- il y a 23 heures
Les informés du matin de franceinfo du lundi 22 juin 2026
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00:06Générique
00:08...
00:09Bienvenue dans Les Informés, votre rendez-vous de décryptage de l'actualité.
00:14Bonjour si vous nous rejoignez.
00:15Et bonjour Renaud Delis.
00:16Bonjour Agathe.
00:17Au sommaire, aujourd'hui, la canicule est la canicule.
00:21La France est-elle bien préparée face au réchauffement ?
00:24Les pouvoirs publics sont-ils à la hauteur ?
00:27Est-ce une question de volonté politique ?
00:30Une question d'argent, de caisses qui sont vides ?
00:32Où les deux ?
00:33Pour nous éclairer ce matin, nous informer Antoine Oberdov, journaliste politique à l'Opinion.
00:38Bonjour Antoine.
00:38Bonjour Agathe.
00:39Et Stéphanie Despierres, journaliste à LCP.
00:41Bonjour Stéphanie.
00:42Bonjour.
00:42On commence donc, Renaud, avec cette journée et cette période de tous les records.
00:48Avec à nouveau des températures records aujourd'hui.
00:51Peut-être d'ailleurs le record de la journée la plus chaude en France sera-t-il battue aujourd'hui
00:56?
00:56La plus chaude depuis que les relevés existent bien sûr.
00:59En tout cas, cette canicule rappelle par son intensité celle d'août 2003.
01:03D'ailleurs, Météo France l'a évoqué.
01:04Avec aujourd'hui 49 départements en vigilance rouge.
01:08Et une multitude de conséquences dans la vie quotidienne.
01:11Pour les écoles, pour les transports, au travail.
01:15Bref, la France suffoque.
01:18Alors pourquoi le pays se retrouve-t-il en une situation aussi catastrophique qu'en période de canicule ?
01:23Un nouvel épisode qui se reproduit, qui est particulièrement précoce aussi.
01:27Pourquoi les pouvoirs publics semblent-ils parfois surpris, voire dépassés ?
01:32Est-ce que les gouvernements ont de longue date sous-estimé l'ampleur du réchauffement climatique et donc de ses
01:37conséquences ?
01:37Voici ce qu'on disait il y a quelques minutes sur ce plateau.
01:40Celui qui était votre invité, l'ancien ministre de l'économie et des finances, Bruno Le Maire.
01:44Je pense qu'on a perdu beaucoup de temps surtout.
01:46Ce qui n'est pas suffisant, c'est la manière dont le débat a lieu aujourd'hui.
01:52On nie la réalité et on refuse des solutions d'évidence.
01:56C'est les solutions en termes d'habitat, c'est les solutions en termes de construction.
02:00C'est évidemment les solutions en termes de climatisation.
02:02Donc plutôt que de nous prendre le mur plein de faces, qui est une méthode typiquement française,
02:06c'est-à-dire qu'on débat pendant des années et des années,
02:08et puis un jour on se prend le mur et là on se dit, ah oui, dans le fond, il
02:12fallait climatiser les bâtiments.
02:13Je plaide moi pour un très grand pragmatisme.
02:16Alors pourquoi est-ce que le pays semble-t-il aussi mal préparé à ces épisodes caniculaires ?
02:21Est-ce que c'est faute de moyens, faute d'anticipation ou faute tout simplement de pragmatisme,
02:26comme le dit Bruno Le Maire ?
02:27Est-ce que le débat public a tendance à être engoncé dans certaines postures idéologiques
02:32qui, justement, empêchent de prendre conscience de la réalité ?
02:37C'est un peu ça ce qu'il disait Bruno Le Maire, Antoine Averdorf,
02:39c'est qu'en France, en fait, c'est une question de dogmatisme.
02:41Que ce soit sur le nucléaire ou sur la climatisation,
02:44à chaque fois, ce sont les vers, les décroissants qui l'emportent.
02:48Est-ce qu'il a raison ?
02:49Je crois au contraire qu'il y a deux batailles culturelles
02:52qui ont été plutôt perdues par les écologistes en la matière.
02:54Vous citiez le nucléaire.
02:55Aujourd'hui, il y a un retournement clair de l'opinion
02:57qui convient que le nucléaire est un fleuron français
03:01et notre meilleur atout pour avoir une énergie décarbonée.
03:05Et de la même manière, j'observe ce week-end
03:08une conversion généralisée à la clim.
03:10Conversion généralisée à la clim, bien sûr,
03:12des Français, de nos concitoyens qui se pressent,
03:14achetaient bien souvent d'ailleurs des climatisations individuelles,
03:17monoblocs dans les commerces électroménagers,
03:20et conversion de la classe politique.
03:23Une marine tondelier chez les écologistes
03:24qui se défend d'avoir jamais été contre la climatisation.
03:28Bon, si maintenant on regarde un petit peu du côté du gouvernement,
03:31parce qu'on ne peut pas faire semblant d'avoir oublié
03:33que Bruno Le Maire a été à la tête de Bercy pendant plusieurs années.
03:37Si on était taquin, on aurait envie de dire
03:39qui aurait pu prédire, pour reprendre une formule d'Emmanuel Macron.
03:42Aujourd'hui, on a Gabriel Attal qui estime
03:45que le gouvernement n'en a pas fait assez
03:48pour adapter la France à ce réchauffement climatique.
03:51Monique Barbu, l'actuelle ministre de l'écologie,
03:54même discours, même registre, en fait, on s'aperçoit de quoi ?
03:57Qu'aujourd'hui, on a besoin de se battre sur les deux fronts.
03:59À la fois ce qu'on appelle l'adaptation,
04:02donc quelque part quelque chose de palliatif,
04:05quelque chose qui vise à soulager les corps,
04:08les organismes éprouvés par la chaleur dans les écoles,
04:10dans les transports,
04:11et qu'il faut effectivement déployer cette climatisation,
04:13même si on en connaît les effets pervers éventuels,
04:17qui sont aujourd'hui plus limités qu'auparavant,
04:18et on a besoin aussi, en mauvais français là, pardon,
04:20d'atténuation.
04:22C'est-à-dire qu'on connaît cette loi physique
04:25qui veut que plus il y aura de CO2 dans l'atmosphère,
04:28plus le climat se réchauffera,
04:31et donc on est peut-être en train de vivre,
04:33nous disent les scientifiques,
04:34l'année la plus froide du reste de notre vie.
04:36Et de ce point de vue-là,
04:37oui, il faut faire des efforts,
04:38oui, les investissements long terme
04:40dans la rénovation thermique des bâtiments
04:42sont toujours nécessaires.
04:4390% de climatisation aux Etats-Unis dans les logements,
04:4691% au Japon,
04:48plus de 60% en Italie,
04:50et en France, beaucoup moins.
04:53Stéphanie Despierre,
04:55qu'est-ce qui manque à la France ?
04:58Pourquoi on est si en retard sur ce sujet ?
05:00Déjà, il manque un plan global.
05:02On entendait Bruno Le Maire dire
05:03« on se prend le mur »,
05:03mais en fait, ça fait plusieurs fois qu'on se prend le mur.
05:052019, 2022,
05:06les canicules sont à répétition chaque année,
05:08et on a l'impression qu'à chaque fois,
05:10c'est une gestion de crise.
05:10Et il y a eu des tentatives d'isolation des bâtiments,
05:14mais il n'y a pas de plan d'envergure.
05:15On estime qu'il y a encore un Français sur deux
05:16qui vivent dans des bouilloires thermiques.
05:19Donc, il faut...
05:20On entend le RN qui dit « plan climatisation »,
05:22mais ça ne réglera pas tout.
05:23Si vous climatisez sans isoler les bâtiments,
05:26sans végétaliser la ville...
05:27Certains scientifiques disent même
05:28que c'est presque trop tard pour végétaliser les villes,
05:30parce qu'en fait, il faut passer au stade supérieur.
05:32On a des arbres qu'on a plantés il y a 10 ans,
05:34en fait, ils ont déjà trop chaud,
05:35on ne les a pas plantés assez profondément.
05:36Donc, il faut vraiment avoir une adaptation globale.
05:40Et on le voit, les conséquences sont énormes
05:42pour le travail, mais pour les écoles.
05:44Quand vous avez des enfants qui ne vont pas pouvoir aller à l'école
05:46parce qu'il fait trop chaud,
05:47on ne va pas pouvoir continuer à fermer des écoles
05:49pendant des jours parce qu'il fait trop chaud.
05:50Plus de 800 écoles et collègues fermées aujourd'hui.
05:53Exactement. Et donc, il y a des plans.
05:54Il y a Lyon, Paris, plusieurs villes ont lancé
05:56des plans d'adaptation des écoles.
05:58À Paris, ils ont fait des cours oasis,
05:59donc ils ont végétalisé les cours.
06:01Mais là, le plan commence tout juste,
06:04le plan d'adaptation de l'école.
06:05Je lisais, il y a les trois premières écoles,
06:07c'est en 2025, le chantier a commencé
06:09pour isoler les toits, etc.
06:11On a un bâti scolaire, notamment, qui est très ancien
06:13et qu'il va falloir adapter.
06:14Et là, ça demande des plans d'envergure.
06:16Et à chaque fois, on a l'impression que les plans,
06:18c'est de la gestion de crise, quoi.
06:20On n'a pas de plan d'envergure.
06:21Et quand on a les plans d'envergure,
06:22le problème, c'est que ça réclame énormément de moyens
06:25et surtout de la stabilité et de la continuité.
06:28Renaud Vélie.
06:28Ce qu'il faut, c'est réussir effectivement
06:29à conjuguer ces deux temporalités.
06:31La temporalité immédiate qui nécessite
06:35essayer d'améliorer la vie quotidienne,
06:37donc ça passe évidemment aussi par la climatisation,
06:40mais qui est un outil d'adaptation
06:43à une situation qui continue de se dégrader
06:44et qui continuera de se dégrader ensuite,
06:46une fois que la climatisation, si c'est le cas,
06:48est étendue très largement dans le pays,
06:50puisque ce n'est pas une solution,
06:51évidemment, ça ne contribue pas à ralentir
06:53et même au contraire le réchauffement climatique,
06:54mais ça s'impose évidemment dans la vie quotidienne.
06:57Et puis au-delà, on le sait,
06:58c'est d'abord la dépendance aux énergies fossiles
07:00qui participent évidemment de la poursuite
07:03et même de l'accélération du réchauffement climatique.
07:06Le problème, c'est que depuis 2003,
07:08qui est la fameuse canicule emblématique
07:10qu'on a en mémoire et qui nous a fait en fait
07:11découvrir dans notre vie quotidienne
07:13l'ampleur de ce défi,
07:16les gouvernements n'ont pas rien fait,
07:18y compris d'ailleurs depuis 2017.
07:19C'est vrai que les sommes engagées
07:21pour essayer de lutter contre le réchauffement climatique
07:23sont plus importantes depuis 2017.
07:25Il y a eu un effort par rapport au quinquennat précédent,
07:27d'ailleurs, par rapport au quinquennat de France-Hollande.
07:29Le problème, c'est que le réchauffement climatique s'accélère,
07:32que ses conséquences sont de plus en plus fortes,
07:35de plus en plus répétées,
07:37et qu'à ce niveau-là,
07:39l'action publique semble toujours en retard.
07:42Et notamment parce que c'est vrai qu'il y a,
07:44on le voit, il y a d'autres urgences.
07:46C'est-à-dire qu'on a aussi parfois l'impression,
07:48et c'est un des défauts des moyens,
07:50des crédits alloués à la transition écologique,
07:52que c'est parfois une variable d'ajustement
07:54en période de crise des finances publiques,
07:55qui est réelle.
07:56Il y a une crise massive des finances publiques.
07:58Effectivement, votre invité,
08:00qu'en parlait d'ailleurs,
08:01il y a quelques minutes,
08:02Brudeau-le-Mer est bien placé pour le savoir.
08:04Et c'est vrai que dans ce contexte-là,
08:06les gouvernements ont tendance à renier parfois.
08:09Alors, il y a l'exemple du Fonds Vert,
08:11évidemment, qui est le plus récent,
08:12du fonds qui vise à aider les collectivités locales
08:15et dont les crédits ont diminué depuis deux ans.
08:18Mais on rogne parfois,
08:20c'est un réflexe dans la gestion,
08:21j'allais dire quasi quotidienne des gouvernements,
08:23sur les crédits alloués à la transition écologique,
08:26comme si ce n'était pas un domaine sanctuarisé,
08:30comme l'est, par exemple, à raison,
08:31comme le sont à raison,
08:32les crédits de la défense.
08:33C'est plutôt l'écologie comme variable d'ajustement.
08:35Antoine Berdov, vous disiez que même Marine Tondelier
08:38disait qu'elle n'était pas hostile à la climatisation.
08:41Elle est prête à aller jusqu'où ?
08:42Et est-ce qu'il y a un consensus,
08:43aujourd'hui,
08:44de la droite à la gauche,
08:47sur les solutions à apporter à court terme ?
08:49Écoutez, il n'y a qu'une formation politique
08:51qui continue de se démarquer
08:52sur la question de la climatisation,
08:54c'est la France insoumise,
08:55avec un Jean-Luc Mélenchon et un Manuel Bompard,
08:57qui, de concert, nous disent que,
08:59de par les rejets,
09:00notamment de fluides frigorigènes fluorés,
09:04la climatisation n'est pas souhaitable.
09:06Alors, il y a des nouvelles technologies
09:07de climatisation,
09:08donc il y aurait un débat à voir avec eux là-dessus,
09:11mais ils sont les seuls à se démarquer.
09:14Après, effectivement,
09:15je constate que de Marine Le Pen,
09:17qui appelle à un grand plan d'investissement
09:18dans la climatisation,
09:19à Marine Tondelier,
09:20qui dit qu'elle n'est pas sectaire
09:23ou qu'elle n'est pas dogmatique
09:25sur la question de la climatisation.
09:26Mais donc, elle est d'accord
09:26pour climatiser les écoles, les transports ?
09:28Absolument.
09:28De la même manière que le maire de Paris,
09:30Emmanuel Grégoire,
09:31a annoncé un changement de doctrine vendredi,
09:33en disant que, oui,
09:35il entamait un grand plan d'investissement
09:37dans les écoles pour les climatiser.
09:39Donc, de ce point de vue-là,
09:40il y a une forme de pragmatisme.
09:41En revanche, du côté écolo,
09:43et c'est là où on continue
09:44de se démarquer quand même,
09:44on ne veut pas que la climatisation
09:46soit un cache-misère,
09:47qu'elle soit quelque part
09:48une solution de confort,
09:50ce palliatif,
09:51qui nous fait passer à côté,
09:53en réalité,
09:54des investissements
09:55auxquels il faudra consentir
09:56pour le long terme.
09:58Renaud ?
09:59Oui, c'est vrai que vous avez raison
10:00de dire que la France nationale
10:01est le seul mouvement
10:02à se décaler des autres,
10:04se distinguer des autres
10:05sur la climatisation.
10:06Elle refusait comme,
10:06d'ailleurs, le Rassemblement National
10:08est le seul mouvement politique
10:09à se distinguer aussi clairement
10:10des autres
10:10sur la dépendance aux énergies fossiles.
10:12Quand on regarde le programme
10:13du Rassemblement National,
10:14Rien dans son projet
10:15ne réduirait la dépendance
10:17aux énergies fossiles,
10:18ce qui est là à long terme,
10:19justement,
10:19pour essayer de ralentir
10:21les effets du réchauffement climatique.
10:23On le sait,
10:23la baisse massive des taxes
10:24sur les carburants,
10:25l'arrêt des énergies renouvelables
10:27et autres.
10:27Donc, c'est vrai que ce sont
10:28les deux mouvements
10:29qui, pour des positions idéologiques
10:31radicalement opposées,
10:31prennent ces postures
10:33qui se dégagent justement
10:34des autres.
10:34Et puis,
10:35on peut peut-être évoquer
10:36une des conséquences
10:39très concrètes
10:40dans la vie quotidienne
10:41des Français,
10:41justement aujourd'hui
10:43pour les conséquences
10:44de la canicule,
10:45c'est aussi
10:46les transports
10:47et la SNCF.
10:48On l'a vu
10:48dès ce week-end
10:49avec un certain nombre
10:51de problèmes,
10:51parfois,
10:52de trains
10:52qui ont du mal
10:53à circuler.
10:54Et le PDG de la SNCF,
10:55lui-même,
10:55Jean Castex,
10:56qui invitait
10:57les personnes
10:58les plus vulnérables
10:58à éviter de prendre
10:59le train
10:59en ces périodes
11:00de canicule.
11:01Je vous propose
11:01d'écouter
11:05Patricia Perenne,
11:06économiste,
11:06spécialiste du transport,
11:07qui était l'invité
11:08de France Info
11:09ce matin
11:09et qui explique
11:09pourquoi
11:10est-ce que
11:11dans un pays
11:11développé
11:12et riche
11:12comme la France,
11:13finalement,
11:13le train
11:13est aussi vulnérable
11:15en période
11:16caniculaire.
11:17Sur certains matériels
11:18roulants assez anciens,
11:19c'est les trains corail
11:20et les trains interstites
11:21qui ont été annulés,
11:21c'est un problème
11:22de matériel roulant.
11:23Elles sont très vieilles.
11:23Elles ont 40,
11:2450 ans.
11:25Et donc,
11:25effectivement,
11:26il y a 40 ou 50 ans,
11:26quand on les a conçus,
11:27la clim n'est pas dimensionnée
11:29pour des pertes
11:30de planicule comme maintenant
11:31et puis elle est assez ancienne.
11:32donc elle ne fonctionne pas très bien.
11:33Ce qui ne va pas faire grand-chose,
11:34c'est que le métal
11:34se dilate avec la chaleur
11:35et du coup,
11:36le rail comme la caténaire,
11:37donc le fil électrique
11:38qui est au-dessus du train,
11:39va se détendre un petit peu
11:40et donc,
11:40notamment,
11:41il y a un risque d'arrachement
11:42au passage du train.
11:44Et Stéphanie Despierre,
11:45vous vouliez réagir
11:46à ce que disait Renaud
11:47il y a un instant
11:47et on va reparler
11:48après de la situation
11:49dans les trains.
11:49Le risque du moment,
11:50c'est qu'on oublie,
11:51on parle beaucoup d'adaptation
11:52et on est en train
11:52de se rendre compte
11:53qu'on a fait des plans,
11:55on ne les a pas forcément appliqués
11:57et on n'a pas isolé
11:57les logements,
11:58etc.
11:58Mais il ne faut pas oublier
11:59l'atténuation,
12:00c'est-à-dire la baisse
12:01d'émissions de gaz
12:02à effet de serre.
12:03La France a baissé
12:04ses émissions de CO2
12:04depuis 2017
12:05de 20%,
12:06ce qui est bien,
12:07sauf que depuis
12:08ces dernières années,
12:08la baisse se réduit
12:10et on n'atteindra jamais
12:11l'objectif qui avait été fixé
12:12pour 2030
12:13de baisser de 50%
12:14les émissions de gaz
12:15à effet de serre.
12:16Après,
12:16c'est difficile
12:17pour les Français
12:18de comprendre
12:19et c'est aussi difficile
12:19pour les gouvernements
12:20d'impulser ça
12:25les accords au niveau mondial,
12:26l'accord de Paris,
12:27on ne tiendra pas
12:28les objectifs
12:28et vous pouvez bien
12:29essayer de convaincre
12:30les Français
12:31qu'il faut faire attention,
12:32qu'il faut atténuer.
12:33S'il n'y a que la France
12:33qui joue et qu'il n'y a pas
12:34d'échelle européenne
12:35ou mondiale,
12:36malheureusement,
12:37on n'arrivera pas
12:38à grand-chose.
12:39Dans un instant,
12:39on va se demander
12:40comment on finance tout ça
12:41et pourquoi les trains
12:42ont-ils tant de mal
12:43aussi à s'adapter
12:44à la chaleur ?
12:45Mais pour l'instant,
12:45il est 9h18
12:46et c'est l'Info
12:47en une minute
12:47avec Antoine Joffin.
12:4913 personnes ont perdu
12:51la vie dans des noyades
12:52depuis samedi soir en France,
12:54rapporte ce matin
12:55la protection civile
12:57sur ici Paris,
12:58Île-de-France.
12:59Parmi les victimes,
12:59une adolescente
13:00de 13 ans décédée
13:01hier soir en Seine-et-Marne.
13:03Chaleur encore plus intense
13:05aujourd'hui sur tout le pays,
13:0649 départements
13:07en vigilance rouge canicule.
13:09A partir de ce midi,
13:10autant c'est du jamais vu,
13:1240 sont en orange
13:13jusqu'à 43 degrés
13:14attendus aujourd'hui
13:15dans le Lot
13:16et en Charente.
13:17Météo France prévoit
13:1742 à Bordeaux,
13:1939 à Paris
13:20et à Toulouse.
13:21Conséquence,
13:22plus de 800 écoles
13:23et collèges
13:24n'ouvriront pas aujourd'hui
13:25et 1800 établissements scolaires
13:27adaptent leurs horaires
13:29hautes températures.
13:30Les trains régionaux
13:31annulés en Île-de-France.
13:33Le Premier ministre
13:34reçoit ce matin
13:35à 11h
13:35le rapport
13:36de deux inspections générales
13:37de la justice
13:38et de la gendarmerie
13:40après l'affaire Liana,
13:41le principal suspect
13:42du meurtre et du viol
13:43de la petite fille
13:44de 11 ans
13:45déjà visée
13:46par une plainte pour viol.
13:47Il n'avait jamais été convoqué.
13:49France-Irak,
13:50ce soir,
13:50deuxième match de poule
13:52pour les Bleus
13:52à la Coupe du Monde de football.
13:54Soirée spéciale à vivre
13:55à partir de 21h
13:56sur France Info.
13:57Le coup d'envoi,
13:58c'est à 23h.
14:11Les informés avec Stéphanie Despierre,
14:13journaliste à LCP,
14:14Antoine Auberdovre,
14:15journaliste politique à l'Opinion.
14:18Renaud, dans tout ça,
14:19c'est l'argent,
14:20le nerf de la guerre.
14:21Comment on trouve cet argent ?
14:22Parce que pour les deux dimensions
14:24qu'on évoquait à l'instant,
14:25qu'il s'agisse de l'adaptation,
14:26par exemple,
14:27la climatisation
14:27ou de l'atténuation
14:28des effets du réchauffement climatique,
14:30évidemment,
14:31ça coûte très, très cher.
14:33La transition écologique,
14:35on sait qu'on a aujourd'hui
14:36plus de 3 300 milliards de dettes.
14:39Comment trouver ces financements ?
14:41Par exemple,
14:42la rénovation énergétique
14:43de l'ensemble des bâtiments,
14:45des établissements scolaires,
14:46la facture est estimée
14:47autour de 50 milliards d'euros.
14:49On sait qu'évidemment,
14:50les collectivités locales
14:52devraient, dans ce cadre-là,
14:53passer à la caisse.
14:54Où trouver donc cet argent ?
14:55C'est aussi le cas,
14:56d'ailleurs, à la SNCF.
14:57On évoquait à l'instant
14:57la difficulté des trains
14:59pour circuler,
15:00même s'il y a des impondérables,
15:01c'est-à-dire des températures
15:02caniculaires
15:03où, de toute façon,
15:05les rails risquent de se dilater
15:07et qui peuvent poser problème
15:09quant au transport,
15:10en France d'ailleurs,
15:10comme chez nos voisins.
15:11Il y a aussi un problème,
15:13notamment pour les trains intercités,
15:15de vieillissement du matériel,
15:18d'absence de climatisation là aussi
15:20et de nécessité
15:21d'investissement public massif
15:22qui ont pris du retard
15:24depuis plusieurs décennies.
15:25Donc bref,
15:25est-ce que nous avons aujourd'hui
15:27les moyens de faire face
15:28jusque dans les conséquences
15:30dans notre vie quotidienne,
15:31par exemple à la SNCF,
15:32à ce besoin d'investissement public ?
15:35Les écoles, en tout cas,
15:35on les ferme.
15:36Et pour les trains,
15:38Jean Castex,
15:38PDG de la SNCF,
15:39recommande aux vulnérables
15:41d'éviter de le prendre.
15:42Donc, c'est quoi le problème
15:43avec les trains ?
15:44La hantise de l'ancien Premier ministre,
15:46c'est un scénario tel que celui
15:48qu'on a pu voir la semaine dernière
15:49dans la ligne entre Paris
15:51et Clermont-Ferrand
15:52avec un train immobilisé sur la voie
15:54pendant des heures,
15:55des gens qui restent à l'intérieur du train
15:57avant d'être exfiltrés
15:59le long de la voie.
16:01Ça, évidemment,
16:01c'est le scénario
16:02que Jean Castex cherche à éviter.
16:04Il faut bien avoir à l'esprit
16:06qu'avec la SNCF,
16:07on a à la fois un problème
16:09sur les infrastructures,
16:10donc bien évidemment,
16:11un rail qui chauffe,
16:13des caténaires,
16:14des signalétiques
16:15qui sont elles-mêmes
16:16très sensibles à la chaleur.
16:17Donc ça, c'est un premier problème.
16:19Mais il y a aussi,
16:20et c'est un point de vigilance
16:21qu'a Jean Castex à l'esprit,
16:22évidemment,
16:23c'est les orages,
16:24les risques d'orage
16:25qui sont en fait,
16:26qui peuvent,
16:27sont susceptibles
16:28d'affecter,
16:29pardonnez-moi,
16:30les arbres
16:31qui longent les rails
16:33et de se mettre
16:34en travers d'un chemin,
16:35d'un chemin de fer.
16:37Et donc ça,
16:37c'est vraiment
16:37un des risques majeurs
16:39que la SNCF a à l'esprit.
16:41C'est un peu dommage,
16:42évidemment,
16:42qu'on soit arrivé
16:43à tout simplement
16:45dissuader des personnes vulnérables
16:46de prendre le train
16:47quand on sait
16:48que c'est un transport
16:48peu carboné.
16:50Mais sur la question
16:50des financements,
16:51il faut avoir à l'esprit
16:52qu'il va falloir engager
16:53des financements,
16:54mais que le réchauffement climatique
16:56lui-même
16:56va avoir une incidence
16:57sur notre économie.
16:58On estime à peu près
17:00la baisse de la productivité
17:01de l'ordre de 7%
17:02d'ici 2030.
17:04C'est considérable.
17:06Et là,
17:06on en revient toujours
17:07aux mêmes problématiques
17:08sur la question du financement.
17:09Si l'on veut pouvoir engager
17:11de l'argent
17:11sur le réchauffement climatique
17:13et la lutte
17:14contre le réchauffement climatique,
17:15alors il nous faut consentir
17:17à certains efforts.
17:18Et là,
17:18il n'y a pas que des choses
17:19agréables à dire aux Français.
17:20Ça veut dire
17:20poser la question des retraites,
17:21ça veut dire
17:22poser la question,
17:23évidemment,
17:23du temps de travail,
17:25du nombre d'actifs.
17:26C'est un peu ce que disait
17:27Bruno Le Maire tout à l'heure.
17:28En tout cas,
17:29il disait
17:29qu'il faut choisir.
17:30Lui,
17:31il choisit un État régalien
17:32qui protège
17:33et notamment face aux canicules
17:35plutôt qu'un État social.
17:37Il dit
17:37il faut assumer
17:38de dire aux Français
17:39vous allez payer plus
17:40les transports en commun
17:41mais ces transports en commun,
17:42ces trains seront mieux aménagés,
17:45seront climatisés.
17:46Est-ce que c'est audible,
17:47ça Stéphanie Despierre ?
17:48Et est-ce que c'est la seule solution
17:50puisque les caisses sont vides ?
17:51Alors je pense que c'est
17:53difficilement audible
17:53pour les Français.
17:54On l'a vu.
17:55Après,
17:55on peut espérer
17:56qu'à chaque fois qu'on se prend le mur,
17:57il y ait peut-être
17:57une prise de conscience.
17:59Mais on a vu aussi
17:59des résistances niveau politique.
18:01Chaque fois qu'on essaye
18:01par exemple
18:02de taxer un petit peu
18:03les retraites élevées,
18:05etc.
18:05Vous avez une levée
18:06de bouclier politique
18:08qui ne permet pas
18:09de dégager de l'argent
18:10pour investir.
18:11Et là,
18:11on parlait de la SNCF,
18:12le ministre des Transports
18:13dit que pour adapter
18:15le ferroviaire,
18:16on engage 3 milliards par an,
18:17là il faut passer
18:18à 4 milliards et demi.
18:19Donc c'est des investissements
18:21colossaux.
18:21Donc il va falloir
18:22arriver à faire comprendre
18:23aux Français
18:24qu'il faut faire des efforts.
18:25Il faut aussi,
18:27et que c'est pour eux,
18:27c'est pour leur bien,
18:28c'est pour qu'ils puissent
18:29continuer à travailler,
18:29pour qu'ils puissent
18:30continuer à dormir,
18:31pour que les enfants
18:31puissent continuer
18:32à aller à l'école.
18:33Et puis c'est au gouvernement
18:33aussi de trouver les moyens
18:34et les leviers d'action
18:35et d'avoir une vision
18:35à long terme.
18:36Et là, malheureusement,
18:37dans le climat politique
18:38où on a un gouvernement
18:40qui tente de rester en place
18:41jusqu'à début de 2027,
18:42on n'aura pas
18:42de grandes prises de décision
18:44évidemment d'ici là.
18:45Donc ça va être
18:46assez compliqué.
18:48C'est possible si les Français,
18:52si les citoyens voient concrètement
18:54les conséquences des efforts
18:56auxquels ils ont consenti.
18:57La démocratie,
18:58c'est un contrat de confiance,
18:59on délègue un certain nombre
19:00de pouvoir à nos représentants
19:01et si jamais l'action
19:03pour lesquelles on les a choisis
19:04se manifeste concrètement,
19:07là, il peut y avoir une adhésion.
19:08Et ça, ça passe par quoi ?
19:09Ça passe en particulier par,
19:11si on regarde la fiscalité,
19:13dans les démocraties scandinaves
19:16de longue date,
19:16il y a eu un taux
19:17de prélèvement obligatoire
19:19extrêmement élevé
19:20mais qui se traduisait
19:21dans la vie quotidienne
19:23par des services publics
19:24qui fonctionnaient,
19:25qui étaient à la hauteur
19:26avec, dans tous les domaines,
19:28l'action de l'État
19:30portait ses fruits
19:31aux yeux des contribuables
19:33en question.
19:33Et ça, ça a expliqué
19:34la stabilité
19:35d'un certain nombre de régimes,
19:36en particulier, je pense,
19:37à un certain nombre
19:38de démocraties scandinaves
19:39avec, encore une fois,
19:40des très forts taux
19:41de prélèvement obligatoire.
19:41Le problème auquel on se heurte
19:43en France,
19:43c'est que le taux
19:44de prélèvement obligatoire
19:45en France est très élevé
19:46et qu'il y a une insatisfaction,
19:47on va dire,
19:48qui s'est étendue
19:49dans une large frange
19:50de la population
19:51vis-à-vis du fonctionnement
19:54de l'État en général,
19:56on va dire,
19:56dans un certain nombre
19:57de domaines.
19:57Et on voit aujourd'hui,
19:58par exemple,
19:58la crise de l'hôpital public
19:59renvoie aussi
20:00à cette dimension-là
20:01et on voit aussi
20:02que l'hôpital souffre
20:03de la canicule.
20:03Et donc, je pense que
20:04c'est là où on en est.
20:05C'est-à-dire que,
20:06mobiliser les énergies
20:11en termes de travail,
20:12davantage de travail
20:13ou davantage de fiscalité,
20:14ça nécessite
20:15qu'il y ait une efficacité
20:16de l'État
20:17qui n'est plus
20:17au rendez-vous aujourd'hui.
20:19Le problème,
20:19c'est qu'on a pris
20:19tellement de retard
20:20que là,
20:20les Français ne voient pas
20:21quand on leur dit
20:22« Regardez,
20:23on a changé les rames
20:24de RER et de métro,
20:25on a climatisé »,
20:26en fait,
20:26il y en a toujours
20:26qui se retrouvent
20:27dans des rames surchauffées
20:28et la SNCF,
20:30c'est la même chose.
20:30On a changé,
20:31ils ont un plan d'adaptation
20:32des RAC
20:32qu'ils ont déjà commencé à faire.
20:33Il y a eu des gros investissements
20:34sur les locomotives,
20:36etc.,
20:37et les climatisations.
20:37Mais le problème,
20:38c'est qu'on a pris
20:39tellement de retard
20:39que les Français
20:40ne voient pas ça.
20:41Et c'est ça qu'il faut
20:41arriver à leur expliquer.
20:43Antoine Overdorf ?
20:44Oui, le problème,
20:44c'est qu'on est confronté
20:45à un phénomène
20:46de zapping écologique
20:47et qu'en réalité,
20:48là, on peut avoir le sentiment
20:49que compte tenu
20:49de la vague de chaleur
20:50que nous subissons,
20:51ça va être la mer des batailles,
20:52l'un des sujets phares
20:53en tout cas de la prochaine
20:53élection présidentielle.
20:55Et j'en doute,
20:55j'en doute fort malheureusement.
20:56Est-ce que dès qu'il fera meilleur,
20:57on aura un peu oublié
20:58cette priorité ?
20:59Il y a de ça.
20:59Il y a aussi une classe politique
21:01qui vous cite à tour de bras,
21:02vous parliez de ce qui est
21:03consensuel, Agathe,
21:04le rapport de Mario Draghi,
21:05par exemple,
21:05qui préconise un certain
21:06nombre d'investissements
21:07et au fond,
21:07de faire du moteur
21:09de la relance européenne
21:10dans la croissance,
21:11la transition énergétique,
21:13de mettre vraiment le paquet,
21:14par exemple,
21:15sur le leasing
21:16pour l'achat
21:17de véhicules électriques.
21:18Voilà, il vous le cite
21:19à tour de bras,
21:20les politiques,
21:20mais le moment venu,
21:21au moment de la présidentielle,
21:22ce n'est pas nécessairement
21:26le clivage et le marqueur
21:28entre les différentes
21:28formations politiques
21:29et pour balayer aussi
21:30un peu devant notre porte,
21:32nous autres journalistes,
21:33essayons évidemment
21:34de consacrer une part
21:35de plus en plus importante
21:36à ces questions écologiques,
21:37mais nous participons
21:38de ce zapping nécessairement.
21:40L'affaire Liana
21:41était à juste titre
21:42la mère des batailles
21:43la semaine dernière
21:44et la lutte
21:44contre la pédocriminalité.
21:46Cette semaine,
21:46c'est la canicule,
21:47peut-être la semaine prochaine,
21:48la question carcérale.
21:51Nous voyons que nous vivons
21:52dans un espèce d'état
21:53d'urgence généralisé
21:54auquel la classe politique
21:55peine à répondre.
21:56Et il y a aussi
21:57les jeunes qui s'étaient
21:58beaucoup mobilisés
21:59pour le climat
22:00à une époque
22:00qui se mobilisent moins,
22:02en tout cas pour ce sujet,
22:03aujourd'hui.
22:04Merci beaucoup
22:04les informés.
22:06Antoine Oberdhoff,
22:08journaliste politique
22:08à l'Opinion,
22:09vous avez la une
22:10de l'Opinion ?
22:11Oui,
22:11à l'Opinion ce matin,
22:13un autorportrait
22:14d'une France en crise,
22:15on ne pouvait pas mieux dire,
22:16tout ça basé sur
22:17des sondages,
22:18des graphiques
22:18avec nos partenaires
22:20de l'IFOP.
22:21Merci beaucoup,
22:22merci Stéphanie Despierre,
22:23journaliste à LCP.
22:24Merci Renaud.
22:25On se retrouve demain
22:27et les informés
22:27reviennent ce soir
22:28à 20h avec Victor Maitley.
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