Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 21 heures
Les députés auditionnent l'économiste Gabriel Zucman, directeur de l'Observatoire européen de la fiscalité, qui préconise d'instaurer un impôt plancher sur le patrimoine des grandes fortunes, la fameuse "taxe Zucman" largement débattue lors de la discussion du budget 2026. Il est accompagné de l'économiste Giulia Varaschin devant la commission d'enquête relative à l'imposition des plus hauts patrimoines et des revenus les plus élevés et à leur contribution au financement des services publics. Cette commission d'enquête a été créée en février dernier à l'initiative du groupe "LIOT" et a pour rapporteur Charles de Courson (LIOT) et pour président Jean-Paul Mattei (MoDem).

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:00:03Générique
00:00:07Bonjour à tous et bienvenue dans la séance Est Ouverte.
00:00:11Dans ce numéro, je vous propose de revenir sur l'audition de Gabriel Zuckman,
00:00:16l'économiste dont la taxe a fait beaucoup parler.
00:00:19Il était entendu par la commission d'enquête relative à l'imposition des hauts patrimoines.
00:00:23Regardez.
00:00:24Dans un article publié en 2014 avec votre collègue, notre compatriote, M. Piketty,
00:00:32qui est intitulé Capital is back, wealth income ratios in rich countries, 1700-2010.
00:00:41Vous constatez une hausse généralisée des ratios de richesse par rapport aux revenus depuis les années 70 en France
00:00:47et dans huit autres pays qui passent grosso modo de 200-300% à 400-600% en 2010.
00:00:55Vous expliquez ce phénomène par la valorisation des actifs à long terme
00:01:00et le ralentissement de la croissance de la productivité et de la population
00:01:04selon le modèle à rote de marre solo que vous connaissez tous, mes chers collègues.
00:01:09Alors, j'ai trois sous-questions à vous poser là-dessus.
00:01:13Comment expliquez-vous la hausse de la valeur des actifs sur cette période
00:01:18et surtout pourquoi elles augmentent plus vite que la croissance de la richesse nationale ?
00:01:24Observez-vous une différence d'ailleurs selon la nature des actifs,
00:01:27selon des actifs immobiliers, des actions, des obligations ou du foncier.
00:01:33Et est-ce que la politique monétaire menée par les banques centrales,
00:01:38est-ce que pour vous c'est un élément, c'est une explication ?
00:01:41Comment expliquez-vous cette valorisation différenciée ?
00:01:45Et observez-vous une évolution de la répartition de la richesse créée
00:01:49entre les revenus du patrimoine et ceux du travail
00:01:51sur longue période dans ces différents pays ?
00:01:55Deuxième sous-question, est-ce que vous disposez d'éléments chiffrés
00:01:59sur la rentabilité des actifs selon leur nature
00:02:02et selon la dispersion de leur taux de rendement ?
00:02:07Et enfin, pensez-vous que vos conclusions soient toujours d'actualité
00:02:12et est-ce que vos données ont pu être actualisées ?
00:02:19Merci beaucoup, M. le rapporteur, M. le Président, Mesdames, Messieurs les députés.
00:02:23Merci pour votre présence et je suis vraiment ravi et honoré
00:02:26d'avoir ce temps d'échange avec vous.
00:02:30Cette évolution, M. le rapporteur, que vous venez de rappeler,
00:02:33l'augmentation des ratios capitales sur revenus,
00:02:36c'est une des tendances les plus importantes de l'économie mondiale
00:02:40des dernières décennies.
00:02:41C'est quelque chose qu'on observe partout, en France, en Europe, au niveau mondial.
00:02:46Vous avez rappelé les tendances principales.
00:02:49Dans les années 70, le patrimoine privé total d'un pays comme la France,
00:02:57c'est-à-dire la valeur de tout l'immobilier, de toutes les actions,
00:03:00de tous les titres financiers possédés par les ménages,
00:03:04des comptes en banque, etc., net de dette,
00:03:06ça représentait l'équivalent d'à peu près 200% du PIB,
00:03:12c'est-à-dire deux années de PIB.
00:03:13Et aujourd'hui, c'est l'équivalent de 500% du PIB, 5 années de PIB.
00:03:18On possède collectivement les ménages français en patrimoine
00:03:22l'équivalent de 5 années de production nationale, 500% du PIB.
00:03:28Et on a observé des tendances similaires pour l'essentiel tous les pays.
00:03:33Pour votre première question, quelle est la raison de cette évolution ?
00:03:37Je pense que la raison principale, c'est les changements de politique économique
00:03:42qui ont eu lieu depuis les années 80 et qui se sont faits au profit des détenteurs de patrimoine
00:03:50et qui ont donc contribué à une valorisation de ces patrimoines.
00:03:55Quels sont ces changements ?
00:03:56C'est par exemple les évolutions sur le marché immobilier.
00:04:01Beaucoup de pays avaient des formes d'encadrement des loyers
00:04:05et ont flexibilisé, ont libéralisé leur marché immobilier.
00:04:09Quand les loyers sont flexibles, ça a fait que les logements pour les propriétaires,
00:04:14ça se capitalise dans les prix des logements.
00:04:17Autre évolution, ça a été par exemple la baisse très forte de l'impôt sur les sociétés,
00:04:22qui au niveau mondial, au début des années 80, était en moyenne de près de 50%
00:04:25et qui aujourd'hui, au niveau mondial, est de l'ordre de 20-25%.
00:04:29C'est la même chose.
00:04:30Quand les entreprises ont moins d'impôts sur les bénéfices à payer,
00:04:33ça se capitalise dans les valorisations boursières.
00:04:36Ça augmente la valeur des actions des entreprises.
00:04:39Il y a aussi la façon dont on a organisé les relations économiques internationales,
00:04:44en laissant libre cours aux forces de la concurrence internationale,
00:04:48et en particulier de la concurrence fiscale, ce qui a permis aux détenteurs,
00:04:51aux entreprises multinationales et à leurs propriétaires,
00:04:54en gros, de faire du chantage à la délocalisation pour obtenir soit des baisses d'impôts,
00:05:00soit différentes réglementations, régulations plus favorables.
00:05:04Tout ça, ça se capitalise à nouveau dans les prix des actions.
00:05:08Donc il y a toutes ces, pour résumer, toutes ces transformations économiques
00:05:13qui ont été toutes dans le même sens et qui ont renforcé le pouvoir de négociation,
00:05:21le pouvoir économique, plus généralement, du capital et des propriétaires de capital.
00:05:25Donc, d'où l'augmentation des ratios capital sur revenu.
00:05:29Ce n'est pas l'unique explication.
00:05:32Par exemple, dans cet article que vous avez cité,
00:05:34on soulignait l'importance de la baisse de la croissance économique.
00:05:42Le modèle de Harold de Marcello prédit qu'à long terme,
00:05:46le ratio capital sur revenu va être égal au ratio du taux d'épargne
00:05:51divisé par le taux de croissance de l'économie.
00:05:53Donc si on épargne 10% du PIB
00:05:58et que le taux de croissance de l'économie, c'est 2%,
00:06:02ça veut dire que le ratio va converger vers 500%.
00:06:05Ça a pu jouer un certain rôle.
00:06:09Et troisièmement, sur la politique monétaire,
00:06:11je ne pense pas que ça a été très important.
00:06:13La politique monétaire, parce qu'on s'en rend compte depuis le Covid
00:06:17où les taux d'intérêt ont beaucoup augmenté.
00:06:20Et néanmoins, les capitalisations boursières,
00:06:22les capitalisations immobilières n'ont pas baissé.
00:06:23Au contraire, cette tendance se poursuit,
00:06:26quelle que soit la période, que ce soit une période de taux d'intérêt très bas,
00:06:28comme avant la crise inflationniste post-Covid
00:06:32ou une période de taux d'intérêt plus élevée,
00:06:34comme aujourd'hui aux États-Unis, dans beaucoup de pays.
00:06:36Donc cette explication par les taux d'intérêt
00:06:38me semble un peu moins pertinente.
00:06:43Quelles sont les conséquences de tout ça
00:06:45pour la répartition des revenus,
00:06:47la part du travail, la part du capital
00:06:49dans le revenu national total ?
00:06:52Cette augmentation du ratio capital sur revenu
00:06:55s'est traduit par une déformation du partage de la valeur ajoutée
00:06:58au détriment du capital.
00:07:00C'est-à-dire que si vous essayez de répartir
00:07:02l'ensemble du revenu national
00:07:03entre ce qui va aux propriétaires du capital,
00:07:06donc les profits, les intérêts, les loyers, etc.,
00:07:10et ce qui va aux salariés,
00:07:13la part des salaires était de l'ordre de 20% à peu près
00:07:16du revenu national en moyenne dans les pays riches
00:07:18au début des années 70,
00:07:19et aujourd'hui on est plutôt à 25-30% du revenu national.
00:07:24A partir de là, je peux répondre à votre question
00:07:28sur la question des taux de rendement moyens sur les actifs.
00:07:33Il y a une petite arithmétique qui est très simple
00:07:34et qui dit que le taux de rendement moyen sur le patrimoine
00:07:42arithmétiquement, comptablement,
00:07:43c'est égal au ratio de la part du capital
00:07:46dans le revenu national divisé par le ratio capital sur revenu.
00:07:52Donc j'ai dit que la part du capital dans le revenu national,
00:07:55c'était à peu près 25%.
00:07:58Le ratio capital sur revenu, il est à peu près 500%.
00:08:02Donc si vous divisez 25% par 500%,
00:08:04vous avez un taux de rendement moyen du capital qui est de 5%.
00:08:07C'est le taux de rendement avant toute forme d'imposition du capital.
00:08:12Ça veut dire quoi ?
00:08:12Ça veut dire que si vous placez un euro en moyenne,
00:08:15si vous placez un euro dans un fonds complètement diversifié
00:08:19qui possède un petit bout de tout le patrimoine,
00:08:22de tout ce qu'il y a à posséder en France ou même dans le monde,
00:08:25en moyenne, cet investissement vous rapporterez 5 centimes avant impôt, 5%.
00:08:33Après, il y a de l'hétérogénéité.
00:08:34Donc il y a certaines formes de capital.
00:08:36Par exemple, les actions, la détention d'entreprises
00:08:40qui ont un taux de rendement plus élevé.
00:08:42L'immobilier va avoir un taux de rendement un peu plus faible que 5%.
00:08:44Les liquidités, les comptes en banque, encore plus faibles.
00:08:47Et tout ça se moyennise.
00:08:49La moyenne de tout ça, c'est de l'ordre de 5%.
00:08:52Tout simplement en raison des masses macroéconomiques en jeu.
00:08:5625% du revenu national total va au capital.
00:09:00Et le stock de capital représente 500% du revenu national.
00:09:05Donc le rendement moyen est de 5%.
00:09:09J'espère que ça répond à vos questions.
00:09:10Je peux en dire davantage si vous le souhaitez.
00:09:15La répartition des taux de rendement,
00:09:16donc la dispersion entre individus.
00:09:21Alors la répartition des taux de rendement entre individus,
00:09:25ce qu'on sait à l'hétérogénéité, si vous voulez,
00:09:28c'est qu'effectivement, tout le monde n'a pas un taux de rendement
00:09:31de 5% sur son patrimoine.
00:09:34Le taux de rendement, il a tendance à augmenter
00:09:37avec le niveau de fortune.
00:09:39Pour différentes raisons.
00:09:40D'abord, il y a des effets de composition.
00:09:41C'est-à-dire que les personnes plus fortunées détiennent plutôt des actions
00:09:48dont j'ai rappelé que c'était la forme de patrimoine
00:09:50qui a en moyenne le rendement le plus élevé.
00:09:54Les classes moyennes, elles détiennent de l'immobilier
00:09:57ou des comptes en banque, des liquidités, des livrets,
00:10:01qui sont les formes de patrimoine qui ont un rendement plus faible.
00:10:04Et puis même après, au sein de ces différentes classes d'actifs,
00:10:07par exemple au sein des actions,
00:10:08les gens très très riches peuvent avoir accès, par exemple,
00:10:11aux meilleurs gestionnaires de fortune,
00:10:14il peut y avoir des rendements d'échelle
00:10:15dans les investissements, dans la gestion de patrimoine,
00:10:18qui font qu'ils vont avoir des rendements encore plus élevés
00:10:21que les autres détenteurs d'actions.
00:10:23Donc pour ces deux raisons-là, à la fois des effets de composition
00:10:26et puis des rendements d'échelle croissant
00:10:28à mesure qu'on monte dans l'échelle des patrimoines,
00:10:30le taux de rendement a tendance à augmenter
00:10:32assez fortement avec le niveau de richesse.
00:10:35Ce qui veut dire en moyenne, c'est 5%,
00:10:36mais pour les plus riches, ça va être plutôt 7%, 8%
00:10:39de rendement avant impôt en moyenne par an.
00:10:44Sur le partage de la valeur ajoutée,
00:10:47on a demandé à l'INSEE de nous sortir sur longue période.
00:10:50On est stable en France.
00:10:52Je prends 1960,
00:10:54la rémunération du travail,
00:10:571990 était de 66%,
00:10:59elle est même de 67% en 2023.
00:11:02Il y a des petites fluctuations de 1%,
00:11:04il y a eu une légère hausse, mais enfin bon.
00:11:06Et la rémunération du capital,
00:11:09y compris les amortissements, bien sûr,
00:11:11tourne autour de la différencieuse,
00:11:13c'est-à-dire 32, 33%.
00:11:16C'est à peu près stable.
00:11:18Alors, ce qu'on constate en France,
00:11:20est-ce qu'on le constate dans les autres pays de l'OCDE ?
00:11:23On a demandé tout ça à l'OCDE,
00:11:24on attend les réponses.
00:11:27Donc, je veux dire par là qu'il semble,
00:11:30d'après nous les éléments qu'on a,
00:11:32que ça ne soit pas l'évolution de la répartition de la richesse
00:11:36qui soit en cause,
00:11:38mais d'autres facteurs,
00:11:40vous en avez cité certains,
00:11:42alors que les leurs pondérations, etc.
00:11:45Voilà.
00:11:46Donc, est-ce que vous pourriez nous développer ce point ?
00:11:51Absolument, on a plusieurs points.
00:11:52D'abord, sur le partage de la valeur ajoutée en France,
00:11:56il faut noter deux points.
00:11:58Le premier, c'est qu'effectivement,
00:12:01quand on regarde les statistiques officielles de l'INSEE,
00:12:04de l'OCDE,
00:12:05ce qu'on voit, c'est qu'il y a une tendance au niveau mondial
00:12:08à l'augmentation de la part du capital dans la valeur ajoutée,
00:12:10mais qu'en France, cette tendance est particulièrement faible,
00:12:15et vous avez raison de le souligner,
00:12:16mais je pense qu'elle est faible en raison,
00:12:19principalement, pour des raisons qui sont des artefacts statistiques,
00:12:21principalement,
00:12:22qui sont dues aux pratiques d'optimisation fiscale
00:12:26des sociétés multinationales.
00:12:28Je vais vous expliquer,
00:12:29et j'ai beaucoup travaillé sur cette question,
00:12:31et j'ai essayé de produire des statistiques corrigées
00:12:34de partage de la valeur ajoutée
00:12:35qui prennent en compte ce problème.
00:12:37Une des grandes tendances, aussi, depuis les années 80,
00:12:40ça a été la montée en puissance des sociétés multinationales.
00:12:42Les sociétés multinationales,
00:12:44elles ont des incitations à enregistrer leurs profits
00:12:47dans les filiales qui sont situées
00:12:49dans les pays à fiscalité relativement faible.
00:12:53C'est pour ça qu'il y a des masses de profits considérables
00:12:56qui sont enregistrées en Irlande, au Luxembourg,
00:12:59aux îles Caïmans, etc.
00:13:01Et la contrepartie de cette délocalisation des bénéfices
00:13:05dans les paradis fiscaux,
00:13:06c'est que les profits qui sont enregistrés comptablement en France
00:13:10et dans les autres pays à fiscalité relativement élevés,
00:13:14et c'est surtout les études du monde,
00:13:16surtout dans les pays d'Europe occidentale,
00:13:17sont particulièrement faibles,
00:13:19mais pour des raisons qui sont liées
00:13:22aux pratiques d'optimisation des sociétés multinationales.
00:13:26Par exemple, les filiales de grands groupes américains,
00:13:28elles vont dire qu'elles ont énormément de bénéfices en Irlande,
00:13:32aucun profit en France,
00:13:34quand en réalité, leurs profits ont été faits en France.
00:13:38C'est là où leur clientèle se situe, ou en Allemagne, etc.
00:13:42Et donc si on essaie de réattribuer les bénéfices
00:13:45qui sont aujourd'hui enregistrés dans les paradis fiscaux,
00:13:47qui ne représentent qu'à 1 000 milliards de dollars au niveau mondial,
00:13:49donc on parle de sommes tout à fait considérables,
00:13:51à peu près 30%, 35% des bénéfices multinationaux,
00:13:54si on essaie de les réattribuer aux pays
00:13:57où ils ont été véritablement réalisés, ces bénéfices,
00:14:00ça fait monter assez significativement
00:14:03le montant de profits enregistrés en France,
00:14:07et donc la part du capital dans la valeur ajoutée de la France.
00:14:10Il y a non seulement un effet de niveau,
00:14:12mais il y a un effet sur la tendance,
00:14:14parce que cette délocalisation des bénéfices
00:14:16des sociétés multinationales,
00:14:17au début des années 80, c'était quasiment zéro,
00:14:19à la fois parce que les sociétés multinationales
00:14:20étaient beaucoup moins développées qu'aujourd'hui,
00:14:24et parce qu'elles avaient beaucoup moins recours aux paradis fiscaux.
00:14:25Et au contraire, il y a eu cette explosion depuis les années 80
00:14:30dans la délocalisation des bénéfices dans les paradis fiscaux.
00:14:32Et donc si on améliore comme ça les statistiques de l'INSEE,
00:14:38qui fait un travail remarquable et pour lequel j'ai le plus grand respect,
00:14:41mais on se rend compte qu'il y a une augmentation plus prononcée
00:14:44que ce qu'on pourrait penser à vue d'œil
00:14:46de la part du capital dans le revenu national de la France.
00:14:51Sur les autres facteurs d'explication,
00:14:54il y a la baisse des taux d'IS,
00:14:57à peu près de moitié.
00:14:59Par exemple, en France, on est passé de 50,
00:15:01tout le monde l'a oublié, à 25.
00:15:06Donc, on pourrait espérer à quasi-doublement.
00:15:09Si la valeur des actions, c'est la valeur actualisée des bénéfices futurs,
00:15:14hypothèse un peu forte.
00:15:17Et sur le différentiel de rendement,
00:15:22vous avez cité les rendements les plus élevés,
00:15:26c'est les actions, y compris plus-value.
00:15:29On est à des 6, 7, 8 % de commandes de grandeur.
00:15:33Mais là encore, avec une dispersion en leur sein.
00:15:37On a le même constat sur l'immobilier,
00:15:38qui est plutôt autour de 4, 5 %.
00:15:42Mais ça va de 3, et encore brut, à 6, 7, 8.
00:15:48Et c'est moins vrai sur le foncier,
00:15:50parce qu'il est totalement encadré en France.
00:15:52Ce n'est pas le cas dans d'autres pays,
00:15:54où on est là autour de 1 %, 1, 2.
00:15:58Donc, on a quand même une très grande diversité des taux d'armement.
00:16:01Je dis ça, parce que quand on discutera tout à l'heure de la taxe,
00:16:05on se heurte à cette diversité.
00:16:07On en parlera tout à l'heure.
00:16:09Sur les autres facteurs que vous avez cités,
00:16:11la politique monétaire,
00:16:13on a vu que l'explosion de la valeur de l'immobilier
00:16:16a quand même été largement liée
00:16:19à des taux de politique monétaire
00:16:22qui a inondé de liquidités,
00:16:24sans aucun lien avec l'évolution de la richesse
00:16:27des différents pays, des banques centrales.
00:16:30Et donc, ces liquidités, elles sont allées où ?
00:16:32Elles sont allées sur les marchés des actions,
00:16:34et puis elles sont allées sur l'immobilier,
00:16:36qui sont quand même les deux grands éléments du patrimoine.
00:16:40Actions, obligations et immobiliers,
00:16:42avec ça, on a 90-95% du patrimoine.
00:16:46Bon, et vous avez dit tout à l'heure que, pour vous,
00:16:49ça n'a pas eu beaucoup d'incidence.
00:16:52Pourtant, on a vu les bourses et l'immobilier,
00:16:56même si c'est divers,
00:16:57mais dans toutes les grandes métropoles
00:16:59des pays développés,
00:17:00avec une telle politique,
00:17:02quand on était tombé à 0,5-1%,
00:17:06alors là, tout le monde voulait acheter, etc.,
00:17:09et a fait augmenter les prix.
00:17:11Dès que les taux sont remontés,
00:17:13ça s'est tout de suite calmé.
00:17:14Et ça a commencé un peu à baisser.
00:17:17Mais, attendons la suite.
00:17:19Donc, est-ce que vous pouvez nous dire un petit peu
00:17:21le poids relatif de ces différents facteurs ?
00:17:27Je ne veux pas dire que la politique militaire
00:17:29n'a absolument aucun rôle,
00:17:30mais moi, ce qui me frappe plus,
00:17:31c'est que quand les taux sont passés
00:17:32de 0,05% à plus de 5% aux États-Unis
00:17:36il y a quelques années,
00:17:37le marché boursier américain ne s'est pas effondré.
00:17:39En fait, il est beaucoup plus élevé aujourd'hui
00:17:41qu'il l'était à la fin des années 2010,
00:17:42quand les taux étaient à 0,05%,
00:17:45alors qu'aujourd'hui, ils sont à 4,5%.
00:17:47Et donc, ça ne me semble pas très cohérent
00:17:51avec l'idée que cette valorisation
00:17:54des marchés boursiers
00:17:56est avant tout un phénomène
00:17:58qui est lié à la politique monétaire.
00:18:01Mais ce n'est pas pour dire
00:18:01que ça n'a absolument aucun rôle.
00:18:02Enfin, je veux dire,
00:18:03je pense que ça a pu jouer un rôle.
00:18:06Je pense que, compte tenu de la nature
00:18:08vraiment très systématique
00:18:12de l'augmentation des valorisations patrimoniales,
00:18:16que ce soit au cours du temps,
00:18:18que ce soit dans les différents pays,
00:18:22la tendance qui commence au début des années 80,
00:18:24je pense qu'il faut plutôt chercher
00:18:26des explications réelles,
00:18:27plutôt des explications purement monétaires,
00:18:30et des explications structurelles
00:18:32qui ont lieu au changement profond
00:18:34de politique économique
00:18:35entre les décennies d'après
00:18:38la Deuxième Guerre mondiale,
00:18:39d'économies mixtes,
00:18:41avec une part importante d'absence publique
00:18:43dans le patrimoine national,
00:18:44avec un tas de régulations
00:18:46sur la façon dont les détenteurs du capital
00:18:48pouvaient utiliser leurs propriétés.
00:18:50un pouvoir plus faible pour les actionnaires,
00:18:54un pouvoir plus limité aussi
00:18:56pour les détenteurs de l'immobilier,
00:18:57et que ces régulations-là,
00:18:58ces formes d'économies mixtes,
00:19:00de contrôle du pouvoir des propriétaires,
00:19:04ont progressivement été détricotées,
00:19:06et je pense que c'est quand même
00:19:07dans le fond du fond,
00:19:09la tendance quantitativement
00:19:11qui a été la plus importante,
00:19:12même si c'est difficile,
00:19:13je le reconnais,
00:19:13de mettre des chiffres extrêmement précis
00:19:16sur les différents facteurs explicatifs.
00:19:20Un autre facteur que vous avez soulevé
00:19:22qui est le ralentissement
00:19:24de la croissance de la productivité,
00:19:27qui est constaté
00:19:29dans la plupart des pays les plus développés,
00:19:32pas dans les moins développés.
00:19:34Par exemple, la Chine
00:19:36a eu des augmentations de productivité
00:19:38telles que les avaient connues,
00:19:39d'ailleurs, les économies.
00:19:40Alors, il y a des économistes
00:19:41qui expliquent que ça n'est qu'un rattrapage,
00:19:44mais quand on se remettra
00:19:46au niveau des autres,
00:19:48eux aussi, d'autres disent
00:19:50que c'est un facteur lié
00:19:52à l'évolution vers les services
00:19:55dans lesquels l'augmentation
00:19:57de la productivité est plus lente
00:19:59que dans l'industrie.
00:20:00Et puis, un dernier facteur,
00:20:02démographique.
00:20:03Alors, en quoi le ralentissement démographique
00:20:08constituerait une explication
00:20:11à moins de penser
00:20:12que si tous les couples
00:20:15n'avaient plus qu'un enfant,
00:20:17effectivement,
00:20:18on va avoir un effet de concentration
00:20:19par une baisse de la population,
00:20:21et donc, le patrimoine
00:20:23ne sera pas partagé,
00:20:25il sera concentré.
00:20:27Alors, absolument.
00:20:29Donc, pour bien comprendre tout ça,
00:20:30il faut revenir à la célèbre formule
00:20:32que vous avez mentionnée,
00:20:34cette célèbre formule
00:20:35de Harold de Marcelo,
00:20:36qui dit que le ratio capital sur revenu
00:20:37est égal à long terme
00:20:40au ratio du taux d'épargne
00:20:42par le taux de croissance
00:20:43de l'économie.
00:20:44Et donc,
00:20:45le taux de croissance de l'économie,
00:20:46c'est deux choses,
00:20:48c'est la somme de deux choses,
00:20:49c'est la somme de la croissance
00:20:50de la productivité,
00:20:52et de, deuxième chose,
00:20:54la croissance démographique.
00:20:56Et donc,
00:20:56pour une augmentation donnée
00:20:58de la productivité,
00:21:01la croissance démographique ralentit.
00:21:04Par exemple,
00:21:04quand le taux de croissance
00:21:05de l'économie,
00:21:05mettons que le taux de croissance
00:21:06de la productivité,
00:21:07c'est 1% par an,
00:21:09et le taux de croissance démographique,
00:21:11c'est 1% par an,
00:21:12dans ce cas-là,
00:21:13l'économie croît
00:21:14de 2% par an.
00:21:15Si le taux d'épargne,
00:21:17c'est 10%,
00:21:18à long terme,
00:21:19tout ça va pousser
00:21:21le ratio capital sur revenu
00:21:22vers un ratio de 500%.
00:21:25Maintenant,
00:21:25imaginez que
00:21:27la productivité continue
00:21:28à augmenter
00:21:29de 1% par an,
00:21:30mais il n'y a plus
00:21:30de croissance démographique.
00:21:32Maintenant,
00:21:32l'économie ne croit
00:21:33que de 1%.
00:21:34Et imaginez que
00:21:35le taux d'épargne
00:21:36reste stable à 10%.
00:21:38Dans ce cas-là,
00:21:38à long terme,
00:21:39il faut s'attendre
00:21:40à un ratio capital sur revenu
00:21:42qui est de 10 divisé par 1,
00:21:44qui va être de 1 000%.
00:21:45C'est en ce sens
00:21:46que la croissance démographique,
00:21:47elle joue un rôle très important.
00:21:48Tout simplement,
00:21:49quand on ne fait plus d'enfants,
00:21:52quand la population
00:21:53n'augmente plus,
00:21:54le capital,
00:21:55ce qui a été accumulé
00:21:56par le passé,
00:21:58à un poids
00:21:59qui devient disproportionné
00:22:00par rapport aux richesses
00:22:01qui sont nouvellement créées.
00:22:03Tout simplement.
00:22:05Alors,
00:22:06deuxième question.
00:22:07Dans un article
00:22:08que vous avez publié
00:22:09en 2016
00:22:09avec Emmanuel Saez,
00:22:11qui est intitulé
00:22:12« Wealth inequality
00:22:13in the United States
00:22:15since 1913,
00:22:18evidence from
00:22:19capitalized income tax data »,
00:22:21vous décrivez
00:22:22le rajeunissement
00:22:23des détenteurs
00:22:24des grandes fortunes
00:22:25aux Etats-Unis
00:22:27et une part croissante
00:22:28des revenus du travail
00:22:29dans leur patrimoine
00:22:30dans les années 2010
00:22:31par rapport
00:22:32aux années 1960.
00:22:35Alors,
00:22:36étant en France,
00:22:37est-ce que vous disposez
00:22:38d'éléments similaires
00:22:40relatifs à la France ?
00:22:42Parce qu'il semblerait,
00:22:43dans les éléments
00:22:45qu'on nous a fournis,
00:22:46au contraire,
00:22:47que l'accumulation
00:22:48de patrimoine
00:22:49conduise à ce que
00:22:50les ménages
00:22:50les plus aisés
00:22:51soient plus âgés
00:22:52aujourd'hui
00:22:52qu'auparavant ?
00:22:53Alors,
00:22:54est-ce que vous partagez
00:22:55ce constat
00:22:55ou est-ce que c'est
00:22:56une spécificité française ?
00:22:57Et de manière générale,
00:22:59constatez-vous
00:22:59une spécificité française
00:23:00dans le profil
00:23:01des ménages
00:23:02les plus aisés
00:23:03et dans la composition
00:23:04de leur patrimoine
00:23:05et de leur revenu ?
00:23:09Merci beaucoup.
00:23:10Alors,
00:23:11toutes les données
00:23:14disponibles à ce sujet
00:23:15et d'ailleurs,
00:23:16et je n'avais pas répondu
00:23:16à votre question,
00:23:17mais c'est l'occasion
00:23:20de revenir là-dessus,
00:23:23sur où est-ce qu'on peut
00:23:23avoir des chiffres
00:23:24actualisés
00:23:25sur les ratios capitales
00:23:26sur revenus,
00:23:27sur les taux de rendement,
00:23:27etc.
00:23:28Tout ça,
00:23:28que ce soit
00:23:28les statistiques macroéconomiques
00:23:30dont on vient de parler
00:23:30ou les statistiques
00:23:32sur les inégalités
00:23:33dont on va parler maintenant,
00:23:35les chiffres
00:23:35les plus à jour,
00:23:38les plus comparables,
00:23:39les plus complets,
00:23:40les plus harmonisés
00:23:41sont ceux
00:23:42qui sont disponibles
00:23:43sur la World Inequality
00:23:45Database,
00:23:46Weed.World,
00:23:48sur laquelle
00:23:50on a en particulier
00:23:51mis à jour
00:23:52toutes les séries
00:23:52de ratios capitales
00:23:53sur revenus
00:23:55qui avaient commencé,
00:23:57qu'on avait créées
00:23:59avec Thomas Piketty
00:23:59pour l'article
00:24:00dont on a parlé précédemment
00:24:01pour seulement 8 pays
00:24:02jusqu'en 2010.
00:24:03Maintenant,
00:24:04la base de données
00:24:04couvre tous les pays
00:24:05du monde entier
00:24:06jusqu'à l'année courante.
00:24:09Même chose
00:24:09pour les statistiques
00:24:10sur les inégalités
00:24:11de patrimoine,
00:24:12les inégalités de revenus,
00:24:13c'est vraiment
00:24:14la base de données
00:24:15de référence
00:24:18WID.World.
00:24:21Qu'est-ce qu'on voit
00:24:23dans cette base de données
00:24:24pour ce qui est
00:24:25des inégalités de patrimoine ?
00:24:27On voit
00:24:27ce qu'on avait montré
00:24:29dans l'article
00:24:30avec Emmanuel Salles
00:24:31que vous avez mentionné,
00:24:33la tendance forte
00:24:35à l'augmentation
00:24:35de la concentration
00:24:37des fortunes
00:24:38aux États-Unis.
00:24:40Je serais ravi
00:24:41d'en parler davantage,
00:24:41mais j'aimerais parler
00:24:42et on veut tous parler
00:24:43davantage du cas de la France.
00:24:44pour le cas de la France,
00:24:45il y a des travaux
00:24:46qui ont été menés
00:24:48par une équipe
00:24:49de chercheurs français
00:24:50qui ont montré
00:24:51que les inégalités
00:24:52de patrimoine
00:24:52avaient augmenté,
00:24:53mais dans l'ensemble
00:24:55moins qu'aux États-Unis,
00:24:58avec un gros bémol
00:25:00sur lequel je pense
00:25:01qu'il est très important
00:25:03de s'attarder
00:25:04et qui, pour moi,
00:25:07constitue quand même
00:25:08un enseignement
00:25:09et lourd d'enseignement
00:25:11et de conséquences
00:25:11pour la politique économique
00:25:12et la politique fiscale
00:25:13en particulier,
00:25:14qui est la question
00:25:17de l'extrême richesse.
00:25:19C'est-à-dire que
00:25:19si vous regardez
00:25:23la part des 10 %
00:25:24les plus riches
00:25:25dans le patrimoine total
00:25:26ou même des 1 %
00:25:27les plus riches,
00:25:28des 0,1 %
00:25:28les plus riches,
00:25:30la France se caractérise
00:25:31par une petite
00:25:33augmentation
00:25:33des inégalités
00:25:35depuis les années 80,
00:25:36mais ce n'est pas
00:25:36une tendance
00:25:37à l'explosion
00:25:38des inégalités
00:25:38et ce n'est certainement
00:25:41pas comparable
00:25:42en termes d'augmentation
00:25:43des inégalités
00:25:43à ce qu'on peut voir
00:25:44aux États-Unis.
00:25:45Mais la France
00:25:46se caractérise en revanche
00:25:47par l'extrême prospérité
00:25:49de ces ultra-riches,
00:25:52de ces milliardaires,
00:25:53avec la définition
00:25:55qui est la suivante.
00:25:57Oubliez les 10 %,
00:25:58les 1 %,
00:25:59regardez au sein
00:26:01des 1 %
00:26:03le millième
00:26:04le plus fortuné.
00:26:05C'est vraiment
00:26:06très très peu de gens.
00:26:06donc il y a 40 millions
00:26:07de foyers fiscaux
00:26:08en France.
00:26:09Les 1 %
00:26:10les plus riches,
00:26:11c'est donc 400 000
00:26:12foyers fiscaux.
00:26:14Et si vous regardez
00:26:15les 400
00:26:17foyers fiscaux
00:26:18les plus riches,
00:26:18grosso modo,
00:26:19les familles
00:26:20qui sont recensées
00:26:21tous les étés
00:26:22par le magazine
00:26:23Challenge,
00:26:24grosso modo,
00:26:25la population
00:26:26des personnes
00:26:27qui ont
00:26:29au moins
00:26:30100,
00:26:30200 millions
00:26:31d'euros de patrimoine,
00:26:32donc des centaines
00:26:33de millions
00:26:33et bien sûr
00:26:34des milliards
00:26:34et parfois
00:26:34des dizaines de milliards
00:26:35ou plus de 100 milliards
00:26:36d'euros de patrimoine,
00:26:38cette population-là
00:26:42a connu
00:26:43une envolée
00:26:46extraordinaire
00:26:47de sa richesse.
00:26:49Et l'explosion
00:26:50de la fortune
00:26:51des milliardaires,
00:26:52c'est un phénomène
00:26:52aussi mondial,
00:26:54mais qui a été
00:26:55particulièrement puissant
00:26:56en France,
00:26:57puisque
00:26:57si on regarde
00:26:59les statistiques,
00:27:01les chiffres,
00:27:02les classements
00:27:02du magazine Challenge,
00:27:03la première édition
00:27:04de leur classement
00:27:05c'était en 1996
00:27:07et en 1996
00:27:08la richesse
00:27:11de ces plus grandes familles,
00:27:13de ces familles
00:27:14les plus riches,
00:27:15s'élevait
00:27:16à l'équivalent
00:27:17d'environ 6%
00:27:18du PIB.
00:27:20Ça veut dire
00:27:20si les 500 plus grandes fortunes
00:27:22avaient dépensé
00:27:23tout leur argent
00:27:24en 1996,
00:27:25elles auraient pu acheter
00:27:26l'équivalent
00:27:26de 6%
00:27:28de tous les biens
00:27:29et les services
00:27:29qui sont produits
00:27:30une année donnée
00:27:31en France.
00:27:32En 2010,
00:27:34ce chiffre était
00:27:35passé à 12%,
00:27:36donc il y avait eu
00:27:37un doublement.
00:27:38C'était déjà
00:27:38une évolution
00:27:39assez notable.
00:27:40Mais entre 2010
00:27:42et 2024,
00:27:44la fortune
00:27:45des 500 familles
00:27:46les plus riches
00:27:46est passée
00:27:47de 12% du PIB
00:27:48à 42% du PIB.
00:27:5142% du PIB,
00:27:52ça veut dire
00:27:52si ces 500 plus grandes fortunes
00:27:55dépensaient
00:27:55tout leur argent,
00:27:56elles pourraient acheter
00:27:57l'équivalent
00:27:57de presque la moitié
00:27:59de tout ce qui est produit,
00:28:00tous les biens
00:28:01et les services
00:28:02produits
00:28:02une année donnée
00:28:04en France.
00:28:05Et ce 42% du PIB,
00:28:09il faut le prendre
00:28:11avec une certaine prudence,
00:28:12ce n'est pas une statistique
00:28:13officielle
00:28:14parce que notre statistique
00:28:15publique
00:28:15est silencieuse
00:28:17malheureusement
00:28:17au sujet
00:28:18des très très grandes fortunes,
00:28:19de leur patrimoine,
00:28:20de leurs revenus,
00:28:21de leurs impôts.
00:28:21Et donc,
00:28:22ce que fait Challenge,
00:28:23c'est qu'ils essayent
00:28:24d'exploiter des sources
00:28:25dans le domaine public,
00:28:26faire du mieux qu'ils peuvent.
00:28:27Il y a un certain
00:28:28degré d'incertitude.
00:28:30donc c'est peut-être 40%,
00:28:31c'est peut-être 35% du PIB,
00:28:32mais quoi qu'il en soit,
00:28:35c'est un ordre de grandeur
00:28:36considérable
00:28:36et qui est comparable,
00:28:38voire même légèrement supérieur
00:28:39à ce qu'on peut observer
00:28:41aux Etats-Unis.
00:28:42C'est-à-dire,
00:28:43si vous regardez
00:28:43le même pourcentage
00:28:45de la population,
00:28:47au sein du 1%,
00:28:48le millième
00:28:49le plus fortuné
00:28:50aux Etats-Unis,
00:28:51leur patrimoine
00:28:52de ces immenses fortunes
00:28:54s'élève
00:28:55à l'équivalent
00:28:56d'environ
00:28:5630-35%
00:28:57du PIB.
00:28:58Et en France,
00:28:59en 2024,
00:29:00d'après Challenge,
00:29:00on était plutôt
00:29:01à 40% du PIB.
00:29:03Donc moi,
00:29:03c'est ça qui m'a le plus
00:29:06frappé
00:29:06parce que
00:29:07les ordres de grandeur,
00:29:09d'abord,
00:29:10c'est des masses en jeu
00:29:11qui sont très significatives
00:29:12par rapport à la taille
00:29:13de l'économie française.
00:29:14C'est une tendance
00:29:16à la hausse
00:29:17qui est particulièrement
00:29:19spectaculaire
00:29:20et parce que
00:29:21cette richesse,
00:29:24pour les classes moyennes,
00:29:25pour les classes moyennes
00:29:26supérieures,
00:29:27bon,
00:29:28le patrimoine,
00:29:29c'est quoi ?
00:29:29C'est une sécurité
00:29:30pour ces vieux jours,
00:29:31c'est de l'épargne,
00:29:32c'est d'être détenteur
00:29:33de son logement,
00:29:34c'est un petit matelas
00:29:35de sécurité
00:29:36qu'on peut utiliser
00:29:38si on a des pépins
00:29:40dans l'existence,
00:29:41si on perd son emploi,
00:29:42etc.
00:29:42C'est une bonne chose,
00:29:43on veut encourager
00:29:44l'accumulation de patrimoine
00:29:47pour les classes moyennes.
00:29:48On aimerait que
00:29:48les classes populaires
00:29:49qui n'ont pas encore
00:29:50vraiment accès
00:29:50à la propriété,
00:29:52qui possèdent quasiment
00:29:53pas de patrimoine,
00:29:54les 50% les plus pauvres
00:29:56aient accès à la propriété.
00:29:58Donc on veut l'encourager.
00:29:59Mais pour ces très,
00:30:00très grandes fortunes
00:30:00qui possèdent des centaines
00:30:01de millions,
00:30:01des milliards de patrimoine,
00:30:03évidemment,
00:30:04ce ne sont pas des fortunes
00:30:05qui sont accumulées
00:30:06pour leurs vieux jours.
00:30:07Et cette richesse,
00:30:09c'est avant tout
00:30:10un très grand pouvoir.
00:30:11C'est un pouvoir économique,
00:30:13d'abord.
00:30:14C'est le pouvoir
00:30:14de racheter des concurrents,
00:30:16c'est le pouvoir
00:30:16d'influencer les marchés.
00:30:19C'est aussi
00:30:19un grand pouvoir politique.
00:30:21C'est un pouvoir
00:30:23d'influencer
00:30:24les politiques publiques.
00:30:25C'est un pouvoir
00:30:25dans certains pays
00:30:26comme aux États-Unis
00:30:27d'acheter des élections.
00:30:30C'est aussi et surtout
00:30:31le pouvoir
00:30:31d'influencer
00:30:32l'idéologie dominante
00:30:33en achetant des médias.
00:30:37Tendance qui a été
00:30:38particulièrement prononcée
00:30:39dans un pays
00:30:40comme la France
00:30:41où 85 %
00:30:43de la presse privée
00:30:45est détenue
00:30:46par les milliardaires
00:30:47et où l'entièreté
00:30:48de la presse économique
00:30:50du pays,
00:30:51à l'exception
00:30:52du magazine
00:30:52Alternative économique,
00:30:54est possédée
00:30:55par quelques milliardaires.
00:30:57Et donc,
00:30:58c'est vrai que
00:30:59cette tendance-là
00:31:03est particulièrement
00:31:05fondamentale
00:31:07si on veut
00:31:08comprendre
00:31:10l'évolution économique
00:31:11et l'évolution politique
00:31:12de notre pays.
00:31:13C'est pour ça
00:31:14que je m'y suis
00:31:15particulièrement intéressé
00:31:16dans mes travaux
00:31:17les plus récents.
00:31:21Alors,
00:31:22ce qui serait intéressant
00:31:23pour ces 500
00:31:26fortunes
00:31:27les plus élevées,
00:31:29c'est de comparer
00:31:30pas seulement au PIB
00:31:31mais au patrimoine total.
00:31:33Vous avez rappelé
00:31:35que le patrimoine total
00:31:37a été multiplié
00:31:38par 4 par 5
00:31:40sur la même période.
00:31:42Donc,
00:31:43le problème,
00:31:44c'est
00:31:44est-ce que
00:31:45dans la part
00:31:45du patrimoine
00:31:46d'une nation,
00:31:47les 500 premiers,
00:31:49ils ont augmenté
00:31:50de combien ?
00:31:51En part.
00:31:52En part du patrimoine,
00:31:53pas en part
00:31:53du revenu national
00:31:55ou du PIB.
00:31:56Je pense que
00:31:57les deux calculs
00:31:58sont importants
00:31:59et sont nécessaires
00:32:00et on peut
00:32:01les faire ensemble.
00:32:02Pour ce qui est
00:32:03de l'évolution,
00:32:07en gros,
00:32:08c'est très simple.
00:32:09Le ratio
00:32:11patrimoine
00:32:11sur PIB
00:32:12en France,
00:32:13il a été
00:32:13multiplié
00:32:14à peu près
00:32:15par 2
00:32:16depuis les années 80.
00:32:18Il passait
00:32:18de 250%
00:32:19du PIB
00:32:19à 500%
00:32:20du PIB.
00:32:21Quand le ratio
00:32:22patrimoine
00:32:23sur PIB
00:32:23est de 500%
00:32:25et que
00:32:27les 500 plus grandes fortunes
00:32:29possèdent en patrimoine
00:32:29l'équivalent
00:32:30de 42%
00:32:31du PIB,
00:32:31si on veut savoir
00:32:32ce qu'elles possèdent
00:32:33par rapport
00:32:33au patrimoine total,
00:32:34il faut diviser
00:32:35par 5.
00:32:36Donc,
00:32:36elles possèdent
00:32:37à peu près
00:32:37aujourd'hui,
00:32:38ces 500 plus grandes fortunes,
00:32:39l'équivalent
00:32:40de 8%
00:32:41du patrimoine total.
00:32:43Et en 1996,
00:32:45elles possédaient
00:32:46l'équivalent,
00:32:48elles avaient
00:32:496%
00:32:50du PIB,
00:32:51il fallait diviser
00:32:526%
00:32:52par 3,
00:32:53qui était le ratio
00:32:54patrimoine sur PIB
00:32:55en 1996 à peu près,
00:32:57donc elles possédaient
00:32:57l'équivalent
00:32:57de 2%
00:32:58du patrimoine
00:33:00total
00:33:00en 1996.
00:33:01Et les deux
00:33:03statistiques
00:33:03sont intéressantes,
00:33:04c'est-à-dire,
00:33:04si ce qui vous intéresse
00:33:06c'est
00:33:07mesurer
00:33:08la concentration
00:33:09des patrimoines,
00:33:10les inégalités
00:33:10de fortune,
00:33:12c'est vrai
00:33:13qu'il faut
00:33:13calculer
00:33:14la part
00:33:15des ultra-riches
00:33:16dans le patrimoine
00:33:17total.
00:33:18Et donc,
00:33:18leur part
00:33:19est passée
00:33:20de 2%
00:33:21du patrimoine
00:33:21total
00:33:21en 1996
00:33:23à 8%
00:33:25du patrimoine
00:33:26total
00:33:27en 2024.
00:33:29Multiplication
00:33:29donc par 4
00:33:30de leur part,
00:33:318%
00:33:32de tout ce
00:33:32qui a possédé,
00:33:33toutes les propriétés,
00:33:35tout l'immobilier,
00:33:36toutes les actions,
00:33:36tous les comptes en banque,
00:33:37tout ce qui a possédé
00:33:38en France,
00:33:398% de tout ça
00:33:39est détenu par,
00:33:40d'après Marisine Challenge,
00:33:41ses 500
00:33:42plus grandes fortunes.
00:33:43Donc ça,
00:33:44c'est une statistique
00:33:44très intéressante,
00:33:45mais divisé
00:33:46par le PIB,
00:33:47comme je l'avais fait
00:33:48précédemment.
00:33:49C'est aussi très intéressant
00:33:50parce que ça vous donne
00:33:54une idée de l'influence
00:33:57que les personnes en question
00:33:57peuvent avoir dans l'économie
00:33:58en dépensant leur argent
00:33:59et surtout parce que ça vous donne
00:34:03aussi une idée tout de suite
00:34:04du potentiel de recette fiscale
00:34:06à la clé
00:34:08si on taxait
00:34:10ses patrimoines.
00:34:11donc prenons un chiffre
00:34:14au hasard,
00:34:152%.
00:34:15Si on taxait
00:34:16à 2%
00:34:18le patrimoine
00:34:19de ses 500
00:34:20plus grandes fortunes
00:34:20qui représentent
00:34:21les 42% du PIB,
00:34:24mécaniquement,
00:34:25toute chose égale
00:34:25par ailleurs,
00:34:26ça pourrait rapporter
00:34:27de l'ordre
00:34:28de 0,8 point de PIB,
00:34:292%
00:34:30fois 42%.
00:34:31Donc on comprend tout de suite
00:34:32le potentiel
00:34:33de recette fiscale.
00:34:350,8 point de PIB,
00:34:36comme vous le savez
00:34:38toutes et tous,
00:34:40si on veut ne serait-ce
00:34:41que stabiliser
00:34:42le ratio
00:34:43d'aides sur PIB
00:34:45de la France
00:34:45à moyen terme,
00:34:46on a besoin
00:34:47de réduire
00:34:48le déficit public
00:34:49de l'ordre
00:34:50de 2 à 3 points de PIB.
00:34:52Et donc 0,8 point de PIB
00:34:53ce n'est pas suffisant
00:34:54mais en même temps
00:34:55tout le monde comprend
00:34:56que par rapport
00:34:57à cette consolidation
00:34:58budgétaire nécessaire,
00:35:00c'est quand même
00:35:00assez important
00:35:010,8 point de PIB.
00:35:02Et on comprend aussi
00:35:03tout de suite
00:35:04pourquoi ce problème
00:35:05se pose aujourd'hui
00:35:06dans des termes différents
00:35:09des années 90.
00:35:10C'est-à-dire
00:35:11quand c'était 6%
00:35:12du PIB
00:35:12c'est plus grande fortune,
00:35:14la question de
00:35:14comment on les taxe,
00:35:16est-ce qu'on les taxe
00:35:16bien ou mal,
00:35:17à la rigueur
00:35:18si on ne se préoccupe
00:35:19que,
00:35:20je ne pense pas
00:35:20qu'on devrait le faire,
00:35:21mais si on se préoccupe
00:35:21uniquement
00:35:22de recettes fiscales,
00:35:24de questions budgétaires,
00:35:25on pouvait
00:35:27ignorer le problème
00:35:28parce que 2%
00:35:29de 6%,
00:35:30les masses en jeu
00:35:31étaient de l'ordre
00:35:32de 0,1 point de PIB.
00:35:34les recettes fiscales
00:35:36potentielles
00:35:36d'un impôt
00:35:36de 2%
00:35:37sur les super-riches
00:35:38en 1996,
00:35:39ça aurait rapporté
00:35:400,1 point de PIB,
00:35:41on était dans l'épaisseur
00:35:41du trait,
00:35:42on pouvait un peu
00:35:42ignorer le problème.
00:35:44Mais là,
00:35:45aujourd'hui,
00:35:45compte tenu
00:35:46de l'envolée
00:35:46de leur fortune,
00:35:48même si on ne se préoccupe
00:35:49pas des questions
00:35:50d'égalité devant l'impôt
00:35:51sur lesquelles je suis sûr
00:35:51qu'on va revenir,
00:35:52si on ne se préoccupe
00:35:53pas des questions
00:35:54d'inégalité de fortune,
00:35:54mais si on ne se préoccupe
00:35:55que des recettes fiscales,
00:35:58de l'équilibre budgétaire,
00:35:59même de ce strict
00:36:00point de vue-là,
00:36:01on ne peut vraiment
00:36:02plus ignorer le problème.
00:36:03C'est-à-dire,
00:36:04maintenant,
00:36:04les ordres de grandeur
00:36:05sont trop importants.
00:36:07Pour rappel,
00:36:08quand même,
00:36:08le partage de la valeur ajoutée,
00:36:10il évolue certes
00:36:11peut-être plus faiblement
00:36:12en France qu'ailleurs,
00:36:13mais depuis 2017,
00:36:15le capital a pris
00:36:16deux points
00:36:16quand même
00:36:16en valeur ajoutée,
00:36:18ce qui n'est pas
00:36:18quand même négligeable,
00:36:19et c'est les chiffres
00:36:20de l'INSEE
00:36:21et du 13 ordres.
00:36:22Je reprends toujours
00:36:23vos comparaisons
00:36:24sur les questions
00:36:26de l'évolution
00:36:26du patrimoine privé
00:36:28total de 100%
00:36:30dans les années 70,
00:36:32du PIB
00:36:32à 500% aujourd'hui.
00:36:33Est-ce qu'on sait
00:36:34quelle est la part
00:36:35du capital
00:36:36dans cette augmentation
00:36:37du patrimoine ?
00:36:38En quoi le patrimoine
00:36:40a évolué ?
00:36:41C'est-à-dire la part
00:36:41du capital
00:36:42dans ce patrimoine privé.
00:36:44Donc ça,
00:36:44c'est une première question.
00:36:45La deuxième question,
00:36:47c'est que,
00:36:47je sais que c'est un peu
00:36:48une gageure
00:36:49parce qu'il nous manque
00:36:49des données statistiques,
00:36:51mais on a une politique
00:36:52qui a été appliquée
00:36:53à partir de 2017
00:36:54où la volonté,
00:36:55c'était de favoriser
00:36:56les revenus capitales
00:36:57pour essayer
00:36:58d'être plus compétitifs.
00:36:59Si je dis ça,
00:37:00Bruno Le Maire,
00:37:01c'est quasiment...
00:37:02Donc on a fait
00:37:03des mesures fiscales,
00:37:05des mesures de niche fiscale,
00:37:06etc.
00:37:07Donc ça m'intéresse,
00:37:08moi,
00:37:08de voir quelle est
00:37:09l'évolution aussi
00:37:09depuis 2017.
00:37:11Donc par exemple,
00:37:12sur cette évolution
00:37:14du part du capital
00:37:15dans le patrimoine,
00:37:17ça,
00:37:18vous venez un peu
00:37:18de le dire,
00:37:19mais entre la comparaison
00:37:21depuis les années 70
00:37:22et ce qui a une accélération
00:37:24depuis 2017
00:37:25qu'on constate.
00:37:26et de la même manière,
00:37:27sur la concentration
00:37:28des richesses,
00:37:29c'est-à-dire sur la part...
00:37:30Vous prenez la référence
00:37:31que vous voulez,
00:37:31j'ai compris que vous preniez
00:37:32le millième des plus riches,
00:37:35mais quelle est l'évolution
00:37:37de ce millième des plus riches
00:37:39depuis les années 70
00:37:41et depuis 2017
00:37:43par rapport justement
00:37:44au patrimoine ?
00:37:46J'ai une troisième question.
00:37:48Vous dites,
00:37:49vous prenez les chiffres
00:37:50de challenge,
00:37:51vous dites,
00:37:52en gros,
00:37:53en 2017,
00:37:54si ma mémoire est bonne,
00:37:55c'est à peu près
00:37:5620% du PIB
00:37:57pour les 500
00:37:58plus grandes fortunes.
00:37:59On est aujourd'hui
00:38:00à 40%.
00:38:01Le PIB,
00:38:02à ma connaissance,
00:38:03n'a pas doublé
00:38:03dans la même période.
00:38:05Donc qu'est-ce que ça dit ?
00:38:06J'aimerais avoir
00:38:07une réflexion
00:38:07de votre part là-dessus.
00:38:09Et enfin,
00:38:10la dernière question,
00:38:14vous travaillez souvent
00:38:15sur une échelle
00:38:17de quelques centèmes,
00:38:18le millième des plus riches.
00:38:20Là, récemment,
00:38:22il y a eu des suites
00:38:24au propos d'Éric Lombard,
00:38:26aux recherches
00:38:26qu'on a pu faire, etc.
00:38:28On s'est aperçu,
00:38:29selon les chiffres mêmes
00:38:32sortis de la DGFIP et autres,
00:38:34qu'on était plutôt,
00:38:36par exemple,
00:38:37en termes de sous-évaluation
00:38:39de l'impôt sur le revenu
00:38:39par rapport au revenu,
00:38:40sur l'échelle
00:38:41de quelques dizaines
00:38:42de milliers de personnes,
00:38:43plutôt que quelques centaines.
00:38:46Puisqu'on a 14 000 personnes
00:38:48qui payent le ISF,
00:38:49qui ne payent pas
00:38:50d'impôt sur le revenu.
00:38:51Alors, je ne dis pas
00:38:51qu'il y a une partie d'entre eux,
00:38:53c'est normal,
00:38:54mais il y en a une partie non.
00:38:55Et ici même,
00:38:57la DGFIP nous a dit
00:38:58qu'il y avait 56 000 personnes
00:38:59qui payaient de moins de 10%
00:39:00de l'impôt sur le revenu.
00:39:02Si on croise
00:39:03les différentes données,
00:39:04on a l'impression
00:39:04que finalement,
00:39:05ce n'est pas seulement
00:39:06quelques centaines de personnes
00:39:07qui ont une régression,
00:39:09qui bénéficient
00:39:10d'une régressivité,
00:39:12en fait,
00:39:12au niveau de l'impôt,
00:39:14mais plutôt quelques dizaines
00:39:15de milliers.
00:39:16Je voulais avoir
00:39:16une réflexion de vous là-dessus.
00:39:22Merci beaucoup.
00:39:25Effectivement,
00:39:28il n'y a pas de raison
00:39:30de s'intéresser
00:39:31que au...
00:39:33Ce n'est même pas le millième,
00:39:35c'est le millième au sein
00:39:37des 1%.
00:39:37Donc, c'est les 0,001%
00:39:42les plus riches.
00:39:43En gros,
00:39:43les 500 familles
00:39:45du magazine Challenge,
00:39:47c'est ça,
00:39:47500 familles
00:39:48sur presque 50 millions
00:39:50de foyers fiscaux
00:39:51en France.
00:39:53J'ai expliqué
00:39:54pourquoi je pense,
00:39:56compte tenu
00:39:57des masses en jeu,
00:39:59des fortunes
00:40:00qu'elles possèdent,
00:40:00de l'utilisation
00:40:01qui peut en être faite,
00:40:02qui parfois
00:40:03en est faite.
00:40:06Je pense que
00:40:07c'est un sujet
00:40:08extrêmement important
00:40:10pour notre démocratie
00:40:11et aussi un sujet
00:40:13même du strict point de vue
00:40:14des finances publiques
00:40:14qui est
00:40:16très maintenant
00:40:18de premier ordre.
00:40:19Mais évidemment,
00:40:20il ne reste qu'une toute petite
00:40:22partie de la population.
00:40:24Pourquoi s'y intéresser ?
00:40:27L'autre raison
00:40:28pour laquelle
00:40:28je m'y suis intéressé,
00:40:29c'est parce que,
00:40:30et je sais que
00:40:32vous en avez déjà
00:40:33beaucoup parlé
00:40:34pendant cette commission
00:40:36d'enquête,
00:40:37c'est parce que
00:40:38il se trouve
00:40:39que c'est aussi
00:40:42le groupe
00:40:43de la population
00:40:44qui a
00:40:45les taux effectifs
00:40:46d'impositions
00:40:48les plus faibles
00:40:50et qui échappent
00:40:52très largement
00:40:52pour ne pas dire
00:40:54complètement
00:40:55à l'impôt sur le revenu.
00:40:57Ce qui ne veut pas dire
00:40:58que ce soit
00:40:58les seuls
00:40:59contribuables
00:41:01qui payent
00:41:02très peu
00:41:02d'impôt sur le revenu
00:41:03par rapport
00:41:04à leur revenu
00:41:04ou par rapport
00:41:05à leur patrimoine.
00:41:05Il y en a d'autres.
00:41:06Effectivement,
00:41:07comme ça a été révélé
00:41:09récemment,
00:41:10il y a cet exemple
00:41:11des 13 000
00:41:13foyers fiscaux
00:41:14assujettis
00:41:15à l'IFI
00:41:16qui ne payaient
00:41:16pas d'impôt
00:41:17sur le revenu.
00:41:20Mais il y en a aussi
00:41:22beaucoup
00:41:22qui payent
00:41:23non pas zéro
00:41:23mais très peu.
00:41:25Et puis il y a aussi
00:41:25beaucoup de personnes
00:41:26parce que la question
00:41:27des assujettis
00:41:28à l'IFI
00:41:29qui payent peu
00:41:29ou pas d'impôt
00:41:30sur le revenu,
00:41:30c'est un peu
00:41:30la partie immergée
00:41:32de l'iceberg.
00:41:33Le gros du problème,
00:41:34c'est les personnes
00:41:35qui ont un gros patrimoine
00:41:37financier,
00:41:38qui n'ont pas juste
00:41:38immobilier.
00:41:39On sait mesurer
00:41:39le patrimoine immobilier
00:41:40parce qu'on a l'IFI
00:41:41mais on ne sait plus
00:41:41mesurer le patrimoine financier.
00:41:43Le gros du problème,
00:41:44c'est les personnes
00:41:44qui ont un très gros patrimoine
00:41:45financier
00:41:46et qui arrivent
00:41:48à payer pas ou peu
00:41:49d'impôt sur le revenu
00:41:50en structurant
00:41:51leur richesse
00:41:52de façon à ce qu'elles génèrent
00:41:53peu ou pas
00:41:53de revenus taxables.
00:41:55On n'a pas de chiffres
00:41:57aujourd'hui
00:41:57sur ce sujet-là
00:42:00et je pense
00:42:01que c'est un point aveugle
00:42:02de la statistique publique
00:42:04sur lequel il faut...
00:42:07C'est une anomalie
00:42:08qu'il faut corriger.
00:42:09C'est-à-dire que la priorité
00:42:10devrait être
00:42:12d'établir des tabulations
00:42:15par classe
00:42:16de patrimoine total,
00:42:18pas seulement immobilier
00:42:19mais patrimoine financier
00:42:22plus immobilier
00:42:23et combien de personnes
00:42:26parmi les foyers fiscaux
00:42:28qui ont plus de 10 millions d'euros,
00:42:30qui ont plus de 100 millions d'euros,
00:42:31qui ont plus de 1 milliard,
00:42:32etc.
00:42:32Combien payent zéro
00:42:33impôt sur le revenu,
00:42:34combien payent entre 0 et 100 euros,
00:42:37entre 100 euros et 1 000 euros,
00:42:39etc.
00:42:39Cette information-là,
00:42:41qui est absolument vitale
00:42:43pour les travaux
00:42:44de votre commission,
00:42:46on en a absolument besoin.
00:42:51Ces statistiques
00:42:53pourraient être créées
00:42:54pour les 500 plus grandes fortunes.
00:42:57Par exemple,
00:42:57l'administration fiscale
00:42:58pourrait regarder
00:42:59les déclarations fiscales
00:43:02des personnes en question
00:43:04et produire un tableau
00:43:06disant
00:43:06pour ces 500 plus grandes fortunes.
00:43:09Il y en a un certain nombre
00:43:10qui payent zéro impôt sur le revenu,
00:43:12il y en a un certain nombre
00:43:12qui payent entre 0 et 1 000 euros,
00:43:13entre 1 000 et 10 000 euros,
00:43:15etc.
00:43:16Mais après,
00:43:17il y a tout un travail à faire
00:43:18et qui a commencé
00:43:19à être fait
00:43:21par différentes équipes
00:43:22de chercheurs
00:43:24pour estimer
00:43:24le patrimoine total,
00:43:25non pas seulement
00:43:27des ultra-riches,
00:43:28mais de l'ensemble
00:43:29de la population.
00:43:30Et une fois que ce travail
00:43:32aura été à son terme,
00:43:33il deviendra possible
00:43:34d'avoir une vision
00:43:36beaucoup plus complète
00:43:38sur cette question
00:43:40de qui échappe aujourd'hui
00:43:41à l'impôt sur le revenu.
00:43:43Et pour répondre rapidement
00:43:45au début de votre question
00:43:46sur
00:43:48qu'est-ce qui est derrière
00:43:50l'augmentation
00:43:52du patrimoine privé
00:43:53en France,
00:43:55c'est deux choses.
00:43:56C'est à la fois
00:43:56l'immobilier,
00:43:58on en a parlé,
00:43:59c'est valorisé,
00:44:01qui pèse
00:44:01pour à peu près 50-60%
00:44:03du patrimoine privé total.
00:44:05Mais c'est aussi
00:44:06la valorisation
00:44:08des...
00:44:09C'est les valorisations boursières,
00:44:10c'est-à-dire la valorisation
00:44:11des entreprises
00:44:12qui s'est envolée
00:44:14et qui représente
00:44:15une grosse partie
00:44:16du reste.
00:44:17Donc ça a été
00:44:18ces deux forces-là.
00:44:20Excusez-moi,
00:44:20vous n'avez pas répondu
00:44:21sur...
00:44:22Est-ce qu'on observe
00:44:22une accélération
00:44:23depuis 2017 ?
00:44:26une accélération
00:44:28depuis 2017 ?
00:44:35Je n'ai pas les chiffres
00:44:38là comme ça
00:44:38en tête,
00:44:39donc je ne préfère pas
00:44:41m'aventurer,
00:44:42mais j'y répondrai
00:44:44dans les réponses
00:44:45écrites.
00:44:47Est-ce qu'il y a
00:44:48d'autres interventions
00:44:48sur ce sujet ?
00:44:50D'autres questions ?
00:44:51Moi, j'en ai une,
00:44:53M. le professeur,
00:44:54sur cette vision patrimoniale
00:44:58parce qu'on met des noms
00:45:00sur ces grandes fortunes
00:45:03et la crainte
00:45:05d'une taxe
00:45:07Juckmann
00:45:08qui serait sur le stock
00:45:10serait pour conséquence,
00:45:12même si elle est différentielle.
00:45:15Oui, mais je reviens
00:45:18sur le périmètre.
00:45:19Est-ce que vous avez
00:45:20dans vos études
00:45:22donc je resserre
00:45:23ma question
00:45:24dans vos études
00:45:26le périmètre
00:45:26d'autres personnes
00:45:27que le capital familial ?
00:45:28Est-ce qu'il y a
00:45:29des fonds de pension
00:45:30qui possèdent
00:45:30des entreprises ?
00:45:31L'influence
00:45:33d'investisseurs autres
00:45:34dans notre pays
00:45:36puisqu'on identifie
00:45:38ces blocs
00:45:40parce qu'il y a
00:45:41des noms ?
00:45:42Et est-ce que
00:45:44dans vos études
00:45:45on a également
00:45:47des patrimoines
00:45:48qui sont procédés
00:45:49par des fonds étrangers
00:45:52de manière
00:45:53non subliminale
00:45:54d'ailleurs
00:45:54le basculement
00:45:56entre le patrimoine
00:45:56familial
00:45:57et il faudrait bien
00:45:59trouver des acquéreurs
00:46:00pour les entreprises
00:46:01comment est-ce que
00:46:02c'est des choses
00:46:03que vous avez
00:46:04anticipées dans vos études ?
00:46:05On est quand même
00:46:06sur le périmètre.
00:46:08Oui, effectivement
00:46:09c'est une autre tendance
00:46:10macroéconomique
00:46:11importante
00:46:12qui est
00:46:12l'internationalisation
00:46:15des détentions
00:46:17patrimoniales
00:46:18c'est-à-dire
00:46:18que depuis
00:46:19les années 80
00:46:20il y a
00:46:21une part
00:46:22croissante
00:46:24du capital
00:46:25français
00:46:25que ce soit
00:46:26des sociétés
00:46:27implantées en France
00:46:28que ce soit
00:46:28la dette publique
00:46:29française
00:46:30que ce soit
00:46:31l'immobilier
00:46:33français
00:46:34parisien
00:46:35sous la Côte d'Azur
00:46:36etc.
00:46:36qui est détenu
00:46:37par des non-résidents
00:46:38et vice-versa
00:46:40vous avez
00:46:42les ménages
00:46:43fortunés
00:46:43français
00:46:44qui détiennent
00:46:45une partie
00:46:45croissante
00:46:46de leur fortune
00:46:47à l'étranger
00:46:47dans des placements
00:46:49aux Etats-Unis
00:46:50dans le reste
00:46:51de l'Union Européenne
00:46:52dans les pays
00:46:53en développement
00:46:53etc.
00:46:55et
00:46:57tout ça
00:46:57est à peu près
00:46:58équilibré
00:46:58c'est-à-dire
00:46:59si vous regardez
00:46:59la position
00:47:00internationale
00:47:01nette
00:47:01de la France
00:47:02les actifs
00:47:04internationaux
00:47:05de la France
00:47:05c'est-à-dire
00:47:05ce que les français
00:47:06détiennent à l'étranger
00:47:07est à peu près
00:47:08du même montant
00:47:09que ce que les étrangers
00:47:10détiennent en France
00:47:12d'accord
00:47:14Philippe Juvin
00:47:15merci monsieur le président
00:47:16j'ai une question
00:47:17monsieur Juppmann
00:47:17pour revenir sur
00:47:18la taxe
00:47:20que vous préconisez
00:47:21avec le 0,8%
00:47:22du PIB
00:47:23en termes de recettes
00:47:24que vous avez évoqué
00:47:25tout à l'heure
00:47:26des travaux
00:47:27de certains
00:47:27de vos collègues
00:47:30suggèrent que la recette
00:47:31pourrait être
00:47:32assez inférieure
00:47:33en particulier
00:47:33j'ai souvenir
00:47:34d'un article
00:47:34dans le monde
00:47:35d'un certain nombre
00:47:35de trois de vos collègues
00:47:36en décembre dernier
00:47:37qui disait que la recette
00:47:38serait probablement
00:47:39de l'ordre de quatre fois moins
00:47:41considérant que
00:47:42pour un euro
00:47:43en réalité théoriquement prélevé
00:47:45il n'y aurait que 0,25 euros
00:47:46qui finalement
00:47:48serait encaissé
00:47:49en recette fiscale
00:47:50compte tenu de la modification
00:47:51des attitudes
00:47:53des opérateurs économiques
00:47:54comment expliquez-vous
00:47:55quelle est selon vous la vérité
00:47:57est-ce que
00:47:58c'est vous à 25 milliards
00:47:59ou ce sont eux
00:48:00à 5 milliards
00:48:01parce que vous comprenez
00:48:02que dans une commission
00:48:02des finances
00:48:03une recette
00:48:04entre 25 et 5 milliards
00:48:05ce n'est pas la même chose
00:48:06comment expliquez-vous
00:48:07ce gap
00:48:09monsieur le rapporteur
00:48:10si je peux me
00:48:11général
00:48:11c'est un sujet
00:48:12qu'on va aborder
00:48:13dans la troisième partie
00:48:15voilà oui
00:48:16je
00:48:17on réserve la question
00:48:19pour la troisième partie
00:48:21voilà
00:48:22on passe à la deuxième partie
00:48:26qui sera peut-être
00:48:28la plus rapide
00:48:30monsieur Zuckman
00:48:31vous avez beaucoup étudié
00:48:32les questions relatives
00:48:33à l'évasion fiscale
00:48:34certains parlent
00:48:35d'optimisation fiscale
00:48:37en particulier
00:48:39dans votre ouvrage
00:48:39La richesse cachée
00:48:40des nations
00:48:41enquête sur les paradis fiscaux
00:48:42estimez-vous
00:48:42que les ménages
00:48:43les plus aisés
00:48:44soient plus enclins
00:48:45à pratiquer l'évasion fiscale
00:48:46et le cas échéant
00:48:48dans quelle proportion
00:48:49pourquoi
00:48:50dans la note du CE
00:48:52intitulée
00:48:53fiscalité du capital
00:48:54quels sont les effets
00:48:55de l'exil fiscal
00:48:56sur l'économie
00:48:57de juillet 2025
00:48:58monsieur Landais
00:48:58montre que
00:48:59de manière contre-intuitive
00:49:00les ménages
00:49:02disposant de hauts revenus
00:49:04et
00:49:04d'un capital élevé
00:49:07s'expatrient moins
00:49:08que la moyenne
00:49:09et moins encore
00:49:11que les ménages
00:49:11disposant de hauts revenus
00:49:13globaux
00:49:14mesurés
00:49:14il est vrai
00:49:15par le RFR
00:49:17partagez-vous
00:49:17cette analyse
00:49:18et enfin
00:49:19dans cette même note
00:49:19le CE
00:49:20montre que
00:49:21les ménages
00:49:21à hauts revenus
00:49:22du capital
00:49:23sont sensibles
00:49:24aux réformes
00:49:25touchant la fiscalité
00:49:26et que les tentatives
00:49:27d'augmenter la fiscalité
00:49:28des hauts patrimoines
00:49:29et des hauts revenus
00:49:30ne sont-elles pas
00:49:31vouées à augmenter
00:49:32mécaniquement
00:49:32l'exil fiscal
00:49:33rendant ces mesures
00:49:35contre-productives
00:49:36si elles sont prises
00:49:36dans un seul cadre
00:49:37national ?
00:49:41Merci beaucoup
00:49:42sur la question
00:49:42de l'évasion
00:49:44fiscale
00:49:45c'est-à-dire
00:49:46de personnes
00:49:47qui sont
00:49:48résidents
00:49:49en France
00:49:50qui touchent
00:49:52des revenus
00:49:53ou qui possèdent
00:49:53du patrimoine
00:49:54en France
00:49:54mais qui
00:49:55ne payent pas
00:49:56le montant
00:49:56d'impôts
00:49:57normalement
00:49:57
00:49:59qu'est-ce qu'on sait
00:50:00à ce sujet-là
00:50:01la littérature
00:50:02économique
00:50:05insiste
00:50:05sur le fait
00:50:06que
00:50:06pour la grande
00:50:09majorité
00:50:09de la population
00:50:10l'évasion
00:50:11fiscale
00:50:11est simplement
00:50:12impossible
00:50:13pourquoi ?
00:50:14parce que
00:50:14pour la grande
00:50:15majorité
00:50:15de la population
00:50:16leurs revenus
00:50:17sont automatiquement
00:50:18déclarés
00:50:19à l'administration
00:50:21fiscale
00:50:21la plupart des gens
00:50:23touchent soit
00:50:23des salaires
00:50:24soit des pensions
00:50:25de retraite
00:50:26et tout ça
00:50:28est déclaré
00:50:29par les employeurs
00:50:31par les caisses
00:50:31de retraite
00:50:32directement
00:50:32à l'administration
00:50:34fiscale
00:50:34vient ensuite
00:50:34alimenter
00:50:35les déclarations
00:50:36d'impôts
00:50:36préremplies
00:50:37et donc
00:50:37il n'y a pas
00:50:38d'évasion
00:50:38possible
00:50:39la plupart des gens
00:50:39ne peuvent
00:50:40simplement
00:50:40pas frauder
00:50:41après
00:50:42ce que montre
00:50:43la littérature
00:50:44c'est que
00:50:46et les
00:50:47tout à fait
00:50:48et les revenus
00:50:49de placement
00:50:50les intérêts
00:50:51les dividendes
00:50:52qui sont touchés
00:50:53dans des
00:50:54dans des
00:50:55dans des établissements
00:50:57financiers
00:50:58français
00:50:58et depuis
00:50:592018
00:50:59grand progrès
00:51:01dans la lutte
00:51:01contre la fraude
00:51:02fiscale
00:51:02il y a aussi
00:51:04un échange
00:51:04automatique
00:51:05d'informations
00:51:06bancaires
00:51:06pour ce qui est
00:51:07des revenus
00:51:07de placement
00:51:08qui sont touchés
00:51:09dans des établissements
00:51:10financiers à l'étranger
00:51:11y compris dans les paradis fiscaux
00:51:14donc quand les revenus
00:51:15sont comme ça
00:51:16automatiquement déclarés
00:51:17la fraude fiscale
00:51:18est très difficile
00:51:18quasiment impossible
00:51:21maintenant
00:51:22ce que souligne
00:51:23la littérature économique
00:51:23c'est que
00:51:24quand
00:51:25la fraude est possible
00:51:27la tendance
00:51:27est assez élevée
00:51:28même dans des pays
00:51:29dont on pourrait penser
00:51:30par exemple
00:51:30il y a des très bonnes études
00:51:31sur le Danemark
00:51:32où on pourrait dire
00:51:34voilà
00:51:34il y a un grand civisme
00:51:35fiscal
00:51:35mais en fait
00:51:36même dans le cas
00:51:37du Danemark
00:51:38on se rend compte
00:51:38que dès que la fraude
00:51:39est possible
00:51:39les taux d'évasion
00:51:40peuvent monter très vite
00:51:41à 40%
00:51:4250%
00:51:43etc
00:51:44donc ça va être
00:51:45par exemple
00:51:45les revenus
00:51:46certains revenus
00:51:47d'indépendants
00:51:47ça va être
00:51:49jusqu'à très récemment
00:51:50les revenus
00:51:51qui étaient encaissés
00:51:52à l'étranger
00:51:53dans des banques
00:51:54dans des institutions financières
00:51:56situées dans les paradis fiscaux
00:51:57avec une tradition
00:51:58de secret bancaire
00:51:59et donc pas d'échange
00:52:00de données
00:52:01avec l'administration fiscale
00:52:03et donc
00:52:04à cette époque là
00:52:04du moins
00:52:05c'est très clair
00:52:06que
00:52:06pour cette raison
00:52:09les taux d'évasion
00:52:10fiscale
00:52:11étaient nettement
00:52:12plus élevés
00:52:12pour les personnes
00:52:14les plus fortunées
00:52:15que pour le reste
00:52:16de la population
00:52:16tout simplement
00:52:16parce que
00:52:18c'est surtout
00:52:19elles qui avaient
00:52:20la possibilité
00:52:23d'évader
00:52:24c'est peut-être
00:52:26moins vrai aujourd'hui
00:52:27grâce à l'échange
00:52:27automatique
00:52:28d'informations bancaires
00:52:29et je pense qu'on a besoin
00:52:30d'avantage d'études
00:52:31sur cette question
00:52:32et le deuxième élément
00:52:33c'est que
00:52:33ce que montre la recherche
00:52:35sur ces questions là
00:52:36c'est que si on veut
00:52:36comprendre
00:52:37l'évasion fiscale
00:52:39il faut s'intéresser
00:52:41comme souvent en économie
00:52:42à l'offre
00:52:43et à la demande
00:52:44et ce qui compte
00:52:45en l'occurrence
00:52:46c'est l'offre
00:52:47très important
00:52:48c'est-à-dire
00:52:48il y a toute une industrie
00:52:52qui offre des services
00:52:54qui parfois
00:52:55peuvent être des services
00:52:56légaux
00:52:56d'optimisation fiscale
00:52:58légale
00:52:58qui parfois peuvent être
00:52:59des services
00:53:00de structuration
00:53:01de patrimoine
00:53:02qui peuvent être
00:53:02à la frontière
00:53:03de la légalité
00:53:04et qui parfois
00:53:05peuvent être des services
00:53:06de dissimulation
00:53:08de fortune
00:53:08d'aide
00:53:12à la fraude
00:53:13illégale
00:53:14que ce soit
00:53:15dans des paradis fiscaux
00:53:17à Dubaï
00:53:17etc.
00:53:18il y a eu
00:53:18une multitude
00:53:19de révélations
00:53:20qui ont mis en lumière
00:53:22le rôle
00:53:22des intermédiaires
00:53:24et en particulier
00:53:25des intermédiaires financiers
00:53:26ou de certains
00:53:27intermédiaires juridiques
00:53:28dans la possibilité
00:53:31de fraude
00:53:32et ça
00:53:33à nouveau
00:53:34qui sont les clients
00:53:36de ces institutions
00:53:37de ces organismes
00:53:38c'est plutôt
00:53:38des personnes
00:53:39évidemment
00:53:40avec des revenus
00:53:41et des patrimoines
00:53:43élevés
00:53:44donc ça c'est pour
00:53:45la question
00:53:45de l'évasion fiscale
00:53:45après
00:53:46sur la deuxième question
00:53:47qui est celle
00:53:48de l'exil fiscal
00:53:52ce que montre
00:53:53la littérature économique
00:53:54c'est que
00:53:56l'exil fiscal
00:53:57c'est pas zéro
00:53:59mais
00:53:59c'est pas non plus
00:54:02et en particulier
00:54:02l'exil fiscal
00:54:03des plus hauts revenus
00:54:04des plus grandes fortunes
00:54:05c'est pas non plus
00:54:06des flux d'exil
00:54:07qui sont très significatifs
00:54:09économiquement
00:54:10il y a tout un tas
00:54:11d'études
00:54:11en plein de pays
00:54:12on peut toujours
00:54:13choisir une étude
00:54:14ici ou là
00:54:15qui prétendrait
00:54:16montrer le contraire
00:54:17mais si on essaie
00:54:17de résumer
00:54:18l'ensemble
00:54:19du travail universitaire
00:54:20sur ces sujets
00:54:21la conclusion d'ensemble
00:54:23c'est que
00:54:23les flux d'exil fiscal
00:54:25sont relativement
00:54:28modestes
00:54:28la meilleure étude
00:54:29sur le sujet
00:54:30c'est celle
00:54:30qui a été menée
00:54:32par
00:54:32vous l'avez cité
00:54:33Camille Landais
00:54:34ancien président
00:54:36délégué du CAE
00:54:37avec un certain nombre
00:54:39de collègues
00:54:39où il s'est penché
00:54:40sur le cas de la Suède
00:54:41et du Danemark
00:54:42en regardant
00:54:43leurs différentes réformes
00:54:44de l'impôt
00:54:45sur les grandes fortunes
00:54:47qui ont pu être faites
00:54:48au cours de la décennie
00:54:49en corrélant ça
00:54:50avec les flux de départ
00:54:51les flux de retour
00:54:51et la conclusion
00:54:52c'était
00:54:53exil fiscal
00:54:54extrêmement faible
00:54:55et surtout
00:54:55les conséquences
00:54:57macroéconomiques
00:54:57de ces départs
00:54:59sont très limitées
00:55:00c'est à dire
00:55:01qu'on parle
00:55:01d'une baisse
00:55:02de l'investissement
00:55:03total
00:55:04de moins de 0,1%
00:55:06ou d'une baisse
00:55:07de la valeur ajoutée
00:55:08totale
00:55:08dans l'économie
00:55:09de moins de 0,1%
00:55:11et voilà
00:55:12c'est je crois
00:55:13le résumé bref
00:55:15de la littérature
00:55:16sur ces questions
00:55:18je pense qu'il y a
00:55:19une ambiguïté
00:55:19dans le terme évasion
00:55:21parce que l'évasion
00:55:22ça peut recouvrir
00:55:24de l'optimisation fiscale
00:55:25tout à fait légale
00:55:27ou de la fraude
00:55:29et la fraude
00:55:30je mettrai ça
00:55:32dans mon rapport
00:55:32puisqu'on a posé
00:55:34ces questions
00:55:34à l'administration
00:55:35fiscale française
00:55:38pour votre information
00:55:40eux leur thèse
00:55:41c'est de dire
00:55:42qu'il y a très peu
00:55:43de fraudeurs
00:55:44parmi les très grandes fortunes
00:55:45pourquoi ?
00:55:46tout simplement
00:55:47vous l'avez évoqué
00:55:48parce qu'ils font appel
00:55:49à des avocats fiscalistes
00:55:50alors ils font
00:55:52l'optimisation fiscale
00:55:53mais très peu
00:55:55de fraude
00:55:56et ils sont contrôlés
00:55:57eux
00:55:57en principe
00:55:58ils étaient contrôlés
00:55:59tous les 3 ans
00:56:00de façon à ce que
00:56:01pouvoir récupérer
00:56:02si on trouvait quelque chose
00:56:03sur les 3 années
00:56:04enfin bon
00:56:05je ferme ma parenthèse
00:56:06donc je pense que
00:56:07la distinction évasion
00:56:08entre fraude fiscale
00:56:10et optimisation fiscale
00:56:11est très importante
00:56:13enfin pour les législateurs
00:56:14que nous sommes
00:56:16est-ce que
00:56:19président Coquerel
00:56:21donc on est sur
00:56:21la deuxième séquence
00:56:22question sur l'évasion
00:56:23fiscale des ménages
00:56:24les plus aisés
00:56:25lors des débats
00:56:30de cet automne
00:56:30les opposants
00:56:31à la taxe
00:56:31qui portait votre nom
00:56:34vous êtes à l'origine
00:56:35indiquaient
00:56:35que les personnes
00:56:36concernées
00:56:36n'étaient pas en mesure
00:56:37de la payer
00:56:37puisque leur patrimoine
00:56:39n'était pas liquide
00:56:40pourtant ils ont
00:56:41un moyen simple
00:56:42de le rendre liquide
00:56:42et ils ne s'en privent pas
00:56:43ils peuvent effectivement
00:56:44utiliser leur patrimoine
00:56:46comme garantie
00:56:46pour des prêts
00:56:47à la consommation
00:56:48grâce à ce mécanisme
00:56:49ils n'auront pas besoin
00:56:50de vente d'actifs
00:56:50et donc payer des impôts
00:56:52pour s'acheter
00:56:53par exemple
00:56:53un jet privé
00:56:54ou quelque chose
00:56:55de moins dispendieux
00:56:56est-ce que vous auriez
00:56:57des données
00:56:57qui permettraient
00:56:58d'estimer
00:56:58dans quelle mesure
00:56:59ce dispositif
00:57:00participe à la sous-imposition
00:57:01des plus riches
00:57:03est-il possible
00:57:04de savoir
00:57:04combien de millions d'euros
00:57:05sont prêtés chaque année
00:57:06grâce au crédit Lombard
00:57:10merci beaucoup
00:57:11hélas pas de bonnes données
00:57:12à ma connaissance
00:57:13mais ce qu'on sait
00:57:14c'est qu'effectivement
00:57:15pour les très très grandes fortunes
00:57:17il y a toute une industrie
00:57:18qui existe
00:57:19qui vise à créer
00:57:22de la liquidité
00:57:22pour les personnes
00:57:23qui ont un patrimoine
00:57:25de centaines de millions d'euros
00:57:25de milliards d'euros
00:57:26mais qui ne voudraient pas
00:57:28vendre une partie
00:57:28de leur patrimoine
00:57:30parce qu'elles veulent garder
00:57:31leurs actions
00:57:32contrôler les entreprises
00:57:34etc
00:57:35il y a plein de banques
00:57:37qui juste vendent
00:57:38ce service là
00:57:39qui leur octroient
00:57:40des prêts
00:57:41qui créent de la liquidité
00:57:42ça peut passer par des crédits
00:57:43Lombard en particulier
00:57:44mais il n'y a pas
00:57:45de statistiques publiques
00:57:47sur ce sujet
00:57:49enfin
00:57:50j'ajoute
00:57:51monsieur le président
00:57:52sur cette première question
00:57:53qu'il y a un autre mécanisme
00:57:55qui est du même système
00:57:57qui est l'avance
00:57:58c'est à dire
00:57:59on passe pas par les banques
00:58:00c'est à dire
00:58:01la holding familiale
00:58:02te fait un prêt
00:58:03te fait une avance
00:58:04voilà
00:58:07on est limité juridiquement
00:58:10après
00:58:11à vous associer
00:58:12c'est
00:58:13je pense que vous dit
00:58:13sur le rapporteur
00:58:15oui
00:58:15ah non
00:58:16c'est ce que nous ont expliqué
00:58:17des gestionnaires
00:58:17en fait c'était une question
00:58:18un peu malicieuse
00:58:19sur la question
00:58:20d'avoir de la liquide
00:58:21si si
00:58:21de la part
00:58:23la possibilité
00:58:24d'avoir des liquidités
00:58:26pour payer
00:58:26quand vous n'aviez pas forcément
00:58:32oui merci monsieur le président
00:58:33alors c'est un peu bizarre
00:58:34de parler d'exil fiscal
00:58:35avant de parler
00:58:36de la taxe Zuckman
00:58:37donc on essaye de flirter
00:58:39sur les peut-être fenêtres
00:58:41que nous ouvrent
00:58:42le rapporteur
00:58:43et le président
00:58:43pour évoquer cette thématique
00:58:45moi je vais parler
00:58:46de l'exil fiscal
00:58:48dans les arguments
00:58:49contre la taxe Zuckman
00:58:51qu'on a entendu
00:58:52donc la taxe
00:58:52excusez-moi
00:58:53la taxe Zuckman
00:58:54mais la taxe
00:58:56dont vous portez le nom
00:58:58il est évoqué
00:59:00que effectivement
00:59:02ça concerne
00:59:031800 foyers fiscaux
00:59:05mais que
00:59:06c'est évidemment
00:59:07les plus contributifs
00:59:08seront les 500
00:59:09plus grosses fortunes
00:59:10voire les 3, 4, 5
00:59:12plus grosses fortunes
00:59:13de France
00:59:14qui devraient débourser
00:59:161, 2, 3 milliards
00:59:18pour certaines par an
00:59:20et donc que c'est
00:59:21tellement prohibitif
00:59:22que de toute façon
00:59:23effectivement
00:59:23ces fortunes là
00:59:25iraient se localiser
00:59:27ailleurs
00:59:27puisque
00:59:28à 2 ou 3 milliards
00:59:30d'euros par an
00:59:32la remarque
00:59:33a été dite
00:59:33comme ça
00:59:34autant se payer
00:59:35un hôtel
00:59:35enfin on peut
00:59:36être à l'hôtel
00:59:37toute l'année
00:59:39donc
00:59:39je voulais avoir
00:59:40votre avis
00:59:41alors c'est bizarre
00:59:42de parler de l'exil
00:59:43avant de parler
00:59:43de la taxe
00:59:44mais je voulais
00:59:45avoir votre avis
00:59:46et votre argumentation
00:59:48possible
00:59:49sur cet exil fiscal
00:59:50des tout derniers
00:59:51milliardaires
00:59:52qui paieraient
00:59:52le plus de taxes
00:59:55merci beaucoup
00:59:56madame la députée
00:59:57l'exil fiscal
00:59:59ce qui est vraiment
01:00:00essentiel de comprendre
01:00:01c'est que
01:00:03c'est pas une loi
01:00:03de la nature
01:00:04comme la gravité
01:00:05face à laquelle
01:00:06on serait impuissant
01:00:07c'est un choix
01:00:09c'est un choix
01:00:10de politique publique
01:00:11c'est à dire
01:00:12qu'on peut choisir
01:00:13d'accepter
01:00:14voire même
01:00:15d'encourager
01:00:16l'exil fiscal
01:00:18tout comme
01:00:19on peut choisir
01:00:19de le combattre
01:00:20aujourd'hui
01:00:22on choisit
01:00:23de l'accepter
01:00:24et voire même
01:00:26de l'encourager
01:00:27puisque la façon
01:00:28dont fonctionne
01:00:30la législation française
01:00:31comme celle
01:00:31de la plupart
01:00:32des autres pays
01:00:32c'est que
01:00:34si quelqu'un
01:00:35a vécu
01:00:35toute sa vie
01:00:36en France
01:00:36est devenu milliardaire
01:00:37et ensuite
01:00:38maintenant
01:00:39part s'installer
01:00:39en Suisse
01:00:40alors immédiatement
01:00:41dès le 1er janvier
01:00:42de l'année prochaine
01:00:43la France ne taxe
01:00:44plus cette personne
01:00:45là évidemment
01:00:46ça fournit
01:00:47une incitation
01:00:49à s'exiler
01:00:51fiscalement
01:00:52mais ça
01:00:53c'est juste
01:00:53un système
01:00:54possible
01:00:54parmi beaucoup
01:00:55d'autres
01:00:56il y a
01:00:57par exemple
01:00:57les Etats-Unis
01:00:58qui ont un système
01:00:58complètement différent
01:00:59qui est l'extrême inverse
01:01:01en quelque sorte
01:01:01qui consiste à dire
01:01:03que les personnes
01:01:04qui ont la nationalité
01:01:05américaine
01:01:06par exemple
01:01:06qui sont nées
01:01:07aux Etats-Unis
01:01:07doivent payer
01:01:09des impôts
01:01:09aux Etats-Unis
01:01:10où qu'elles vivent
01:01:11jusqu'au restant
01:01:12de leur jour
01:01:14autre approche
01:01:15possible
01:01:16moi
01:01:16j'ai défendu
01:01:19dans mes interventions
01:01:20dans mes travaux
01:01:21un système
01:01:22un petit peu différent
01:01:23qui serait
01:01:24en quelque sorte
01:01:24un entre-deux
01:01:25entre le système
01:01:27américain
01:01:27et le système
01:01:28des autres pays
01:01:29qu'on pourrait appeler
01:01:30bouclier anti-exil fiscal
01:01:32qui consisterait
01:01:33à dire
01:01:34que l'impôt français
01:01:37devrait s'appliquer
01:01:38pendant 5 ans
01:01:39ou 10 ans
01:01:40ou 15 ans
01:01:41on peut en débattre
01:01:42après un éventuel départ
01:01:44et le critère pertinent
01:01:46de mon point de vue
01:01:48ce n'est pas
01:01:48la nationalité
01:01:49c'est deux critères
01:01:51qui sont pertinents
01:01:52premier critère
01:01:53est-ce que vous avez
01:01:54vécu longtemps
01:01:55en France
01:01:56est-ce que vous avez
01:01:56été résident
01:01:57longtemps en France
01:01:58et deuxièmement
01:01:59est-ce que vous êtes
01:02:01devenu très riche
01:02:02en France
01:02:02on peut en débattre
01:02:03mais il ne s'agit pas
01:02:04d'embêter
01:02:05tous les gens
01:02:06qui déménagent
01:02:07comme le
01:02:08et c'est une limite
01:02:09du système américain
01:02:09comme le font
01:02:10les américains
01:02:10non non
01:02:11il s'agit de dire
01:02:11si vous avez vécu
01:02:12très longtemps en France
01:02:13et vous êtes devenu
01:02:14immensément riche
01:02:15à l'évidence
01:02:17votre richesse
01:02:18comme toute création
01:02:19de fortune
01:02:19c'est quand même
01:02:19en grande partie
01:02:20une création collective
01:02:21vous avez bénéficié
01:02:21des services publics
01:02:22de l'éducation
01:02:23de la santé
01:02:24etc
01:02:25et donc maintenant
01:02:25si vous partez
01:02:26vous installez dans un pays
01:02:28qui vous taxe moins
01:02:29que la France
01:02:31alors pendant 5 ans
01:02:32ou 10 ans
01:02:33ou 15 ans
01:02:33la France devrait
01:02:34collecter la différence
01:02:36entre l'impôt
01:02:37que vous payez
01:02:37dans votre nouveau pays
01:02:38et celui
01:02:40que vous auriez
01:02:41à payer
01:02:42si vous étiez
01:02:42encore en France
01:02:43de façon à créer
01:02:44une neutralité
01:02:45c'est à dire
01:02:46qu'il faut que ce soit
01:02:47ce serait parfaitement neutre
01:02:49du point de vue fiscal
01:02:50de vivre à Paris
01:02:51ou à Milan
01:02:53ou à Dubaï
01:02:54ou aux îles Caïmans
01:02:57l'impôt dû
01:02:58est le même
01:02:58si vous partez
01:02:59vous installez
01:03:00dans un pays
01:03:01qui vous taxe
01:03:02autant que la France
01:03:03vous n'aurez rien de plus
01:03:04à payer à la France
01:03:04et si vous partez
01:03:05vous installez
01:03:06aux îles Caïmans
01:03:07la France prélèverait
01:03:08l'impôt français
01:03:10dans sa totalité
01:03:11la différence
01:03:12entre l'impôt
01:03:12normalement dû en France
01:03:13et celui à quitter
01:03:14dans votre nouveau pays
01:03:15donc c'est pas une entrave
01:03:16à la mobilité
01:03:17ça ne crée
01:03:19aucune entrave
01:03:19ça crée
01:03:20un principe
01:03:21de neutralité
01:03:21et donc ça vient
01:03:22enlever
01:03:24quasiment toute incitation
01:03:25à s'exiler
01:03:27pour des raisons fiscales
01:03:29donc c'est ce principe
01:03:30de bouclier anti-exil
01:03:32que je défends
01:03:33et qui constitue
01:03:34une illustration
01:03:35particulièrement claire
01:03:36je pense
01:03:37de cette idée
01:03:38que l'exil fiscal
01:03:38c'est un choix
01:03:39on choisit aujourd'hui
01:03:41de l'accepter
01:03:41mais on peut choisir
01:03:42demain
01:03:43de le combattre
01:03:44bien sûr
01:03:45il faut qu'il y ait
01:03:45des aménagements
01:03:46législatifs
01:03:47peut-être conventionnels
01:03:48bien sûr
01:03:49mais c'est un choix
01:03:50qu'on peut faire
01:03:55on avait prévu ça
01:03:57dans les dernières parties
01:03:58sur cette question
01:03:59donc on a du mal
01:04:00à faire des allers-retours
01:04:01décidément
01:04:02moi ce que je propose
01:04:04Eva Sass
01:04:05peut-être
01:04:11c'était pour prolonger
01:04:13la question
01:04:13sur l'exil fiscal
01:04:14quand même
01:04:16comme on a commencé
01:04:17la séquence
01:04:18je voulais
01:04:20vous soumettre
01:04:21les arguments
01:04:22que nous ont
01:04:23proposé
01:04:24tout à l'heure
01:04:24Terra Nova
01:04:25en disant que
01:04:26sur l'exil fiscal
01:04:27peu d'études existent
01:04:30puisque
01:04:30on n'a jamais eu
01:04:32un dispositif
01:04:33aussi ambitieux
01:04:34que pour être
01:04:36la taxe Zuckman
01:04:37donc on n'a pas
01:04:37de recul
01:04:38et il nous citait
01:04:39l'exemple californien
01:04:40
01:04:41une possible taxe
01:04:44sur les milliardaires
01:04:45qui n'est même pas
01:04:45encore
01:04:46en vigueur
01:04:49avait provoqué
01:04:50le déménagement
01:04:50dans d'autres états
01:04:53de milliardaires
01:04:54comme Larry Page
01:04:54Larry Allison
01:04:55ou Elon Musk
01:04:56voilà
01:04:58et ce qu'il nous disait
01:04:59c'est que
01:05:00comme ça dépend
01:05:00de quelques personnes
01:05:02extrêmement riches
01:05:03il suffisait
01:05:04que ces quelques personnes
01:05:05déménagent
01:05:06pour que le rendement
01:05:07de la taxe
01:05:08soit complètement vidé
01:05:09de sa substance
01:05:10donc ça me paraissait
01:05:12un exemple
01:05:13assez intéressant
01:05:14qu'est-ce que vous pourriez
01:05:16nous répondre là-dessus
01:05:17et pour prolonger
01:05:19quelles sont les perspectives
01:05:22que vous avez
01:05:23au moment où nous parlons
01:05:25d'une possible taxe
01:05:26au niveau international
01:05:27puisque à l'origine
01:05:28c'était
01:05:30le but de vos travaux
01:05:33merci beaucoup
01:05:34madame la députée
01:05:35sur la question
01:05:36de ce qui est en train
01:05:36de se passer en Californie
01:05:37très important
01:05:38effectivement
01:05:39il y a une
01:05:40mesure
01:05:41qui est portée
01:05:42par un grand syndicat
01:05:44hospitalier
01:05:45de Californie
01:05:46pour soumettre
01:05:47à référendum
01:05:48en novembre
01:05:49pendant les midterms
01:05:50une proposition
01:05:51d'impôt sur le patrimoine
01:05:52des milliardaires
01:05:52de 5%
01:05:53prélèvement unique
01:05:55pas annuel
01:05:56qui serait dû
01:05:57par toutes les personnes
01:05:59qui au 1er janvier
01:06:012026
01:06:01étaient résidentes
01:06:03de l'état
01:06:04de Californie
01:06:05et avaient plus
01:06:06de 1 milliard
01:06:06de dollars
01:06:06de patrimoine
01:06:07et donc elles devraient
01:06:08payer 5%
01:06:09de leur fortune
01:06:11cette initiative
01:06:12a été annoncée
01:06:14fin octobre
01:06:15début novembre
01:06:162025
01:06:17et donc
01:06:18la seule façon
01:06:19d'y échapper
01:06:20c'était
01:06:20dans ces quelques semaines
01:06:22
01:06:22entre novembre
01:06:24et fin décembre
01:06:25de quitter
01:06:27l'état
01:06:27de Californie
01:06:28du point de vue
01:06:29fiscal
01:06:30il y a des règles
01:06:31très strictes
01:06:32qui sont définies
01:06:34par l'administration
01:06:35fiscale californienne
01:06:36qui régissent
01:06:37la résidence
01:06:40dans l'état
01:06:41de Californie
01:06:42et donc
01:06:42pour rompre
01:06:43le lien fiscal
01:06:44avec l'état
01:06:45de Californie
01:06:46il ne s'agit pas
01:06:47simplement
01:06:48d'acheter
01:06:48une propriété
01:06:50dans un autre état
01:06:51à Miami
01:06:52etc
01:06:53il ne s'agit pas
01:06:54simplement
01:06:54de déménager
01:06:55des entreprises
01:06:55non non
01:06:56il faut pouvoir
01:06:57démontrer
01:06:58qu'on a changé
01:06:59son lieu de vie
01:07:01il faut pouvoir
01:07:01le démontrer
01:07:02en ayant
01:07:03changé de médecin
01:07:04en ayant changé
01:07:05de vétérinaire
01:07:06en ayant
01:07:08pris tout un tas
01:07:09de dispositions
01:07:10très concrètes
01:07:11qui
01:07:13démontrent
01:07:13que
01:07:14effectivement
01:07:14avant
01:07:15on vivait
01:07:16à San Francisco
01:07:17mais là
01:07:18de façon
01:07:19claire
01:07:19nette
01:07:20complète
01:07:21définitive
01:07:22on est parti
01:07:23dans un autre état
01:07:24combien
01:07:25de milliardaires
01:07:26californiens
01:07:26à peu près
01:07:27200 milliardaires
01:07:27en Californie
01:07:28ont réussi
01:07:30comme ça
01:07:31à changer
01:07:31leur résidence
01:07:33fiscale
01:07:33le magazine
01:07:34Forbes
01:07:39en quelque sorte
01:07:40un observatoire
01:07:41des milliardaires
01:07:42enfin suit
01:07:42jour par jour
01:07:43la fortune
01:07:45et la résidence
01:07:46des milliardaires
01:07:47américains
01:07:47sur la base
01:07:49d'informations
01:07:49disponibles
01:07:50dans le domaine
01:07:50public
01:07:51et
01:07:51ils estiment
01:07:53ils considèrent
01:07:54qu'il y a
01:07:54un tout petit
01:07:56nombre
01:07:56de milliardaires
01:07:57moins d'une dizaine
01:07:59qui
01:08:00qui ont pu
01:08:02qui ont pu
01:08:02partir
01:08:04avant
01:08:05le 1er janvier
01:08:062026
01:08:07et
01:08:08si on prend
01:08:09la population
01:08:10des
01:08:12des milliardaires
01:08:14qui étaient résidents
01:08:14en Californie
01:08:15au 1er janvier
01:08:152026
01:08:16d'après le magazine
01:08:17Forbes
01:08:18on peut estimer
01:08:20que cet impôt
01:08:20de 5%
01:08:21sur les milliardaires
01:08:22californiens
01:08:23rapporterait
01:08:23de l'ordre
01:08:24de 100 milliards
01:08:25de dollars
01:08:25de recettes fiscales
01:08:26100 milliards
01:08:28de dollars
01:08:28parce que leur fortune
01:08:29c'est 2000 milliards
01:08:30de dollars
01:08:30et il n'y a
01:08:32aucune raison
01:08:32de penser
01:08:34sur la base
01:08:34des informations
01:08:35qui sont aujourd'hui
01:08:37disponibles
01:08:37dans le domaine
01:08:38public
01:08:39aux Etats-Unis
01:08:40et c'est des sujets
01:08:40que je suis
01:08:42extrêmement près
01:08:42sur lesquels
01:08:43je travaille
01:08:43avec mes collègues
01:08:46absolument
01:08:47aucune raison
01:08:48de penser
01:08:48qu'il y a eu
01:08:50un exil
01:08:51ou un exode
01:08:52fiscal
01:08:52significatif
01:08:54dans ces quelques
01:08:55semaines
01:08:56de novembre
01:08:57et de décembre
01:08:592025
01:09:02donc ça c'est pour
01:09:03la Californie
01:09:04et votre autre
01:09:05question
01:09:06sur l'importance
01:09:10d'avoir un impôt
01:09:12plancher
01:09:13au niveau
01:09:13international
01:09:13oui
01:09:15bien sûr
01:09:16qu'il faut
01:09:17agir au niveau
01:09:18international
01:09:19et la façon
01:09:20dont on va arriver
01:09:21à avoir
01:09:21un accord
01:09:22international
01:09:23c'est quand
01:09:23il y aura
01:09:24un pays
01:09:25puis plusieurs pays
01:09:26qui le mettent en oeuvre
01:09:28cet impôt plancher
01:09:29et c'est toujours comme ça
01:09:29que ça se passe
01:09:30quand on a créé
01:09:30l'impôt progressif
01:09:31sur le revenu
01:09:32le mouvement international
01:09:33à la fin du 19ème siècle
01:09:34début du 20ème siècle
01:09:35c'est parce que
01:09:36quelques pays l'ont fait
01:09:36puis ensuite ça devient
01:09:37la chose à faire
01:09:38ça devient de fait
01:09:39le standard
01:09:40la norme internationale
01:09:41au contraire
01:09:42si on attend
01:09:43de se mettre tous
01:09:43d'accord
01:09:44au niveau international
01:09:45on risque d'attendre
01:09:47des décennies
01:09:48si ce n'est des siècles
01:09:49si on voulait même
01:09:49ne serait-ce qu'attendre
01:09:50un accord au niveau européen
01:09:52sachant qu'il faut
01:09:52qu'il y ait l'unanimité
01:09:53des 27 états membres
01:09:54de l'Union européenne
01:09:55pour toute politique
01:09:56fiscale commune
01:09:57c'est la meilleure façon
01:09:59d'attendre
01:09:59des années
01:10:00ou des décennies
01:10:01donc
01:10:03le mouvement international
01:10:05est en train
01:10:06de commencer
01:10:08parce que
01:10:09en raison
01:10:10de ce qui se passe
01:10:11en France
01:10:12et de ce qui est
01:10:13en train de se passer
01:10:14il y a plusieurs pays
01:10:15dans les semaines à venir
01:10:16qui vont introduire
01:10:17des propositions
01:10:17d'impôt plancher
01:10:19calquées sur
01:10:20la proposition de loi
01:10:21que vous aviez
01:10:25défendue
01:10:25à l'Assemblée
01:10:26en février 2025
01:10:27les Pays-Bas
01:10:29l'Espagne
01:10:30la Belgique
01:10:32réfléchissent
01:10:32des parlementaires
01:10:34dans ces trois pays
01:10:34réfléchissent
01:10:35très sérieusement
01:10:35à introduire des textes
01:10:36de même nature
01:10:37et c'est ça
01:10:39c'est ce mouvement-là
01:10:40qui à terme
01:10:40va nous permettre
01:10:41d'avoir
01:10:41une finée
01:10:43une norme
01:10:43un nouveau standard
01:10:44international
01:10:46je vais laisser
01:10:47continuer
01:10:48parce que
01:10:49les questions
01:10:50du rapporteur
01:10:51sont sur ce sujet
01:10:53et ensuite
01:10:54on reprendra
01:10:55si ce n'est pas suffisant
01:10:57la troisième partie
01:11:00sur la question
01:11:01de la fiscalité
01:11:02des vénages
01:11:03les plus aisés
01:11:05alors votre proposition
01:11:07d'instaurer
01:11:07un impôt annuel
01:11:08sur la fortune
01:11:09ciblant les plus hauts patrimoines
01:11:10a largement été commentée
01:11:11au cours de nos travaux
01:11:13beaucoup d'interlocuteurs
01:11:15ont pointé
01:11:15le risque de censure
01:11:16par le conseil constitutionnel
01:11:19d'une taxe
01:11:20à hauteur de 2%
01:11:21du patrimoine global
01:11:22sans plafonnement
01:11:24par rapport
01:11:25au revenu
01:11:27et donc
01:11:29on a des obstacles
01:11:30disons constitutionnels
01:11:31il découle
01:11:32de la jurisprudence
01:11:33de ces derniers
01:11:34qu'on ne peut atteindre
01:11:35des taux marginaux
01:11:35de 1,5
01:11:36qu'à condition
01:11:37de prévoir
01:11:38un tel plafonnement
01:11:38ou à condition
01:11:39que l'imposition
01:11:40soit strictement exceptionnelle
01:11:42le conseil
01:11:43n'a admis
01:11:44l'absence
01:11:44de plafonnement
01:11:45que pour
01:11:46une imposition
01:11:47à 0,5%
01:11:48dans une jurisprudence
01:11:49qui maintenant
01:11:49commence
01:11:50à prendre des années
01:11:51donc que pensez-vous
01:11:53déjà
01:11:54de l'obstacle
01:11:56juridique
01:11:58deuxièmement
01:11:58est-ce que vous ne pensez pas
01:11:59que cet impôt
01:12:00risque de conduire
01:12:01à ce que l'actionnaire
01:12:02pour payer son impôt
01:12:03est appuisé
01:12:04dans la trésorerie
01:12:05de son entreprise
01:12:06donc vous aviez expliqué
01:12:07que si
01:12:08le montant
01:12:09de cet impôt
01:12:10dépassait
01:12:11ses revenus
01:12:11quels revenus
01:12:12les revenus disponibles
01:12:13ou les revenus économiques
01:12:15bon
01:12:15en droit constitutionnel
01:12:17c'est le revenu disponible
01:12:18bon
01:12:19et bien
01:12:21il paierait
01:12:23soit en s'endettant
01:12:24alors
01:12:25crédit lombard
01:12:27et autres
01:12:27ou en faisant
01:12:28une dation
01:12:29en paiement
01:12:30de ses actions
01:12:30est-ce que
01:12:31cette réponse
01:12:33vous paraît crédible
01:12:35troisième sous-question
01:12:36pourquoi appliquer
01:12:37un taux unique
01:12:37alors que le rendement
01:12:39du patrimoine
01:12:39est très variable
01:12:40selon sa nature
01:12:41ce qui fait que
01:12:42dans beaucoup
01:12:43de nos dispositifs
01:12:43fiscales
01:12:44il y a des abattements
01:12:45etc.
01:12:46selon la nature
01:12:46du patrimoine
01:12:47enfin des éléments
01:12:48de patrimoine
01:12:49et puis dernière question
01:12:50qu'on a déjà
01:12:52largement initiée
01:12:53pour lutter
01:12:54contre l'exil fiscal
01:12:56vous avez récemment
01:12:57plaidé pour la mise
01:12:57en place
01:12:58d'un bouclier
01:12:58anti-exil fiscal
01:12:59ce dispositif
01:13:01permettrait de continuer
01:13:01à taxer en France
01:13:02les contribuables
01:13:03pendant 5 ou 10 ans
01:13:04après leur départ
01:13:06je rappelle au collègue
01:13:08qu'à un moment
01:13:09c'était 15 ans
01:13:10puis ça a été réduit
01:13:12enfin bon
01:13:12actuellement c'est 5 ans
01:13:14pouvez-vous en détailler
01:13:15le mécanisme
01:13:15comment assurer
01:13:16la constitutionnalité
01:13:17et la conventionnalité
01:13:20d'une telle mesure
01:13:21on voit mal
01:13:22sans renégociation
01:13:24de nos conventions
01:13:25bilatérales
01:13:25on en a 141
01:13:26je crois à 142
01:13:28comment on pourrait
01:13:29mettre ça en place
01:13:30et ne risque-t-est-ce pas
01:13:31d'être rendu inopérante
01:13:34par tout départ
01:13:35à destination
01:13:35d'un pays
01:13:36avec lequel la France
01:13:37a une convention fiscale
01:13:38régissant la fiscalité
01:13:39du patrimoine
01:13:39puisque actuellement
01:13:40dans une bonne partie
01:13:41des 140 et quelques
01:13:43conventions bilatérales
01:13:45il y a des dispositions
01:13:47qui ne permettent pas
01:13:48de la mettre en oeuvre
01:13:50elle est contraire
01:13:50donc il faut commencer
01:13:51par dénoncer
01:13:52et renégocier
01:13:53voilà les 4 questions
01:13:57merci beaucoup
01:13:58monsieur le rapporteur
01:13:59sur le
01:13:59alors
01:14:00le dispositif
01:14:02d'impôt planché
01:14:07qui a été
01:14:08proposé
01:14:09qui a été adopté
01:14:10une première fois
01:14:11en février
01:14:132025
01:14:14avant d'être rejeté
01:14:15par le Sénat
01:14:16et puis de nouveau
01:14:17dans les débats
01:14:17parlementaires
01:14:18de l'automne
01:14:19est un dispositif
01:14:21qui est
01:14:22très différent
01:14:24de ce qui a pu exister
01:14:25par le passé
01:14:26dans la législation française
01:14:27il ne s'agit pas
01:14:29de recréer
01:14:30de recréer
01:14:30l'ISF
01:14:30et à bien des égards
01:14:32c'est
01:14:33presque
01:14:34prendre le contre-pied
01:14:35de l'ISF
01:14:36et la raison
01:14:37pour laquelle je commence
01:14:38par ça
01:14:38c'est évidemment
01:14:39pour répondre
01:14:40à notre question
01:14:40sur la constitutionnalité
01:14:41dans la mesure
01:14:42ou la jurisprudence
01:14:42du conseil constitutionnel
01:14:43porte sur l'ISF
01:14:46l'ISF
01:14:47c'était un impôt
01:14:48sur la fortune
01:14:48qui commençait
01:14:49à à peu près
01:14:49un million d'euros
01:14:50de patrimoine
01:14:52
01:14:53il s'agit
01:14:53d'un impôt
01:14:55qui ne toucherait
01:14:56que les personnes
01:14:56qui ont plus
01:14:57de 100 millions
01:14:58d'euros de patrimoine
01:14:59quelqu'un
01:15:00qui a
01:15:00moins de 100 millions
01:15:01n'est pas concerné
01:15:02par le dispositif
01:15:03c'est une population
01:15:04extrêmement différente
01:15:07les risques
01:15:07de confiscation
01:15:10pour une population
01:15:12qui a plus de
01:15:12100 millions
01:15:13d'euros de patrimoine
01:15:14à laquelle on demanderait
01:15:15de payer 2%
01:15:17par an
01:15:18semblent faibles
01:15:19encore une fois
01:15:20si vous tombez
01:15:21en dessous de 100 millions
01:15:22vous n'êtes plus concerné
01:15:23par le dispositif
01:15:25donc ça c'est une différence
01:15:25fondamentale
01:15:26c'est pas du tout
01:15:26la même population
01:15:28deuxième chose
01:15:29l'ISF
01:15:30c'était un impôt
01:15:30sur la fortune
01:15:31qui venait
01:15:32s'ajouter
01:15:33aux autres impôts
01:15:34avec des mécanismes
01:15:35complexes
01:15:36de plafonnement
01:15:37etc
01:15:38
01:15:38il s'agit
01:15:39non pas
01:15:40de plafonner
01:15:41mais c'est l'inverse
01:15:42c'est de créer
01:15:43un plancher
01:15:44c'est une contribution
01:15:45différentielle
01:15:46c'est à dire
01:15:48que
01:15:48le principe
01:15:49c'est quelqu'un
01:15:49qui paierait
01:15:50aujourd'hui
01:15:51qui a plus de 100 millions
01:15:53de patrimoine
01:15:53et qui paierait
01:15:54en impôts personnels
01:15:55l'équivalent
01:15:56de 2%
01:15:57de son patrimoine
01:15:59impôts sur le revenu
01:16:01CSG
01:16:01enfin tout
01:16:02impôts personnels
01:16:04IFI
01:16:04etc
01:16:05cette personne
01:16:06n'aurait rien de plus
01:16:07à payer
01:16:08quelqu'un
01:16:09qui paierait moins
01:16:10aujourd'hui
01:16:11de 2%
01:16:11de son patrimoine
01:16:12en impôts personnels
01:16:13aurait à s'acquitter
01:16:14de la différence
01:16:15pour atteindre
01:16:16le plancher
01:16:17de 2%
01:16:18d'accord
01:16:19donc ça vient pas
01:16:19par construction
01:16:22par définition
01:16:23on vient pas
01:16:25surtaxer
01:16:26d'accord
01:16:27on vient juste
01:16:27demander aux personnes
01:16:28qui sont à la fois
01:16:29les plus fortunées
01:16:31et à celles
01:16:32qui parmi
01:16:33cette population
01:16:34extrêmement fortunée
01:16:36payent peu d'impôts
01:16:37aujourd'hui
01:16:37par rapport à leur patrimoine
01:16:38de payer un tout petit peu plus
01:16:40pour atteindre
01:16:41ce plancher là
01:16:43d'accord
01:16:43donc c'est la disposition
01:16:45c'est la mesure
01:16:46la plus ciblée
01:16:48et la plus juste
01:16:49qui puisse être imaginée
01:16:50puisqu'elle est sur les personnes
01:16:52extrêmement riches
01:16:53et sur celles
01:16:54qui parmi les ultra riches
01:16:56payent peu d'impôts
01:16:57très peu d'impôts
01:16:58aujourd'hui
01:16:59la jurisprudence
01:17:01du conseil constitutionnel
01:17:02ne porte pas
01:17:03sur ça
01:17:04porte sur l'ISF
01:17:08donc première chose
01:17:10si cet impôt
01:17:11était
01:17:11cet impôt plancher
01:17:12était adopté
01:17:13le conseil constitutionnel
01:17:14devrait
01:17:14se prononcer
01:17:16à nouveau
01:17:16sur
01:17:17cet impôt plancher
01:17:19très différent
01:17:19de l'ISF
01:17:21deuxième chose
01:17:22les connaissances
01:17:24nos connaissances
01:17:26ont beaucoup changé
01:17:27et beaucoup progressé
01:17:29depuis la création
01:17:31depuis la jurisprudence
01:17:32du conseil constitutionnel
01:17:32de 2012
01:17:33puisque
01:17:34ce qui est au fondement
01:17:35en tout cas
01:17:36un des éléments
01:17:37au fondement
01:17:38de la proposition
01:17:39d'impôt plancher
01:17:39c'est les travaux
01:17:41qui ont été menés
01:17:42par les économistes
01:17:44de l'institut des politiques publiques
01:17:45que vous avez auditionnés
01:17:46qui ont mis en lumière
01:17:48le fait que
01:17:50grosso modo
01:17:51l'impôt sur le revenu
01:17:52s'évapore
01:17:53pour les ultra riches
01:17:55que leur taux
01:17:56d'imposition
01:17:58que ce soit
01:17:59sur le revenu
01:18:00ou que ce soit
01:18:00tout prélèvement
01:18:01obligatoire compris
01:18:02sont nettement plus faibles
01:18:04que
01:18:04pour la moyenne
01:18:05des français
01:18:06qu'il y a une anomalie
01:18:07il y a une anomalie
01:18:11cette étude
01:18:12elle date
01:18:12de 2023
01:18:15le conseil constitutionnel
01:18:16n'avait pas accès
01:18:18à ces éléments
01:18:18d'information
01:18:20en 2012
01:18:21la constitution
01:18:22en matière fiscale
01:18:24en gros
01:18:26dit principalement
01:18:27une chose
01:18:28qui est de reprendre
01:18:30dans son préambule
01:18:31la déclaration
01:18:33des droits de l'homme
01:18:33et du citoyen
01:18:34de 1789
01:18:35qui pose
01:18:36dans son article 13
01:18:37le principe
01:18:38d'égalité
01:18:39devant l'impôt
01:18:41principe
01:18:42dont
01:18:42l'interprétation
01:18:45minimaliste
01:18:46qui puisse être faite
01:18:47et que l'impôt
01:18:49ne devrait pas pouvoir
01:18:49être régressif
01:18:50c'est à dire
01:18:51que les personnes
01:18:51les plus fortunées
01:18:52ne devraient pas pouvoir
01:18:54payer moins d'impôts
01:18:56que le reste
01:18:57de la population
01:18:58c'est la situation
01:18:59actuelle
01:19:00qui bafoue
01:19:02notre constitution
01:19:06c'est très important
01:19:07de le comprendre
01:19:07et on ne le savait pas
01:19:09jusqu'à récemment
01:19:11et c'est l'impôt plancher
01:19:13qui constituerait
01:19:15une mise en conformité
01:19:16de nos lois fiscales
01:19:18avec nos principes
01:19:20constitutionnels
01:19:22fondamentaux
01:19:22une mise en conformité
01:19:24minimaliste
01:19:25parce qu'il y a
01:19:25d'autres interprétations
01:19:26possibles
01:19:27du principe
01:19:28d'égalité
01:19:29devant l'impôt
01:19:29on pourrait l'interpréter
01:19:30comme aussi
01:19:31un principe
01:19:31de progressivité
01:19:32qui doit y avoir
01:19:33une progressivité
01:19:34de l'impôt
01:19:35mais avec
01:19:36un taux plancher
01:19:37de 2%
01:19:38on ne vient pas
01:19:39créer de progressivité
01:19:40c'est comme ça
01:19:41que le taux
01:19:41a été calculé
01:19:42c'est le taux
01:19:44qui permettrait
01:19:44de s'assurer
01:19:45que tout prélèvement
01:19:46obligatoire
01:19:47compris
01:19:49les foyers
01:19:50fiscaux
01:19:51concernés
01:19:52les personnes
01:19:53ayant plus
01:19:53de 100 millions
01:19:53d'euros
01:19:54de patrimoine
01:19:54auraient un taux
01:19:56d'imposition
01:19:56relativement
01:19:57à leur revenu
01:19:58qui serait le même
01:19:59que celui
01:20:00du français moyen
01:20:01le taux de prélèvement
01:20:02obligatoire
01:20:02du français moyen
01:20:03tout prélèvement
01:20:04obligatoire
01:20:04compris
01:20:05c'est 50%
01:20:06vous faites la somme
01:20:08toutes les taxes
01:20:09les cotisations sociales
01:20:10vous divisez ça
01:20:11par le revenu national
01:20:12de la France
01:20:13c'est le taux de prélèvement
01:20:14obligatoire
01:20:14c'est 50%
01:20:15c'est le taux
01:20:16d'imposition
01:20:17du français moyen
01:20:18si vous faites
01:20:19ce calcul
01:20:20pour les milliardaires
01:20:21vous trouvez 25%
01:20:23c'est à dire
01:20:23si vous calcule
01:20:24vous additionnez
01:20:25tous leurs prélèvements
01:20:25obligatoires
01:20:26et c'était ça
01:20:26le résultat essentiel
01:20:27de l'étude
01:20:28de l'institut
01:20:28des politiques publiques
01:20:30vous additionnez
01:20:31tous les prélèvements
01:20:31obligatoires
01:20:32des milliardaires
01:20:32vous divisez ça
01:20:33par leurs revenus
01:20:34et c'est 25%
01:20:36deux fois moins
01:20:37que pour le français moyen
01:20:39il y a là
01:20:40une anomalie
01:20:41et une violation
01:20:42de nos principes
01:20:44constitutionnels
01:20:45fondamentaux
01:20:46avec un taux plancher
01:20:47de 2%
01:20:49du patrimoine
01:20:50le taux de prélèvement
01:20:52obligatoire
01:20:52pour les ultra riches
01:20:54monterait à peu près
01:20:5550% du revenu
01:20:56autant que le français moyen
01:20:58donc il me semble
01:20:59non seulement
01:21:00que c'est constitutionnel
01:21:01mais c'est plus que ça
01:21:01c'est une nécessité
01:21:04pour mettre en conformité
01:21:05nos lois
01:21:06avec notre constitution
01:21:09et en particulier
01:21:10la déclaration
01:21:11des droits
01:21:11de l'homme
01:21:12de 1789
01:21:13et son article 13
01:21:16sur la deuxième question
01:21:18qui était
01:21:19est-ce que finalement
01:21:20ça va pas obliger
01:21:22certaines personnes
01:21:23de sortir
01:21:24des liquidités
01:21:25de leurs entreprises
01:21:27et donc est-ce que
01:21:27ça va pas se faire
01:21:28au détriment
01:21:29de la performance
01:21:30économique
01:21:31des entreprises
01:21:32prise en question
01:21:33j'insiste sur le fait
01:21:35que
01:21:37on en a parlé
01:21:38dans la première partie
01:21:39de nos échanges
01:21:40le rendement
01:21:41du patrimoine
01:21:42est nettement
01:21:43supérieur à 2%
01:21:46pour les personnes
01:21:47en question
01:21:47il est de l'ordre
01:21:49ça dépend exactement
01:21:51comment vous calculez
01:21:52mais 6-7%
01:21:53par an
01:21:54au bas mot
01:21:56et donc
01:21:57très nettement
01:21:58supérieur à 2%
01:21:59ça veut pas dire
01:22:00que tout le monde
01:22:00ça veut dire
01:22:01concrètement
01:22:01ça veut dire
01:22:01c'est que les personnes
01:22:02concernées
01:22:03pourraient payer
01:22:03l'impôt plancher
01:22:04simplement avec
01:22:05les liquidités
01:22:06qu'elles tirent
01:22:07avec les revenus
01:22:08qu'elles tirent
01:22:08de leurs richesses
01:22:11alors évidemment
01:22:11ces rendements
01:22:136-7%
01:22:13c'est des moyennes
01:22:14ça veut pas dire
01:22:15que toutes les personnes
01:22:16qui ont plus de 100 millions
01:22:17d'euros de patrimoine
01:22:17ont un rendement
01:22:18de 6-7%
01:22:19certaines vont avoir
01:22:20un rendement de 10%
01:22:21d'autres de 4%
01:22:223%
01:22:24dans certains cas
01:22:26rares mais réels
01:22:27le rendement
01:22:28va être inférieur
01:22:29à 2%
01:22:29ou même 0%
01:22:30l'exemple célèbre
01:22:31des licornes
01:22:32des propriétaires
01:22:32d'entreprises
01:22:33très valorisés
01:22:35mais les sociétés
01:22:36en question
01:22:36ne font pas encore
01:22:37de bénéfices
01:22:38et donc les personnes
01:22:39effectivement
01:22:39ne tirent pas encore
01:22:40de revenus
01:22:41de leur richesse
01:22:43est-ce que c'est un problème ?
01:22:45ce n'est pas un problème
01:22:47ce n'est pas un problème
01:22:48parce qu'il y a
01:22:49mille façons
01:22:50dans ce cas là
01:22:51de néanmoins
01:22:53payer l'impôt
01:22:55bien sûr
01:22:55les personnes en question
01:22:56pourraient vendre
01:22:57quelques actions
01:22:58et il n'y a pas
01:22:59de problème là-dedans
01:23:00c'est ça
01:23:01le cycle de vie
01:23:04du créateur
01:23:05d'une entreprise
01:23:06à succès
01:23:07vous créez une start-up
01:23:08au début
01:23:09vous possédez
01:23:09toutes les actions
01:23:10et puis ensuite
01:23:11l'entreprise se développe
01:23:12elle a du succès
01:23:12vous vendez des actions
01:23:14vous vendez des actions
01:23:15à des fonds d'investissement
01:23:17à des fonds
01:23:18de venture capital
01:23:19à différents investisseurs
01:23:21puis après
01:23:21si vous avez énormément
01:23:22de succès
01:23:22l'entreprise est cotée
01:23:24en bourse
01:23:24et vous vendez
01:23:25encore plus d'actions
01:23:26et donc le fait
01:23:27de devoir vendre
01:23:27un tout petit peu
01:23:28d'actions
01:23:29en plus
01:23:30pour avoir assez
01:23:30acquitté de l'impôt
01:23:31ce n'est pas un problème
01:23:32c'est déjà
01:23:33la réalité
01:23:35de
01:23:38des créateurs
01:23:39de
01:23:40de
01:23:41de
01:23:41de start-up
01:23:42qui ont un succès
01:23:43considérable
01:23:44et donc
01:23:44dont la fortune
01:23:45personnelle
01:23:46dépasse les 100 millions
01:23:47d'euros
01:23:48il y a aussi
01:23:49tout un tas
01:23:49de modalités
01:23:50de paiement
01:23:51de l'impôt
01:23:51qu'on peut envisager
01:23:53sans réinventer
01:23:54la roue
01:23:55on a déjà
01:23:56un impôt
01:23:57qui est assis
01:23:58sur les patrimoines
01:23:59en France
01:24:00qui s'appelle
01:24:00l'impôt sur les
01:24:01successions
01:24:03création de la
01:24:04révolution française
01:24:05qui est devenue
01:24:06progressive
01:24:06en 1901
01:24:08et aujourd'hui
01:24:09avec des taux
01:24:10de plus de
01:24:1140%
01:24:1345%
01:24:13et plus que ça
01:24:14même pour les
01:24:14successions
01:24:15qui ne sont pas
01:24:15en ligne directe
01:24:17et donc
01:24:18beaucoup plus
01:24:19que 2%
01:24:21même si en pratique
01:24:22les taux
01:24:22effectifs
01:24:23sont de
01:24:24beaucoup moins
01:24:25de 45%
01:24:26en raison
01:24:26des pactes
01:24:27du trait
01:24:27etc
01:24:27mais les taux
01:24:28effectifs
01:24:28vont être
01:24:29de l'ordre
01:24:29de 5 à 10%
01:24:30ce qui est
01:24:31plus que 2%
01:24:32et donc
01:24:33la question
01:24:36des problèmes
01:24:36de liquidité
01:24:37se pose déjà
01:24:39et depuis fort longtemps
01:24:40pour l'impôt
01:24:41sur les successions
01:24:42c'est pas un problème
01:24:43nouveau
01:24:43comment est-ce qu'on
01:24:44répond à ce problème
01:24:45on y répond
01:24:46de deux façons
01:24:47premièrement
01:24:48en permettant
01:24:49un étalement
01:24:49des paiements
01:24:50et deuxièmement
01:24:53avec des mécanismes
01:24:55que vous avez rappelés
01:24:55les mécanismes
01:24:56dits de dation
01:24:57dans le cas
01:24:58où quelqu'un
01:24:59hériterait
01:24:59d'oeuvres d'art
01:25:01d'une très
01:25:02très grande valeur
01:25:03on permet
01:25:03aux contribuables
01:25:04en question
01:25:05qui n'auraient pas
01:25:06la liquidité
01:25:07pour payer
01:25:07l'impôt
01:25:08sur les successions
01:25:08de payer en nature
01:25:10c'est à dire
01:25:10avec des oeuvres d'art
01:25:12et ce que j'ai proposé
01:25:13c'est simplement
01:25:13d'élargir un petit peu
01:25:14ces dispositifs
01:25:15ces mécanismes
01:25:16de dation
01:25:17pour qu'elles ne s'appliquent
01:25:18pas seulement
01:25:19aux oeuvres d'art
01:25:20mais qu'elles puissent
01:25:20s'appliquer
01:25:21aux actions
01:25:22possédées par
01:25:23les foyers fiscaux
01:25:23qui seraient redevables
01:25:24de l'impôt plancher
01:25:26donc l'état
01:25:28la puissance publique
01:25:29deviendrait
01:25:30propriétaire
01:25:31on parle
01:25:31de peu d'actions
01:25:32encore une fois
01:25:33la plupart
01:25:33des contribuables concernés
01:25:34ont largement
01:25:34la liquidité
01:25:35pour payer
01:25:35l'impôt plancher
01:25:36donc on parle
01:25:36de quelques dizaines
01:25:37de cas
01:25:38on ne parle pas
01:25:39de sommes importantes
01:25:41mais ce serait
01:25:41une facilité
01:25:43une modalité
01:25:43de paiement
01:25:44qui serait offerte
01:25:45aux contribuables
01:25:45concernés
01:25:46de la même façon
01:25:46qu'on l'offre
01:25:47pour l'impôt
01:25:47sur les successions
01:25:48avec ces actions
01:25:49la puissance publique
01:25:50pourrait soit les mettre
01:25:50dans un fonds souverain
01:25:51comme ça
01:25:52ce serait
01:25:53l'ensemble
01:25:54du pays
01:25:56qui bénéficierait
01:25:57du succès
01:25:58de nos licornes
01:25:59si elles en ont
01:26:02et
01:26:03
01:26:04la puissance publique
01:26:05pourrait aussi
01:26:05revendre
01:26:07ses actions
01:26:08et j'ai proposé
01:26:10qu'elles les revendent
01:26:10en priorité
01:26:11aux salariés
01:26:13des entreprises
01:26:13en question
01:26:15et s'il n'y a pas
01:26:16assez de preneurs
01:26:16chez les salariés
01:26:17que les actions
01:26:18soient revendues
01:26:19à d'autres
01:26:21investisseurs
01:26:21en interdisant
01:26:22la revente
01:26:23à des non résidents
01:26:26dans tous les cas
01:26:27la propriété
01:26:27des entreprises
01:26:29de ces licornes
01:26:30elle reste française
01:26:32c'est-à-dire
01:26:32c'est soit
01:26:32la puissance publique
01:26:34dans un fonds souverain
01:26:35soit les salariés
01:26:36soit des investisseurs
01:26:38résidents
01:26:41au contraire
01:26:42aujourd'hui
01:26:43ce qui se passe
01:26:43c'est que ces licornes
01:26:44souvent les actions
01:26:45elles sont vendues
01:26:46à des investisseurs
01:26:46non résidents
01:26:47si vous regardez
01:26:48la structure du capital
01:26:49c'est comme Mistral
01:26:51qui sont les actionnaires
01:26:52c'est des fonds
01:26:53de private equity
01:26:54américains
01:26:55c'est ASML
01:26:56une société néerlandaise
01:26:57etc
01:26:58c'est ça
01:26:59aujourd'hui
01:27:00ce qui se passe
01:27:00c'est que
01:27:01les fondateurs
01:27:02de start-up
01:27:02à succès
01:27:03vendent leurs actions
01:27:03à des fonds
01:27:05et à des investisseurs
01:27:06étrangers
01:27:07là avec l'impôt plancher
01:27:08c'est le contre-pied
01:27:09de ça
01:27:09par construction
01:27:11les actions
01:27:12restent
01:27:13en France
01:27:14voilà pour ce numéro
01:27:15de la séance
01:27:16est ouverte
01:27:16à très vite
01:27:17sur LCP
01:27:22LCP
01:27:23LCP
01:27:23LCP
01:27:24LCP
01:27:24LCP
01:27:24LCP
Commentaires

Recommandations