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  • il y a 1 jour
L’Espagne des années 1930 – tout le monde croit la connaître : d’un côté les républicains, de l’autre Franco, et entre les deux, une guerre civile. Mais il existe un troisième acteur, méconnu, mal compris : la Phalange espagnole. Ce mouvement de jeunes intellectuels qui voulaient dépasser à la fois le marxisme et le capitalisme libéral, fondé en 1933 par José Antonio Primo de Rivera – fils du général Miguel Primo de Rivera, qui dirigea l’Espagne entre 1923 et 1930, avocat brillant, fusillé à 33 ans –, a bouleversé la politique espagnole avant d’être absorbé, vidé de sa substance, par le régime de Franco. Comment est né ce mouvement ? Quelle était véritablement sa doctrine ? Et que reste-t-il de son héritage dans l’Espagne d’aujourd’hui, où des sondages récents montrent que plus d’un Espagnol sur trois a une opinion favorable de Franco ? Pour répondre à ces questions, Passé/Présent reçoit Michel Festivi, auteur de « Les Phalanges espagnoles », qui vient de paraître aux éditions Synthèse nationale.

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Éducation
Transcription
00:09Générique
00:20Bonjour à tous.
00:21L'Espagne des années 1930, tout le monde croit la connaître.
00:25D'un côté les républicains, de l'autre franco, et entre les deux une guerre civile.
00:29Mais il existe un troisième acteur méconnu, mal compris, la phalange espagnole.
00:33Ce mouvement de jeunes intellectuels qui voulait dépasser à la fois le marxisme et le capitalisme libéral
00:39a été fondé en 1933 par José Antonio Primo de Rivera.
00:43Cet avocat brillant, fusillé à 33 ans, a bouleversé la politique espagnole
00:48avant que son mouvement soit absorbé, vidé de sa substance par le régime de Franco.
00:53Comment est né ce mouvement ?
00:54Quelle était sa véritable doctrine ?
00:56Et que reste-t-il de son héritage dans l'Espagne d'aujourd'hui ?
00:58Où des sondages récents montrent que plus d'un Espagnol sur trois a une opinion favorable de Franco.
01:04Pour répondre à ces questions, j'ai le plaisir de recevoir Michel Festivy,
01:08auteur de Les phalanges espagnols,
01:10qui vient de paraître aux éditions Synthèse Nationale.
01:14Michel Festivy, bonjour.
01:16Bonjour.
01:16Alors vous êtes un habitué de nos plateaux, c'est toujours un plaisir de vous recevoir.
01:21Vous êtes avocat honoraire, mais vous êtes également et surtout maintenant un spécialiste de l'Espagne contemporaine
01:26et votre œuvre forme un ensemble cohérent et ambitieux sur la crise espagnole du XXe siècle.
01:33Vous avez d'abord à explorer les racines longues de la violence politique avec l'Espagne ensanglantée,
01:39consacrée aux anarchistes et aux milices socialistes et aux révolutionnaires entre 1880 et 1939.
01:45Vous avez ensuite analysé la dictature de Miguel Primo de Rivera, le père de José Antonio,
01:51et sa tentative de régénérer l'Espagne entre 1923 et 1930.
01:56Vous êtes intéressé également aux trahisons des gauches espagnoles,
02:00du républicanisme au totalitarisme entre 1930 et 1936,
02:05ainsi qu'à la mainmise de Staline sur le camp républicain dans les griffes de Staline sur l'Espagne républicaine.
02:11Mais ça, nous en parlerons la semaine prochaine.
02:14Vous avez également publié dans la biocollection de Synthèse et d'Eterna un franco, un caudillo pour l'Espagne.
02:24Et vous avez consacré également un ouvrage sur la désinformation autour du Parti communiste français.
02:33Tout le jour, tout ça est paru aux éditions du Alpha.
02:37Alors aujourd'hui, je vous reçois pour parler des phalanges espagnoles,
02:40sujet que vous traitez dans le numéro 32 des cahiers d'histoire du nationalisme de chez Synthèse Nationale.
02:50Voilà, nous y sommes arrivés.
02:52Alors Michel, pourquoi avoir consacré un ouvrage entier à la phalange espagnole,
02:56qui est un sujet explosif peut-être, mais surtout mal connu et souvent caricaturé ?
03:02Pour deux raisons.
03:03Parce que d'abord, en France, depuis longtemps, il n'y avait pas eu beaucoup d'ouvrages sur ce sujet.
03:07Le dernier ouvrage très important, c'est le livre d'Arnaud Imatz sur le national syndicalisme
03:14et José Primo de Rivera, mais qui a été publié en 2000.
03:18C'était d'ailleurs sa thèse d'histoire qui a été publiée.
03:24Et depuis lors, il n'y avait pas eu grand-chose.
03:26Il y a eu un livre de Jean-Claude Vallat en 2013 sur les Desmaramos, dont on reparlera.
03:31Et puis Roland Elie, donc le directeur des éditions Synthèse Nationale,
03:35m'a demandé, pour ses cahiers du nationalisme, ce numéro 32,
03:39de lui faire quelque chose sur les phalanges espagnoles.
03:42Donc j'ai accepté bien volontiers et je l'ai fait.
03:44D'accord. Et vous diriez, aujourd'hui, c'est plus un sujet idéologique qu'un sujet historique ?
03:49C'est les deux à la fois, je pense.
03:51C'est un sujet véritablement historique, parce que dans l'histoire de l'Espagne,
03:55c'est quand même très important.
03:57Et puis bien sûr, c'est un sujet idéologique qui a d'ailleurs des réminiscences actuelles.
04:01Oui, ça nous en parlera.
04:02On en reparlera.
04:03D'ailleurs, dans le prologue, vous attaquez frontalement,
04:05vous dites que trop d'historiens sont, dites-vous, formatés aux théories de l'antifascisme
04:10et tissent des amagames spécieux.
04:12Ce sont des accusations sévères.
04:15Oui, parce qu'on parle toujours de l'histoire en regardant,
04:18en commençant par la fin de l'histoire.
04:21C'est totalement incohérent et anachronique.
04:25Bien sûr.
04:25Donc, je cite dans mon introduction des auteurs sérieux, comme Ers Nolte, l'allemand Ers Nolte,
04:35des Italiens, Renzo De Felice ou d'autres.
04:39Et puis Frédéric Lemoyle, en France, que vous avez reçu souvent,
04:41qui nous explique très clairement comment sont nés les mouvements de la troisième voie en Europe,
04:50du fait des bouleversements considérables générés par la première guerre mondiale
04:54et surtout par l'arrivée du bolchevisme en Russie à la fin de 1917.
04:59– D'ailleurs, c'est ce que vous dites, la première guerre mondiale, d'abord,
05:02puis la révolution bolchevique, ensuite, on chamboulait de fond en comble
05:07l'histoire du XXe siècle et modifiait en profondeur le devenir de nos sociétés
05:10et nations européennes.
05:13Alors justement, je voudrais que vous nous expliquiez la matrice idéologique,
05:17cette matrice qui est commune à toute l'Europe,
05:19et montrer que la phalanche, finalement, ce n'est pas un accident ibérique,
05:22si je puis me permettre.
05:23– Non, ce n'est pas un accident ibérique,
05:25mais elle a des spécificités ibériques bien particulières, par contre.
05:29Bien sûr, la phalanche espagnole, les mouvements de la phalanche espagnole,
05:33s'inscrivent dans ce qui va arriver en Italie en 1919,
05:38le fascisme italien, en Allemagne, dès 1920 aussi,
05:42le national-socialisme, les mouvements conservateurs et puis le national-socialisme.
05:46On peut aussi donner l'exemple de la Hongrie ou de la Roumanie
05:51avec la garde de fer,
05:52mais la spécificité du national-syndicalisme,
05:58puisque c'est ça dont il faut parler,
06:00avant donc d'ailleurs l'arrivée de José Antonio Primo de Rivera,
06:04qui n'arrivera qu'en 1933,
06:07le mouvement phalangiste espagnol naît dès l'année 1931
06:11pour créer effectivement une troisième voie
06:18pour surmonter le capitalisme qui avait pris une très sérieuse claque sur la tête
06:25par la crise fondamentale de 1929,
06:29et puis dépasser également le communisme léniniste ou le communisme anarchiste.
06:35– Alors finalement, cette troisième voie,
06:36elle séduit autant des intellectuels, autant de gauche que de droite ?
06:40– Les mouvements phalangistes vont attirer à eux, en Espagne,
06:45énormément d'anciens anarchistes et d'anciens communistes
06:49qui viendront rejoindre ce mouvement,
06:51qui participeront d'ailleurs aux ruptures aussi, qui interviendront,
06:55mais parce qu'ils étaient attirés par le crédo des phalanges espagnoles
07:01qui étaient surtout de dire qu'ils étaient contre la bourgeoisie conservatrice
07:07pour, dans le cadre d'un État national,
07:10promouvoir l'aide aux ouvriers, aux travailleurs,
07:15promouvoir une sorte de corporatisme pour dépasser la lutte des classes,
07:21lutter contre la lutte des classes, donc ça les attirait énormément.
07:24– D'accord, mais ce sont des mouvements qu'on voit apparaître
07:26un peu partout en Europe, c'est-à-dire qu'on…
07:29– Ce qui est spécifique à l'Espagne, c'est deux choses.
07:33C'est le castillanisme, c'est-à-dire l'histoire de l'Espagne.
07:37L'Espagne s'est fondée historiquement avec les rois catholiques
07:42par la conquête sur les Mahometans.
07:45Et d'ailleurs, le mouvement phalangiste reprendra les flèches et le joug
07:49des rois catholiques avec le rouge et le noir de l'anarchisme.
07:53– D'accord.
07:54– Et l'anarchisme, pourquoi ? Parce que l'anarchisme en Espagne,
07:57je l'ai expliqué dans mon livre pour lequel vous m'aviez invité,
08:00l'Espagne ensanglantée, est un mouvement qui a été très important en Espagne
08:05entre 1880-1990 et 1939.
08:09Mais bien sûr, les phalangistes étaient contre l'anarchisme en tant que tel,
08:14puisque l'anarchisme, c'était aussi un internationalisme.
08:17Mais par contre, contrairement au léninisme, il prônait des petites communautés,
08:24des petites entités non anti-étatiques.
08:29Et donc, ça a joué un très grand rôle dans l'histoire de l'Espagne à cette époque.
08:33– Donc finalement, la peur du bolchevisme n'est pas le principal moteur de ces mouvements.
08:40C'est aussi une ambition révolutionnaire propre.
08:44– Oui, bien sûr.
08:46Ils voulaient révolutionner complètement.
08:49On était…
08:49Quand le phénomène phalangiste a commencé,
08:52on était encore à la fin, à la toute fin de la monarchie d'Alphonse XIII,
08:57puisque les prémices de la phalange espagnole,
09:00c'est février-mars 1931,
09:03et la République arrive le 14 avril 1931.
09:07Et donc, c'était combattre à la fois la monarchie,
09:12dont ils ne voulaient pas, bien évidemment,
09:14et la République qui arrivait et dont ils ne voulaient pas non plus.
09:19– Donc, comme nous disions, bon nombre d'intellectuels,
09:21enfin vous l'écrivez, un bon nombre d'intellectuels et de politiques
09:23vont rechercher à dépasser le capitalisme, ce que vous avez dit,
09:26le libéralisme, et surtout depuis la crise de 1929,
09:28notamment le socialisme marxiste, puis bolchevique,
09:31et la recherche dans une troisième voie, à la fois sociale et nationale.
09:34Donc, c'est dans ce terreau intellectuel que vont…
09:37Donc, ces intellectuels, qui sont-ils ?
09:40Le premier artisan, c'est Ramiro Ledesma Ramos ?
09:42– Le tout premier, c'est Ramiro Ledesma Ramos.
09:45– Lui, il est très très peu connu en France.
09:48Alors, qui est-il ?
09:49– Alors, il est tout jeune, puisqu'il est né en 1905.
09:53Donc, il a fait des études de philosophie et de lettres.
09:57Il a d'abord travaillé très jeune, ensuite il a fait des études de philosophie et de lettres.
10:02Il travaille dans des journaux, notamment, il travaille avec un intellectuel espagnol
10:09qui aura une importance considérable, c'est José Ortega y Gassé,
10:13qui est le grand philosophe, le grand professeur d'université,
10:17le grand créateur de revues de l'époque,
10:20qui a notamment créé une revue qui s'appelle La Gazette de l'Occident,
10:24dans laquelle Ramiro Ledesma Ramos travaille avec Rimenes Caballero,
10:32c'est deux noms très importants,
10:34et ce sont les idées de José Ortega y Gassé
10:38qui vont, en quelque sorte, les rassembler.
10:42Et donc, ils se rencontrent à ce moment-là,
10:45donc, Ramiro Ledesma Ramos et Rimenes Caballero,
10:50et c'est là qu'en février 1931,
10:54Ramiro Ledesma Ramos va distribuer dans Madrid des tracts
10:58pour un nouveau, qui ne s'appelle pas du tout la phalange espagnole,
11:02c'est un mouvement national syndicaliste,
11:06et puis ensuite, le mois d'après,
11:09un journal, un hebdomadaire qui aura une importance considérable,
11:14la conquête de l'État,
11:15le conquista del Estado,
11:18qui va mettre sur pied les prémices
11:22des fondements idéologiques
11:24du futur mouvement phalangiste.
11:26– Donc, ce Ramiro Ledesma Ramos,
11:28est-ce qu'on peut le considérer comme le véritable père intellectuel
11:30du national syndicalisme ?
11:32– Complètement, complètement.
11:32– Donc, avant José Antonio ?
11:33– Oui, bien avant,
11:34et il va rencontrer un homme très important,
11:36qui a le même âge que lui,
11:37qui est né aussi en 1905,
11:39qui s'appelle Onésimo Redondo,
11:42qui lui est de Valladolid,
11:43en pleine Castille,
11:45qui a fondé un petit groupement
11:46qui s'appelle Las Rontas Castillanas,
11:50les Jeunes Castillanes,
11:52et qui a créé également un hebdomadaire
11:54qui s'appelle Libertad,
11:56hebdomadaire qui, entre parenthèses,
11:57durera jusqu'en 1979,
11:59et ces deux hommes vont fusionner
12:01pour créer les Ronts,
12:06en français,
12:08les Jeunes Offensives National Syndicalistes.
12:12– Ce national syndicalisme,
12:16on ne le trouve qu'en Espagne,
12:18enfin, ce terme,
12:18on ne le trouve qu'en Espagne,
12:19c'est vraiment une spécifiquement espagnole.
12:21– C'est espagnol,
12:22et ça se traduit pour quoi ?
12:23Parce qu'il y a un mélange quand même,
12:24il y a un espèce de cortel explosif
12:26entre l'anarchisme, entre le…
12:27– Si vous voulez, la base de tout,
12:29c'est la nation.
12:30Ce mouvement se veut totalement national,
12:33la grandeur de l'Espagne,
12:35retrouver la grandeur de la Castille,
12:37du temps des rois catholiques et d'avant,
12:39et donc ça s'inscrit dans le fait national.
12:43Et puis, syndicalisme,
12:45parce que c'est la défense des ouvriers,
12:47la défense des travailleurs,
12:49la défense des paysans,
12:51mais hors la lutte des classes,
12:53dans le cadre de la réunion,
12:55d'un corporatisme bien compris
12:57entre patron et ouvrier.
12:58– Donc là, c'est vraiment reprendre
13:00la base ouvrière aux marxistes.
13:03– Complètement.
13:03– Alors, quelle différence, par exemple,
13:06avec le national-socialisme
13:07ou le fascisme de Mussolini ?
13:09– Alors, dans les années 30,
13:12je cite beaucoup de…
13:14j'ai beaucoup de citations dans mon livre,
13:17ils sont très enthousiastes,
13:19vis-à-vis du fascisme italien,
13:21et vis-à-vis du nationalisme,
13:23du national-socialisme allemand,
13:26mais on est en 1931,
13:28il faut toujours revenir à la jeunesse de l'histoire.
13:31On est en 1931,
13:32à un moment donné, il y a une phrase,
13:33ils disent « Ourra pour Hitler »,
13:35quand en 1930, il obtient 107 députés
13:39au Reshtag, c'est la percée nationale-socialiste,
13:42dit « Ourra pour Hitler ».
13:43Mais on n'est pas en 1945.
13:48Mais ce qui rend vraiment spécifique
13:50le national-syndicalisme,
13:52c'est l'histoire de l'Espagne.
13:54On ne peut pas comprendre ce phénomène
13:56si on ne connaît pas les profondeurs.
13:59L'Espagne a été un très grand pays,
14:01beaucoup plus grand à l'époque,
14:04que l'Allemagne qui n'existait pas,
14:05ou l'Italie qui n'existait pas.
14:08L'Espagne dominait le monde entier.
14:11Sous Charles V,
14:12le soleil ne se couchait jamais.
14:14Et ça pendant très longtemps,
14:15pendant plusieurs siècles.
14:17Tout le XVIe, XVIIe siècle,
14:19c'était la grandeur de l'Espagne.
14:22Donc, il y a ce phénomène spécifique
14:24qu'on retrouve dans…
14:26– Une nostalgie également,
14:27une nostalgie impériale à retrouver.
14:29– Oui, exactement.
14:29Bien sûr, parce que l'Espagne a sombré
14:31au XIXe siècle.
14:33Donc, ils veulent revenir
14:33à la grandeur de l'Espagne.
14:37– Alors, apparaît José Antonio Primo de Rivera.
14:40Donc, ce n'est pas un inconnu.
14:41C'est le fils de Miguel.
14:44Comment se rapproche-t-il de Ramiro
14:46et d'Espens Ramos ?
14:47– Quand Miguel Primo de Rivera décède en mars 1930,
14:52son fils, donc qui est tout jeune,
14:53mais qui a déjà un brillant avocat,
14:56et qui a une aura exceptionnelle,
14:58c'est ce qui va le distinguer de tous les autres.
15:01C'est un superbe orateur.
15:03Il est physiquement, il est très beau.
15:06On voit des photos, il est magnifique.
15:09Et c'est un superbe orateur.
15:10Il a tout pour lui.
15:10Il coche toutes les cases.
15:12Il est brillant, il est intelligent,
15:13il est bon orateur.
15:15Il a eu une formation intellectuelle très importante.
15:18Mais à l'époque, il défend la mémoire de son père.
15:21Il va se présenter à des élections en 1931.
15:24Il va être battu.
15:24Il sera élu en 1933.
15:27Mais s'il voulait, au départ,
15:29et puis petit à petit, il se rapproche du mouvement national syndical
15:31et il crée, en 1933,
15:34il crée un mouvement qui s'appelle le mouvement espagnol syndicaliste,
15:39le MES, MES.
15:42Et bien, il y a un homme qui est important qui s'appelle Rulio Ruiz de Alda,
15:50qui est un très grand aviateur, qui est jeune aussi, qui a 35 ans,
15:55qui a traversé l'Atlantique Sud avec le frère de Nicolas Franco,
16:00le frère de Franco, Ramon Franco, en 1926,
16:04qui a une aura très importante, qui est connue dans le monde entier,
16:08notamment en Espagne,
16:10qui vient vers eux et qui adhère au mouvement
16:13et qui dit, ce nom ne me plaît pas.
16:15Et comme il a lu dans la conquête de l'État,
16:19le terme phalange, il l'a lu à plusieurs reprises,
16:21c'est lui qui invente, en fait, le terme phalange
16:24et qui dit, on va l'appeler la phalange espagnole.
16:25Et donc, il y a deux mouvements.
16:27Il y a le mouvement de Rami Rao Ledesma Ramos
16:30et d'Onesimo Redondo, d'une part,
16:33et d'autre part, le petit mouvement que crée José Antonio.
16:36Et ces deux mouvements vont se réunir.
16:38Alors, qu'est-ce qu'il apporte de différent
16:39par rapport au premier national syndicaliste, José Antonio ?
16:43Alors, il apporte notamment le fait qu'il est très connu,
16:47qu'il a un énorme quartier d'adresse
16:49et il va apporter des militants.
16:51Ce sont des militants plutôt conservateurs,
16:54plutôt bourgeois, plutôt monarchistes,
16:58parce que le national syndicalisme,
17:00c'est très ouvriériste.
17:02C'est presque du communisme national.
17:06Et donc, ça crée un hiatus
17:08entre les bourgeois, les conservateurs,
17:11les traditionnalistes et ce mouvement vraiment.
17:14Mais ils vont quand même se réunir.
17:16Mais il va apporter surtout des militants.
17:19Vous soulignez que José Antonio se distingue
17:21de l'adresse-mas Ramos, justement,
17:23précisément par rapport à la violence.
17:25José Antonio la récuse,
17:27là où l'adresse-mas la revendique.
17:29Est-ce que c'est une ligne de fracture, la violence ?
17:33– Au départ, le national syndicalisme espagnol,
17:35comme tous les mouvements de ce type,
17:37ont été très marqués par un livre de Georges Sorel
17:42sur la violence.
17:43– Oui.
17:43– J'oublie le titre, là, mais c'est…
17:46– De 1908.
17:47Un livre qui a marqué profondément les esprits.
17:51Réflexion sur la violence, 1908.
17:54Il a marqué Lénine, il a marqué Gramsci,
17:57il a marqué tous les…
17:58Mussolini a été très impressionné par ce livre.
18:01Et si vous voulez, pour eux, la violence,
18:03c'est organique et c'est nécessaire pour renverser l'État.
18:05Mais qui dit violence,
18:08ce n'est pas qu'une violence intellectuelle,
18:10c'est aussi une violence physique.
18:13Et José Antonio, lui, va s'écarter un peu de ça,
18:16parce que José Antonio, c'est un aristocrate,
18:19c'est un grand d'Espagne, au sens propre du terme.
18:24Et il va toujours se battre,
18:27tout au long de sa courte vie,
18:29contre la violence,
18:30alors que la phalange va être très attaquée par les gauches,
18:33elle va subir énormément d'attentats,
18:36de crimes, d'assassinats.
18:38Et José Antonio s'opposera souvent
18:41au fait que les phalangistes voulaient se venger
18:44ou se défendre contre ces crimes,
18:47contre ces assassinats.
18:48– Donc finalement, c'est plus un homme d'État
18:49qu'un agitateur révolutionnaire.
18:51– Oui, je pense.
18:53– Il a cette stature.
18:54– Oui, il a cette stature.
18:55– Alors, finalement, cette synthèse
18:57entre révolution sociale et nationalisme,
18:59ça va échouer.
19:01Qu'est-ce qu'elle donne électoralement,
19:02même dans la rue,
19:04est-ce que les ouvriers rejoignent ?
19:06– Dans la rue et au niveau intellectuel,
19:08c'est très important.
19:09Ça va être un mouvement très important.
19:12Ils vont créer un syndicat
19:14qui va tailler des croupières
19:16à l'UGT socialiste
19:17et à la CNT anarchiste.
19:19Ils vont créer aussi un syndicat.
19:21Chez les jeunes, ça prend beaucoup,
19:22notamment chez les étudiants.
19:25Ils vont créer un syndicat étudiant.
19:27Mais effectivement, électoralement,
19:29ça va être très compliqué
19:29parce que le système électoral espagnol
19:32est un système qui favorise
19:34les grandes listes
19:35et la phalange va avoir toujours du mal
19:37à s'agglomérer aux lignes de droite.
19:39En novembre 1933,
19:42José Antonio est élu député au Cortés
19:45sur une liste de droite à Cadix.
19:47Mais en 1936,
19:48il ne va pas vouloir s'allier
19:50avec le bloc des droites,
19:52avec la SEDA.
19:53Il va être battu.
19:53Ils vont faire 0,7% des voix.
19:57– Et dans la rue,
19:58les ouvriers rejoignent
19:59ou les mouvements des phalanges ?
20:01– Oui, quand même.
20:02Dans la rue, il y a une vraie…
20:04La preuve, c'est que les socialistes
20:06et les communistes
20:07vont être extrêmement virulents
20:10contre les phalangistes.
20:11C'est bien la preuve
20:12que ça gênait énormément.
20:13– Et au niveau financement,
20:14ils ne sont financés par qui ?
20:15– Très difficile.
20:16Ils manqueront toujours d'argent.
20:18Ils feront des réunions
20:19à la lumière des bougies.
20:21Parfois, ils ne pouvaient plus payer
20:23l'électricité,
20:23ils ne pouvaient plus payer leur loyer.
20:24Ils auront un petit peu
20:26de subsides de l'Italie,
20:28mais pas grand-chose.
20:30Les mouvements monarchistes aussi
20:32les aideront,
20:33parce que les mouvements monarchistes
20:34étaient puissants en Espagne
20:35à ce moment-là.
20:36Les aideront un peu,
20:38mais les finances,
20:39ce sera toujours très difficile.
20:40– Alors, ce qui va fracasser
20:43le… pas le rêve,
20:45mais enfin, ce qui…
20:46Oui, les phalanges vont se heurter
20:47au début de la guerre civile,
20:50en 1936.
20:51À ce moment-là,
20:52quelle est la passe réelle
20:53de la phalange
20:54dans le camp national en 1936 ?
20:56– Là, elle va devenir
20:57très importante,
20:58la phalange espagnole
20:59au début de la guerre civile.
21:00À partir de la victoire frauduleuse
21:02du Front populaire,
21:03je pense qu'on en reparlera
21:04dans une autre émission.
21:09notamment les jeunes de droite,
21:11les jeunesses de la SEDA
21:14vont rejoindre en masse
21:16après l'arrivée du Front populaire
21:18qui va mettre en place
21:20une politique totalitaire en Espagne.
21:23À partir de février 1936,
21:25les jeunesses de droite
21:26vont rejoindre en masse la phalange.
21:28La phalange va grossir
21:29à ce moment-là.
21:31Mais Rosset-Antonio, son frère,
21:32et puis des milliers de militants
21:34vont être mis en prison
21:36préventivement dès mars 1936
21:40par le gouvernement Front populaire
21:42qui est très féroce contre eux.
21:45Et donc, c'est à ce moment-là
21:47que les militaires vont commencer,
21:50enfin des militaires vont commencer
21:51à se dire
21:52on ne peut pas continuer comme ça,
21:53il faut qu'on se révolte
21:54contre ce gouvernement.
21:56Et notamment, il y a un général
21:57très important
21:58qui s'appelle Emilio Mola
21:59qui est en fait le coordonnateur
22:02qui va être le coordonnateur
22:04de toute l'insurrection
22:06militaire nationale
22:07qui va prendre langue
22:09avec Rosset-Antonio en prison
22:10pour voir si les phalangistes
22:13peuvent s'arrimer au mouvement.
22:15Mais il y aura toujours
22:16beaucoup d'incompréhensions
22:17entre les militaires et les phalangistes
22:18parce que les militaires,
22:19ces militaires-là
22:20sont des républicains d'abord,
22:22contrairement à ce qu'on dit partout,
22:24ce sont des républicains,
22:25ils sont pour une république d'ordre,
22:27ce sont des conservateurs
22:28et ils ne comprennent rien
22:30à l'idéologie
22:31du national-syndicalisme.
22:35Mais quand la guerre civile éclate
22:37en juillet 1936,
22:38les mouvements phalangistes
22:40sont les plus importants
22:41mouvements civils
22:42de la rébellion nationale.
22:46en termes d'effectifs de militants,
22:4880 000 personnes à peu près.
22:49– 80 000 personnes
22:50et ils sont présents dans la rue.
22:51– Enfin, il va y avoir à peu près.
22:5280 000 personnes
22:53qui vont participer au combat
22:55du côté des phalanges espagnols
22:58– Mais avant le déclenchement
23:00de la guerre civile,
23:01au moment de la république,
23:02est-ce que la phalange
23:03est poursuivie, persécutée ?
23:04– Oui, énormément.
23:05– Donc ces chefs sont emprisonniers
23:07avant même le début
23:08de la guerre civile.
23:08– Oui, bien avant.
23:10José Antonio est emprisonné
23:11en mars 1936
23:12avec son frère,
23:132000 militants,
23:14les locaux de la phalange
23:15sont fermés,
23:16le journal est fermé
23:17et la justice espagnole
23:19va donner raison à la phalange.
23:22Le tribunal suprême
23:24va dire
23:24la phalange espagnole
23:25est légale
23:26et le gouvernement
23:27front populaire
23:28va refuser
23:29de publier
23:29la décision de justice
23:30et va maintenir
23:32la phalange illégale.
23:33– Et Franco,
23:35dans l'affaire
23:35par rapport à la phalange,
23:36on sait ce qu'il en pense ?
23:38Est-ce qu'il est plutôt…
23:41– Franco,
23:41c'était un catholique conservateur.
23:44– Oui, donc assez loin
23:45de la narco-syndicalisme nationale.
23:45– Très loin
23:46de la narco-syndicalisme.
23:48– Mais bon,
23:49il aura des contacts
23:50avec José Antonio,
23:51notamment par son beau-frère
23:52Ramon Serrano-Suner,
23:54qui était très proche
23:55de José Antonio,
23:56qui était un grand ami
23:57de José Antonio,
23:58et qui était jeune aussi,
23:59qui était à peine plus vieux
24:00que José Antonio,
24:01et qui était un brillant avocat aussi,
24:03Ramon Serrano-Suner.
24:04– Et donc,
24:05est-ce que tout le…
24:06comment dire,
24:07est-ce que tout l'état-major
24:08des phalanges
24:08n'est pas emprisonné ?
24:10– Pas tous, non.
24:12– Pas tous,
24:12mais une grande partie, oui.
24:14– Donc,
24:15la guerre civile
24:17débute,
24:18commence en juillet 1936,
24:20et le 20 novembre,
24:22José Antonio est fusillé,
24:24Alicante,
24:25il a 33 ans,
24:27à l'âge du Christ,
24:28rappelez-vous.
24:29Alors,
24:29vous décrivez ces dernières heures
24:32avec une grande précision,
24:33une grande émotion.
24:34Est-ce que vous pouvez
24:35nous raconter ?
24:36Alors déjà,
24:37il est fusillé
24:38suite à une décision de justice
24:39ou c'est totalement arbitraire ?
24:40– Non, non,
24:41c'est une décision de justice
24:42totalement arbitraire
24:43parce que c'est un tribunal révolutionnaire
24:45composé d'anarchistes
24:47et de communistes
24:48qui prennent leurs ordres
24:50à Valence
24:51puisque le gouvernement républicain
24:53s'est réfugié à Valence
24:54et le ministre de la Justice,
24:55c'est un anarchiste,
24:57un pistolero
24:58qui a tué et assassiné
24:59dans le passé
25:00qui s'appelle Garcia Oliver
25:02et qui convoque les juges
25:04et qui leur dit
25:04c'est la mort
25:05qu'il nous faut.
25:06Donc,
25:07il est jugé
25:09bien sûr
25:10par un tribunal révolutionnaire
25:11le 17 novembre 1936.
25:14Il est condamné à mort.
25:15– Condamné sous
25:15quel cachet d'accusation ?
25:17– Eh bien,
25:18c'était rébellion
25:18contre l'État.
25:21Voilà.
25:23Alors qu'il est emprisonné
25:24depuis mars 1936.
25:26Il n'a participé
25:27à rien physiquement
25:28au combat
25:29de la guerre civile.
25:31son frère Miguel
25:32lui est condamné
25:33à 30 ans de prison.
25:34Sa belle-sœur aussi,
25:35la femme de Miguel,
25:36est condamnée
25:37à 6 ans de prison.
25:38Eux deux seront transférés
25:41en Angleterre
25:42et échangés
25:42avec des prisonniers républicains.
25:44Mais José Antonio
25:45est fusillé,
25:46effectivement,
25:47dans la cour
25:47de la prison d'Alito.
25:48– Alors si vous pouvez
25:48nous raconter justement
25:49ce que vous racontez
25:50avec émotion.
25:51– La veille de son exécution,
25:54il reçoit la visite
25:56de sa tante,
25:59la sœur
26:00de Miguel Primo de Rivera.
26:01C'est elle
26:02qui les a élevées,
26:03qui a élevées
26:04toute la fratrie
26:04puisque la mère
26:05de José Antonio
26:06est morte
26:07alors que José Antonio
26:08était très jeune.
26:09Et elle s'appelait
26:10la tante Ma.
26:12Il l'aimait beaucoup.
26:14Il y avait ses deux sœurs
26:15également,
26:16Pilar
26:17et puis une autre sœur
26:18à lui.
26:19Et c'est là
26:19qu'il dit,
26:20écoute,
26:20il dit à sa sœur,
26:21à l'une de ses sœurs,
26:22il lui dit,
26:22de toute façon,
26:23il y a tellement
26:24de phalangistes
26:25qui sont tombés
26:25qu'il faut bien
26:27que leur chef
26:28aussi tombe.
26:29– Donc il meurt
26:30très courageusement.
26:31– Très courageusement.
26:31Et il dira
26:32à ceux
26:34qui le fusilleront,
26:36surtout lavez bien
26:37les pavés
26:37de la cour
26:38pour que mon frère
26:39ne marche pas
26:40dans mon sang.
26:42Il sera enterré
26:43dans une fosse commune
26:45et il y a
26:46un gardien
26:46de la prison
26:47qui mettra
26:48des signes
26:49pour qu'on le reconnaisse
26:50et qu'on puisse
26:50le...
26:51Et on arrive,
26:52on le déterrera
26:53donc quand les nationaux
26:55envahiront Alicante
26:57à la fin
26:58de la guerre civile
26:58en mars 1936,
26:59on le déterrera
27:00et grâce
27:01à un gardien
27:03de la prison
27:04qui avait
27:06mis...
27:06qui l'avait mis
27:07à part,
27:07enfin qui...
27:08– Oui,
27:08on pouvait le reconnaître.
27:09– Voilà,
27:09on retrouvera son corps
27:10sans difficulté.
27:11– D'accord.
27:11– Notamment,
27:12il avait un crucifix
27:13qui tenait dans la main
27:14qu'un anarchiste
27:16a voulu lui voler.
27:17Il a empêché
27:18ce vol
27:18et il l'avait gardé
27:19et on retrouvera
27:20le crucifix.
27:21– Avec lui.
27:22Il est le seul dirigeant
27:23des phalanges
27:24à être fusillé
27:24ce jour-là ?
27:25– Ramiro
27:27le Desmaramos
27:28lui a été fusillé
27:29en août 1936
27:31à la prison Modelo
27:33à Madrid
27:34où on a exécuté
27:35des prisonniers
27:36dans la prison
27:36sans même les juger
27:37avec Julio Ruiz
27:39de Alda également.
27:41Onésimo Redondo,
27:42lui va mourir
27:43au tout début
27:43de la guerre civile
27:44mais lui va mourir
27:45au combat.
27:46– Voilà.
27:47– Alors est-ce qu'on sait
27:50ce qu'il a laissé des écrits
27:51est-ce qu'il est conscient
27:51d'entrer dans une certaine légende
27:53au moment de son…
27:55– Pardon ?
27:55– Au moment de son exécution
27:57est-ce qu'il est conscient
27:58d'entrer dans la légende ?
27:59Est-ce qu'on sait
28:00ce qu'il a écrit à la fin ?
28:01– Alors il a écrit
28:02un témoignage
28:03oui, il a écrit
28:03un testament
28:05où il dit
28:06notamment il dit
28:06qu'il espère
28:07que son sang
28:08sera le dernier
28:10qui tombera…
28:11– Bon là
28:11il s'est un peu trompé.
28:12– Oui.
28:13– Alors finalement
28:14donc on va passer
28:16on va pas refaire
28:16la guerre d'Espagne
28:17donc victoire
28:18du camp nationaliste
28:19et à partir de 1937
28:20donc Franco
28:21impose l'unification
28:22– Enfin en 1937
28:23Franco n'a pas encore gagné
28:26la guerre civile
28:27– Non mais on va pas refaire
28:28la guerre d'Espagne
28:28mais je dis à partir de 1937
28:29Franco impose l'unification
28:31de toutes les familles nationales
28:31– Si vous voulez
28:31Franco est devenu
28:32le chef de l'État
28:33et généralissime des armées
28:34en octobre 1936
28:36à Burgos
28:36grâce à ses talents militaires
28:38qui sont incontestables
28:39et à son sens politique
28:40qui est incontestable aussi
28:42j'ai d'ailleurs écrit
28:42une biographie de Franco
28:44qui s'appelle
28:44un codillot pour l'Espagne
28:47et contrairement à tout
28:48ce qu'on peut penser
28:49Franco était quelqu'un
28:50d'extrêmement intelligent
28:51et qui savait très bien
28:52ce qu'il faisait
28:53qui était très prudent
28:55très lent
28:55très prudent
28:57mais très courageux
28:58et très intelligent
28:59et Franco
29:00il a une idée fondamentale
29:02pour gagner la guerre civile
29:04il faut unifier
29:05le camp national
29:07qui est divisé
29:08il y a les phalangistes
29:09les carlistes
29:11qui sont des monarchistes
29:12traditionnalistes
29:13il y a les monarchistes
29:15constitutionnalistes
29:16il y a des républicains
29:17modérés
29:17il y a même
29:18des sociodémocrates
29:19il y a des tas de gens
29:20dans le camp national
29:21donc il faut unifier
29:23et il y a deux choses
29:25il y a deux secteurs
29:27il y a la phalange
29:28et les carlistes
29:29et donc il va imposer
29:32d'abord par la discussion
29:34et le dialogue
29:34et puis ensuite
29:35par la force
29:36l'unification du mouvement
29:38il prend un sacré risque
29:39politique en pleine guerre
29:41oui mais
29:42les militaires
29:44oui sans doute
29:45mais
29:46il a beaucoup hésité
29:47on est déjà
29:49en avril 1937
29:50la guerre civile
29:52a presque un an
29:53Franco était quelqu'un
29:54qui ne prenait jamais
29:55ses décisions
29:55très rapidement
29:56il les maturait énormément
29:58puis il a reçu
30:00l'aide considérable
30:01je vous l'ai dit
30:02de son beau frère
30:03Ramon Serrano-Sener
30:05qui a failli être flingué
30:08en 1936
30:09qui s'est évadé de prison
30:11qui est arrivé
30:12en Espagne nationale
30:13avec sa femme
30:14et ses enfants
30:15ses deux frères à lui
30:16ont été fusillés
30:17et c'est un brillant avocat
30:19c'est un juriste
30:21de profession
30:23et avec toutes ses équipes
30:25ils vont prendre des décrets
30:27pour unifier
30:28l'ensemble des mouvements nationaux
30:32et en plus
30:32les militaires poussaient à la roue
30:34notamment le frère
30:35de Franco
30:36Nicolas Franco
30:37qui était ambassadeur au Portugal
30:40et d'autres
30:41des militaires
30:43poussaient vraiment à la roue
30:44pour cette unification
30:45donc cette unification
30:49elle se fait au sein
30:50d'un autre mouvement
30:51elle va créer ce mouvement
30:53alors vous allez lui dire
30:54vous allez piquer de moi
30:56pour mon espagnol
30:57une phalange espagnole traditionnelle
30:59donc faite
31:00falange espagnole
31:02traditionnalista
31:03faite
31:04de las ranz
31:05voilà
31:06donc on rajoute le T traditionnel
31:08au nom des phalanges
31:10eux des phalanges
31:11est-ce que finalement
31:12ce qu'on peut dire
31:13c'est une neutralisation politique
31:15des phalanges
31:16oui complètement
31:16ça se noie complètement
31:18le national syndicalisme
31:20pur et dur
31:21à la
31:22Ramiro
31:23les Desmaramos
31:23et à la Onésimo Redondo
31:25cette troisième voie
31:28anticapitaliste
31:31va complètement se fondre
31:33dans ce qu'on peut appeler
31:34une sorte de national catholicisme
31:37et donc là
31:38il y a vraiment
31:39une volonté politique
31:40de Franco
31:41de vider
31:42la phalange
31:43de sa substance politique
31:43ou pas ?
31:44c'est peut-être pas la vider
31:46mais c'est
31:46prendre le dessus
31:47clairement
31:49alors justement
31:50le franquisme
31:51est-ce qu'on peut le comparer
31:52à
31:53on va reparler des phalanges
31:55mais est-ce que le franquisme
31:56est-ce que c'est un fascisme espagnol
31:57ou est-ce que c'est un régime
31:58de toute autre nature ?
32:00non
32:01c'est pas un fascisme
32:02en fait
32:02parce que
32:03c'est pas un fascisme
32:04pour une raison essentielle
32:05c'est que le catholicisme
32:06va prendre une importance
32:07considérable
32:07dans le régime franquiste
32:09le catholicisme
32:10va devenir
32:11la pierre angulaire
32:12une des pierres angulaires
32:13du régime
32:13or
32:14Hitler
32:15le national socialiste
32:17a été un anti-catholicisme
32:19absolu
32:19bien sûr
32:20puisque les premiers
32:21résistants
32:23à part les militaires
32:24mais
32:25les premiers résistants
32:26aux nazis
32:27les frères
32:27le frère
32:28et la sœur Scholl
32:29les roses blanches
32:30c'est un mouvement
32:32catholique
32:32et vous avez
32:34tout le mouvement
32:34catholique
32:35bavarois
32:35qui va s'opposer
32:37à Hitler
32:37de manière frontale
32:38et qui va être
32:39laminé par Hitler
32:40en Italie
32:41c'est un peu la même chose
32:42moins
32:43parce que
32:43en Italie
32:44le catholicisme
32:45est important
32:46mais
32:47en fait
32:48Mussolini
32:48aurait voulu
32:49prendre la main
32:49sur tous les mouvements
32:50de jeunesse
32:51et notamment
32:52les mouvements
32:52de jeunesse catholique
32:53les accords
32:54du latron
32:55de 1929
32:56vont l'en empêcher
32:57mais Mussolini
32:58aurait bien voulu
32:59aussi
32:59donc
33:00l'Espagne
33:01c'est vraiment à part
33:02donc ce national catholicisme
33:04est-ce qu'on peut parler
33:05d'une trahison
33:06finalement du projet initial
33:07de José Antonio
33:08un peu
33:09oui
33:09un peu
33:10si José Antonio
33:12avait été vivant
33:13je pense qu'il n'aurait pas
33:13accepté
33:14que deviennent
33:15les cadres
33:15d'ailleurs
33:16le mouvement phalangiste
33:17va à ce moment-là
33:18avoir de très grandes difficultés
33:20puisque le nouveau patron
33:22des phalanges
33:23puisque José Antonio
33:24est mort
33:24c'est Manuel Edilla
33:25qui n'a pas du tout
33:26le charisme
33:27de José Antonio
33:28mais Manuel Edilla
33:30va s'opposer
33:30à l'absorption
33:33il va être
33:34arrêté
33:35condamné à mort
33:37par les franquistes
33:38bien sûr
33:39finalement gracié
33:40parce que Franco
33:41va gracié tout le monde
33:42en fait
33:42et relégué aux Canaries
33:44bon il vivra longtemps
33:46il vivra encore
33:47plusieurs années après
33:48bien après la guerre
33:49etc
33:49mais il va être
33:51condamné à mort
33:52et donc
33:53les cadres
33:54finalement
33:54les cadres
33:55vont se fondre
33:57dans le mouvement
33:58on va appeler ça
33:59el movimiento
34:00ils vont se fondre
34:01dans le mouvement
34:02il y aura
34:03pendant tout le franquisme
34:05il y aura des ministres
34:06phalangistes
34:06dans tous les gouvernements
34:07de Franco
34:08il y aura des ministres
34:09phalangistes
34:10mais qui se sont fondus
34:11dans le mouvement
34:11donc qui ont abandonné
34:12le national syndicalisme
34:14de fait oui
34:15oui
34:16et d'ailleurs aujourd'hui
34:17qu'est-ce qu'il reste
34:18concrètement de cet héritage
34:20phalangiste en Espagne ?
34:20il reste un témoignage
34:21bon
34:23électoralement parlant
34:23il n'y a pas grand chose
34:25les mouvements
34:26les mouvements phalangistes
34:27existent toujours
34:28il y a toujours cette tendance
34:30national syndicaliste
34:31ça plaît quand même
34:32notamment dans le milieu étudiant
34:33et chez les jeunes
34:34il y a des sondages
34:35qui le disent
34:36je l'écris dans le bouquin
34:37et puis
34:38ce qu'il faut bien comprendre
34:39c'est qu'actuellement
34:39l'Espagne
34:40vit sur le jou
34:41j'emploie cette expression
34:44à bon escient
34:44vit sous le joug
34:45de lois mémorielles
34:46et historiques
34:48qui voudraient imposer
34:49une relecture complète
34:51de l'histoire
34:51et on interdit
34:54le gouvernement interdit
34:55les manifestations
34:56pro-phalangistes
34:57pro-franquistes
34:58etc
34:58et tout dernièrement
34:59la phalange espagnole
35:01qui comme tous les années
35:02fête le 20 novembre
35:04qui est à la fois
35:06le jour anniversaire
35:07de la mort
35:08de Ross-Antonio
35:09le 20 novembre 1936
35:11et Franco
35:12est décédé
35:13le 20 novembre
35:141975
35:15donc ces mouvements
35:17phalangistes
35:17fêtent le 20 novembre
35:18depuis des années
35:19de manière tout à fait pacifique
35:20et en 2022
35:21le gouvernement
35:22les a interdits
35:22leur a infligé
35:24une amende
35:24très importante
35:26et les phalangistes
35:27ont fait des recours
35:27et viennent de gagner
35:28le 7 mai dernier
35:30
35:30j'ai fait un article
35:31d'ailleurs
35:31dernièrement
35:32sur ce sujet
35:34le tribunal
35:35l'audience nationale
35:36de Madrid
35:36leur a donné raison
35:37et leur a dit
35:38que le gouvernement
35:40n'avait pas à sanctionner
35:41au nom de la liberté
35:41d'expression
35:42et au nom de la liberté
35:43de réunion
35:44il ne pouvait pas sanctionner
35:46donc il y a toujours
35:47actuellement en Espagne
35:48une volonté
35:50de nier
35:52ce mouvement
35:53historique
35:53très important
35:54et des gens
35:55qui se rebellent
35:56contre ça
35:56et qui ne veulent pas
35:57qui au contraire
35:58portent témoignage
35:59du mouvement phalangiste
36:00d'ailleurs vous citez
36:01quand même
36:02un sondage
36:02surprenant
36:03qui date
36:04de novembre
36:052025
36:05je rappelle les chiffres
36:0735,9%
36:08des espagnols
36:09ont eu une opinion
36:10favorable
36:10de franco
36:12et surtout
36:1341,4%
36:15des 17-35 ans
36:16estiment vivre
36:17dans une société
36:17pire
36:18que sous le franquisme
36:19est-ce que ces chiffres
36:20vous ont surpris ?
36:21oui beaucoup
36:22parce que depuis
36:24maintenant une quinzaine
36:24d'années
36:25l'Espagne vit vraiment
36:26sous une chape de plomb
36:27totalitaire
36:27socialo-communiste
36:28avec les gouvernements
36:29d'abord
36:30de José Luis Zapatero
36:32et de Pedro Sanchez
36:32donc ça m'a surpris
36:33comme quoi
36:34il ne faut jamais désespérer
36:35vous parlez même
36:36d'une dormition
36:37c'est quoi cette dormition ?
36:40ça veut dire
36:41que les centres
36:41sont toujours chaudes
36:42en fait
36:44ce mouvement représente
36:45toujours quelque chose
36:46pour l'Espagne
36:47c'est l'histoire
36:48de l'Espagne
36:48on ne peut pas
36:48la nier
36:49d'un trait de plume
36:50et la faire disparaître
36:52mais aujourd'hui
36:52elle est plus
36:54elle demeure plus
36:55dans le champ de bataille
36:56politique
36:57qu'historique
36:58finalement
36:58est-ce que les historiens
36:59c'est pas encore
37:02je veux dire
37:02on ne l'exploite pas
37:03d'une manière sereine encore
37:04non c'est toujours
37:05dans le champ de bataille politique
37:06vous avez raison
37:07et vous pensez
37:08qu'on va pouvoir
37:09avoir un regard apaisé
37:10enfin sur cette période
37:13écoutez si par exemple
37:14tant qu'elle est loi mémorielle
37:15ça va être difficile
37:16c'est ça ?
37:17voilà
37:17si par exemple
37:18le parti populaire
37:19a un peu de courage
37:21et s'il arrive au pouvoir
37:22ce qui devrait être le cas
37:23l'année prochaine
37:24et s'il abroge
37:26ces lois liberticides
37:29Piomoa
37:30le grand historien espagnol
37:31que je rencontre très souvent
37:32quand je vais en Espagne
37:34et qui a beaucoup préfacé
37:36certains de mes livres
37:37m'a toujours affirmé
37:38que c'était des lois
37:39de type soviétique
37:41et il est rejoint en cela
37:42par un autre historien
37:43Stanley Payne
37:43qui le dit aussi
37:44qui l'a écrit aussi
37:45alors finalement
37:46Michel Festivy
37:48qu'est-ce que vous aimeriez
37:49que le lecteur retienne
37:52surtout déjà
37:53de José Antonio
37:54quand il aura refermé
37:55votre livre
37:56et bien c'était quelqu'un
37:58de tout à fait exceptionnel
37:59tant d'un point de vue humain
38:01que d'un point de vue politique
38:02il a véritablement voulu
38:06réconcilier les Espagnols
38:09au niveau politique
38:10et économique
38:11en favorisant le sort
38:13notamment des travailleurs
38:15et des paysans
38:16il était très attentif
38:17au sort des paysans
38:17il a écrit énormément
38:19de choses
38:19notamment sur les journaliers
38:20andalous
38:21qui étaient très malheureux
38:22à cette époque-là
38:23et il a voulu
38:26redresser l'Espagne
38:27lui redonner sa grandeur
38:29et bien Michel Festivy
38:31merci infiniment
38:32donc je renvoie
38:33à cet ouvrage
38:34donc c'est
38:35les phalanges espagnols
38:37ce sont les cahiers
38:38d'histoire du nationalisme
38:39c'est les éditions
38:41synthèse nationale
38:42et d'ailleurs
38:42pour vous le procurer
38:43il faut aller sur le site
38:45synthèse-édition
38:47édition plurielle
38:48synthèse-édition.com
38:50pour acheter
38:52je rajoute également
38:53un merci
38:53au cercle franco-hispanique
38:55dirigé par madame Grimaldi
38:58dont le mari
38:59qui est décédé maintenant
39:01Olivier Grimaldi
39:01ont fait beaucoup de travail
39:02également
39:03pour redonner corps
39:06à Rosé Antonio
39:09au national syndicalisme
39:10et à tout ce mouvement
39:11et bien voilà
39:12chose faite
39:13donc ce livre
39:13bien illustré en plus
39:15il y a des belles illustrations
39:16très fouillées
39:17plein de précisions
39:18donc les phalanges espagnols
39:20chez Synthèse Nationale
39:22c'était Passé Présent
39:24l'émission historique
39:25de TVL
39:26réalisée en partenariat
39:27avec la revue
39:28d'histoire européenne
39:30revue d'histoire européenne
39:31dont le numéro
39:32actuellement en clos
39:33est consacré
39:34à la perfide
39:35Albion
39:35l'Angleterre
39:36notre meilleur ennemi
39:38mais avant de nous quitter
39:39vous n'oubliez pas
39:40bien sûr de cliquer
39:41sur le pouce levé
39:41sous la vidéo
39:42et de vous abonner
39:43à notre chaîne YouTube
39:45merci et à bientôt
39:50Sous-titrage Société Radio-Canada
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