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  • il y a 20 heures
Le FMI tire la sonnette d'alarme. Dans son dernier rapport, l'institution juge insuffisant le redressement des finances publiques françaises. Avec plus de 3 400 milliards d'euros de dette et des déficits chroniques, la France approche-t-elle d'un point de rupture ? Pour Emmanuel Crenne, conseiller stratégique et financier, le risque n'est plus théorique. Selon lui, la France pourrait se retrouver sous tutelle financière dans les prochaines années si les marchés cessaient de financer son endettement. Que se passerait-il alors ? Le FMI pourrait-il imposer sa politique économique à Paris ? L'épargne des Français pourrait-elle être mise à contribution ? Notre modèle social est-il menacé ? La France peut-elle faire défaut sur sa dette ? Une sortie de l'euro est-elle devenue inévitable ? Au cours de cet entretien, Emmanuel Crenne revient également sur les enjeux de souveraineté monétaire, l'euro numérique, le rôle de la Banque centrale européenne, les conséquences d'un éventuel défaut de l'État et les moyens dont disposerait encore la France pour éviter une crise majeure. Une émission consacrée aux scénarios les plus explosifs qui pourraient attendre l'économie française dans les années à venir.

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Transcription
00:00Il y a un an, le système politico-financier frappait TVL en fermant notre compte bancaire sans justification.
00:07Le coût a été rude, très rude.
00:10Et un an plus tard, nous pouvons même le chiffrer, 442 987 euros.
00:15Une part énorme de notre budget, des projets retardés, un manque à gagner colossal
00:20et un temps précieux volé à notre mission première, vous informer.
00:24Alors nous avons décidé de ne pas laisser cette attaque sans réponse en saisissant la justice,
00:28non seulement pour obtenir réparation, mais aussi pour forcer le pouvoir à expliquer cette chasse aux sorcières contre TVL.
00:36Car les opérations de déstabilisation du système contre TV Liberté s'enchaînent.
00:40Il y a bien sûr cette censure bancaire qui nous traite en paria pour des raisons politiques
00:44et nous interdit l'accès à des prêts pour investir et pérenniser notre activité.
00:49Mais il y a aussi les censures, les suppressions de nos émissions, de notre chaîne, de nos abonnés
00:54et notre visibilité sur les plateformes qui est amoindrie pour limiter notre force de frappe
00:59ainsi que la presse aux ordres qui cherche sans arrêt à nous salir.
01:03Tout est bon pour nous anéantir.
01:06Pourtant, jusqu'ici, nous tenons bon.
01:09Nous tenons bon grâce à vous, mais aussi grâce à une gestion au cordeau des dépenses
01:14et une rigueur sans faille dans notre volonté de vous informer sans jamais céder à la facilité.
01:19Et depuis la création de TVL, les faits nous donnent raison.
01:22Ces dernières années, notre traitement de la crise sanitaire, de la guerre en Ukraine,
01:26plus récemment de la crise au Moyen-Orient, nos analyses n'ont jamais été battues en brèche.
01:32Certains médias courent désormais derrière nos décryptages
01:35pour tenter d'effacer leurs inconséquences, leurs mensonges et leurs partis pris.
01:39Mais à l'aube d'échéance cruciale, le pouvoir est aux abois et il est prêt à tout.
01:45Avant 2027, ils veulent contrôler les réseaux sociaux, surveiller vos activités,
01:51censurer les médias alternatifs et les saigner.
01:54Ils veulent imposer leurs programmes mortifères, la guerre, la ruine, la dette
01:58et la mort de notre civilisation.
02:01Mais la violence du système traduit aussi son agonie.
02:04Et c'est là que nous devons lancer tous nos efforts dans la bataille.
02:07Face à cet extrême centre au pouvoir et aux médias financés par des oligarques,
02:12des puissances étrangères, le complexe militaro-industriel
02:15ou même vos impôts, plus que jamais nous devons nous battre pour rétablir la vérité.
02:20Quand la presse vous impose des œillères, TVL vous offre une longue vue
02:25car TVL n'a pas de conflit d'intérêts.
02:27Notre mission, c'est vous informer.
02:29Une mission uniquement rendue possible par votre don.
02:33Alors mettez les bouchées doubles et soutenez TVL.
02:36Dès maintenant, je compte sur vous.
03:03Bonjour à tous.
03:05Ravi de vous retrouver pour ce nouveau numéro de Politique et Éco.
03:09Alors au programme, c'est bien le FMI qui tire la sonnette d'alarme.
03:13Dans son dernier rapport, l'institution juge insuffisant le rythme du redressement
03:18des comptes publics français et pointe le poids croissant de nos dépenses publiques
03:23avec une dette qui dépasse désormais les 3 400 milliards d'euros.
03:28La France est-elle arrivée au bout d'un modèle fondé sur le déficit permanent ?
03:33Jusqu'à quand pourra-t-elle continuer à vivre à crédit ?
03:36Et y a-t-il un moyen de résoudre notre problème de surendettement ?
03:41Pour en parler, nous recevons aujourd'hui Emmanuel Crennes.
03:45Bonjour monsieur.
03:46Bonsoir.
03:47Emmanuel Crennes, vous êtes conseiller stratégique et financier.
03:52Vous êtes également membre du CNE, le Conseil national des économistes.
03:57Nous allons donc parler de la dette, des probabilités de voir la France être mise sous tutelle.
04:04Y a-t-il d'autres solutions pour régler le problème de la dette ?
04:09Vous êtes un spécialiste vous-même de la dette.
04:12Est-ce que vous pouvez nous donner votre légitimité en la matière ?
04:16Alors je vous remercie de m'avoir invité.
04:18Alors effectivement, je fais partie du CNE qui est le Centre national des économistes
04:22qui est présidé par Jean-Richard Sulzer et dont Bernard Bonneau est un des vice-présidents.
04:29Bernard Bonneau était à la Caisse des dépôts.
04:31Jean-Richard Sulzer a conseillé plusieurs ministres
04:34et a été un des conseillers de Marine Le Pen avec Bernard Bonneau.
04:40Voilà.
04:41Et en ce qui me concerne, j'en fais partie.
04:43Je suis un ancien magistrateur de Goldman Sachs.
04:46J'ai été responsable de grandes équipes, notamment qui s'occupaient des marchés émergents
04:52chez Merrill Lynch, Deutsche Bank et Goldman Sachs.
04:56Et j'ai été impliqué dans un assez grand nombre de négociations de dettes avec des États,
05:04soit dans des environnements où il n'y avait pas de problème et où on négociait des termes d'emprunt,
05:11soit dans des environnements où effectivement il y avait soit un risque de défaut,
05:15soit un défaut constitué, comme par exemple en 1998 avec la Russie
05:19et de manière un peu moins tendue, on va le dire, avec la Turquie en 2000-2001
05:27quand il y a eu une grande crise financière et monétaire.
05:30Voilà.
05:31Donc voilà, je suis un peu spécialisé là-dedans.
05:33Je suis un des pionniers du marché des dérivés de crédit.
05:36Et j'ai traité dans mes livres, en tant que trader, la dette de ces pays-là.
05:43Voilà. Donc j'ai été un acteur sur le terrain.
05:47Donc je ne suis pas économiste.
05:49Je tiens à le préciser, contrairement à Bernard Monod par exemple.
05:52Moi j'ai appris la finance sur le terrain.
05:54Donc je sais ce que c'est que le rapport de force avec un emprunteur public.
05:59Alors le rapport de force, il va en être question évidemment dans cette émission.
06:03Pour commencer, on a souvent parlé de l'éventualité d'une mise sous tutelle de la France
06:08dans de précédents numéros de Politique et Éco.
06:11Vous la redoutez, vous la prévoyez même d'ici un à trois ans
06:16parce que finalement les marchés pourraient finir par refuser de prêter à la France.
06:22Pourquoi un à trois ans ? Pourquoi ce calendrier resserré ?
06:26Alors je vais vous l'expliquer.
06:28Tout d'abord, ça dépend de plusieurs choses.
06:30Ça dépend de l'environnement mondial.
06:33Est-ce qu'il va y avoir une hausse généralisée des taux et de l'inflation ?
06:37On peut se poser la question avec la hausse des matières premières
06:40qui a des conséquences importantes sur notamment d'autres prix.
06:45Le prix du transport et puis ensuite le prix évidemment des produits manufacturés.
06:52Donc cette hausse de l'inflation va forcer les banques centrales à monter les taux au bout d'un moment.
06:57D'ailleurs, on pense que la banque centrale française va augmenter les taux en juin de 20 ou 25 points
07:02de base.
07:03À partir d'un taux directeur de 2% qui n'est quand même pas très élevé.
07:06La banque centrale française ou la BCE ?
07:08La BCE.
07:09Le 11 juin, il est question d'une modification de taux.
07:14C'est ça.
07:15Donc qui dit si on monte le taux, c'est la récession qu'on va accélérer ?
07:21Alors ça peut être ça, mais c'est fait normalement pour limiter le risque inflationniste.
07:27Sauf que quand c'est une inflation qui est importée, la hausse des taux en général a un effet inflationniste
07:34elle-même
07:35et par conséquent peut accélérer la hausse des prix.
07:38Donc c'est vraiment un diable dont il ne faut pas trop tirer la queue.
07:42– Sur ce calendrier 1 à 3 ans, pourquoi d'ici 1 à 3 ans dites-vous que…
07:47– Je vais vous l'expliquer.
07:50Il faut regarder tout simplement les chiffres.
07:53On vous présente aujourd'hui la dette française en pourcentage du PIB.
07:58On vous dit 5%, 3%, ce n'est pas tellement énorme.
08:02Bon, aujourd'hui on est à 5…
08:06– On est à 114.
08:15– Donc du PIB, ce qui est assez important, mais qui ne serait pas très important.
08:21Si on regarde le Japon par exemple, je crois qu'on est à 200.
08:24On se dit mais comment est-ce qu'ils font ?
08:25Alors c'est assez simple, c'est parce qu'eux contrôlent leur monnaie.
08:29Et la dette est essentiellement possédée par des Japonais.
08:32Donc c'est un problème…
08:35– National.
08:36– National, plus national qu'international.
08:38La dette française est détenue à 53% par des étrangers, je crois.
08:45Et les nouveaux acquéreurs de dette française sont à 85% des étrangers.
08:50Donc quand il y a une nouvelle émission.
08:52– Donc on est d'ailleurs incapable de dire qui sont nos créanciers.
08:57C'est un secret.
08:58On nous parle souvent des pays du Golfe, mais on ne peut pas le savoir.
09:02– Alors c'est assez difficile.
09:03Il y a les pays du Golfe, il y a les grands fonds de pension américains, anglo-saxons.
09:07Mais il y a aussi nous-mêmes à travers des fonds offshore, dans des fonds de pension français.
09:12Enfin c'est assez croisé et difficile à déterminer.
09:15Quoi qu'il en soit, si on regarde les chiffres, vous avez approximativement 500 milliards de dépenses de l'État
09:24chaque année
09:25pour des recettes d'à peu près 380 milliards, un peu plus, 387 je crois.
09:29Bon, donc ça vous fait grosso modo entre 110 et 120 milliards de déficit primaire chaque année.
09:35Alors qu'on a un taux d'imposition extrêmement élevé.
09:38Donc on n'est pas capable de financer nos dépenses qui sont essentiellement tirées par le social,
09:43dont une grande partie de l'immigration, bien sûr.
09:46Ça on oublie souvent de nous le dire.
09:50Et aussi, donc ça veut dire que votre déficit primaire de 110, 120 milliards par an,
09:58il représente un tiers, un peu plus d'un tiers de vos recettes.
10:06C'est considérable.
10:06– Vous visez un tiers au-dessus de nos moyens.
10:09– Complètement. Je veux dire, vous prenez 120 milliards face à 380 milliards,
10:13bon ben ça fait à peu près un tiers, enfin un peu plus d'un tiers.
10:16C'est gigantesque.
10:18Quel ménage aujourd'hui serait capable de vivre avec un tel train ?
10:21Ce n'est pas possible.
10:22Alors, si on regarde de façon plus précise,
10:26vous avez une charge de la dette qui augmente avec les taux d'intérêt, forcément,
10:29puisqu'on se refinance à un taux de plus en plus élevé.
10:34Donc aujourd'hui, on est en train de rembourser des obligations
10:36qui avaient un taux nominal de 0,5%.
10:39Mais le taux moyen de la dette, aujourd'hui,
10:41il est aux alentours de 3 quelque chose, 3,2% sur toutes les maturités.
10:47La durée moyenne est de 8 ans.
10:53Et ça veut dire qu'en gros, vous avez une charge de la dette
10:56qui va augmenter au cours du temps quand on va refinancer cette dette,
11:00si toutefois on arrive à la refinancer.
11:03Et aujourd'hui, la charge de la dette en 2025 était de 75 milliards,
11:08en 2026, pardon, elle va être en 2026 de 75 milliards.
11:12Et en 2027, on prédit qu'elle sera aux alentours de 90 milliards.
11:16Vous rapportez ça à des recettes de 380 milliards, c'est considérable.
11:22C'est plus que le budget de l'éducation, ou de l'armée,
11:26ou approximativement celui de l'armée, c'est gigantesque.
11:30La justice, la police, représentent une part beaucoup plus faible,
11:36enfin des montants beaucoup plus faibles.
11:38Donc en fait, qu'est-ce qui se passe ?
11:40Si demain, nos créanciers disent, bon, votre financement, on ne le fait pas,
11:45on ne va plus pouvoir financer nos intérêts,
11:48le paiement de nos intérêts,
11:49qui représente les trois quarts du déficit primaire,
11:5375 milliards sur 120, ça fait aller 60%.
11:57Donc vous voyez bien que si la pompe Afrique s'arrête, c'est terminé.
12:04– Mais qu'est-ce que nos créanciers regardent comme signaux dans notre économie
12:08exactement pour dire on continue à prêter, mais là, on arrête de prêter ?
12:13– Alors, il y a plusieurs choses.
12:14– Qu'est-ce qu'ils se disent ces gens-là ?
12:15– Alors, ils se disent qu'on peut toujours augmenter la fiscalité.
12:19Et c'est vrai que les Français sont assez riches,
12:21donc on peut toujours continuer à augmenter les impôts.
12:24– On est déjà le pays le plus taxé du monde.
12:27– Mais il n'empêche qu'on peut toujours continuer à pressurer les gens.
12:32Toutes les époques ont montré…
12:35– Oui, les Français ont de l'épargne.
12:36– Ils ont de l'épargne.
12:37Alors, il y a une chose qui s'est produite, c'est qu'il y a quelques années, on a…
12:41– Beaucoup n'en ont pas aussi.
12:44– C'est ça.
12:45– Les gens comme il y en a qui créent la dalle le 15 du mois.
12:48– Alors, en Europe, il y a une directive qui permet en fait aux créanciers
12:57qui permet à l'État de ponctionner l'épargne.
13:00– La loi Sapin 2.
13:01– Voilà, c'est ça.
13:02Cette loi qui vient en fait d'une réglementation européenne
13:09a été implémentée à Chypre par exemple, avec succès.
13:12Et d'ailleurs, ils l'ont mise en œuvre et on a ponctionné sur les comptes des gens
13:16les sommes qui dépassaient le maximum.
13:20Je crois qu'en France, c'est 100 000 euros.
13:22Donc, c'est pour ça que moi, je conseille toujours à mes amis
13:24d'avoir des comptes dans plusieurs banques,
13:26voire même d'avoir des comptes dans des banques à l'étranger
13:29parce qu'il n'est pas exclu qu'on interprète cette loi
13:32en disant que c'est par personne et non pas par compte.
13:36Donc, moi, je préférerais avoir un compte à l'étranger
13:38pour éviter qu'on me le pique.
13:40Tout en étant déclaré, bien entendu.
13:42On a le droit d'avoir des comptes à l'étranger s'ils sont déclarés.
13:46Donc, ça, c'est un mécanisme qui donne une certaine garantie aux créanciers.
13:53Donc, l'augmentation de la fiscalité, il y a ce mécanisme-là.
13:58La baisse des dépenses publiques aussi, peut-être.
14:00Alors, la baisse des dépenses publiques, non.
14:01Vous ne pouvez avoir aucune garantie là-dessus
14:03puisqu'elles ne font qu'augmenter.
14:05Et que l'État est toujours en train de bouger d'un milliard ici,
14:09quatre milliards là.
14:10On prend ici, on redonne là.
14:1357,2% l'année dernière par rapport au PIB.
14:16La dépense publique, ça représente ça.
14:17C'est ça, c'est considérable.
14:19Alors, ce n'est pas dans les 500 milliards, évidemment.
14:22Il y a plus que ça puisqu'il y a les dépenses sociales.
14:24Il y a les retraites, il y a tout ça qui sont comptées dans les 57%, bien entendu.
14:29Donc, effectivement, aujourd'hui la France a un rating de simple A-.
14:36On est passé de double A+, à A-, je crois.
14:40Je crois que c'est A-.
14:43Non, c'est A+, pardon.
14:44C'est de double A- à A+, évidemment, en 2025.
14:50Et il est probable que les comptes publics ne se stabilisant pas,
14:58on passe peut-être à triple B+,
15:01et que nous finissions dans la catégorie qu'on appelle sub-investment grade,
15:06c'est-à-dire junk bonds comme les marchés émergents.
15:09Voilà.
15:10C'est très probable.
15:11Oui, Emmanuel Crenne, est-ce que vous pouvez revenir sur ce délai 1 à 3 ans ?
15:15Pourquoi 1 à 3 ans ?
15:16Alors, un an, si c'est Mélenchon qui est élu,
15:20puisqu'il a dit clairement qu'il allait faire défaut sur la dette.
15:23Donc, il est très possible qu'il y ait un défaut si M. Mélenchon est élu,
15:29puisqu'il a l'intention de ne pas la rembourser.
15:323 ans, parce que ça prend toujours du temps
15:36avant que les gens ne réalisent les vrais problèmes.
15:40Alors, moi, je peux vous donner plusieurs exemples.
15:42La situation de la Turquie, dans les années 98-99-2000,
15:47il y avait des taux à plus de 100%,
15:51une inflation, enfin, les taux étaient à 140%,
15:54l'inflation à 100-110,
15:56et il y avait une pression considérable,
15:58avec une monnaie qui avait un PEG d'évaluation choisi,
16:06et il n'y avait pas de correction, en fait, des problèmes par l'État.
16:10Et donc, au bout d'un moment,
16:11la machine se met à surchauffer,
16:14et le défaut peut se produire.
16:18Alors, il est très difficile de prédire quand exactement.
16:20En ce qui concerne la Russie,
16:22c'était en août 98,
16:24on appelle ça le mois des crises,
16:25parce que c'est dans les mois de faible liquidité
16:28que les choses se produisent.
16:29Il suffit qu'il y ait une tension quelque part dans le marché
16:32pour qu'il y ait un effet domino.
16:33Donc, le moment exact de la crise de liquidité,
16:37je ne peux pas vraiment vous le dire.
16:39Mon expérience me dit que,
16:41dans les 3 ans,
16:45si les taux continuent à augmenter,
16:48là, on est à 3 et quelques en moyenne,
16:51on est en train de passer à 4,
16:53les taux longs,
16:55alors, on est à peu près à 4,
16:56le 30 ans, il est à 3,9.
16:59En Angleterre, on est à 5.
17:01Donc, si on suit ce chemin,
17:06si on passe à 5,6,
17:08la charge de la dette,
17:09qui est prévue,
17:11enfin, juste les taux d'intérêt,
17:13à 90 milliards en 2027,
17:15va exploser,
17:17peut arriver à 120, 130, 140, 150 milliards,
17:20et alors, à ce moment-là,
17:21parce que comme les taux sont quand même assez bas,
17:23vous êtes à 3,
17:24si vous doublez les taux,
17:25vous passez de 90 milliards à 180 milliards,
17:29assez rapidement.
17:30Et là,
17:32vous n'avez plus les moyens,
17:34parce que vous n'aurez pas suffisamment de temps
17:36pour ajuster votre budget,
17:38baisser vos dépenses,
17:40d'ailleurs, vous n'avez même pas le droit de le faire,
17:42puisque c'est voté,
17:44il y a un budget, bon.
17:46Et donc, à ce moment-là,
17:47quelle est la seule chose que vous pouvez faire ?
17:49C'est couper certaines dépenses courantes,
17:52mais je ne vois pas l'État capable de couper
17:5450 à 100 milliards de dépenses en l'espace d'un mois.
17:56Aujourd'hui,
17:58on a un déficit de à peu près 100,
18:00120 milliards par an,
18:01ça fait 10 milliards par mois,
18:0210 milliards par mois,
18:04ça fait quoi ?
18:05Ça fait 300 millions par jour.
18:08Bon, ben,
18:09bon courage pour arrêter l'hémorragie.
18:11Donc,
18:12c'est pour ça que je dis
18:12que s'il y a une augmentation des taux
18:15liée à notre économie,
18:18mais aussi à l'environnement extérieur,
18:22une augmentation très forte
18:24de la charge de la dette
18:25va automatiquement créer
18:27une situation de crise de liquidité.
18:30Voilà.
18:31Alors,
18:32on va revenir sur votre diagnostic,
18:35Emmanuel Crenne.
18:36Est-ce qu'il faut revenir aux fondamentaux
18:38en nous expliquant
18:39c'est quoi une dette d'État ?
18:41Alors,
18:42la dette d'État,
18:43ce n'est pas une dette privée.
18:45Quand vous empruntez,
18:46vous,
18:46pour votre appartement
18:47ou quand vous êtes une société,
18:49si vous faites défaut,
18:50ben,
18:50on va saisir vos actifs,
18:52on va les liquider,
18:54on va les distribuer,
18:55on va distribuer le reliquat,
18:56enfin,
18:56ce qui reste aux créditeurs
18:58en fonction de leur rang,
18:59selon qu'ils ont une priorité
19:01ou une sécurité.
19:03Bon.
19:03Si vous êtes un État,
19:05vous faites défaut sur votre dette,
19:07sauf si elle est sécurisée sur un actif,
19:09ce qui peut arriver,
19:11mais en général,
19:12ce n'est pas le cas.
19:12Les OAT,
19:13c'est de la dette non sécurisée,
19:16qui est senior,
19:19et par conséquent,
19:21ben,
19:22vous ne pouvez rien saisir,
19:24puisque l'État,
19:25les actifs de l'État,
19:26ben,
19:27c'est le pays,
19:27quoi.
19:27donc,
19:28vous ne pouvez rien saisir,
19:30vous ne pouvez pas saisir.
19:30– Mais quand, par exemple,
19:31la Grèce a vendu le port du Piret
19:33pendant la crise,
19:34aux Chinois…
19:35– Alors,
19:35il peut y avoir des choses comme ça
19:36pour régler une dette,
19:38mais…
19:38– Mais on fait pression sur l'État
19:40en disant,
19:40vous nous prendez ça,
19:41sinon vous êtes mort.
19:42– Mais les Chinois ne sont pas arrivés
19:45avec leur armée
19:46pour saisir le port du Piret.
19:47– Ils leur ont donné des liquidités,
19:49les Grecs,
19:49donc c'est l'UFMI qui leur a dit,
19:51il a apporté du fric.
19:52– Alors,
19:52je vais vous donner un exemple
19:53assez ancien,
19:54c'est que la Corse a été acquise
19:57par la France,
19:59de la République de Gênes,
20:00on dit qu'on l'a achetée,
20:01en fait.
20:01– En Louis XVI.
20:02– C'est en règlement
20:04d'une dette
20:06que nous avons récupérée la Corse.
20:08Voilà.
20:09Et,
20:10bon,
20:11on avait les yeux dessus de toute façon,
20:12mais,
20:14voilà,
20:14donc,
20:15ce type de négociation
20:16peut se produire
20:17entre États souverains,
20:18entre un gros créancier
20:20et un État,
20:22mais,
20:22sauf lui faire la guerre,
20:24vous ne pouvez pas
20:25vous saisir des actifs du pays.
20:27Bon.
20:27Donc,
20:28éventuellement,
20:29vous pouvez déclencher une guerre
20:29pour demander,
20:30enfin,
20:31pour obtenir un remboursement.
20:32Vous faites une rasia,
20:33enfin,
20:33voilà,
20:34il y a le butin,
20:35bon,
20:35ça peut être con.
20:36Ça se faisait à certaines époques,
20:38peut-être dans l'Antiquité,
20:39je ne sais pas,
20:40mais,
20:41voilà,
20:42donc,
20:42la dette publique,
20:43ce n'est pas comme de la dette privée.
20:45Pourquoi ?
20:45Parce que vous vous attaquez
20:47à un souverain.
20:48Et,
20:49la dette souveraine,
20:52tout le monde en a,
20:53en fait,
20:53dans son porte-monnaie,
20:55enfin,
20:55de moins en moins,
20:56mais,
20:57le billet de banque,
20:58c'est un titre de dette.
21:00Vous allez à la banque centrale
21:01avec votre titre de dette
21:02et,
21:03dans l'ancien temps,
21:04vous pouviez demander de l'or.
21:05C'est un billet.
21:06Et,
21:06sur les billets anglais,
21:08il y a écrit,
21:08d'ailleurs,
21:09Bank of England,
21:10et en dessous,
21:11I promise to pay the bearer
21:12the sum of 10 pounds.
21:13Et puis,
21:14vous avez,
21:14une chose très intéressante,
21:16vous avez la reine d'Angleterre
21:17ou le roi d'Angleterre dessus.
21:19Donc,
21:19c'est quelque chose
21:20qui représente
21:21la puissance souveraine
21:22de l'État,
21:23même si la banque centrale
21:24d'Angleterre
21:25est réputée indépendante,
21:27malgré tout,
21:28c'est quelque chose
21:29qui engage
21:31la puissance publique.
21:32Et,
21:33alors,
21:34le billet de banque,
21:34il n'est pas remboursé,
21:36aujourd'hui,
21:38et il n'y a pas
21:39d'échéance fixe,
21:42il n'y a pas
21:43de taux d'intérêt,
21:44mais la dette publique,
21:45c'est aussi un titre,
21:46sur l'État,
21:48de remboursement
21:49d'une somme.
21:50Et c'est donc
21:50de la monnaie.
21:51C'est une forme de monnaie.
21:53Et,
21:53par conséquent,
21:54ce n'est pas la même chose
21:55que pour une entreprise.
21:57Une entreprise,
21:58elle ne peut pas
21:59émettre de la monnaie
22:00pour vous rembourser.
22:01Donc,
22:02quand on parle
22:02de remboursement
22:03de dette publique,
22:04on parle forcément
22:05d'un problème monétaire.
22:07Et c'est comme ça
22:08qu'il faut le voir.
22:09On nous parle
22:09d'un problème de crédit.
22:11En fait,
22:12c'est surtout
22:12un problème monétaire
22:13et d'émission de monnaie,
22:16de quantité de monnaie
22:17dans l'économie.
22:17Voilà.
22:19Alors,
22:20on sait que nos créanciers
22:21nous prêtent de l'argent,
22:22mais d'où vient
22:23cet argent exactement ?
22:25Moi,
22:25j'entendais quelqu'un
22:25qui me disait
22:26mais en fait,
22:26les banques fabriquent
22:28l'argent à partir de rien
22:30et nous demandent ensuite
22:31de leur rembourser
22:32en monnaie sonnante
22:34et trébuchante.
22:35Oui,
22:36l'argent qu'on nous prête
22:38à l'État français,
22:39d'où vient-il ?
22:40Comment est-il généré ?
22:42C'est une bonne question.
22:45Alors,
22:45ce que vous décrivez là,
22:47c'est ce que fait une banque
22:47avec un emprunteur.
22:51Quel qu'il soit,
22:52effectivement,
22:53elle crée de la monnaie
22:54dans son bilan.
22:55Bon.
22:56La dette publique,
22:58elle n'est pas créée,
23:00enfin,
23:01donc les sommes
23:01ne sont pas prêtées
23:02par des banques.
23:03J'entends souvent ça
23:04dans nos milieux.
23:04Oui, les marchés financiers.
23:06Ce ne sont pas des banques,
23:07ce sont des marchés financiers
23:08avec des investisseurs.
23:10Les banques
23:11qui sont réputées
23:12prêtées
23:12ou qui sont opérateurs
23:13de ce marché,
23:14elles ne sont qu'opérateurs
23:15de ce marché,
23:15elles sont spécialistes
23:16en valeur du trésor,
23:17par exemple,
23:17c'est elles
23:17qui souscrivent
23:20pour leurs clients
23:21et qui ensuite
23:21les vendent à leurs clients.
23:22Et les clients
23:23sont les grands fonds de pension,
23:24etc.
23:24C'est-à-dire que c'est aussi
23:25vous et moi.
23:27Donc,
23:28cette idée que
23:29c'est la banque
23:30qui crée de la monnaie
23:30pour le prêter à l'État,
23:32ce n'est pas exact.
23:34Par contre,
23:34ce qui se passe,
23:36c'est qu'il y a
23:37des mécanismes
23:38de rachat de dette
23:41ou de liquidité
23:43de ce marché
23:46dans lesquels opèrent
23:47les banques centrales
23:47et notamment
23:48la Banque Centrale Européenne
23:49à travers le mécanisme
23:51de refinancement journalier,
23:53le repo, quoi.
23:56Et il est vrai
23:57que quand il y a
23:58des problèmes de financement,
23:59ce sont les banques centrales
24:00qui sont,
24:01d'une certaine manière,
24:02prêteurs en dernier sort,
24:03mais qui vont acheter
24:04ce papier,
24:05le mettre temporairement
24:06dans leur bilan
24:07et le renvoyer
24:08dans le marché après.
24:09Voilà.
24:10Donc, soit on retire du papier
24:12et on met des liquidités
24:13dans le marché
24:13et donc on en donne à l'État.
24:15Voilà.
24:15Donc, ça permet
24:17à l'État
24:18de se financer
24:21sans problème.
24:23C'est ce qui s'est passé,
24:24par exemple,
24:24pendant la crise de 2008.
24:25Il y a eu des mécanismes
24:26comme ça en Europe,
24:27aux États-Unis
24:27qui se sont mis en place.
24:29Voilà.
24:29Non, mais dire que ce sont
24:30les banques qui prêtent,
24:31non.
24:32En fait,
24:33la seule banque
24:33qui prête vraiment
24:34à un État
24:36dans une circonstance
24:37comme celle-ci,
24:38c'est plutôt
24:38la Banque Centrale.
24:39Voilà.
24:40Alors, le jour où
24:41la France ne pourra
24:42plus emprunter.
24:44Si la France
24:44donc perdait
24:45la confiance des marchés,
24:47comment se déroule
24:47concrètement
24:48une mise sous tutelle ?
24:49Ah.
24:50Alors, d'abord,
24:51il faut que la mise sous tutelle
24:52soit acceptée politiquement.
24:54Ça peut très bien
24:55ne pas être accepté.
24:56On a vu ce qui s'est passé
24:56en Grèce.
24:57Il y avait eu des émeutes.
24:58Au Parlement grec,
25:00on a dit des choses.
25:02Oui,
25:03et pendant la Seconde Guerre mondiale,
25:05il y a toute cette dette
25:06allemande
25:06qu'on a annulée.
25:07Vous nous la devez.
25:08Enfin,
25:09c'est un problème politique.
25:10Donc,
25:10ce n'est pas un problème économique.
25:12Ce n'est même pas
25:13un problème financier.
25:14C'est un problème.
25:14Est-ce que le pays
25:15va l'accepter ?
25:16Si un pays n'accepte pas
25:17sa mise sous tutelle,
25:18il ne l'accepte pas.
25:19Est-ce que la Russie,
25:20en 1998,
25:21a été mise sous tutelle ?
25:22Non.
25:23Absolument pas.
25:24Elle a fait un défaut unilatéral
25:26et elle a dit à tout le monde
25:27« Voilà mes termes ».
25:29Et pourquoi,
25:31elle a-t-elle dit ?
25:32Pourquoi n'a-t-elle pas fait
25:34comme la Grèce ?
25:37C'est là où on voit
25:38le rapport qu'il y a
25:38entre monnaie et puissance.
25:41Anatoly Choubaïs,
25:42qui était ministre des Finances
25:43en 1998
25:44au moment du défaut.
25:46Moi,
25:46je me souviens très bien,
25:47j'ai assisté
25:47à sa conférence de presse
25:49à travers la télévision
25:51puisque j'étais dans la salle
25:52des marchés
25:52de Lehman Brothers à l'époque
25:54où je commençais ma carrière.
25:56C'était un bon début de carrière.
25:58Et bien Anatoly Choubaïs
26:00a dit une chose.
26:01Quand un journaliste
26:02lui a dit
26:02« Mais enfin,
26:0370% de votre dette interne
26:04puisqu'il s'agissait
26:05d'un défaut sur la dette
26:06en rouble
26:06et donc en dollar
26:08mais sous monnaie locale,
26:10sous loi locale,
26:13on lui a dit
26:14« Mais comment pouvez-vous
26:16oser faire ça ?
26:16Il y a 70% de votre dette
26:18sur laquelle vous faites défaut
26:19qui est détenue
26:21par des étrangers.
26:24Donc en gros,
26:24vous ne pouvez pas.
26:26Et Anatoly Choubaïs
26:27s'est répondu
26:28« Bien sûr que nous pouvons
26:29puisque la Russie
26:30est une grande puissance
26:31qui détient l'arme nucléaire. »
26:34Voilà la réponse.
26:34Et ça,
26:35c'est une vraie réponse
26:35politique
26:36qui montre
26:37que dans le jeu
26:39et le rapport de force
26:40qui existe
26:41entre un créancier
26:42et un débiteur
26:45souverain,
26:47c'est une question politique.
26:49C'est une question,
26:50c'est un rapport de puissance
26:51et c'est une question
26:52de souveraineté.
26:53Voilà.
26:53Donc la monnaie,
26:55la tête,
26:56c'est un problème
26:57de souveraineté,
26:58de puissance publique.
27:00C'est ça,
27:01le problème.
27:02Donc,
27:03vous me dites
27:05va-t-on être mis
27:06sous tutelle ?
27:07Oui,
27:07si nous l'acceptons.
27:08Mais si nous le refusons,
27:10nous ne serons pas mis
27:11sous tutelle.
27:11On n'en a rien à faire
27:12du FMI,
27:14Mais du coup,
27:14les marchés financiers
27:15ne nous prêteront plus
27:16si on refuse la mise
27:17sous tutelle.
27:17Temporairement,
27:17oui,
27:18bien sûr.
27:19Temporairement.
27:19Ils reviendront.
27:20Alors,
27:20je vous donne l'exemple
27:21de la Russie,
27:22mais bien sûr,
27:22ils reviennent toujours.
27:23Alors,
27:23au XVIIIe siècle,
27:26Louis XV a fait plusieurs fois
27:27des faux sur la dette,
27:28elle a été restructurée,
27:29bon,
27:29voilà.
27:30Et,
27:32qu'est-ce qui se passe
27:32six mois après,
27:33un an après,
27:34ça revient.
27:36Parce que les liquidités
27:37des investisseurs
27:38ont besoin d'être placées
27:39au bout d'un moment.
27:41Il y a d'ailleurs
27:42des obligations
27:44de détention
27:45de titres
27:47de dettes publiques
27:48dans tous les pays
27:49européens,
27:50notamment.
27:51Il faut le savoir.
27:52Et ces titres
27:53vous permettent
27:53d'avoir,
27:55enfin,
27:55de détenir
27:56sans utiliser
27:56votre capital.
27:58Donc,
27:580%
27:59d'adlocation de capital.
28:01Mais,
28:01pour reprendre
28:02l'exemple de la Russie,
28:04eh bien,
28:08trois ans après
28:09le défaut russe,
28:10qu'est-ce qui s'est passé ?
28:12Eh bien,
28:12la Russie était de nouveau
28:13investment grade,
28:14c'est-à-dire
28:15avait un rating
28:15supérieur à BBB+.
28:18Voilà,
28:19c'est tout.
28:19Donc,
28:20ça revient.
28:22Quand on nous dit
28:23non,
28:23on ne pourra plus jamais
28:24emprunter,
28:24etc.,
28:24alors c'est vrai
28:25que ça crée
28:26une friction
28:27dans le marché.
28:28Vous allez réemprunter
28:29peut-être un peu plus cher
28:30qu'avant,
28:31mais ensuite,
28:31ça va se stabiliser.
28:33La condition
28:33d'un défaut
28:36qui est bien fait,
28:37ou disons
28:38d'une gestion
28:39de la crise
28:40de liquidité
28:41correcte,
28:42c'est de mettre
28:43en place
28:43pour l'avenir
28:45des mesures
28:48qui rassurent
28:49le marché.
28:50Si vous continuez
28:50votre irresponsabilité
28:52financière,
28:52là, c'est sûr,
28:53vous n'allez pas pouvoir
28:53de nouveau
28:54toucher au marché.
28:55Mais si vous mettez
28:57en place
28:57ce qu'il faut
28:58comme mesure
28:59pour assainir
29:02la gestion
29:02de l'État...
29:03Alors,
29:04on va y venir
29:04aux solutions
29:05que vous proposez,
29:06Emmanuel Crenne,
29:07mais dans la mesure
29:08où les dirigeants
29:10à la tête du pays
29:11ne sont pas capables
29:12de réformer
29:13quoi que ce soit,
29:14on peut imaginer
29:14qu'une mise sous tutelle
29:16ne serait pas
29:16un scénario délirant.
29:18Donc,
29:18qu'est-ce qui se passerait-il
29:19pour notre modèle social
29:20si nous acceptions
29:22cette mise sous tutelle ?
29:23Alors,
29:23il se passerait
29:23ce qui s'est passé
29:26en Grèce.
29:27Alors,
29:27je pense que
29:28ce que ferait
29:29d'abord le gouvernement,
29:29c'est d'essayer
29:30de ponctionner l'épargne
29:32pour limiter
29:33l'impact
29:33sur son budget.
29:36Et ensuite,
29:38eh bien,
29:39il faudra
29:41baisser
29:41un certain nombre
29:42de dépenses
29:42et augmenter
29:43les impôts
29:45avec peut-être
29:46des impôts exceptionnels
29:47et des impôts
29:48obligatoires,
29:49c'est-à-dire
29:49ou un emprunt
29:49obligatoire
29:50ou des choses
29:51de ce genre.
29:52Ce sont des mesures
29:53tout à fait classiques.
29:55Baisser la dépense,
29:55c'est-à-dire
29:56qu'il faudrait renoncer
29:57à notre modèle social
29:59en préparant cette émission.
30:00Vous me disiez
30:01qu'une disparition
30:02de la sécu
30:03ne serait pas à exclure.
30:05Oui,
30:06sans aller peut-être
30:06jusque-là,
30:07mais en tout cas,
30:07sous sa forme actuelle,
30:08elle a elle-même
30:11ses propres problèmes
30:12de financement.
30:13Donc, bon,
30:15parce qu'elle est financée
30:17en partie
30:17par des cotisations.
30:19Donc,
30:20il y a une certaine capacité
30:21d'autofinancement
30:22de la sécurité sociale.
30:23Donc,
30:24ce n'est pas uniquement
30:25la sécu
30:25qui obère
30:26les comptes de l'État.
30:27Vous avez,
30:28je pense qu'il faudra
30:30couper
30:32le RSA,
30:35un certain nombre
30:35de choses comme ça,
30:36c'est ce qu'ils feront.
30:37C'est ce qu'ils ont fait
30:37en Grèce,
30:38ils ont coupé
30:39dans ses dépenses.
30:40Et,
30:41alors,
30:41je voudrais simplement
30:41revenir sur une chose,
30:42c'est qu'il y a eu
30:43un défaut en France,
30:44le dernier défaut
30:46date de 1797.
30:48C'est ce qu'on appelle
30:49la banqueroute
30:49des deux tiers.
30:50Et le ministre
30:51des Finances de l'époque,
30:52c'était sous-directoire,
30:53s'appelait Ramel.
30:54Et,
30:55en faisant le défaut,
30:57donc,
30:57on a donné un tiers
31:00en liquide
31:01ou quoi,
31:02au prêteur
31:03et deux tiers
31:04sous forme
31:05de papier
31:08dont la valeur
31:09s'est immédiatement
31:10effondrée.
31:10Donc,
31:11c'est pour ça
31:11qu'on appelle ça
31:11la banqueroute
31:12des deux tiers.
31:13Et tout le monde
31:13savait que ça valait
31:14rien de toute façon.
31:16Et,
31:17qu'est-ce qu'a dit
31:17ce ministre
31:19à l'époque ?
31:20Alors,
31:20je vous cite la phrase
31:21« J'efface les conséquences
31:23des erreurs du passé
31:24pour donner à l'État
31:24les moyens de son avenir. »
31:26un défaut
31:27ou une restructuration
31:28de dette,
31:28ce n'est pas forcément
31:29une mauvaise chose,
31:30surtout quand on a mal
31:31géré l'État.
31:34Le créancier
31:36qui achète
31:36l'obligation
31:38émise par l'État,
31:39le titre de dette
31:41publique,
31:42prend ce risque.
31:43C'est un risque
31:44qui est pris
31:45et pour lequel
31:45il est rémunéré.
31:47Donc,
31:47au bout d'un certain
31:48nombre d'années,
31:49il a été rémunéré
31:49pour ce risque.
31:50Le risque se matérialise.
31:51Bon,
31:52très bien,
31:52c'est un peu comme
31:52une assurance
31:53au lieu d'un moment.
31:55le tremblement de terre
31:56arrive,
31:56l'assurance,
31:57elle paye.
31:58Donc,
31:59ce n'est pas forcément
31:59une catastrophe.
32:00Maintenant,
32:01la mise sous tutelle,
32:02oui,
32:02elle est une catastrophe.
32:04– Mais c'est la manière dure.
32:05– C'est la manière dure,
32:06mais je pense
32:07assez stupide,
32:08en fait,
32:09parce que la France
32:09étant un grand pays
32:11souverain
32:12qui a l'arme nucléaire,
32:14entre autres,
32:15qui est un des fondateurs
32:16de l'Europe,
32:17ne peut pas être
32:18mis sous tutelle.
32:20Ou alors,
32:20s'il est mis sous tutelle,
32:21c'est qu'il disparaît.
32:23nous avons déjà
32:23beaucoup de pertes
32:24de souveraineté.
32:25– La Grèce
32:25a été mise sous tutelle,
32:26a-t-elle disparu ?
32:27L'État ?
32:30– Non,
32:31mais il faut voir
32:32ce qu'il en reste.
32:33Et ça n'a jamais été
32:34quand même un État
32:35extrêmement puissant,
32:36la Grèce.
32:37– C'est la Troïka,
32:37oui.
32:38– Oui, c'est ça.
32:38– SMI, BC,
32:39la Commission.
32:40– La France,
32:40la France,
32:40ce n'est pas la Grèce.
32:41La France,
32:42c'est les membres
32:44des cinq pays…
32:45– Oui, oui,
32:45le Conseil de sécurité.
32:46– Oui, oui,
32:47bien sûr,
32:47mais vous savez,
32:49il y a un moment
32:50où quand vous faites face
32:51à vos créditeurs,
32:52eh bien,
32:53vos créanciers,
32:55vous devez leur dire
32:56qui vous êtes.
32:57Et je pense qu'aujourd'hui,
32:59le problème que nous avons,
33:00c'est que nous avons
33:00des gouvernements
33:01qui ne disent pas
33:02qui nous sommes,
33:04qu'on a 2000 ans d'histoire
33:05et qu'on a un pays puissant.
33:06– Vous parlez de défauts
33:07sur la dette,
33:08il y a des économistes
33:09qui vont sauter au plafond
33:10et dire que ce n'est pas possible,
33:12que la conséquence
33:14pour les entreprises,
33:15les banques,
33:15l'épargne des Français,
33:17l'épargne ne vaudra plus rien,
33:18la dette va exploser.
33:20– Alors moi,
33:21je ne dis pas qu'il faut
33:21faire défauts sur la dette,
33:22attention,
33:23ce n'est pas ce que je vous dis.
33:24Je pense qu'il y a
33:25d'autres solutions.
33:26– On va y finir,
33:27mais sur le défaut,
33:28quelle serait,
33:29si la France prenait
33:30la décision de faire défaut,
33:31quelles seraient
33:32les conséquences
33:33pour les entreprises,
33:34l'épargne des ménages,
33:35les banques ?
33:36– Elle pourrait être
33:37assez significative,
33:38je suis d'accord.
33:39C'est pour ça
33:39que la solution Mélenchon
33:40ne me satisfait absolument pas.
33:42Il ne faut pas la suivre.
33:43Mais il ne faut pas non plus
33:44tomber dans la soumission complète
33:47à des instances financières
33:49qui sont supranationales
33:52et n'ont aucune considération
33:54pour les pays.
33:56Je vais vous raconter une histoire
33:57qui m'est...
33:59J'ai observé cela moi-même
34:00avec la Côte d'Ivoire.
34:03La Côte d'Ivoire
34:04sortait de la guerre.
34:05Il y avait eu une guerre civile.
34:07Et j'avais été invité
34:09avec mon équipe
34:10à prêter 400 millions de dollars
34:15à la Côte d'Ivoire
34:17pour financer une partie
34:19de la reconstruction,
34:19notamment des écoles,
34:20mais de façon privée.
34:22Donc pas avec des prêts
34:23à taux bonifiés
34:24comme font le FMI
34:25ou la Banque mondiale.
34:26Et donc,
34:27j'avais été appelé directement
34:28par Charles Diby
34:29qui était alors ministre
34:29des Finances de la Côte d'Ivoire.
34:31Bon, un homme charmant d'ailleurs,
34:34bon, très cultivé
34:36et très fier de son pays
34:38et d'ailleurs,
34:39il en avait bien raison.
34:41Donc je vais à Abidjan
34:42et nous devions parler
34:46de cette opération
34:47et la faire
34:48dans le mois qui suivait.
34:50J'ai entendu...
34:52J'étais dans l'antichambre
34:53du ministre.
34:53et j'ai entendu
34:54le ministre
34:56exploser de rage.
34:59Il avait en face de lui
35:00la Banque mondiale
35:01qui voulait l'empêcher
35:02de faire l'opération
35:03que nous proposions.
35:06Ces gens mettent
35:07la main sur le pays,
35:08l'empêchent de vivre,
35:10l'empêchent de se reconstruire
35:11alors qu'il sort d'une guerre
35:12et si on ne peut pas reconstruire,
35:14faire en sorte
35:15qu'il y ait des écoles,
35:15etc.,
35:16vous allez vous retrouver
35:16avec des enfants soldats,
35:17avec de nouveau une guerre.
35:19Il faut voir
35:20ce que sont ces institutions-là.
35:21Je me souviens être allé
35:22dans une conférence
35:25où il y avait
35:27je crois que la Banque mondiale
35:28qui nous disait
35:29que oui,
35:29ils souhaitaient
35:30que les États
35:32empruntent
35:32de façon privée,
35:34etc.
35:35Et j'avais fait un scandale
35:37en disant
35:37que c'était faux
35:38et que c'était un mensonge
35:39parce que ces gens-là
35:40ne sont là
35:41que pour une chose.
35:42C'est pour mettre
35:42la main sur le pays,
35:44prendre le contrôle
35:44et lui retirer
35:47sa puissance souveraine.
35:48C'est ça.
35:49Donc,
35:49il ne faut pas
35:50faire défaut
35:52et se laisser
35:53mettre sous tutelle.
35:55La France
35:56vaut quand même
35:57mieux que ça.
35:58Alors,
35:59ni défaut
35:59ni tutelle.
36:00Vous dites que
36:00l'essentiel du problème
36:02de surendettement français,
36:04c'est la souveraineté monétaire.
36:07Et le principal outil
36:09dont on dispose
36:11mais qu'on a étouffé
36:12depuis 1999,
36:14c'est la Banque de France.
36:15Quel serait,
36:16selon vous,
36:16le rôle de la Banque de France
36:18dans votre système
36:19d'un redressement
36:20de la dette ?
36:22Alors,
36:25c'est ce que propose
36:26Bernard Monod
36:27et le Cercle National
36:27des économistes
36:28depuis des années.
36:29Il s'agit de
36:32ce qu'on appelle
36:32monétiser la dette.
36:34Alors,
36:36comme je vous l'ai expliqué
36:37tout à l'heure,
36:38la dette,
36:38c'est de la monnaie.
36:41Donc,
36:42pour rembourser la dette,
36:43il faut de la monnaie.
36:45Donc,
36:45si vous n'avez pas
36:46assez d'argent
36:47pour rembourser,
36:49il faut émettre
36:49plus de monnaie.
36:51C'est simple
36:51comme bonjour,
36:52je veux dire.
36:53Faire tourner
36:53la planche à billets.
36:54Alors,
36:54c'est la planche à billets.
36:55Voilà.
36:55Alors,
36:56le directoire
36:56avait fait brûler
36:57la planche à billets
36:58en place de grève.
36:59Ça n'avait pas suffi.
37:00Mais,
37:01il faut considérer
37:02une chose.
37:03Alors,
37:03on me dit,
37:03oui,
37:03mais attention,
37:04il va y avoir
37:04l'inflation,
37:05etc.
37:06Non.
37:07En fait,
37:07pas vraiment.
37:09Le cas,
37:09pas immédiatement.
37:10Pourquoi ?
37:11Parce que
37:12cet argent
37:13que vous allez émettre
37:14pour rembourser
37:15tout ou partie
37:16de la dette,
37:19il va aller
37:20dans des comptes
37:20d'investisseurs.
37:22Ils ne vont pas aller
37:22acheter une baguette
37:23de pain
37:23ou une voiture
37:25au coin de la rue.
37:27Donc,
37:28il n'y a pas
37:29d'effet inflationniste
37:30immédiat.
37:31Après,
37:31tout dépend
37:32de comment cet argent
37:33est utilisé.
37:34Et c'est ça
37:34la grande question.
37:35En fait,
37:35quand vous faites ça,
37:37d'abord,
37:37il faut le faire
37:38de manière
37:38assez localisée.
37:39C'est-à-dire
37:40que vous allez émettre
37:41une quantité de monnaie
37:42suffisante
37:43pour financer
37:44votre déficit primaire
37:45et votre remboursement
37:48de l'année.
37:50C'est-à-dire
37:50que vous allez
37:50vous interdire
37:51de refinancer
37:52votre dette
37:52sur les marchés.
37:53Donc,
37:54qu'est-ce qu'il faut faire ?
37:55Il faut interdire
37:56à l'État
37:56d'emprunter
37:58pour se refinancer
37:59et même d'emprunter plus
38:00sauf pour les projets
38:01d'investissement.
38:03Deuxièmement,
38:04interdire à l'État
38:06progressivement
38:06d'avoir un déficit
38:08qui dépasse
38:111 ou 2 %,
38:12mais on va dire
38:13qu'à terme,
38:15on va essayer
38:15d'avoir
38:15un surplus.
38:17Bon.
38:18Vous mettez ça
38:19dans la Constitution.
38:20Ça rassure
38:21les investisseurs.
38:22OK ?
38:23C'est ce que je vous ai expliqué.
38:24Pour faire
38:26ce genre de choses,
38:27il faut rassurer
38:27les investisseurs
38:28pour vous garantir
38:29que vous puissiez ensuite
38:30de nouveau
38:31vous refinancer.
38:33rassurer,
38:33c'est-à-dire
38:34mettre un plan
38:36en œuvre.
38:37Oui.
38:37Dire,
38:38voilà,
38:38on a un objectif
38:39et voilà les moyens
38:41qu'on va mettre en œuvre.
38:42C'est-à-dire qu'au lieu
38:43de tailler dans les dépenses
38:45brutalement
38:45comme va le faire
38:46une Troïka
38:47ou un Fonds monétaire
38:48international,
38:50vous allez le faire
38:51au cours du temps.
38:52Donc moi,
38:53ce que je propose
38:54et ce que nous proposons,
38:55c'est de monétiser
38:56la dette progressivement
38:58quand elle arrive
38:59à terme.
38:59donc vous,
39:04la Banque centrale
39:05va acheter cette dette
39:06et la retirer
39:09en faisant
39:10une émission monétaire.
39:11Aujourd'hui,
39:12la dette publique
39:13représente
39:143 482 milliards d'euros,
39:1750 milliards de plus
39:18qu'en décembre.
39:19Donc c'est 10 milliards
39:20par mois.
39:25Et la durée moyenne
39:27de la dette,
39:27c'est 8 ans
39:27à peu près.
39:29Donc 8 ans,
39:30ça vous fait, allez,
39:31grosso modo,
39:31500 milliards par an
39:32plus votre déficit
39:33de 100 milliards.
39:34Ça fait 600 milliards.
39:35Donc vous allez avoir
39:36une émission monétaire
39:37de 600 milliards.
39:38Ça représente quoi ?
39:39Ça représente à peu près
39:4115% de la masse monétaire
39:42en circulation.
39:43Si vous regardez
39:44les variations de M3,
39:45la masse monétaire,
39:47c'est pas gigantesque.
39:48Elle varie parfois d'autant
39:50sans que ça crée
39:51de crise majeure.
39:54Donc ce qu'il faut faire,
39:55c'est avoir la possibilité
39:56d'utiliser
39:58l'arme monétaire
40:00pour retirer cette dette.
40:02Mais qu'est-ce qu'on va faire ?
40:03On va donner cet argent
40:04aux investisseurs.
40:06Et qu'est-ce qu'on va faire ?
40:07Il faut absolument éviter
40:08qu'ils aillent dans l'économie
40:09et qu'effectivement,
40:10ils créent de l'inflation.
40:11Alors qu'est-ce qu'on fait ?
40:12On dit, écoutez,
40:13on va transformer
40:13ce problème de dette
40:14en investissement.
40:16Donc on va dire,
40:17et c'est ce qu'ont fait
40:17les Russes en 98,
40:19partiellement,
40:20l'argent en question
40:21va être placé
40:23dans des comptes
40:23d'investissement.
40:25Et ces comptes
40:25d'investissement
40:27vont permettre
40:28à ces investisseurs
40:29d'investir
40:30dans l'économie française,
40:31dans le redressement
40:33de l'économie française
40:33et notamment
40:34sa réindustrialisation.
40:37Et obtenir certainement
40:39un retour sur l'investissement
40:40bien supérieur
40:41à ce qu'ils auraient eu
40:41avec la dette publique.
40:43Donc moi,
40:43ce que je propose,
40:44c'est qu'on fasse cela
40:45et qu'on fasse
40:47une émission monétaire
40:48contrôlée
40:48au cours du temps
40:49sur 8 ans
40:50qui permette
40:51de retirer la dette
40:52pour supprimer
40:54ce problème
40:55qui nous cause
40:56un problème budgétaire,
40:58la charge de la dette,
40:59et d'utiliser
41:00cette émission monétaire
41:01de façon utile
41:03et productive
41:03pour financer
41:07le renouveau
41:08de la puissance
41:09industrielle française.
41:11Mais est-ce que
41:11votre projet
41:12doit se faire
41:13dans le cadre
41:14de l'euro
41:14ou non ?
41:16Alors,
41:16ça peut tout à fait
41:17se faire
41:17dans le cadre
41:18de l'euro.
41:18– Et vous,
41:19personnellement ?
41:20– Alors moi,
41:21je ne suis pas du tout hostile
41:22à l'euro,
41:24mais pas l'euro
41:25tel qu'il existe aujourd'hui.
41:26C'est-à-dire que…
41:27– C'est quoi le problème
41:29de l'euro selon vous ?
41:30– Alors,
41:30le problème de l'euro,
41:31c'est que c'est un système
41:32beaucoup trop centralisé,
41:33qui ne tient pas compte
41:36des caractéristiques économiques
41:39des différents pays.
41:40quand l'euro ?
41:40– Quand l'euro a été introduit
41:41en 1999,
41:43– Oui,
41:43le 1er janvier 1999.
41:45– C'est ça,
41:45mais bon,
41:46on l'a vu arriver…
41:47– En 2001,
41:47je crois,
41:48ou 2000.
41:48– Oui,
41:48c'est ça.
41:48Moi,
41:49je l'ai vu tout de suite
41:49dans mes livres de trading,
41:51tout ça.
41:52On était bien au courant.
41:58Et moi,
41:58je me souviens très bien,
41:59dans mon département,
42:00tout le monde disait,
42:00du coup,
42:01dans quelques années,
42:02l'Irlande va exploser.
42:03Il va y avoir
42:04une crise bancaire en Irlande.
42:05Pourquoi ?
42:05Parce que les taux
42:07fixés par l'Allemagne,
42:09en fait,
42:09essentiellement,
42:10étaient fixés
42:11à à peu près
42:112, 2,5%.
42:14Alors que l'économie irlandaise
42:15croissait de 5 à 6% par an.
42:17Ce qui fait que,
42:18du coup,
42:18les gens,
42:18qu'est-ce qu'ils ont fait ?
42:19Ils avaient un taux très bas
42:20pour financer
42:22des crédits immobiliers.
42:23Et donc,
42:23on a construit,
42:24construit,
42:24construit,
42:24construit.
42:25On a emprunté beaucoup
42:26aux banques irlandaises.
42:27Et au bout d'un moment,
42:28ça a surchauffé
42:29et ça a fait défaut.
42:30Bon.
42:30Donc,
42:31on ne peut…
42:32Voilà le problème qu'il y a
42:33d'avoir une monnaie unique
42:35avec des taux uniques.
42:36Ce qu'il faut,
42:37c'est avoir
42:38une politique de taux
42:39qui dépend du pays
42:40où vous êtes.
42:41Et par conséquent,
42:42une émission monétaire
42:43qui va dépendre
42:47du pays en question.
42:48Et donc,
42:49il faut redonner
42:50de la flexibilité
42:51aux banques centrales
42:54nationales
42:54sans pour autant,
42:56forcément,
42:57s'enlever les avantages
42:58de l'euro,
42:59d'une monnaie relativement
43:00forte quand même,
43:02vous voyez.
43:03Donc,
43:04c'est possible.
43:05Maintenant,
43:06la monnaie unique,
43:08ça a existé
43:09et c'est une grande constante
43:10de l'histoire de l'humanité.
43:12Il faut arrêter de dire
43:12que monnaie nationale
43:14égale souveraineté monétaire.
43:17C'est faux,
43:18complètement faux.
43:21Sous Philippe Lebel,
43:22il y avait une monnaie unique
43:24que tout le monde utilisait
43:25dans le monde entier
43:25qui était l'or.
43:27Ça n'empêchait pas
43:28Philippe Lebel
43:29de contrôler
43:29son émission monétaire.
43:31Et notamment,
43:32de gratter les pièces,
43:33enfin bon,
43:34faire toutes sortes de choses,
43:35un peu désagréables.
43:36Mais est-ce que l'émission monétaire
43:37peut être contrôlée,
43:38justement,
43:39dans le cadre
43:40de l'Union européenne ?
43:41Est-ce que l'Union européenne
43:42nous permettrait
43:43de faire cela ?
43:44Alors écoutez,
43:45c'est très simple,
43:45c'est un rapport de force.
43:46Je pense que
43:47la solution consisterait
43:50immédiatement
43:50après une prise du pouvoir
43:51de dire
43:54aux Allemands,
43:55bon,
43:55on peut tout casser,
43:57dans ces cas-là,
43:57on s'en va.
43:58ça risque
43:59d'être quand même
44:00assez rock'n'roll,
44:00parce que c'est
44:01très compliqué.
44:03Et moi,
44:04je pense que ce n'est pas
44:05forcément une très bonne idée
44:06le Frexit.
44:07N'en déplaise
44:08à Philippe De Villiers
44:09et à Florian Philippot,
44:11que j'aime bien par ailleurs,
44:12mais ce n'est pas
44:14quelque chose
44:14de réaliste.
44:16Je pense que
44:17ce qui est plus réaliste,
44:19c'est d'entrer
44:20dans une discussion
44:21assez rapide
44:21avec les Allemands,
44:23en disant,
44:23voilà,
44:24on va être obligés
44:25de faire ça,
44:25parce que sinon,
44:26le système va s'effondrer.
44:27Donc,
44:28si vous voulez maintenir
44:28le système,
44:29il faut donner un peu plus
44:30de flexibilité
44:30aux différentes banques centrales,
44:32au moins de façon temporaire
44:33pour peut-être 5 à 10 ans,
44:35de manière à pouvoir
44:36pratiquer ce type de politique
44:37et lisser l'effet
44:41d'une restructuration
44:43de la dette.
44:43– Mais que vont dire
44:44les Allemands en face ?
44:45Vous me disiez
44:45en préparant cette émission
44:47que l'Allemagne reste
44:49l'un des ennemis
44:50de la France.
44:51– Ce n'est quand même pas rien
44:52d'affirmer cela
44:53comme les Anglais
44:54l'ont été autrefois
44:55et peut-être le sont-ils encore.
44:57– Ce sont des ennemis
44:57mais ils sont liés à nous.
45:00Donc,
45:00si vous êtes lié
45:03à votre ennemi,
45:07si vous faites quelque chose
45:12de façon brutale,
45:13il risque
45:15de subir des conséquences importantes.
45:16Donc,
45:17je vous dis,
45:18c'est un rapport de force.
45:19Il faut que l'Allemagne
45:20consente
45:21à ce que la France
45:24se réindustrialise.
45:27Il faut que l'Allemagne
45:28consente
45:28au fait
45:29qu'on lui a fait
45:30beaucoup de faveurs.
45:32Des faveurs
45:33après la guerre.
45:34On a oublié
45:34la dette de guerre
45:35qui était considérable.
45:37Quand même,
45:37il y a eu au moins
45:38deux très grosses guerres
45:40qui ont causé
45:40des dégâts considérables
45:41à l'économie française
45:42et d'autres économies.
45:44Donc,
45:45il y a eu des cadeaux
45:46qui ont été consentis.
45:48Tellement,
45:48ils nous ont fait peur.
45:51Et aussi,
45:51une autre chose,
45:52c'est que dans les années 80,
45:53quand il y a eu
45:54la chute du mur de Berlin
45:55et la réunification allemande,
45:56nous avons dû subir
45:57pour notre économie
45:58des taux
45:59beaucoup trop élevés.
46:01Il n'y avait pas encore
46:02l'euro à l'époque,
46:03mais on a eu des taux
46:05considérablement
46:06trop élevés
46:08qui ont ralenti
46:09notre croissance économique.
46:12Alors,
46:12c'était très bien
46:13pour les épargnants français.
46:14Ils avaient du 8%,
46:15du 9%,
46:15des choses comme ça.
46:16mais ce n'était pas
46:17forcément super
46:18pour les entreprises
46:19et pour la croissance française.
46:21Donc,
46:24je pense que
46:26dans une union européenne
46:29qui voudrait survivre,
46:30il faut que
46:31les différents partenaires
46:33tiennent compte
46:34des contraintes
46:36que leurs partenaires ont.
46:39– Oui,
46:39mais les Allemands
46:40s'en fichent complètement.
46:41– Eh bien,
46:42s'ils s'en fichent complètement.
46:43– Il n'y a pas
46:43de couple franco-allemand.
46:45Les Allemands
46:46se foutent de la France
46:47comme de leur
46:49pro-derni-foucette.
46:50Mais c'est le cas.
46:51Et en fait,
46:52même,
46:53les Allemands le disent,
46:54vous êtes à peine
46:54des partenaires.
46:55Vous vous prennent de haut
46:56depuis des décennies.
46:57– Très bien.
46:57Si nous sommes à peine
46:58des partenaires,
47:00prenons le large,
47:01faisons ce que nous avons
47:02à faire,
47:03affirmons notre puissance
47:05militaire,
47:06puisque eux se réarment,
47:07pourquoi pas nous.
47:09Et on verra bien
47:10qui est le plus fort.
47:11– Pour conclure
47:14avec vous,
47:14Emmanuel Crennes,
47:15si vous êtes demain
47:16à Bercier
47:16avec les mains libres,
47:17quelles seraient
47:17les mesures prioritaires
47:19que vous metteriez
47:19en œuvre
47:20pour redresser
47:21les finances publiques ?
47:23– La première chose,
47:24c'est d'aller voir
47:26les Allemands
47:28et de leur expliquer
47:29ce que nous allons faire.
47:31Voilà.
47:32– Qu'est-ce que nous faisons ?
47:33Dites-nous,
47:34concrètement.
47:34– C'est-à-dire,
47:36ce que je vous ai expliqué,
47:37de redonner de la flexibilité
47:38à la Banque de France.
47:39Et s'ils ne l'acceptent pas
47:41dans les jours
47:42qui suivent,
47:43eh bien,
47:43nous serons obligés
47:46de pratiquer
47:47l'émission monétaire
47:47nous-mêmes
47:49et de déchirer
47:50un certain nombre d'accords.
47:52Voilà.
47:52les gens me disent,
47:53mais on ne peut pas sortir
47:55de l'Europe comme ça,
47:56ça prend 10 ans.
47:57Alors, un homme politique français
48:01qui est très connu
48:03m'a dit cela en réponse,
48:04un jour,
48:05je ne dirai pas
48:06de qui il s'agit.
48:08– Oh, ce qui n'est pas grand-chose.
48:09– Non, non, non,
48:10mais bon,
48:10je ne veux pas non plus
48:11l'impliquer là-dedans.
48:13Eh bien, c'est très simple.
48:14Si l'Europe,
48:15si la France
48:17sortait
48:19de l'Europe.
48:21– De l'Union européenne.
48:22– De l'Union européenne.
48:22en déchirant
48:23tous les accords
48:24sans négocier
48:25puisque normalement
48:26vous avez une période
48:26de négociation.
48:27Il y a un article,
48:28je ne sais plus lequel,
48:29du traité européen
48:30qui dit cela.
48:32C'est ce qu'a fait l'Angleterre.
48:34À ses dépenses,
48:34ça a duré 5 ans.
48:36On a vu les conséquences
48:37que ça a eues
48:37sur leur économie
48:38à cause de cette incertitude.
48:40Eh bien,
48:40la France étant
48:42un pays fondateur
48:43de l'Europe,
48:46si elle sort brutalement,
48:48que reste-t-il
48:49de l'Europe ?
48:50Avec qui allez-vous négocier ?
48:51Il n'y a
48:52personne avec qui négocier.
48:54Donc, vous savez,
48:55c'est la théorie des jeux.
48:56Au bout d'un moment,
48:57vous prenez votre destin
48:58en main
49:00et peu importe
49:01ce qui se passe
49:01autour de vous,
49:03vous ajusterez
49:03votre politique
49:04en fonction
49:04de ce qui se passera.
49:05Mais une chose
49:06qui ne peut certainement
49:07pas se produire,
49:08c'est qu'on assimile
49:09la France à la Grèce
49:10et à un État
49:12qui a peu de puissance.
49:15La France,
49:15c'est un pays
49:16extrêmement puissant,
49:17en réalité,
49:18beaucoup plus
49:18que ce qu'on veut nous dire.
49:19On nous dit
49:19il est trop petit,
49:20il est trop ceci,
49:21il est trop cela.
49:21C'est faux complètement.
49:23En fait,
49:24il suffit simplement
49:25de s'affirmer,
49:26d'avoir la volonté,
49:27la volonté d'agir.
49:30Alors,
49:31vous diriez,
49:31c'est un peu brutal.
49:33Voilà, alors.
49:34Mais les premières mesures,
49:36ce sont des mesures
49:37d'affirmation
49:38de la souveraineté.
49:39Ça ne peut pas être
49:40s'il vous plaît, monsieur,
49:42est-ce que je peux faire ci
49:43ou est-ce que je peux faire là ?
49:44C'est non.
49:44Nous sommes la France,
49:46fondateur de l'Europe.
49:47Nous disons
49:48que c'est ce que nous voulons faire.
49:49Nous sommes prêts
49:50à discuter avec vous
49:51des modalités,
49:52mais voilà notre position de base.
49:54Et c'est un peu d'ailleurs
49:55ce que fait Trump.
49:56Si vous regardez.
49:57Moi, je ne suis pas
49:58un grand fan de Trump,
49:59mais il pratique de cette façon.
50:02Voilà notre intérêt,
50:04voilà ce que nous voulons faire.
50:05Il demande plus
50:06que ce qu'il va obtenir à la fin.
50:08Il obtient quelque chose
50:09et ensuite, il s'en va.
50:11Voilà comment il faut
50:11que nous fassions
50:12au lieu de faire
50:13des espèces
50:14de comités théodules
50:16dans lesquels
50:17on va essayer
50:17de négocier quelque chose
50:18et finalement,
50:18on se fait avoir complètement
50:20et on se fait ridiculiser.
50:23Monsieur Macron
50:23est ridicule.
50:26Son gouvernement
50:27est ridicule.
50:28Son ministre des Finances
50:29est insignifiant.
50:30Monsieur Lescure,
50:33personne ne sait qui c'est.
50:36On connaissait mieux
50:37Monsieur Le Maire
50:38qui, lui,
50:38écrivait des romans
50:40un peu osés,
50:41on va dire.
50:44le ministre
50:46des Comptes Publics,
50:47personne n'est capable
50:48de dire qui c'est aujourd'hui.
50:49Je ne serais même pas
50:50capable de vous dire
50:50qui c'est.
50:51Donc,
50:53vous voyez,
50:54on a affaire en fait
50:55à des clowns.
50:56Si on ne réaffirme pas
50:58la puissance
50:59de l'État français,
51:01dans quel État
51:02est la France
51:02dans 10 ans ?
51:03Elle aura disparu.
51:05Ça veut dire quoi,
51:05disparu ?
51:07Ça veut dire
51:07que ce sera
51:09un magma
51:10qui n'aura plus
51:12aucune capacité
51:15décisionnelle
51:15ou de défense.
51:17Tout sera
51:21délégué
51:22à une puissance
51:24alternative
51:25qui est en cours
51:26de constitution
51:27puisque c'est
51:27ce que fait l'Europe.
51:28Madame Vandalléen
51:29négocie des traités.
51:31Elle a une politique
51:32étrangère
51:33comme un État
51:35alors qu'elle n'a pas
51:36mandat
51:36pour faire cela.
51:37Donc,
51:38la France
51:39disparaîtra.
51:41un chemin
51:42crédible
51:43vers le redressement.
51:44Si vous aviez
51:44un slogan,
51:46si vous aviez
51:48pour résumer,
51:49pour synthétiser
51:50votre pensée.
51:54L'intérêt
51:55de la France
51:55d'abord.
51:57Vous êtes optimiste
51:58à un an
51:59de l'élection
52:00présidentielle ?
52:01Absolument pas.
52:04Je pense
52:05qu'aucun
52:06des hommes
52:06politiques français
52:07aujourd'hui
52:07n'a
52:08de vision
52:09économique
52:09et financière
52:12telle qu'on peut
52:12la trouver
52:13justement
52:14dans le CNE
52:15avec les personnes
52:16qui font partie
52:16de notre groupe.
52:17On est une vingtaine
52:17de personnes
52:18et pas très nombreux.
52:19Il y a beaucoup
52:19de talents
52:19et de gens
52:20qui pensent
52:20parfois aussi
52:21différemment
52:22de moi.
52:23Je vous ai donné
52:24principalement
52:24ma position
52:24d'une façon
52:27relativement
52:29facile.
52:30C'est plus compliqué
52:31que ça
52:31bien sûr.
52:32Mais moi
52:34je ne suis pas
52:35du tout optimiste
52:36quand je vois
52:37un Mélenchon
52:38qui veut faire défaut
52:39sur la dette
52:40brutalement,
52:41ponctionner
52:42l'épargne des ménages
52:44et asservir
52:45encore plus
52:45la classe moyenne
52:46aux intérêts
52:48de ce qu'il appelle
52:49la Nouvelle France
52:49qui veut
52:51diluer la France
52:52dans l'Afrique.
52:53Vous avez au centre
52:54des gens
52:55qui collaborent
52:56avec tout cela
52:57et qui n'ont pas
52:58d'épines dorsales.
53:01On a un Natal
53:02qui a menti
53:03sur ses diplômes
53:04qui a eu son diplôme
53:06de Sciences Po
53:06et on se demande comment.
53:08Moi j'ai fait Sciences Po
53:08et je suis scandalisé
53:10de voir que ce gars
53:10n'a jamais travaillé
53:11a eu des diplômes
53:13prétendus à Assas
53:14qu'il n'a jamais eu
53:15et ce type-là
53:16a été Premier ministre
53:17et se présente
53:17à l'élection présidentielle.
53:19Et vous avez
53:19peut-être un Edouard Philippe
53:21un peu plus décent
53:22quand même
53:22qui a fait des choses
53:24bon
53:25je suis moins
53:26catégorique sur lui
53:27que sur Attal
53:29et à droite
53:30c'est la cacophonie totale
53:31vous avez un Retailleau
53:32un Zemmour
53:33et un Dupont-Aignan
53:35qui disent en gros
53:35la même chose
53:36mais qui sont incapables
53:37de se décider
53:38à faire candidature commune
53:39et qui de toute façon
53:40ne peuvent pas être
53:41au second tour.
53:42Et puis vous avez
53:43un Front National
53:44qui est dominant
53:45mais qui est dominé
53:46à l'intérieur
53:47par des gens
53:47qui n'ont aucune expérience
53:49pour beaucoup en tout cas
53:50tel que ça a été
53:51mon expérience
53:52à l'intérieur de ce parti
53:53il y a aussi
53:54des gens de qualité
53:55mais moi je me pose
53:56un petit peu la question
53:57de pourquoi en France
53:59on en arrive
54:00à finalement décider
54:01au second tour
54:02peut-être entre un Attal
54:03et un Bardella
54:06je le connais
54:06j'entends parler
54:07un peu personnellement
54:08j'ai rencontré
54:08quand il avait 19 ans
54:09j'ai eu des échanges
54:10avec lui
54:10c'était un garçon charmant
54:11tout à fait bien élevé
54:13etc.
54:13bon il n'y a rien à dire
54:14de ce point de vue là
54:16mais quand même
54:19malgré qu'il soit sympathique
54:22est-ce que vous voulez mettre
54:23quelqu'un au sommet
54:24de la France
54:25avec tous ces problèmes
54:26qui
54:28bon on n'a jamais travaillé
54:29ce n'est pas forcément
54:30un bon critère
54:31mais surtout
54:31qui n'a pas beaucoup
54:32d'expérience finalement
54:33alors peut-être que quelqu'un
54:35qui n'a pas beaucoup
54:35d'expérience
54:36c'est juste
54:37vous avez des grands
54:39directeurs d'entreprise
54:40parfois
54:40ont eu le certificat d'études
54:41et les polytechniciens
54:43sont nuls
54:45alors peut-être
54:45que Jordan Bardella
54:46nous en sortira
54:47avec du bon sens
54:48j'espère qu'il sera
54:50bien conseillé
54:51parce que
54:52je pense
54:53vous voyez moi-même
54:54je ne me sentirais pas capable
54:55d'être ministre des finances
54:56parce que je ne suis pas
54:57économiste
54:59moi j'ai une vision
54:59très pratique des choses
55:00et de l'économie
55:01et je n'aurai pas
55:01cette prétention là
55:04voilà
55:06je pense que
55:07vous voyez des gens
55:07comme Bernard Monod
55:08ou Jean-Richard Suzer
55:09ou d'autres personnes
55:10peuvent être
55:11effectivement
55:11ministre des finances
55:12j'espère que
55:14Jordan Bardella
55:14aura dans son équipe
55:15des gens compétents
55:17qui pourront le guider
55:18si toutefois
55:19il parvient
55:20à obtenir
55:22la magistrature suprême
55:24la magistrature suprême
55:27voilà
55:28merci à vous
55:29Emmanuel Crenn
55:30d'avoir accepté
55:31notre invitation
55:32merci à vous
55:33de nous avoir suivis
55:35merci à vous
55:37merci à vous
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