- il y a 3 mois
Pour ce nouvel épisode de Chocs du monde, le magazine des crises et de la prospective internationales de TVL, Edouard Chanot reçoit l'avocat franco-iranien Baki Manèche.
60 jours. Et même 58 désormais, pour que la deuxième phase des négociations entre Washington et Téhéran se concrétise. La feuille de route a été confirmée avec notamment une cellule de « déconfliction » pour le Liban, un canal de communication pour le détroit d'Ormuz et une levée progressive des sanctions américaines pour l'Iran.
Mais rien n’est garanti : les Iraniens refusent toujours d’apparaître aux côtés des Américains, la poignée de mains irano-américaine n’a pas encore eu lieu. De son côté, Donald reste Trump, c'est-à-dire pour le moins erratique, tandis que Benjamin Netanyahou reste en embuscade.
L'Iran sortira-t-il encore grandi de ce bras de fer ? L'enjeu est considérable : une nouvelle architecture sécuritaire... et financière régionale.
60 jours. Et même 58 désormais, pour que la deuxième phase des négociations entre Washington et Téhéran se concrétise. La feuille de route a été confirmée avec notamment une cellule de « déconfliction » pour le Liban, un canal de communication pour le détroit d'Ormuz et une levée progressive des sanctions américaines pour l'Iran.
Mais rien n’est garanti : les Iraniens refusent toujours d’apparaître aux côtés des Américains, la poignée de mains irano-américaine n’a pas encore eu lieu. De son côté, Donald reste Trump, c'est-à-dire pour le moins erratique, tandis que Benjamin Netanyahou reste en embuscade.
L'Iran sortira-t-il encore grandi de ce bras de fer ? L'enjeu est considérable : une nouvelle architecture sécuritaire... et financière régionale.
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00:00Avec son million d'abonnés sur YouTube et ses dizaines de millions de vues mensuelles sur tous les supports,
00:05TVL n'est pas simplement devenu le média alternatif incontournable.
00:09Nous sommes aussi la première cible du système.
00:12L'objectif est simple désormais, nous faire disparaître.
00:16L'an dernier, les attaques ont pris une ampleur sans précédent, avec la fermeture de nos comptes bancaires sans raison.
00:22A la clé, je vous l'ai déjà dit, des pertes de plus de 440 000 euros.
00:26Et malgré votre mobilisation, ce coup a sévèrement frappé TVL, je ne vais pas vous le cacher.
00:32Mais au prix de concessions, d'une gestion en bon père de famille, nous avons pu continuer à mener notre
00:38mission première, vous informer.
00:40Nous avons aussi décidé de riposter.
00:43Aussi nous poursuivons en justice les banques et tous les acteurs de ce mauvais coup.
00:47Et la procédure a déjà donné lieu à des irrégularités dignes d'une république bananière par exemple.
00:52Une des parties a tout simplement été prévenue d'une perquisition avant même qu'elle ne soit menée.
00:58Rendons alors l'opération sans intérêt.
01:00Des fuites concertées, des complicités, des mensonges.
01:03Le tableau qui se dessine face à nous n'a rien à envier à une organisation mafieuse.
01:07Et c'est la raison pour laquelle nous avons décidé de mener ce combat sans reculer.
01:12Nous vous le devons.
01:13Mais nous avons aussi un besoin impérieux de votre soutien et de votre aide financière.
01:18Car la perspective de 2027 rend la mission de TVL cruciale.
01:23Notre indépendance totale, exempte de pression d'actionnaires, de milliardaires, de publicitaires ou de puissances étrangères,
01:28nous permet de n'avoir de compte à rendre qu'à vous et vous seuls.
01:32La contrepartie de ce modèle unique, c'est qu'il ne repose que sur vous.
01:36L'avenir de TVL est donc maintenant entre vos mains.
01:39Faites un don et choisissez une information vérifiée, sérieuse et vraiment libre pour aiguiser votre opinion.
01:45Je compte sur vous dès à présent.
02:16Bonjour à tous et bienvenue dans Choc du Monde,
02:18le magazine des crises et de la prospective internationale de TVL 60 jours et même 58 désormais
02:25pour que la deuxième phase des négociations entre Washington et Téhéran se concrétise.
02:30Mais les aspérités sont encore nombreuses.
02:33Rien n'est garanti.
02:34La poignée de main irano-américaine n'a toujours pas eu lieu.
02:38Les Iraniens refusent d'apparaître aux côtés des Américains.
02:41Et du côté de Donald Trump, bien sûr, Donald reste Trump, c'est-à-dire pour le moins erratique.
02:49Et Netanyahou, lui aussi, de son côté, reste en embuscade.
02:53Alors nous allons en parler et nous allons en parler avec Maître Bakimanej, avocat franco-iranien.
02:58Bakimanej, bonjour.
02:58Bonjour, merci de recevoir.
03:00Merci beaucoup d'avoir répondu présent à l'appel de Choc du Monde.
03:04Autant plus que vous étiez dans la zone encore récemment.
03:07Vous étiez à Beyrouth il y a quelques semaines.
03:09Vous étiez aussi à Istanbul un peu plus largement.
03:11Et nous allons en parler justement de cette ambiance générale.
03:15Mais d'abord, avant cela, évidemment, les évolutions diplomatiques.
03:19Les négociations ont eu lieu il y a 48 heures à Lucerne, en Suisse.
03:23Et une feuille de route, donc, de 60 jours a été confirmée, je le disais,
03:26avec une cellule de déconfliction, comme on dit, au Liban.
03:30Et un canal de communication dans le détroit d'Hormuz qui, rappelons-le, soulignons-le, est sous contrôle iranien.
03:36Tout cela ne s'est pas fait facilement.
03:38Mohamed Bagher-Ghalibaf, président du Parlement iranien, et aussi l'un des négociateurs,
03:43a évoqué les propos de Trump advenus durant ces négociations.
03:46C'est un point important, ça peut sembler diplomatique, anecdotique, symbolique,
03:50mais quand même, je vous propose de l'écouter.
03:58Au milieu des discussions, j'ai appris que Trump avait fait des remarques menaçantes
04:02concernant notre président, l'équipe de négociations et d'éventuelles attaques sur notre territoire.
04:07J'ai dit avance, nous sommes ici pour des discussions,
04:09et selon l'accord signé, la première clause stipule qu'il ne doit y avoir ni menace ni coercition.
04:15Pourtant, aujourd'hui votre président a lancé des menaces.
04:18Sachez que nous ne négocions jamais sous la menace ou la pression.
04:21Nous avons mis fin aux négociations.
04:22Nous sommes sortis de la réunion et nous n'y sommes pas retournés.
04:25La partie américaine a cherché à organiser une autre réunion par l'intermédiaire des médiateurs,
04:30mais nous avons refusé.
04:31Les médiateurs qataris et pakistanais sont ensuite venus nous voir,
04:35et nous leur avons dit que nous parlerions avec eux,
04:37mais pas directement avec la partie américaine.
05:03Les médiateurs qataris et pakistanais sont venus nous voir,
05:08et nous avons dit qu'il n'y a pas d'éventu et qu'il n'y a pas d
05:08'éventu et qu'il n'y a pas d'éventu et qu'il n'y a pas d'éventu.
05:08L'association houleuse ou l'optimisme désormais affiché par Téhéran, selon vous ?
05:14Un peu des deux, bien entendu.
05:17Pourquoi ? Parce qu'on reste dans le schéma qui est imposé par Trump,
05:23à savoir d'un côté on négocie, mais de l'autre côté on continue à mettre la pression,
05:28à travers les médias, à travers les réseaux sociaux.
05:32Mais c'est une posture.
05:34Il faut plutôt voir la position d'Araichi et surtout regarder les actes.
05:42Tout de suite après ces négociations de dimanche, jusqu'à tard dans la nuit,
05:48hier, lundi, le directeur de l'OFAC a signé...
05:52L'OFAC, c'est-à-dire, pour les auditeurs ?
05:53L'OFAC, c'est l'organisme de contrôle qui régule et contrôle les sanctions américaines, en fait.
06:04Et donc, l'OFAC, le directeur de l'OFAC, hier, a signé, ce qu'on appelle dans leurs termes un
06:12waiver,
06:12une suspension des sanctions sur le pétrole et la pétrochimie iranienne
06:19pendant le temps accordé dans le MOU de la négociation, pour arriver à un accord final.
06:25Étant donné qu'il y a eu quelques balbutiements et que les négociations n'ont pas commencé vendredi,
06:31mais dimanche, dimanche 21,
06:34et qu'ils sont arrivés à des premiers accords assez importants dès dimanche,
06:40Eh bien, hier, nous avons vu un exécutif, pardon, une directive de l'OFAC
06:51qui permet de suspendre les sanctions américaines sur le pétrole et la pétrochimie iranienne
06:59jusqu'au 21 août, signé du 21 juin.
07:03Donc, on peut considérer que les vrais 60 jours ont commencé à partir de dimanche 21.
07:09Donc, un premier effet ?
07:11Oui, oui, un effet très positif pour l'économie iranienne
07:15et, je dirais, une belle victoire pour le gouvernement iranien
07:20qui a obtenu.
07:23Mais, il ne faut pas, je dirais, écouter ceux qui vous disent
07:27que l'Iran a gagné ou a tout obtenu.
07:30Non, l'Iran a dû faire des concessions également.
07:33Ah, justement, je voulais vous lancer là-dessus, bien sûr, Bakir Manesh.
07:37Selon Vance, hier 22 juin, l'Iran aurait accepté d'inviter les inspecteurs
07:41de l'autorité, enfin, de l'AIEA, de l'autorité énergique nucléaire,
07:46de retour dans le pays.
07:48Mais l'info a été démentie par l'Iran,
07:50qui indique que tout engagement sur le nucléaire
07:52dépend de l'application des points intermédiaires que vous évoquez à l'instant,
07:56notamment l'allègement des sanctions et la libération
07:58de 2 fois 6 milliards d'actifs iraniens gelés.
08:01L'Iran est-il aussi en train de gagner la partie sur le nucléaire
08:04ou seriez-vous sur le point de modérer ce point-là ?
08:08Sur le nucléaire, c'est bien, je dirais, aujourd'hui,
08:11le seul sujet sur lequel les Iraniens sont prêts
08:16à lâcher la partie qui inquiète le plus l'Amérique et l'Occident,
08:22à savoir démontrer qu'il ne s'agit pas d'un programme militaire
08:27et, comme ça a été demandé à plusieurs reprises par Donald Trump
08:30et confirmé par les Iraniens,
08:33qu'ils ne cherchent pas et ne chercheront pas à acquérir la bombe nucléaire.
08:40D'accord ?
08:41Donc, ça, c'est extrêmement important.
08:43C'est pour ça que j'insiste.
08:45Vance n'est pas parti les mains vite.
08:47Vance a commencé à obtenir des éléments très positifs,
08:54essentiellement sur le programme nucléaire iranien.
08:57Et donc, j'ai plutôt, sur ce coup-là, tendance à croire Jed Evans,
09:01qui a eu probablement des garanties que les inspecteurs pourront rapidement,
09:07probablement des signatures d'un accord, s'il y a,
09:11se rendre en Iran pour, premièrement, contrôler les installations
09:16qui ont été endommagées.
09:18Deuxièmement, rechercher et mettre la main sur les 400 et quelques kilos
09:24d'uranium enrichi à plus de 60%.
09:28Et, bien sûr, contrôler la dilution,
09:30puisque très probablement, là aussi,
09:32les Iraniens ont peut-être gagné par rapport aux Américains,
09:36c'est qu'il n'y aura pas d'expédition de ces 440 kilos, je crois,
09:42d'uranium enrichi à l'extérieur de l'Iran,
09:44mais très probablement, une dilution sur place,
09:47sous contrôle de l'agence atomique.
09:50Donc, encore une fois, il ne faut pas forcément écouter
09:55ceux qui ont intérêt à faire dérailler cet accord.
10:00Je crois que Evans n'est pas parti les mains vides.
10:03Alors, certains ont quand même intérêt, dites-vous, à le faire dérailler.
10:08Alors, il y a certains, et c'est normal,
10:10ce sont ceux qui s'opposent à tout accord avec l'Iran, très bien,
10:16mais il y a surtout ceux qui sont de vrais décisionnaires
10:20et qui ont une vraie capacité à faire dérailler des choses.
10:23Et là, bien entendu, ce n'est pas un secret,
10:25c'est le gouvernement de Netanyahou
10:27qui fera tout jusqu'à la dernière seconde,
10:31voire même après,
10:33pour faire dérailler.
10:35On l'a vu déjà au moment de la négociation du MOU,
10:39de sa signature,
10:41et même, vous l'avez souligné, il y a encore quelques jours,
10:43avec, malheureusement, au milieu,
10:46le Liban qui souffre,
10:47puisque c'est devenu le terrain
10:49qui peut faire dérailler, justement,
10:52les négociations avec les Iraniens,
10:54puisque les Iraniens ont insisté,
10:57et obtenu là aussi,
10:58que le Liban soit partie intégrante
11:00du MOU et de l'accord.
11:04Alors, aux Etats-Unis,
11:05on a beaucoup parlé de fiascos,
11:07de débâcles pour Donald Trump.
11:09La guerre était, bon, objectivement assez impopulaire,
11:12dans l'opinion.
11:12Les sondages montaient jusqu'à 60%,
11:1565% en défaveur de cette guerre, concrètement.
11:19Et puis, bien sûr, du côté israélien,
11:22eh bien, les choses sont aussi assez critiques.
11:25Selon un sondage de l'Université hébraïque de Jérusalem,
11:28paru le 20 juin,
11:3092% des Israéliens
11:32estiment que l'Iran est sorti vainqueur
11:34de ce récent conflit
11:35et de l'accord négocié par les Etats-Unis.
11:37Mais vous évoquez J.D. Vance,
11:39qui, évidemment, marche sur des oeufs,
11:40qui est sur une ligne de crête,
11:42mais le vice-président américain
11:43a une toute autre vision,
11:45qui n'est pas sans intérêt.
11:46Et d'ailleurs, vous le soulignez à l'instant.
11:48Je vous propose d'écouter J.D. Vance,
11:50qui a déclaré certaines choses hier.
11:55Nous avons aussi parlé aux Libanais hier.
11:58Nous essayons en permanence de tenir nos partenaires régionaux informés.
12:02Ce n'est pas un accord que les Etats-Unis imposent à la région,
12:05c'est un accord que la région a désespérément demandé aux Etats-Unis de mettre en place.
12:10Bien sûr, les titres se sont surtout focalisés sur les négociations entre les Etats-Unis et l'Iran,
12:14mais cette région est un vrai panier de crabes depuis très longtemps.
12:18Ce que le président nous a demandé de faire,
12:21c'est de poser les bases,
12:22de voir si nous pouvons obtenir une paix durable.
12:25Si cela ne marche pas,
12:26le président des Etats-Unis dispose encore de nombreuses options
12:29pour garantir les objectifs de sécurité de l'Amérique.
12:40En fait, ce que l'on peut comprendre entre les lignes,
12:43c'est la volonté américaine d'une véritable architecture des sécurités régionales.
12:49Vous pensez qu'on avance vers cette architecture de sécurité régionales ?
12:53Vous pensez que c'est possible, Maki Manesh ?
12:55Possible, oui.
12:57Est-ce que ça va se réaliser ?
12:59On le verra assez rapidement.
13:03La réalité est que cette guerre,
13:06je dirais presque improvisée contre l'Iran,
13:10a permis de démontrer
13:13que l'Iran s'était bien préparé
13:17pendant, je dirais,
13:20presque 30 ans,
13:21tout de suite après la guerre Iran-Irak,
13:24s'était préparé à ce scénario
13:26et plutôt de manière très sérieuse et très méthodique.
13:31On a vu le résultat,
13:33puisque ce que recherchait avant tout
13:36le gouvernement israélien
13:38qui a embarqué le gouvernement américain dans cette guerre,
13:42c'était la chute du régime.
13:44Bien sûr,
13:46détruire les installations nucléaires,
13:47c'est un élément très important
13:50pour la sécurité d'Israël
13:51et dans leur politique vis-à-vis de l'Iran.
13:54Mais, on le sait très bien,
13:57la volonté maximale d'Israël,
14:01c'était de renverser le régime.
14:04Et, alors, selon les différentes agences de renseignement,
14:09israéliennes et américaines,
14:13on disait même qu'ils avaient prévu
14:15que le régime tomberait en quelques jours.
14:18On l'a vu, non seulement le régime n'est pas tombé,
14:21attention, affaibli, il n'y a aucun souci là-dessus,
14:24qui ne serait pas affaibli
14:26après une guerre avec deux grandes puissances
14:28telles que l'Israël et les États-Unis.
14:31Mais le régime n'est pas tombé.
14:33Le système politique n'est pas tombé.
14:35Le système militaire iranien
14:37a non seulement tenu le coup,
14:40mais a répondu quasiment du tac au tac.
14:43Donc, pour revenir à votre question,
14:46je pense que les Américains
14:48prendront en considération cela
14:50et tireront les conclusions
14:55pour repenser leur stratégie
14:59militaire et de défense
15:00dans la région.
15:01Dans la région entière.
15:02Alors, J.D. Vance a fait valoir,
15:04il y a quelques jours, la semaine dernière,
15:05que Donald Trump était en train, en fait,
15:07de mettre fin à un cycle,
15:09un cycle de la révolution islamique,
15:11initié, rappelons-le, en 1979.
15:13Il avait dit que l'accord est, en fait,
15:15une main tendue à l'Iran.
15:17On a l'impression, en fait,
15:18que les États-Unis, après avoir perdu militairement,
15:22tentent, pardonnez-moi l'expression,
15:23mais d'acheter l'Iran,
15:24ou en tout cas, en attirant davantage l'Iran à eux,
15:27avec, évidemment, cette histoire de 300 milliards
15:30évoquée, bien sûr, dans le mémo.
15:32Alors, Trump affirme que ce n'est pas
15:33de l'aide directe,
15:34mais il y a quand même une énorme enveloppe
15:37qui est rassemblée pour l'Iran.
15:39D'ailleurs, J.D. Vance indiquait hier,
15:41en conférence de presse,
15:42que l'idée venait de Jared Kushner.
15:45Y a-t-il du vrai,
15:45dans ce que je suis en train de dire, en fait ?
15:48Du vrai, forcément,
15:49puisqu'ils en parlent,
15:50et que ce n'est pas parce que
15:52les uns et les autres, de temps en temps,
15:54disent « non, tout ça n'est pas vrai »,
15:56que ce n'est pas vrai.
15:57Ils en parlent.
15:58La preuve, vous venez de le dire,
16:00J.D. Vance, lui-même, l'a abordé,
16:02a même identifié le responsable de ce plan
16:06d'aide à la reconstruction.
16:10Qui se fera sous la forme d'un fonds.
16:13Donc, je reste prudent.
16:15On verra.
16:17Parce que ça sera un véhicule d'investissement.
16:19Qui parle de véhicule d'investissement
16:21ne parle pas seulement,
16:23ne parle pas de charité.
16:24Bien sûr.
16:25Donc, il va falloir...
16:26Des fortunes, visiblement, seront faites.
16:28Des fortunes seront faites,
16:29d'un côté comme de l'autre.
16:32Et ce n'est pas...
16:35Je serai prudent.
16:37C'est peut-être côté américain.
16:39Une idée que Jared Kushner a soutenue.
16:45Mais cette idée vient, en fait, des Iraniens.
16:49Parce que l'expérience de l'accord nucléaire de 2015-2016,
16:54qui s'est terminée par le fiasco du retrait américain en 2018,
16:59suite à la décision de Donald Trump...
17:01Ça fait beaucoup de fiasco, en effet.
17:03Ça fait beaucoup de fiasco.
17:05Si vous voulez, les Iraniens ont compris la leçon
17:07et cherché des garanties
17:09dans le cadre d'un nouvel accord qui surviendrait.
17:13Eh bien, c'est en réalité une idée iranienne.
17:15C'est d'engager des investissements étrangers,
17:18mais surtout américains,
17:20pour qu'une décision éventuelle future de retrait
17:25soit beaucoup plus douloureuse, d'accord, que ça n'a été.
17:29Parce qu'au moment du Gécipoé,
17:31la douleur a été pour les Européens surtout,
17:33et les autres.
17:34Mais pas les Américains.
17:35Pourquoi ?
17:35Parce que les Américains ne pouvaient pas investir
17:37directement en Iran à ce moment-là.
17:40Là, c'est le contraire.
17:41Les Iraniens ont appris leurs leçons
17:44et vont premièrement beaucoup insister,
17:47s'il y a un accord d'ici le 21 ou un petit peu plus tard,
17:50parce que ça risque de durer un peu plus que 60 jours,
17:53c'est d'engager absolument les banques internationales.
17:58Donc, demander aux Américains
18:00de délivrer les garanties nécessaires
18:02aux banques internationales
18:04afin qu'elles s'engagent,
18:06ce qu'elles n'avaient pas fait au lendemain du Gécipoé.
18:09De l'accord nucléaire.
18:10Donc, ça, ça a été très problématique.
18:13C'est pour ça que beaucoup disent
18:14« Oui, mais l'accord nucléaire de 2015-2016
18:17n'a pas bénéficié au peuple iranien. »
18:20C'est vrai parce qu'il était imparfait,
18:22il était incomplet,
18:24et que ça ne sera pas le cas cette fois-ci.
18:27D'accord ?
18:27Donc, tout ça pour vous dire que ces 300 milliards,
18:30c'est plutôt à la base une idée iranienne,
18:33reprise et qui a beaucoup intéressé Jared Kushner
18:36puisque c'est un milliardaire
18:39développeur et investisseur immobilier
18:41et qu'il y a beaucoup de choses à faire en Iran,
18:44dans les infrastructures immobilières.
18:47Mais c'est aussi pour garantir les Iraniens
18:50qu'il n'y aura pas un retrait facile d'un nouvel accord.
18:53Mais alors, vous dites,
18:54bon, je disais que des fortunes seront faites,
18:57que vous dites que tout cela est une idée iranienne.
19:01Évidemment, cela est dans l'intérêt des Iraniens.
19:04On a évoqué, peut-être qu'il n'y avait pas de changement de régime en Iran,
19:08mais il y a eu une évolution, semble-t-il,
19:09depuis quelques mois, quelques années aussi,
19:13à Téhéran.
19:14Cet argent, cette masse d'argent,
19:16pourra accélérer cette évolution ?
19:18Il y a deux tendances.
19:21Il y a la tendance, si vous voulez,
19:23des politiciens,
19:26de ceux qui font de la politique
19:28et qui disent,
19:30non, cela ne changera rien
19:32et c'est le gouvernement
19:35qui va se renforcer
19:38au tépant de la population civile iranienne.
19:42Pour ma part,
19:44étant plus du côté des affaires,
19:46et ayant vécu sur place
19:49les années
19:51de négociation
19:52de l'accord nucléaire de 2015,
19:54mais surtout
19:54son application imparfaite,
19:58mais quand même son application
19:59entre 2016 et 2018,
20:01mi-2018,
20:02je crois profondément
20:04que cela va aider
20:07à la transformation
20:08et à l'évolution
20:10de la société iranienne,
20:12non seulement sur le plan politique,
20:15pardon,
20:16non seulement sur le plan économique,
20:17mais aussi et surtout
20:18sur le plan politique.
20:19L'Iran a commencé
20:22à évoluer.
20:23Il y a eu malheureusement
20:25l'épisode extrêmement douloureux
20:27et cauchemardesque
20:28du soulèvement
20:30de décembre-janvier dernier.
20:34ça, les Iraniens ne l'ont pas oublié,
20:36nous ne l'oublierons pas si facilement.
20:38– En dépit de la guerre ?
20:40– En dépit de la guerre.
20:41Il y a eu,
20:42contre toute attente,
20:43je dirais cette fois-ci,
20:44parce que beaucoup n'y croyaient pas,
20:46mais contre toute attente,
20:47il y a eu l'effet drapeau
20:48de nouveau
20:49pendant cette guerre.
20:51Donc,
20:52aujourd'hui,
20:53les Iraniens,
20:56je ne dirais pas
20:57une extrême majorité,
20:59mais quand même,
21:00les Iraniens
21:01ont eu ce réflexe drapeau,
21:06mais attendent
21:07de voir
21:08si cette fois-ci,
21:10de cet accord,
21:11va découler,
21:13je dirais,
21:15des bienfaits
21:17pour le quotidien des Iraniens
21:18qui est devenu cauchemardesque.
21:20Et si ça,
21:21ça ne se réalise pas,
21:22alors il faut s'adendre
21:24à de nouveaux soulèvements.
21:28Alors,
21:29vous évoquez la menace,
21:30entre guillemets,
21:31du côté israélien.
21:33Il y a eu des tensions
21:34entre Donald Trump
21:35et Benyamin Netanyahou
21:36depuis deux semaines.
21:37Quelques phrases
21:38un peu rudes.
21:40Concrètement,
21:40Netanyahou a été recadré
21:41par Donald Trump.
21:43Mais la situation au Liban
21:45est évidemment
21:45toujours tendue.
21:47L'Iran veut l'inclure
21:48absolument
21:49dans les négociations
21:50avec les Etats-Unis
21:51et Donald Trump
21:52l'a très bien compris
21:52et c'est pour ça évidemment
21:53qu'il regarde Netanyahou.
21:55Je vous propose
21:56d'écouter
21:57le Premier ministre israélien
21:59justement
21:59qui cherche
22:00à défendre encore
22:01sa position.
22:02La directive de ma part
22:04et du ministre de la Défense
22:05aux forces de défense israéliennes,
22:07FDI,
22:08est clair et n'a pas changé.
22:10Nos forces au sud du Liban
22:11ont toute liberté d'action
22:12pour contrer toute menace directe
22:14ou émergente contre elle
22:15ou contre les habitants du Nord.
22:16Les FDI ne font face
22:17à aucune restriction
22:18à cet égard.
22:19Je les soutiens
22:20et toute la nation
22:21les soutient.
22:22Je reste ferme
22:23sur ma position.
22:24Nous resterons
22:25dans la zone de sécurité
22:26au sud du Liban
22:27aussi longtemps
22:28que nécessaire
22:29afin de protéger
22:30les habitants du Nord
22:31et tous les citoyens
22:31de l'État d'Israël.
22:38Alors derrière
22:39Benjamin Netanyahou
22:40il y a aussi évidemment
22:41Itamar Ben-Gvir
22:42le ministre de la Sécurité nationale
22:44israélienne
22:45qui a déclaré
22:45il y a quelques jours
22:46et ça a beaucoup choqué
22:47sur les réseaux sociaux
22:49bien entendu.
22:50Pour Ben-Gvir
22:51mille mères libanaises
22:53doivent pleurer
22:53si une mère israélienne pleure.
22:55La situation est-elle
22:56selon vous
22:57je rappelle que vous connaissez
22:58bien le Liban
22:59insoluble
22:59au point de faire
23:01absolument dérailler
23:02l'entente
23:03entre l'Iran
23:04et Israël
23:04entre l'Iran
23:05et les Etats-Unis.
23:06Les Etats-Unis.
23:08Les tentatives
23:09continueront
23:10de la part
23:10du gouvernement
23:11israélien
23:13d'autant plus
23:14que vous l'avez souligné
23:15il y a des sondages
23:16en Israël
23:17il faut parfois
23:18se méfier des sondages
23:18mais il y a quand même
23:19des sondages
23:20qui font ressortir
23:22que globalement
23:23la société civile
23:24israélienne
23:25considère
23:26que la guerre
23:27avec l'Iran
23:28est une défaite
23:29israélienne.
23:30vous le savez
23:32on est à quelques mois
23:33d'élections
23:34également
23:35en Israël
23:36donc
23:37la position
23:38de Netanyahou
23:39ne peut pas être
23:40autrement
23:41que
23:42de faire
23:43ce genre de déclarations
23:45guerrières
23:46et je dirais
23:47de force
23:48vis-à-vis
23:49du seul combat
23:50qui lui reste
23:51qui est
23:52le sud-Liban.
23:55il ne peut pas
23:57et ne doit pas
23:58par rapport aux élections
24:00qui arrivent
24:00se montrer
24:01faible là-dessus
24:02c'est d'ailleurs
24:03je pense
24:04la clé du problème
24:05entre
24:07Trump
24:08et Netanyahou
24:09aujourd'hui
24:09puisque tous les deux
24:10sont quasiment
24:10en période électorale
24:11et doivent
24:13se montrer
24:15absolument
24:16fermes
24:16sur leur position
24:17aujourd'hui
24:19après la guerre
24:20avec l'Iran
24:20Trump
24:21souhaite
24:22absolument
24:23la paix
24:24et
24:25si possible
24:26retrouver
24:27une position
24:29économique mondiale
24:30de nouveau
24:31acceptable
24:32avant tout
24:33pour les consommateurs
24:34américains
24:35on va pas revenir
24:36sur le prix du galon
24:37éviter l'inflation
24:38en général
24:38mais pour l'économie
24:40mondiale
24:41en général
24:41donc
24:42aujourd'hui
24:43Trump a besoin
24:44de
24:45calmer
24:46tout ça
24:47en même temps
24:48Netanyahou
24:49doit continuer
24:50à démontrer
24:51que c'est un chef de guerre
24:52comme d'ailleurs
24:52Trump l'a souvent dit
24:53que c'est un excellent
24:54chef de guerre
24:56mais aujourd'hui
24:57la situation
24:58est extrêmement délicate
24:59au milieu
25:00ce sont les populations
25:02chrétiennes
25:03et musulmanes
25:04du sud Liban
25:05qui sont en train
25:06de payer l'addition
25:07d'accord
25:07bien sûr
25:08les villages
25:09sont rasés
25:10mais bon
25:10nous évoquions
25:11l'architecture
25:12de sécurité régionale
25:13qui est en fait
25:13l'enjeu absolu
25:15des négociations
25:16entre Téhéran
25:17et Washington
25:17mais cela signifierait
25:19que potentiellement
25:19Israël serait exclu
25:21de cette architecture régionale
25:22ce serait possible
25:23non
25:24c'est
25:26non
25:26c'est inimaginable
25:28côté américain
25:28les choses ont bougé
25:31vis-à-vis
25:32d'Israël
25:33aux Etats-Unis
25:33même
25:34dans le camp
25:35des conservateurs
25:36les plus
25:37je dirais
25:37les plus
25:37les plus durs
25:39mais pour autant
25:40les Etats-Unis
25:41ne vont pas
25:42abandonner
25:42Israël
25:43dans cette nouvelle architecture
25:45la sécurité
25:46d'Israël
25:47sera un élément
25:48clé
25:48et important
25:50maintenant
25:51on va voir
25:52dans l'accord
25:54final
25:54avec les Iraniens
25:57comment
25:58cette nouvelle architecture
25:59va se dessiner
26:01je pense que là
26:03il est impossible
26:04pour les Etats-Unis
26:05de ne pas demander
26:06alors
26:06ils n'obtiendront pas
26:07puisque
26:08on le sait
26:08ni le programme
26:10balistique
26:10ni le soutien
26:12aux proxys
26:12n'est dans les discussions
26:14ne seront dans les discussions
26:15totalement évacuées
26:16mais
26:17la sécurité
26:18d'Israël
26:19devra
26:22indirectement
26:22y figurer
26:23et ça sera
26:25alors
26:26l'Iran
26:27a priori
26:27va maintenir
26:29sa position
26:30sur ses proxys
26:31mais va devoir
26:32aussi jouer
26:32peut-être
26:33un rôle
26:33un peu plus positif
26:34que
26:35d'attaquer
26:37ou en tout cas
26:37d'être
26:37une menace
26:38permanente
26:39pour Israël
26:40voilà
26:41l'Iran
26:41ne sera peut-être
26:42plus une menace
26:43directe
26:44pour Israël
26:44et bien ce sera
26:45le mot de la fin
26:46Baki Manesh
26:46merci beaucoup
26:48d'avoir répondu
26:49présent
26:49à l'appel
26:50de Choc du Monde
26:50surtout
26:51n'oubliez pas
26:52de commenter
26:53de partager
26:53et de vous abonner
26:54à TVL
26:55merci beaucoup
26:56d'avoir suivi
26:57cet épisode
26:58et bonne soirée
26:59et à bientôt
27:00Sous-titrage Société Radio-Canada
27:01Sous-titrage Société Radio-Canada
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