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  • il y a 2 jours
🎙️ Quel rapport les journalistes et producteurs de Radio France entretiennent-ils avec la langue française ?
Murielle Giordan, chroniqueuse pour "C'est tendance" sur Ici nous parle de son rapport à la langue.

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Transcription
00:00Il transcrit bien l'idée que je me fais de la langue française,
00:04c'est-à-dire quelque chose qui doit être capable de bien raconter la réalité,
00:08d'éviter les simplifications.
00:09Donc pour moi, le terme nuance, il représente tout ça.
00:19Ça ne va pas vous arranger, je vais dire les deux.
00:21Je trouve qu'ils sont rassurants parce que ça montre qu'ils ont quand même un attachement au contenu.
00:26On se doit d'être les plus sincères possibles à l'antenne et employer les bons mots
00:30pour bien traduire ce qu'on a envie de dire.
00:32Donc forcément, je ne peux pas leur reprocher ça.
00:34C'est un peu les garde-fous.
00:36Ils nous empêchent de devenir un peu paresseux.
00:38Après, il ne faut pas que ça devienne aussi un prétexte pour râler,
00:42trouver vraiment, aller chercher le tout petit truc.
00:44Et puis de là, commencer à dire, là, dans le service public, ça ne va pas du tout.
00:48À des moments, il y a une colère aussi.
00:50Là, pour le coup, je les trouve un peu plus contraignants,
00:52mais généralement, ils sont bienveillants.
00:56Oui, je dirais vraiment que c'est un impératif
00:58dans la mesure où on porte vraiment la responsabilité des mots qu'on emploie
01:02et de ce qu'on a envie de dire à la radio.
01:03Je ne pense pas pour autant qu'il faut qu'on se mette une pression.
01:06C'est-à-dire qu'il y a des formats qui vont permettre un peu plus de latitude.
01:10Moi, la chronique que je fais, par exemple,
01:12elle parle parfois des tendances du nouveau langage des adolescents, par exemple.
01:16Donc là, forcément, je vais me permettre une convivialité aussi dans les mots,
01:20dans le phrasé, dans la manière de parler,
01:22comme si j'étais un peu dans le salon de l'auditeur,
01:24que je n'aurais pas si je présentais, par exemple, les infos dans un reportage
01:28ou, par exemple, dans l'animation.
01:33Le mot déceptif, je ne le supporte pas.
01:36Je n'ai pas du tout envie de l'employer moi-même.
01:38Je trouve qu'il ne signifie rien.
01:40Voilà, c'est un néologisme qu'on entend un peu partout,
01:43un peu paresseux, qui ne signifie pas grand-chose.
01:45Dans la bouche des hommes politiques, aussi dans les médias, je l'entends beaucoup.
01:48Donc celui-là, non.
01:49Après, je ne m'interdis pas grand-chose,
01:52parce que, justement, j'ai envie, moi,
01:54de me mettre à la hauteur des auditeurs dans le format que je fais, là, en ce moment, pour ici.
02:00Et donc, je peux me permettre aussi d'avoir parfois des familiarités
02:02que je ne ferai pas dans d'autres formats.
02:07Alors, ça peut m'arriver, oui, de dire,
02:10bon, pour reprendre une phrase ou pour une relance,
02:13bon, un peu comme le voilà.
02:16Ça n'apporte rien.
02:17Ce sont des phrases un petit peu, ce sont des petits mots un peu parasites.
02:20Après, il y a aussi, en radio, cette dimension du direct.
02:26Il n'y a pas de filet.
02:27Donc, forcément, à des moments,
02:28on est un peu comme on est face à quelqu'un à table.
02:31On a des petites phrases comme ça qui arrivent,
02:33mais qui expriment aussi un naturel.
02:34Si on gomme tout et qu'on coupe tout,
02:37ça peut aussi faire qu'on parle comme un robot.
02:40Donc, il faut quand même faire attention.
02:41Il faut les employer avec parcimonie, ces petits mots.
02:47Alors, il y a un mot que j'adore, c'est le mot nuance.
02:51Déjà, je trouve qu'on en manque beaucoup de nuance en ce moment.
02:54Donc, je l'aime encore davantage.
02:55Et je trouve qu'il est beau aussi à l'oreille.
02:59Je trouve qu'il n'est pas du tout comme on pourrait l'imaginer.
03:02Il ne représente pas du tout la tiédeur ni la prudence.
03:05Pour moi, c'est bien le contraire.
03:07Et il transcrit bien l'idée que je me fais de la langue française.
03:11C'est-à-dire quelque chose qui doit être capable de bien raconter la réalité,
03:15d'éviter les simplifications.
03:17Donc, pour moi, le terme nuance, il représente tout ça.
03:19Et c'est vraiment un mot que j'aime beaucoup.
03:25Avec prudence, les anglicismes, par exemple, le mot week-end, c'est un anglicisme.
03:29Je ne me verrai pas le dire différemment.
03:31C'est-à-dire fin de semaine, il n'y a pas ce côté loisir, ce petit truc, cette image
03:36qu'on se représente.
03:36Donc, si l'anglicisme, il permet de traduire quelque chose que la langue française ne parvient pas à faire,
03:42en apportant justement la nuance nécessaire, là, ok.
03:45Après, il ne faut pas que ça encourage à la paresse intellectuelle.
03:47Et c'est bien là le problème si on les emploie trop.
03:49Donc, je pense qu'il faut faire très attention et ne pas trop se laisser avoir
03:54et chercher un équivalent dans la langue française comme premier réflexe.
04:01Le mot radio, pour moi, c'est vraiment la proximité.
04:04C'est l'intimité.
04:06C'est moi, quand j'avais 10 ans, sous ma couette, avec ma petite radio entre les mains
04:11parce que j'écoutais la libre-antenne en cachette de mes parents.
04:14Et puis, c'est aussi la maturité aussi.
04:16C'est aussi moi, 10 ans plus tard, dans ma cuisine, en train d'essayer de comprendre un procès,
04:21un phénomène de société, un fait d'actualité.
04:25Donc, la radio, pour moi, c'est un terrain de jeu aussi.
04:29Il y a énormément de choses qu'on peut faire grâce à la radio, qu'on ne peut pas faire
04:32avec l'image.
04:33Et la radio questionne aussi, je crois, mon rapport avec le monde et le temps.
04:41Alors, forcément, j'ai parlé libre-antenne.
04:43Je vais devoir citer Guy Foul, par exemple.
04:45J'ai toujours adoré sa voix.
04:46Christophe Ondelat.
04:47Rien à voir dans les deux exercices.
04:49J'aime beaucoup aussi les voix des Fipettes.
04:53Susanna Poveda, j'adore.
04:54Par exemple, j'écoute dans la voiture.
04:56Je suis vraiment emportée.
04:58Sous-titrage Société Radio-Canada

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