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  • il y a 5 mois
🎙️ Quel rapport les journalistes et producteurs de Radio France entretiennent-ils avec la langue française ?
Augustin Arrivé, Journaliste à Franceinfo, nous parle de son rapport à la langue.

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Transcription
00:00Livrer une information vérifiée et claire, à mon avis, ça implique de ne pas s'exprimer comme Achille Talon.
00:15Ils ne sont pas suffisamment nombreux pour être très contraignants pour moi.
00:20Je prends encore plaisir à les découvrir.
00:23Inspirants, c'est possible.
00:24Je dirais plaisants, en tout cas, de se savoir écouter, en bien ou en mal.
00:30Je séparerais les deux.
00:34La précision, c'est important, parce qu'il va de soi qu'il ne faut pas faire de faute de français, le moins possible en tout cas.
00:42Donc je m'efforce de faire le moins possible de faute de français.
00:46Après la recherche, je dirais que le service public, c'est aussi s'adresser au maximum de monde
00:52et être le plus intelligible possible dans ce qu'on raconte.
00:55Donc livrer une information vérifiée et claire, à mon avis, ça implique de ne pas s'exprimer comme Achille Talon,
01:04avec des mots beaucoup trop compliqués pour être compris du plus grand nombre.
01:09Donc richesse, je mettrais quand même un petit bémol.
01:12Précision et efficacité, ce serait plutôt ça pour moi.
01:15J'essaie d'éviter les néologismes qui n'existent pas vraiment.
01:24Le principal, c'est impacté, qui est utilisé énormément par y compris beaucoup d'invités à l'antenne.
01:33Ça donne très envie de l'utiliser à force de l'entendre.
01:36Et c'est pas forcément simple de se réfréner.
01:40Je tâche de pas utiliser ce mot-là.
01:43Ensuite, sinon, bah non, les gros mots, faut pas les dire.
01:47Parce que sinon, on se fait taper sur les doigts par ses parents.
01:50Mais sinon, non, pas de problème, pas d'interdit.
01:53Oui, clairement et sans doute que je les repère pas tous.
02:01Mais j'ai des tics de langage.
02:04Je dis tout le temps, est-ce que ça vous inspire ?
02:07Je dis tout le temps, du coup.
02:08Je dis tout le temps, notamment.
02:10Et en même temps, c'est notamment, ça dit bien ce que je veux dire.
02:15Mais il faudrait que je trouve des synonymes.
02:17Le problème, c'est que quand on est fil rouge et qu'on a trois heures d'antenne,
02:20même si quasiment tout est écrit, il y a quand même beaucoup de place pour la spontanéité.
02:26Et donc, c'est difficile de mettre de côté toutes ces béquilles qu'on a dans le langage de tous les jours.
02:36Des mots un peu musicaux, comme « alvéolé », par exemple, j'aime bien.
02:40Puis ça fait penser au café au lait, puis j'aime bien.
02:42Mais si on parle plutôt de la signification des mots,
02:45il y a Karim Leclou, qui a eu le César du meilleur acteur cette année,
02:50qui a fait, au moment de recevoir son prix,
02:54un discours sur la nécessité de la bonté.
02:58Et ça, je suis assez d'accord avec ça.
03:00Je dirais que tout ce qui a trait à la gentillesse et la bonté,
03:04et qui peut être un peu mis à mal dans la société actuelle,
03:07c'est quelque chose qu'il faut chérir.
03:08Et donc, je dirais plutôt ça.
03:09C'est pas binaire, il n'y a pas indispensable ou à éviter.
03:16Il y a des anglicismes, notamment dans le milieu économique, je pense,
03:20qui sont énormément utilisés par les spécialistes,
03:24parce que c'est le langage des start-up.
03:27Et autant que possible, c'est bien d'essayer de les gommer, à mon avis, aujourd'hui.
03:31Ensuite, il y a des anglicismes qui, forcément, s'imposent.
03:34Et puis, ça a toujours été le cas.
03:35Sinon, on ne parlerait pas de week-end, on ne parlerait pas de...
03:39Enfin, il y a plein de mots anglais, et pas seulement anglais, d'ailleurs,
03:41parce que pourquoi se préoccuper des anglicismes,
03:43et pas des mots d'autres nationalités ?
03:46Dès lors qu'ils s'imposent dans le langage courant,
03:49je ne vois pas pourquoi est-ce qu'on s'en prouverait.
03:55Ça évoque deux choses totalement différentes et antinomiques.
03:59Le mot radio, déjà, ça évoque des activités extrêmement quotidiennes et banales,
04:03qui sont principalement celles dans lesquelles j'écoute moi de la radio,
04:07c'est-à-dire la course à pied, faire la cuisine, me raser, étendre le linge,
04:12des moments comme ça où on a quelque chose de manuel, de mécanique à faire,
04:17mais où l'esprit peut vagabonder ailleurs,
04:19et en l'occurrence, écouter des émissions de radio, ça s'y prête bien.
04:24Et puis, le mot radio, ça évoque aussi l'inverse,
04:28c'est-à-dire les moments où tout s'accélère,
04:29et où on apprend qu'il s'est passé quelque chose d'heureux ou de malheureux,
04:33mais en tout cas, on a envie à ce moment-là d'écouter la radio,
04:36de se brancher, alors moi, je travaille sur France Info,
04:38donc qui plus est, c'est l'essence même d'une radio en continu,
04:43se brancher sur la radio pour entendre précisément ce qui s'est passé
04:46et quelles sont les conséquences de cet événement-là.
04:49C'est l'autre moment où j'écoute la radio.
04:51Je dirais que la radio, ça évoque ces deux moments assez antinomiques d'une journée.
04:59Alors, il pourrait y en avoir beaucoup,
05:03et ma réponse serait sans doute pas la même si vous me posiez cette question demain,
05:08mais je dirais que je suis très reconnaissant
05:11à différentes personnes, personnalités de radio,
05:15qui œuvrent à la transmission de la culture,
05:19d'abord parce que c'est un domaine qui me passionne,
05:22et puis ensuite parce que je trouve que c'est pas forcément
05:24quelque chose d'évident aujourd'hui,
05:27de conserver des créneaux en radio ou ailleurs pour parler de culture.
05:33Et il y a des gens qui le font très bien,
05:34avec aussi une malice qui me semble quelque chose d'essentiel et de généreux,
05:41une forme de générosité derrière ça.
05:43Donc je citerais Eva Bester, Augustin Trapenard, Frédéric Sigrist.
05:49Il y a quelques noms comme ça qui me viennent en tête
05:51comme étant des personnes qui semblent en tout cas à l'antenne généreuses,
05:57et je leur en suis reconnaissant.
05:58Sous-titrage Société Radio-Canada

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