Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 7 semaines
À l’occasion des vingt ans de la revue "Synthèse nationale", qui totalise aujourd’hui 73 numéros ainsi que plusieurs collections associées, dont les "Cahiers du nationalisme", TVL a reçu son directeur, Roland Hélie. Figure de la droite nationaliste française, il est revenu sur plusieurs décennies de combat intellectuel et militant. Sans détour, il a été interrogé sur le poids réel des mouvements nationalistes et identitaires en France, alors que plusieurs pays européens, comme l’Angleterre, connaissent une progression spectaculaire de ces courants de pensée. La principale explication réside-t-elle dans la place prépondérante occupée par le Rassemblement National et Marine Le Pen, qui concentrent aujourd’hui l’essentiel de l’espace politique, médiatique et électoral du camp patriote ? Roland Hélie répond à ces questions et livre également sa réflexion sur la transmission d’un héritage intellectuel, littéraire et militant riche, ainsi que sur les perspectives d’une droite nationaliste et identitaire qui entend continuer à faire vivre ses idées et à les inscrire dans la durée.

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:06On n'a pas tous les jours 20 ans, ça n'arrive qu'une fois seulement.
00:09C'est un refrain d'une chanson de 1937 de Berthe Silva.
00:12Et on pourrait le fredonner ce refrain en l'honneur de notre invité
00:15qui fête les 20 ans du site et de la revue Synthèse Nationale.
00:19Bonjour Roland Elie.
00:20Bonjour Martial Bild.
00:21Berthe Silva, vous ne nous y attendiez pas.
00:23Ah non, j'aurais préféré que vous m'ayez invité pour mes 20 ans,
00:26mais il y a un certain temps déjà.
00:27Allez, vous êtes le directeur de Synthèse Nationale.
00:30Et en 20 ans, quel travail accompli.
00:32La revue vient de franchir les 73 numéros.
00:36Le 73 numéro, c'est du printemps 2026, je l'ai en main.
00:39Et les filles égales danger, ils prennent leur fantasme pour des réalités.
00:43Quel travail.
00:44Écoutez, c'était une initiative que nous avions prise avec quelques amis en 2006.
00:49Oui, ça fait 20 ans.
00:51Et à l'époque, il faut se resituer dans le contexte qui était celui de l'époque.
00:55que la droite nationale n'était pas au plus haut.
01:00L'ensemble de la droite nationale venait de subir quelques années auparavant la scission du MNR.
01:08Bon, on était dans une période un petit peu incertaine.
01:10Et à ce moment-là, nous nous sommes dit à quelques-uns,
01:12puisque j'avais autant d'amis qui étaient restés au Fonds National,
01:15d'autres qui étaient passés au MNR, d'autres qui étaient partis ailleurs, enfin bref.
01:18Mais tout le monde se retrouvait sur le plus petit dénominateur commun,
01:21à savoir l'amour de notre nation, de l'amour de la France.
01:25et le désir d'agir d'une manière ou d'une autre.
01:28Alors, nous nous sommes dit à ce moment-là, nous allons créer une revue
01:30qui donnera un peu la parole à tout le monde, enfin, aux différentes...
01:34Enfin, ce qui est le mien en tout cas.
01:35Et puis, c'est comme ça qu'est née Synthèse Nationale en octobre 2006,
01:39le premier numéro date d'octobre 2006.
01:41– Roland Elie, vous êtes un militant nationaliste depuis plusieurs décennies,
01:44on peut quand même dire un demi-siècle le matin.
01:47– Oui, oui, oui.
01:48– Qu'est-ce qui vous a poussé, vraiment, à créer un média de rassemblement
01:52de la droite de conviction, de la droite patriote, de la droite d'extrême droite ?
01:56Vous acceptez ce qualifiant ?
01:57– Ah, moi, aucun terme ne me fait peur.
01:59Parce que, de toute façon, quoi qu'on dise, quoi qu'on fasse,
02:01on sera toujours qualifié d'extrême droite, de facho, de tout ce que vous voulez.
02:05Donc, je n'ai pas passé mon temps à expliquer que tel terme, maintenant, nous ne sommes pas...
02:10Moi, je me définis comme un homme de droite nationale, identitaire.
02:14Voilà, alors après, les uns et les autres peuvent dire ce qu'ils veulent.
02:17Ça m'est totalement égal.
02:18– On gardera donc les qualificatifs que vous souhaitez.
02:21– Est-ce que c'était aussi l'idée qu'il y avait, à cette époque-là,
02:26peut-être encore un peu maintenant, d'ailleurs,
02:27un vide intellectuel, médiatique, que vous souhaitiez combler, tout simplement ?
02:30– Tout à fait, tout à fait.
02:32Il y avait, à cette époque-là, je vais vous raconter une anecdote,
02:37puisque vous parlez de ma longue carrière militante.
02:41Je crois que c'était dans les années, en 86 ou 87 ou 88,
02:45enfin, dans ces années-là, nous avions créé, avec Georges-Paul Wagner,
02:49à l'époque, une organisation qui s'appelait l'Institut d'Histoire.
02:52Et un jour, il y a eu un cocktail au Québec qui avait comme vocation
02:55de former des militants, donner une formation aux militants,
02:58des conférences, des choses comme ça.
02:59Et un jour, il y a eu un cocktail au Sénat,
03:02qui avait été organisé par le Front National,
03:04et Jean-Marie Le Pen vient me voir, et il me dit,
03:06« Ah, tu sais, c'est bien ce que tu fais, l'IHP,
03:11parce que justement, imagine que demain, on arrive au pouvoir,
03:14et on n'aurait pas cinq personnes à mettre derrière les cinq caméras de télévision,
03:17à l'époque, il y avait cinq chaînes de télévision.
03:19Il n'y aurait pas cinq personnes.
03:20Et dans les journaux, on n'aurait personne à mettre non plus
03:23dans les journaux, à la rédaction des journaux,
03:26qui aillent dans le sens.
03:27Bon, aujourd'hui, grosse, essentiellement, à TV Liberté,
03:31il y a plus que cinq personnes à mettre derrière les caméras.
03:34D'ailleurs, il y a besoin de voir parfois des gens,
03:35c'est derrière certaines caméras,
03:37qu'on a vues ici, à l'époque où TV Liberté se lançait,
03:40donc c'est plutôt une bonne chose.
03:41Et ça a été la même chose pour les revues, pour les éditions.
03:46À l'époque, en 2006, il y avait finalement très peu de revues.
03:50Aujourd'hui, il y en a un certain nombre, et tant mieux, et plus il y en a, mieux c
03:53'est.
03:54Mais il n'y avait pas grand-chose à cette époque-là,
03:57et on a essayé de combler ça.
03:59Et puis, j'avais aussi une vieille idée dans ma tête.
04:03Quand j'étais jeune, il y a une revue qui m'avait beaucoup influencé,
04:05et qui me passionnait, c'était la revue Défense de l'Occident, de Maurice Bardèche.
04:10Alors, je n'ai pas la vanité et la prétention de me comparer à Maurice Bardèche,
04:13je vous rassure tout de suite,
04:15mais on a essayé de faire une revue un peu dans ce style, quoi.
04:18Un style adapté à…
04:19Une revue très sobre, avec une couleur très sobre.
04:21Voilà, au début, c'est une revue grise, maintenant c'est une revue en couleur.
04:24Dans l'éditorial du numéro spécial 20 ans,
04:27donc c'est le numéro 72, il dirige par la peur et la censure,
04:31on se doute de qui ?
04:32Vous écrivez qu'en deux décennies, le monde a bien changé.
04:36L'État de la droite nationale est identitaire aussi ?
04:38Oui, tout à fait, oui.
04:43Si on se resitue en 1984,
04:46quand le Front National a fait sa percée,
04:48quand Jean-Marie Le Pen a été élu dans le 20ème d'abord,
04:51puis aux élections européennes,
04:52et la présidentielle qui a suivi, qui a été une percée,
04:56c'est le mouvement national qui incarnait,
05:00qui finalement incarnait toute la mouvance politique qui était la nôtre,
05:05bon gré, mal gré, tout le monde s'était plus ou moins rassemblé,
05:08derrière lequel tout le monde s'était plus ou moins rassemblé,
05:10eh bien, reposait sur des bases qui étaient celles de notre famille politique.
05:15Voilà, tout simplement.
05:16Aujourd'hui, ça me semble un peu différent.
05:19Voilà, mais bon, c'est peut-être l'air du temps qui veut ça,
05:21je n'en sais rien, nous on essaye de rester sur les fondamentaux.
05:26Oui, mais on a le sentiment que la droite,
05:28alors vous avez dit nationale, identitaire,
05:30je vous dirais peut-être radicale, non institutionnelle,
05:33que vous incarnez, elle marque le pas,
05:36alors qu'elle se développe partout en Europe.
05:38Comment vous expliquez cette situation, à moins que je me trompe ?
05:41D'abord, un peu partout en Europe, en France aussi,
05:44les événements nous donnent raison, c'est la première chose.
05:47Quand on voit ce qui s'est passé en Angleterre, en Irlande du Nord…
05:51C'est à ça que je faisais l'allusion.
05:52Oui, bien sûr.
05:53Comme Tim Robinson.
05:54Voilà.
05:55Oui, la grande différence, c'est justement, vous parliez de Tommy Robinson,
05:58la grande différence entre la France et l'Angleterre,
06:00c'est qu'en France, en Angleterre, pardon,
06:03enfin dans le Royaume-Uni plus exactement,
06:05le prolétariat blanc, pour simplifier les choses,
06:08a son incarnation.
06:09Son incarnation, c'est Tommy Robinson.
06:11Bon, il organise un rassemblement,
06:13il y a 500 000, 600 000, 1 million de personnes qui sont là,
06:15ce qui n'arrive pas tous les jours à Paris.
06:17Bon, donc, en France, on n'a pas ça, hélas, pour le moment.
06:22En France, peut-être que la droite nationale,
06:25enfin ce qui est censé incarner la droite nationale,
06:27en tout cas, enfin une partie d'entre elles, en tout cas,
06:30c'est peut-être pourvoyé dans une espèce de normalisation,
06:38et c'est peut-être ce qui fait qu'elle a du mal.
06:40On reviendra sur les griefs.
06:42– Roland Elie, par exemple, me dit que la répression policière,
06:46la judiciaire, à l'encontre des militants nationaux,
06:49nationalistes, en France, est terrible et violente.
06:53– Oui, tout à fait.
06:53– Et que ça entraîne aussi une difficulté de militantisme, d'expression.
06:57– Il y a, d'une part, la répression policière,
06:59et d'autre part, il y a l'agitation permanente,
07:01entretenue par les officines du pouvoir,
07:04Jean-Rantifa, du pouvoir ou de LFI,
07:07Jean-Rantifa et d'autres,
07:09qui ne cessent jamais de sémer le désordre
07:12aux alentours de nos réunions.
07:14À chaque fois qu'il y a une réunion qui a lieu quelque part,
07:16vous avez les antifas qui viennent manifester,
07:18en entraînant plus ou moins les parties de gauche.
07:20Et cela, d'ailleurs, malgré la dédiabolisation,
07:24par exemple, dans la région où j'habite,
07:26il y a quelques semaines, quelques jours,
07:27il y a eu un banquet organisé par le Rassemblement national.
07:31Bon, malgré tous les efforts qu'a pu faire le Rassemblement national,
07:34et en plus, l'invité à ce banquet est un garçon
07:36qui n'a pas la réputation d'être un extrémiste.
07:39Il pense même son temps à expliquer qu'il n'est pas de l'extrême droite.
07:41À l'occurrence, c'est le député Jean-Philippe Tanguy, voilà.
07:46Vous l'avez vu, ça répondait à l'âge.
07:50Et ça n'a pas empêché la gauche et l'extrême gauche,
07:52les antifas, de manifester devant
07:53et de le traiter exactement comme on traitait Jean-Marie Le Pen il y a 20 ans.
07:57Vous n'avez pas dit que la captation de la radicalité,
07:59elle était peut-être aujourd'hui faite au profit de l'extrême gauche ?
08:02Peut-être, c'est possible aussi, c'est possible aussi.
08:04Vous savez, je vais peut-être vous surprendre
08:06et peut-être choquer certains de vos téléspectateurs,
08:08mais je pense que personne ne peut me soupçonner
08:12d'avoir une quelconque sympathie
08:13ou une quelconque...
08:16Enfin, à l'encontre, à l'égard de Mélenchon.
08:21Mais je lui reconnais une qualité.
08:23Il a au moins une seule qualité en tant que chef politique,
08:27c'est qu'il a défendu, il défend les siens.
08:32Et après l'ignoble assassinat du petit Quentin,
08:36du jeune Quentin, il y a quelques mois à Lyon,
08:39alors que ses militants étaient tous, sont tous impliqués dans cette affaire,
08:43y compris d'ailleurs des parlementaires de son groupe
08:45et des assistants parlementaires,
08:48il les a défendus.
08:49Bon, je ne défends pas Mélenchon, le moins sans trop,
08:52mais je reconnais au moins que lui défend les siens.
08:55D'autres, pour un moindre écart de langage
08:58ou une lecture inappropriée,
09:01se font traiter de brebis galeuses.
09:03– En 20 ans, vous affirmez, dans votre éditorial,
09:06avec l'optimisme, qui vous caractérise d'ailleurs,
09:08depuis toujours, que beaucoup de paramètres ont,
09:11je vous cite, évolué dans le bon sens.
09:14Alors sur le plan électoral, c'est indéniable,
09:15mais force est de constater que cette révolution conservatrice mondiale,
09:19que vous appelez de tous vos voeux,
09:21n'avait pas encore touché la France.
09:24– Peut-être parce que…
09:25– C'est votre échec ?
09:25– Peut-être que c'est peut-être notre échec,
09:27mais nous, nous sommes modestes,
09:28nous sommes une petite revue, une petite organisation,
09:31une petite formation,
09:32donc nous n'avons pas de prétention politique non plus,
09:36nous avons juste une prétention d'information, de formation, de…
09:40– Vous faites des meetings, vous faites des congrès ?
09:42– Oui, on fait des conférences, des meetings,
09:44c'est peut-être un bien grand mot,
09:45mais enfin, nous organisions jusqu'à ces dernières années régulièrement
09:47nos journées annuelles bleu-blanc-rouge,
09:51malheureusement, pour des raisons techniques et des raisons de salles,
09:54c'est pour le moment suspendu, ça reviendra sans doute un jour,
09:57mais enfin, pour le moment, c'est suspendu.
09:59Mais peut-être parce que, justement,
10:03l'organisation politique qui, en France,
10:05est censée incarner cette droite dite radicale,
10:11eh bien, cette organisation politique n'assume peut-être pas tout à fait ce rôle,
10:15voilà, c'est tout, enfin, c'est une des conclusions qu'on peut en tirer.
10:19– Vous ne cessez de reprocher au RN d'être englué
10:23dans une recherche, ou dans sa recherche un peu illusoire,
10:25de votre point de vue de sa respectabilité, ou d'une respectabilité,
10:30ça semble quand même convenir à ces électeurs.
10:32– Ah ben oui, mais il y a qu'il y ait aujourd'hui à peu près 40% de
10:36l'électorat
10:37qui se retrouvent dans les mouvements nationaux,
10:42que ce soit le RN, Reconquête,
10:44et essentiellement ces deux mouvements qui ont une présence électorale,
10:49c'est la preuve qu'aussi en France,
10:51il y a beaucoup de gens qui en ont assez de ce système, voilà.
10:54– Voilà, c'est… alors, est-ce que c'est grâce à la dédiabolisation du RN ?
11:03Alors certains vous diront oui, bien sûr,
11:05mais moi je pense que c'est surtout d'abord grâce à un fait.
11:09Je vais vous raconter une anecdote,
11:10quelques jours avant l'élection présidentielle,
11:14la dernière élection présidentielle, en 2022,
11:16un de mes amis me dit, qui lui était un partisan d'Éric Zemmour,
11:21il m'a dit, tu sais Éric, que fera entre 4 et 5% des voix à l'élection présidentielle
11:25?
11:25J'ai dit, tu es bien pessimiste.
11:27Et il me dit, ben oui, mais il me dit, moi je travaille chez PSA,
11:32à Peugeot Citroën, à Poissy, là, ou à Mureau, je ne sais pas,
11:36dans une grande usine PSA.
11:38Il dit, tous les jours, je vois des petits ouvriers blancs
11:41qui vont voter aux élections et qui n'en peuvent plus,
11:44et j'en ai jamais vu un qui m'a dit, je vais voter Zemmour,
11:47pour une raison très simple, c'est qu'il ne savait même pas que Zemmour était candidat.
11:50Mais ils connaissent un seul nom, et ça a été le génie de Jean-Marie Le Pen,
11:53d'avoir imposé en 40 ans un seul nom.
11:55Ils sont au courant à peine de ce que Marine existe,
11:57et qu'il a des diabolisations, c'est pas la peine de leur en parler.
12:00Ils ne sont même pas capables d'ailleurs de citer 3 députés ou 4 députés du RN actuel.
12:04Mais tous ces gens-là, ils connaissent un nom,
12:06et ils voient l'insécurité, l'immigration, la baisse de leur pouvoir d'achat,
12:10la France qui part dans tous les sens,
12:12ils voient ça, et pour eux, la réponse est très simple,
12:14à ces créances 5 lettres, L, plus loin, PEN.
12:16Et c'est ce qui explique que, électoralement, le RN entierre les...
12:21Malgré lui, parce qu'il a tout fait pour essayer de se débarrasser de l'image de Jean-Marie Le
12:27Pen,
12:27il a tout fait, il entierre malgré lui les bénéfices aujourd'hui, certainement.
12:31– D'un autre côté...
12:31– La victoire posthume de Jean-Marie.
12:33– D'un autre côté, on pourrait vous reprocher qu'à force de vous singulariser,
12:36vous vous ghettoisez, et que vous adoptez la posture stérile de la statue du commandeur.
12:41Vous voyez ce que je veux dire, le gardien du temple honorant les morts et les combats passés ?
12:47– D'abord, celui qui ne sait pas d'où il vient, il ne sait pas vraiment où il va,
12:50c'est la première chose.
12:51Et la deuxième chose, c'est peut-être parce que...
12:54Il faut bien qu'il y en ait qui les honorent aussi ces combats passés,
12:57parce que les 40%, ils ne sont pas arrivés du jour au lendemain aussi,
13:00ils sont arrivés parce que pendant des années et des années, il y a des gens qui ont labouré.
13:04Moi, la première campagne électorale à laquelle je me suis intéressé, c'était en 1974.
13:08À l'époque, je vais avoir 15 ans ou 16 ans, je ne sais plus.
13:12Et Jean-Marie Le Pen était candidat à l'élection présidentielle.
13:15Il avait fait 0,74% des voix.
13:18Et ensuite, pendant 20 ans, les différentes candidatures de droite qui se sont présentées,
13:23que ce soit du Front National, du PFN ou des mouvements qui existaient à cette époque-là,
13:27ont toujours fait aux alentours de 1, 2% des voix et jamais plus.
13:31Aujourd'hui, force est de constater qu'il y a à peu près, comme je vous le disais tout à
13:34l'heure,
13:34à peu près 40% des Français qui votent, en tout cas qui font l'action de mettre un bulletin
13:41pour un parti de droite qualifié à l'extrême droite, que ce soit le RN ou Reconquête.
13:47Donc, ça montre qu'il y a quand même une certaine évolution.
13:51Alors maintenant, tous ces gens, moi, il se trouve...
13:56Pardonnez-moi de raconter plein d'anecdotes, mais enfin, je parle encore de ce que je connais le plus.
13:59Il se trouve que pendant la dernière élection, la dernière campagne législative,
14:04j'ai reçu chez moi le candidat local du RN, qui est venu me voir.
14:07J'avais réuni quelques amis pour...
14:09Parce qu'il n'y avait pas de... Moi, personnellement, j'ai plutôt le côté de Reconquête,
14:13mais enfin, il se trouve que, bon, il n'y avait pas de candidat.
14:16Donc, je reçois le candidat du RN, un type extrêmement sympathique, extrêmement dynamique et tout ça,
14:21mais il ne savait pas qui était Roger Hollindre.
14:24Il ne savait pas qui était Jean-Pierre Sirbois.
14:26Roger Hollindre et Jean-Pierre Sirbois, c'était qui ?
14:29– Ah !
14:30– Oui, l'ancien...
14:32Roger Hollindre, c'est l'un des fondateurs du Front National,
14:35qui était une personnalité d'autant couleur que beaucoup de gens ont beaucoup apprécié.
14:39Et Jean-Pierre Sirbois était secrétaire général du Front National de 1977 ou 118 jusqu'en 1988.
14:47– Le personnage marquant.
14:48– Le personnage marquant.
14:49– Il ne savait pas qui c'était.
14:50Alors, je ne le reproche pas, ce n'est pas un reproche.
14:51– Donc, vous êtes là pour ça.
14:53– Oui, je suis là aussi.
14:54Maintenant, il sait.
14:56Mais je suis là aussi pour...
14:57On est là aussi pour leur apprendre un peu que le mouvement national n'est pas né un beau matin
15:02en se disant, voilà, c'est formidable.
15:04Et c'est vrai aussi en Europe, partout d'ailleurs.
15:06– Vous menez ce combat intellectuel finalement en faisant revivre,
15:09vous le dites à l'instant, les grandes figures de la dissidence, les grands noms.
15:13Vous avez par exemple, au sein de votre revue et avec le site, des cahiers d'histoire du nationalisme.
15:21Quelle est la raison profonde de ces ouvrages ?
15:23Est-ce que c'est transmettre ? Faire connaître ?
15:26– Bien sûr.
15:26– Ou réhabiliter ?
15:27– Réhabiliter, il n'y a pas besoin de réhabiliter parce que pour nous, ils n'ont pas péché.
15:31Donc, c'est à peine de les réhabiliter.
15:33– C'était aux yeux de tous.
15:34Je crois qu'un cas, par exemple, de Pierre Sidot, c'est mauvaise presse.
15:36– Oui, Pierre Sidot, c'est certainement mauvaise presse.
15:38– Mais enfin, Pierre Sidot, était-ce mérité d'avoir mauvaise presse ?
15:43Je ne pense pas.
15:43Je pense que c'est quelqu'un qui a joué un rôle, comme beaucoup d'autres.
15:46Il y en a un sur François Duprat, un sur Jean-Pierre Sirbois,
15:49un sur… non, il y a un livre sur Roger Wallonne,
15:51mais il ne rentrait pas dans la série des cahiers.
15:53Mais enfin bon, on en a édité, aujourd'hui, on l'a été au numéro 30 et quelques,
15:5834 ou 35, je ne sais plus.
15:59Il y en a un qui va sortir à la rentrée sur Jean-Génie de Maliarakis,
16:02un autre personnage qui a joué un rôle aussi dans notre famille politique,
16:06qui est décédé il y a quelques mois.
16:08– C'est régulier de TV Liberté.
16:10– Oui, tout à fait.
16:11On a sorti sur d'autres mouvements européens,
16:13il y en a un qui vient de sortir sur les phalanges espagnols, entre autres.
16:16– Transmettre ?
16:17– Voilà, transmettre, faire savoir que l'idée nationale,
16:22c'est une idée qui a eu beaucoup de grands moments exaltants,
16:26qui a eu des moments terribles,
16:27qu'il y a des gens qui en sont morts, qui sont morts pour leurs idées,
16:30qu'il y a des gens qui ont consacré leur vie à leurs idées,
16:33qui ont joué un rôle et que ce n'est pas né du dernier discours
16:37de tel ou tel candidat à la mode, voilà, aujourd'hui.
16:41– Voilà, la statue du commandeur, je ne m'étais pas trompé.
16:44Est-ce que c'est dans le même esprit que vous avez lancé
16:46une collection de biographies non conformistes,
16:49sur la direction notamment de Francis Bergeron ?
16:52– Francis Bergeron, oui, tout à fait.
16:53Francis Bergeron qui est lui aussi un militant historique de la cause nationale.
16:58– Et tout à fait, on a relancé une collection de biographies,
17:02je crois qu'il y en a maintenant sept ou huit qui sont sorties,
17:05une sur Henri Béraud, que nous devons d'ailleurs à Francis Bergeron,
17:09une sur le général Franco, une sur Michel Festivy,
17:13que vous recevez régulièrement ici,
17:15une, enfin il y en a sept ou huit comme ça qui sont sorties,
17:20Dumézil, Agatha Christie, enfin des gens différents.
17:24Et parce que je pense que, si ce n'est pas nous qui les faisons connaître,
17:29ces gens-là, si ce n'est pas nous qui racontons leur histoire
17:32ou l'histoire du mouvement national,
17:33ce sont nos adversaires qui la racontent.
17:36Et ils la racontent avec leur prisme,
17:37qui n'est pas forcément le prisme de la vérité,
17:39en tout cas qui est le prisme de la haine, de nos idées.
17:41Donc autant que ce soit nous qui le fassions,
17:43et c'est ce qu'on essaye de faire à Synthèse Nationale.
17:45C'est une des missions qui a été celle qu'on s'est donnée
17:47lorsque nous avons créé il y a 20 ans Synthèse Nationale.
17:49– C'est salutaire.
17:50– Allez, quelques questions rapides, Roland-Ely.
17:53Quels sont les principaux bouleversements politiques
17:55qui ont eu intervenu depuis plusieurs décennies ?
17:58Qu'est-ce qui vous a marqué le plus ?
17:59On va rester pour la France, bien sûr.
18:01– Pour la France, le problème, c'est qu'il n'y a pas beaucoup de…
18:05Alors si, depuis des décennies, il y a la percée électorale
18:08de la droite nationale, ça c'est clair.
18:10Il y a, pour la France, il y a surtout cette prise de conscience
18:17d'un nombre grandissant de nos compatriotes des problèmes
18:24que nous avons toujours soulevés, qu'il s'agisse de l'immigration,
18:28de l'indépendance nationale, de la dépendance des puissances mondialistes.
18:34Voilà, tout cela.
18:35Et il y a quand même une prise de conscience, que l'on en parlait tout à l'heure,
18:39que l'on peut observer d'élection en élection,
18:41puisque ce sont les élections qui sont le barobette de tout cela.
18:44– Je te parlais de vos débuts militants, j'ai situé il y a un demi-siècle.
18:47En fait, dans la réalité, c'est plus d'un demi-siècle.
18:49– Plus d'un demi-siècle, c'est terrible.
18:53Et quel est-il ?
18:55Qu'est-ce qui vous a marqué le plus depuis vos débuts militants ?
18:59– La chute du communisme, enfin la chute de l'Union soviétique,
19:02la chute du rideau de fer.
19:04Lorsque j'ai commencé à militer dans les années 70,
19:08à l'époque, le monde était divisé en deux,
19:10il y avait le monde communiste d'un côté,
19:11et puis le monde occidental de l'autre, voilà.
19:16Et bon, il y a eu la chute du rideau de fer.
19:18Alors ce qui arrivait après, ce n'était pas forcément ce que l'on espérait.
19:21Mais enfin en tout cas, il y a déjà eu cette libération de la moitié de l'Europe
19:25et d'un grand nombre de pays dans le monde
19:29que l'on doit à la chute du communisme,
19:31la chute idéologique du communisme qui est réapparue sous d'autres formes.
19:34Alors c'est vrai qu'aujourd'hui,
19:37le parti communiste n'existe peut-être plus,
19:39mais la France, elles sont misées là, quoi, voilà.
19:40Donc, on n'existe presque plus, quoi.
19:43– Quel numéro ou dossier de synthèse nationale,
19:46vous en avez fait donc 73 au moment où nous parlons,
19:48considérez-vous comme le plus important ?
19:50– Le plus important, je ne sais pas,
19:53mais le plus, le plus, le plus intéressant,
19:58surtout que c'est intéressant, bien sûr,
20:00mais le plus original,
20:03c'est celui quand nous avons fait une campagne contre les éoliennes.
20:06– Ça remonte à il y a 10 ans,
20:07et plus de 10 ans maintenant,
20:09oui, c'était en 2015 ou quelque chose comme ça,
20:12nous avions publié un livre sur,
20:14enfin, un de nos amis Alban Darguin
20:16a écrit un livre sur les éoliennes que nous avons édité,
20:20et qui était un des premiers livres sur ce sujet,
20:23et aujourd'hui, alors à l'époque,
20:26tout le monde s'aime, tout le monde s'en fout,
20:27c'est un truc, bon, évidemment,
20:28quand on se promène à la campagne,
20:29on en voit quelques-unes par-ci, par-là,
20:31mais ce n'est pas bien méchant,
20:32aujourd'hui, on en voit partout,
20:33et aujourd'hui, plus il y a d'éoliennes,
20:35plus il y a d'opposants aux éoliennes,
20:37et je crois qu'on a essayé d'expliquer
20:40qu'au-delà du fait que ça tuait les oiseaux,
20:43ou que ce n'était pas beau,
20:44ou que ci ou que ça,
20:45ou que ça allait abîmer des terrains,
20:49je crois qu'au-delà de cela,
20:51il y a aussi toute une volonté
20:52de la part des lobbies énergétiques
20:55de faire croire,
20:56enfin, on s'en rend dans un contexte général
20:58qui est très bien expliqué
20:59dans le livre d'Almand Darguin, d'ailleurs.
21:01– Sur les éoliennes.
21:02– Sur les éoliennes.
21:03– Alors, c'est le sujet, peut-être,
21:05qui a été le plus original que nous ayons…
21:07– Et alors, dans ce cas-là,
21:08quel est le dossier ou le numéro
21:09que vous regrettez de ne pas avoir fait ?
21:11– Ça, il y en a beaucoup,
21:12il y en a tous les jours.
21:15Malheureusement, on ne peut pas en faire plus
21:16qu'on essaie de faire le mieux possible
21:18et le plus possible,
21:19mais il y a quand même beaucoup de choses
21:21qu'on aurait aimé faire.
21:23Écoutez,
21:25vous me posez la question comme ça.
21:28On a abordé beaucoup de sujets,
21:30à peu près tous les sujets
21:31qui peuvent intéresser,
21:33en tout cas,
21:34notre lectorat, je pense,
21:35puisque les gens s'abonnent
21:38et se réabonnent,
21:39donc c'est que ça leur plaît.
21:40Et donc,
21:43c'est toujours les numéros
21:44dénonçant le mondialisme,
21:46dénonçant l'internationalisme,
21:48dénonçant l'islamisation de l'Europe,
21:51on en fait toujours,
21:52on en recontinuera à en faire,
21:54en tout cas.
21:55– Malheureusement.
21:56– Je n'ai pas de numéro
21:57de sujet spécial, pardonnez-moi.
21:59– Alors, l'aventure de synthèse nationale
22:00se poursuit,
22:01et qu'est-ce qui est en préparation ?
22:03Parce que je parlais du 73,
22:04mais vous êtes déjà sur 74, je pense.
22:06– Oui, le 75,
22:08qui va sortir bientôt.
22:10Enfin, qui va sortir, oui.
22:11Et écoutez,
22:13qu'est-ce qui est en préparation ?
22:15D'abord, nous allons essayer
22:16d'organiser à la rentrée,
22:17enfin, l'automne prochain,
22:19un banquet,
22:20des amis,
22:21des lecteurs,
22:22des collaborateurs,
22:23des gens qui…
22:24Voilà, on va essayer
22:24de les réunir à l'automne prochain,
22:26mais ça, on aura peut-être
22:27l'occasion d'en reparler.
22:29Et nous avons lancé récemment,
22:32rassurez-vous,
22:32Martial,
22:33ce n'est pas une chaîne concurrente,
22:35mais nous avons rassemblé
22:36sur une chaîne YouTube
22:37tous les films,
22:38toutes les interventions,
22:39dont beaucoup d'ailleurs
22:40sur TV Liberté,
22:43concernant synthèse nationale.
22:44Où synthèse nationale,
22:45les cités d'une manière
22:46ou d'une autre.
22:46Alors, ça fait plus de,
22:47presque 300 émissions,
22:51donc,
22:52et uniquement les émissions YouTube,
22:56les autres ne sont pas encore transférées,
22:58mais enfin, ça va venir.
22:59Donc,
23:00voilà, il y a cette chaîne qui marque…
23:02– Quand on va sur YouTube,
23:03on fait synthèse nationale.
23:04– Oui, oui, tapez,
23:06non, tapez,
23:07oui, YouTube synthèse nationale.
23:08Oui, sur YouTube,
23:09TV synthèse nationale,
23:10voilà, TV synthèse nationale.
23:12Donc, c'est…
23:14– Et qu'on n'a pas peur
23:15de la concurrence,
23:16je te laisse la publicité.
23:17– Ah, c'est gentil.
23:18Mais il y a beaucoup de publicité
23:19pour TV Liberté,
23:19aussi.
23:21– C'est l'accord,
23:22le deal,
23:23comme dirait le président Trump.
23:24– C'est normal.
23:25– Et alors,
23:26comment c'est une aventure,
23:28on l'a bien compris,
23:29une aventure amicale,
23:30parce que, bien évidemment,
23:31le ton que j'emploie
23:31et celui de l'amitié
23:32que je vous porte,
23:33mais qu'est-ce qui est en préparation,
23:36je vous l'ai dit,
23:37et maintenant,
23:38il nous reste une minute,
23:39et cette minute,
23:39je vous l'offre,
23:40pour comment on peut
23:41participer à l'aventure.
23:43C'est-à-dire que,
23:43bon, on a compris
23:44qu'on allait sur la chaîne YouTube,
23:45mais est-ce qu'on peut s'abonner,
23:46comment on s'abonne,
23:47où est-ce qu'on va ?
23:48– Alors, d'abord,
23:49il y a une minute,
23:49Roland, il y a dit.
23:50– Merci, merci.
23:51Alors, tout d'abord,
23:52il y a le site quotidien
23:54qui est actualisé tous les jours
23:57avec 6, 8, 10 articles,
23:59donc le site Synthèse Nationale,
24:00c'est très simple,
24:01vous allez sur Google,
24:02vous tapez Synthèse Nationale,
24:03vous l'aurez toujours,
24:04tout de suite,
24:04vous tapez dessus
24:05et vous arrivez dessus.
24:06Donc, ce site qui existe,
24:07lui aussi, depuis 20 ans,
24:09tous les jours,
24:09depuis 20 ans,
24:10il n'y a jamais eu
24:11une interruption,
24:12ça a toujours été…
24:13Alors, il y a des repris,
24:15des revues de presse,
24:16il y a des articles,
24:17des articles spéciaux
24:19pour Synthèse Nationale.
24:20Alors, c'est la première chose,
24:21vous pouvez évidemment
24:22regarder TV Synthèse Nationale,
24:24vous pouvez évidemment,
24:25et c'est ce qui est le plus important,
24:27peut-être,
24:27vous abonner à la revue,
24:28donc, voilà le numéro 73.
24:32La revue, c'est très simple,
24:33il suffit d'aller sur notre site librairie,
24:35www.synthèse-édition.com,
24:39www.synthèse-édition.com,
24:42et là, vous retrouverez
24:43tous les numéros de la revue,
24:45les cahiers d'histoire du nationalisme,
24:47le nationalisme,
24:48la biocollection,
24:49et ainsi que tous les livres,
24:50puisqu'on a étudié
24:51près de 150 livres jusqu'à présent
24:53sur différents sujets.
24:55et qui sont…
24:57– C'est la pub réussie.
24:59– Ça réussit,
25:01et j'en suis…
25:02– Synthèse Nationale,
25:04à 20 ans,
25:04on n'a pas tous les jours 20 ans,
25:06ça n'arrive qu'une fois seulement,
25:07on termine avec Bert Silva.
25:08Merci beaucoup, Roland-Yves.
25:09– Merci, Martial.
25:10– Sous-titrage Société Radio-Canada
25:12– Sous-titrage Société Radio-Canada
25:13– Sous-titrage Société Radio-Canada
Commentaires

Recommandations