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Jeune entrepreneur lyonnais né à La Guillotière, l’un des quartiers les plus cosmopolites de Lyon, Arnaud Gaget a grandi au contact direct des fractures, des tensions et des mutations de la société française. Son ouvrage, "La Tyrannie de la Bienveillance", est le fruit de cette expérience vécue autant que d’une réflexion politique et culturelle approfondie. Dans cet essai au ton offensif, il dénonce une époque où le moralisme a remplacé le courage, où la compassion permanente étouffe l’autorité, la volonté et même le débat. Pour le jeune essayiste, la société contemporaine préfère protéger les sensibilités plutôt que défendre des principes. L’auteur critique également le rôle des médias, du discours institutionnel et de l’idéologie progressiste dans ce qu’il considère comme un affaiblissement collectif. À travers des exemples concrets et une analyse documentée, il tente de montrer comment la "bienveillance" serait devenue un nouvel outil de conformisme. Un entretien sans détour avec un auteur qui entend provoquer le débat et bousculer les certitudes
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00:00– Il est entrepreneur, Lionel présente son livre « La tyrannie de la bienveillance »
00:09dont il tient à rappeler qu'il n'est pas un pamphlet mais un réquisitoire forcé.
00:14Cet ouvrage, « La tyrannie de la bienveillance », vous savez où vous le procurez,
00:17sur la boutique de TVL, sur le site tvl.fr. Arnaud Gaget, bonjour.
00:22– Bonjour Martial.
00:22– Alors, avant d'évoquer le livre et la méthode utilisée,
00:25restons un instant sur le titre même de l'ouvrage, « La tyrannie de la bienveillance ».
00:30Vous dites que vous n'avez pas rédigé un pamphlet,
00:32mais ce titre, il est volontairement polémique et certains diraient même provocateur.
00:37– Exactement, j'ai fait en sorte de pouvoir mettre en avant l'incohérence
00:42de l'idéologie progressiste dans laquelle nous vivons depuis 50 ans.
00:46Ce que j'ai fait, c'est que la gauche, aujourd'hui, domine les débats,
00:52que ce soit dans les institutions, que ce soit dans les médias,
00:56et sous bienveillance, en fait, nous impose leur idéologie,
01:01et c'est une confiscation sémantique que la gauche nous fait.
01:04– Ah, la bienveillance, c'est ce qui fait que je vous reçois aujourd'hui,
01:07pour vous écouter et puis vous entendre développer votre point de vue.
01:10– Merci pour l'invitation.
01:11– Parce que dénoncer la tyrannie de la bienveillance,
01:13ce n'est pas quand même aussi une manière élégante de réhabiliter la brutalité sociale,
01:18le cynisme, au nom d'un prétendu réalisme,
01:22l'autorité dure, le mépris des plus fragiles.
01:25Vous entendez cette musique ?
01:26– J'entends très bien, mais pas du tout.
01:28En fait, si vous voulez, la charité chrétienne,
01:32elle, la bienveillance, c'est un acte individuel et volontaire.
01:35Là, nous parlons de pitié d'État, carrément.
01:39C'est une confiscation bureaucratique de ce que l'homme, en fait,
01:44peut faire en s'émancipant, tout simplement, de la politique d'aujourd'hui.
01:50– Alors, ce n'est pas se dédouaner rapidement que de dire, par exemple, je cite,
01:56« Ce livre s'adresse à tout le monde.
01:58Il s'adresse d'abord à ceux qui votent à gauche de bonne foi
02:01et qui sont des, je cite, « victimes ».
02:04– Vous êtes né et avez grandi dans le quartier populaire cosmopolite,
02:09va-t-on dire, de la Guillotière, à Lyon.
02:12Alors, vous avez été vous-même une victime ?
02:14– Non, jamais.
02:16J'ai pu, dans ma vie, suivre l'exemple de mes parents.
02:22C'est vrai, un peu comme beaucoup le font.
02:26Sauf que j'ai pu remarquer que lorsque l'on débat avec des personnes
02:30qui sont, en soi, bienveillantes,
02:33les enseignants, l'aide-soignante,
02:36comme je parle dans mon livre Aurélie,
02:37aide-soignante à Aulnay-sous-Bois,
02:39c'est une statistique que je donne,
02:42qui vote de manière volontaire pour la gauche
02:46et qui pense à bien,
02:47au final, se fait avoir,
02:49non pas parce qu'elle pense être bien,
02:51mais par le retour de bâton qu'il y a derrière.
02:54Par exemple, dans le livre,
02:56j'explique qu'elle se lève tous les matins à 5h
03:00pour prendre sa Clio Diesel Critère 4
03:02pour aller travailler.
03:03Elle, elle va voter pour plus de justice sociale,
03:06mais qu'est-ce qu'on lui rend en retour ?
03:07On lui rend, comment dire,
03:10on lui rend cette manière de ne pas pouvoir aller travailler
03:13car, avec sa Critère 4,
03:16elle ne peut pas rentrer dans les ZFE,
03:17donc elle ne peut pas aller travailler, tout simplement.
03:20– Ce n'est quand même pas un peu dédouané,
03:22je reviens là-dessus rapidement,
03:23les électeurs et les militants de gauche,
03:25qui sont des électeurs avertis, adultes,
03:29et donc pleinement responsables,
03:30pourquoi les dédouanés font ça en conscience ?
03:34Vous pensez qu'ils sont tous des victimes,
03:35donc à droite, c'est les gens qui sont conscients,
03:36et à gauche, c'est les gens qui sont inconscients,
03:38donc ils votent à gauche par inconscience.
03:40– Non, je ne pense pas que ce soit inconscient,
03:43je pense simplement qu'en étant saturé d'un côté
03:47d'un discours menteur, d'un discours mensonger,
03:51aujourd'hui, les personnes qui n'ont pas le temps
03:55de vraiment s'intéresser à la politique
03:57et de tout ce qui est autour,
03:58ne peuvent pas connaître tout le système
04:01qu'il y a, tout le système monté depuis 50 ans
04:05sur la décadence de la France.
04:06– Quand on dit qu'ils votent à gauche de bonne foi
04:08et que ce sont des victimes,
04:10j'ai envie de vous dire aussi que,
04:11dans un même processus,
04:14vous dédouané l'AD ou les droites,
04:17parce qu'elles aussi, elles ont leur part de responsabilité
04:19dans les gens qui vont voter à gauche.
04:21– Ah oui, mais je l'explique tout à fait.
04:23J'explique que la droite molle,
04:25alors c'est toute la droite en général
04:27qui a même gouverné,
04:28même la droite qui a gouverné.
04:30En 2007, Sarkozy nous présentait
04:32un programme de rupture.
04:33Au final, on voit qu'il a géré,
04:36et tous les politiques de la droite,
04:38avec Xavier Bertrand, Michel Barnier,
04:40ont mené une politique de bon père de famille
04:43en menant la France à sa ruine.
04:45– La gauche qui va dans votre esprit
04:47du Parti Socialiste à elle et les filles.
04:50– C'est ça, exactement.
04:51Je parle de la gauche institutionnelle.
04:53– Elle agit avec deux leviers,
04:54vous le dites, et des leviers qu'on comprend bien
04:56et qu'on connaît bien,
04:57qui est le clientélisme et l'assistanat.
04:59Et vous ajoutez, vous l'avez dit à l'instant,
05:02un autre élément, un élément nouveau,
05:04la pitié.
05:05La pitié comme technologie du pouvoir.
05:07Qu'est-ce que cela veut dire concrètement ?
05:09– Ça veut dire qu'aujourd'hui,
05:11on est dans un pays où 70% des Français
05:16profitent du système redistributif
05:18et 30% payent simplement pour les autres.
05:22Ce qui fait qu'aujourd'hui, la pitié,
05:24c'est qu'on enferme les gens dans une sémantique,
05:28dans une sémantique, comment dire,
05:31qu'on ne peut pas contrer aujourd'hui.
05:33Parce que si on parle de bienveillance
05:35et qu'on, contre la bienveillance,
05:37on est vu comme un fasciste.
05:39Et en fait, c'est par cette sémantique
05:41qu'on verrouille les électeurs d'un côté.
05:44– Vous faites aussi une analyse intéressante
05:46que je vais retrouver.
05:48Voilà, en invoquant une économie de la compassion.
05:51Je vous cite,
05:51« Avec l'argent de tous les contribuables,
05:54l'État finance un écosystème
05:56qui construit le récit,
05:57les interpellations médiatiques de la gauche. »
05:59Une forme de subvention permanente,
06:02la tyrannie de la bienveillance
06:03dans sa forme la plus pure, finalement.
06:04– Exactement.
06:06Exactement.
06:06Parce que dans cette forme de tyrannie,
06:08ce que j'explique,
06:09c'est que la France paye 23 milliards aux associations.
06:13Donc il y a des associations
06:15qui aident véritablement les Français.
06:17Mais lorsque l'on voit qu'à Paris,
06:19il y a la mairie de Paris
06:20qui finance une association 245 000 euros
06:23pour danser dans la rue,
06:26en fait, on voit que depuis que la gauche
06:28est arrivée au pouvoir,
06:29si on fait un petit peu d'histoire,
06:31on voit que depuis que la gauche
06:32est arrivée au pouvoir,
06:34il y a les instances qui ont été dominées,
06:39justement, par toute la gauche,
06:40que ce soit l'école,
06:42que ce soit les institutions,
06:44que ce soit même les médias,
06:46qui sont bien évidemment financés aussi,
06:49l'humanité, libération,
06:51je pense à cela,
06:52qui sont financés depuis des années
06:54par cette gauche.
06:55lorsque la droite est arrivée au pouvoir,
06:57elle n'a, au lieu de pouvoir contrer cela,
07:01elle n'a rien fait,
07:01elle a laissé couler et laissé ses subventions
07:03ou elle n'a même pas subventionné
07:05ses propres médias ou sa propre idéologie.
07:08– Finalement, pour vous,
07:09l'idéologie de gauche,
07:11l'idéologie progressiste,
07:12n'a pas échoué malgré ses politiques.
07:14Là aussi, c'est un élément important.
07:16Elle a réussi grâce à elle
07:18en fabriquant la dépendance
07:20dont elle a besoin pour gouverner.
07:21– C'est ça, c'est-à-dire que…
07:23– Je ferai des exemples précis d'ailleurs
07:24pour que ce soit bien clair
07:25pour les téléspectateurs ce que je dis.
07:27– Oui, oui.
07:28Prenons l'exemple du RSA.
07:29Le RSA coûte 16 milliards d'euros par an.
07:34On va me dire que ça va sortir
07:35les gens de la pauvreté
07:36et pouvoir les réinsérer.
07:37Sauf qu'après 7 années passées en RSA,
07:41il n'y a que 34% de réinsertion.
07:43C'est-à-dire qu'on ne combat pas la pauvreté,
07:46on l'administre
07:47et on fait en sorte qu'elle continue.
07:49Et une fois que ces personnes sont dans le système,
07:54l'institution de la gauche va tout faire
07:56pour qu'elle reste dans le système
07:57et que les gens auront tout à fait l'intérêt
08:00à continuer à voter pour elle.
08:01– C'est-à-dire qu'en fait,
08:02on les maintient dans la pauvreté,
08:03dans l'assistanat,
08:04de façon à les tenir électoralement.
08:06– Exactement.
08:07– Vous croyez vraiment ça ?
08:08– Oui, tout à fait.
08:10Pourquoi ?
08:11Parce que lorsque vous avez tout intérêt,
08:14lorsque on finance des groupes de rock,
08:18on va financer la musique,
08:19on va financer le cinéma,
08:22tous ces gens-là, en fait,
08:24finissent dans l'entre-soi
08:27et sont financés par eux-mêmes.
08:29Et ce qui fait que les victimes,
08:31donc j'en revenais,
08:32les victimes de tout cet argent,
08:34tous ces impôts qui sont collectés,
08:36sont reversés à ceux qui profitent,
08:40c'est-à-dire à la gauche institutionnelle,
08:42et que la Aurélie,
08:44qui est là depuis le début,
08:45elle, elle voulait plus de justice sociale
08:47pour elle et pour les autres,
08:48mais sauf qu'elle ne touche pas,
08:49parce que ça va être les associations,
08:51ça va être les médias,
08:52ça va être les écoles qui vont toucher cet argent.
08:54– La pitié comme technologie du pouvoir,
08:56il en reste deux autres que j'ai évoqués,
08:57évidemment, le clientélisme et l'assistanat.
08:59Est-ce que ce clientélisme et cet assistanat
09:02se réduisent à la partie de la gauche française ?
09:05Je n'ai pas l'impression,
09:06je n'ai pas le sentiment
09:07que si l'on met là les droites,
09:09les mouvements nationaux,
09:11les mouvements patriotes,
09:12vous voyez, j'élargis identitaire, souverainie,
09:14j'élargis au plus loin,
09:15personne ne remet en cause vraiment
09:17ces notions d'assistanat,
09:18je ne vois pas des parties demandant la fin du RSA,
09:20je ne vois pas des parties supprimant le clientélisme,
09:23quand on est maire d'une ville,
09:24même si on est maire et reine,
09:25on reconquête tout ce qu'on leur veut,
09:27on continue dans le clientélisme,
09:28on ne finance pas le rap,
09:29on finance la danse classique.
09:33– Non mais c'est ce que je disais.
09:34– Pour simplifier les choses et pour être un peu simpliste.
09:36– Pour simplifier les choses,
09:37sauf que moi je m'attaque à des chiffres
09:39de manière clinique,
09:40c'est que ce que j'ai fait c'est un diagnostic,
09:43je ne suis pas venu en faiseur de leçons,
09:46c'est juste que dans le livre,
09:47j'explique de manière concrète,
09:49de manière sourcée et chiffrée,
09:51pourquoi est-ce que ça ne marche pas,
09:54pourquoi est-ce que le système ne fonctionne pas.
09:56Alors oui, il y a bien des maires
09:58et des associations qui sont pour le bien,
10:03ou qui sont apolitiques,
10:04qui n'ont pas de vue précise dessus,
10:06sauf qu'il y a aussi ce côté
10:09où Barbara Butch,
10:13qui a été DJ à la cérémonie des JO,
10:17qui a touché 50 000 euros de la mairie de Paris
10:20pour faire une petite apparition de deux heures,
10:23je ne sais plus dans quel événement,
10:26mais voilà, en fait ce qui explique bien
10:27qu'on va à chaque fois mettre en avant
10:31des événements qui vont beaucoup plus plaire à la gauche,
10:33et la droite ne va pas pouvoir mettre en avant ses idées,
10:36ne va pas pouvoir mettre en avant ses associations,
10:39soit par l'acheter,
10:41soit parce qu'elle n'en a pas les moyens.
10:43– Ah, vous faites un diagnostic factuel ?
10:46Dites à l'instant,
10:47des combats, vous avancez,
10:49des constats, pardon,
10:50vous avancez la thèse du livre,
10:52la France ne tombe pas,
10:53elle choisit de tomber.
10:55La France est en décadence, pas en déclin,
10:57et pour vous, elle le mérite bien.
10:59Les Français n'ont donc pas d'excuses,
11:01et n'ont que ce qu'ils méritent.
11:03Et là, je me suis dit, effectivement,
11:04avec vous, on n'est pas dans la tyrannie de la bavéance.
11:06– Ah non, ce que je dis,
11:08c'est que la France a les moyens de réussir,
11:11elle a les terres,
11:12les plus grandes terres arables d'Europe,
11:15elle a Mistral et Haï,
11:17le seul acteur capable,
11:19il y a au monde,
11:21capable de rivaliser avec les États-Unis,
11:23elle a Chine,
11:23elle a des entreprises comme ST Microelectronics
11:26ou Calray,
11:27pour pouvoir aussi être sur le marché de la microélectronique.
11:32Aussi, on a des entreprises qui sont dans le nucléaire.
11:35On a le génie, en France,
11:37on a le génie pour pouvoir réussir.
11:39Sauf que la France, depuis 50 ans,
11:42depuis 1974,
11:43il n'y a pas eu un seul budget à l'équilibre.
11:45Donc, ce qui fait que, incontestablement,
11:48on finance notre pauvreté.
11:51– Les Français n'ont que ce qu'ils méritent.
11:53– Ils ont mal voté, donc ?
11:57– Les Français ont voté pour une institution,
12:00les Français ont voté pour une institution
12:01qui, depuis 50 ans,
12:02sans remise en cause frontale du système,
12:07ont voté pour, effectivement, ce système-là.
12:11– Donc, les gens de gauche se sentent
12:12des victimes de bonne foi,
12:13et tous les Français,
12:14qui ont mal voté une fois dans leur vie,
12:17n'ont que ce qu'ils méritent.
12:17– Ce que je dis, c'est que la France
12:22a un vivier très important de génie,
12:27mais ne l'exploite pas ou pas correctement.
12:29C'est-à-dire qu'on est abreuvé d'une bureaucratie,
12:33c'est-à-dire qu'on va vouloir décentraliser
12:34pour donner plus de moyens au peuple,
12:37sauf que cette décentralisation va nous coûter,
12:39va créer de nouvelles instances,
12:41de nouvelles strates, en fait,
12:43qui vont, comment dire,
12:45employer de nombreux fonctionnaires,
12:48qui vont être inutiles.
12:50Ça part d'un bon sentiment,
12:51mais la résultante n'est pas bonne.
12:53Ce que je veux dire, c'est pas…
12:55Il faut…
12:56Ce que je veux dire, c'est que les Français
12:58doivent prendre conscience
13:00qu'il y a une autre manière d'agir
13:03plutôt que d'essayer d'espérer
13:05que tout revienne à la normale.
13:07C'est souvent que les Français disent
13:09« Ah, ben, c'est pas grave,
13:10de toute façon, ça va changer,
13:11dans dix ans, ce ne sera plus la même chose. »
13:14Sauf qu'en fait, on voit que ça fait 52 ans,
13:17maintenant qu'il n'y a plus de budget à l'équilibre,
13:1852 ans que ça dure.
13:20Alors, qu'est-ce qu'on fait ?
13:22Est-ce qu'on continue, petit à petit,
13:24comme la droite molle le fait,
13:26d'administrer cette pauvreté
13:29et ce déclin français ?
13:31Ou est-ce qu'on change de méthode
13:34et qu'on fasse vraiment une rupture ?
13:37– Qu'est-ce qu'on fait ?
13:38Vous venez de le dire, qu'est-ce qu'on fait ?
13:39Alors, au terme de cette démonstration,
13:40il y a déjà une vérité qui s'impose dans votre ouvrage,
13:42c'est que le problème de la France n'est pas seulement économique,
13:44il n'est pas seulement démographique,
13:46il n'est pas seulement politique,
13:47il est véritablement civilisationnel.
13:50– Non, non, non, pas du tout.
13:53Parce que tout le monde a vécu la mondialisation,
13:58cependant, l'Allemagne n'a perdu que deux points de PIB
14:03dans l'industrie par rapport à 1980.
14:06Nous, on est passé à 10%, ça a été divisé par deux.
14:08On est passé de 20% à 10%.
14:11Pendant que la Grèce a souffert en 2008,
14:14aujourd'hui, elle relève ses finances.
14:15L'Argentine a mis fin à 12 ans de socialisme
14:18qui mettait une inflation à 200%.
14:21Aujourd'hui, les finances de l'Argentine vont très bien.
14:24Ce n'est pas un système de mondialisation.
14:27Ce n'est pas un système de civilisationnel.
14:30C'est vraiment un problème français.
14:33– Un problème franco-français.
14:35– Oui.
14:35– Tout au long de l'ouvrage, vous parlez beaucoup de volonté.
14:39Mais volonté, pourquoi ? Qu'est-ce qu'on fait ?
14:42Quel projet collectif concret proposez-vous au-delà de la réquisitoire ?
14:46– Vous avez 30 ans, vous avez l'avenir devant vous.
14:48Vous avez des idées pour changer la France ?
14:50Enfin, pour le verser, renverser la table ?
14:52– Je ne propose rien, je ne suis pas politique, je ne propose rien.
14:55Juste ce que j'ai fait, c'est que j'ai analysé…
14:56– La politique, ce n'est pas sale.
14:57– Très bien, pourquoi pas un jour ?
15:00Ce serait intéressant.
15:01Mais ce que j'explique dans le livre,
15:04c'est une analyse clinique de l'état actuel de la France.
15:08Et du coup, ce que vous m'avez dit,
15:09qu'est-ce qu'il faudrait faire pour pouvoir la changer ?
15:11Ce serait déjà de pouvoir que la droite se positionne,
15:15en leader et arrête de se soumettre
15:18non seulement à la droite molle,
15:22mais aussi à la sémantique de la gauche.
15:24– La tyrannie de la bienveillance,
15:26comment l'idéologie a tué la volonté ?
15:29La tuer ?
15:30Il n'y a plus de volonté.
15:31– Il n'y a plus de volonté.
15:32– Vous en êtes sortis comment ?
15:34– Justement, c'est ces 50 ans de politique publique et économique
15:41qui ont fait que nous avons sombré dans une décadence profonde.
15:47Quand je parle dans le livre du nucléaire, par exemple,
15:53le nucléaire, on était en avance sur tout le monde.
15:56On a même encore aujourd'hui la troisième production nucléaire au monde,
16:01devant les États-Unis et la Chine,
16:03et par habitant, je crois même la première.
16:06On a voté, on a accepté l'AREN pour donner notre électricité aux concurrents.
16:14Donc voilà, c'est bien.
16:16Dans un premier temps, c'est bien pour pouvoir ouvrir à la concurrence.
16:19Sauf que du coup, EDF, en 2022, a perdu 26 milliards d'euros
16:23à cause de l'augmentation des prix de l'électricité.
16:26Alors que le prix de l'électricité était fixé à 42 kWh.
16:31– Et donc, ce qui fait, pour continuer ce propos-là,
16:34ce qui fait que l'AREN qui a été adoptée dans une loi européenne,
16:40qu'est-ce qui a fait qu'on a accepté cela ?
16:42Qu'est-ce qui a fait que la France a dit,
16:45ok, on va mettre en place une loi qui va être problématique
16:50à long terme pour nous ?
16:52– Qu'est-ce qui remplace cette IREN de la bienveillance, alors ?
16:55Si on retire cela.
16:56– La libéralisation de la bureaucratie,
17:01laisser les Français et les entreprises agir par elles-mêmes,
17:04leur permettre d'investir plus sur du capital risque,
17:08en fait, pour pouvoir se développer.
17:10C'est-à-dire laisser aux Français, aussi,
17:12au lieu de leur donner un chèque énergie,
17:15un chèque essence des tickets restaurants,
17:19leur redonner le pouvoir d'achat,
17:22diminuer les prélèvements obligatoires,
17:24parce que la France n'a pas un problème de recettes,
17:26mais un problème de dépenses.
17:28Donc, c'est en redonnant ce pouvoir,
17:31cette liberté aux gens de dépenser l'argent comme ils veulent
17:35et de s'émanciper,
17:36qu'on pourra changer et qu'on pourra retrouver cette volonté.
17:40– Rendez l'argent.
17:41Alors, comment l'idéologie a tué la volonté,
17:43la tyrannie de la bienveillance ?
17:44– Je vous propose de poursuivre, eh bien, non pas ce débat,
17:47mais cette réflexion à travers cet ouvrage d'Arnaud Gaget, 30 ans,
17:52et qui a beaucoup d'idées pour changer notre pays,
17:56pas civilisationnellement, mais économiquement,
17:59politiquement, socialement, démographiquement, c'est déjà pas mal.
18:02– Exact, oui.
18:03En fait, c'est changer complètement de système.
18:05Comme le disait Ernest Renan en 1882,
18:09la France est un pléblicite de tous les jours.
18:11ce n'est pas une ethnie, ce n'est pas une religion,
18:14ce n'est rien de tout ça.
18:16En fait, c'est des femmes et des hommes
18:18qui ont une volonté commune d'amener le pays à un endroit précis.
18:22– Presque barésien.
18:23Merci beaucoup Arnaud Gaget, merci d'avoir répondu aussi à des questions
18:26qui passent toujours faciles.
18:27Merci à vous, chers téléspectateurs.
18:29– Sous-titrage Société Radio-Canada
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