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  • il y a 10 mois
🎙 Quel rapport les journalistes et producteurs de Radio France entretiennent-ils avec la langue française ?
Benjamin Duhamel, Journaliste, présentateur du 7h50 et du 8h20 sur France Inter nous parle de son rapport à la langue.

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Transcription
00:00Je trouve que d'avoir un retour de ceux qui font cette radio et qui l'écoutent et qui ont ces habitudes-là
00:07et qui sont des fidèles auditeurs d'Inter, c'est quelque chose d'absolument essentiel.
00:20Inspirant, moi je suis toujours très attentif à ce que les auditeurs disent,
00:26ce sont des gens qui connaissent la radio intimement, qui l'aiment et donc évidemment moi je lis ça avec beaucoup d'attention.
00:35J'adore dans le grand entretien, dans le 8h20, quand on prend des auditeurs qui peuvent venir interpeller nos invités,
00:40qu'ils soient politiques ou pas, je trouve que ça apporte vraiment une tonalité, quelque chose de différent.
00:45Parfois, je ne dirais pas que je suis en désaccord avec les auditeurs, mais je vois aussi qu'il y a des moments où des interviews suscitent des réactions contrastées,
00:52c'est intéressant, mais en tout cas non, moi je trouve que d'avoir un retour de ceux qui font cette radio
00:58et qui l'écoutent et qui ont ces habitudes-là et qui sont des fidèles auditeurs d'Inter, c'est quelque chose d'absolument essentiel.
01:09Bien sûr, c'est un impératif sur une antenne publique, c'est un impératif quand on est journaliste.
01:15Moi j'essaye de faire très attention aux mots de vocabulaire qui sont utilisés, aux tournures de phrases, aux tics de langage.
01:21Je sais que là aussi les auditeurs sont très attentifs à ce genre de tics,
01:26qui sont parfois, on les fait sans même s'en rendre compte.
01:29Bien sûr, sur une antenne publique, quand on est à la radio, quand on est dans une radio exigeante comme les France Inter,
01:34il faut faire attention à la façon dont on s'exprime et moi j'essaie au quotidien de m'y atteler.
01:41Que je m'interdis, non, j'essaye d'éviter, vous savez, les expressions un peu poncifs,
01:46la plus belle avenue du monde, bon ça je pense qu'il faut quand même essayer de bannir ce genre de choses.
01:52Je sais que parfois je peux avoir des tics, je pense par exemple, moi j'essaye de faire attention,
01:55le haut fond, je le lis assez souvent d'ailleurs dans les commentaires d'auditeurs,
01:59où ils disent arrêtez de dire au fond.
02:01Donc j'essaye de limiter un petit peu cet usage, je promets pas d'y réussir à chaque fois,
02:07mais en tout cas j'essaye.
02:08J'essaye d'en avoir le moins possible, parce que quand on est à l'antenne,
02:14on essaie de pas avoir trop de scories, je sais que parfois je peux avoir tendance
02:17à éventuellement accentuer et répéter des mots, ça il faut faire attention.
02:22Sinon on n'est pas le meilleur juge sur ces tics de langage,
02:25puisque par définition on a tendance à pas trop s'en rendre compte,
02:29mais en tout cas, voilà, là encore, auditeurs, je suis à votre disposition
02:34pour que vous puissiez me les signaler et que j'essaye de les gommer
02:38s'ils sont vraiment problématiques.
02:43Il y a beaucoup de mots que j'aime, c'était ma professeure de français,
02:47je crois CM1 ou CM2, qui m'avait appris ce mot,
02:50et que je crois que c'était son mot préféré,
02:52et en fait je m'en souviens encore, je devais avoir une dizaine d'années,
02:55c'est le mot espagnolette, ouvrir ou fermer une fenêtre en espagnolette,
02:59quand c'est une fenêtre ancienne qui permet qu'elle soit entre-ouverte
03:03et de coincer l'ouverture, et je trouve que c'est un très joli mot,
03:10et j'aime beaucoup le mot de panache,
03:13qui est le mot de Cyrano dans Rostand,
03:18et je trouve que c'est à la fois un beau mot,
03:20et que c'est aussi une belle valeur qu'il faut essayer d'avoir.
03:25Je pense qu'il faut éviter quand on peut les éviter,
03:32quand il y a des traductions qui sont dans le langage commun,
03:34après je pense qu'il ne faut pas s'interdire d'en utiliser par principe,
03:39je pense qu'un ouvrage qui est un best-seller quand on reçoit un écrivain,
03:42je ne trouve pas que ça écorche l'oreille,
03:44après dès qu'on peut utiliser un mot avec un équivalent en français,
03:50il faut le faire.
03:50Ça évoque la liberté, ça évoque l'intimité,
03:58ça évoque aussi des moments de vérité,
04:00parce que pour moi qui viens de la télé,
04:03je crois qu'à la radio, on réussit à capter des instants de vie,
04:06que ce soit avec des responsables politiques,
04:08avec des hommes et femmes de culture,
04:09avec des personnalités de la société civile
04:10qu'on n'a peut-être pas tout à fait à la télévision,
04:15et puis c'est surtout quelque chose que moi j'écoute
04:17depuis que je suis tout petit, qui m'a accompagné
04:20et qui m'a donné envie de faire ce métier.
04:25Oh, il y en a tellement.
04:27Ça va te donner l'impression que c'est un plaidoyer prodomo,
04:30mais moi j'ai grandi en écoutant Nicolas Demorand,
04:34j'ai grandi en écoutant Patrick Cohen,
04:37j'ai grandi en écoutant Pascal Clark,
04:44donc tous ces gens-là,
04:47et rejoindre une radio qui a été faite aussi par ces personnalités-là,
04:52c'est quelque chose d'assez formidable,
04:54et quand je suis en studio et que je suis effectivement avec Nicolas, Patrick,
04:58c'est quelque chose d'assez vertigineux,
05:00un peu comme un, je ne me compare pas encore une fois,
05:02mais un peu comme si un jeune acteur se retrouvait à tourner
05:04avec ceux-là même qui lui ont envie de faire du cinéma.

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