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  • il y a 5 mois
- En première partie : Caroline de Camaret reçoit Clément Beaune, Haut-Commissaire au Plan et ancien ministre chargé de l'Europe, pour évoquer la situation européenne et internationale.

- En deuxième partie : Caroline de Camaret et Thibault Henocque reçoivent les eurodéputés Fabienne Keller (Renew, France), Javier Moreno Sanchez (Socialistes&Démocrates, Espagne) et Gheorghe Piperea (Réformistes et Conservateurs, Roumanie) pour un débat sur le thème : Ursula von der Leyen devant le Parlement européen : une Europe du "combat", pas du "chaos" ?

Ici, l'Europe
Chaque semaine, LCP Assemblée nationale, Public Sénat et France24 vous plongent au coeur des questions qui secouent l'Europe : Covid-19, questions migratoires, « Green deal », Brexit ou encore souveraineté digitale. Quel avenir pour l'Union et ses 450 millions d'habitants ? Une demi-heure d'information pour mieux comprendre les enjeux européens.

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Transcription
00:00France 24, LCP, Public Sénat présente.
00:17Bonjour à tous, merci de nous rejoindre pour Ici l'Europe sur France 24 et les chaînes parlementaires LCP et Public Sénat.
00:24Cette semaine est marquée par la nomination en France, l'un des piliers de l'Union Européenne, d'un nouveau Premier ministre, Sébastien Lecornu,
00:32mais aussi par le discours sur l'état de l'Union, traditionnel de rentrée d'Ursula von der Leyen.
00:37Un discours particulièrement sur le fil et nous en parlerons abondamment dans notre seconde partie,
00:44avec un débat entre trois eurodéputés qui assistaient à cette plénière.
00:48Pour faire le point sur ces affaires européennes et françaises, nous recevons aujourd'hui Clément Beaune. Bonjour.
00:54Vous avez été nommé haut-commissaire à la stratégie et au plan en mars dernier.
00:59Vous êtes ancien secrétaire d'État aux affaires européennes.
01:01Vous vous intéressez beaucoup à l'Europe puisque vous étiez aussi sur ce chapitre ancien conseiller d'Emmanuel Macron.
01:07On commence par cette idée que la France est la deuxième puissance tout de même économique de l'Europe,
01:13toujours sans budget, mais avec un nouveau Premier ministre, Sébastien Lecornu, proche du Président.
01:20Qu'est-ce qu'il faut en attendre ? Qu'est-ce que vous en attendez ?
01:23On a besoin d'une stabilité.
01:25Donc la première mission qui a été confiée par le Président de la République au nouveau Premier ministre, Sébastien Lecornu,
01:30c'est d'assurer sa stabilité, d'ouvrir un temps, comme le Premier ministre l'a enclenché dès son arrivée,
01:36de consultations, concertations avec les partis politiques, sans doute aussi les forces économiques et syndicales,
01:42comme il l'a dit et comme je crois que c'est nécessaire, parce qu'on a besoin de ce compromis pour la stabilité.
01:49Et on a besoin notamment, c'est sans doute la première urgence, mais on a encore trois mois devant nous,
01:54donc utilisons ce temps utile pour travailler, d'un budget pour le pays.
01:57L'an dernier, on est dans une situation finalement plus difficile, puisqu'il y a eu une chute de gouvernement début décembre,
02:03c'est le gouvernement de Michel Barnier, qu'il y a eu une forme de loi spéciale, comme on l'appelle, pour garder la continuité de l'État.
02:09En France, heureusement, nous n'avons pas de shutdown à l'américaine, mais le vrai budget a été voté au mois de février,
02:15n'a pu être appliqué que quelques semaines plus tard.
02:17Donc là, on a un temps qui est encore utile, suffisant, pour négocier de manière générale et spécifiquement sur un budget.
02:25On ne peut pas imaginer en effet, vous l'avez rappelé, que nous sommes la deuxième puissance de l'Union européenne,
02:30deuxième puissance économique aussi de la zone euro derrière l'Allemagne,
02:33que la France, une deuxième année, commence l'année sans avoir un budget stable, arrêté, prévisible,
02:39pour l'ensemble des Français, nos services publics et les entreprises aussi.
02:42Clément Beaune, vous êtes l'auteur d'un livre chez Stock.
02:44Je dirais, malgré tout, que la politique est belle.
02:47Les Français sont descendus dans la rue, sous le slogan « bloquons tout » de 100 000 personnes
02:53et projettent de le faire à nouveau.
02:55Ils ont plutôt l'impression que la politique est moche ?
02:58Oui, c'est clair.
03:00Souvent, parfois elle l'est, il faut le reconnaître.
03:03Et je voyais des études d'opinion qui s'intéressaient aux mots qu'utilisaient les Français pour caractériser la politique.
03:09Et je crois que celui qui revenait le plus souvent, c'était navrant.
03:11On a tous cette part importante de responsabilité dans une forme de spectacle,
03:16parce que les gens disent ça, quand ils restent polis,
03:19dont ils ont l'impression qu'il incarne une impuissance, une incapacité d'agir et une incapacité au compromis.
03:25Vous avez parlé de bloquons tout.
03:26Je ne sais pas si c'est les Français qui sont descendus dans la rue.
03:28C'est effectivement quelques dizaines de milliers, beaucoup d'actions de violence.
03:32Je ne pense pas du tout que ce soit représentatif de ce que veulent les Français,
03:35justement pour notre pays, qui a donné plutôt plus de stabilité,
03:38plutôt plus d'ordre au sens large du terme économique, géopolitique et dans la rue.
03:44Et cette aspiration-là, elle doit conduire les responsables politiques à trouver des compromis.
03:49Le compromis est vu comme un mot sale, repoussant, dégoûtant, tout mou.
03:53Et on parle d'Europe ici.
03:54Tous les pays européens ont des parlements fragmentés.
03:57Toutes les grandes démocraties parlementaires, l'Allemagne, les Pays-Bas, l'Italie, l'Espagne,
04:01font, et parfois c'est compliqué, parfois c'est instable chez eux aussi,
04:04mais des compromis à la fin pour avoir un gouvernement, un budget,
04:08des actions essentielles sur lesquelles ils avancent.
04:10Et donc la France, en quelque sorte, s'européanise.
04:14Elle a un parlement fragmenté, mais elle n'a pas le mode d'emploi de la coalition.
04:17Alors justement, vous qui avez été ministre représentant l'aile gauche de la Macronie,
04:22vous conseillez récemment au futur Premier ministre une ouverture à gauche.
04:26Ça a l'air très difficile, puisqu'il s'agit de Sébastien Lecornu,
04:30qui est axé par une partie de la gauche d'homophobie,
04:33qui questionne d'ailleurs ses valeurs aussi,
04:34parce qu'il a des déjeuners secrets avec l'extrême droite.
04:38Coalition programmatique et pragmatique, impossible ?
04:42Il ne faut pas tout mélanger.
04:43Sébastien Lecornu, il est d'abord en fonction.
04:45Et je pense que la négociation doit avoir lieu avec le Premier ministre
04:47qui est nommé, selon notre constitution, par le Premier ministre de la République.
04:50C'est un homme, tout le monde le reconnaît,
04:52qu'on partage ou pas sa sensibilité, comme les partis de gauche l'ont dit eux-mêmes,
04:56de dialogue et de discussion.
04:58Et je crois que tous les partis politiques et les forces syndicales,
05:01dans leur immense majorité, vont participer à cette concertation.
05:03Donc il faut que chacun fasse un pas vers l'autre.
05:06Et le Premier ministre a été très clair dans son discours d'arriver
05:08sur l'idée qu'il y avait dialogue, concertation,
05:11et même un mot très fort, rupture.
05:13Ce qui veut dire arriver à trouver des changements,
05:17concerter, négocier, notamment avec le parti socialiste
05:20ou la gauche que j'appelle responsable.
05:22Moi, je viens de cet esprit social-démocrate.
05:25La social-démocratie, c'est d'abord une méthode,
05:26puisqu'on parle là aussi d'Europe.
05:28C'est quoi ? C'est l'attachement à la négociation sociale,
05:31au compromis politique et à l'Europe.
05:32C'est ça la social-démocratie fondamentalement.
05:34Donc un peu de cet esprit de compromis et de négociation
05:36ferait du bien.
05:37Premier ministre disposé, il faut aussi être deux pour lancer le tango.
05:40Et donc qu'il y ait des forces politiques,
05:42notamment à gauche, je le souhaite, je l'appelle de mes voeux,
05:44qui aillent négocier et qu'ensuite, on fasse des efforts.
05:47Ça veut dire que ce n'est pas tout le programme,
05:49toutes les convictions qu'on a, qu'on a défendues
05:51en appartenant au camp présidentiel, qu'on doit appliquer.
05:54D'autant que le chiffre de la semaine que nous avons tenu à rappeler,
05:58c'est le déficit de la France.
06:005,8% pour l'année 2024.
06:04C'est bien sûr beaucoup plus que ce qu'autorise le pacte de stabilité, 3%.
06:08C'est beaucoup plus que l'Allemagne.
06:10La dette est à 113% pour la France,
06:13deux fois plus que le plafond autorisé.
06:15Et on emprunte à des taux supérieurs à l'Italie et à la Grèce.
06:18La France est devenue l'homme malade de l'Europe ?
06:20Non, moi, je ne crois pas.
06:21On a un discours 100% négatif.
06:24Il y a des difficultés.
06:25On a fait une note récente sur nos finances publiques
06:28et l'effort de défense qu'on doit financer.
06:30C'est ce que j'appelle ce carré qui n'est pas magique, malheureusement.
06:32Nous sommes le premier pays de l'Union européenne par notre déficit,
06:36le premier pays de l'Union européenne par nos dépenses publiques,
06:38aussi le premier pays de l'Union européenne par notre taux d'imposition
06:40et le troisième pour le niveau de dette.
06:42Donc la situation des finances publiques est préoccupante.
06:45C'est ce qu'a d'ailleurs, à juste titre, expliqué, martelé François Bayrou courageusement.
06:50Mais il ne faut pas non plus qu'on bascule complètement de l'autre côté du cheval
06:53en disant que la France n'aurait aucun atout.
06:55On est, on l'a dit, la deuxième puissance économique de la zone euro.
06:58On est un pays qui, dans des domaines d'innovation y compris,
07:00intelligence artificielle, numérique, je l'ai vécu dans les transports,
07:03la décarbonation de nos transports, de notre économie en général,
07:07à des entreprises formidables qui sont des réussites à l'international.
07:11Un taux d'emploi qui a augmenté ces dernières années,
07:13un chômage qui a reculé.
07:15Et donc je ne dis pas que les choses vont parfaitement bien,
07:17ce serait évidemment absurde.
07:19Mais inversement, dire que la France ne serait plus une puissance,
07:22un pays qui compte et une puissance économique en Europe, c'est faux.
07:25Est-ce qu'on n'a pas une trajectoire de retour en dessous de la barre des 3%
07:29que voulait François Bayreau, qui était trop ambitieuse, trop rapide ?
07:31Enfin, je veux bien qu'on dise qu'elle était trop ambitieuse,
07:34mais c'était en 2029.
07:35Je rappelle qu'on serait, même avec ces objectifs-là,
07:38et de loin, le dernier pays de la zone euro a passé en dessous de la barre des 3%.
07:43Donc on ne va pas aller dans le sens inverse et dire qu'on se fiche du déficit
07:47et que la trajectoire importe peu.
07:48Non, il faut revenir sous les 3%, pas parce que dans un bureau à Bruxelles,
07:52on l'a décidé, mais parce que c'est le déficit public
07:54qui stabilise la dette et évite de l'accumuler ou de l'augmenter.
07:57Donc c'est très important pour notre souveraineté
07:59et notre indépendance économique et notre indépendance tout court.
08:03Et donc il faut qu'on tienne une trajectoire raisonnable, ambitieuse,
08:06qui est des discussions.
08:07C'est, j'imagine, ce que discutera le Premier ministre
08:09sur la trajectoire des économies,
08:11sur l'ampleur des économies en 2026,
08:13peut-être réfléchir.
08:14Et sur la taxation, probablement.
08:15J'insiste à une trajectoire pluriannuelle d'économie,
08:18parce que c'est ça qui fait la crédibilité d'une stratégie économique.
08:22Voilà, planifiée sur plusieurs années,
08:24vous n'êtes pas commissaire au plan pour rien.
08:27Alors la Norvège, je rappelle,
08:28est un partenaire énergétique essentiel pour l'Europe
08:31depuis la guerre en Ukraine,
08:32premier fournisseur de gaz.
08:34Et c'est la gauche travailliste
08:35qui vient de l'emporter en Norvège,
08:38où les plus aisés payent et vont payer
08:40donc un impôt sur le revenu élevé,
08:42une taxe de près de 40% sur leur patrimoine.
08:45Taxer les plus riches pour réduire notre dette,
08:49c'est la solution en Norvège.
08:51Pourquoi pas chez nous ?
08:51C'est un vrai débat,
08:52mais je voudrais là aussi qu'on mette un peu de rationalité,
08:55si je puis dire,
08:55ou de justesse dans ce débat
08:57qui parfois est un peu caricatural ou caricaturé.
09:01On est, je le disais,
09:02le pays avec le plus haut taux d'imposition.
09:03Donc on n'est pas un paradis fiscal
09:04et les taux d'imposition pour les plus riches
09:06sont déjà élevés,
09:07y compris en comparaison européenne.
09:10Deux, c'est vrai qu'il y a aussi,
09:12en France et dans beaucoup de pays européens,
09:14mais en France, on le voit,
09:15une forme d'accumulation des patrimoines.
09:17Les patrimoines les plus importants
09:18concentrent une part de la richesse
09:19qu'on n'avait pas vue parfois depuis un siècle dans notre pays.
09:22Donc la question de la mobilité,
09:24de la taxation des patrimoines,
09:26de la mobilité sociale qui en découlerait,
09:28c'est une vraie question.
09:29Moi, je pense,
09:29on ne se refait pas complètement,
09:30mais par souci d'efficacité,
09:31que ce serait bien de traiter cette question au niveau européen.
09:34Je ne suis pas le seul à le dire.
09:35C'est d'ailleurs une proposition de Raphaël Glucksmann
09:36dans la campagne des européennes.
09:38Est-ce qu'on peut faire une négociation européenne
09:40à quelques-uns
09:40pour voir s'il n'y a pas une taxation
09:41des très hauts patrimoines supplémentaires
09:43qui éviterait des problèmes de compétitivité pour la France ?
09:46Et puis, si ça ne marche pas,
09:47le faire chez nous dans quelques mois,
09:49vous pouvez imaginer ça.
09:49C'est exactement ce qu'on a fait
09:50pour la taxation des GAFAM.
09:52Et ça a marché au niveau européen.
09:54La fameuse taxe Zuckman,
09:55ça n'apporterait sans doute pas
09:56toutes les recettes qu'on nous dit parfois.
09:58Plutôt 5 milliards que 20 milliards.
10:00C'est un peu différent.
10:01Et puis, il faut être lucide,
10:03ça ne résoudrait pas,
10:04quoi qu'il arrive,
10:04notre problème de dette ou de déficit à soi seul.
10:08Et donc, pourquoi pas un débat
10:09sur les taxations de patrimoine ?
10:11Plutôt au niveau européen,
10:12mais ayons-le dès maintenant en France.
10:14Mais, il faudra faire des économies aussi.
10:18Alors, Marine Le Pen sera jugée
10:20en appel du 13 janvier au 12 février
10:22sur l'affaire des assistants parlementaires.
10:25Une échéance judiciaire et politique
10:26cruciale pour la présidentielle de 2027,
10:29pour la patronne de l'extrême droite.
10:31Le préjudice économique pour le Parlement européen
10:33a été évalué à 3,2 millions d'euros.
10:36Sa première condamnation avait suscité
10:38de vives polémiques.
10:40À tort, vous trouvez ?
10:41À tort, quand la polémique consiste
10:43à attaquer la justice,
10:45à donner l'impression,
10:46un peu comme l'a fait M. Trump,
10:48qu'on vivrait dans un état subjectif
10:51et non pas un état de droit,
10:52où les juges feraient des choix politiques,
10:53ce n'est pas ça, la France.
10:55Ce n'est pas cela, la justice française.
10:56Et quand on est un responsable politique,
10:58même quand on est triste,
11:00accablé par une décision,
11:01on respecte la justice.
11:02Quand on aspire aux plus hautes fonctions,
11:04la présidentielle pour Mme Le Pen depuis longtemps,
11:06on respecte la justice de notre pays.
11:08Sinon, c'est très inquiétant
11:08parce qu'un président de la République
11:09est quelqu'un qui aspire à l'être
11:11et garant de l'autorité judiciaire.
11:13Et donc, moi, je trouve qu'on a un débat,
11:15c'est très révélateur,
11:15ce qui a été dit à l'époque,
11:16qui dérive complètement vers des attaques,
11:19y compris parfois la droite dite républicaine,
11:21contre l'État de droit,
11:22contre le Conseil constitutionnel,
11:23contre les juges,
11:24qui ne font pas de politique,
11:25qui appliquent des lois.
11:26Et parfois, d'ailleurs,
11:27des lois que le Rassemblement national
11:28a voté, souhaité ou voulu renforcer
11:31parce que Mme Le Pen,
11:32elle disait inéligibilité à vie
11:34quand il y a des faits de cette nature.
11:35Donc, on respecte la justice.
11:36Maintenant, il y a un appel
11:37et comme toute citoyenne,
11:39comme tous ceux qui sont jugés avec elle,
11:40Mme Le Pen a le droit
11:40à un recours et à un appel effectif
11:43et à un nouveau jugement.
11:45Et c'est la justice qui dira la vérité,
11:46la réalité des choses.
11:47Alors, rappelons quand même
11:49un fait marquant de cette semaine.
11:51Le 10 septembre,
11:53c'était le grand oral
11:54du discours sur l'État de l'Union
11:56pour Ursula von der Leyen,
11:57la patronne de la Commission,
11:59donc devant le Parlement européen.
12:00Alors, Clément Beaune,
12:01vous l'avez trouvée globalement convaincante ?
12:04D'abord, je vous remercie d'en parler
12:05parce que c'est un discours important,
12:06ce discours sur l'État de l'Union européenne
12:08qui a peu d'écho dans nos médias en France
12:11et peut-être ailleurs en Europe.
12:13Et c'est dommage
12:13parce que, quoi qu'on en pense,
12:14il y a des sujets,
12:16la question internationale,
12:17les questions commerciales
12:18et l'accord qui a été signé
12:19avec les États-Unis,
12:20des propositions nouvelles
12:21sur le logement, l'innovation
12:22qui sont importantes
12:23et qui doivent être débattues.
12:24Et donc, il faut en parler.
12:26Je l'ai trouvée,
12:27Ursula von der Leyen,
12:28engagée,
12:28plutôt convaincante
12:29sur les sujets internationaux.
12:31On voit bien la fermeté européenne
12:33et l'unité européenne
12:33face à la Russie,
12:35de nouvelles sanctions
12:35qui ont été annoncées,
12:36qui sont déjà en discussion.
12:38Donc, là-dessus,
12:39je crois que la ligne est claire.
12:40Et Mme von der Leyen,
12:41je dois dire,
12:41pour l'avoir vue à l'œuvre
12:42quand j'étais ministre
12:43des Affaires européennes,
12:44sur la question de l'Ukraine,
12:45notamment,
12:46a toujours été
12:46une défenseure extrêmement claire
12:48d'un soutien européen
12:49et d'une coopération
12:51avec les États-Unis
12:51pour la sécurité
12:52et la sauvegarde
12:53de l'Ukraine face à la Russie.
12:55Je suis moins convaincu,
12:57par exemple,
12:57sur la question commerciale.
12:59L'accord,
13:00qui n'a pas été conclu hier,
13:01mais cet été,
13:02avec le président Trump,
13:04me paraît défavorable,
13:05déséquilibré.
13:07Et moi,
13:07je suis convaincu
13:08que quand l'Europe
13:08ne montre pas sa force,
13:09elle perd de soutien.
13:11En tant que pro-européen,
13:12on n'est pas un BA ou un naïf,
13:14on est justement un combattant.
13:15Et moi,
13:15je suis un combattant de l'Europe.
13:17Quand il y a des choses
13:17qui ne vont pas en Europe,
13:18je ne fais pas comme
13:19les extrémistes,
13:20notamment de droite,
13:20qui se réjouissent,
13:21mais qui n'ont aucune solution
13:22parce que tous les jours,
13:23ils essayent d'affaiblir l'Europe,
13:24de chahuter la présidente,
13:25ne rien proposer.
13:27Mais il faut améliorer
13:28et bâtir sur nos forces
13:30la question commerciale.
13:31On est la deuxième puissance
13:32commerciale du monde,
13:33le premier marché ouvert
13:34du monde en Europe.
13:35Parlons ces extrémistes.
13:36Et on doit faire beaucoup mieux
13:37dans nos négociations commerciales
13:38avec les Etats-Unis,
13:39très fortement.
13:40Jordan Bardella,
13:40qui est le président
13:41du groupe Les Patriotes,
13:42donc la droite radicale
13:44dans l'hémicycle,
13:45a estimé que la filière
13:47automobile allemande
13:48est la seule gagnante
13:49de cet accord.
13:50Elle voit ses droits de douane
13:51passer de 27,5% à 15%.
13:53Le chancelier allemand,
13:55Friedrich Schmers,
13:56en a profité pour réclamer
13:57aussi de la flexibilité
13:58dans la réglementation automobile
14:00sur l'interdiction
14:01des voitures thermiques
14:03d'ici 2035.
14:04Est-ce qu'on donne trop,
14:06et notamment cette présidente allemande,
14:08à l'industrie automobile allemande ?
14:10Ce serait caricatural.
14:11Je ne crois pas,
14:11pour répondre directement
14:12à votre question,
14:13que Ursula von der Leyen
14:14soit la présidente
14:15de la commission de Berlin
14:16ou de l'Allemagne
14:17et des intérêts économiques allemands.
14:19Il y a d'autres pays
14:20qui avaient d'ailleurs soutenu
14:21cet accord commercial.
14:21Je pense à l'Italie.
14:23La position française
14:24est l'une des plus fermes en Europe,
14:25mais on a raison,
14:26parce que M. Trump
14:27ne comprendra que le langage
14:28de la force,
14:29de l'unité,
14:29de la fermeté européenne.
14:31On ne l'a pas toujours tenu
14:31et pas tenu sur cet accord commercial
14:33suffisamment, à mon sens.
14:35Mme Van der Leyen,
14:35elle a été, si je puis dire,
14:37très française
14:37dans beaucoup de propositions,
14:39y compris au moment de la Covid.
14:40J'avais négocié
14:40le plan de relance européen
14:41aux côtés d'Emmanuel Macron.
14:43C'est elle qui l'a portée
14:44à l'époque
14:45et ça a sauvé
14:46l'économie européenne
14:47et notamment beaucoup
14:48des centaines de milliers
14:49d'entreprises françaises.
14:50La question commerciale,
14:51c'est malheureusement plus profond.
14:52L'Europe ne s'est pas armée
14:53pour une compétition
14:54commerciale internationale
14:55dans laquelle nous sommes encore
14:56beaucoup trop naïfs.
14:57Sur la question
14:58de l'industrie automobile,
14:59d'ailleurs,
15:00M. Bardella,
15:01il dit,
15:01elle soutient les intérêts
15:02de l'industrie allemande.
15:03Je crois que lui-même
15:03demande de la flexibilité
15:05sur les normes européennes.
15:06Donc,
15:07ce n'est pas un sujet calmant.
15:08Il faut faire attention.
15:10Il faut évidemment
15:11préserver nos intérêts industriels.
15:13Automobiles,
15:13c'est des centaines de milliers
15:14de plans d'Europe.
15:15Mais aujourd'hui,
15:16nos constructeurs eux-mêmes
15:17ont investi
15:19des milliards d'euros
15:20dans la transition
15:21vers l'électrique.
15:22Et donc,
15:22abandonner ce qu'on est
15:24en train de faire
15:24pour produire en Europe
15:25des batteries électriques,
15:27pour avoir des sites
15:27de production
15:28de nos constructeurs français
15:29et européens en général
15:30de voitures électriques
15:31compétitifs,
15:33je crois qu'il ne faut pas
15:33l'abandonner,
15:34notamment pas changer
15:35les dates,
15:35le fameux moment de 2035
15:37pour l'interdiction
15:38des voitures thermiques.
15:39150 entreprises
15:40qui ont fait cette transition,
15:41c'en est qu'il y a de d'ailleurs.
15:42Et je rappelle quand même
15:43qu'en France,
15:44parce qu'on parle de souveraineté là,
15:45en France,
15:46c'est moins de 3%
15:47des ventes de voitures thermiques
15:49qui sont faites
15:49par des constructeurs français.
15:51C'est presque un tiers
15:52quand on est sur des véhicules électriques
15:54qui sont fabriqués en France
15:55ou en Europe.
15:56Donc,
15:56on peut avoir de la souveraineté
15:57sur le véhicule électrique,
15:58mais il faut de l'investissement,
15:59il faut de la constance,
16:00il faut du soutien social
16:02et industriel
16:02au site français de production,
16:04notamment à la filière des batteries.
16:05Aussi,
16:06la présidente de la commission
16:07qui a annoncé la tenue
16:08d'un sommet européen
16:09sur le logement,
16:10c'est un sujet populaire
16:12auprès des citoyens,
16:13d'une partie de la gauche d'ailleurs,
16:14mais est-ce que l'Union européenne
16:15est vraiment capable
16:16de s'en saisir ?
16:17Alors que l'Union européenne
16:17parle des choses
16:18qui concernent les gens,
16:19les Européens,
16:20je pense que c'est bien,
16:21parce qu'on dit suffisamment
16:21que l'Europe est lointaine,
16:23abstraite,
16:24parfois trop sur les questions
16:25internationales
16:25ou technocratiques,
16:27pour que quand on parle
16:27de logement,
16:28et c'est effectivement,
16:28à juste titre,
16:29la préoccupation,
16:30sans doute numéro un,
16:31des jeunes actifs
16:33en Europe,
16:34en France,
16:35dans les grandes villes
16:35en particulier,
16:36il faut s'en occuper.
16:37Après,
16:38ce n'est pas parce qu'on est
16:38pro-européen
16:39qu'on veut que tout soit
16:40à Bruxelles,
16:41au contraire.
16:41Mais il peut y avoir,
16:42par exemple,
16:43dans des régions
16:43qui ont des difficultés
16:44de financement,
16:45des prêts
16:45de la Banque européenne
16:47d'investissement,
16:47ça existe déjà
16:48pour les collectivités locales,
16:49il peut y avoir
16:49des fonds régionaux
16:50qui sont utilisés
16:51pour les Outre-mer
16:52en particulier,
16:53pour des régions
16:53qui ont plus de difficultés
16:55financières
16:55et qui sont plus pauvres
16:56que d'autres,
16:56à construire.
16:57Donc,
16:57il y a un rôle de l'Europe
16:58comme le plan de relance
17:00qui a un rôle de soutien
17:02et ensuite,
17:02les décisions,
17:03il ne faut pas les technocratiser
17:05ou les bruxelliser,
17:06si je puis dire.
17:07Une politique de logement,
17:08c'est plutôt local
17:08et ça doit rester comme ça.
17:10Merci Clément Beaune
17:10d'avoir été notre invité.
17:12Alors,
17:12nous poursuivons tout de suite
17:13sur les chapitres
17:14les plus clivants
17:15de ce discours
17:15sur l'État de l'Union.
17:17C'est l'heure du débat.
17:18Direction Strasbourg.
17:24Bienvenue
17:25au Parlement européen
17:26de Strasbourg
17:27pour parler d'une Europe
17:29qui va devoir trouver
17:30le courage
17:31de se battre.
17:32Les mots forts
17:33sont ceux
17:33d'Ursula von der Leyen
17:35lors de son discours
17:36sur l'État de l'Union.
17:37Le 10 septembre,
17:39la présidente
17:40de la Commission
17:40a adopté
17:41un ton dramatique
17:42pour ce discours
17:43de rentrée
17:44évoquant
17:44un monde
17:45sans pitié
17:46où elle annonce
17:47de nouvelles mesures
17:48contre la Russie
17:49et de soutien à l'Ukraine
17:50ainsi que des sanctions
17:52contre Israël.
17:53Oui,
17:53alors,
17:53un appel lancé
17:54dans un contexte
17:55de fragilité
17:56souligné par
17:57l'accord commercial
17:58déséquilibré
17:59signé avec les États-Unis
18:00qu'Ursula von der Leyen
18:01a tenté de défendre
18:03devant les eurodéputés.
18:04Fragilité politique
18:05aussi au sein
18:06du Parlement.
18:07Un Parlement européen
18:08fragmenté
18:09où son groupe,
18:09le Parti Populaire Européen,
18:11participe à une majorité
18:12pro-européenne
18:13avec le centre
18:14et les socialistes
18:14mais vote parfois
18:16contre les mesures
18:17environnementales
18:18avec une droite
18:19plus extrême.
18:20et d'ailleurs,
18:21cette droite radicale
18:23et la gauche radicale
18:24également
18:24ont posé
18:25des motions
18:26de défiance
18:27dès la fin
18:27de son discours
18:28sans d'ailleurs
18:29espoir
18:30de l'emporter.
18:31Alors,
18:31une Europe forte
18:32avec une présidente
18:34de la commission affaiblie.
18:35Pour en parler,
18:36nous recevons
18:36trois invités.
18:38Fabienne Keller,
18:39bonjour,
18:40eurodéputée française
18:41du groupe Rignot
18:41au centre de l'hémicycle.
18:43Vous êtes aussi
18:43caisseur du Parlement
18:45européen.
18:46Javier Moreno-Sanchez,
18:47bonjour.
18:47Bonjour.
18:48Chef de la délégation
18:48du groupe socialiste
18:50et démocrate espagnol.
18:51Et enfin,
18:52Géorgue Piperia,
18:53bonjour.
18:54Vous êtes eurodéputé roumain
18:55du groupe des conservateurs
18:56et réformistes
18:57à la droite de la droite.
18:58Vous avez défendu
18:59une motion de censure
19:00déjà en juillet dernier
19:02contre la présidente
19:03de la commission
19:04qui a été rejetée.
19:05Parlons justement
19:07de ce grand discours
19:08qui a fait une large place
19:09aux affaires étrangères.
19:11Ursula von der Leyen
19:11a même suggéré
19:12d'abandonner le veto
19:13sur ces affaires étrangères
19:15ce qui ne fait pas
19:15tout à fait plaisir
19:16aux Etats en général.
19:18Elle a commencé
19:18sur l'Ukraine
19:19avec un soutien fort
19:21sur la Pologne
19:22qui a été
19:23donc survolé
19:25par des drones russes
19:26et se félicite
19:27d'ailleurs de notre montée
19:28en puissance
19:28sur l'armement.
19:29C'est vrai tout ça ?
19:31C'est non seulement vrai
19:33mais c'est vital
19:34pour l'Union européenne.
19:35Défendre notre territoire
19:36c'est important
19:37et les Russes
19:37nous ont montré
19:38qu'ils n'hésitaient pas
19:39à entrer
19:40dans l'espace européen
19:41donc il y a une défense
19:42des Polonais
19:43et de l'OTAN
19:44en l'occurrence
19:45des avions
19:45des F-35 néerlandais
19:48et on peut
19:49qu'en être très heureux
19:50mais très inquiets aussi.
19:51Je rappelle
19:52que les Polonais
19:52ont été maintenus
19:53chez eux
19:54que quatre aéroports
19:55ont été fermés.
19:57C'est ce que nous rappellent
19:57souvent aussi
19:58nos collègues baltes
19:59cette réalité
20:00de la volonté
20:01d'invasion
20:02d'agressions
20:03d'agressions Russie.
20:03Mais elle était pour quelque chose
20:03sur la Van der Leyen
20:04dans notre renforcement
20:05de la défense
20:06est-ce qu'elle est suffisante
20:07d'ailleurs pour gagner la guerre ?
20:08Bien sûr
20:09elle est patronne
20:10de la commission
20:10la défense
20:11on ne l'a pas voulu
20:12dans les années 50
20:13mais là
20:14elle s'impose à nous
20:15et ce dont on parlait
20:17depuis longtemps
20:18on le fait
20:19dans la pratique
20:20par les aspects financiers
20:22les 150 milliards de prêts
20:24pour que les états
20:25puissent aller plus loin
20:26dans leur équipement militaire
20:27et aussi
20:28tout le monde
20:29qui fait désormais partie
20:30de l'OTAN
20:31une volonté
20:32de participer
20:33aux garanties de sécurité
20:34alors c'est l'Union Européenne
20:35avec le président Macron
20:37qui a organisé
20:38la coalition des volontaires
20:39mais en présence
20:40d'Ursula von der Leyen
20:42et d'Antonio Costa
20:43et en intégrant
20:44les Britanniques
20:44donc une Union Européenne
20:46pragmatique
20:47et efficace
20:48et acteur
20:49donc oui
20:50elle est forte
20:50là le discours a été
20:51ferme
20:53et rassembleur
20:54et c'est absolument
20:55essentiel
20:56à ce moment
20:57historique
20:58où nous sommes en tension
20:59maximum
21:00avec Vladimir Poutine
21:01alors un discours ferme
21:02aussi sur un autre point
21:03on l'attendait
21:04peut-être moins d'ailleurs
21:05celui du conflit
21:06entre Israël et le Hamas
21:07le discours
21:08a marqué un changement de ton
21:10avec des mesures annoncées
21:11pour sanctionner l'état hébreu
21:12on écoute Ursula von der Leyen
21:13ce qui se passe à Gaza
21:16est inacceptable
21:17c'est la raison pour laquelle
21:19je proposerai
21:20un train de mesures
21:21visant à tracer
21:23la voie à suivre
21:24d'abord
21:25la commission
21:27fera
21:28tout ce
21:29qui est
21:30en son
21:31pouvoir
21:32pour
21:33aller d'avant
21:34nous allons
21:35suspendre
21:36notre soutien
21:36bilatéral
21:37à Israël
21:38deuxièmement
21:40nous proposerons
21:41des sanctions
21:42à l'encontre
21:43des ministres
21:43extrémistes
21:44et des colons
21:45violents
21:46nous proposerons
21:47également
21:48une suspension
21:49partielle
21:50de l'accord
21:51d'association
21:51sur les questions
21:52liées au commerce
21:53alors
21:56Javier Moreno
21:57Sanchez
21:57les membres de votre groupe
21:58les socialistes et démocrates
22:00vous êtes affiché en rouge
22:01avec d'autres
22:02eurodéputés de gauche
22:03lors de cette séance
22:04en signe de soutien
22:06à Gaza
22:06les annonces que l'on vient
22:07d'entendre vous satisfont-elles ?
22:10alors c'est un début
22:10et c'est sous la pression
22:12justement de notre groupe
22:13et entre autres
22:14de certains premiers ministres
22:15comme mon premier ministre espagnol
22:17Pedro Sanchez
22:18vous savez la ligne
22:19qu'il a depuis le début
22:20lui
22:20condamnation
22:21des attentats
22:23de Hamas
22:23libération
22:24des otages
22:25dire que c'est un génocide
22:27une solution
22:29cessez-le-feu
22:30et une solution
22:30des deux états
22:31donc cette ligne
22:32il l'a proposée
22:34elle n'a pas dit
22:34que c'était un génocide
22:35sa vice-présidente
22:36l'a dit
22:36je suis en train de dire
22:40la ligne de mon premier ministre
22:43est un peu tard
22:45mais elle commence à réagir
22:46parce que nous
22:47ce qu'on demande
22:48à madame Van der Leyen
22:49c'est qu'elle agisse
22:49avec la même fermeté
22:51dans les deux guerres
22:54qu'on a à nos portes
22:55on a l'invasion
22:56de Poutine
22:57l'agression de Poutine
22:59en Ukraine
23:00mais on a
23:01pas très loin
23:02c'est nos voisins aussi
23:03une poudrière
23:04au Proche-Orient
23:06et on veut que ce soit
23:07avec les mêmes standards
23:09et la même fermeté
23:10et vous savez
23:11et moi je l'ai demandé
23:12officiellement
23:13pendant le débat
23:14on veut la suspension
23:15de l'accord
23:16d'association avec l'Israël
23:18là elle parle
23:18de suspension partielle
23:19comme je vous dis
23:20elle avance
23:21mais c'est sous pression
23:22c'est pas assez
23:23vous dites
23:23c'est pas assez
23:24autre dossier chaud du moment
23:25c'est le chapitre
23:26le plus délicat
23:27peut-être
23:28pour Ursula von der Leyen
23:29l'accord du 27 juillet
23:31qu'elle a signé
23:32avec le président Trump
23:33pour des droits de douane
23:33à 15%
23:34sur les exportations européennes
23:36vers les USA
23:37ce qui n'est pas réciproque
23:38d'ailleurs
23:39la présidente de la commission
23:40a défendu
23:41bec et ongle
23:42cette décision
23:43nous avons fait en sorte
23:46que l'Europe
23:46obtienne le meilleur
23:48accord possible
23:49mais si on considère
23:51les exceptions
23:51que nous avons obtenues
23:53et les taux supplémentaires
23:54auxquels d'autres pays
23:56sont soumis
23:56nous pouvons constater
23:59que nous avons
23:59le meilleur accord
24:00c'est incontestable
24:01mais je veux être aussi
24:04très claire
24:05sur un point
24:06qu'il s'agisse
24:08de la réglementation
24:09environnementale
24:09ou numérique
24:10et bien
24:11nous fixons
24:12nos propres normes
24:13nous fixons
24:14nos propres règles
24:15l'Europe décidera
24:16toujours par elle-même
24:17est-ce que vous êtes
24:20d'accord
24:21sur l'idée
24:21que finalement
24:22elle a obtenu
24:23le meilleur deal possible
24:24avec Donald Trump
24:26par rapport
24:27à la protection
24:28de notre commerce
24:28non pas du tout
24:30on doit
24:31on doit se souvenir
24:33du fait que
24:35depuis le 20 janvier
24:382025
24:39il n'y a pas eu
24:41de contact
24:43avec l'administration
24:44Trump
24:45madame von der Leyen
24:46et aussi madame
24:47Kayakalas
24:48n'ont pas eu
24:49des relations
24:50des discussions
24:51des négociations
24:52avec l'administration
24:54Trump
24:54donc cet accord
24:55qui a été fait
24:57sur un terrain de golf
24:58en Écosse
24:59c'est un échec
25:01et ce n'est pas moi
25:03qui le dis
25:03il y a quelques
25:05il y a quelques
25:06sondages d'opinion
25:07notamment
25:09un sondage
25:10qui est fait
25:10en France
25:11en Espagne
25:12en Italie
25:13et aussi en Allemagne
25:14et aux Pays-Bas
25:1660%
25:17de la population
25:19estime
25:21que madame von der Leyen
25:22doit partir
25:24parce que
25:26cet accord
25:26c'est un accord
25:27désastreux
25:28c'est un sondage
25:29qui a eu
25:30comme résultat
25:317%
25:3360%
25:33vous avez demandé
25:34vous qu'elle parte
25:34parce que vous avez posé
25:35une notion de censure
25:37moi aussi
25:37mais presque tous
25:37les intervenants
25:38ont dit
25:40sur cet accord
25:41que c'est un accord
25:42qui est pratiquement
25:43un échec
25:44c'est un désastre
25:45et dans le même temps
25:48madame von der Leyen
25:49a dit quelque chose
25:50qui est contradictoire
25:51elle a dit que
25:52même cet accord
25:55c'est bon
25:55c'est très bon
25:56elle ne va pas
25:58permettre
25:59la modification
26:00la modification
26:02de notre
26:03législation
26:04sur la technologie
26:05c'est à dire
26:06le DSI
26:07et le DMA
26:08et c'est
26:09les géants du numérique
26:11bien sûr
26:11c'est monsieur Trump
26:12qui a exigé
26:14qui a demandé
26:14spécialement
26:15l'annulation
26:16du DSI
26:17pour avoir
26:19un accord commercial
26:20avec les Etats-Unis
26:21justement
26:22Fabienne Keller
26:22le Ressaudet van der Leyen
26:23l'a dit
26:24lors de son discours
26:25sur l'état de l'union
26:25elle veut préserver
26:26l'indépendance européenne
26:27sur le numérique
26:28on ne transigera pas
26:29avec cette régulation
26:30sur le numérique
26:31vous la croyez
26:32elle va pouvoir tenir bon
26:33face à Donald Trump
26:34en tout cas
26:35nous la soutenons
26:35dans cette démarche
26:37très fortement
26:37il faut rappeler
26:39que c'est une législation
26:40qui est bien antérieure
26:41d'ailleurs
26:41à l'élection
26:41de monsieur Trump
26:42ça n'a rien à voir
26:43avec la situation récente
26:46ça vise en fait
26:47à la fois
26:48à organiser la concurrence
26:49pour ne pas laisser
26:49des entreprises
26:50toujours plus grandes
26:51comme les GAFA
26:51dominer le marché
26:53et d'autre part
26:54à se donner le moyen
26:55à éviter
26:56que les discours haineux
26:58les appels
26:59aux violences
27:00voire les indications
27:01dangereuses
27:01vous savez
27:02les aides au suicide
27:02etc.
27:03soient diffusées
27:03que ce soit
27:04pas utilisé
27:06comme c'est le cas
27:06malheureusement actuellement
27:07est-ce qu'elle va céder
27:07sur le commercial
27:08est-ce qu'elle va pas céder
27:09sur quelque chose
27:10qui serait justement
27:12l'encadrement
27:13des géants du numérique
27:14parce qu'on veut
27:15que les Etats-Unis
27:16soient avec nous
27:16sur l'Ukraine
27:17nous l'encourageons
27:18à ne pas le faire
27:19elle a appliqué
27:21il y a quelques jours
27:22il y a 10 jours
27:23la régulation
27:24de la concurrence
27:25qui est un autre sujet
27:26qui a conduit
27:27à une amende
27:29de plus de 2 milliards
27:30de dollars
27:31ou d'euros
27:32presque 3 milliards même
27:34à l'égard de Google
27:35donc on l'encourage
27:38à cette fermeté
27:38à être simplement européen
27:40c'est-à-dire que nous avons
27:40des règles
27:41et la commission
27:42a en charge
27:43leur application
27:44mais on a un interlocuteur
27:47qui est peu fiable
27:48M. Trump
27:48puisqu'il en demande
27:50toujours plus
27:50donc la question
27:52c'est aussi
27:53de savoir être ferme
27:54c'est peut-être là
27:55qu'on aurait souhaité
27:57un peu plus de fermeté
27:58encore ce matin
27:59mais sachez que
28:00du côté du Parlement
28:01de la majorité pro-européenne
28:02nous allons continuer
28:03à être exigeant
28:04sur cette nouvelle application
28:05Alors il y a des nuances
28:06dans cette majorité
28:07pro-européenne
28:08on va les écouter
28:09d'ailleurs
28:09le chef des écologistes
28:11basse écoute
28:11accusé Ursula von der Leyen
28:13d'avoir oublié
28:15la transition écologique
28:16avec un Green Deal
28:17largement détricoté
28:18en même temps
28:19que l'accord
28:20avec les Etats-Unis
28:21écoutons-le
28:22Vous avez signé
28:24cet accord
28:25avec Trump
28:25750 milliards
28:27d'investissements
28:29dans l'énergie
28:30américaine
28:31c'est cela
28:31que vous avez signé
28:32une énergie
28:33qui est plus sale
28:35que la nôtre
28:36c'est un accord
28:38complètement fou
28:39que vous avez signé
28:40avec les Américains
28:41il faut remédier à cela
28:42Monsieur Moreno Sanchez
28:44est-ce que vous êtes d'accord
28:45avec votre collègue
28:46vert
28:47cette commission
28:48a renoncé
28:49à l'écologie
28:50détricote régulièrement
28:51tout ce qu'elle a
28:52mis sur la table
28:54lors du pacte vert
28:55la dernière mandature
28:55dans le pacte vert
28:56dans d'autres domaines
28:57il y a une tendance
28:58et là dans l'accord
28:59en particulier
28:59on savait qu'on arrivait
29:00dans un parlement européen
29:02à une commission
29:03qui était beaucoup plus à droite
29:04ce qu'on ne savait pas
29:04c'est que la droite traditionnelle
29:06pro-européenne
29:07allait commencer à jouer
29:08un peu avec l'extrême droite
29:09et donc effectivement
29:11notre grande lutte
29:12c'est de ne pas démonter
29:13toutes les propositions
29:15qu'elle a faites
29:16que nous avons menées
29:17ensemble
29:18à terme
29:19comme le pacte migratoire
29:20la directive
29:23sur l'intelligence artificielle
29:24sur les services digitaux
29:27enfin tout ça
29:28donc pas qu'on revienne en arrière
29:29qu'elle soit tentée
29:30attirée par l'extrême droite
29:33de revenir en arrière
29:35quant à l'accord
29:36pour le moment
29:36on n'a qu'une déclaration politique
29:39moi ce que j'ai demandé
29:40que personne ne m'a dit
29:41qu'est-ce qu'on va nous présenter
29:42au parlement
29:42sur quoi on va voter
29:45et de toute façon
29:46ce qu'on ne va pas accepter
29:48ce qu'on ne doit pas accepter
29:49Fabienne
29:50c'est un changement de paradigme
29:51on a construit
29:52le commerce international
29:53depuis des décennies
29:54avec l'OMC
29:55des règles
29:56la clause de la nation
29:57la plus favorisée
29:58on ne peut pas laisser
30:00ça entre les mains
30:01de la loi du plus fort
30:02parce que sinon
30:03on ne sait pas où on va
30:03alors est-ce qu'on fait
30:03accord ou non
30:04avec l'extrême droite
30:05et puis là en l'occurrence
30:06vous allez plutôt déclencher
30:08le feu de la censure
30:10contre elle
30:10oui
30:11deux motions de censure
30:12à venir
30:13une de l'extrême gauche
30:14et puis des patriotes
30:15de Jordan de Bardella
30:16à laquelle vous avez
30:16certainement vous associé
30:17monsieur Piperia
30:18vous en aviez déposé une
30:20en juillet dernier
30:20ces motions ont plus de chances
30:22d'être adoptées
30:22à quoi ça sert
30:23à part affaiblir
30:24finalement la commission
30:25au moment où on voit
30:26le monde a besoin
30:27d'une Europe forte
30:27je vais vous donner
30:28un bon exemple
30:29madame von der Leyen
30:30a dit quelque chose
30:31de très intéressant
30:32aujourd'hui
30:33on doit commencer à rebâtir
30:36l'Europe
30:37c'est-à-dire une nouvelle Europe
30:39mais cette nouvelle Europe
30:40ce n'est pas une Europe sociale
30:41c'est une Europe militariste
30:43c'est une Europe qui doit se présenter
30:50avec cette caractéristique
30:52d'être une Europe intéressée
30:54de l'environnement
30:55mais c'est une Europe militariste
30:57et ça vous n'êtes pas pour
30:57vous n'êtes pas intéressé
30:59par l'environnement
30:59moi je suis intéressé
31:01très intéressé
31:02moi je suis intéressé
31:03d'une Europe sociale
31:04mais ce qui se passe
31:07c'est que cette entrée
31:09du peuple européen
31:10sont maintenant
31:13sub-prioritisés
31:15parce que madame von der Leyen
31:17doit boxer
31:18doit devenir une boxeure
31:20ce qu'on peut retenir
31:21veulent faire des boxeurs
31:24de nous
31:25une Europe militariste
31:26ce n'est pas mon idée
31:27une Europe démocratique
31:28vous entendez madame Keller
31:29alors il y a d'ailleurs
31:30on n'est pas là
31:31on est à une Europe
31:32qui se défend
31:33qui se protège
31:34c'est ce que nos concitoyens
31:35demandent en premier
31:36mais ce qu'on peut retenir
31:37Fabienne Kelle
31:37peut-être de cette motion
31:38qui s'accumule
31:39c'est que la majorité
31:40elle est plus fragile
31:41qu'elle ne l'a été
31:41est-ce que Ursula von der Leyen
31:43elle va être en mesure
31:44de faire passer
31:44les votes importants
31:45qui arrivent
31:46on pense au Mercosur
31:47par exemple
31:47qui divise beaucoup
31:48alors le Mercosur
31:50parce que ce sujet
31:51est extrêmement sensible
31:52vous savez qu'il y a
31:53une bonne clause
31:54de sauvegarde
31:55sur l'agriculture
31:56qui a été négociée
31:57notamment par la France
31:59et par le Président Macron
32:00donc on peut penser
32:01que voilà
32:02c'est plus acceptable
32:03vous êtes un peu plus
32:04mis d'accord
32:04avec M. Moreno-Sanchez
32:05qu'avant
32:06mais non non non
32:07on se met toujours d'accord
32:09parce que ici
32:09au Parlement européen
32:10Socialiste, Renew
32:12et le PPE
32:13bossent en général ensemble
32:15maintenant ils ont la tentation
32:17le PPE
32:17de temps en temps
32:18travailler avec l'extrême droite
32:19et je le regrette profondément
32:21en termes de valeur européenne
32:23mais une Europe militarisée
32:24franchement
32:25on n'y est pas du tout
32:25on est à l'Europe
32:27qui est efficace
32:28pour ce qui est
32:29d'être ensemble
32:29par exemple
32:30dans le domaine militaire
32:31les industries de la défense
32:33sont nationales
32:34on serait tellement plus fort
32:35en étant européen
32:37donc il y aura
32:37des programmes industriels
32:39de développement
32:40à l'échelle européenne
32:41les militaires
32:42resteront nationaux
32:43parce que les commandements
32:45sont nationaux
32:45pour conclure
32:45pour qu'on comprenne bien
32:46vos attentes
32:47par rapport à
32:48madame van der Leyen
32:49en quelques mots
32:50qu'est-ce que vous attendez
32:51d'elle aujourd'hui
32:52en 2025 ?
32:53j'attends la démission
32:56de madame van der Leyen
32:57pour éviter
32:58la honte
33:00d'être démissionnée
33:02par une motion
33:05de censure
33:05des patriotes
33:06qui sont
33:07les soi-dites
33:08extrémistes
33:10mais qui n'ont pas
33:11de majorité
33:12pour l'instant au Parlement
33:13malheureusement
33:13c'est le discours
33:14de toutes les extrêmes
33:15droites européennes
33:16et notamment
33:16le rassemblement national
33:17français
33:18le dégagisme
33:18ce que j'attends
33:19c'est de la fermeté
33:20et de la mise en oeuvre
33:22parce que c'est ce qu'on attend
33:23de la commission
33:23de nos décisions
33:25qui sont puissantes
33:26et puis
33:27une Europe forte
33:29et respectée
33:29dans le monde
33:30est-ce qu'elle est capable
33:32de délivrer ça ?
33:33je rejoins Fabienne
33:34il faut qu'elle agisse
33:34et nous les socialistes
33:36et démocrates
33:37on demande qu'elle agisse
33:38dans les domaines
33:39on lui a écrit
33:39une lettre
33:40avec nos priorités
33:42par exemple
33:42sur le problème
33:44du logement
33:44sur le problème
33:46pour les jeunes
33:47il faut qu'elle agisse
33:48et qu'elle agisse
33:49avec la majorité
33:51pro-européenne
33:52avec la majorité
33:54qu'elle arrête
33:55elle a mentionné le logement
33:56et certains passages
33:57de cette lettre
33:58merci à vous
33:58d'avoir très bien
33:59illustré ce débat
34:00merci à tous
34:01et bonne suite
34:01de programmes
34:02sur nos chaînes
34:02merci à tous
34:04merci à tous
34:04merci à tous
34:05merci à tous
34:07merci à tous
34:07merci à tous
34:08merci à tous
34:10merci à tous
34:11merci à tous
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