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  • il y a 2 jours
60 jours de négociations entamés entre Washington et Téhéran, un Sénat américain qui se rebelle, un Liban oublié, une Ukraine en suspens… La guerre en Iran redistribue les cartes du pouvoir mondial. Mais qui tient vraiment le bras de fer : Trump ou Netanyahou ?

Pour décrypter cette actualité brûlante, nous recevons Régis Le Sommier, journaliste grand reporter, directeur de la rédaction et cofondateur d'Omerta, qui revient de deux séquences de reportages au Liban.

📖 Le dernier numéro d'Omerta est disponible : "Occident dégénéré - Jusqu'où iront-ils ?"
👉 https://boutique.omertamedia.fr/produit/omerta-n13-occident-degenere-jusquou-iront-ils/
Et le hors-série : "Iran - La faute de Trump, le bourbier de l'Amérique"



🔴 AU PROGRAMME :

🤼 Trump vs Netanyahou : le bras de fer
Qui commande vraiment ? Trump peut-il reprendre la main sur Netanyahou au Liban ? Un divorce entre les deux hommes est-il possible ?

🇮🇷 Iran : où en sont les négociations ?
Réouverture d'Ormuz, redevance, nucléaire, JCPOA… Régis Le Sommier décrypte l'état réel des pourparlers. Sommes-nous encore loin d'une paix durable ?

🏛️ Trump fragilisé par son propre camp
4 sénateurs républicains ont voté avec les démocrates pour bloquer toute action militaire en Iran. À moins de 6 mois des élections de mi-mandat (midterms), les républicains sont-ils durablement fracturés ?

🇱🇧 Liban : le grand oublié
Régis Le Sommier revient du Liban. Quelle est la situation réelle sur le terrain ? Israël est-il dans une logique d'annexion ? L'Iran peut-il abandonner le Hezbollah ?

🌍 Occident dégénéré
Le nouveau numéro d'Omerta, avec le colonel Hogard, Marion Sigaud, Alexandre Del Valle, l'abbé Raffray… et le meurtre du jeune Louis, symbole d'une société qui se déchire.

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Transcription
00:00TVL a besoin de vous maintenant. Je sais que pour beaucoup d'entre vous, ma demande est synonyme de sacrifice.
00:06Et je vous remercie par avance pour le soutien que vous nous accorderez. Il n'y a pas de petits
00:10gestes.
00:10De notre côté, toutes les dépenses sont concentrées sur notre mission d'information.
00:15Au sein de TVL, nous n'avons ni milliardaires, ni millionnaires.
00:19TVL, ce n'est pas non plus le service public, je peux vous le dire. Personne ne se gave.
00:24Il n'y a pas de prétendu star chez TVL, il n'y a que des personnalités animées par la
00:29volonté de vous livrer une information libre.
00:31Et c'est uniquement notre indépendance totale qui nous permet cette liberté.
00:35Celle que vous avez appréciée pendant les Gilets jaunes et le Covid, celle qui vous ouvre les yeux sur l
00:39'actualité internationale.
00:40Parce que soyons clairs, si j'avais un oligarque derrière l'épaule pour souffler mes textes,
00:44si j'avais une puissance étrangère pour dicter les éléments de langage,
00:47un marchand de canons pour décrypter les guerres,
00:50ou des perfusions d'argent public à la gloire du pouvoir en place,
00:53je ne serais pas là à vous demander de l'aide.
00:56TVL a besoin de votre don car c'est la seule garantie d'une intégrité totale.
01:01C'est aussi pour ça que nos analyses sont confirmées par le réel.
01:04Elles ne sont pas biaisées par des intérêts privés.
01:06Et dans les mois à venir, l'information totalement indépendante, ce sera crucial.
01:12La voix de TVL sera capitale.
01:14Alors aidez-la à raisonner.
01:16Soutenez TVL maintenant.
01:43Bonjour à tous, je suis ravie de vous retrouver pour ce nouveau numéro
01:46du samedi politique où l'on va bien sûr s'intéresser aux nouveaux rebondissements internationaux.
01:52Alors les annonces de négociations avec l'Iran viennent-elles de sauver l'avenir politique de Donald Trump ?
01:58L'Iran va-t-elle vraiment sortir affaibli de cette affaire ?
02:02Le divorce entre Benjamin Netanyahou et Donald Trump est-il en train d'être consommé ?
02:07Le Liban, lui, va-t-il devenir le parent pauvre de cette affaire ?
02:10Nous allons voir tout ça dans un instant.
02:12Mais avant toute chose, n'oubliez pas de nous soutenir et bien sûr de cliquer sur le petit pouce en
02:17l'air,
02:17de relayer au maximum cette vidéo.
02:19A tout de suite.
02:30Et à mes côtés aujourd'hui, Régis Le Sommier. Bonjour monsieur.
02:33Bonjour Élise.
02:34Merci beaucoup d'être avec nous à nouveau.
02:35Vous êtes journaliste, grand reporter, directeur de la rédaction et cofondateur d'Omerta.
02:40Vous avez fait récemment deux séquences de reportages au Liban.
02:43Et surtout, le dernier numéro du magazine Omerta vient tout juste de paraître.
02:49Il parle de l'Occident dégénéré.
02:51Vous n'avez pas dû avoir du mal à le remplir ce numéro, j'imagine ?
02:53On n'a pas eu du mal, mais quand on voit l'ampleur de la dégénérescence,
02:57c'est là où on se dit qu'il y a un problème dans ce pays.
02:59Enfin, dans ce pays, en Europe.
03:02Oui, entre la pédophilie, l'affaire Epstein, Raphaël Arnaud, les antifas.
03:10La splande de Barbara Butch.
03:12Barbara Butch, qu'on a mis en couverture aussi.
03:15Les progressistes dans tous les sens.
03:16C'est sans doute pour attirer le challenge, je pense.
03:17Oui, c'est ça.
03:18On a essayé de faire un…
03:19C'était toujours, comme vous savez, quand j'étais à Paris Match,
03:21on disait, il faut toujours un personnage féminin en couverture.
03:25Bon, là, on a essayé.
03:26On verra si ça marche.
03:27Le choc des photos.
03:28Voilà, exactement.
03:30Toujours est-il qu'on peut retrouver ce dernier numéro, évidemment, sur le site web, bien sûr.
03:34On peut précommander sur le site web.
03:35On peut aussi…
03:36Il est en kiosque, 5000 points de vente en France.
03:38Dans tous les bons kiosques.
03:39Exactement.
03:39Et puis, je souligne aussi un numéro hors série sur l'Iran,
03:42qui est plus en lien avec l'émission qu'on va faire aujourd'hui.
03:44La faute de Trump, le bourbier de l'Amérique, lui aussi, est disponible en kiosque
03:49ou sur votre site en précommande.
03:51Alors, Régis Le Sommier, les 60 jours de négociations entre Washington et Téhéran
03:54sont déjà commencés.
03:55On l'a vu, aujourd'hui, Trump a-t-il, selon vous, repris une position favorable
04:00dans toute cette affaire, avec la réouverture et la reprise du commerce
04:04dans le détroit d'Hormuz, notamment.
04:06Mais c'est question de redevance qui reste en suspens.
04:08– Alors oui, en effet, détroit d'Hormuz, hier, 70 navires sont passés.
04:14C'est bien de donner quelques chiffres parce que, jusqu'à présent,
04:17ça passait au compte-gouttes, c'était 3 ou 4.
04:21À l'annonce de la réouverture, il y a eu 20, puis 30.
04:24Puis, il y a eu un coup de froid.
04:25Les Iraniens ont commencé à resserrer le nœud, en tout cas.
04:31Et puis là, hier, 70, il faut expliquer quand même à nos auditeurs
04:35que 70, c'est la moitié de la jauge ordinaire.
04:39On est autour de 140 dans les deux sens, en temps ordinaire.
04:43On n'est pas encore… Voilà, le trafic n'est pas encore revenu à la normale.
04:48Et donc, je pense qu'il va s'écouler quand même un petit moment
04:51avant qu'on retrouve une normalité sur les prix des hydrocarbures,
04:55puisque c'est quand même ça qui intéresse aussi ceux qui nous regardent.
04:58Et que, on va dire, la faute de Donald Trump, comme on l'a dit,
05:02en s'engageant dans cette guerre en Iran,
05:04a quand même des conséquences économiques colossales.
05:07Alors, est-ce que le même Donald Trump va s'en sortir ?
05:11Ce qui est quand même intéressant, c'est qu'on est rentré dans une phase
05:13où, à mon sens, quand on a vu dans le comté de Lucerne,
05:19à Birkenstock réuni, J.D. Vance, Steve Witkoff,
05:24Jared Kushner pour les Américains,
05:28Abbas Arachi, Mohamed Halibaf,
05:31et toute la délégation iranienne pour les Iraniens,
05:35le Premier ministre pakistanais qui était là,
05:38les émissaires qataris aussi, qui ont été très très actifs
05:41pour mettre sur les fonds baptismaux ce projet d'accord,
05:45puisque ça s'appelle un MOU, Memorandum of Understanding,
05:49c'est-à-dire donc projet de, comment,
05:51Memorandum de compréhension,
05:53ça veut dire qu'on n'est pas encore à l'accord,
05:55mais on est quand même sur des traces
05:56qui vont aller vers, à mon avis, un accord,
06:00parce que quand on arrive à réunir toute la diplomatie mondiale,
06:03celle qui compte pour ce...
06:04Évidemment, les Français sont un peu spectateurs,
06:07et les Européens en général,
06:09mais vous avez toutes les bonnes personnes au bon endroit.
06:13Donc je pense que pour ça, on est arrivé à, on va dire,
06:18une situation qui va se résoudre.
06:21Maintenant, votre question est de savoir,
06:22est-ce que pour Trump, ça lui permet de sortir de ce guépier ?
06:27Pas sûr.
06:28Mais en tout cas, ce qui est très intéressant,
06:31c'est qu'en mettant J.D.Vance à la tête des négociateurs,
06:34puisque c'est lui qui a vraiment le vent en poupe,
06:37tout le monde sait que c'est un anti-guerre,
06:39tout le monde sait qu'il a le soutien de la base MAGA,
06:42en tout cas, aujourd'hui, peut-être plus que Trump,
06:44et que reconnecter avec ceux qui l'ont élu
06:48est l'impératif premier pour Donald Trump.
06:51Et donc Donald Trump va, à mon avis,
06:54est quand même sorti de la zone de turbulence,
07:01dans le sens où il a réussi à faire porter le chapeau à Netanyahou,
07:04dont l'intransigeance au Liban permet finalement de dire
07:08voilà, le méchant c'est lui.
07:10Trump, lui, il est là, il veut être celui qui résout des problèmes,
07:14qui fait des deals,
07:16et arriver à masquer toute l'inconséquence de cette guerre absolument inutile
07:21qui a permis à l'Iran de ressortir en position de force
07:25et de devenir un acteur probablement principal,
07:28un acteur sur lequel il va falloir compter dans les années à venir.
07:31Alors ce que vous venez de dire, il me semble crucial,
07:33parce qu'effectivement, aujourd'hui, on travaille sur des accords
07:36dont l'objectif est finalement de revenir à la situation antérieure à la guerre.
07:41– Oui, c'est-à-dire que la guerre déclenche la fermeture du Détroit
07:45et on fait des accords pour obtenir la réouverture, en gros.
07:48Parce que quand on regarde dans l'histoire,
07:51les Américains arrivent, répètent en permanence que,
07:54oui, nucléaire, nucléaire, nucléaire.
07:56Enfin, les Iraniens ont dit, bon, on va résoudre tout ça
08:02en le promettant par écrit de ne jamais avoir l'arme atomique.
08:07Mais en dehors de ça, le stock de yellow cake, comme on dit en anglais,
08:12ou d'uranium enrichi à 60%, pour le moment, il n'est pas dans l'accord.
08:17Il était question qu'il soit exporté à l'extérieur de l'Iran.
08:21Ça revient de façon périodique, ces demandes américaines.
08:25Mais on sent que, pour Donald Trump,
08:28la réouverture du Détroit d'Hormuz était prioritaire.
08:32Elle est prioritaire et elle n'a pas de prix,
08:34puisque l'Iran se voit crédité d'un fonds de reconstruction
08:39d'un montant de 300 milliards de dollars.
08:43Déblocage de ces avoirs gelés à l'étranger, en particulier au Qatar,
08:47on est à 12 milliards dans un premier temps.
08:49Il y a déjà eu 3 milliards qui ont été versés par les Émirats arabes unis.
08:53Et on pourrait atteindre 50, voire peut-être plus,
08:56milliards de dollars d'avoir gelé.
08:59Donc, dans les caisses de l'Iran, vous avez dit avec le péage,
09:03est-ce qu'il va se maintenir ?
09:05Il semble que les Iraniens sont en train de prendre des mesures
09:09pour que ça soit le cas, notamment en faisant intervenir le sultanat d'Omane
09:13avec qui il partage les eaux territoriales de ce fameux Détroit.
09:16Et donc, il y aurait une sorte de co-gestion, ce qui fait que les Iraniens
09:21s'imaginent qu'ils vont pouvoir bénéficier de cette manne financière
09:25qui est conséquente aussi, puisqu'on est dans des proportions
09:29de 40, 50 milliards de dollars.
09:31C'est plus que le budget de l'État iranien.
09:34Donc là, encore une fois, l'Iran risque de ressortir très, très puissant
09:39de cette guerre qui a été totalement contre-productive.
09:42– Sur le plan diplomatique aussi, c'est très puissant justement,
09:45puisqu'on a vu les Iraniens, notamment en Suisse la semaine dernière,
09:51ne pas hésiter à faire pression sur les Américains,
09:54ne pas hésiter à menacer les Américains de quitter les négociations,
09:58refuser la poignée de main, comme on l'a vu là,
10:00je crois que c'était un dirigeant plutôt du Qatar,
10:03qui n'a pas voulu serrer la main à G.D. Vance.
10:06– Aujourd'hui, on a le sentiment quand même que sur la scène internationale,
10:09les États-Unis sont toujours très puissants, bien sûr,
10:12mais ils ne peuvent plus faire l'appui et le beau temps.
10:15– Je pense que cette guerre aura eu le mérite, je dirais,
10:19de résoudre qui fait quoi dans la région,
10:23et qui, si vous voulez, aujourd'hui on voit les choses,
10:28le spectre s'est éclairci, on dira,
10:31et la prédominance d'Israël ou la volonté d'Israël
10:36de dominer la région est une évidence.
10:39Maintenant, les pays qui étaient alliés,
10:42qui sont toujours alliés des États-Unis,
10:44pour certains d'Israël, comme les Émirats arabes unis et Bahreïn,
10:48ayant réouvert d'ailleurs des canaux diplomatiques avec Israël,
10:53grâce aux accords d'Abraham,
10:55tout ça a montré, cette guerre a montré,
10:58qu'en cas d'attaque ou en cas de menace,
11:01les États-Unis, qui pourtant s'étaient engagés
11:04à assurer la sécurité de ces pays,
11:06ont préféré assurer la sécurité d'Israël
11:09et se porter au secours,
11:11ou en tout cas appuyer l'attaque avec Israël.
11:14Ça donne quoi ?
11:15Ça donne qu'on va probablement assister
11:18à une reconstitution géostratégique de la région,
11:22c'est-à-dire que les gens, les Émirats,
11:25les Émirats resteront pour le moment
11:27dans le camp israélien, dans le camp américain,
11:29mais l'Arabie saoudite va sans doute prendre des mesures
11:33pour ne plus être dépendante uniquement des bases américaines.
11:36Ce qui est intéressant aussi, c'est que l'évolution de la guerre
11:39et la guerre telle que l'Iran l'a menée,
11:42oblige à des ajustements.
11:45Une base américaine telle qu'on la connaissait,
11:48époque Afghanistan-Irak,
11:55moi j'ai connu ces immenses bases
11:57que les Français d'ailleurs ont copiées en Afrique,
12:00à Gao, Menaka et autres,
12:02pour faire leur propre opération.
12:04Ces bases quasiment des villes d'un signe de puissance autrefois,
12:13aujourd'hui avec l'entrée des drones en jeu,
12:17elles sont devenues des endroits trop visibles,
12:21trop risqués à maintenir.
12:23Et donc il y a une idée de repenser la présence…
12:28– On est passé d'une forme de garantie de protection,
12:30en réalité en cible.
12:31– Exactement, et je pense que ça va être la même chose
12:33pour le porte-avions,
12:35dont l'intervention aujourd'hui a effectivement aidé
12:39les opérations de bombardement de l'Iran,
12:41mais qui ont eu maille à partir
12:44avec pas mal de drones lancés par l'Iran.
12:47Il n'y a pas eu de casse,
12:48mais encore que l'incendie à bord du Gérald Ford
12:53reste quand même assez mystérieux.
12:56Mais officiellement, c'est des marins
12:59qui auraient mis le feu à bord.
13:01– Ce n'est pas vraiment mieux d'ailleurs.
13:03– Oui, en raison peut-être aussi de la permanence à la mer
13:07bien trop longue de ce porte-avions
13:10qui a été présent plusieurs mois,
13:14sans revenir à quai,
13:16un peu comme à l'époque de la guerre du Vietnam.
13:18Et donc là, en tout cas, le porte-avions,
13:22là aussi, il y a des dangers supplémentaires.
13:26Et les leçons de cette guerre, c'est que nous continuons,
13:30quand je dis nous, je parle des Américains,
13:32mais enfin, globalement, l'Occident, on est dans le même panier.
13:37Nous continuons à mener des guerres du XXe siècle,
13:40alors que les BRICS, on va dire, si on met l'Iran,
13:45en tout cas l'Iran et puis ses proxys,
13:47mènent des guerres du XXIe siècle.
13:49Avec un rapport, une maîtrise totale de l'asymétrie,
13:54après avoir pensé, développé au fil des années,
13:58des moyens de riposte auxquels on ne s'attendait pas,
14:00les missiles balistiques, les drones.
14:03L'Iran, vous savez, travaille sur les drones depuis 1995.
14:07Je pense que le mot drone était inconnu
14:10des militaires français à l'époque.
14:12Aujourd'hui, on est en train de rattraper le train,
14:15on se demande, on fait venir des Ukrainiens
14:17pour qu'ils nous enseignent ce qu'ils savent.
14:21Ce qui est très intéressant aussi, c'est qu'il n'y a pas que nous
14:23qui prenons exemple sur les Ukrainiens,
14:25il y a aussi le Hezbollah, qui a adapté toute sa contre-attaque
14:30contre la présence d'Israël au Liban Sud
14:32en reprenant le modèle utilisé par les Ukrainiens
14:36contre les Russes, c'est-à-dire le drone à fibre optique,
14:40très peu coûteux, quasiment indétectable
14:44et qui aujourd'hui pose un vrai problème sécuritaire à Tzahal,
14:48c'est-à-dire que les soldats sont exposés,
14:49il n'y a pas vraiment de moyens pour de contre-mesures
14:52qui permettent de faire face à ce danger.
14:55Donc voilà, vous avez l'Iran qui développe un style de guerre,
15:00en plus une propagande inédite,
15:02on ne s'attendait pas à voir ces moqueries de l'administration Trump
15:06incarnées par des personnages légaux,
15:09et tout ça a été fait de façon très très simple.
15:12– Beaucoup de vidéos d'intelligence générées par l'IA.
15:14– Bien sûr, mais faites par essentiellement un groupe de hackers,
15:20de geeks iraniens qui s'appellent Explosive Media,
15:23que Téhéran au début de la guerre a mis dans une pièce,
15:27c'est-à-dire des Iraniens gavés de culture occidentale,
15:30de rap, etc.
15:31qui nous connaissent par cœur,
15:34qui fantasment sur l'Occident,
15:36parce que l'Iran est très ouvert à l'Occident.
15:39Les gardiens de la révolution les ont mis dans une pièce,
15:41ils leur ont demandé d'utiliser l'humour,
15:45ce qui est quand même assez incroyable.
15:46Et à ce titre, l'Iran a réussi merveilleusement
15:50à contrebalancer la propagande occidentale,
15:53qui elle, il faut bien le remarquer,
15:56quand vous avez les poussées de fièvre de Trump
15:59qui peut raconter n'importe quoi
16:01ou changer d'avis toutes les secondes.
16:04Son ministre de la Défense,
16:06vous le voyez, vous regardez les comptes rendus du Pentagone,
16:09les conférences de presse,
16:10vous aviez l'impression de vous retrouver
16:14avec Robert McNamara,
16:16ministre de la Défense américain,
16:19à l'époque de la guerre du Vietnam.
16:20C'était les mêmes mots,
16:22la même dialectique,
16:24expliquant que l'Amérique avait détruit tant d'objectifs,
16:28balancé tant de tonnes de bombes
16:30et qu'on était en train de gagner.
16:31Et Donald Trump continue à répéter
16:34que l'Iran n'a plus de marine,
16:36que l'Iran n'a plus d'aviation.
16:37Mais on a envie de dire à Donald Trump,
16:40arrête, l'Iran n'en a jamais eu vraiment,
16:43en dehors des vedettes des gardiens de la révolution,
16:47la marine iranienne,
16:48l'Iran n'a jamais investi dans les portes-avions.
16:51son aviation classique,
16:53elle a préféré mettre toutes ses billes
16:56dans le balistique et dans la recherche sur les missiles,
16:59avec des effets qu'on connaît aujourd'hui,
17:01plutôt que d'investir dans une aviation moderne,
17:04d'acheter des avions à l'étranger.
17:08Et l'Iran s'est contenté des vieux avions qu'elle avait.
17:11Donc détruire l'aviation et la marine iranienne
17:14n'a strictement aucun intérêt.
17:16– On voit quand même que Trump a perdu quelques plumes
17:19dans toute cette affaire.
17:20On a vu cette semaine un vote au Sénat qui a eu lieu
17:23avec quatre sénateurs républicains
17:25qui se sont joints au sénateur démocrate
17:28pour voter une motion qui n'aura pas énormément de conséquences,
17:33visiblement, mais qui sanctionne l'intervention américaine en Iran
17:39et qui la bloque.
17:39Je vous propose d'écouter le sénateur démocrate de New York,
17:43en l'occurrence Chuck Schumer.
17:45– À plusieurs reprises,
17:47la grande majorité des sénateurs républicains
17:50ont pris le parti de Donald Trump et de sa guerre
17:52plutôt que celui du peuple américain.
17:54C'est le peuple américain qui a payé le prix
17:56de l'erreur historique commise par Trump en Iran.
17:59Ça restera dans les livres d'histoire
18:01comme l'une des pires aventures de politique étrangère
18:04jamais entreprise par les États-Unis.
18:06– Alors le contexte est très particulier
18:15puisqu'on est bien sûr à six mois des élections de demi-mandat,
18:18un peu moins maintenant.
18:19Pour vous, les républicains,
18:21qui n'ont jamais soutenu tous en communion Donald Trump d'ailleurs,
18:26sont-ils encore plus fracturés qu'auparavant
18:29et vont-ils tenir jusqu'aux midterms ?
18:31– Je pense que la grande épreuve de vérité pour Donald Trump,
18:34c'est évidemment les midterms, rappelez quand même au départ
18:38que les midterms sont des élections en général difficiles
18:40pour le président sortant, qui a tendance à les perdre,
18:43quasiment tous, ce qui fait que la deuxième partie des deux,
18:47des quatre ans en fait, on dit que le président est un lame duck,
18:51c'est-à-dire qu'il peut, un canard boiteux,
18:53c'est-à-dire qu'il ne peut plus rien faire,
18:55plus passer de législation puisqu'il a soit le Sénat,
18:58soit la Chambre contre lui, voire les deux.
19:00Donc là, on va voir l'ampleur du désastre,
19:06peut-être que Donald Trump arrivera à transformer
19:10un effet moindre en victoire, parce qu'il est très fort là-dedans,
19:14en termes de communication.
19:15Là, c'est clair qu'il a laissé la patate chaude à Netanyahou
19:20pour sortir de l'orbite du cyclone.
19:25Et donc là, il va recomposer.
19:27On entendra en termes de communication, je pense,
19:30pendant les mois qui viennent, des explications sur le fait
19:33que Donald Trump a effectivement ordonné cette guerre.
19:37Il continuera à répéter que l'Iran est amoindri
19:39et qu'il a obtenu le meilleur deal possible.
19:41Mais il est possible que le deal ne soit pas complètement conclu
19:44au moment des mid-terms.
19:46Donc là, libre à Donald Trump de l'interpréter comme il voudra.
19:49– Parce que les 60 jours peuvent être reportés,
19:52il pourra ajouter 40 jours, d'ailleurs on l'a vu.
19:54– Oui, donc là, c'est très fluctué, ça va fluctuer, c'est très flou.
19:59Donc il pourra dire, j'ai gagné et les Iraniens me mangent dans la main,
20:03ce qui est en fait plutôt l'inverse.
20:05Mais donc il a eu son deal.
20:08Ensuite, je vous dis, il a vraiment remis J.D. Vance en orbite
20:14pour réparer la faute auprès de la base qui l'a élue.
20:17Vous savez, aux États-Unis, souvent, en termes de vote,
20:20on dit souvent que celui qui l'emporte, c'est celui qui arrive à sécuriser sa base
20:25et à faire qu'elle vote et qu'elle se déplace.
20:27Surtout dans des élections de mi-mandat.
20:29Les Américains ont tendance à ne pas voter.
20:31Et donc il y a énormément d'abstention.
20:34Et donc là, mobiliser sa base, c'est peut-être aussi la clé de la victoire,
20:38d'autant que cette base était assez large, il a été élu assez largement.
20:42Donc le calcul aujourd'hui, c'est d'expliquer qu'on a fait cette guerre, certes,
20:47mais qu'il y a eu des morts, pas beaucoup, qu'il n'y a pas eu de troupes au
20:51sol.
20:52Je vois, ça va être des arguments importants en termes intérieurs.
20:56Et que finalement, Donald Trump a tenu compte de l'avis du contribuable dans l'Ohio
21:02qui va à la pompe à essence, plus que de celui de M. Netanyahou,
21:06qui souhaitait poursuivre cette guerre.
21:08– Enfin, il a pris plus en considération le vote de l'électeur de l'Ohio
21:13pour sortir de la guerre, mais pas pour y aller.
21:16– Oui, il y est allé, mais il pourra dire, je vous ai compris,
21:22j'ai été à l'écoute, il fallait faire cette guerre,
21:25il trouvera tout un tas d'explications,
21:27ils allaient avoir l'arme atomique, etc., etc.
21:30Ce qui est faux, mais bon, parce que tous les experts…
21:33– Alors justement, faisons une parenthèse là-dessus,
21:34parce que cette affaire d'arme atomique, elle dure depuis belle lurette,
21:37puisque déjà pendant le premier mandat de Donald Trump,
21:40les Iraniens avaient signé le GCPOA.
21:43– Dans celui d'Obama, juste avant.
21:45– Oui, mais Trump en est sorti pendant son premier mandat, pardon.
21:48– Dès le début, oui.
21:48– Dès le départ.
21:50Concrètement, à l'époque, Donald Trump disait déjà
21:52que les Iraniens souhaitaient enrichir l'Uranium pour avoir la bombe atomique.
21:56Les Iraniens, eux, disaient déjà qu'ils ne voulaient pas le faire
21:58et qu'il y avait même une fatwa de Romaini qui l'empêchait.
22:03Bon, en fait, comme on n'a pas de preuves que globalement,
22:06les Iraniens accusent aussi les agents de l'AIEA d'être des taupes,
22:11ce qui est probable d'ailleurs au vu de ce à quoi on a assisté en juin 2025,
22:17en réalité, c'est un dialogue de sourds en fait, cette affaire du nucléaire.
22:20On ne saura jamais vraiment la vérité.
22:22Et c'est toujours un argument qui est brandi de part et d'autre
22:25pour soit valider une guerre, soit au contraire l'invalider.
22:27– Oui, alors il y a quand même quelques éléments concrets qui ont changé
22:31par rapport à cette époque de la fin, on va dire, de l'abandon
22:35par les États-Unis du traité de Vienne qui a été signé en 2015
22:41sous l'administration Obama et dont certains disent
22:45que c'est une vengeance de Donald Trump, c'est-à-dire le sabordage de ce traité,
22:50c'est une manière de dire…
22:51– Tout ce qu'a fait Obama, c'est pourri.
22:53Et ça, c'est une de ses obsessions, elle n'est pas à minimiser dans cette histoire.
22:58Néanmoins, les conséquences du départ du JCPOA de l'Amérique en 2020,
23:04ça a été que les Iraniens qu'on avait, on va dire,
23:09qu'on avait encapsulés sur un enrichissement
23:13à un petit peu en dessous de 4% de leur uranium
23:18pour être utilisés à des fins civiles, sont passés à 60%.
23:24Donc, on continuait à développer leur centrifugeuse
23:28à Natanz, à Fordo, dans les centres de recherche
23:31et ont enrichi 440 kg d'uranium à 60%.
23:35Ce qui n'est pas négligeable.
23:37Donc, on n'a pas besoin d'uranium à 60% pour être utilisé dans une centrale civile.
23:42Donc, clairement, là, il y a une indication que la fameuse fatwa de Roménie,
23:49réaffirmée par Ali Khamenei, qu'on ne veut pas de l'arme atomique,
23:53il y a quand même quelques gardiens de la Révolution qui se sont dit,
23:56au cas où, on va se rapprocher quand même de cette idée.
24:00Puis, regardons ce qui s'est passé autour.
24:02Le Pakistan, lui, quasi dans la clandestinité, a obtenu l'arme atomique.
24:06Maintenant, voilà, il est sanctuarisé.
24:08Et surtout, Kim Jong-une, pareil.
24:10– Et Israël ?
24:11– Et Israël.
24:12Donc, voilà, à partir du moment où on a l'arme,
24:15on sait qu'on ne sera pas détruit.
24:17Or, l'Iran, c'est toujours un doute.
24:20Donc, là, il peut se passer, mais revenons sur cette période,
24:24parce que le départ des Américains de l'accord
24:27pousse les Iraniens, enfin, en tout cas,
24:29fait que les...
24:29a pour conséquence que les Iraniens enrichissent à 60%,
24:33s'estiment libres, alors qu'avant, tout était bordé.
24:37Il y avait des caméras partout.
24:38On savait exactement quelle quantité, etc.
24:41Les ingénieurs de la IEA faisaient leur rapport.
24:45Bref, l'Iran jouait le jeu.
24:47L'Iran a joué le jeu.
24:49Donc, voilà.
24:51Donc, Trump a décidé d'en sortir.
24:55Maintenant, ça devient, effectivement, vous avez raison,
24:57une sorte de gimmick qu'on ressort, comme ça,
25:01quand on veut agiter les menaces.
25:03C'est le fameux « two weeks away ».
25:05Ils sont à deux semaines d'obtenir la bombe atomique.
25:10« They are two weeks away from the bomb ».
25:12Ça, c'est ce qu'on répète.
25:14Sauf que, je crois que quelqu'un avait retrouvé des déclarations
25:17de Netanyahou d'il y a cinq ans,
25:19où il nous disait qu'ils étaient déjà à deux semaines
25:21d'obtenir la bombe atomique.
25:23Donc, ça fait long.
25:25Mais, ça a été une arme brandie, oui, par Netanyahou,
25:29reprise par Trump, sous pression des néoconservateurs, sans doute,
25:33parce que je pense que Donald Trump n'aime pas les Iraniens.
25:36Donald Trump aimerait les soumettre,
25:39aimerait surtout prendre possession du pétrole iranien
25:42pour pouvoir commercer avec la Chine.
25:44Ça, c'était aussi un de ses buts de guerre.
25:46Comme il avait réussi le Venezuela
25:48et qu'il avait mis main basse sur les réserves au Venezuela,
25:51et là, il s'est dit que le Venezuela, c'était 10% des importations
25:56de Chine de pétrole.
25:57L'Iran, c'est 15%.
25:58Si j'additionne les deux, je commence à embêter Xi Jinping,
26:02qui lui possède…
26:02D'ailleurs, les Chinois n'étaient pas ravis du blocage d'Hormuz.
26:05Mais les Chinois ont joué le jeu,
26:07c'est-à-dire qu'ils ont fait en sorte,
26:09ayant pompé pas mal de pétrole avant cette opération,
26:14ayant pas mal de réserves,
26:15qu'il y ait une quantité suffisante de pétrole
26:18qui soit sur les marchés,
26:20pour que le prix ne dépasse pas les 110 dollars
26:24et ne monte pas à 150, 200.
26:27Ça, c'est une sorte de cadeau qu'ont fait les Chinois à Donald Trump.
26:30À mon avis, ça s'est dilé quand Trump est venu en Chine,
26:35a fait sa visite officielle.
26:36Et le corollaire de ça, c'est…
26:39Oui, OK, on répare un peu ou on atténue
26:43dans le but qu'on obtienne un accord.
26:47Et nous, le moment voulu, on fera pression sur les Iraniens.
26:52C'est les Chinois qui sont derrière, c'est les Chinois qui maîtrisent,
26:55c'est eux qui décident.
26:57Là, aujourd'hui, le pétrole sort du détroit d'Hormuz.
27:00Quand il y a un coup de chaud dans les discussions,
27:03des insultes ou des choses comme ça,
27:05les Iraniens resserrent le nœud, mais pas pour leur navire.
27:09Leurs navires continuent à exporter et à destination de la Chine.
27:14Donc, l'idée, c'était de réparer ça
27:16et de faire en sorte que les Chinois ne soient pas pénalisés.
27:20Ensuite, il y a eu aussi l'impact sur les marchés pétroliers,
27:23l'impact sur les marchés alimentaires, la question des engrais,
27:27la question du lithium.
27:27Dont une partie n'est pas encore mesurable aujourd'hui, d'ailleurs.
27:30Non, non, parce qu'il y a eu des manques de pesticides,
27:34notamment, qui étaient importés depuis le Qatar,
27:39au moment de la, on va dire, même pour les États-Unis,
27:42au moment de la floraison du maïs.
27:46Il y avait des besoins qui n'ont pas été comblés
27:50à cause de la question du détroit d'Hormuz.
27:52Donc, il y a peut-être aussi une crise alimentaire sous-jacente.
27:56La question des plastiques, enfin, il y a plein de minéraux.
28:00Il y a plein de produits qui transitaient par le détroit d'Hormuz
28:02qui n'ont pas pu être exportés.
28:04Donc, tout ça, c'est des conséquences qu'on va mesurer petit à petit.
28:07Mais le principal, c'était le pétrole.
28:11Faire en sorte aussi que les économies du Golfe restent à flot.
28:16L'Arabie saoudite et les Émirats ont ponctionné énormément
28:19pour maintenir, en particulier l'Arabie,
28:23qui envoyait dans son pipeline Est-Ouest
28:26près de 8 millions de barils par jour
28:29pour compenser le blocage d'Hormuz.
28:31– Et soit dit, en passant, on voit que les Iraniens n'ont pas empêché ça.
28:34– Non, ils n'ont pas empêché ça, mais c'était leur dernière carte.
28:36– C'était un peu aussi…
28:36– Ça fait partie des cartes…
28:38Regardez, quand il y a eu le cessez-le-feu le 8 avril,
28:42il y a eu des reprises d'hostilité au moins à deux reprises.
28:45Et à une des reprises, les Iraniens ont bombardé qui ?
28:48– Les Émirats, pas l'Arabie saoudite, pas le Qatar, pas Bahreïn,
28:52uniquement les Émirats et ou aux Émirats, au terminal pétrolier,
28:56notamment celui qui permet d'évacuer le pétrole directement en mer d'Omane
29:01sans passer par Hormuz.
29:02– Bien sûr.
29:02– Petit signal de dire, voilà, nous on peut tout casser si vous voulez,
29:06si vous continuez, on va tout casser.
29:07Et ça, je pense que Donald Trump en a pris conscience assez rapidement,
29:11la fragilité des bases, la fragilité des économies de la région,
29:15le fait que condamner ces économies, c'était mettre un terme
29:20à la souveraineté du pétrodollar.
29:24Donald Trump aussi a à peu près sauvé le pétrodollar,
29:27et en sauvrant le pétrodollar, il sauve le dollar par rapport aux yens
29:32et aux monnaies des pays émergents.
29:34Parce que ça aussi, c'est un des objectifs, notamment de Poutine et de Xi Jinping,
29:38c'est de limiter l'empreinte du dollar qui est évidemment à la source
29:42de la puissance américaine dans le monde.
29:44– Je vous propose de revoir une série d'interventions de dirigeants officiels
29:50au fil de ces négociations qui ont commencé depuis quelques semaines.
29:54On va regarder, et puis comme ça, on va continuer sur ce sujet.
29:57– Il s'agit sans doute de la question la plus importante du protocole,
30:04l'annonce de l'arrêt immédiat et permanent de la guerre sur tous les fronts,
30:09y compris au Liban.
30:18– Le plus important, c'est que nous avons sauvé l'État d'Israël
30:23de la menace d'une destruction nucléaire, car il faut bien comprendre que l'Iran
30:27se précipitait vers l'arme nucléaire et s'empressait d'enterrer son industrie nucléaire
30:31et balistique profondément sous terre.
30:33Nous avons établi des zones de sécurité étendues autour de l'État d'Israël,
30:36nous l'avons fait à Gaza, au Liban et en Syrie, où, soit dit en passant,
30:40nous avons détruit toutes les armes de l'armée d'Assad,
30:42qui constituait un maillon central de l'axe du mal.
30:45Et je tiens à le dire clairement, nous resterons dans ces zones de sécurité
30:49aussi longtemps qu'il le faudra pour protéger notre pays.
30:52– Je pense qu'Israël pourrait faire mieux.
30:59Je ne dis pas qu'il ne devrait pas se protéger du Hezbollah.
31:01Je dis que quand deux drones sont abattus et tombent dans le désert,
31:05ils n'avaient pas à démolir des bâtiments à Beyrouth.
31:08Ils pourraient se comporter mieux.
31:10– Donald Trump est le seul chef d'État dans le monde entier
31:18qui est bienveillant envers la nation d'Israël en ce moment précis
31:21et il se trouve être le chef d'État de la superpuissance mondiale.
31:25Si j'étais au sein du gouvernement israélien,
31:28je ne m'attaquerais peut-être pas au seul allié puissant
31:30qui me reste n'importe où dans le monde entier.
31:32Au cours des trois derniers mois,
31:34deux tiers des armes défensives qui ont protégé votre patrie
31:38ont été fabriquées par des mains américaines
31:41et payées par des dollars d'impôts américains.
31:43Le problème pour Israël n'est pas Donald Trump
31:47et quiconque en Israël pense que son plus gros problème
31:50est le président des États-Unis doit se réveiller
31:52et sentir la réalité de la situation dans laquelle se trouve ce pays.
32:04– Dans cette séquence, on voit bien que le Liban a une importance
32:07capitale dans la suite des événements.
32:09On voit aussi que, que ce soit Donald Trump ou J.D. Vance,
32:14il y a quand même des remontrances qui sont faites très nettement
32:16à Benjamin Netanyahou et on va dire que ce couple se distante.
32:21– Oui, une des conséquences de cette guerre en Iran,
32:25ça a été effectivement, on va dire, une prise nette de distance
32:32des États-Unis par rapport à Israël, tant en termes des objectifs militaires
32:36que finalement, on est aussi sur un…
32:41On paye, Israël paye des conséquences, paye actuellement les conséquences
32:45de ces guerres qui, jusqu'à présent, n'ont pas été…
32:49Les États-Unis n'avaient pas freiné pour qu'ils les fassent.
32:52L'opération à Gaza, la guerre contre le Hezbollah l'an dernier,
32:57l'opération à Syrie, après la chute d'Assad, etc.
33:02Mais on est dans un moment où les États-Unis disent à Israël,
33:08mettent des limites à Israël.
33:09Et ça, c'est pas arrivé, le discours, la tonalité utilisée par J.D. Vance
33:13pendant ces derniers jours, on n'avait jamais vu un vice-président américain
33:20parler à un Premier ministre israélien de la sorte depuis Ronald Reagan.
33:26Jusqu'à présent, c'était l'entente cordiale.
33:29Là, J.D. Vance est même allé plus loin que ses remontrances
33:33en expliquant que, bon, sous-entendu, c'est des armes américaines.
33:38Ça veut dire que si vous continuez, on peut ne plus vous les envoyer.
33:42C'est un peu ça le message.
33:43Et l'autre message, c'est de dire, voilà, vous ne pouvez pas critiquer le président Trump.
33:49C'est votre meilleur allié.
33:51Et J.D. Vance a dit à Israël, nous sommes peut-être le seul pays,
33:54votre dernier allié au monde.
33:56Donc ça aussi, et Donald Trump, de son côté, a dit à Benjamin Netanyahou,
34:01tu vas te retrouver seul dans ta guerre avec l'Iran.
34:04Donc ça, c'est des mots qui marquent, qui montrent une rupture,
34:08rupture qui n'est pas faite non plus sans arrière-pensée,
34:11parce que les Républicains, ce que disent les sondages aux États-Unis,
34:16c'est que l'opinion favorable qu'avait une majorité des Américains
34:20envers Israël, est en train de changer.
34:24Aujourd'hui, il n'y a plus une majorité d'Américains favorables à Israël.
34:28Et c'est plus simplement le camp démocrate.
34:31On se rend compte que Charlie Kerr, que Tucker Carlson,
34:35qu'une partie des ténors du MAGA, sont très réticents vis-à-vis d'Israël.
34:40Même ceux qui ont fait ces sessions, comme Marjorie Taylor Greene,
34:44qui ont eu des mots très durs dans le fait que Donald Trump se soit engagé aux côtés d'Israël.
34:49Et là, se posent une question, parce que ce qui est intéressant,
34:54c'est qu'il y a un écho de ça au sein de la société israélienne.
34:58Par exemple, l'opposition s'en est saisi.
35:03Yair Lapide, qui est le principal adversaire de Benjamin Netanyahou,
35:07qui peut-être sera son successeur comme Premier ministre,
35:10encore qu'il y en a d'autres,
35:14mais s'il y a un renversement, Lapide est un des successeurs possibles.
35:21Lapide explique que Benjamin Netanyahou, justement,
35:24n'a pas pris conscience de cette dégradation de l'opinion d'Israël
35:28et que c'est une faute magistrale, c'est peut-être la pire des conséquences pour Israël
35:34de ne plus avoir ce soutien de l'opinion américaine.
35:39Ça veut dire qu'il y a une...
35:42Et Lapide disait, justement, précisément,
35:45que Netanyahou ne pouvait ignorer qu'en cas de blocage du détroit d'Hormuz,
35:49c'est finalement l'opinion du contribuable américain
35:52qui finirait par l'emporter auprès de Donald Trump.
35:55Et ils disent, ne pas avoir envisagé ça, c'est une erreur notoire.
36:00Ensuite, il y a eu tous les plans sur la comète entre le Mossad
36:05qui vendait une révolte en interne qui n'a jamais eu lieu
36:08ou une attaque des Kurdes irakiens et un soulèvement des Kurdes iraniens
36:13qui viendraient compliquer la tâche des IRGC
36:17et provoquer la chute du pouvoir en Iran.
36:20Tout ça, ça a été proposé par...
36:21Ça fait partie du plan Netanyahou, proposé à J.D. Evans
36:25et à Donald Trump le 11 février dernier à la Maison-Blanche.
36:30J.D. Evans n'était pas là à ce moment-là.
36:32Il était en...
36:33Après, sur la Situation Room, là.
36:35Quand il est revenu, il a dit clairement qu'il n'était que ce plan-là.
36:39Rien ne disait que...
36:40Rien ne pouvait laisser penser que ça se déroulerait comme ça.
36:44Et ça ne s'est pas déroulé comme ça.
36:46Donc là, voilà, aujourd'hui, on est dans une situation
36:49où Netanyahou tient bon, on va dire, mais son opération au Liban-Sud est de plus en plus critiquée.
36:58Auprès de son opinion, il y a une radicalisation de la société israélienne post-7 octobre notoire.
37:05Ce qui fait que Netanyahou apparaît comme celui qui a vengé le 7 octobre.
37:10Mais il y a quand même des signes en interne qui disent, attention, là, on a dégradé nos relations avec
37:17les Etats-Unis.
37:19On ne sait pas où on va au Liban.
37:21Il y a de plus en plus de morts.
37:23Comme je l'ai expliqué tout à l'heure, le Hezbollah, à lui, par contre, a bien appris ses leçons
37:27de la guerre en Ukraine et les applique.
37:30Il démontre une flexibilité sur le terrain inédite, une résistance inédite,
37:35qui aussi était prévisible, parce que, prenez l'histoire israélienne contemporaine,
37:41depuis l'invasion du Liban-Sud en 1982, il y a eu, 78 puis 82,
37:48il y a eu une succession d'opérations au Liban-Sud.
37:53Entre 82 et l'an 2000, le Hezbollah est né de l'occupation israélienne
37:59et des exactions de l'armée du Sud-Liban en particulier,
38:03du ressentiment que la population chiite pouvait avoir contre cette occupation d'Israël et de ses alliés chrétiens,
38:10et que le Hezbollah, aujourd'hui, évolue dans le même environnement,
38:15avec Israël désigné de plus en plus comme l'adversaire.
38:18C'est-à-dire qu'au début de la guerre, quand on était à peu près à la fin, début
38:23mars,
38:23beaucoup de Libanais se disaient, le Hezbollah nous entraîne à nouveau dans la guerre,
38:28c'est lui qui déclenche l'opération, mais très vite,
38:33au vu de l'ampleur des frappes israéliennes, notamment sur Dariye, sur le sud de Beyrouth,
38:40et dans l'ensemble du pays, une partie de la population dit,
38:44bon, ben voilà, la nuisance causée par les frappes israéliennes,
38:49et par l'occupation et par l'opération lancée au Sud,
38:53qui pénalise tout le monde, chiites comme chrétiens, comme sunnites,
38:57ben on a les Libanais qui se retrouvent et qui se disent,
38:59ben finalement c'est le Hezbollah qui nous défend,
39:01voilà, parce que l'armée libanaise n'est pas capable de se défendre,
39:05elle est trop faible, donc qui fait le boulot, en fait,
39:08qui fait la résistance, c'est le Hezbollah,
39:12et d'ailleurs les chiites au Liban n'appellent pas le Hezbollah par son nom,
39:19ils l'appellent la résistance.
39:20Et là, le Hezbollah continue à mener des opérations
39:24dans des zones qui est son territoire.
39:27Et comment, finalement, expliquer que les Israéliens refassent
39:34à nouveau la même guerre, qui va se terminer par un retrait,
39:37et le retrait va renforcer à nouveau le Hezbollah,
39:40c'est ce qui est en train de se passer,
39:42au détriment de l'armée libanaise, au détriment de la souveraineté du Liban,
39:46le Hezbollah reste quand même,
39:48pour avoir, vous évoquiez les documentaires que j'ai faits dans la région récemment,
39:53j'étais quand même très surpris par,
39:57en pénétrant sur les territoires du Hezbollah, donc au sud,
40:00pour aller apporter l'aide humanitaire avec SOS Chrétien d'Orient
40:05au village chrétien, par l'ampleur de la mort de Ramenei.
40:11Il y a des affiches partout, avec Ramenei, avec Moshtaba Ramenei,
40:16on a l'impression parfois d'être en Iran, quoi.
40:19Or, c'est le Hezbollah, et ce sont des Libanais.
40:21Et donc, voilà, donc là, clairement, on n'est pas à un moment
40:26où l'Iran va abandonner le Hezbollah, on le voit bien sur le terrain,
40:30on le voit bien dans les propos, puisque l'Iran met le Liban en tête
40:34et menace de se retirer des négociations,
40:37voire de frapper Israël si la question du Liban n'est pas réglée.
40:43Et le désarmement du Hezbollah, mais ça reste quand même ultra illusoire.
40:47On a vu que les Américains ont compris que ça serait compliqué,
40:50donc on est passé à la phase, ce que j'appelle professeur Nimbus,
40:56ou la phase Frankenstein, c'est-à-dire,
40:58quand les Américains commencent à imaginer des choses,
41:02vous aviez par exemple, au moment de l'émergence de Daesh,
41:05David Petrébus, qui est un très grand intellectuel et militaire américain,
41:10mais qui avait eu cette idée saugrenue d'armer Al-Qaïda contre Daesh.
41:13En général, ça se termine très très mal, ce genre de choses.
41:17Et là, en l'occurrence, c'est Marco Rubio qui a accouché d'une idée
41:20d'armer certains bataillons de l'armée libanaise,
41:26sous-entendu les moins en prise avec des éléments chiites,
41:30pour désarmer le Hezbollah, avec des formateurs américains, etc.
41:38– Ça s'appelle une guerre civile.
41:38– Voilà, en gros, vous avez l'entrée…
41:40Mais les Américains, vous le savez, c'est toujours le problème du pays
41:43qui mène des guerres, alors que ces guerres-là ne touchent pas
41:47ou très peu sur le territoire.
41:48– Bien sûr, bien sûr.
41:48– Donc, ils voient les choses de très loin, en disant,
41:51on va… voilà, les…
41:53Et ils ont toujours, et ça, ça les pénalise énormément,
41:56c'est-à-dire qu'ils ont toujours cette vision condescendante
41:58que l'Occident va amener la solution,
42:01que l'Occident va amener la paix, va amener la construction,
42:04va amener la prospérité.
42:05Et partant de là, ils s'imaginent que celui qui est en face est inférieur,
42:10il est forcément plus bête, forcément…
42:11– L'âge de pierre.
42:12– Voilà.
42:13On l'a fait avec Saddam Hussein, bah oui, ils ont cassé l'Irak.
42:16On l'a fait avec les talibans, bon, ils ont fini par remettre les talibans.
42:19Et là, ils se sont tombés face à un os, c'est l'Iran.
42:22On s'est rendu compte que, bon, à la tête, il y avait des gens
42:25qui étaient des exégètes de Kant et d'autres choses,
42:31et qui maîtrisaient parfaitement leurs sujets,
42:34et qui ont vraiment, vraiment posé beaucoup de problèmes aux Américains.
42:38– Alors, on voit que cette question du Liban est loin d'être réglée.
42:41On voit que la pression américaine sur le Premier ministre israélien
42:45ne semble pas suffire.
42:46Et je voudrais à présent qu'on écoute le ministre israélien de la Défense.
42:49Israël Katz, qui évoque justement avec un journaliste cette question.
42:53– Tsaal se tient près sur la ligne jaune et nous ne reculerons pas.
42:57Nous avons annoncé qu'en aucun cas nous nous retirerons.
43:00Et pour le moment, il y a une victoire politique,
43:03mais il n'y a pas de demande américaine faite à Israël de quitter le Liban.
43:07– Il n'y a pas eu de demande de ce type ?
43:09– Il n'y a pas de demande américaine à Israël de se retirer du Liban.
43:13De toute façon, nous ne nous retirerons pas.
43:15– Même s'il y a une demande américaine, vous ne quitterez pas le sud Liban ?
43:19– On l'a clairement dit le Premier ministre au Président.
43:21Moi, à Pitexet, le ministre de la guerre,
43:24Tsaal protège les résidents du Nord.
43:31– Bon, dans l'esprit israélien, ça semble assez clair.
43:35Ils ne se retireront pas du Liban.
43:36– Oui, alors après, c'est le ministre de la Défense qui dit ça.
43:43Après, il y a des clauses qui apparaissent,
43:46il y a des conséquences, on va dire, des injonctions de Donald Trump
43:51à Benjamin Netanyahou.
43:53Moi, quand j'étais au Liban, c'était l'arrêt des frappes,
43:56c'était il y a à peu près un mois,
43:57c'était l'arrêt des frappes sur le sud de Beyrouth.
43:59Et les Israéliens se sont conformés par un cas
44:03où ils ont tenté d'assassiner un leader,
44:07un commandant d'Eridouane, qui est la force d'élite du Hezbollah,
44:12au Liban Sud.
44:13En dehors de ça, il n'y a pas eu de frappe à nouveau.
44:14Donc, j'ai quand même tendance à penser
44:17que si les Américains vraiment mettent la pression,
44:20Israël…
44:21Alors, reste la question, effectivement,
44:23on ne se retirera pas.
44:24Est-ce qu'on ne se retirera pas de la zone des 15 kilomètres
44:27qu'on appelle la fameuse ligne jaune ?
44:30Parce qu'actuellement, Israël mène des opérations
44:32sur les collines d'Altaer, par exemple,
44:35au nord de Nabatillé,
44:37qui ne sont pas dans cette ligne jaune.
44:39Opérations d'ailleurs extrêmement coûteuses
44:41en vie humaine pour les Israéliens.
44:43Il y a des infiltrations qui tentent d'infiltrer
44:45des positions extrêmement bien défendues par le Hezbollah,
44:48qui possèdent quantité de tunnels dans ces endroits-là.
44:50Et ce sont des endroits très contrastés
44:52en termes de terrain très difficile,
44:54dans lesquels il est très difficile d'évoluer.
44:56Et donc, Israël subit des pertes.
44:58Mais ce type d'opération-là, il est clair qu'à mon avis,
45:02si les Américains vraiment mettent la pression,
45:04ça va cesser.
45:05Ensuite, Israël, pour ce qu'on pourra toujours dire…
45:08L'idée, c'est de garder la face.
45:09– Est-ce qu'on n'est pas un peu dans un jeu de dupe ?
45:11Parce qu'on avait entendu aussi des pressions sur Israël
45:14lorsque la crise humanitaire explosait à Gaza,
45:18que des frappes étaient moonnées aussi
45:20sur des zones précisément humanitaires,
45:23sur des camps de réfugiés.
45:26Bon, concrètement, Israël ne cède pas vraiment aux pressions
45:28et poursuit son chemin de, vous l'avez dit,
45:31de vengeance pour Benjamin Netanyahou après le 7 octobre.
45:36On a le sentiment que globalement,
45:38les États-Unis font pression sur le plan médiatique.
45:41– Mais comme J.D. Vence l'a rappelé,
45:43comme vous l'avez rappelé,
45:44les armes continuent d'aller jusqu'en Israël.
45:46– Oui, mais évoquer ces armes,
45:48ça veut dire se réserver la possibilité, vous savez…
45:51– Ce serait du jamais vu.
45:53– Comment Joe Biden avait menacé,
45:57je ne sais pas s'il a mis exactement ses menaces à exécution,
46:00mais au moment de Gaza, de retirer certains missiles,
46:04ou en tout cas d'arrêter des commandes de missiles
46:09qui étaient destinées justement à l'armée israélienne.
46:13Les États-Unis ont toutes les clés pour arrêter ça, s'ils veulent.
46:16– On est bien d'accord.
46:17– Voilà, c'est juste une question de volonté et une question de…
46:21– Voilà, donc je pense que ça rentrera, à mon sens,
46:26ça va rentrer dans le… ça va se solutionner,
46:32parce que précisément les enjeux sont tels au niveau d'Hormuz,
46:37au niveau de l'économie mondiale, au niveau de la finance mondiale,
46:44les États-Unis ne peuvent pas se permettre une récession, etc.
46:47Et donc, ça ne peut pas… Israël ne peut pas être le facteur
46:51qui va continuer à entraîner Donald Trump à ses côtés dans la guerre.
46:57Et les propos de Vance sont très intéressants pour ça.
47:01C'est la première fois qu'on entendait tel propos,
47:03c'est la première fois qu'il y a vraiment un président américain comme Trump
47:07qui rend public la conversation qu'il a eue avec Netanyahou,
47:11qu'il a quand même insulté, qu'il a quand même…
47:14– Voilà, c'était quand même une conversation
47:17qui mettait vraiment les points sur les i, quoi.
47:22Et est-ce que maintenant, il y a beaucoup de communication,
47:24vous avez raison, autour de ça, et peu d'action,
47:28mais on sent quand même que là, les Américains ne sont pas prêts,
47:33parce qu'en plus, il y a la pression iranienne.
47:35Parce que les Iraniens, finalement, ragaillardis par cette guerre,
47:38se disent, le Liban, pour nous, ne sera jamais une variable d'ajustement.
47:44On ne va pas sacrifier notre proxy parce qu'on a les moyens
47:48de ne pas le sacrifier, parce qu'on n'a plus suffisamment de cartes.
47:51Parce que, voilà, Donald Trump aime bien jouer en…
47:55enfin, aime bien parler en joueur de poker,
47:59en disant, vous n'avez pas de cartes.
48:01Là, en l'occurrence, si.
48:03L'Iran a des cartes, et peut-être même des cartes supérieures
48:07à celles des Américains.
48:08– On voit quand même que dans toute cette affaire,
48:10finalement, qui aurait pu être évité, puisque les résultats
48:13et les objectifs qui n'ont pas été énoncés par Donald Trump
48:15n'ont vraisemblablement pas été atteints.
48:18On voit que toute cette affaire a plutôt été négative pour Donald Trump,
48:22qui cherche à reconquérir sa base aujourd'hui,
48:24et très négative pour l'image de l'Occident et des États-Unis,
48:28de l'hégémonie américaine.
48:30– Ça s'intègre bien, finalement, dans ce nouveau numéro d'Omerta,
48:34l'Occident dégénéré ?
48:35– Oui, si vous voulez, oui, tout à fait.
48:38Mais encore que, c'est, on va dire, l'Occident dégénéré,
48:44on peut quand même voir du positif chez Trump.
48:47Moi, j'insiste là-dessus, parce que l'action de Trump,
48:52en raison de la guerre en Iran, effectivement, a terni son image
48:55et l'a remis un petit peu dans la catégorie des présidents précédents,
48:59c'est-à-dire des présidents américains qui déclenchent des guerres ingagnables,
49:03qui coûtent des centaines de milliards de dollars
49:05et qui laissent des populations, voire qui provoquent des exodes.
49:12Le chiffre est absolument hallucinant.
49:14Depuis le 11 septembre, donc, les attentats du World Trade Center,
49:21le monde a connu, en raison des guerres américaines qui ont suivi,
49:2638 millions de déplacés, 38 millions.
49:29Donc, ça, c'est quoi ?
49:30Ça veut dire que ça fait des vagues migratoires,
49:33et les vagues migratoires, elles vont où ? Elles vont en Europe.
49:35Donc, il y a un effet dans les guerres américaines,
49:39et Donald Trump a semblé s'aligner avec ça
49:43quand il a déclenché cette guerre en Iran,
49:45où on s'est dit, oh là là, il va y avoir des troupes au sol,
49:47ça va durer des années.
49:49Ce n'est pas ce qui s'est produit, il a été suffisamment intelligent
49:51pour retirer, on va dire, pour ne pas s'aventurer
49:54dans le même type de guerre que ses prédécesseurs.
49:57Et en revanche, sur le plan intérieur,
50:00et même sur le plan international,
50:02l'idéologie woke, il l'a combattue jusqu'à ce qu'elle soit aujourd'hui
50:06très très contestée.
50:08À l'époque de Joe Biden, c'était l'inverse.
50:10Là, aujourd'hui, Donald Trump, en interne,
50:12et pour ce qui est de l'Occident dégénéré,
50:14a fait quand même un travail
50:16pour remettre l'église au milieu du village,
50:19au propre comme au figuré,
50:20et dire, attendez, ça ne va pas bien.
50:23– Il n'a pas de Barbara Butch, lui.
50:24– Non, il n'a pas de Barbara Butch,
50:26mais il a quand même des spécimens,
50:27il a quand même encore des tentatives de résistance.
50:30Mais on ne peut pas dire qu'aujourd'hui,
50:33en dépit de toutes les critiques
50:34qui essuient Donald Trump,
50:36il y ait vraiment un leader en mesure
50:38d'incarner une contre-culture de l'autre côté.
50:41Or, à l'époque de Biden,
50:43on était vraiment dans des Gavin Newsom
50:45et des gens comme ça,
50:46qui étaient des ultra-progressifs,
50:48des progressistes qui avaient le vent en poupe,
50:51et on entendait des choses quand même
50:52très très dérangeantes.
50:53Donald Trump a quand même eu l'avantage
50:56d'arrêter toutes ces délires.
50:59Le problème, c'est que la France
51:01n'a pas suivi nécessairement Trump,
51:04que le gouvernement Macron…
51:05– Comme quoi, les tendances viennent des États-Unis,
51:06mais pas tout le temps.
51:07– Exactement, ça vient des États-Unis,
51:09mais parfois les États-Unis disent…
51:11– Ça ne repart pas.
51:11– Voilà, vous savez, c'est la question du balancier
51:14qui va souvent très à gauche ou très à droite,
51:16mais qui revient à un moment au centre.
51:18En France, non, on est reparti sur des idées.
51:20Ces idéologies, d'ailleurs, viennent de penseurs français,
51:24Derrida, Foucault, etc.,
51:25qui, importés aux États-Unis,
51:27ont donné cette matière
51:28qui a donné naissance à la culture woke.
51:33Donc, là, ces problèmes dont on parle en France
51:38sont encore d'actualité chez nous,
51:40parce qu'ils ont encore voix aux chapitres.
51:42Ils ont encore voix aux chapitres aux États-Unis,
51:43mais ils sont sévèrement combattus.
51:45Ici, beaucoup moins, c'est plus…
51:46Voilà, on a vu de mémoire la cérémonie des Jeux Olympiques
51:52qui a quand même choqué la planète entière.
51:54On s'est dit, comment la France en est arrivée là ?
51:56Et ce n'est pas fini,
51:57parce que la fameuse Barbara Butch, on l'a vu,
51:59est allée donner des spectacles dans des églises.
52:02Des catholiques qui priaient devant
52:05pour conjurer le mal qui se passait à l'intérieur
52:07ont été arrêtés.
52:0848 heures de garde à vue.
52:09Voilà.
52:10Il y a des priorités en France.
52:12Oui, voilà, on n'est pas capable de…
52:14Les parents de l'IANA sauront apprécier ce genre de priorité, d'ailleurs.
52:17C'est ça, ou les racailles qu'on laisse massacrer des jeunes.
52:22Enfin, bref.
52:24Donc, on n'a pas compris, nous.
52:26Nous, on est toujours dans…
52:27D'où l'intérêt de ce numéro,
52:29parce que quand vous faites la synthèse
52:32de tous ces progressismes, entre guillemets,
52:36on se dit, vraiment, on marche sur la tête.
52:40On n'est pas au top, comme on dit.
52:41Je vous remercie beaucoup, Régis Le Sommier.
52:43Je vous rappelle donc, chers amis,
52:44vous pouvez retrouver le dernier numéro d'Omerta
52:47en kiosque ou sur le site.
52:48Vous pouvez retrouver plein de signatures,
52:50le colonel Augard, Marion Sigaud,
52:52Alexandre Delval, l'abbé Raffray et plein d'autres.
52:55J'espère que cette émission vous a plu.
52:58J'espère, bien sûr, qu'on pourra se retrouver la semaine prochaine.
53:00Je vous concocte quelque chose qui ne devrait pas vous déplaire.
53:03Vous devez normalement avoir une petite idée
53:04si vous étiez fidèle la semaine dernière.
53:06En attendant, je vous souhaite, bien sûr,
53:08de bien vous porter jusque-là.
53:09Et je vous donne rendez-vous la semaine prochaine.
53:11A bientôt.
53:12– Sous-titrage ST' 501
53:29– Sous-titrage ST' 501
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