00:00France 24, LCP, Public Sénat, présente.
00:16Bonjour à tous et merci de nous rejoindre pour Ici l'Europe sur France 24 et les chaînes parlementaires.
00:21En cette semaine où les 27 étaient réunis en sommet européen,
00:25ils ont vivement débattu des affaires étrangères et nous allons parler dans notre partie débat de l'élargissement du club
00:34européen
00:35avec éventuellement un statut de membre associé.
00:38Et puis ils ont aussi parlé de budget à long terme de l'Union Européenne, un budget très clivant.
00:44Et nous avons le plaisir de recevoir un Français installé au Luxembourg pour en parler.
00:49Pierre Moscovici, bonjour.
00:51Bonjour.
00:51Vous êtes en effet le membre français de la Cour des Comptes Européennes depuis janvier 2026.
00:57Ce, après une longue carrière européenne, membre du Parti Socialiste jusqu'en 2020,
01:02a été à plusieurs reprises député européen, puis ministre chargé des Affaires Européennes sous Jospin,
01:07ministre de l'Économie sous la présidence Hollande,
01:09de 2014 à 2019 commissaire européen aux Affaires Économiques et Financières,
01:14et puis premier président de la Cour des Comptes Française.
01:17Alors, la Cour des Comptes Européennes, c'est autre chose.
01:21Et vous avez d'ailleurs alerté le 8 octobre sur l'augmentation de la charge de la dette de l
01:28'Union Européenne,
01:29en tant que telle, qui pourrait approcher 1000 milliards d'euros d'ici 2027.
01:34Pourquoi d'abord et comment la résorber ?
01:36Alors, la Cour des Comptes Européennes, d'abord, dire quelques mots, ce que c'est,
01:40parce que ce n'est pas suffisamment connu, c'est l'auditeur externe de l'Union Européenne.
01:44C'est une des institutions prévues par le traité, qui existe depuis 1977,
01:48et en effet, il y a 27 membres dans le collège, un par état membre,
01:53je suis le membre français, le président est un irlandais qui s'appelle Tony Murphy.
01:56Nous examinons le budget de l'Union Européenne et nous venons de sortir notre budget, notre rapport annuel.
02:01Dans ce rapport annuel, nous soulevons en effet, non pas un lièvre, mais une réalité qu'il faut connaître,
02:07c'est que maintenant, surtout après les emprunts qui ont été contractés pour le Covid,
02:11l'Union Européenne a une dette.
02:12Jusqu'à présent, cette dette était pratiquement nulle, elle est de l'ordre de 1000 milliards d'euros,
02:17ce qui n'est pas énorme si on la compare à des dettes françaises,
02:23qui est de 3600 milliards d'euros pour la seule France.
02:25On est à peu près à 1% du PIB de l'Union Européenne.
02:29Ce qui, simplement, ce que nous avons voulu signaler, ce sur quoi nous voulons alerter,
02:36c'est un débat qui est d'ailleurs vaut pour la France, c'est qu'une dette, ça se rembourse.
02:39Et donc, qu'à partir de maintenant, il y aura une charge de la dette annuelle,
02:43et jusqu'en 2058, qui représentera quelque chose comme un douzième du budget de l'Union Européenne,
02:49ce qui n'est pas le cas de la France, c'est beaucoup plus, encore une fois.
02:53Et nous ne sommes pas en train de dire que cette dette est excessive.
02:55L'Union Européenne est toujours triple A, elle a tout à fait les moyens de s'endetter.
02:59Elle pourrait s'endetter encore.
03:01Il n'est pas du tout exclu, par exemple, qu'elle fasse ce que propose le rapport Draghi,
03:04c'est-à-dire de s'emprunter 1200 milliards d'euros en plus pour la défense,
03:10pour la croissance, pour l'innovation, pour la recherche.
03:13Je suis personnellement, comme Européen, convaincu que nous avons besoin d'investir plus
03:19pour être à la frontière technologique, pour faire face aux grands défis du monde,
03:23comme le changement climatique.
03:24Nous sommes aujourd'hui en train de décrocher par rapport aux Etats-Unis.
03:27Nous avons besoin de cet investissement.
03:28Oui, mais une dette, une dette, ça se rembourse et donc ça se gère.
03:31Nous ne sommes pas du tout dans la situation de la France,
03:34qui avec ses 3600 milliards d'euros de dettes, 120% du PIB,
03:39près de 100 milliards d'euros de charges annuelles,
03:42se trouve dans une situation qu'elle doit traiter d'urgence.
03:45Alors, comme chaque semaine, je vous propose un tour d'horizon de l'actualité européenne.
03:48C'est de l'Europe, en bref, signée Oyana Almandos.
03:55C'est une avancée majeure pour les droits LGBT+, en Hongrie.
03:58Le nouveau Premier ministre pro-européen, Peter Madjar, se conforme aux valeurs de l'UE.
04:03Il abolit le texte interdisant, au nom de la protection de l'enfance,
04:06les vocations de l'homosexualité et de l'identité de genre auprès des mineurs.
04:10Mais selon des militants LGBT, il reste beaucoup à faire.
04:14L'obligation de couvrir certains livres dans les librairies imposées par décret
04:19est toujours bel et bien en vigueur. Cela doit cesser.
04:22Donald Trump a passé un accord surprise avec Vladimir Poutine, dans le dos des Européens.
04:27Les États-Unis lèvent ainsi certaines sanctions sur le diesel russe
04:30pour approvisionner le marché américain et faire baisser les prix du carburant.
04:34L'UE a riposté en ajoutant près de 1 600 nouvelles personnes physiques et entités russes
04:40sur sa liste noire de sanctions afin de maintenir la pression sur le pays.
04:45Réunis en Conseil européen, les 27 ont entamé un bras de fer autour du prochain budget de l'UE.
04:50La proposition faite par la Commission européenne,
04:53environ 2 000 milliards d'euros pour la période 2028-2034,
04:57est beaucoup trop élevée et mal répartie, selon l'Allemagne,
05:00et pour la Première ministre danoise, Metteur Frederiksen.
05:03« Nous continuons à consacrer trop de ressources à des domaines
05:07dans lesquels nous avions l'habitude de dépenser beaucoup d'argent.
05:10Or, nous devons désormais établir des priorités et nous tourner vers l'avenir.
05:14La sécurité, la défense, le réarmement de l'Europe et la compétitivité. »
05:20Les partisans d'un budget ambitieux comme la France, l'Italie ou la Pologne
05:23veulent plus de fonds pour l'agriculture et la politique de cohésion.
05:26Bon nombre de dirigeants européens espèrent trouver un accord au prochain Conseil de décembre,
05:31avant les élections à forts enjeux, prévues dans l'UE en 2027.
05:36Pierre Moscovici, on est en plein dans la bataille du budget futur de l'Union européenne
05:422028-2034, avec un camp des frugaux mené par l'Allemagne
05:45qui ne veulent pas de la proposition de la Commission européenne,
05:502000 milliards sur 7 ans.
05:51Et puis de l'autre côté, il y a la France, les Amis de la cohésion,
05:56qui est une politique en faveur des régions les plus pauvres
05:58et qui réclame cette enveloppe ambitieuse.
06:02Lutte importante, qui va gagner ?
06:03Il y a des oppositions qui sont claires.
06:05Il y a ceux qui veulent dépenser plus et ceux qui veulent dépenser moins.
06:08D'un côté, les frugaux, de l'autre, les ambitieux.
06:11Il y a les Amis de la cohésion et ceux qui sont opposés à tout transfert.
06:15Il y a les Amis de la politique agricole commune
06:17et ceux qui pensent que cette politique agricole coûte trop cher.
06:20Et dans tout ça, c'est vrai que la France et l'Allemagne,
06:22souvent, partent avec des idées différentes,
06:25puisque la France est toujours favorable à plus d'ambition,
06:27puisque la France soutient les pays de la cohésion
06:30et puisque la France est attachée à une politique agricole
06:32qui, dans le cadre qui est proposé par la Commission,
06:35serait fondue dans un grand fond,
06:38donc moins lisible que ça n'est aujourd'hui.
06:40Et donc, je pense que ce qui attend les Européens,
06:42c'est une négociation extrêmement difficile.
06:45Elle a commencé...
06:46Vous êtes déçu par le chancelier Mertz,
06:48qui s'est rangé dans le camp des frugaux,
06:50alors que l'Allemagne, en général, est un peu quand même entre les deux.
06:53C'est une position de départ.
06:55Ce n'est pas la première fois qu'un chancelier allemand
06:57prend cette position-là.
06:59À la fin, que vous dire, Caroline de Camaray,
07:01ça se passe toujours comme ça,
07:02il faudra un compromis.
07:04Mais ce que je souhaite, c'est que ce Comarby soit le plus ambitieux possible.
07:07Pourquoi ?
07:08Parce que notre union, aujourd'hui, je le redis,
07:11elle est en train de décrocher.
07:12Elle est en train d'être déclassée.
07:14Elle décline doucement.
07:16Elle reste une des zones les plus prospères du monde.
07:17Mais en termes de PIB par habitant,
07:19nous avons décroché très clairement par rapport aux Etats-Unis,
07:22très clairement par rapport à la Chine.
07:23Notre croissance est la moitié de celle de la croissance américaine.
07:28et elle est le cas de la croissance chinoise,
07:32même si celle-ci a aussi ralenti.
07:34Nous sommes dans un monde où il y a une compétition de puissance.
07:37Nous devons être une puissance.
07:38On ne peut pas être une puissance
07:39si on n'a pas d'ambition pour l'Union européenne.
07:42La solution à nos problèmes,
07:44que ce soit des problèmes sociaux,
07:45que ce soit des problèmes économiques,
07:47que ce soit des problèmes géopolitiques,
07:48que ce soit des problèmes climatiques,
07:49ce n'est pas la seule.
07:50Mais toute solution passe par l'Europe.
07:52Mais est-ce qu'une des solutions ne passe pas
07:53par des nouvelles ressources propres,
07:56des recettes propres ?
07:57Est-ce que vous préconisez ?
07:58Moi, je pense qu'il faut de vraies ressources propres.
08:01Ce que je constate, c'est que...
08:02De l'Union européenne.
08:02De l'Union européenne.
08:03Je constate qu'y compris dans la proposition de la Commission,
08:05qui est traditionnellement plus ambitieuse
08:07que ce que les États membres peuvent admettre,
08:09ce sont tout de même les contributions nationales
08:10qui continuent de fournir l'essentiel.
08:13Quelques 235 milliards d'euros
08:14sur les 285 milliards annuels du budget.
08:17Je sais qu'il y aura d'ailleurs des discussions
08:19sur ces nouvelles ressources propres.
08:20Par exemple, l'idée d'une contribution sur les entreprises
08:23choque un certain nombre de pays,
08:24dont par exemple l'Irlande.
08:26Et donc, ça aussi, ça fait partie du débat.
08:28Mais nous ne pouvons pas avoir durablement
08:31une Europe qui n'a pas suffisamment de ressources propres.
08:34Ça, c'est un point de faiblesse extrêmement fort.
08:36Parce que sinon, on se retourne toujours vers les États.
08:39C'est ce qu'on appelle les contributions nationales.
08:40Et vous voyez qu'y compris dans le débat français,
08:42certains disent qu'on paye trop cher.
08:44Alors, en vérité, nous touchons à peu près
08:4619 milliards d'euros de l'Union européenne.
08:48Nous reversons 23 milliards d'euros,
08:50ce qui n'est pas illogique compte tenu de notre pays.
08:52Certains, c'est le Rassemblement national
08:53qui veut diminuer très fortement la contribution.
08:56alors que la Commission européenne propose de l'augmenter très fortement.
09:00Et c'est la raison pour laquelle, encore une fois,
09:02pour le futur, si on veut éviter un budget mité
09:05avec des rabais qui sont consentis aux uns et aux autres,
09:08alors qu'il faudrait au contraire tous les supprimer,
09:10il va falloir aller un jour vers des ressources propres
09:13plus ambitieuses, beaucoup plus ambitieuses.
09:15Est-ce qu'on peut simplement décider de ce budget
09:18avant une échéance électorale aussi importante
09:21que les élections en France,
09:22deuxième pays de la zone euro ?
09:24Si j'avais un pronostic à faire,
09:26c'est qu'il y a quand même aujourd'hui
09:27beaucoup de compétitions électorales.
09:30Dans l'Union européenne, il y a les élections espagnoles
09:32qui arrivent, qui se dérouleront peu avant la fin de l'année.
09:36Il y a les élections françaises,
09:38avec des enjeux européens très forts.
09:40Il y a les élections grecques l'année prochaine.
09:42C'est compliqué d'adopter le budget très vite,
09:45le budget pluriannuel, dans ces conditions.
09:48Je crois que ce sera difficile de le faire
09:49d'ici la fin de l'année.
09:50Ce sera peut-être compliqué de le faire
09:51avant l'élection présidentielle française.
09:53Et ce n'est peut-être pas absurde, d'ailleurs,
09:54qu'il y ait un président de la République
09:56nouvellement élu qui conclut ça.
09:57D'ailleurs, vous avez mentionné le cas de la France
09:59en mauvaise posture budgétaire,
10:01en effet, avec un gouvernement le cœur de nu
10:03qui fait 43 milliards d'économies
10:05pour viser un déficit à 5% du PIB en 2027.
10:09Et ce, sur fond de grogne sociale
10:11et de la jeunesse des étudiants.
10:14Est-ce que c'est irréaliste ?
10:15Ce que je veux dire,
10:17de manière très solennelle,
10:18de manière très forte,
10:19c'est que nous sommes déjà
10:21dans une forme de crise de la dette.
10:23Nous ne sommes pas dans une crise de la dette
10:24qui nous menace d'un collapsus
10:26ou d'une mort subite.
10:28Il n'y aura pas demain
10:29le FMI, la Commission européenne,
10:31les marchés ne vont pas cesser
10:33de prendre nos emprunts.
10:34Mais regardez ce qui se passe.
10:36On est étranglés progressivement.
10:38On les paye de plus en plus cher.
10:40Et ça, en quelques semaines,
10:41notre spread avec l'Allemagne
10:43a été pratiquement doublé.
10:44Le spread, c'est le différentiel
10:45de notre taux d'intérêt.
10:46Notre taux d'intérêt est tangente,
10:47les 5%.
10:47Il faut vraiment,
10:49de manière vitale,
10:50que nous réduisions nos déficits.
10:51Si nous voulons investir
10:53justement pour le futur,
10:54si nous voulons être capables
10:55de répondre aux défis climatiques,
10:57à l'innovation,
10:58à la recherche,
10:58de financer l'éducation,
11:00regardez ce qui se passe aujourd'hui.
11:01Le gouvernement ne peut pas
11:03faire des réponses financières.
11:04Pourquoi ?
11:04Il n'a plus les moyens de le faire.
11:06Et moi, mon mot d'ordre,
11:07ce n'est pas l'austérité.
11:08Quand je dis qu'il faut faire 5%
11:10l'an prochain,
11:11c'est une question de crédibilité.
11:12Parce que sinon,
11:13qu'est-ce qui se passe ?
11:14On nous donne des taux d'intérêt
11:15de plus en plus élevés.
11:16On a une charge de la dette
11:17de plus en plus forte.
11:18Elle est tout de même,
11:18aujourd'hui,
11:19beaucoup plus importante
11:19que le budget de l'éducation nationale.
11:21Et chaque euro
11:22qu'on rembourse
11:23pour le service de la dette
11:24est un euro en moins
11:25pour la jeunesse,
11:26pour l'investissement,
11:27pour l'avenir.
11:27Se désendetter pour investir.
11:29Il faut absolument
11:31qu'un pays comme la France
11:32retrouve des marges de manœuvre.
11:33Soit on décide
11:34de se désendetter
11:34pour investir tout de suite,
11:36soit à un moment donné,
11:37dans quelques temps,
11:37arrivera le moment
11:39où les marchés
11:39nous imposeront l'austérité.
11:41Et pour avoir été le commissaire
11:42en charge des négociations
11:43avec la Grèce,
11:44je peux vous dire
11:44que ce n'est pas marrant.
11:45Parlons justement
11:45d'un pays
11:47qui sort un peu du lot
11:48en Europe.
11:49L'Espagne,
11:50le premier ministre espagnol
11:51Pedro Sanchez
11:52a annoncé la convocation
11:53d'élections anticipées
11:54le 29 novembre,
11:55trois jours après le rejet
11:57des mesures de son gouvernement
11:58pour sortir de la crise
11:59du logement.
12:00Pierre Moscovici,
12:01vous n'appartenez plus,
12:02vous le disiez,
12:03au Parti Socialiste
12:04depuis 2020.
12:05Pour autant,
12:06qu'est-ce qui se passe,
12:06selon vous,
12:07avec les social-démocraties
12:08présentes dans quatre pays ?
12:10On voit qu'elles refluent.
12:11Sur 27,
12:12c'est quand même
12:13véritablement
12:14une Europe
12:15à droite toute.
12:17C'est un monde
12:18qui vire à droite.
12:19Regardez l'Amérique latine,
12:21regardez le résultat
12:21des élections brasiliennes,
12:23regardez ce qui s'est passé
12:23aux Etats-Unis.
12:25Après,
12:26il y a plusieurs explications
12:27fondamentales.
12:28Il y a l'accumulation
12:29des crises,
12:30il y a une panne de résultats,
12:32il y a aussi le fait
12:33que la social-démocratie
12:34traditionnelle a peut-être
12:35atteint ses buts,
12:36au fond,
12:37d'ores et déjà,
12:38et donc il y a besoin
12:38de repenser
12:39ce que c'est qu'une social-démocratie
12:41pour le XXIe siècle,
12:42ce que c'est un socialiste,
12:43ce que c'est qu'une gauche
12:44qui gouverne pour le XXIe siècle,
12:45qui soit à la fois
12:46très profonde,
12:47très sincère,
12:49qui soit capable
12:49de faire des réformes
12:50de société,
12:50des réformes sociales,
12:51et qui en même temps
12:52sache tenir l'autre bout
12:53de la chaîne,
12:54c'est-à-dire gérer
12:55sérieusement le pays
12:55parce que tous les grands
12:57socialistes avaient toujours
12:58en tête qu'il fallait produire
13:00avant de redistribuer.
13:01Pedro Sanchez,
13:02par exemple,
13:03je ne sais pas ce qui va
13:03se passer en Espagne,
13:05il aborde ses élections
13:06dans une situation compliquée
13:07pour des problèmes
13:08du jour du pouvoir,
13:10de corruption supposée
13:12dans sa famille
13:13ou dans son parti,
13:14mais il a aussi eu
13:14des résultats économiques.
13:16L'Espagne a une croissance
13:17qui est de supergarde
13:19à 2% alors que la France
13:20est de 0,4 points.
13:21C'est une belle bête politique,
13:23il a ses chances
13:24et il faut savoir
13:25que l'alternative,
13:27ce n'est pas seulement
13:27que le Parti populaire
13:29conservateur
13:29soit devant lui,
13:30c'est qu'il s'allie
13:31avec l'extrême droite
13:32et que ce soit
13:34un pays de plus
13:34et un grand pays de plus
13:36où il y a une alliance
13:37que serait le Parti conservateur
13:38qui serait en tête,
13:39mais avec l'extrême droite,
13:41une extrême droite
13:41qui est extrêmement dure.
13:42Et vous savez,
13:43moi ce qui me frappe,
13:44j'étais ministre
13:45des Affaires européennes
13:46en 2001,
13:47c'était la première fois
13:47que l'extrême droite
13:48arrivait dans une coalition
13:49depuis la guerre.
13:50En Autriche,
13:51si on avait pris des sanctions,
13:52aujourd'hui,
13:52c'est devenu banal.
13:53Donc, il y a une étable
13:56technologique des plaques,
13:57il y a un glissement.
13:58C'est vrai que pour la gauche,
13:59il y a un défi fondamental
14:01qui est un défi culturel,
14:02un défi intellectuel,
14:03un défi politique,
14:05renouveler ses cadres,
14:06renouveler sa pensée,
14:07une pensée qui soit
14:08à la hauteur du siècle.
14:10parce que, paradoxalement,
14:12nos concitoyens,
14:13ils sont mélangés.
14:14Ils sont très à droite
14:15sur certains sujets,
14:16très très à droite,
14:17par exemple sur l'immigration.
14:19Ils peuvent être aussi à gauche
14:20sur d'autres sujets,
14:21ils sont attachés
14:21à la cohésion sociale.
14:22Et il n'y a pas de clarté
14:23de l'offre politique
14:24sociale-démocrate,
14:25me semble-t-il,
14:26suffisante.
14:26Je regarde ça d'un peu loin,
14:28mais je suis resté
14:29un homme de gauche
14:29et j'avoue que ça me navre un peu.
14:32Ça me préoccupe
14:33parce qu'une Europe
14:35qui serait livrée
14:36aux mains des droites
14:38les plus conservatrices
14:39ou de l'extrême droite,
14:40petit à petit,
14:41perdrait son statut d'union.
14:42Il ne faut pas se tromper.
14:44L'extrême droite a changé.
14:45Par rapport à l'Europe,
14:46elle n'est plus pour sortir de l'Europe,
14:48mais elle est pour la conquérir,
14:51pour exercer une hégémonie culturelle
14:53et pour faire en sorte
14:54qu'on revienne finalement
14:55à une Europe
14:55qui soit une simple union de nations.
14:56Une Europe qui est une union de nations,
14:58ce n'est plus une union.
14:59Et une Europe qui n'est pas unie
15:01et qui n'est pas puissante
15:01dans un monde
15:02où il y a une Chine
15:04qui vise l'hégémonie,
15:05des États-Unis
15:06qui ne sont plus vraiment des amis.
15:08Une Russie agressive,
15:09cette Europe-là,
15:10c'est une cible
15:11ou plutôt nos nations
15:12qui auraient retrouvé
15:13prétendument leur identité seule,
15:15seraient des cibles
15:16offertes à des prédateurs.
15:17Je ne souhaite pas
15:18cette Europe-là.
15:19Et c'est pour ça
15:20que je dis qu'on a aussi
15:21besoin de progressistes.
15:22Pierre Mousque,
15:22aussi pour terminer
15:23une question plus personnelle,
15:24vous figurez parmi
15:25les responsables socialistes
15:27que le président
15:28du Rassemblement national,
15:30Jordan Bardella,
15:31aurait visé
15:31par des propos anti-sénites
15:34en 2013.
15:35Alors que vous étiez
15:36ministre de l'économie
15:37de François Hollande,
15:38des conversations privées
15:39que le média Mediapart
15:40a fait authentifier
15:41par des experts,
15:42quelles leçons
15:42vous tirez
15:43de cet épisode ?
15:44Pour être précis,
15:45Jordan Bardella
15:46aurait dit
15:47que,
15:48mis les finances,
15:48j'aurais sauvé
15:49les entreprises
15:49parce que je voulais
15:50venger Moïse
15:51et que je raisonnais
15:52en sioniste
15:52davantage qu'en socialiste.
15:54Alors ça,
15:55on verra si ces propos
15:56ont été tenus.
15:57On a quand même
15:58quelques raisons
15:58de penser qu'ils l'ont été.
16:00Peut-être erreur de jeunesse
16:01qui n'a pas été avouée,
16:02le déni ne me convainc pas.
16:04Ce sont des propos
16:05dingues,
16:06complotistes,
16:06antisémites.
16:07Pour le coup,
16:08l'inspiration
16:09d'Alain Soral,
16:10elle est directe
16:11et ça inspire
16:13d'autres réflexions.
16:14Je pense que Marine Le Pen
16:15a fait un tournant
16:16personnel sincère
16:18par rapport
16:19à ces questions
16:19quand elle a pris
16:20la responsabilité
16:21du Rassemblement de Syrie,
16:22quand elle en a expulsé
16:23d'une certaine façon
16:24son père.
16:25Mais je constate
16:26que les racines antisémites
16:28continuent d'exister
16:29chez les cadres,
16:30chez certains
16:31et que le rapport au passé
16:33n'a pas été totalement
16:34pensé et purgé.
16:36Jean-Dade Bardella
16:37aurait pu dire
16:37« j'avais 17 ans ».
16:38C'était en 2013.
16:40Le Front National
16:41était le Front National
16:42présidé par Jean-Marie Le Pen
16:43et Alain Soral
16:44était son conseiller.
16:45Il a choisi de dire
16:46qu'il n'avait jamais tenu
16:47ses propos.
16:48Bon,
16:49moi,
16:50je n'en suis pas convaincu
16:51comme les Français
16:51n'en sont pas convaincus
16:52non plus
16:53et étant en plus visé,
16:56j'aimerais qu'il soit
16:57établi de manière claire.
16:59J'aimerais le croire.
17:00J'aimerais pouvoir le croire.
17:01J'ai du mal.
17:02Quand je dis j'ai du mal,
17:03je suis diplomate.
17:04J'ai beaucoup de mal.
17:05Et tout ça,
17:05ça dit que
17:07ça continue à tarauder
17:08si vous voulez.
17:09Et pour ceux qui pensent,
17:11c'est vrai,
17:11je suis juif d'origine,
17:13même si je ne suis pratiquant
17:14en rien,
17:15que le Rassemblement National
17:16est le meilleur protecteur
17:17des juifs
17:18et qu'il est complètement
17:19inifugé contre l'antisémitisme,
17:20c'est quand même
17:20un rappel utile.
17:22Merci Pierre Moscovici
17:23d'avoir été notre invité.
17:24Alors on poursuit
17:25sur la question
17:26de l'élargissement
17:27du club européen
17:29avec un statut mystérieux
17:31de membre associé
17:33qui est proposé
17:34pour l'instant au Canada,
17:35peut-être au Royaume-Uni,
17:37peut-être d'ailleurs
17:37à l'Ukraine.
17:38On en parle
17:39dans notre débat
17:40à Bruxelles.
17:47Bienvenue au Parlement
17:49de Bruxelles
17:49où l'on dégustera
17:51peut-être bientôt
17:51du sirop d'érable,
17:53une spécialité
17:53qui sera peut-être
17:54un jour européenne
17:55car le Canada
17:56se rapproche de nous
17:57à grande vitesse.
17:58La présidente
17:59de la Commission
18:00a même mentionné
18:01pour ce pays
18:01d'Amérique du Nord
18:02un statut
18:03de membre associé
18:05pour l'heure
18:05un peu énigmatique.
18:07Les 27 s'interrogent.
18:08Faut-il créer
18:09un nouveau statut
18:10entre l'adhésion
18:11pleine et entière
18:12à l'Union européenne
18:13et les classiques
18:15accords de commerce
18:16limités dans leurs objectifs ?
18:17Cette piste
18:18est aussi explorée
18:19dans le cas
18:19de la Grande-Bretagne,
18:20d'Andy Burnham,
18:21le travailliste
18:22qui plaide désormais
18:23pour un return,
18:24l'inverse du Brexit,
18:25soit un rapprochement
18:26de son pays
18:27avec l'Union européenne.
18:29Alors,
18:29au dernier sommet européen
18:31des 15 et 16 octobre,
18:33les chefs d'État
18:34ont souligné
18:34l'importance
18:35de l'élargissement
18:36au club européen
18:36pour des raisons
18:37économiques
18:38mais aussi géopolitiques.
18:40Ils souhaitent
18:40la sortir
18:41de réformes profondes
18:43et de nouveaux garde-fous.
18:44Le Monténégro
18:46est listé
18:46comme le prochain
18:47entrant
18:48en tant que tel
18:49à l'horizon
18:502028
18:51mais la question
18:52de l'Ukraine,
18:53ce pays en guerre
18:53si particulier
18:54qui vient d'ouvrir
18:55deux nouveaux chapitres
18:56de négociation
18:57continue de diviser
18:58les Européens
18:59sur le rythme
19:00et les modalités
19:01d'adhésion.
19:02Alors,
19:02pour en parler,
19:03nous recevons
19:03deux eurodéputés.
19:05Nicolas Bay,
19:05bonjour.
19:06Bonjour.
19:06Vous êtes vice-président
19:08du groupe
19:08des réformistes
19:09et conservateurs
19:10à la droite
19:10de la droite
19:11du Parlement
19:12élu en France
19:12sous l'étiquette
19:13Identité et Liberté
19:14le parti de Marion
19:16Maréchal-Le Pen.
19:17Ravier Moreno-Sanchez,
19:18bonjour.
19:19Bonjour.
19:20Vous êtes espagnol
19:21et siégé au sein
19:21du groupe
19:22des socialistes
19:23et démocrates
19:23au Parlement.
19:24Vous présidez
19:25la délégation
19:26pour les relations
19:26avec le Canada.
19:28Et justement,
19:29le 17 septembre,
19:30le premier ministre canadien
19:31était à Strasbourg
19:32et se félicitait
19:33de l'offre
19:34de rapprochement
19:34significatif
19:35formulée
19:36par la présidente
19:37de la Commission.
19:37On l'écoute.
19:39Le Canada
19:40se félicite
19:41de cette ambition.
19:42Une alliance
19:43pour l'avenir
19:43est une démarche
19:44positive unique
19:45que nous définirons
19:46ensemble
19:47en nous appuyant
19:48sur nos forces communes
19:49et en nous fondant
19:50sur nos valeurs partagées.
19:51Le Canada
19:52et l'Europe
19:52devraient assurer
19:53notre autonomie stratégique
19:55grâce à une coopération
19:56approfondie
19:57dans les minéraux critiques,
19:58la capacité industrielle
20:00de défense,
20:00l'IA
20:01et la puissance
20:02de calcul,
20:02la sécurité énergétique.
20:04Nous recherchons
20:05la résilience
20:06afin que personne
20:07ne puisse contrôler
20:08nos démocraties,
20:09notre état de droit.
20:12Alors,
20:13M. Moreno-Sanchez,
20:15sommet européen
20:16UE-Canada
20:17justement à Montréal
20:18le 29 octobre.
20:20On entend ce Premier ministre
20:22canadien
20:22qui ne parle pas
20:23de statut
20:24de membre associé
20:25mais on comprend
20:26que ses intentions
20:26vont plus loin
20:27qu'un simple accord
20:28de commerce.
20:28On a déjà le CETA,
20:29cet accord de commerce
20:30avec le Canada.
20:32Cette volonté
20:32est bienvenue ?
20:33Très bienvenue
20:34parce que c'est positif,
20:36on construit.
20:37Et la chose importante
20:38de la visite
20:39de M. Carnet
20:40au Parlement européen
20:41c'est qu'il est venu
20:41au Parlement européen
20:42et il est resté
20:43pendant deux jours
20:44à la maison
20:45de la démocratie européenne.
20:46Il aurait pu aller voir
20:47la présidente
20:47de la commission
20:48d'un côté,
20:49le président du conseil
20:50Antonio Costa
20:51d'un autre.
20:51Maintenant,
20:52il est venu
20:52et il envoie
20:53un message politique
20:54très fort
20:55au reste du monde
20:56en disant
20:56il faut préserver
20:57la démocratie,
20:58il faut la défendre.
20:59Donc,
20:59c'était très important.
21:00C'était très important
21:01qu'ils viennent.
21:02Et donc,
21:02dans ce statut futur,
21:04il y aura un parti politique,
21:05c'est ce que vous dites,
21:06une partie géopolitique-politique.
21:08Oui,
21:09le plus important
21:10c'est qu'on avance ensemble.
21:11Et moi,
21:12je préfère qu'on ait
21:13de facto
21:14une relation
21:15très étroite
21:16que de yurer.
21:17Les gens disent
21:18que ce n'est pas possible
21:18parce qu'il n'est pas
21:19dans les traités.
21:20Mais il faut...
21:22On est dans un moment
21:23géopolitique
21:24qui est trouble,
21:26qu'on ne sait pas très bien.
21:27Donc,
21:27les choses positives,
21:28il faut les faire.
21:29Et puis,
21:29il faut être créatif
21:30et inventif.
21:31Je vous rappelle
21:31que l'euro
21:32n'était pas dans les traités
21:33à l'époque.
21:34Schengen,
21:34ce n'était pas dans les traités.
21:36Pendant la pandémie,
21:37la santé,
21:38ce n'est pas dans les traités.
21:39Mais quand il y a
21:39la volonté politique
21:40de se rapprocher,
21:42de travailler ensemble,
21:42on peut le faire.
21:43Alors Nicolas,
21:44une très large majorité
21:45de Canadiens
21:45sont favorables
21:46à ce rapprochement
21:48dans un contexte
21:48de fortes tensions
21:50avec les États-Unis
21:51de Donald Trump,
21:52évidemment.
21:53Le Canada,
21:54c'est un pays
21:54qui partage nos valeurs,
21:55notre combat
21:56pour la démocratie,
21:57le libre-échange,
21:58le soutien à l'Ukraine.
21:59Qu'est-ce que vous dites ?
22:00Welcome
22:00ou No Way ?
22:01D'abord,
22:02il y a énormément
22:02de pays partout
22:03dans le monde
22:03qui partagent
22:05l'exigence démocratique
22:06à un certain nombre
22:07de valeurs
22:08avec les nations européennes.
22:10Et d'ailleurs,
22:10le continent sud-américain,
22:12par exemple,
22:12a les mêmes sources
22:13civilisationnelles que nous
22:14parce que ce sont
22:15des Européens
22:15qui se sont installés
22:16là-bas
22:17et on a des liens forts
22:18et il y a des liens linguistiques
22:19avec l'Espagne
22:20comme il peut y en avoir
22:21au Canada,
22:22une partie du Canada
22:23avec la France
22:24à cause de la francophonie.
22:24Mais je crois que d'abord,
22:26il faut restituer le discours
22:28d'Ursula von der Leyen
22:29dans son contexte.
22:31Il faut dire la vérité,
22:32dans ce discours de septembre,
22:33elle n'avait pas grand-chose
22:34à annoncer
22:34et finalement,
22:35il y a aussi d'abord peut-être
22:37une opération de communication
22:38qui consiste à dire
22:39« Ah ben voilà,
22:40on est dans un contexte
22:41où le Canada
22:41et les États-Unis
22:42sont en tension
22:44et c'est l'occasion
22:45d'un rapprochement stratégique
22:46avec le Canada. »
22:47Moi, je partage l'idée
22:48d'avoir des partenariats forts.
22:50On a déjà un partenariat
22:51commercial avec le CETA.
22:52On pourrait aller plus loin
22:53sur des partenariats économiques
22:55ou politiques.
22:56Mais la vérité,
22:57c'est que ça existe déjà
22:57avec tout un tas
22:58de pays dans le monde.
22:59Ça n'est pas une particularité.
23:01Et donc,
23:01quand elle dit
23:01quand Ursula von der Leyen
23:03parle d'un statut d'associé,
23:05moi, je crois que ça n'a pas
23:06beaucoup de sens
23:06au-delà de la communication.
23:07Pourquoi ?
23:08Parce que d'abord,
23:08le Canada n'est pas européen
23:11géographiquement.
23:12Voilà.
23:12On peut avoir
23:13des liens privilégiés
23:14mais l'Europe,
23:15c'est d'abord
23:16une entité géographique,
23:19culturelle,
23:20historique,
23:21spirituelle.
23:21Mais en tout cas,
23:22on ne peut pas
23:24conceptualiser sérieusement
23:25que l'Europe s'étende
23:27de l'autre côté
23:28de l'Atlantique,
23:29au monde entier.
23:30Vous vous dites
23:30si, on pourrait.
23:31Ce ne serait plus l'Europe.
23:32Mais en revanche,
23:33si vous me permettez,
23:34je termine là-dessus,
23:36bien sûr
23:37qu'on doit avoir
23:37des liens
23:37mais ça ne doit pas être
23:39simplement du contexte
23:40politicien.
23:41Vous comprenez bien
23:42que si demain,
23:43il y a une nouvelle majorité
23:45ou un nouveau pouvoir
23:46aux États-Unis
23:46et que les relations
23:47s'améliorent entre
23:48les États-Unis et le Canada,
23:50il ne faudrait pas
23:50qu'on soit les victimes
23:51directes de ce phénomène
23:53parce que finalement,
23:53le Canada ne se serait
23:54rapproché de nous
23:55que de manière très transitoire
23:57pour un enjeu
23:59finalement régional
24:00qui nous concernait peu.
24:01Il faut avoir
24:02une vision stratégique
24:03de l'Europe
24:04et pas une vision opportuniste
24:06de communication.
24:07C'est de l'opportunisme
24:09ou est-ce qu'on peut créer
24:10quelque chose
24:10qui politiquement soit solide aussi ?
24:12J'ai l'habitude de dire
24:12que le Canada
24:13est le pays le plus européen
24:14hors d'Europe.
24:16On partage,
24:16M. Bell a dit,
24:17les valeurs,
24:18les traditions,
24:18les langues et tout.
24:20Donc,
24:22pas jouer sur les mots
24:23mais pour moi,
24:24le plus important,
24:25c'est vraiment
24:27qu'on démonte
24:28cette relation
24:29avec des faits.
24:30Si on fait un accord digital
24:32d'ici le sommet
24:34qui aura lieu
24:35à la fin du mois,
24:35si on a un accord
24:37pour qu'ils travaillent
24:38sur Erasmus+,
24:39sur l'intelligence artificielle,
24:41on partage la même vision,
24:43toutes ces choses.
24:44Et puis,
24:45ce rapprochement,
24:46il se fait aussi,
24:46bon,
24:46c'est peut-être symbolique
24:48mais c'est important.
24:49M. Carnet a participé
24:50à la communauté politique européenne
24:52il y a quelques mois.
24:54Maintenant,
24:54je sais que
24:55la présidence irlandaise
24:57invite les ministres canadiens
24:59au sommet informel
25:02qui se tiennent
25:03ces derniers mois.
25:05donc c'est vraiment
25:06une volonté
25:06et moi j'insiste
25:07sur le côté positif
25:08dans ce monde
25:09où il y a des tensions
25:11et ça,
25:12que des gens
25:12veulent y aller
25:13vers quelque chose
25:14de positif,
25:15ouvert,
25:15je pense que c'est important.
25:16Ça veut dire
25:16qu'on pourrait voir
25:17un premier ministre canadien
25:17dans les conseils européens
25:18par exemple un jour ?
25:20Il pourrait déjà être
25:21comme observateur
25:22mais en fait,
25:23ça voudrait dire
25:24qu'ils ont adhéré
25:26et effectivement,
25:27il y a l'océan
25:28entre,
25:29ce n'est pas un pays européen
25:30mais Saint-Pierre-et-Miquelon
25:31ce n'est pas très loin
25:31du Canada
25:32et le Groenland non plus
25:33mais bon,
25:34ils sont européens
25:34dans l'esprit.
25:35C'est différent
25:35parce que Saint-Pierre-et-Miquelon
25:36est un territoire français.
25:37Ils sont européens
25:39dans l'esprit
25:40et moi ce que je dis
25:41c'est que tout ce qui est positif
25:44qui permet de construire,
25:46d'avancer,
25:47bienvenue.
25:48Après,
25:48jouer sur les termes associés.
25:51Oui, pardon,
25:51je comprends cette idée
25:53mais il y a quand même
25:54un sujet d'efficacité
25:56et moi je ne crois pas
25:57que l'Europe sera davantage
25:59respectée sur la scène mondiale
26:01si elle multiplie
26:02les artifices de communication
26:03et qu'elle s'étend
26:05au monde entier
26:05de manière en réalité
26:09pas opérationnelle du tout.
26:11C'est un peu comme le G7
26:12où d'un seul coup
26:14ils invitent
26:14tous les pays du monde.
26:15Et puis à la fin
26:16on voit bien
26:16que ça n'aboutit pas
26:17à grand chose.
26:18C'est-à-dire que la faiblesse,
26:19la fragilité
26:20de l'Europe aujourd'hui
26:21et de l'Union européenne
26:22dans son expression institutionnelle
26:24c'est de ne pas être capable
26:25de peser vraiment
26:26sur la scène mondiale
26:27Mais elle veut s'entourer d'amis.
26:28Elle essaie de s'entourer d'amis
26:30en tout cas.
26:30Autrement économique
26:31et encore.
26:32Et donc aujourd'hui dire
26:33on va faire venir
26:34tout un tas de pays
26:34associés à nous
26:35ça va jeter.
26:36On va parler d'un autre
26:37On va parler d'un autre
26:37Mais ajouter du flou
26:38On va parler d'un autre
26:39On va pas parler d'un autre
26:40On va parler d'un autre
26:41On va quand même reconnaissez
26:42qu'elle séduit
26:43au-delà de son propre continent
26:45et un autre pays d'ailleurs
26:47qui frappe à sa porte
26:48après l'avoir claqué
26:50c'est assez paradoxal
26:51la Grande-Bretagne
26:52le nouveau Premier ministre
26:54Andy Barham
26:54en poste depuis trois mois
26:56plaide pour un rapprochement
26:58significatif
26:59en amont du sommet
27:00UE-Royal-Uni
27:02du 20 novembre au prochain
27:03On l'écoute.
27:06Le Brexit a fait plus de mal
27:08que de bien
27:08Je saisirai l'occasion
27:10offerte par le prochain sommet
27:12entre l'Union Européenne
27:13et le Royaume-Uni
27:13pour exposer au pays
27:15ce que je considère être
27:17les différentes options
27:18pour la relation de long terme
27:20avec nos partenaires européens
27:22Et il existe différentes options
27:24et je verrai
27:25si nous pouvons trouver
27:26un consensus
27:27autour de l'une d'entre elles
27:29Un consensus
27:30qui nous apportera
27:31de la clarté
27:32sur notre position
27:32et sur l'avenir
27:34du continent
27:34dans lequel nous vivons
27:36Javier Moreno-Sanchez
27:37Alors qu'est-ce qu'on fait
27:38avec nos amis britanniques ?
27:41On leur retend la main
27:42on leur offre
27:42un statut particulier
27:43et lequel ?
27:44Alors pendant
27:45justement la semaine
27:47canadienne de Strasbourg
27:48des journalistes m'ont demandé
27:49est-ce que cette association
27:51avec le Canada
27:51ça ne va pas fâcher
27:52nos amis britanniques
27:53et tout ?
27:54Moi j'ai dit
27:54c'est très simple
27:55la porte est ouverte
27:56ils n'ont qu'à revenir
27:57Welcome back
27:58dit le président français
27:59Emmanuel Macron
28:00Pour moi aucun problème
28:02ils n'ont qu'à revenir
28:04telle est leur volonté
28:05et on repart
28:06comme on était
28:07il y a quelques années
28:08en arrière
28:09sinon faire l'association
28:11aussi la plus proche possible
28:12comme avec le Canada
28:13La vérité c'est que
28:14les britanniques
28:15en quittant l'Union Européenne
28:16ont obtenu
28:17dans l'accord
28:18le nouvel accord
28:18le nouveau traité
28:19entre l'Union Européenne
28:21et le Royaume-Uni
28:21tous les avantages
28:22de l'Union
28:23sans les inconvénients
28:24Ils n'ont pas l'air
28:25de le penser
28:25ils sont majoritairement
28:26contre le Brexit
28:27aujourd'hui
28:28ils regrettent amèrement
28:29et le problème sphétanique
28:31Les sondages nous disaient
28:31avant le Brexit
28:32qu'ils étaient aussi contre
28:33et finalement
28:33ils ont voté pour
28:33mais surtout
28:34ils ont obtenu
28:35dans l'accord
28:36avec l'Union Européenne
28:37un accès totalement libre
28:39au marché européen
28:40sans droit de douane
28:41ni quota
28:41et sans pour autant
28:43être contraints
28:44par la jurisprudence
28:46des juridictions européennes
28:48ils ont gardé
28:49toutes nos normes
28:51mais ils n'ont plus
28:52le droit de regard
28:52maintenant au Conseil Européen
28:53ils n'ont pas le pouvoir
28:54de décision
28:54sauf que
28:55on verra
28:56s'ils s'alignent
28:57sur les normes ultérieures
28:58je pense que c'est loin
28:59d'être acquis
29:00et surtout
29:01ils ont un accès libre
29:02au marché européen
29:02c'est ça qu'ils voulaient
29:03sans avoir besoin
29:04de payer
29:04comme ils faisaient avant
29:05environ 12 milliards d'euros
29:06chaque année
29:07ils veulent revenir au Vercail
29:08est-ce que ça vous intéresse ?
29:11ils veulent
29:11ça veut dire quoi ?
29:12ça veut dire
29:12le Premier ministre actuel
29:14en opposition
29:15à son prédécesseur
29:16nous dit
29:16moi j'aimerais bien
29:17que le Royaume-Uni
29:18revienne dans l'Union Européenne
29:19la question c'est de savoir
29:20ce que veulent les Britanniques
29:21et ce qu'ils veulent
29:21dans la durée
29:22encore une fois
29:22est-ce qu'on peut construire
29:24une politique continentale
29:26avec une vision
29:27en fonction
29:27des majorités de circonstances
29:29vous étiez pour le Brexit
29:31le Premier ministre canadien
29:32est fâché avec Trump
29:33la réussite du Brexit
29:34le Brexit vous a fait mentir
29:35en tant que parti politique
29:37vous êtes déçu aussi
29:38d'eux
29:39qu'ils changent d'avis ?
29:40non pas du tout
29:40moi j'ai toujours considéré
29:41que c'était aux Britanniques
29:42de décider leur destin
29:44ils ont décidé
29:45souverainement
29:45et démocratiquement
29:46à la majorité absolue
29:47de quitter l'Union Européenne
29:48on a négocié
29:50pendant des années
29:50et abouti à un accord
29:51qui est très avantageux
29:52pour eux
29:53aujourd'hui
29:54qu'il y ait une partie
29:55de la classe politique
29:55qui dit
29:56ce serait bien de revenir
29:57ils ont perdu beaucoup
29:58de pulme économiquement
30:00vous savez
30:01je ne suis pas sûr
30:01que les pays
30:02qui sont à l'intérieur
30:02de l'Union Européenne
30:03se portent beaucoup mieux
30:04économiquement
30:04à commencer par la France
30:05en Espagne ça va
30:07en Espagne tout va bien
30:09on est au top
30:11oui économiquement
30:12pas trop mal
30:12et le chaos migratoire
30:13en Espagne
30:14c'est le fait
30:15du gouvernement
30:15sans le chèque
30:16mais c'est un autre sujet
30:18mais honnêtement
30:19je pense que
30:20si l'Union Européenne
30:21est en permanence
30:22à faire des va-et-vient
30:23en fonction
30:24des circonstances électorales
30:26de tel ou tel pays
30:27membre
30:28ou partenaire
30:29elle ne va pas
30:31sur le chemin
30:32de la puissance
30:32de l'indépendance
30:33et du rayonnement
30:34sur la scène mondiale
30:35or c'est ça
30:35le véritable enjeu
30:36alors élargissons un petit peu
30:38il y a d'autres candidats
30:39qui frappent à la porte
30:40de l'Europe
30:41officiellement
30:41ceux-là
30:42selon le processus
30:43classique d'adhésion
30:44on parle de 5 pays
30:45des Balkans occidentaux
30:46de l'Ukraine
30:47de la Géorgie
30:48de la Moldavie
30:49et de la Turquie
30:49même si le processus
30:50d'adhésion
30:51est suspendu
30:51en ce qui la concerne
30:52le prochain sur la liste
30:53pour être le Monténégro
30:54Javier Moreno Sanchez
30:57est-ce qu'il faut
30:57intégrer tous ces pays
30:58à quelle échéance
30:59et est-ce qu'il faut
30:59réformer les règles
31:01européennes pour le faire
31:02alors
31:04la voie est
31:05de peu à peu
31:06élargir effectivement
31:08il faut voir
31:08quand et comment
31:09changer les règles
31:10changer les règles
31:12il faut que ça se fasse
31:13dans le cadre
31:13des traités actuels
31:14parce que maintenant
31:15une réforme des traités
31:16je la vois compliquée
31:17ça a déjà été
31:18très compliqué
31:19au début de ce siècle
31:20il y a une vingtaine d'années
31:21donc je la vois très compliquée
31:22on limitait les vétos
31:23donc il faut
31:25on peut faire
31:26des réformes internes
31:27par exemple
31:28moi j'ai toujours plaidé
31:29pour que le Parlement européen
31:31ait l'initiative législative
31:32je veux dire
31:33il y a des choses
31:33qui peuvent avancer
31:35sans devoir modifier
31:37les traités
31:37donc à partir de là
31:38pour l'élargissement
31:40pour que ça fonctionne
31:41parce que c'est vrai
31:42que si on est
31:4230 ou 35
31:43à un moment donné
31:45il faudra changer
31:46les règles du jeu
31:46mais comment le fait-on
31:48parce que si on ouvre
31:49les traités
31:50vu le contexte
31:51géopolitique
31:52et géoéconomique
31:53qu'on a en ce moment
31:54ouvrir des traités
31:55ça va être compliqué
31:57donc oui
31:59je pense que
32:00c'est la vocation
32:01de l'Europe
32:01de s'ouvrir
32:02à ces pays
32:03le rythme
32:04et tout ça
32:04moi je ne me prononcerai
32:05pas trop vite maintenant
32:06pour un parti
32:08patriotique
32:08vous dites
32:10finalement
32:10pas besoin
32:11d'élargir ce club européen
32:13peut-être pas
32:13à l'Ukraine
32:14les Balkans
32:15on ne sait pas
32:15etc
32:16il y a des problèmes
32:17trop importants
32:18on reste entre nous
32:19ou comment ?
32:19ce qu'on voit en tout cas
32:20c'est que les élargissements
32:21les derniers élargissements
32:22n'ont pas encore été
32:23totalement digérés
32:24c'est le moins qu'on puisse dire
32:25quand on voit par exemple
32:26la Roumanie
32:27ou la Bulgarie
32:28pour prendre
32:28les élargissements
32:29les plus récents
32:30on a encore
32:31des différentiels
32:32très importants
32:33sociaux par exemple
32:34qui aboutissent
32:34à une vraie concurrence
32:36déloyale
32:36intra-européenne
32:37parce que
32:38par exemple
32:39le problème
32:39du détachement
32:40des travailleurs
32:40etc
32:41donc on voit bien
32:42que l'élargissement
32:43est aussi un peu
32:44une illusion
32:45un peu une fuite en avant
32:46je passe sur la Turquie
32:47parce qu'évidemment
32:48la Turquie
32:49elle est européenne
32:50ni par son histoire
32:51ni par sa géographie
32:52l'ouverture aux Balkans
32:53occidentaux
32:54on sait que c'est des pays
32:55je pense à la Bosnie-Herzégovine
32:56à l'Albanie
32:57qui sont des pays
32:58de corruption généralisée
32:59donc tout ça
33:00est un peu illusoire
33:01quant à l'Ukraine
33:02moi je crois que
33:03ça n'est pas sérieux
33:04autant qu'on soutienne
33:06l'Ukraine
33:06c'est une chose
33:07autant
33:08je veux dire militairement
33:09par exemple
33:09autant qu'on dise
33:10elle doit adhérer
33:11à l'Union Européenne
33:12je pense que ça n'a
33:13aucun sens
33:13pourquoi ?
33:14parce que ça créerait
33:16une concurrence
33:18déloyale terrible
33:18pour nos agriculteurs
33:20c'est un pays
33:20qui est totalement
33:21gangréné par la corruption
33:22et puis
33:23il faut réfléchir
33:24aux intérêts européens
33:25et les intérêts européens
33:27c'est aussi
33:27d'avoir des pays
33:28qui font un peu
33:30une zone tampon
33:31en quelque sorte
33:32avec les autres
33:33nos autres grands compétiteurs
33:34les autres grandes puissances
33:36c'est le cas de l'Ukraine
33:36avec la Russie
33:37il me semble quand même
33:38là pour le coup
33:39vous êtes en train
33:40de donner de l'argument
33:41dans le fond d'inverse
33:41on n'a pas intérêt
33:42directement
33:44limitrophe
33:44de nos concurrents
33:45les plus importants
33:46ce qui est intéressant
33:46pour finir sur des notes positives
33:48c'est que l'Union Européenne
33:50est encore
33:51malgré
33:51on dit que ça ne va pas bien
33:52on est un pôle d'attraction
33:54il y a le Canada
33:54qui veut se rapprocher
33:55il y a des pays
33:56qui veulent adhérer
33:57donc à tous ces gens
33:59qui se plaignent
33:59toute la journée
34:00de l'Union Européenne
34:01ça ne marche pas
34:02ça ne va pas
34:02je leur dis
34:03écoutez
34:04c'est quand même
34:04un pôle d'attraction
34:05et allez voir un peu
34:06ce qui se passe ailleurs
34:07dans d'autres continents
34:08et vous vous rendrez compte
34:09que l'Union Européenne
34:11il vaut mieux faire
34:13envie que pitié
34:14merci à vous d'avoir
34:15en tout cas
34:15très bien illustré
34:16ce débat
34:17merci à tous
34:18et bonne suite de programme
34:19sur nos chaînes
34:19Générique
34:21Générique
34:22Générique
34:24Générique
34:25Générique