- il y a 4 jours
Le 18 décembre, lors du Conseil européen à Bruxelles, les 27 devraient donner leur feu vert à l'accord commercial avec le Mercosur. Prise en étau entre les droits de douanes américains et la Chine, l'Union européenne cherche de nouveaux débouchés pour son industrie et son agriculture. Mais certains pays, comme la France, craignent un dumping sur les prix et sur les normes environnementales. Alors l'accord avec le Mercosur est-il un bon deal pour l'UE ? Caroline de Camaret et Thibault Henocque ouvrent le débat dans « Ici l'Europe », avec les eurodéputés Saskia Bricmont (Les Verts/ALE, Belgique) et Charles Goerens (Renew, Luxembourg).
- Première partie : Caroline de Camaret reçoit le Président de la Roumanie, Nicusor Dan, pour évoquer l'actualité européenne et internationale.
- Deuxième partie : Caroline de Camaret et Thibault Henocque reçoivent les eurodéputés Saskia Bricmont (Les Verts/ALE, Belgique) et Charles Goerens (Renew, Luxembourg) pour un débat sur le Mercosur.
Ici, l'Europe
Chaque semaine, LCP Assemblée nationale, Public Sénat et France24 vous plongent au coeur des questions qui secouent l'Europe : Covid-19, questions migratoires, « Green deal », Brexit ou encore souveraineté digitale. Quel avenir pour l'Union et ses 450 millions d'habitants ? Une demi-heure d'information pour mieux comprendre les enjeux européens.
- Première partie : Caroline de Camaret reçoit le Président de la Roumanie, Nicusor Dan, pour évoquer l'actualité européenne et internationale.
- Deuxième partie : Caroline de Camaret et Thibault Henocque reçoivent les eurodéputés Saskia Bricmont (Les Verts/ALE, Belgique) et Charles Goerens (Renew, Luxembourg) pour un débat sur le Mercosur.
Ici, l'Europe
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00:00France 24, LCP, Public Sénat, présente.
00:16Bonjour à tous et merci de nous rejoindre pour Ici l'Europe, sur France 24 et les chaînes parlementaires.
00:21Alors, nous allons vous proposer dans quelques minutes, dans notre partie débat, un débat sur le Mercosur,
00:26grand accord avec l'Amérique latine. Mais tout de suite, nous avons le plaisir d'être installés au cercle interallié,
00:34à quelques mètres de l'Élysée, pour parler du flanc est de l'Union européenne, car nous avons aujourd'hui le plaisir de recevoir
00:40le président de la Roumanie, Miku Chordane. Bonjour, merci d'être avec nous, Monsieur le Président.
00:47Je rappelle que vous avez étudié les mathématiques, y compris à l'École Normale Supérieure Française,
00:52qui explique votre bon français. Et vous avez été élu président en mai dernier, avec 53,6% des suffrages
01:03face à un candidat d'extrême droite, Georges Simion, avec un programme que vous aviez, donc, indépendant et anti-corruption.
01:11Une présidence qui soulage, à ce moment-là, l'Union européenne et l'Ukraine voisines.
01:18La précédente élection avait d'ailleurs été annulée. C'était une première en Europe.
01:22Est-ce que vous jugez, avec le recul, que vous avez bien fait, que cette annulation était justifiée ?
01:28Sans doute. Sans doute. C'est-à-dire, on peut dire maintenant, très franchement,
01:34qu'on a eu une campagne de désinformation russe qui a commencé il y a dix ans,
01:41donc juste après Crimée, et qui, donc, on n'a pas fait, les autorités roumaines n'ont pas fait beaucoup d'attention.
01:51On l'a pensé mineur, mais il y avait une technologie très sophistiquée
01:59qui s'était mise dans les dernières deux, trois, quatre semaines avant les élections de l'année dernière.
02:08Dans le moment où la Cour constitutionnelle a annulé les élections,
02:12on n'avait pas toutes les informations, mais maintenant, on peut dire sûrement
02:17qu'il y avait une influence russe, d'une part, et d'autre part,
02:21que les règles de financement de la campagne électorale
02:24n'ont été pas bien respectées d'une manière très, très grossière.
02:28Nikou Chordane, la Roumanie, c'est 19 millions d'habitants
02:32qui ont connu une progression de 134% de leur pouvoir d'achat moyen en 20 ans.
02:37C'est la plus importante en Europe, mais elle n'est pas uniforme.
02:40D'ailleurs, aujourd'hui, le déficit de votre pays atteint 9%.
02:43C'est trois fois la limite des 3% autorisés par les règles de l'Union européenne.
02:47Une inflation record aussi.
02:48Vous devez prendre des mesures d'austérité sur cette année et la prochaine.
02:52Et donc, un mécontentement ?
02:55Oui, tout d'abord, le déficit de cette année sera 8,4%.
03:01Donc, on a déjà pris ces mesures difficiles.
03:05Ces mesures difficiles, on met l'inflation à 10%.
03:08Ces mesures seront prises également pour l'année prochaine.
03:12Donc, il n'y aura pas de mesures supplémentaires que les gens ne savent pas encore.
03:19Et l'année prochaine, on sera entre 6 et 6,5.
03:24Donc, on se rapproche de ces 3%.
03:28C'est vrai que c'était difficile, mais on n'a pas eu vraiment d'alternative parce qu'on a une dette publique.
03:38Et c'est très important de donner le signal de l'investisseur, des fonds d'investissement, des banques,
03:46tout cela, que la Roumanie va régler son déficit.
03:49Mais vous ne pouvez pas, par exemple, rejoindre la zone euro, comme c'est le cas de la Bulgarie, au 1er janvier.
03:55Est-ce que ça vous regrettez ?
03:56Non. Pour l'instant, la Roumanie, on est dans la bonne trajectoire pour être dans l'OCDE l'année prochaine.
04:05Donc, ce qui est important pour nous, c'est d'avoir de l'investissement étranger qui vient.
04:10Et je pense qu'on est bien placé. Après réduire le déficit de l'OCDE, 3, donner une prédictibilité fiscale, je pense que ça va se passer.
04:23Alors, le pays voisin à la Bulgarie connaît en ce moment même, d'ailleurs, de grandes manifestations anticorruption.
04:30Vous avez fait campagne sur ce thème de la corruption.
04:32Est-ce que vous avez le sentiment d'être en train de remporter cette lutte contre ce mal qui gangrène l'Est de l'Europe ?
04:39Et votre pays, la Roumanie en particulier ?
04:41La corruption à Roumanie a beaucoup de niveaux.
04:47Au niveau bas, petite administration, au niveau haut.
04:52Pour y lutter, on doit avoir des mesures qui soient administratives, au niveau des procureurs,
05:01au niveau du système de justice, pour que les procès ne durent pas assez long qu'ils durent maintenant.
05:07Et au niveau législatif, il y a la volonté, mais ça va durer, cette lutte contre la corruption.
05:15Alors, Nico Chordane, comme toutes les semaines, je vous propose de regarder quelques informations européennes.
05:20C'est l'Europe en bref, proposée par Isabelle Romero.
05:23Après des semaines de manifestations de masse pour dénoncer la corruption dans l'appareil de l'État,
05:32le premier ministre bulgare, Rosenzeliakoff, a jeté l'éponge.
05:36Nous devons être à la hauteur des exigences des citoyens, et leur exigence, c'est la démission du gouvernement.
05:41Le gouvernement avait tenté de faire adopter en procédure accélérée le budget 2026,
05:47incluant des hausses d'impôts controversées.
05:49Le premier est libellé en euros.
05:51Ce petit pays des Balkans, le plus pauvre de l'Union européenne,
05:55s'apprête à introduire la monnaie unique le 1er janvier 2026.
05:58Les pays de l'UE ont approuvé un net durcissement de leur politique migratoire.
06:03Il prévoit d'expulser les migrants irréguliers vers des hubs de retour,
06:07situés dans des pays en dehors de l'UE,
06:08dont ces migrants ne sont pas originaires, mais que l'Europe considère comme sûrs.
06:14Et aussi de sanctionner plus durement ces étrangers refusant de quitter le territoire européen.
06:19Magnus Brunner, commissaire européen aux migrations.
06:22Il est important de montrer aux citoyens que nous reprenons le contrôle de la situation
06:27et que nous remettons de l'ordre dans la maison européenne.
06:32Ce plan approuvé par l'extrême droite et la droite au Parlement européen
06:35est rejeté par la gauche et plusieurs ONG au nom des droits humains.
06:41Victoire pour les pro-européens en Roumanie avec l'élection du libéral Ciprian Tchoukou.
06:47Il l'emporte face à l'extrême droite de l'Alliance pour l'unité des Roumains.
06:50Ciprian Tchoukou a remplacé l'ancien maire Nikou Sordane,
06:55devenu président du pays suite à un scrutin annulé pour des soupçons d'ingérence russe.
07:03Nikou Sordane, vous étiez maire de Bucarest, je le rappelle, jusqu'à votre élection présidentielle.
07:07Le 7 décembre dernier, c'est le libéral Ciprian Tchoukou qui a été élu maire de la capitale.
07:13Une victoire qui renforce la position du premier ministre roumain à la tête d'une fragile coalition pro-européenne,
07:21alors que l'extrême droite ambitionnait de diriger la capitale.
07:25D'ailleurs, elle est très haute encore, cette extrême droite.
07:27Comment vous l'expliquez dans votre pays, la Roumanie ?
07:29C'est vrai, on a un parti qui est anti-européen et même pro-russ.
07:35Dans le parlement, avec deux autres partis, ils sont à 35%, dans les sondages ils sont à 40%.
07:42Mais les gens qui votent ces partis ne sont pas forcément ni anti-européens ni pro-bus.
07:50Ils se sentent abandonnés par les politiques des partis classiques qui sont pro-européens.
07:57et cette confiance qu'on doit regagner dans les prochaines années.
08:01Regardons un chiffre révélateur, SAFE.
08:04C'est l'instrument de l'Union européenne de prêt à prix compétitif pour le secteur de la défense.
08:10Et vous avez obtenu 16,7 milliards d'euros de SAFE.
08:14C'est le deuxième pays après la Pologne et presque au même niveau que la France.
08:18Vous augmentez vos défenses militaires à toute vitesse.
08:21Ils vont passer de 2,2% en 2024 à 2,5% du PIB.
08:27En 2025, vous craignez quoi ? Une confrontation directe avec la Russie ?
08:32Non, non, mais on doit transmettre aux Russes le fait, comme tous les pays d'Europe,
08:39on doit transmettre qu'on est prêt.
08:41Mais bien sûr, on ne veut pas avoir une guerre sur le territoire européen.
08:48mais c'est un besoin d'affirmer, voilà, si vous voulez attaquer, on est prêt.
08:56Vous investissez dans quoi d'ailleurs ? Des armes américaines justement ou européennes ?
09:00Parce que vous êtes sur le sol français, vous avez acheté un certain nombre d'armes françaises.
09:04Est-ce que le tournant pris par l'Amérique de Donald Trump vous fait réfléchir ?
09:09Oui, donc il y a des contrats américains qui sont jusqu'à 2030, même 2032, 233.
09:18Donc je pense qu'on a fait ce que tous les pays d'Europe ont fait.
09:22La question de défense, c'était une question comme les autres, comme la santé.
09:27Et c'était une question comme les autres.
09:29Maintenant, avec le contexte géopolitique qu'on vit maintenant,
09:33on doit premièrement dire qu'on doit agir ensemble en Europe
09:39pour être capable, dans un intervalle le plus court possible, de se défendre nous-mêmes.
09:47Et on doit, en faisant cet effort, stimuler notre économie de défense européenne.
09:56C'est ce que le programme SAFE l'a fait.
09:59Et si on parle de la France, on a déjà signé, et ça va être partie du SAFE,
10:06c'est le contrat avec Mistral.
10:09Et il y aura des hélicoptères et probablement, on verra, mais Airbus a une bonne chance.
10:16Donc il y a Thales déjà à Roumanie et ils ont également des chances pour avoir quelques contrats.
10:22Donc, mais de toute manière, pour le SAFE, on va tourner vers l'Europe.
10:28L'Ukraine est toujours sous pression très forte, jour après jour, des attaques et des drones russes.
10:35Ils se voient proposer, les Ukrainiens, une paix les amputant de certains territoires.
10:40Le Donbass, par exemple, sans garantie sérieuse.
10:43Ils ont le sentiment parfois que Russes et Américains s'allient pour les faire capituler.
10:47Et ils sont en mode panique. Est-ce que vous le comprenez et vous l'entendez ?
10:51Bien sûr. C'est ce qui se passe à l'Ukraine.
10:55C'est un changement terrible pour l'Europe, après 80 ans de paix et de stabilité.
11:05C'est terrible pour le peuple ukrainien.
11:07C'est une menace pour nous, parce que l'Ukraine est un bon voisin pour l'instant.
11:18Et ce qu'on doit faire, parce que c'est une question qui tient de notre propre sécurité européenne,
11:27qu'on doit continuer à aider l'Ukraine, c'est-à-dire transmettre aux Russes le message
11:35« On sera prêt à aider l'Ukraine à long terme »
11:40et mettre l'Ukraine dans cette négociation dans la bonne position.
11:47C'est-à-dire avoir au moins, de la part de l'Europe, un support inconditionnel sur la question financière.
11:56Nico Chordane, la nouvelle doctrine américaine, salue la montée en puissance de partis européens patriotiques
12:04situés à l'extrême droite de l'échiquier politique en Europe,
12:08susceptibles de cultiver la résistance à la trajectoire actuelle de l'Europe.
12:12Votre réaction ?
12:13Il y a deux choses importantes dans cette doctrine qui concerne l'Europe.
12:18L'une, c'est la sécurité.
12:21Et ici, ce n'est pas une surprise, parce que depuis le premier mandat de Donald Trump,
12:26il a dit qu'il va diriger leur politique externe vers le Pacifique.
12:32Et deuxièmement, sur cette question idéologique,
12:36ils veulent en quelque sorte influencer une idéologie comparable en Europe avec celle américaine.
12:46C'est la volonté de l'administration américaine.
12:50Maintenant, dès la partie de l'Europe, on doit bien sûr, sur la question idéologique, avoir notre propre débat.
12:59Et ici, je pense que ça, c'est une des faiblesses de l'Union européenne,
13:05le fait qu'on a beaucoup de débats à l'intérieur de notre pays.
13:10Mais ce débat ne se transpose pas au débat au niveau européen.
13:16Donc, il y a le sentiment pour les citoyens européens qu'il y a des décisions dont ils ne sont pas partis.
13:23Et sans doute, au niveau européen, on doit corriger cela.
13:28Pour l'Europe, pour les États-Unis, je pense qu'il y a un intérêt,
13:32qu'il y a une relation transatlantique.
13:36Et je suis très optimiste que cette relation va continuer.
13:39L'Union européenne, qui a infligé une amende de 120 millions d'euros à X, le réseau social des non-mux,
13:47qui a provoqué cette phrase du mania, l'Union européenne devrait être abolie.
13:53Commentaire ?
13:54Bien sûr, on est en politique, même internationale, il y a des tensions.
13:59Mais ce qui est important, c'est qu'on a des différences sur beaucoup de choses.
14:05Mais sur les valeurs, sur les valeurs, les États-Unis ont besoin d'Europe.
14:12L'Europe a besoin des États-Unis.
14:15Si on regarde de loin, on verra que nos valeurs sont très proches, en fait.
14:21Les réseaux sociaux sont monopolistiques.
14:25Ils sont américains essentiellement, chinois aussi.
14:28Vous avez, dans la présidentielle roumaine, souffert, justement, des désinformations sur ces réseaux sociaux.
14:34Est-ce qu'on a le droit de les encadrer ?
14:36Est-ce qu'on a le droit de continuer à les encadrer, malgré ces remarques acerbes des milliardaires qui les possèdent ?
14:42Bien sûr, bien sûr.
14:44On doit défendre nos démocraties, bien sûr.
14:47Et sur les démocraties européennes, on doit décider.
14:51On a derrière nous le vote des citoyens roumains et européens.
14:57Et on doit, pour préserver la démocratie dans nos pays, s'il y a des menaces qui viennent par les réseaux sociaux, on doit actionner.
15:07Monsieur le Président, sous pression du Danemark qui préside pour le Conseil de l'Union européenne,
15:12les pays de l'Union européenne approuvent un durcissement de la politique migratoire
15:16en ouvrant la voie, justement, à l'envoi de migrants dans des centres de rétention extérieurs à l'Union européenne.
15:24L'Union européenne se referme ?
15:26Ici, également, il y a un débat dans nos sociétés et on doit avoir le bon équilibre entre les droits de l'homme
15:38pour les gens qui ont des problèmes dans leur pays d'origine et la capacité de nos sociétés
15:48d'offrir des conditions aux étrangers.
15:54Donc, il y a un équilibre qu'on doit garder et la Roumanie est prête pour avoir ce débat à l'intérieur de l'Union.
16:02Vous êtes optimiste sur 2026, l'avenir de l'Union européenne ?
16:07Je suis optimiste pour la Roumanie, je suis optimiste pour l'Union européenne.
16:13Quand un dirigeant roumain voulait présenter à un public une mesure qui ne plaisait pas au public,
16:23il disait « Je ne veux pas, mais vous savez, c'est l'Europe. »
16:28Je pense qu'on a transmis aux non-citoyens que l'Europe, ce n'est pas vraiment eux.
16:35Et ça doit cesser.
16:37On est dans un contexte géopolitique qui est extrêmement compliqué.
16:40géopolitique, économique, dans ce moment, on ne peut pas, si tu es petit, tu ne vas pas résister.
16:49Donc, on doit renforcer l'Union européenne.
16:54Et pour cela, on a besoin des citoyens.
16:57Et pour avoir des citoyens, on doit les mettre à l'intérieur du débat.
17:05Nico Chordane, merci d'avoir été notre invité, monsieur le président de Roumanie.
17:09On continue avec la question de l'Union européenne.
17:12Doit-elle adopter ou non le fameux traité avec le Mercosur, les pays d'Amérique latine ?
17:18C'est notre débat tout de suite avec les chaînes parlementaires.
17:20Bienvenue à Bruxelles, au Parlement européen, où l'on mangera peut-être bientôt du bœuf argentin à la cantine.
17:32Les 27 s'apprêtent en effet à donner leur feu vert à l'accord commercial avec les pays du Mercosur, le Brésil, le Paraguay, l'Uruguay et l'Argentine.
17:41C'est un marché de 270 millions d'habitants qui s'ouvrirait ainsi à l'Union européenne avec des droits de douane réduits.
17:49Selon les estimations, l'accord pourrait accroître les exportations annuelles de l'UE vers le Mercosur de près de 40%
17:55pour atteindre 49 milliards d'euros par an et soutenir ainsi plus de 440 000 emplois dans toute l'Europe.
18:01Oui, mais l'Union européenne, sous la pression des droits de douane américains et chinois,
18:07cherche en effet de nouveaux débouchés pour son industrie, son agriculture.
18:12Et certains pays comme la France craignent un dumping environnemental
18:16et l'importation de produits traités aux pesticides interdits dans l'Union européenne.
18:22Les agriculteurs en particulier redoutent une concurrence déloyale sur les prix
18:26et promettent de grandes manifestations autour du sommet du 18 décembre à Bruxelles.
18:32La Commission européenne assure de son côté qu'elle multipliera les contrôles et les clauses de sauvegarde.
18:38Alors, l'accord avec le Mercosur est-il un bon deal pour l'UE ?
18:42Nous allons poser la question à nos invités.
18:45Saskia Bricmont, bonjour.
18:46Bonjour.
18:47Eurodéputée belge, vous siégez au sein du groupe des Verts ici au Parlement européen.
18:51Et puis Charles Gerhens, bonjour.
18:53Bonjour.
18:53Vous êtes luxembourgeois, membre, vous du groupe Renew ici au Parlement, au centre de l'hémicycle.
18:58Charles Gerhens, on entend beaucoup dire que c'est le moment d'élargir les horizons,
19:03nos partenaires commerciaux au moment où l'Europe est prise en étau entre la Chine et les États-Unis,
19:08de plus en plus protectionnistes.
19:10C'est une nécessité dans le moment que nous vivons, cet accord ?
19:12Bien entendu, vous avez raison de souligner que l'Union européenne, je dirais avec mes mots,
19:17est laminée entre le dumping chinois et le protectionnisme américain.
19:21C'est la raison pour laquelle nous devons diversifier nos canaux d'échange.
19:25Je rappelle au passage, et c'est Draghi qui nous l'a écrit dans son rapport sur la compétitivité,
19:31que l'Union européenne est tributaire plus que quiconque de l'ouverture des marchés.
19:37La Chine dépend à raison d'à peu près 45% de l'ouverture des marchés pour ce qui est de ses produits,
19:45de sa production nationale.
19:47Les Américains, 27% et l'Union européenne, plus de 50%.
19:51Donc, c'est vous dire que lorsque le moteur transatlantique tombe en panne, il faut chercher d'autres voies.
19:57Donc, la génération d'accords qu'a conclu l'Union européenne avec l'Australie, la Nouvelle-Zélande, le Japon, le Canada, la Corée du Sud,
20:07ils sont promoteurs.
20:08S'il n'y avait pas ça, on serait encore dans une situation bien pire que ce n'est le cas à l'heure actuelle.
20:13Alors, Sassia, vous entendez ce plaidoyer à l'heure où Donald Trump a imposé des droits de douane
20:19et continue d'ailleurs à menacer régulièrement des droits de douane pour de nouveaux débouchés,
20:25peut-être même de nouveaux alliés géopolitiques en Amérique du Sud.
20:29On ne doit pas attendre l'administration Trump pour agir au niveau européen.
20:34Et ça fait des décennies que l'Union européenne a cette politique de libre-échange.
20:36Et entre-temps, on a le recul nécessaire aussi pour constater les effets positifs pour certains secteurs,
20:43mais aussi extrêmement impactants pour d'autres, notamment l'environnement, la santé,
20:47l'utilisation massive de pesticides dans des pays qui importent ensuite les produits en Europe.
20:52Et il faut qu'on se pose la question du modèle, en fait.
20:54Et pour les Verts, on a toujours été très clair sur le fait qu'il faut des partenariats mondiaux,
20:59mais respecter aussi des règles de commerce équitables.
21:01Équitable, ça veut dire quoi ?
21:02Équitable en matière de revenus, qu'ils soient justes, qu'ils soient durables,
21:05tant pour nos pays partenaires et leur population, qu'en Europe ici.
21:10Et conclure des accords tout azimut de libre-échange pour se positionner dans le monde
21:13et faire concurrence finalement, ou essayer de faire concurrence aux Chinois, aux Américains,
21:17pour moi n'est pas la bonne solution.
21:19Tout azimut, il est négocié depuis de très nombreuses années.
21:22Ça fait 25 ans que ce deal est en négociation.
21:25On ne le découvre pas depuis hier.
21:27Effectivement, on ne le découvre pas depuis hier.
21:28Et c'est justement une partie des éléments qu'on dénonce dans cet accord.
21:32C'est qu'il est négocié sur base d'un mandat d'il y a plus de 25 ans maintenant,
21:36qui ne répond pas aux enjeux, notamment climatiques.
21:39Mais il faut aussi que l'Union européenne assume de protéger son marché.
21:42Parce qu'aujourd'hui, la politique d'ouverture des marchés,
21:46tous azimuts qu'on connaît depuis des décennies,
21:48a des impacts négatifs pour notre agriculture,
21:50mais aussi pour nos commerces,
21:51avec une concurrence déloyale de plus en plus forte,
21:54notamment de la part de la Chine et des États-Unis.
21:56Une ouverture des marchés, justement.
21:57Effectivement, au cœur de cet accord, Charles Guérin,
21:59s'il y a des suppressions de droits de douane,
22:0191% des droits de douane sur une série de produits
22:04seraient supprimés avec les pays du Mercosur.
22:07On parle des voitures, des machines-outils, du vin aussi,
22:11du fromage qui était apparemment fortement taxé,
22:13plus de 20% la plupart du temps.
22:15Est-ce que ça va représenter un vrai boost de croissance ?
22:18C'est ce que dit la Commission européenne.
22:20Alors, je vous dirais que cet accord est à la fois
22:23une partie de la solution et une petite partie du problème.
22:26La partie de la solution consiste à accepter
22:29que les produits d'appellation d'origine protégés
22:33sont protégés, respectés par les pays du Mercosur.
22:38Donc ça, c'est une grande avancée.
22:40Donc les pays les plus sophistiqués,
22:41les plus transformés vont avoir une réelle chance
22:47d'être reconnus dans ces pays.
22:48Donc ça, ça va être un boost pour la production européenne.
22:52Par contre, la viande, bien entendu, en revanche,
22:55elle va aggraver sur le prix de la viande en Europe.
22:59Ce qu'il faut voir là-dedans,
23:01c'est l'impact de tous les accords commerciaux
23:04dans leur ensemble.
23:05Il y a le Canada qui exporte la viande bovine vers l'Europe.
23:08Il y a les États-Unis.
23:09Il y a maintenant les pays du Mercosur qui exportent déjà.
23:13Ça va augmenter.
23:14Mais on a essayé de limiter la casse
23:16en acceptant des quotas.
23:19Donc ce qui va au-delà des quotas
23:21va continuer à être exploité.
23:23Et de plus, on a des mesures de sauvegarde
23:27qui nous permettent de réagir,
23:29de réagir dès lors qu'il y a une fluctuation de prix
23:31qui pourrait être préjudiciable aux producteurs européens.
23:34Alors, on va parler de ces quotas,
23:35mais revenons quand même sur cette idée de la Commission européenne
23:38de points de croissance en plus,
23:40de 440 000 emplois soutenus dans l'Union européenne
23:43grâce à cet accord, selon elle.
23:45On accuse les écologistes de manquer de réalisme sur ce dossier
23:49et de risquer de manquer une occasion historique,
23:51d'avoir des bas prix pour les consommateurs,
23:53un peu plus bas,
23:54et peut-être même plus d'emplois et de la croissance.
23:58Des prix bas au détriment de la qualité,
24:00c'est un réel problème.
24:01Au détriment de l'emploi en Europe,
24:02c'est un problème aussi.
24:03Je pense que le dogmatisme,
24:05il est de l'autre côté de ceux qui pensent
24:07que les accords de libre-échange,
24:09comme on a toujours fait depuis des décennies,
24:11et qui montrent leurs limites aussi
24:13sur le plan économique et de la dépendance.
24:15On voit bien les chantage que fait Donald Trump aux tarifs.
24:18J'augmente mes tarifs, sinon...
24:21On rentre dans des guerres commerciales
24:23qui sont loin d'être saines.
24:25Je crois qu'en démultipliant ce type d'accords,
24:27on augmente non seulement nos dépendances,
24:29mais on met aussi en danger des secteurs.
24:31Alors certes, certains vont bénéficier,
24:33secteur automobile allemand,
24:34secteur pharma des produits chimiques.
24:36Avec l'hypocrisie sans pareil,
24:38que l'Union européenne continue à produire
24:40des produits chimiques, des pesticides
24:41qui sont interdits chez nous
24:42pour des raisons sanitaires et environnementales,
24:45qu'on continue à produire
24:46et qu'on va exporter vers les marchés du Mercosur,
24:49mais pas que,
24:50et réimporter via des produits transformés,
24:52via des produits issus de l'agriculture,
24:54ici en Europe, et les consommer.
24:55Mais il faut m'expliquer où est le dogmatisme
24:58de dénoncer ça.
24:59Ce sont des questions sanitaires et environnementales
25:02qui sont cruciales.
25:04Certains secteurs vont bénéficier,
25:05mais la Commission européenne elle-même
25:06dit que c'est moins de 0,1% du PIB
25:09qui va augmenter sur une période de 10 ans.
25:12Donc l'effet bénéfique escompté
25:15est largement en deçà
25:17de tous les effets négatifs
25:19que comporte cet accord,
25:20tant pour les Européens
25:21que pour les partenaires du Mercosur.
25:23Mais je pense qu'il y a une difficulté aussi
25:26à sortir du logiciel
25:27et à penser à d'autres formes de partenariats
25:29que l'on pourrait avoir
25:30avec les pays partenaires
25:32comme ceux du Mercosur.
25:33Vous avez commencé tous les deux
25:34à parler des craintes.
25:35Elles sont notamment exprimées
25:36par les agriculteurs,
25:37notamment en France.
25:39La mobilisation est très forte.
25:41Illustration avec le coup de gueule
25:42de ces jeunes agriculteurs dans l'heure.
25:45On importe des produits
25:46qui ne respectent pas nos normes
25:47et donc qui arrivent à des prix cassés.
25:49Et donc on va utiliser
25:50dans la restauration hors foyer
25:51où le consommateur
25:52ne s'en apercevra même pas.
25:53On va lui cacher ça
25:54et lui donner une dorée
25:55de moindre qualité
25:56alors que nous en France,
25:57et on en est fiers,
25:58on est de plus en plus qualitatifs
26:00sur nos produits.
26:01Ça fait deux ans
26:02qu'on nous mène en bateau
26:03sur ce sujet-là.
26:04Et il y a un ras-le-bol général
26:06et on ne veut vraiment pas
26:08que tous ces produits
26:09soient importés.
26:10Est-ce que vous entendez Charles Guerin
26:12ce ras-le-bol
26:14et surtout cette crainte
26:16d'un abaissement
26:17de nos normes agricoles
26:18à l'occasion de la mise en place
26:19de cet accord avec le Mercosur ?
26:22Écoutez, il faut être extrêmement prudent.
26:24Il faut faire en sorte
26:26que nos standards soient respectés.
26:28Il y a aussi la prudence du consommateur
26:33en face de produits importés.
26:35Il doit sur l'équitage
26:36voir d'où viennent les produits.
26:38Si les produits sont faits
26:40selon nos normes,
26:40moi je crois aussi
26:41en la puissance du consommateur.
26:44Nous pouvons donner
26:44une fin de non-recevoir
26:46à une exportation grand style
26:48des pays du Mercosur.
26:50Quant à l'interdiction
26:52d'importer des produits
26:55contenant des pesticides
26:55qui sont interdits chez nous,
26:57je suis d'accord avec vous, madame,
27:00mais alors il faudrait
27:01interdire tout simplement
27:02la production chez nous.
27:03Si nos standards interdisent
27:05que ces produits soient déversés
27:07sur les marchés européens,
27:08je ne vois aucune justification morale
27:10pouvant expliquer
27:12pourquoi ces produits
27:13sont entre-exportés ailleurs.
27:14Ça, c'est un no-go absolu.
27:16Là, je vous rejoins.
27:18D'un autre côté,
27:21je ne crois pas tellement
27:23à la prospective
27:24qui consiste à minimiser
27:26les chances de l'Union européenne
27:29en matière d'impact
27:32sur le produit intérieur brut.
27:33Donnons une chance
27:34à cet accord.
27:35Je crois qu'il y a
27:35de réelles chances.
27:36Il y a aussi des handicaps
27:37et c'est la raison
27:38pour laquelle nous sommes
27:39efforcés de prendre
27:41des mesures susceptibles
27:42d'atténuer les méfaits
27:43qui pourraient résulter
27:45de la mise en application
27:47de cet accord.
27:48Alors, ça, ce qu'il y a briquement.
27:49Face à ces inquiétudes,
27:50la Commission brandit aussi
27:51des chiffres,
27:51ceux des quotas.
27:52On parle des quantités
27:53qui seront importées
27:55avec des droits de douane réduits.
27:5699 000 tonnes
27:57pour la viande bovine,
27:59c'est à peu près 1,5%
28:00de la production
28:01de l'Union européenne.
28:02180 000 tonnes
28:03pour la volaille,
28:03idem pour le sucre.
28:05C'est encore trop ?
28:06Ce n'est pas suffisant
28:07pour rassurer ?
28:08Mais le problème,
28:09c'est qu'il y a aussi
28:10un effet cumulatif des traités.
28:11Donc, il y a l'accord
28:12du Mercosur,
28:12il y a aussi d'autres accords.
28:13Donc, c'est l'effet cumulatif.
28:15Et ici, c'est un peu
28:15la goutte d'eau
28:16qui fait déborder le vase
28:17parce qu'effectivement,
28:18ce sont des produits
28:19qui vont être importés
28:20à des coûts potentiellement
28:21plus bas que ceux
28:21qui peuvent être pratiqués
28:22sur le marché européen.
28:23Pourquoi ?
28:24Parce que les conditions sociales
28:25et environnementales
28:26dans lesquelles ils sont produits
28:27ne sont pas les mêmes
28:28que celles qui sont imposées
28:30aux agriculteurs européens.
28:31Aujourd'hui, en Europe,
28:32on parle beaucoup
28:33de dérégulation,
28:34de déréguler
28:34parce qu'il y aurait
28:35trop de normes environnementales.
28:36Ce que j'entends
28:37de la part de nombreux
28:38agriculteurs rencontrés,
28:39notamment dans le contexte
28:40des discussions
28:41sur le Mercosur,
28:41c'est dire, en fait,
28:43la question n'est pas là.
28:44La question est,
28:45les normes environnementales,
28:45on les met en œuvre
28:46parce que sur nos fermes,
28:47on fait déjà énormément
28:48d'efforts pour réduire
28:49les pesticides,
28:49pour rencontrer
28:50les objectifs climatiques,
28:51pour faire en sorte
28:52que nos terres
28:53soient plus productives
28:54et, en fait,
28:55continuent à avoir
28:56leurs fonctions premières
28:57et de restaurer
28:58la biodiversité.
28:59C'est la contribution
29:00des agriculteurs, en fait,
29:01à nos objectifs
29:01environnementaux et climatiques.
29:03Mais aujourd'hui,
29:03on leur dit quoi ?
29:04En fait, tous vos efforts
29:05vont être sapés
29:06parce qu'on va importer
29:07des produits
29:07qui ne rencontrent pas
29:09les mêmes efforts
29:09et qui vont, effectivement,
29:11rentrer sur le marché européen.
29:13Donc, il y a une question
29:13de concurrence déloyale
29:14au niveau des prix,
29:15au niveau des normes
29:16qui sont pratiquées.
29:18La réalité, aujourd'hui,
29:19montre que les contrôles
29:20ne sont déjà pas effectifs.
29:21Pour lever les doutes,
29:21les doutes à la fois
29:22des agriculteurs
29:23et un peu de la France aussi
29:24parce qu'elle traîne
29:26un peu des pieds
29:26sur ce dossier,
29:27la Commission promet
29:28une hausse de 50%
29:29des contrôles de douane
29:30dans les deux ans
29:31qui viennent de 33%
29:33des audits
29:33aux postes frontières
29:34pour vérifier
29:34que les États membres
29:35effectuent bien
29:36des inspections
29:37sur ces produits.
29:39Vous faites confiance
29:40à l'Europe
29:40pour renvoyer
29:41à l'expéditeur
29:42des denrées alimentaires
29:43qui ne correspondraient
29:44pas parfaitement
29:44à nos normes.
29:46Ce serait quand même compliqué
29:47et même délicat,
29:48j'ai envie de dire.
29:49Mais si la Commission
29:50multiplie les contrôles,
29:51c'est déjà un pas
29:52dans la bonne direction.
29:53On ne peut pas contrôler
29:54l'importation
29:54de chaque produit.
29:56Néanmoins,
29:56il y a une réelle volonté
29:58de la part
29:59de l'Union européenne
30:00à tenir compte
30:01des soucis
30:03exprimés
30:04par les parlementaires européens.
30:05Alors, pour commencer...
30:06Vous n'êtes pas d'accord,
30:07je crois.
30:07Le problème,
30:08c'est que les consommateurs
30:09doivent pouvoir avoir confiance
30:10dans l'Union européenne.
30:11Et déjà, aujourd'hui,
30:13pas plus tard
30:13que la semaine dernière,
30:14il y a à nouveau eu
30:15un problème de bœuf
30:16contenant des hormones,
30:18des antibiotiques
30:19qui sont interdits en Europe,
30:20qui ont été constatés,
30:21retrait du marché des produits.
30:22Donc, quand les contrôles
30:23ont lieu
30:24et qu'ils sont opérationnels,
30:25c'est bien.
30:25Mais la Commission européenne
30:27reconnaît qu'il y a
30:29un manque de contrôle,
30:30un manque de traçabilité
30:31aussi des filières
30:32dans les pays concernés,
30:33donc au Brésil,
30:34en Argentine,
30:35et puis aux frontières,
30:36on est incapable
30:36de tout contrôler.
30:37Donc, potentiellement,
30:38c'est d'enrer,
30:39rentrer sur le marché européen.
30:41Et l'objectif de l'accord,
30:42c'est de faciliter cette entrée
30:44et de diminuer les contrôles.
30:46Et donc,
30:46c'est un leurre de dire
30:47on va renforcer les contrôles
30:48et il n'y a déjà pas assez de moyens.
30:50La France,
30:50la Belgique,
30:51nos pays
30:51ne mettent pas suffisamment
30:54de moyens à disposition
30:55des agences,
30:55des douanes
30:56pour assurer
30:56tous les contrôles
30:57sanitaires et phytosanitaires
30:58déjà en l'État.
31:00Donc,
31:00s'il y a des volumes supplémentaires,
31:02ça ne va pas aller
31:02en s'améliorant.
31:03Pour compenser
31:04de potentiels
31:05impacts négatifs
31:06et néfastes
31:07sur les marchés agricoles
31:08et les exploitations
31:09de cet accord
31:11avec le Mercosur,
31:12la Commission européenne
31:13a prévu une clause
31:13de sauvegarde.
31:14Le commissaire à l'agriculture
31:15nous explique le principe.
31:17Nous avons une clause
31:18de sauvegarde
31:19qui est en cours d'élaboration
31:20et qui sera efficace
31:21pour faire face aux problèmes.
31:23Si les importations
31:24dans un secteur donné
31:25augmentent par exemple
31:26de 10%
31:27et que les prix
31:28baissent de 10%
31:29en conséquence,
31:30même si un seul
31:31État membre
31:31est concerné,
31:32alors cette clause
31:33de sauvegarde
31:33interviendra
31:34et c'est une chose
31:35très importante.
31:39Ça ne vous suffit pas
31:41comme garantie ?
31:43C'est une garantie
31:43pour répondre
31:44à la demande
31:45du président Macron,
31:46à la demande
31:47de la France
31:48pour rassurer
31:49le secteur agricole
31:50et faire en sorte
31:50que la France
31:51puisse dire
31:51ok c'est bon
31:52on valide
31:52l'accord du Mercosur.
31:54Quand on gratte
31:55et qu'on analyse
31:56la clause de sauvegarde
31:57ce qu'on a fait
31:57avec les syndicats agricoles
31:59parce que ce sont eux
31:59finalement les experts
32:00du secteur
32:01on constate
32:02que cette clause
32:03n'est pas effective
32:03parce que les conditions
32:05pour pouvoir actionner
32:06la clause
32:07et mener des enquêtes
32:08du côté
32:09de la Commission européenne
32:10sont telles
32:11qu'en fait
32:11elle n'est pas opérationnelle.
32:13C'est du coup
32:14notre travail ici
32:15au Parlement européen
32:15d'amender cette clause
32:17même si les conservateurs
32:18ne voulaient pas
32:18qu'on l'amende
32:19ils voulaient
32:19qu'on la valide
32:20telle qu'elle
32:20on est en train
32:21d'essayer de l'améliorer
32:22pour la rendre
32:22réellement effective
32:23mais ça ne touche pas
32:24au cœur des problèmes
32:25de l'accord
32:26ce dont on vient de parler
32:26alors justement
32:28dernier tour de table
32:30il nous reste
32:31une petite minute
32:32l'accord doit être
32:34avalisé par les 27
32:35chefs d'État
32:35réunis en sommet
32:37européen
32:38le 18 décembre
32:39la majorité qualifiée
32:40suffit
32:40la France a
32:42acclamé longtemps
32:43son opposition au texte
32:44avant de se radoucir
32:45petit pronostic
32:47est-ce que cet accord
32:48va passer
32:49est-ce qu'on aura
32:50une adoption
32:51très large
32:52je n'en sais rien
32:54moi je dis
32:55de mon point de vue
32:58en ayant analysé
33:00les avantages
33:00les inconvénients
33:01je crois qu'on devrait
33:02donner une chance
33:03à cet accord
33:04je crois qu'au Parlement
33:05européen
33:05on pourra avoir
33:06une majorité
33:07fut-elle courte
33:09et au niveau
33:10des États membres
33:11je ne vois plus
33:11une réelle perspective
33:13pour organiser
33:14une minorité
33:14de blocage
33:15là où la Commission
33:16européenne
33:17là où l'Union européenne
33:17est compétente
33:18je crois qu'elle arrivera
33:20avec les co-législateurs
33:21à antiréner cet accord
33:2310 secondes
33:24au fil des négociations
33:25de plus en plus
33:26de députés
33:26se sont rendus compte
33:27que sur le contenu
33:28il y avait toute une série
33:29de problèmes
33:29climatiques
33:30déforestation
33:30droits des travailleurs
33:31droits des agriculteurs
33:32pesticides interdits
33:34donc les normes
33:34environnementales
33:35sociales qui ne sont pas
33:36respectées
33:36cette prise de conscience
33:37elle est là
33:38et donc j'appelle
33:39les collègues
33:40mais aussi les États membres
33:41à regarder le contenu
33:42et à voir
33:43quelles autres formes
33:44de partenariats
33:44on doit conclure
33:45avec les partenaires
33:47du bout du monde
33:47mais ça ne passe pas
33:49par des accords commerciaux
33:50comme ceux-là
33:50donc on va continuer
33:51à défendre
33:52d'autres accords commerciaux
33:53c'est essentiel
33:54Merci à vous d'avoir
33:55Mais si l'accord échoue
33:56alors on n'aura pas
33:57de moyenne pression
33:58sur les pays du Mercosur
33:59pour respecter
34:00les dispositions
34:01de l'accord de Paris
34:02notamment sur ce qui est
34:03de la préservation
34:04des forêts
34:04Ce n'est pas contraignant
34:05dans l'accord
34:05Merci à vous en tout cas
34:07d'avoir très bien
34:07illustré ce débat
34:08qui pourrait se poursuivre
34:09longtemps
34:09on l'entend
34:10Merci à vous
34:11Merci Caroline
34:12et bonne suite
34:13de programmes
34:13sur nos chaînes
34:14Sous-titrage Société Radio-Canada
34:19Merci à vous
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