00:00Notre socle commun pour nous faire comprendre des auditeurs, c'est la langue française.
00:05Donc autant la parler le plus correctement possible.
00:15Je dirais que ça touche, ça blesse les messages.
00:19La plupart du temps, ce sont plutôt des messages de critique.
00:22Donc forcément qu'on y prête attention, ça fait mal sur le moment.
00:26Moi je les lis tous, en revanche, dès que j'en ai, je sais que je ne peux pas m
00:31'empêcher de les regarder.
00:32Et puis en fait, même quand ce sont des messages méchants, ce qui peut arriver sur les réseaux sociaux,
00:38je prends du recul et il y a toujours du bon à tirer.
00:41Ça permet de se remettre en cause et de progresser selon moi.
00:46Je dirais que c'est un impératif tout court.
00:49Notre socle commun pour nous faire comprendre des auditeurs, c'est la langue française.
00:54Donc autant la parler le plus correctement possible.
00:56Avec une contrainte supplémentaire dans mon domaine, le journalisme de sport,
01:01c'est qu'on est très souvent en direct.
01:04Et malheureusement, j'ai déjà fait des fautes grammaticales.
01:09Et j'en referai malheureusement.
01:11Parce que dans la précipitation du direct, parfois, la phrase ne sort pas comme on veut.
01:19En sport, il y a beaucoup de termes, un vocabulaire qui est très guerrier.
01:23Par exemple, un joueur va commettre une faute sur un autre joueur.
01:26Certains vont parler d'attentat.
01:28On va utiliser aussi des termes, le combat, la guerre des chefs.
01:32Ça, c'est des mots que j'ai bannis de mon vocabulaire.
01:35Parce que le sport doit rester aussi à sa place.
01:38Et on parle suffisamment de guerre à côté.
01:41Une vraie guerre pour ne pas l'employer quand on parle de sport.
01:47Oui, j'en ai plein.
01:49Là, je ne l'ai pas dit, mais je dis souvent « ouais ».
01:51C'est quelque chose comme quand j'attaque mes phrases.
01:54Ouais, je ne fais pas attention.
01:55C'est « oui, ouais », un petit peu mitigé.
01:58Ça, c'est le premier tic.
01:59Et oui, j'en ai beaucoup.
02:00Des petits mots qui me servent à faire des liaisons « alors » ou « à l'image de »
02:03encore.
02:04Enfin, voilà, j'ai plein de tics de langage malheureusement.
02:07Parfois, je m'en aperçois, mais un petit peu trop tard.
02:13Enthousiasme, ce n'est pas le mot avec la plus belle sonorité quand on le prononce.
02:18Mais je me dis que c'est celui qui me porte, qui me sert à faire de l'antenne,
02:23à nourrir, à avoir la curiosité de tourner des sujets.
02:26Et je me dis que sans enthousiasme, moi, je n'arriverai pas à faire partager à l'auditeur
02:31ce que je veux lui raconter.
02:33Donc, c'est la base de mon métier.
02:34Et le jour où je n'ai plus d'enthousiasme, il faudra arrêter.
02:41C'est plutôt à éviter et même à bannir.
02:43Malheureusement, en sport, on a beaucoup d'anglicismes.
02:46Je me souviens d'une anecdote qui m'accompagne tout le temps.
02:49C'était une discussion en randenne avec Christian Prudhomme, le patron du Tour de France.
02:53Et on discute de rugby.
02:56Je lui dis « ah, j'étais au Captain Run de l'équipe de France ».
03:00Il me regarde avec des gros yeux.
03:01« Tu peux répéter ? »
03:03Je lui dis « bah oui, oui, j'étais au Captain Run tout à l'heure, au Stade de France
03:06».
03:07Et en fait, oui, pourquoi ne pas dire l'entraînement du capitaine ?
03:10C'est compréhensible par tout le monde.
03:12Mais c'est vrai que sur les agendas, par exemple, de sport qu'on reçoit,
03:15c'est écrit « Captain Run ».
03:16Donc, on s'habitue à ces termes-là.
03:18Mais voilà, c'est une remarque qui m'accompagne tout le temps.
03:20Parce que maintenant, à l'antenne, sauf exception,
03:23vous ne m'entendrez plus jamais dire Captain Run,
03:25mais l'entraînement du capitaine.
03:30C'est la transmission.
03:32Nous, je pense qu'en radio, il n'y a pas l'image.
03:35Normalement, on est les yeux de l'auditeur.
03:38Et donc, il faut lui transmettre par ce petit appareil
03:40ou désormais, par notre téléphone.
03:44Mais en tout cas, c'est transmission.
03:46Et puis, si je parle avec un petit peu de nostalgie,
03:49dans mon enfance, la radio, c'était le petit appareil,
03:53le petit transistor que j'avais caché sous la couette
03:56pour suivre les rencontres de football à l'époque.
04:02Fabienne Synthès m'a très longtemps accompagnée
04:04et continue de m'accompagner.
04:06J'adore son ton.
04:08J'adore sa voix, sa tonalité.
04:10Elle a quelque chose de rassurant,
04:12même quand elle décrit et raconte des choses graves.
04:15Et puis, en termes de sport,
04:18Pierre-Louis Castelli ou encore Patrick Grivaz
04:22avaient cette faconde de raconter un événement sportif
04:26via une histoire.
04:28Et on était captivés à leurs mots.
04:30Ils avaient cette richesse.
04:31On parlait tout à l'heure de la langue française.
04:33Ils avaient vraiment cette richesse de vocabulaire
04:36qui vous emportait partout,
04:38même si, pour Pierre-Louis Castelli,
04:40vous n'étiez pas fan de voile.
04:42Il avait ce don d'accompagner les gens.
04:45Et oui, ça m'a nourrie.
04:47Sous-titrage Société Radio-Canada
04:49Sous-titrage Société Radio-Canada
04:50Sous-titrage Société Radio-Canada