à 60%, pour le moment, il n'est pas dans l'accord.
08:17Il était question qu'il soit exporté à l'extérieur de l'Iran.
08:21Ça revient de façon périodique, ces demandes américaines.
08:25Mais on sent que, pour Donald Trump,
08:28la réouverture du Détroit d'Hormuz était prioritaire.
08:32Elle est prioritaire et elle n'a pas de prix,
08:34puisque l'Iran se voit crédité d'un fonds de reconstruction
08:39d'un montant de 300 milliards de dollars.
08:43Déblocage de ces avoirs gelés à l'étranger, en particulier au Qatar,
08:47on est à 12 milliards dans un premier temps.
08:49Il y a déjà eu 3 milliards qui ont été versés par les Émirats arabes unis.
08:53Et on pourrait atteindre 50, voire peut-être plus,
08:56milliards de dollars d'avoir gelé.
08:59Donc, dans les caisses de l'Iran, vous avez dit avec le péage,
09:03est-ce qu'il va se maintenir ?
09:05Il semble que les Iraniens sont en train de prendre des mesures
09:09pour que ça soit le cas, notamment en faisant intervenir le sultanat d'Omane
09:13avec qui il partage les eaux territoriales de ce fameux Détroit.
09:16Et donc, il y aurait une sorte de co-gestion, ce qui fait que les Iraniens
09:21s'imaginent qu'ils vont pouvoir bénéficier de cette manne financière
09:25qui est conséquente aussi, puisqu'on est dans des proportions
09:29de 40, 50 milliards de dollars.
09:31C'est plus que le budget de l'État iranien.
09:34Donc là, encore une fois, l'Iran risque de ressortir très, très puissant
09:39de cette guerre qui a été totalement contre-productive.
09:42– Sur le plan diplomatique aussi, c'est très puissant justement,
09:45puisqu'on a vu les Iraniens, notamment en Suisse la semaine dernière,
09:51ne pas hésiter à faire pression sur les Américains,
09:54ne pas hésiter à menacer les Américains de quitter les négociations,
09:58refuser la poignée de main, comme on l'a vu là,
10:00je crois que c'était un dirigeant plutôt du Qatar,
10:03qui n'a pas voulu serrer la main à G.D. Vance.
10:06– Aujourd'hui, on a le sentiment quand même que sur la scène internationale,
10:09les États-Unis sont toujours très puissants, bien sûr,
10:12mais ils ne peuvent plus faire l'appui et le beau temps.
10:15– Je pense que cette guerre aura eu le mérite, je dirais,
10:19de résoudre qui fait quoi dans la région,
10:23et qui, si vous voulez, aujourd'hui on voit les choses,
10:28le spectre s'est éclairci, on dira,
10:31et la prédominance d'Israël ou la volonté d'Israël
10:36de dominer la région est une évidence.
10:39Maintenant, les pays qui étaient alliés,
10:42qui sont toujours alliés des États-Unis,
10:44pour certains d'Israël, comme les Émirats arabes unis et Bahreïn,
10:48ayant réouvert d'ailleurs des canaux diplomatiques avec Israël,
10:53grâce aux accords d'Abraham,
10:55tout ça a montré, cette guerre a montré,
10:58qu'en cas d'attaque ou en cas de menace,
11:01les États-Unis, qui pourtant s'étaient engagés
11:04à assurer la sécurité de ces pays,
11:06ont préféré assurer la sécurité d'Israël
11:09et se porter au secours,
11:11ou en tout cas appuyer l'attaque avec Israël.
11:14Ça donne quoi ?
11:15Ça donne qu'on va probablement assister
11:18à une reconstitution géostratégique de la région,
11:22c'est-à-dire que les gens, les Émirats,
11:25les Émirats resteront pour le moment
11:27dans le camp israélien, dans le camp américain,
11:29mais l'Arabie saoudite va sans doute prendre des mesures
11:33pour ne plus être dépendante uniquement des bases américaines.
11:36Ce qui est intéressant aussi, c'est que l'évolution de la guerre
11:39et la guerre telle que l'Iran l'a menée,
11:42oblige à des ajustements.
11:45Une base américaine telle qu'on la connaissait,
11:48époque Afghanistan-Irak,
11:55moi j'ai connu ces immenses bases
11:57que les Français d'ailleurs ont copiées en Afrique,
12:00à Gao, Menaka et autres,
12:02pour faire leur propre opération.
12:04Ces bases quasiment des villes d'un signe de puissance autrefois,
12:13aujourd'hui avec l'entrée des drones en jeu,
12:17elles sont devenues des endroits trop visibles,
12:21trop risqués à maintenir.
12:23Et donc il y a une idée de repenser la présence…
12:28– On est passé d'une forme de garantie de protection,
12:30en réalité en cible.
12:31– Exactement, et je pense que ça va être la même chose
12:33pour le porte-avions,
12:35dont l'intervention aujourd'hui a effectivement aidé
12:39les opérations de bombardement de l'Iran,
12:41mais qui ont eu maille à partir
12:44avec pas mal de drones lancés par l'Iran.
12:47Il n'y a pas eu de casse,
12:48mais encore que l'incendie à bord du Gérald Ford
12:53reste quand même assez mystérieux.
12:56Mais officiellement, c'est des marins
12:59qui auraient mis le feu à bord.
13:01– Ce n'est pas vraiment mieux d'ailleurs.
13:03– Oui, en raison peut-être aussi de la permanence à la mer
13:07bien trop longue de ce porte-avions
13:10qui a été présent plusieurs mois,
13:14sans revenir à quai,
13:16un peu comme à l'époque de la guerre du Vietnam.
13:18Et donc là, en tout cas, le porte-avions,
13:22là aussi, il y a des dangers supplémentaires.
13:26Et les leçons de cette guerre, c'est que nous continuons,
13:30quand je dis nous, je parle des Américains,
13:32mais enfin, globalement, l'Occident, on est dans le même panier.
13:37Nous continuons à mener des guerres du XXe siècle,
13:40alors que les BRICS, on va dire, si on met l'Iran,
13:45en tout cas l'Iran et puis ses proxys,
13:47mènent des guerres du XXIe siècle.
13:49Avec un rapport, une maîtrise totale de l'asymétrie,
13:54après avoir pensé, développé au fil des années,
13:58des moyens de riposte auxquels on ne s'attendait pas,
14:00les missiles balistiques, les drones.
14:03L'Iran, vous savez, travaille sur les drones depuis 1995.
14:07Je pense que le mot drone était inconnu
14:10des militaires français à l'époque.
14:12Aujourd'hui, on est en train de rattraper le train,
14:15on se demande, on fait venir des Ukrainiens
14:17pour qu'ils nous enseignent ce qu'ils savent.
14:21Ce qui est très intéressant aussi, c'est qu'il n'y a pas que nous
14:23qui prenons exemple sur les Ukrainiens,
14:25il y a aussi le Hezbollah, qui a adapté toute sa contre-attaque
14:30contre la présence d'Israël au Liban Sud
14:32en reprenant le modèle utilisé par les Ukrainiens
14:36contre les Russes, c'est-à-dire le drone à fibre optique,
14:40très peu coûteux, quasiment indétectable
14:44et qui aujourd'hui pose un vrai problème sécuritaire à Tzahal,
14:48c'est-à-dire que les soldats sont exposés,
14:49il n'y a pas vraiment de moyens pour de contre-mesures
14:52qui permettent de faire face à ce danger.
14:55Donc voilà, vous avez l'Iran qui développe un style de guerre,
15:00en plus une propagande inédite,
15:02on ne s'attendait pas à voir ces moqueries de l'administration Trump
15:06incarnées par des personnages légaux,
15:09et tout ça a été fait de façon très très simple.
15:12– Beaucoup de vidéos d'intelligence générées par l'IA.
15:14– Bien sûr, mais faites par essentiellement un groupe de hackers,
15:20de geeks iraniens qui s'appellent Explosive Media,
15:23que Téhéran au début de la guerre a mis dans une pièce,
15:27c'est-à-dire des Iraniens gavés de culture occidentale,
15:30de rap, etc.
15:31qui nous connaissent par cœur,
15:34qui fantasment sur l'Occident,
15:36parce que l'Iran est très ouvert à l'Occident.
15:39Les gardiens de la révolution les ont mis dans une pièce,
15:41ils leur ont demandé d'utiliser l'humour,
15:45ce qui est quand même assez incroyable.
15:46Et à ce titre, l'Iran a réussi merveilleusement
15:50à contrebalancer la propagande occidentale,
15:53qui elle, il faut bien le remarquer,
15:56quand vous avez les poussées de fièvre de Trump
15:59qui peut raconter n'importe quoi
16:01ou changer d'avis toutes les secondes.
16:04Son ministre de la Défense,
16:06vous le voyez, vous regardez les comptes rendus du Pentagone,
16:09les conférences de presse,
16:10vous aviez l'impression de vous retrouver
16:14avec Robert McNamara,
16:16ministre de la Défense américain,
16:19à l'époque de la guerre du Vietnam.
16:20C'était les mêmes mots,
16:22la même dialectique,
16:24expliquant que l'Amérique avait détruit tant d'objectifs,
16:28balancé tant de tonnes de bombes
16:30et qu'on était en train de gagner.
16:31Et Donald Trump continue à répéter
16:34que l'Iran n'a plus de marine,
16:36que l'Iran n'a plus d'aviation.
16:37Mais on a envie de dire à Donald Trump,
16:40arrête, l'Iran n'en a jamais eu vraiment,
16:43en dehors des vedettes des gardiens de la révolution,
16:47la marine iranienne,
16:48l'Iran n'a jamais investi dans les portes-avions.
16:51son aviation classique,
16:53elle a préféré mettre toutes ses billes
16:56dans le balistique et dans la recherche sur les missiles,
16:59avec des effets qu'on connaît aujourd'hui,
17:01plutôt que d'investir dans une aviation moderne,
17:04d'acheter des avions à l'étranger.
17:08Et l'Iran s'est contenté des vieux avions qu'elle avait.
17:11Donc détruire l'aviation et la marine iranienne
17:14n'a strictement aucun intérêt.
17:16– On voit quand même que Trump a perdu quelques plumes
17:19dans toute cette affaire.
17:20On a vu cette semaine un vote au Sénat qui a eu lieu
17:23avec quatre sénateurs républicains
17:25qui se sont joints au sénateur démocrate
17:28pour voter une motion qui n'aura pas énormément de conséquences,
17:33visiblement, mais qui sanctionne l'intervention américaine en Iran
17:39et qui la bloque.
17:39Je vous propose d'écouter le sénateur démocrate de New York,
17:43en l'occurrence Chuck Schumer.
17:45– À plusieurs reprises,
17:47la grande majorité des sénateurs républicains
17:50ont pris le parti de Donald Trump et de sa guerre
17:52plutôt que celui du peuple américain.
17:54C'est le peuple américain qui a payé le prix
17:56de l'erreur historique commise par Trump en Iran.
17:59Ça restera dans les livres d'histoire
18:01comme l'une des pires aventures de politique étrangère
18:04jamais entreprise par les États-Unis.
18:06– Alors le contexte est très particulier
18:15puisqu'on est bien sûr à six mois des élections de demi-mandat,
18:18un peu moins maintenant.
18:19Pour vous, les républicains,
18:21qui n'ont jamais soutenu tous en communion Donald Trump d'ailleurs,
18:26sont-ils encore plus fracturés qu'auparavant
18:29et vont-ils tenir jusqu'aux midterms ?
18:31– Je pense que la grande épreuve de vérité pour Donald Trump,
18:34c'est évidemment les midterms, rappelez quand même au départ
18:38que les midterms sont des élections en général difficiles
18:40pour le président sortant, qui a tendance à les perdre,
18:43quasiment tous, ce qui fait que la deuxième partie des deux,
18:47des quatre ans en fait, on dit que le président est un lame duck,
18:51c'est-à-dire qu'il peut, un canard boiteux,
18:53c'est-à-dire qu'il ne peut plus rien faire,
18:55plus passer de législation puisqu'il a soit le Sénat,
18:58soit la Chambre contre lui, voire les deux.
19:00Donc là, on va voir l'ampleur du désastre,
19:06peut-être que Donald Trump arrivera à transformer
19:10un effet moindre en victoire, parce qu'il est très fort là-dedans,
19:14en termes de communication.
19:15Là, c'est clair qu'il a laissé la patate chaude à Netanyahou
19:20pour sortir de l'orbite du cyclone.
19:25Et donc là, il va recomposer.
19:27On entendra en termes de communication, je pense,
19:30pendant les mois qui viennent, des explications sur le fait
19:33que Donald Trump a effectivement ordonné cette guerre.
19:37Il continuera à répéter que l'Iran est amoindri
19:39et qu'il a obtenu le meilleur deal possible.
19:41Mais il est possible que le deal ne soit pas complètement conclu
19:44au moment des mid-terms.
19:46Donc là, libre à Donald Trump de l'interpréter comme il voudra.
19:49– Parce que les 60 jours peuvent être reportés,
19:52il pourra ajouter 40 jours, d'ailleurs on l'a vu.
19:54– Oui, donc là, c'est très fluctué, ça va fluctuer, c'est très flou.
19:59Donc il pourra dire, j'ai gagné et les Iraniens me mangent dans la main,
20:03ce qui est en fait plutôt l'inverse.
20:05Mais donc il a eu son deal.
20:08Ensuite, je vous dis, il a vraiment remis J.D. Vance en orbite
20:14pour réparer la faute auprès de la base qui l'a élue.
20:17Vous savez, aux États-Unis, souvent, en termes de vote,
20:20on dit souvent que celui qui l'emporte, c'est celui qui arrive à sécuriser sa base
20:25et à faire qu'elle vote et qu'elle se déplace.
20:27Surtout dans des élections de mi-mandat.
20:29Les Américains ont tendance à ne pas voter.
20:31Et donc il y a énormément d'abstention.
20:34Et donc là, mobiliser sa base, c'est peut-être aussi la clé de la victoire,
20:38d'autant que cette base était assez large, il a été élu assez largement.
20:42Donc le calcul aujourd'hui, c'est d'expliquer qu'on a fait cette guerre, certes,
20:47mais qu'il y a eu des morts, pas beaucoup, qu'il n'y a pas eu de troupes au
20:51sol.
20:52Je vois, ça va être des arguments importants en termes intérieurs.
20:56Et que finalement, Donald Trump a tenu compte de l'avis du contribuable dans l'Ohio
21:02qui va à la pompe à essence, plus que de celui de M. Netanyahou,
21:06qui souhaitait poursuivre cette guerre.
21:08– Enfin, il a pris plus en considération le vote de l'électeur de l'Ohio
21:13pour sortir de la guerre, mais pas pour y aller.
21:16– Oui, il y est allé, mais il pourra dire, je vous ai compris,
21:22j'ai été à l'écoute, il fallait faire cette guerre,
21:25il trouvera tout un tas d'explications,
21:27ils allaient avoir l'arme atomique, etc., etc.
21:30Ce qui est faux, mais bon, parce que tous les experts…
21:33– Alors justement, faisons une parenthèse là-dessus,
21:34parce que cette affaire d'arme atomique, elle dure depuis belle lurette,
21:37puisque déjà pendant le premier mandat de Donald Trump,
21:40les Iraniens avaient signé le GCPOA.
21:43– Dans celui d'Obama, juste avant.
21:45– Oui, mais Trump en est sorti pendant son premier mandat, pardon.
21:48– Dès le début, oui.
21:48– Dès le départ.
21:50Concrètement, à l'époque, Donald Trump disait déjà
21:52que les Iraniens souhaitaient enrichir l'Uranium pour avoir la bombe atomique.
21:56Les Iraniens, eux, disaient déjà qu'ils ne voulaient pas le faire
21:58et qu'il y avait même une fatwa de Romaini qui l'empêchait.
22:03Bon, en fait, comme on n'a pas de preuves que globalement,
22:06les Iraniens accusent aussi les agents de l'AIEA d'être des taupes,
22:11ce qui est probable d'ailleurs au vu de ce à quoi on a assisté en juin 2025,
22:17en réalité, c'est un dialogue de sourds en fait, cette affaire du nucléaire.
22:20On ne saura jamais vraiment la vérité.
22:22Et c'est toujours un argument qui est brandi de part et d'autre
22:25pour soit valider une guerre, soit au contraire l'invalider.
22:27– Oui, alors il y a quand même quelques éléments concrets qui ont changé
22:31par rapport à cette époque de la fin, on va dire, de l'abandon
22:35par les États-Unis du traité de Vienne qui a été signé en 2015
22:41sous l'administration Obama et dont certains disent
22:45que c'est une vengeance de Donald Trump, c'est-à-dire le sabordage de ce traité,
22:50c'est une manière de dire…
22:51– Tout ce qu'a fait Obama, c'est pourri.
22:53Et ça, c'est une de ses obsessions, elle n'est pas à minimiser dans cette histoire.
22:58Néanmoins, les conséquences du départ du JCPOA de l'Amérique en 2020,
23:04ça a été que les Iraniens qu'on avait, on va dire,
23:09qu'on avait encapsulés sur un enrichissement
23:13à un petit peu en dessous de 4% de leur uranium
23:18pour être utilisés à des fins civiles, sont passés à 60%.
23:24Donc, on continuait à développer leur centrifugeuse
23:28à Natanz, à Fordo, dans les centres de recherche
23:31et ont enrichi 440 kg d'uranium à 60%.
23:35Ce qui n'est pas négligeable.
23:37Donc, on n'a pas besoin d'uranium à 60% pour être utilisé dans une centrale civile.
23:42Donc, clairement, là, il y a une indication que la fameuse fatwa de Roménie,
23:49réaffirmée par Ali Khamenei, qu'on ne veut pas de l'arme atomique,
23:53il y a quand même quelques gardiens de la Révolution qui se sont dit,
23:56au cas où, on va se rapprocher quand même de cette idée.
24:00Puis, regardons ce qui s'est passé autour.
24:02Le Pakistan, lui, quasi dans la clandestinité, a obtenu l'arme atomique.
24:06Maintenant, voilà, il est sanctuarisé.
24:08Et surtout, Kim Jong-une, pareil.
24:10– Et Israël ?
24:11– Et Israël.
24:12Donc, voilà, à partir du moment où on a l'arme,
24:15on sait qu'on ne sera pas détruit.
24:17Or, l'Iran, c'est toujours un doute.
24:20Donc, là, il peut se passer, mais revenons sur cette période,
24:24parce que le départ des Américains de l'accord
24:27pousse les Iraniens, enfin, en tout cas,
24:29fait que les...
24:29a pour conséquence que les Iraniens enrichissent à 60%,
24:33s'estiment libres, alors qu'avant, tout était bordé.
24:37Il y avait des caméras partout.
24:38On savait exactement quelle quantité, etc.
24:41Les ingénieurs de la IEA faisaient leur rapport.
24:45Bref, l'Iran jouait le jeu.
24:47L'Iran a joué le jeu.
24:49Donc, voilà.
24:51Donc, Trump a décidé d'en sortir.
24:55Maintenant, ça devient, effectivement, vous avez raison,
24:57une sorte de gimmick qu'on ressort, comme ça,
25:01quand on veut agiter les menaces.
25:03C'est le fameux « two weeks away ».
25:05Ils sont à deux semaines d'obtenir la bombe atomique.
25:10« They are two weeks away from the bomb ».
25:12Ça, c'est ce qu'on répète.
25:14Sauf que, je crois que quelqu'un avait retrouvé des déclarations
25:17de Netanyahou d'il y a cinq ans,
25:19où il nous disait qu'ils étaient déjà à deux semaines
25:21d'obtenir la bombe atomique.
25:23Donc, ça fait long.
25:25Mais, ça a été une arme brandie, oui, par Netanyahou,
25:29reprise par Trump, sous pression des néoconservateurs, sans doute,
25:33parce que je pense que Donald Trump n'aime pas les Iraniens.
25:36Donald Trump aimerait les soumettre,
25:39aimerait surtout prendre possession du pétrole iranien
25:42pour pouvoir commercer avec la Chine.
25:44Ça, c'était aussi un de ses buts de guerre.
25:46Comme il avait réussi le Venezuela
25:48et qu'il avait mis main basse sur les réserves au Venezuela,
25:51et là, il s'est dit que le Venezuela, c'était 10% des importations
25:56de Chine de pétrole.
25:57L'Iran, c'est 15%.
25:58Si j'additionne les deux, je commence à embêter Xi Jinping,
26:02qui lui possède…
26:02D'ailleurs, les Chinois n'étaient pas ravis du blocage d'Hormuz.
26:05Mais les Chinois ont joué le jeu,
26:07c'est-à-dire qu'ils ont fait en sorte,
26:09ayant pompé pas mal de pétrole avant cette opération,
26:14ayant pas mal de réserves,
26:15qu'il y ait une quantité suffisante de pétrole
26:18qui soit sur les marchés,
26:20pour que le prix ne dépasse pas les 110 dollars
26:24et ne monte pas à 150, 200.
26:27Ça, c'est une sorte de cadeau qu'ont fait les Chinois à Donald Trump.
26:30À mon avis, ça s'est dilé quand Trump est venu en Chine,
26:35a fait sa visite officielle.
26:36Et le corollaire de ça, c'est…
26:39Oui, OK, on répare un peu ou on atténue
26:43dans le but qu'on obtienne un accord.
26:47Et nous, le moment voulu, on fera pression sur les Iraniens.
26:52C'est les Chinois qui sont derrière, c'est les Chinois qui maîtrisent,
26:55c'est eux qui décident.
26:57Là, aujourd'hui, le pétrole sort du détroit d'Hormuz.
27:00Quand il y a un coup de chaud dans les discussions,
27:03des insultes ou des choses comme ça,
27:05les Iraniens resserrent le nœud, mais pas pour leur navire.
27:09Leurs navires continuent à exporter et à destination de la Chine.
27:14Donc, l'idée, c'était de réparer ça
27:16et de faire en sorte que les Chinois ne soient pas pénalisés.
27:20Ensuite, il y a eu aussi l'impact sur les marchés pétroliers,
27:23l'impact sur les marchés alimentaires, la question des engrais,
27:27la question du lithium.
27:27Dont une partie n'est pas encore mesurable aujourd'hui, d'ailleurs.
27:30Non, non, parce qu'il y a eu des manques de pesticides,
27:34notamment, qui étaient importés depuis le Qatar,
27:39au moment de la, on va dire, même pour les États-Unis,
27:42au moment de la floraison du maïs.
27:46Il y avait des besoins qui n'ont pas été comblés
27:50à cause de la question du détroit d'Hormuz.
27:52Donc, il y a peut-être aussi une crise alimentaire sous-jacente.
27:56La question des plastiques, enfin, il y a plein de minéraux.
28:00Il y a plein de produits qui transitaient par le détroit d'Hormuz
28:02qui n'ont pas pu être exportés.
28:04Donc, tout ça, c'est des conséquences qu'on va mesurer petit à petit.
28:07Mais le principal, c'était le pétrole.
28:11Faire en sorte aussi que les économies du Golfe restent à flot.
28:16L'Arabie saoudite et les Émirats ont ponctionné énormément
28:19pour maintenir, en particulier l'Arabie,
28:23qui envoyait dans son pipeline Est-Ouest
28:26près de 8 millions de barils par jour
28:29pour compenser le blocage d'Hormuz.
28:31– Et soit dit, en passant, on voit que les Iraniens n'ont pas empêché ça.
28:34– Non, ils n'ont pas empêché ça, mais c'était leur dernière carte.
28:36– C'était un peu aussi…
28:36– Ça fait partie des cartes…
28:38Regardez, quand il y a eu le cessez-le-feu le 8 avril,
28:42il y a eu des reprises d'hostilité au moins à deux reprises.
28:45Et à une des reprises, les Iraniens ont bombardé qui ?
28:48– Les Émirats, pas l'Arabie saoudite, pas le Qatar, pas Bahreïn,
28:52uniquement les Émirats et ou aux Émirats, au terminal pétrolier,
28:56notamment celui qui permet d'évacuer le pétrole directement en mer d'Omane
29:01sans passer par Hormuz.
29:02– Bien sûr.
29:02– Petit signal de dire, voilà, nous on peut tout casser si vous voulez,
29:06si vous continuez, on va tout casser.
29:07Et ça, je pense que Donald Trump en a pris conscience assez rapidement,
29:11la fragilité des bases, la fragilité des économies de la région,
29:15le fait que condamner ces économies, c'était mettre un terme
29:20à la souveraineté du pétrodollar.
29:24Donald Trump aussi a à peu près sauvé le pétrodollar,
29:27et en sauvrant le pétrodollar, il sauve le dollar par rapport aux yens
29:32et aux monnaies des pays émergents.
29:34Parce que ça aussi, c'est un des objectifs, notamment de Poutine et de Xi Jinping,
29:38c'est de limiter l'empreinte du dollar qui est évidemment à la source
29:42de la puissance américaine dans le monde.
29:44– Je vous propose de revoir une série d'interventions de dirigeants officiels
29:50au fil de ces négociations qui ont commencé depuis quelques semaines.
29:54On va regarder, et puis comme ça, on va continuer sur ce sujet.
29:57– Il s'agit sans doute de la question la plus importante du protocole,
30:04l'annonce de l'arrêt immédiat et permanent de la guerre sur tous les fronts,
30:09y compris au Liban.
30:18– Le plus important, c'est que nous avons sauvé l'État d'Israël
30:23de la menace d'une destruction nucléaire, car il faut bien comprendre que l'Iran
30:27se précipitait vers l'arme nucléaire et s'empressait d'enterrer son industrie nucléaire
30:31et balistique profondément sous terre.
30:33Nous avons établi des zones de sécurité étendues autour de l'État d'Israël,
30:36nous l'avons fait à Gaza, au Liban et en Syrie, où, soit dit en passant,
30:40nous avons détruit toutes les armes de l'armée d'Assad,
30:42qui constituait un maillon central de l'axe du mal.
30:45Et je tiens à le dire clairement, nous resterons dans ces zones de sécurité
30:49aussi longtemps qu'il le faudra pour protéger notre pays.
30:52– Je pense qu'Israël pourrait faire mieux.
30:59Je ne dis pas qu'il ne devrait pas se protéger du Hezbollah.
31:01Je dis que quand deux drones sont abattus et tombent dans le désert,
31:05ils n'avaient pas à démolir des bâtiments à Beyrouth.
31:08Ils pourraient se comporter mieux.
31:10– Donald Trump est le seul chef d'État dans le monde entier
31:18qui est bienveillant envers la nation d'Israël en ce moment précis
31:21et il se trouve être le chef d'État de la superpuissance mondiale.
31:25Si j'étais au sein du gouvernement israélien,
31:28je ne m'attaquerais peut-être pas au seul allié puissant
31:30qui me reste n'importe où dans le monde entier.
31:32Au cours des trois derniers mois,
31:34deux tiers des armes défensives qui ont protégé votre patrie
31:38ont été fabriquées par des mains américaines
31:41et payées par des dollars d'impôts américains.
31:43Le problème pour Israël n'est pas Donald Trump
31:47et quiconque en Israël pense que son plus gros problème
31:50est le président des États-Unis doit se réveiller
31:52et sentir la réalité de la situation dans laquelle se trouve ce pays.
32:04– Dans cette séquence, on voit bien que le Liban a une importance
32:07capitale dans la suite des événements.
32:09On voit aussi que, que ce soit Donald Trump ou J.D. Vance,
32:14il y a quand même des remontrances qui sont faites très nettement
32:16à Benjamin Netanyahou et on va dire que ce couple se distante.
32:21– Oui, une des conséquences de cette guerre en Iran,
32:25ça a été effectivement, on va dire, une prise nette de distance
32:32des États-Unis par rapport à Israël, tant en termes des objectifs militaires
32:36que finalement, on est aussi sur un…
32:41On paye, Israël paye des conséquences, paye actuellement les conséquences
32:45de ces guerres qui, jusqu'à présent, n'ont pas été…
32:49Les États-Unis n'avaient pas freiné pour qu'ils les fassent.
32:52L'opération à Gaza, la guerre contre le Hezbollah l'an dernier,
32:57l'opération à Syrie, après la chute d'Assad, etc.
33:02Mais on est dans un moment où les États-Unis disent à Israël,
33:08mettent des limites à Israël.
33:09Et ça, c'est pas arrivé, le discours, la tonalité utilisée par J.D. Vance
33:13pendant ces derniers jours, on n'avait jamais vu un vice-président américain
33:20parler à un Premier ministre israélien de la sorte depuis Ronald Reagan.
33:26Jusqu'à présent, c'était l'entente cordiale.
33:29Là, J.D. Vance est même allé plus loin que ses remontrances
33:33en expliquant que, bon, sous-entendu, c'est des armes américaines.
33:38Ça veut dire que si vous continuez, on peut ne plus vous les envoyer.
33:42C'est un peu ça le message.
33:43Et l'autre message, c'est de dire, voilà, vous ne pouvez pas critiquer le président Trump.
33:49C'est votre meilleur allié.
33:51Et J.D. Vance a dit à Israël, nous sommes peut-être le seul pays,
33:54votre dernier allié au monde.
33:56Donc ça aussi, et Donald Trump, de son côté, a dit à Benjamin Netanyahou,
34:01tu vas te retrouver seul dans ta guerre avec l'Iran.
34:04Donc ça, c'est des mots qui marquent, qui montrent une rupture,
34:08rupture qui n'est pas faite non plus sans arrière-pensée,
34:11parce que les Républicains, ce que disent les sondages aux États-Unis,
34:16c'est que l'opinion favorable qu'avait une majorité des Américains
34:20envers Israël, est en train de changer.
34:24Aujourd'hui, il n'y a plus une majorité d'Américains favorables à Israël.
34:28Et c'est plus simplement le camp démocrate.
34:31On se rend compte que Charlie Kerr, que Tucker Carlson,
34:35qu'une partie des ténors du MAGA, sont très réticents vis-à-vis d'Israël.
34:40Même ceux qui ont fait ces sessions, comme Marjorie Taylor Greene,
34:44qui ont eu des mots très durs dans le fait que Donald Trump se soit engagé aux côtés d'Israël.
34:49Et là, se posent une question, parce que ce qui est intéressant,
34:54c'est qu'il y a un écho de ça au sein de la société israélienne.
34:58Par exemple, l'opposition s'en est saisi.
35:03Yair Lapide, qui est le principal adversaire de Benjamin Netanyahou,
35:07qui peut-être sera son successeur comme Premier ministre,
35:10encore qu'il y en a d'autres,
35:14mais s'il y a un renversement, Lapide est un des successeurs possibles.
35:21Lapide explique que Benjamin Netanyahou, justement,
35:24n'a pas pris conscience de cette dégradation de l'opinion d'Israël
35:28et que c'est une faute magistrale, c'est peut-être la pire des conséquences pour Israël
35:34de ne plus avoir ce soutien de l'opinion américaine.
35:39Ça veut dire qu'il y a une...
35:42Et Lapide disait, justement, précisément,
35:45que Netanyahou ne pouvait ignorer qu'en cas de blocage du détroit d'Hormuz,
35:49c'est finalement l'opinion du contribuable américain
35:52qui finirait par l'emporter auprès de Donald Trump.
35:55Et ils disent, ne pas avoir envisagé ça, c'est une erreur notoire.
36:00Ensuite, il y a eu tous les plans sur la comète entre le Mossad
36:05qui vendait une révolte en interne qui n'a jamais eu lieu
36:08ou une attaque des Kurdes irakiens et un soulèvement des Kurdes iraniens
36:13qui viendraient compliquer la tâche des IRGC
36:17et provoquer la chute du pouvoir en Iran.
36:20Tout ça, ça a été proposé par...
36:21Ça fait partie du plan Netanyahou, proposé à J.D. Evans
36:25et à Donald Trump le 11 février dernier à la Maison-Blanche.
36:30J.D. Evans n'était pas là à ce moment-là.
36:32Il était en...
36:33Après, sur la Situation Room, là.
36:35Quand il est revenu, il a dit clairement qu'il n'était que ce plan-là.
36:39Rien ne disait que...
36:40Rien ne pouvait laisser penser que ça se déroulerait comme ça.
36:44Et ça ne s'est pas déroulé comme ça.
36:46Donc là, voilà, aujourd'hui, on est dans une situation
36:49où Netanyahou tient bon, on va dire, mais son opération au Liban-Sud est de plus en plus critiquée.
36:58Auprès de son opinion, il y a une radicalisation de la société israélienne post-7 octobre notoire.
37:05Ce qui fait que Netanyahou apparaît comme celui qui a vengé le 7 octobre.
37:10Mais il y a quand même des signes en interne qui disent, attention, là, on a dégradé nos relations avec
37:17les Etats-Unis.
37:19On ne sait pas où on va au Liban.
37:21Il y a de plus en plus de morts.
37:23Comme je l'ai expliqué tout à l'heure, le Hezbollah, à lui, par contre, a bien appris ses leçons
37:27de la guerre en Ukraine et les applique.
37:30Il démontre une flexibilité sur le terrain inédite, une résistance inédite,
37:35qui aussi était prévisible, parce que, prenez l'histoire israélienne contemporaine,
37:41depuis l'invasion du Liban-Sud en 1982, il y a eu, 78 puis 82,
37:48il y a eu une succession d'opérations au Liban-Sud.
37:53Entre 82 et l'an 2000, le Hezbollah est né de l'occupation israélienne
37:59et des exactions de l'armée du Sud-Liban en particulier,
38:03du ressentiment que la population chiite pouvait avoir contre cette occupation d'Israël et de ses alliés chrétiens,
38:10et que le Hezbollah, aujourd'hui, évolue dans le même environnement,
38:15avec Israël désigné de plus en plus comme l'adversaire.
38:18C'est-à-dire qu'au début de la guerre, quand on était à peu près à la fin, début
38:23mars,
38:23beaucoup de Libanais se disaient, le Hezbollah nous entraîne à nouveau dans la guerre,
38:28c'est lui qui déclenche l'opération, mais très vite,
38:33au vu de l'ampleur des frappes israéliennes, notamment sur Dariye, sur le sud de Beyrouth,
38:40et dans l'ensemble du pays, une partie de la population dit,
38:44bon, ben voilà, la nuisance causée par les frappes israéliennes,
38:49et par l'occupation et par l'opération lancée au Sud,
38:53qui pénalise tout le monde, chiites comme chrétiens, comme sunnites,
38:57ben on a les Libanais qui se retrouvent et qui se disent,
38:59ben finalement c'est le Hezbollah qui nous défend,
39:01voilà, parce que l'armée libanaise n'est pas capable de se défendre,
39:05elle est trop faible, donc qui fait le boulot, en fait,
39:08qui fait la résistance, c'est le Hezbollah,
39:12et d'ailleurs les chiites au Liban n'appellent pas le Hezbollah par son nom,
39:19ils l'appellent la résistance.
39:20Et là, le Hezbollah continue à mener des opérations
39:24dans des zones qui est son territoire.
39:27Et comment, finalement, expliquer que les Israéliens refassent
39:34à nouveau la même guerre, qui va se terminer par un retrait,
39:37et le retrait va renforcer à nouveau le Hezbollah,
39:40c'est ce qui est en train de se passer,
39:42au détriment de l'armée libanaise, au détriment de la souveraineté du Liban,
39:46le Hezbollah reste quand même,
39:48pour avoir, vous évoquiez les documentaires que j'ai faits dans la région récemment,
39:53j'étais quand même très surpris par,
39:57en pénétrant sur les territoires du Hezbollah, donc au sud,
40:00pour aller apporter l'aide humanitaire avec SOS Chrétien d'Orient
40:05au village chrétien, par l'ampleur de la mort de Ramenei.
40:11Il y a des affiches partout, avec Ramenei, avec Moshtaba Ramenei,
40:16on a l'impression parfois d'être en Iran, quoi.
40:19Or, c'est le Hezbollah, et ce sont des Libanais.
40:21Et donc, voilà, donc là, clairement, on n'est pas à un moment
40:26où l'Iran va abandonner le Hezbollah, on le voit bien sur le terrain,
40:30on le voit bien dans les propos, puisque l'Iran met le Liban en tête
40:34et menace de se retirer des négociations,
40:37voire de frapper Israël si la question du Liban n'est pas réglée.
40:43Et le désarmement du Hezbollah, mais ça reste quand même ultra illusoire.
40:47On a vu que les Américains ont compris que ça serait compliqué,
40:50donc on est passé à la phase, ce que j'appelle professeur Nimbus,
40:56ou la phase Frankenstein, c'est-à-dire,
40:58quand les Américains commencent à imaginer des choses,
41:02vous aviez par exemple, au moment de l'émergence de Daesh,
41:05David Petrébus, qui est un très grand intellectuel et militaire américain,
41:10mais qui avait eu cette idée saugrenue d'armer Al-Qaïda contre Daesh.
41:13En général, ça se termine très très mal, ce genre de choses.
41:17Et là, en l'occurrence, c'est Marco Rubio qui a accouché d'une idée
41:20d'armer certains bataillons de l'armée libanaise,
41:26sous-entendu les moins en prise avec des éléments chiites,
41:30pour désarmer le Hezbollah, avec des formateurs américains, etc.
41:38– Ça s'appelle une guerre civile.
41:38– Voilà, en gros, vous avez l'entrée…
41:40Mais les Américains, vous le savez, c'est toujours le problème du pays
41:43qui mène des guerres, alors que ces guerres-là ne touchent pas
41:47ou très peu sur le territoire.
41:48– Bien sûr, bien sûr.
41:48– Donc, ils voient les choses de très loin, en disant,
41:51on va… voilà, les…
41:53Et ils ont toujours, et ça, ça les pénalise énormément,
41:56c'est-à-dire qu'ils ont toujours cette vision condescendante
41:58que l'Occident va amener la solution,
42:01que l'Occident va amener la paix, va amener la construction,
42:04va amener la prospérité.
42:05Et partant de là, ils s'imaginent que celui qui est en face est inférieur,
42:10il est forcément plus bête, forcément…
42:11– L'âge de pierre.
42:12– Voilà.
42:13On l'a fait avec Saddam Hussein, bah oui, ils ont cassé l'Irak.
42:16On l'a fait avec les talibans, bon, ils ont fini par remettre les talibans.
42:19Et là, ils se sont tombés face à un os, c'est l'Iran.
42:22On s'est rendu compte que, bon, à la tête, il y avait des gens
42:25qui étaient des exégètes de Kant et d'autres choses,
42:31et qui maîtrisaient parfaitement leurs sujets,
42:34et qui ont vraiment, vraiment posé beaucoup de problèmes aux Américains.
42:38– Alors, on voit que cette question du Liban est loin d'être réglée.
42:41On voit que la pression américaine sur le Premier ministre israélien
42:45ne semble pas suffire.
42:46Et je voudrais à présent qu'on écoute le ministre israélien de la Défense.
42:49Israël Katz, qui évoque justement avec un journaliste cette question.
42:53– Tsaal se tient près sur la ligne jaune et nous ne reculerons pas.
42:57Nous avons annoncé qu'en aucun cas nous nous retirerons.
43:00Et pour le moment, il y a une victoire politique,
43:03mais il n'y a pas de demande américaine faite à Israël de quitter le Liban.
43:07– Il n'y a pas eu de demande de ce type ?
43:09– Il n'y a pas de demande américaine à Israël de se retirer du Liban.
43:13De toute façon, nous ne nous retirerons pas.
43:15– Même s'il y a une demande américaine, vous ne quitterez pas le sud Liban ?
43:19– On l'a clairement dit le Premier ministre au Président.
43:21Moi, à Pitexet, le ministre de la guerre,
43:24Tsaal protège les résidents du Nord.
43:31– Bon, dans l'esprit israélien, ça semble assez clair.
43:35Ils ne se retireront pas du Liban.
43:36– Oui, alors après, c'est le ministre de la Défense qui dit ça.
43:43Après, il y a des clauses qui apparaissent,
43:46il y a des conséquences, on va dire, des injonctions de Donald Trump
43:51à Benjamin Netanyahou.
43:53Moi, quand j'étais au Liban, c'était l'arrêt des frappes,
43:56c'était il y a à peu près un mois,
43:57c'était l'arrêt des frappes sur le sud de Beyrouth.
43:59Et les Israéliens se sont conformés par un cas
44:03où ils ont tenté d'assassiner un leader,
44:07un commandant d'Eridouane, qui est la force d'élite du Hezbollah,
44:12au Liban Sud.
44:13En dehors de ça, il n'y a pas eu de frappe à nouveau.
44:14Donc, j'ai quand même tendance à penser
44:17que si les Américains vraiment mettent la pression,
44:20Israël…
44:21Alors, reste la question, effectivement,
44:23on ne se retirera pas.
44:24Est-ce qu'on ne se retirera pas de la zone des 15 kilomètres
44:27qu'on appelle la fameuse ligne jaune ?
44:30Parce qu'actuellement, Israël mène des opérations
44:32sur les collines d'Altaer, par exemple,
44:35au nord de Nabatillé,
44:37qui ne sont pas dans cette ligne jaune.
44:39Opérations d'ailleurs extrêmement coûteuses
44:41en vie humaine pour les Israéliens.
44:43Il y a des infiltrations qui tentent d'infiltrer
44:45des positions extrêmement bien défendues par le Hezbollah,
44:48qui possèdent quantité de tunnels dans ces endroits-là.
44:50Et ce sont des endroits très contrastés
44:52en termes de terrain très difficile,
44:54dans lesquels il est très difficile d'évoluer.
44:56Et donc, Israël subit des pertes.
44:58Mais ce type d'opération-là, il est clair qu'à mon avis,
45:02si les Américains vraiment mettent la pression,
45:04ça va cesser.
45:05Ensuite, Israël, pour ce qu'on pourra toujours dire…
45:08L'idée, c'est de garder la face.
45:09– Est-ce qu'on n'est pas un peu dans un jeu de dupe ?
45:11Parce qu'on avait entendu aussi des pressions sur Israël
45:14lorsque la crise humanitaire explosait à Gaza,
45:18que des frappes étaient moonnées aussi
45:20sur des zones précisément humanitaires,
45:23sur des camps de réfugiés.
45:26Bon, concrètement, Israël ne cède pas vraiment aux pressions
45:28et poursuit son chemin de, vous l'avez dit,
45:31de vengeance pour Benjamin Netanyahou après le 7 octobre.
45:36On a le sentiment que globalement,
45:38les États-Unis font pression sur le plan médiatique.
45:41– Mais comme J.D. Vence l'a rappelé,
45:43comme vous l'avez rappelé,
45:44les armes continuent d'aller jusqu'en Israël.
45:46– Oui, mais évoquer ces armes,
45:48ça veut dire se réserver la possibilité, vous savez…
45:51– Ce serait du jamais vu.
45:53– Comment Joe Biden avait menacé,
45:57je ne sais pas s'il a mis exactement ses menaces à exécution,
46:00mais au moment de Gaza, de retirer certains missiles,
46:04ou en tout cas d'arrêter des commandes de missiles
46:09qui étaient destinées justement à l'armée israélienne.
46:13Les États-Unis ont toutes les clés pour arrêter ça, s'ils veulent.
46:16– On est bien d'accord.
46:17– Voilà, c'est juste une question de volonté et une question de…
46:21– Voilà, donc je pense que ça rentrera, à mon sens,
46:26ça va rentrer dans le… ça va se solutionner,
46:32parce que précisément les enjeux sont tels au niveau d'Hormuz,
46:37au niveau de l'économie mondiale, au niveau de la finance mondiale,
46:44les États-Unis ne peuvent pas se permettre une récession, etc.
46:47Et donc, ça ne peut pas… Israël ne peut pas être le facteur
46:51qui va continuer à entraîner Donald Trump à ses côtés dans la guerre.
46:57Et les propos de Vance sont très intéressants pour ça.
47:01C'est la première fois qu'on entendait tel propos,
47:03c'est la première fois qu'il y a vraiment un président américain comme Trump
47:07qui rend public la conversation qu'il a eue avec Netanyahou,
47:11qu'il a quand même insulté, qu'il a quand même…
47:14– Voilà, c'était quand même une conversation
47:17qui mettait vraiment les points sur les i, quoi.
47:22Et est-ce que maintenant, il y a beaucoup de communication,
47:24vous avez raison, autour de ça, et peu d'action,
47:28mais on sent quand même que là, les Américains ne sont pas prêts,
47:33parce qu'en plus, il y a la pression iranienne.
47:35Parce que les Iraniens, finalement, ragaillardis par cette guerre,
47:38se disent, le Liban, pour nous, ne sera jamais une variable d'ajustement.
47:44On ne va pas sacrifier notre proxy parce qu'on a les moyens
47:48de ne pas le sacrifier, parce qu'on n'a plus suffisamment de cartes.
47:51Parce que, voilà, Donald Trump aime bien jouer en…
47:55enfin, aime bien parler en joueur de poker,
47:59en disant, vous n'avez pas de cartes.
48:01Là, en l'occurrence, si.
48:03L'Iran a des cartes, et peut-être même des cartes supérieures
48:07à celles des Américains.
48:08– On voit quand même que dans toute cette affaire,
48:10finalement, qui aurait pu être évité, puisque les résultats
48:13et les objectifs qui n'ont pas été énoncés par Donald Trump
48:15n'ont vraisemblablement pas été atteints.
48:18On voit que toute cette affaire a plutôt été négative pour Donald Trump,
48:22qui cherche à reconquérir sa base aujourd'hui,
48:24et très négative pour l'image de l'Occident et des États-Unis,
48:28de l'hégémonie américaine.
48:30– Ça s'intègre bien, finalement, dans ce nouveau numéro d'Omerta,
48:34l'Occident dégénéré ?
48:35– Oui, si vous voulez, oui, tout à fait.
48:38Mais encore que, c'est, on va dire, l'Occident dégénéré,
48:44on peut quand même voir du positif chez Trump.
48:47Moi, j'insiste là-dessus, parce que l'action de Trump,
48:52en raison de la guerre en Iran, effectivement, a terni son image
48:55et l'a remis un petit peu dans la catégorie des présidents précédents,
48:59c'est-à-dire des présidents américains qui déclenchent des guerres ingagnables,
49:03qui coûtent des centaines de milliards de dollars
49:05et qui laissent des populations, voire qui provoquent des exodes.
49:12Le chiffre est absolument hallucinant.
49:14Depuis le 11 septembre, donc, les attentats du World Trade Center,
49:21le monde a connu, en raison des guerres américaines qui ont suivi,
49:2638 millions de déplacés, 38 millions.
49:29Donc, ça, c'est quoi ?
49:30Ça veut dire que ça fait des vagues migratoires,
49:33et les vagues migratoires, elles vont où ? Elles vont en Europe.
49:35Donc, il y a un effet dans les guerres américaines,
49:39et Donald Trump a semblé s'aligner avec ça
49:43quand il a déclenché cette guerre en Iran,
49:45où on s'est dit, oh là là, il va y avoir des troupes au sol,
49:47ça va durer des années.
49:49Ce n'est pas ce qui s'est produit, il a été suffisamment intelligent
49:51pour retirer, on va dire, pour ne pas s'aventurer
49:54dans le même type de guerre que ses prédécesseurs.
49:57Et en revanche, sur le plan intérieur,
50:00et même sur le plan international,
50:02l'idéologie woke, il l'a combattue jusqu'à ce qu'elle soit aujourd'hui
50:06très très contestée.
50:08À l'époque de Joe Biden, c'était l'inverse.
50:10Là, aujourd'hui, Donald Trump, en interne,
50:12et pour ce qui est de l'Occident dégénéré,
50:14a fait quand même un travail
50:16pour remettre l'église au milieu du village,
50:19au propre comme au figuré,
50:20et dire, attendez, ça ne va pas bien.
50:23– Il n'a pas de Barbara Butch, lui.
50:24– Non, il n'a pas de Barbara Butch,
50:26mais il a quand même des spécimens,
50:27il a quand même encore des tentatives de résistance.
50:30Mais on ne peut pas dire qu'aujourd'hui,
50:33en dépit de toutes les critiques
50:34qui essuient Donald Trump,
50:36il y ait vraiment un leader en mesure
50:38d'incarner une contre-culture de l'autre côté.
50:41Or, à l'époque de Biden,
50:43on était vraiment dans des Gavin Newsom
50:45et des gens comme ça,
50:46qui étaient des ultra-progressifs,
50:48des progressistes qui avaient le vent en poupe,
50:51et on entendait des choses quand même
50:52très très dérangeantes.
50:53Donald Trump a quand même eu l'avantage
50:56d'arrêter toutes ces délires.
50:59Le problème, c'est que la France
51:01n'a pas suivi nécessairement Trump,
51:04que le gouvernement Macron…
51:05– Comme quoi, les tendances viennent des États-Unis,
51:06mais pas tout le temps.
51:07– Exactement, ça vient des États-Unis,
51:09mais parfois les États-Unis disent…
51:11– Ça ne repart pas.
51:11– Voilà, vous savez, c'est la question du balancier
51:14qui va souvent très à gauche ou très à droite,
51:16mais qui revient à un moment au centre.
51:18En France, non, on est reparti sur des idées.
51:20Ces idéologies, d'ailleurs, viennent de penseurs français,
51:24Derrida, Foucault, etc.,
51:25qui, importés aux États-Unis,
51:27ont donné cette matière
51:28qui a donné naissance à la culture woke.
51:33Donc, là, ces problèmes dont on parle en France
51:38sont encore d'actualité chez nous,
51:40parce qu'ils ont encore voix aux chapitres.
51:42Ils ont encore voix aux chapitres aux États-Unis,
51:43mais ils sont sévèrement combattus.
51:45Ici, beaucoup moins, c'est plus…
51:46Voilà, on a vu de mémoire la cérémonie des Jeux Olympiques
51:52qui a quand même choqué la planète entière.
51:54On s'est dit, comment la France en est arrivée là ?
51:56Et ce n'est pas fini,
51:57parce que la fameuse Barbara Butch, on l'a vu,
51:59est allée donner des spectacles dans des églises.
52:02Des catholiques qui priaient devant
52:05pour conjurer le mal qui se passait à l'intérieur
52:07ont été arrêtés.
52:0848 heures de garde à vue.
52:09Voilà.
52:10Il y a des priorités en France.
52:12Oui, voilà, on n'est pas capable de…
52:14Les parents de l'IANA sauront apprécier ce genre de priorité, d'ailleurs.
52:17C'est ça, ou les racailles qu'on laisse massacrer des jeunes.
52:22Enfin, bref.
52:24Donc, on n'a pas compris, nous.
52:26Nous, on est toujours dans…
52:27D'où l'intérêt de ce numéro,
52:29parce que quand vous faites la synthèse
52:32de tous ces progressismes, entre guillemets,
52:36on se dit, vraiment, on marche sur la tête.
52:40On n'est pas au top, comme on dit.
52:41Je vous remercie beaucoup, Régis Le Sommier.
52:43Je vous rappelle donc, chers amis,
52:44vous pouvez retrouver le dernier numéro d'Omerta
52:47en kiosque ou sur le site.
52:48Vous pouvez retrouver plein de signatures,
52:50le colonel Augard, Marion Sigaud,
52:52Alexandre Delval, l'abbé Raffray et plein d'autres.
52:55J'espère que cette émission vous a plu.
52:58J'espère, bien sûr, qu'on pourra se retrouver la semaine prochaine.
53:00Je vous concocte quelque chose qui ne devrait pas vous déplaire.
53:03Vous devez normalement avoir une petite idée
53:04si vous étiez fidèle la semaine dernière.
53:06En attendant, je vous souhaite, bien sûr,
53:08de bien vous porter jusque-là.
53:09Et je vous donne rendez-vous la semaine prochaine.
53:11A bientôt.
53:12– Sous-titrage ST' 501
53:29– Sous-titrage ST' 501
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