Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 1 minute
🎙️ Quel rapport les journalistes et producteurs de Radio France entretiennent-ils avec la langue française ?
Alexis Demeyer, chef adjoint du service culture de France Inter et spécialiste cinéma nous parle de son rapport à la langue.

Transcription
00:00Je tombe assez souvent sur des gens qui me disent
00:01« Ah, moi j'essaie d'apprendre le français et j'écoute France Inter pour apprendre le français ».
00:06Et donc ça aussi, je trouve que c'est une belle récompense.
00:16Pour moi, c'est totalement inspirant, ça m'aide énormément,
00:19qu'il soit positif ou négatif d'ailleurs, mais j'aime toujours recevoir du courrier.
00:23Ça me plaît beaucoup et ça m'aide vraiment à progresser,
00:26à affiner ce que je souhaite donner aux auditeurs.
00:29Et puis au-delà des mails, des lettres qu'on peut recevoir,
00:33j'aime bien aussi, quand je vais sur le terrain, quand je vais en reportage,
00:36discuter avec des auditeurs qui, voyant le micro, viennent nous voir.
00:39Et là aussi, ça permet vraiment de visualiser en fait qui est notre public,
00:45parce que la radio, c'est un média aveugle et donc on ne sait pas qui nous écoute,
00:49on ne connaît pas leurs réactions.
00:50Donc quand on en a, franchement, moi en tout cas, je suis très preneur.
00:56Écoutez, moi ça me tient beaucoup à cœur.
00:58J'essaie vraiment, vraiment d'employer les meilleurs termes, les meilleurs mots au bon moment.
01:03Au moment où j'écris mes textes, je me documente énormément.
01:07J'utilise les dictionnaires et notamment le dictionnaire des synonymes
01:10pour avoir les mots les plus précis à employer à l'antenne,
01:13tout en étant évidemment dans un vocabulaire accessible par le plus grand nombre.
01:18Mais en tout cas, ça me tient très à cœur de trouver les bons mots,
01:21les bonnes expressions et d'étoffer un peu aussi mon vocabulaire grâce à ça.
01:25Moi, j'ai appris à parler notamment en écoutant la radio
01:28et donc j'espère que peut-être que pour d'autres auditeurs,
01:31ce sera le cas un peu grâce à moi.
01:33Et par ailleurs, en partant régulièrement en reportage à l'étranger,
01:38je tombe assez souvent sur des gens qui me disent
01:40« Ah, moi j'essaie d'apprendre le français et j'écoute France Inter pour apprendre le français. »
01:45Et donc ça aussi, je trouve que c'est une belle récompense.
01:50Je m'interdis totalement du coup.
01:52Et j'essaie aussi de m'interdire au maximum une espèce d'œufs.
01:56Et bien sûr, un espèce d'œufs.
01:57Mais même une espèce d'œufs, j'essaie de ne pas trop l'employer
02:00parce que je l'entends beaucoup en tant qu'auditeur par ailleurs.
02:03Et donc, voilà, j'essaie de faire en sorte que ce tic de l'époque
02:07et évidemment, du coup, en est un très important,
02:09que ce tic de l'époque ne soit pas trop souvent dans ma bouche.
02:12Voilà, en tout cas, j'essaie.
02:17Quand je me relis et après, quand je me réécoute,
02:19je me rends compte que j'utilise beaucoup d'adverbes
02:21complètement, absolument, totalement.
02:24J'utilise très souvent aussi le mot « très ».
02:26Un film très fort, très puissant.
02:28Et je me rends compte que ces adverbes sont peut-être un peu en trop
02:31et c'est toujours un peu pour surligner mon propos,
02:33mais il n'y a sans doute pas besoin.
02:35Et donc, j'essaie de gommer ça au fur et à mesure,
02:37mais c'est loin d'être facile.
02:41Mon mot préféré et d'origine grecque, c'est « cinéma ».
02:44J'aime beaucoup ce mot, je le trouve très agréable à dire.
02:46Tout de suite, ça m'évoque plein de choses.
02:48Et donc, voilà, vive le cinéma.
02:53Moi, en fait, quand j'ai commencé la radio, on m'a dit
02:55« il faut être au maximum à la radio comme quand on parle dans la vraie vie ».
02:59Et dans la vraie vie, j'emploie des anglicismes.
03:02Par exemple, quand je parle de cinéma, ça ne me dérange pas plus que ça
03:04de dire « travelling », « casting » ou même « spoiler ».
03:07Parce que, même si c'est très mignon, dit « vu le cachage »,
03:10je trouve qu'il y a un côté aussi un peu snob.
03:12Et donc, j'essaie au maximum de parler comme on parlerait dans la rue,
03:16avec un langage légèrement plus soutenu,
03:18mais en tout cas comme dans une vraie discussion orale.
03:23Pour moi, la radio, ça m'évoque tout de suite l'enfance,
03:25parce que j'écoute la radio depuis que je suis né, en gros.
03:28Et donc, ça m'évoque des souvenirs de premiers émois d'auditeurs
03:33en écoutant, je ne sais pas, Gérard Courchel ou Pierre Bouteillet
03:36me parler de culture.
03:37Et depuis, tout ce qui touche à la radio, ça me ramène à l'enfance,
03:40à cette passion depuis tout petit qui ne m'a jamais quitté.
03:46Là, j'ai cité la voix de Pierre Bouteillet,
03:48qui m'a vraiment bercé lorsque j'étais jeune.
03:50Je trouvais qu'il avait une voix très souriante, très agréable,
03:52évidemment aussi très érudite.
03:55Mais parmi les personnes qui sont encore à Radio France
03:58et plus particulièrement à France Inter,
04:00j'ai envie de citer Patricia Martin.
04:02J'aime beaucoup sa voix.
04:04Il y a un côté un peu insolent, un peu impertinent dans sa voix
04:08et en même temps extrêmement classe.
04:10Et donc, j'aime énormément sa voix.
04:12C'est une voix qui me berce depuis que je suis tout petit
04:14et qui continue de me bercer.
04:15Je trouve que ça fait partie des personnes qui incarnent vraiment France Inter.
04:19Et donc voilà, petit message personnel, Patricia, je te kiffe.

Recommandations