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  • il y a 11 heures
Le 12 Avril, les Hongrois ont renvoyé dans ses foyers Viktor Orban, après 16 années de "démocratie illibérale", synonyme de mainmise sur la justice, les médias, l'économie et la société civile. Son successeur, Peter Magyar a promis de restaurer une démocratie fonctionnelle, pour dégeler les 18 milliards d'euros suspendus par Bruxelles pour sanctionner la dérive autocratique. Toujours à l'Est, le 18 avril, la Bulgarie a fait le choix de Roumen Radev, le Président pendant 10 ans, appelé à devenir Premier Ministre sur un discours anti-corruption, certes, mais aussi pro-russe...Qu'est-ce que cela implique sur l'avenir démocratique du pays ? Globalement, où en est-on des progrès et recul de l'état droit dans l'UE ? Caroline de Camaret et Thibault Henocque ouvrent le débat dans « Ici l'Europe », avec les eurodéputés Chloé Ridel (France, S&D) et Radan Kanev (Bulgarie, PPE).

Première partie : Caroline de Camaret reçoit Stéphane Séjourné, Commissaire européen chargé du marché intérieur et des services pour évoquer l'actualité européenne et internationale.
Deuxième partie : Caroline de Camaret et Thibault Henocque reçoivent les eurodéputés Chloé Ridel (France, S&D) et Radan Kanev (Bulgarie, PPE) pour un débat sur l'état de droit en Europe.

Ici, l'Europe
Chaque semaine, LCP Assemblée nationale, Public Sénat et France24 vous plongent au coeur des questions qui secouent l'Europe : Covid-19, questions migratoires, « Green deal », Brexit ou encore souveraineté digitale. Quel avenir pour l'Union et ses 450 millions d'habitants ? Une demi-heure d'information pour mieux comprendre les enjeux européens.

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Transcription
00:00France 24, LCP, Public Sénat, présente.
00:17Bonjour à tous et merci de nous rejoindre pour Ici l'Europe sur France 24 et les chaînes parlementaires.
00:21Cette semaine, l'Europe est toujours sous le coup des injonctions et des manœuvres contraires de la Russie, des Etats
00:27-Unis et même de la Chine,
00:28alors qu'elle cherche la voie de l'émancipation et de l'indépendance.
00:33Nous avons le plaisir d'en parler aujourd'hui avec le vice-président de la Commission européenne, Stéphane Chéjourné, bonjour.
00:38Bonjour.
00:38Commissaire français chargé de la prospérité et de la stratégie industrielle.
00:43Alors on va évidemment beaucoup parler de votre stratégie industrielle, mais on va commencer par notre prospérité, si vous le
00:48voulez bien.
00:49Elle est menacée par des conflits sanglants.
00:51D'abord, à nos portes, l'Ukraine, n'oublions pas quand même, l'Union européenne a approuvé un prêt de
00:5790 milliards d'euros
00:58à l'Ukraine couvrant ses besoins jusqu'en 2027, mais le bloc est très divisé sur le rythme de l
01:05'adhésion de ce pays.
01:06Le chancelier allemand a même laissé entendre qu'il fallait que l'Ukraine concède certaines parties de son territoire
01:14pour avoir un futur accord de paix, peut-être une future adhésion.
01:17Est-ce que vous êtes d'accord avec cette analyse ?
01:19Bon, d'abord, il faut continuer à soutenir l'Ukraine.
01:22C'est l'engagement qu'on a pris au niveau européen.
01:24C'est l'engagement du Conseil, des chefs d'État et de gouvernement.
01:26C'est l'engagement également de la Commission financièrement.
01:29Et donc, on a trouvé les voies et les moyens de pouvoir continuer à soutenir l'Ukraine,
01:34sans argent public européen, mais avec un prêt qui est garanti sur des avoirs russes.
01:40Je tenais à le dire parce que j'ai entendu beaucoup de choses sur la question du prêt à l
01:45'Ukraine.
01:45Il n'est pas question, justement, d'emprunter et d'endetter les Européens,
01:50mais de gager également sur les avoirs russes.
01:53Et puis, il y a de l'autre côté la question de l'accord de paix, du retour à la
01:59normale, du soutien.
02:01Donc, ça en passe d'abord par le soutien à l'Ukraine et puis ça en passe également par des
02:04discussions.
02:05A priori, les discussions sont au point mort, il faut le dire aujourd'hui.
02:08Donc, il me semble un tout petit peu anticipé de parler de conditions,
02:14alors même que l'Ukraine et la Russie n'ont pas commencé un dialogue
02:20qui permette justement de mettre sur la table un certain nombre d'éléments.
02:23Et sur l'adhésion, on est au clair ?
02:25Sur l'adhésion, c'est encore une fois une question qui nous paraît un peu trop anticipée du côté de
02:30la Commission.
02:30D'abord, il faut regarder les conditions de paix, les conditions de la prospérité renouvelée,
02:35les conditions de la reconstruction de l'Ukraine, avec quel rôle peut jouer l'économie européenne également dans la reconstruction
02:44de l'Ukraine.
02:45Et puis après, on parlera des modalités éventuellement d'adhésion qui sont en réalité très liées avec les garanties de
02:51sécurité qu'on doit à l'Ukraine.
02:53Alors, l'Ukraine qui a convoqué d'ailleurs l'ambassadeur d'Israël, mardi 28 avril, dans la matinée,
02:59pour l'arrivée d'un navire fantôme qui transporterait des céréales que Kiev affirme voler dans les territoires occupés par
03:07la Russie.
03:08Les 27 se sont mis d'accord pour que, justement, il y ait des droits de douane sur la Russie
03:14pour éviter ces vols de céréales.
03:16Est-ce qu'il faut sanctionner ?
03:17C'est notre politique depuis le début. Les paquets de sanctions se sont multipliés.
03:21À chaque fois qu'il y a un trou dans la raquette, la Commission européenne propose, avec les États membres,
03:27de compléter le dispositif de sanctions de la Russie.
03:31On peut continuer, évidemment, à regarder les trous dans la raquette et ce qui passe encore autour de ces sanctions.
03:39Je crois que la représentante Kayakalas aux affaires étrangères a, justement, mobilisé l'ensemble des États membres pour avoir une
03:48consultation
03:48et trouver les moyens de permettre à l'Ukraine d'éviter ce genre de dispositifs et de contournement.
03:55L'offensive israélienne au Liban a relancé le débat, d'ailleurs, sur la suspension de l'accord d'association entre
04:01nous, l'Union européenne et Israël.
04:02L'Espagne-Irlande, la Slovénie poussent et réclament cette suspension ainsi qu'une grande pétition citoyenne.
04:09Est-ce qu'il y aura un jour unanimité des 27 sur ce thème ? Que dit la Commission ?
04:14Ce n'est pas à la Commission de s'exprimer sur ce sujet-là.
04:18La Commission dispose et donc c'est aussi le mandat des États membres.
04:21Il faut un accord. Il faut même un accord à l'unanimité sur cette question-là.
04:26A priori, il est difficile à obtenir.
04:28Mais néanmoins, le signal qui est le fait d'avoir mis le sujet sur la table
04:34et le signal est déjà un signal de mécontentement d'une partie des États membres.
04:39Donc, je ne pense pas qu'on arrive à trouver une unanimité.
04:42Ce sont aussi les États membres qui poussent cette proposition,
04:45qui doivent chercher à convaincre leurs collègues au Conseil européen.
04:49Et la Commission disposera.
04:50En tout cas, s'il y a une unanimité pour revenir sur cet accord, on y reviendra.
04:55À ce stade, ce n'est pas le cas.
04:56Alors, Stéphane Séjournay, comme ça, semaine, nous allons vous proposer tout de suite
05:01quelques nouvelles choisies de l'Union européenne.
05:03C'est l'Europe, en bref, avec Aline Bottin.
05:09Une définition du viol harmonisé fondée sur la notion de consentement,
05:13c'est ce qu'ont voté les eurodéputés sous les applaudissements.
05:17Il y a deux ans, l'Union européenne avait adopté son premier texte
05:20pour lutter contre les violences faites aux femmes.
05:22Mais malgré de longues négociations, elle avait échoué à intégrer la question du viol,
05:27faute de consensus sur sa définition juridique, bloquée notamment par la France.
05:32Feu vert du Parlement pour une version plus ambitieuse du projet de budget pour la période 2028-2034.
05:39Il présente un cadre financier pluriannuel supérieur de 10% à la proposition de la Commission.
05:44Pour éviter toute réduction budgétaire, rembourser la dette et ne pas imposer de contributions supplémentaires aux Etats membres,
05:50nous proposons de doter le budget de l'Union de ressources propres.
05:52Et nous avons trois nouvelles idées, monsieur le commissaire.
05:55Une taxe sur le numérique, une ressource propre issue des jeux en ligne et des jeux d'argent,
05:58ainsi qu'une ressource propre issue des transactions en crypto-monnaie.
06:02Plus d'argent pour ne pas avoir à diminuer, comme dans la proposition initiale,
06:06les aides à l'agriculture aux régions et aux sociales,
06:08et pour augmenter les financements pour la recherche, la défense ou encore Erasmus.
06:12Le projet doit maintenant être négocié avec les Etats membres avant d'être adopté.
06:18Pékin hausse le ton.
06:19La Chine menace de riposter si l'Union européenne adopte son projet d'accélérateur industriel
06:24sans tenir compte de ses intérêts.
06:26Porté par Stéphane Séjourné, ce texte introduit un principe clair, la préférence européenne.
06:32Objectif, orienter en priorité les financements publics vers une production locale
06:36dans trois secteurs stratégiques, les industries énergivores, l'automobile et les technologies propres.
06:41Pour Pékin, ces mesures sont jugées discriminatoires envers les entreprises chinoises.
06:46Stéphane Séjourné, vice-président exécutif de la Commission européenne.
06:50Parlons de votre fameux projet de loi sur l'accélération industrielle
06:53que vous avez présenté le 4 mars, examiné par les Etats membres et le Parlement européen,
06:58pour voir l'industrie remonter à 20% comme elle était d'ailleurs en 1990, contre 14.
07:03Aujourd'hui, il doit y avoir, selon vous, préférence européenne pour les marchés publics,
07:09des contrôles accrus sur les investissements étrangers.
07:13Tout à fait. Le constat, il est assez clair.
07:15On est inondé de produits chinois sur le marché européen,
07:20souvent dans des secteurs qui sont clés et qui sont stratégiques,
07:24avec des dépendances qui ne sont pas aujourd'hui acceptables
07:27au vu de la géopolitique, des incertitudes que nous vivons.
07:32Et donc, que ce soit sur les matières premières critiques,
07:35que ce soit sur l'automobile,
07:37où un certain nombre de producteurs et de constructeurs automobiles
07:41produisent des véhicules qui sont subventionnés,
07:43que ce soit sur l'acier également.
07:46Il n'y a pas d'État sans acier, il n'y a pas de défense nationale sans acier.
07:51Sur toutes ces questions-là, on propose de rajouter une clause de préférence européenne
07:55pour aussi faire vivre nos industries européennes,
07:59françaises, allemandes, polonaises,
08:01pour ce qui est des grands constructeurs, par exemple,
08:03ou les grands producteurs d'acier,
08:05et éviter que cette industrie disparaisse dans les 5-10 prochaines années
08:11si nous ne faisons rien.
08:12Et puis, de l'autre côté, nous avons les conditions d'investissement étrangères.
08:16Ça, c'est les conditions d'accès au marché, en réalité, européen.
08:20Ces conditions sont très strictes du côté chinois.
08:23Ils nous obligent, en quelque sorte,
08:25à avoir pour un partenaire européen,
08:28d'avoir un partenaire chinois,
08:29de faire du transfert de technologies,
08:31de faire également de la recherche et du développement en Chine.
08:34Et donc, on propose de remettre, en quelque sorte,
08:37à niveau ces règles,
08:40en nous dotant, y compris,
08:42de règles sur les investissements étrangers en Europe,
08:46qui exigent du transfert de technologies,
08:48qui exigent aussi un partenariat avec nos industries européennes.
08:52C'est, en quelque sorte,
08:55remettre aux standards internationaux
08:57un marché de 450 millions de consommateurs,
09:00qui est l'Union européenne,
09:01avec des marchés comparables,
09:03comme les États-Unis et ou la Chine.
09:04Mais la Chine ne le prend pas bien.
09:06Elle n'aura d'autre choix que de prendre des contre-mesures
09:09si l'UE ose le mettre en Europe,
09:11justement, dans les secteurs stratégiques.
09:14Est-ce que vous craignez une guerre commerciale avec Pékin ?
09:17Bon, d'abord, nous le faisons pour nous-mêmes.
09:19Nous ne le faisons pas contre la Chine,
09:21nous ne le faisons pas contre les États-Unis,
09:22nous le faisons pour nous-mêmes.
09:23Nous le faisons pour réduire nos dépendances stratégiques.
09:26Nous le faisons aussi pour garantir aux États membres
09:31l'ensemble des industries qui sont nécessaires
09:33à leur souveraineté énergétique,
09:35pour ce qui est des clean tech,
09:37que ce soit dans le panneau photovoltaïque,
09:39comme l'éolien,
09:39mais aussi dans le nucléaire.
09:41On s'est réveillé un peu tard quand même sur l'éolien
09:44et le photovoltaïque.
09:46Oui, on a pris du retard,
09:47mais ça ne veut pas dire maintenant,
09:49parce qu'on a pris du retard,
09:50qu'il ne faut pas agir aujourd'hui.
09:52Et donc, on agit pour nous-mêmes
09:54dans le cadre de notre marché.
09:56Maintenant, on aura probablement des discussions
09:58avec le gouvernement chinois,
10:00comme on en a avec l'ensemble de nos partenaires étrangers,
10:03mais l'intérêt de ces dispositions
10:07et de cette nouvelle réglementation,
10:08c'est de créer la demande en Europe
10:10de sauvegarder nos industries,
10:12y compris les emplois qui vont avec,
10:15avant de se fâcher avec les Chinois.
10:18La Chine reste un partenaire commercial,
10:20mais il faut rétablir une forme d'équilibre
10:24de nos relations,
10:25sinon on dérivera vers plus de dépendance
10:28de la part des Européens.
10:29Mais Stéphane, ces journées,
10:31justement, il va falloir faire passer aussi
10:33au niveau des États membres,
10:34cette idée de préférence européenne.
10:36La France, l'Italie, la Pologne,
10:37juge que la proposition de la Commission européenne
10:39ne va pas assez loin.
10:40Et inversement, Berlin, Stockholm, Laé,
10:43ils veulent au contraire que cette préférence européenne
10:46soit moins contraignante,
10:47ils redoutent beaucoup les mesures de rétorsion.
10:49Bon, d'abord, si j'en crois,
10:50l'analyse du gouvernement chinois,
10:53a priori, ça a un impact.
10:55J'ai lu beaucoup de choses sur le fait
10:56que ça aurait peu d'impact
10:58ou sur le fait que le texte n'était pas assez ambitieux.
11:01A priori, ce n'est pas l'analyse
11:03qu'en font nos partenaires économiques.
11:06Donc, ce texte-là aura probablement
11:07un impact économique pour nous-mêmes
11:10et puis une discussion commerciale
11:12que nous devons avoir.
11:13Je crois qu'il faut sortir un peu de la naïveté.
11:15On utilise souvent ce mot au niveau européen,
11:18mais sur le volet commercial,
11:19c'est très clairement ce qui s'est passé
11:21depuis les années 90.
11:24On a un marché européen qui est très ouvert,
11:29un marché européen qui est très concurrentiel,
11:31des marchés publics
11:33qui sont passés par les collectivités,
11:35les États membres,
11:36qui correspondent à peu près à 15% du PIB européen.
11:40C'est presque 2 000 milliards d'euros
11:42de dépenses publiques chaque année
11:43et qui vont aussi vers des entreprises,
11:47vers de l'innovation étrangère.
11:49Alors qu'on peut favoriser,
11:50dans certains secteurs stratégiques pour nous,
11:53l'entreprise européenne
11:55et les capacités d'innovation
11:56avec la mobilisation de l'argent public aussi européen.
12:01Je dis juste une chose.
12:02Je dis qu'à partir du moment
12:03où l'argent des Européens est employé,
12:05où il s'agit d'aides d'État,
12:08qu'il s'agisse de marchés publics,
12:10qu'il s'agisse pour une voiture,
12:11d'un super bonus de la part des États,
12:14à partir du moment où l'argent public est engagé,
12:16il faut une clause de préférence européenne
12:19pour nos industries européennes.
12:21D'ailleurs, l'automobile fait partie
12:22des secteurs visés, vous l'avez dit,
12:2470% des composants locaux,
12:26en plus d'une batterie de fabrication européenne,
12:29c'est nécessaire,
12:32et on ne financera pas d'ailleurs les électriques chinois.
12:35C'est l'idée quand même.
12:37Depuis le début du mandat de votre commission,
12:40220 000 emplois ont été détruits dans l'automobile.
12:43Comment la relancer ?
12:44Si on en suit les courbes que nous avons à la commission et les tendances,
12:49très clairement, on produit à peu près 12 millions de véhicules en Europe.
12:52D'ici 2035, on en produira plus que 9 millions.
12:56Et la part des composants européens dans ces 9 millions de véhicules en 2035
13:00qui pourraient être produits passerait de 80% à 50%.
13:04Vous voyez l'état du bouleversement du marché.
13:08Donc, il faut faire quelque chose d'un point de vue,
13:11y compris de la concurrence déloyale.
13:14Donc, on a proposé,
13:15quand il s'agit d'argent public, encore une fois,
13:18et quand il y a des primes à l'achat
13:20pour les véhicules,
13:21notamment les flottes professionnelles
13:24qui sont achetées par les entreprises,
13:26pour les particuliers,
13:27mais surtout pour les employés,
13:28souvent,
13:30des entreprises en question,
13:32qu'il y ait l'obligation d'acheter un véhicule
13:36qui a un minimum de 70% de composants produits en Europe.
13:40Et c'est un peu l'objectif qu'on s'est donné,
13:42garder 50% du marché,
13:45qui est à peu près les flottes professionnelles,
13:46sous le giron d'une production européenne.
13:49Alors justement,
13:50parlons de ce secteur automobile
13:51qui représente encore 14 millions d'emplois en Europe.
13:55Il est particulièrement important,
13:57en Allemagne, bien sûr,
13:58construire de l'équipement militaire
13:59pour sauver les emplois dans l'industrie automobile.
14:02C'est un changement qui est déjà opéré
14:04par certains outre-Rhin.
14:06C'est une option,
14:07c'est au programme d'ailleurs ?
14:09D'abord, c'est une bonne idée
14:10puisque ça montre aussi la flexibilité
14:14de ces industries
14:15qui ont des technologies,
14:17qui ont des savoir-faire
14:18et qui sont capables également
14:19de les mettre à disposition
14:21d'un autre secteur,
14:22en l'occurrence,
14:23le secteur de la défense.
14:25Et donc, ça nous permet
14:26de sauvegarder les emplois,
14:27ça nous permet de sauvegarder les savoir-faire,
14:29ça nous permet d'avoir du transfert de technologies
14:31entre l'appareil de défense
14:33et l'industrie civile également,
14:36dans ce sens-là.
14:37Donc oui, c'est tout bénef,
14:39j'ai envie de dire,
14:40dans cette période compliquée
14:42pour le secteur,
14:43notamment de l'automobile.
14:44C'est de bons exemples,
14:46mais l'Allemagne est un cas particulier
14:48qui a investi énormément
14:50pour rattraper son niveau,
14:52notamment dans le matériel de défense.
14:55et donc, il fait fonctionner
14:56son industrie civile.
14:58Je crois qu'il y a un certain nombre de pays,
15:00la France notamment,
15:01est en train d'y réfléchir,
15:03notamment dans la montée en charge
15:06et dans l'augmentation du budget.
15:09Je pense que c'est une solution aussi
15:12pour garder nos emplois
15:13et garder nos usines sur le territoire.
15:15Les accords de commerce,
15:18un corps entre l'Union européenne
15:20et le Mercosur
15:21qui s'applique provisoirement
15:23au 1er mai 2026.
15:26La Pologne va d'ailleurs déposer
15:27un recours devant la Cour de justice
15:28de l'Union européenne.
15:30L'accord aussi avec l'Australie,
15:31avec un volet agricole
15:33qui inquiète à nouveau les agriculteurs.
15:35Vous appartenez d'ailleurs à ce pays,
15:36la France,
15:36qui est hostile à ces accords,
15:38en particulier avec des implications
15:41pour l'agriculture.
15:43Est-ce que l'Union européenne
15:45qui est capable de négocier
15:46ces grands accords ambitieux
15:47à l'échelle mondiale,
15:48elle peine à assurer
15:49leur acceptation interne ?
15:51D'abord, ce pilier des accords commerciaux,
15:53il participe à notre stratégie globale
15:56d'adapter notre modèle économique européen
15:59au nouveau contexte géopolitique.
16:01Il faut le voir comme ça.
16:02On a un certain nombre de dépendances
16:05à l'exportation et à l'importation
16:08de certains marchés.
16:09À l'exportation sur le luxe,
16:11le vin, les spiritueux par exemple,
16:12sur le marché américain,
16:14et on l'a vu dans la discussion
16:15entre les Etats-Unis et l'Union européenne,
16:18à certains moments,
16:19ce sont des secteurs qui sont vulnérables,
16:22puisque si les Etats-Unis décident
16:23de mettre 200% de droits de douane
16:25sur le vin et les spiritueux,
16:26ce sont des milliers et des milliers
16:28d'emplois qui peuvent disparaître en France.
16:30Donc il nous faut des accords commerciaux
16:32pour diversifier ces secteurs d'exportation
16:35et donc aller chercher d'autres marchés
16:37pour réduire la part d'influence
16:40des marchés américains
16:41et des marchés chinois à l'importation
16:43sur les matières premières
16:44que je vous évoquais sur les dépendances
16:45que nous avons,
16:46les dépendances structurelles.
16:48Ça fait partie d'un des piliers.
16:50Ce n'est pas le seul pilier.
16:51On a le marché intérieur
16:52avec 450 millions de consommateurs,
16:54on vient d'en parler,
16:56qui est important,
16:56qu'il faut renforcer,
16:58il faut retirer les barrières réglementaires
17:00entre nous pour pouvoir lui donner du corps.
17:02Et puis il y a la politique industrielle,
17:04on vient également d'en parler,
17:06avec moins de naïveté
17:07et le made in Europe.
17:08Il faut faire les trois.
17:10Merci Stéphane Séjourné d'avoir été notre invité.
17:12Vous étiez à Strasbourg au Parlement
17:14pour la réunion du Collège des commissaires.
17:17Nous allons poursuivre tout de suite d'ailleurs
17:19au Parlement avec notre débat
17:20qui est consacré au bon état de droit
17:23et comment l'Union européenne
17:24peut le faire respecter.
17:25C'est le débat tout de suite.
17:32Bienvenue, on se retrouve au Parlement de Strasbourg
17:35qui a poussé un ouf de soulagement
17:37après les élections hongroises
17:38mais s'interroge sérieusement depuis les Bulgares.
17:41L'état de droit des 27 membres de l'Union européenne
17:45est-il en progression ?
17:47Le 12 avril dernier,
17:48les Hongrois ont renvoyé dans ses foyers
17:50Victor Orban après 16 années
17:52de démocratie illibérale,
17:54synonyme de mainmise sur la justice,
17:56les médias, l'économie et la société civile.
17:59Son successeur, Peter Moguart,
18:01a promis de restaurer une démocratie fonctionnelle
18:04et de dégeler 18 milliards d'euros
18:07suspendus par Bruxelles
18:08pour sanctionner la dérive autocratique.
18:11Et puis toujours à l'Est, le 18 avril,
18:13la Bulgarie a fait le choix de Roumen Radeff,
18:16le président pendant 10 ans
18:17devenu premier ministre
18:18sur un discours anticorruption, certes,
18:21mais aussi en partie pro-russe.
18:23Qu'est-ce que cela implique
18:24sur l'avenir démocratique du pays ?
18:26Même interrogation dans l'Italie
18:27à droite toute de Giorgia Meloni
18:29qui a perdu son référendum
18:31sur une réforme controversée de la justice
18:32mais est accusée de contrôler
18:34de plus en plus les médias.
18:36Incertitude aussi en Pologne
18:37où Donald Tusk peine à réformer
18:39un état de droit verrouillé
18:40par le parti ultraconservateur
18:42Droits et Justices
18:43qui l'a précédé.
18:44Pour en parler aujourd'hui,
18:45nous sommes en compagnie
18:46de Chloé Riedel,
18:47bonjour, députée européenne française
18:49pour les socialistes.
18:51Et face à vous,
18:52Radan Kanev, bonjour,
18:54eurodéputée bulgare
18:55pour le Parti populaire européen
18:56qui correspond au centre droit
18:58en Bulgarie.
18:59On commence par une alternance
19:01possible en Hongrie,
19:03Madame Riedel,
19:04alors que l'on croyait finalement
19:06ce système Orban
19:07beaucoup trop verrouillé,
19:09beaucoup trop avancé
19:10sur le chemin de l'autoritarisme.
19:13Oui, la défaite d'Orban,
19:15d'abord, elle est symbolique
19:15et elle est forte
19:16parce qu'Orban,
19:17ce n'était pas juste
19:17le Premier ministre
19:18d'un pays qui ne représente
19:19que 2% de la population européenne,
19:21c'était le parrain
19:22de l'extrême droite en Europe
19:24et même au niveau mondial.
19:26Il était très proche
19:27de Donald Trump notamment.
19:28Et c'est vrai que sa défaite
19:30dans un pays
19:30où il n'y avait quasiment
19:31plus de presse libre,
19:33plus de liberté de la recherche
19:34non plus,
19:35où toutes les paroles
19:36de l'opposition étaient verrouillées,
19:38c'est extraordinaire
19:39que les Hongrois
19:41aient réussi à mettre
19:42un terme à son régime corrompu
19:45et pas que, illibéral.
19:46Et ça, c'est lié
19:47à un énorme sursaut populaire.
19:49Il y a près de 80%
19:50de participation
19:51aux élections en Hongrie.
19:52C'est 20 points de plus
19:53qu'aux dernières élections.
19:55Donc, c'est à ça
19:57qu'on doit la défaite d'Orban.
20:00Et maintenant,
20:01Peter Maguire a pris la suite.
20:02Il a fait la campagne
20:04en promettant
20:04de rétablir l'état de droit en Hongrie,
20:07de lutter contre la corruption
20:08qui a atteint des niveaux endémiques
20:10sous Orban
20:11et de se retourner
20:13vers l'Union européenne,
20:14d'arrêter de mettre son veto,
20:16par exemple,
20:17sur l'aide à l'Ukraine
20:18qui a pu enfin être débloquée
20:20ces jours-ci.
20:21Donc, c'est quelque chose
20:22de tout à fait majeur
20:23qui s'est passé en Hongrie.
20:24Radan Canef,
20:25les Européens,
20:25depuis 2020,
20:26se sont dotés
20:27d'instruments de rétorsion
20:28en cas de non-respect
20:29de cet état de droit
20:30par l'un de ses états membres.
20:31C'est le gel des fonds européens.
20:3318 milliards avaient été gelés
20:35en Hongrie.
20:35Ça a pu jouer un rôle
20:37pour pousser le pays
20:38vers les valeurs européennes ?
20:40Je pense que oui.
20:42J'ai toujours défendu
20:43le mécanisme de conditionnalité
20:47pour l'état du droit.
20:50Je pense que l'Hongrie
20:52était un bon exemple,
20:54que ça a pu avoir
20:57un effet positif.
20:59Je pense que les électeurs
21:01hongrois ont été, disons,
21:05soutenus par ce mécanisme
21:08dans leurs sentiments
21:09anti-corruption
21:11et anti-capture d'état,
21:13on peut dire,
21:14bien sûr,
21:15pour l'Hongrie.
21:16Alors, c'est quelque chose
21:18qui doit progresser,
21:20qui doit tenir compte
21:22de la dynamique
21:23dans les divers pays européens.
21:27Vous vouliez ajouter,
21:28peut-être,
21:28que ça a aidé
21:29à chuter du point de vue économique ?
21:31Oui, parce que moi,
21:32je préside ici au Parlement européen
21:34l'Intergroupe contre la corruption
21:35et avec mes collègues,
21:36on a tenu bon
21:37sur le refus de céder
21:39sur les 18 milliards
21:41de fonds européens
21:42qui étaient gelés
21:43parce que l'état de droit
21:45n'était pas respecté
21:47en Hongrie.
21:48Et c'est ça
21:49qui a fait notamment
21:50tomber Orban
21:52parce que tout son système
21:53de corruption
21:54se nourrissait
21:55des fonds européens
21:56et les oppositions
21:57que j'avais rencontrées
21:58en Hongrie me disaient
21:59surtout ne lâchez pas là-dessus,
22:00même si ça n'est pas
22:01dans notre intérêt
22:01puisque c'est autant
22:02de milliards d'euros
22:03qui ne vont pas
22:04dans les services publics
22:05hongrois,
22:05dans la santé,
22:06dans les transports.
22:07Mais du coup,
22:08ça a fragilisé
22:09son système de corruption
22:11et nous avons bien fait
22:13de tenir bon là-dessus.
22:15Alors la Hongrie
22:15qui vient d'être sanctionnée
22:16aussi du point de vue
22:17de la justice
22:18par la Cour de justice
22:19de l'Union européenne
22:20épinglée pour non-respect
22:21de l'état de droit,
22:22en particulier
22:23des droits
22:24des personnes LGBT
22:25après une loi
22:26jugée discriminante,
22:28une première en Europe
22:29dont se félicite
22:30la Commission.
22:30On l'écoute.
22:34Nous saluons la réhistorique
22:36rendue aujourd'hui
22:36par la Cour de justice
22:38de l'Union européenne.
22:39La Cour a estimé
22:40qu'en adoptant la loi
22:41dite sur la protection
22:42de l'enfance,
22:44la Hongrie a enfreint
22:45plusieurs droits fondamentaux.
22:47La Cour a confirmé
22:48que la Hongrie a agi
22:50en violation des valeurs fondatrices
22:52de l'Union européenne.
22:56Chloé Iridelle,
22:57Victor Orban s'est toujours
22:58plaint d'être attaqué
22:59par Bruxelles
23:00sur son positionnement
23:02ultra-conservateur,
23:03sur ses valeurs justement.
23:05Il disait être
23:06dans son bon droit
23:07et notamment avec une loi
23:09sur les LGBT,
23:11mais le jugement reconnaît
23:12une discrimination
23:13de genre
23:15qui ne peut avoir
23:16sa place en Europe.
23:17Ça change quelque chose ?
23:18Bien sûr,
23:19parce que Victor Orban
23:20s'est toujours revendiqué
23:21de l'identité européenne
23:22pour s'attaquer
23:23aux personnes homosexuelles
23:25notamment.
23:26Or, l'identité européenne,
23:27c'est bien le respect
23:28de la dignité humaine
23:29et de la liberté
23:29de réunion et de manifestation.
23:31Et qu'est-ce qu'avait fait
23:31Victor Orban ?
23:32Il avait fait passer une loi
23:34pour interdire
23:35aux personnes homosexuelles
23:37transgenres
23:37d'aller manifester
23:38ou de se réunir.
23:39Donc, c'est une atteinte
23:41fondamentale
23:42à ce qui fonde
23:43les valeurs de l'Europe
23:43depuis le siècle des Lumières.
23:46Vous voyez,
23:46et donc nous étions allés
23:47moi-même,
23:48aux côtés de nombreux collègues
23:49ici au Parlement européen,
23:50manifester à Budapest
23:51pour la marche
23:53des fiertés.
23:54Et aujourd'hui,
23:54la Cour de justice
23:55vient confirmer
23:56ce que nous pensions.
23:58Ardane Canef,
23:59maintenant,
23:59que va-t-il se passer
24:00en Hongrie ?
24:01Le nouveau Premier ministre,
24:04Peter Maguire,
24:05va-t-il,
24:05avec une majorité
24:06très nette,
24:07pouvoir réformer le pays
24:08et revenir à l'état de droit ?
24:09On a vu qu'en Pologne,
24:10par exemple,
24:10ce n'était pas aussi simple.
24:11Le Premier ministre
24:12pro-européen,
24:13Donald Tusk,
24:13a échoué jusqu'à présent
24:14globalement
24:15à imposer
24:16une réforme du système
24:17qui reste aux mains
24:18du Parti droit et justice.
24:21Vous voyez,
24:22bien sûr,
24:23la grande question,
24:25comme en Hongrie,
24:27aussi en Bulgarie,
24:28peut-être même plus fort
24:29en Bulgarie,
24:30c'est est-ce qu'un nouveau
24:32gouvernement
24:33et une nouvelle majorité
24:35dans les assemblées
24:37et les nations respectives
24:40va vraiment réformer
24:42un modèle très corrompu,
24:45mais aussi un modèle
24:47qu'on peut bien dire,
24:50c'est ce qu'on définit
24:52comme l'état profond,
24:54des réseaux,
24:57des connexions
24:59pas très légitimes
25:01entre les services de sécurité,
25:04puis judiciaires,
25:05puis partis politiques,
25:07puis médias.
25:09Il y a une tentation,
25:11je disais,
25:12bien sûr,
25:13d'établir un nouveau contrôle
25:17sur ces réseaux,
25:18mais pas de détruire,
25:20pas de les réformer.
25:24Pour le cas en Bulgarie,
25:26il y a bien sûr
25:27une crainte
25:28parmi les milieux réformistes
25:30que je représente
25:31au Parlement européen,
25:33par exemple,
25:34qu'on va avoir
25:38en processus de,
25:41disons,
25:42inérité,
25:43ces réseaux,
25:45mais pas de les réformer.
25:47rester dans le contrôle,
25:48finalement,
25:49garder la mainmise
25:51totale
25:52sur les éléments
25:53de la démocratie,
25:54en changeant de dirigeant.
25:56en changeant le visage,
25:57mais sans un changement profond
26:01du système de contrôle.
26:04Ça sera la question la plus importante
26:08dans tous les pays
26:10qui ont vécu
26:12dans ce système
26:14de démocratie illibérale
26:16ou de corruption très sérieuse.
26:19On va regarder aussi
26:20parce que dans le même mois,
26:21suite aux élections
26:24hongroises,
26:25se sont tenues
26:25en Bulgarie
26:26des élections
26:28qui ont fait
26:28un choix très différent,
26:30celui d'un candidat
26:31eurocritique
26:31avec des accents
26:32pro-russe.
26:33En effet,
26:34la Russie
26:35s'en est d'ailleurs
26:36félicitée.
26:38On écoute.
26:40Le dialogue avec la Russie
26:42doit être repris.
26:43L'Europe doit notamment
26:44réfléchir sérieusement
26:45à la manière
26:46dont elle va sécuriser
26:47ses ressources énergétiques.
26:49J'attends donc de l'Europe
26:50qu'elle soit
26:51beaucoup plus pragmatique
26:52dans sa mission
26:53et dans ses actions.
26:55Bien évidemment,
26:56nous voyons d'un bon oeil
26:57les propos de M. Radev
26:59qui a remporté les élections,
27:00exprimant la volonté
27:01de résoudre les problèmes
27:02par le dialogue pragmatique
27:04avec la Russie.
27:05Cela fait écho
27:06à notre position
27:07et nous nous en félicitons.
27:09Chloé Riedel,
27:10quand on entend ça,
27:10est-ce qu'on ne se dit pas
27:11que Vladimir Poutine
27:12qui a perdu un allié
27:13avec Viktor Orban
27:14en a peut-être retrouvé un
27:15en Bulgarie ?
27:16Si, vous savez,
27:17cette guerre de Vladimir Poutine
27:19contre l'Europe
27:19n'est pas terminée
27:20et il continuera
27:22inlassablement
27:22d'essayer d'influencer
27:23les élections en Europe
27:24et de se créer
27:26des relais favorables.
27:29Mais si vous voulez,
27:30quand j'écoute
27:30ce qui est dit
27:31dans votre vidéo,
27:33ce qui est pragmatique
27:34aujourd'hui
27:35de faire face à la Russie,
27:36c'est de soutenir
27:37la résistance ukrainienne,
27:39c'est de se défaire
27:40de notre dépendance
27:41aux énergies fossiles
27:42russes,
27:43au gaz et au pétrole.
27:44C'est ça qui est pragmatique.
27:45Je ne vois pas
27:45d'autres solutions
27:46qui s'offrent à nous
27:47dans un contexte
27:48où vous avez à la tête
27:49de la Russie
27:49un dirigeant,
27:50encore une fois,
27:51impérialiste
27:52et qui mènent une guerre
27:53contre non seulement
27:55l'Ukraine
27:55mais l'ensemble
27:56de l'Union européenne.
27:57Alors,
27:57quel signal envoie
27:59cette élection
28:00de Roumen Radev
28:01qu'on ne connaît pas
28:01très bien ?
28:02Alors,
28:02il était quand même
28:03président pendant 10 ans
28:04mais sur la scène
28:04européenne en tout cas.
28:06Il rejette la corruption.
28:07C'est pour ça d'ailleurs
28:08qu'il l'a emporté.
28:09Mais est-ce que vous jugez
28:10qu'il peut être
28:10un nouvel Orban
28:11aussi au sens
28:12de l'état de droit
28:13dans le fond
28:13et faire jouer son veto
28:16auprès de l'Union européenne
28:17pour se renforcer ?
28:18Je dirais que c'est possible
28:21mais j'espère
28:25qu'il y aurait
28:27un développement
28:28assez différent
28:29parce que M. Radev
28:31il est le prisonnier
28:34d'une majorité
28:36des électeurs
28:37très heterogènes.
28:39Il y a une minorité
28:42qui est bien pro-russe,
28:44eurosceptique,
28:46même anti-européenne
28:47disons,
28:47parmi ses électeurs
28:48mais la majorité
28:50de ses élections
28:51est centriste,
28:53anti-corruption
28:54et pro-européenne.
28:57Le message même
28:59de M. Radev
29:00quand il était
29:02le président
29:03de la République
29:03et maintenant candidat
29:05pour le Premier ministre
29:07sont plutôt pro-russes.
29:10Alors on doit suivre
29:11avec une grande attention.
29:14Parce que ceux qui sont pro-russes
29:15assez vite
29:15ils adoptent ce qu'on appelle
29:17les lois russes
29:17c'est-à-dire de main
29:18mise sur les médias
29:19la magistrature
29:20l'interdiction des ONG
29:21etc.
29:22On a constaté quand même
29:23que pro-russe
29:24égale les lois russes.
29:25Bien sûr
29:25des réformes
29:27anti-corruption
29:28et les réformes
29:29de l'état du droit
29:30sont dans un conflit
29:33naturel
29:34avec un sentiment
29:35pro-russe.
29:36Parce qu'en Russie
29:38de Poutine
29:38mais aussi en Russie
29:39de Haltine
29:40ou bien
29:41du régime
29:42communiste
29:44ils n'avaient pas
29:46de l'état
29:47du droit.
29:47C'est une
29:48contradiction
29:50interne
29:51disons.
29:51Et Roumaine Radev
29:52a annoncé
29:52une réforme
29:53de la magistrature.
29:54Est-ce qu'il faut
29:55s'en réjouir
29:55ou s'en inquiéter ?
29:57Bien
29:58pour cette réforme
30:00il aura besoin
30:01d'une majorité
30:03qualifiée
30:03dans l'Assemblée
30:04de deux tiers
30:05qu'il ne possède pas
30:07de 160 membres
30:09du Parlement.
30:11Et ici
30:12on doit
30:13on doit
30:15regarder
30:17premièrement
30:18quelle
30:21coalition
30:22il va essayer
30:25d'établir
30:26pour la nomination
30:27d'un nouveau
30:28conseil judiciaire
30:30et puis
30:30un inspecteur
30:31judiciaire
30:32et puis
30:33même plus important
30:35les processus
30:36et je dirais
30:38que le
30:39grand test
30:40sera
30:41cette connexion
30:42intime
30:44et illégitime
30:45en même temps
30:47entre
30:48les services
30:49de sécurité
30:50et le judiciaire
30:52ce qui est
30:53le plus profond
30:54problème
30:55de l'état
30:57du droit
30:57bulgare.
30:58Les problèmes
30:59de l'état
31:00de droit
31:00ce n'est pas
31:00que l'Europe
31:01de l'Est
31:01on va sortir
31:02un petit peu
31:02on va aller
31:03plus au sud
31:04quid de l'Italie
31:05des droites
31:05radicales
31:06alliées dans
31:07le gouvernement
31:07Mélonie
31:08est-ce que
31:09vous jugez
31:10qu'il y a
31:11attente à ce stade
31:12à l'état
31:12de droit
31:13main mise
31:14par exemple
31:15sur les télévisions
31:15publiques
31:16puisque les privés
31:17sont déjà
31:17à Berlusconi
31:18est-ce que
31:19l'Europe
31:20est capable
31:21de sanctionner
31:22un gouvernement
31:23mélanique
31:23elle juge
31:23plutôt
31:25alignée
31:25d'ailleurs
31:26sur des questions
31:26géopolitiques
31:27importantes
31:27comme l'Ukraine
31:28etc.
31:29Pour l'instant
31:30non
31:30il n'y a pas
31:30de moyens
31:30juridiques
31:31de sanctionner
31:33ni l'Italie
31:34ni d'ailleurs
31:34la France
31:35pour des questions
31:36relatifs
31:36à l'intervallance
31:37de la presse
31:37et à la liberté
31:38de la presse
31:38on voit
31:39des phénomènes
31:39de concentration
31:41de la propriété
31:42des médias
31:43dans les mains
31:43de quelques milliardaires
31:44c'est vrai
31:46en France
31:47c'est aussi vrai
31:48en Italie
31:48avec aujourd'hui
31:49c'est ce contrôle
31:50sur la télévision
31:52publique
31:52mais aujourd'hui
31:53vous ne pouvez bloquer
31:54par exemple
31:55les fonds européens
31:56à destination
31:56d'un pays
31:57que en vertu
31:58de la corruption
31:59pour éviter
32:01que l'argent
32:02des Européens
32:02nos impôts
32:03ne finissent
32:04dans la poche
32:06de corrompus
32:08mais on n'a pas
32:09tous les outils
32:09pour s'assurer
32:11que l'état de droit
32:12soit respecté
32:12en Europe
32:13et l'état de droit
32:14c'est l'indépendance
32:15de la justice
32:15c'est le respect
32:16des droits fondamentaux
32:17de chacun
32:17c'est aussi
32:18la liberté
32:19de la presse
32:19et on voit
32:20qu'elle est fragilisée
32:21sur l'ensemble
32:22du continent
32:24Inquiétude
32:24dont vous parlez
32:25pour la France
32:26aussi
32:27Oui j'en parle
32:28pour la France
32:28puisque vous avez
32:2911 milliardaires
32:30aujourd'hui en France
32:31qui détiennent
32:3280%
32:33de la presse écrite
32:3560%
32:36des antennes
32:37radio
32:38donc c'est
32:39une concentration
32:40très forte
32:41dans les mains
32:42de quelques-uns
32:43qui atteint aussi
32:43le secteur
32:44de la culture
32:44voyez ce que
32:45fait par exemple
32:46le milliardaire
32:47Vincent Bolloré
32:48dans le monde
32:48de l'édition
32:48quand vous mettez
32:50la main
32:50sur des éditions
32:51comme Fayard
32:52sur la maison
32:52Grasset
32:53qui sont patrimoine
32:54vivant
32:55de la culture
32:56française
32:56et que
32:57vous le faites
32:58à des fins
32:59politiques
33:01cela pose un problème
33:02et nous n'avons pas
33:03aujourd'hui
33:04les outils
33:04pour y faire face
33:05il faudrait qu'on puisse
33:06fixer des seuils
33:07anti-concentration
33:08dans le secteur
33:09des médias
33:09comme dans le monde
33:10de la culture
33:12monsieur Canef
33:13votre parti
33:14le PPE
33:15effectivement
33:15dans un gouvernement
33:17mélanier en Italie
33:17il est associé
33:18à travers
33:19on parlait
33:19de la figure
33:20de Silvio Berlusconi
33:22mais
33:22est-ce que vous
33:24ça vous choque
33:24cette question
33:25de l'indépendance
33:26de la presse
33:26et de la télé publique
33:27est-ce que ça
33:28ça doit être aussi
33:29une des valeurs
33:30que l'Union Européenne
33:30devrait pouvoir défendre
33:31avec des outils
33:32plus efficaces
33:32ça ne peut pas
33:34me choquer
33:35comme en Bulgarie
33:36c'est un problème
33:37persistant
33:38pour des dizaines
33:39d'années
33:42ce que j'espère
33:44est que
33:45la Bulgarie
33:46ne sera pas
33:47l'exemple
33:48pour le développement
33:49du marché médiatique
33:52dans les pays
33:53d'Occident
33:54parce que
33:55chez nous
33:55c'est un problème
33:57bien hérité
33:58du régime communiste
34:00donc ça vous choque
34:01quand même
34:02ça ne peut pas
34:03ne pas vous choquer
34:04merci en tout cas
34:05à vous
34:05d'avoir très bien
34:06illustré
34:06cette question
34:07de l'état de droit
34:08et quels en sont
34:09les ingrédients
34:10comment le rétablir
34:11merci à tous
34:12et bonne suite
34:12de programme
34:13sur nos chaînes
34:13merci à vous
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