Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 2 jours
🎙️ Quel rapport les journalistes et producteurs de Radio France entretiennent-ils avec la langue française ?
Etienne Klein, producteur de l'émission "Science en questions "sur France Culture, nous parle de son rapport à la langue.

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:00Les limitations du vocabulaire sont aussi des limitations de la pensée dans beaucoup de cas.
00:11Ni l'un ni l'autre, moi je les lis souvent comme des produits dopants,
00:16enfin psychiquement dopants, c'est-à-dire que la plupart,
00:19l'immense majorité des messages qu'on reçoit sont très gentils,
00:23c'est des remerciements, on parle de science pendant une heure,
00:26c'est quand même pas partout qu'on peut se livrer à ce genre d'exercice.
00:31Et donc moi je les lis comme des choses qui m'encouragent,
00:36et donc je dirais que ce sont des produits réjouissants.
00:41En tout cas c'est un impératif que je m'impose,
00:43c'est-à-dire qu'on le sait dans la plupart des médias,
00:46le nombre de mots qu'on utilise pour dire l'actualité par exemple a tendance à diminuer,
00:51et je pense qu'on doit faire vivre une diversité, une richesse de la langue,
00:55parce que les limitations du vocabulaire sont aussi des limitations de la pensée dans beaucoup de cas.
01:00Et d'ailleurs il y a un mot que j'ai découvert il n'y a pas très longtemps,
01:03de Gaston Bachelard dans un livre qui s'appelle La Dialétique de la Durée,
01:07ce mot c'est Bradypsychie avec deux Y, Brady avec un Y, psychie,
01:10et il l'a défini comme étant le fait que quand on est obligé de réfléchir rapidement,
01:15à cause de toutes sortes de contraintes temporelles,
01:18et bien on réfléchit mal.
01:19Et ce mot me semble devoir reprendre aujourd'hui du service,
01:23et je ne manquerai pas de l'utiliser dans une prochaine émission.
01:29Oui, il y a des mots que j'ai du mal à supporter,
01:31par exemple être en capacité de, pour dire pouvoir,
01:36partager, partager au lieu de dire dire.
01:39Partager pour moi c'est partager un gâteau en part,
01:41donc c'est une diminution à chaque fois.
01:46Un titre par définition c'est quelque chose dont on n'a pas conscience,
01:49donc je dois en avoir, mais je ne suis pas capable de vous les dire,
01:52il faudrait demander aux auditeurs.
01:54Mais je sais qu'à l'écrit j'en ai.
01:55Ce serait intéressant de voir si les tics que j'ai à l'écrit se retrouvent à l'oral.
01:59Alors à l'écrit je sais que je dis souvent, pour le dire autrement,
02:02je dis souvent en somme.
02:04Ce sont des tics dont j'ai conscience parce que je les lis,
02:09mais à l'oral je ne sais pas dire si j'en ai.
02:14J'en ai toujours un, mais ce n'est pas toujours le même.
02:17J'aime beaucoup, c'est une expression, ce n'est pas un mot,
02:20c'est la catabase sotériologique.
02:21C'est une expression que j'ai entendue pour la première fois
02:23dans la bouche de Jean-Louis Zine,
02:25dans une chronique qu'il avait faite il y a plus d'une dizaine d'années.
02:28La catabase c'est la chute, et la chute c'est l'accident en fait.
02:31Et la sotériologie c'est la partie de la théologie qui s'occupe de la rédemption.
02:34Donc la catabase sotériologique c'est une chute rédemptrice
02:39qui permet de découvrir sa voix finalement.
02:44Je ne crois pas que ce soit des indispensables,
02:45parce que je peux prétendre que je m'en passe.
02:48En tout cas je n'en utilise pas à la radio, je ne crois pas.
02:51Donc je pense qu'on peut tout à fait s'en passer.
02:56Eh bien ça va vous surprendre, mais ça m'évoque la radioactivité.
03:01C'est-à-dire un phénomène de rayonnement, on émet du rayonnement des particules.
03:06Moi j'ai passé beaucoup d'années à travailler dans le domaine de la radioactivité.
03:10Et puis à France Culture j'ai fini par devenir actif à la radio.
03:15Et j'aime bien cette inversion des mots qui caractérisent mon activité d'aujourd'hui.
03:23C'était la voix de Gérard Sy quand j'étais lycéen.
03:27Il présentait la matinale de France Inter.
03:31Et donc pour moi il est associé au petit déjeuner de ma jeunesse.
03:35Et c'était une voix assez envoûtante.
03:37On l'appelait je crois le balzac des antennes.
03:41Il avait une réduction qui me paraissait extravagante.
03:44Et j'ai été en quelque sorte hypnotisé par sa voix avant d'aller écouter celle de mes professeurs
03:53qui n'avaient pas tous le même charme.
03:55Sous-titrage Société Radio-Canada
03:58Sous-titrage Société Radio-Canada

Recommandations