00:00Nous, on est là pour raconter des choses, pour transmettre.
00:03L'emploi des mots est essentiel.
00:05C'est fondamental d'employer le bon mot, d'être précis.
00:16Ils sont très inspirants.
00:18On a des auditeurs informés et cultivés.
00:21Je vous donne un exemple, mais ça arrive souvent que je sois interpellée sur des choses
00:25et je me dis que cet auditeur a raison.
00:27Par exemple, quand il y a eu le cambriolage au Louvre,
00:31je me suis posé la question de savoir comment qualifier ce cambriolage.
00:35Parce qu'on en parle toute la journée.
00:37Parfois, on a envie de varier les mots, de ne pas employer toujours le même.
00:41Et un auditeur a envoyé un message pour dire qu'il ne fallait pas parler de braquage
00:45parce que c'est une attaque à main armée, ni de larcin.
00:48Parce qu'un larcin, c'est un petit vol.
00:51Et je suis parfaitement d'accord avec lui.
00:53Je n'ai pas employé ses mots d'ailleurs.
00:55Mais j'ai réfléchi, effectivement, le sens des mots, c'est important.
00:59Et quand c'est un auditeur qui vient rappeler à un journaliste
01:02qu'il faut employer le bon mot au bon moment,
01:06je trouve ça génial et je trouve qu'on a de la chance d'avoir des auditeurs pareils.
01:10Oui, et un impératif en général, quand on est journaliste,
01:18nous, on est là pour raconter des choses, pour transmettre.
01:22L'emploi des mots est essentiel.
01:24C'est fondamental d'employer le bon mot, d'être précis.
01:27Je pense qu'il faut vraiment prendre le temps de bien nommer les choses.
01:31Ça fait aussi partie de notre mission.
01:33Et d'ailleurs, quand je suis arrivée à France Info,
01:35j'ai beaucoup aimé parce que j'ai entendu ce discours sur les mots
01:39et l'importance d'utiliser le bon mot.
01:44Alors, il y en a plusieurs.
01:46Il y a déjà « du coup » que je ne dis plus.
01:48J'espère que je ne le dis plus.
01:49J'essaye d'éviter.
01:51Je le remplace par « donc ».
01:53Il y a aussi « un bouger ».
01:55Ça, c'est un mot qui m'exaspère.
01:58Et je ne le dis pas.
01:59J'ai sans doute dû le dire une fois ou deux,
02:01mais vraiment, maintenant, je ne le dis plus.
02:03En bouger parce que je ne comprends pas ce que ça veut dire.
02:05Et ce qui m'agace aussi,
02:07ce sont les pléonasmes, les redondances, par exemple.
02:12Au jour d'aujourd'hui, alors qu'aujourd'hui suffirait,
02:16voire même, alors que voire suffit,
02:19incessamment sous peu, alors qu'incessamment ou sous peu suffisent.
02:24Ça, c'est vrai que je ne les emploie pas.
02:27En tout cas, j'essaye de ne pas les employer
02:29parce que je ne trouve pas ça très joli.
02:34C'est une bonne question.
02:36Je pense que j'ai dit « du coup ».
02:38Et j'essaye de ne pas en avoir.
02:41Mais peut-être que si j'en ai, je ne m'en rends pas compte
02:43et qu'il faudrait que quelqu'un me prévienne.
02:46Avis ou s'auditeur avisé.
02:48Dites-moi si j'ai un tic de langage.
02:52Il y a un mot que j'adore, c'est « bagatelle ».
02:55« Bagatelle » à la fois pour sa sonorité,
02:58à la fois pour ce qu'il représente,
02:59c'est-à-dire des choses légères.
03:03Je ne sais pas, je trouve que c'est un mot très doux.
03:04Il y a aussi ma grand-mère qui mettait un parfum de garlin
03:06qui s'appelle « jardin de bagatelle »
03:08et que ma mère a mis aussi pendant longtemps.
03:10Donc « bagatelle », pour moi, c'est ravissant.
03:12Et d'ailleurs, ravissant, c'est un mot que j'aime beaucoup aussi.
03:14J'essaye d'éviter.
03:19Par exemple, j'ai été confrontée à ce questionnement récemment
03:24parce qu'on parlait de Chine,
03:26donc le géant chinois de la fast fashion.
03:28C'est ce que j'ai dit parce que j'ai réfléchi
03:30et j'ai essayé de trouver une façon plus simple de le dire
03:32et je me suis dit que les auditeurs comprendraient mieux fast fashion.
03:35Mais sinon, j'évite.
03:36Mais ça m'arrive de dire « leader » parfois.
03:38C'est vrai que je suis journaliste politique.
03:39Et à la base, j'emploie beaucoup le mot « dirigeant »
03:42et parfois, pour varier, je dis « leader », j'évite aussi.
03:45Je pense que les puristes devraient éviter.
03:49Après, il y a aussi des anglicismes qui sont rentrés dans la langue française.
03:52On dit tous « week-end », par exemple.
03:59Le mot « radio », pour moi, qui en plus est grandi sans télé,
04:03ça évoque beaucoup de choses.
04:04Ça évoque une cuisine avec une tartine et un vieux transistor.
04:10Pour moi, c'est un peu ça, la radio.
04:11Et puis, ça évoque aussi un imaginaire.
04:14Parce que quand j'étais petite, je ne voyais pas très bien la différence
04:16entre la radio et la télé.
04:18Et en fait, pour moi, la radio, c'était un peu la télévision sans les images.
04:24Donc, j'ai une grande histoire avec le mot « radio ».
04:27Il y en a plusieurs.
04:31La voix de Nicolas Demorand, elle m'emporte vraiment, je la trouve très profonde.
04:39J'aime aussi beaucoup, dans un style différent, la voix de Marc-Olivier Fogiel,
04:44que j'avais écoutée à l'époque où il faisait de la radio
04:45et qui est de retour une voix très singulière.
04:49Une voix que je trouve très, très belle aussi, c'est celle de Fabienne Sintès.
04:54Elle a une très belle voix de radio.
04:56Et après, les voix, je pense qu'on s'y attache, en fait.
04:59Ce n'est pas forcément… Il y a des personnes aujourd'hui dont j'adore la voix.
05:03Mais au départ, quand je les écoutais, je ne me disais pas forcément
05:05« Tiens, cette voix, elle est magnifique. »
05:08C'est à force de l'écouter que je l'aime.
05:10Et j'écoute France Info depuis tellement longtemps
05:13qu'aujourd'hui, toutes les voix de France Info, pour moi,
05:16ce sont des belles voix qui m'accompagnent.
05:18Et j'adore entendre dès le premier mot du présentateur,
05:21que ce soit Céline Baïd-Arcourt ou RC Nebovitch ou Benjamin Fontaine.
05:26Il y en a beaucoup.
05:28Mais dès leur premier mot, j'adore savoir que je reconnais cette voix
05:32et qu'elle est familière et qu'elle va m'accompagner le temps d'écoute.
05:36Sous-titrage Société Radio-Canada