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  • il y a 9 mois
🎙️ Quel rapport les journalistes et producteurs de Radio France entretiennent-ils avec la langue française ?
Patrick Cohen, éditorialiste politique à France Inter nous parle de son rapport à la langue.

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Transcription
00:00Mon mot préféré, c'est celui que je vais découvrir.
00:10Ils sont forcément inspirants, parce que c'est pour eux qu'on travaille, c'est à eux qu'on s'adresse.
00:17Je regarde très souvent les messages d'auditeurs qui arrivent, notamment sur le site de la médiatrice.
00:23Donc oui, c'est inspirant.
00:24C'est absolument fondamental, ça fait partie de notre mission, ça fait partie des choses qu'on doit aux auditeurs.
00:38Défendre la richesse de la langue, moi je passe beaucoup de temps dans les dictionnaires pour essayer de trouver le mot juste,
00:44ne pas employer un mot pour un autre, pour essayer de faire découvrir aussi parfois des expressions, des mots, des histoires,
00:53apprendre des choses, raconter des histoires, mais aussi apprendre des mots, faire découvrir la richesse de la langue,
01:04ça fait partie de la mission du service public, évidemment, naturellement.
01:08Il y en a plein, j'essaie d'éviter les clichés journalistiques, monter au créneau, la cerise sur le gâteau, le...
01:17Bon voilà, en politique, il y a un truc qu'on entend tout le temps, depuis quelques années, etc., qui vient du football, c'est tacler.
01:25Et j'essaie de ne pas dire tacler, parce qu'on peut dire critiquer, on peut dire dénoncer.
01:33Il y a plein de formules équivalentes, mais tacler, non, c'est une facilité, voilà, j'essaie d'éviter.
01:40Oui, là aussi j'essaie de l'éviter, c'est plus facile de l'éviter parce que j'écris et que j'improvise peu dans ce que je fais aujourd'hui à la radio,
01:55avec des chroniques, mais peut-être, vous l'avez-vous entendu depuis le début de cet entretien,
02:02évidemment, c'est quelque chose que je dis assez souvent, comme béquille, pour parler de l'évidence d'une situation, d'une chose, d'une action.
02:09Donc évidemment, je crois que je le dis assez souvent.
02:16Non, je n'ai pas de mot préféré, mais mon mot préféré, c'est celui que je vais découvrir.
02:22Et voilà, ça fait plus de 50 ans que je pratique la langue française, et j'en découvre à peu près encore tous les jours.
02:29Donc je les cherche, je les note, parfois je les compile sur des sites, j'ai un petit dictionnaire portatif sur mon portable,
02:37où je peux mettre les pépites de côté.
02:41Vous voyez, il n'y a pas très longtemps, je ne sais plus si c'était dans un livre politique ou un papier politique,
02:46je tombe sur d'estrogir.
02:49D'estrogir, alors je vais chercher, qu'est-ce que ça veut dire d'estrogir ?
02:52C'est un terme de physique, ça veut dire capable de dévier un rayon lumineux vers la droite.
02:57Donc d'estrogir qui fait dévier vers la droite, donc on peut l'employer en politique, pourquoi pas, c'est amusant.
03:05Bon, je pense qu'on peut l'utiliser, mais voilà, c'est ça.
03:08Les mots préférés, c'est les mots qui, précisément, qui sortent des clichés, des sentiers battus et rebattus partout.
03:17Ah non, c'est évidemment, et voilà, évidemment, c'est à éviter.
03:26Sans conteste, il y a des anglicismes, notamment dans les termes techniques, liés à Internet,
03:34qui sont difficiles à éviter, voilà, les mails.
03:37Beaucoup du langage qui se rapporte aux techniques d'aujourd'hui, parfois, même s'il y a des équivalents.
03:46Il y a des anglicismes connus qui sont passés vraiment dans le langage courant, et c'est des combats perdus.
03:53Addiction, par exemple, c'est un anglicisme.
03:55Il y a un mot exactement équivalent dans la langue française, mais que personne ne connaît,
04:00c'est un joli mot, c'est assuétude.
04:04L'assuétude, ça dit une dépendance très forte à une pratique, à un médicament, une drogue.
04:15C'est l'exact équivalent d'addiction, mais addiction a remporté le match,
04:19et donc si vous employez assuétude, on ne comprend pas, mais c'est dommage.
04:23Ça évoque l'objet, qui était un objet de liberté, en tout cas pour ma génération, c'est le transistor.
04:32C'est l'objet qu'on emporte partout.
04:35Alors aujourd'hui, le transistor a été en grande partie remplacé par le smartphone
04:40et d'autres objets portables et connectés.
04:44Mais la radio, pour moi, c'est le transistor et c'est la liberté, c'est le son, la musique, la parole,
04:50la connaissance qu'on peut emmener partout.
04:53Oui, il y en a beaucoup.
04:57J'ai envie de citer celle qui fut longtemps ma complice ici à France Inter
05:02et dont la voix m'emporte toujours.
05:04C'est une voix qui manque à la radio, c'est celle de Pascal Clark.
05:07Merci d'avoir regardé cette vidéo !
05:11Merci d'avoir regardé cette vidéo !

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