- il y a 2 jours
Dans le cadre d’un partenariat, TVLibertés a le plaisir de vous proposer quelques programmes d’OPEN BOX TV, la chaîne d’Alain Juillet, ancien patron du renseignement à la DGSE.
Dans cette nouvelle émission, Alain Juillet et Claude Medori reçoivent le commissaire Frédéric Lauze qui, à la lecture de son livre, analyse les mécanismes qui ont permis à l’insécurité d’exploser en France : justice défaillante, narcotrafic tentaculaire… Dans cette émission, nous révélons les coulisses d’un système judiciaire paralysé par l’idéologie et d’une police désarmée face à l’ultra-violence.
Au programme :
- L’insécurité est-elle juste un sentiment ?
- Le trafic de drogue
- La cybercriminalité
- Les solutions à la délinquance
- La police et la justice ne sont pas craintes
Dans cette nouvelle émission, Alain Juillet et Claude Medori reçoivent le commissaire Frédéric Lauze qui, à la lecture de son livre, analyse les mécanismes qui ont permis à l’insécurité d’exploser en France : justice défaillante, narcotrafic tentaculaire… Dans cette émission, nous révélons les coulisses d’un système judiciaire paralysé par l’idéologie et d’une police désarmée face à l’ultra-violence.
Au programme :
- L’insécurité est-elle juste un sentiment ?
- Le trafic de drogue
- La cybercriminalité
- Les solutions à la délinquance
- La police et la justice ne sont pas craintes
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NewsTranscription
00:01...
00:06Parce qu'il va falloir trouver des solutions.
00:08On ne peut pas laisser la situation continuer à se dégrader
00:10parce que sinon, on va devenir un pays de non-droit.
00:13Alors là, c'est la catastrophe.
00:14Il y a un phénomène tragique.
00:16Au moment où on a eu une massification de la délinquance,
00:19c'est-à-dire une délinquance qui a commencé à augmenter
00:22dans les années 60-70,
00:24dans cette même période, on a fait l'inverse.
00:27C'est-à-dire qu'on a donné plus de droits aux gardés à vue,
00:30plus de droits aux prisonniers, moins de droits aux policiers.
00:33On a formalisé la procédure pénale.
00:36Donc, on a transformé les policiers en Gulliver enchaînés.
00:44Bonjour, bienvenue sur Openbox TV,
00:46l'émission de Géopolitique d'Alain Juillet.
00:48Et merci de nous soutenir sur Tipeee
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01:05Alain Juillet, bonjour.
01:07Bonjour, Claude.
01:08Alors, aujourd'hui, une émission
01:09où nous allons parler de l'insécurité.
01:12Mais on a tendance, nous, bien évidemment,
01:14à parler sur Openbox TV
01:16de l'insécurité géopolitique internationale.
01:20Mais finalement, il y a une autre insécurité
01:22qui est très importante.
01:23C'est l'insécurité que nous vivons au quotidien en France,
01:27à tous les niveaux, dans tous les domaines.
01:30Et pour cela, vous avez invité un homme
01:32à la fois de terrain, mais aussi de réflexion,
01:35le commissaire Frédéric Lohse,
01:37qui a écrit un livre,
01:38« Insécurité, stop à la descente aux enfers ».
01:41Donc, on va parler de l'insécurité en France.
01:43Et je crois qu'on a beaucoup de choses
01:45à découvrir et à comprendre.
01:47Comme vous le disiez,
01:48le problème de l'insécurité, d'abord,
01:49c'est un problème qui est mondial.
01:51En tout cas, en Europe,
01:52c'est un problème qu'on a dans tous les pays.
01:54Il y a une dégradation générale.
01:57Et nous a semblé que,
01:59puisqu'on parle toujours de géopolitique,
02:00il est important de comprendre.
02:03Parce que ça a un impact direct
02:04sur les citoyens
02:05et sur la perception
02:06qu'on peut avoir des choses.
02:08L'insécurité,
02:10je dis qu'elle est européenne,
02:11mais quand on regarde
02:13l'insécurité en France,
02:14on s'aperçoit que c'est le reflet
02:16dans notre pays,
02:17avec bien l'amont,
02:18dans notre environnement et notre culture,
02:20de ce qui se passe ailleurs.
02:21Donc, c'est pour ça que j'ai pensé
02:22que plutôt de rester
02:24sur un thème général
02:25d'insécurité à l'européenne,
02:26il était beaucoup plus intéressant
02:28de nous pencher sur le cas français
02:30en faisant appel
02:31à vraiment quelqu'un
02:32qui connaît la question.
02:33C'est quand même le représentant.
02:35On peut dire,
02:35tu représentes
02:36le syndicat des commissaires.
02:38Tu es le secrétaire général
02:40du syndicat des commissaires.
02:41Donc, qui peut mieux que lui ?
02:43Alors, il a une carrière magnifique,
02:47il connaît beaucoup de choses,
02:48qui pouvait mieux que lui
02:49nous parler de ces problèmes-là.
02:50Tout en plus,
02:51il vient d'écrire un livre
02:53sur l'insécurité
02:54qui fait effectivement
02:55un point de tout ça
02:57et qu'on va évoquer aujourd'hui,
02:59bien entendu.
03:00Alors, Frédéric,
03:01merci d'avoir,
03:01merci d'être venu,
03:03pour démarrer,
03:04puisqu'il faut démarrer
03:05tout de suite dans cette affaire-là.
03:06En définitive,
03:08est-ce que le sentiment
03:09d'insécurité,
03:10c'est simplement un sentiment
03:12comme ça, quoi ?
03:13Ou est-ce que ça s'appuie
03:14réellement
03:15sur une dégradation
03:17de l'environnement
03:18sécuritaire en France
03:19depuis 15, 20 ou 30 ans ?
03:22Non, ça s'appuie
03:23sur une réalité,
03:25malheureusement,
03:26qui est la déliquescence
03:27de l'autorité,
03:28la montée de l'insécurité,
03:30pas simplement
03:30du sentiment d'insécurité.
03:32On la voit dans la rue,
03:34dans les atteintes aux biens,
03:35dans les atteintes aux personnes.
03:37On voit également
03:38cette insécurité
03:39dans les transports,
03:41cette insécurité
03:42contre ceux
03:43qui sont porteurs,
03:45dépositaires de l'autorité.
03:46Les gendarmes,
03:47les policiers,
03:48les magistrats
03:48qui sont pris à partie,
03:49mais également ceux
03:50qui sont investis
03:50dans une mission
03:51de service public,
03:51les médecins,
03:53les enseignants
03:54et même les pompiers.
03:56Je dirais que c'est
03:57de la même façon
03:58les statistiques,
03:59même si les statistiques
04:00ne sont pas toujours
04:02dans le passé,
04:02n'ont pas toujours été
04:03d'une grande fiabilité.
04:04Et puis, il y a
04:05plusieurs interprétations.
04:07Mais quand même,
04:08sur le temps court,
04:09il faut s'en méfier.
04:10Mais sur le temps long,
04:11dès qu'on a commencé
04:12à collecter des statistiques
04:13en France,
04:13on s'aperçoit
04:14que l'insécurité,
04:16c'est-à-dire
04:16le nombre de crimes
04:18et délits en France,
04:19a explosé.
04:20Et ça,
04:21le temps long,
04:22je veux dire,
04:22depuis les années 60,
04:24c'est important.
04:25Alors,
04:26certains vont me dire,
04:27mais pourquoi aller se chercher
04:29dans faire de l'archéologie
04:31un peu ?
04:32Mais non,
04:33c'est important.
04:33Je vais vous donner
04:34juste un truc,
04:35après je vais répondre
04:38brièvement à cette question.
04:40Imaginez si aujourd'hui,
04:42le taux d'espérance de vie
04:44tombait sur 20 ans,
04:47progressivement,
04:48on perdait 20 ans
04:50et que c'était 65 ans
04:51ou 70 ans.
04:53Tout le monde serait choqué,
04:54disait,
04:54dans un grand pays
04:55comme la France,
04:55il faut réagir.
04:56Imaginez que le taux
04:57de mortalité à la natalité,
04:59qui était de 50 pour 1000
05:01dans les années 50,
05:02maintenant,
05:02il est de 5 pour 1000,
05:045 décès pour 1000.
05:05Si on remontait,
05:07hélas,
05:07et qu'on remontait
05:08à 50 décès pour 1000,
05:10on dirait,
05:10c'est catastrophique.
05:11Pareil,
05:11je pourrais imaginer
05:13le taux d'alphabétisation
05:14qui est de 500 en France,
05:15il tombait à 70%.
05:18On dirait,
05:19c'est catastrophique.
05:19Pourquoi,
05:20par fatalisme,
05:21on devrait dire,
05:22ah ben non,
05:22c'est l'ère du temps,
05:23cette insécurité
05:24qui nous coûte cher,
05:25qui nous coûte cher,
05:26sécurité privée,
05:28les digicodes
05:29dans les équipements
05:30des,
05:31la domotique,
05:32les équipements
05:32des voitures,
05:33l'ambiance générale
05:34de défiance,
05:35pourquoi on devrait
05:36s'habituer
05:37à un tel niveau
05:38d'insécurité ?
05:39C'est une politique publique
05:41qui a été malmenée
05:42et il faut changer les choses.
05:45On peut le faire
05:45parce qu'on a des outils
05:47régaliens pour le faire.
05:48C'est pas comme l'écologie,
05:48le chômage où les solutions
05:50dépendent en partie
05:51de l'étranger.
05:53Là, c'est une faillite
05:54française
05:54et on a des outils
05:56régaliens pour le faire.
05:57C'est une question
05:57de lucidité,
05:58de volonté politique,
05:59de stratégie.
06:00Ce qu'on constate
06:01depuis quelque temps,
06:02enfin, moi,
06:02j'essaie de me...
06:03Alors là,
06:04je vais faire de l'archéologie
06:05quand je prends mon âge
06:06et ma mémoire,
06:08mais il y a 30 ou 40 ans,
06:11on ne voyait pas
06:12de policiers
06:13traînés par une voiture,
06:15on ne voyait pas
06:15de gendarmes écrasés
06:16par un délinquant,
06:17on ne voyait pas...
06:19Comment se fait-il
06:20aujourd'hui
06:21qu'en France...
06:22Alors, parce qu'en plus,
06:23on ne le voit pas
06:23à l'extérieur.
06:24Tu prends l'Allemagne,
06:25par exemple,
06:26ça n'existe pas.
06:27En Angleterre,
06:28ça n'existe pas.
06:30Les gens disent...
06:30Mais quand tu leur expliques
06:31ce qui se passe en France
06:32entre eux...
06:33Et il n'y a pas uniquement,
06:35comme tu l'as dit,
06:36les policiers...
06:36Non, non, non.
06:37Les médecins se font agresser,
06:39dans les hôpitaux,
06:40ils se font agresser.
06:41Partout,
06:42le représentant de l'autorité
06:44se fait agresser.
06:46Comment ça se fait ?
06:47En France,
06:48ce soit aussi violent,
06:49alors que dans le reste
06:50de l'Europe,
06:51c'est beaucoup plus calme,
06:52quand même.
06:53Non, il est difficile,
06:54moi, d'avoir réponse
06:55à tout,
06:56une réponse univoque
06:57à des phénomènes
06:57effectivement très complexes.
06:59Je pense qu'en France,
07:00on a toujours eu,
07:01d'abord,
07:01on a toujours eu une tradition
07:04anarcho-révolutionnaire
07:04d'exaltation de la violence.
07:07C'est aussi pour ça
07:08qu'on a fait énormément
07:09de révolutions
07:10avec un côté romantique.
07:11Mais si on enlève
07:12le côté romantique,
07:13c'est saignant,
07:14c'est de l'instabilité.
07:15Là où d'autres ont réussi
07:16à évoluer comme nous,
07:17démocratiquement,
07:18en faisant des réformes,
07:19nous, on a dû faire
07:20des révolutions sanglantes,
07:21ce qui est peut-être
07:22un signe d'immaturité
07:23parce que la révolution,
07:24c'est bien, c'est gentil
07:25avec les morts.
07:26Mais quand c'est vos frères,
07:27vos épouses qui meurent,
07:30c'est moins sympathique.
07:31D'autre part,
07:32en France,
07:32on a tous les cadres civiques,
07:35les cadres moraux
07:35se sont effrités
07:37dans les années 70.
07:38La conséquence,
07:39pas que de mai 68,
07:41mais c'est un mouvement
07:42de fond
07:42où on a contesté
07:44l'autorité,
07:45la sanction,
07:46tout ce qui était descendant,
07:47l'autorité du professeur,
07:49l'autorité du policier,
07:50etc.
07:50Il est interdit d'interdire.
07:52Il est interdit d'interdire.
07:53Et puis,
07:54il ne faut pas être,
07:55je ne suis pas dans la caricature.
07:57Il y avait une France
07:57qui était un peu rigide,
07:58un peu hiérarchique,
08:00hiérarchique.
08:02Mais certainement,
08:03le curseur est allé trop loin.
08:04D'ailleurs,
08:05la preuve,
08:05c'est qu'après mai 68,
08:07c'est le parti gaulliste
08:09et la droite
08:09qui a gagné les élections.
08:11On l'a mis.
08:11Et largement,
08:12on a appelé ça,
08:12je crois,
08:13la marée bleue
08:13ou la chambre bleue.
08:15Donc,
08:15je crois qu'il y a ça.
08:16Il y a la tradition française,
08:18il y a les cadres civiques moraux,
08:19il y a l'ouverture des frontières
08:21qui n'a pas fait de bien
08:23parce qu'effectivement,
08:24comment défendre une maison
08:25avec le toit,
08:26les fenêtres ouvertes ?
08:28On a souvent et parfois
08:29accueilli aussi des gens
08:30qui viennent de pays violents
08:31où la violence
08:32est le mode de règlement
08:33normal des conflits.
08:35Et puis,
08:35il y a un phénomène
08:36tragique
08:37de courbe.
08:38Au moment où on a eu
08:39une massification
08:40de la délinquance,
08:41c'est-à-dire une délinquance
08:43qui a commencé à augmenter
08:44dans les années 60-70,
08:48dans cette même période,
08:50on a fait l'inverse.
08:51C'est-à-dire qu'on a donné
08:52plus de droits
08:53aux gardés à vue,
08:54plus de droits
08:55aux prisonniers,
08:56moins de droits
08:57aux policiers,
08:58moins de droits
08:59à l'agent pénitentiaire.
09:00On a formalisé
09:01la procédure pénale,
09:03donc on a transformé
09:04les policiers
09:05en gulliver enchaînés.
09:07Et donc,
09:08forcément,
09:09massification de la délinquance,
09:10des policiers
09:11qui ont moins
09:12d'autonomie,
09:13d'action,
09:14dont on se méfie,
09:16ce qui est complètement
09:17anormal,
09:19ce qui fait qu'on a détruit
09:20les vocations judiciaires.
09:21Aujourd'hui,
09:22plus personne ne veut
09:22faire de la procédure.
09:23Donc,
09:23il y a ce que j'appelle
09:25cet effet ciseau,
09:26la délinquance
09:27au monde,
09:27cette massification.
09:28Et au même moment,
09:29on fait le contraire,
09:30on donne inversement
09:31plus de droits
09:32aux gardés à vue,
09:32plus de droits
09:33aux prisonniers,
09:34moins de droits
09:35aux policiers,
09:35moins de droits
09:36à l'agent pénitentiaire.
09:38Et puis,
09:38on a un système judiciaire
09:40qui est devenu illisible.
09:41Quand on dit
09:42« il a été condamné
09:43à de la peine de prison ferme »,
09:44les gens disent
09:44« ah, c'est bien,
09:45pas sursis, ferme ».
09:46Mais « ferme »
09:47ne veut pas dire
09:48incarcération.
09:48Donc « ferme »
09:49dans l'esprit du public
09:50et sursis se confondent.
09:51C'est pour ça que je dis
09:52que le langage judiciaire
09:53est devenu
09:55complètement illisible
09:56et on a flingué
09:57la dissuasion judiciaire.
09:59Et il faut savoir
09:59que quand on affaiblit
10:01la dissuasion judiciaire,
10:03on affaiblit
10:04l'autorité du policier.
10:05C'est intimement lié.
10:08Alors, je vais être
10:09un peu provocateur,
10:10mais par exemple,
10:11à la SNCF,
10:14il y a donc des gardes
10:15qui sont des gardiens
10:16sur la sécurité
10:17de la SNCF
10:17qui circule.
10:18Il y a les contrôleurs
10:19qui viennent contrôler
10:20les billets.
10:20Et j'ai appris récemment,
10:22alors je ne sais pas
10:23si c'est vrai,
10:23mais je pense que c'est vrai
10:24parce que les gens
10:25qui me le disaient
10:26avaient quand même
10:26un certain nombre
10:29de précisions là-dessus,
10:31on va plutôt contrôler
10:32les gens de première
10:33parce qu'ils ne se plaignent pas
10:34et ils payent les amendes
10:35que d'aller dans la seconde
10:37où il y a des gens
10:38qui n'ont pas de billets
10:41mais qu'on ne va pas condamner
10:42parce qu'ils crient très fort
10:43et qu'ils menacent.
10:45Est-ce que ce n'est pas
10:46une dégradation aussi
10:47de la société en général ?
10:49En définitive,
10:50on n'ose pas,
10:51le pouvoir,
10:53les directions n'osent pas
10:55affronter en face
10:57la vraie réalité.
10:59Faible avec les forts
11:00et fort avec les faibles.
11:01C'est ça.
11:02Alors, moi,
11:03je n'ai pas pu le constater
11:04mais c'est certainement vrai
11:06si c'est remonté.
11:07Effectivement,
11:08pour des agents
11:09qui ne sont pas en ombre
11:10de la SSF,
11:11notamment des contrôleurs,
11:12ils savent que
11:13s'ils vont contrôler
11:14quelqu'un
11:14qui est susceptible
11:16de se rebeller
11:17ou ça va peut-être
11:20mal se passer physiquement
11:21et plus il faut du monde
11:23pour l'interpeller.
11:24Donc, peut-être
11:24que la facilité,
11:25c'est d'aller contrôler
11:28effectivement des gens
11:29bien socialisés, etc.
11:30Alors, voilà,
11:32de la même façon
11:33qu'on va contrôler
11:34davantage des automobilistes
11:35et être très ferme
11:36avec les automobilistes
11:37et, par contre,
11:39on va être très laxiste
11:41avec des délinquants.
11:42Alors,
11:43ce n'est pas du populisme pénal
11:44parce que je vois bien
11:45des gens qui nous ont dit
11:46ça, c'est des propos
11:47de populisme
11:48de café de commerce,
11:49mais c'est la réalité.
11:50Quand, par exemple,
11:52si vous prenez votre voiture
11:53ou votre scooter
11:54et vous ne respectez pas
11:56un stop
11:56où vous allez
11:5820 kilomètres plus haut
11:59que la vitesse autorisée,
12:01on vous arrête,
12:01on ne va pas vous dire
12:02rappel à la loi,
12:04sursis,
12:04énième rappel à la loi.
12:06On va immédiatement
12:07vous retirer des points,
12:09vous mettre une amende
12:10de ce que Beccaria appelait
12:13dans son traité
12:14déjà du 18e siècle
12:15où il disait tout,
12:16ça s'appelait
12:16des délits et des peines.
12:18Ce qui compte,
12:19ce n'est pas
12:20la puissance
12:21de l'incrimination
12:22de la sanction,
12:23c'est sa certitude,
12:24sa rapidité,
12:25c'est la dissuasion.
12:26Et on a flingué
12:27la dissuasion
12:28et puis surtout,
12:29c'est devenu injuste.
12:30Donc, par exemple,
12:31tu vas brûler,
12:33tu ne vas pas respecter
12:34un stop,
12:35tu n'as pas une grande
12:35dangerosité sociale,
12:36c'est normal
12:37qu'on te sanctionne.
12:38Par contre,
12:38tu es cambrioleur,
12:39tu es voleur,
12:40tu vas sortir du tribunal
12:41avec une peine d'amende,
12:42mais tu ne payes rien.
12:43À part s'il y a vraiment
12:44une constitution de partie civile,
12:46des dégâts,
12:46et encore.
12:47Tu ne payes rien
12:48et puis on ne va pas
12:49tellement chercher,
12:50on ne va pas tellement
12:50envoyer du huissier,
12:51on n'a pas un vrai service
12:52de recouvrement.
12:53Ça, c'est anormal.
12:54Alors que si on fait payer,
12:56payer, c'est responsabiliser,
12:57et payer, c'est J comme justice.
12:59À ce moment-là,
13:01d'abord,
13:01la sanction serait plus acceptée
13:03par tout le monde
13:04et surtout,
13:04ça dissuaderait
13:05les délinquants.
13:07Tapez au porteur.
13:08En définitive,
13:08donc c'est aussi,
13:10c'est un problème de,
13:11s'il ne s'agit pas
13:12de parler de répression,
13:13il s'agit de parler
13:13de sanction.
13:14Il faut que les gens
13:15aient la certitude
13:15de la sanction.
13:16La certitude
13:17de la sanction
13:19et c'est...
13:20Ils sont réels,
13:21sanctions réelles,
13:22tu viens de le dire.
13:23Bien sûr,
13:23mais même quand on éduque
13:24un enfant,
13:25bien sûr que le plus important
13:26c'est l'amour,
13:27l'éducation,
13:28l'instruction,
13:29de donner confiance,
13:31mais on sait très bien
13:31qu'à un moment donné,
13:33quand on a un enfant
13:35qui n'écoute pas,
13:36qui transgresse,
13:36une fois,
13:37deux fois,
13:37trois fois,
13:37si on refait de la prévention,
13:39on ne va pas l'aider.
13:41On va en faire un voyou,
13:42quelqu'un qui va être associé.
13:43Il faut sanctionner.
13:45Alors,
13:46je dis ça parce que...
13:47Et puis surtout,
13:48il faut avoir
13:48une politique équilibrée.
13:49Ce n'est pas parce qu'on parle
13:50de sanctions,
13:51ce qui est mon cas,
13:52sanctions, répression,
13:53assurées et assumées,
13:54les deux,
13:55assumées intellectuellement,
13:56puisqu'on ne les assume plus,
13:57on n'assume plus la prison,
13:58et assurées effectivement,
14:00que pour autant,
14:02il ne faut pas parler
14:03de prévention.
14:03c'est-à-dire que notre débat politique
14:05en France
14:06est piégé.
14:07Alors, c'est-à-dire,
14:08si vous parlez de sanctions,
14:09vous êtes un droit,
14:10de voir au Front National,
14:11alors là, ça y est,
14:12c'est la chose.
14:13Mais si vous parlez de prévention,
14:14vous êtes un gentil bisounours
14:16décalé,
14:17complètement hors sol.
14:18Mais non,
14:18mais on a besoin des deux.
14:20D'ailleurs,
14:20toi,
14:21tu connais bien ces sujets-là
14:23de géopolitique.
14:25Est-ce que les militaires,
14:27ils ne pensent pas
14:27qu'à faire la guerre ?
14:29Ils préviennent.
14:30Il y a la diplomatie,
14:31il y a la dissuasion,
14:32il y a les alliances,
14:34il y a la séduction,
14:35il y a la prévention,
14:36on se prépare,
14:37il y a la réduction
14:38des opportunités
14:39de passage à l'acte
14:40de l'ennemi.
14:41Eh bien,
14:41c'est pareil.
14:42La prévention,
14:43dans toutes ces acceptions,
14:45elle n'est pas pensée
14:45en France.
14:46Par exemple,
14:47on ne réfléchit pas assez
14:48sur une vraie prévention,
14:49comment on réduit
14:50les opportunités
14:51de passage à l'acte.
14:52Le positionnement
14:53des patrouilles,
14:53l'intelligence criminelle,
14:55l'étude de la criminalité.
14:57Et puis,
14:57il y a la prévention juvénile.
14:59juvénile, effectivement,
15:00quand on va s'occuper
15:02en ciblant la prévention juvénile,
15:05il y a des choses
15:06très intéressantes
15:07qui ont été faites
15:07dans la ville d'Orléans,
15:09par exemple.
15:09On travaille sur
15:10l'échec scolaire,
15:11on travaille sur
15:12l'accompagnement parental,
15:14à la parentalité.
15:16C'est des choses importantes
15:18parce que des fois,
15:19un simple contact humain
15:21peut changer les choses.
15:23Moi, je ne suis pas naïf,
15:23mais je crois à la répression
15:25comme je crois
15:26à une prévention.
15:28et il faut une politique
15:29équilibrée.
15:30C'est surtout ce qui nous manque.
15:31Il n'y a pas de stratégie.
15:32Tout est éparpillé,
15:33malgré la bonne volonté.
15:35Moi, je ne suis pas là
15:35pour taper sur les magistrats.
15:38Je dis,
15:38les politiques ont échoué.
15:40Voilà.
15:41De droite, de gauche.
15:43Après, le problème,
15:44ce n'est pas
15:45tel corps,
15:45telle institution,
15:46tout le monde
15:47fait ce qu'il peut.
15:48Tout le monde est perfectible.
15:50Il y a des gens
15:51qui idéologiquement
15:52font du mal
15:52dans chaque profession.
15:53Ce n'est pas le sujet.
15:54il faut une stratégie.
15:56Dès qu'on a une stratégie,
15:58on a une stratégie à l'armée,
15:59ça marche bien.
16:00On a une stratégie
16:01pour lutter
16:02contre l'insécurité routière,
16:04ça marche bien.
16:05Dans les années Pompidou,
16:06en 1974,
16:08il y avait 17 000 morts,
16:1117 000 morts
16:12sur les routes
16:12pour 53 millions
16:15d'habitants.
16:16Un jour,
16:17et beaucoup moins
16:18d'automobilistes.
16:18Et beaucoup moins
16:19d'automobilistes.
16:20Mais enfin,
16:20c'est en 1974,
16:21il y a une prise de conscience.
16:23Déjà,
16:23il y a eu une volonté politique,
16:24une stratégie.
16:25Ce qu'il n'y a pas
16:25sur la lutte
16:26contre la délinquance.
16:27Et on a dit,
16:28ça suffit,
16:2917 000 morts.
16:30Et on a mis en place
16:31une stratégie,
16:33alors prévention,
16:34on a amélioré
16:35la sécurité,
16:35les voitures,
16:37les points noirs,
16:37mais surtout,
16:38on a sanctionné
16:39la ceinture,
16:40le permis à points,
16:41la sanction financière,
16:44beaucoup plus stricte
16:45sur le permis,
16:45sur l'alcool,
16:46sur tout.
16:47Donc,
16:47dans tous les domaines,
16:48on a mis en place
16:49une stratégie.
16:50Aujourd'hui,
16:50on est en 2025,
16:52on tutoie chaque année
16:53les 3 000 morts
16:54pour 68 millions d'habitants.
16:56Alors,
16:57c'est toujours trop,
16:57mais on a gagné
16:59500 000 vies.
17:00Je parle des vies,
17:02c'est le plus important.
17:03Imaginons les gens
17:04handicapés,
17:05traumatisés,
17:06500 000 vies.
17:07ça veut dire que la meilleure
17:09des préventions,
17:10c'est déjà la certitude
17:11de la sanction.
17:12Ce qui n'empêche pas,
17:13d'ailleurs,
17:13de mettre le paquet
17:14pour la prévention.
17:15C'est pour ça que mon livre,
17:16même s'il a des aspects
17:19virils, sécuritaires,
17:19je ne vais pas me faire
17:20cornériser, caricaturer.
17:22C'est une stratégie
17:23que je propose.
17:24Quand on prend la politique
17:25de la lutte
17:26pour la conduite,
17:28ça a été un succès,
17:29c'est indiscutable.
17:31Il y a eu une continuité
17:32parce que depuis
17:33l'époque de Pompidou,
17:35personne n'a changé
17:36les règles.
17:37Au contraire,
17:37on a essayé même
17:38de les améliorer
17:38au fur et à mesure.
17:40Alors,
17:40on a l'impression
17:41dans d'autres domaines,
17:42par contre,
17:42ce n'est pas la même chose
17:43parce que ça a pas mal dérivé,
17:45c'est le moins qu'on puisse dire.
17:46Alors,
17:47à quoi c'est dû ?
17:47Est-ce qu'il y a
17:48une vraie politique
17:48dans la continuité ou pas ?
17:50Est-ce que ce n'est pas possible ?
17:52Qu'est-ce qui se passe ?
17:54Pourquoi ?
17:54Ou alors,
17:55on a mal identifié
17:56les problèmes ?
17:56Qu'est-ce qui se passe ?
17:57Je pense qu'il n'y a pas
17:58de continuité
18:00et malheureusement,
18:01dès qu'il y a eu
18:02les alternances démocratiques,
18:04la gauche a détruit
18:05ce que la droite a fait,
18:06la droite a parfois
18:07détruit ce que la gauche a fait
18:08et c'est désastreux.
18:10C'est désastreux.
18:11C'est-à-dire,
18:12les logiques politiciennes
18:13l'emportent
18:14sur les logiques de fond.
18:15Alors,
18:15parfois,
18:15il y a des réformes
18:17qui ont fait la gauche
18:18qui étaient des bonnes réformes,
18:19mais il fallait les consolider
18:20avec un volet plus répressif,
18:21je pense à la police de proximité,
18:23mais il ne fallait pas
18:23les jeter,
18:24il ne fallait pas jeter
18:25le bébé avec l'eau sale du bain.
18:26De la même façon,
18:28la droite a pris
18:29parfois des mesures
18:31de répression
18:32en modifiant le code pénal,
18:33etc.
18:34Et la gauche,
18:35arrivée au pouvoir,
18:36évidemment,
18:36a déglingué d'où ça.
18:37Ça, c'est une erreur.
18:39Alors,
18:39l'erreur,
18:39elle vient,
18:40d'après moi,
18:41du fait que
18:41le ministère de l'Intérieur
18:43et le ministère de la Justice,
18:45premièrement,
18:45travaillent séparément.
18:47Or,
18:47ils sont condamnés
18:48à travailler ensemble
18:49au nom du principe
18:50d'indépendance de la justice
18:51que je respecte,
18:52mais on ne travaille pas ensemble
18:54ou alors c'est tout à fait formel.
18:56Or,
18:57je rappelle que
18:57l'un des principes
18:58d'indépendance de la justice
18:59est un grand principe constitutionnel,
19:00mais l'article 15
19:01de la Déclaration des droits de l'homme
19:03sur tout agent public
19:05et doit pouvoir
19:06rendre des comptes
19:07de son administration
19:08devant le peuple
19:09est aussi un grand principe.
19:11Donc,
19:11on doit arriver
19:12à avoir une politique
19:14plus pilotée,
19:15plus intégrée.
19:16Regardez,
19:16est-ce que vous vous souvenez
19:18de mémoire
19:18ces 15 dernières années
19:20d'un premier ministre
19:21qui a vraiment réuni
19:22deux fois par an régulièrement
19:23son garde des Sceaux,
19:24son ministre de l'Intérieur
19:25puisque c'est interministériel.
19:27Ce n'est jamais arrivé.
19:28Donc,
19:28déjà,
19:28premier problème.
19:29Deuxième problème,
19:30la défense nationale.
19:32Vous avez
19:33une commission permanente
19:34de la défense nationale
19:35des forces armées
19:36avec des parlementaires formés.
19:38Donc,
19:38on l'a hissé
19:39à un haut niveau stratégique
19:40qui n'empêche pas
19:41de l'agilité tactique
19:43en fonction de l'actualité.
19:44Ce n'est pas le cas
19:44au ministère de l'Intérieur
19:45qui est un ministère
19:46qui continue
19:47à gérer
19:48les questions de sécurité
19:49dans l'urgence,
19:51donc,
19:51la gestion de crise.
19:53Le primat
19:54de la communication
19:55qu'il emporte
19:55sur l'action
19:56est sans stratégie
19:57et avec des compétences
19:58éclatées.
19:59Les maires
20:00pour la prévention,
20:01le garde des Sceaux
20:02dans son coin,
20:03dans son couloir de nage,
20:04le ministère de l'Intérieur
20:05dans son couloir de nage.
20:07Donc,
20:07tout ça
20:07fait que
20:08cette empirine,
20:09cette urgence,
20:10cette obsession
20:10de la communication
20:11fait qu'on gère
20:12cela très mal
20:13et en plus,
20:14les alternances
20:16et les logiques sectaires
20:17chaque fois
20:18font qu'on régresse.
20:21Tu viens bien
20:22de nous tracer
20:22un peu le cadre
20:23en définitive,
20:24mais alors,
20:25pour aller dans des domaines
20:27plus particuliers,
20:28pour donner des coups
20:29de projecteur,
20:29je prends par exemple
20:31le trafic de drogue.
20:33C'est la grande panacée
20:35depuis quelques mois,
20:36on nous parle toujours
20:37de trafic de drogue.
20:39effectivement,
20:39c'est un vrai problème,
20:40il n'est pas d'aujourd'hui,
20:41enfin,
20:42je pense qu'il n'est pas
20:42d'aujourd'hui.
20:44On nous en parle,
20:45on dit,
20:45vous allez voir
20:45ce que vous allez voir
20:46entre eux.
20:47Qu'est-ce qui se passe
20:48en réalité ?
20:49Toi qui vois ça,
20:51est-ce que,
20:51parce que,
20:52quand tu vas dans les banlieues,
20:53tu les connais bien,
20:54je me souviens,
20:55quand tu vas dans les banlieues
20:56et que tu discutes sur le...
20:58On te dit,
20:58mais attends,
20:59dans tel quartier,
21:00les parents ne travaillent pas,
21:01le seul qui gagne de l'argent,
21:03c'est le petit
21:03qui fait le chouff
21:04au coin de la place
21:09On va vers une situation
21:11désastreuse
21:11puisque le chiffre d'affaires
21:13en France,
21:14du trafic de stupéfiants,
21:16c'est entre 6 et 7 milliards,
21:18il emploie directement
21:19ou indirectement
21:20240 000 personnes,
21:22donc ça correspond
21:23entre une belle entreprise
21:24du CAC 40
21:25et celle de la SNCF.
21:27On va vers le fait que...
21:30Alors, malgré tout,
21:31la France,
21:31jusqu'à présent,
21:31n'a pas lâché
21:32sur la consommation,
21:33continue à pénaliser
21:34la consommation
21:35et par contre,
21:37il n'y a pas de campagne
21:37sur la nocivité des drogues.
21:39Donc, je le redis,
21:40je l'ai dit dans d'autres antennes,
21:41Madame la ministre de la Santé,
21:42pourquoi il n'y a pas de campagne
21:44sur la nocivité des drogues ?
21:47Pourquoi ?
21:48Pourquoi il n'y a pas de campagne
21:49pour montrer les désastres
21:50physiques, physiologiques,
21:52psychologiques, psychiatriques,
21:53notamment chez les adolescents ?
21:55On dirait qu'on veut nous accoutumer
21:56à une forme de légalisation rampante
21:58et ça, c'est suspect
21:59et c'est même...
22:00Oui, c'est bizarre
22:01et c'est suspect même.
22:02Et là où vous avez raison,
22:03c'est que depuis 20 ans,
22:04il y a des campagnes
22:05sur la lutte contre l'alcoolisme.
22:07Exact, contre tout.
22:08Pour les jeunes,
22:09il y a plusieurs...
22:10Ça, c'est la consommation.
22:12Après, il y a la production.
22:14Le problème, c'est qu'on est
22:15dans la merveilleuse libre circulation
22:18des personnes,
22:19des capitaux, des marchandises.
22:20À présent, on a trouvé
22:21des opportunités.
22:22Maintenant, on a de plus en plus
22:24d'inconvénients.
22:24On perd notre souveraineté numérique,
22:27notre souveraineté en matière
22:28de sécurité parce que la drogue,
22:30c'est rentre et c'est open bar
22:32en matière d'immigration.
22:34Et puis, l'offre de drogue
22:35a explosé.
22:36Que ce soit l'offre de cannabis
22:40sous toutes ses formes
22:40a explosé.
22:42Ça vient, ça nous inonde.
22:43L'offre de cocaïne
22:44et de produits dérivés
22:46a explosé.
22:47Pourquoi aussi ?
22:48Parce que les marges
22:49de rentabilité
22:50de ces produits,
22:52tenez-vous bien,
22:53ce n'est pas 5%, 10%,
22:54c'est autour de 6 à 7000%.
22:586 à 7000%.
23:00Vous avez des points de deal
23:01à Marseille,
23:04d'entre autres villes du 93,
23:06etc.,
23:06où c'est de 50 à 80 000 euros
23:09par jour.
23:10Donc, évidemment,
23:12qu'il y a un point de bascule.
23:13Et là, on revient à la géopolitique.
23:15Ce n'est plus simplement
23:16qu'un problème de santé,
23:18de sécurité.
23:18Ça va devenir un problème
23:20de souveraineté.
23:21Oui.
23:22Sans compter le problème
23:23de la corruption.
23:24Et quand on est sur son canapé
23:26et qu'on se repose en pyjama
23:29et qu'on regarde sur Netflix
23:32les séries Pablo Escobar,
23:35les séries mexicaines,
23:37on se dit,
23:38oh là là,
23:38quel pays,
23:39quelle folie.
23:40C'est en train d'arriver chez nous.
23:42Voilà.
23:43C'est en train d'arriver chez nous
23:44parce que, tout simplement,
23:47cet ultra-libéralisme
23:49qui a été mis en place
23:51favorise cette pénétration
23:53avec un taux de pénétration
23:55qui est énorme,
23:56une consommation
23:57qui est importante,
23:58même si je reconnais
23:59que nos services
24:00font un remarquable travail.
24:03Ce n'est pas évident
24:04que ce soit l'OFAST,
24:05les services de stupes,
24:07les services financiers
24:08qui travaillent
24:09ou les GIR
24:09qui travaillent
24:10sur la lutte contre la drogue,
24:12les magistrats.
24:13Là aussi,
24:14les magistrats
24:14font un remarquable travail.
24:16Alors, pour finir
24:17ce que tu dis, Alain,
24:18on a quand même réagi
24:20puisqu'il y a eu
24:20une commission parlementaire
24:22qui a fait des travaux
24:23passionnants, intéressants
24:24sur la lutte contre
24:25le narcotrafic.
24:26Ça s'est traduit
24:27par une loi
24:28de juin 2025
24:30avec des outils en plus.
24:32Alors,
24:32ce n'est jamais suffisant,
24:33mais c'est une première
24:35prise de conscience.
24:37Mais aujourd'hui,
24:38quand on écoute
24:39les auditions des policiers
24:40et des magistrats,
24:41par exemple,
24:42marseillais,
24:43ça fait froid dans le dos.
24:46Je vais te poser encore
24:47une question
24:47un peu provocatrice,
24:48mais alors,
24:49effectivement,
24:51on essaie d'être efficace
24:52et puis il y a
24:53des volontés,
24:54vraiment clairement,
24:55aujourd'hui,
24:55de faire un certain
24:56nombre de choses.
24:58Mais au moins,
24:58comme tu l'as dit,
24:59dans le trafic de drogue,
25:01bon,
25:01il y a les consommateurs,
25:03il faut les informer
25:04des dangers,
25:05il y a les dealers.
25:07Mais alors,
25:08les financiers,
25:08les gros,
25:09là,
25:11il n'y en a pas en France ?
25:12Parce qu'on ne s'entend jamais
25:13parler d'une belle arrestation.
25:15Tu parlais d'Escobar
25:16et des autres.
25:17Bon,
25:17alors certes,
25:18eux,
25:18ce sont les producteurs,
25:19mais il y a des grands
25:21financiers intermédiaires.
25:22Il y en a en France.
25:23Alors,
25:24est-ce que ce n'est pas
25:24à cause de la corruption
25:25qu'on les prend ?
25:26Alors,
25:27ça,
25:27je ne sais pas.
25:28Je suis un peu violent,
25:29mais il faut se poser
25:31la question aussi,
25:32parce qu'il y a des exemples
25:33à faire.
25:34Il y en a beaucoup
25:34qui sont partis,
25:35qui se réfugient au Maghreb,
25:37qui se sont réfugiés
25:39aux Émirats Arabes Unis.
25:40Dernièrement,
25:41on a quand même fait
25:42de belles affaires
25:43et on a des gens
25:44qui ont été extradés
25:44et qui sont en train
25:45d'être extradés.
25:46C'est certainement insuffisant,
25:48mais parce que la lutte
25:49contre le trafic
25:50de stupéfiants,
25:51elle se joue au niveau
25:52international,
25:53au niveau national
25:54et au niveau local
25:55et au niveau de la consommation.
25:57Et c'est pour ça
25:58que c'est...
25:59Alors,
26:00on a renforcé
26:00notre coopération internationale,
26:02notamment à travers
26:03nos...
26:04les attachés
26:05de sécurité intérieure,
26:07des magistrats
26:08de liaisons,
26:09etc.
26:10Et la coopération
26:11en matière financière
26:12qui est compliquée,
26:13qui est lente
26:15et puis par définition,
26:17avec cette mondialisation
26:18sans porte,
26:19sans fenêtre,
26:20forcément,
26:21les voyous
26:21ont un temps d'avance.
26:23Aujourd'hui,
26:24d'ailleurs,
26:25dès qu'il y a eu
26:25le Covid,
26:26les points de deal
26:27se sont transformés
26:28en points de deal
26:29numériques.
26:30Et on a vu
26:30que la drogue
26:31ne venait plus...
26:32Les consommateurs
26:33ne venaient plus
26:34dans une cage d'escalier
26:35chercher de la drogue.
26:37le dealer
26:38avec son scooter,
26:40il y égite,
26:41venez.
26:42Voilà.
26:42Et d'un coup de clic,
26:44aujourd'hui,
26:44on bascule de l'argent
26:46à l'étranger
26:47et on échappe ainsi.
26:49C'est pour ça
26:49que c'est devenu compliqué
26:51et que sur la lutte
26:53contre le trafic
26:53de stupéfiants
26:54et la criminalité organisée,
26:56il y aura une réflexion
26:57sur la régulation
26:58de la mondialisation.
26:59Est-ce que c'est ça
26:59qu'on veut ?
27:00C'est-à-dire une finance
27:01qui contrôle l'économie,
27:03une politique
27:04qui ne contrôle plus l'économie.
27:05Il y aura une réflexion
27:07peut-être
27:07sur le rôle
27:09de la régulation nationale
27:10et en même temps
27:11sur le trafic de stupé.
27:12Et puis je le dis,
27:13je suis très concret,
27:15une campagne
27:15sur la nocivité,
27:16la nocivité des drogues.
27:18Moi, je connais des gens
27:19qui sont morts
27:21d'overdose.
27:23J'ai mon propre frère
27:24qui fumait,
27:26qui fumait du cannabis.
27:28Je peux témoigner
27:28que ça ne lui a pas fait du bien.
27:30Ça ne lui a pas fait du bien.
27:31Et on en connaît tous.
27:33Alors évidemment,
27:33on va toujours vous dire
27:34oui, mais si vous prenez
27:35du whisky,
27:36de rhum,
27:37à un moment donné,
27:37il faut,
27:38pour des raisons
27:39de santé publique
27:40et de règles,
27:41à partir du moment
27:42où c'est mauvais,
27:42il faut être ferme.
27:43C'est tout.
27:44Et un adolescent,
27:46qu'on ne nous dise pas
27:46qu'il va consommer
27:47modérément en légalisant.
27:48Non, c'est pas vrai.
27:49Le prof de l'adolescence,
27:50vous connaissez quelqu'un
27:51qui dit
27:51je vais t'aimer modérément.
27:53Non, on n'aime pas modérément.
27:54Non, on n'aime pas.
27:54Bon, et on ne consomme pas
27:55modérément un produit
27:56qui procure du plaisir.
27:57Bien sûr.
27:58Et donc,
27:59on se détruit la santé.
28:00Et tu vois,
28:03ça justifie pleinement
28:04ce que tu viens de dire,
28:05ce qu'on explique,
28:06nous.
28:07Et là,
28:07on est en plein
28:08dans la géopolitique
28:08parce que,
28:10on parlait du trafic de drogue,
28:11c'est totalement international.
28:13Tu ne peux pas travailler
28:14uniquement sur notre pays.
28:15C'est un ensemble.
28:16Et alors,
28:17je crois par contre
28:17que là,
28:18peut-être,
28:19on sort un peu
28:20du périmètre national,
28:22mais j'ai l'impression
28:23qu'au niveau européen,
28:24quand même,
28:24il y a des organisations
28:26actuelles
28:26qui marchent pas mal.
28:27pour nous aider,
28:29pour les bouts entraînés
28:30au niveau policier.
28:31Ou alors,
28:31est-ce que c'est encore
28:32un peu flou ?
28:34Non.
28:35Europol marche bien.
28:36La coopération policière
28:37et judiciaire
28:38s'est nettement améliorée.
28:40Mais le trafic international
28:42a un temps d'avance
28:43parce qu'il y a des pays
28:43qui sont non coopératifs.
28:45Il y a des pays
28:46où il y a un double langage
28:47parce qu'il y a de la corruption.
28:49Et puis,
28:49il y a des pays
28:50qui ne contrôlent pas
28:50leur territoire.
28:52Alors,
28:52il peut y avoir des complicités,
28:53mais je ne sais même pas
28:54si le Maroc contrôle
28:55la région du Rif
28:56ou se produit le cannabis.
28:57Bon,
28:58c'est un tout.
28:59Parlons de la Colombie,
29:01pareil,
29:02voilà,
29:03c'est la Colombie,
29:04la Bolivie.
29:05On avait même vu
29:06que dans certains pays,
29:07je crois que c'était en Équateur,
29:08il y a eu quasiment
29:10un coup,
29:10des tentatives
29:11de coup d'État
29:12de narcotrafiquants.
29:14Voilà,
29:14c'est...
29:15Et on a des États
29:16même en Europe
29:17comme la Hollande
29:18ou la Belgique
29:19qui sont très fragiles
29:21pour différentes raisons
29:22et qui sont encore plus
29:24que chez nous
29:25gangrénés
29:25par le trafic de drogue.
29:26il faut qu'il y ait
29:27une prise de conscience,
29:28c'est que depuis quelques années,
29:30depuis cinq ans,
29:31six ans,
29:32le trafic de stupéfiants
29:33est une menace
29:34de souveraineté.
29:35La criminalité organisée,
29:37on a l'impression
29:38que d'abord,
29:38elle évolue
29:39vers la criminalité financière.
29:41Pour beaucoup,
29:41il y a une évolution,
29:42un développement
29:43de la criminalité financière.
29:45Et là,
29:45on se demande
29:46si effectivement,
29:47on a aussi...
29:48On a les équipes,
29:50on a les moyens
29:51de lutter
29:52contre cette criminalité financière
29:55qui va de la corruption
29:56à tout ce qu'on peut imaginer,
29:59d'ailleurs.
30:00Je pense qu'on manque
30:02de moyens,
30:02on manque notamment
30:03d'enquêteurs spécialisés.
30:05On ne forme pas
30:06un enquêteur
30:07sur les crypto-monnaies,
30:08sur la cybersécurité,
30:12sur la lutte
30:14contre la cyber délinquance
30:16ou un enquêteur financier
30:18en un mois
30:19ou en sortant de l'école.
30:20Donc,
30:20il faut du temps,
30:21il faut les fidéliser,
30:23il faut trouver des vocations.
30:25Je le disais,
30:25la procédure pénale
30:26a été complexifiée
30:29à l'extrême.
30:29Elle est devenue kafkaïenne.
30:32Les avocats en profitent.
30:33Le nombre de nullités
30:35a explosé
30:36ces 40 dernières années
30:37pour entraver
30:38ou faire sauter
30:39les procédures.
30:40Et évidemment,
30:41tout cela réduit
30:43la marge d'autonomie
30:44et en même temps
30:45la motivation
30:46des policiers
30:47parce que la forme
30:48l'emporte sur le fond.
30:49Et quand au même moment
30:50vous avez de plus en plus
30:51de procédures,
30:52moi,
30:52quand j'ai démarré
30:53dans les deux premiers commissariats
30:55là où j'ai démarré,
30:56je me souviens,
30:57Coulomiers, Melun,
30:58Coulomiers,
30:58Petit Commissariat,
30:59Melun,
30:59c'est déjà une grosse usine
31:01parce que Melun
31:02et 25 communes,
31:03c'était 250 000 habitants
31:05avec l'agglo.
31:08Les policiers
31:09avaient 20,
31:1030 dossiers
31:10et encore
31:11en portefeuille.
31:12Ils avaient de l'autonomie
31:15hiérarchisée,
31:16ils avaient
31:17de l'initiative,
31:18ils avaient du temps.
31:19Aujourd'hui,
31:20les mêmes
31:21peuvent avoir
31:21100,
31:22150 dossiers.
31:23Donc,
31:23c'est inhumain,
31:24ça n'a plus de sens.
31:25Il n'y a plus d'autonomie,
31:26plus de temps
31:27pour l'initiative.
31:28On attend absolument
31:28l'avocat,
31:29le médecin.
31:30Il faut faire
31:31un acte judiciaire
31:35par notification.
31:37Il faut rendre compte
31:38en permanence
31:39au magistrat.
31:40On a essayé
31:41de numériser
31:42la procédure,
31:43mais en même temps
31:44on maintient le papier
31:45et le tout
31:46avec toujours 24 heures.
31:48Le garde à vue.
31:49C'est-à-dire
31:51sans compter
31:52que pendant 12 heures
31:53les gens dorment.
31:54Quand on fait
31:55des réquisitions
31:55pour enquêter,
31:56ce n'est pas possible.
31:58Donc,
31:58ça veut dire
31:58que tout a été
31:59réduit.
32:00C'est pour ça
32:00qu'on a pensé
32:02au droit
32:03des gardés à vue,
32:04à une conception
32:05trop extensive
32:06des droits
32:07de la défense
32:07et on n'a pas pensé
32:09aux droits
32:10et aux droits
32:12des enquêteurs
32:13qui sont les droits
32:13de la société.
32:14Parce que l'enquêteur,
32:15contrairement à un avocat,
32:16il ne travaille pas
32:17pour un intérêt privé.
32:18Il représente la société,
32:20il travaille
32:20dans l'intérêt général.
32:22Voilà.
32:23Et là,
32:24les victimes de tout ça,
32:26c'est la délinquance
32:26qui augmente,
32:27c'est les victimes
32:29qui ont été oubliées,
32:30c'est les Français.
32:31Les policiers
32:32sont désespérés.
32:33Ce que tu es en train
32:33de nous dire,
32:34et ça c'est ton programme,
32:36ce livre est aussi,
32:37comme tu l'as rappelé,
32:38c'est un livre
32:39d'une proposition,
32:40une forme de proposition.
32:42En définitive,
32:43tu dis,
32:43il faut revoir
32:44complètement cette partie-là.
32:46Il faut la revoir,
32:47c'est pour ça
32:47que le livre
32:48n'est pas que l'addition
32:49de constats déprimants,
32:50qui a déjà été fait.
32:51Bien sûr.
32:52Il y a toute une partie
32:53sur une quarantaine
32:55de propositions.
32:56Au départ,
32:56j'en avais 130 ou 140.
32:58J'ai dû réduire,
32:59parce que forcément,
33:01pour que ce soit digeste,
33:03mais effectivement,
33:04il faut tout reprendre.
33:05Et le fait de reprendre,
33:07c'est retrouver nos libertés,
33:08notre sécurité,
33:09et surtout faire des économies.
33:11Parce que comme je dis,
33:12on ne connaît même pas
33:12le coût de la délinquance.
33:14On est complètement irresponsable
33:15en France.
33:16Le coût de la délinquance,
33:17ce n'est pas important.
33:17On ne l'évalue pas,
33:18on ne le chiffre pas.
33:19Ça n'intéresse pas l'INSEE,
33:21la Cour des comptes.
33:22On dépense,
33:23on verra,
33:23on ne sait pas.
33:25Voilà.
33:25La délinquance augmente,
33:28on met plus de monde
33:29sans se poser de questions.
33:30Allez,
33:30on va mettre plus de digicotes,
33:32plus d'alarme,
33:33plus de...
33:33Personne ne se dit,
33:34mais ça coûte combien ?
33:35Qu'est-ce qui ne va pas ?
33:36On ne se pose pas
33:36les bonnes questions.
33:37Il me fait réagir
33:38parce que pour ça,
33:39parce que hier,
33:40j'en parlais,
33:41j'étais dans une réunion,
33:42un forum sur le numérique,
33:44un forum sur le numérique.
33:46Et il y a une chose
33:46qui est un chiffre
33:47qui m'a beaucoup intéressé,
33:48c'est qu'aujourd'hui,
33:50en Europe,
33:53en cyber,
33:54pour la cybersécurité,
33:57quand on cumule
33:58tous les investissements,
34:00des coûts,
34:01des attaques,
34:02quand tu fais attaquer,
34:03que tu as tout,
34:04tu es en l'air,
34:04il faut...
34:04Bon,
34:05ça coûte un certain montant.
34:07Et quand tu cumules ça
34:09avec le coût de la défense
34:11qu'on met en place,
34:12on est à 50%
34:15de l'ensemble du budget
34:17de la Commission européenne,
34:18rien que pour le numérique.
34:21Donc, je ne sais pas
34:21si tu réagis quelque part.
34:23Alors,
34:23si on faisait le calcul
34:25comme tu le dis,
34:26ça doit être impressionnant.
34:27Mais ça justifierait pleinement,
34:29du coup,
34:30qu'on aille plus loin
34:31parce qu'on se rend compte
34:32de ce que ça coûte.
34:33Parce qu'aujourd'hui,
34:34on n'a pas idée
34:34de ce que ça coûte.
34:35On n'a pas idée.
34:36La seule étude
34:37qui a été faite
34:37sur le coût
34:38de la délinquance,
34:39c'est un économiste
34:40qui s'appelle,
34:41je crois,
34:41Jacques Bichot.
34:42Et il avait estimé ça
34:44tout en disant
34:45que ça aurait mérité
34:46d'être approfondi
34:47dans un premier temps
34:48à 150 milliards par an.
34:50Donc,
34:50c'est énorme.
34:51Moi, je pense,
34:51ça, c'était il y a 15 ans,
34:53cette étude.
34:53Aujourd'hui,
34:54on doit être
34:55à 200,
34:56220 milliards.
34:56Quand moi,
34:57je vois les violences urbaines,
34:58en plus de la délinquance
34:59du quotidien
35:00où on brûle,
35:01on casse,
35:01on paye plus d'assurance,
35:03les communes
35:04ne peuvent plus.
35:04On détruit les abribus.
35:08Évidemment,
35:09ça a un coût énorme.
35:10Les logements
35:11qui baissent,
35:11parce que la réputation
35:12numérique d'un quartier
35:13quand la délinquance,
35:14c'est importante
35:15quand des violences urbaines,
35:17le prix de l'immobilier
35:19baisse.
35:19Donc,
35:19c'est un désastre.
35:20La confiance baisse,
35:21c'est un désastre.
35:22Et si on neutralisait
35:25probablement
35:25les 5%
35:26de multiréitérants,
35:28neutraliser,
35:28les mettre en prison,
35:29ça ne peut pas être plus clair,
35:30sauf si on nous dit
35:31qu'on a trouvé
35:32une autre solution.
35:33Moi, je veux bien,
35:34mais on n'a pas trouvé
35:34d'autre solution.
35:35Si on les neutralisait
35:37tout en leur donnant
35:38d'ailleurs un projet
35:39professionnel de réinsertion,
35:40c'est pour ça qu'il faut
35:41être sur tous les leviers.
35:43Mais si déjà,
35:44on neutralisait
35:44ces délinquants
35:47multirécidivistes,
35:47et c'est une autre conception,
35:49multiréitérants,
35:50on les entravait,
35:51on les neutralisait,
35:52on les mettait en prison,
35:53pas des peines
35:54avec sursis
35:55qui s'accumulent,
35:56avec un vrai parc pénitentiaire
35:59adapté,
35:59parce qu'il est sous-dimensionné,
36:01il est évident
36:02que la délinquance
36:03baisserait
36:03et donc,
36:04au bout d'un moment,
36:05les frais,
36:06le budget
36:07dans la société baisserait,
36:08c'est un cercle vertueux.
36:10Je vais vous donner
36:10un exemple très vite.
36:11Quand j'étais à Fontenay-sous-Bois,
36:13j'étais jeune commissaire,
36:15je suis toujours jeune,
36:15mais c'était en 1993,
36:191993,
36:20c'est pas jeune,
36:21c'est ancien.
36:23Je suis arrivé,
36:23j'avais un directeur
36:24à l'époque,
36:25Daniel Herbes,
36:25qui me dit,
36:26monsieur Loz,
36:26allez-y,
36:27il y a plein de violences urbaines,
36:28le centre commercial
36:29au champ menace
36:30de fermer,
36:31il y a des problèmes
36:32à la RATP,
36:33le centre commercial
36:34des violences urbaines,
36:35la délinquance monte.
36:36Il ne m'a pas dit
36:37carte blanche,
36:38ça ne veut rien dire,
36:38mais il m'a dit,
36:40soyez innovant,
36:40je vais vous suivre,
36:41on vous a fait un peu venir
36:42pour ça.
36:43J'étais allé voir un procureur
36:45qui m'avait suivi
36:45et on avait ciblé
36:47les 50 personnes
36:48multiréitérantes
36:49de la circonscription
36:50en disant,
36:51tolérance zéro pour eux.
36:53Après,
36:54un positionnement stratégique
36:56des patrouilles,
36:57j'avais repéré
36:57les 3-4 familles
36:59de dealers
36:59qu'on a fait expulser
37:01du logement,
37:02c'était surréaliste,
37:03ils sont dealers,
37:04ils gagnent des centaines
37:05de milliers d'euros,
37:06mais en même temps,
37:07ils ont un habitation
37:08à loyer modéré.
37:10Donc,
37:10j'avais mis en place
37:11à mon petit niveau
37:12toute une stratégie
37:14et qu'est-ce qui s'est passé ?
37:15Au bout d'un moment,
37:16on a neutralisé
37:20ces voyous,
37:21on les a envoyés en prison
37:22ou en tout cas,
37:22ils ont pris des preuves
37:23de peine avec sursis
37:24ou les pôles
37:24en centre éducatif.
37:26À l'époque,
37:27ce n'était pas fermé,
37:28ça n'existait pas,
37:28mais l'équivalent.
37:29Mais en tout cas,
37:30j'ai pu,
37:30sur une petite ville,
37:31c'était intéressant,
37:32mais la délinquance
37:33a baissé
37:34de façon très substantielle.
37:37Très substantielle.
37:37La confiance est revenue,
37:39les services publics.
37:41Voilà.
37:41Alors,
37:41ça n'a pas duré
37:42assez longtemps
37:42pour être évalué.
37:43On m'avait envoyé
37:44une équipe d'envoyés spéciales
37:45en disant,
37:46voilà,
37:46vous êtes la maison témoin
37:47de la police,
37:48etc.
37:48Et même moi,
37:49les syndicats
37:50qui me réclamaient
37:51il faut plus de policiers,
37:52plus de moyens,
37:52ils n'avaient pas tort.
37:53Là,
37:53cette fois,
37:54ils me disaient,
37:54monsieur,
37:55on a du temps,
37:56non pas pour jouer
37:57à la belote,
37:58on a du temps
37:58pour réfléchir,
37:59pour faire les choses,
38:00on court moins.
38:01D'ailleurs,
38:02je leur ai dit,
38:02on va en profiter
38:03pour faire un peu plus
38:03de sport,
38:04c'est important,
38:05pour se poser
38:06sur la stratégie
38:07de lutte contre la sécurité.
38:08Il y a plein de choses
38:09à faire si on avait
38:10une vraie stratégie
38:10et surtout,
38:12si on neutralise
38:13les voyous,
38:14au bout d'un moment
38:15qui ne réitèrent pas,
38:17on remotive les positions,
38:18on remotive les habitants
38:19et on fait baisser
38:21le prix de la sécurité.
38:23C'est-à-dire,
38:23on fait gagner
38:24de l'argent aux contribuables.
38:25Ce n'est pas bien, ça ?
38:26On le met pour la santé,
38:27pour la culture,
38:28pour la défense.
38:29Ça améliore.
38:30Mais une question,
38:32si tu veux,
38:32quand j'entends ça,
38:33c'est les multirécidivistes
38:36parce qu'on lit tous les jours.
38:37Il y en a qui sont arrêtés
38:38le matin,
38:39ils ressortent l'après-midi
38:40et puis tout le temps.
38:41Qu'est-ce qu'il n'y a pas ?
38:42On ne peut pas imaginer,
38:44alors je ne sais pas
38:44si ça se fait
38:45dans d'autres pays,
38:46une loi qui,
38:47par exemple,
38:48biais après trois fois,
38:49vous êtes automatiquement
38:50vous partez en prison.
38:51C'est simple.
38:52Alors, moi,
38:53je n'ai pu de voter
38:53avec un texte comme ça
38:54et c'est réglé de ce côté-là.
38:56Au moins,
38:56on pourra impliquer
38:57ce que tu faisais, toi.
38:58Alors, moi, je pense,
38:59je n'ai pas la réponse
39:00à tout au niveau juridique
39:02là-dessus
39:02parce qu'elle est compliquée.
39:03D'ailleurs,
39:04elle est trop compliquée
39:05juridiquement.
39:07Je pense qu'on serait bloqués
39:08par le Conseil constitutionnel.
39:10Ça, ce n'est pas normal
39:10parce qu'encore une fois,
39:12on aurait un blocage
39:13aux conventions européennes
39:14des droits de l'homme
39:15parce qu'il y a aussi
39:15ces verrous-là
39:16qu'il faut non pas faire balayer
39:18mais il faut les ouvrir
39:20un peu,
39:21retoileter tout ça
39:22et par le Conseil constitutionnel.
39:23Alors, il y a
39:24la notion de multirécidivité
39:26pris en compte
39:27dans le Code pénal
39:27mais elle est assez restrictif.
39:30Le vrai problème,
39:31c'est les multiréitérants.
39:32Tu vois,
39:33c'est plutôt de facto.
39:34Ce n'est pas ceux
39:34qui récidivent
39:35pour une même infraction
39:36et ceux-là,
39:38alors parmi eux,
39:39il y a un bon pourcentage
39:41de mineurs.
39:42C'est vrai,
39:43tu as parfaitement raison.
39:44On n'arrive pas
39:44à les neutraliser
39:45en disant
39:45première affaire,
39:47deuxième affaire.
39:47Déjà, on regroupe
39:48toutes les affaires,
39:48on dit stop.
39:49Non, chez nous,
39:50il faut attendre.
39:52En plus,
39:52s'ils sont mineurs,
39:53il y a le primat
39:54d'éducation,
39:55il y a un jugement,
39:57une instruction
39:58et un jugement
39:58qui se fait en deux temps.
39:59C'est trop long.
40:00S'ils sont majeurs,
40:02de toute façon,
40:03s'ils commettent des délits
40:04dans des ressorts
40:05de tribunaux différents,
40:07personne ne rassemble
40:08tout ça.
40:09Les tribunaux
40:10sont engorgés
40:12de procédures
40:13parce que les policiers
40:14sont engorgés
40:14de procédures
40:15et il y a une perte
40:16de sens.
40:16Mais c'est pareil
40:17pour les tribunaux
40:18parce que les magistrats,
40:20c'est la même chose.
40:21et la machine
40:22tourne à vide.
40:23Non pas qu'elle fasse rien,
40:24mais c'est inefficace.
40:26Et notamment
40:27pour ces multiréitérants,
40:28il faudrait
40:29qu'on trouve
40:29un système
40:30avec un aiguillage.
40:32Dès qu'on commence
40:33à identifier
40:34les multiréitérants,
40:35il faudrait
40:35qu'on ait un cadre juridique
40:36qui n'existe pas aujourd'hui,
40:37qu'on puisse les juger
40:39très vite
40:39et qu'on puisse
40:40entraver leur action,
40:42c'est-à-dire,
40:43dans la plupart des cas,
40:44les incarcérer.
40:46Voilà.
40:46Aujourd'hui,
40:47on ne le fait pas
40:48et puis plus personne
40:49n'y comprend rien.
40:50Moi,
40:50je vois des gens
40:50qui avaient parfois
40:5330 affaires
40:53où ils ont été interpellés
40:54par la police.
40:57Trois convocations judiciaires.
40:59Eux-mêmes ne savaient pas.
41:00En plus,
41:01ils viennent,
41:02ils ne viennent pas,
41:02ce n'est pas leur sujet.
41:03Pour eux,
41:03c'est du papier,
41:04parfois.
41:05Et même quand ils viennent,
41:06ils prennent une peine
41:07avec sursis
41:08alors qu'ils ont...
41:09Et ils se disent
41:09c'est rentable,
41:10le système est faible.
41:11Donc,
41:12l'activité criminelle
41:13est rentable.
41:13Bien sûr.
41:14C'est ce qui se passe.
41:15Ils profitent
41:16parce que le système
41:16n'est pas dissuasif.
41:17C'est pour ça
41:18que la dissuasion judiciaire
41:19est très importante.
41:21Et là-dessus,
41:22on est mauvais.
41:23En jeu politique,
41:25il n'y a pas longtemps,
41:25le président de la République
41:26a fini par dire
41:27il faut qu'on soit craint.
41:30Voilà.
41:30Moi, je ne vais pas dans des...
41:31Voilà.
41:31Il a dit
41:32il faut qu'on soit craint.
41:33Les forces armées,
41:34la diplomatie française,
41:36notre armée,
41:36notre capacité de réponse.
41:38Je ne rentre pas
41:39dans les conflits.
41:41Moi, je dis
41:41il faut qu'on soit craint.
41:42Mais il a raison
41:43parce qu'on n'est pas
41:44dans un monde
41:46où les loups
41:47sont végétariens
41:48et viennent
41:49et cohabitent
41:50gentiment
41:50avec les agneaux.
41:51Donc, il a dit
41:52il faut qu'on soit craint.
41:53Alors, on dirait
41:54qu'il a découvert ça.
41:55En tout cas,
41:56mieux vaut tard que jamais.
41:57Mais j'ai envie de lui dire,
41:58monsieur le président,
42:00en interne,
42:01dans la délinquance,
42:02il faut que la justice
42:02et la police
42:03soient craintes aussi,
42:04également.
42:05Exactement.
42:05elles ne le sont plus
42:06depuis des années
42:07parce qu'on a
42:11détruit la dissuasion
42:12judiciaire.
42:12On l'a tellement affaiblie.
42:14Tu l'as dit tout à l'heure,
42:16les gens,
42:17ils sont tellement
42:17désinhibés
42:18qu'ils osent
42:19s'attaquer à des policiers
42:20en civil,
42:21à leur famille.
42:22Ils osent s'attaquer
42:23à des magistrats
42:24qu'ils menacent
42:25de plus en plus,
42:26à des gardiens de prison,
42:27à des gendarmes.
42:30Il y a quoi après ?
42:31La justice privée ?
42:33Oui, mais c'est ça
42:34parce que tu as raison
42:35de dire qu'après le risque,
42:37c'est que quand le citoyen
42:38il prend conscience,
42:40bon,
42:40quels que soient
42:41les efforts de la police
42:42et autres,
42:43ça ne marche pas suffisamment,
42:45la tentation,
42:46c'est de faire
42:46des milices privées
42:47et on le sait bien
42:48et ça arrive dans beaucoup,
42:49ça arrive progressivement
42:50et là,
42:51on rentre dans autre chose
42:52parce que la loi
42:53à l'est du western
42:54à l'ouest du Pécosse,
42:55c'est quand même pas
42:56la loi française.
42:57Enfin,
42:57ça ne peut pas l'être
42:58en tout cas.
42:59Il y a une chose
43:00qui m'a frappé,
43:00beaucoup de gens
43:01ne comprennent pas.
43:01C'est alors,
43:02quand tu connais parfaitement,
43:04on a évoqué,
43:04là,
43:05c'est même des adultes,
43:06tu ne sais plus,
43:06tu ne sais plus,
43:07des enfants.
43:07Quand on connaît parfaitement
43:09les gens qui sont en face,
43:10exemple,
43:10les fameux black blocs,
43:12tout le monde dit
43:13que la police
43:14a identifié
43:15pratiquement la plupart
43:16des black blocs.
43:17Bon,
43:18on les connaît,
43:19on sait que chaque fois
43:20ils vont pour casser.
43:21Eh bien,
43:22en définitive,
43:23alors c'est vrai
43:23qu'ils sont très organisés,
43:25ils ont le numéro
43:25de téléphone de l'avocat
43:26sur la main
43:27quand ils manifestent,
43:28enfin,
43:28il y a tout un ensemble.
43:31Mais ceux-là,
43:32on ne peut pas les coincer,
43:33quand même.
43:33Alors qu'à chaque manifestation,
43:36ils sèment la bagarre.
43:37Moi,
43:37je serais syndicaliste,
43:38je serais syndicaliste
43:39de tous les syndicats ouvriers,
43:42par exemple.
43:43Je serais furieux
43:44qu'à chaque manifestation
43:45que je fais,
43:46qui est pacifique,
43:47et pour dire ce que je pense,
43:48et on est en République,
43:50chacun peut dire ce qu'il pense,
43:51c'est complètement pollué
43:52par des dégénères humaines
43:54qui vont tout casser.
43:55Quand on est dans le cadre
43:56d'un maintien de l'ordre
43:57qui dégénère,
43:59là,
43:59on n'a plus affaire d'ailleurs
44:00à des manifestants
44:01ou des manifestants
44:02qui s'énervent.
44:03On a affaire à des voyous
44:04qui, de façon primitivité,
44:05ne sont pas du tout
44:06la même chose.
44:06viennent pour ça,
44:07Black Bloc,
44:08ou viennent de l'étranger
44:09de plus en plus.
44:11Toutes les effectifs
44:12du service d'ordre,
44:13même s'il y a
44:15une forme de judiciarisation
44:16à l'avance,
44:18sont concentrés
44:19sur le service d'ordre
44:20et ne sortent pas
44:21du service d'ordre.
44:21Dès qu'on interpelle quelqu'un,
44:23il faut trois personnes,
44:24minimum.
44:24Après,
44:25il faut une fiche
44:25de mise à disposition,
44:27une procédure.
44:28Mais si on interpelle trop,
44:30des fois,
44:31le ministre de l'Intérieur
44:32dit,
44:32bravo,
44:33nous avons interpellé
44:34600 personnes.
44:35Bien sûr,
44:36c'est bien,
44:36dans plusieurs villes,
44:37mais prenons le cas à Paris,
44:39allez,
44:39on a interpellé
44:4040,
44:4050 personnes,
44:4160 personnes.
44:42C'est bien,
44:43mais ça veut dire
44:43qu'à l'instant T,
44:45il y a 300 policiers
44:47qui ne sont plus
44:47sur le service d'ordre.
44:48Vous voyez le paradoxe ?
44:49Bon,
44:50après,
44:51effectivement,
44:51les procédures
44:53sont difficilement tenables
44:55parce qu'il faut
44:56administrer la preuve
44:57et le policier
44:58qui a vu
44:59quelqu'un de violent,
45:00parfois,
45:00il est toujours dans l'action.
45:01Ce n'est pas forcément
45:02le policier qui interpelle.
45:04C'est ça,
45:05sur le maintien de l'ordre.
45:06C'est-à-dire,
45:06il voit quelque chose
45:07de dangereux,
45:08son autre collègue interpelle.
45:09Or,
45:10pour prouver,
45:10il faudrait entendre
45:11le policier
45:12qui est parfois un CRS
45:15qui est là
45:15sur le maintien de l'ordre
45:16à Paris,
45:17mais qui repart à Strasbourg,
45:18qui est à Nantes,
45:19qui est à Cahors
45:20ou je ne sais pas où.
45:21Donc,
45:22tout ça fait que c'est compliqué.
45:23Alors,
45:23pour ne pas arriver
45:24à cette irresponsabilité pénale
45:27et financière,
45:28parce que c'est un coût,
45:29il faudrait là aussi
45:30changer la loi.
45:31On a essayé plusieurs fois.
45:32Là aussi,
45:32je pense qu'on se heurtera
45:34au Conseil constitutionnel,
45:35à sa jurisprudence.
45:38Et là aussi,
45:39je ne crois pas
45:40un grand reset,
45:41mais je pense qu'il faut
45:41tout revoir,
45:43y compris nos verrous juridiques,
45:45parce que ce n'est pas satisfaisant.
45:47Ce qui compte,
45:47c'est rétablir la sécurité
45:49et l'ordre
45:50et ne pas laisser prospérer
45:52les voyous
45:52qui s'emparent
45:53de ces failles
45:54de propre système
45:56de droit de l'homme
45:57qui va trop loin
45:59et qui finalement
46:00se retourne
46:01comme un boumérang
46:02contre ceux
46:03qui l'ont initié.
46:05Juste sur le Conseil constitutionnel,
46:08je crois qu'il y a
46:08une vraie question
46:09qui se pose aujourd'hui,
46:10mais là,
46:11on va rentrer
46:12dans un domaine
46:12vraiment national.
46:14C'est le fait
46:16qu'au départ,
46:17dans la Constitution française,
46:19il faut quand même
46:19s'en souvenir,
46:20le Conseil constitutionnel
46:21était constitué
46:22uniquement de juristes
46:23et quels juristes,
46:25les meilleurs
46:25de la République
46:26à l'époque,
46:27et ils étaient là
46:28pour juger
46:29la conformité
46:30des textes proposés
46:32par rapport
46:33à la Constitution.
46:34Rien de plus.
46:36Or, aujourd'hui,
46:37le Conseil constitutionnel,
46:38il a intégré
46:39une dimension intérieure
46:40qui est la morale
46:41et je dirais
46:42les opinions politiques.
46:43Et en plus,
46:44ce n'est plus des avocats,
46:45ce n'est plus des juristes,
46:48c'est essentiellement
46:49des hommes politiques.
46:50Donc, je pense que tu disais,
46:51alors là,
46:51c'est moi qui parle,
46:52ce n'est pas toi,
46:53mais je pense que franchement,
46:56ici,
46:56il faudrait former
46:57beaucoup d'autres,
46:57il faudrait peut-être
46:58aussi reprendre
46:59le Conseil constitutionnel
47:01originel
47:01par rapport à l'actuel.
47:03et c'est un commentaire
47:04personnel,
47:05je ne te dis pas.
47:05C'est sûr que
47:07lorsqu'on quitte
47:10les 90 ou 92,
47:12je ne sais plus,
47:12articles de la Constitution,
47:14et à partir de 1974,
47:17on a dit
47:18qu'on allait s'inspirer
47:19de textes proclamatoires
47:21comme la Déclaration
47:21des droits de l'homme
47:22et du citoyen,
47:23le 1789,
47:24ou du préambule
47:25de la Constitution
47:26de 1946,
47:27qui sont des textes
47:28à vocation morale,
47:29qui sont des textes
47:30proclamatoires,
47:31et on les traduit
47:32en injonctions juridiques.
47:35Ça ne va pas.
47:36Ça ne va pas.
47:36Ça ne va pas.
47:37Et ça bride
47:39le législateur.
47:41On sort de...
47:42Le Conseil sort
47:44de son lit
47:44et du cadre
47:45qui lui a été donné.
47:48Et on peut se poser
47:49des questions.
47:49Parce que,
47:50bien sûr,
47:51qu'il faut un cadre
47:52constitutionnel,
47:53mais au bout du compte,
47:54c'est le général de Gaulle
47:55qui disait
47:56la vraie Cour suprême,
47:58c'est le peuple.
47:59Et à un moment donné,
48:00il ne faut pas trop
48:01brider le législateur.
48:03Surtout,
48:04je vois qu'il y a
48:07quelques années,
48:07le Conseil constitutionnel
48:08a érigé en principe
48:09à valeur constitutionnelle
48:10la fraternité.
48:12Alors,
48:12c'est bien gentil,
48:13mais c'est un mot
48:14tellement vague,
48:15un mot philosophique,
48:17sociologique,
48:17littéraire,
48:18pour,
48:19au nom de la fraternité,
48:20de bloquer
48:21ou d'entraver
48:21toute ou partie
48:22de loi
48:22sur la lutte
48:23contre l'immigration illégale.
48:24Donc,
48:25les policiers
48:25ont été très embêtés,
48:26mais ce n'est pas
48:28dans le texte
48:29de la constitution,
48:30c'est une interprétation
48:31qui sort largement
48:33du cadre.
48:33Est-ce que c'est conforme
48:34à la constitution ?
48:35Et puis,
48:36on nous dit souvent
48:37que dans une loi,
48:38quand on ne sait pas trop,
48:40il faut regarder
48:41quelle était l'intention
48:42du législateur.
48:43Oui.
48:43Et là,
48:44quelle était l'intention
48:45du constituant ?
48:46Et c'est bien pour celui-là
48:47ce qu'on évoquait.
48:48Et là,
48:48il y a une dérive,
48:49évidemment.
48:50Tout à fait.
48:50Je crois que c'est
48:51une bonne conclusion,
48:52parce qu'en définitive,
48:54on vient de couvrir
48:55beaucoup de choses
48:55et je crois
48:57qu'on a bien couvert
48:58le problème
48:59de l'insécurité,
49:00mais d'une manière,
49:01je dirais,
49:02non passionnée.
49:03C'est ça qui est bien
49:04et je t'en remercie
49:05parce qu'en regardant ça
49:07avec l'œil
49:08à la fois du technicien,
49:09mais également
49:10de quelqu'un
49:10qui cherche
49:11à trouver des solutions.
49:13et c'est pour ça
49:14que moi,
49:14je conseille
49:16nos auditeurs
49:16de l'URSI
49:17parce qu'ils vont
49:17apprendre beaucoup de choses.
49:18Alors toi,
49:19tu disais,
49:19il a été compacté,
49:21on n'a rien du tout,
49:21mais enfin,
49:22ils vont apprendre
49:23beaucoup de choses,
49:24on en suit certains.
49:25Et puis derrière,
49:27je crois qu'il y a vraiment
49:28une nécessité
49:28de faire une réflexion nationale,
49:31alors là,
49:31au niveau du politique,
49:33au niveau de la magistrature,
49:34de l'intérieur,
49:35et pourquoi pas
49:36d'une union entre les deux,
49:38comme tu le disais,
49:39d'une certaine manière,
49:39de se réunir
49:41pour échanger plus
49:42parce qu'il va falloir
49:43trouver des solutions.
49:44On ne peut pas laisser
49:45la situation
49:45continuer à se dégrader
49:47parce que sinon,
49:48on va devenir
49:48un pays de non-droit
49:50et dans les pays de non-droit,
49:51alors là,
49:52c'est la catastrophe.
49:53Et je ne crois pas
49:54que la France est faite
49:55pour devenir
49:55un pays de non-droit.
49:56C'est pour ça
49:56que c'est ma contribution
49:57au débat,
49:59en collaboration d'ailleurs
50:00avec Frédéric Ploquin,
50:01le journaliste,
50:02et je le dis,
50:03ce n'est pas qu'un livre
50:04de constats,
50:06on parle de ce qui marche aussi
50:07et on fait des propositions.
50:10Et puis,
50:11des propositions de fond
50:12avec le recul du temps long.
50:13Merci Frédéric
50:14d'avoir partagé
50:15ton expérience,
50:16tes connaissances,
50:17etc.
50:17Merci Alain.
50:19Et puis,
50:19j'espère que ça intéressera
50:21nos auditeurs
50:22et que ça contribuera
50:23à cet effort nécessaire.
50:25Dans ce livre,
50:26alors on n'a pas traité
50:26tous les sujets
50:27qui sont dans ce livre,
50:28mais...
50:28Beaucoup.
50:30On peut parler aussi
50:31de la police,
50:34les villes,
50:35qui sont un complément,
50:37mais qui sont arrivées
50:37il y a 20 ans,
50:3830 ans,
50:38avant il n'y avait pas
50:39les policiers municipales.
50:41Et on peut voir un peu
50:42leur rôle par rapport
50:43au rôle de la police nationale.
50:45On peut voir aussi
50:46dans ce livre,
50:47vous faites un parallèle
50:48de cette période
50:50des Jeux olympiques,
50:52où finalement,
50:53il y a eu un mois
50:54ou deux mois
50:55de sérénité,
50:56on a pu aller
50:57à des matchs,
50:57on a pu faire la fête,
50:58et où la sécurité
51:00était visible,
51:01mais en même temps,
51:01il y a eu certainement
51:02un énorme travail
51:03très en amont,
51:04une coopération
51:06du jamais vu certainement
51:07entre les différentes
51:10polices,
51:10les différents services,
51:11la gendarmerie,
51:12l'armée,
51:12et ainsi de suite,
51:13et la justice.
51:15Alors c'est vrai
51:15que deux mois,
51:16c'est deux mois,
51:17ce n'est pas toute une vie,
51:18mais peut-être avoir
51:19des idées
51:19pour transposer
51:21dans le long terme
51:22ce qui s'est
51:23produit,
51:23et je vous dis
51:24à bientôt
51:24pour une prochaine émission
51:25sur Openbox TV
51:26tous les vendredis
51:27à 17h sur YouTube.
51:29Merci.
51:30Au revoir.
51:33Au revoir.
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