00:00Je ne dirais pas que c'est un mot préféré, mais c'est un mot que j'aime détester.
00:03Je pense que je ne suis pas le seul à la rédaction de France Inter.
00:06C'est le mot inéligibilité.
00:16Alors, inspirant évidemment, parce qu'ils nous permettent cette remise en question,
00:21qui est fondamentale dans notre métier,
00:24nous permettent de voir comment sont reçues nos explications, nos décryptages,
00:30notre façon de raconter l'information, et c'est vraiment essentiel.
00:33Et contrairement peut-être à ce que certains pensent,
00:36on prend vraiment en compte ce qu'on reçoit, les avis qu'on reçoit.
00:41En tout cas, moi, je les prends vraiment en compte.
00:43Contraignant, je ne dirais pas contraignant, je dirais juste parfois peut-être un peu injuste.
00:48Quand on s'attache par exemple à l'écoute d'un seul journal
00:51et qu'on va critiquer la couverture éditoriale d'un sujet, quel qu'il soit,
00:55sur la base de l'écoute d'un seul journal,
00:57c'est parfois un peu injuste parce que,
00:59évidemment, elle est critiquable, notre couverture éditoriale,
01:01mais elle se critique et elle s'analyse, je pense, sur plusieurs journaux,
01:05sur toute une matinale, voire sur toute une journée, sur France Inter.
01:08C'est aussi là que se fait l'équilibre.
01:10Si un interlocuteur A parle dans le journal de 8 heures,
01:15peut-être que l'interlocuteur B va lui répondre dans le journal de 13 heures.
01:21Oui, je pense que ça fait partie de notre rôle, évidemment,
01:26parce qu'utiliser les mots les plus précis, les mots justes,
01:30pour qualifier une situation, c'est un impératif en radio,
01:33étant donné que nos formats, nos durées d'intervention sont assez serrées,
01:37sont assez courts, on n'a pas le temps de tourner autour du pot,
01:40donc il faut qu'on soit précis, donc il faut qu'on utilise les mots justes.
01:46Alors oui, entre nous, on sait qu'on a beaucoup de poncifs un peu éculés
01:51que moi, vraiment, j'essaye d'éviter.
01:54Je pense qu'au début de ma carrière, je les ai utilisés.
01:56C'est par exemple, tirer la sonnette d'alarme, être vent debout,
02:01voilà, tous ces poncifs-là, vraiment, j'essaye d'éviter.
02:05J'en ai un vraiment, et j'en suis conscient, c'est Notamment.
02:11Moi, j'utilise beaucoup Notamment, je l'ai peut-être déjà dit
02:13depuis le début de cette interview, sans m'en rendre compte.
02:16C'est vraiment une béquille, donc comme j'en suis conscient,
02:19je tente de réduire le nombre de Notamment, mais oui, clairement, il y en a qui passent.
02:27Je ne dirais pas que c'est un mot préféré, mais c'est un mot que j'aime détester,
02:31je pense que je ne suis pas le seul à la rédaction de France Inter,
02:33c'est le mot inéligibilité.
02:36Et ça, c'est vraiment un mot qu'on voit arriver, qu'on aime détester,
02:39parce qu'on le voit arriver dans une brève, dans un journal ou dans un papier, à l'antenne.
02:45Il n'y a pas vraiment de synonyme, c'est compliqué de trouver un autre mot que celui-ci,
02:51une peine d'inéligibilité.
02:53Et donc, disons que ce n'est pas un mot préféré, mais c'est un mot que j'adore détester.
02:56Alors là, dans la mesure du possible, il faut les éviter.
03:02Vraiment, pour moi, c'est vraiment snob.
03:05En tout cas, quand le mot français existe.
03:07Alors après, il ne faut pas tomber dans l'extrême inverse.
03:11Il y a des anglicismes qui se sont imposés sans vraiment d'équivalent en français,
03:15ou en tout cas des équivalents qui ne sont pas vraiment utilisés dans la vie
03:19par les gens et par nos auditeurs.
03:21Et c'est ça qui importe, quels sont les mots qu'utilisent et qu'emploient nos auditeurs.
03:25Donc, par exemple, au service économie, c'est vrai qu'on dit start-up
03:28parce que le mot s'est imposé et que le mot jeune pousse,
03:32lui, ne s'est pas vraiment imposé.
03:34Alors, on peut le déplorer,
03:36mais je pense que parfois, on ne peut pas les éviter.
03:38Mais tant qu'on peut les éviter, on les évite.
03:45Alors, le mot radio, c'est avant même d'y travailler,
03:48vraiment un souvenir d'enfance.
03:49Donc, moi, l'image que j'ai, c'est la préparation du repas
03:52aux alentours de 19h15, 19h20,
03:55juste avant de passer à table, en famille,
03:57à l'écoute du Téléphone Son de France Inter.
04:00J'ai encore vraiment le générique de l'époque dans la tête.
04:04À l'époque, c'était Alain Bédoué.
04:06Donc, c'est vraiment un peu mes premiers souvenirs d'écoute de la radio.
04:09D'ailleurs, à l'époque, j'avais posé une question au Téléphone Son
04:12et j'en étais très fier parce qu'elle avait été retenue.
04:15Donc, ça, c'est vraiment mes premiers souvenirs très marquants de la radio.
04:19La voix qui me marquait beaucoup, c'était la voix de Claire Servagent,
04:25présentatrice du journal de 13h pendant de longues années sur France Inter.
04:30Voix très marquante parce qu'à la fois précise, juste et en même temps sereine.
04:36Jamais dans la panique, jamais dans l'angoisse,
04:38quelle que soit la gravité de l'information qui était évoquée à l'antenne,
04:45elle arrivait, Claire, à vraiment trouver cet équilibre.
04:50Ce côté rassurant pour un auditeur, je trouve,
04:54quand elle présentait le journal de 13h,
04:56malgré la gravité du monde qui nous entoure.
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