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  • il y a 12 heures
Les députés de la commission d'enquête relative à l'imposition des plus hauts patrimoines et des revenus les plus élevés et à leur contribution au financement des services publics auditionnent Amélie de Montchalin. Ministre de l'Action et des comptes publics de décembre 2024 à février 2026, Amélie de Montchalin a été nommée première présidente de la Cour des comptes en février dernier, à la suite de Pierre Moscovici. Cette commission d'enquête a été créée en février à l'initiative du groupe "LIOT" et a pour rapporteur Charles de Courson (LIOT) et pour président Jean-Paul Mattei (MoDem). Les députés disposent de six mois pour mener leurs travaux et présenter leurs conclusions.

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Transcription
00:00:07Bonjour à tous et bienvenue dans la séance est ouverte.
00:00:11Dans ce numéro, direction la commission d'enquête sur l'imposition des plus hauts patrimoines et des revenus les plus
00:00:16élevés.
00:00:17Les députés ont auditionné Amélie de Montchalin, ministre de l'Action et des Comptes publics,
00:00:21de décembre 2024 à février 2026, où elle a été nommée première présidente de la Cour des Comptes.
00:00:28C'est effectivement qu'en qualité d'ancienne ministre que je suis présente devant vous et vos travaux,
00:00:35et vous l'avez très bien dit sur un sujet à la fois très politique et très technique,
00:00:39portent sur un thème sur lequel j'ai eu le privilège, la chance et l'effort de consacrer une partie
00:00:46de mon temps
00:00:46pendant les 15 mois que j'ai passés à Bercy. Je voudrais commencer par un consac que je crois que
00:00:52manifestement nous partageons
00:00:54et comme nous l'avons vécu pendant les débats budgétaires, c'est que le débat collectif sur la fiscalité des
00:01:00hauts patrimoines
00:01:01est devenu, au fond, à force assez incompréhensible, puisque des chiffres se croisent, des concepts se mélangent,
00:01:08des périmètres se confondent. Et à la fin, tout le monde a l'impression qu'il a raison,
00:01:14mais personne ne parle vraiment de la même chose. Et cela amène à une forme de débat qui, je trouve,
00:01:20parfois tourne en rond.
00:01:21Et c'est pour ça qu'il s'use et qu'il use aussi une forme de confiance collective.
00:01:27Et qu'il me semble donc essentiel que nous remettions dans ce débat ce qui lui manque,
00:01:32c'est-à-dire non pas des opinions ni même des propositions, mais bien un point de départ factuel commun.
00:01:38Vous l'avez dit, nous manquons d'une photographie lisible, exploitable, mise à jour régulièrement,
00:01:45à partir de laquelle les ministres successifs et avec eux les parlementaires, les économistes, les administrations
00:01:52pourraient confronter leurs analyses, faire des études d'impact raffinées sur des bases stables
00:01:58et surtout pour guider une action. Et je pense que le mot-clé, c'est l'action,
00:02:02parce qu'il arrive un moment où ce débat, on le voit parfois, peut donner l'impression de tourner en
00:02:07rond.
00:02:07Donc cette photographie, vous l'avez dit, nous ne l'avons pas, puisque depuis la suppression de l'ISF,
00:02:12la déclaration patrimoniale annuelle a disparu pour la partie financière du patrimoine,
00:02:17la partie du patrimoine mobilier. Et donc nous avons gagné sans aucun doute en simplicité fiscale
00:02:26perçue par les contribuables, mais nous avons perdu en visibilité statistique.
00:02:31C'est pour cela que la Direction générale des finances publiques, la DGFIP, la Direction générale du Trésor,
00:02:36l'INSEE, l'Institut des politiques publiques vous ont tous dit, je crois, devant cette commission,
00:02:40qu'ils travaillent tous et avec beaucoup d'énergie et beaucoup de sens, je crois, et de rigueur.
00:02:47Mais néanmoins, ils travaillent tous avec des données partielles et donc une forme d'approximation,
00:02:51parfois statistique ou parfois à partir de cas types, sans avoir une vision claire,
00:02:55du nombre de ménages effectivement concernés par les cas types qui sont détectés.
00:03:00Et donc il me semble que bâtir cette photographie est l'un des premiers chantiers
00:03:04qu'il faudrait mener. Et votre commission, je crois, y contribue déjà,
00:03:07par le fait même de ses travaux, de ses auditions. Et il me semble particulièrement précieux
00:03:12que les parlementaires de tous bords puissent avoir cette photographie avant même de faire des propositions
00:03:15ou porter des réformes. C'est aussi pour cela que mon action ministérielle
00:03:21côté de l'administration fiscale, que je veux ici vraiment remercier, a été guidée par un objectif unique
00:03:27et qui a mes yeux n'est pas idéologique. C'était l'idée qu'avant de créer de nouveaux impôts,
00:03:32il fallait faire fonctionner correctement ceux qui existent, parce que la fraude ou l'optimisation excessive
00:03:37ne sont pas seulement un sujet de recette. Ce sont des pratiques qui nuisent profondément
00:03:43aux contrats de confiance collectif qui font le consentement à l'impôt de tous les contribuables
00:03:47de notre pays. Là aussi, nous voyons combien, pour y arriver, il nous faut partir d'une meilleure
00:03:53compréhension commune sur les mécanismes, leur sophistication, leur déploiement et la finesse
00:03:59de ce qu'il faudrait faire pour les limiter. 15 mois, évidemment, à Bercy, c'était court,
00:04:04mais cela a suffi à inscrire dans la loi de finances pour 2026 trois articles à mes yeux très structurants.
00:04:10La première fois que nous avons pu avoir un débat sur la taxation des holdings patrimoniales en France,
00:04:18c'est l'article 7 désormais de la loi de finances initiales. Également, un resserrement et une clarification
00:04:24du pacte d'Utreil. Là aussi, un débat qui perdurait depuis des années et qui a permis de mieux clarifier,
00:04:30j'y reviendrai, les enjeux personnels, les enjeux professionnels. Et également, le resserrement ou le durcissement,
00:04:35on pourrait dire, du mécanisme fiscal de l'apport cession, le fameux article 150 au Béter,
00:04:41qui avait donné lieu à un certain nombre de dérives. Ces dispositifs réformés, évidemment, ne règlent pas tout.
00:04:47Je n'aurais absolument pas la prétention de le dire, mais ils témoignent à mes yeux d'un même fil.
00:04:52C'est de faire en sorte que les revenus non distribués, qui ont in fine un usage personnel,
00:04:58fassent l'objet d'une taxation effective, premier principe, et deuxième principe,
00:05:03que la fiscalité des entreprises ne soit pas dévoyée pour minorer une imposition personnelle
00:05:08au titre de dépenses personnelles. Et sur tout cela, je viens évidemment devant vous
00:05:13pour rendre des comptes – c'est le principe d'une commission d'enquête – sur ce que j'ai
00:05:16su,
00:05:17sur ce que j'ai fait, sur ce que je n'ai pas eu le temps d'accomplir,
00:05:20et sur ce qu'il reste à faire. Et si vous me le permettez, M. le Président, M. le rapporteur,
00:05:24je voulais peut-être partager avec vous quatre distinctions pour essayer de penser le sujet,
00:05:31qui était un peu la colonne vertébrale du travail que j'ai pu mener,
00:05:34et peut-être contribuer ainsi à vos travaux.
00:05:38La première chose qu'il faut qu'on arrive à poser clairement dans le débat,
00:05:40si on veut faire cette photographie commune, c'est que patrimoine et revenus
00:05:44sont deux choses différentes. L'un est un stock, l'autre est un flux.
00:05:47Et on voit bien dans le débat l'erreur la plus commune, c'est de croire que la détention
00:05:50d'un patrimoine implique mécaniquement la perception d'un revenu liquide
00:05:56qui soit calculable ou qui serait normé. Un patrimoine se constitue par l'accumulation
00:06:02de flux antérieurs, qu'il s'agisse de revenus du travail, de revenus du capital,
00:06:07de dividendes, de transmissions de succession, lesquels ont revenu, ou flux plutôt,
00:06:12ont, en règle générale, déjà été fiscalisés. Ça, c'est quand même important à rappeler.
00:06:16Et une fois que le patrimoine est constitué, il ne génère en général pas
00:06:21de revenus liquides en continu. On regarde un patrimoine immobilier d'usage,
00:06:27par exemple de résidence principale. Ce patrimoine peut être important.
00:06:31Il peut avoir une valeur vénale importante sans pour autant générer de revenus,
00:06:35sauf à vendre ce bien et à constater une plus-value, ce qui pose quand même
00:06:39deux conditions de matérialisation d'un revenu. C'est aussi vrai pour les parts
00:06:44d'une société non cotée, dont la valorisation peut être très élevée,
00:06:47sans que leurs détenteurs puissent les céder du jour au lendemain,
00:06:50ni en tirer mécaniquement des revenus distribués. Bref, un patrimoine élevé
00:06:54ne se traduit pas automatiquement par des revenus liquides élevés.
00:06:57Et je pense que c'est quand même le point de départ de la discussion
00:07:00qui va être la nôtre aujourd'hui. Deuxièmement, et je dois dire que j'ai mis
00:07:05moi-même du temps à y arriver au partage de ce que je viens de vous dire,
00:07:09c'est que le mot « revenu » recouvre en fait trois réalités très différentes
00:07:12qu'il faut savoir, à mon avis, bien distinguer si on veut éviter
00:07:17de parler dans le vide et de créer de la confusion. Il y a d'abord les revenus
00:07:20distribués, c'est-à-dire ce qui sort de la poche d'un contribuable,
00:07:23qui peut être une entreprise ou un particulier, et qui rentre dans le compte
00:07:28bancaire d'un autre contribuable, qui peut être à son tour une entreprise
00:07:32ou un particulier. Ce sont les salaires, les dividendes, les plus-values.
00:07:37Et c'est ce que prend dans la très grande majorité des cas l'impôt sur le revenu,
00:07:43et c'est l'objet le plus simple. Et c'est ce qui rentre dans le calcul
00:07:48des revenus tels qu'on l'imagine quand on pense au salaire des cadres,
00:07:52des fonctionnaires ou des revenus de l'épargne, qui est pré-rempli d'ailleurs
00:07:56dans une déclaration d'impôt à la source. Il y a ensuite une deuxième catégorie
00:08:00de revenus qui sont les revenus constatés mais non distribués,
00:08:04c'est-à-dire le bénéfice d'une société qui peut être réinvestie, épargnée
00:08:08ou conservée en trésorerie. Et la question fiscale n'est alors plus
00:08:13celle de son existence, c'est celle de son usage. Est-ce que ce revenu
00:08:18non distribué est mobilisé pour de l'investissement productif,
00:08:22ou est-ce qu'il est logé dans une structure patrimoniale pour échapper
00:08:25à un impôt personnel ? Et puis il y a un troisième concept,
00:08:29qui était celui notamment largement utilisé dans les débats autour
00:08:33de la taxe dite Zuckmann, qui est le concept de revenu latent,
00:08:36qui lui consiste à constater qu'une valorisation potentielle d'un patrimoine
00:08:42qui viendrait à varier constituerait une forme de revenu si on venait
00:08:46à matérialiser la plus-value. Or, ce revenu latent, il est très volatil,
00:08:52puisque une partie des plus-values n'est jamais réalisée, et par ailleurs,
00:08:55il peut y avoir des très grandes moins-values. Et donc, c'est précisément
00:08:59d'ailleurs pourquoi notre constitution rend très difficile, si ce n'est impossible,
00:09:03son imposition. Moi, j'ai mis du temps, très sincèrement,
00:09:08avec les équipes qui m'entouraient, à essayer de catégoriser
00:09:11ce type de revenu, parce que quand on dit qu'il y a un décalage
00:09:13entre haut patrimoine et imposition du revenu, si on n'a pas bien
00:09:17cette typographie ou typologie en tête, parfois, on ne parle pas
00:09:21de la même chose. Troisièmement, et je pense que là-dessus,
00:09:24vous l'avez indiqué, c'était le travail que nous avons collectivement
00:09:27mené pendant des heures durant le budget 2026, c'est la capacité
00:09:32à bien distinguer ce qui relève du patrimoine personnel
00:09:35de ce qui relève du patrimoine professionnel, puisque tout le code
00:09:39fiscal français a été construit autour de cette frontière, notamment
00:09:43pour que la fiscalité des entreprises soit en soutien de l'investissement,
00:09:47de l'embauche, la prise de risque économique, là où la fiscalité
00:09:51personnelle a pour vocation de viser l'enrichissement individuel
00:09:54et d'assurer une répartition des richesses entre individus.
00:09:57Il n'y a pas de concept d'équité fiscale entre entreprises.
00:09:59Il peut y en avoir une entre particuliers. D'ailleurs, il n'y a pas
00:10:03de taux progressif en tant que tel dans le code des impôts
00:10:06concernant l'entreprise, à part l'impôt réduit sur les PME
00:10:10jusqu'à un certain seuil, qui, lui, est une forme de progressivité,
00:10:14mais qui est quand même limitée. Et donc une part significative du débat
00:10:19actuel, tiens, au fond, sur un constat simple, c'est que la frontière
00:10:23entre les deux est très poreuse, voire pour certains aspects devenus
00:10:27assez illisibles, puisque certains contribuables ont aujourd'hui la
00:10:32possibilité de minorer leur imposition en logeant des actifs et des charges
00:10:37personnelles dans une structure professionnelle, en tout cas qui a une
00:10:41fiscalité d'entreprise et donc professionnelle. Et toute l'action
00:10:45ministérielle qui a été la mienne a précisément consisté à chercher à
00:10:48clarifier cette frontière pour que la fiscalité d'entreprise bénéficie
00:10:52aux actifs réellement professionnels et que la fiscalité personnelle s'applique
00:10:57aux usages réellement personnels. Et c'est le sens des trois modifications
00:11:03substantielles qui sont intervenues dans le cadre de la loi de finances
00:11:05initiale 2026. Quatrièmement, et ce sera mon dernier point, et c'est, à mon avis,
00:11:10une condition de tout le reste, c'est quand même de prendre en compte la
00:11:14réalité de notre marge de manœuvre. Il y a trois contraintes qu'il nous faut,
00:11:18à mon avis, quand même constater. Il y a d'abord une contrainte juridique,
00:11:23constitutionnelle, puisque l'impôt ne peut pas être confiscatoire, et c'est
00:11:27pourquoi l'imposition de revenus latents est particulièrement délicate.
00:11:31J'ajoute que sur le plan juridique, on a aussi la contrainte de la directive
00:11:35Mère-Fille, qui amène à un certain nombre de limitations du droit que nous
00:11:39pouvons mettre en place. La deuxième contrainte, et qui est liée à la directive
00:11:43Mère-Fille notamment, c'est que c'est une contrainte économique. À l'exception
00:11:48du patrimoine immobilier, on peut considérer que le reste du patrimoine est par
00:11:52définition mobile. Et donc nous ne sommes pas seuls. Et une contrainte... Et donc il
00:11:59nous faut prendre en compte le fait que ce patrimoine mobile, évidemment, pour des raisons
00:12:03économiques fondamentales, sera recherché par ces détenteurs à aller chercher une
00:12:09forme d'optimisation. Et c'est tout à fait un constat économique. Troisième élément
00:12:14de contrainte, ou en tout cas de cadre de jeu, c'est la dimension européenne et
00:12:18internationale. Du fait de la mobilité effective du patrimoine non immobilier, les capitaux
00:12:24circulent librement au sein du marché unique. Et au-delà, ce qui signifie que jouer seul
00:12:29en France, vis-à-vis d'un objectif qui ne serait poursuivi que par nous-mêmes, serait
00:12:36probablement assez contre-productif. C'est pourquoi, et vous le savez, dans ma vie, avant
00:12:42d'être ministre des Comptes publics, j'étais ambassadrice de la France à l'OCDE, cadre
00:12:47dans lequel j'ai porté pour la France un certain nombre de propositions fiscales au niveau du
00:12:51G20 et de l'OCDE, notamment sur ce que nous avons cherché à instituer, qui était un pilier
00:12:573 de la négociation internationale. Le pilier 1 était sur les établissements dits non-stables,
00:13:04et notamment pour les géants du numérique. Le pilier 2 considérait l'imposition minimale
00:13:07des multinationales. Et la France, avec notamment à l'époque le Brésil, mais aussi les ministres
00:13:14espagnols et allemands, avait proposé que nous établissions un pilier 3 qui aurait permis
00:13:18précisément d'entrer sur le champ de la fiscalité des individus, et en particulier
00:13:23des individus les plus fortunés et qui étaient détenteurs des plus grands patrimoines au
00:13:27niveau mondial, puisqu'il est constaté que ces ménages sont par définition très
00:13:32mobiles et positionnent leur patrimoine individuel de manière extrêmement choisie
00:13:39selon la typologie de la fiscalité des différents pays. C'est aussi une action collective que
00:13:43j'ai portée pour le coup quand j'étais à Bercy au niveau européen, en engageant avec
00:13:47la direction générale dite Taxud, un certain nombre de chantiers pour que, notamment sur
00:13:52les holdings, on y reviendra peut-être, on puisse commencer à réfléchir, à avoir
00:13:55une forme de fiscalité harmonisée, ce sera à terme, mais à minima qu'on ait une comparabilité
00:14:00des assiettes, ce qui est aujourd'hui très très difficile à établir au niveau européen.
00:14:05Et donc je suis désormais devant vous à votre entière disposition pour répondre à toutes
00:14:10vos questions avec la transparence que cette commission est en droit d'attendre. Et je le
00:14:16ferai en distinguant systématiquement, comme je m'y suis astreinte pendant 15 mois, à partager
00:14:22à la fois ce que j'ai su, ce que j'ai fait, mais aussi vous dire ce que je
00:14:24n'ai pas eu le
00:14:24temps d'accomplir et vous le dire avec la plus grande transparence possible.
00:14:30La première question est la suivante. En janvier 2026, votre collègue M. Lombard révélait
00:14:38que des milliers, je cite, de foyers fortunés avec un revenu fiscal de référence de zéro
00:14:43ne payent aucun impôt sur le revenu. Vous avez affirmé par la suite devant l'Assemblée
00:14:49nationale, je cite, il n'est pas vrai que des dizaines de milliers de Français fortunés
00:14:54ne paieraient aucun impôt sur le revenu. Il n'y a pas de document à Bercy qui le
00:14:58montrerait. Or, en février 2026, une note de la DGFIP fait état de 13 335 redovables
00:15:05de l'IFI affichant un revenu fiscal de référence nulle ou très faible. Ignoriez-vous cette
00:15:11note au moment où vous avez prononcé votre affirmation ? Avez-vous demandé des notes
00:15:16ou documents à votre administration à la suite de déclarations de M. Lombard et
00:15:20les cas échéants, lesquelles ?
00:15:23Alors, je crois que l'épisode en question, je crois, illustre ce que je disais en introduction.
00:15:27C'est qu'on est sur un sujet extrêmement technique, se mêlent dans cette question
00:15:31un certain nombre de concepts, revenu fiscal de référence, imposition sur le revenu. Et
00:15:36on voit bien que tout le travail que vous menez, c'est de dépasser au fond le brandiment
00:15:42de tableaux ou l'agitation de chiffrage dont chacun ensuite conteste la méthode. Et tant
00:15:48que les mots ne renvoient pas aux mêmes réalités, on voit bien que le débat peut se refermer sur
00:15:52lui-même, puisqu'on s'oppose en croyant parler de la même chose, alors qu'on désigne
00:15:56des objets différents. Et pendant ce temps, le problème de la suroptimisation, lui, perdure.
00:16:01Et donc la question que vous me posez, je vais répondre à votre question, mais cette
00:16:06question en pose une autre, qui est à mon avis plus politique. C'est est-ce qu'on veut
00:16:09continuer sur ce sujet complexe et technique, comme vous l'avez dit, à s'invectiver
00:16:14par des questions au gouvernement qui durent deux minutes ? Ou est-ce qu'on donne les moyens
00:16:17de vraiment traiter la suroptimisation ? Et au fond, c'est donc d'entrer dans un débat
00:16:22technique sur lequel je vais venir à l'instant, et donc qui nous demande d'avoir des données
00:16:27et des concepts partagés pour qu'on puisse répondre à la question. Le 14 janvier 2026,
00:16:32effectivement, je répondais à une question au gouvernement, et cette réponse mérite
00:16:37effectivement d'être précisée à la lumière des éléments qui ont été ensuite transmis
00:16:41à la Commission des finances du Sénat, et qui, je tiens à le faire devant vous,
00:16:46puisque nous sommes dans des temps complexes, et il est utile que les choses soient claires.
00:16:51Donc très clairement, les documents qui ont été produits pour la Commission des finances
00:16:59du Sénat n'ont pas été demandés par moi-même avant qu'ils ne soient explicitement requis
00:17:05par le président Rennal et le rapporteur général Husson. A mes yeux, je vous l'ai dit,
00:17:11le sujet principal de la suroptimisation, c'est les revenus non distribués qui restent
00:17:16logés dans les holdings. Et la liste qui a été ensuite produite, je ne l'ai pas demandé
00:17:21non par négligence, mais parce que ce qui a été produit ne me semble pas répondre
00:17:26à la bonne question, puisque la liste produite parle d'une année isolée, d'un patrimoine
00:17:31essentiellement immobilier, qui inclut la résidence principale, et un revenu fiscal
00:17:37de référence qui peut être réduit pour des raisons parfaitement légales.
00:17:41Et il me semble, d'ailleurs, que les échanges qui ont suivi la production de cette dite liste
00:17:46montrent que quelques ménages dans le Cantal, on parle de 4 ou 5 ménages, dans la Meuse,
00:17:51en Ariège, en Dordogne, ne sont pas le cœur du débat qui a été posé, qui est celui,
00:17:56je le redis, des holdings. Et donc, quand je réponds à la question du 14 janvier,
00:18:01les deux éléments qui sont à ma connaissance, et que je veux partager ici précisément.
00:18:06D'abord, c'est une étude réalisée à la fin de la période d'application de l'ISF en 2017,
00:18:11qui donnait le revenu fiscal de référence des 10 premiers payeurs de l'ISF de l'époque,
00:18:16et qui montre des situations très hétérogènes, certains ménages ayant effectivement
00:18:20des revenus fiscaux de référence très faibles, d'autres étaient non résidents,
00:18:25d'autres avec des revenus fiscaux de référence très élevés, et donc on ne pouvait pas tirer
00:18:29de conclusions systémiques de ce tableau, avec des données qui avaient plus de 10 ans.
00:18:33Donc ça, c'est ce que je connais le 14 janvier.
00:18:36La deuxième chose que je connais, c'est les travaux préparatoires à la taxe sur les holdings patrimoniales,
00:18:42qui montraient que sur les à peu près 50 000 holdings détenant plus que 5 millions d'euros d'actifs,
00:18:49environ 10 000 de ces 50 000 holdings auraient été éligibles à la taxe holding que nous proposions.
00:18:58Or, aucun travail fait par les administrations, et que je remercie vraiment pour le travail fait,
00:19:03dans des conditions de données, on y reviendra sûrement, qui étaient partiels,
00:19:07aucun travail mené n'indique à ce moment-là que les propriétaires des 10 000 holdings concernés
00:19:14seraient dans une situation où elles ne paieraient pas d'impôts sur le revenu.
00:19:18Cette information n'existe pas.
00:19:20Donc, il me semble que le vrai sujet n'est pas d'identifier des couples de retraités
00:19:25qui, une année donnée, je vais y revenir, peuvent bénéficier de mécanismes tout à fait légaux,
00:19:30que d'ailleurs la DGFIP a depuis précisé, se retrouvent à ne pas payer d'impôts sur le revenu
00:19:35en ayant des revenus fiscaux de référence, vous l'avez vu dans les tableaux et la présentation d'Amélie Verdier,
00:19:39est en fait assez élevée, parce qu'on parle de la moitié des 13 000 ménages ont des revenus fiscaux
00:19:43de référence
00:19:43de 80 000 euros, et qui ensuite bénéficient de réductions et de crédits d'impôts qui existent.
00:19:49Il me semble que la clé, c'est si on voulait faire une liste valable, que je n'ai pas
00:19:54demandé,
00:19:54puisqu'aujourd'hui on n'a pas la capacité de la créer, serait de croiser les bénéficiaires effectifs des holdings
00:20:00et leur imposition personnelle.
00:20:02Pour le coup, cette donnée n'existe pas.
00:20:04Je crois qu'Éric Lombard vous a parlé de la demande que nous avions fait à l'INSEE, à la
00:20:07DGFIP
00:20:08et à l'Institut des politiques publiques de créer cette base de données, pour pouvoir en tirer des conséquences factuelles
00:20:13et chiffrées.
00:20:14C'est un travail très facileux, puisqu'aujourd'hui les bases de données simplement n'existent pas.
00:20:19Vous avez par exemple un cas qui peut tout à fait permettre à des ménages qui ont un patrimoine immobilier
00:20:25important
00:20:26de ne pas payer d'impôt sur le revenu, qui ne correspond à mon avis pas au débat qui a
00:20:30été posé notamment dans le cadre du débat Zuckmann,
00:20:33qui est celui des ménages ayant un très grand revenu immobilier géré par le mécanisme de location meublé non professionnel.
00:20:43Comme vous pouvez déduire jusqu'à 40% des loyers perçus de votre investissement dans ce cadre,
00:20:53si vous avez 10 millions d'euros de patrimoine immobilier, vous avez été entrepreneur,
00:20:57beaucoup des revenus que vous avez tirés, vous avez investi dans des biens immobiliers, vous les louez,
00:21:01vous pouvez effacer jusqu'à 40 000 euros de revenus locatifs si vous avez 10 millions de patrimoine par an.
00:21:08Donc vous pouvez avoir un tout petit revenu de référence qui est de la retraite peut-être assez minimale
00:21:13que vous touchez en tant qu'ancien patron de petite entreprise, avoir un patrimoine immobilier très important,
00:21:18entrer dans la liste qui a été fournie et pour autant ne pas correspondre du tout au cas de suroptimisation
00:21:23qui me semble être le cœur du débat. Donc moi, je suis très claire devant vous.
00:21:28Depuis le début de l'année 2025, de manière répétée, dans de très nombreuses occasions,
00:21:35j'ai pu dire que la suroptimisation liée aux revenus non distribués des holdings et leur thésaurisation était un problème,
00:21:42que je voulais évidemment m'y attaquer, mais que, et je le dis devant vous très clairement, M. le rapporteur,
00:21:48il n'y a jamais eu à ma connaissance, et même je crois qu'il n'y a toujours pas
00:21:51aujourd'hui dans le ministère,
00:21:53une quelconque liste qui donnerait le nom individuel des personnes qui seraient dans cette situation
00:22:00puisque nous ne les connaissons pas. Nous avons des cas types, nous pouvons, les administrations,
00:22:05les détecter dans certains contrôles fiscaux, mais le croisement qui a eu lieu et les explications complémentaires,
00:22:12d'ailleurs, qui ont suivi, ont montré qu'on était là sur, au fond, un débat décalé par rapport à
00:22:16ce que je crois
00:22:16était celui qui nous a occupés collectivement assez longtemps pendant l'année 2025 et au début de l'année 2026.
00:22:27Madame la ministre, vous ne répondez pas à ma question. La question, c'est cette note de la DGFIP
00:22:32qui est en fait du 30 janvier, pour être précis, est-ce que vous l'avez eue entre vos mains
00:22:37? C'est oui ou c'est non ?
00:22:39Je ne l'ai eue pas cette note le 14 janvier. Elle a été produite à la demande du président
00:22:49Rénal
00:22:49et du rapporteur général Husson lors de leur visite sur pièce et sur place et les échanges ensuite que nous
00:22:55avons pu avoir.
00:22:56Et donc je n'ai pas eu cette note. Je ne l'avais évidemment pas le 14 janvier. Sinon, j
00:23:01'en aurais fait état pour ce qu'elle disait.
00:23:06Je l'ai eue par définition, puisque je me suis assuré que les demandes du Sénat ont été évidemment remplies.
00:23:14Je l'ai eue le 30 janvier, oui. Au moment où elle a été communiquée au Sénat, c'est le
00:23:18principe d'une demande des parlementaires.
00:23:21Quand les parlementaires demandent, il m'a semblé utile que les administrations répondent.
00:23:24Et donc j'ai eu effectivement connaissance de cette note au moment où elle a été produite.
00:23:29Et d'ailleurs, j'ai demandé immédiatement à la Direction générale des finances publiques de chercher à comprendre les mécanismes
00:23:37qui amenaient à cette situation,
00:23:39qui ont ensuite été explicités, je crois devant vous encore, par Amélie Verdier et ses services,
00:23:45qui ont montré en fait, et comme je le disais, que ce croisement de données en fait est très parcellaire
00:23:50et en fait ne répond pas à la question de nouveau qui était celle des holdings et qui était celle
00:23:54de nos débats pendant le débat budgétaire.
00:23:59Enfin, vous avez dit, il n'y a pas plusieurs dizaines de milliers. C'est vrai, puisqu'il n'y
00:24:04en avait que 13 000 dans la note.
00:24:07Mais bon, passons à la deuxième question.
00:24:09Le 27 février dernier, M. Lombard a également déclaré, il y a, j'estime, autour de 50 000 ménages, probablement,
00:24:16si on fait un calcul statistique rapide, qui ont un revenu fiscal de référence modeste par rapport à leur patrimoine
00:24:22financier.
00:24:24Êtes-vous d'accord avec cette estimation ? Et avez-vous obtenu communication de notes ou de documents de la
00:24:29part de vos services à ce sujet ?
00:24:32Je crois qu'Éric Lombard dit lui-même que c'est une estimation statistique rapide.
00:24:37Cela fait suite, et je crois qu'il nous en a parlé, aux études d'impact qui ont eu lieu
00:24:41lors de l'établissement d'un projet
00:24:44d'une contribution différentielle sur les hauts patrimoines, qui estimait que si, avec les différents seuils évalués,
00:24:54une telle contribution différentielle avait été mise en place, il est possible qu'il y ait eu à peu près
00:25:0050 000 ou 40 000 redevables.
00:25:02Là où il faut faire, à mon avis, l'usage avec précaution de ce chiffre,
00:25:06c'est que d'abord, il n'est pas évident de définir ce qu'est un revenu fiscal de référence
00:25:12cible,
00:25:14puisque je viens de vous montrer un exemple, où vous pouvez avoir un revenu fiscal de référence cible,
00:25:20enfin de facto faible, parce que vous avez notamment un petit revenu fixe, une pension de retraite ou un salaire.
00:25:26Mais néanmoins, je vous redonne l'exemple des locations meublées non professionnelles.
00:25:31Comme vous pouvez amortir 40 % de la valeur du bien en revenu annulé à chaque année, jusqu'à 40
00:25:42% de la valeur,
00:25:43vous avez quand même des montants très significatifs d'abattement sur vos revenus,
00:25:48qui amènent très légalement à avoir des revenus fiscaux de référence apparents, faibles.
00:25:54Donc c'est un calcul qui est à la fois statistique, qui est la conclusion de l'étude d'impact
00:26:01au moment de la contribution différentielle sur les hauts patrimoines.
00:26:04Ça dépend aussi beaucoup de ce que vous décidez de mettre ou pas dans la contribution différentielle.
00:26:09Beaucoup moins de ménages pourraient être éligibles si, par exemple, vous retirez du calcul de l'assiette des investissements dans
00:26:15des jeunes PME européennes,
00:26:17auquel cas vous y ajoutez un élément incitatif. Donc je dois vous dire que les notes qui ont été produites
00:26:26amenaient à penser qu'une taxe sur les holdings était nécessaire.
00:26:29C'est pourquoi nous avons mis dans le projet de loi de finances pour 2026 – j'ai retrouvé la
00:26:34copie du taxe initiale – l'article qui s'appelait 4 à l'époque,
00:26:37pour que sur les 50 000 holdings qui ont plus que 5 millions d'euros d'actifs, celles qui auraient
00:26:44eu des trésoreries excédentaires manifestement importantes
00:26:47puissent être soumises à une forme de fiscalité, puisqu'il était considéré que cette trésorerie très excédentaire pouvait être considérée
00:26:55comme du patrimoine de facto personnel.
00:26:56C'était l'objectif de cette taxe.
00:27:02Collègue M. Lombard nous a expliqué que le projet d'article qui a été écarté in fine avait bien fait
00:27:11l'objet d'une étude d'impact.
00:27:12Il nous a même donné les chiffres. Il définissait comme des impôts très faibles par rapport au revenu – par
00:27:23rapport à la valeur du patrimoine.
00:27:28Ils ont pris trois seuils – 2, 3 et 5 millions. À 2 millions, il y avait 133 000 personnes
00:27:35qui payaient en impôts sur le revenu, en IFI, etc.,
00:27:41un impôt qui représentait moins de 0,5 % de la valeur du patrimoine. Et donc il y avait 133
00:27:48000. Et donc c'était cet impôt différentiel.
00:27:53Il rapportait pas beaucoup. Il rapportait 2,1 milliards. Et si on montait, il nous a donné les chiffres à
00:27:595 millions.
00:28:005 millions, il y avait plus de 41 000 familles. Et ça rapportait 1,5 milliard. Bien.
00:28:05Donc il a défini ce que c'est qu'un revenu fiscal de référence modeste. C'est pas dans l
00:28:12'absolu. C'est dans le relatif par rapport au montant du patrimoine.
00:28:16Et encore, ce patrimoine excluait les biens professionnels. Donc c'est les biens non professionnels, plus les biens immobiliers, plus
00:28:27quelques autres éléments,
00:28:28et notamment les assurances-vie, puisque les contrats d'assurance-vie étaient intégrés. Et vous, quelle était votre position ?
00:28:39Parce que M. Lombard ne nous a pas caché que lui, il s'est battu en faveur de ce texte.
00:28:44Alors vous, quelle était la position, avant qu'il y ait un arbitrage final,
00:28:48en défaveur de ce que M. Lombard nous a pas dit quelle était votre position ? Il nous a dit
00:28:54quelle était la position du Premier ministre
00:28:55et du Président de la République dans l'arbitrage final. Alors quelle était votre position ?
00:29:00— Alors si on en revient, effectivement, au fond, vis-à-vis des revenus non distribués des holdings qui peuvent
00:29:08amener à ce que les revenus,
00:29:10du coup, constatés dans les revenus fiscaux de référence soient faibles par rapport aux revenus effectifs qui existent mais qui
00:29:16n'est pas distribués...
00:29:17On parle de ça, en fait, là, techniquement. Il y avait au fond deux options. Est-ce qu'on considère
00:29:23qu'une forme de contribution différentielle doit exister
00:29:27et qu'elle passe par les ménages ? C'était le projet de contribution différentielle sur les patrimoines via la
00:29:33fiscalité personnelle
00:29:35qui aurait amené à ce qu'il y ait à nouveau des déclarations individuelles complètes pour qu'on ait une
00:29:40vision complète du patrimoine,
00:29:41qu'on en exclue tout ce qu'on aurait retiré de l'assiette, les actifs professionnels, les investissements dans les
00:29:45jeunes PME européennes et autres.
00:29:48Déclaration qu'on a quand même connue quand l'ISF était en place, dont on a connu les limites et
00:29:53dont on a connu notamment les limites
00:29:54quand il s'agit d'évaluer la valeur du patrimoine. C'est quand même amené notamment très compliqué pour les
00:29:59actifs non cotés.
00:30:01L'autre option était de considérer que le problème était donc... On la voit bien dans les holdings, et de
00:30:06passer par une fiscalité
00:30:07qui touchait directement les holdings, donc passer par les entreprises elles-mêmes. Notamment parce qu'il a été considéré que
00:30:13la déclaration
00:30:14à la fois fastidieuse et assez incertaine, notamment dans la valorisation des actifs, pouvait poser problème.
00:30:20Il a été retenu, in fine, dans le projet de loi de finances 2026, plutôt l'approche par les entreprises,
00:30:28et donc les holdings elles-mêmes,
00:30:30qui restreignaient de facto le nombre de holdings concernés, 10 000. Ce qui ne veut pas dire que ça ne
00:30:39recoupe pas les 41 000
00:30:40qui auraient été concernés par la CDHP à 5 millions, parce que ça dépend du nombre de bénéficiaires effectifs
00:30:45de chaque holding. Et si vous dites qu'il y a, je ne sais pas, 3 bénéficiaires effectifs par holding,
00:30:49les 10 000, bon, ça fait 30 000, donc on pourrait se dire que c'est à peu près les
00:30:52mêmes.
00:30:54Ma position était d'avoir un mécanisme
00:30:56applicable
00:30:58et, si possible, comparable. Il se trouve
00:31:01qu'aux États-Unis, vous avez un mécanisme de cashbox,
00:31:03qui s'appelle la cashbox tax,
00:31:06qui est très similaire à ce que nous avons, in fine, proposé
00:31:09sur la taxe sur les holdings françaises, au motif de l'article 4, dans sa version initiale du PLF 26.
00:31:16Et moi, il m'a semblé qu'on a vraiment travaillé sur les deux modèles jusqu'au bout,
00:31:20de manière extrêmement approfondie, pour en comprendre les avantages et les inconvénients,
00:31:23les enjeux de périmètre, les enjeux aussi d'optimisation éventuelle de la dite taxe,
00:31:27les enjeux de mobilité, est-ce que tel ou tel système a encouragé plus ou moins d'évasion fiscale,
00:31:32ce qui paraissait quand même un sujet pas inintéressant à garder.
00:31:35Et on a présenté, par définition, à l'arbitrage, les deux mécanismes.
00:31:41Pour moi, ce qui comptait et qui était vraiment important, et je vous le dis,
00:31:43c'est que nous arrivions à mettre dans le débat collectif le sujet des holdings,
00:31:48soit par les personnes, CDHP, soit par les entreprises, holding.
00:31:53À mes yeux, le fait qu'on arrive à avoir un mécanisme comparable à ce qui existe ailleurs,
00:31:57et aux États-Unis, c'était pas inintéressant comme modèle,
00:31:59était pour moi un objectif important.
00:32:02J'ai aussi tout à fait travaillé sur le modèle de CDHP,
00:32:05et j'ai considéré que mon rôle de ministre était de montrer les avantages et inconvénients des deux modèles,
00:32:09et d'être capable de le défendre à l'Assemblée,
00:32:12dans un moment où on n'avait pas de majorité,
00:32:15et qu'il fallait quand même avoir un débat le plus clair possible.
00:32:21Il ne nous a pas caché que l'arbitrage qui a été rendu par le président de la République et
00:32:27le Premier ministre
00:32:28était lié aux négociations avec nos collègues socialistes,
00:32:33et qu'eux préféraient la suspension, ils ne se sont pas battus sur la taxe différentielle,
00:32:38ils se sont battus sur le gel de la réforme des retraites,
00:32:42et que l'arbitrage présidentiel du Premier ministre a été dans ce sens-là.
00:32:47Voilà ce qu'il nous a expliqué.
00:32:48Mais vous, vous étiez neutre dans cette affaire,
00:32:51ou vous étiez plutôt du côté lombard, c'est-à-dire pour la taxe différentielle,
00:32:55ou plutôt l'hypothèse H2 du texte initial,
00:33:00pas ce qui a été voté,
00:33:01qui était, allez, on va faire une taxe sur certains éléments des holdings,
00:33:07sur les biens non professionnels,
00:33:08puisque je rappelle que dans la version lombard, les biens professionnels étaient exclus,
00:33:13mais l'assurance-vie était inclue.
00:33:18Je dois dire qu'il y a eu deux arbitrages.
00:33:19Il y a eu un arbitrage quand François Bayrou était Premier ministre,
00:33:23et puis il y a eu un autre arbitrage quand Sébastien Lecornu était Premier ministre.
00:33:27Donc par deux fois, il a été considéré que dans le contexte et politique,
00:33:32et je le redis de comparabilité des systèmes,
00:33:39par définition, j'ai considéré que j'avais qu'une chose sur laquelle je ne voulais pas lâcher,
00:33:43c'était qu'il y ait un article du PLF 26 qui concerne le sujet des revenus non distribués logés
00:33:48dans les holdings.
00:33:50Et j'ai plaidé pour l'un ou l'autre,
00:33:52en expliquant bien ce que ça ferait dans l'un ou l'autre des cas.
00:33:56Pour moi, l'inconvénient principal de la CDHP était la capacité à mettre très rapidement en œuvre une déclaration exhaustive
00:34:01du patrimoine,
00:34:02sans tomber dans les travers de ce qui a prévalu pendant les années ISF,
00:34:05notamment les enjeux de valorisation, parfois, je le redis, très incertaines,
00:34:10et un mécanisme qui aurait été très innovant, assez proche de ce que j'ai défendu à l'OCDE et
00:34:14pour le G20,
00:34:15mais qui m'a paru, effectivement, lourd à déployer, et je le dis très clairement devant vous.
00:34:21Inversement, le sujet holding avait une plus grande forme, à mon avis, de simplicité.
00:34:24Il reprenait notamment les enjeux de trésorerie excessives qu'on avait déjà connus,
00:34:28notamment dans le cadre précédent de l'ISF, notamment, mais pas que.
00:34:32Il était très proche de la cashbox américaine.
00:34:35Donc vous savez, moi, j'ai eu une ligne de conduite politique et personnelle
00:34:38qui consiste à un moment donné que moi, je regardais le résultat.
00:34:40Le résultat, c'était de considérer qu'après tous ces mois de débat que j'ai porté,
00:34:44je crois que j'ai eu une interview, d'ailleurs, du 6 janvier 2025.
00:34:47Du premier jour à Bercy jusqu'au dernier jour à Bercy,
00:34:50j'ai considéré que ce sujet des revenus non distribués était un enjeu d'efficacité fiscale et de confiance.
00:34:56Et donc moi, mon objectif, c'est qu'il y ait quelque chose dans le budget,
00:34:59quelque chose qui puisse être applicable, défendu.
00:35:01Je confirme qu'à un moment donné, dans la liste des priorités,
00:35:06l'objectif qu'il y ait une tax-reloading était partagée très largement
00:35:10par toutes les forces politiques en présence,
00:35:12que la modalité elle-même a été moins un sujet de débat que l'existence d'un article.
00:35:19Voilà. Je suis factuel sur le sujet.
00:35:22Alors, pour expliquer cette situation, il a pu être avancé que les contribuables concernés
00:35:28disposaient notamment de holding patrimonial,
00:35:31leur évitant de se verser des revenus imposables à l'IR.
00:35:34Qu'en pensez-vous ? Parce qu'entre nous, holding ou pas holding,
00:35:39si vous avez des participes en plusieurs entreprises et qui ne distribuent rien,
00:35:43c'est la même chose que d'avoir un holding dans lequel on remonte des dividendes distribués,
00:35:47mais qui ne distribuent rien.
00:35:48Je veux dire, c'est pas que le problème des holdings, c'est un problème plus général.
00:35:53Car la loi de finances pour 2026 comporte dont une taxe de 20% sur le holding patrimonial,
00:35:59avec une assiette limitée à une liste de biens dissomptuaires.
00:36:02Est-ce que vous pensez que ce dispositif permette une meilleure contribution des hauts patrimoines ?
00:36:07Avez-vous des recommandations pour améliorer ce dispositif ?
00:36:10Et en particulier, que pensez-vous d'élargissement de l'assiette de cette taxe
00:36:13à l'ensemble des actifs non professionnels détenus par les holdings patrimoniales ?
00:36:17Je rappelle que c'était la position en commission des finances, en première lecture.
00:36:25Alors, la première chose, c'est que les holdings patrimoniales
00:36:30peuvent amener à éviter de se verser des revenus.
00:36:33C'est une forme de thésaurisation et vous dites,
00:36:35en fait, on n'a pas besoin d'une holding, si on ne distribue pas, on ne distribue pas.
00:36:38Déjà, ça veut dire que vous avez le contrôle.
00:36:40Donc vous avez des situations où vous êtes plus ou moins en contrôle de la politique de distribution.
00:36:44Vous pouvez être dans un pacte d'actionnaires qui impose de distribuer,
00:36:47et vous pouvez considérer qu'il n'est pas dans votre intérêt fiscal
00:36:49que ce revenu vous soit in fine remonté.
00:36:52Point 1.
00:36:54Deuxième point, et j'y viens, c'est que le sujet...
00:36:56Il faut quand même mettre les pieds un peu dans le plat.
00:36:59C'est quand vous pouvez...
00:37:02Aujourd'hui, il a été constaté,
00:37:04acheter de facto des biens que vous logez dans la holding
00:37:07en utilisant ces revenus non distribués
00:37:10pour vous constituer un patrimoine personnel.
00:37:13Et c'est là qu'on rend dans le grand champ, par exemple,
00:37:15de ce que j'appelle le para-immobilier.
00:37:17Le para-immobilier, c'est quoi ?
00:37:18C'est de considérer que vous allez acheter un bien, soi-disant, mis en location,
00:37:22parce que vous allez étendre l'activité de votre holding
00:37:23à des activités de location touristique.
00:37:26Mais il se trouve que le bien de location touristique
00:37:28est proposé à un tel tarif de location
00:37:30que, bizarrement, il n'y a personne qui veut le louer.
00:37:32Et que, du coup, le seul bénéficiaire est de facto
00:37:34le propriétaire de la holding,
00:37:36et donc du bien de manière indirecte.
00:37:38En faisant ça, vous avez un bien qui a d'usage personnel,
00:37:42qui, de facto, entrera dans votre patrimoine personnel.
00:37:45Et c'est là où la réforme du Dutreil était très importante à mener conjointement,
00:37:48parce que sinon, vous pouviez faire passer ce bien de facto personnel
00:37:51à la génération suivante,
00:37:52sans aucune...
00:37:53En ayant une fiscalité de transmission extrêmement favorable.
00:37:56Et donc le sujet, c'est pas que ça soit distribué ou pas,
00:37:59c'est quel est l'usage de ces revenus non distribués.
00:38:02S'il reste dans l'entreprise,
00:38:03parce que vous voulez faire fructifier votre entreprise,
00:38:04vous ne vous distribuez pas de revenus.
00:38:06Effectivement, comme vous dites, c'est complètement neutre.
00:38:08Le problème, c'est quand ça remonte dans la holding,
00:38:11et que c'est pour financer des biens,
00:38:14ou y compris de l'épargne à usage personnel.
00:38:17D'où la proposition de l'article 4 initial,
00:38:20qui était de regarder la trésorerie excédentaire
00:38:22et ses modalités d'investissement.
00:38:24Le choix que le Parlement a fait,
00:38:26qui n'était pas la proposition initiale du gouvernement,
00:38:29d'en faire, en fait, un outil comportemental,
00:38:32qui est de dire...
00:38:34Je le dis franchement avec mes mots même un peu triviaux.
00:38:37Mais il faut être vraiment très, très mal conseillé
00:38:38pour continuer à mettre des biens somptuaires dans les holdings.
00:38:40Parce que si vous voulez payer 20% de la valeur des 10 biens chaque année,
00:38:44c'est que manifestement, vous avez un très mauvais conseiller fiscal.
00:38:48Ça veut dire quoi ?
00:38:49Ça veut dire que normalement,
00:38:50les personnes vont avoir l'incitation de sortir
00:38:51ces biens somptuaires personnels des holdings,
00:38:54donc de les faire entrer dans une imposition normalisée,
00:38:58et donc je pense que c'est un bon progrès
00:39:01symétrique à ce qui a été mené sur la réforme du Dutreil.
00:39:04C'est un bon progrès.
00:39:05Il me semble que ça ne répond pas à la question de fond.
00:39:08La question de fond, c'est la fiscalité quand même
00:39:11de revenus non distribués
00:39:12qui continuent à être potentiellement thésorisés
00:39:15et qui potentiellement peuvent passer des générations,
00:39:18notamment dans le cadre du Dutreil.
00:39:19Pourquoi c'est compliqué de dire qu'on n'a qu'à prendre
00:39:22l'ensemble des actifs non professionnels ?
00:39:26Parce qu'il est quand même utile aux sociétés
00:39:28d'avoir quand même de la trésorerie.
00:39:29Et donc si vous prenez l'ensemble des actifs non professionnels,
00:39:32vous allez embarquer toute la trésorerie.
00:39:34Or, il est normal qu'une entreprise,
00:39:35notamment industrielle, etc.,
00:39:37puisse accumuler des revenus,
00:39:40préparer de la croissance externe,
00:39:42préparer des investissements.
00:39:44Et donc si vous prenez tout l'actif non professionnel,
00:39:46c'est-à-dire tout ce qui est liquide
00:39:47et qui n'est pas directement une action
00:39:50de l'entreprise elle-même pour elle-même,
00:39:51vous risquez d'embarquer l'ensemble de la trésorerie.
00:39:55Donc moi, il me semble que votre commission,
00:39:57par son existence même,
00:39:59qui fait un travail pour dépasser, j'allais dire,
00:40:02des propos d'estrade
00:40:03et qui va au fond des choses,
00:40:04pourrait peut-être vous amener à proposer des évolutions,
00:40:08peut-être revenir à ce qu'on avait proposé ou autre chose.
00:40:10Je pensais bien qu'on ait ce mécanisme,
00:40:12j'allais dire, comportemental.
00:40:14Je ne suis pas sûre qu'il soit
00:40:17totalement suffisant pour régler
00:40:18ce qui est aujourd'hui le cas.
00:40:20C'est, un, la distinction plus claire
00:40:21entre le professionnel et le personnel.
00:40:23Je pense que, si je le dis,
00:40:25c'est une forme d'abus de biens sociaux tolérés.
00:40:27Et si on a des abus de biens sociaux tolérés,
00:40:29parce que c'est un peu de ça dont il s'agit,
00:40:31il faut qu'on y mette fin.
00:40:32Et je pense que l'approche par mettre une assiette
00:40:37qui concerne tous les actifs dits non professionnels,
00:40:39à mon avis, ne correspond pas à la réalité,
00:40:42notamment de ce qu'a montré le métier,
00:40:43des entreprises industrielles.
00:40:46Mais, Madame la Ministre,
00:40:49vous avez évoqué plusieurs situations
00:40:51dans des holdings familiales.
00:40:53Mais que pensez-vous de l'idée,
00:40:55pour les très hauts patrimoines,
00:40:58de considérer, dans le revenu fiscal,
00:41:02le revenu imputé ?
00:41:07Oui, si je mets ma résidence principale dans la holding,
00:41:10ce n'est pas interdit.
00:41:11Comment ?
00:41:12Vous ne voulez pas parler de loyer imputé.
00:41:13Oui, mais il ne faut plus parler de loyer fictif.
00:41:17Il faut parler de loyer imputé.
00:41:19Voilà.
00:41:20En comptabilité nationale,
00:41:21on ne parle plus de loyer fictif.
00:41:23Alors, si vous voulez qu'on parle de loyer fictif,
00:41:25mais enfin, bon, c'est la même chose.
00:41:29puisque les loyers, à l'époque, fictifs,
00:41:32étaient imposables jusqu'en 1965.
00:41:34Mais au moins, pour les hauts revenus,
00:41:36de dire, voilà,
00:41:38que vous soyez, d'ailleurs,
00:41:40détenteur de votre résidence principale
00:41:42et de la ou de vos résidences secondaires
00:41:45dans le cadre d'une holding
00:41:46ou en propriété directe,
00:41:49eh bien, on va vous imputer
00:41:52sur le revenu fiscal.
00:41:56Estimé à partir...
00:41:57Autrefois, on prenait les valeurs locatives.
00:41:59Elles sont tellement sous-évaluées en plus.
00:42:02Mais on peut dire qu'avec coefficient 2,
00:42:04coefficient 3, que sais-je,
00:42:05pour essayer de les rapprocher
00:42:07d'une valeur de marché.
00:42:10Alors, je pense qu'il y a des choses
00:42:12peut-être plus simples à faire.
00:42:13Dans le cadre de la réforme du pacte du trade
00:42:17de la loi de finances initiales de 2026,
00:42:19je pense que la ligne qui est de dire
00:42:21tout ce qui n'est pas à l'usage exclusif
00:42:24de l'entreprise est mis hors du pacte du trade
00:42:27permet de régler le sujet.
00:42:29C'est-à-dire que vous sortez,
00:42:31la résidence que vous utilisez,
00:42:33y compris en vous imaginant locataire
00:42:35de votre propre société, est sortie.
00:42:37Et ça, je pense que c'est une règle claire
00:42:38parce que sinon,
00:42:40on va commencer à rentrer dans l'idée
00:42:41qu'en fait, on pourrait avoir
00:42:42des loyers fictifs ou des loyers imputés
00:42:46sur la base du fait de l'avoir positionné
00:42:48dans une holding, mais d'en être quand même bénéficiaire.
00:42:50Moi, je suis pour des choses assez simples.
00:42:53Donc la réforme de tax holding,
00:42:56telle qu'elle est finalement écrite,
00:42:57va un peu dans ce sens.
00:42:58Elle n'est pas exactement symétrique
00:42:59à ce qui a été fait sur la réforme du trade.
00:43:01Je pense que la manière dont les mots
00:43:05ont été écrits dans la réforme du pacte du trade
00:43:06me semble plus claire.
00:43:08Par ailleurs, sur votre question,
00:43:09monsieur le rapporteur,
00:43:11moi, je suis partenaire de quelque chose
00:43:12de beaucoup plus simple.
00:43:13Ça s'appelle la taxe foncière,
00:43:15assise sur la dernière valeur vénale connue.
00:43:19Et je pense que c'est beaucoup plus simple
00:43:20si vous voulez imposer
00:43:22les très grands patrimoines immobiliers,
00:43:24notamment,
00:43:25plutôt que d'avoir...
00:43:26On a eu tout le débat collectivement
00:43:27sur la taxe foncière,
00:43:29les éléments de confort.
00:43:32Plutôt que d'imaginer des loyers imputés,
00:43:35vous considérez que...
00:43:36Et vous pourrez très bien imaginer
00:43:37une taxe foncière qui pourrait être progressive.
00:43:39On pourrait faire des études d'impact
00:43:40sur plein de choses.
00:43:41Je pense qu'une taxe foncière
00:43:42sur une valeur vénale,
00:43:43ou en tout cas,
00:43:43la dernière valeur vénale connue
00:43:44avec un taux même homogène
00:43:46règle beaucoup plus le problème
00:43:48que vous cherchez à résoudre
00:43:50que des mécanismes très complexes
00:43:52qui ont d'ailleurs été abandonnés.
00:43:56Madame la ministre,
00:43:57je voudrais rebondir sur les holdings
00:43:58puisqu'on en avait beaucoup discuté
00:44:00pendant le projet de loi de finances.
00:44:03Et je pense qu'à regret,
00:44:06ce qu'a décidé le Parlement,
00:44:07mais vous respectez le Parlement,
00:44:08il n'y a pas de problème.
00:44:10c'est parce qu'on n'a pas retenu
00:44:12la version initiale.
00:44:16Vous, je pense qu'on a manqué
00:44:20de pédagogie sur ce texte.
00:44:22On a manqué beaucoup de pédagogie.
00:44:25Vous pensez que par rapport
00:44:27à la CDHP,
00:44:30qui est un impôt personnel,
00:44:32tandis que la taxe sur la holding
00:44:34est un impôt payé par la société,
00:44:37qui a quand même une très grosse différence,
00:44:40notamment par rapport
00:44:41à sa constitutionnalité
00:44:42et sur l'acceptabilité
00:44:44par rapport au droit européen,
00:44:45vous pensez que c'est quelque chose
00:44:47qu'on pourrait creuser encore,
00:44:51éviter peut-être les effets de bord
00:44:53qui étaient liés, par exemple,
00:44:54au réinvestissement,
00:44:56toutes les critiques ont pu y être faites.
00:44:57Et est-ce que, dans vos projections,
00:45:01la rentabilité de cette taxe
00:45:04n'était pas forcément mise à mal ?
00:45:08On a vu que la recette directe,
00:45:10on était sur 1 milliard, 1 milliard et demi.
00:45:11Mais est-ce que vous aviez anticipé
00:45:14ce que vous appelez
00:45:15la fiscalité comportementale,
00:45:17que je partage,
00:45:18qui inciterait les gens
00:45:19à plus distribuer
00:45:20et plus éviter de garder
00:45:22cet argent dans la structure ?
00:45:26Voilà. Est-ce que c'est des réflexions
00:45:28qui ont pesé dans le débat
00:45:31entre la CDHP
00:45:32et la taxe sur les holdings familiales ?
00:45:36Et encore une fois,
00:45:38hélas, il y a eu des études d'impact et autres,
00:45:40mais la pédagogie et les effets de bord,
00:45:43me semble-t-il,
00:45:43n'ont pas été assez expliqués.
00:45:46Alors, je suis totalement d'accord
00:45:48avec vous, M. le Président.
00:45:49Moi, je croyais beaucoup à l'article 4
00:45:50et je crois que vous aussi,
00:45:52dans les débats parlementaires
00:45:53dont j'ai souvenir,
00:45:54et effectivement, je pense qu'on était
00:45:55tous les deux assez déçus
00:45:57de voir qu'on n'avions pas réussi,
00:45:59collectivement avec ceux qui y croyaient,
00:46:00à convaincre non seulement les parlementaires,
00:46:03mais aussi une partie
00:46:03de l'écosystème économique.
00:46:06Je vais peut-être être étonnante pour vous,
00:46:07mais moi, j'avais aussi réfléchi
00:46:08à quels étaient les mécanismes d'évitement
00:46:12que certains contribuables
00:46:13pourraient déployer
00:46:14si tel ou tel mécanisme
00:46:15était mis en œuvre.
00:46:17Parce qu'à un moment donné,
00:46:17il faut être lucide.
00:46:19On a quand même une industrie
00:46:21du Conseil fiscal
00:46:22dont le revenu est tiré,
00:46:24de la capacité à trouver
00:46:26comment légalement,
00:46:27avec tout ce qui existe,
00:46:28on évite l'impôt.
00:46:28Je dois dire que je dois saluer ici devant vous
00:46:31le plan de lutte contre la fraude
00:46:33qu'avait mis en place Gabriel Attal
00:46:35en 2023,
00:46:35quand il était à Bercy,
00:46:37qui avait permis la création
00:46:38de l'unité de renseignement fiscal
00:46:40logée au sein de la Direction nationale
00:46:42du renseignement douanier,
00:46:43et dont l'objectif que j'ai fixé à l'équipe
00:46:46quand j'étais à Bercy
00:46:47était de s'interroger
00:46:48avec des techniques de renseignement,
00:46:50notamment sur les enjeux
00:46:52de montage fiscal,
00:46:55de montage qui était ensuite déployé
00:46:56sur parfois des milliers de contribuables
00:46:59qui étaient dans des situations comparables,
00:47:01notamment un certain nombre
00:47:02de professions libérales
00:47:03qui se voyaient proposées
00:47:03par des officines,
00:47:04des montages pour créer
00:47:06la holding qui va bien,
00:47:07remonter les revenus
00:47:08de la bonne manière,
00:47:09échapper à l'impôt.
00:47:10Donc moi, j'ai réfléchi
00:47:12sur les avantages et inconvénients,
00:47:14sur la manière dont
00:47:15les conseillers fiscaux
00:47:17en tout genre pourraient conseiller
00:47:19ou contribuables d'éviter l'impôt.
00:47:21Le meilleur évitement
00:47:22de la CDHP,
00:47:23qui s'intéresse à des personnes,
00:47:26c'est la mobilité,
00:47:27passer à la frontière.
00:47:29Et vous êtes tous au courant
00:47:30qu'il y a quand même un certain
00:47:31de pays, y compris européens,
00:47:32qui ont des stratégies
00:47:33extrêmement agressives
00:47:34d'attractivité fiscale
00:47:35pour les individus.
00:47:38Pour éviter la taxe holding,
00:47:41l'évitement, c'était quoi ?
00:47:42C'était de réinvestir
00:47:43dans l'économie,
00:47:44de réinvestir dans l'entreprise
00:47:45ou de distribuer des revenus
00:47:47comme c'était observé
00:47:48aux États-Unis.
00:47:49Eh bien, vous savez que,
00:47:50et vous êtes peut-être arrivé
00:47:52comme moi à la même conclusion,
00:47:53qu'au fond,
00:47:54la stratégie d'évitement
00:47:55qui serait conseillée
00:47:56par les conseillers fiscaux
00:47:57pour éviter la taxe holding,
00:47:59c'est-à-dire réinvestir
00:48:00dans l'économie,
00:48:00distribuer des revenus
00:48:01ou réinvestir dans l'entreprise,
00:48:03me semblait être
00:48:04des effets de bord
00:48:05ou des externalités
00:48:06qui étaient quand même
00:48:07beaucoup moins négatifs
00:48:09pour l'intérêt général
00:48:10que la mobilité des personnes
00:48:12et le passage de la frontière.
00:48:14Donc, il ne me semble pas
00:48:15inintéressant, à mon avis,
00:48:16de quand même continuer
00:48:17à tracer le fil de la chose.
00:48:19Par ailleurs, ça évite,
00:48:20je pense que c'est aussi
00:48:20une des questions
00:48:21que vous m'avez posées,
00:48:21donc vous allez peut-être y venir,
00:48:22de nous lancer
00:48:23dans une déclaration
00:48:24extrêmement fastidieuse
00:48:25au niveau des personnes,
00:48:26dont on a vu,
00:48:27au fil des années ISF aussi,
00:48:29une partie des limites.
00:48:31Et si contribution différenciée
00:48:32sur les patrimoines,
00:48:33il y a,
00:48:34et ça peut être un modèle
00:48:35auquel on arrive,
00:48:36il faut à minima
00:48:37qu'on ait un modèle européen.
00:48:40Parce que sinon,
00:48:41la mobilité des personnes
00:48:42est telle
00:48:43que c'est quand même
00:48:45un gros risque.
00:48:45Donc moi,
00:48:45j'ai défendu la CDHP
00:48:46en fait au niveau international
00:48:48à fond,
00:48:48quand j'étais à l'OCDE,
00:48:49le fameux PIL3
00:48:50dont je vous ai parlé.
00:48:52Il me semble,
00:48:52dans un cadre strictement national,
00:48:54que ça peut être
00:48:54une difficulté.
00:48:57À mon avis,
00:48:58si vous relancez les travaux,
00:48:59je vous donne
00:49:00mon avis personnel,
00:49:03il faut qu'on puisse,
00:49:05à mon avis,
00:49:06avoir des critères
00:49:07qu'on ajuste.
00:49:08C'est l'enjeu
00:49:08de la trésorerie,
00:49:09c'est l'enjeu
00:49:10de la vente
00:49:11d'une entreprise,
00:49:12c'est comment on arrive
00:49:13à mieux anticiper
00:49:14la croissance externe,
00:49:15comment on autorise
00:49:16d'avoir une forme
00:49:16de trésorerie excédentaire
00:49:18plus importante.
00:49:19Ce débat,
00:49:20on ne l'a pas vraiment eu
00:49:21parce qu'il a été posé
00:49:22comme,
00:49:22oh là là,
00:49:23si on touche à la trésorerie,
00:49:23on touche à l'investissement
00:49:24productif et donc
00:49:25on arrête tout.
00:49:26Je suis caractératurelle,
00:49:27mais le débat
00:49:28ne l'était pas beaucoup moins.
00:49:30Donc voilà.
00:49:30Donc je pense
00:49:31que c'est quand même
00:49:32une assez bonne approche.
00:49:33Et je le dis finalement,
00:49:35j'avais donc proposé
00:49:36au directeur général
00:49:37de l'administration
00:49:39du Tax Sud
00:49:39au niveau
00:49:40de la Commission européenne
00:49:41que sur les holdings,
00:49:42en fait,
00:49:43on a la base juridique
00:49:45pour envisager
00:49:46potentiellement
00:49:47une forme
00:49:47d'harmonisation européenne
00:49:49de l'assiette
00:49:50ou des taux
00:49:50de comparabilité.
00:49:52Et je trouve
00:49:52que le modèle
00:49:52à cashbox américaine
00:49:53a ce mérite
00:49:54de poser
00:49:55une forme de référence
00:49:56qui est connue
00:49:57quand même
00:49:57par de très nombreux
00:49:58investisseurs
00:49:59et nous positionner
00:50:01du coup
00:50:01dans un cadre fiscal
00:50:02qui soit moins
00:50:05compétitif,
00:50:05concurrentiel
00:50:06et potentiellement
00:50:07antagoniste.
00:50:09Je passe
00:50:10à la quatrième question.
00:50:11Les approximations
00:50:12auxquelles nous sommes
00:50:13réduits en matière
00:50:14de patrimoine
00:50:14traduisent le constat
00:50:15d'un manque de données
00:50:16fiable
00:50:17en matière
00:50:18de patrimoine
00:50:19non immobilier
00:50:20depuis la transformation
00:50:21de l'ISF
00:50:22en IFI
00:50:23du moins
00:50:23pour les biens
00:50:26or immobilier
00:50:27mais non professionnel
00:50:29puisque dans l'ISF
00:50:30on n'avait pas
00:50:31une déclaration
00:50:31des biens professionnels.
00:50:33Avez-vous été confronté
00:50:35aux mêmes difficultés
00:50:35d'accès aux données
00:50:36de patrimoine
00:50:37en tant que ministre
00:50:38et qu'en pensez-vous
00:50:39d'introduction
00:50:39d'une obligation déclarative
00:50:41permettant d'obtenir
00:50:42une vision précise
00:50:43du patrimoine financier
00:50:45professionnel
00:50:46comme non professionnel
00:50:47des citoyens
00:50:48du moins les plus aisés
00:50:49même sans vissées
00:50:51contributives
00:50:51ce qui est le cas
00:50:52d'ailleurs
00:50:52dans un pays
00:50:54de l'Union Européenne
00:50:55qui est le Danemark.
00:50:56Si vous n'estimez pas
00:50:57cette piste pertinente
00:50:58que suggérez-vous
00:50:59pour améliorer
00:50:59la qualité des données
00:51:00en la matière ?
00:51:03Alors
00:51:05je dois dire
00:51:06que parfois
00:51:07certaines polémiques
00:51:08qui ont pu avoir lieu
00:51:09au cours des dernières mois
00:51:10je vois comme très positif
00:51:11le fait que votre commission
00:51:12s'intéresse
00:51:13vous l'avez dit
00:51:13à un sujet très politique
00:51:14mais aussi très technique
00:51:16et que je crois
00:51:16qu'on constate tous
00:51:17et moi je l'ai vécu
00:51:18en tant que ministre
00:51:19c'est pas par défaut
00:51:20d'énergie
00:51:20ou de volontarisme
00:51:22ni de mes équipes
00:51:24ni de celles
00:51:24évidemment de l'administration
00:51:25fiscale
00:51:26mais il y a beaucoup
00:51:27y compris d'études
00:51:28d'impact
00:51:29qui m'étaient demandées
00:51:29d'ailleurs par vous-même
00:51:30ou d'autres de vos collègues
00:51:31dans le cadre de la négociation
00:51:32par définition
00:51:33dans l'absence de majorité
00:51:34on était aussi au service
00:51:35des parlementaires
00:51:36que j'avais beaucoup
00:51:37de mal à faire en fait
00:51:38et que les administrations
00:51:40non pas par manque de volonté
00:51:41mais juste n'avaient pas
00:51:42les données pour le faire
00:51:43précisément.
00:51:43C'est pour ça qu'on a
00:51:44beaucoup travaillé par K-Type
00:51:46c'est pour ça qu'un certain
00:51:47de situations
00:51:48et j'ai pu le dire
00:51:49d'ailleurs publiquement
00:51:49dans les médias
00:51:50m'ont amené à constater
00:51:51qu'un certain nombre
00:51:53de ménages
00:51:53y compris fortunés
00:51:54pouvaient se retrouver
00:51:55avec des revenus fiscaux
00:51:56de référence très bas
00:51:58qui pouvaient les amener
00:51:59à être éligibles
00:52:00à un certain nombre
00:52:00de mécanismes
00:52:01y compris d'aide sociale
00:52:01qui heureusement
00:52:02ils ne demandaient pas
00:52:04mais oui
00:52:04ils m'ont manque de données
00:52:06la question c'est
00:52:06comment on y répond
00:52:07le modèle danois
00:52:08c'est un modèle déclaratif
00:52:09qui est là depuis très longtemps
00:52:10qui est très stable
00:52:12que l'administration fiscale
00:52:13a aussi eu le temps
00:52:14de consolider
00:52:15pour éviter
00:52:16qu'il y ait
00:52:16la sous-déclaration
00:52:17et aussi qu'il y ait
00:52:18du croisement de données
00:52:19parce que si c'est
00:52:19du pur déclaratif
00:52:20notamment sur des choses
00:52:21qui sont difficiles
00:52:22à estimer
00:52:23c'est pas pour ça
00:52:24que vous avez franchement
00:52:25résolu le problème
00:52:26parce que vous pouvez mettre
00:52:27des valeurs
00:52:27qui sont très difficiles
00:52:28à contre-expertiser
00:52:29moi il me semble que
00:52:31mais bon c'est là aussi
00:52:32à travailler avec les équipes
00:52:34si on avait une remontée
00:52:36beaucoup plus fiable
00:52:37de la part
00:52:37des sociétés holding
00:52:40d'un certain nombre
00:52:41d'éléments
00:52:41que l'INSEE
00:52:42la DGFIP
00:52:42et l'IPP
00:52:43vont chercher à établir
00:52:44dans le cadre du travail
00:52:45que ces institutions mènent
00:52:46de manière régulière
00:52:48notamment pour mieux connaître
00:52:50les bénéficiaires effectifs
00:52:52de ces entreprises
00:52:52et qu'on puisse plus régulièrement
00:52:54les croiser
00:52:54avec les données
00:52:55de fiscalité personnelle
00:52:58là je pense
00:52:59qu'on rendrait service
00:53:01au pays
00:53:01pour comprendre mieux les choses
00:53:03à l'administration fiscale
00:53:05pour mener des contrôles
00:53:06plus ciblés
00:53:07plus répétés
00:53:09et à la confiance collective
00:53:10sur le fait
00:53:11qu'il y ait bien
00:53:12une réalité
00:53:14après je le dis
00:53:16c'est aussi un peu
00:53:18les experts comptables
00:53:20peuvent aussi beaucoup aider
00:53:20à reclarifier
00:53:22ce qui est personnel
00:53:22et ce qui est professionnel
00:53:24et ça ça passe
00:53:25par aussi
00:53:26des normes professionnelles
00:53:27y compris des experts comptables
00:53:28donc ça je pense
00:53:29qu'il y a aussi
00:53:30des choses à faire
00:53:30sur les données
00:53:32qui soient à la fois
00:53:33la typologie de données
00:53:35qu'on demande
00:53:35de holding
00:53:36de remontée
00:53:36sans rentrer
00:53:37dans des usines à gaz
00:53:37je pense qu'on doit
00:53:38pouvoir faire
00:53:39plus fiable
00:53:40plus régulier
00:53:42et plus utile
00:53:43il y a le sujet
00:53:44des bénéficiaires effectifs
00:53:46qui me semble être
00:53:47un sujet quand même
00:53:47intéressant
00:53:48notamment pour que
00:53:49je vous dis
00:53:49l'étude INCIPP
00:53:51DGFIP
00:53:51puisse se faire
00:53:52de manière plus régulière
00:53:53quasiment
00:53:53on continue
00:53:54et je ne vois pas
00:53:55qui peut être contre
00:53:56et je pense
00:53:56que c'est tout à fait
00:53:57constitutionnel
00:53:58et puis il y a
00:53:59un troisième sujet
00:53:59c'est quand même
00:54:00les normes professionnelles
00:54:01des experts comptables
00:54:02qui doivent aider
00:54:03à ce qu'on clarifie bien
00:54:04le personnel du professionnel
00:54:05une contribution différentielle
00:54:07sur le patrimoine
00:54:08CDHP devait figurer
00:54:09dans le texte initial
00:54:10du projet de loi de finances
00:54:11pour 2026
00:54:12quelles ont été
00:54:12les raisons qui ont conduit
00:54:13on a traité de tout ça
00:54:14pourquoi avoir
00:54:16écarté le patrimoine
00:54:17professionnel
00:54:18tout ça
00:54:19il reste la dernière
00:54:20sous-question
00:54:21dans la cinquième question
00:54:22que pensez-vous
00:54:23de la version
00:54:23de cette CDHP
00:54:25défendue par monsieur
00:54:26Zuckman
00:54:26incluant
00:54:27les patrimoines
00:54:28professionnels
00:54:29dans l'assiette
00:54:30et avec un taux
00:54:31de 2%
00:54:35j'en pense
00:54:37là vous avez
00:54:37au compte rendu
00:54:38de l'Assemblée nationale
00:54:39et du Sénat
00:54:39j'allais dire
00:54:40des heures et des heures
00:54:41de débat
00:54:42sur lesquelles
00:54:43j'ai pu exposer
00:54:45de manière assez fouillée
00:54:47et je peux vous renvoyer
00:54:48tous les arguments
00:54:49ce que j'en pense
00:54:50c'est que
00:54:510,5% de taux
00:54:53si une CDHP
00:54:55ou même une taxe Zuckman
00:54:56si on l'appelle comme ça
00:54:57avait été créée
00:54:58avec 0,5% de taux
00:54:59c'est 3%
00:55:00de rendement
00:55:02fois
00:55:0416%
00:55:05de taux
00:55:06d'imposition
00:55:06sur le revenu
00:55:07et 16% c'est quoi
00:55:08c'est 12,8%
00:55:10d'impôt sur le revenu
00:55:11du PFU
00:55:12plus
00:55:134%
00:55:14de
00:55:15contribution
00:55:16XFL
00:55:16sur les hauts revenus
00:55:17ça ça donne 0,5%
00:55:18si vous voulez passer
00:55:20à 2%
00:55:23ça veut dire
00:55:24que vous multipliez
00:55:25donc
00:55:25par
00:55:264
00:55:27l'un des paramètres
00:55:29donc
00:55:30on peut dire
00:55:30que ça veut dire
00:55:31que vous estimez
00:55:31que le taux d'imposition
00:55:32sur le revenu
00:55:33qu'il faut faire
00:55:35c'est plutôt 30%
00:55:36ce qui est
00:55:38le double du taux
00:55:39d'imposition
00:55:40sur le revenu
00:55:41du PFU d'aujourd'hui
00:55:41et que vous considérez
00:55:42que le taux de rendement
00:55:43moyen du patrimoine
00:55:44c'est plus 3%
00:55:45en temps long
00:55:46c'est 6%
00:55:48moi je connais pas
00:55:49beaucoup de pays
00:55:49où on considère
00:55:51que le patrimoine
00:55:52a un rendement annuel
00:55:54net de 6%
00:55:55et que le taux
00:55:56d'impôt sur le revenu
00:55:58qu'il faudrait
00:55:58le pratiquer
00:55:59sachant qu'en France
00:56:00s'y ajoutent des cotisations sociales
00:56:02ce serait 30%
00:56:04donc c'est pourquoi
00:56:06le taux de 2%
00:56:07m'a semblé
00:56:08particulièrement élevé
00:56:09par ailleurs je rappelle
00:56:10qu'au niveau du conseil constitutionnel
00:56:14quand il y a eu
00:56:15un ISF
00:56:16qui n'incluait pas
00:56:17les biens professionnels
00:56:19à 2%
00:56:19ou à presque 2%
00:56:21il était plafonné
00:56:23donc le modèle
00:56:24d'Izuchman
00:56:26pour moi
00:56:26il avait 3 grandes faiblesses
00:56:281
00:56:29avec un taux de 2%
00:56:30il doit être plafonné
00:56:31s'il est plafonné
00:56:33il n'a pas du tout
00:56:33le rendement attendu
00:56:34il a plutôt
00:56:35non pas 20 milliards
00:56:35mais plutôt 5 milliards
00:56:37deuxième faiblesse
00:56:39il inclut
00:56:40un taux de rendement
00:56:43sous-jacent
00:56:43très décalé
00:56:45par rapport
00:56:45à la réalité
00:56:46de ce qu'on voit
00:56:46dans le temps long
00:56:47des revenus
00:56:49du capital
00:56:50et troisième faiblesse
00:56:52il inclut
00:56:53les actifs professionnels
00:56:54et moi
00:56:55j'ai quand même
00:56:56beaucoup de mal
00:56:57à imaginer
00:56:57qu'on va créer
00:56:58une fiscalité
00:56:58qui taxe
00:57:00après toute la taxation
00:57:01par ailleurs
00:57:02qui existe en France
00:57:03sur le travail
00:57:05sur l'impôt de produits
00:57:06sur les impôts
00:57:06de production
00:57:07sur les bénéfices
00:57:09une contribution
00:57:09in fine
00:57:11donc tous ces arguments
00:57:12je les ai déjà étayés
00:57:13largement
00:57:14dans de nombreux contextes
00:57:15il y a d'ailleurs
00:57:16eu plein de versions
00:57:17je me souviens
00:57:18de madame la députée
00:57:18Mercier
00:57:19qui avait proposé
00:57:19une autre version
00:57:20il y a eu beaucoup
00:57:21de débats
00:57:21je suis certain
00:57:22que ces débats
00:57:22reviendront
00:57:23je pense qu'il faut
00:57:24décomposer le taux
00:57:25de 2%
00:57:26pour le rendre comparable
00:57:27à des choses
00:57:28qu'on connaît
00:57:28dans le débat
00:57:29et donc 6%
00:57:30de rendement moyen
00:57:31x 30%
00:57:32d'impôt sur le revenu
00:57:33ça paraît
00:57:34en plus
00:57:35avant
00:57:36cotisation sociale
00:57:37par ailleurs
00:57:38ça paraît
00:57:39très décalé
00:57:39par rapport
00:57:39à la réalité
00:57:40de notre prospérité économique
00:57:41j'adorerais vous dire
00:57:42qu'on arrive
00:57:43à avoir
00:57:43un rendement moyen
00:57:44de 6% par an
00:57:45sur le capital
00:57:46c'est malheureusement
00:57:46pas notre croissance
00:57:48effective
00:57:52et du risque
00:57:52de délocalisation
00:57:58j'en ai pas reparlé là
00:57:59je vous en ai parlé
00:58:00plusieurs fois avant
00:58:02je vous l'ai dit
00:58:03plusieurs fois
00:58:03le principe
00:58:04d'une fiscalité
00:58:05sur les ménages
00:58:06c'est que les ménages
00:58:07et leur patrimoine
00:58:07sont mobiles
00:58:09donc autant
00:58:09je vous l'ai dit
00:58:10et je l'ai dit
00:58:11publiquement
00:58:11et je l'ai dit
00:58:12à plein d'acteurs politiques
00:58:13donc j'ai aucune raison
00:58:14de vous le cacher
00:58:14j'ai défendu un modèle
00:58:15très proche
00:58:16de ce que proposait
00:58:17M. Zuckmann
00:58:17non pas avec un taux de 2%
00:58:19mais au niveau de l'OCDE
00:58:20d'ailleurs à l'époque
00:58:21je viens de dire
00:58:22que Gabriel Zuckmann
00:58:23était l'un des interlocuteurs
00:58:24que nous collectivement
00:58:26mettions dans les débats
00:58:27de l'OCDE et du G20
00:58:28et on l'a même soutenu
00:58:29je crois dans un événement
00:58:30qui a eu lieu au Brésil
00:58:31pendant le G20 brésilien
00:58:32donc le sujet
00:58:33n'est pas le concept
00:58:34le sujet est le taux
00:58:35est-ce que c'est
00:58:37avec un taux de 2%
00:58:38est-ce que c'est constitutionnel
00:58:38en France
00:58:39la réponse est non
00:58:39et deuxièmement
00:58:40effectivement
00:58:41vous y venez
00:58:42mais j'y suis venue
00:58:42plusieurs fois avant
00:58:43le cadre d'action
00:58:44sur un sujet comme celui-là
00:58:45s'il n'est pas
00:58:46à minima européen
00:58:47voire effectivement
00:58:48dans le cadre du G20
00:58:48ou de l'OCDE
00:58:50il se passera
00:58:50ce qui se passe aujourd'hui
00:58:51c'est-à-dire
00:58:51une immense mobilité
00:58:53du patrimoine
00:58:54des plus fortunés
00:58:54de la planète
00:58:55entre les différents pays
00:58:57et donc ils optimisent
00:58:58où est-ce qu'ils mettent
00:58:58les actifs immobiliers
00:58:59où est-ce qu'ils mettent
00:58:59les actifs professionnels
00:59:01où est-ce qu'ils organisent
00:59:02les successions
00:59:04et c'est pourquoi
00:59:05la France a défendu
00:59:06l'existence d'un pilier 3
00:59:07dans le cadre
00:59:08du G20 ou CDE
00:59:12La sixième question
00:59:16La Cour des comptes
00:59:17a publié en novembre 2025
00:59:19un rapport sur le pacte
00:59:20d'Utreil
00:59:21qui va plus loin
00:59:22que la réforme
00:59:22adoptée en loi de finances
00:59:23pour 2026
00:59:24même si certaines
00:59:25des propositions
00:59:26du rapport
00:59:27de la Cour des comptes
00:59:28ont inspiré
00:59:29les travaux
00:59:31du Parlement
00:59:32et en particulier
00:59:33elle propose
00:59:34une diminution
00:59:34du taux de l'abattement
00:59:35de 75%
00:59:36ou plus exactement
00:59:38d'avoir de taux
00:59:38à 75%
00:59:39et à 50%
00:59:40au-delà
00:59:41d'un certain niveau
00:59:42à 10 millions
00:59:4350 millions
00:59:44quelque chose comme ça
00:59:45comment avez-vous accueilli
00:59:47ce rapport
00:59:47en tant que ministre
00:59:48et quelles sont
00:59:49les suites
00:59:49que vous avez voulu
00:59:51lui donner
00:59:54D'abord
00:59:55une réception
00:59:55très positive
00:59:57parce qu'il était utile
00:59:58que sur ce débat
00:59:59où beaucoup de choses
01:00:01étaient dites
01:00:01on ait
01:00:02et je crois que c'est
01:00:03la contribution
01:00:04très souvent
01:00:05des travaux
01:00:06notamment de la Cour des comptes
01:00:07c'est d'arriver
01:00:08à mettre dans le débat
01:00:09des éléments factuels
01:00:10des chiffres
01:00:10des exemples
01:00:11et qu'on arrive
01:00:12à aller au fond
01:00:13des sujets
01:00:17nous étions
01:00:18effectivement
01:00:19en novembre 25
01:00:20nous avions déjà
01:00:21dans les débats
01:00:22un certain nombre
01:00:22de propositions
01:00:23sur le recentrage
01:00:25le durcissement
01:00:26d'un certain nombre
01:00:27de règles
01:00:27pour que la jurisprudence
01:00:28du pacte du treil
01:00:30change
01:00:31parce que le pacte du treil
01:00:32au départ
01:00:32il n'avait jamais prévu
01:00:33qu'on mette
01:00:33les actifs personnels
01:00:34dedans
01:00:34et surtout
01:00:35qu'on y arrive
01:00:36à quasiment 50%
01:00:37potentiellement
01:00:37de la valeur
01:00:38des pactes
01:00:39donc moi
01:00:40j'accueille ça
01:00:40très relativement
01:00:41j'ai trouvé intéressant
01:00:42qu'on arrive
01:00:42de manière unanime
01:00:46monsieur le rapporteur
01:00:47à avoir un vote
01:00:48de mémoire unanime
01:00:50sur le passage
01:00:51de 4 à 6 ans
01:00:53pour la conservation
01:00:53des titres
01:00:54l'exclusion
01:00:55des biens somptuaires
01:00:55ce qui me semblait
01:00:56déjà être
01:00:56une très grande avancée
01:01:00oui
01:01:01sur les biens
01:01:03l'exclusion
01:01:04des biens somptuaires
01:01:05personnels
01:01:05de l'assiette
01:01:06du pacte du treil
01:01:07et par ailleurs
01:01:08sur le taux
01:01:08moi je dois vous dire
01:01:09en revanche
01:01:10et ça c'était aussi
01:01:11une pratique personnelle
01:01:12manquant d'études
01:01:13d'impact sur le sujet
01:01:15manquant de capacité
01:01:16à voir les effets
01:01:17etc
01:01:17et je crois
01:01:18voulant préserver
01:01:19et je l'ai d'ailleurs dit
01:01:20dans un débat
01:01:20au parlement
01:01:21là aussi
01:01:22dont on peut retrouver
01:01:23le compte rendu
01:01:23une proposition
01:01:24je crois du député
01:01:25sans su
01:01:28au printemps
01:01:292025
01:01:31exactement
01:01:33j'avais indiqué
01:01:34que je ne pensais pas
01:01:35que c'était
01:01:36l'arbitrage
01:01:37qu'il nous fallait retenir
01:01:39après
01:01:39voilà
01:01:40je pense que
01:01:41sur tous ces débats
01:01:41si des études
01:01:42d'impact plus approfondies
01:01:43pouvaient nous amener
01:01:43à confirmer
01:01:44que ça ne gênerait pas
01:01:45la transmission
01:01:46des entreprises
01:01:47de taille intermédiaire
01:01:48familiale
01:01:48pour qu'on crée
01:01:49enfin notre
01:01:49Mittelstand français
01:01:51je crois qu'il y a
01:01:51un objectif stratégique
01:01:52d'indépendance
01:01:53et de souveraineté
01:01:53notamment dans beaucoup
01:01:54de champs
01:01:55je pense notamment
01:01:56au champ de la défense
01:01:56où c'est quand même
01:01:57très précieux
01:01:58voilà ça me paraissait
01:01:59en tout cas
01:02:01vouloir continuer
01:02:02à encourager
01:02:02cette transmission
01:02:03d'entreprises
01:02:03la stabilité
01:02:04de notre tissu industriel
01:02:05une baisse brutale
01:02:06du taux
01:02:07non anticipé
01:02:07non préparé
01:02:08et non étudié
01:02:09ne me semblait pas
01:02:11être un choix
01:02:12à poursuivre
01:02:17question suivante
01:02:18en décembre 2025
01:02:19le conseil
01:02:20des prélèvements
01:02:20obligatoires
01:02:21a également produit
01:02:22plusieurs rapports
01:02:22sur l'imposition
01:02:23du patrimoine
01:02:24il préconisait
01:02:25plusieurs réformes
01:02:26de la fiscalité
01:02:27de la détention
01:02:28de la transmission
01:02:29et des revenus
01:02:30du patrimoine
01:02:31comment vous accueillez
01:02:33ces rapports
01:02:33en tant que ministre
01:02:34et quelles sont
01:02:35les suites
01:02:35que vous avez voulu
01:02:36y donner
01:02:37si vous vouliez
01:02:38leur donner une suite
01:02:41réception très positive
01:02:42et je crois
01:02:42que j'avais répondu
01:02:43à une question
01:02:44au gouvernement
01:02:44du député Potier
01:02:45qui m'avait interrogé
01:02:47sur le sujet
01:02:48de mémoire
01:02:50j'espère qu'elle
01:02:51ne me fera pas défaut
01:02:52je lui avais répondu
01:02:53que je trouvais
01:02:53que ce rapport
01:02:54allait dans le sens
01:02:54de beaucoup de nos débats
01:02:55dans le cadre budgétaire
01:02:57du débat budgétaire
01:02:59je rappelle que c'est
01:03:00quand même un débat
01:03:00qu'on a mené
01:03:01et j'en suis très fière
01:03:02collectivement
01:03:03en absence de majorité
01:03:05et j'ai trouvé
01:03:05qu'il était intéressant
01:03:06que sur un certain nombre
01:03:07de sujets
01:03:07que d'ailleurs
01:03:08le conseil des prélèvements
01:03:08obligatoires citait
01:03:10alors qu'il a été publié
01:03:12le 1er décembre 1925
01:03:13nous avions déjà bien avancé
01:03:14dans le débat budgétaire
01:03:15et bien nous avions aussi
01:03:16bien avancé
01:03:16dans un certain nombre
01:03:17de sujets
01:03:17qui étaient opposés
01:03:19ce que j'en ai fait
01:03:20c'est deux choses
01:03:22d'abord
01:03:23c'était de demander
01:03:25aux équipes
01:03:25de la direction
01:03:26de la législation fiscale
01:03:27et de la DGFIP
01:03:29de regarder
01:03:30comment un certain
01:03:31nombre de travaux
01:03:33pouvaient déjà lancer
01:03:34dans l'optique
01:03:35de la préparation
01:03:35du PLF 2027
01:03:37parce qu'il m'a semblé
01:03:38qu'il y avait des choses
01:03:39qu'on pouvait investiguer
01:03:40plus loin
01:03:42je donne un exemple
01:03:44l'alignement de la fiscalité
01:03:45de l'assurance-vie
01:03:45en ligne directe
01:03:46sur le barème
01:03:47des droits de mutation
01:03:48à titre gratuit
01:03:50ça je trouve que c'est pas
01:03:51voilà
01:03:51qu'est-ce qu'on crée
01:03:52une tranche supplémentaire
01:03:53on a eu un certain nombre
01:03:54de débats
01:03:55sur est-ce qu'au-dessus
01:03:56par exemple
01:03:57de 2,5 millions d'euros
01:04:00par bénéficiaire
01:04:00d'assurance-vie
01:04:01ce qu'on fait pas un taux
01:04:02finalement non plus
01:04:02à 30%
01:04:03mais à 40%
01:04:04je trouve personnellement
01:04:05que c'est quelque chose
01:04:06qui pourrait être regardé
01:04:08il y a le sujet
01:04:09du report d'imposition
01:04:11notamment du 150 au BTR
01:04:13est-ce qu'à un moment donné
01:04:13on solde le report
01:04:15notamment quand il y a
01:04:16des passages de génération
01:04:18c'est pas le sujet
01:04:19des plus values latentes
01:04:20en général
01:04:20mais c'est le sujet
01:04:21du report d'imposition
01:04:22est-ce qu'on y met fin
01:04:23notamment au moment
01:04:23des successions
01:04:25la création des taxes
01:04:26sur les holdings
01:04:26c'était cité
01:04:27comme quelque chose d'utile
01:04:30et ce que j'en ai vu
01:04:32c'est positif
01:04:34ça montre qu'on a bien avancé
01:04:35un certain nombre de débats
01:04:36était déjà dans le projet
01:04:37de texte qui se construisait
01:04:39sur un certain nombre de sujets
01:04:40j'ai demandé aux administrations
01:04:42de regarder comment potentiellement
01:04:43dans le budget suivant
01:04:45elles pouvaient être embarquées
01:04:46après il y a un très grand sujet
01:04:48et je crois que je l'avais dit
01:04:49dans ces mots au Sénat
01:04:50pendant le débat budgétaire
01:04:51qui est le sujet
01:04:52de la transmission
01:04:53la fiscalité des successions
01:04:55il y a plusieurs modèles
01:04:56qui existent
01:04:57il y en a un
01:04:57qui me semblerait utile
01:04:58et je l'avais dit
01:04:59tel que au Sénat
01:05:01donc là aussi
01:05:01c'est au compte rendu
01:05:02je peux vous envoyer
01:05:03mes déclarations de l'époque
01:05:05un modèle
01:05:06qui aurait une fiscalité
01:05:07qui ne reposerait pas
01:05:08par celui qui transmet
01:05:10mais par celui qui reçoit
01:05:11aurait à mes yeux
01:05:12deux très grands bénéfices
01:05:14un de la simplicité
01:05:17aujourd'hui vous avez quasiment
01:05:18la possibilité
01:05:19de donner
01:05:21un million d'euros
01:05:22à un descendant
01:05:25en exonération totale
01:05:27au fil de votre vie
01:05:28donc si je schématise à l'extrême
01:05:30vous pourriez avoir un modèle
01:05:31
01:05:33la personne qui reçoit
01:05:35pourrait recevoir
01:05:35jusqu'à potentiellement
01:05:36un million d'euros
01:05:37en exonération de droit
01:05:38et en revanche après
01:05:40avoir une fiscalité
01:05:41très progressive
01:05:42ça a deux bénéfices
01:05:43un la simplicité
01:05:44la confiance
01:05:45des jeunes générations
01:05:46sur le fait
01:05:47qu'elles pourront
01:05:48être aidées
01:05:49par les générations
01:05:49supérieures
01:05:50mais surtout
01:05:52une plus grande équité
01:05:53parce que
01:05:54le sujet
01:05:55à mes yeux
01:05:55c'est moins
01:05:56la fiscalité
01:05:57de celui qui donne
01:05:58que l'accumulation potentielle
01:06:00qui peut exister
01:06:01de ceux qui reçoivent
01:06:03vous pouvez recevoir
01:06:04beaucoup
01:06:04de plein de sources différentes
01:06:06sans que la fiscalité
01:06:07en fait ait été
01:06:08progressive
01:06:10donc j'avais proposé
01:06:11ça dans les débats
01:06:12au scénario
01:06:12il me semble que c'est un sujet
01:06:13qui pourrait être expertisé
01:06:15je l'avais dit publiquement
01:06:16donc je le redis aujourd'hui
01:06:17c'est pas une annonce
01:06:19d'ailleurs je suis pas là
01:06:19pour faire des annonces
01:06:20je suis là pour rendre compte
01:06:21des choses que j'avais proposées
01:06:23et donc j'avais notamment
01:06:24commencé à travailler
01:06:25avec les équipes
01:06:26à Bercy
01:06:26sur
01:06:27à mon avis
01:06:28c'est pas un débat
01:06:28qui est mûr pour le budget
01:06:29dans quelques semaines
01:06:30mais que ce soit un débat
01:06:31pour notre pays
01:06:32dans les prochaines années
01:06:32me semble quelque chose
01:06:33d'intéressant
01:06:40on va dire sur
01:06:42la problématique
01:06:43effectivement
01:06:44des droits de succession
01:06:44en ligne directe
01:06:45et le différentiel
01:06:46qui existe avec les assurances vie
01:06:48parce qu'on parle beaucoup
01:06:49de taux
01:06:50je rappelle
01:06:50que la tranche marginale
01:06:52de l'assurance vie
01:06:53c'est 31,25
01:06:55donc la tranche marginale
01:06:57en ligne directe
01:06:58est de 45%
01:06:59donc quand même
01:07:01on a un gros différentiel
01:07:02je parle pas
01:07:03des successions
01:07:04entre tiers
01:07:05ou donations
01:07:05entre tiers
01:07:06on est là
01:07:09encore plus
01:07:09puisque c'est 60%
01:07:10je dirais
01:07:11donc il y a
01:07:13un vrai sujet
01:07:13mais l'outil assurance vie
01:07:15est quand même
01:07:15un outil utile
01:07:16on peut pas
01:07:17le balayer
01:07:18d'un horaire de la main
01:07:19et autres
01:07:19après c'est toujours
01:07:21le côté systémique
01:07:22des réformes
01:07:22que l'on met
01:07:23et sur leur caractère
01:07:24rétroactif
01:07:25l'application de la loi
01:07:25dans le temps
01:07:26qui pose quand même
01:07:27un problème
01:07:27et qui prend les gens
01:07:29au rebours
01:07:29qui sont pas prévenus
01:07:30et ça c'est aussi
01:07:31la difficulté
01:07:32de faire évoluer
01:07:32nos règles fiscales
01:07:34je pense que
01:07:34vous l'avez rencontré
01:07:35dans vos études
01:07:37et autres
01:07:37et vos réflexions
01:07:39si on parle par exemple
01:07:40de l'impôt à la holding
01:07:41de la holding ancienne
01:07:42et la holding nouvelle
01:07:43voilà les gens
01:07:44et d'ailleurs
01:07:45la taxe de la nouvelle holding
01:07:47des 20%
01:07:49prend un peu
01:07:49les gens au rebours
01:07:50puisqu'il faut s'organiser
01:07:51avant le 31 décembre
01:07:532026
01:07:57oui
01:07:58madame la ministre
01:08:00sur
01:08:01les droits
01:08:02sur la transmission
01:08:03de l'OCDE
01:08:05puisque vous avez été membre
01:08:06pendant
01:08:06deux ans je crois
01:08:09un an et demi
01:08:10bon
01:08:11ambassadrice
01:08:12oui oui
01:08:12vous suiviez quand même
01:08:14ce qui se passait
01:08:14vous étiez payé pour ça
01:08:15si je puis dire
01:08:16bon
01:08:16voilà
01:08:18oui enfin
01:08:19ambassadrice
01:08:20mais vous suiviez
01:08:20a produit
01:08:22des travaux très intéressants
01:08:25comparant
01:08:25le système
01:08:26de la transmission
01:08:28du patrimoine
01:08:28dans les principaux pays
01:08:29bon
01:08:31qui montre
01:08:32que la tendance
01:08:34est à une réduction
01:08:35des droits de succession
01:08:36il y a quand même
01:08:3710 de ces pays
01:08:38qui ont purement
01:08:39et simplement
01:08:39supprimé
01:08:40tout droit de succession
01:08:42et ils considèrent
01:08:43la France
01:08:43comme une anomalie
01:08:45puisque nous
01:08:46non seulement
01:08:46on ne les a pas
01:08:47abaissés
01:08:48mais on les a augmentés
01:08:49alors qu'est-ce que
01:08:50vous pensez
01:08:51de cette étude
01:08:51de l'OCDE
01:08:52auquel en tant
01:08:53qu'ambassadrice
01:08:54vous l'avez lue
01:08:55avec délectation
01:08:56je suppose
01:08:58je l'ai lue
01:08:59avec intérêt
01:09:01en fait
01:09:02on a un peu
01:09:02des choix
01:09:03devant nous
01:09:04je ne pense pas
01:09:04qu'il faille
01:09:05et je l'ai dit
01:09:06aussi plusieurs fois
01:09:07imaginer que nous
01:09:08devons avoir
01:09:09le podium
01:09:09de l'imposition
01:09:12quand nous faisons
01:09:13des comparaisons
01:09:13internationales
01:09:14sur l'ensemble
01:09:15des sujets fiscaux
01:09:15qui existent
01:09:16je pense qu'il est
01:09:17difficile pour un pays
01:09:18d'être le pays
01:09:19qui a la plus forte
01:09:20cotisation sur le travail
01:09:22le pays
01:09:23qui est loin d'avoir
01:09:24la plus faible imposition
01:09:25sur les bénéfices
01:09:26d'entreprise
01:09:27le pays
01:09:28qui a un taux marginal
01:09:29sur l'imposition
01:09:30sur le revenu
01:09:30qui quand même
01:09:32peut approcher 45%
01:09:34le pays
01:09:35qui vous le dites
01:09:35sur l'imposition
01:09:36des successions
01:09:37et transmissions
01:09:37a là aussi
01:09:38un modèle très original
01:09:39mais très différent
01:09:40si il se pratique ailleurs
01:09:42il me semble
01:09:43que notre sujet
01:09:44collectif
01:09:45et c'est comme ça
01:09:45aussi que j'ai essayé
01:09:46de l'approcher
01:09:46quand j'étais ministre
01:09:47c'était au fond
01:09:48de faire des arbitrages
01:09:50au fond
01:09:51qu'est-ce qu'on veut
01:09:52à quel moment
01:09:53on veut avoir
01:09:53une fiscalité
01:09:54à quel moment
01:09:55de la vie
01:09:55et sur quel type
01:09:56de flux
01:09:58on veut
01:09:59asseoir notre fiscalité
01:10:00je pense pas
01:10:00qu'il faille pousser
01:10:01tous les curseurs
01:10:02au maximum
01:10:03ce qui fait quand même
01:10:04qu'à la fin
01:10:04on est un des pays
01:10:05qui a la plus forte
01:10:06taux de prélèvement
01:10:07obligatoire
01:10:07et de recette fiscale
01:10:08de l'OCDE
01:10:09j'ai aussi lu
01:10:10beaucoup de rapports
01:10:11sur ce sujet
01:10:11à l'époque
01:10:13moi il me semble
01:10:14qu'on pourrait
01:10:14très bien imaginer
01:10:15et vous avez
01:10:17je crois
01:10:17des auteurs
01:10:18je pense
01:10:19notamment
01:10:21qui ont fait
01:10:22des ventes
01:10:23de livres
01:10:23assez importantes
01:10:24qui proposent
01:10:24par exemple
01:10:25qu'on baisse
01:10:25assez significativement
01:10:26les charges
01:10:27les cotisations
01:10:29et contributions
01:10:30sur le travail
01:10:31en échange
01:10:32potentiellement
01:10:33d'un reparamétrage
01:10:34de notre imposition
01:10:35sur les successions
01:10:37donc je pense
01:10:37qu'il y a des arbitrages
01:10:38moi je vois ça
01:10:38plutôt quand même
01:10:39comme des vases
01:10:40communiquants
01:10:41qu'est-ce qu'on choisit
01:10:42mais si à fiscalité
01:10:44totalement constante
01:10:44on ne fait qu'augmenter
01:10:46le rendement
01:10:47de la position
01:10:47sur les suggestions
01:10:49on aura un problème
01:10:50quand même
01:10:50de fonctionnement
01:10:52économique
01:10:54donc je pense
01:10:55qu'aucun débat
01:10:55n'est interdit
01:10:56je pense qu'on peut
01:10:57faire plein de choses
01:10:58intéressantes
01:10:58plus lisibles
01:10:59plus sains
01:10:59plus équitables
01:11:00et c'est d'ailleurs
01:11:00tout à l'honneur
01:11:01de ceux qui participent
01:11:02au débat politique
01:11:02de le faire
01:11:03il faut le faire
01:11:04sur une base
01:11:05claire
01:11:05partagée
01:11:06lisible
01:11:06parce que tout ça
01:11:07est très compliqué
01:11:09la complexité
01:11:09est une source
01:11:10et de suroptimisation
01:11:11et de défiance
01:11:11tous les français
01:11:12ont l'impression
01:11:12que tous leurs voisins
01:11:13optimisent plus qu'eux
01:11:14et je pense que
01:11:15c'est pas une bonne
01:11:16manière de faire fonctionner
01:11:17un pays
01:11:18mais je dis aussi
01:11:19que si on avance
01:11:20sur tel ou tel sujet
01:11:20il faut avoir une vision
01:11:21globale de la fiscalité
01:11:22et ne pas imaginer
01:11:23qu'on est à quasiment
01:11:26on est à près de 44
01:11:29on a été à 44%
01:11:31d'imposition totale
01:11:32prélèvement obligatoire
01:11:33et cotisation sociale
01:11:34pendant plusieurs années
01:11:35c'est quand même
01:11:36une forme de record
01:11:37donc je voilà
01:11:41pour conclure
01:11:42aucun débat ne se me semble
01:11:48de répartition
01:11:51on ne touche pas
01:11:51à l'enveloppe globale
01:11:52même
01:11:52l'idéal
01:11:53ça serait d'abaisser un peu
01:11:54au niveau des prélèvements
01:11:55mais le problème
01:11:56de la répartition
01:11:56entre
01:11:58vous parliez tout à l'heure
01:11:59des stocks
01:12:00et des flux
01:12:00vous parliez
01:12:01de patrimoine professionnel
01:12:02et patrimoine privé
01:12:03est-ce que c'est plus
01:12:05un problème
01:12:06de
01:12:07on a quand même
01:12:08besoin de recettes
01:12:09aussi
01:12:14on a besoin
01:12:15de recettes
01:12:15c'est vrai
01:12:16je pense qu'aux personnes
01:12:17qui viennent à ce micro
01:12:18ne vous dit
01:12:18qu'il faut supprimer
01:12:19l'idée de fiscalité
01:12:21moi je pense
01:12:22qu'il y a quand même
01:12:22un objectif
01:12:23c'est qu'on ait une fiscalité
01:12:23qui soit efficace
01:12:24une fiscalité efficace
01:12:26c'est à la fois
01:12:26une fiscalité
01:12:27qui engendre du rendement
01:12:29tel qu'on l'attend
01:12:30qui évite l'évasion
01:12:32qui n'a pas des niches
01:12:33des trous dans tous les sens
01:12:34qui crée de la défiance
01:12:36qui ne crée pas
01:12:36des surcoûts
01:12:37au contrôle
01:12:39un système
01:12:40qui a 474 niches fiscales
01:12:41je l'ai dit
01:12:42et redit
01:12:43là aussi au Parlement
01:12:44et on pourra vous renvoyer
01:12:45tous les comptes rendus
01:12:45que vous voulez
01:12:46je pense que vous les trouverez
01:12:47facilement
01:12:49c'est un coût
01:12:50de recouvrement
01:12:51et de contrôle
01:12:52qui est décuplé
01:12:53c'est à dire
01:12:54on embauche
01:12:54des agents
01:12:55à la DGFIP
01:12:57pour s'assurer
01:12:58de la bonne mise en oeuvre
01:12:59et de la non-abus
01:13:00sur des niches fiscales
01:13:01qu'on a nous-mêmes
01:13:02collectivement créées
01:13:04donc il me semble
01:13:05qu'aujourd'hui
01:13:07imaginer
01:13:08que la solution
01:13:09à nos enjeux
01:13:09de finances publiques
01:13:10soit je dis
01:13:11durablement
01:13:13d'augmenter encore
01:13:14notre taux d'imposition
01:13:15et de prélèvement obligatoire
01:13:16pour résorber
01:13:17un certain nombre
01:13:18de dépenses
01:13:18sur lesquelles
01:13:18il nous faut quand même
01:13:19collectivement avoir
01:13:20une forme de lucidité
01:13:21c'est à dire
01:13:22de se dire
01:13:23qu'on ne peut pas
01:13:24continuellement avoir
01:13:25un niveau de croissance
01:13:27de la dépense
01:13:27qui est supérieur
01:13:28à notre croissance économique
01:13:31donc il me semble
01:13:32qu'il y a beaucoup
01:13:33de débats fiscaux
01:13:33qui sont effectivement
01:13:34quels sont les impôts
01:13:35quelles sont les bases
01:13:37fiscales en fait
01:13:39que nous voulons
01:13:39privilégier
01:13:41je le redis
01:13:42j'ai proposé
01:13:42vous le savez
01:13:42à l'époque
01:13:43un plan
01:13:43de suppression
01:13:44d'un certain nombre
01:13:44de niches fiscales
01:13:46j'assume de l'avoir fait
01:13:47je suis
01:13:48je dois vous dire
01:13:50déçu
01:13:51que nous n'ayons pas
01:13:52réussi à aller au bout
01:13:53d'un certain nombre
01:13:53d'évolutions
01:13:54qui me semblait
01:13:54être assez consensuel
01:13:55parce que nous avons
01:13:56dépassé la date
01:13:57du 31 décembre
01:13:58parce que nous savons
01:13:59tous que de très
01:14:00nombreuses évaluations
01:14:01ont été faites
01:14:01par cette assemblée
01:14:02au Sénat
01:14:03et par un certain
01:14:03nombre d'institutions
01:14:04indépendantes
01:14:04sur le fait que
01:14:05beaucoup de niches
01:14:06fiscales sont honnêtement
01:14:07aujourd'hui à la fois
01:14:08inefficientes
01:14:09inefficaces
01:14:09coûteuses dans leur contrôle
01:14:11et qui ne répondent plus
01:14:12à aucun objectif incitatif
01:14:14ni même à des objectifs
01:14:15redistributifs
01:14:17donc moi si je définissais
01:14:19un programme fiscal
01:14:19au vu de mon expérience
01:14:20de ministre
01:14:21il y a un énorme sujet
01:14:22sur la lisibilité
01:14:24du système fiscal
01:14:25il y a un énorme sujet
01:14:26sur les données nécessaires
01:14:28à son pilotage
01:14:29on vient d'en parler
01:14:29pendant plus d'une heure
01:14:30ensemble
01:14:31et il y a un énorme sujet
01:14:33de au fond
01:14:34dans un modèle
01:14:35où nous devons
01:14:35à mon avis
01:14:36soutenir
01:14:36et les générations futures
01:14:38et l'investissement productif
01:14:39quelle est la bonne base fiscale
01:14:42les propositions
01:14:43qui consistent
01:14:44à moins taxer le travail
01:14:46pour potentiellement
01:14:47avoir une fiscalité
01:14:48sur les successions
01:14:49qui soient plus lisibles
01:14:49plus simples
01:14:50et qui protègent
01:14:51beaucoup plus
01:14:51les classes moyennes
01:14:52et qui soient plus équitables
01:14:53avec notamment
01:14:54je l'ai dit
01:14:54une réflexion
01:14:55qu'on pourrait avoir
01:14:56sur une fiscalité
01:14:56qui est à l'échelle
01:14:57de celui qui reçoit
01:14:58non pas celui qui transmet
01:15:00me semble être des pistes
01:15:01je l'ai dit
01:15:02là aussi
01:15:03c'est pas juste
01:15:03aujourd'hui
01:15:03que je vous le dis
01:15:04je l'ai dit
01:15:05et je l'assume
01:15:05devant vous aujourd'hui
01:15:06qu'il faudrait potentiellement
01:15:08continuer à expertiser
01:15:11alors j'ai une dernière question
01:15:13qui concerne
01:15:14la lutte contre l'évasion
01:15:15et la fraude fiscale
01:15:16dans son rapport public thématique
01:15:18publié en 2025
01:15:19intitulé
01:15:20la lutte contre la fraude fiscale
01:15:22la Cour des comptes
01:15:23fait état
01:15:23de plusieurs limites
01:15:24en matière de lutte
01:15:25contre la fraude
01:15:25en France
01:15:26notamment
01:15:26en raison de données
01:15:28insuffisantes
01:15:29sur le patrimoine réel
01:15:30des ménages
01:15:30et d'une faible sévérité
01:15:33des redressements
01:15:34alors partagez-vous
01:15:35ce diagnostic
01:15:37et lorsque vous étiez ministre
01:15:39avez-vous fait également
01:15:41de tels constats
01:15:42et quelles réformes
01:15:43avez-vous éventuellement engagées
01:15:44en matière de lutte
01:15:46contre ce type de fraude
01:15:49alors je crois que
01:15:52la réponse
01:15:53qui a été faite
01:15:54dans la contradiction
01:15:55comme on dit
01:15:56au rapport de la Cour des comptes
01:15:57avait été signée de ma main
01:15:58fin 2025
01:15:59donc j'assume tout ce que j'y ai mis
01:16:00je vais en rappeler le contenu
01:16:02puisque c'est public
01:16:02donc vous retrouverez la réponse
01:16:03en entier
01:16:07il me semble que le sujet
01:16:08c'est moins un manque de données
01:16:09qu'un manque de partage
01:16:10des données qui existent
01:16:13entre les administrations
01:16:14et entre la sphère fiscale
01:16:16et la sphère sociale
01:16:18quand nous avions présenté
01:16:19le bilan de la lutte
01:16:20contre la fraude 2024
01:16:21avec Catherine Vautrin
01:16:23probablement au mois d'avril 2025
01:16:26c'est là qu'était né
01:16:27le projet de loi
01:16:28de lutte contre la fraude
01:16:29fiscale et sociale
01:16:29que vous avez je crois
01:16:30il y a quelques jours
01:16:31finalisé dans son examen
01:16:33qui était de constater
01:16:34quelque chose
01:16:35qui m'a je dois dire
01:16:36beaucoup surprise
01:16:37c'est le décalage
01:16:38extrêmement grand
01:16:39qu'il y avait
01:16:41et heureusement
01:16:41je crois grâce aux travaux
01:16:43parlementaires menés
01:16:43qu'il y aura moins
01:16:45entre les capacités
01:16:46de recouvrement
01:16:48après détection
01:16:49de la fraude sociale
01:16:50et ce qui avait été fait
01:16:52et heureusement
01:16:53depuis des années
01:16:53pour que
01:16:54entre la détection
01:16:55et le recouvrement
01:16:55de la fraude fiscale
01:16:56les choses aient évolué
01:16:58donc il m'a semblé
01:17:00prioritaire
01:17:00dans l'action que j'ai menée
01:17:01au vu de ces informations
01:17:04un
01:17:05de présenter ce projet
01:17:06de loi visant
01:17:06à lutter contre
01:17:07la fraude sociale et fiscale
01:17:08et notamment
01:17:10pour amener
01:17:11dans la sphère sociale
01:17:12les bonnes pratiques
01:17:13bien expérimentées
01:17:16et utilisées
01:17:18de la sphère fiscale
01:17:19notamment
01:17:20les enjeux
01:17:20de flagrance
01:17:21de saisie
01:17:22et tout le travail
01:17:24qui est mené
01:17:24notamment par l'ONAF
01:17:25qui a quand même
01:17:26permis de collecter
01:17:27de mémoire
01:17:27800 millions d'euros
01:17:28d'actifs
01:17:29qui faisaient l'objet
01:17:30de fraudes
01:17:31en tout genre
01:17:31pour qu'ils soient gelés
01:17:34avant qu'on en conclue
01:17:36de l'examen
01:17:36pour éviter
01:17:37qu'ils partent
01:17:37à l'étranger
01:17:38dans des endroits
01:17:39où ils sont ensuite
01:17:39irrécupérables
01:17:41deuxième action
01:17:42que j'ai menée
01:17:42c'est le renforcement
01:17:43des moyens humains
01:17:44de la DNVSF
01:17:46et la DNEF
01:17:48vous connaissez
01:17:49le nom précis
01:17:50de ces acronymes
01:17:51avec un arbitrage
01:17:53favorable
01:17:53lors du PLF 2026
01:17:55puisque
01:17:55je le dis aussi
01:17:57très fortement
01:17:57je l'ai dit publiquement
01:17:58l'ADG FIP
01:17:59ne peut plus
01:18:00être un réservoir
01:18:01à objectifs
01:18:03de baisse
01:18:04de l'emploi public
01:18:04la productivité
01:18:06qui est née
01:18:06notamment
01:18:06des réformes
01:18:07notamment du prélèvement
01:18:08à la source
01:18:08a été largement
01:18:10exploité
01:18:11pour réduire
01:18:12les effectifs
01:18:12au cours des dernières années
01:18:13il me semble
01:18:14qu'aujourd'hui
01:18:14c'était le combat
01:18:15que j'ai mené
01:18:16et l'arbitrage
01:18:16que j'ai gagné
01:18:17il me semblait
01:18:18qu'il fallait
01:18:18qu'on arrête
01:18:19de considérer
01:18:20que quand on veut
01:18:20réduire l'emploi public
01:18:21la première chose
01:18:21qu'on fait
01:18:21c'est qu'on réduit
01:18:22les effectifs
01:18:22à la DG FIP
01:18:23donc il y a quand même
01:18:24moins 550 emplois
01:18:25qui ont été arbitrés
01:18:26quand même
01:18:26encore en 2026
01:18:29mais certains projets
01:18:30allaient beaucoup plus loin
01:18:31et qui m'a semblé
01:18:31que c'était dangereux
01:18:33pour assurer
01:18:33notre capacité
01:18:34à lutter contre la fraude
01:18:35qui on l'a dit
01:18:35depuis une heure
01:18:36est particulièrement complexe
01:18:38et le fruit
01:18:39d'officines
01:18:40plus ou moins légales
01:18:41ou en tout cas
01:18:42plus ou moins éthiques
01:18:43dans leur approche
01:18:43elles sont légales
01:18:44mais elles sont plus ou moins
01:18:44éthiques dans leur approche
01:18:46qui nécessitent
01:18:47qu'il y ait des moyens
01:18:47en face
01:18:48notamment pour qu'on soit
01:18:48rapide dans l'identification
01:18:50des nouveaux montages fiscaux
01:18:52j'ai aussi
01:18:53dans le même sujet
01:18:54des moyens
01:18:55encouragé
01:18:55un déploiement
01:18:57efficace et utile
01:18:57de l'intelligence artificielle
01:18:59pour guider les contrôles
01:19:00quand des mécanismes
01:19:02complexes
01:19:02de fraude
01:19:03sont repérés
01:19:04que l'on puisse
01:19:05notamment par de l'intelligence artificielle
01:19:07identifier plus rapidement
01:19:08les autres contribuables
01:19:10qui ont les mêmes caractéristiques
01:19:11pour aussi guider
01:19:12les redressements
01:19:14enfin d'abord les contrôles
01:19:15puis effectivement
01:19:15les redressements
01:19:16et puis troisième sujet
01:19:17c'est toute la lutte
01:19:19contre les dispositions
01:19:21qui permettent
01:19:21la suroptimisation
01:19:22et notamment
01:19:24quand elle vient
01:19:25de niches fiscales
01:19:25abusivement utilisées
01:19:27qui font l'objet
01:19:28de beaucoup de fraudes
01:19:29on a eu des débats ensemble
01:19:30quand même
01:19:31sur un certain nombre
01:19:32d'outils
01:19:33parfois très complexes
01:19:34d'investissements
01:19:36outre-mer
01:19:36qui sont détournés
01:19:38de LMNP
01:19:39on l'a dit
01:19:39qui deviennent
01:19:39quand même massifs
01:19:41qui peuvent poser question
01:19:42tout ça
01:19:43est potentiellement légal
01:19:45mais qui parfois
01:19:46est largement abusif
01:19:47donc voilà mon plan d'action
01:19:49il me semble
01:19:50qu'on a moins
01:19:50un sujet de données
01:19:51modulo ce que je vous ai dit
01:19:52sur l'identification
01:19:54des bénéficiaires effectifs
01:19:55qu'un sujet
01:19:56de partage
01:19:57des données
01:19:57entre administrations
01:19:58la séatrice Goulet
01:20:00très persévérante
01:20:01sur le sujet
01:20:03de manière réitérée
01:20:04dans de très nombreux textes
01:20:06qui ont souvent été censurés
01:20:07par le conseil constitutionnel
01:20:08au motif de cavaliers
01:20:10à mener je dois dire
01:20:11de manière extrêmement continue
01:20:14une forme de lutte persévérante
01:20:17pour que un plus grand nombre
01:20:19de types de données
01:20:20soient partagés
01:20:20entre administrations
01:20:21c'est pourquoi
01:20:22j'ai souhaité
01:20:23dans le projet de loi
01:20:23de lutte contre la fraude
01:20:24fiscale et sociale
01:20:25donner une large part
01:20:26notamment à ces enjeux
01:20:28Permettez-moi
01:20:29de ne pas partager
01:20:30votre sentiment
01:20:33concernant
01:20:33les hauts patrimoines
01:20:35vous l'avez reconnu
01:20:36vous-même
01:20:36on a un énorme problème
01:20:39de non-disponibilité
01:20:40le seul endroit
01:20:41où on a des éléments
01:20:43c'est la transmission
01:20:45on pourrait réconstituer
01:20:47les patrimoines
01:20:48en suivant
01:20:49sur une génération
01:20:51les successions
01:20:53parce que les successions
01:20:54on paye au premier euro
01:20:55tout bien
01:20:56confondus
01:20:57voilà
01:20:57donc on les a
01:20:59à l'exception
01:21:00de l'assurance vie
01:21:01mais l'assurance vie
01:21:01on a un fichier
01:21:02voilà
01:21:04et donc là-dessus
01:21:05qui est quand même
01:21:06l'un des problèmes
01:21:07auxquels nous ne heurtons
01:21:09on n'a pas
01:21:10les données
01:21:11on a essayé
01:21:13même
01:21:13de faire
01:21:14quelques rapprochements
01:21:15avec
01:21:18les collègues
01:21:19du ministère
01:21:20des affaires sociales
01:21:23ils n'ont absolument
01:21:24rien
01:21:24dans ces domaines
01:21:28peut-être
01:21:29monsieur le rapporteur
01:21:29une précision
01:21:30si vous me permettez
01:21:31vous m'avez interrogé
01:21:32sur la fraude
01:21:33ce qui n'est pas
01:21:34le même sujet
01:21:35que la sur-optimisation
01:21:37je pense que
01:21:37pour mieux détecter
01:21:38les mécanismes
01:21:39de sur-optimisation
01:21:39qui pourraient amener
01:21:40à ce que des réformes
01:21:41soient proposées
01:21:41nous avons un manque
01:21:42de données
01:21:42sans aucun doute
01:21:43pour faire des études
01:21:44d'impact
01:21:45et cibler l'action
01:21:46quand il s'agit
01:21:47de la lutte
01:21:47contre la fraude
01:21:48qui n'est pas
01:21:49le même sujet
01:21:50on a en fait
01:21:51pas mal de données
01:21:53parce que
01:21:54le sujet là
01:21:54c'est quand même
01:21:55d'être dans
01:21:55ce qui n'est pas légal
01:21:58ce qui est très différent
01:21:59de ce qui est permis
01:22:00par des cadres légaux
01:22:01qui permettent
01:22:02de la sur-optimisation
01:22:03donc je fais cette précision
01:22:05la deuxième chose
01:22:07sur les recoupements
01:22:08c'est pour ça
01:22:09que j'ai proposé
01:22:10que notamment
01:22:11nous ayons une plus claire
01:22:12vision des bénéficiaires
01:22:13effectifs
01:22:13notamment
01:22:14des holdings patrimoniales
01:22:15parce que c'est parfois
01:22:16très complexe
01:22:19et je pense
01:22:20qu'il faut qu'on soit
01:22:21clair
01:22:22une bonne partie
01:22:23du sujet
01:22:24qui est le vôtre
01:22:25c'est moins
01:22:26un sujet de fraude
01:22:28que de cadre légal
01:22:29qui permet
01:22:30un certain nombre
01:22:30de choses
01:22:31qu'il nous faut corriger
01:22:31et je pense
01:22:33qu'il est très important
01:22:33pour la sérénité
01:22:36du débat public
01:22:38qu'un certain nombre
01:22:39des contribuables
01:22:40qui peut-être
01:22:40nous regardent ce soir
01:22:41considèrent
01:22:42qu'ils ne sont pas
01:22:43fraudeurs
01:22:44au motif qu'ils utilisent
01:22:45des mécanismes légaux
01:22:45en revanche
01:22:46le législateur
01:22:47que vous êtes
01:22:48me semble avoir
01:22:49le plein droit
01:22:49de faire évoluer
01:22:50le cadre légal
01:22:51pour clarifier
01:22:52un certain nombre
01:22:52de pratiques
01:22:53mais vous voyez
01:22:54madame la ministre
01:22:55on a parlé
01:22:57du Dutreil
01:22:58il a fallu
01:22:58que la cour des comptes
01:22:59aille examiner
01:23:00chacun des dossiers
01:23:02heureusement
01:23:02qu'ils n'étaient pas
01:23:03des milliers
01:23:04sur deux années
01:23:05pour éclairer
01:23:07le parlement
01:23:08sur l'utilisation
01:23:09qui était faite
01:23:11du dispositif
01:23:13Dutreil
01:23:13prenez les successions
01:23:15vous avez un ancien
01:23:16notaire honoraire
01:23:17maintenant
01:23:18à ma gauche
01:23:19bon
01:23:19et bien
01:23:20eux
01:23:21ils ont tout
01:23:21informatisé
01:23:22les successions
01:23:24elles sont informatisées
01:23:25elles sont transmises
01:23:26elles sont transmises
01:23:28aux administrations
01:23:29et les administrations
01:23:31les ont pas
01:23:31informatisées
01:23:35oui mais dans
01:23:37les offices notariales
01:23:39c'est informatisé
01:23:40mais après
01:23:40on transmet du papier
01:23:42aux administrations
01:23:43enfin on est
01:23:44on est quand même
01:23:44assez archaïque
01:23:45sur ces deux points
01:23:47on pose des questions
01:23:48en disant
01:23:49est-ce qu'il y a eu
01:23:49rajeunissement
01:23:50ou vieillissement
01:23:51de la date
01:23:52à laquelle
01:23:53des familles
01:23:54font des donations
01:23:56on sait pas
01:23:57on sait pas répondre
01:23:58c'est quand même
01:23:59des questions
01:23:59qui sont pas très compliquées
01:24:00vous voyez
01:24:02voilà
01:24:05je souris monsieur le rapporteur
01:24:06parce qu'il a pu m'arriver
01:24:07avec les équipes
01:24:08qui étaient les miennes
01:24:09de poser les mêmes questions
01:24:11et de constater
01:24:12lors des visites de terrain
01:24:13que j'ai pu faire
01:24:13dans les
01:24:14la direction générale
01:24:15des finances publiques
01:24:16il se trouve je crois
01:24:16que c'est d'ailleurs en Essonne
01:24:18où j'ai constaté
01:24:19ce que vous dites
01:24:20c'est à dire que
01:24:22des acteurs
01:24:22qui font tout le processus
01:24:24en dématérialisé
01:24:26se retrouvent à l'imprimer
01:24:27pour le transmettre
01:24:28à l'administration fiscale
01:24:29la bonne nouvelle
01:24:30c'est que bon
01:24:30pendant les 15 mois
01:24:31où j'ai été là
01:24:31je peux vous dire
01:24:32que j'ai vraiment soutenu
01:24:34pleinement la directrice générale
01:24:35des finances publiques
01:24:36et ses équipes
01:24:36pour que les projets
01:24:38de numérisation
01:24:40notamment sur ce sujet précis
01:24:42aillent bien à leur terme
01:24:43avec la rapidité souhaitée
01:24:44vous imaginez bien
01:24:46qu'il faut plus que 15 mois
01:24:46mais ayant connaissance
01:24:47de ce projet
01:24:48je crois qu'il sera
01:24:50déployé pleinement
01:24:51l'année prochaine
01:24:52donc courant 2027
01:24:54je pense que ça sera
01:24:55un énorme gain
01:24:56et de productivité
01:24:57de fiabilité
01:24:59et de rapidité
01:25:00et de rapidité aussi
01:25:00pour l'administration fiscale
01:25:01à pouvoir solder
01:25:02un certain nombre de dossiers
01:25:09la DGFIP
01:25:11c'est pas tout à fait
01:25:12ce qu'ils nous ont dit
01:25:12ils nous ont dit
01:25:13que le Dutreil
01:25:14ils espéraient
01:25:14que ça soit opérationnel
01:25:15dans deux ans
01:25:16l'informatisation
01:25:17et quant aux successions
01:25:19alors là
01:25:21on verra plus tard
01:25:232030
01:25:24en attendant Godot
01:25:25comme on disait
01:25:26l'autre fois
01:25:28il faut que je sois
01:25:30vu du serment
01:25:32que j'ai prêté devant vous
01:25:32le déploiement
01:25:34de la partie numérique
01:25:35sera déployé
01:25:36pour tous les dossiers
01:25:37où les droits de succession
01:25:38sont nuls
01:25:38c'est à dire pour en fait
01:25:39une immense majorité
01:25:41des dossiers de succession
01:25:42et pour les dossiers
01:25:43les plus complexes
01:25:44l'outil se déploie
01:25:45je suis d'accord avec vous
01:25:47devant votre visage
01:25:50dépité
01:25:51qu'il m'a semblé
01:25:52effectivement très
01:25:54dommageable
01:25:55que dans le cadre
01:25:56d'un certain nombre
01:25:57de plans budgétaires
01:25:58ces enjeux
01:25:59n'aient pas été rendus
01:25:59prioritaires
01:26:00quand j'étais ministre
01:26:01de la transformation publique
01:26:02entre 2020 et 2022
01:26:03j'ai moi-même
01:26:03je peux vous dire
01:26:04soutenu très activement
01:26:05avec ce qui s'appelait
01:26:06le fonds de transformation
01:26:07de l'action publique
01:26:07le FTAP
01:26:08la transformation numérique
01:26:09d'un certain nombre
01:26:10d'administrations
01:26:11le sujet de la taxe d'aménagement
01:26:13qui a aussi beaucoup animé
01:26:14nos débats
01:26:15et là aussi
01:26:15un enjeu
01:26:17de numérisation
01:26:18vous êtes
01:26:18et vous le savez
01:26:19j'en ai aussi parlé
01:26:20c'est au compte rendu
01:26:21notamment le Sénat
01:26:22qui m'a beaucoup
01:26:22interrogé sur le sujet
01:26:24il y a des cartons
01:26:25et des cartons
01:26:26encore aujourd'hui
01:26:27qui doivent être soldés
01:26:28courant 2026
01:26:29de taxes d'aménagement
01:26:30à soldés
01:26:31et pour beaucoup
01:26:32de nos concitoyens
01:26:34c'est d'ailleurs
01:26:34une très grande surprise
01:26:36que de voir
01:26:37que l'interface
01:26:37pour l'usager
01:26:38est numérique
01:26:39souvent
01:26:40mais que le back office
01:26:42le traitement effectif
01:26:43des dossiers derrière
01:26:44se fait encore
01:26:44malheureusement en papier
01:26:45voilà pour ce numéro
01:26:47la séance est ouverte
01:26:48à très bientôt
01:26:48sur LCP
01:26:496
01:26:506
01:26:516
01:26:536
01:26:536
01:26:546
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