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  • il y a 2 jours
Sommes-nous encore libres dans une société où tout est devenu marchandise ? Dans son ouvrage "Philosophie de la soustraction", Pol Quadens soutient que le marché a progressivement remplacé le politique et qu'il façonne désormais nos comportements, nos désirs, nos peurs et jusqu'à notre conception du bonheur.
Pourquoi avons-nous en permanence le sentiment de manquer de temps ? Comment la publicité, les médias et les chiffres omniprésents participent-ils à notre conditionnement ? L'Union européenne contribue-t-elle à l'uniformisation des peuples ? Existe-t-il encore un véritable libre arbitre ?
Face à ce qu'il considère comme l'autodestruction de la société marchande, Pol Quadens propose une voie radicale : la soustraction. Une démarche individuelle consistant à se libérer des injonctions sociales, économiques et idéologiques afin de retrouver autonomie, curiosité intellectuelle et liberté intérieure. Une conversation philosophique sur le pouvoir, le conformisme, la solitude, le doute et les conditions d'une vie libre.

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Transcription
00:05Bonjour à tous, bienvenue dans notre Zoom avec Paul Quadens.
00:09Bonjour, monsieur.
00:10Bonjour.
00:11Paul Quadens, artiste, designer, sculpteur, passionné de philosophie,
00:15a vu publier cet ouvrage chez les impliqués éditeurs,
00:19philosophie de la soustraction pour une vie de liberté et d'épanouissement
00:24dans la soustraction des biens contre le dogme de la soumission à la société de l'addition.
00:31C'est un essai philosophique, Paul Quadens,
00:35alors où vous dénoncez l'asservissement à la société de marché
00:41qui s'est substituée au pouvoir politique, dites-vous,
00:45et qui a tout transformé en marchandise.
00:49Alors, quelle est l'emprise exacte du marché sur nos consciences ?
00:54Alors, on parle de réification, c'est-à-dire la transformation de toute chose en objet, en marchandise.
01:01C'est ça qui se passe depuis, on va dire, la fin de la Seconde Guerre mondiale, certainement.
01:07L'industrie a pris le pouvoir, l'industrie gère tout, l'industrie est en faillite, en déliquescence.
01:14Elle doit absolument vendre de plus en plus de choses et d'objets à de plus en plus de gens.
01:19Elle est renouvelée le plus en plus souvent si possible.
01:21L'obsolescence programmée.
01:23Entre autres, obsolescence programmée, mais évidemment, les nouvelles technologies,
01:28les modifications de technologies, l'électrique, l'éolien, tout ça,
01:34sont des choses qui sont des produits, des marchandises qui viennent en compensation d'une industrie qui va très mal.
01:39Mais les gens vont vous dire, Paul Quadens, que nous sommes libres, n'est-ce pas ?
01:43Nous vivons dans une société de liberté.
01:45Il n'y a aucun problème. La société va nous maintenir dans cette illusion de liberté,
01:50puisqu'elle va nous fournir tous les éléments qui vont nous faire croire que nous sommes libres.
01:55Encadrée dans le marché, cette liberté.
01:57Encadrée dans le marché, puisque rien ne pourra en sortir.
02:00Quand on fait un burn-out parce qu'on travaille trop, il n'y a pas de problème.
02:03La société l'a prévue.
02:04Elle va nous mettre en congé, elle va nous donner une série de médicaments,
02:08elle va ouvrir une petite sopape pour que nous revenions travailler le plus vite possible
02:12et dans la meilleure santé possible.
02:14C'est pareil pour les vacances, c'est pareil pour toute une série de choses
02:17que la société organise plutôt que ne laisse faire, parce que là, ce serait le vrai chaos.
02:21Notre santé et notre solvabilité sont ce qui intéresse nos dirigeants.
02:28Oui. Nos dirigeants veulent des gens qui travaillent, qui travaillent beaucoup, qui travaillent bien.
02:33Ils veulent certainement que de plus en plus de monde se mette au travail.
02:37C'est-à-dire que, par exemple, je ne sais pas…
02:39Les femmes, à partir des années 60 ?
02:41Voilà.
02:42En tant que salariées, les femmes ont toujours travaillé.
02:45Bien sûr, les femmes ont toujours travaillé, mais à l'époque, juste après guerre,
02:48je dirais, une famille, il y avait l'homme qui allait au travail
02:51et il nourrissait sa famille sans problème, sa femme et ses deux ou trois enfants.
02:55Puis après, ça a évidemment changé.
02:57La crise des années 70 est arrivée et en 76, on a vu le MLF,
03:02je ne sais pas si vous avez connu ça, le mouvement de libération de la femme,
03:04qui est arrivé avec notamment les lois pour l'avortement, etc., de Simone Veil, etc.,
03:10qui ont fait qu'on a mis les femmes au travail en leur donnant l'impression de les libérer.
03:15En réalité, on les a simplement mis au travail.
03:18Et c'est Karl Marx qui explique aussi que la femme a été mise au travail
03:21essentiellement parce qu'elle est moins révolutionnaire que l'homme,
03:25elle est plus organisée, plus sage, elle fédère, la femme est plus douce
03:29et elle fait vraiment du bien dans une entreprise.
03:31Donc, c'est une des bonnes raisons aussi pour la faire travailler, la femme.
03:34– Et vous dites aussi que cette société du marché nous maintient dans un état d'urgence.
03:40Qu'est-ce que vous entendez par là ?
03:41– Oui, c'est-à-dire que comme la production va mal,
03:45comme l'industrie va mal, elle doit profiter,
03:47elle doit optimiser chacun de ses acteurs.
03:51Donc, chacun de ses acteurs va être poussé au maximum de ses limites,
03:54juste avant qu'il n'éclate, juste avant qu'il ne pète une tige,
03:58jusqu'avant qu'il ne parte à l'hôpital, à une pièce psychiatrique.
04:03Donc, il faut aller jusqu'au bout.
04:04Donc, il y a cette urgence et cette pression qui est maintenue.
04:07– Ces gens qui nous disent « je n'ai pas le temps »,
04:11qu'est-ce que ça vous dit de l'état de la société, de l'état mental des gens ?
04:16– La sémantique est vraiment très éclairante là-dessus.
04:19Il y a toute une série d'expressions qui, en fait, si on y réfléchit deux minutes,
04:23ne veulent strictement rien dire d'intéressant.
04:25Par exemple, j'ai besoin, j'ai pas le temps, ou j'ai besoin, j'ai besoin de vacances.
04:31Non, non, tu n'as pas besoin de vacances.
04:32En fait, tu veux prendre des vacances, tu as le désir des vacances,
04:35mais les besoins de base de l'homme sont très simples.
04:39Manger, boire, dormir, se reproduire.
04:41– Se vêtir.
04:42– Et se vêtir. Et voilà, ça s'arrête là.
04:44Tout le reste, c'est fantasme et luxe et tout ça a été rajouté par la société après,
04:50qui a profité des besoins créés volontairement pour donner envie au peuple
04:56de suivre ses besoins, pour leur vendre un maximum de marchandises, évidemment.
04:59– Ça, c'est le pendant de la société totalitaire communiste,
05:06qui a aussi ses défauts, mais c'est le pendant, ça c'est la vision capitaliste.
05:10– Dans le libéralisme, c'est ça, oui.
05:12– Voilà, on va vous faire rêver de toutes ces choses que vous pouvez avoir
05:16grâce à votre travail, grâce au marché.
05:18– Voilà. Et à chaque moment où il y aura un manque,
05:20où il y aura quelque chose qui va s'essouffler,
05:23ou qui se vendra moins, qui aura moins de succès,
05:25qui va se démoder par exemple,
05:27on va arriver avec autre chose qui va le remplacer,
05:29qui va prendre le relais.
05:30Et on fera comprendre que c'est moderne, c'est nouveau, c'est le progrès.
05:34– Est-ce que nous vend Apple avec un nouveau téléphone chaque année ?
05:38– Évidemment, évidemment.
05:38Qui aurait dit, dans les années, moi j'ai eu mon premier GSM en 94,
05:42si je me souviens bien, mon vieux Nokia,
05:46j'étais les premiers à mettre de l'argent pour acheter un téléphone.
05:48Aujourd'hui, on est tous avec un budget d'un millier d'euros
05:51presque tous les deux ans pour s'en acheter un nouveau.
05:53Donc c'est vraiment un gros, gros changement, oui.
05:56– La pauvreté, la misère, l'abandon, la solitude,
06:00dites-vous, toutes ces notions sont des inventions du profit.
06:05Dans quel but ceci ?
06:06– Alors, l'industrie ne peut pas satisfaire tout le monde, évidemment.
06:10Il y a toujours des gens, il y a toujours une lutte des classes,
06:12évidemment, qui est là depuis le tout début.
06:14Donc il y a des gens, évidemment, plus pauvres,
06:15il y a des gens plus riches,
06:17il y a des classes qui doivent s'équilibrer.
06:20Alors, on essaie au maximum de limiter la casse
06:23et d'avoir le moins de délinquance possible,
06:26c'est une évidence, mais en attendant, il y en a, il y en aura toujours.
06:29C'est de nouveau cette limite qui est recherchée, en fait, comme ça,
06:31jusqu'à ce que ça déborde, jusqu'à ce que les gens descendent dans la rue.
06:34Ils s'arrêtent juste à temps, juste avant, pour éviter les gros problèmes.
06:38Tout ça est calculé, pas consciemment et intelligemment,
06:42de la part des dirigeants, je ne dis absolument pas ça,
06:44je dis que c'est organique, ça se fait tout seul, en fait.
06:48– C'est le système qui fonctionne ainsi.
06:51– Voilà, donc l'homme a créé un système industriel
06:53qu'il a lancé depuis les premiers stocks du Néolithique
06:56jusqu'à deux jours, avec la superindustrie,
07:00mais en fait, il a créé un monstre,
07:02il a créé un monstre organique qui avance tout seul.
07:05Il n'y a pas de responsable là-derrière, en fait.
07:07Il y a l'industrie qui, elle, dirige le monde
07:09et qui installe des responsables comme elle le peut
07:12et qui les remplace comme elle le peut
07:15en essayant d'éviter des débourdements à la population.
07:18– Mais dites-vous, la solitude, pourquoi est-ce une souffrance ?
07:21Pourquoi les gens ont peur d'être seuls ?
07:24– Alors, les gens ont tellement peur d'être seuls,
07:26on les incite à cette peur.
07:29Donc, les peurs, selon moi, dont la solitude fait partie,
07:32sont des mécanismes aussi installés inconsciemment
07:37par le système de l'industrie,
07:39qui fait qu'on ne peut pas vivre seul.
07:41Seul, on dépense moins d'argent.
07:43Seul, on voyage beaucoup moins.
07:45Seul, on lit un peu plus.
07:46On s'instruit un peu plus.
07:48– On est un mauvais client seul.
07:50– On a un très mauvais client.
07:51Ah oui, non, les solitaires sont soit à la rue,
07:55soit des chefs d'entreprise éventuellement.
07:57Mais entre les deux, ce n'est pas évident.
07:59Il vaut mieux, évidemment, qu'ils soient occupés,
08:01qu'ils soient en famille.
08:02En famille, on se tait, on est calme.
08:04Avec femme et enfant, on s'occupe de sa femme et de ses enfants.
08:08Et on a une vie de famille.
08:09C'est idéal pour le commerce.
08:11– Même socialement, les solitaires,
08:13les seuls sont souvent un peu mis de côté.
08:16C'est un peu des paria, quoi.
08:17– Voilà, quand je pense à Schopenhauer, par exemple,
08:19qui a vécu sa vie, seul, qui n'arrêtait pas de dire,
08:21justement, que la solitude était la chose,
08:23que c'est seul que l'on pouvait avancer,
08:25et qu'on avançait vers la mort inéluctablement.
08:27Alors, pourquoi s'encombrer ?
08:29Il vivait seul avec son chien, il est mort seul avec son chien.
08:31Et voilà, il a eu, pendant toute sa vie,
08:34bien le temps de réfléchir et de comprendre un maximum de choses.
08:37Et en gros, tous les penseurs, tous les philosophes que je connais,
08:39ce sont des gens qui ont vécu plus ou moins seul.
08:41– De toute façon, nous sommes seuls.
08:43Nous naissons seuls.
08:44Nous sommes face à nos responsabilités seuls et nous mourrons seuls.
08:47– Nous mourrons seuls.
08:48J'ai un ami qui me disait,
08:49de toute façon, moi, je ne finirai pas seul.
08:51et je lui ai dit, écoute, cher ami, tu finiras seul,
08:54parce que nous finissons tous seuls.
08:55C'est notre état de base.
08:57C'est beaucoup plus intéressant et bien meilleur pour la santé intellectuelle
09:00de l'assumer, de le savoir et d'arriver à s'occuper,
09:05à progresser dans la vie, à évoluer, à apprendre,
09:09à être curieux, à connaître des choses,
09:11plutôt que de passer son temps à discuter de la pluie et du beau temps
09:14avec quelqu'un qu'on voit tous les jours.
09:15– Néanmoins, cette société du marché,
09:18vous dites qu'elle est en pleine autodestruction.
09:21que le capital connaît sa crise terminale.
09:24Alors, comment ça se manifeste, ce phénomène ?
09:26– Il y a beaucoup de théories sur ce phénomène-là.
09:30Mais en gros, si on revient à Marx, je l'ai déjà expliqué,
09:33je vous réexplique en vitesse,
09:34il y a une baisse tendancielle du taux de profit dans l'industrie,
09:37quelque chose qui est endémique à l'industrie,
09:39à la production automatique par les robots, par les machines,
09:43par les ordinateurs, par tout ce qu'on veut,
09:45qui fait que les robots ne produisent pas de valeur,
09:47il n'y a que la main-d'œuvre humaine qui produise de la valeur.
09:50Donc, les robots ne produisent pas de valeur,
09:52ce qui fait que chaque industrie qui s'équipe de robots
09:54a une petite perte de valeur ajoutée
09:57chaque fois qu'elle achète une machine, un robot.
09:59Elle doit non seulement la payer,
10:00en plus la machine s'use et finira à la casse.
10:04Et pendant ce temps-là, l'usine, qu'est-ce qu'elle doit faire ?
10:06Produire de plus en plus, de moins en moins cher.
10:09Et comme il n'y a pas de main-d'œuvre spécifique,
10:11il n'y a pas de savoir-faire, il n'y a plus de savoir-faire,
10:14le voisin va s'équiper des mêmes machines, un peu plus performantes,
10:17et va encore plus imprimer cette concurrence effrénée.
10:22Ce qui fait qu'à la fin, qu'est-ce qu'on constate ?
10:26De plus en plus de marchandises, renouvelées de plus en plus souvent,
10:30et si ça ne passe pas par la séduction, la mode, le plaisir, le désir,
10:36ça passera par l'obligation, et c'est ce qui se passe avec nos voitures électriques,
10:40avec les éoliennes, avec les panneaux solaires, avec les éolations des maisons.
10:42De plus en plus de marchandises, mais aussi, dites-vous,
10:45de plus en plus de chiffres que l'on installe partout dans l'espace public,
10:49qui ont pris la place des lettres.
10:52Vous dites que ces chiffres ne sont pas le reflet de la réalité sensible
10:58qu'ils ne nous sont présentés que pour nous effrayer.
11:01Nous sommes des êtres du logos,
11:04donc on est de la parole, de la raison.
11:06Le commencement était le verbe.
11:08Voilà, nous sommes là pour échanger, pour discuter,
11:11on ne va pas revenir sur Socrate et sa maïotique,
11:14mais Socrate, dans l'agora athénien,
11:18utilisait la maïotique qui est le maïoticien,
11:20c'est l'homme qui accouche les enfants.
11:23En plus, sa mère était maïoticienne.
11:25Donc, son concept est là de dire,
11:28vas-y, accouche, dis-moi ce que tu as à dire,
11:30vas-y, réponds-moi.
11:31Et c'était ça, le logos a commencé à ce moment-là,
11:34à l'époque de Socrate, on a vu où ça l'a mené.
11:36Et donc, évidemment, dans l'échange, dans l'évolution,
11:40c'est comme ça qu'on peut évoluer.
11:41Les chiffres, eux, ne sont que faux, tous faux.
11:46On évalue le quotient intellectuel avec un système de chiffres,
11:50de valeurs, d'arithmétiques, de logiques, etc.
11:53Jamais avec des valeurs de compréhension littéraire,
11:57de compréhension philosophique, jamais.
11:59Le QI, c'est des chiffres et de la raison pure.
12:03Et donc, évidemment, on va dans une société du chiffre,
12:06de la statistique, du pourcentage, de l'évaluation,
12:10les scrutins.
12:11Les scrutins, c'est déjà aussi le fait des 51 à 49 %,
12:15ça m'a toujours un petit peu choqué, ça.
12:17On fait gagner quelqu'un qui a 51 %,
12:19mais la moitié de la population est contre.
12:21Donc, il y a quand même un problème au niveau démocratique.
12:24Bon, voilà.
12:25– Sur l'éducation, vous dites quel est le mode de transmission
12:28des peurs, des dogmes ?
12:30Nous réagissons en croyant agir.
12:34Mais alors, vous ne croyez pas au libre-arbitre ?
12:36– Alors, je ne crois pas au libre-arbitre.
12:39Ce n'est pas une question de croire, c'est que je suis spinoziste.
12:42Donc, Baruch Spinoza a quand même été très clair là-dessus.
12:46Le déterminisme de Spinoza, c'est dire
12:48le libre-arbitre est une illusion,
12:50nous n'agissons pas réellement, nous réagissons.
12:53Il y a une action qui nous fait réagir.
12:56Et c'est ça qui nous donne l'impulsion de le faire.
12:58Il y a notre volonté, on a notre volonté qui est en nous,
13:01c'est notre âme quelque part, si on veut.
13:02Eh bien, cette volonté agit,
13:04mais elle ne fait que réagir à d'autres événements qui se sont passés.
13:08Ailleurs, ayant d'autres événements autour de nous,
13:11on aurait réagi probablement autrement.
13:13C'est ça le déterminisme.
13:14Ce n'est pas une fatalité, ce n'est pas un fatalisme, pas du tout.
13:17Il y a moyen, dans ce déterminisme, d'en être conscient.
13:20Et la conscience, évidemment, c'est le premier pas vers la compréhension du monde,
13:24la conscience des choses.
13:26Et à partir de ce moment-là, on peut,
13:28en connaissance de cause de ce déterminisme,
13:31agir, modifier, réagir un peu autrement,
13:34et avancer au moins avant cette conscience-là.
13:37Donc, vous ne renoncez pas totalement à la notion de libre-arbitre ?
13:44– Non, je n'y renonce pas.
13:46Je n'y renonce pas dans le sens où, d'accord,
13:48à condition qu'il y ait une conscience préalable.
13:51S'il y a une conscience préalable de ce qui m'arrive,
13:54alors je comprends très bien que je peux réagir d'une certaine manière ou d'une autre.
13:58Mais je sais pourquoi j'ai la connaissance de ce qui me fait réagir.
14:02– Je suis libre de ne pas réagir à ma colère.
14:06Si j'avais une colère contre vous, je vais me dire,
14:09je ne vais pas tuer Paul Quadence,
14:11parce que je raisonne et je me dis que c'est le mal.
14:13– Voilà, mais il faut savoir que je vous aurais énervé,
14:16et si vous avez cette conscience-là,
14:17c'est déjà ça qui va faire que vous allez savoir
14:20de quel côté vient le mal, en fait, en gros.
14:23– Sur l'Union européenne, vous êtes très clair,
14:25vous dites qu'elle travaille à l'organisation de règles globales
14:29pour uniformiser les peuples. Quel est l'objectif derrière ceci ?
14:33– Alors, l'uniformisation, c'est la distinction, en fait, des peuples.
14:38Mettons-nous à la place d'un, je ne sais pas, d'un supermarché
14:40qui doit vendre un maximum de clients.
14:42Il aura tout intérêt, ce supermarché, à avoir des gens,
14:44des clients plus ou moins ressemblants,
14:46des familles avec plus ou moins les mêmes goûts,
14:48les mêmes habitudes, les mêmes modes de vie, quelque part,
14:51les mêmes budgets, éventuellement.
14:53Et à ce moment-là, il vendra un maximum.
14:54Ben voilà, l'Union européenne, c'est ça,
14:56c'est un micro-cosme, on va dire, du gouvernement mondial qui nous attend.
15:01C'est en préparation, on va dire que le gouvernement mondial,
15:03il est un peu sous-jacent, il est un peu en dessous de tout.
15:06Et puis, il y a ce qui émerge de ça, c'est l'Union européenne.
15:08On ne s'en rend pas encore vraiment compte,
15:10mais petit à petit, ça va venir, je crois.
15:11On va comprendre de quel bois il se chauffe.
15:14Et ce qu'ils veulent, c'est une dédifférenciation,
15:16que tout le monde se ressemble.
15:18Alors, évidemment, il y a un tas de valeurs qui vont à la trappe.
15:21L'Église, évidemment.
15:25Certaines croyances, l'Église n'aime pas tellement l'avortement,
15:30elle n'aime pas tellement la prostitution,
15:33l'Église n'aime pas tellement la pornographie,
15:35elle n'aime pas tellement l'euthanasie non plus.
15:38Ce sont toutes des valeurs qui dérangent, pour finir,
15:40une industrie qui doit fonctionner grâce à tout ça aussi.
15:43On doit pouvoir éteindre des gens plus vite
15:46pour qu'ils arrêtent de coûter cher.
15:48On doit pouvoir les faire naître plus souvent
15:52et de couples qui ne sont pas spécialement hétérosexuels,
15:55de manière à avoir plus de monde au travail.
15:58Il faut absolument, je l'explique aussi,
16:00créer des classes sociales inexistantes de toutes pièces
16:05et puis inventer la contre-offensive.
16:09Donc, l'antiracisme, par exemple, a été mis,
16:11parce qu'on a installé une forme de racisme.
16:13On l'a vu avec l'histoire de Floyd aux États-Unis.
16:17– George Floyd, oui.
16:18– George Floyd, voilà.
16:19Bon, par exemple, je ne dis pas que ça, c'était vraiment le cas,
16:21mais enfin, c'est un exemple qui fait qu'on crée
16:26un système social, on expulse des gens
16:30et puis après, on vient nous dire qu'on va devoir les accepter,
16:33vivre avec eux, etc.
16:34– Oui, vous dites, les dirigeants peuvent nous dire,
16:37disputez-vous sur le voile, disputez-vous sur le racisme,
16:41mais sur l'économie, on gère.
16:42– En gros, on ne verra jamais les grands dirigeants d'entreprise
16:46sous les feux de la rampe.
16:48Je veux dire, ces gens-là vivent dans l'ombre, en gros.
16:50Celui qu'on voit le plus, c'est peut-être Elon Musk,
16:53et encore, il ne parle pas beaucoup, cet homme-là.
16:55On n'est pas tellement au courant de ce qu'il prépare.
16:58Donc, évidemment qu'on ne voit pas les chefs d'industrie,
17:02ils comptent, ils calculent, ils sont dans leur bureau
17:04et ils passent leur temps.
17:06Et voilà un petit peu le problème, c'est que les politiques
17:09et la presse, eux, par contre, sont à l'avant-plan,
17:12et c'est eux qui prennent tous les risques
17:14et qui inventent des solutions pour faire passer
17:16les messages de l'industrie.
17:17– Sur les médias, on assiste actuellement
17:20à la découverte de ce rapport à l'oncle
17:24sur l'audiovisuel public.
17:26Justement, les médias subventionnés par l'État,
17:28vous êtes pour leur suppression pure et simple.
17:31– Oui, j'ai un peu suivi tous ces débats,
17:34c'est tout à fait intéressant, c'était comme une série,
17:36c'était assez amusant à voir.
17:38Les médias subventionnés en France, je les vois,
17:41je les connais depuis longtemps,
17:42puisqu'étant belges, évidemment francophones,
17:45on regarde beaucoup les médias français.
17:46Les médias belges, c'est exactement la même chose,
17:48ils sont aussi subventionnés.
17:52– Subventionnés par l'État ou les multinationales.
17:54– Subventionnés par l'État, chez nous, c'est une histoire
17:55de 500 millions, je crois, pour l'RTBF, une histoire pareille,
17:58chez vous, c'est 4 milliards, je crois, pour le télépublic,
18:01donc ce n'est pas la même échelle,
18:03mais enfin, c'est un plus petit pays aussi.
18:05Ce qu'il y a, c'est qu'à ce moment-là,
18:06subventionnés, oui, mais alors il faut neutralité d'opinion.
18:09Il ne faut absolument pas tirer dans un sens,
18:11ça c'est scandaleux, ça ne va pas du tout.
18:13Et chez nous, ça ne marche pas du tout,
18:14on est gouverné, en gros, par une sorte de socio-libéral,
18:19un peu bizarre, un peu écolo et tout,
18:22et ça se reflète à fond dans les informations subventionnées,
18:26ça c'est clair, en France aussi, évidemment.
18:28– Est-ce que vous pensez qu'un média public,
18:31qu'un audiovisuel public puisse être neutre,
18:34sachant que le président, en haut, c'est lui qui peut décider
18:37de ce qui se passe dans la chaîne ?
18:39– C'est ça, c'est comme dire, par exemple,
18:41s'il y en a un milliardaire qui rachète une chaîne télévision,
18:44s'il a une couleur politique,
18:46on ne peut pas imaginer qu'il ne tire pas un petit peu
18:48vers sa couleur politique,
18:50le flux des informations qui va déverser, évidemment.
18:53Donc, évidemment, qu'il y a cette corruption,
18:55est-ce que c'est de la corruption ? Je ne sais pas,
18:57mais il y a cette influence qui est là,
18:58elle ne peut pas l'être.
19:00si chaque Français et chaque Belge doit payer tous les mois
19:02pour avoir cette télévision publique,
19:05puisqu'il y a des opinions très différentes.
19:07Donc, non, et on ne peut pas non plus commencer
19:09à calculer les temps de parole des uns et des autres,
19:11ça ne ressemble à rien, évidemment.
19:13Donc, non, tout doit être indépendant.
19:14Il faut supprimer ça directement, oui.
19:16– Vous expliquez que le lissage des esprits
19:20à la pensée unique se fait dans un intérêt marchand,
19:24on l'a évoqué, mais aussi dans un intérêt religieux.
19:28– Quel est l'intérêt religieux ?
19:30Quelle est la religion mondialiste ?
19:32– Il y a quand même deux grands axes,
19:34il y a toujours deux grands axes,
19:35il y a l'axe financier d'un côté,
19:37et puis il y a l'axe religieux de l'autre.
19:39Et en fait, si l'axe religieux…
19:41– Lequel est au-dessus de l'autre, d'ailleurs ?
19:42– Alors, c'est plus vicieux que ça.
19:45Je dirais que l'axe religieux est l'influenceur
19:48et le justificateur de certaines mesures
19:50prises par, justement, l'industrie, la banque et la finance.
19:54Il y a toujours une bonne excuse idéologique
19:57à faire passer des lois, à faire des changements.
20:00Et c'est là-dedans qu'on se trouve, en fait.
20:03Quand l'Union européenne, je ne sais pas moi,
20:06établit le Mercosur, elle va nous dire
20:08que c'est pour une plus grande pluralité,
20:10pour une ouverture des marchés, pour un grand libéralisme
20:13et de bonnes choses.
20:14Alors qu'en fait, il s'agit simplement
20:15de pouvoir exporter les voitures allemandes
20:17dans les pays d'Amérique du Sud.
20:18C'est ça le but premier.
20:19C'est donc l'industrie allemande qui ordonne à l'Union européenne
20:22d'importer librement tout ce qui vient d'Amérique du Sud.
20:26Donc tout ce qui est légumes, fruits, etc.
20:30– Le dieu, c'est l'argent.
20:32Le dieu, c'est l'argent.
20:33– Oui, le dieu, c'est l'argent.
20:34– C'est Maman, Maman, c'est un démon d'ailleurs, au passage.
20:36– Le dieu, c'est carrément l'essence.
20:38L'argent est devenu l'essence de l'homme
20:40et son idéal, c'est l'hubris.
20:43La démesure est l'idéal de l'homme.
20:45On le voit, tous les riches deviennent cons.
20:48Excusez-moi de l'expression, mais je ne vois que des riches idiots.
20:52Ce sont des gens qui n'ont aucune culture,
20:54qui n'ont aucune connaissance, qui ne s'intéressent à rien.
20:57– Autant plus arrogants qu'ils sont un culte.
20:59– Arrogants, un culte, et je veux dire,
21:01l'argent fait vraiment beaucoup de mal.
21:03C'est pour ça que je dis soustraction, soustraction.
21:05Être riche, ce n'est pas une bonne idée.
21:07Plutôt, on devient vraiment très, très bête et violent.
21:11– Et pour faire face à l'asservissement de cette société et du marché,
21:18vous proposez ce que vous appelez le non-projet de la soustraction,
21:22puisque vous dites, si je proposais quelque chose,
21:25ça serait une addition.
21:26– Voilà.
21:26– Donc c'est un non-projet.
21:28En quoi ça consiste, vraiment ?
21:29– Donc ce n'est pas du développement personnel,
21:31je ne suis pas du tout là-dedans,
21:32je n'ai aucun conseil à donner.
21:34Je ne peux conseiller qu'une seule chose,
21:35c'est de lire un maximum de philosophie.
21:37Tout a été écrit en philosophie,
21:40depuis Aristote jusqu'à Hegel,
21:42on peut dire que tout a été écrit.
21:44Je conseille de lire, de se documenter un maximum
21:47et de trouver des voies de liberté,
21:50d'ouverture d'esprit, etc.
21:52Et le non-projet, pourquoi ?
21:54Parce que tout projet est récupéré
21:56par cette société organique, justement,
21:59qui va récupérer un syndicat,
22:01qui va récupérer une association
22:03et qui va gentiment un petit peu les laisser vivoter,
22:06même un peu les financer.
22:07Et puis les éteindre, dès que possible.
22:09Donc, il ne peut pas y avoir de projet,
22:10c'est trop tard, c'est foutu,
22:11on ne peut pas faire ça.
22:12C'est comme il ne peut pas y avoir
22:12une nouvelle religion, par exemple.
22:14Elle arriverait, elle serait directement détruite.
22:16Donc non, le non-projet, ça c'est la solution.
22:19Ça veut dire que ça doit être quand même
22:22une volonté personnelle,
22:23notre volonté…
22:24– Individuelle.
22:25– Individuelle, voilà, individuelle,
22:26et de petits groupes d'amis
22:27et de petites communautés si possible,
22:30de gens qui comprennent
22:31qu'il faut simplement réfléchir
22:33avant de faire tous ces achats,
22:35avant de faire toutes ces dépenses,
22:37avant de partir en vacances,
22:38de prendre des avions,
22:40de prendre des trains,
22:42de dépenser de l'argent,
22:43en fait, inutilement,
22:45alors qu'on peut trouver le bonheur
22:47chez soi sans trop bouger de chez soi.
22:49– Vous dites,
22:50la solitude est la seule valeur subversive
22:53de révolution radicale.
22:54– Oui, c'est vraiment ça.
22:57À partir du moment où on assume…
22:58J'ai un ami, par exemple,
23:00ça n'a rien à voir,
23:01mais ça a quand même à voir.
23:02J'ai un ami qui essaie d'arrêter de fumer.
23:04Et il me dit,
23:04j'essaye, j'essaye,
23:05j'arrive pas, j'arrive pas.
23:06Et il est dans la consommation,
23:08il est matérialiste à fond, etc.
23:10Et il me dit,
23:11j'essaye d'arrêter de fumer.
23:12Oui, mais c'est parce que tu essaies
23:13d'arrêter de fumer
23:13comme quelque chose
23:14que tu aurais en plus.
23:15Dis-toi que c'est quelque chose
23:16que tu dois avoir en moins.
23:17Donc tu dois t'enlever quelque chose.
23:18Et tu n'arriveras à t'enlever
23:20cette addiction
23:22qu'en arrivant à contrôler
23:24tes émotions.
23:26Si tu arrives à contrôler
23:27tes émotions,
23:28donc l'ensemble de tes émotions,
23:30donc émotions…
23:31– Le stress,
23:32on en parlait tout à l'heure.
23:33– Le stress,
23:35la jalousie,
23:36le dégoût,
23:37l'envie.
23:38Si tu arrives à contrôler
23:38toutes ces émotions-là,
23:39tu verras,
23:40arrêter de fumer,
23:40ça va être un détail.
23:41Ça viendra tout seul.
23:43Donc d'abord,
23:44le contrôle des émotions,
23:45c'est le secret.
23:46À partir de ce moment-là,
23:47quand on contrôle ses émotions,
23:49on est un peu moins sensible
23:50à tout ce qu'il se raconte,
23:51évidemment.
23:51– Mais est-ce que c'est
23:52l'hermitage que vous nous proposez,
23:54Paul Quadence ?
23:55– Non, pas du tout.
23:57Il ne faut pas tomber là-dedans.
23:59Je crois qu'on peut très bien
24:00vivre dans cette société
24:01et profiter de tout son confort
24:02et de tout ce qu'on a construit.
24:04Je ne suis pas du tout
24:06un minimaliste comme ça.
24:07Je dis, il y a moyen
24:08de vivre bien dans cette ville
24:10en l'amenant un peu plus vite
24:12vers sa destruction.
24:14Je crois que, vraiment,
24:15le capital est en train
24:16de s'effondrer
24:17comme Marx l'avait prévu.
24:18Ça arrivera tout, tout tard.
24:20Soyons préparés
24:21et on en souffrira nettement moins.
24:23– Et pour terminer,
24:24vous dites que la clé du bonheur,
24:26entre guillemets,
24:27c'est la curiosité
24:28et d'apprendre,
24:29de ne jamais s'arrêter,
24:31de chercher à savoir,
24:33in fine,
24:33c'est la liberté
24:34de pouvoir douter
24:36de ce qu'on nous raconte.
24:37– Oui,
24:40la curiosité,
24:41c'est la clé, évidemment.
24:42– On nous l'interdit
24:43de douter aujourd'hui.
24:43– Oui, le doute est essentiel.
24:46J'ai déjà parlé de Descartes
24:47avec sa philosophie du doute,
24:49avec le cogito,
24:51mais évidemment que le doute
24:52est extrêmement important.
24:53La curiosité,
24:54c'est la clé.
24:55On ne peut pas lire
24:56un texte un peu compliqué,
24:57par exemple,
24:57ce bouquin-là
24:58ou d'autres,
24:59sans avoir de la curiosité,
25:00sans avoir un moteur en nous
25:02qui nous dit,
25:02bon, allez,
25:03on va y arriver,
25:04il y a des choses
25:05qui m'intéressent,
25:06c'est un peu dur maintenant,
25:08je vais passer,
25:08page suivante,
25:09chapitre suivant,
25:09etc.
25:10Et donc,
25:10c'est notre curiosité
25:11qui s'anime,
25:13notre volonté de continuer
25:14et la satisfaction vient
25:16et le plaisir vient.
25:17Le plaisir arrive
25:18de toute façon.
25:19Et je dis souvent
25:20que le plaisir,
25:20le bonheur
25:21n'est jamais que
25:22la bonne compréhension
25:23des choses.
25:24La compréhension
25:24mène au bonheur
25:26parce qu'il n'y a pas
25:27de bonheur
25:28qui ne soit
25:28une compréhension.
25:30Donc ça,
25:31c'est pour moi la clé.
25:31La compréhension,
25:32elle vient d'où ?
25:33Elle ne vient pas de nulle part.
25:34Elle vient de la première curiosité
25:36d'avoir été chercher les choses,
25:37essayer de les comprendre
25:38pour arriver à les comprendre
25:39et arriver au bonheur.
25:41Et en vous lisant,
25:42Paul Quadence,
25:43m'est revenu
25:44une parole du Christ.
25:45Je sais que vous ne vouliez pas
25:46spécialement parler de religion.
25:48Je ne sais pas si on parle
25:49de religion en parlant du Christ.
25:50Celui qui veut marcher
25:51à ma suite,
25:52qu'il renonce à lui-même,
25:54renoncer à soi-même,
25:55n'est-ce pas ?
25:55La soustraction,
25:56elle aussi.
25:57Oui,
25:57renoncer à soi-même,
25:58évidemment,
25:58renoncer,
25:59s'abolir,
26:00abolir ce qu'on a été,
26:02ce qui nous a construits
26:03pendant notre enfance,
26:04évidemment,
26:05on doit être capable
26:05de se retourner,
26:06s'observer
26:07et s'abolir,
26:09se détruire
26:10pour se reconstruire.
26:12Philosophie de la soustraction,
26:14très bel ouvrage
26:15de Paul Quadence
26:17à retrouver sur
26:18La boutique de TV Liberté.
26:19Merci à vous, monsieur.
26:21Merci à vous.
26:21Sous-titrage Société Radio-Canada
26:23Sous-titrage Société Radio-Canada
26:25Sous-titrage Société Radio-Canada
26:25Sous-titrage Société Radio-Canada
26:26Sous-titrage Société Radio-Canada
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