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  • il y a 4 mois
🎙️ Quel rapport les journalistes et producteurs de Radio France entretiennent-ils avec la langue française ?
Géraldine Mosna-Savoye, productrice de l'émission "Le souffle de la pensée" sur France Culture nous parle de son rapport à la langue.

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Transcription
00:00Du coup, en vrai, les E, les E, voilà, mais en fait, ça évolue vachement, en fait.
00:16Ça dépend vraiment du format, c'est-à-dire que quand on a une chronique dans la matinale,
00:20comme ça a été mon cas pendant plusieurs saisons,
00:23on a des messages qui sont plutôt de l'ordre de la réaction à chaud,
00:27soit très enthousiastes, soit très critiques.
00:31Donc, je ne cache pas que dans ces moments-là, quand on a un message critique
00:35qui est souvent misogyne, souvent vulgaire, souvent violent,
00:40je ne dirais pas que c'est très inspirant.
00:42Quand on fait des émissions, plus comme ça a été le cas après, par la suite pour moi,
00:46de culture générale ou de savoir, de philosophie,
00:49c'est des émissions qui sont plus au long cours, qui se réécoutent,
00:52et là, on a des messages plus inspirants,
00:54où là, des auditeurs nous font des remarques, nous signalent des choses.
00:58C'est inspirant de ce point de vue-là, souvent des bonnes idées,
01:00et je m'en veux presque, c'est de la frustration de me dire
01:02pourquoi je n'ai pas eu cette idée-là que l'auditeur ou l'auditrice me suggère après.
01:07Ce qui est intéressant avec les messages des auditeurs et des auditrices,
01:09c'est qu'on se sent écouté,
01:12et que le pire, vraiment, c'est une émission qui ne suscite aucune réaction,
01:17de l'indifférence, et où en fait, notre premier contact après les émissions,
01:20c'est avec ces messages-là ou sur les réseaux sociaux,
01:22mais ces messages, en général, ils sont quand même argumentés,
01:25ils sont quand même plutôt, voilà, il y a des formules de politesse,
01:29pas tout le temps, je le regrette un petit peu aussi, mais pas tout le temps.
01:33Voilà ce que je dirais sur les messages des auditeurs,
01:34c'est bon de se sentir écouté, c'est important.
01:38Parfois aussi, ça permet quand même de se faire un peu une carapace
01:41quand ils sont très violents et de se dire,
01:43ça reste de la radio et ça permet aussi de dédramatiser.
01:46Ça dépend ce qu'on entend par richesse et précision.
01:53Moi, par richesse, j'entends aussi une manière de parler
01:55qui soit plus détendue, qui est parfois pas forcément appréciée.
02:00Je défends aussi l'idée qu'on puisse parler en franglais
02:02parce que parfois, ça s'impose.
02:04En fait, la richesse, je pense qu'elle est avant tout
02:05dans les usages qui sont très différenciés
02:07et pas forcément rester agrippée à des idées qu'on se fait,
02:13de la grammaire qui serait très codifiée.
02:15Donc, il faut défendre la richesse
02:17et cette richesse-là, elle passe autant par un langage soutenu
02:19que parfois un langage plus courant
02:21dans les limites, évidemment, de la vulgarité.
02:27Alors, j'en ai plein.
02:28Du coup, en vrai, les « e », les « e », voilà.
02:34Mais en fait, ça évolue vachement.
02:36En fait, les types de langage, c'est hyper intéressant
02:39parce que ça évolue tout le temps.
02:40On en a tous à un moment donné
02:41puis tout à coup, on s'en débarrasse
02:43et bam, on en reprend un autre.
02:45Et il y a un autre type de type de langage
02:47qui est hyper intéressant.
02:48C'est celui que l'invité a pendant l'émission
02:51et qu'on va adopter le temps d'une émission
02:53pendant une heure.
02:55Et donc, pendant une heure, on va employer, par exemple,
02:57le terme, je ne sais pas, « déplier »
02:59pendant une heure parce que l'invité va nous dire « déplier »
03:02et donc, ça va devenir un autre type de langage pendant une heure.
03:04Mais je dirais plutôt que voilà.
03:05Mais ça fait partie d'ailleurs de la richesse
03:06et de la pression de la langue française
03:07d'employer aussi des types de langage.
03:10Ça fait partie des usages et des modes.
03:14Non, je n'ai pas de mots préférés.
03:16Je pourrais vous dire un mot genre « faribol »
03:18ou « prophylaxie », mais pas du tout.
03:20Franchement, je n'ai pas de mots préférés
03:21dans la langue française.
03:25Je ne suis ni pour ni contre les anglicismes.
03:28Il faut aussi se dire quand même
03:28que la radio, c'est un médium qui est vivant
03:31et que même si on a un devoir de responsabilité
03:34et qu'on ne parle pas dans un micro
03:35comme on parle chez soi ou avec des amis,
03:39il y a quand même une dimension conversationnelle
03:41dans laquelle vont forcément intervenir
03:43des types de langage, des anglicismes
03:46et qu'il n'y a pas une frontière
03:47et même, je dirais, une distance
03:49entre ceux qui font de la radio
03:50et ceux qui l'écoutent.
03:52On parle aussi, comme dans la vie,
03:54avec l'idée quand même qu'il faut faire attention.
03:56Mais il y a des choses qui sont perméables
03:57et je trouve en fait que la radio,
03:59ce n'est pas un média surplombant.
04:01C'est un média qui est aussi dans la vie.
04:06Maintenant, pour moi,
04:06la radio est tellement démultipliée
04:09dans ses usages.
04:10Moi, maintenant, je vais penser au podcast,
04:12je vais penser au replay,
04:14je vais penser aux vidéos
04:16qu'on se partage sur les réseaux,
04:17je vais parler d'interview.
04:19En fait, pour moi, la radio,
04:21c'est plus le poste de radio
04:23ou la radiographie
04:24que la radio telle qu'on en parle,
04:27telle qu'on la fait dans un micro,
04:29telle que je l'écoute en tout cas
04:31dans mes écouteurs
04:32ou tous les matins ou tous les soirs.
04:37J'ai longtemps réfléchi à cette question
04:39et en fait, je vais être assez simple.
04:42J'ai la voix de Laurent Ruquier
04:45dans Rien à cirer sur France Inter
04:47parce que c'est l'émission
04:48qu'écoutait ma mère quand j'étais petite,
04:51quand elle venait me chercher
04:52pour déjeuner à la maison
04:54et il n'y avait rien à cirer.
04:55Donc, je dirais Laurent Ruquier
04:57même si en fait,
04:59j'ai après pas forcément écouté cette émission,
05:03j'ai pas forcément repensé,
05:05mais voilà, c'était l'émission
05:06du direct et du moment.

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