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  • il y a 5 jours
Au dernier sommet européen des 15 et 16 octobre, les chefs d'Etat ont souligné l'importance de l'élargissement du club européen pour des raisons économiques et géopolitiques. Mais ils souhaitent l'assortir de réformes profondes et de nouveaux garde-fous. Alors que la présidente de la Commission a annoncé vouloir faire du Canada le premier « membre associé » de l'UE, les 27 s'interrogent : faut-il créer un nouveau un nouveau statut entre l'adhésion pleine et entière à l'Union européenne et le classique accord de commerce ? Cette piste est aussi explorée dans le cas de la Grande-Bretagne d'Andy Burnham. Débat et analyse dans Ici l'Europe, présenté par Caroline de Camaret et Thibault Henocque, avec les eurodéputés Nicolas Bay (France, ECR) et Javier Moreno Sanchez (Espagne, S&D).

Première partie : Caroline de Camaret reçoit Pierre Moscovici, représentant français à la Cour des Comptes européennes, ancien commissaire européen.
Deuxième partie : Caroline de Camaret et Thibault Henocque reçoivent les eurodéputés Nicolas Bay (France, ECR) et Javier Moreno Sanchez (Espagne, S&D).

Chaque semaine, LCP Assemblée nationale, Public Sénat et France24 vous plongent au coeur des questions qui secouent l'Europe : Covid-19, questions migratoires, « Green deal », Brexit ou encore souveraineté digitale. Quel avenir pour l'Union et ses 450 millions d'habitants ? Une demi-heure d'information pour mieux comprendre les enjeux européens.

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Transcription
00:00France 24, LCP, Public Sénat, présente.
00:16Bonjour à tous et merci de nous rejoindre pour Ici l'Europe sur France 24 et les chaînes parlementaires.
00:21En cette semaine où les 27 étaient réunis en sommet européen,
00:25ils ont vivement débattu des affaires étrangères et nous allons parler dans notre partie débat de l'élargissement du club
00:34européen
00:35avec éventuellement un statut de membre associé.
00:38Et puis ils ont aussi parlé de budget à long terme de l'Union Européenne, un budget très clivant.
00:44Et nous avons le plaisir de recevoir un Français installé au Luxembourg pour en parler.
00:49Pierre Moscovici, bonjour.
00:51Bonjour.
00:51Vous êtes en effet le membre français de la Cour des Comptes Européennes depuis janvier 2026.
00:57Ce, après une longue carrière européenne, membre du Parti Socialiste jusqu'en 2020,
01:02a été à plusieurs reprises député européen, puis ministre chargé des Affaires Européennes sous Jospin,
01:07ministre de l'Économie sous la présidence Hollande,
01:09de 2014 à 2019 commissaire européen aux Affaires Économiques et Financières,
01:14et puis premier président de la Cour des Comptes Française.
01:17Alors, la Cour des Comptes Européennes, c'est autre chose.
01:21Et vous avez d'ailleurs alerté le 8 octobre sur l'augmentation de la charge de la dette de l
01:28'Union Européenne,
01:29en tant que telle, qui pourrait approcher 1000 milliards d'euros d'ici 2027.
01:34Pourquoi d'abord et comment la résorber ?
01:36Alors, la Cour des Comptes Européennes, d'abord, dire quelques mots, ce que c'est,
01:40parce que ce n'est pas suffisamment connu, c'est l'auditeur externe de l'Union Européenne.
01:44C'est une des institutions prévues par le traité, qui existe depuis 1977,
01:48et en effet, il y a 27 membres dans le collège, un par état membre,
01:53je suis le membre français, le président est un irlandais qui s'appelle Tony Murphy.
01:56Nous examinons le budget de l'Union Européenne et nous venons de sortir notre budget, notre rapport annuel.
02:01Dans ce rapport annuel, nous soulevons en effet, non pas un lièvre, mais une réalité qu'il faut connaître,
02:07c'est que maintenant, surtout après les emprunts qui ont été contractés pour le Covid,
02:11l'Union Européenne a une dette.
02:12Jusqu'à présent, cette dette était pratiquement nulle, elle est de l'ordre de 1000 milliards d'euros,
02:17ce qui n'est pas énorme si on la compare à des dettes françaises,
02:23qui est de 3600 milliards d'euros pour la seule France.
02:25On est à peu près à 1% du PIB de l'Union Européenne.
02:29Ce qui, simplement, ce que nous avons voulu signaler, ce sur quoi nous voulons alerter,
02:36c'est un débat qui est d'ailleurs vaut pour la France, c'est qu'une dette, ça se rembourse.
02:39Et donc, qu'à partir de maintenant, il y aura une charge de la dette annuelle,
02:43et jusqu'en 2058, qui représentera quelque chose comme un douzième du budget de l'Union Européenne,
02:49ce qui n'est pas le cas de la France, c'est beaucoup plus, encore une fois.
02:53Et nous ne sommes pas en train de dire que cette dette est excessive.
02:55L'Union Européenne est toujours triple A, elle a tout à fait les moyens de s'endetter.
02:59Elle pourrait s'endetter encore.
03:01Il n'est pas du tout exclu, par exemple, qu'elle fasse ce que propose le rapport Draghi,
03:04c'est-à-dire de s'emprunter 1200 milliards d'euros en plus pour la défense,
03:10pour la croissance, pour l'innovation, pour la recherche.
03:13Je suis personnellement, comme Européen, convaincu que nous avons besoin d'investir plus
03:19pour être à la frontière technologique, pour faire face aux grands défis du monde,
03:23comme le changement climatique.
03:24Nous sommes aujourd'hui en train de décrocher par rapport aux Etats-Unis.
03:27Nous avons besoin de cet investissement.
03:28Oui, mais une dette, une dette, ça se rembourse et donc ça se gère.
03:31Nous ne sommes pas du tout dans la situation de la France,
03:34qui avec ses 3600 milliards d'euros de dettes, 120% du PIB,
03:39près de 100 milliards d'euros de charges annuelles,
03:42se trouve dans une situation qu'elle doit traiter d'urgence.
03:45Alors, comme chaque semaine, je vous propose un tour d'horizon de l'actualité européenne.
03:48C'est de l'Europe, en bref, signée Oyana Almandos.
03:55C'est une avancée majeure pour les droits LGBT+, en Hongrie.
03:58Le nouveau Premier ministre pro-européen, Peter Madjar, se conforme aux valeurs de l'UE.
04:03Il abolit le texte interdisant, au nom de la protection de l'enfance,
04:06les vocations de l'homosexualité et de l'identité de genre auprès des mineurs.
04:10Mais selon des militants LGBT, il reste beaucoup à faire.
04:14L'obligation de couvrir certains livres dans les librairies imposées par décret
04:19est toujours bel et bien en vigueur. Cela doit cesser.
04:22Donald Trump a passé un accord surprise avec Vladimir Poutine, dans le dos des Européens.
04:27Les États-Unis lèvent ainsi certaines sanctions sur le diesel russe
04:30pour approvisionner le marché américain et faire baisser les prix du carburant.
04:34L'UE a riposté en ajoutant près de 1 600 nouvelles personnes physiques et entités russes
04:40sur sa liste noire de sanctions afin de maintenir la pression sur le pays.
04:45Réunis en Conseil européen, les 27 ont entamé un bras de fer autour du prochain budget de l'UE.
04:50La proposition faite par la Commission européenne,
04:53environ 2 000 milliards d'euros pour la période 2028-2034,
04:57est beaucoup trop élevée et mal répartie, selon l'Allemagne,
05:00et pour la Première ministre danoise, Metteur Frederiksen.
05:03« Nous continuons à consacrer trop de ressources à des domaines
05:07dans lesquels nous avions l'habitude de dépenser beaucoup d'argent.
05:10Or, nous devons désormais établir des priorités et nous tourner vers l'avenir.
05:14La sécurité, la défense, le réarmement de l'Europe et la compétitivité. »
05:20Les partisans d'un budget ambitieux comme la France, l'Italie ou la Pologne
05:23veulent plus de fonds pour l'agriculture et la politique de cohésion.
05:26Bon nombre de dirigeants européens espèrent trouver un accord au prochain Conseil de décembre,
05:31avant les élections à forts enjeux, prévues dans l'UE en 2027.
05:36Pierre Moscovici, on est en plein dans la bataille du budget futur de l'Union européenne
05:422028-2034, avec un camp des frugaux mené par l'Allemagne
05:45qui ne veulent pas de la proposition de la Commission européenne,
05:502000 milliards sur 7 ans.
05:51Et puis de l'autre côté, il y a la France, les Amis de la cohésion,
05:56qui est une politique en faveur des régions les plus pauvres
05:58et qui réclame cette enveloppe ambitieuse.
06:02Lutte importante, qui va gagner ?
06:03Il y a des oppositions qui sont claires.
06:05Il y a ceux qui veulent dépenser plus et ceux qui veulent dépenser moins.
06:08D'un côté, les frugaux, de l'autre, les ambitieux.
06:11Il y a les Amis de la cohésion et ceux qui sont opposés à tout transfert.
06:15Il y a les Amis de la politique agricole commune
06:17et ceux qui pensent que cette politique agricole coûte trop cher.
06:20Et dans tout ça, c'est vrai que la France et l'Allemagne,
06:22souvent, partent avec des idées différentes,
06:25puisque la France est toujours favorable à plus d'ambition,
06:27puisque la France soutient les pays de la cohésion
06:30et puisque la France est attachée à une politique agricole
06:32qui, dans le cadre qui est proposé par la Commission,
06:35serait fondue dans un grand fond,
06:38donc moins lisible que ça n'est aujourd'hui.
06:40Et donc, je pense que ce qui attend les Européens,
06:42c'est une négociation extrêmement difficile.
06:45Elle a commencé...
06:46Vous êtes déçu par le chancelier Mertz,
06:48qui s'est rangé dans le camp des frugaux,
06:50alors que l'Allemagne, en général, est un peu quand même entre les deux.
06:53C'est une position de départ.
06:55Ce n'est pas la première fois qu'un chancelier allemand
06:57prend cette position-là.
06:59À la fin, que vous dire, Caroline de Camaray,
07:01ça se passe toujours comme ça,
07:02il faudra un compromis.
07:04Mais ce que je souhaite, c'est que ce Comarby soit le plus ambitieux possible.
07:07Pourquoi ?
07:08Parce que notre union, aujourd'hui, je le redis,
07:11elle est en train de décrocher.
07:12Elle est en train d'être déclassée.
07:14Elle décline doucement.
07:16Elle reste une des zones les plus prospères du monde.
07:17Mais en termes de PIB par habitant,
07:19nous avons décroché très clairement par rapport aux Etats-Unis,
07:22très clairement par rapport à la Chine.
07:23Notre croissance est la moitié de celle de la croissance américaine.
07:28et elle est le cas de la croissance chinoise,
07:32même si celle-ci a aussi ralenti.
07:34Nous sommes dans un monde où il y a une compétition de puissance.
07:37Nous devons être une puissance.
07:38On ne peut pas être une puissance
07:39si on n'a pas d'ambition pour l'Union européenne.
07:42La solution à nos problèmes,
07:44que ce soit des problèmes sociaux,
07:45que ce soit des problèmes économiques,
07:47que ce soit des problèmes géopolitiques,
07:48que ce soit des problèmes climatiques,
07:49ce n'est pas la seule.
07:50Mais toute solution passe par l'Europe.
07:52Mais est-ce qu'une des solutions ne passe pas
07:53par des nouvelles ressources propres,
07:56des recettes propres ?
07:57Est-ce que vous préconisez ?
07:58Moi, je pense qu'il faut de vraies ressources propres.
08:01Ce que je constate, c'est que...
08:02De l'Union européenne.
08:02De l'Union européenne.
08:03Je constate qu'y compris dans la proposition de la Commission,
08:05qui est traditionnellement plus ambitieuse
08:07que ce que les États membres peuvent admettre,
08:09ce sont tout de même les contributions nationales
08:10qui continuent de fournir l'essentiel.
08:13Quelques 235 milliards d'euros
08:14sur les 285 milliards annuels du budget.
08:17Je sais qu'il y aura d'ailleurs des discussions
08:19sur ces nouvelles ressources propres.
08:20Par exemple, l'idée d'une contribution sur les entreprises
08:23choque un certain nombre de pays,
08:24dont par exemple l'Irlande.
08:26Et donc, ça aussi, ça fait partie du débat.
08:28Mais nous ne pouvons pas avoir durablement
08:31une Europe qui n'a pas suffisamment de ressources propres.
08:34Ça, c'est un point de faiblesse extrêmement fort.
08:36Parce que sinon, on se retourne toujours vers les États.
08:39C'est ce qu'on appelle les contributions nationales.
08:40Et vous voyez qu'y compris dans le débat français,
08:42certains disent qu'on paye trop cher.
08:44Alors, en vérité, nous touchons à peu près
08:4619 milliards d'euros de l'Union européenne.
08:48Nous reversons 23 milliards d'euros,
08:50ce qui n'est pas illogique compte tenu de notre pays.
08:52Certains, c'est le Rassemblement national
08:53qui veut diminuer très fortement la contribution.
08:56alors que la Commission européenne propose de l'augmenter très fortement.
09:00Et c'est la raison pour laquelle, encore une fois,
09:02pour le futur, si on veut éviter un budget mité
09:05avec des rabais qui sont consentis aux uns et aux autres,
09:08alors qu'il faudrait au contraire tous les supprimer,
09:10il va falloir aller un jour vers des ressources propres
09:13plus ambitieuses, beaucoup plus ambitieuses.
09:15Est-ce qu'on peut simplement décider de ce budget
09:18avant une échéance électorale aussi importante
09:21que les élections en France,
09:22deuxième pays de la zone euro ?
09:24Si j'avais un pronostic à faire,
09:26c'est qu'il y a quand même aujourd'hui
09:27beaucoup de compétitions électorales.
09:30Dans l'Union européenne, il y a les élections espagnoles
09:32qui arrivent, qui se dérouleront peu avant la fin de l'année.
09:36Il y a les élections françaises,
09:38avec des enjeux européens très forts.
09:40Il y a les élections grecques l'année prochaine.
09:42C'est compliqué d'adopter le budget très vite,
09:45le budget pluriannuel, dans ces conditions.
09:48Je crois que ce sera difficile de le faire
09:49d'ici la fin de l'année.
09:50Ce sera peut-être compliqué de le faire
09:51avant l'élection présidentielle française.
09:53Et ce n'est peut-être pas absurde, d'ailleurs,
09:54qu'il y ait un président de la République
09:56nouvellement élu qui conclut ça.
09:57D'ailleurs, vous avez mentionné le cas de la France
09:59en mauvaise posture budgétaire,
10:01en effet, avec un gouvernement le cœur de nu
10:03qui fait 43 milliards d'économies
10:05pour viser un déficit à 5% du PIB en 2027.
10:09Et ce, sur fond de grogne sociale
10:11et de la jeunesse des étudiants.
10:14Est-ce que c'est irréaliste ?
10:15Ce que je veux dire,
10:17de manière très solennelle,
10:18de manière très forte,
10:19c'est que nous sommes déjà
10:21dans une forme de crise de la dette.
10:23Nous ne sommes pas dans une crise de la dette
10:24qui nous menace d'un collapsus
10:26ou d'une mort subite.
10:28Il n'y aura pas demain
10:29le FMI, la Commission européenne,
10:31les marchés ne vont pas cesser
10:33de prendre nos emprunts.
10:34Mais regardez ce qui se passe.
10:36On est étranglés progressivement.
10:38On les paye de plus en plus cher.
10:40Et ça, en quelques semaines,
10:41notre spread avec l'Allemagne
10:43a été pratiquement doublé.
10:44Le spread, c'est le différentiel
10:45de notre taux d'intérêt.
10:46Notre taux d'intérêt est tangente,
10:47les 5%.
10:47Il faut vraiment,
10:49de manière vitale,
10:50que nous réduisions nos déficits.
10:51Si nous voulons investir
10:53justement pour le futur,
10:54si nous voulons être capables
10:55de répondre aux défis climatiques,
10:57à l'innovation,
10:58à la recherche,
10:58de financer l'éducation,
11:00regardez ce qui se passe aujourd'hui.
11:01Le gouvernement ne peut pas
11:03faire des réponses financières.
11:04Pourquoi ?
11:04Il n'a plus les moyens de le faire.
11:06Et moi, mon mot d'ordre,
11:07ce n'est pas l'austérité.
11:08Quand je dis qu'il faut faire 5%
11:10l'an prochain,
11:11c'est une question de crédibilité.
11:12Parce que sinon,
11:13qu'est-ce qui se passe ?
11:14On nous donne des taux d'intérêt
11:15de plus en plus élevés.
11:16On a une charge de la dette
11:17de plus en plus forte.
11:18Elle est tout de même,
11:18aujourd'hui,
11:19beaucoup plus importante
11:19que le budget de l'éducation nationale.
11:21Et chaque euro
11:22qu'on rembourse
11:23pour le service de la dette
11:24est un euro en moins
11:25pour la jeunesse,
11:26pour l'investissement,
11:27pour l'avenir.
11:27Se désendetter pour investir.
11:29Il faut absolument
11:31qu'un pays comme la France
11:32retrouve des marges de manœuvre.
11:33Soit on décide
11:34de se désendetter
11:34pour investir tout de suite,
11:36soit à un moment donné,
11:37dans quelques temps,
11:37arrivera le moment
11:39où les marchés
11:39nous imposeront l'austérité.
11:41Et pour avoir été le commissaire
11:42en charge des négociations
11:43avec la Grèce,
11:44je peux vous dire
11:44que ce n'est pas marrant.
11:45Parlons justement
11:45d'un pays
11:47qui sort un peu du lot
11:48en Europe.
11:49L'Espagne,
11:50le premier ministre espagnol
11:51Pedro Sanchez
11:52a annoncé la convocation
11:53d'élections anticipées
11:54le 29 novembre,
11:55trois jours après le rejet
11:57des mesures de son gouvernement
11:58pour sortir de la crise
11:59du logement.
12:00Pierre Moscovici,
12:01vous n'appartenez plus,
12:02vous le disiez,
12:03au Parti Socialiste
12:04depuis 2020.
12:05Pour autant,
12:06qu'est-ce qui se passe,
12:06selon vous,
12:07avec les social-démocraties
12:08présentes dans quatre pays ?
12:10On voit qu'elles refluent.
12:11Sur 27,
12:12c'est quand même
12:13véritablement
12:14une Europe
12:15à droite toute.
12:17C'est un monde
12:18qui vire à droite.
12:19Regardez l'Amérique latine,
12:21regardez le résultat
12:21des élections brasiliennes,
12:23regardez ce qui s'est passé
12:23aux Etats-Unis.
12:25Après,
12:26il y a plusieurs explications
12:27fondamentales.
12:28Il y a l'accumulation
12:29des crises,
12:30il y a une panne de résultats,
12:32il y a aussi le fait
12:33que la social-démocratie
12:34traditionnelle a peut-être
12:35atteint ses buts,
12:36au fond,
12:37d'ores et déjà,
12:38et donc il y a besoin
12:38de repenser
12:39ce que c'est qu'une social-démocratie
12:41pour le XXIe siècle,
12:42ce que c'est un socialiste,
12:43ce que c'est qu'une gauche
12:44qui gouverne pour le XXIe siècle,
12:45qui soit à la fois
12:46très profonde,
12:47très sincère,
12:49qui soit capable
12:49de faire des réformes
12:50de société,
12:50des réformes sociales,
12:51et qui en même temps
12:52sache tenir l'autre bout
12:53de la chaîne,
12:54c'est-à-dire gérer
12:55sérieusement le pays
12:55parce que tous les grands
12:57socialistes avaient toujours
12:58en tête qu'il fallait produire
13:00avant de redistribuer.
13:01Pedro Sanchez,
13:02par exemple,
13:03je ne sais pas ce qui va
13:03se passer en Espagne,
13:05il aborde ses élections
13:06dans une situation compliquée
13:07pour des problèmes
13:08du jour du pouvoir,
13:10de corruption supposée
13:12dans sa famille
13:13ou dans son parti,
13:14mais il a aussi eu
13:14des résultats économiques.
13:16L'Espagne a une croissance
13:17qui est de supergarde
13:19à 2% alors que la France
13:20est de 0,4 points.
13:21C'est une belle bête politique,
13:23il a ses chances
13:24et il faut savoir
13:25que l'alternative,
13:27ce n'est pas seulement
13:27que le Parti populaire
13:29conservateur
13:29soit devant lui,
13:30c'est qu'il s'allie
13:31avec l'extrême droite
13:32et que ce soit
13:34un pays de plus
13:34et un grand pays de plus
13:36où il y a une alliance
13:37que serait le Parti conservateur
13:38qui serait en tête,
13:39mais avec l'extrême droite,
13:41une extrême droite
13:41qui est extrêmement dure.
13:42Et vous savez,
13:43moi ce qui me frappe,
13:44j'étais ministre
13:45des Affaires européennes
13:46en 2001,
13:47c'était la première fois
13:47que l'extrême droite
13:48arrivait dans une coalition
13:49depuis la guerre.
13:50En Autriche,
13:51si on avait pris des sanctions,
13:52aujourd'hui,
13:52c'est devenu banal.
13:53Donc, il y a une étable
13:56technologique des plaques,
13:57il y a un glissement.
13:58C'est vrai que pour la gauche,
13:59il y a un défi fondamental
14:01qui est un défi culturel,
14:02un défi intellectuel,
14:03un défi politique,
14:05renouveler ses cadres,
14:06renouveler sa pensée,
14:07une pensée qui soit
14:08à la hauteur du siècle.
14:10parce que, paradoxalement,
14:12nos concitoyens,
14:13ils sont mélangés.
14:14Ils sont très à droite
14:15sur certains sujets,
14:16très très à droite,
14:17par exemple sur l'immigration.
14:19Ils peuvent être aussi à gauche
14:20sur d'autres sujets,
14:21ils sont attachés
14:21à la cohésion sociale.
14:22Et il n'y a pas de clarté
14:23de l'offre politique
14:24sociale-démocrate,
14:25me semble-t-il,
14:26suffisante.
14:26Je regarde ça d'un peu loin,
14:28mais je suis resté
14:29un homme de gauche
14:29et j'avoue que ça me navre un peu.
14:32Ça me préoccupe
14:33parce qu'une Europe
14:35qui serait livrée
14:36aux mains des droites
14:38les plus conservatrices
14:39ou de l'extrême droite,
14:40petit à petit,
14:41perdrait son statut d'union.
14:42Il ne faut pas se tromper.
14:44L'extrême droite a changé.
14:45Par rapport à l'Europe,
14:46elle n'est plus pour sortir de l'Europe,
14:48mais elle est pour la conquérir,
14:51pour exercer une hégémonie culturelle
14:53et pour faire en sorte
14:54qu'on revienne finalement
14:55à une Europe
14:55qui soit une simple union de nations.
14:56Une Europe qui est une union de nations,
14:58ce n'est plus une union.
14:59Et une Europe qui n'est pas unie
15:01et qui n'est pas puissante
15:01dans un monde
15:02où il y a une Chine
15:04qui vise l'hégémonie,
15:05des États-Unis
15:06qui ne sont plus vraiment des amis.
15:08Une Russie agressive,
15:09cette Europe-là,
15:10c'est une cible
15:11ou plutôt nos nations
15:12qui auraient retrouvé
15:13prétendument leur identité seule,
15:15seraient des cibles
15:16offertes à des prédateurs.
15:17Je ne souhaite pas
15:18cette Europe-là.
15:19Et c'est pour ça
15:20que je dis qu'on a aussi
15:21besoin de progressistes.
15:22Pierre Mousque,
15:22aussi pour terminer
15:23une question plus personnelle,
15:24vous figurez parmi
15:25les responsables socialistes
15:27que le président
15:28du Rassemblement national,
15:30Jordan Bardella,
15:31aurait visé
15:31par des propos anti-sénites
15:34en 2013.
15:35Alors que vous étiez
15:36ministre de l'économie
15:37de François Hollande,
15:38des conversations privées
15:39que le média Mediapart
15:40a fait authentifier
15:41par des experts,
15:42quelles leçons
15:42vous tirez
15:43de cet épisode ?
15:44Pour être précis,
15:45Jordan Bardella
15:46aurait dit
15:47que,
15:48mis les finances,
15:48j'aurais sauvé
15:49les entreprises
15:49parce que je voulais
15:50venger Moïse
15:51et que je raisonnais
15:52en sioniste
15:52davantage qu'en socialiste.
15:54Alors ça,
15:55on verra si ces propos
15:56ont été tenus.
15:57On a quand même
15:58quelques raisons
15:58de penser qu'ils l'ont été.
16:00Peut-être erreur de jeunesse
16:01qui n'a pas été avouée,
16:02le déni ne me convainc pas.
16:04Ce sont des propos
16:05dingues,
16:06complotistes,
16:06antisémites.
16:07Pour le coup,
16:08l'inspiration
16:09d'Alain Soral,
16:10elle est directe
16:11et ça inspire
16:13d'autres réflexions.
16:14Je pense que Marine Le Pen
16:15a fait un tournant
16:16personnel sincère
16:18par rapport
16:19à ces questions
16:19quand elle a pris
16:20la responsabilité
16:21du Rassemblement de Syrie,
16:22quand elle en a expulsé
16:23d'une certaine façon
16:24son père.
16:25Mais je constate
16:26que les racines antisémites
16:28continuent d'exister
16:29chez les cadres,
16:30chez certains
16:31et que le rapport au passé
16:33n'a pas été totalement
16:34pensé et purgé.
16:36Jean-Dade Bardella
16:37aurait pu dire
16:37« j'avais 17 ans ».
16:38C'était en 2013.
16:40Le Front National
16:41était le Front National
16:42présidé par Jean-Marie Le Pen
16:43et Alain Soral
16:44était son conseiller.
16:45Il a choisi de dire
16:46qu'il n'avait jamais tenu
16:47ses propos.
16:48Bon,
16:49moi,
16:50je n'en suis pas convaincu
16:51comme les Français
16:51n'en sont pas convaincus
16:52non plus
16:53et étant en plus visé,
16:56j'aimerais qu'il soit
16:57établi de manière claire.
16:59J'aimerais le croire.
17:00J'aimerais pouvoir le croire.
17:01J'ai du mal.
17:02Quand je dis j'ai du mal,
17:03je suis diplomate.
17:04J'ai beaucoup de mal.
17:05Et tout ça,
17:05ça dit que
17:07ça continue à tarauder
17:08si vous voulez.
17:09Et pour ceux qui pensent,
17:11c'est vrai,
17:11je suis juif d'origine,
17:13même si je ne suis pratiquant
17:14en rien,
17:15que le Rassemblement National
17:16est le meilleur protecteur
17:17des juifs
17:18et qu'il est complètement
17:19inifugé contre l'antisémitisme,
17:20c'est quand même
17:20un rappel utile.
17:22Merci Pierre Moscovici
17:23d'avoir été notre invité.
17:24Alors on poursuit
17:25sur la question
17:26de l'élargissement
17:27du club européen
17:29avec un statut mystérieux
17:31de membre associé
17:33qui est proposé
17:34pour l'instant au Canada,
17:35peut-être au Royaume-Uni,
17:37peut-être d'ailleurs
17:37à l'Ukraine.
17:38On en parle
17:39dans notre débat
17:40à Bruxelles.
17:47Bienvenue au Parlement
17:49de Bruxelles
17:49où l'on dégustera
17:51peut-être bientôt
17:51du sirop d'érable,
17:53une spécialité
17:53qui sera peut-être
17:54un jour européenne
17:55car le Canada
17:56se rapproche de nous
17:57à grande vitesse.
17:58La présidente
17:59de la Commission
18:00a même mentionné
18:01pour ce pays
18:01d'Amérique du Nord
18:02un statut
18:03de membre associé
18:05pour l'heure
18:05un peu énigmatique.
18:07Les 27 s'interrogent.
18:08Faut-il créer
18:09un nouveau statut
18:10entre l'adhésion
18:11pleine et entière
18:12à l'Union européenne
18:13et les classiques
18:15accords de commerce
18:16limités dans leurs objectifs ?
18:17Cette piste
18:18est aussi explorée
18:19dans le cas
18:19de la Grande-Bretagne,
18:20d'Andy Burnham,
18:21le travailliste
18:22qui plaide désormais
18:23pour un return,
18:24l'inverse du Brexit,
18:25soit un rapprochement
18:26de son pays
18:27avec l'Union européenne.
18:29Alors,
18:29au dernier sommet européen
18:31des 15 et 16 octobre,
18:33les chefs d'État
18:34ont souligné
18:34l'importance
18:35de l'élargissement
18:36au club européen
18:36pour des raisons
18:37économiques
18:38mais aussi géopolitiques.
18:40Ils souhaitent
18:40la sortir
18:41de réformes profondes
18:43et de nouveaux garde-fous.
18:44Le Monténégro
18:46est listé
18:46comme le prochain
18:47entrant
18:48en tant que tel
18:49à l'horizon
18:502028
18:51mais la question
18:52de l'Ukraine,
18:53ce pays en guerre
18:53si particulier
18:54qui vient d'ouvrir
18:55deux nouveaux chapitres
18:56de négociation
18:57continue de diviser
18:58les Européens
18:59sur le rythme
19:00et les modalités
19:01d'adhésion.
19:02Alors,
19:02pour en parler,
19:03nous recevons
19:03deux eurodéputés.
19:05Nicolas Bay,
19:05bonjour.
19:06Bonjour.
19:06Vous êtes vice-président
19:08du groupe
19:08des réformistes
19:09et conservateurs
19:10à la droite
19:10de la droite
19:11du Parlement
19:12élu en France
19:12sous l'étiquette
19:13Identité et Liberté
19:14le parti de Marion
19:16Maréchal-Le Pen.
19:17Ravier Moreno-Sanchez,
19:18bonjour.
19:19Bonjour.
19:20Vous êtes espagnol
19:21et siégé au sein
19:21du groupe
19:22des socialistes
19:23et démocrates
19:23au Parlement.
19:24Vous présidez
19:25la délégation
19:26pour les relations
19:26avec le Canada.
19:28Et justement,
19:29le 17 septembre,
19:30le premier ministre canadien
19:31était à Strasbourg
19:32et se félicitait
19:33de l'offre
19:34de rapprochement
19:34significatif
19:35formulée
19:36par la présidente
19:37de la Commission.
19:37On l'écoute.
19:39Le Canada
19:40se félicite
19:41de cette ambition.
19:42Une alliance
19:43pour l'avenir
19:43est une démarche
19:44positive unique
19:45que nous définirons
19:46ensemble
19:47en nous appuyant
19:48sur nos forces communes
19:49et en nous fondant
19:50sur nos valeurs partagées.
19:51Le Canada
19:52et l'Europe
19:52devraient assurer
19:53notre autonomie stratégique
19:55grâce à une coopération
19:56approfondie
19:57dans les minéraux critiques,
19:58la capacité industrielle
20:00de défense,
20:00l'IA
20:01et la puissance
20:02de calcul,
20:02la sécurité énergétique.
20:04Nous recherchons
20:05la résilience
20:06afin que personne
20:07ne puisse contrôler
20:08nos démocraties,
20:09notre état de droit.
20:12Alors,
20:13M. Moreno-Sanchez,
20:15sommet européen
20:16UE-Canada
20:17justement à Montréal
20:18le 29 octobre.
20:20On entend ce Premier ministre
20:22canadien
20:22qui ne parle pas
20:23de statut
20:24de membre associé
20:25mais on comprend
20:26que ses intentions
20:26vont plus loin
20:27qu'un simple accord
20:28de commerce.
20:28On a déjà le CETA,
20:29cet accord de commerce
20:30avec le Canada.
20:32Cette volonté
20:32est bienvenue ?
20:33Très bienvenue
20:34parce que c'est positif,
20:36on construit.
20:37Et la chose importante
20:38de la visite
20:39de M. Carnet
20:40au Parlement européen
20:41c'est qu'il est venu
20:41au Parlement européen
20:42et il est resté
20:43pendant deux jours
20:44à la maison
20:45de la démocratie européenne.
20:46Il aurait pu aller voir
20:47la présidente
20:47de la commission
20:48d'un côté,
20:49le président du conseil
20:50Antonio Costa
20:51d'un autre.
20:51Maintenant,
20:52il est venu
20:52et il envoie
20:53un message politique
20:54très fort
20:55au reste du monde
20:56en disant
20:56il faut préserver
20:57la démocratie,
20:58il faut la défendre.
20:59Donc,
20:59c'était très important.
21:00C'était très important
21:01qu'ils viennent.
21:02Et donc,
21:02dans ce statut futur,
21:04il y aura un parti politique,
21:05c'est ce que vous dites,
21:06une partie géopolitique-politique.
21:08Oui,
21:09le plus important
21:10c'est qu'on avance ensemble.
21:11Et moi,
21:12je préfère qu'on ait
21:13de facto
21:14une relation
21:15très étroite
21:16que de yurer.
21:17Les gens disent
21:18que ce n'est pas possible
21:18parce qu'il n'est pas
21:19dans les traités.
21:20Mais il faut...
21:22On est dans un moment
21:23géopolitique
21:24qui est trouble,
21:26qu'on ne sait pas très bien.
21:27Donc,
21:27les choses positives,
21:28il faut les faire.
21:29Et puis,
21:29il faut être créatif
21:30et inventif.
21:31Je vous rappelle
21:31que l'euro
21:32n'était pas dans les traités
21:33à l'époque.
21:34Schengen,
21:34ce n'était pas dans les traités.
21:36Pendant la pandémie,
21:37la santé,
21:38ce n'est pas dans les traités.
21:39Mais quand il y a
21:39la volonté politique
21:40de se rapprocher,
21:42de travailler ensemble,
21:42on peut le faire.
21:43Alors Nicolas,
21:44une très large majorité
21:45de Canadiens
21:45sont favorables
21:46à ce rapprochement
21:48dans un contexte
21:48de fortes tensions
21:50avec les États-Unis
21:51de Donald Trump,
21:52évidemment.
21:53Le Canada,
21:54c'est un pays
21:54qui partage nos valeurs,
21:55notre combat
21:56pour la démocratie,
21:57le libre-échange,
21:58le soutien à l'Ukraine.
21:59Qu'est-ce que vous dites ?
22:00Welcome
22:00ou No Way ?
22:01D'abord,
22:02il y a énormément
22:02de pays partout
22:03dans le monde
22:03qui partagent
22:05l'exigence démocratique
22:06à un certain nombre
22:07de valeurs
22:08avec les nations européennes.
22:10Et d'ailleurs,
22:10le continent sud-américain,
22:12par exemple,
22:12a les mêmes sources
22:13civilisationnelles que nous
22:14parce que ce sont
22:15des Européens
22:15qui se sont installés
22:16là-bas
22:17et on a des liens forts
22:18et il y a des liens linguistiques
22:19avec l'Espagne
22:20comme il peut y en avoir
22:21au Canada,
22:22une partie du Canada
22:23avec la France
22:24à cause de la francophonie.
22:24Mais je crois que d'abord,
22:26il faut restituer le discours
22:28d'Ursula von der Leyen
22:29dans son contexte.
22:31Il faut dire la vérité,
22:32dans ce discours de septembre,
22:33elle n'avait pas grand-chose
22:34à annoncer
22:34et finalement,
22:35il y a aussi d'abord peut-être
22:37une opération de communication
22:38qui consiste à dire
22:39« Ah ben voilà,
22:40on est dans un contexte
22:41où le Canada
22:41et les États-Unis
22:42sont en tension
22:44et c'est l'occasion
22:45d'un rapprochement stratégique
22:46avec le Canada. »
22:47Moi, je partage l'idée
22:48d'avoir des partenariats forts.
22:50On a déjà un partenariat
22:51commercial avec le CETA.
22:52On pourrait aller plus loin
22:53sur des partenariats économiques
22:55ou politiques.
22:56Mais la vérité,
22:57c'est que ça existe déjà
22:57avec tout un tas
22:58de pays dans le monde.
22:59Ça n'est pas une particularité.
23:01Et donc,
23:01quand elle dit
23:01quand Ursula von der Leyen
23:03parle d'un statut d'associé,
23:05moi, je crois que ça n'a pas
23:06beaucoup de sens
23:06au-delà de la communication.
23:07Pourquoi ?
23:08Parce que d'abord,
23:08le Canada n'est pas européen
23:11géographiquement.
23:12Voilà.
23:12On peut avoir
23:13des liens privilégiés
23:14mais l'Europe,
23:15c'est d'abord
23:16une entité géographique,
23:19culturelle,
23:20historique,
23:21spirituelle.
23:21Mais en tout cas,
23:22on ne peut pas
23:24conceptualiser sérieusement
23:25que l'Europe s'étende
23:27de l'autre côté
23:28de l'Atlantique,
23:29au monde entier.
23:30Vous vous dites
23:30si, on pourrait.
23:31Ce ne serait plus l'Europe.
23:32Mais en revanche,
23:33si vous me permettez,
23:34je termine là-dessus,
23:36bien sûr
23:37qu'on doit avoir
23:37des liens
23:37mais ça ne doit pas être
23:39simplement du contexte
23:40politicien.
23:41Vous comprenez bien
23:42que si demain,
23:43il y a une nouvelle majorité
23:45ou un nouveau pouvoir
23:46aux États-Unis
23:46et que les relations
23:47s'améliorent entre
23:48les États-Unis et le Canada,
23:50il ne faudrait pas
23:50qu'on soit les victimes
23:51directes de ce phénomène
23:53parce que finalement,
23:53le Canada ne se serait
23:54rapproché de nous
23:55que de manière très transitoire
23:57pour un enjeu
23:59finalement régional
24:00qui nous concernait peu.
24:01Il faut avoir
24:02une vision stratégique
24:03de l'Europe
24:04et pas une vision opportuniste
24:06de communication.
24:07C'est de l'opportunisme
24:09ou est-ce qu'on peut créer
24:10quelque chose
24:10qui politiquement soit solide aussi ?
24:12J'ai l'habitude de dire
24:12que le Canada
24:13est le pays le plus européen
24:14hors d'Europe.
24:16On partage,
24:16M. Bell a dit,
24:17les valeurs,
24:18les traditions,
24:18les langues et tout.
24:20Donc,
24:22pas jouer sur les mots
24:23mais pour moi,
24:24le plus important,
24:25c'est vraiment
24:27qu'on démonte
24:28cette relation
24:29avec des faits.
24:30Si on fait un accord digital
24:32d'ici le sommet
24:34qui aura lieu
24:35à la fin du mois,
24:35si on a un accord
24:37pour qu'ils travaillent
24:38sur Erasmus+,
24:39sur l'intelligence artificielle,
24:41on partage la même vision,
24:43toutes ces choses.
24:44Et puis,
24:45ce rapprochement,
24:46il se fait aussi,
24:46bon,
24:46c'est peut-être symbolique
24:48mais c'est important.
24:49M. Carnet a participé
24:50à la communauté politique européenne
24:52il y a quelques mois.
24:54Maintenant,
24:54je sais que
24:55la présidence irlandaise
24:57invite les ministres canadiens
24:59au sommet informel
25:02qui se tiennent
25:03ces derniers mois.
25:05donc c'est vraiment
25:06une volonté
25:06et moi j'insiste
25:07sur le côté positif
25:08dans ce monde
25:09où il y a des tensions
25:11et ça,
25:12que des gens
25:12veulent y aller
25:13vers quelque chose
25:14de positif,
25:15ouvert,
25:15je pense que c'est important.
25:16Ça veut dire
25:16qu'on pourrait voir
25:17un premier ministre canadien
25:17dans les conseils européens
25:18par exemple un jour ?
25:20Il pourrait déjà être
25:21comme observateur
25:22mais en fait,
25:23ça voudrait dire
25:24qu'ils ont adhéré
25:26et effectivement,
25:27il y a l'océan
25:28entre,
25:29ce n'est pas un pays européen
25:30mais Saint-Pierre-et-Miquelon
25:31ce n'est pas très loin
25:31du Canada
25:32et le Groenland non plus
25:33mais bon,
25:34ils sont européens
25:34dans l'esprit.
25:35C'est différent
25:35parce que Saint-Pierre-et-Miquelon
25:36est un territoire français.
25:37Ils sont européens
25:39dans l'esprit
25:40et moi ce que je dis
25:41c'est que tout ce qui est positif
25:44qui permet de construire,
25:46d'avancer,
25:47bienvenue.
25:48Après,
25:48jouer sur les termes associés.
25:51Oui, pardon,
25:51je comprends cette idée
25:53mais il y a quand même
25:54un sujet d'efficacité
25:56et moi je ne crois pas
25:57que l'Europe sera davantage
25:59respectée sur la scène mondiale
26:01si elle multiplie
26:02les artifices de communication
26:03et qu'elle s'étend
26:05au monde entier
26:05de manière en réalité
26:09pas opérationnelle du tout.
26:11C'est un peu comme le G7
26:12où d'un seul coup
26:14ils invitent
26:14tous les pays du monde.
26:15Et puis à la fin
26:16on voit bien
26:16que ça n'aboutit pas
26:17à grand chose.
26:18C'est-à-dire que la faiblesse,
26:19la fragilité
26:20de l'Europe aujourd'hui
26:21et de l'Union européenne
26:22dans son expression institutionnelle
26:24c'est de ne pas être capable
26:25de peser vraiment
26:26sur la scène mondiale
26:27Mais elle veut s'entourer d'amis.
26:28Elle essaie de s'entourer d'amis
26:30en tout cas.
26:30Autrement économique
26:31et encore.
26:32Et donc aujourd'hui dire
26:33on va faire venir
26:34tout un tas de pays
26:34associés à nous
26:35ça va jeter.
26:36On va parler d'un autre
26:37On va parler d'un autre
26:37Mais ajouter du flou
26:38On va parler d'un autre
26:39On va pas parler d'un autre
26:40On va parler d'un autre
26:41On va quand même reconnaissez
26:42qu'elle séduit
26:43au-delà de son propre continent
26:45et un autre pays d'ailleurs
26:47qui frappe à sa porte
26:48après l'avoir claqué
26:50c'est assez paradoxal
26:51la Grande-Bretagne
26:52le nouveau Premier ministre
26:54Andy Barham
26:54en poste depuis trois mois
26:56plaide pour un rapprochement
26:58significatif
26:59en amont du sommet
27:00UE-Royal-Uni
27:02du 20 novembre au prochain
27:03On l'écoute.
27:06Le Brexit a fait plus de mal
27:08que de bien
27:08Je saisirai l'occasion
27:10offerte par le prochain sommet
27:12entre l'Union Européenne
27:13et le Royaume-Uni
27:13pour exposer au pays
27:15ce que je considère être
27:17les différentes options
27:18pour la relation de long terme
27:20avec nos partenaires européens
27:22Et il existe différentes options
27:24et je verrai
27:25si nous pouvons trouver
27:26un consensus
27:27autour de l'une d'entre elles
27:29Un consensus
27:30qui nous apportera
27:31de la clarté
27:32sur notre position
27:32et sur l'avenir
27:34du continent
27:34dans lequel nous vivons
27:36Javier Moreno-Sanchez
27:37Alors qu'est-ce qu'on fait
27:38avec nos amis britanniques ?
27:41On leur retend la main
27:42on leur offre
27:42un statut particulier
27:43et lequel ?
27:44Alors pendant
27:45justement la semaine
27:47canadienne de Strasbourg
27:48des journalistes m'ont demandé
27:49est-ce que cette association
27:51avec le Canada
27:51ça ne va pas fâcher
27:52nos amis britanniques
27:53et tout ?
27:54Moi j'ai dit
27:54c'est très simple
27:55la porte est ouverte
27:56ils n'ont qu'à revenir
27:57Welcome back
27:58dit le président français
27:59Emmanuel Macron
28:00Pour moi aucun problème
28:02ils n'ont qu'à revenir
28:04telle est leur volonté
28:05et on repart
28:06comme on était
28:07il y a quelques années
28:08en arrière
28:09sinon faire l'association
28:11aussi la plus proche possible
28:12comme avec le Canada
28:13La vérité c'est que
28:14les britanniques
28:15en quittant l'Union Européenne
28:16ont obtenu
28:17dans l'accord
28:18le nouvel accord
28:18le nouveau traité
28:19entre l'Union Européenne
28:21et le Royaume-Uni
28:21tous les avantages
28:22de l'Union
28:23sans les inconvénients
28:24Ils n'ont pas l'air
28:25de le penser
28:25ils sont majoritairement
28:26contre le Brexit
28:27aujourd'hui
28:28ils regrettent amèrement
28:29et le problème sphétanique
28:31Les sondages nous disaient
28:31avant le Brexit
28:32qu'ils étaient aussi contre
28:33et finalement
28:33ils ont voté pour
28:33mais surtout
28:34ils ont obtenu
28:35dans l'accord
28:36avec l'Union Européenne
28:37un accès totalement libre
28:39au marché européen
28:40sans droit de douane
28:41ni quota
28:41et sans pour autant
28:43être contraints
28:44par la jurisprudence
28:46des juridictions européennes
28:48ils ont gardé
28:49toutes nos normes
28:51mais ils n'ont plus
28:52le droit de regard
28:52maintenant au Conseil Européen
28:53ils n'ont pas le pouvoir
28:54de décision
28:54sauf que
28:55on verra
28:56s'ils s'alignent
28:57sur les normes ultérieures
28:58je pense que c'est loin
28:59d'être acquis
29:00et surtout
29:01ils ont un accès libre
29:02au marché européen
29:02c'est ça qu'ils voulaient
29:03sans avoir besoin
29:04de payer
29:04comme ils faisaient avant
29:05environ 12 milliards d'euros
29:06chaque année
29:07ils veulent revenir au Vercail
29:08est-ce que ça vous intéresse ?
29:11ils veulent
29:11ça veut dire quoi ?
29:12ça veut dire
29:12le Premier ministre actuel
29:14en opposition
29:15à son prédécesseur
29:16nous dit
29:16moi j'aimerais bien
29:17que le Royaume-Uni
29:18revienne dans l'Union Européenne
29:19la question c'est de savoir
29:20ce que veulent les Britanniques
29:21et ce qu'ils veulent
29:21dans la durée
29:22encore une fois
29:22est-ce qu'on peut construire
29:24une politique continentale
29:26avec une vision
29:27en fonction
29:27des majorités de circonstances
29:29vous étiez pour le Brexit
29:31le Premier ministre canadien
29:32est fâché avec Trump
29:33la réussite du Brexit
29:34le Brexit vous a fait mentir
29:35en tant que parti politique
29:37vous êtes déçu aussi
29:38d'eux
29:39qu'ils changent d'avis ?
29:40non pas du tout
29:40moi j'ai toujours considéré
29:41que c'était aux Britanniques
29:42de décider leur destin
29:44ils ont décidé
29:45souverainement
29:45et démocratiquement
29:46à la majorité absolue
29:47de quitter l'Union Européenne
29:48on a négocié
29:50pendant des années
29:50et abouti à un accord
29:51qui est très avantageux
29:52pour eux
29:53aujourd'hui
29:54qu'il y ait une partie
29:55de la classe politique
29:55qui dit
29:56ce serait bien de revenir
29:57ils ont perdu beaucoup
29:58de pulme économiquement
30:00vous savez
30:01je ne suis pas sûr
30:01que les pays
30:02qui sont à l'intérieur
30:02de l'Union Européenne
30:03se portent beaucoup mieux
30:04économiquement
30:04à commencer par la France
30:05en Espagne ça va
30:07en Espagne tout va bien
30:09on est au top
30:11oui économiquement
30:12pas trop mal
30:12et le chaos migratoire
30:13en Espagne
30:14c'est le fait
30:15du gouvernement
30:15sans le chèque
30:16mais c'est un autre sujet
30:18mais honnêtement
30:19je pense que
30:20si l'Union Européenne
30:21est en permanence
30:22à faire des va-et-vient
30:23en fonction
30:24des circonstances électorales
30:26de tel ou tel pays
30:27membre
30:28ou partenaire
30:29elle ne va pas
30:31sur le chemin
30:32de la puissance
30:32de l'indépendance
30:33et du rayonnement
30:34sur la scène mondiale
30:35or c'est ça
30:35le véritable enjeu
30:36alors élargissons un petit peu
30:38il y a d'autres candidats
30:39qui frappent à la porte
30:40de l'Europe
30:41officiellement
30:41ceux-là
30:42selon le processus
30:43classique d'adhésion
30:44on parle de 5 pays
30:45des Balkans occidentaux
30:46de l'Ukraine
30:47de la Géorgie
30:48de la Moldavie
30:49et de la Turquie
30:49même si le processus
30:50d'adhésion
30:51est suspendu
30:51en ce qui la concerne
30:52le prochain sur la liste
30:53pour être le Monténégro
30:54Javier Moreno Sanchez
30:57est-ce qu'il faut
30:57intégrer tous ces pays
30:58à quelle échéance
30:59et est-ce qu'il faut
30:59réformer les règles
31:01européennes pour le faire
31:02alors
31:04la voie est
31:05de peu à peu
31:06élargir effectivement
31:08il faut voir
31:08quand et comment
31:09changer les règles
31:10changer les règles
31:12il faut que ça se fasse
31:13dans le cadre
31:13des traités actuels
31:14parce que maintenant
31:15une réforme des traités
31:16je la vois compliquée
31:17ça a déjà été
31:18très compliqué
31:19au début de ce siècle
31:20il y a une vingtaine d'années
31:21donc je la vois très compliquée
31:22on limitait les vétos
31:23donc il faut
31:25on peut faire
31:26des réformes internes
31:27par exemple
31:28moi j'ai toujours plaidé
31:29pour que le Parlement européen
31:31ait l'initiative législative
31:32je veux dire
31:33il y a des choses
31:33qui peuvent avancer
31:35sans devoir modifier
31:37les traités
31:37donc à partir de là
31:38pour l'élargissement
31:40pour que ça fonctionne
31:41parce que c'est vrai
31:42que si on est
31:4230 ou 35
31:43à un moment donné
31:45il faudra changer
31:46les règles du jeu
31:46mais comment le fait-on
31:48parce que si on ouvre
31:49les traités
31:50vu le contexte
31:51géopolitique
31:52et géoéconomique
31:53qu'on a en ce moment
31:54ouvrir des traités
31:55ça va être compliqué
31:57donc oui
31:59je pense que
32:00c'est la vocation
32:01de l'Europe
32:01de s'ouvrir
32:02à ces pays
32:03le rythme
32:04et tout ça
32:04moi je ne me prononcerai
32:05pas trop vite maintenant
32:06pour un parti
32:08patriotique
32:08vous dites
32:10finalement
32:10pas besoin
32:11d'élargir ce club européen
32:13peut-être pas
32:13à l'Ukraine
32:14les Balkans
32:15on ne sait pas
32:15etc
32:16il y a des problèmes
32:17trop importants
32:18on reste entre nous
32:19ou comment ?
32:19ce qu'on voit en tout cas
32:20c'est que les élargissements
32:21les derniers élargissements
32:22n'ont pas encore été
32:23totalement digérés
32:24c'est le moins qu'on puisse dire
32:25quand on voit par exemple
32:26la Roumanie
32:27ou la Bulgarie
32:28pour prendre
32:28les élargissements
32:29les plus récents
32:30on a encore
32:31des différentiels
32:32très importants
32:33sociaux par exemple
32:34qui aboutissent
32:34à une vraie concurrence
32:36déloyale
32:36intra-européenne
32:37parce que
32:38par exemple
32:39le problème
32:39du détachement
32:40des travailleurs
32:40etc
32:41donc on voit bien
32:42que l'élargissement
32:43est aussi un peu
32:44une illusion
32:45un peu une fuite en avant
32:46je passe sur la Turquie
32:47parce qu'évidemment
32:48la Turquie
32:49elle est européenne
32:50ni par son histoire
32:51ni par sa géographie
32:52l'ouverture aux Balkans
32:53occidentaux
32:54on sait que c'est des pays
32:55je pense à la Bosnie-Herzégovine
32:56à l'Albanie
32:57qui sont des pays
32:58de corruption généralisée
32:59donc tout ça
33:00est un peu illusoire
33:01quant à l'Ukraine
33:02moi je crois que
33:03ça n'est pas sérieux
33:04autant qu'on soutienne
33:06l'Ukraine
33:06c'est une chose
33:07autant
33:08je veux dire militairement
33:09par exemple
33:09autant qu'on dise
33:10elle doit adhérer
33:11à l'Union Européenne
33:12je pense que ça n'a
33:13aucun sens
33:13pourquoi ?
33:14parce que ça créerait
33:16une concurrence
33:18déloyale terrible
33:18pour nos agriculteurs
33:20c'est un pays
33:20qui est totalement
33:21gangréné par la corruption
33:22et puis
33:23il faut réfléchir
33:24aux intérêts européens
33:25et les intérêts européens
33:27c'est aussi
33:27d'avoir des pays
33:28qui font un peu
33:30une zone tampon
33:31en quelque sorte
33:32avec les autres
33:33nos autres grands compétiteurs
33:34les autres grandes puissances
33:36c'est le cas de l'Ukraine
33:36avec la Russie
33:37il me semble quand même
33:38là pour le coup
33:39vous êtes en train
33:40de donner de l'argument
33:41dans le fond d'inverse
33:41on n'a pas intérêt
33:42directement
33:44limitrophe
33:44de nos concurrents
33:45les plus importants
33:46ce qui est intéressant
33:46pour finir sur des notes positives
33:48c'est que l'Union Européenne
33:50est encore
33:51malgré
33:51on dit que ça ne va pas bien
33:52on est un pôle d'attraction
33:54il y a le Canada
33:54qui veut se rapprocher
33:55il y a des pays
33:56qui veulent adhérer
33:57donc à tous ces gens
33:59qui se plaignent
33:59toute la journée
34:00de l'Union Européenne
34:01ça ne marche pas
34:02ça ne va pas
34:02je leur dis
34:03écoutez
34:04c'est quand même
34:04un pôle d'attraction
34:05et allez voir un peu
34:06ce qui se passe ailleurs
34:07dans d'autres continents
34:08et vous vous rendrez compte
34:09que l'Union Européenne
34:11il vaut mieux faire
34:13envie que pitié
34:14merci à vous d'avoir
34:15en tout cas
34:15très bien illustré
34:16ce débat
34:17merci à tous
34:18et bonne suite de programme
34:19sur nos chaînes
34:19Générique
34:21Générique
34:22Générique
34:24Générique
34:25Générique

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