00:00Évidemment que le pouvoir du son est très important, surtout dans l'information.
00:11Alors moi, paradoxalement, j'en ai pas souvent, sauf à l'époque des manifestations des Gilets jaunes,
00:19où là ça a été assez rock'n'roll, où il a fallu jongler entre ceux qui dénonçaient les violences policières
00:26et puis également ceux qui les soutenaient, qui estimaient que de toute façon on laissait trop de champs libres aux manifestations des Gilets jaunes.
00:33Donc là, c'est un souvenir où effectivement j'avais des retours, je regardais et ça nous a assez inspirés sur des journaux
00:42pour pouvoir justement trouver une forme d'équilibre éditorial.
00:46Là, ça c'était pas évident. Sinon, pour le reste du temps, moi j'y suis moins confronté évidemment que certains de mes collègues.
00:52Ça me paraît évident de faire attention. Alors c'est comme pour le courrier des lecteurs,
01:01moi j'y suis un peu moins confronté au sens où je ne suis pas producteur, animateur d'émissions,
01:07je ne suis pas amené à improviser, à répondre en direct à des thématiques,
01:14puisque nous, à la rédaction, dans les services spécialisés, on a cette chance de pouvoir préparer très clairement nos sujets
01:21et de les écrire. Globalement, on a le temps de se relire, de réécrire, de faire très attention
01:26aux répétitions, aux fautes de syntaxe et autres erreurs de grammaire.
01:32J'essaye de faire attention à certains vocabulaires.
01:42Quand il s'agit d'acronymes, par exemple, évidemment, quand on travaille sur la police,
01:47sur les gendarmes, sur la justice, on a régulièrement évidemment des acronymes,
01:52je pense au GIGN, au RAID, BRI, si je vous donne SDLP, vous ne comprendrez pas,
01:57c'est-à-dire le service de protection des personnalités.
02:01Il y a une chose à laquelle je m'oblige, c'est à chaque fois, quand je donne des acronymes comme ça,
02:05propres au ministère de l'Intérieur, c'est à chaque fois de donner la version longue
02:10et puis d'expliquer si en plus, on ne connaît pas trop.
02:16Non, je n'en ai pas forcément, parce que, d'abord, je parle beaucoup moins que Fabien de Saint-Est,
02:22par exemple, ou Nagui, pour ne pas le citer, donc je ne pense pas avoir trop ce problème-là
02:30parce qu'on les enlève avant, en général.
02:37Non, pas particulièrement, parce que j'en aime beaucoup, y compris dans ma spécialité en police-justice,
02:42y compris les mots « grenade défensive », « assaut », « prise d'otage »,
02:49tous ces mots-là très dérangeants, très sensibles, « crime », « délinquance », « violence policière », évidemment.
02:57Ça, ce sont des mots, des notions sur lesquelles on travaille tous les jours,
03:00sur lesquelles on réfléchit, qu'on a en soi, qu'on essaie de maîtriser aussi,
03:04parce que certains recoupent des notions assez complexes,
03:06et c'est en permanence qu'on les traite, et puis qu'on les aime aussi,
03:12parce que ça nous remplit nos journées.
03:18En fait, je ne suis pas confronté, parce que je suis nul en anglais,
03:20donc déjà, voilà, par rapport à certains de mes camarades qui maîtrisent,
03:24qui parlent les deux langues, qui ont été correspondants aux États-Unis ou en Angleterre,
03:30je n'ai pas vraiment ce souci-là, en fait.
03:32Après, est-ce que c'est un indispensable ou pas un indispensable ?
03:35Oui, il y a certains mots qui sont rentrés dans la langue française,
03:39donc oui, pourquoi pas les utiliser, évidemment.
03:45Le pouvoir du son.
03:47Et ça, je l'ai toujours pensé.
03:49À un moment de ma carrière, je ne savais pas si je voulais faire de la télé ou de la radio.
03:53Évidemment que le pouvoir du son est très important, surtout dans l'information.
03:56Moi, j'ai toujours tendance à expliquer quand j'en parle,
04:00y compris avec des amis, avec de la famille.
04:03C'est de dire, écoute les infos et regarde le journal de télévision et le journal radio.
04:10Tu me diras ce que tu as retenu sur le même sujet.
04:13Et en général, on retient mieux quand on a juste entendu la voix,
04:16en particulier le matin, quand on est à moitié réveillé.
04:22Stéphane Place, Alain Pagès ou Bernard Kreuzer.
04:25Vous voyez, ça ne parle pas.
04:27Stéphane Place est le frère des grandes voix de Radio France.
04:30Richard Place, qui a été notre correspondant encore récemment en Angleterre.
04:34Mais ce sont des personnes qui m'ont pris sous leurs ailes au début de ma carrière.
04:38Et je leur dois énormément.
04:40J'étais à Bordeaux à l'époque.
04:43Je débutais.
04:44Et Stéphane Place, Alain Pagès, Bernard Kreuzer,
04:47ensuite au Pays Basque, qui était le rédacteur en chef de la locale de Radio France.
04:51Gora Patel, qui était mon rédacteur en chef à Outre-mer, la première, on dirait aujourd'hui, à La Réunion.
04:58C'était RFO à l'époque, Radio France Outre-mer.
05:01Voilà, donc c'est grâce à ces journalistes-là, ces très grands journalistes,
05:05qu'aujourd'hui, je peux travailler à France Inter
05:08et exercer une spécialité comme celle de la police et de la justice depuis 12 ans maintenant.
05:16Ça fait beaucoup.
05:16Sous-titrage Société Radio-Canada