- il y a 11 heures
Voici bien l’un de mes invités les plus appréciables en même temp que celui dont je me sente le plus éloigné - intellectuellement s'entend. Certaines de ses phrases comme "je n’ai de maison nulle part" (phrase extraite de notre premier entretien), sa foi dans le caractère illimité de la raison humaine, donc du Progrès, sa persistante croyance en la possibilité d’une bonne Amérique (ou plutôt des Etats-Unis des premiers âges qui se voulaient débarrassés de l’Imperium britannique), son goût pour l’exploration spatiale, au-delà de Mars, en utilisant la Lune qu’il serait selon lui "très facile" d’utiliser comme "station-relai", sont radicalement contraires au sens des limites qui caractérise l’esprit conservateur. Et pourtant, je suis allé le voir jadis, un beau jour de 1996, au siège de son parti "Solidarité et Progrès", début d’une conversation à épisodes qui n’a jamais pris fin, et que j’ai poursuivi par de roboratives lectures. En fait, l’insatiable curiosité de cet énarque qui croit en l’Etat et refuse, contrairement à la plupart de ses coreligionnaires, que le pouvoir soit définitivement passé entre les mains de grands financiers que, du coup, presque tous les autres s’empressent de servir, son abnégation morale, qui va jusqu’au sacrifice du confort matériel, ses magnifiques intuitions sur l’utilisation délibérée, par l’administration états-unienne de la drogue pour contrôler une jeunesse qui ne s’accommoderait sans doute pas, sans elle, de la guerre permanente que Washington mène à tous les peuples du monde, ou sur les aberrations du système financier international, sont passionnantes à suivre - d’autant que cet infatigable travailleur, cet esprit extraordinairement curieux qui étend son regard des âges paléolithiques jusqu’aux aventures les plus futuristes qu’il imagine pour l'humanité, ce grand intellectuel anormalement optimiste a l’une des conversations les plus riches et documentées dont notre série pouvait rêver.
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ÉducationTranscription
00:00Il y a un an, le système politico-financier frappait Tével en fermant notre compte bancaire sans justification.
00:07Le coût a été rude, très rude.
00:09Et un an plus tard, nous pouvons même le chiffrer, 442 987 euros.
00:15Une part énorme de notre budget, des projets retardés, un manque à gagner colossal
00:20et un temps précieux volé à notre mission première, vous informer.
00:24Alors nous avons décidé de ne pas laisser cette attaque sans réponse en saisissant la justice,
00:28non seulement pour obtenir réparation, mais aussi pour forcer le pouvoir à expliquer cette chasse aux sorcières contre TVL.
00:36Car les opérations de déstabilisation du système contre TV Liberté s'enchaînent.
00:40Il y a bien sûr cette censure bancaire qui nous traite en paria pour des raisons politiques
00:44et nous interdit l'accès à des prêts pour investir et pérenniser notre activité.
00:49Mais il y a aussi les censures, les suppressions de nos émissions, de notre chaîne, de nos abonnés
00:54et notre visibilité sur les plateformes qui est amoindrie pour limiter notre force de frappe
00:59ainsi que la presse aux ordres qui cherche sans arrêt à nous salir.
01:03Tout est bon pour nous anéantir.
01:06Pourtant, jusqu'ici, nous tenons bon.
01:10Nous tenons bon grâce à vous, mais aussi grâce à une gestion au cordeau des dépenses
01:14et une rigueur sans faille dans notre volonté de vous informer sans jamais céder à la facilité.
01:20Et depuis la création de TVL, les faits nous donnent raison.
01:22Ces dernières années, notre traitement de la crise sanitaire, de la guerre en Ukraine,
01:26plus récemment de la crise au Moyen-Orient, nos analyses n'ont jamais été battues en brèche.
01:32Certains médias courent désormais derrière nos décryptages pour tenter d'effacer leurs inconséquences,
01:38leurs mensonges et leurs partis pris.
01:39Mais à l'aube d'échéance cruciale, le pouvoir est aux abois et il est prêt à tout.
01:46Avant 2027, ils veulent contrôler les réseaux sociaux, surveiller vos activités,
01:51censurer les médias alternatifs et les saigner.
01:54Ils veulent imposer leurs programmes mortifères, la guerre, la ruine, la dette et la mort de notre civilisation.
02:01Mais la violence du système traduit aussi son agonie.
02:04Et c'est là que nous devons lancer tous nos efforts dans la bataille.
02:07Face à cet extrême centre au pouvoir et aux médias financés par des oligarques, des puissances étrangères,
02:13le complexe militaro-industriel ou même vos impôts, plus que jamais nous devons nous battre pour rétablir la vérité.
02:20Quand la presse vous impose des œillères, TVL vous offre une longue vue car TVL n'a pas de conflit
02:26d'intérêts.
02:27Notre mission, c'est vous informer.
02:29Une mission uniquement rendue possible par votre don.
02:32Alors mettez les bouchées doubles et soutenez TVL.
02:36Dès maintenant, je compte sur vous.
03:09Alors Jacques Cheminade, merci de nous accorder une suite.
03:15Nous avons encore beaucoup de choses à nous dire.
03:16D'ailleurs, nous n'avons pas bougé.
03:18Nous enregistrons la deuxième émission dans la foulée de la première.
03:23Et nous sommes arrivés tout à l'heure à...
03:27J'ai appris l'existence de la rouche par une publication gratuite à New York qui est distribuée.
03:34Ça s'appelle Awartown.
03:35Un peu comme ce journal que je montre à la caméra.
03:37Non, c'était beaucoup plus basé sur la calomnie et l'attaque de personnalité.
03:44C'est un avocat qui s'appelle Roy Kohn, qui a joué un rôle fondamental dans la formation de Trump.
03:48Et c'est le maître de Trump.
03:49Oui.
03:50Un terrible bonhomme d'ailleurs.
03:52Oui.
03:52C'est lui qui a fait condamner les époux Rosenberg.
03:55Parce qu'il a été l'âme d'année de McCarthy.
03:58Oui.
03:58Alors parlez-nous de Roy Kohn alors.
04:00C'est Roy Kohn ?
04:01Oui, parce qu'il est écrit dans Awartown qu'il y a l'homme le plus dangereux des États-Unis.
04:07C'est la rouche.
04:07Pour la rouche, c'est la rouche.
04:08Alors il doit être intéressant, je vais aller voir.
04:09C'est comme ça que vous y arrivez.
04:10Et après, je trouve qu'il y a deux personnes à l'ambassade qui sont des militants de la rouche.
04:17Et je dis quand même, ça rend plus intéressant.
04:19Est-ce que c'est l'espionnage ?
04:20Qu'est-ce que c'est ?
04:21Puis-je vois ?
04:21Non, ça n'a rien à voir avec ça.
04:22Et je vais voir.
04:24Et puis voilà.
04:25Ah mais je ne savais pas que Roy Kohn, qui est un avocat dément, enfin, qui est alors lui, c
04:31'est Mephisto en réalité,
04:33et qui formera Trump, c'est lui qui lui apprendra à mentir, à attaquer toujours, à ne jamais reconnaître des
04:40défaites,
04:40fight, fight, fight, ça fait Kohn.
04:41Vous savez, les États-Unis, Mike Pompeo, qui a été l'âme d'année à un certain moment de Trump,
04:46a dit à la CIA, on m'a appris à voler, à tricher et à mentir.
04:50C'est ça.
04:50Et même à tuer.
04:51Et Kohn est un peu de ce genre.
04:52Oui.
04:53Rucoun, oui.
04:53Mais on en a très peu parlé.
04:56Alors on parle beaucoup d'Epstein aujourd'hui.
04:59Mais Rucoun a probablement eu une influence...
05:01A fait la même chose.
05:02Au moins aussi grande et plus grande qu'Epstein.
05:04Il trafiquait les enfants aussi, mais pas du même sexe, Kohn.
05:07Oui.
05:08Oui.
05:09Oui.
05:10Mais oui.
05:11C'est terrible.
05:11C'est récurrent dans cette société malade.
05:14Il y a eu un Epstein, avant Epstein, qui s'appelait Roy Kohn,
05:17et qui est un des maîtres à penser de Trump.
05:21C'est la corruption des soutes qui monte jusqu'au pont.
05:24Oui, c'est ça.
05:25Et que le pont a financé pour qu'elle exerce un chantage sur les gens, sur les adversaires
05:31qui sont sur le pont, sur les adversaires de ceux qui mènent la barque.
05:35Et notamment, alors les adversaires, donc je remonte Lyndon Larouche,
05:39que vous finissez par rencontrer au cours d'une conférence.
05:41Alors voilà, c'est indirect.
05:42Oui, je ne rencontre pas.
05:44J'écoute sa conférence et je vois des gens qui travaillent avec lui.
05:47Et je trouve que c'est très intéressant parce que l'approche qui s'amène de l'histoire américaine
05:54est aussi l'approche philosophique, que la politique ne veut pas être détachée
05:58d'une réflexion philosophique et d'une réflexion sur l'histoire.
06:02L'histoire des États-Unis et l'histoire du monde.
06:04Bien sûr, bien sûr.
06:05Et contre l'impérialisme britannique, dont j'ai pu voir les dangers
06:11lorsque, entre 1969 et 1971, j'étais en poste à la direction des relations économiques extérieures
06:19et que la Grande-Bretagne rentrait dans le marche commun.
06:22Alors Pompidou a cru que Hiss, ce qui était un homme intelligent,
06:27allait être quelqu'un avec qui on pouvait parler.
06:28Oui, mais ses successeurs n'ont tenu aucune de ses promesses.
06:31On a mis immédiatement Hiss et on met Wilson qui était une crapule.
06:34Je ne sais pas qui est plus crapule, Wilson ou Tony Blair.
06:37C'est sans doute quand même Tony Blair.
06:38Oui, c'est le même genre, oui.
06:39Mais c'est le système qui crée les premiers ministres britanniques.
06:43Ah ben oui, toujours. C'est le système.
06:45Ça se voit encore ces dernières années.
06:47Il y en a une qui a tenu, la pauvre, elle a tenu trois jours,
06:50parce que, ou trois semaines, je ne sais plus.
06:53Liz Trust.
06:55Parce que le système l'a changé, quoi.
06:57Oui, le système a changé.
06:59Le système détermine, le système financier...
07:02Il joue avec des pions.
07:03Il joue avec des pions.
07:04Il choisit les premiers ministres.
07:07Et on appelle ça en anglais, aux États-Unis, le « dependable asset »,
07:11l'actif dont on peut se débarrasser.
07:13Donc c'est ce Epstein, protégé, financé, stipendié.
07:18Puis on se débarrasse d'un coup parce qu'il gêne.
07:21Oui, mais en même temps, tout remonte, comme vous dites, jusqu'au pont.
07:23Ah ben ça, c'est notre chance.
07:25C'est-à-dire que se révèle la face cachée, ou soi-disant cachée,
07:29de toute cette oligarchie financière et politique.
07:33Et je pense que, dans ma défense, de nouvelles initiatives internationales,
07:38de développement mutuel et de sécurité mutuelle,
07:41eh bien les gens voient enfin que c'est nécessaire,
07:44parce qu'ils voient à travers l'affaire Epstein,
07:46où mène le système existant.
07:48Oui, c'est-à-dire...
07:49Par contre, là, c'est-à-dire qu'il faut autre chose.
07:51Au collapse, oui. Oui, ça vous redonne à des projets de refondre
07:57complètement du système financier, ça en va y venir, c'est votre débat.
08:00Financier. Et encore, revenons au pape Léon XIV,
08:04et à El-Gazep Larouche, dirigeant de la Suchère,
08:06changer de façon de penser.
08:08Oui.
08:08Penser autrement.
08:10Oui, on revient au pape dont nous avions parlé dans notre première conversation,
08:13mais qui vous intéresse beaucoup.
08:14Et aux Chinois, parce que les Chinois parlent d'un système gagnant-gagnant.
08:18Xi Jinping lui-même a parlé un jour de Rabindranath Tagore,
08:22ce penseur indien qui dit qu'il faut explorer l'inconnu.
08:25Et voilà un Chinois qui parle d'un Indien, ce qui n'est pas évident,
08:28et qui en parle avec un éloge absolu.
08:31Donc, le monde change, c'est ça.
08:32Et gagnant-gagnant, ça veut dire qu'on sort de la confectualité tellement anglaise,
08:37alors là, pour le coup, anglo-saxonne, on peut dire, un peu allemande aussi,
08:42et Leibniz, et puis on en arrive à concevoir un avenir du monde harmonieux,
08:49où chacun gagne sans nécessairement, ça c'est votre idéalisme.
08:53– Et on échappe à l'image originelle de cela.
08:55– Sincèrement, soprenant, revenons à vous,
08:59et à ce qui devient assez lumineux pour vous,
09:02vous rencontrez, vous finissez par rencontrer la rouge,
09:06il vous séduit beaucoup, vous dites que c'est sa sincérité qui vous pleure.
09:12Il y a toute une page, ou même deux pages,
09:15sur la manière qu'a la rouge, très séduisante pour vous,
09:18pardon d'utiliser ce mot, de chercher la vérité en parlant.
09:22– Oui, ça c'est vrai.
09:23– Ça c'est très important.
09:24C'est un peu ce que fait Platon aussi,
09:29c'est-à-dire qu'en parlant et en marchant,
09:32quand on part, on ne sait pas ce qu'on va se produire.
09:36– Et les serments politiques de quelqu'un que j'admire beaucoup,
09:40autant que la rouge, Martin Luther King.
09:42– Et Martin Luther King, qui est une synthèse aussi
09:45de ce qui peut se faire de mieux aux États-Unis, je le reconnais.
09:48– Le courage de s'élever contre la guerre du Vietnam,
09:50et à ce moment-là, je crois que son destin était signé.
09:53Il s'occupait de ce qu'il ne le regardait pas.
09:55– Mais vous voyez, les tentations impériales, policières,
09:58et vous disiez vous-même, fascistes, aux États-Unis,
10:01reprennent toujours le dessus.
10:02– Non, non, ce n'est pas qu'elles reprennent toujours le dessus.
10:05– L'assassinat de Kennedy, il y a la même haute.
10:06– Un sous-jacent.
10:08Kennedy s'y est opposé.
10:10Et c'est très intéressant, on ne connaît pas l'histoire de Kennedy.
10:13– Oui, mais il a été assassiné aussi.
10:14Vous voyez bien qu'ils reprennent toujours le dessus,
10:16les fascistes américains.
10:17– Il y a eu un moment de l'histoire extraordinaire,
10:19on avait une chance.
10:19– Kennedy était terriblement catholique.
10:21– Kennedy était catholique, De Gaulle était catholique,
10:23Adéna Boyer était catholique.
10:25– Tout ça en sautait.
10:26– Le pape était Jean XXIII, qui était un très grand pape.
10:29– Il est mort.
10:30– Et puis Khrushchev était quelqu'un
10:31avec lequel on pouvait parler.
10:33Donc il y a eu cette chance.
10:34– Dans les années 60.
10:34– Les Anglais ont tout fait pour bazarder ça.
10:37– Ils sont démoniaques pour vous, les Anglais.
10:39– Non, ils ne sont pas démoniaques.
10:40Ils sont très intelligents pour...
10:43Ce n'est pas les Anglais d'ailleurs.
10:45C'est un système anglais de la City de Londres
10:47et de l'oligarchie anglaise.
10:49– Mais très puissante.
10:51– Qui est puissante parce qu'elle s'est extrêmement bien jouée
10:54sur les faiblesses de l'autre.
10:56Cette oligarchie n'a jamais une politique.
10:59Elle en a au moins deux.
11:00Elle joue les deux bords.
11:02Et quand un, elle voit, devient trop fort,
11:04elle joue l'autre.
11:05Et c'est divisé pour gagner ces deux bords.
11:07– Mais ça, c'est la rouge qui vous la prend ?
11:08Vous aviez déjà un regard très particulier sur la Grande Bretagne.
11:11– Alors, je le savais, mais je n'osais pas le dire.
11:15Je n'osais pas agir en fonction de ça.
11:17Ça, c'est la première chose.
11:19Et la rouge m'a donné cette confiance.
11:21Et de prendre le risque de le dire,
11:22parce que je savais que ça allait déguster,
11:24si je disais ça.
11:25Et j'allais dénoncer ce qui, en France,
11:27portait ce message-là, y compris, à sa façon,
11:30à certains entourages de François Mitterrand.
11:32– Oui.
11:34Vous avez la dordure vis-à-vis de beaucoup de gens.
11:36À Thalie, même chevêtement d'ailleurs.
11:39– C'est différent.
11:39– Oui, c'est autre chose.
11:40– C'était un montage synthétique.
11:43– L'entourage de Mitterrand.
11:45– En 1971, avant de partir aux États-Unis,
11:49avec des amis, on m'amène à une réunion au Sénat.
11:51On était une vingtaine de jeunes énarques,
11:56socialistes, socialisants,
11:57qui voulaient un changement en France.
11:58– Mais tu es assez à gauche à ce moment-là.
12:00– Qu'est-ce que je vois à la tribune ?
12:02Albert Gazier, Gaston Deferre, François Mitterrand, Jean-Pierre Chevènement, Didier Motchan.
12:09Je dis, mais comment des gens aussi différents peuvent être assemblés ?
12:13Et les seuls, pour moi, ceux qui restent cohérents et qui gardent, pour moi, une stature morale,
12:17c'est Didier Motchan, avec ses obsessions et ses problèmes,
12:21mais il avait une stature morale.
12:22Les autres, non.
12:23– Il est mort assez tôt, hélas.
12:24Mais Chevènement, non.
12:26– Chevènement…
12:27– Vous le voyez comme un politicien, en fait.
12:29– Non, c'est un homme intelligent,
12:31mais c'est un homme du système
12:34qui prétend toujours être hors du système
12:36et qui, au dernier moment, fait ce qu'il ne faut pas.
12:39– Enfin, il y a plusieurs fois, il y a démissionné, tout de même.
12:41– Moi, j'ai une grande estime, et je vous étonnerai,
12:43pour Michel Rocard, parce que…
12:45– Ah, j'ai vu ça, oui, j'ai vu ça.
12:46– Rocard, c'est Rocard, mais…
12:49– Vous l'avez rencontré longuement.
12:51– Plusieurs fois.
12:52– Oui.
12:52– La Rouche l'a rencontré aussi, d'ailleurs,
12:53et c'est le seul qui a dit que La Rouche était un homme intéressant.
12:56– Ah bon ?
12:56– Donc, j'ai eu le courage de le dire.
12:57Canard enchaîné l'a reproduit, d'ailleurs, en disant
12:59Rocard était un pauvre type, c'était bien la preuve.
13:01– Qui voyait La Rouche, etc.
13:03– Oui.
13:04Alors, Rocard en amont, pour moi,
13:07c'est la condamnation des amonts stratégiques en Afrique du Nord,
13:10pendant la guerre d'Algérie.
13:12C'est-à-dire qu'on a fait une atrocité,
13:13on notait aux gens leur vie de village,
13:16on mettait des amonts stratégiques,
13:17on les isolait, ils n'avaient pas de quoi manger,
13:19ils étaient dépendants parce qu'on leur donnait à manger.
13:22Donc, on isolait une population de son lieu de vie.
13:25Ce que les Américains ont exactement fait au Vietnam.
13:27– Alors, attendez, attendez.
13:28– Alors, je reviens en arrière.
13:29– Revenons en arrière sur le système La Rouche,
13:32la lettre volée, ce que vous appelez,
13:33le chapitre qui s'appelle la lettre volée.
13:34– Alors, lui, il dit deux choses.
13:35– C'est le chapitre capital de vos mémoires.
13:37– Si on veut durer, il y a deux choses.
13:39La première, c'est d'avoir une interpellation constante,
13:45philosophique sur la façon d'être et de penser
13:47par rapport au déroulement de l'histoire.
13:48– Voilà.
13:49– Donc, il ne faut pas avoir un catéchisme figé.
13:51Il faut penser aux opportunités, saisir les opportunités.
13:54– Et créer du neuf.
13:56– Oui, bien sûr.
13:57– Mais basé sur ce qui… – Ne pas répéter le système.
14:00– Ne pas imiter.
14:01Il n'est pas d'issue qui ramène au passé.
14:03Ne pas imiter ceux du passé,
14:04mais s'inspirer de ceux qui ont créé dans le passé.
14:07Et là, pour moi, ça correspond tout à fait à ce que disait De Gaulle,
14:12qu'on n'allait pas refaire la même chose,
14:14mais qu'on allait faire toujours ce qui avait inspiré la nation France,
14:19avec des moments où on capte dans l'histoire
14:22les opportunités qui restent présentent et on les saisit.
14:25C'est le 18 juin 1940.
14:27On fait passer un principe d'humanité avant les autres.
14:30Vous savez, c'est l'histoire américaine aussi.
14:32Et russe.
14:34Ce principe d'humanité passait avant les autres.
14:36Il y a deux personnes, trois personnes,
14:38qui nous ont sauvés d'un anéantissement possible nucléaire.
14:41C'est en 1962, un commandant russe
14:45qui a refusé d'appuyer sur le bouton alors qu'il aurait dû,
14:49en disant qu'il y a un principe d'humanité qui est plus fort.
14:50Non, je ne peux pas faire ça.
14:51Je ne peux pas tirer sur New York une arme nucléaire.
14:53Puis il y a un Américain et un Russe, plus tard, en 1983,
14:56qui était une époque de grands dangers,
14:58qui ont décidé de ne pas transmettre des choses qu'ils avaient vues.
15:01Qui auraient pu en réunimer les États-Unis.
15:04Et qui auraient dû déclencher un tir nucléaire.
15:05Donc ces gens-là ont eu le courage de faire passer un principe d'humanité
15:11avant les ordres reçus.
15:13C'est pour ça qu'il est tellement important de développer...
15:15Pour moi, en France, c'est Jean Moulin.
15:18Aussi, oui.
15:19Bon, alors, revenons un peu au cœur du réacteur Larouche.
15:24Cette vision d'un autre monde possible,
15:28c'est ça qui est très intéressant,
15:31repose en grande partie sur la modification des systèmes financiers, en réalité.
15:37Oui, mais surtout sur une manière de penser différente,
15:41qui n'est pas de voir l'autre éternellement en adversaire,
15:45mais de voir l'autre à qui on peut offrir une coopération.
15:52C'est passer l'esprit de...
15:53Placer l'esprit de coopération
15:55avant l'esprit de conflit et d'affrontement.
16:00Ça, c'est une première chose.
16:01Et la deuxième, évidemment,
16:03c'est par quoi l'homme se caractérise,
16:06par la formulation d'hypothèses,
16:07et par la capacité de faire des hypothèses sur les hypothèses,
16:11et à ce moment-là, de découvrir,
16:13de penser en deux choses, en dehors de la logique formelle.
16:16Ça, Larouche, sur ça,
16:18voulait que les gens lui soumettent des essais,
16:20les renvoyer.
16:21Il y avait un va-et-vient,
16:22qui maintenant est un peu perdu, d'ailleurs,
16:23dans son organisation,
16:24dans notre organisation,
16:26qui était un va-et-vient de ses idées,
16:27avec une critique constante,
16:29un examen, une discussion en groupe.
16:31C'était très intéressant,
16:33parce qu'il y avait l'idée d'une activation de l'esprit constante.
16:38Alors, évidemment, le système financier,
16:40c'est un système, au contraire,
16:42qui est basé sur une économie
16:45qui n'a pas de fondement que monétaire.
16:47Vous savez, Georges Boris,
16:49le conseiller de Pierre-Médès France,
16:52et le conseiller de la France libre,
16:54écrivait, si l'État ne contrôle pas la monnaie,
16:57c'est la monnaie qui contrôle l'État.
16:59Et nous y sommes aujourd'hui.
17:00Est-ce qu'elle s'est combattée à La Rouge ?
17:01Ça a le côté très cher.
17:03Il a fait 5 ans de prison aux États-Unis,
17:05soi-disant pour détournement de fond,
17:07alors que tout le monde...
17:08Conspiration en vue de détournement de fond,
17:09alors que tout le monde le fait, là-bas.
17:11Et lui, il n'avait pas fait.
17:12Et là, c'est ça, quand même tellement...
17:13Il y avait des imprudences,
17:14mais il ne l'avait pas fait.
17:15Quelqu'un comme Ramsey Clark,
17:16qui était l'ancien ministre de la justice
17:18de Lyndon Johnson,
17:19a dit que ce qu'on a fait à La Rouge,
17:20c'était sans précédent dans sa vie,
17:22qu'il est connu sur une manière
17:24de traiter quelqu'un aux États-Unis.
17:26Et oui, la lutte entre l'État et la finance
17:30est peut-être le grand système explicatif
17:33de notre monde.
17:34Oui, surtout un État qui lui-même
17:35est corrompu par la finance.
17:36Par la finance, c'est ça.
17:37Il faut que l'État reprenne la main sur la finance.
17:39La Rouge a toujours défendu...
17:41Toujours la question des Templiers.
17:42La conception d'une banque nationale aux États-Unis,
17:45pas d'une banque centrale,
17:46comme on a en France
17:47ou qu'on a même en Russie aujourd'hui.
17:48Une banque de la nation,
17:50dans laquelle les éléments qui la conduisent
17:53ne sont pas des financiers,
17:54mais sont le peuple.
17:56Le peuple doit avoir des postes
17:57dans un conseil qui administre cette banque.
17:59Vous pensez même à une banque mondiale,
18:01alors pour le coup,
18:02une banque d'investissement
18:03à l'échelle mondiale,
18:05parce qu'il y a une chose
18:07qui vous tracasse beaucoup,
18:08et beaucoup, La Rouge aussi,
18:09c'est les déséquilibres planétaires.
18:14C'est comme ça que vous pensez
18:16à de très vastes investissements
18:18à l'échelle mondiale,
18:19des autoroutes en Afrique,
18:22des investissements dans l'espace
18:23qui vous ont rendu célèbres.
18:25Enfin célèbres,
18:27pour tenter de ridiculiser,
18:29pour dire,
18:30d'ailleurs certains l'ont dit,
18:31que la politique spatiale
18:33n'appartenait pas à une élection présidentielle.
18:35Ce n'est pas le sujet.
18:37Le sujet, c'est de savoir
18:38s'il faut faire 4,5%
18:40pour telle ou telle dépense sociale
18:42ou 5,3%,
18:43ou si le produit intérieur brut
18:45doit augmenter de 4,5% à 5,7%.
18:49On rebâtit le monde.
18:51On rebâtit le monde,
18:52mais sur les bases solides.
18:54Ce n'est pas leur rêverie.
18:54En rentrant des États-Unis,
18:55vous dites que vous prenez
18:56une année sabbatique,
18:57et là vous commencez vraiment
18:59à concevoir,
19:01alors en liaison permanente
19:02avec La Rouge.
19:04Pas en liaison si permanente que ça,
19:06c'est avec ses amis,
19:07en réfléchissant.
19:08Oui, enfin avec le groupe américain.
19:09Avec un groupe, oui, de gens.
19:11Quand même, bien sûr.
19:12Vous créez un parti
19:14et vous remodelez le monde.
19:16Voilà.
19:16Enfin, vous pensez
19:17qu'un autre monde est possible.
19:19Vous savez à combien on en est aujourd'hui
19:21l'accumulation de dettes
19:23dans le système américain occidental ?
19:252400 millions de milliards.
19:27C'est les produits financiers dérivés,
19:29c'est tous les paris.
19:30C'est tout ce qui ne repose sur rien.
19:33Sur rien.
19:34Sur le vide.
19:34Enfin, il y a peut-être
19:35des puissants qui reposent
19:36sur quelque chose,
19:37mais le reste sur rien.
19:38Sur le vide,
19:39c'est la fausse monnaie.
19:40C'est la monnaie
19:41qui crée de la monnaie.
19:42Mais plus de 90%
19:43de la monnaie
19:44est de la fausse monnaie en réalité.
19:45Oui, bien sûr.
19:46C'est seulement financier.
19:47Bien sûr.
19:47Et ça, c'est le dollar financier.
19:49Et c'est toute la politique
19:51des stable coins,
19:52c'est-à-dire des missions
19:53de nouvelles fausses monnaies
19:55reliées au dollar
19:56pour les échanges
19:57et coincer les pays
19:58à devoir faire leur paiement en dollars
20:00pour essayer de rebooster
20:02cette pyramide de Ponzi
20:04qui est le système financier
20:06international actuel.
20:07C'est fait de l'argent
20:08avec de l'argent
20:08avec de l'argent.
20:09Et il n'y a pas de base physique
20:11créatrice.
20:12La Rouche a toujours défendu
20:13l'économie physique créatrice.
20:15Il y a quelqu'un
20:16qui a répondu à cela.
20:17C'est en Russie,
20:18Serge Glaziev,
20:19qui est celui
20:20qui explore
20:21ce nouveau système.
20:22Alors,
20:22Poutine
20:23l'a mis
20:24quelque part
20:25dans les relations
20:26entre la Biélorussie
20:27et la Russie
20:28et dans la réflexion
20:29sur la monnaie.
20:30Mais en même temps,
20:30il joue
20:31sur la personne
20:32qui dirige
20:33la banque centrale
20:34de la Russie,
20:34Elvira Gayunak,
20:36et elle,
20:36est une monétariste.
20:37C'est l'inverse de Glazoff.
20:40Pardon ?
20:40C'est l'inverse,
20:41elle.
20:42Oui,
20:42bien sûr.
20:43Et Poutine
20:44est obligé
20:44de jouer les deux jeux.
20:45Je pense qu'il attend
20:46de régler la question
20:46ukrainienne
20:47pour se lancer
20:47dans la refonte
20:48du système financier
20:49international.
20:50Alors,
20:50il y a les Chinois.
20:51Les Chinois,
20:51eux,
20:53pensent Chine d'abord.
20:55Mais ils pensent
20:56que la Chine
20:57a besoin d'un monde
20:59où les relations économiques
21:01doivent être positives.
21:04Et c'est le marxisme
21:07aux couleurs
21:08du confucianisme
21:09ou avec les caractéristiques chinoises
21:12d'une histoire longue.
21:14Et le problème
21:15que nous avons,
21:16nous,
21:16en Occident
21:17et en particulier
21:17en France,
21:18c'est que nous avons
21:19cette histoire longue.
21:20Nous avions
21:20une planification indicative.
21:22Nous avions
21:24un système
21:26économique
21:26qui était basé
21:27sur des ingénieurs
21:28sous De Gaulle.
21:30Oui,
21:30encore dans les années 70.
21:32Encore dans les années 70.
21:34C'est dans les années 90
21:35qu'on a fait
21:36les banques,
21:36les grandes banques,
21:38Indos Suez,
21:38Paribas, etc.
21:39Oui,
21:39c'est une conversation
21:40avec Loïc Lefloc-Prigent
21:42qui, lui,
21:42est encore un ingénieur
21:44des années 80.
21:45Oui, oui.
21:45Un des derniers
21:46et canardé
21:46à ce titre d'ailleurs.
21:48Canardé à ce titre.
21:48par le système financier
21:50qui canarde tout le monde
21:52en fait.
21:52Il n'est peut-être pas
21:53le plus cohérent
21:54et le plus courageux
21:55mais il est un élément
21:56de ce système.
21:57Assez courageux quand même.
21:58Bon, alors...
21:58Il a souffert en Afrique,
22:00je sais.
22:00Mais voilà.
22:01Il a souffert en France.
22:02La Chine a,
22:03dans le Parti communiste,
22:05recruté des ingénieurs
22:06et des savants.
22:07C'est pourquoi
22:09elle a réussi,
22:10en combattant aussi
22:11la corruption,
22:12à mettre en place
22:13ce système extraordinaire.
22:14En 30-35 ans,
22:16il n'y a plus
22:17de misère extrême.
22:18C'est pas qu'il y ait plus de...
22:19Il y a une certaine
22:21difficulté de vie
22:21pour beaucoup
22:22mais il n'y a plus de...
22:22Il a éradiqué
22:23la misère extrême
22:24et elle a mis un engin
22:26sur Mars
22:26du premier coup.
22:28Nous, l'Agence spatiale européenne
22:30a tout le temps
22:31échoué.
22:31Donc c'est pas la Chine,
22:32la Chine.
22:33C'est ce que nous,
22:33nous n'avons pas fait.
22:36Alors...
22:36Et que nous avons laissé faire.
22:37Une des conséquences
22:39de cette refonte
22:41de l'avenir du monde,
22:43c'est la possibilité
22:45que vous croyez,
22:47que vous ne pensez pas
22:48avoir d'atteinte,
22:50d'éradiquer la pauvreté,
22:53notamment en Afrique.
22:54Vous avez un grand intérêt
22:55pour l'Afrique.
22:57Pour quelques stages africains
22:59dont...
22:59On parlerait peut-être,
23:00mais je pense qu'on est...
23:01Comme Antadiop, par exemple,
23:03mais je pense qu'on n'aura pas
23:04le temps de parler
23:04de tout le monde.
23:06Et puis, vous pensez aussi
23:07à une humanité
23:08qui se développe
23:09au point de conquérir l'espace.
23:11Ça, il faut bien
23:12que nous en parlions
23:12parce que ça fait partie...
23:14Je n'aime pas le mot conquérir.
23:15C'est explorer.
23:16Ah, d'explorer l'espace.
23:17Oui, enfin...
23:19Et on l'utilise...
23:19Conquérir, c'est ça.
23:20C'est ça, moi.
23:22Explorer, c'est aller, moi.
23:23Vous voulez bien utiliser la Lune
23:25comme point de passage
23:26vers Mars.
23:27Oui, mais c'est pas...
23:28C'est quand même la conquête.
23:30C'est un port...
23:31Expliquez-nous, parce que vous savez,
23:32quand je dis
23:32je vais voir Jacques Cheminade,
23:33on me dit
23:34ah, mais ça, c'est le type
23:35qui veut conquérir Mars.
23:36Excusez-moi.
23:37Oui, c'est l'image
23:37qu'ont fait les journalistes
23:39pour faire penser que j'étais...
23:39Alors, racontez-nous
23:40votre projet, là.
23:41Le projet pour l'espace ?
23:42Oui, en quelques mots.
23:44Alors, en quelques mots,
23:46c'est de créer
23:48la maison
23:48la plus efficace possible
23:50un premier instrument
23:51d'exploration
23:52qui est d'aller y voir
23:54sur Mars
23:54avec des robots
23:55et dans le deuxième temps,
23:57si possible,
23:57avec des hommes.
23:58Ça prendra un certain temps
23:59et ça peut se faire
24:01que c'est une base
24:03sur la Terre
24:04de partage
24:05de ce programme spatial.
24:06Alors, ça, c'est à long, long, long, long terme.
24:09Russes, Américains,
24:10on l'a fait pour ITER.
24:11Pour ITER, il y a des Chinois,
24:13il y a des Américains,
24:14il y a des Russes
24:15et nous l'avons fait
24:15et il faut rendre hommage
24:17sur ça à Chirac
24:19qui a créé les conditions.
24:22Chirac est un être très imparfait
24:24mais sur certains points,
24:25il avait des intuitions intéressantes.
24:26C'est Chirac
24:27qui envoie Gourdeau-Montagne
24:29en Russie.
24:31Très important, ça.
24:332005-2006,
24:34voir Poutine, justement.
24:35voir Poutine et dire
24:36voilà, il faut un système
24:37de sécurité
24:38et de développement en Europe.
24:39Global.
24:39Poutine dit d'accord.
24:40Global.
24:41Il va voir les Américains
24:42et il va voir Condoleezza Rice
24:43à l'époque
24:44qui dit ça, le petit nain français.
24:46No way, Pakistan.
24:46Vous n'allez pas vous occuper
24:48d'empêcher notre influence vers l'Est
24:50et l'influence vers l'Est,
24:52c'est la cause de la guerre en Ukraine.
24:54Depuis 20 ans.
24:54Elle est préparée depuis 20 ans,
24:5625 ans, cette guerre,
24:57par les États-Unis.
24:57Depuis le moment,
24:58pour moi, le moment clé,
25:01c'était 2004,
25:02la révolution orange en Ukraine,
25:05au moment où on parle
25:06de Stéphane Banderas
25:08comme héros national.
25:09Stéphane Banderas,
25:10c'est plus que le collabos des nazis.
25:12C'est un nazi ukrainien.
25:14Oui, qui était...
25:16L'Ukraine a été fondée
25:18par les nazis, en réalité,
25:19et par ce fameux Banderas
25:20qui était un nazi.
25:21compliqué, parce qu'il y a eu toute l'affaire
25:24qui a lu la cavalerie rouge aujourd'hui,
25:27qui a lu cette affaire d'Odessa,
25:29de l'Ukraine.
25:30L'Ukraine est un nombre de contradictions.
25:32Moi, j'ai beaucoup...
25:32Je vais vous surprendre,
25:34j'ai beaucoup d'admiration
25:34pour un anarchiste,
25:36au moins deux,
25:37Kropotkin et Makno.
25:38Et Makno,
25:39qui essaye de bâtir cette Ukraine
25:40sur une politique d'éducation,
25:42il dit aux paysans,
25:43qu'est-ce que je vais leur montrer,
25:44les étoiles,
25:44et leur apprendre comment ça marche.
25:45À propos d'étoiles,
25:47revenons, s'il vous plaît,
25:47à notre sujet.
25:49Votre projet spatial,
25:51pardon de parler de...
25:51Le projet spatial ?
25:52Exploration.
25:54C'est une exploration
25:55qui sera à long terme
25:56et qui doit changer
25:59la façon de penser
26:00des hommes sur Terre
26:02parce qu'ils pensent
26:03en plus grand et plus loin.
26:05Et ils n'auront pas
26:06des préoccupations immédiates,
26:08quotidiennes,
26:09qui sont extrêmement nécessaires,
26:13mais qui ne doivent pas
26:15envahir tout l'esprit.
26:17Oui.
26:19C'est un aspect utopique.
26:20La Lune a moins d'attractions
26:22que la Terre,
26:22donc on peut facilement
26:23envoyer des engins
26:24depuis là-bas.
26:25Mais vous dites facilement comment ?
26:27On a tous les moyens.
26:28La fusion thermonucléaire contrôlée,
26:31c'est-à-dire l'énergie du futur,
26:32qui n'est pas encore développée,
26:34mais on en est près.
26:35Vous estimez qu'il est facile
26:35d'établir des communications
26:36entre la Terre et la Lune,
26:38banales en somme.
26:39Oui, ça, c'est facile.
26:41Pour l'instant,
26:42c'est 300 et quelques mille kilomètres.
26:43C'est ce qui me paraît dément,
26:44au moins, mais enfin...
26:46Alors, c'est après Mars
26:47que ça commence à être...
26:48À partir de la Lune,
26:50aller jusqu'à Mars.
26:51Non, non.
26:51Après Mars,
26:53Mars, ailleurs.
26:54C'est là que ça devient...
26:55Après Mars encore ?
26:56Mais ça, on verra.
26:57C'est des générations,
26:59des générations et des générations.
27:01Mais on ne peut pas penser
27:02qu'on n'arrivera jamais
27:04à voir ce qui se passe au-delà.
27:06Vous étiez à Alger,
27:07je crois,
27:07quand vous avez vu en 69,
27:09en juillet 69,
27:10les premiers pas
27:11de l'Homme sur la Lune.
27:12Oui, exact.
27:13Vous étiez enthousiaste.
27:16Pas tellement.
27:17Ah bon ?
27:17Non, j'étais enthousiaste
27:19par cette réunion à Alger
27:21de tous les peuples d'Afrique
27:23qui réclamaient...
27:24Ça, c'est autre chose.
27:25...un ordre mondial nouveau.
27:26D'accord.
27:28C'est ça qui m'enthousiasmait.
27:28Vous avez vu un ordre mondial nouveau
27:30à partir de cette exploration spatiale
27:35qui...
27:35Pas à partir de ça, à l'époque.
27:37Je voyais ça comme un élément,
27:39mais pas un élément aussi déterminant
27:43que je l'ai compris par la suite
27:46et que la rouge m'a porté
27:48à le comprendre encore davantage.
27:49Voilà, comme un élément déterminant.
27:52Comme état d'esprit.
27:53Et si je vous disais,
27:55cher Jacques Cheminade,
27:58que...
28:00Peut-être un réflexe très conservateur,
28:02ce que vous n'êtes pas du tout.
28:03Vous n'êtes pas du tout un conservateur.
28:05Ah !
28:07Attendez, attendez, attendez.
28:07Qu'est-ce qu'un conservateur ?
28:09Encore un grand débat.
28:11Un conservateur, c'est un type
28:12qui se fout complètement,
28:13qu'on fout un pied sur la Lune.
28:15Ah, je ne pense pas.
28:17Pour moi, si.
28:18Un conservateur anglais intelligent
28:19ne pense pas comme ça.
28:21Il pense que lui doit mettre un pied sur la Lune
28:23parce qu'il est anglais.
28:24Parce qu'il est anglais.
28:25Mais vous déviez.
28:26Est-ce qu'il est utile d'aller sur la Lune ?
28:28Est-ce qu'il est utile d'explorer ?
28:30Est-ce qu'il est utile de penser
28:32que l'humanité doit sans cesse progresser ?
28:34De s'obséder à l'idée de progrès,
28:36d'innovation à base d'armées entières,
28:41d'ingénieurs qui révolutionnent le monde ?
28:43Voilà la question que je pose.
28:44Moi, je réponds plutôt non.
28:45Vous savez, dans les chaînes qu'on abatent,
28:47la conversation que j'ai beaucoup citée
28:49entre De Gaulle et Malraux,
28:50Malraux dit,
28:51l'homme a fait une expérience terrible,
28:53il est allé...
28:54Alors, la conversation date de 1970,
28:56donc c'était quelques mois après,
28:59le juillet 1969.
29:00Il est allé sur la Lune
29:01et il a découvert que ça ne servait à rien.
29:03J'aime assez ce réflexe malrusien,
29:07tout ça ne sert à rien.
29:08On ne peut pas rester tranquillement
29:10à contempler l'univers,
29:12rester sur notre chaise,
29:13cesser de penser sans cesse à améliorer tout,
29:17au mieux,
29:18le mieux,
29:19le plus,
29:20le au-delà,
29:21tout ça me paraît une démence.
29:23Et ça, c'est un point d'opposition
29:24entre vous et moi
29:25qui est irréconciliable, Jacques.
29:27Alors, je suis...
29:28Que répondez-vous ?
29:29Je suis à la préhistoire,
29:30puisque je m'intéresse à cela.
29:32On en parlait dans notre première émission.
29:34À l'abri sous roche,
29:36où le soleil frappe,
29:37il fait chaud,
29:38il fait bon.
29:39Et là,
29:42je peins dans les cavernes,
29:44je me sens bien,
29:45je suis chasseur-cueilleur,
29:46je suis dans un monde
29:47où il y a pas mal de choses disponibles.
29:49À quoi bon changer ?
29:50Je suis conservateur.
29:52À quoi bon faire un biface ?
29:53À quoi bon se développer des choses ?
29:55Je vis bien comme je vis.
29:57Certes, il y a des dangers.
29:59Les ours de cavernes
30:00risquent de me causer quelques dommages.
30:03les mammouths sont très grands.
30:06Mais quand même,
30:07je vis assez bien.
30:09Et ça va.
30:10J'ai ma foi.
30:11Je suis bien.
30:12Ça va.
30:13Donc, à quoi bon faire l'agriculture ?
30:15Et on n'a pas fait l'agriculture, d'abord.
30:17C'est ça qui est intéressant.
30:19On a domestiqué les animaux.
30:22Donc, c'est horrible,
30:23un animal sauvage,
30:24c'est tellement plus beau,
30:25tellement plus joli.
30:26Et on a domestiqué, d'abord,
30:28sans doute, les chiens,
30:29puis les chats.
30:29Les chats, beaucoup plus tôt qu'on ne croit.
30:32cadavres de chats et d'Europe
30:33et d'hommes retrouvés à Chypre
30:34à moins 9000.
30:36Donc, parce qu'ils protégeaient
30:37les greniers des souris.
30:38Et donc, ça enclenche quelque chose
30:40qui est propre à l'homme.
30:41Et je crois que
30:43si être conservateur,
30:45c'est geler le passé,
30:46vous détruisez ce qui est l'homme.
30:47Si être conservateur,
30:49c'est admirer certaines valeurs du passé
30:51et d'essayer de les faire valoir dans le futur,
30:53ça, c'est une autre question.
30:54C'est très intéressant.
30:55C'est se satisfaire de ce qui est éternel.
30:57Alors, je crois que rien n'est éternel,
30:59sauf l'éternité.
31:00Voilà, c'est ce que j'attendais votre réponse.
31:02Sauf l'éternité.
31:04Qui sont venus d'un développement.
31:08Et généralement,
31:09on voit le progrès
31:09comme quelque chose de linéaire.
31:12C'est un peu plus de blé,
31:13un peu plus d'herbe,
31:14un peu plus de fusée,
31:16un peu plus d'espace,
31:17je ne sais pas pourquoi.
31:17C'est pas ça.
31:18Le progrès,
31:19c'est une disposition de l'esprit
31:23qui fait que
31:26on espère être dans un monde
31:28où on vivra mieux.
31:30Et on se donne les moyens matériels
31:31de le faire,
31:32ça s'appelle la science.
31:34Alors, vous aimez beaucoup la science.
31:36Oui, parce que sans science,
31:38il n'y a que ruine de l'âme.
31:40La science en conscience
31:41n'est que ruine de l'âme, bien entendu.
31:43Mais il faut la science.
31:44Pour la conscience.
31:46Les deux.
31:47L'emballement.
31:48Oui, c'est ça.
31:48L'emballement.
31:49Moi, le plus grand écrivain français,
31:51c'est Rabelais.
31:51Mais bon.
31:52Ah oui, je sais,
31:52vous citez souvent un Rabelais.
31:55Bon.
31:56Vous avez même fait des études rabelaisiennes.
31:58Mais enfin,
31:59Diable d'homme,
31:59on ne peut pas tout aborder.
32:02Mais je reprends cette idée importante,
32:06finalement, chez vous.
32:08C'est que la raison est sans limite.
32:12Elle n'est pas limitée par la foi.
32:14Je pense en chrétien
32:15que la raison sans la foi
32:16est une des raisons
32:17et comme la foi sans la raison
32:19est une démence.
32:21Ou la science.
32:22Je pense qu'il faut des deux.
32:24Alors,
32:26qu'appelle-t-on la foi ?
32:27Ce que disait Benoît XVI, par exemple.
32:29La foi,
32:30c'est croire
32:33qu'un être humain
32:36a quelque chose en lui
32:39qui doit le faire agir
32:42en fonction de l'image
32:44qui se fait
32:45de Dieu,
32:47d'un principe créateur
32:48ou de l'humanité.
32:49Et qui limite son expansion
32:50infinie aussi.
32:53Qui limite,
32:54alors,
32:55qui limite son extension
32:58asymptotique.
32:59C'est-à-dire,
32:59à un certain moment,
33:00c'est là que les locus se trompent.
33:01Avec un certain nombre
33:03de ressources,
33:04surtout,
33:04vous avez une fin,
33:05fatalement.
33:06C'est là qu'on est en train
33:08d'arriver à une fin,
33:08aujourd'hui.
33:09Tiens, on reste à la technologie.
33:11Sans les nouveaux principes physiques,
33:13c'est la fin.
33:14C'est la mort.
33:15Oui.
33:15Ça, je crois que c'est la bonne réponse
33:17que vous pouvez me faire.
33:18C'est-à-dire,
33:18on ne peut pas rester sur sa chaise.
33:20De toute façon,
33:21le système ne peut pas continuer
33:22à perpétum.
33:23Allez, une anecdote.
33:25J'étais à Polytechnique,
33:26à une réunion.
33:27Puis, il y avait un chercheur
33:29qui disait,
33:32moi, je suis prêtre,
33:34je fais ces recherches.
33:36Mais quand je fais mes recherches,
33:38je dois absolument oublier ma foi
33:40et je dois faire mes recherches
33:41en fonction de l'objectivité scientifique.
33:44Puis, il y avait un autre
33:45qui a dit, moi, je suis communiste.
33:46Et quand je suis communiste,
33:49je garde mon intention
33:50d'amélioration de l'humanité
33:53dans ma recherche.
33:55Alors, on lui avait dit,
33:56je me pose la question
33:58qu'il y ait d'entre vous
33:59celui qui croit le plus en Dieu.
34:03Alors, tout le monde se met à rire
34:04dans la salle.
34:05Et c'est vrai,
34:07à un certain moment,
34:08il n'y a pas d'application mécanique.
34:10Je n'aime pas les partis démocrates chrétiens
34:12parce qu'il n'y a pas d'application
34:13dans le monde politique.
34:15Mais, à l'intérieur de soi-même...
34:16La doctrine sociale de l'Église,
34:17elle a sa cohérence quand même.
34:19C'est une application politique.
34:22Oui, l'Église d'un...
34:25Pour moi, le grand homme,
34:27c'est le Sillon.
34:28C'est Marc Sonnier.
34:29Mais il ne se proclamait pas...
34:31Il se proclamait chrétien d'intention,
34:33mais il était à la découverte constante
34:35des choses.
34:36C'est un des rares partis politiques...
34:38Le Parti communiste l'a fait à une époque
34:39puis il l'a renoncé.
34:40Un des rares partis politiques
34:41où on amenait les gens dans les musées,
34:44dans les concerts,
34:45dans les œuvres d'art.
34:46Rendre l'art et la science au peuple.
34:47Pour moi, c'est ça qui est fondamental.
34:48C'est le Sillon qui a beaucoup intéressé
34:49le général Lebo dans les années 30.
34:50Après, c'est le peuple qui doit choisir.
34:51Il faut l'inspirer.
34:53Mais on ne peut pas dire
34:53« Ah, fais ci, fais ci, fais ça,
34:55répète après moi,
34:56ça ne marche pas comme ça. »
34:57Alors, pour en revenir à votre vie,
35:00vous observez aux États-Unis,
35:01ça c'est très intéressant
35:02parce que je pensais que c'était la réponse
35:03que vous allez me faire.
35:04On ne peut pas rester sur sa chaise
35:06car le système dominant pourrit
35:10et nous emporte tout dans cette pourriture.
35:13Dès les années 60 et 70,
35:15vous dites, à propos des Dors, par exemple,
35:18c'est un groupe de musique
35:20que vous attaquez durement
35:23et avec toute l'esthétique
35:25que porte la musique,
35:29comment l'appelle-t-on,
35:30pop des années 70,
35:3370 et 80,
35:35il y a...
35:36C'est un peu pire que pop.
35:37Oui, c'est pire.
35:38Oui, le mot est mal choisi.
35:41La plus, c'est techno, pour moi,
35:42c'est le pire.
35:43C'est techno, c'est ça.
35:44Vous voyez la fabrication
35:47d'une contre-culture américaine
35:50qui nous a complètement envahis
35:52et qui est de l'ordre...
35:54C'est presque démoniaque chez vous.
35:56C'est-à-dire de dévoyer à dessein
36:00la jeunesse américaine
36:03pour qu'elle se détourne
36:04de sa pureté originelle, en réalité.
36:07C'est vrai.
36:07Et c'est d'où vient, par exemple,
36:09l'obsession d'un sujet
36:10que vous avez très souvent traité,
36:12et vous avez même fait des livres,
36:14c'est la drogue.
36:15Vous dites que la drogue
36:16est un moyen assumé
36:18par les oligarchies mondialistes
36:21et financières
36:22pour corrompre la jeunesse, pour le coup,
36:24pour reprendre cette expression,
36:25et pour l'éliminer.
36:27Alors, à une jeunesse
36:29qui veut empêcher la guerre,
36:31on lui vend des paradis artificiels.
36:33Ça s'est toujours fait, vous me direz,
36:35mais là, de façon intense.
36:37Vous savez...
36:37Dès les années 70,
36:39vous vous penchez sur la question de la drogue.
36:40C'est peut-être même un des thèmes de campagne,
36:42parce qu'il faut bien que je cite cela,
36:43de votre campagne législative de 78.
36:47C'est l'ensemble de la fuite
36:49vers des univers parallèles à l'univers réel,
36:54avec le sexe marchandise,
36:57la drogue,
36:58et la musique bruit.
37:00Oui.
37:01Qui n'est plus une musique liée à l'intellectif,
37:04mais une musique qui est aux perceptions.
37:05Ça, c'est un système de corruption généralisée des esprits.
37:09Et de maintien de l'esprit
37:11dans une addiction.
37:13Les écrans.
37:14Et les écrans, bien sûr.
37:15Les images.
37:17La musique bruit, comme vous dites,
37:18qui est plus du bruit que de la musique.
37:20Et dans les réseaux sociaux,
37:21les faux débats.
37:23Vous êtes le pour, le contre,
37:24vous créez un faux débat.
37:25Vax, anti-vax.
37:26Le sujet, c'est le vax,
37:28c'est pas autre chose.
37:29Et les gens deviennent enragés.
37:31On leur crée des circonstances
37:33dans lesquelles ils se battent entre eux.
37:35Et on ne pense pas
37:36qui a manipulé l'opinion
37:38pour faire croire
37:39que si on voulait être raisonnable,
37:42il fallait se laisser conduire
37:43enrégimenter par un ordre donné.
37:45Ça, c'est différent.
37:46Et là, c'est le vrai sujet.
37:48Oui.
37:49Voilà.
37:49Mais ce qui est assez étonnant,
37:52c'est...
37:53Revenons à la question de la drogue.
37:54C'est que vous avez,
37:56je crois, à la suite de Larouche,
37:59été un des premiers,
38:01maintenant on commence à le concevoir,
38:02à voir la drogue comme un instrument
38:05dont vous dites
38:06qu'on a perdu la bataille
38:08contre le trafic de drogue
38:09parce qu'on ne l'a jamais mené,
38:11en réalité.
38:12On ne l'a jamais mené.
38:12On a même organisé
38:14le trafic de drogue.
38:15Ça, c'est très intéressant.
38:16Le blanchiment.
38:16Et le blanchiment.
38:18Même le trafic.
38:19C'est ce que vous écrivez
38:20dans ce petit opicule.
38:23Pour corrompre la jeunesse
38:24et au sens large
38:26les peuples du monde.
38:28Occidental, en tous les cas.
38:29Vous avez lu
38:29Le meilleur des mondes
38:31du très cynique
38:32Aldous Huxley.
38:32Huxley, oui.
38:341937.
38:35Comment on tient une société
38:37de son point de vue ?
38:39Il faut réduire
38:43la science à la technologie
38:45aux applications
38:46et pas la recherche de principes.
38:49Et il faut réduire
38:50l'art à la perception.
38:51C'est-à-dire la science
38:52à la technique.
38:53On peut dire ça comme ça.
38:54L'art à la perception.
38:55Réduire la science
38:55à la technique.
38:56Et entretenir tout ça
38:57par le SOMA, la drogue.
39:001937.
39:01Il y en a d'autres
39:01qui ont pensé
39:02en anticipation
39:03de cette oligarchie anglaise.
39:05Puis, 1953, je crois,
39:07Huxley réfléchit.
39:08C'est le retour
39:09au meilleur des mondes.
39:10Et c'est là
39:11qu'il est embringué
39:12dans tout cet univers
39:13avec Timothy Leary.
39:16Le meilleur des mondes.
39:17Toutes les drogues nouvelles.
39:19Et il dit
39:19à ce moment-là,
39:20il y a une chose
39:20à laquelle je n'avais pas pensé
39:21et que je dois maintenant
39:23développer beaucoup plus.
39:24Je montre
39:26dans le meilleur des mondes
39:27un monde de sexe
39:28sans naissance.
39:30Mais je ne suis pas
39:31explicitement anti-malthusien.
39:33Maintenant, le monde,
39:33il y a 3,5 milliards d'individus.
39:35Ça va être abominable
39:36si on se développe.
39:37Il faut empêcher les naissances.
39:38Et là, vous refusez, vous.
39:40Ah oui, totalement.
39:42Vous êtes pour
39:42l'explosion démographique.
39:43Mon éveil à ce qui se passait,
39:45autant que la rouge.
39:46Mon éveil,
39:46autant qu'il se passait.
39:47Je crois que c'est
39:48le 2 février 1975.
39:50Je reçois
39:50le New York Times
39:51du dimanche,
39:52chez moi, aux États-Unis.
39:53Je suis tranquillement
39:54un dimanche.
39:55Je le lis.
39:56Et qu'est-ce que je vois ?
39:58Le monde est comme
40:00un bateau surchargé.
40:02On ne pourra pas être temps.
40:04Il faut que les gens
40:05sautent à l'eau
40:05limite les naissances.
40:07Et on voit,
40:08comme première image,
40:09pour moi,
40:09ça me touche directement,
40:11c'est les tranchées
40:11de la garde 14,
40:13où on dit,
40:13à un certain moment,
40:14on ne pouvait plus
40:15traiter les blessés.
40:16Il fallait les écarter.
40:17Non, il fallait les tuer.
40:18Les tuer, oui.
40:19On a commencé
40:19par tuer les blessés
40:20du camp adverse,
40:21puis on a tué
40:21ses propres blessés,
40:22parce qu'on ne peut pas
40:23les soigner.
40:24Et c'est pour leur bien,
40:25parce que s'ils avaient
40:26toujours eu,
40:26ils auraient souffert,
40:27ils allaient mourir
40:27de toute façon.
40:28Donc, qu'est-ce que je vois,
40:30c'est trois ans après,
40:32quand je suis en France,
40:33chez un agriculteur,
40:34un paysan de la Somme,
40:36un outil étrange.
40:38C'était comme une balle,
40:39comme ça,
40:40une balle de fusil,
40:42de guerre,
40:42très pointue
40:43et très taillée.
40:44Et alors,
40:45je dis,
40:45mais qu'est-ce que c'est ça ?
40:46Il me dit ça,
40:46je peux vous le dire à vous.
40:47C'est pour les égorgeurs
40:49de tranchées,
40:49ce qu'ils ont utilisé
40:50pour tuer les gens
40:51parce qu'on n'avait pas
40:51d'autres choses.
40:51De son propre camp.
40:52Et là,
40:53j'ai su que c'était vrai.
40:55Et là,
40:55c'était un choc terrible
40:56pour moi.
40:57Mais vous savez,
40:57c'est le grand projet
40:58de Bill Gates,
40:59par exemple,
41:01qui est déliminé
41:02par le vaccin,
41:03justement,
41:03une partie de l'humanité
41:04parce qu'on est trop nombreux,
41:06dites.
41:07C'est pour notre bien.
41:09Les oligarchies disent cela.
41:11Et d'ailleurs,
41:12le club de Rome,
41:13qui est très malthusien,
41:15dit la même chose.
41:15On est trop nombreux,
41:16on consomme trop...
41:17Je n'ai parlé de cela
41:19à l'époque
41:19à Mgr XXIII
41:21qui a eu l'obligence
41:22de me rencontrer.
41:23Et je lui ai dit
41:23que Cousteau,
41:24le commandant Cousteau,
41:25voulait réduire l'humanité
41:27à 700 millions,
41:28il le dit.
41:28Mais les écologistes
41:29sont comme ça.
41:30Oui, bien sûr.
41:31Tous.
41:31Bien sûr.
41:32Pas tous.
41:32C'est votre bête noire.
41:33Pas les vrais,
41:34mais enfin les écologistes
41:36manipulés.
41:37parce qu'ils sont
41:38dans le pessimisme
41:39culturel absolu
41:40qui est l'instrument
41:41le plus efficace
41:43du système
41:44pour rester en place.
41:45C'est le malthusianisme
41:46généralisé.
41:46C'est le malthusianisme
41:47généralisé.
41:48C'est pour ça
41:48qu'on ne fait plus d'enfants.
41:50Alors,
41:50ce n'est pas
41:51qu'on obéit
41:52à un livre,
41:52à un ordre.
41:53Non.
41:53Mais on a un monde
41:54qui ne crée plus
41:55les conditions de l'espérance
41:58et n'ayant plus
41:58les conditions de l'espérance,
41:59les gens ne font plus d'enfants.
42:00Mais ils veulent en faire.
42:01Mais on n'a pas les moyens
42:02ni l'espérance.
42:03Mais biologiquement,
42:04quelquefois,
42:04ils ne le peuvent même plus.
42:06En France,
42:06on est environ un 6.
42:08Et les gens voudraient
42:092, 2, 3, 2, 3, 2, 3, 2, 3, 2, 3, 5.
42:13Mais ils n'ont pas les moyens.
42:15Pour vivre,
42:16il faut que la femme travaille.
42:18Il faut que l'homme travaille.
42:20On n'a plus le temps
42:21et il n'y a pas de crèche.
42:21Il y a aussi
42:22l'épuisement biologique.
42:24Et à quoi pense la France ?
42:25C'est ça,
42:25le drame de la France.
42:27Voilà un des rares points
42:28auquel je suis tout à fait d'accord
42:29avec un Philippe de Villiers.
42:30Quand il dit
42:31un pays qui pense
42:32en termes de limiter les naissances.
42:34Et un pays qui pense
42:36en termes d'aider à mourir,
42:37c'est un pays
42:38qui est en train de disparaître.
42:39Parce que des deux côtés,
42:41on ne pense pas à vivre
42:41et ce qu'est la vie.
42:43La vraie vie.
42:43L'extinction de la vie
42:44fait partie de cette idée
42:46selon laquelle
42:47nous sommes trop nombreux.
42:48Et au fond,
42:49l'affaire de la Covid,
42:50c'était un peu ça.
42:51C'était une expérimentation
42:53à l'échelle mondiale
42:54pour voir comment
42:55on pouvait limiter la population
42:56en intoxiquant.
42:57Alors, peu importe
42:57si c'est créé ou pas créé,
42:58j'en sais rien.
42:59Mais ce qui importe,
43:00c'est la façon
43:01dont on a capté l'occasion
43:02pour faire...
43:02Mais vous savez,
43:03ça apparaît très clairement
43:04dans les papiers Epstein.
43:06Oui, oui, bien sûr.
43:07Puisqu'on voit
43:08dans la correspondance
43:09le plus intéressant
43:10des papiers Epstein,
43:11c'est la correspondance,
43:12à mon avis,
43:13entre Bill Gates et Epstein.
43:15Oui, oui.
43:15Et Epstein qui lui dit...
43:17Alors, par exemple,
43:17qui lui dit dans un papier
43:18de...
43:19un courriel de 2016,
43:22on n'est pas prêt pour...
43:24Exactement, textuellement,
43:25on n'est pas prêt
43:25pour l'opération pandémie.
43:28Il parle de ça.
43:29Pandémique.
43:30On n'est pas prêt pour...
43:31Non, mais les documents
43:32officiels le disent.
43:34Pour faire...
43:35Quels documents officiels ?
43:36Ça, c'est pas officiel.
43:37En France, aux États-Unis,
43:37ils le disent.
43:38Mais quels documents officiels ?
43:39Demandent prévision
43:40d'une crise pandémique
43:42établie par les autorités
43:44médicales et scientifiques.
43:45Oui, ça a été planifié
43:46de certaine façon, oui.
43:47C'est sûr.
43:48C'est pas seulement Bill Gates.
43:49Bill Gates
43:49est la conscience de ça.
43:51Oui.
43:52Et Bill Gates répond
43:55il faudra bien trouver un jour
43:57un moyen de se débarrasser
43:58des gens.
43:59Ils disent ça
44:00dans les échanges avec...
44:01Mais c'est...
44:02Le Claude Dorong...
44:02Ça dépasse de beaucoup
44:04l'affaire Epstein,
44:06une affaire de pédocriminalité.
44:07C'est bien plus large.
44:09Mais je crois que c'était
44:09en 1974,
44:13c'est-à-dire un an avant
44:14que je reçois ce New York Times.
44:16Madame El Gazeb-Larouge
44:17était à Bucarest.
44:18Oui.
44:18La femme de...
44:20L'Arouge.
44:20Qui n'était pas sa femme
44:21à l'époque.
44:22Elle est là-bas.
44:23Elle est allemande.
44:24Et elle s'en prend
44:24à une ethnologue
44:26qui appelle à la limite
44:28des sociétés
44:29en disant que la société
44:29est primitive.
44:30On limitait les naissances.
44:31C'est très bien.
44:31Qui s'appelle Margaret Mead.
44:33Et John D. Rockefeller
44:34était un vieux Rockefeller
44:36qui présidait les choses.
44:37Et c'était toutes les thèses
44:38du Club de Rome.
44:39Elle, elle dit
44:39c'est le nouveau fascisme
44:401974.
44:42Donc là, on dit
44:43elle est folle,
44:43elle est cinglée.
44:44Qu'est-ce que c'est que ça ?
44:45Beaucoup de gens disent
44:46après tout, on va réfléchir.
44:47Moi, j'ai rencontré
44:48Aurelio Petschey
44:49qui était le patron du Club de Rome.
44:51Qui a écrit
44:51l'homme est condamné
44:52parce qu'il se reproduit trop.
44:54C'est une métastase cancéreuse
44:55qui se développe sur Terre.
44:57Alors, je lui dis
44:58la même chose
44:58qu'Ava Wensa
44:59que j'ai rencontré,
45:00le polonais là,
45:01que j'ai rencontré aussi
45:02dans des circonstances analogues.
45:04Et Petschey, il me dit
45:06mais voilà, c'est comme ça,
45:07on est trop sur Terre,
45:08un monde de ressources limitées
45:10ne peut pas entretenir
45:11une croissance limitée.
45:12J'ai dit
45:12l'homme crée des ressources.
45:14C'est ça le propre de l'homme.
45:15Oui, il dit
45:16mais l'homme est une gêne
45:17pour l'univers
45:19alors j'ai dit
45:19vous êtes catholique ?
45:21Il dit oui.
45:21Alors j'ai dit
45:22vous allez à l'église ?
45:22Oui.
45:23Mais vous ne vous êtes pas rendu compte
45:25quand vous y allez
45:26que c'est probablement le diable
45:26qui dit la messe ?
45:28Alors il était furieux.
45:30Donc ces gens-là
45:31ont cette croyance
45:32d'un univers
45:35nécessairement limité,
45:36encadré
45:37et pas un univers
45:38où la joie de créer
45:39quelque chose
45:40qui nous est donné
45:41en tant qu'humain,
45:41la joie de découvrir,
45:42la joie de voir,
45:43la curiosité.
45:44Moi, ce qui me donne
45:45de l'espérance
45:45pour les États-Unis,
45:46tiens, on va en parler,
45:47c'est que
45:48ils ont décidé
45:49d'envoyer des trucs
45:50sur Mars.
45:51Et le premier,
45:53ils ont donné,
45:54ils ont demandé
45:54aux élèves des écoles
45:56de lui donner un nom.
45:57C'est une petite fille
45:57de 14 ans
45:58qui a reçu le prix
45:59pour le nom.
46:00C'était Curiosité.
46:01Et il y a eu un second,
46:03c'est un jeune garçon,
46:04ça a été Persévérance.
46:05Et je crois
46:06que cette curiosité,
46:07cette pervérance,
46:07c'est une qualité
46:07de l'être humain,
46:08qu'on soit conservateur ou pas.
46:10Alors, parvenu à ce point
46:11de notre conversation,
46:12il nous reste un quart d'heure,
46:14Jacques,
46:14nous avons fait
46:15beaucoup de jus de crâne,
46:17vous maniez,
46:19à la moindre anecdote,
46:21à la moindre page
46:21de votre vie,
46:22vous extrapolez,
46:23mais ce n'est pas
46:24sans intérêt.
46:26Quand même,
46:27j'espère.
46:27Revenons,
46:28revenons pour finir
46:29au déroulement
46:30de votre vie,
46:31à partir du moment
46:31où vous rentrez
46:32en France,
46:33une année sabbatique,
46:34la création
46:35d'un parti politique
46:36que vous appelez
46:37Parti Ouvrier Européen.
46:38Il existait déjà
46:39sous ce nom.
46:40Ah bon,
46:40voilà,
46:41donc vous prenez la présidence,
46:43vous abandonnez
46:44votre carrière
46:46administrative,
46:47vous vous lancez
46:48un peu
46:48dans une carrière politique,
46:50vous êtes candidat
46:50aux élections en 78,
46:52et c'est amusant
46:53parce que c'est à ce moment-là
46:53que vous parlez
46:54du problème de la drogue
46:55comme d'être
46:56un empoisonnement volontaire
46:57d'une certaine façon.
47:00Il fallait oser.
47:02Et puis,
47:03vous créez
47:04un groupe
47:05autour de vous
47:07extrêmement actif.
47:09Il y a,
47:10on dit,
47:11une secte.
47:12Seulement actif,
47:13je ne sais pas,
47:14mais actif
47:15par rapport aux autres.
47:16On les voit partout,
47:17c'est comme ça
47:18qu'à la sortie des métros...
47:21C'est parce qu'il n'y en a pas ailleurs.
47:22Qu'est-ce qu'il y a ailleurs ?
47:23Il n'y a pas de militants politiques.
47:24On voit des gens qui distribuent,
47:26distribuent...
47:26Alors après,
47:27le Parti Ouvrier Européen,
47:28vous vous êtes appelé
47:30Solidarité et Progrès,
47:32et distribuent
47:33des journaux.
47:34Moi, j'en vois quand même
47:35partout,
47:36assez régulièrement.
47:37Et ils sont tellement actifs
47:38qu'ils arrivent
47:39à décrocher
47:40ce que tout le monde
47:41n'arrive pas à faire.
47:43Plus de 500 parrainages
47:45de maires
47:45vous permettant,
47:46en 1995,
47:47Jean-Jean,
47:47excusez-moi,
47:49d'être candidat
47:49à la présidentielle.
47:51Soyons honnêtes,
47:51il n'y a que deux organisations,
47:53vous pouvez en penser
47:54ce que vous voulez,
47:56qui, honnêtement,
47:57décrochent
47:57les signatures du maire
47:58par des efforts passionnels.
47:59C'est nous,
48:00et l'être ouvrier.
48:01Et l'être ouvrière.
48:01Tous les autres
48:02sont catapultés.
48:03L'être ouvrière,
48:04c'est pas...
48:05Ils n'ont pas d'aide extérieure,
48:07non.
48:07L'argent, bien sûr.
48:09Oui.
48:09Il y a ce...
48:11Ce...
48:12Ce...
48:13Ce...
48:13Ah,
48:14comment il s'appelait,
48:15je ne me rappelle plus
48:15de son nom,
48:16c'est la pharmacie,
48:17ce pharmacien
48:18qui les finance.
48:18Il y a plusieurs financements
48:19que nous n'avons jamais eus.
48:21Et comment, alors,
48:22comment arrivez-vous
48:23à mobiliser à ce point
48:25une cohorte
48:26d'esprits dévoués
48:27à vos vues
48:28et aux vues de Lyndon LaRouche
48:30très ambitieuses
48:31pour l'humanité
48:32et qui se vouent
48:36des heures et des heures
48:37chaque jour
48:38ou chaque semaine
48:39en tous les cas
48:39au parti ?
48:40Parce qu'ils ne sont pas voués
48:40aux idées de Lyndon LaRouche.
48:42Ils sont voués
48:45à une compréhension
48:46de la situation
48:47dans laquelle on se trouve
48:48et à l'urgence
48:49de se mobiliser.
48:51Et ils savent,
48:52à l'époque en tout cas,
48:54que la vie circulaire,
48:56sur Terre
48:56est relativement brève
48:58et qu'il faut y faire
48:59des choses
49:00qui sont susceptibles
49:01de rendre cette vie
49:03juste
49:03et qu'en mourant,
49:04on pourra dire
49:05tiens,
49:05j'ai fait quelque chose
49:06de bien,
49:06je le laisse
49:06pour les générations futures.
49:08Ils ont oublié
49:08jusqu'à mon nom,
49:09mais j'aurais fait ça.
49:11Donc c'est ça
49:11qui les anime.
49:12– La conscience.
49:13– Oui.
49:14– Et surtout,
49:18disons,
49:19le mépris
49:22pour l'attachement
49:24aux biens immédiats
49:25et aux possessions
49:27des élites en place.
49:29Moi, j'aime beaucoup,
49:30beaucoup,
49:30je la répète souvent,
49:31la phrase du général de Gaulle.
49:33Quand on lui demande
49:33en 1940,
49:34mais vous êtes fou,
49:35vous êtes à Londres,
49:36vous êtes condamné à mort,
49:37vous êtes rien,
49:38comment on se fait-il ?
49:39Et vous présentez la liberté,
49:40comment on se fait-il
49:41qu'il n'y ait pas plus
49:41de monde avec vous ?
49:43Et il répond,
49:43parce qu'en une période
49:44tragique comme l'actuelle,
49:46les possédants sont toujours
49:47possédés par ce qu'ils possèdent.
49:49Et ça, c'est l'idée
49:50de possession
49:50que je vois aujourd'hui partout.
49:52– Tout le monde est réduit
49:53à l'état de petit bourgeois
49:54qui est...
49:55– Il y a un livre
49:56qui vient de paraître d'ailleurs
49:57possédant
49:58et qui est en fait possédé
50:00par ce qu'il possède.
50:01C'est 90% de l'humanité.
50:02– Et à infecter
50:02les classes moyennes
50:03par l'esprit
50:04des classes supérieures,
50:05même le peuple.
50:06– Oui, le peuple
50:07est très petit bourgeois,
50:08c'est-à-dire possédé
50:09par ce qu'il possède.
50:11Même quand c'est
50:11une maigre chose.
50:12– Quand j'avais 12 ans,
50:15le premier poème
50:16que j'ai écrit
50:16et qui était tout à fait médiocre
50:18mais qui montrait mon esprit...
50:20– Je suis très admiratif
50:21pour la constance
50:22de votre optimisme
50:23et de l'idée
50:23que l'humanité
50:25peut s'arracher
50:26aux mots terribles
50:26qui s'abattent sur elle.
50:28Et vous expliquez comment
50:30c'est d'une telle dimension
50:32que ça dépasse un peu
50:33l'entendement,
50:34le mien en tous les cas.
50:35– Et hors du régime des partis,
50:37je garde la conviction
50:38que les gens
50:39qui ont eu
50:40une éducation
50:41vraiment chrétienne
50:42et ceux qui ont vraiment
50:43lu Marx
50:45et ceux qui ont vraiment
50:46lu les grands philosophes
50:47peuvent s'entendre
50:48dans la coïncidence
50:49des opposés.
50:50– De Nicolas Ducuse.
50:52Mais ce qui suppose
50:53une formation
50:56des êtres,
50:57une formation de l'esprit,
50:58une culture générale,
50:59une formation classique
51:00qui est en train
51:01de disparaître.
51:02– Une évolution intéressante
51:04chez un Dupont-Aignan,
51:06chez un Philippot,
51:07même chez un Asselineau.
51:08Mais ils n'arrivent pas
51:09– C'est Philippe de Villiers
51:10tout à l'heure.
51:11– Ils ont trop
51:12un sens nombriliste
51:14ou narcissique
51:15de leur personnalité.
51:16Il faut une entente.
51:17– Ah, c'est pas à moi
51:17de le dire.
51:18– C'est une première chose.
51:19Et la deuxième chose
51:20que je vois,
51:20c'est toute une extrême gauche
51:22qu'on ne connaît pas,
51:24classique, traditionnelle,
51:25qui a réapparait
51:27avec des idées
51:28réellement sur la base,
51:30disons,
51:31marxiste avec la lutte des classes
51:33que je ne partage pas,
51:34mais marxiste
51:34en termes de l'industrie,
51:36de la connaissance,
51:37du désir de l'humanité
51:38qui apparaissent,
51:39qui sont une minorité
51:40de minorités.
51:41Et je crois
51:42qu'il y a un accord
51:43qui peut se faire
51:45improbable, tout à fait,
51:46mais une coïncidence
51:47des opposés
51:47en ces gens-là
51:48et même,
51:50même, je dirais,
51:51des nouveaux conservateurs
51:52comme vous.
51:53– Ah, très bien.
51:54– Je suis un optimiste,
51:55vous voyez.
51:55– Oui, je vois,
51:56vous êtes un idéaliste.
51:58– Pas un idéaliste.
51:59– Je sais que vous n'acceptez
52:00pas le mot.
52:01– Quelqu'un qui croit aux idées ?
52:02– C'est celui que j'ai in peto.
52:04Ça veut dire autre chose,
52:06d'ailleurs.
52:06– Et que la marche sera rude
52:07pour que ces idées
52:08soient imprimées
52:08dans la réalité.
52:09– Ça veut dire autre chose.
52:11Bon, nous approchons
52:12de la fin, Jacques Cheminade.
52:14Encore une fois,
52:15je conseille à tout le monde
52:16de lire,
52:17vraiment,
52:17parce que c'est
52:18d'une richesse inouïe,
52:20votre testament,
52:21on peut dire,
52:21pardon d'utiliser ce mot,
52:22ça s'appelle
52:23« Répondre aux cris du peuple ».
52:24On le trouve facilement
52:26sur Internet,
52:27j'imagine,
52:28et vraiment.
52:29– Si on veut en savoir plus,
52:33on n'a pas pu tout aborder,
52:36il faut lire ce livre.
52:37Mais je voudrais tout de même
52:39en venir au cœur
52:40de notre angoisse.
52:43C'est le monde
52:44que nous prépare
52:45ce que vous appelez
52:46les seigneurs de la tech.
52:48Autour de Peter Thiel
52:50et de quelques grands noms,
52:52ils sont californiens,
52:53presque tous,
52:55non sans lien
52:56avec l'armée américaine,
52:58c'est bien le danger.
52:59et qui ont dans la tête
53:01des conceptions
53:02qu'on a un peu appelées,
53:04qu'on a tout à l'heure appelées
53:05avec un peu de facilité,
53:06le fascisme,
53:07mais qui ne sont pas loin
53:08du transhumanisme,
53:09qui est la forme moderne
53:11du fascisme pour moi,
53:12en allant très vite.
53:14Je crois que vous avez
53:15une citation,
53:16Jacques Cheminade,
53:17à ce sujet.
53:18– Oui, c'est une citation
53:20d'Alex Carp,
53:22qui avec Peter Thiel
53:23a fondé Palantir,
53:25l'entreprise
53:26de cumul des données
53:28pour dominer le monde entier.
53:29Le nom vient
53:30du seigneur des anneaux,
53:31d'ailleurs.
53:32Et aussi,
53:34toute la technologie
53:35est dominée
53:36dans le militaire.
53:37Alors, citation d'Alex Carp,
53:39« Ils, les rivaux des États-Unis,
53:40– Alors, il parle des rivaux
53:42des États-Unis.
53:43– Oui, c'est moi
53:45qui l'ajoute.
53:45« Ils, c'est les rivaux
53:46des États-Unis,
53:47devraient se coucher effrayés,
53:49ils devraient se lever effrayés.
53:51Être en sécurité
53:52signifie que l'autre a peur.
53:54Ma version du rôle de l'armée,
53:55c'est que les soldats
53:57sont plus heureux
53:57lorsque les ennemis ont peur
53:59et les Américains
54:00se réjouissent à nouveau
54:01du fait que nous sommes
54:02les seuls
54:03à avoir un véritable
54:04outil technologique
54:05dans ces pays
54:06et que nous allons tout gagner. »
54:08Alors, c'est basé
54:08sur le rêve
54:09d'une immortalité
54:11de leur façon de faire
54:12et de penser.
54:12– Le transhumanisme.
54:13– Y compris le transhumanisme,
54:14qui est le nouveau nom
54:15de l'eugénisme.
54:16– Oui,
54:17et qui est le nouveau nom
54:18du totalitarisme.
54:19– Le totalitarisme,
54:21c'est l'impérialisme
54:23britannique
54:24avec les stéroïdes,
54:25comme il dirait là-bas,
54:26américains.
54:26– Oui,
54:27et cette formidable puissance
54:29démente,
54:29devenue démente.
54:30– Oui,
54:30avec une pensée
54:31d'impérialisme anglais.
54:33Julian Oxley,
54:34qui était le frère
54:34d'Aldo Oxley,
54:36nommé à la traite
54:36de l'UNESCO,
54:37a dit qu'il fallait
54:39rétablir l'eugénisme.
54:40Ça avait une mauvaise
54:45réputation
54:45due au nazisme,
54:47mais quand même,
54:47c'est une chose utile
54:48à faire.
54:50– Voilà le meilleur
54:51des mondes.
54:51– C'est terrible,
54:52parce que voilà l'ennemi,
54:53et c'est pour ça
54:54qu'un nouveau départ,
54:55pour éviter que l'humanité
54:57s'anéantisse elle-même,
54:58est nécessaire,
54:59indispensable,
54:59et c'est une question
55:00de vie de mort.
55:01– Très bien,
55:01écoutez,
55:01voilà une des conversations
55:02les plus nourricières
55:03que j'ai eues
55:04au fil des quelques dizaines
55:08de conversations
55:08que nous faisons
55:09pour TV Liberté.
55:11vous m'avez toujours
55:11excité l'esprit.
55:13Voilà pourquoi
55:13j'étais venu vous voir
55:14dans les années 90,
55:16pourquoi je suis toujours
55:17heureux de vous retrouver.
55:19Peut-être que nous aurons
55:19d'autres conversations,
55:21car tout le monde a bien compris
55:22qu'elles sont très nourries
55:23avec vous.
55:24– Mais les actions aussi,
55:26vous l'avez dit tout à l'heure.
55:27– Et que vous ne cessez d'agir
55:30et que de certaine façon,
55:32vous rendez optimiste,
55:33vous donnez du cœur au ventre.
55:34– Nous avons une grande conférence,
55:36mais je ne vous l'annonce pas
55:38parce qu'elle aura lieu
55:39après que cette émission passe,
55:40aujourd'hui.
55:41– Eh bien, annoncez-la.
55:42– On l'enregistre,
55:42mais c'est…
55:43– Annoncez-la.
55:44– C'est une conférence
55:45d'un mouvement international
55:47de citoyens du monde
55:49préoccupé du point de vue
55:50de la Zéternation,
55:52sur quoi on peut arriver
55:53pour sauver la paix
55:54dans le monde.
55:55Et c'est des gens
55:56qui ont condamné
55:58en toute lettre
56:00le génocide à Gaza,
56:01qui ont condamné
56:02d'autres génocides
56:03comme celui au Kivu
56:04et qui disent
56:05il faut arrêter ça
56:05parce que le meilleur
56:07du judaïsme,
56:07le meilleur de l'islam aussi,
56:10bien entendu,
56:10le meilleur du christianisme,
56:12le meilleur dans les religions
56:13s'opposent à cela
56:14et chacun devrait amener
56:15le meilleur de lui-même
56:16pour avoir un avenir,
56:17pour avoir un futur.
56:19Et en Israël et en Palestine,
56:20vous l'avez,
56:20c'est le plan oasis.
56:21– C'est ça.
56:22C'est-à-dire qu'à chaque problème,
56:23il y a une solution humaine.
56:24– Je pense que oui.
56:26– Et pour le problème palestinien,
56:28vous en avez...
56:28– Il faut mettre
56:28de l'huile de coude.
56:30– Le plan oasis
56:31consistant à réunir
56:32les deux parties
56:33autour du point essentiel
56:34la gestion de l'eau,
56:35par exemple.
56:37Et c'est très typique
56:38de votre démarche, ça.
56:39– C'était les accords
56:40d'Oslo dans les annexes
56:41qu'on oublie.
56:42– Sur l'eau, oui.
56:43– Mais il y avait
56:44qu'Israël.
56:45Ça demande,
56:46pour faire un accord,
56:47il faut être deux.
56:48Il faut reconnaître
56:48un État palestinien
56:50avec quelqu'un
56:50que les Israéliens,
56:51dans leur propre intérêt,
56:52se précipient,
56:55qui est Marwan Barghouti,
56:58pour pouvoir négocier.
56:59– Vous y croyez
57:00à la raison.
57:02– Il y a eu très peur
57:03de ce qui arrive
57:03en Iran aujourd'hui.
57:05Quand vous passerez
57:06cette émission,
57:07on verra où on en sera.
57:08Mais vous avez les Américains
57:09qui ont déployé
57:10toute la force,
57:1140% à peu près,
57:14et la Russie et la Chine
57:16qui soutiennent
57:16les forces navales iraniennes
57:17et l'Iran.
57:18Il y a un face-à-face,
57:19ce que les Américains
57:20appellent un chicken game,
57:22pour en sortir.
57:22Il faut une solution.
57:23– À bientôt, Jacques Chemin.
57:25– Encore merci, Paul Magri.
57:26– C'est moi qui vous remercie.
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