00:00France 24, LCP, Public Sénat, présente.
00:17Bonjour à tous, merci de nous rejoindre pour Ici l'Europe sur France 24 et les chaînes parlementaires.
00:22L'économie européenne est toujours fortement impactée par la guerre au Moyen-Orient.
00:26Les prévisions de printemps de la Commission européenne font tomber la croissance à 0,9%.
00:31En 2026, l'inflation est en hausse à 3%, même si le chômage remonte faiblement.
00:36Nous allons parler des perspectives économiques à partir d'une banque assez atypique,
00:42la Banque européenne pour la reconstruction et le développement, la BERD,
00:46créée en 1991 pour contribuer à la construction d'une ère post-communiste en Europe centrale et orientale.
00:53Elle est détenue par 77 pays, ainsi que par l'Union européenne, la Banque européenne d'investissement.
00:58Nous avons le plaisir d'accueillir aujourd'hui sa présidente depuis bientôt 6 ans, Odile Renaud-Basso.
01:04Bonjour.
01:05Bonjour.
01:05Je rappelle que vous étiez auparavant directrice générale du Trésor en France.
01:09Vous connaissez bien l'économie, autant dire.
01:12Vos propres perspectives de croissance, qu'est-ce qu'elle laisse apparaître de cette situation économique de l'Europe,
01:18de l'Est européen en particulier, que vous connaissez bien ?
01:21Alors, c'est clair que les perspectives de croissance ont globalement été revues à la baisse,
01:27qu'il s'agisse de l'Europe, mais aussi pour nous de l'ensemble des régions et des pays dans
01:32lesquels on intervient.
01:34Globalement, on vient de refaire nos prévisions de croissance.
01:37Et pour 2026, on a revu à la baisse de 0,5% en moyenne sur l'ensemble de nos
01:45pays, sur l'ensemble de notre région, les perspectives de croissance.
01:50Et puis, avec une révision un peu plus faible pour l'année 2027.
01:54Tout ça étant fondé sur l'impact de la situation au Moyen-Orient, une augmentation assez significative des prix du
02:02pétrole depuis trois mois,
02:03avec une volatilité assez importante en fonction de l'état des discussions, de la communication des différents acteurs intervenant dans
02:11ce conflit.
02:11Mais on voit bien plutôt des tendances à un impact négatif sur l'économie, avec des scénarios qui peuvent être
02:21assez différents sur l'inflation.
02:23On a vu la Banque centrale européenne déjà prendre une première mesure depuis trois ans de hausse des taux d
02:29'intérêt.
02:29Et donc, tout ça va avoir un effet plutôt de ralentissement sur l'économie mondiale.
02:34Alors, en tant que présidente de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement,
02:37vous avez déclaré que le soutien gouvernemental apporté aux économies émergentes touchées par ce conflit au Moyen-Orient
02:44doit rester temporaire et ciblé, alors que les marches budgétaires se resserrent.
02:50Traduction dans les faits.
02:51Beaucoup de pays ont pris des mesures de soutien à la demande pour réduire l'augmentation des prix de l
02:58'énergie.
02:59Par exemple, des prix à la pompe.
03:02Globalement, les prix à la pompe dans l'ensemble de nos régions ont augmenté de 30%.
03:06Donc, il y a des gouvernements, pratiquement tous les gouvernements, ont pris des mesures d'atténuation
03:10pour plafonner l'augmentation des prix du gaz, des prix de l'électricité, des prix de l'essence à la
03:17pompe.
03:18Mon message est de dire qu'il faut que ces mesures soient temporaires et très ciblées,
03:22parce que ça peut coûter extrêmement cher.
03:24Et on a des pays qui ont des marges de manœuvre budgétaires limitées.
03:30Vous pensez à la France ? Vous pensez à l'Union européenne ?
03:34On n'intervient pas sur la France, mais c'est un raisonnement qui peut aussi s'appliquer à la France.
03:40La situation d'endettement dans beaucoup de pays a fortement augmenté après le Covid,
03:44avec l'impact de la guerre en Ukraine.
03:47Et donc, les marges de manœuvre sont assez limitées.
03:50Et la capacité des pays à prendre des mesures d'atténuation de l'augmentation des prix de l'énergie est
03:56assez faible.
03:57D'ailleurs, votre banque, elle, intervient beaucoup dans la région,
04:01notamment dans la reconstruction post-guerre de Gaza, estimée à 46 milliards d'euros.
04:05En Cisjordanie, depuis 2024, vous avez investi 200 millions d'euros,
04:09le double du montant des cinq précédentes années.
04:12Vous ne vous désengagez pas.
04:14Donc, vous avez même annoncé déployer 5 milliards d'euros dans les pays touchés par les répercussions de la guerre
04:20en Iran.
04:21Moi, je considère que notre banque, et c'est aussi le point de vue d'actionnaire,
04:24on a un rôle contracyclique.
04:26C'est-à-dire qu'on a une banque de développement, une banque multilatérale de développement,
04:30et notre rôle est vraiment d'aider les pays à faire face à des situations plus difficiles
04:37quand le secteur privé, quand les investisseurs privés vont avoir tendance à se retirer
04:43et à être moins capables de prendre du risque.
04:47On doit faire tout ça, évidemment, en mesurant nos propres risques.
04:49Est-ce qu'on doit préserver notre force financière ?
04:52On est une institution avec un très bon rating, triple A, etc.
04:56C'est très important pour nous, mais on a la capacité, compte tenu d'autres bilans,
05:01d'apporter un financement et de continuer à soutenir nos clients
05:05dans des situations qui sont plus difficiles.
05:08C'est pour ça que, par exemple, pour les pays affectés par le conflit au Moyen-Orient,
05:14on a adapté nos instruments pour pouvoir apporter des soutiens en liquidité,
05:18et des financements d'urgence à nos clients pour les aider face, par exemple,
05:22à l'augmentation des prix de l'énergie, l'augmentation des prix des importations
05:26qu'ils peuvent subir quand il y a une dépréciation de la monnaie.
05:29Donc, on est actifs en situation de crise.
05:34Et le cas le plus marquant de ce point de vue-là est évidemment l'Ukraine,
05:37où on continue d'investir dans le pays en guerre.
05:41Mais, quand même, concentrons-nous sur des pays où se sont tenus,
05:45en particulier, votre assemblée annuelle de la Baird début juin, Riga, Lettonie.
05:49Vous avez déclaré, Lettonie, Estonie, Lituanie ont été les plus belles résistiques
05:53de la transition d'une économie centralisée, donc soviétique,
05:57vers une économie de marché, ainsi que de l'élargissement de l'Union européenne.
06:01Reconnaissons quand même qu'il reste des problèmes de corruption dans ces pays baltes,
06:04qu'ils ont en plus une peur viscérale de la Russie,
06:07qui les incitent à investir presque exclusivement dans la disfance aujourd'hui.
06:11C'est des pays qui ont effectivement connu une transformation extraordinaire,
06:15avec aujourd'hui, par exemple, une capacité d'innovation,
06:19des start-up qui réussissent extrêmement bien sur les marchés internationaux, etc.
06:25Ils sont, pour un certain nombre d'aspects,
06:28même en avance par rapport à d'autres pays de l'Union européenne,
06:32ils connaissent des sujets, ils ont connu des sujets de blanchiment, etc. dans le passé,
06:38mais il y a des mesures qui ont été assez strictes,
06:40de renforcement des contrôles dans le système bancaire, etc.,
06:44qui ont été prises, qui ont permis de vraiment remettre à niveau,
06:48et donc c'est des pays dont le potentiel économique aujourd'hui est important,
06:51le dynamisme économique est important.
06:53Ils sont, par contre, effectivement, négativement impactés par le fait qu'ils sont proches de la Russie,
07:00c'est des pays qui ont fait partie du bloc soviétique,
07:02donc pour lesquels l'indépendance était vraiment une réalité extrêmement importante.
07:09On a vu, avec la guerre en Ukraine,
07:13une moindre appétence des investisseurs internationaux pour investir dans ces pays,
07:17parce qu'ils sont vus comme étant proches et possiblement affectés par la guerre.
07:23Et deuxièmement, eux-mêmes doivent effectivement faire un effort de défense,
07:27d'augmentation des dépenses de défense, comme tous les pays européens.
07:32Ils sont en avance et ils investissent particulièrement beaucoup dans ce domaine.
07:36Et donc, d'où l'intérêt pour eux d'avoir des investisseurs comme nous,
07:40qui continuent à soutenir le secteur privé,
07:44parce que c'est aussi des économies qui sont de taille assez petite.
07:46Et donc, par exemple, les marchés financiers manquent toujours de liquidité,
07:50ce sont des marchés qui sont un peu étroits.
07:51Donc, notre action aide à, vise vraiment à aider à développer les marchés financiers,
07:57le financement en capital risque, le financement en fonds propres
08:00et la transition énergétique qui est extrêmement importante pour ces pays.
08:04Parce qu'ils étaient historiquement très dépendants de la Russie,
08:08connectés au système russe.
08:09Et là, ils se sont connectés au système européen
08:10avec beaucoup d'investissements dans les renouvelables en particulier.
08:12Alors, vous le disiez, le soutien à l'Ukraine,
08:14c'est l'une de vos priorités avec 10 milliards d'euros déployés.
08:17D'ailleurs, c'est l'une aussi des priorités de l'Union européenne.
08:20La guerre en Ukraine est aux portes de l'Europe et elle s'éternise.
08:23Depuis le 11 juin, sa durée a dépassé celle de la Première Guerre mondiale.
08:29Une guerre qui pèse sur le moral des habitants.
08:32C'est aussi une guerre psychologique qui se joue.
08:35Odile Renaud-Basso, votre banque Laberte finance des projets énergétiques,
08:40suit ses attaques russes pour démoraliser les populations
08:43sur des infrastructures électriques.
08:45Vous financez 135 installations des abris de protection
08:50pour les transformateurs électriques.
08:52Ça, c'est important de reconstruire pendant la guerre ?
08:55Oui, c'est très important de reconstruire pendant la guerre
08:57et notamment sur tout ce qui est ces grandes infrastructures
08:59qui sont fondamentales à la vie quotidienne des personnes,
09:04des habitants de l'Ukraine et aussi au fonctionnement de l'économie.
09:08Par exemple, le fait d'avoir accès à l'électricité,
09:11d'avoir accès au chauffage, d'avoir accès à l'énergie en général,
09:14d'avoir des trains qui fonctionnent, d'avoir des routes qui sont à peu près,
09:19qui peuvent être dans un état correct.
09:22Tout ça, c'est extrêmement important pour les habitants de l'Ukraine,
09:26pour les entreprises en Ukraine, etc.
09:29Et pour que la vie quotidienne puisse continuer dans ce pays.
09:34Vous parliez de la démoralisation, mais ce qui me frappe aussi,
09:37moi j'ai beaucoup été en Ukraine, c'est la résilience,
09:41c'est-à-dire la détermination des Ukrainiens à continuer et à défendre leur pays,
09:48leur indépendance, leur autonomie et à poursuivre les efforts,
09:54malgré les difficultés, pour ce faire.
09:57C'est assez frappant quand on regarde la situation de l'Ukraine,
10:00le fait qu'il y a évidemment une première vague de personnes
10:03qui ont quitté le pays au début de la guerre, avec les familles, etc.
10:06Mais l'hiver dernier a été extrêmement difficile en termes de chauffage,
10:12d'électricité, il y avait vraiment des conditions extrêmement dures
10:17au plan de la vie quotidienne.
10:19Et pourtant, malgré tout, il y a très peu d'Ukrainiens qui ont quitté le pays
10:23et la plupart sont restés dans le pays pour le défendre.
10:26Donc cette résilience est un élément fondamental
10:30qui explique la capacité du pays à continuer à se défendre
10:34et à regagner de la capacité de défense et de dérange dans la période récente.
10:41L'Ukraine ambitieuse de lever 257 millions d'euros via la privatisation cette année.
10:48D'ailleurs, votre banque Laberde entend soutenir ses efforts de privatisation
10:52des banques ukrainiennes et d'autres industries nationales.
10:55L'Ukraine n'est-elle pas, en pleine guerre, en train de brader un peu son économie,
11:00voir ses terres agricoles, d'affaiblir son service public ?
11:02C'est quand même la question qu'on est en droit de se poser.
11:04Je pense que c'est important et que l'économie ukrainienne a besoin d'investissements étrangers.
11:09C'est-à-dire qu'ils ont, pour que l'économie puisse se développer,
11:14on reste toujours quand même dans des domaines de croissance positive.
11:16Donc on est en économie qui a connu un très gros choc,
11:19mais il reste, après la première année, une réduction du PIB de 30 %,
11:24à réussir à remonter, à avoir des croissances avec des taux positifs.
11:29Et donc de ce point de vue-là, avoir des investissements étrangers,
11:32c'est un afflux de financement, un signe de confiance d'abord,
11:36mais aussi un afflux de financement et la capacité de développer des nouvelles capacités.
11:40Les entreprises publiques ont un rôle très important en Ukraine,
11:43dans les grands secteurs, y compris le secteur bancaire.
11:48Les entreprises publiques sont importantes.
11:50Et donc pouvoir apporter des capitaux privés,
11:53ça va permettre aussi de relancer et de soutenir les investissements dans le pays.
11:59Donc l'État et le secteur public tout seul ne peuvent pas faire face
12:03à l'ampleur des besoins d'investissement.
12:05Et donc d'où l'importance de ces financements privés.
12:08Il y a d'ailleurs une entreprise privée française très importante,
12:12détenue par Xavier Niel,
12:13qui a fait le plus grand investissement étranger en Ukraine
12:17depuis les dix dernières années dans le domaine des télécoms l'année dernière.
12:21Xavier Niel, Xavier Niel.
12:23Voilà, Xavier Niel, qui était vu comme un signe extrêmement positif
12:26de confiance aussi dans la capacité de l'économie ukrainienne
12:31de se développer et de croître malgré le contexte.
12:35Alors les États-Unis restent le principal actionnaire de votre banque,
12:38la Baird, suivi du Royaume-Uni, un peu moins de 9%.
12:42L'Union européenne et la Banque européenne d'investissement
12:45détiennent sous 6,2% du capital.
12:48Est-ce que l'administration Trump,
12:51qui a largement engelé les paiements d'aides étrangères
12:53et le soutien aux banques multilatérales de développement,
12:56a également remis en question votre équilibre,
12:59Odile-Renaud-Basso ?
13:00Les États-Unis sont effectivement le premier actionnaire.
13:02En fait, ils ont plus de 11% en règle générale.
13:09Ils sont des actionnaires importants pour nous
13:11et ils ont au contraire souscrit à l'augmentation de capital
13:14qui avait été dessinée en 2023 au moment de la guerre
13:19pour financer, pour nous aider à soutenir les investissements en Ukraine
13:24et dans l'ensemble de nos pays d'opération.
13:26Et donc, les États-Unis ont décidé de souscrire à cette augmentation de capital
13:30auquel on souscrit l'ensemble, la quasi-totalité des autres actionnaires.
13:33Et donc, c'est un signe de soutien à l'institution.
13:37Je pense qu'un de leurs intérêts pour l'institution,
13:42c'est notre focalisation, notre mandat,
13:44qui est de développer le secteur privé dans les économies
13:48dans lesquelles on intervient.
13:48Pour soutenir le développement économique,
13:51c'est une particularité de la merde
13:52qui était liée au moment de sa création, etc.
13:55et qui reste toujours au cœur de ce qu'on fait.
13:59Et je pense que ça fait écho à une vision des priorités américaines.
14:04Vous parlez de priorités américaines.
14:06Le financement de l'économie verte a représenté 58%
14:09du volume total d'investissement de votre banque en 2024.
14:12Un record.
14:14Tandis que la part des projets genrés était de 47%.
14:17Deux thématiques que rejette vivement cette administration Trump
14:21qui ne croit ni au réchauffement ni aux luttes féministes.
14:23Ça vous pose un problème ?
14:25On a une majorité d'actionnaires européens,
14:28d'actionnaires comme le Royaume-Uni, le Canada, le Japon,
14:32qui restent extrêmement focalisés
14:34et qui considèrent que pour une banque multilatérale de développement,
14:37continuer à soutenir la transition énergétique
14:41et la décarbonisation de l'économie,
14:43est un élément, est une priorité, doit rester une priorité,
14:46de même que le soutien pour l'égalité hommes-femmes,
14:50le fait de faciliter l'accès des femmes au marché du travail,
14:55à la formation, etc.
14:56Donc la majorité de nos actionnaires continuent de soutenir ces priorités
15:01et donc effectivement, ces objectifs ont été réaffirmés.
15:05Et c'est d'une certaine façon l'intérêt des institutions multilatérales
15:08où on a des règles de décision avec des actionnaires,
15:11des décisions qui sont prises à la majorité.
15:13Et donc pour nous, ça reste des priorités extrêmement importantes
15:17et on voit aussi que ça répond aux besoins des pays dans lesquels on intervient.
15:21On voit l'intérêt aujourd'hui de nos pays d'opération
15:25pour investir plus dans les renouvelables,
15:27investir plus dans le solaire ou l'éolien et les batteries
15:31parce qu'ils voient ça comme une façon de garantir leur sécurité énergétique.
15:34On voit aujourd'hui le risque d'être trop dépendant du pétrole ou du gaz
15:38venant d'ailleurs avec des risques géopolitiques majeurs.
15:41Et donc il y a une accélération qu'on accompagne d'investissements
15:46pour l'efficacité énergétique,
15:47mais aussi pour la diversification vers les renouvelables.
15:50La Banque Européenne de Reconstruction et de Développement
15:53s'intéresse beaucoup à l'Afrique aussi, le continent miroir.
15:57Une croissance moyenne de 4,7% à faire palir évidemment à un Européen en 2026
16:03pour quelques économies africaines clés couvertes par votre action
16:07donc Côte d'Ivoire, Ghana, Bénin, Nigeria, Kenya, Sénégal.
16:10Vous confirmez leur résilience. À quoi tient cette résilience ?
16:14Je pense que ce sont des économies qui sont d'abord
16:17qui ont une forte croissance démographique,
16:18donc ça a un effet de dynamique.
16:20qui sont aussi très adaptables,
16:23avec une flexibilité importante,
16:26une capacité d'innovation importante.
16:28C'est très impressionnant de voir dans certains pays
16:30l'importance prise par exemple par l'économie digitale,
16:35les paiements digitaux.
16:36C'est le cas au Kenya par exemple,
16:37où ils sont d'une certaine façon beaucoup plus avancés
16:40que des pays européens en la matière.
16:41Et donc, il y a des fragilités importantes qui sont liées au niveau de pauvreté,
16:47aux conditions de vie de la population, aux questions de santé,
16:50d'accès aux biens essentiels, etc.
16:51Donc, il y a des défis majeurs pour le continent africain,
16:55mais il y a aussi un potentiel extrêmement important,
16:58et d'où l'intérêt pour une banque comme la nôtre,
17:03de voir comment on peut soutenir le secteur privé,
17:06les investissements dans les PME via le secteur bancaire, etc.
17:11Merci Odile Renobasso,
17:13présidente de la Banque européenne de reconstruction et de développement,
17:17pour cet entretien.
17:18Merci à vous de l'avoir suivi.
17:19Vous restez en notre compagnie tout de suite.
17:21C'est le débat avec les chaînes parlementaires.
17:30Bienvenue pour cette émission de fin de saison.
17:32Nous sommes installés dans les studios de Public Sénat.
17:34Alors, nous vous proposons une opération vérité sur les grands textes adoptés
17:39et les positionnements politiques à méditer pendant le break d'été.
17:44L'année 2026 a été particulièrement chargé en grands textes législatifs.
17:49Près de 300 votés et ça n'est pas fini.
17:52Phénomène nouveau, les majorités sont fluctuantes au Parlement de Strasbourg
17:57en fonction des sujets.
17:58Avant une élection présidentielle française en 2027,
18:02où il sera beaucoup question, comme à l'accoutumée d'Europe,
18:06eh bien on veut savoir qui vote quoi ?
18:08Oui, c'est la question à laquelle on va tenter de répondre avec nos invités
18:11sur les grands sujets du moment.
18:13Le soutien à l'Ukraine, la guerre au Proche-Orient,
18:16la lutte contre le changement climatique ou l'immigration.
18:18Sur ces points, la traditionnelle majorité au centre,
18:22allant du Parti populaire européen aux sociodémocrates,
18:25en passant par Iñou,
18:26est parfois concurrencée par une alliance droite-extrême droite.
18:30Vous l'avez constaté, Michel Berdevé, bonjour.
18:33Bonjour.
18:33Président du think-tank Confrontation Europe.
18:35Constaté avec un nouvel outil, le site Eurovote,
18:38un outil qui recense les votes de tous les députés européens.
18:42Vous présidez aussi la Maison de l'Europe à Paris.
18:45Et puis pour l'effort de pédagogie, avec nous aussi Christophe Préau.
18:49Bonjour, directeur du site d'information.
18:51Toute l'Europe consacrée à l'actualité européenne,
18:54avec de nombreux graphiques et des cartes, on en verra quelques-uns.
18:57Et puis vous publiez aussi le mensuel « L'Europe »,
19:00le dernier numéro en kiosque et consacré aux ingérences étrangères.
19:04Alors l'année européenne a été très marquée par des questions,
19:07évidemment, de politique étrangère,
19:09avec une guerre à nos portes en Ukraine.
19:11On a beaucoup insisté sur le veto d'un certain Victor Orban en Hongrie,
19:15empêchant un consensus européen.
19:17Mais si on regarde ce qui se passe au niveau des partis,
19:20au Parlement européen,
19:21tous les partis hors les extrêmes ont voté les prêts à l'Ukraine.
19:26On va regarder ce graphique.
19:28Mais on perçoit quand même beaucoup de réticences à l'extrême droite,
19:32massivement contre, Jordan Bardet l'a compris,
19:35et une gauche radicale très partagée,
19:38moitié-moitié, Manon Aubry qui s'abstient par exemple.
19:41Vous avez tout à fait raison, Caroline.
19:42Effectivement, c'est un des textes révélateurs du débat
19:45et des différences de fond,
19:49parfois des positions différentes au sein des différents groupes politiques.
19:53Le vote a été acquis favorable à un soutien financier à l'Ukraine
19:57par 473 voix pour et 140 comptes.
20:01Mais dans les 140 comptes, quand on regarde,
20:03on a par exemple le groupe des Patriotes pour l'Europe
20:06et les Français dans ce groupe qui votent contre très clairement,
20:09de même que le groupe ESN, qui est un groupe d'extrême droite.
20:12Et puis la gauche, vous l'évoquiez, Caroline, elle est très divisée.
20:15Et le groupe La Gauche, il vote pour, par 17 voix, compte par 21.
20:21Et les Français du groupe La Gauche, dont Manon Aubry que vous évoquiez, ça tienne.
20:25La gauche, c'est le groupe de gauche radicale.
20:28C'est le groupe de gauche radicale, bien sûr,
20:29à distinguer du groupe socialiste et démocrate,
20:31qui est le groupe central que Thibault évoquait tout à l'heure.
20:35Alors ce conflit ukrainien, Christophe Preau,
20:37a donné un coup d'accélérateur au sursaut des Européens
20:40pour une défense autonome.
20:42Le sujet a alimenté de nombreux conseils européens ces derniers mois.
20:45Mais on constate encore des disparités, on va le voir sur cette carte,
20:48entre les ex-pays communistes, notamment aux voisins de l'Ukraine,
20:51très en soutien, notamment la Pologne,
20:53et d'autres plus en retrait, notamment au sud,
20:55comme on le voit sur cette carte de toute l'Europe.
20:58Ça a été, malgré tout, l'année d'une accélération,
21:01d'un soutien suffisant à l'Ukraine.
21:03C'était l'année d'une accélération du soutien à l'Ukraine
21:07et aussi du renfort des dépenses de chaque État
21:10au sein de sa défense et des équipements militaires.
21:15Le pourcentage du PIB dédié aux dépenses de défense,
21:20tel que le souhaitent les Américains pour les États membres dans l'OTAN,
21:25il est aujourd'hui tous au-delà des 2 %,
21:27ce qui n'était pas le cas.
21:29Même les Espagnols, les Portugais,
21:32ce n'était pas le cas auparavant,
21:32avec un pays leader en pourcentage du PIB,
21:35c'est-à-dire la Pologne, qui a 4,3%.
21:36En sachant que 4,3% du PIB de la Pologne,
21:39en valeur absolue, c'est moins que les 2,6% de la France, par exemple.
21:44C'est vrai que le soutien à l'Ukraine a été renforcé
21:47avec cette prise de conscience que l'Union européenne
21:49doit aussi aujourd'hui assumer ses capacités,
21:52ses capacités de défense avec l'OTAN,
21:55à côté de l'OTAN, en contrepoint de l'OTAN
21:57et avec un pays leader aujourd'hui qui est la France,
21:59puisque c'est le seul pays du Conseil de sécurité de l'ONU
22:02appartenant à l'Union européenne
22:02qui a l'arme nucléaire aujourd'hui.
22:04Alors l'autre guerre, c'est la guerre au Proche-Orient.
22:07Et là, les Européens ont été pris de court,
22:10bien sûr partagés,
22:11entre des pays de l'Union européenne
22:12qui reconnaissent l'État de Palestine,
22:15on va le voir sur cette carte,
22:16et ceux qui ne la reconnaissent pas.
22:18Et pendant ce temps, j'ai envie de dire,
22:20au Parlement européen,
22:21et bien toute la gauche jusqu'à Rignoux
22:24a voté pour une résolution de soutien à Gaza.
22:28Mais à droite, c'est une autre histoire.
22:30Le Parti populaire européen,
22:32le grand parti qui est centriste,
22:35est très divisé.
22:36Les Allemands votant contre en majorité.
22:39Et l'extrême droite est contre aussi,
22:42ou s'abstient.
22:43On revient au point que vous évoquiez tout à fait,
22:45un début d'émission,
22:46c'est-à-dire cette porosité entre le groupe du PPE
22:49et les trois groupes d'extrême droite,
22:51et les 56 députés allemands du PPE
22:53qui ont voté contre cette résolution de soutien à Gaza,
22:57ça a été un peu à l'étonnement
22:59d'un certain nombre de parlementaires plus anciens
23:01qui étaient habitués à ce que sur des sujets
23:03de politique extérieure de ce type,
23:05il y ait un PPE en soutien à une position
23:08qui était une position qui n'était pas...
23:08Là, c'est un clivage gauche-droite au Parlement européen
23:11qui s'affirme et qui n'était pas traditionnel.
23:13Qui se reconstitue donc avec effectivement
23:15le groupe Renew qui est au milieu
23:16et qui majoritairement rejoint la position
23:19qui était la position des groupes de gauche.
23:20Il y a aussi des clivages nationaux
23:22qui jouent par exemple pour le vote des Allemands,
23:23c'est aussi une position qui est singulière,
23:25qui est celle de l'Allemagne.
23:26Exactement.
23:26Ça se mélange.
23:27Exactement.
23:28On l'a vu aussi, cette majorité alternative,
23:31telle qu'elle a été appelée par certains
23:32sur des sujets économiques et de société,
23:34Christophe Pré, on l'a constaté,
23:36entre droite, donc à extrême droite,
23:38notamment sur ce qu'on appelait les directives omnibus.
23:41L'une d'elles qui revient sur le devoir
23:43de Vigilance des entreprises a été votée le 16 décembre 2025,
23:47remportée, on le voit, grâce au vote
23:49de toutes les droites de l'hémicycle,
23:51428 pour, 218 contre.
23:53Toute la gauche était contre,
23:55de la gauche sociale-démocrate au vert.
23:58Le Renew, le PPE et toute l'extrême droite
24:01a voté pour.
24:02C'est cette alliance qui ne dit pas son nom
24:05pour détricoter une part de l'héritage
24:07du changement contre le changement climatique
24:09initié par le Pacte Vert qu'on a vu à l'œuvre cette année.
24:12– Je ne sais pas si elle ne dit pas son nom,
24:13mais en tout cas, elle avance à visage découvert.
24:18Le vote, en fait, il est lié à une simplification
24:21et allègement des charges administratives
24:22pour les entreprises qui, on ne détricote pas,
24:26je pense, c'est un petit peu fort comme terme,
24:28mais c'est fait effectivement pour faire en sorte…
24:30– C'est un vote qui, au fur et à mesure,
24:31ont pu donner cette impression.
24:32– Exactement, il faut faire en sorte que les entreprises
24:36allègent leurs charges administratives dans le reporting,
24:39notamment dans leurs conditions de transition énergétique
24:43ou de conditions aussi sociales.
24:44Donc on allège cette charge-là.
24:47C'est un sujet extrêmement important
24:48et aussi parce qu'il est un petit peu instrumentalisé
24:51par la droite et l'extrême droite
24:53qui met un peu en portée tendard
24:56de l'accompagnement des entreprises,
24:57la compétitivité, c'est alléger les charges d'entreprise.
25:00On est d'accord, mais comme si la gauche
25:01ou les autres parties ne se préoccupaient pas des entreprises.
25:04Et donc, voilà aujourd'hui le sujet.
25:06Et puis aussi, c'est un sujet qui oppose,
25:08mais c'est là le débat aussi,
25:10d'un côté, la compétitivité et les emplois
25:13face à la transition environnementale.
25:16Donc si vous mettez les deux en opposition,
25:18il est clair que la capacité à être compétitif
25:23gagne plus de terrain dans le grand public
25:25que la capacité à faire la transition environnementale.
25:27Et c'est des conditions très électoralistes
25:30sur lesquelles M. Lavandereyenne
25:32a aussi un peu tourné qu'Azac.
25:34Il faut quand même se souvenir
25:35que c'est elle l'instigatrice du pacte vert
25:37et qu'aujourd'hui, sur l'autel de la compétitivité,
25:41c'est vrai qu'on sacrifie un petit peu
25:43certaines règles de transition environnementale.
25:46Oui, parce qu'il ne fait pas très chaud dans ce studio,
25:48mais alors il fait très chaud dehors quand même.
25:50Un petit peu encore.
25:50Et là, on a l'impression que dans les textes législatifs,
25:55c'est plutôt un détruicotage du pacte vert.
25:58Mais ça renvoie surtout, par rapport à ce que Christophe prévoquait,
26:01à l'accord de Turnberry, quasiment il y a un an,
26:03où la présidente de la Commission dit
26:05on va acheter pour 750 milliards d'énergie fossile
26:09aux États-Unis pour contrecarrer la dépendance russe.
26:12Et c'est vrai qu'avec le recul, à un an de distance,
26:14on voit bien que peut-être que les rails
26:17qui avaient été tracés dans le Grimdi,
26:19dans le pacte vert, auraient pu être conservés
26:21plutôt que ces propos et cet engagement.
26:23Certes, non-binding, pas obligatoire.
26:25Oui, les rails, c'est ce qu'on voit derrière vous.
26:27C'est le renouvelable.
26:29Exactement.
26:29C'est le renouvelable.
26:30Et c'est un axe qui fait la force de l'Union européenne
26:33dans la compétition mondiale.
26:34Elle aurait pu rester sous cette voie-là.
26:36Alors, un des grands sujets qui ont traversé
26:38cette année politique en Europe, c'est l'immigration.
26:40Les Européens font un constat commun d'une difficulté
26:43à réguler les entrées et à expulser les migrants
26:46en situation irrégulière.
26:47On voit d'ailleurs sur ce comparatif de toute l'Europe
26:50que la France est notamment en défaut sur cette question.
26:54Cela a suscité une réponse forte de certains pays
26:56de l'Union européenne menée par l'Italie, l'Autriche
26:59et plus surprenant le Danemark social-démocrate
27:01qui ont poussé pour un durcissement,
27:04notamment à travers la directive retour.
27:06Et là aussi, un vote a marqué cette année sur le sujet.
27:09C'était au mois de mars dernier, Michel Derdevé.
27:12Le PPE, là encore, a changé de majorité
27:14en bénéficiant des voix de la droite radicale
27:16pour faire adopter ce texte qui prévoit
27:18de renvoyer des migrants dans des centres
27:20hors de l'Union européenne, dans des pays sans lien
27:24parfois avec eux.
27:25La France avait pris position contre cette mesure.
27:27C'est un vote très symbolique de cette alliance
27:30des droites sur cette thématique cette année.
27:32Oui, et c'est un sujet qui n'est pas sorti de l'actualité
27:34au mois de mars, puisqu'il y a sept semaines encore,
27:36on voit que le commissaire Brunard a été interpellé
27:38par le Parlement européen sur le fait qu'il a reçu
27:41une délégation de responsables afghans à Bruxelles
27:44pour voir comment le hub migratoire pourrait fonctionner
27:47pour renvoyer des Afghans qui seraient en situation irrégulière
27:51sur les territoires européens.
27:52Oui, c'est un sujet clivant.
27:53C'est un sujet qui même a clivé dans les grands groupes politiques,
27:56dans les groupes importants, comme le groupe Renew.
27:58Les Français du groupe Renaissance,
28:01ils ont hésité entre trois positions.
28:03Certains ont voté pour la création de ces hub migratoires,
28:07d'autres contre, d'autres sont abstenus.
28:09On voit bien que le débat, il n'est pas uniquement
28:11entre les socialistes danois,
28:13qui certes ont été très minoritaires dans les groupes socialistes,
28:15mais tous les groupes sont impactés.
28:16Mais là aussi, le fait dominant et majeur,
28:19c'est le glissement du PPE vers les trois groupes
28:22de ce que vous qualifiez la droite radicale.
28:24Alors, vous avez avec Rovote,
28:27Michel Derdevé, confrontation,
28:29donc on le rappelle,
28:30un agrégateur de présence au Parlement européen et de vote,
28:35sachant que les chefs de file de délégation,
28:37on va les voir,
28:38ils sont censés être très très souvent là.
28:40Mais on regarde quand même leur agrégateur de présence au vote.
28:44Manon Aubry, qui tient finalement la première place,
28:4890,5%,
28:50Valérie Eyé, 89,8%,
28:54donc pour le groupe Renew.
28:56Pour ce qui est du groupe de François-Xavier Bellamy,
29:00effectivement, le Parti populaire européen,
29:0284,3%.
29:04Raphaël Glucksmann,
29:07évidemment associé aux socialistes et démocrates,
29:1083,1%.
29:12Et Jordan Bardella, dernier en tout cas des chefs de file,
29:16avec 77,8% de présence au vote.
29:20On a beaucoup dit d'ailleurs, Christophe Préaud,
29:21que Jordan Bardella était aux abonnés absents au Parlement européen,
29:25s'intéressant uniquement à son destin national.
29:27Est-ce qu'il s'est un peu rattrapé cette mandature ?
29:33Son positionnement n'est pas le même dans cette mandature aussi que dans la précédente.
29:36Ça, c'est clair.
29:36D'abord, il travaille dans des commissions différentes.
29:38C'était la commission des pétitions dans la précédente mandature,
29:41qu'une commission, certes noble,
29:43parce qu'elle se préoccupe surtout des pétitions des citoyens,
29:48mais qui a moins d'action et moins de travail que dans celle où il est aujourd'hui,
29:51et plus importante, qui est celle des affaires étrangères.
29:53Il y a un positionnement, c'est sûr, de l'extrême droite et du Rassemblement national,
29:57de légitimité nationale et aussi de légitimité européenne.
30:00Donc, effectivement, ils sont présents, ils travaillent.
30:05Le moins possible, c'est ça ?
30:06Non, ils sont présents, ils donnent l'impression de travailler.
30:11En tout cas, je ne me permets pas de porter le jugement.
30:16Et donc, on a aussi cette ambition.
30:18Jordan Bardella porte une ambition présidentielle, au moins en France.
30:23Il porte aussi cette présence-là au sein du Parlement européen
30:29et de légitimité et de légitimation, si je puis dire,
30:32aussi des extrêmes droites au sein du Parlement.
30:36Parce qu'il est le chef de file des Patriotes pour l'Europe.
30:39Il est quand même le président du groupe Patriotes pour l'Europe,
30:42qui est le troisième groupe parlementaire au sein du Parlement européen.
30:47C'est 85 eurodéputés de 13 nations différentes.
30:51Donc, ça pose aussi un petit peu la responsabilité.
30:54Et donc, il est forcément présent.
30:56Il participe aussi à des réunions, à la conférence des présidents.
31:00Comme Valérie Hayé, qui est présidente du groupe Rignoux.
31:02Comme Manon Aubry, qui est co-présidente du groupe de la gauche.
31:06Son statut de président de groupe l'oblige aussi à une certaine présence.
31:11Et puis, on donne les consignes de vote.
31:12Expliquez-nous en deux mots.
31:13Il y a quand même des consignes.
31:15Quand on est présent en groupe, on donne les consignes de vote
31:19quand on est installé au premier rang sur les votes au moment des sessions plénières.
31:23Et puis, petite précision aussi,
31:26les émoluments de chaque eurodéputé sont liés aussi à la présence.
31:31Ça, il faut aussi le savoir.
31:32Ça peut jouer.
31:33D'ailleurs, Michel Derdevé, votre site recense la présence,
31:36en deuxième indicateur, des eurodéputés en ouverture de séance.
31:39Ça donne des chiffres très élevés, souvent 90%.
31:43Ça, ce sont des députés bosseurs ?
31:44Ou bien est-ce que certains s'éclipsent très vite après avoir émargé ?
31:48Le deuxième scénario que vous évoquez peut effectivement se réaliser.
31:52Mais ce qui est important à travers le site Eurovote aussi,
31:54c'est un complément de celui qui est évoqué,
31:56c'est de voir le nombre de rapports que les parlementaires réalisent ou prennent en charge.
32:02C'est-à-dire être présent en vote, arriver à Bruxelles ou Strasbourg
32:05et signer une feuille de présence,
32:07ça ne veut pas dire être actif au Parlement européen.
32:09On est reconnu au Parlement européen par ses pairs.
32:12Quand on prend des rapports, quand on s'investit,
32:14quand on travaille avec les collègues qui sont des shadow rapporteurs,
32:17qui sont des rapporteurs officieux pour les autres groupes politiques,
32:20et c'est cette maïotique du Parlement européen qui est passionnante
32:24et que Eurovote nous permet de mieux cerner,
32:26parce qu'on va regarder groupe par groupe, député par député,
32:30commission par commission, qui fait quoi ?
32:32Et vous savez, le Parlement européen, c'est vraiment une maison de verre.
32:35Et par cet outil qui sera à usage des journalistes, mais pas que,
32:40on espère favoriser le fait d'une meilleure compréhension
32:43de ce qui se passe dans cette enceinte.
32:44Alors on termine très vite sur une carte de toute l'Europe,
32:49des pays d'Europe dirigés par l'extrême droite,
32:51qui grossit d'année en année,
32:53tous ces pays qui n'ont plus de cordon sanitaire,
32:56d'ailleurs entre la droite et l'extrême droite,
32:58et l'Union européenne qui en même temps donne quelques signes d'impuissance.
33:01Est-ce que ça nous dit quoi sur le vote en France en 2027,
33:05très rapidement l'un et l'autre ?
33:07Ça nous dit ce qui se passe dans les autres pays européens,
33:10c'est-à-dire qu'effectivement, à chaque élection,
33:11cette carte-là, elle ne reflète pas non plus la montée en puissance
33:15de ces partis dits populistes et extrêmes,
33:17de gauche ou droite d'ailleurs, à chaque élection,
33:19que ce soit par exemple au Portugal dernièrement le parti Chega,
33:22qui a poussé la présidentielle à un deuxième tour,
33:23alors que ce n'était pas arrivé depuis 40 ans,
33:26chaque élection, il y a toujours une place plus importante
33:29et qui trouve forcément une explication
33:32dans les non-réponses des partis traditionnels
33:35ou aussi dans la situation dans laquelle vit aujourd'hui l'Union européenne
33:38et dont les politiques doivent appérativement se préoccuper.
33:41En tout cas, ce qu'il faut, je crois,
33:43pour tout le téléspectateur,
33:44il faut être vigilant à l'onde de mai 2027
33:46sur le fait qu'on ne peut pas avoir un double discours
33:49entre ce qu'on fait et ce qu'on vote à Bruxelles ou Strasbourg
33:52et ce qu'on va dire aux électeurs français.
33:54Et un outil comme Eurovote, ça vise à ceux qu'on puisse éventuellement
33:58fast-checker, vérifier la cohérence du raisonnement
34:03et de l'action politique de tel ou tel leader
34:05entre son action européenne et son action nationale.
34:07On reviendra justement sur ces questions de double vote
34:11et de double discours, très intéressantes.
34:13Merci à vous d'avoir bien illustré ce débat.
34:15Merci à tous et bonne suite de programmes sur nos chaînes
34:18et bonnes vacances.
34:19Sous-titrage Société Radio-Canada
34:22Sous-titrage Société Radio-Canada
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