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  • il y a 3 heures
Antoine Cohen propose dans son ouvrage, "Les grands défis du XXIᵉ siècle", une réflexion ambitieuse sur les grands axes qui façonneront notre siècle. Formateur dans l’enseignement supérieur et titulaire d’un master en entreprenariat, il analyse avec méthode les mutations démographiques, écologiques, économiques et technologiques qui bouleversent les sociétés contemporaines. À travers une approche prospective, il cherche à comprendre comment les nations pourront préserver leur stabilité et leur capacité d’action dans un monde en recomposition permanente. L’auteur défend l’idée que la souveraineté demeure un levier essentiel pour protéger les intérêts des peuples et garantir l’efficacité des décisions publiques.
L’un des chapitres les plus marquants de l’ouvrage est consacré à la question du revenu universel. Alors que ce concept a longtemps été associé à une lecture essentiellement située à gauche de l’échiquier politique, Antoine Cohen estime qu’il échappe désormais aux catégories idéologiques classiques. Il montre que cette idée s’impose progressivement comme une réponse possible aux bouleversements provoqués par l’automatisation, l’intelligence artificielle et les transformations du travail. Mais l’auteur pousse surtout la réflexion plus loin : que devient une société qui ne fait plus du travail le cœur de son organisation collective, de son identité et de son lien social ? Pour Antoine Cohen, le XXIᵉ siècle n’est pas la fin du monde, mais bien la fin d’un monde, celui sur lequel reposaient jusqu’ici nos repères économiques, sociaux et culturels.

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Transcription
00:00– Titulaire d'un master en entrepreneuriat, Antoine Cohen est formateur dans l'enseignement supérieur
00:10et il vient de publier les grands défis du 21e siècle, non seulement pour la France,
00:16mais aussi pour le monde, une approche stratégique et pragmatique.
00:20Et on en parle tout de suite avec l'invité, Antoine Cohen, bonjour.
00:23– Bonjour, merci de m'avoir invité.
00:24– Merci d'être sur le plateau de TVL pour parler de cet ouvrage,
00:27les grands défis du 21e siècle, il y en a, et vous avez fait le choix de concentrer votre réflexion
00:33sur quatre axes principaux, lesquels, et d'ailleurs pourquoi ce choix, évidemment ?
00:38– Eh bien, les quatre grands axes que je développe tout au long du livre,
00:42c'est à la fois le défi démographique, écologique, économique et technologique.
00:48Pourquoi ce choix ? Pour au moins deux raisons.
00:50La première, c'est parce que j'ai tendance à parler, à écrire sur ce que je connais,
00:54sur ce que je maîtrise, et donc je craignais, si j'avais abordé d'autres sujets,
01:01que ça soit trop léger à l'écrit, et parce qu'il me semble que ce sont les quatre axes
01:06essentiels,
01:07je développe au cours du livre comment justement ils sont liés les uns aux autres.
01:11C'est vrai qu'il y a d'autres sujets qui sont importants, comme la santé mondiale,
01:15comme le terrorisme international, comme la géopolitique, j'en parle tout de même dans l'avant-propos.
01:20– Oui, c'était quand même ma question, parce que je comprends très bien l'intérêt de quatre thèmes individuellement
01:25complexes,
01:25et vous l'avez dit, profondément liés les uns aux autres,
01:28mais en fait quand même, vous faites l'impasse sur des défis majeurs, comme la santé,
01:32on est en plein problème à nouveau de dites épidémies ou pandémies,
01:38et puis aussi la géopolitique, bien évidemment, avec les conflits entre l'Ukraine et la Russie,
01:42entre les États-Unis, Israël et l'Iran.
01:44– Est-ce que c'est pour vous une démarche consciente de rigueur et de profondeur ?
01:52C'est-à-dire, voilà, je ne parle que des sujets que je connais bien,
01:54ou est-ce que je fais abstraction de ces domaines-là,
01:56sur lesquels j'ai une compétence moindre, ce qui ne serait pas un reproche non plus ?
01:59– C'est un peu les deux, c'est-à-dire que je voulais que ce soit un travail approfondi,
02:04rigoureux,
02:04et je ne voulais pas m'éparpiller,
02:06donc j'ai préféré ne pas les développer au cours des chapitres,
02:10bien que j'en parle tout de même dans un avant-propos qui fait pas loin de 40 pages.
02:14– J'ai trouvé au moins une colonne vertébrale à l'ouvrage,
02:17c'est la répétition à travers tous les chapitres,
02:20l'affirmation que chaque nation doit conserver le contrôle de ses décisions.
02:24Pour vous, la souveraineté nationale, c'est la condition sine qua non
02:27pour que chaque État puisse protéger ses intérêts
02:30et assurer bien évidemment aussi sa sécurité.
02:33C'est vraiment ça le fondement de votre pensée, une pensée souverainiste ?
02:37– Oui, je pense que la nation est le meilleur cadre dans lequel une politique peut s'appliquer,
02:42ni trop grand, ni trop petit.
02:44Et je donne des exemples précis, par exemple notamment en matière écologique.
02:49On voit que quand il y a des décisions qui sont prises par des grandes institutions,
02:54par la COP21, la COP26, on voit que finalement il y a une sorte de désintérêt
02:58parce qu'aux yeux des citoyens, c'est quelque chose qui est trop grand,
03:02quelque chose de trop éloigné.
03:04Alors que justement, quand il s'agit de pays qui mettent en place des choses,
03:10qui mettent en place des mesures concrètes,
03:12comme par exemple l'Islande qui a adopté des politiques strictes
03:15pour protéger certaines reproductions du cabio,
03:17que ce soit aussi la Suède et la Norvège qui ont développé des politiques énergétiques
03:22qui visent à réduire leur dépendance aux énergies fossiles,
03:24que ce soit la Suisse qui a mis en place des règles d'urbanisme très strictes
03:28afin de protéger ces paysages.
03:30– Quand je dis défendre la souveraineté nationale,
03:34je dis que vous êtes souverainiste et ça ne vous a pas fait réagir.
03:38– Alors en fait…
03:38– C'est un terme que beaucoup ont peur de…
03:40– Alors ce n'est pas que j'ai peur, c'est qu'en fait,
03:43à partir du moment où on se dit souverainiste,
03:44on considère que la souveraineté c'est une idéologie.
03:49Alors que pour moi c'est du bon sens,
03:50donc je dirais que je suis plutôt partisan de la liberté de chaque État.
03:54– La liberté, bien évidemment, c'est un autre thème
03:56qui traverse totalement l'ouvrage, c'est la liberté.
03:59C'est bien d'être sur TV Liberté pour en parler.
04:01Et en tout premier lieu, bien sûr, la liberté d'expression.
04:04Mais vous avez une phrase, je vous le dis franchement,
04:06qui m'a laissé un peu perplexe.
04:09Défendre la liberté d'expression, c'est défendre la démocratie
04:12et la capacité des sociétés à s'auto-corriger.
04:17Quitte à restreindre les réseaux sociaux au nom de la protection des populations,
04:21c'est ça que vous proposez.
04:22– Oui, je pense qu'effectivement, dans le cas des réseaux sociaux,
04:27je pense que là aussi c'est aux États de légiférer eux-mêmes.
04:31Donc j'en parle dans l'un de vos propos.
04:32Effectivement, les réseaux sociaux aujourd'hui, si vous voulez,
04:35c'est le cinquième pouvoir.
04:36C'est-à-dire qu'aujourd'hui, par exemple, malheureusement,
04:39quand il y a un attentat, on sait pratiquement en direct
04:42ce qui se passe via les réseaux sociaux.
04:44Ça permet aussi de mettre la pression sur les pouvoirs publics.
04:47Je donne notamment l'exemple de Sébastien Lecornu,
04:50qui a restreint les privilèges pour les anciens ministres de l'Intérieur
04:54et anciens premiers ministres.
04:56Bien que, voilà, le revers de la médaille,
04:59c'est qu'il peut y avoir toujours de la désinformation, des fake news,
05:03mais ça ne veut pas dire pour autant qu'il faut censurer.
05:05– C'est l'agora, c'est l'agora.
05:08Dans l'agora, tout le monde parlait, donnait, échangeait.
05:12Les réseaux sociaux, c'est une grande agora.
05:14– Oui, alors, ça a plusieurs…
05:16– Les informations, Marie-Antoinette, elle en est morte.
05:18Donc, ce n'est pas une nouveauté.
05:19– Ça a plusieurs vocations, les réseaux sociaux, ça a permis…
05:22– Il faut les réguler, c'est ça le terme que vous utilisez,
05:24il faut les réguler.
05:25Il faut une autocorrection.
05:28– Quand c'est nécessaire, oui.
05:30C'est-à-dire que, quand il s'agit de comptes qui tiennent des propos
05:37qui vont au-delà de la loi, il est normal de prendre des mesures adéquates.
05:42Cela dit, je ne suis pas du tout favorable à ce qu'on…
05:47Par exemple, c'est une proposition du gouvernement,
05:49à ce qu'on mette en place un âge minimum pour pouvoir accéder au réseau social
05:55ou bien mettre fin à l'anonymisation des comptes.
06:01Là, pour le coup, je suis contre.
06:03– Sur la question de l'immigration, que vous reliez à l'avenir civilisationnel
06:08de la France et de l'Europe, vous continuez à prôner des dispositifs d'intégration.
06:15Mais là encore, Antoine Cohen, tout en reconnaissant leur échec.
06:18– Alors, ce que je dis, c'est qu'il y a effectivement des vecteurs d'intégration.
06:21Historiquement, ça a été l'école, l'armée et l'église,
06:25bien qu'en fait, ces vecteurs ne jouent plus vraiment leur rôle.
06:28Il y a des nouveaux vecteurs qui apparaissent, comme le sport, comme la culture,
06:33comme le domaine associatif, comme l'entreprise, qui est un vecteur souvent sous-estimé.
06:37Et je dis, je précise bien, que ces vecteurs sont efficaces
06:40seulement si la capacité d'accueil est adéquate pour pouvoir justement intégrer,
06:47voire assimiler les populations étrangères.
06:50À partir du moment où il y a une disproportion,
06:53eh bien, dans ce cas, ça mène souvent à la ghettoïsation et à l'insécurité.
06:57– Je vous cite le préalable aninflux massif de populations étrangères,
06:59c'est la mise en place de puissants dispositifs d'assimilation.
07:03Et sur la question de l'immigration, vous vous référez à Jean-Marie Le Pen,
07:05qui, lui, avait abandonné l'assimilation depuis des décennies,
07:09considérant qu'elle était un échec, qu'il fallait bien évidemment passer à autre chose,
07:12ni l'assimilation, ni l'intégration.
07:14Et il avançait vers une forme d'idée de remigration.
07:17– Oui, alors ce n'est pas parce que je suis quelqu'un que je suis forcément d'accord
07:20avec tout ce qu'il dit, mais en l'occurrence…
07:22– Je ne suis pas d'accord, mais c'est…
07:23– Mais en l'occurrence, je lui rends hommage à la fin d'un chapitre,
07:27puisque je retranscris une partie de son discours d'adieu au Parlement européen en 2019,
07:32rendant assis à César ce qui appartient à César,
07:34puisqu'il a été effectivement le premier homme politique français
07:37à mettre sur la table le sujet de l'immigration,
07:40et qu'il n'a cessé de marteler toujours le même discours pendant 40 ans.
07:45– Vous n'hésitez pas à dire qu'une civilisation multi-ethnique,
07:48multiculturelle et démographiquement déséquilibrée sur son propre territoire
07:52n'est pas durable.
07:53Et vous n'hésitez pas à aborder le thème avec les conséquences environnementales
07:56aussi des migrations internationales.
07:58Ça, c'est quelque chose qui est assez peu évoqué.
08:00– Oui, effectivement, c'est un sujet qui est souvent mis sous le tapis,
08:04c'est-à-dire que nos flux migratoires en France et en Europe,
08:07ils viennent principalement d'Afrique du Nord et d'Afrique sud-saharienne,
08:10donc ça veut dire que quand un individu migre du Sud vers le Nord,
08:14automatiquement son empreinte carbone augmente,
08:16parce qu'il a besoin d'un logement assez décent, assez grand.
08:21Je cite l'exemple de l'île de France, c'est-à-dire que Paris concentre les emplois,
08:24mais les gens issus de l'immigration, qui font souvent partie de la classe populaire
08:30ou de la classe moyenne tout juste, n'ont pas les moyens d'habiter sur Paris,
08:33et donc vivent dans des coins un peu reculés, ont besoin de transport,
08:37et donc tout ça, ça pollue aussi.
08:38Et puis, la population de l'île de France ne cesse de croître,
08:42on est aujourd'hui à 12 millions d'habitants,
08:44ce qui fait qu'on est sans cesse obligé de construire de nouveau des logements,
08:48des centres commerciaux, au détriment de la nature.
08:52– Donc quand les écologistes font de l'immigration un sujet,
08:56par définition, c'est un sujet qui est forcément avec connotation écologique,
09:01c'est-à-dire que ça a un impact négatif sur l'écologie.
09:04– Oui, alors pour le coup, aujourd'hui, ceux qui se disent écologistes,
09:07malheureusement, ils viennent principalement de la gauche,
09:09enfin ils se disent de la gauche, alors que si on y réfléchit de plus près,
09:13l'écologie est une valeur de conservation,
09:16donc je dirais que c'est plutôt une valeur de droite,
09:19l'idée que nous ne sommes pas les propriétaires absolus du monde dans lequel on vit,
09:25et que nous avons le devoir de le transmettre dans un état vivable aux générations futures,
09:31et donc ça comprend bien sûr la préservation des paysages,
09:37la réduction dans la mesure du possible de l'empreinte carbone.
09:40– C'est ce que certains appellent l'écologie humaine ?
09:43– Je ne sais pas ce que vous dites derrière le mot écologie humaine.
09:49– C'est-à-dire qui met l'humain au centre de tout ?
09:52– Oui, pas de tout, mais en partie en tout cas.
09:54– Bon, je voudrais vous interroger sur un chapitre important,
09:57qui est le défi technologique avec cette citation de Marshall McLuhan,
10:01que je cite, que vous citez bien évidemment,
10:04« Nous façonnons nos outils, puis ce sont nos outils qui nous façonnent,
10:07et vous proposez à tout risque de, je vous cite, retrouver la flamme du progrès ».
10:12J'étais pourtant convaincu en vous lisant que le progrès comportait de forts risques,
10:16et pourtant il va falloir retrouver cette flamme.
10:19– Oui.
10:20– Ce n'est pas contradictoire.
10:21– Pourquoi ça serait contradictoire ?
10:24– Il n'y a pas des risques dans le progrès ?
10:25– Oui, il y a toujours des risques dans le progrès,
10:27mais il y a aussi des avantages, il y a aussi des opportunités.
10:31Je rappelle par exemple que durant la période de la Grande Dépression,
10:36la France se trouvait dans une situation économique très défavorable,
10:40et pourtant c'est dans cette période-là qu'il y a eu des avancées majeures,
10:44qui ont permis de créer des nouveaux emplois,
10:47qui ont permis un gain de productivité, que ce soit l'automobile,
10:49que ce soit la photographie qui a transformé notre rapport à l'image et à la mémoire,
10:54et l'électricité qui était balbutuante déjà,
10:58et aussi c'est dans cette période qu'on a réalisé le plus grand rêve pour l'homme,
11:03à savoir l'idée de voler.
11:05– Nous façonnons nos outils, puis ce sont nos outils qui nous façonnent.
11:10McLuhan vous a tout dit là, non ?
11:11– Oui, c'est-à-dire qu'effectivement…
11:13– C'est vous qui le citez, moi je n'ai pas été le chercher.
11:15– Oui, c'est-à-dire qu'effectivement, après on devient aussi,
11:17c'est un peu le revers de la médaille là aussi,
11:19c'est-à-dire qu'on devient aussi un peu dépendant de nos outils,
11:21et ça j'en parle dans les effets par exemple déshumanisants des écrans,
11:25on voit justement qu'un nombre conséquent de personnes, selon des études,
11:31sera amené à avoir des troubles psychiques à cause de cette fameuse surexposition des écrans,
11:36que ça touche beaucoup les jeunes,
11:38que ça contribue aussi à la baisse du niveau à l'école,
11:42et c'est pour ça qu'aujourd'hui il y a par exemple des entreprises
11:44qui proposent des stages de désintoxication et un retour vers la nature,
11:49donc tout dépend comment on utilise ces outils,
11:51encore une fois tout est une question d'équilibre.
11:53– Nouvelle technologie, intelligence artificielle menaçante,
11:57annonce imminente d'un chômage structurel généralisé,
12:00et vous apportez une réponse à tout cela,
12:02qui avait été un peu perdue de vue, je dois dire,
12:05depuis la campagne de Benoît Hamon,
12:08on l'a évoqué en dehors du studio il y a quelques instants,
12:12c'était en 2017, j'ai l'impression que c'était très lointain,
12:16c'est une mesure qui est celle du revenu universel.
12:22– Alors d'abord la question c'est pourquoi j'en suis arrivé à cette solution ?
12:29Tout simplement parce que, je vous donne quelques chiffres,
12:32une étude de Goldman Sachs par exemple, qui est la banque d'affaires,
12:36qui montre qu'à terme il va y avoir 300 millions d'emplois
12:39qui vont être supprimés à cause de l'IA,
12:42en France on serait plutôt, donc ça représente 10% des emplois,
12:45en France on serait plutôt sur du 20% compte tenu de la forte proportion
12:48des métiers tertiaires et des métiers de bureaux,
12:51il y a une étude de McKinsey qui montre aussi que, par exemple en 2025,
12:55il y a une entreprise sur deux qui a reconnu avoir moins embauché à cause de l'IA,
13:00et donc il va bien falloir trouver une solution,
13:03et la solution à mes yeux c'est la redistribution,
13:06donc le fameux revenu universel, et d'ailleurs ce n'est pas un hasard
13:09si des figures de la tech multimilliardaires comme Mark Zuckerberg ou Elon Musk
13:14y sont favorables, parce qu'ils sont mieux placés que quiconque
13:18pour savoir que l'IA, les algorithmes, l'automatisation, la robotisation
13:24menacent le travail humain.
13:26Pendant longtemps effectivement j'y étais moi aussi défavorable,
13:29notamment quand Benoît Hamon lui-même en parlait,
13:31parce que ça semblait reposer sur une forme de renoncement.
13:35Je pensais à première vue que l'IA allait remplacer que les tâches répétitives et basiques,
13:41et on le voit aujourd'hui qu'en fait l'IA va bien plus loin que ça,
13:45puisqu'en fait l'IA est capable de concurrencer des professionnels aguerris,
13:51est capable de créer des contenus comme des bilans, des audits,
13:58est capable de faire tout un tas de recherches à votre place,
14:01est capable de penser à votre place,
14:03et donc je vois l'euro-universal comme une solution.
14:07Alors en fait l'euro-universal si vous voulez c'est à la fois une idée de gauche,
14:10mais c'est aussi une idée de droite.
14:11Alors c'est une idée de gauche parce que c'est social,
14:13ça permet de réduire la pauvreté.
14:14Pour reprendre l'expression de Thomas Paine, écrivain du XVIIIe siècle,
14:19chaque individu naît avec un droit à une part de richesse de la terre,
14:24mais ça ne dit pas tout,
14:25parce que l'euro-universal peut être tout à fait compatible avec l'idéologie libérale,
14:29et d'ailleurs Milton Friedman, qui est un des pères du libéralisme,
14:33défendait une idée assez proche, à savoir l'impôt négatif.
14:37Pourquoi ça peut être une idée libérale ?
14:39Parce que l'euro-universal a pour vocation de remplacer toutes les prestations sociales existantes.
14:43Et donc derrière, le fait de centraliser une seule aide,
14:47ça permet de réduire les coûts, que ce soit en ressources humaines,
14:51en termes de contrôle, en termes de supervision.
14:52– D'accord, mais d'un côté vous me parlez de 114, 240 milliards,
14:56de l'autre côté vous me parlez de 500 milliards.
14:57– Oui, alors je…
14:58– Ce n'est pas exactement la même somme à trouver dans un pays
15:00dont je vous rappelle que sa dette est de 3500 milliards.
15:03– J'en ai parfaitement conscience.
15:05Alors effectivement, 140 milliards…
15:06– Par an, bien sûr, 500 par an.
15:08– 480 pour être précis, si on l'accorde.
15:10– Je vous le fais à 480.
15:11– Et néanmoins, 500 milliards, 500 milliards par an.
15:14– Je vais être précis sur les chiffres.
15:16Si on accorde, alors ça serait presque un euro-universal,
15:18si on l'accorde uniquement aux personnes majeures,
15:20ça représenterait 480 milliards d'euros,
15:23soit le budget équivalent de l'État.
15:24Alors j'ai dit, il y a déjà 140 milliards qu'on peut supprimer,
15:27à savoir toutes les prestations sociales existantes,
15:29même si un complément conséquent resterait nécessaire.
15:32Et c'est là qu'intervient la taxation sur les super-profits.
15:35C'est-à-dire que toutes les entreprises qui produisent de l'IA
15:37ou qui en tirent un avantage compétitif majeur,
15:41et bien finalement, il serait assez normal de les taxer davantage
15:43d'un point de vue éthique,
15:45et ne serait-ce que pour maintenir une demande.
15:47Parce que si une part conséquente de la population
15:50est exclue du marché de l'emploi,
15:52elle est mécaniquement de la consommation.
15:54Qui va consommer les produits ou les services produits par l'IA ?
15:57Et donc le fait d'instaurer un revenu universel,
15:59et bien apparaît comme un stabilisateur économique,
16:02permet de maintenir une demande.
16:04J'ajoute juste une chose.
16:05Le revenu universel, à mes yeux,
16:07il permettrait aussi de sortir du piège de l'assistedat.
16:11Pourquoi ? Parce que pour un certain nombre de gens,
16:13quand ils font leurs calculs,
16:14ils se rendent compte qu'ils gagneraient autant,
16:16voire un tout petit peu plus,
16:18en travaillant qu'en ne travaillant pas.
16:20Et donc forcément, ça décourage à travailler.
16:22Ce qui ne serait pas le cas avec le revenu universel,
16:24puisque le revenu universel est inconditionnel,
16:27donc cumulatif.
16:28Je comprends bien.
16:29Vous êtes Antoine Cohen et Martial Bild.
16:31Antoine Cohen touche le revenu universel,
16:33Martial Bild aussi.
16:33L'un et l'autre peuvent continuer à travailler ?
16:35Après, ça a chacun un devoir.
16:37C'est-à-dire qu'il y a eu des expérimentations
16:38qui ont été faites,
16:39par exemple en Finlande, entre 2017 et 2018,
16:43qui a montré qu'il n'y a pas eu de retrait massif
16:46de personnes sur le marché de l'emploi,
16:48que seuls ceux qui se sont retirés du marché de l'emploi
16:51étaient les jeunes,
16:52des adolescents qui ramenaient de l'argent à leur famille,
16:55ou bien des mères de famille
16:56ayant des enfants en bas âge.
16:58Et c'est justement ça aussi le but du revenu universel,
17:00c'est de permettre aux gens d'avoir le choix.
17:03Avec une forme d'égalitarisme.
17:04Après tout, tout le monde se vaut.
17:06Oui, parce que si on commence, si vous voulez,
17:09à mettre des critères, à dire celui-là, il a le droit,
17:11et puis celui-là, il a le droit plus, etc.
17:13Dans ce cas-là, ça risque de coûter plus cher, au final,
17:16que de ne pas faire de sélection.
17:17– Votre société des défis du XXIe siècle,
17:19c'est une société qui sera très égalitariste.
17:22– Bah écoutez, en partie.
17:25En partie, mais après, effectivement,
17:26il n'y a pas que le revenu, c'est le qui compte,
17:27il y a aussi le revenu que vous percevez également.
17:30Donc au final, quand vous faites l'addition,
17:32les gens ne gagneront pas forcément la même chose.
17:35– C'est une question essentielle,
17:38que je m'étais posée, mais que vous formulez vous-même,
17:41dans les pages qui suivent,
17:42que devient une société dans laquelle le travail n'est plus central ?
17:46– Eh oui, Keynes disait dès 1930
17:49que le problème économique pourrait être résolu d'ici 100 ans.
17:52Et donc la question, effectivement,
17:54que faire de notre temps libre ?
17:55J'en parlais, il y a eu des expérimentations
17:57qui ont été faites sur des échantillons,
18:00des personnes représentatives de populations,
18:02que ce soit en Espagne, aux États-Unis également.
18:04On voit qu'au final, comme on dit, vous savez,
18:06la nature a horreur du vide.
18:08Donc au final, les gens arrivent toujours à s'occuper,
18:10que ce soit en effectuant une formation,
18:12que ce soit en créant une entreprise,
18:13que ce soit pour s'occuper de ses proches.
18:15Mais effectivement, c'est une question
18:17qu'on a longtemps laissée en suspens,
18:19mais qui risque d'arriver.
18:20– Il faut repenser tout,
18:21parce que l'industrie du loisir et du temps libre
18:24est adaptée à, globalement,
18:27un Français qui travaille 5 jours sur 7.
18:30Là, si on l'adapte à un Français
18:31qui ne travaille pas 7 jours sur 7,
18:33c'est une autre dimension.
18:34– Vous savez, l'industrie des loisirs et des vacances,
18:36je trouve qu'elle prend de plus en plus de place dans nos vies,
18:39parce qu'à peu près tout s'est démocratisé.
18:41Aujourd'hui, vous pouvez partir une semaine en vacances pour 500 euros
18:44avec les compagnies et les clubs de vacances Le Cos.
18:48Donc justement, on est dans un contexte favorable
18:51où les gens peuvent s'occuper.
18:53Et je pense que c'est un peu…
18:57– Dans une société où toutes les valeurs ont explosé,
19:00la valeur famille, la valeur nation, la valeur travail,
19:05reste encore, quand même, globalement, une valeur qui fonde le pays.
19:11Si on enlève ça, est-ce qu'on doit repenser
19:13l'ensemble des notions de valeurs d'utilité sociale,
19:16de reconnaissance, de dignité ?
19:18– Oui, bien sûr.
19:19– Tout ça passe par travail, non ?
19:20– Je ne dis pas que le revenu universel va mettre fin au travail,
19:23mais va mettre fin à son monopole
19:25comme condition d'existence économique.
19:29– Et ça sera réservé aux seuls Français ?
19:32– Oui, bien sûr, aux citoyens, ça, ça va de soi.
19:36– D'accord, on va relire cet ouvrage,
19:39Les défis du XXIe siècle, pour être convaincu de ça.
19:42– Les grands défis.
19:43– Les grands défis.
19:43– Et je veux dire, ce revenu universel,
19:45c'est quelque chose de très intéressant,
19:46vous remettez sur le tapis, et qui mérite une réflexion,
19:50et je vous invite bien évidemment à la découvrir.
19:52La XXe siècle n'est pas la fin du monde ?
19:53– Non, le XXIe siècle, pardon, le XXIe, c'est mon âge.
19:57– Le XXIe siècle n'est pas la fin du monde, le XXe, j'en suis sûr.
20:00– Le XXIe siècle n'est pas la fin du monde,
20:02mais la fin d'un monde, celui que nous pensions stable et prévisible,
20:06à nous, à présent, de construire un nouveau cadre
20:09capable de conjuguer liberté, progrès et préservation,
20:14dans un monde où le changement est désormais la seule constante.
20:17– Il me reste une minute.
20:17Pourquoi vous essayez toujours de débaucher le temps d'après ?
20:20Vous êtes jeune, après tout, les jeunes d'aujourd'hui,
20:22ils vivent le temps présent.
20:24– J'essaye de voir un peu plus loin que le bout de mon nez.
20:29– À quelle fin ?
20:30– Alors, il y a plusieurs questions.
20:31C'est vrai qu'aujourd'hui, on a tendance à traiter l'actualité courante
20:35et au final, on ne voit pas sur le moyen et long terme.
20:37Mon ambition avec ce livre, c'est que d'ici quelques années
20:40ou quelques décennies, les gens le referment en disant,
20:43au final, il avait raison.
20:46À quelle fin ?
20:47Je pense que, si vous voulez, que les décisions,
20:50les choix du quotidien ne dépendent pas uniquement
20:52des gouvernements ou des grandes institutions,
20:55ils dépendent de chacun de nous dans nos choix
20:58afin de pouvoir construire un monde meilleur, tout simplement.
21:02– Voilà, donc le XXIe siècle n'est pas la fin du monde,
21:04mais la fin d'un monde.
21:05On vous reconnaît, Antoine Cohen,
21:07la volonté d'ébaucher le temps d'après
21:09avec ces transformations technologiques, économiques et sociales.
21:12Je vous reporte à cet ouvrage,
21:14les grands défis du XXIe siècle.
21:17Cet ouvrage d'Antoine Cohen, il est en vente,
21:19vous le savez, sur le site tvl.fr.
21:22Vous allez dans la boutique de TV Liberté.
21:24Cet ouvrage vous attend.
21:26Merci, Antoine Cohen.
21:27– Merci à vous.
21:30– Sous-titrage ST' 501
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