00:00Je me dis qu'il faut quand même essayer de ne pas dévaluer les superlatifs,
00:04parce que trop de superlatifs tue le superlatif.
00:12Les messages des auditeurs sont plutôt inspirants, en tout cas en ce qui me concerne,
00:16parce que j'ai plutôt la chance de recevoir en général plus de positifs que de négatifs,
00:22donc c'est plutôt des signes d'encouragement, d'enthousiasme, de plaisir.
00:26Alors après, il y a ceux qui sont moins contents. J'en tiens compte, à condition que ce soit des raisons qui me paraissent « sensées »,
00:35c'est-à-dire pas des mouvements d'humeur.
00:38Non, la seule chose que je ne supporte pas dans les messages d'auditeurs ou d'auditrices,
00:42c'est quand ils sont vraiment malpolis ou un peu communatoires, mais dans l'ensemble, ce n'est pas du tout la tonalité.
00:51Je ne sais pas si c'est un impératif, en tout cas c'est un plaisir, peut-être d'abord.
00:55Ça dépend de ce qu'on appelle défendre la langue française, parce que, comme vous le savez, la langue évolue,
00:59tout le monde en est conscient. Alors après, si c'est pour mettre des expressions, disons pour faire jeune,
01:04par exemple « j'évite », parce que j'ai des enfants et ils vont se moquer de moi.
01:09Non, je pense que défendre la langue française, ça veut aussi dire intégrer quand même une certaine évolution
01:14et pas parler non plus dans une langue qui daterait d'il y a un siècle.
01:17Mais en effet, moi, je suis attaché, disons, à une certaine syntaxe, à une richesse de vocabulaire,
01:24donc oui, dans ce sens-là, je dirais que je défends la langue française.
01:31Il y a un mot que j'évite autant que possible, c'est incontournable.
01:35Il a été beaucoup, beaucoup utilisé, usé à d'autres époques, pas si lointaine,
01:40donc c'est un mot que j'ai banni de mon vocabulaire.
01:42Sinon, bon, après, on évite les redondances, mais il n'y a pas vraiment de termes que,
01:47à part les mots grossiers, mais encore que, parfois, les intégrer dans un certain contexte.
01:52Donc, je n'ai pas d'interdit absolu.
01:54Le seul mot qui m'est venu à l'esprit, c'est incontournable.
01:59Alors, j'ai tendance à abuser des superlatifs, magnifiques, sublimes, ce genre de choses.
02:05Moi, je fais plutôt des émissions musicales, donc je témoigne ainsi de mon enthousiasme
02:09auprès des auditrices et des auditeurs.
02:11Je trouve que, parfois, c'est un peu exagéré, et quand je me réécoute,
02:14quand ça m'arrive de me réécouter, je me dis qu'il faut quand même essayer
02:18de ne pas dévaluer les superlatifs, parce que trop de superlatifs tue le superlatif.
02:22Bon, voilà, ce serait ma prince, je dirais, peut-être, le défaut que je me reconnais en priorité.
02:26Il y en a sûrement d'autres.
02:27Ça va être un mot aujourd'hui, ça sera peut-être un autre demain, ou même dans les heures qui viennent.
02:35Là, comme ça, à vue de nez, aujourd'hui, à cette heure-ci, je dirais fantasmagorie ou fantasmagorique,
02:40c'est-à-dire un mot qui est assez ouvert, c'est-à-dire qui évoque le rêve, qui évoque l'imagination,
02:46qui évoque un univers un peu codé.
02:49Et en même temps, j'aime bien le mot fantasmagorie, ça roule un peu, il y a beaucoup de syllabes,
02:53les mots longs, en général, sont plutôt valorisés dans ce genre de défi, on va dire.
02:58Donc oui, fantasmagorie, ça me va bien, parce que ça ouvre l'imagination, en fait, ça ouvre l'imaginaire.
03:06Les anglicismes, moi, je n'ai pas de religion absolue à ce sujet,
03:09c'est-à-dire qu'il y a des anglicismes qui sont devenus, qui font partie maintenant, d'une certaine manière, de la langue française.
03:15Après, là encore, c'est une question de proportion,
03:16et un excès d'anglicisme, une volonté à tout prix de faire un anglo-saxon serait absurde et ridicule dans une radio française.
03:25Ce n'est pas quelque chose que j'utilise de manière fréquente.
03:30Alors le mot radio, pour moi, ça évoque bizarrement la nuit,
03:34parce que peut-être quand j'étais plus jeune, quand j'ai commencé vraiment à écouter la radio sérieusement,
03:37quand j'étais adolescent, c'était plutôt le soir ou la nuit.
03:40Donc il y a un univers, là aussi, qui va vers le rêve,
03:43et c'est vrai que ça continue, j'aime bien écouter la radio tard,
03:48même si aujourd'hui, il n'y a plus de direct tard, ce que je regrette un peu personnellement.
03:51Mais c'est vrai qu'avec les podcasts, on peut s'amuser à écouter des émissions à n'importe quelle heure.
03:58Donc oui, pour moi, c'est plutôt la nuit, c'est aussi l'imaginaire, parce que là encore,
04:02si je me réfère à mes débuts, enfin à mes débuts d'auditeurs,
04:04c'est plutôt, on ne connaissait pas la tête des animateurs ou des animatrices,
04:09donc on fantasmait sur les voix, c'est les voix, en fait, moi, que j'ai aimées, à la radio en particulier,
04:13et puis j'y ai découvert quand même pas mal de choses, ça m'a aidé à parfaire ma culture.
04:19Dans le passé, j'aurais dit Claude Villers, qui est maintenant une voix historique,
04:22pour des émissions comme Pas de panique ou Marche aux rêves.
04:24Aujourd'hui, je dirais peut-être Mishka Asayas, que j'écoute, que je connais personnellement,
04:30qui est mon voisin, mais qui par ailleurs, j'écoute assez, pas religieusement, mais enfin régulièrement,
04:36et qui, je trouve, a une façon de, comment dire, d'accompagner les auditeurs et les auditrices,
04:42enfin, une manière de raconter, une espèce de faconde qui est bien à lui, un ton bien à lui.
04:47Moi, j'aime les voix qui sont singulières, quoi, qui, vous voyez, qui ne sont pas passe-partout,
04:51qui ne sont pas entièrement orthodoxes.
04:53Et voilà, Mishka Asayas en est une, il y en a d'autres, mais voilà.