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  • il y a 10 heures
🎙️ Quel rapport les journalistes et producteurs de Radio France entretiennent-ils avec la langue française ?
Christine Masson, productrice de l'émission "On aura tout vu" sur France Inter nous parle de son rapport à la langue.

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Transcription
00:00Quand ils sont rappelés, ils disent j'ai eu un callback.
00:02Non, là, c'est pas possible.
00:11Ils sont inspirants parce qu'ils nous aiguillent un peu sur ce qu'on doit dire,
00:17doit faire, c'est intéressant, les réflexions,
00:20on les écoute ou on les lit et on y répond, bien sûr.
00:25J'ai l'habitude de dire que nos vrais patrons, ce sont les auditeurs.
00:29À ce propos, samedi dernier, on a rencontré une auditrice en dehors de la maison de la radio
00:32qui nous a dit quand je rentre ici, je rentre chez moi.
00:35Ça veut bien dire ce que ça veut dire, c'est que chez nous, c'est chez elle
00:40et qu'on doit effectivement les écouter.
00:46On fait très attention à cela.
00:49Le seul problème, si problème il y a, c'est que nous sommes en direct.
00:54Et en direct, on est plus impulsif et surtout, on fait des interviews
00:58on doit relancer dans ces interviews, on ne lit pas de papier, on n'est pas des chroniqueurs,
01:03donc c'est un peu, il faut que ce soit un, j'allais dire, un spectacle vivant.
01:08On interfère avec l'interviewé et effectivement, il peut nous arriver
01:14de faire des liaisons mal à propos, comme on dit,
01:18ou des fautes de français dues à, je le répète, à l'impulsivité de l'exercice.
01:28Oui, il y a une expression que je n'aime pas, c'est « je veux dire »
01:30ou alors avant une question « j'ai envie de dire »
01:32et quand quelqu'un dit ça, je me dis « si tu as envie de lui dire, dis-lui ».
01:36On s'interdit la vulgarité, par exemple, on n'est pas chez nous, on n'est pas avec des copains.
01:41Il y a une limite à ne pas franchir et même si l'invité la franchit,
01:46on n'est pas obligé de raisonner avec ce qu'il vient de dire.
01:49Donc je crois que notre limite, c'est la vulgarité.
01:54Je dis beaucoup « oui, c'est vrai ».
01:58Oui, c'est un mot très important pour moi, c'est pour souligner ce que me dit mon interlocuteur.
02:04Ah oui, c'est vrai !
02:06Et je ne dis jamais « ah non, c'est faux », je devrais,
02:08mais je crois que c'est mon type de langage, en même temps je dois en avoir des tonnes d
02:12'autres,
02:12mais j'aime bien, ça fait partie de l'énergie, de mon enthousiasme dire « oui, c'est vrai ».
02:18Et du coup, ça encourage la personne que j'interview à continuer dans ce rythme-là.
02:27Murmure, c'est un mot très doux, il n'y a pas d'équivalent dans notre langue.
02:31C'est un mot chuchoté, or je ne chuchote pas à l'antenne,
02:34c'est ensuite un titre de film d'Agnès Varda en deux mots, « murmure ».
02:39J'adore ce mot, mais en même temps, je n'ai pas de mot préféré,
02:42j'aime des mots quand ils sont bien placés, quand ils sont liés à bon escient,
02:47exactement au bon moment, il peut résonner tellement juste et tellement beau,
02:52donc il n'y a pas de mot préféré en fait.
02:59Les anglicismes, alors on peut dire que dans mon domaine, le cinéma, il y en a énormément.
03:06Alors, beaucoup sont inévitables ou intraduisibles,
03:10comme travelling, star, on ne dit pas étoile, on dit box office, etc.
03:16Quand ils peuvent être remplacés, ils doivent être remplacés.
03:19On dit beaucoup le pitch d'un film, on pourrait dire le sujet d'un film,
03:24le propos d'un film, vous voyez.
03:26J'ai appris un truc insensé l'autre jour par les acteurs qui passent un casting.
03:30Quand ils sont rappelés, ils disent « j'ai eu un callback ».
03:32Non, là, ce n'est pas possible.
03:34On m'a rappelé, mais un callback est tout à fait remplaçable.
03:38Donc effectivement, le cinéma est rempli d'anglicismes,
03:41donc certains sont indispensables, mais on peut se passer de beaucoup d'autres.
03:48Le dimanche soir, chez mes parents, la radio, sur le buffet,
03:54à écouter le masque et la plume.
03:56Je pense que c'est comme ça qu'a infusé mon envie de radio et de cinéma,
04:01avec la voix de Jean-Louis Bory, ses duels avec Georges Charansole.
04:07La radio, c'est la radio de ma famille, c'est la radio de ma vie,
04:11c'est mon enfance, c'est tout ça.
04:18Il y a la voix de Pascal Clark, c'est grâce à elle que je suis revenu à France Inter.
04:23Elle avait une voix absolument unique.
04:25Et sinon, je pense à la voix d'un chroniqueur,
04:29qui est un grand critique gastronomique et qui s'appelle François Simon.
04:34J'adore sa voix.
04:36Je trouve que sa voix est moelleuse, chaleureuse, séduisante.
04:41Quand il parle, j'ai l'impression d'être avec lui, en face de lui, au restaurant,
04:46à goûter le plat avec lui.
04:48Sous-titrage Société Radio-Canada

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