- il y a 19 heures
Nombreux sont les candidats à vouloir rejoindre le club européen : outre les pays des Balkans occidentaux, ceux du front est, comme l'Ukraine et la Moldavie, voire la Géorgie se sont vu reconnaître une vocation européenne. L'UE semble faire de plus en plus envie, à tel point que l'Islande pourrait réintroduire une demande d'adhésion. Une majorité des Britanniques regrette aussi le Brexit. Même le Canada, pourtant clairement ancré dans le Continent américain, se met à réfléchir à un rapprochement. Alors l'UE va-t-elle passer à plus de 35 membres dans la prochaine décennie ? Caroline de Camaret et Thibault Henocque ouvrent le débat dans Ici l'Europe, avec les eurodéputés Francisco Assis (Portugal, S&D) et Siegfried Museran (Roumanie, PPE).
Première partie : Caroline de Camaret reçoit Marcos Perestrello, président de l'Assemblée parlementaire de l'OTAN.
Deuxième partie : Caroline de Camaret et Thibault Henocque reçoivent les eurodéputés Francisco Assis (Portugal, S&D) et Siegfried Museran (Roumanie, PPE).
Première partie : Caroline de Camaret reçoit Marcos Perestrello, président de l'Assemblée parlementaire de l'OTAN.
Deuxième partie : Caroline de Camaret et Thibault Henocque reçoivent les eurodéputés Francisco Assis (Portugal, S&D) et Siegfried Museran (Roumanie, PPE).
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00:00France 24, LCP, Public Sénat présente.
00:16Bonjour à tous et merci de nous rejoindre pour Ici l'Europe sur les chaînes parlementaires et France 24.
00:23Alors cette semaine nous allons parler élargissement de l'Union Européenne, du Club Européen dans notre parti débat.
00:29Mais d'abord, devant les menaces de Donald Trump contre l'OTAN, les Européens sont en train de repenser leur
00:36défense collective.
00:37Peuvent-ils être plus autonomes ? Peuvent-ils construire un pilier européen de l'Alliance Atlantique ?
00:43Nous allons avoir le plaisir d'en parler tout de suite en duplex de Lisbonne avec le président de l
00:48'Assemblée parlementaire de l'OTAN, Marcos Perestrello.
00:52Bonjour Monsieur Perestrello.
00:53Bonjour Caroline.
00:54Je rappelle que vous êtes aussi ancien président de la Commission Défense Nationale au Parlement portugais, élu alors sous l
01:01'étiquette socialiste.
01:02Alors comment se porte selon vous aujourd'hui l'Alliance Atlantique ?
01:07Toujours en faisant face à l'environnement de sécurité le plus dangereux et le plus imprévisible depuis des générations.
01:18Et l'OTAN, c'est responsable pour assurer et maintenir la paix dans la région transatlantique avec succès pendant 80
01:30années.
01:31Mais autant que nous sommes dans cette situation très instable et imprévisible, la pression sur les alliés de l'OTAN,
01:41surtout sur les alliés européens et sur le Canada,
01:46pour faire des efforts plus grands, des investissements plus grands dans ses capacités militaires, dans ses capacités de défense, de
02:00dissuasion,
02:01c'est très fort pendant quelques décades.
02:04Ce n'est pas d'aujourd'hui, ce n'est pas de cette semaine, ce n'est pas du président
02:09Trump.
02:09C'est une pression qui vient de beaucoup d'années.
02:12Mais là, c'est de la pression ou c'est du chantage ?
02:15C'était toujours des pressions.
02:17Pendant l'administration de Trump, cette pression a été plus forte, a été plus verbale.
02:26Les paroles choisies sont plus fortes et pas diplomatiques.
02:34Mais l'objectif final est partagé entre les alliés européens, le Canada et les États-Unis,
02:42que c'est de créer une OTAN plus forte du point de vue militaire.
02:48Et avoir une Europe, des alliés européens, capable de soutenir sa défense au moins dans les moyens conventionnels.
02:57Du point de vue militaire, du point de vue des capacités de défense,
03:03les actions, autant des Américains comme des Européens,
03:07sont au sein d'avoir une Europe plus forte, plus capable, plus autonome,
03:14capable de construire un pilier européen de défense,
03:18qui est capable de balancer les deux côtés de l'océan.
03:21On va voir si on entend l'idée de pilier européen de défense de la même façon.
03:25Mais comme ça que se mène, M. Perestrello, nous vous proposons les dernières nouvelles d'Europe.
03:30Écoutons tout de suite, c'est l'Europe en bref de Oyana Almandos.
03:37Alors que Donald Trump a de nouveau menacé l'UE de surtaxe sur l'automobile,
03:41l'accord commercial déséquilibré entre l'Union et les États-Unis n'est toujours pas appliqué.
03:46Pendant ce temps, l'UE veut également se débarrasser de sa dépendance à la Chine.
03:50Elle suspend les financements aux nouveaux projets énergétiques utilisant des équipements chinois,
03:55notamment de la marque Huawei.
03:56La mesure vise les onduleurs des appareils électroniques utilisés dans les panneaux photovoltaïques
04:02pour transformer le courant continu en courant alternatif.
04:05Les États membres craignent que la Chine arrête volontairement ses équipements à distance,
04:10provoquant des coupures d'électricité sur le réseau européen.
04:13La France vous aime.
04:15C'est ainsi qu'Emmanuel Macron a conclu sa visite à Erevan après un tout premier sommet UE-Arménie.
04:20Les dirigeants européens et arméniens ont signé plusieurs accords dans différents domaines
04:25comme les transports, l'énergie ou la sécurité.
04:27Le premier ministre arménien, Nicole Pachignan, a également évoqué une potentielle demande d'adhésion de son pays à l'UE.
04:34Quand nous serons pleinement alignés sur les normes de l'UE,
04:36deux options s'offriront à nous, être acceptés au sein de l'UE ou ne pas l'être.
04:39Si nous sommes acceptés, nous en serons ravis.
04:42Sinon, nous en aurons tout de même bénéficié quoi qu'il arrive,
04:45car l'Arménie sera un pays conforme aux normes européennes avec tous les résultats positifs qui en découlent.
04:50L'objectif affiché de l'UE est d'aider le pays à s'éloigner de l'influence de la Russie,
04:55son allié historique.
04:56L'UE lance une alliance avec l'Ukraine pour développer sa production de drones face à la menace russe
05:01et au désengagement américain en Europe.
05:04Kiev a acquis une expertise largement reconnue dans ce domaine,
05:07alors que les drones sont devenus essentiels car très efficaces et peu coûteux.
05:11L'UE invite les entreprises européennes spécialisées dans la production de drones et de systèmes antidrones
05:16à contribuer à cet effort de réarmement.
05:19L'Allemagne et l'Ukraine ont déjà signé, en avril dernier, un accord sur la production de drones.
05:25Alors, M. Perestrello, en tant que président de l'Assemblée parlementaire de l'OTAN,
05:30vous avez très certainement vu le 14 avril dernier une première sur le front ukrainien,
05:37la prise de position russe par des plateformes non habitées, des robots, donc sans inventerie, engagées au contact.
05:44L'Ukraine robotise, pas seulement parce qu'elle innove, mais aussi parce qu'elle manque d'hommes.
05:49Est-ce que l'OTAN est en train de s'inspirer de la guerre en Ukraine pour renouveler ces tactiques
05:54?
05:54L'Ukraine et les pays alliés, l'OTAN, travaillent ensemble au développement de nouvelles technologies
06:02capables de faire la différence dans le camp de bataille.
06:07Il y a des programmes qui sont développés par les alliés de l'OTAN et l'Ukraine ensemble.
06:18Et beaucoup de ces matériaux, de ces équipages sont construits à l'Ukraine,
06:25mais quelques d'elles sont aussi construits dans les pays alliés.
06:30Et l'OTAN, les pays alliés ont des conditions d'apprendre avec ce qui se passe à l'Ukraine.
06:37Ma réponse, c'est oui, bien sûr.
06:40C'est pourquoi c'est aussi important pour nous d'avoir cette liaison et ce soutien clair à l'Ukraine,
06:46parce qu'il faut soutenir l'Ukraine, et ça c'est une des priorités claires de l'Assemblée parlementaire de
06:52l'OTAN.
06:53Il faut soutenir l'Ukraine du point de vue économique et humanitaire, pas seulement militaire, mais surtout militaire,
07:02parce qu'au courant niveau de soutien, la guerre se prolongera par beaucoup de temps.
07:13Pour mettre une fin à la guerre, il faut mettre plus de pression sur la Russie,
07:20et ça se peut faire seulement de deux façons.
07:22La première, c'est de donner plus de capacité militaire à l'Ukraine,
07:26et la seconde, c'est de mettre plus de pression économique à la Russie.
07:32Le contraire qu'on a fait à la séquence de la guerre au Iran,
07:37où la Russie peut vendre son pétrole à un prix plus élevé qu'il fallait avant.
07:45Alors justement, on a l'impression quand même que le cessez-le-feu est quasi impossible entre la Russie et
07:50l'Ukraine.
07:51Est-ce que vous trouvez, vous, que l'OTAN aide tellement à résoudre ce conflit,
07:56et en particulier, elle n'aide pas véritablement l'Ukraine directement,
08:00si peut-être par le renseignement, c'est ça que vous dites ?
08:03L'OTAN n'est pas part de ces conflits en combat.
08:07Mais les pays européens sont en part très importante du soutien militaire à l'Ukraine,
08:16avec les armes, les munitions, les équipements qu'ils ont besoin,
08:22pour faire une suffisante résistance à l'invasion en Russie,
08:30et à acquérir la capacité d'attaquer la Russie aussi dans son territoire.
08:35Les pays de l'OTAN ont ici un rôle très important de donner à l'Ukraine cette capacité.
08:46Les pays de l'OTAN peut-être, mais sauf les États-Unis,
08:49qui ont clairement diminué drastiquement leur soutien économique et militaire à l'Ukraine.
08:54Les États-Unis ont des capacités militaires uniques qui sont très importantes
08:59pour la capacité de l'Ukraine à se défendre,
09:04et il existe une liste des équipements prioritaires que les Américains disponibilisent,
09:14et les pays européens achètent cet équipement pour donner à l'Ukraine cette capacité.
09:22Il y a plusieurs façons de soutenir l'Ukraine,
09:29et les États-Unis sont capables de fournir des équipements qu'il n'y a pas dans les autres pays,
09:40et ils le font par ce programme des équipements prioritaires qui ont été définis par l'Ukraine.
09:50Pour réagir aux propos critiques du chancelier Friedrich Schmerz contre son administration,
09:55Donald Trump a annoncé le retrait de 5000 soldats américains d'Allemagne,
10:00ce qui inquiète beaucoup l'Allemagne.
10:02Il veut en réduire aussi le nombre dans d'autres pays européens.
10:06Est-ce qu'il faut s'inquiéter de ce désengagement ?
10:09Ça se confirme, c'est un retour à les chiffres avant l'invasion de l'Ukraine.
10:16Ce n'est pas une bonne nouvelle, mais le point c'est que la rhétorique politique,
10:26beaucoup de fois avec des objectifs de politique interne, a des effets de deux côtés de l'Atlantique.
10:37Ce n'est pas une bonne notice, parce que pour l'Europe adquire son autonomie,
10:45son capacité de façon à réduire la dépendance des États-Unis,
10:54il faut du temps.
10:55Il faut de 5 à 10 ans, avec de fortes investissements en défense,
11:01un recrutement de nouveaux personnels.
11:06Et ça se confirme, ce n'est pas une bonne notice.
11:10Ce n'est pas dramatique, mais ce n'est pas une bonne nouvelle.
11:13Et c'est un bon exemple, comme la rhétorique politique a des effets négatifs
11:22pour la sécurité européenne.
11:26Tous les chefs d'État doivent avoir plus de prudence dans ces déclarations.
11:34Je espère que cette retirée de force ne va pas être une réalité,
11:43parce que si on écoute bien tout ce que le chef d'État dit,
11:49on se trouve toujours après des déclarations que beaucoup de fois n'ont pas de conséquences pratiques.
11:54Aux États-Unis, dans la semaine que le président américain a dit que peut-être il doit sortir de l
12:04'OTAN,
12:04dans la même semaine, le budget, le propos de budget pour l'année prochaine,
12:11pour la défense, a augmenté considérablement.
12:15Parfois, la rhétorique, c'est différente de l'action politique des pays.
12:19Mais en même temps, vous le soulignez vous-même,
12:22l'an dernier, à l'aïe, au sommet de l'OTAN,
12:24les dirigeants européens ont accepté d'augmenter leurs dépenses militaires
12:27jusqu'à 5% de leur PIB d'ici 2035.
12:32Et c'est notre chiffre de la semaine.
12:34L'an dernier aussi, l'Europe a été le principal contributeur
12:37à l'augmentation de ses dépenses militaires mondiales,
12:40avec une hausse de 14% pour atteindre 735 milliards d'euros,
12:45alors que les dépenses américaines, cette même année, stagnaient.
12:49Les États-Unis sont responsables par deux tiers de la dépense en défense de l'Alliance.
12:58Alors, il faut augmenter la participation du côté européen.
13:05Mais la proposition du budget des États-Unis pour l'année prochaine a augmenté considérablement.
13:14800 milliards de dollars pour 1,4 trillion de dollars a été augmenté considérablement aussi.
13:28Alors, les responsabilités collectives pour la défense et la sécurité de la région
13:36ont besoin que tout le monde fasse plus d'investissements.
13:40Et les Européens sont en train de faire cet investissement.
13:45Les Européens font sa part.
13:47Et c'est important qu'on dise ça aux Américains.
13:53Pour convaincre les États-Unis et montrer à l'administration américaine
13:58que les Européens sont en train de faire sa part.
14:01Ça, c'est important parce que tous sont en train de contribuer.
14:06Alors, justement, c'est le travail aussi du secrétaire général de l'OTAN,
14:10Marc Rutte, ancien Premier ministre néerlandais,
14:13qui prépare d'ailleurs le sommet d'Ankara de l'OTAN les 7 et 8 juillet.
14:19Caroline, j'étais il y a quelques semaines, deux semaines, aux États-Unis, au Congrès et au Sénat.
14:26Et je peux assurer qu'il y a un soutien très fort au Congrès et au Sénat américain
14:33pour le lieu transatlantique.
14:38Mais vous ne pouvez pas assurer qu'il y a un soutien très fort de Donald Trump à l'Assemblée
14:42et au Sénat ?
14:43Puisqu'il se passe bien de la radio en général.
14:49Mes relations sont avec le Sénat et les Congrès.
14:52On travaille au plan parlementaire.
14:54Mais si vous avez écouté le discours du roi Charles III d'Angleterre, le royaume Moni, au Congrès,
15:06il a fait une défense très forte du lien transatlantique.
15:10Et vous avez vu comme il a été soutenu par les congressistes et les sénateurs américains.
15:21Dernier théâtre d'opération, bien sûr, le détroit d'Hormuz après les frappes américaines contre l'Iran.
15:29Emmanuel Macron qui envoie le Charles de Gaulle et qui, avec Keir Starmer, le britannique,
15:35propose une potentielle mission de sécurisation avec 40 pays qu'il dit non belligérants.
15:41Est-ce que les Européens peuvent s'impliquer dans ce conflit
15:46qui a été déclenché unilatéralement par les États-Unis et Israël ?
15:50Les Européens soutiennent les États-Unis par les opérations,
15:55mais ils donnent des bases, ils donnent du soutien logistique, des informations.
16:01Le soutien que les Américains ont demandé aux Européens a été donné avec des petites exceptions.
16:09Mais globalement, les Américains ont été soutenus par les Européens dans cette opération.
16:18Alors, l'opération, c'est compliqué et très préjudiciale à l'Europe.
16:26C'est positif que les pays européens sont disponibles pour faire des opérations de manotention de l'étroit,
16:37de remous ouverte.
16:38Mais après, la stabilisation de la situation.
16:41Et la situation, c'est encore très fluide.
16:44Ce n'est pas très bien comme les choses sont parce que tous les jours, il y a des informations
16:50différentes.
16:51Alors, il faut stabiliser la situation.
16:54Et c'est positif d'avoir la disponibilité des pays européens.
17:00Merci, Marcos Perestrello, d'avoir été en notre compagnie.
17:04Merci à vous de nous avoir suivis.
17:05Restez avec nous.
17:06Tout de suite, nous partons en direction de Strasbourg
17:09pour débattre de l'élargissement du club européen à de nouveaux pays membres.
17:15C'est notre débat.
17:21Bienvenue au Parlement de Strasbourg.
17:23On se demande s'il ne va pas falloir pousser les murs.
17:26Car on pourrait être bientôt à l'étroit, non plus à 27, mais peut-être à plus de 35 États
17:31membres.
17:32Nombreux sont en effet les candidats à vouloir rejoindre le club européen.
17:36Outre les pays des Balkans occidentaux, sud du front est, comme l'Ukraine et la Moldavie, voire la Géorgie,
17:42se sont vus reconnaître une vocation européenne.
17:45Et puis l'UE semble faire de plus en plus envie,
17:47à tel point que l'Islande pourrait réintroduire une demande d'adhésion.
17:51Oui, et puis alors une majorité de Britanniques regrette aussi le Brexit.
17:54Et le gouvernement travailliste de Kirsten Mayer cherche à se rapprocher de Bruxelles.
17:59Même le Canada, pourtant clairement ancré dans le continent américain, se met à y réfléchir.
18:05Un tiers des Canadiens souhaiteraient que le pays rejoigne l'Union européenne.
18:10Et deux tiers se disent prêts à étudier l'idée.
18:13Alors la popularité renouvelée de l'Union européenne réjouit bien sûr ses membres.
18:17Ils sont quand même un tout petit peu inquiets des conséquences possibles d'un élargissement.
18:21Plusieurs voies s'élèvent ainsi pour qu'un pays ravagé par la guerre comme l'Ukraine
18:25ou d'autres minés par la corruption n'ait pas accès à une procédure accélérée d'adhésion
18:32et incomplète pour des raisons géopolitiques.
18:35Alors pour en parler, nous recevons deux eurodéputés.
18:37Francisco Assis, bonjour.
18:39Bonjour.
18:39Député portugais du groupe des socialistes et démocrates à la gauche de l'hémicycle.
18:43Et puis Sigfrid Mouraissane, bonjour.
18:45Roumain du Parti Populaire Européen à la droite de l'hémicycle.
18:49Et le ministre des Affaires étrangères français constate à quel point l'Union européenne fait désormais envie.
18:55On l'écoute.
18:57Tant de pays dans le monde veulent nous rejoindre ou devenir plus proches de nous.
19:01Neuf pays sont candidats à l'accession à l'UE.
19:04D'autres pourraient les rejoindre.
19:05L'Islande dans quelques mois et peut-être le Canada un jour.
19:11Et regardez même le Royaume-Uni.
19:13Nos amis britanniques ont parlé de réinitialisation des relations avec l'Europe.
19:17Nous leur disons que s'ils veulent rejoindre le marché unique, nous les accueillerons à bras ouverts.
19:24Francisco Assis, alors que se passe-t-il ?
19:26Il entend beaucoup de mal de l'Union européenne mais finalement elle a le vent en poupe.
19:29On vient de l'entendre.
19:30Est-ce que c'est par adhésion ou aussi par un rejet de certains modèles autocratiques ou dérives comme aux
19:36Etats-Unis ?
19:36Je crois que c'est pour les deux raisons.
19:38Pour l'adhésion, il y a des raisons positives parce que vraiment le projet européen c'est un vrai succès
19:44du point de vue historique.
19:47C'est un club de démocratie avec les problèmes qui ont toujours la démocratie mais c'est un club de
19:52démocratie avec un Etat de droit,
19:56avec du respect pour les oppositions, pour les minorités, la séparation des pouvoirs et la consécration des droits fondamentaux.
20:05Ça c'est ce que signifie l'Europe pour le monde et je pense que naturellement il y a des
20:10peuples et des pays qui veulent entrer en l'Union européenne.
20:14Sur tous les pays, le cas du Portugal c'est un cas d'un pays qui a manifesté la volonté
20:21d'intégrer l'Union européenne au moment de récupération de la démocratie.
20:26Et je crois qu'au pays de l'Est c'est exactement la même chose quand ils se libèrent des
20:30tyrannies communistes, ils veulent immédiatement l'intégration à l'Union européenne.
20:35En nos cas c'était une dictature d'extrême droite, c'est au contraire.
20:38Mais il a aussi en rejette d'autres citations des autocrates, des régimes autocrates, Russie en particulier, mais d'autres
20:49régimes au monde.
20:50Il y a surtout un désir de faire quelque chose de différent au monde et les gens pensent que c
20:58'est à l'intérieur de l'Europe que les choses vont mieux.
21:01– Alors M. Mourissen, on parlait de votre pays, la Roumanie, qui a rejoint le club par une adhésion en
21:082007, après effectivement la chute du mur.
21:11Les Canadiens qui expriment le souhait de rejoindre l'Union européenne, ça vous fait quelle impression ?
21:17Ils ne sont pas vraiment européens, à la différence de vous, vous étiez quand même vraiment sur le continent.
21:20– Bien sûr qu'on partage les mêmes valeurs avec le Canada, on soutient des valeurs européennes, on soutient l
21:31'ordre international basé sur les règles.
21:34Il y a beaucoup de priorités en commun maintenant entre l'Union européenne et le Canada.
21:39Mais concernant l'élargissement, c'est clair qu'on doit se concentrer maintenant sur les pays voisins,
21:46des Balkans occidentaux et aussi la Moldavie et l'Ukraine, c'est essentiel pour nous aussi.
21:53– Le Canada c'est non, peut-être un grand accord de commerce mais pas plus quoi, c'est ça
21:57?
21:57– Ce que je veux dire c'est qu'on a des relations commerciales très proches,
22:02on va faire plus ensemble en manière de sécurité.
22:05Nous travaillons déjà depuis beaucoup d'années ensemble, très proches dans l'OTAN.
22:11On va faire plus au niveau de l'Union européenne avec le Canada comme partenaire très très proche.
22:17Mais c'est aussi essentiel pour nous maintenant de soutenir le pays voisin,
22:22lesquels sont candidats pour devenir membre de l'Union européenne.
22:26C'est important de le soutenir, de réformer, de moderniser leurs institutions publiques,
22:34leur économie, de renforcer l'état des droits là-bas.
22:38Ça c'est aussi essentiel pour la stabilité et la sécurité de l'Union européenne.
22:42– Notre continent géographique d'abord.
22:43– Alors on se concentre sur l'Europe franciscoise.
22:45Certains pays qui ont tourné le dos comme l'Islande pourraient revenir vers l'UE.
22:50Un référendum sera organisé le 29 août là-bas pour les Islandais
22:54pour qu'ils disent s'ils souhaitent reprendre leur processus d'adhésion
22:57qui avait été interrompu en 2015 après avoir été candidat en 2009.
23:01De nombreux chapitres avaient déjà été réglés à l'époque,
23:04les choses pourraient donc aller assez vite.
23:05Est-ce que c'est souhaitable l'Islande dans l'UE ?
23:08– L'Islande dans l'UE européenne ?
23:11– Oui je pense, pardon, l'Islande c'est clairement un état européen.
23:14Ils ont des mêmes valeurs que nous, il n'y a pas aucune doute sur ça.
23:19Je crois que, je suis d'accord en ce que concerne le Canada,
23:22évidemment il partit avec nous des valeurs, des références,
23:25une histoire avec la France, l'Angleterre, avec tous les Européens en général.
23:30Mais ils sont au continent américain, ça c'est une grande différence
23:32envers les autres pays qui sont au continent européen.
23:35Je dirais même qu'il y a beaucoup d'Américains, des Nord-Américains, des États-Unis
23:39qui aussi sont très proches des valeurs et des références européennes.
23:44Ça signifie à mon avis que nous devons renforcer toujours les relations avec l'Amérique.
23:51C'est très important ça.
23:53Aujourd'hui nous avons la présidence Trump, mais elle va passer.
23:57Et les États-Unis restent, ils restent comme un ami,
23:59comme un allié fondamental pour l'Union européenne à mon avis.
24:05En ce qui concerne les pays européens qui prétendent l'adhésion,
24:10la question d'Islande pour moi c'est une évidence,
24:12c'est un pays pleinement européen comme les autres.
24:15– Il y a des questions qui pourraient poser problème, comme la pêche par exemple.
24:18– Oui, mais ces problèmes doivent être résolus.
24:20Quand le Portugal et l'Espagne ont manifesté la volonté d'adhésion,
24:25il y a eu des problèmes, surtout avec l'Espagne à cause de l'agriculture.
24:29Mais ça s'était résolu, pourquoi ?
24:31Parce que les questions politiques à mon avis sont plus importantes
24:34que les questions économiques ou que les questions commerciales.
24:38Le grand choix c'est un choix de nature politique.
24:41Le grand défi pour l'Europe c'est un défi de nature politique.
24:44Et c'est en ce plan-là que c'est le grand plan de l'histoire.
24:47Ce n'est pas la question économique,
24:49c'est la grande question, c'est une question politique.
24:52– Vous devriez le dire à nos amis britanniques qui nous ont quittés quand même
24:56il y a 10 ans par référendum et qui de nouveau sont poussés vers l'Union Européenne.
25:01Ça c'est quand même une surprise, l'ambiance a changé.
25:0455% des Britanniques se disent aujourd'hui favorables à un retour dans l'Union Européenne.
25:09Le Premier ministre Kerr Starmer parle de réinitier notre relation.
25:14Les travaillistes sont partagés sur la réintégration du marché intérieur.
25:18Est-ce qu'on est encore intéressé ?
25:20– En fait oui, mais c'est clair que les Britanniques ont fait une grande erreur à l'époque.
25:26C'est clair que la décision de partir de l'Union Européenne a affaibli la Grande-Bretagne.
25:32Maintenant l'économie de la Grande-Bretagne est plus faible en comparaison avec avant le Brexit.
25:39Et on voit les conséquences, on voit qu'ils sont plus faibles, qu'ils sont seuls.
25:44Ils sont seulement 70 millions de citoyens, nous sommes presque 500 millions, nous sommes plus forts en fait.
25:54Mais c'est clair qu'il y a des règles pour devenir état membre de l'Union Européenne.
26:00La Grande-Bretagne n'a pas initié des procédures pour le moment.
26:04Mais c'est clair qu'on partage encore des priorités, des objectifs communs avec la Grande-Bretagne aussi.
26:11Recherche, sécurité, éducation, on doit coopérer plus fort.
26:17– Oui, Erasmus, il réintègre Erasmus.
26:19– Ils sont revenus, ça c'est bien, ils doivent payer pour revenir, pour l'Erasmus.
26:24On doit avoir un équilibre entre leurs droits et leurs obligations.
26:28Mais c'est clair que pour le moment, la Grande-Bretagne n'est pas un état membre de l'Union
26:32Européenne,
26:33mais c'est un partenaire important pour nous.
26:34– Alors parlons de ceux qui sont officiellement candidats à l'adhésion.
26:38Ils sont neufs, cinq pays des Balkans, avec le Monténégro d'ailleurs en pôle position
26:42pour une intégration possible dès 2028.
26:45Il y a aussi l'Est, l'Ukraine, la Moldavie et puis la Géorgie.
26:49Enfin, la Turquie, candidate depuis 1987, mais à qui les négociations sont gelées.
26:54Enfin, Kosovo aussi aimerait rejoindre l'Union, mais certains pays bloquent sa candidature.
26:59Francisco Assis, tous ces pays ont en commun un niveau de corruption, notamment important.
27:03Est-ce qu'il faut se presser de les intégrer pour avoir plus d'amis ?
27:06Ou est-ce qu'il faut prendre son temps ?
27:08– Bien, ils ne sont pas tout au même état.
27:10Je crois que le Monténégro, c'est un état plus avancé.
27:13Il pourrait intégrer l'Union Européenne l'année prochaine, je le pense.
27:18Il y a des études qui apprentent justement à ce sens-là.
27:22Nous avons le cadre de l'Albanie qui a fait un grand effort pour accomplir les critères de Copenhague.
27:28Il est un critère qui est essentiel pour l'intégration à l'Union Européenne.
27:33Ce sont les deux pays qui sont, je le crois, en meilleure position aujourd'hui pour intégrer l'Union Européenne.
27:40La question de l'Ukraine, c'est plus complexe.
27:42L'Ukraine, évidemment, c'est une raison de nature politique et de nature morale.
27:46Ils ont été envahis pour la Russe.
27:49Nous avons la responsabilité morale d'aider les Ukrainiens.
27:52Et l'adhésion, c'est une obligation de tous les Européens.
27:58Mais au même temps, évidemment, ils sont en guerre.
28:02Ça crée un problème, gère un problème qui doit être résolu.
28:06Et nous savons comment il est difficile de finir avec cette guerre entre l'Ukraine et la Russie.
28:13La question de la Géorgie, c'est aussi une question complexe.
28:17Le gouvernement actuel, c'est un gouvernement qui fait des choix anti-européens, clairement.
28:23La question de la Turquie, c'est aussi une question très, très complexe, comme nous le savons depuis longtemps.
28:30Et surtout, au moment présent, parce que la Turquie, vraiment, a fait aussi des choix de nature politique contraires aux
28:36valeurs européennes.
28:38Et à l'état de droit européen, peut-être.
28:40Alors, un candidat, vous l'avez tous les deux mentionné, au statut très particulier, l'Ukraine.
28:45Un pays en guerre qui est aussi le grenier de l'Europe, ce qui fait craindre pour les aides agricoles
28:50en cas d'intégration.
28:51Et puis, lors du dernier Conseil européen à Chypre, les chefs d'État et de gouvernement ont accordé 90 milliards
28:57d'euros au pays, mais pas de garantie d'adhésion rapide.
29:01Après la défaite de Viktor Orban, son successeur Peter Magyar a une position plus souple sur l'Ukraine, mais pas
29:08sur son adhésion. On l'écoute.
29:12Nous ne soutenons pas l'adhésion accélérée de l'Ukraine à l'UE. Nous parlons d'un pays en guerre.
29:17Il est totalement exclu que l'Union européenne admette un pays en guerre.
29:20Il n'est même pas possible de mener de véritables négociations et de parcourir les nombreux chapitres d'adhésion.
29:26Donc, à mes yeux, la question n'est pas vraiment d'actualité pour l'instant.
29:31Sylvain Mouressan, que pensez-vous de cette prise de position et votre position à vous ?
29:35Pour l'Ukraine, est-ce qu'il faut une procédure accélérée, assouplie ou est-ce qu'il faut garder une
29:39procédure standard pour ce pays ?
29:40Bien sûr que nous devons continuer de soutenir l'Ukraine. C'est important aussi pour la stabilité et pour la
29:45sécurité de l'Union européenne.
29:46Ça, c'est clair et c'est l'élément le plus important. C'est pour ça qu'il y a
29:50aussi l'aide financière et l'élément le plus urgent pour l'Ukraine.
29:56C'est bien que maintenant, ça s'est réussi.
29:58Concernant l'adhésion, c'est clair qu'on a des règles et chaque État candidat qui veut devenir État membre
30:06de l'Union européenne doit respecter les règles.
30:08On doit travailler ensemble avec l'Ukraine. On doit le soutenir pour arriver au moment quand il respecte les critères.
30:17Le moment n'est pas encore arrivé, mais la perspective européenne doit être claire pour l'Ukraine.
30:23L'Union européenne est ouverte pour l'Ukraine, pour la Moldavie, aussi pour les pays des Balkans occidentaux.
30:29Et quand un État candidat respecte les critères, il doit devenir État membre de l'Union européenne immédiatement.
30:38Pas devenir État membre sans respecter les critères, mais depuis qu'un État candidat respecte les critères,
30:45on doit être sérieux aussi comme l'Union européenne et l'accepter immédiatement.
30:50Monsieur Assis, avancer des dates comme 2028, le président du Conseil a même dit 2030, etc.
30:56Je pense que nous ne sommes pas en condition d'avancer des dates, ce n'est pas sérieux à mon
31:00avis.
31:01Parce que, pour les raisons qui viennent d'être explicitées, je suis entièrement d'accord.
31:05Évidemment, il faut respecter les critères.
31:09Un pays en guerre, par nature, par définition, n'est pas en condition de respecter les critères d'intégration à
31:15l'Union européenne.
31:16Mais pour les Ukrainiens, l'Europe, c'est une espèce d'utopie, au bon sens, parce que c'est une
31:21utopie réalisable.
31:23C'est une utopie en ce qui concerne un grand objectif national, un grand objectif culturel, politique.
31:30L'Europe, pour les Ukrainiens, signifie le milieu de l'Europe, la civilisation de l'OPRP et les valeurs de
31:36l'Occident.
31:36De son point de vue, quand même, elle trouve qu'elle fonctionne assez mal à 27.
31:40On a vu tous ses droits de veto, etc.
31:42Est-ce qu'intégrer de nouveaux membres, ça n'est pas prendre le risque de la paralyser tout à fait
31:47?
31:47Je ne pense qu'elle ne fonctionne pas assez mal, comme on le dit parfois.
31:52Vraiment, l'Union européenne fonctionne.
31:53Fonctionne, c'est la vérité.
31:55Nous avons enfrenté une crise sanitaire terrible et elle a fonctionné.
31:58Nous avons enfrenté une crise financière et économique terrible avant et elle a fonctionné.
32:02Nous nous affrontons aujourd'hui une crise géopolitique terrible et l'Union européenne, en l'essentiel, fonctionne.
32:07L'idée de que l'Union européenne ne fonctionne pas, à mon avis, je pense que c'est quelque chose
32:13qui ne correspond pas à la réalité.
32:16Évidemment, si nous allons élargir l'Union européenne, nous avons nécessité probablement de redéfinir quelques règles de fonctionnement interne de
32:25l'organisation.
32:26C'est normal, mais l'idée que l'Union européenne ne fonctionne, c'est une idée fausse, à mon avis.
32:32Il y a une question qui se pose aussi, c'est celle du budget.
32:34Vous la connaissez bien, puisque l'Union européenne est en train de discuter âprement du budget pour la prochaine période,
32:39long terme, 2028-2035.
32:41Et vous êtes rapporteur sur ce sujet pour le Parlement.
32:44Quand on sait que les procédures de préadhésion coûtent très cher, parfois des milliards, est-ce qu'on est prêt
32:50économiquement au choc de cet élargissement ?
32:53Oui. L'élargissement n'est pas un choc. L'élargissement est une opportunité aussi économique pour l'Union européenne.
32:59On a vu que tous les élargissements ont renforcé économiquement l'Union européenne.
33:05Ce qu'on a décidé en manière budgétaire, c'est d'avancer des ressources financières pour les États candidats, de
33:13le soutenir et de faire une révision du budget.
33:17Si on va avoir un élargissement pendant cette année prochaine, 2028-2034, on ne sait pas pour le moment si
33:25ou quand l'élargissement va se passer.
33:28C'est pour ça qu'on ne peut pas maintenant décider de montant pour l'État membre du futur.
33:39On décide de montant pour les États candidats.
33:43Et s'ils vont respecter les critères et s'ils vont devenir membres de l'Union européenne pendant le cadre
33:52financier pluriannuel suivant,
33:54on va faire une révision pendant la période de 7 ans pour alloquer les ressources nécessaires.
34:00Oui ou non ? Si on vous dit « je suis pour l'élargissement », c'est oui ou c
34:04'est non ?
34:04Oui, clairement, oui.
34:05Bien sûr, c'est bon pour l'Union européenne.
34:07Merci à tous les deux d'avoir bien illustré ce débat. Merci à vous de l'avoir suivi.
34:11Merci à tous et bonne suite de programme sur nos chaînes.
34:13Sous-titrage Société Radio-Canada
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