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  • il y a 6 heures
Le décret du 27 avril 1848 a aboli l'esclavage en France et dans ses colonies. Pourtant, 178 ans plus tard, le "Code noir", qui regroupe l'ensemble des dispositions encadrant la vie des esclaves dans les îles françaises, faisant notamment des esclaves, des "meubles", n'a jamais été officiellement abrogé. C'est ce que propose le groupe LIOT dans le cadre de sa "niche parlementaire" du 28 mai, par le moyen d'une proposition de loi portée par le député guadeloupéen Max Mathiasin. Retrouvez les temps forts de l'examen du texte par les députés de la commission des lois, mercredi 20 mai.

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Transcription
00:00:00...
00:00:07Bonjour à tous et bienvenue dans la séance est ouverte.
00:00:11Les députés du groupe Liotte, liberté indépendant outre-mer et territoire,
00:00:15ont déposé une proposition de loi pour abroger le code noir.
00:00:18Le texte est débattu et adopté à l'unanimité par la commission des lois.
00:00:23Regardez.
00:00:24Tous nos textes et tous nos travaux parlementaires sont des moments importants.
00:00:30Mais celui-là, à mon sens, revêt un caractère particulier parce qu'elle concerne la République.
00:00:40Elle touche une partie du territoire et des populations qui sont partie intégrante de la République,
00:00:49mais qui ont été l'objet d'une histoire particulière qui n'était pas à part, qui est l'histoire
00:00:58de la République.
00:00:58Donc, cette proposition de loi touche à la question de l'esclavage et revêt une importance symbolique et politique très
00:01:08forte.
00:01:09En effet, contrairement à une idée reçue, le code noir et l'ensemble des textes en assurant l'application
00:01:17n'ont jamais été expressément abrogées par le législateur.
00:01:23S'ils ne trouvent évidemment plus d'application aujourd'hui,
00:01:28mais ils n'ont jamais été expressément abrogées.
00:01:33L'esclavage a été définitivement aboli en 1948.
00:01:37Ces textes demeurent néanmoins présents dans ce que j'appellerais l'ombre de notre droit.
00:01:41Il est donc temps de les en faire sortir définitivement par respect pour la mémoire
00:01:48de millions d'hommes, de femmes et d'enfants qui ont subi cette oppression dans leur chair au plus profond.
00:01:57Tel est l'objet de la proposition de loi que je présente devant vous ce matin
00:02:02dans le but de contribuer à l'apaisement des mémoires
00:02:05et à une meilleure connaissance de notre histoire, aussi complexe, aussi compliquée soit-elle.
00:02:12Je vous propose d'abord de revenir sur la jeunesse de ce texte
00:02:16avant de vous résumer le contenu
00:02:20et je conclurai en évoquant les principaux enseignements
00:02:23que nous retirons des échanges nombreux que nous avons eus,
00:02:27Olivier Servin et moi, au cours de nos auditions.
00:02:30Puisque j'associe, bien sûr, à ce texte Olivier Servin, mon collègue de la Guadeloupe,
00:02:38puisque c'est ensemble que nous avons demandé à notre président du groupe Lyot
00:02:43de présenter cette question au gouvernement il y a un an.
00:02:51Donc, venons-en d'abord à la jeunesse de ce texte.
00:02:53L'idée de présenter ce texte nous est venue, avec mon collègue Olivier Servin,
00:02:58lorsque nous avons pris conscience que ce code n'avait jamais été expressément abrogé.
00:03:05Cette situation, il faut le dire, m'avait été également signalée par M. Jean-Claude Nelson,
00:03:13neuvième vice-président de la région Guadeloupe que je salue.
00:03:16Pour clarifier cette situation,
00:03:19le président de notre groupe, M. Laurent Panifous,
00:03:23avait alors interrogé le gouvernement à ce sujet au mois de mai de l'année dernière.
00:03:28Le Premier ministre de la loi, M. François Bayrou,
00:03:31s'était en retour engagé à ce qu'un texte soit présenté en ce sens
00:03:35pour faire justice à cette mémoire encore douloureuse et si prégnante.
00:03:40Nous avions alors pris la décision de déposer notre texte
00:03:45en consultant en amont des historiens, des juristes,
00:03:48des spécialistes de l'histoire et de l'économie.
00:03:52Je salue ici de façon solennelle et je le dis ici,
00:03:59abroger le code noir est un geste symbolique et politique puissant.
00:04:04Le code noir incarne en effet la législation
00:04:08et la légalisation de l'esclavage au sein des colonies françaises.
00:04:13Ces dispositions ont organisé la négation de l'humanité
00:04:17de femmes, d'hommes et d'enfants réduites en esclavage
00:04:21en raison de leur origine, et il faut le dire,
00:04:25de la couleur de leur peau,
00:04:27en les assimilant à des biens meubles
00:04:30et en les soumettant à des châtiments
00:04:33d'une extrême violence,
00:04:37en cas de désobéissance
00:04:39ou selon parfois le bon vouloir.
00:04:42Ce n'est pas un hasard
00:04:43si, il y a quelques années,
00:04:45le débat politique s'était installé
00:04:47autour du code noir
00:04:49et de la statue de Colbert
00:04:51présente devant l'Assemblée nationale.
00:04:54Ce texte est en effet
00:04:55à l'origine de la notion même
00:04:57d'exception coloniale
00:04:59qui s'est ensuite inscrite durablement
00:05:00dans notre histoire.
00:05:02Je vous rappelle en effet
00:05:04que l'esclavage ne s'appliquait
00:05:05que dans les colonies françaises
00:05:07et non sur le sol du royaume
00:05:09parce que nul ne pouvait être esclave
00:05:12depuis le roi Charles X
00:05:14sur le territoire du royaume,
00:05:17c'est-à-dire en France hexagonale.
00:05:20Je vous rappelle en effet
00:05:21que l'esclavage,
00:05:24que cette dichotomie a façonné les esprits,
00:05:27a contribué à nourrir
00:05:28une cassure entre la France hexagonale
00:05:31et les territoires ultramarins
00:05:32qui a pris des formes multiples
00:05:34ayant perduré après l'abolition
00:05:37de l'esclavage en 1848.
00:05:39C'est cette cassure fondamentale,
00:05:42cette négation de l'humanité
00:05:44et de nos valeurs
00:05:46que le présent texte
00:05:47entend réparer aujourd'hui.
00:05:49J'espère que nous serons tous
00:05:52rassemblés autour d'un texte
00:05:54qui est équilibré
00:05:55et qui répond à une demande,
00:05:57je dirais, mémorielle, forte.
00:06:00Le texte que je vous soumets
00:06:02comprend deux articles.
00:06:03L'article 1er
00:06:05abroge non seulement
00:06:07l'ordonnance de mars 1686,
00:06:115, pardon,
00:06:12dite code noir,
00:06:13mais également l'ensemble des textes
00:06:15qui en ont assuré l'application,
00:06:18l'adaptation
00:06:19et qui ont permis
00:06:20d'en étendre la portée
00:06:22à d'autres territoires.
00:06:24Ces dispositions du code noir
00:06:26de 1685
00:06:27qui concernaient les Antilles
00:06:30avaient en effet
00:06:31progressivement été étendues
00:06:34aux autres territoires
00:06:36soumis à la domination française.
00:06:38D'abord,
00:06:39au sein des îles
00:06:41Mascareignes
00:06:42en 1723,
00:06:43puis en Louisiane
00:06:45en 1724.
00:06:47Divers actes juridiques
00:06:48de toute nature
00:06:50en ont d'ailleurs régulièrement
00:06:54modifié le contenu
00:06:55au cours du XVIIIe siècle.
00:06:57L'article 1er
00:06:59propose donc
00:07:00à leur abrogation intégrale
00:07:03afin de contribuer
00:07:04à l'apaisement
00:07:06des mémoires
00:07:07et de reconnaître
00:07:08l'immense souffrance
00:07:09que l'application
00:07:10de ces textes
00:07:11a engendré.
00:07:12Je reprends.
00:07:13L'article 1er
00:07:14procède donc
00:07:15à leur abrogation intégrale
00:07:18afin de contribuer
00:07:19à l'apaisement
00:07:20des mémoires
00:07:20et de reconnaître
00:07:21l'immense souffrance
00:07:23que l'application
00:07:24de ces textes
00:07:25a engendré.
00:07:26Cette proposition de loi
00:07:27comprend également
00:07:28un article 2
00:07:29sous la forme
00:07:31d'un rapport
00:07:31demandé au gouvernement
00:07:33sur le droit colonial
00:07:34et sur les effets
00:07:35de long terme
00:07:37sur les populations
00:07:38et territoires concernés.
00:07:40Un tel rapport
00:07:41doit permettre
00:07:42de donner à voir
00:07:43combien les territoires
00:07:44ultramarins
00:07:45subissent encore
00:07:45les effets
00:07:46de cette histoire longue
00:07:47tant dans leur organisation
00:07:49économique
00:07:49que dans leur structure
00:07:51familiale
00:07:52et culturelle.
00:07:53J'aimerais insister
00:07:55à cet égard
00:07:56sur la dimension
00:07:57psychologique
00:07:57de cette histoire.
00:07:59L'esclavage a produit
00:08:00dans nos esprits
00:08:01une forme
00:08:02de dépréciation
00:08:04de soi
00:08:04ainsi qu'un sentiment
00:08:06de douleur
00:08:06et de honte.
00:08:08Cette abrogation
00:08:08doit permettre
00:08:09de renverser
00:08:10ce sentiment
00:08:11en stigmatisant
00:08:12le système colonial
00:08:13et non
00:08:15ses victimes.
00:08:16J'aime à dire
00:08:17être né
00:08:19dans la matrice
00:08:20de crimes
00:08:22et quelque chose
00:08:23de vertigineux.
00:08:25Venons-en maintenant
00:08:27pour conclure
00:08:27aux enseignements
00:08:29que je retire
00:08:30de mes différents travaux,
00:08:31de nos différents travaux.
00:08:32Vous l'aurez compris,
00:08:33ce texte est d'abord
00:08:34un texte de mémoire,
00:08:36de justice,
00:08:36de reconnaissance.
00:08:37C'est la raison
00:08:38pour laquelle
00:08:38nous avons souhaité
00:08:40consulter très largement
00:08:41des citoyens,
00:08:43des historiens,
00:08:43des juristes
00:08:44et des économistes
00:08:45afin d'enrichir
00:08:46son contenu.
00:08:47La première leçon
00:08:49que nous retirons
00:08:50de ces échanges
00:08:51est la suivante.
00:08:52L'abrogation du Code Noir
00:08:53doit s'inscrire
00:08:55dans un travail
00:08:55de mémoire
00:08:56plus global
00:08:57sur ces questions.
00:08:58En dépit des lois
00:08:59déjà adoptées
00:09:00en 1983,
00:09:02puis en 2017,
00:09:04j'observe
00:09:06et nous observons
00:09:07que persiste
00:09:08le sentiment
00:09:08que l'histoire
00:09:09de l'esclavage
00:09:10n'est pas reconnue
00:09:11à sa juste valeur.
00:09:13Cette proposition
00:09:14de loi
00:09:15et le rapport
00:09:16législatif
00:09:17qui lui est attaché
00:09:18doivent nous permettre
00:09:20de progresser
00:09:21dans ce domaine
00:09:21et de renforcer
00:09:23son enseignement.
00:09:25Nous devons également
00:09:26dire
00:09:27que nombre
00:09:27de nos interlocuteurs
00:09:30nous ont alerté
00:09:31sur le fait
00:09:32que la journée nationale
00:09:33du 23 mai
00:09:34consacrée
00:09:35à la commémoration
00:09:36des victimes
00:09:36de l'esclavage
00:09:37restait
00:09:38insuffisamment
00:09:39respectée.
00:09:40Il est important
00:09:41que la loi
00:09:42soit pleinement
00:09:42appliquée
00:09:43sur ce sujet.
00:09:44Nous ajoutons
00:09:45qu'il nous faut
00:09:46également
00:09:46mieux prendre en compte
00:09:48la diversité
00:09:49des histoires
00:09:49et des mémoires
00:09:50de l'esclavage.
00:09:51Il nous semble
00:09:51important
00:09:52qu'une place
00:09:53soit accordée
00:09:54aux résistances
00:09:55et au marronnage
00:09:57qui en constituent
00:09:58une dimension
00:10:00essentielle.
00:10:01La seconde leçon
00:10:03issue
00:10:03de nos auditions
00:10:04concerne
00:10:04la question
00:10:05des réparations
00:10:06évoquées
00:10:07d'ailleurs
00:10:07dans certains
00:10:09de nos amendements.
00:10:11Comme me l'ont
00:10:12rappelé
00:10:12beaucoup
00:10:13de personnes
00:10:13auditionnées,
00:10:15cette proposition
00:10:16de loi
00:10:16doit être
00:10:17un jalon
00:10:17supplémentaire
00:10:18pour la mémoire
00:10:18de l'esclavage
00:10:19mais en aucun cas
00:10:21une faim en soi
00:10:22ou pire encore
00:10:24un prétexte
00:10:25pour ne pas traiter
00:10:26les questions
00:10:27de fond
00:10:27qu'elles soulèvent.
00:10:28Nous partageons
00:10:29leurs convictions.
00:10:30nous serons
00:10:31vigilants
00:10:31vis-à-vis
00:10:31des annonces
00:10:32qui doivent
00:10:32intervenir
00:10:33prochainement.
00:10:35Il nous a
00:10:35toutefois
00:10:36semblé
00:10:36important
00:10:37de ne pas
00:10:37brouiller
00:10:38le message
00:10:38que porte
00:10:39ce texte
00:10:39en y insérant
00:10:40de façon
00:10:41précipitée
00:10:41la question
00:10:42complexe
00:10:42des réparations.
00:10:44Un tel sujet
00:10:45appelle en effet
00:10:45un travail approfondi,
00:10:47rigoureux,
00:10:48complet
00:10:48qui dépasse
00:10:51chacun
00:10:52en conviendra
00:10:52le cadre
00:10:53contraint
00:10:53de l'examen
00:10:55des textes
00:10:56lors des journées
00:10:57réservées.
00:10:59Enfin,
00:11:00le dernier point
00:11:01sur lequel
00:11:02nous voulions insister
00:11:03concerne là
00:11:04les attentes
00:11:06très fortes
00:11:07des Outre-mer
00:11:08pour que le principe
00:11:10d'égalité
00:11:11promis
00:11:11dans notre devise
00:11:12républicaine
00:11:14devienne
00:11:14une réalité.
00:11:16Nombre
00:11:17de nos interlocuteurs
00:11:19en effet
00:11:19nous ont indiqué
00:11:21combien
00:11:21à leur sens
00:11:22malgré la distance
00:11:23de l'histoire
00:11:25persistait
00:11:26de façon diffuse
00:11:27une forme
00:11:28d'exception
00:11:28coloniale
00:11:29caractérisée
00:11:30par un traitement
00:11:30souvent différencié
00:11:32des territoires
00:11:33ultramarins.
00:11:35Quand on pense
00:11:36au chlordécone
00:11:37ou à l'ensemble
00:11:38des politiques
00:11:39publiques,
00:11:40force est de constater
00:11:42que les moyens
00:11:42manquent
00:11:43et que ce manque
00:11:44nourrit
00:11:45la défiance.
00:11:46Il faut aussi
00:11:49entendre
00:11:50ces perceptions
00:11:51et garantir
00:11:52l'égalité
00:11:52qui est due
00:11:53à chacun d'entre nous
00:11:54au sein
00:11:55de la République.
00:11:57Je vous remercie
00:11:58mes chers collègues,
00:11:59Madame la Présidente,
00:12:00mes chers collègues
00:12:00de votre attention.
00:12:03Merci Monsieur le rapporteur.
00:12:06La parole est maintenant
00:12:07aux orateurs
00:12:08pour une durée
00:12:09de 4 minutes.
00:12:11On commence
00:12:11avec Monsieur
00:12:12Cyril Tribuillani.
00:12:15J'espère ne pas
00:12:15avoir écranché
00:12:16votre nom
00:12:16pour le groupe
00:12:17Rassemblement national.
00:12:18Merci Madame la Présidente,
00:12:24Monsieur le rapporteur.
00:12:26La France porte en haine
00:12:27une vocation universelle
00:12:28d'émancipation
00:12:29des 1315.
00:12:30L'édit du roi Louis X
00:12:31posait un principe
00:12:32juridique et moral.
00:12:33Le sol de la France
00:12:34a franchi l'esclave
00:12:35qui le touche.
00:12:36Cet idéal de liberté
00:12:37a façonné
00:12:38notre identité nationale.
00:12:40Malheureusement,
00:12:40ce principe
00:12:41n'a pas été étendu
00:12:42à tous les territoires
00:12:43qui contrôlaient la France.
00:12:44Notre pays a fait le choix
00:12:45en 1685
00:12:46de réglementer
00:12:47l'esclavage
00:12:48dans ses possessions.
00:12:49Quelles que soient
00:12:50les motivations de ce texte,
00:12:51réglementer l'ignomini,
00:12:53s'étaient participé
00:12:54à la faire perdurer ?
00:12:55Et cela,
00:12:56le Code noir
00:12:56a entretenu
00:12:57une abomination
00:12:58niant la dignité humaine
00:12:59que nous condamnons
00:13:00tous ici
00:13:01de manière absolue.
00:13:02Nous soutenons donc
00:13:04cette proposition de loi
00:13:05pour sa portée symbolique.
00:13:06Il n'est jamais inutile
00:13:07de rappeler
00:13:07que la France
00:13:07ne peut entretenir
00:13:09aucune ambiguïté
00:13:10avec un texte contraire
00:13:12à son histoire
00:13:12et à ses principes.
00:13:14Pour autant,
00:13:15cette exigence de mémoire
00:13:16doit être abordée
00:13:16avec mesure et rigueur.
00:13:18Sur le plan juridique,
00:13:19le Code noir
00:13:19n'a plus d'existence légale
00:13:21depuis longtemps.
00:13:21Il n'a certes pas fait
00:13:22l'objet d'une abrogation
00:13:23à expresse,
00:13:24mais notre droit
00:13:25connaît aussi
00:13:26l'abrogation tacite.
00:13:28Lorsqu'un texte nouveau
00:13:29est incompatible
00:13:29avec un texte ancien,
00:13:31celui-ci est privé
00:13:32de portée juridique.
00:13:33Or,
00:13:34toute l'histoire républicaine
00:13:35s'inscrit
00:13:36contre l'esclavage.
00:13:37La Déclaration des droits
00:13:38de l'homme
00:13:38et du citoyen
00:13:39de 1789
00:13:40affirme que les hommes
00:13:41naissent libres
00:13:41et égaux en droit.
00:13:43La Convention
00:13:43a aboli l'esclavage
00:13:45dans les colonies
00:13:45par le décret
00:13:46du 4 février 1794.
00:13:49Après les reculs
00:13:50du consulat
00:13:50et de l'Empire,
00:13:51le décret du 27 avril 1848
00:13:53a de nouveau proclamé
00:13:54cette abolition.
00:13:56La Constitution
00:13:58de la Deuxième République
00:13:59a par la suite
00:14:00réitéré
00:14:01le refus
00:14:01de l'esclavage
00:14:02qui est venu
00:14:02enteriner
00:14:03notre ordre juridique
00:14:04contemporain
00:14:05à travers
00:14:05les consécrations
00:14:06des principes
00:14:07de dignité humaine
00:14:08et de condamnation
00:14:09de toute forme
00:14:10d'asservissement.
00:14:12La République
00:14:12a donc pris
00:14:13depuis longtemps
00:14:14les dispositions
00:14:14nécessaires
00:14:15pour proclamer
00:14:15son hostilité absolue
00:14:16à l'esclavage.
00:14:17Ses textes fondateurs,
00:14:19ses principes constitutionnels
00:14:20et ses réaffirmations
00:14:21successives
00:14:21rendent toute
00:14:23survivance
00:14:24du code noir
00:14:25impossible.
00:14:26Cette proposition
00:14:27de loi a donc
00:14:27une portée
00:14:28essentiellement symbolique
00:14:29mais ce symbole
00:14:30a son importance.
00:14:31Il permet de redire
00:14:32que la France
00:14:32ne reconnaît
00:14:33aucune légitimité
00:14:35ni aucune
00:14:37survivance
00:14:37à un texte
00:14:38qui a organisé
00:14:39une atteinte majeure
00:14:40à la dignité humaine.
00:14:41La mémoire
00:14:42de l'esclavage
00:14:42impose la vérité,
00:14:43la transmission
00:14:44et le respect
00:14:45dû aux victimes
00:14:46mais elle ne doit
00:14:47pas masquer
00:14:47les difficultés
00:14:48actuelles
00:14:48des outre-mer
00:14:49chômage,
00:14:49vie chère,
00:14:50insécurité,
00:14:50accès aux services
00:14:51publics,
00:14:52immigration massive,
00:14:54fractures sociales.
00:14:55Oui, nous voterons
00:14:56sans la moindre
00:14:56hésitation
00:14:57l'abrogation
00:14:57du code noir
00:14:58mais celle-ci
00:14:59ne rendra pas
00:14:59les rues
00:15:00de nos outre-mer
00:15:00plus sûres
00:15:01et elle ne remplira
00:15:02pas les frigos.
00:15:03L'urgence
00:15:03est à l'action
00:15:04et nous attendons
00:15:04donc l'inscription
00:15:05rapide au Sénat
00:15:06de la proposition
00:15:07de loi
00:15:07visant à prendre
00:15:08des mesures d'urgence
00:15:08contre la vie chère
00:15:10en outre-mer.
00:15:10Je vous remercie.
00:15:14Merci.
00:15:14La parole est à
00:15:15Ludovic Mendès
00:15:16pour Ensemble
00:15:17pour la République.
00:15:20Merci Madame
00:15:20la Présidente,
00:15:21chers collègues.
00:15:22Au-delà de sa portée
00:15:23juridique,
00:15:24ce texte porte
00:15:24une exigence morale,
00:15:26historique et républicaine.
00:15:27Le code noir
00:15:28n'est pas un simple
00:15:28vestige administratif
00:15:29du passé.
00:15:30Il fut le fondement
00:15:31juridique d'un système
00:15:32colonial fondé
00:15:32sur la négation
00:15:33de l'humanité
00:15:34de millions d'hommes,
00:15:35de femmes et d'enfants
00:15:36réduits en esclavage.
00:15:37Il a organisé,
00:15:38codifié et légitimé
00:15:39l'exploitation
00:15:40d'êtres humains
00:15:41au profit
00:15:41d'intérêts économiques
00:15:42et politiques.
00:15:43Il a transformé
00:15:44des personnes
00:15:44en biens meubles.
00:15:45Il a autorisé
00:15:46les châtiments corporels,
00:15:47la déshumanisation
00:15:48et l'arbitraire.
00:15:50Oui,
00:15:51la France a reconnu
00:15:51la traite et l'esclavage
00:15:52comme crime contre l'humanité
00:15:53avec la loi Taubira
00:15:54de 2001.
00:15:55Oui,
00:15:56notre nation honore
00:15:57la mémoire des victimes
00:15:57de l'esclavage.
00:15:58Mais il est vrai également
00:15:59que les textes du code noir
00:16:00n'ont jamais été
00:16:01explicitement abrogés.
00:16:03Cette situation
00:16:03constitue une anomalie
00:16:04historique et symbolique
00:16:05que nous devons corriger
00:16:06avec lucidité
00:16:09et le code noir
00:16:10aujourd'hui ne revient pas
00:16:11à juger le passé
00:16:12avec les yeux du présent.
00:16:13Cela revient à affirmer
00:16:14clairement ce que
00:16:15la République française
00:16:16est et ce qu'elle refuse
00:16:17définitivement d'être.
00:16:19La République ne peut
00:16:19laisser subsister,
00:16:20même de manière
00:16:21purement théorique,
00:16:22des textes qui ont
00:16:23institutionnalisé
00:16:23l'asservissement
00:16:24et l'inhumanité.
00:16:26Cette étape peut s'avérer
00:16:27nécessaire pour définitivement
00:16:28tourner la page
00:16:29de cette époque.
00:16:30Car si l'histoire
00:16:30ne s'efface pas,
00:16:31notre responsabilité collective
00:16:33est de reconnaître
00:16:34pleinement ce qui doit l'être
00:16:36afin de permettre
00:16:37une mémoire apaisée
00:16:38et une réconciliation durable.
00:16:40Et ayons également
00:16:41conscience de l'importance
00:16:42symbolique de ce texte
00:16:43pour la France des Outre-mer
00:16:44qui ont subi de plein fouet
00:16:45les conséquences du code noir
00:16:46et dont les sociétés
00:16:47portent encore,
00:16:48parfois profondément,
00:16:49les héritages de cette histoire.
00:16:51Pour beaucoup de nos
00:16:52concitoyens ultramarins,
00:16:54cette abrogation représente
00:16:55un geste attendu
00:16:55de reconnaissance,
00:16:56de considération
00:16:57et de dignité républicaine.
00:17:00Cette abrogation
00:17:01est donc un acte
00:17:02de cohérence républicaine.
00:17:03Elle est aussi
00:17:04un acte de mémoire
00:17:04et de justice
00:17:05envers les descendants
00:17:06de celles et ceux
00:17:07qui ont subi
00:17:08de l'esclavage
00:17:08dans les colonies françaises.
00:17:10Regarder notre histoire
00:17:11en face,
00:17:12comprendre les héritages
00:17:13du droit colonial
00:17:14et mesurer leurs conséquences
00:17:15contemporaines
00:17:16est indispensable
00:17:17pour construire
00:17:17une mémoire apaisée
00:17:18et une république
00:17:19pleinement fidèle
00:17:20à ses valeurs.
00:17:22Notre devoir
00:17:23n'est ni l'oubli,
00:17:23notre devoir
00:17:24n'est ni l'oubli,
00:17:25ni la répétence permanente.
00:17:26Notre devoir
00:17:27est la vérité,
00:17:28la transmission
00:17:29et la fidélité
00:17:30aux principes
00:17:30universels
00:17:31de liberté,
00:17:31d'égalité
00:17:32et de dignité humaine.
00:17:34C'est dans cet esprit
00:17:35de responsabilité
00:17:36et d'unité nationale
00:17:37que le groupe
00:17:38Ensemble pour la République
00:17:38votera en faveur
00:17:39de ce texte.
00:17:44Pardon.
00:17:44Merci.
00:17:45La parole est à
00:17:46Nadej Amandongoli
00:17:47pour le groupe
00:17:48La France Insoumise
00:17:49Nouveau Front Populaire.
00:17:50Madame la Présidente,
00:17:51chers collègues,
00:17:5225 ans après la loi
00:17:53Taubira reconnaissant
00:17:54l'esclavage
00:17:55et la traite négrière
00:17:55comme crime
00:17:56contre l'humanité,
00:17:57nous étudions aujourd'hui
00:17:58l'abrogation
00:17:59du Code Noir.
00:18:00Ce faisant,
00:18:00nous rendons hommage
00:18:01à des millions d'esclaves
00:18:02asservis par la France
00:18:03et à leurs descendants
00:18:04en actant
00:18:05que les textes
00:18:06ayant organisé
00:18:06l'esclavage colonial
00:18:07n'ont pas de place
00:18:08dans notre ordre juridique
00:18:10et dans la République.
00:18:11La recherche en histoire
00:18:12et en sociologie
00:18:13a démontré
00:18:14que la construction
00:18:15de la notion de race
00:18:16s'est appuyée
00:18:16sur la mise
00:18:17en esclavage des Noirs
00:18:18à travers des cadres
00:18:19de représentation
00:18:20et des catégories juridiques
00:18:21comme le Code Noir.
00:18:22Cela afin de justifier
00:18:24et renforcer
00:18:24des systèmes
00:18:25de domination,
00:18:26d'exploitation
00:18:27proto-capitaliste
00:18:28de hiérarchisation
00:18:29voire d'anéatrissement
00:18:31des personnes Noires.
00:18:32Voilà d'où vient
00:18:32le racisme.
00:18:34L'abrogation du Code Noir
00:18:35soit un outil
00:18:35au service du système
00:18:36exclavagiste
00:18:37et donc du racisme
00:18:38est un impératif absolu
00:18:40pour une société
00:18:40qui veut avancer
00:18:41et réconcilier.
00:18:43Le Code Noir
00:18:44a organisé juridiquement
00:18:45la dégradation
00:18:46d'êtres humains
00:18:46au rang de meubles
00:18:47corvéables à merci,
00:18:49violenter,
00:18:50mutiler,
00:18:51tuer.
00:18:52Cette barbarie
00:18:52a contribué
00:18:53à l'enrichissement
00:18:54du Royaume
00:18:55puis de la bourgeoisie
00:18:56coloniale
00:18:56puis de leurs descendants
00:18:57dans un système
00:18:58ayant conduit
00:18:59au déracinement
00:19:00de 13 millions
00:19:01d'Africains.
00:19:02Combre de l'indignité,
00:19:03lorsque l'esclavage
00:19:04fut définitivement
00:19:05aboli en 1848,
00:19:07on indemnisa
00:19:08les maîtres,
00:19:09les criminels,
00:19:10pas les victimes.
00:19:11Aujourd'hui encore,
00:19:11les structures
00:19:12héritées de l'esclavage
00:19:13et de la colonisation
00:19:14continuent de produire
00:19:15des inégalités structurelles.
00:19:17Je pense au scandale
00:19:18du chlordécone
00:19:18dans les Antilles,
00:19:19à l'accès à l'eau
00:19:20à Mayotte
00:19:21ou aux politiques
00:19:22d'exception inique
00:19:23dans les Outre-mer.
00:19:24Je pense à la négrophobie
00:19:25qui explose,
00:19:26à cette chasse aux nègres
00:19:27dans la creuse,
00:19:28à la déshumanisation raciste
00:19:29du maire insoumis
00:19:30Bali Bakayogo
00:19:31sur ses news
00:19:32et ailleurs.
00:19:33Par ailleurs,
00:19:33comment ne pas voir
00:19:34le spectre du racisme
00:19:35colonial
00:19:35dans les discriminations
00:19:37à l'emploi,
00:19:37au logement
00:19:38ou les atteintes racistes
00:19:40dont un million
00:19:41de nos concitoyens
00:19:41disent souffrir chaque année.
00:19:44Cette proposition de loi
00:19:45soulève donc
00:19:45une vérité essentielle.
00:19:47Abolir juridiquement
00:19:48l'esclavage
00:19:48n'a pas suffi
00:19:49à effacer
00:19:50les structures mentales
00:19:51qui en sont issues.
00:19:52Dans l'imaginaire
00:19:53d'un député-reporter
00:19:54candidat à la présidentielle
00:19:55par exemple,
00:19:56on compare
00:19:57trois prestataires noirs
00:19:58au comptoir du numérique
00:19:59de l'Assemblée
00:19:59à des esclaves noirs
00:20:01dans des champs de coton
00:20:02à les comprendre.
00:20:03A ce jour,
00:20:04l'esclavage
00:20:04et la traite négrière
00:20:05restent encore
00:20:06insuffisamment enseignés
00:20:07et de manière inégale
00:20:08selon les territoires.
00:20:10C'est un crime
00:20:10contre l'humanité
00:20:11qui en réalité
00:20:12n'est pas considéré
00:20:14à sa mesure.
00:20:14Au niveau international,
00:20:16le récent refus
00:20:17de pays européens
00:20:17dont la France
00:20:18de soutenir
00:20:19la résolution du Ghana
00:20:20à l'ONU
00:20:20qualifiant la traite
00:20:22transatlantique
00:20:22de plus grave crime
00:20:23contre l'humanité
00:20:24a suscité
00:20:25une indignation légitime.
00:20:27Alors que certains
00:20:28États progressent
00:20:29sur des politiques
00:20:29mémorielles ambitieuses
00:20:31et ouvrent même
00:20:31le débat
00:20:32sur les réparations,
00:20:33la France donne encore
00:20:34parfois le sentiment
00:20:35de traiter l'esclavage
00:20:36comme une simple
00:20:39tragédie du passé.
00:20:40Ce texte d'abrogation
00:20:41constitue donc
00:20:42un travail essentiel
00:20:43de clarification
00:20:44et de justice mémorielle.
00:20:46Nous remercions
00:20:47les rapporteurs
00:20:47de ce texte.
00:20:48Nous le voterons.
00:20:49Il devra impérativement
00:20:51être suivi de réflexions,
00:20:52d'initiatives
00:20:53et de mesures
00:20:53de concrète
00:20:54de justice mémorielle.
00:20:56Abroger explicitement
00:20:57le Code noir
00:20:58ne réparera pas
00:20:59à lui seul
00:20:59des siècles de violence
00:21:01mais refuser de le faire
00:21:02reviendrait à accepter
00:21:03que nous conservions
00:21:04dans les marges
00:21:05de notre droit
00:21:05l'ombre intacte
00:21:07de l'ordre esclavagiste.
00:21:08Je vous remercie.
00:21:10Merci.
00:21:12La parole est à Giovanni Williams
00:21:13pour le groupe
00:21:14Socialiste et Apparenté.
00:21:19Merci Madame la Présidente.
00:21:22Monsieur le rapporteur,
00:21:23mes chers collègues.
00:21:24Nous sommes le 20 mai
00:21:272026
00:21:28et nous nous apprêtons
00:21:29à abroger
00:21:30un texte
00:21:31de 1685.
00:21:33178 ans
00:21:35après l'abolition
00:21:36de l'esclavage.
00:21:37Un quart de millénaire
00:21:38pendant lequel
00:21:39le Code noir
00:21:40est resté
00:21:41dans notre droit positif.
00:21:43Alors,
00:21:43pendant ces 178 ans,
00:21:45qu'a fait
00:21:46la République ?
00:21:48Pendant ce temps-là,
00:21:49on a célébré,
00:21:50on a commémoré,
00:21:51on a inauguré
00:21:53sans abroger.
00:21:54C'est ce que j'appellerais
00:21:56le confort
00:21:56de la mémoire
00:21:57sans le coup
00:21:58de l'action.
00:22:00Je rappelle
00:22:01que ce monument
00:22:02de barbarie
00:22:03rédigé par Colbert
00:22:05qu'à contre-cœur,
00:22:06nous croisons
00:22:07quotidiennement
00:22:08dans ce palais Bourbon,
00:22:10organisait
00:22:11la propriété
00:22:12d'êtres humains,
00:22:13le marquage
00:22:14au fer rouge,
00:22:15l'amputation,
00:22:16le viol,
00:22:17la mise à mort
00:22:18et programmait
00:22:19une épigénétique
00:22:20bouleversée
00:22:21sur plusieurs générations.
00:22:23Et,
00:22:24je m'inscris
00:22:25info
00:22:25sur ce que j'ai
00:22:26entendu,
00:22:28la République
00:22:29a failli.
00:22:30Oui,
00:22:31la République
00:22:31a failli.
00:22:32Je rappelle
00:22:33que la déclaration
00:22:34des droits
00:22:34des hommes
00:22:35et du citoyen
00:22:35date de 1789
00:22:38et que l'abolition
00:22:40de l'esclavage
00:22:40date de 1848.
00:22:42Je rappelle
00:22:43qu'il y a eu
00:22:44des indemnisations
00:22:45des maîtres
00:22:45et que les esclaves,
00:22:47par contre,
00:22:47étaient laissés
00:22:48pour compte.
00:22:49Je tiens donc
00:22:50à remercier
00:22:50mon ami et collègue
00:22:52Max Mathiazin
00:22:53pour cette proposition
00:22:53de loi
00:22:54qui viendra compléter
00:22:55le travail
00:22:56de Mme la garde
00:22:57des Sceaux,
00:22:57Christiane Taubira.
00:22:58Le groupe
00:22:59socialiste
00:22:59apparenté
00:23:00votera bien
00:23:01évidemment
00:23:01en faveur
00:23:02de ce texte.
00:23:04Et puisque
00:23:04nous y sommes,
00:23:06eh bien,
00:23:07soyons sérieux
00:23:08jusqu'au bout.
00:23:10Ce vote doit
00:23:10ouvrir un chantier
00:23:11et non le clore.
00:23:13D'abord,
00:23:14un travail
00:23:14d'exégèse juridique.
00:23:16Combien d'autres
00:23:17textes législatifs
00:23:18et réglementaires
00:23:19sont contraires
00:23:20à la dignité humaine ?
00:23:21Cherchons-les tous
00:23:22et abrogeons-les tous.
00:23:25Et au-delà
00:23:26du travail
00:23:27mémoriel
00:23:27qui doit être
00:23:28renforcé,
00:23:29il est essentiel
00:23:30de reconnaître
00:23:31que l'abolition
00:23:32de l'esclavage
00:23:32fait partie intégrante
00:23:34de l'histoire
00:23:35de France
00:23:35et doit être
00:23:37enseignée
00:23:37dans toute sa profondeur
00:23:39dans nos livres
00:23:40d'histoire,
00:23:41dans les livres
00:23:41scolaires.
00:23:43Enfin,
00:23:44peut-il y avoir
00:23:45pardon sans réparation ?
00:23:47Peut-on vraiment
00:23:48prendre conscience
00:23:49du mal causé
00:23:51sans convenir
00:23:52de réparation ?
00:23:53La réponse
00:23:54est clairement non.
00:23:55trouvons donc
00:23:56les méthodes,
00:23:58les outils
00:23:58et les moyens
00:23:59nécessaires
00:23:59pour parfaire
00:24:00ce processus
00:24:01dans l'intérêt
00:24:03strict
00:24:03de la dignité humaine.
00:24:05Je vous remercie.
00:24:08Merci.
00:24:09La parole est
00:24:10à Stevie Gustave
00:24:11pour le groupe
00:24:12Écologiste et Social.
00:24:20Pardon.
00:24:25Madame la Présidente,
00:24:27Monsieur le rapporteur,
00:24:28mes chers collègues.
00:24:29Aujourd'hui,
00:24:29nous examinons
00:24:30l'abrogation du code noir.
00:24:31Avant d'en faire
00:24:32un symbole,
00:24:33un simple symbole,
00:24:34il faut rappeler
00:24:35ce qu'il fut réellement.
00:24:36Le code noir
00:24:37n'était pas une anomalie
00:24:39de notre histoire.
00:24:40C'est une décision
00:24:41politique et juridique.
00:24:43Un ensemble de textes
00:24:44qui a organisé
00:24:44l'esclavage
00:24:45dans les colonies françaises,
00:24:46qui autorisait
00:24:47la négation
00:24:48de l'humanité,
00:24:49même des personnes
00:24:49réduites en esclavage.
00:24:51Comme l'a montré
00:24:52l'historien Jean-François Nior,
00:24:53le code noir
00:24:54fut aussi l'un des fondements
00:24:55du droit colonial français.
00:24:57En créant des territoires
00:24:58où le droit commun
00:24:59ne s'appliquait pas,
00:25:00il a installé l'idée
00:25:01que certains territoires
00:25:02révélaient de l'exception.
00:25:04C'est cela
00:25:05que nous devons regarder
00:25:06avec lucidité,
00:25:07parce que les conséquences
00:25:08de cette histoire
00:25:09ne sont pas arrêtées
00:25:09avec l'abolition.
00:25:10Le racisme,
00:25:11les discriminations,
00:25:12certaines inégalités
00:25:14territoriales ou sociales
00:25:15trouvent aussi
00:25:16une partie de leurs racines
00:25:17dans cette histoire longue
00:25:19de désimmunation
00:25:20et de hiérarchisation
00:25:22de vie.
00:25:23Le chlordécone
00:25:24en est,
00:25:25pour beaucoup
00:25:26de notre histoire
00:25:27ultramarine,
00:25:30une trace contemporaine.
00:25:32Comme le prolongement
00:25:33silencieux d'un système
00:25:34qui a longtemps considéré
00:25:35certains territoires
00:25:36comme pouvant être
00:25:36davantage exposés
00:25:37que d'autres.
00:25:38Alors oui,
00:25:39abroger le code noir
00:25:40est nécessaire.
00:25:41Nécessaire moralement,
00:25:43nécessaire historiquement,
00:25:45nécessaire pour notre République.
00:25:46Mais cela ne suffit pas,
00:25:48parce qu'on n'efface pas
00:25:49des siècles avec un vote.
00:25:51Cette abrogation intervient
00:25:52aussi alors que nous
00:25:53commémorons les 25 ans
00:25:55de la loi Taubira,
00:25:56portée par Christian Taubira,
00:25:57qui reconnaissait la traite
00:25:58de l'esclavage
00:25:59comme crime contre l'humanité.
00:26:01Cette loi a marqué
00:26:02une étape essentielle
00:26:03dans notre mémoire républicaine.
00:26:04Aujourd'hui,
00:26:05nous devons poursuivre
00:26:06ce travail de vérité
00:26:07et de justice.
00:26:08C'est le sens des amendements
00:26:09que je défendrai ici,
00:26:10car reconnaître ne suffit pas.
00:26:12Il faut aussi comprendre
00:26:13les conséquences laissées
00:26:14par cette histoire,
00:26:15les inégalités
00:26:16qu'elle a produite
00:26:16et blessures
00:26:17qu'elle a transmises.
00:26:18L'abrogation constitue
00:26:19un premier pas.
00:26:20La question des réparations
00:26:22devra constituer le deuxième.
00:26:23Non pas pour diviser,
00:26:25non pas pour opposer
00:26:27les mémoires,
00:26:27mais pour continuer
00:26:28à regarder notre histoire
00:26:29avec vérité,
00:26:31justice et responsabilité.
00:26:33Le groupe écologique
00:26:34et social soutiendra
00:26:35donc cette proposition de loi.
00:26:37Je vous remercie.
00:26:40Merci.
00:26:41La parole est à M. Eric Martineau
00:26:43pour le groupe Les Démocrates.
00:26:46Merci, Mme la Présidente,
00:26:48M. le rapporteur,
00:26:48mes chers collègues.
00:26:49La proposition de loi
00:26:51de nos collègues
00:26:52Lyot revêt une portée
00:26:54à la fois juridique,
00:26:56historique
00:26:56et profondément symbolique.
00:26:58En proposant
00:26:59l'abrogation formelle
00:27:00du Code noir,
00:27:01elle nous conduit
00:27:02à interroger
00:27:02la cohérence
00:27:03de notre droit
00:27:04avec les valeurs fondamentales
00:27:05de la République.
00:27:06Le Code noir,
00:27:08instauré à partir
00:27:08de 1685
00:27:09par plusieurs édits royaux,
00:27:11a constitué
00:27:12le fondement juridique
00:27:12de l'esclavage
00:27:13dans les colonies françaises.
00:27:14Il a organisé
00:27:15un système de domination
00:27:16fondé sur la négation
00:27:18même de la dignité humaine,
00:27:20allant jusqu'à considérer
00:27:21des êtres humains
00:27:22comme des biens meubles.
00:27:24Derrière ces dispositions
00:27:25se trouvent des souffrances,
00:27:26des violences
00:27:27et une entreprise
00:27:27de déshumanisation
00:27:28dont les conséquences
00:27:30ont marqué
00:27:30du remblement
00:27:31l'histoire de notre pays
00:27:32et de nos territoires
00:27:33ultramarins.
00:27:34Bien entendu,
00:27:35l'esclavage a été aboli
00:27:36en 1848
00:27:37et la France
00:27:38a accompli
00:27:39un travail mémoriel
00:27:40important,
00:27:41notamment avec la loi
00:27:42Taubira de 2001
00:27:43qui reconnaît
00:27:45la traite
00:27:45et l'esclavage
00:27:46comme crime
00:27:47contre l'humanité.
00:27:48Pourtant,
00:27:49malgré ses avancées essentielles,
00:27:50le Code noir
00:27:51n'a jamais été
00:27:52formellement abrogé.
00:27:54Certes,
00:27:55ces textes
00:27:55ne produisent plus
00:27:56au loquaire
00:27:56effet juridique concret,
00:27:58mais leur maintien
00:27:59formel dans notre ordre
00:28:00juridique
00:28:00constitue une anomalie
00:28:02que nos constituants
00:28:03notamment dans les Outre-mer
00:28:05ne comprennent pas.
00:28:06Le droit
00:28:07n'est pas seulement
00:28:08un ensemble
00:28:09de règles applicables,
00:28:10il porte aussi
00:28:11une mémoire
00:28:11des principes
00:28:12et des valeurs.
00:28:13A ce titre,
00:28:14il est légitime
00:28:15que la représentation nationale
00:28:16mette fin
00:28:17à cette incohérence
00:28:19républicaine.
00:28:20J'en profite
00:28:21pour saluer
00:28:21le travail
00:28:21de M. le rapporteur,
00:28:22Laurent Panifou
00:28:23et François Bayeroux
00:28:25à leur Premier ministre
00:28:26et de leur engagement
00:28:26afin d'abroger
00:28:27ce Code noir.
00:28:28Pour le groupe
00:28:29Les Démocrates,
00:28:30cette abrogation
00:28:30n'a pas pour volonté
00:28:31de réécrire l'histoire.
00:28:32Il s'agit au contraire
00:28:34d'assumer pleinement
00:28:35cette histoire
00:28:36sans l'effacer
00:28:37ni la minimiser.
00:28:38Reconnaître
00:28:39qu'un texte
00:28:39fut contraire
00:28:40aux principes
00:28:41les plus fondamentaux
00:28:42de la dignité humaine
00:28:43s'est affirmé
00:28:44avec les valeurs
00:28:45sur lesquelles
00:28:45repose aujourd'hui
00:28:46notre République.
00:28:48Cette démarche
00:28:49participe également
00:28:50d'un travail
00:28:50de réconciliation
00:28:51et de reconnaissance.
00:28:53Dans plusieurs territoires
00:28:54ultramarins,
00:28:55les héritages économiques,
00:28:57sociaux et culturels
00:28:57de l'esclavage
00:28:58demeurent
00:28:59une réalité sensible.
00:29:00Et entendre
00:29:01cette mémoire
00:29:02et reconnaître
00:29:02ce qu'elle représente
00:29:03est une exigence
00:29:05de respect
00:29:05et d'unité nationale.
00:29:07Nous saluons également
00:29:08la volonté
00:29:09à l'article 2
00:29:09de conduire
00:29:10un travail d'inventaire
00:29:11sur les textes
00:29:12issus du droit colonial
00:29:14encore présent
00:29:15dans notre corpus juridique.
00:29:17Cette démarche
00:29:18de clarification
00:29:19nous paraît utile
00:29:20à condition
00:29:21qu'elle s'inscrive
00:29:22dans une approche
00:29:23rigoureuse,
00:29:24historique
00:29:25et apaisée.
00:29:25Le groupe
00:29:26Les Démocrates
00:29:27considère que
00:29:28cette proposition
00:29:28de loi
00:29:29constitue un acte
00:29:30de cohérence
00:29:30républicaine.
00:29:32Elle ne changera
00:29:32pas le passé
00:29:33mais elle permettra
00:29:34à notre droit
00:29:35d'être pleinement
00:29:36en accord
00:29:37avec les principes
00:29:38de liberté,
00:29:39d'égalité
00:29:40et de dignité
00:29:41humaine
00:29:42que nous défendons
00:29:42collectivement.
00:29:43Nous voterons donc
00:29:44bien évidemment
00:29:45en faveur de ce texte.
00:29:46Je vous remercie.
00:29:48Merci.
00:29:49La parole est à
00:29:50Sylvain Berrios
00:29:51pour le groupe
00:29:51Horizon et Indépendant.
00:29:53Merci Madame la Présidente.
00:29:55Le groupe Horizon
00:29:56et Indépendant
00:29:57votera sans réserve
00:29:58cette approgation
00:29:59du Code Noir.
00:30:00C'est une question
00:30:02bien sûr
00:30:02de dignité.
00:30:04On ne peut pas avoir
00:30:04dans notre droit
00:30:06un Code
00:30:06qui a institutionnalisé
00:30:08l'esclavage
00:30:09qui est une trace
00:30:10aujourd'hui
00:30:11indigne
00:30:12dans notre droit.
00:30:13Il va de soi
00:30:14que le groupe
00:30:15Horizon et Indépendant
00:30:16votera sans réserve.
00:30:18178 ans après
00:30:19la fin de l'esclavage,
00:30:21nous sommes encore
00:30:22aujourd'hui
00:30:22en train d'en débattre.
00:30:24Voyons-y
00:30:25un signe positif.
00:30:26Ça signifie
00:30:27que nous sommes capables
00:30:28de nous saisir
00:30:28de ce sujet.
00:30:30Voyons aussi
00:30:31un signe
00:30:32néanmoins
00:30:33de regret
00:30:35parce que
00:30:35plus de 25 ans
00:30:37après
00:30:37l'adoption
00:30:39à l'unanimité
00:30:40des deux chambres
00:30:41de la loi Taubira,
00:30:42nous en sommes
00:30:43encore là.
00:30:44Il faut quand même
00:30:45mesurer que le chemin
00:30:46parcouru,
00:30:47il a été parcouru
00:30:47avec une très grande
00:30:49lenteur
00:30:50et aujourd'hui,
00:30:51c'est avec
00:30:53détermination
00:30:54que le groupe
00:30:54Horizon et Indépendant
00:30:55votera ce texte.
00:30:59Merci.
00:31:00La parole est à Olivier Servat
00:31:01pour le groupe
00:31:02Liberté Indépendant
00:31:03entre maire et territoire.
00:31:05Merci Madame la Présidente,
00:31:07Monsieur le rapporteur,
00:31:08cher Max,
00:31:09mes chers collègues.
00:31:11Statue de bien meuble,
00:31:12enchaînement,
00:31:13coup de verge
00:31:14ou de corde.
00:31:15Lorsque le maître
00:31:16croit que son esclave
00:31:17l'a mérité,
00:31:18marquage au fer,
00:31:19découpe de jarret,
00:31:20découpe d'oreille
00:31:21pour les esclaves
00:31:23fugitifs.
00:31:24Voilà quelques extraits
00:31:25de l'abject code noir
00:31:26inspiré notamment
00:31:27par Jean-Baptiste Colbert,
00:31:29je le rappelle,
00:31:30dont une salle
00:31:30est à l'autre bout
00:31:31du couloir
00:31:32et dont une belle statue
00:31:34est à l'entrée
00:31:34de la Maison de la République,
00:31:36l'Assemblée nationale.
00:31:37Nous aurions pu croire
00:31:39que ce texte
00:31:39avait été officiellement
00:31:40abrogé en 1848.
00:31:42Pour beaucoup
00:31:43de nos concitoyens
00:31:44de l'Hexagone,
00:31:45le code noir renvoie
00:31:46donc uniquement
00:31:46à une ancienne noix
00:31:47tombée en désuétude.
00:31:49Il n'en fut rien,
00:31:50aucun texte
00:31:51ne l'abroge officiellement,
00:31:52notamment dans les décrets
00:31:53abolitionnistes.
00:31:55En Outre-mer,
00:31:56ce code a détruit
00:31:56des vies
00:31:57et aujourd'hui encore,
00:31:58il demeure une marque
00:32:00indélébile
00:32:00dans l'histoire
00:32:01de notre pays
00:32:02et dans l'histoire
00:32:02des hommes et des femmes
00:32:03d'ascendance africaine.
00:32:05Le code noir a organisé
00:32:06juridiquement
00:32:07l'esclavage colonial.
00:32:08Il a alimenté
00:32:08le système fondé
00:32:09sur la déshumanisation,
00:32:11la privation de liberté
00:32:12et de l'exploitation
00:32:13d'êtres humains.
00:32:15Alors que la France
00:32:16a reconnu la traite
00:32:16de l'esclavage
00:32:17comme crime
00:32:17contre l'humanité
00:32:18par la loi Taubira
00:32:19de 2001,
00:32:20soit il y a
00:32:21un quart de siècle,
00:32:22le maintien du code noir
00:32:23dans notre ordre
00:32:24juridique national
00:32:26constitue un affront
00:32:27à la mémoire collective
00:32:28de notre pays
00:32:29et de ses citoyens
00:32:30concernés.
00:32:32C'est la raison
00:32:33pour laquelle
00:32:33le groupe Puyot
00:32:34a fait le choix
00:32:34d'inscrire ce texte
00:32:35à l'ordre du jour
00:32:36de notre Assemblée
00:32:36en premier de sa niche.
00:32:39Débattre du code noir
00:32:40en 2026
00:32:41pourrait sembler
00:32:42anachronique
00:32:42et pourtant,
00:32:43dans le climat actuel,
00:32:45marqué par un regain
00:32:46de racisme
00:32:46et où la haine
00:32:47de l'autre
00:32:48se banalise.
00:32:49Il n'est plus
00:32:50que jamais
00:32:51temps
00:32:51de l'abroger.
00:32:54Faute d'abrogation,
00:32:54les dispositions
00:32:55les plus infâmes
00:32:56du code noir
00:32:56continuent de coexister
00:32:57avec nos lois républicaines.
00:32:59Cette anomalie
00:32:59historique,
00:33:00juridique,
00:33:01politique
00:33:01et mémorielle
00:33:02doit cesser.
00:33:03Le code noir,
00:33:04ce sont des êtres
00:33:05humains esclavagisés
00:33:06réduits au rang
00:33:07de simples biens
00:33:07meubles
00:33:08à l'article 44
00:33:09de l'édit de mars 1685.
00:33:11Ce sont des maîtres
00:33:12autorisés,
00:33:12voire incités
00:33:13à faire enchaîner
00:33:14et abattre
00:33:14ceux qui le tenaient
00:33:15en captivité.
00:33:16Ce sont aussi
00:33:16des châtiments corporels
00:33:17que je viens d'évoquer
00:33:19contre ceux
00:33:20appelés nègres marrons
00:33:21qui auraient cherché
00:33:22à retrouver
00:33:23leur liberté.
00:33:25Certes,
00:33:25les textes
00:33:26qui composent
00:33:26le code noir
00:33:27ne sont plus appliqués
00:33:28mais formellement,
00:33:29ils sont toujours
00:33:30en vigueur
00:33:30et il est grand temps
00:33:31d'y mettre un terme.
00:33:33L'article 1
00:33:34de ce texte
00:33:34abroge dans son intégralité
00:33:35ce code.
00:33:36C'est une abrogation
00:33:37en mémoire
00:33:37de nos aïeux déportés
00:33:39et réduite
00:33:39en esclavage.
00:33:40C'est un acte réparateur
00:33:42vis-à-vis de nous,
00:33:43leurs descendants
00:33:44et de tous ceux
00:33:45qui subissent encore
00:33:46les effets contemporains
00:33:47du système colonial.
00:33:49L'article 2
00:33:50de ce texte
00:33:50permettra,
00:33:51quant à lui,
00:33:52de compléter
00:33:53le travail de recherche
00:33:54en recensant
00:33:55les dispositions coloniales
00:33:56toujours en vigueur
00:33:57dans les Outre-mer
00:33:58et en évaluant
00:33:59leurs conséquences actuelles.
00:34:00Au fond,
00:34:01avec cette proposition
00:34:02de loi,
00:34:03nous voulons non seulement
00:34:04reconnaître le poids
00:34:04durable et persistant
00:34:06de l'héritage colonial
00:34:07dans les territoires
00:34:08ultramarins
00:34:09mais également
00:34:09adresser un message
00:34:10d'égalité
00:34:10à tous nos concitoyens.
00:34:12Notre groupe espère
00:34:13que cette proposition
00:34:14de loi sera adoptée
00:34:15à l'unanimité.
00:34:16Je vous remercie.
00:34:19Merci.
00:34:20La parole est à Elsa Fossillon
00:34:21pour le groupe
00:34:22Gauche-Démocrate et Républicaine.
00:34:27Merci, Madame la Présidente.
00:34:29Monsieur le rapporteur,
00:34:30je précise que cette intervention
00:34:31a été faite en commun
00:34:32avec mon camarade
00:34:33Marcelin Nadeau,
00:34:34député de la Martinique.
00:34:36Le texte que nous examinons
00:34:38aujourd'hui dépasse
00:34:39très largement
00:34:39le strict domaine juridique
00:34:41car se saisir du code noir,
00:34:42ce n'est pas seulement
00:34:43débattre d'un vestige
00:34:45normatif ancien
00:34:46mais surtout
00:34:46d'un système juridique
00:34:47qui a organisé,
00:34:49légitimé et pérennisé
00:34:50l'une des plus grandes entreprises
00:34:51de déshumanisation
00:34:52de l'histoire moderne.
00:34:54Instrument juridique
00:34:55par lequel des êtres humains
00:34:56furent transformés
00:34:58en biens meubles.
00:34:58Il fut donc
00:34:59le langage
00:35:00du pouvoir colonial,
00:35:01la grammaire légale
00:35:02de la traite
00:35:03et de l'esclavage.
00:35:04Et c'est précisément
00:35:05parce qu'il fut du droit
00:35:07que la République
00:35:07ne peut se contenter
00:35:08d'un geste symbolique
00:35:09superficiel.
00:35:10Elle doit mesurer
00:35:11la profondeur
00:35:12de ce qu'elle entreprend
00:35:13aujourd'hui.
00:35:14Je le dis,
00:35:15il y a de l'ordre du devoir
00:35:16lorsque l'on vote
00:35:17cette PPL,
00:35:18celui de dire
00:35:19en quoi cela parle
00:35:20d'aujourd'hui,
00:35:21en quoi cela guide
00:35:22l'avenir.
00:35:23Alors à ceux
00:35:23qui voteront
00:35:24cette abrogation
00:35:25tout en portant
00:35:25une vision suprémaciste
00:35:27du monde,
00:35:28je veux dire
00:35:28qu'un vote symbolique
00:35:29n'absout ni les idées
00:35:30ni les héritages.
00:35:32Nous,
00:35:32nous voterons ce texte
00:35:33parce qu'aucune république
00:35:34digne de ce nom
00:35:35ne peut laisser
00:35:38subsister
00:35:38dans son ordonnancement
00:35:40juridique,
00:35:41même à l'état
00:35:41résiduel ou implicite,
00:35:43un corpus normatif
00:35:44fondé sur l'infériorisation
00:35:45raciale
00:35:46et la négation
00:35:47de l'humanité.
00:35:48Les descendants
00:35:49des esclavisés
00:35:50n'ont pas à mendier
00:35:51la reconnaissance
00:35:52de crimes
00:35:52dont les effets sociaux,
00:35:53économiques et psychologiques
00:35:55traversent encore
00:35:55les siècles.
00:35:57Mais nous devons
00:35:58également dire
00:35:58avec exigence
00:35:59que ce texte
00:36:00ne saurait constituer
00:36:01un point d'arrivée
00:36:02car il comporte
00:36:03des limites.
00:36:04La première tient
00:36:05à la notion même
00:36:05d'abrogation.
00:36:07Abroger un texte
00:36:07signifie le faire disparaître
00:36:09pour l'avenir.
00:36:10Cela signifie
00:36:10qu'il cesse
00:36:11de produire
00:36:12des effets
00:36:12à compter
00:36:12d'un moment donné
00:36:13mais la syntacte
00:36:14la validité passée
00:36:15du texte abrogé.
00:36:17Elle considère
00:36:18implicitement
00:36:18que ce qui a été produit
00:36:19sous son empire
00:36:20demeurerait juridiquement
00:36:21valable jusqu'à son extinction.
00:36:23Or c'est précisément là
00:36:24que réside la difficulté
00:36:26morale, historique
00:36:27et philosophique
00:36:28car peut-on considérer
00:36:29que la réduction
00:36:30d'êtres humains
00:36:30en marchandises
00:36:31n'ait jamais pu
00:36:31être légitime ?
00:36:33Non,
00:36:33c'est pourquoi
00:36:34plusieurs d'entre nous
00:36:35défendent l'idée
00:36:35qu'au-delà
00:36:36de l'abrogation,
00:36:37la République
00:36:37devrait avoir le courage
00:36:38d'aller vers une forme
00:36:39d'annulation symbolique
00:36:40et politique
00:36:41du code noir.
00:36:42Et je le dis,
00:36:43une telle démarche
00:36:44n'effacerait pas l'histoire
00:36:45car rien ne l'effacera.
00:36:46Mais elle permettrait
00:36:47à la République
00:36:48de dire qu'il existe
00:36:49des normes
00:36:49qui, même lorsqu'elles
00:36:50furent légales,
00:36:51étaient déjà illégitimes
00:36:52au regard de l'humanité.
00:36:54Aux Antilles,
00:36:55en Guyane,
00:36:55dans l'océan Indien,
00:36:56cette question
00:36:57n'a rien de théorique.
00:36:58Elle touche
00:36:58à la mémoire même
00:36:59de ces terres,
00:36:59aux histoires familiales,
00:37:00à la structuration
00:37:02des sociétés,
00:37:02à la répartition historique
00:37:04des terres
00:37:04et des richesses
00:37:05ou encore
00:37:05aux hiérarchies sociales
00:37:06héritées du système
00:37:08plantationnaire.
00:37:09L'esclavage n'a pas
00:37:10disparu sans laisser de traces.
00:37:12Il a produit
00:37:12des structures économiques,
00:37:14des dominations sociales,
00:37:15des représentations raciales
00:37:16et ces héritages
00:37:17demeurent encore visibles.
00:37:18C'est pourquoi
00:37:19je salue l'ajout
00:37:19de l'article 2.
00:37:21La deuxième limite,
00:37:23c'est que les héritages
00:37:23de l'esclavage
00:37:24et de la colonisation
00:37:25dont le code noir
00:37:25en était l'expression
00:37:26continuent de traverser
00:37:27notre société
00:37:28par d'autres formes,
00:37:29dans les inégalités
00:37:30sociales et territoriales
00:37:31touchant les Outre-mer,
00:37:32dans les représentations
00:37:33héritées de siècles
00:37:35de hiérarchisation coloniale,
00:37:36dont le racisme anti-noir
00:37:38qui demeure une réalité
00:37:39en France
00:37:39aussi dans le traitement
00:37:41des personnes exilées
00:37:42par nos institutions.
00:37:43C'est pourquoi
00:37:44le débat d'aujourd'hui
00:37:44ne peut être réduit
00:37:46à une querelle
00:37:47sémantique
00:37:48ou à un exercice
00:37:48de communication mémorielle.
00:37:50La loi Taubira
00:37:51de 2001
00:37:52a constitué
00:37:52une avancée majeure
00:37:54en reconnaissant
00:37:54la traite et l'esclavage
00:37:55comme crime
00:37:56contre l'humanité.
00:37:57Mais chacun ici sait
00:37:58que la reconnaissance
00:37:59ne suffit pas
00:38:00à solder l'histoire.
00:38:01Il faut désormais
00:38:02ouvrir en grand
00:38:03le chantier
00:38:04de la réparation.
00:38:05Une réparation
00:38:06au sens large,
00:38:06mémoriel,
00:38:07éducatif,
00:38:08culturel,
00:38:08institutionnel.
00:38:09Réparer,
00:38:10ce n'est pas comme
00:38:11certains le prétendent,
00:38:12assigner une culpabilité
00:38:14héréditaire
00:38:14à l'image,
00:38:16par exemple,
00:38:17du maire de Virzon
00:38:17qui a refusé
00:38:18d'organiser
00:38:18la commémoration
00:38:19du 10 mai dernier.
00:38:21Réparer,
00:38:21c'est restaurer
00:38:22une vérité historique,
00:38:23parfois niée,
00:38:24longtemps minimisée
00:38:24dans le récit national.
00:38:26C'est reconnaître
00:38:26que l'universalisme républicain
00:38:28ne peut être crédible
00:38:29s'il accepte
00:38:30d'examiner
00:38:30ses propres contradictions
00:38:31historiques.
00:38:32Et le code noir
00:38:33n'est pas seulement
00:38:34l'histoire des Outre-mer,
00:38:35il est une part
00:38:35de l'histoire de France,
00:38:37une part de sa construction
00:38:37économique et politique.
00:38:39Ce texte prendrait donc
00:38:40tout son sens
00:38:41s'il ouvre enfin
00:38:42une politique ambitieuse
00:38:43de vérité,
00:38:44d'histoire
00:38:44et de réparation.
00:38:45Je vous remercie.
00:38:47La parole est à
00:38:49Mme Sophie Ricorvagenet
00:38:51pour le groupe UDR.
00:38:52Merci,
00:38:53Mme la Présidente,
00:38:54chers collègues.
00:38:55Nous abordons ce texte
00:38:57avec une double attention,
00:38:58symbolique d'un côté,
00:39:00normative de l'autre.
00:39:01Cette proposition de loi
00:39:03appelle ces deux lectures
00:39:04et c'est en les conduisant
00:39:05ensemble que le groupe UDR
00:39:07a forgé sa position.
00:39:09Permettez-moi d'abord
00:39:10un rappel de droit
00:39:11qui n'est pas une objection
00:39:12mais une mise en perspective.
00:39:14Le code noir
00:39:15et dit royal de mars 1685
00:39:18a été rendu sans objet
00:39:19par le décret d'abolition
00:39:21de l'esclavage
00:39:22du 27 avril 1848,
00:39:24cela a été dit,
00:39:26repris dans la Constitution
00:39:27de la Seconde République
00:39:28puis confirmé
00:39:29par le Sénatus Consulte
00:39:31de 1854.
00:39:33Ce texte n'est donc
00:39:34plus en vigueur.
00:39:36L'acte que nous examinons
00:39:37aujourd'hui est avant tout
00:39:38un acte de mémoire
00:39:40et il mérite d'être regardé
00:39:41comme tel,
00:39:42avec la mesure
00:39:43et la gravité
00:39:44que cela suppose.
00:39:45Ce n'est pas une réserve,
00:39:47c'est une clarification
00:39:48que nous devons
00:39:49à nos concitoyens
00:39:50et à la sincérité
00:39:51du débat parlementaire
00:39:52et qui donne
00:39:53à notre vote
00:39:54tout son sens.
00:39:55La traite
00:39:56et l'esclavage
00:39:57appartiennent
00:39:57aux heures les plus douloureuses
00:39:59de l'histoire humaine.
00:40:00La France,
00:40:01qui en porte sa part,
00:40:02a su les reconnaître
00:40:04et nul ici
00:40:05ne remet en cause
00:40:06cette reconnaissance.
00:40:08Nous avons collectivement
00:40:09su regarder
00:40:10cette page en face.
00:40:11C'est précisément
00:40:13parce que nous assumons
00:40:14cette histoire
00:40:14que nous souhaitons
00:40:15que le débat mémoriel
00:40:17reste ce qu'il est,
00:40:18un débat sur la mémoire,
00:40:20sans glisser
00:40:21vers des territoires juridiques
00:40:22qui soulèveraient
00:40:23des questions
00:40:24d'une toute autre nature.
00:40:25Nous votons pour ce texte
00:40:27dans les limites
00:40:28de ce qu'il dit,
00:40:29pas au-delà.
00:40:30La reconnaissance
00:40:31n'est pas la repentance.
00:40:32L'UDR sait faire
00:40:34cette distinction
00:40:34et l'a fait aujourd'hui.
00:40:36C'est dans cet esprit
00:40:37que notre groupe
00:40:39votera pour,
00:40:40non par suivisme,
00:40:41non par gestes idéologiques,
00:40:43mais parce que nous sommes
00:40:44convaincus
00:40:45qu'une République
00:40:46cohérente avec elle-même
00:40:47n'a pas à laisser subsister,
00:40:49même formellement,
00:40:51même symboliquement,
00:40:52le souvenir d'un texte
00:40:53qui organisa
00:40:54la servitude d'être humain.
00:40:56Ce vote est délimité,
00:40:58il porte sur un acte
00:40:59de clarté républicaine,
00:41:01il n'ouvre aucune porte
00:41:02sur des débats connexes
00:41:04que nous n'entendons pas
00:41:05cautionner par cocher.
00:41:07Nous le disons clairement
00:41:08pour que nul
00:41:09ne s'y méprenne.
00:41:10La France n'a pas
00:41:12à avoir honte
00:41:12de son histoire,
00:41:13elle a su en son temps
00:41:14la corriger.
00:41:16Ce que nous devons
00:41:17à ceux qui ont souffert,
00:41:18c'est la vérité
00:41:19et la vérité
00:41:20ne s'écrit pas mieux
00:41:21en loi
00:41:22qu'elle ne s'écrit
00:41:23dans les livres,
00:41:24dans les classes,
00:41:25dans les consciences.
00:41:26Nous voterons dans ce sens
00:41:28avec clarté,
00:41:29avec sérénité
00:41:29et sans avoir
00:41:31à nous en justifier.
00:41:32Je vous remercie.
00:41:34Merci,
00:41:34M. le rapporteur,
00:41:35pour apporter
00:41:36quelques réponses
00:41:37à ces interventions.
00:41:38J'ai noté
00:41:39que l'ensemble
00:41:41des collègues
00:41:42qui ont pris la parole
00:41:43au nom des groupes
00:41:44ont approuvé
00:41:45la démarche
00:41:46d'abrogation,
00:41:47quelles qu'en soient
00:41:48les nuances.
00:41:51Et c'est la raison
00:41:52pour laquelle
00:41:52je ne répondrai pas
00:41:53à chacun d'entre vous.
00:41:56J'essaierai de répondre
00:41:57globalement
00:41:58sur certains points.
00:42:02sur la question
00:42:04de l'abrogation
00:42:05et de l'aspect
00:42:07symbolique
00:42:08d'un texte,
00:42:09puisque j'ai entendu
00:42:11notre première intervention
00:42:12qui disait que
00:42:13finalement,
00:42:14c'est un aspect
00:42:16purement symbolique,
00:42:17puisque depuis
00:42:18il a signé
00:42:201794,
00:42:231789,
00:42:241794,
00:42:261848.
00:42:27Je voudrais lui dire
00:42:28qu'après 1794,
00:42:32la Convention
00:42:32abolit l'esclavage
00:42:35par la loi
00:42:36du 16 Bluviose
00:42:37en 2,
00:42:38mais ça n'a pas
00:42:38empêché
00:42:39en 1848,
00:42:41lorsqu'on rétablit
00:42:42l'esclavage
00:42:43par Napoléon,
00:42:44bien sûr,
00:42:46de ne faire
00:42:46aucune mention.
00:42:47Il ne s'embarrasse
00:42:48pas de,
00:42:50je veux dire,
00:42:52il ne se gêne pas,
00:42:53il ne s'embarrasse
00:42:53pas de réflexion
00:42:55sur la question
00:42:57de l'avogation
00:42:57du Code Noir,
00:42:58il ne fait aucune mention,
00:43:00il dit
00:43:00l'esclavage
00:43:01est rétabli
00:43:01selon les dispositions
00:43:03antérieures
00:43:04à la Révolution.
00:43:06Ça prouve
00:43:07que dans l'esprit
00:43:07même,
00:43:09dans l'esprit
00:43:10même,
00:43:11eh bien,
00:43:11pour lui,
00:43:12pour le législateur
00:43:13de l'époque,
00:43:14de 1802,
00:43:16l'esclavage,
00:43:17le Code Noir,
00:43:18ou du moins,
00:43:19il consacre
00:43:19l'infériorité
00:43:20congénitale
00:43:21de ceux
00:43:22qui étaient
00:43:23esclaves
00:43:24et qu'en
00:43:26en constatant
00:43:27l'infériorité
00:43:28congénitale,
00:43:29cela signifie
00:43:29qu'ils peuvent
00:43:32être mis
00:43:33en esclavage
00:43:33sans avoir besoin
00:43:34d'abroger
00:43:36ou de remettre
00:43:37en vigueur
00:43:39les dispositions
00:43:40du Code Noir.
00:43:41en 1848.
00:43:43Schellscher,
00:43:44qui a sans doute
00:43:45fait un travail
00:43:46important,
00:43:48il n'était pas
00:43:48le seul
00:43:49en tant qu'abolitionniste
00:43:50et puis,
00:43:50conjugué
00:43:51à l'évolution
00:43:53des temps,
00:43:54à la montée
00:43:55du machinisme,
00:43:57au fait que
00:43:57l'esclavage
00:43:58était devenu
00:43:59vraiment un système
00:44:00dépassé
00:44:01à la lutte
00:44:01des esclaves,
00:44:02l'esclavage
00:44:03est aboli.
00:44:06Effectivement,
00:44:07quelqu'un a dit,
00:44:07on indemnise
00:44:09les maîtres,
00:44:10mais les propriétaires
00:44:11d'esclaves,
00:44:12mais on ne parle pas
00:44:13de ces objets
00:44:14qui ont servi
00:44:15et qui,
00:44:16pour les uns,
00:44:17ont été très vite
00:44:18obsolètes,
00:44:19parce que je rappelle
00:44:19que la moyenne,
00:44:21la durée de vie moyenne
00:44:22d'un esclave
00:44:22chez nous,
00:44:23je dis bien chez nous,
00:44:25était de 10 ans.
00:44:27Vous entendez ?
00:44:2810 ans,
00:44:29même si on a eu
00:44:30recours à la reproduction.
00:44:32Donc,
00:44:32pour moi,
00:44:33ce n'est pas que symbolique,
00:44:35c'est quelque chose
00:44:36inscrit au cœur
00:44:37même de la République
00:44:39et qui,
00:44:40puisqu'on nous a prouvé
00:44:41que les dispositions
00:44:43intérieures
00:44:43n'ont pas abrogé
00:44:46de fait
00:44:48le code noir.
00:44:51C'est vrai
00:44:52qu'on ne peut pas
00:44:52juger du passé,
00:44:54mais dans le passé,
00:44:57j'ai dit une phrase
00:44:57tout à l'heure
00:44:58qui est importante,
00:44:59c'est qu'être né
00:45:01dans la matrice
00:45:01d'un crime
00:45:03est quelque chose
00:45:05de vertigineux.
00:45:06Alors,
00:45:07nous avons parlé
00:45:08d'organisation
00:45:09de notre société,
00:45:10mais beaucoup
00:45:11d'entre nous
00:45:12et si vous considérez,
00:45:14si nous devons considérer
00:45:15que nous sommes
00:45:15véritablement
00:45:16une partie
00:45:18de la République
00:45:19ou partie intégrante
00:45:20et pas que symbolique
00:45:22ou pas uniquement
00:45:22territoriale,
00:45:24eh bien,
00:45:25nous devons comprendre
00:45:26que
00:45:27c'est dans le mode
00:45:29de production
00:45:29esclavagiste,
00:45:30le mode de production
00:45:31esclavagiste
00:45:31a permis
00:45:32l'accumulation
00:45:33du capital
00:45:34et ça,
00:45:34c'est très important.
00:45:35Nous ne regrettons rien,
00:45:37mais nous avons un regard
00:45:40et donc,
00:45:41voilà,
00:45:42nous ne demandons pas
00:45:43qu'un hommage
00:45:44à ceux
00:45:44qui ont subi
00:45:45l'esclavage,
00:45:45mais il y a aussi
00:45:47le fait
00:45:47qu'à juste titre,
00:45:49que ces discriminations
00:45:51dues
00:45:52à la couleur
00:45:53de la peau
00:45:56demandent
00:45:56d'une certaine manière
00:45:57réparation.
00:45:58peut-être que ce sera
00:45:59symbolique,
00:45:59mais un jour ou l'autre,
00:46:01il faudrait bien
00:46:01qu'on nous dise,
00:46:02enfin,
00:46:02qu'on dise à ces personnes,
00:46:04à ces descendants
00:46:04de personnes
00:46:06mises en esclavage
00:46:07qu'on leur a fait
00:46:08quelque chose.
00:46:08Aujourd'hui,
00:46:09on parle beaucoup
00:46:09des enfants.
00:46:11Alors,
00:46:11nous n'étions rien,
00:46:13nos ancêtres n'étaient rien,
00:46:14mais c'était
00:46:15des êtres humains.
00:46:16On parle beaucoup
00:46:17d'enfants,
00:46:17on dit qu'il faut
00:46:18entendre la voix
00:46:19des enfants.
00:46:20Et moi,
00:46:20j'ai dit,
00:46:21être né dans la matrice
00:46:22d'un crime,
00:46:22c'est quelque chose
00:46:23de vertigineux.
00:46:24Donc,
00:46:25il faut une reconnaissance
00:46:28et la reconnaissance
00:46:29suppose,
00:46:30non pas la repentance,
00:46:32parce que moi,
00:46:33je ne veux pas,
00:46:33ça ne m'intéresse pas,
00:46:34la repentance,
00:46:35ça n'a pas de sens.
00:46:38Non,
00:46:39il faut,
00:46:39pour faire peuple,
00:46:40pour se réconcilier,
00:46:42il faut,
00:46:42pour cette réconciliation,
00:46:44il faut qu'il y ait
00:46:45plus qu'une forme
00:46:46de repentance
00:46:47que nous ne demandons pas.
00:46:48Ce n'est pas
00:46:48ce que nous disons.
00:46:49Nous disons,
00:46:50nous parlons
00:46:51entre hommes et femmes,
00:46:53adultes,
00:46:54membres d'une société
00:46:55qui veut faire
00:46:56du vivre ensemble,
00:46:57du lien social
00:46:58et faire vivre
00:47:00les devises
00:47:00de la République,
00:47:01liberté,
00:47:02égalité,
00:47:03fraternité.
00:47:04Parce que,
00:47:05je ne sais pas,
00:47:06vous avez parlé,
00:47:07je crois que mon ami
00:47:09et collègue
00:47:10Giovanni William
00:47:11a parlé de Claude Econ.
00:47:12Vous croyez que
00:47:14le Claude Econ
00:47:15avait été interdit
00:47:16aux États-Unis
00:47:17suite à un accident.
00:47:19Il a été interdit
00:47:21en France hexagonale,
00:47:23dans la pomme de terre,
00:47:23enfin,
00:47:24etc.
00:47:25Et des années plus tard,
00:47:26il y a des gens
00:47:26qui pénètrent
00:47:27dans un ministère
00:47:28parce qu'ils ont
00:47:29une certaine couleur
00:47:29de peau,
00:47:30parce qu'ils sont
00:47:31bénéficiaires
00:47:32des structures
00:47:33anciennes
00:47:33de la colonisation,
00:47:35notamment la structuration
00:47:36foncière,
00:47:37la répartition foncière.
00:47:38Ils rentrent à l'Elysée
00:47:39et ils se tapent
00:47:40de dire qu'ils rentrent
00:47:41à l'Elysée
00:47:41sans présenter
00:47:43leur carte d'identité.
00:47:44Il y a un ministre
00:47:46au ministère
00:47:48qui leur signe
00:47:49un papier,
00:47:49qui signe un papier
00:47:50pour dire
00:47:50qu'on va continuer
00:47:51à fabriquer
00:47:52le chlordécone
00:47:53et qu'on va pouvoir
00:47:54les mettre
00:47:54dans les bananeraies
00:47:55de la Guadeloupe
00:47:56et de la Martinique.
00:47:59Je ne sais pas
00:47:59si vous en voyez
00:48:00les effets,
00:48:01mais c'est dû
00:48:02à un système
00:48:03quand même
00:48:03qu'on doit nous expliquer.
00:48:05Quand, par exemple,
00:48:06nous avons des millions
00:48:07de tonnes de saugas
00:48:08qui descendent
00:48:09en Guadeloupe
00:48:09et que les algues verts
00:48:11en Guadeloupe
00:48:11et en Martinique,
00:48:12d'ailleurs,
00:48:12et que les algues vertes
00:48:13sont considérées
00:48:14comme étant
00:48:15une raison
00:48:16de la responsabilité
00:48:18de l'État.
00:48:18Et nous,
00:48:19on nous dit
00:48:19non, c'est un déchet,
00:48:20ce sont des déchets,
00:48:22il faut que ce soit
00:48:23les communes.
00:48:23Donc, j'en aurais fini
00:48:25parce que nous avons
00:48:25des amendements examinés,
00:48:27mais je vous dirais
00:48:28tout simplement,
00:48:30il ne s'agit pas
00:48:30de repentance,
00:48:32nous avons déjà dit
00:48:33que c'est un crime,
00:48:34nous sommes d'accord
00:48:34pour dire
00:48:35que c'est un crime
00:48:36contre l'humanité.
00:48:37Je crois que
00:48:38le fait même
00:48:39que l'article 2
00:48:41soit contenu
00:48:41dans ce texte,
00:48:46résume tout
00:48:47ce que nous pourrons faire
00:48:48par la suite ensemble.
00:48:50Merci beaucoup.
00:48:52Merci beaucoup,
00:48:53M. le rapporteur.
00:48:54Nous allons passer
00:48:55à l'examen
00:48:57des amendements.
00:48:59On commence avec
00:49:00l'article 1er,
00:49:02l'article CL15
00:49:04de M. le rapporteur.
00:49:07Donc,
00:49:08l'amendement
00:49:11CL15,
00:49:14amendement du rapporteur,
00:49:16un amendement
00:49:17de précision juridique
00:49:19qui permet
00:49:19de clarifier
00:49:20la portée
00:49:21de l'article 1er
00:49:22qui vise à abroger
00:49:24non seulement
00:49:24le code noir,
00:49:25c'est-à-dire
00:49:26l'ordonnance
00:49:26de mars 1685,
00:49:28mais aussi
00:49:29l'ensemble des textes
00:49:30qui en ont permis
00:49:31l'application,
00:49:32l'adaptation
00:49:33et l'extension
00:49:34au sein des territoires.
00:49:36Et on peut
00:49:38en discussion commune ?
00:49:40Avec la...
00:49:41Non, c'est bon ?
00:49:43Merci, M. le rapporteur.
00:49:45Et donc,
00:49:46deuxième amendement
00:49:47dans cette discussion commune
00:49:48que j'ai complètement
00:49:49oublié d'annoncer,
00:49:50l'amendement CL13
00:49:52de M. William.
00:49:53Oui, merci, Mme la Présidente.
00:49:55Il s'agit d'un amendement
00:49:56de précision
00:49:58sémantique
00:49:59et technique
00:50:00afin d'englober
00:50:01l'ensemble des textes
00:50:03relatifs
00:50:03à l'esclavage.
00:50:06Vos avis,
00:50:07M. le rapporteur ?
00:50:10Par l'amendement CL15
00:50:12est plus concise.
00:50:13C'est la raison
00:50:14pour laquelle
00:50:15je demande
00:50:16un retrait
00:50:17au profit
00:50:18de l'amendement
00:50:19du rapporteur
00:50:20et où je demande
00:50:22un retrait
00:50:22parce que
00:50:23l'amendement
00:50:24est satisfait.
00:50:25Le monde est satisfait.
00:50:32Très bien.
00:50:33Amendement CL13
00:50:34retiré.
00:50:34Il reste donc
00:50:35le CL15.
00:50:37Pas de demande
00:50:37d'intervention.
00:50:38je le soumets
00:50:39donc au vote
00:50:41qui est pour
00:50:43le CL15.
00:50:48Beaucoup.
00:50:49Merci.
00:50:50Qui est contre ?
00:50:52Il est adopté.
00:50:54Amendement
00:50:55suivant
00:50:57le CL14
00:50:59par M. Servat.
00:51:01De M. Servat.
00:51:02Merci, Mme la Présidente.
00:51:04C'est pour relayer
00:51:07une question
00:51:09du bâtonnier
00:51:11Emmanuel Germani,
00:51:12bâtonnier de Martinique
00:51:13et ambassadeur du Bénin
00:51:15chargé de la diaspora.
00:51:16Sur un terme juridique,
00:51:17donc nous parlons
00:51:18d'abrogation.
00:51:19Le bâtonnier
00:51:21suggérerait
00:51:22la notion d'annulation
00:51:24puisque selon lui,
00:51:26l'annulation
00:51:27consisterait à annuler
00:51:28de façon
00:51:31future,
00:51:32mais aussi
00:51:32passée
00:51:33de tout acte
00:51:34et loi
00:51:35et donc
00:51:36qui permettrait
00:51:36de supprimer
00:51:37je dirais
00:51:38à initio
00:51:40dès le début
00:51:42le code noir
00:51:43alors que
00:51:44la progression
00:51:44ne produirait
00:51:45des faits
00:51:45que pour l'avenir
00:51:46et
00:51:47la question
00:51:49des réparations
00:51:49serait questionnée.
00:51:51Donc je soumets
00:51:52cet amendement
00:51:52à la sagacité
00:51:53du rapporteur.
00:51:56Merci.
00:51:57Monsieur le rapporteur,
00:51:58votre avis.
00:52:01Chers collègues,
00:52:02vous proposez
00:52:04de remplacer
00:52:04le mot
00:52:05abrogé
00:52:06par annuler.
00:52:08Je te remercie
00:52:10de ton implication
00:52:12une fois de plus
00:52:13dans les travaux
00:52:14que nous avons menés,
00:52:16mais je ne suis pas
00:52:17favorable
00:52:17à cet amendement
00:52:18qui reviendrait
00:52:19à nier
00:52:20l'existence
00:52:20du code noir
00:52:21et dans la législation
00:52:23coloniale
00:52:23sur les populations
00:52:24concernées.
00:52:26Je pense que
00:52:27le mot
00:52:28abrogation
00:52:29est le meilleur
00:52:30chemin
00:52:30sur ce sujet.
00:52:33Annuler
00:52:34le code noir
00:52:35aujourd'hui
00:52:36reviendrait
00:52:37à dire
00:52:37qu'il n'a jamais
00:52:38existé
00:52:40et
00:52:41que ces effets
00:52:42par conséquent
00:52:43seraient appréciés
00:52:45pour être appréciés
00:52:47différemment
00:52:47les effets
00:52:48d'un acte
00:52:48qui n'ayant
00:52:49jamais existé.
00:52:50Moi,
00:52:51je préfère
00:52:51que nous regardions
00:52:53l'histoire en face
00:52:53les effets
00:52:55nous avons parlé
00:52:56d'effets
00:52:56qui ont profondément
00:52:58existé
00:52:58et qui existent
00:52:59encore
00:53:00et dont les effets
00:53:00sont là
00:53:02pour le présent
00:53:04et pour l'avenir.
00:53:06Aussi,
00:53:07je te demande
00:53:08de retirer
00:53:08ton amendement
00:53:10sinon
00:53:11je serais obligé
00:53:12de mettre
00:53:12un avis
00:53:12défavorable.
00:53:16Monsieur Servat.
00:53:17Bien écoutez,
00:53:18je suis l'avis
00:53:19du rapporteur,
00:53:19je retire
00:53:20l'amendement.
00:53:24Désolée
00:53:24pour les
00:53:25quatre inscrits
00:53:26et inscrites
00:53:27sur le rebond.
00:53:28Vous le ferez
00:53:29donc sur le prochain
00:53:30amendement
00:53:30si le sujet
00:53:31s'y prête.
00:53:32Et nous passons
00:53:33donc
00:53:33à l'amendement
00:53:35CL11
00:53:36de monsieur William.
00:53:40Merci
00:53:40madame la présidente,
00:53:42mes chers collègues.
00:53:45Je rebondis
00:53:46parce que mon collègue
00:53:46a retiré son amendement
00:53:48mais moi je ne vais pas
00:53:48le retirer
00:53:50dans la mesure
00:53:51où il s'agit
00:53:51de renforcer
00:53:53la portée normative
00:53:54de la disposition
00:53:56d'abrogation
00:53:56en précisant
00:53:57justement
00:53:58outre leur abrogation
00:54:01indiquer
00:54:01qu'ils sont
00:54:02réputés
00:54:02illégaux.
00:54:04parce que quand j'entends
00:54:05on parle
00:54:06de loi mémorielle
00:54:08en fait
00:54:08on veut écarter
00:54:10le principe
00:54:11de réparation.
00:54:12Ça c'est un premier sujet.
00:54:14Donc à mon sens
00:54:14il faut parler
00:54:15du caractère
00:54:15illégal
00:54:17du code noir
00:54:18dans la mesure
00:54:18où on a parlé
00:54:19de 1789
00:54:20pour autant
00:54:21il y avait
00:54:21du droit applicable
00:54:23qui normalement
00:54:25devait abroger
00:54:26le code noir
00:54:27et ça n'a pas été
00:54:28le cas.
00:54:28Donc je souhaite
00:54:29nous souhaitons
00:54:30qu'on précise
00:54:32et qu'on
00:54:32outre
00:54:33l'abrogation
00:54:34qu'on parle
00:54:35de son
00:54:36illégalité.
00:54:37Merci.
00:54:39Merci.
00:54:40Votre avis
00:54:40monsieur le rapporteur ?
00:54:42Alors votre amendement
00:54:43chers collègues
00:54:44propose d'ajouter
00:54:45les mots
00:54:46réputés
00:54:46illégaux.
00:54:48J'entends bien
00:54:49votre intention
00:54:49mais je ne suis pas
00:54:51favorable.
00:54:52La rédaction
00:54:54retenue
00:54:54me semble
00:54:55robuste
00:54:56et
00:54:56insérer ces mots
00:54:59risquerait
00:55:00d'introduire
00:55:00une certaine confusion.
00:55:01on pourrait
00:55:02lire
00:55:03que l'on doit
00:55:04considérer
00:55:04ces dispositions
00:55:05comme illégales
00:55:06alors qu'elles
00:55:07sont abrogées
00:55:08et contraires
00:55:09non seulement
00:55:09à la loi
00:55:10mais aussi
00:55:10à l'ensemble
00:55:11de notre
00:55:12édifice juridique.
00:55:13C'est-à-dire
00:55:14à notre
00:55:14constitution
00:55:16aux droits
00:55:16européens
00:55:18ainsi que
00:55:18aux droits
00:55:19internationaux.
00:55:20En ce sens
00:55:21je pense que
00:55:21votre rédaction
00:55:24tendrait plutôt
00:55:24à affaiblir
00:55:25la portée
00:55:26de l'article
00:55:26premier.
00:55:28Donc
00:55:29demande de retrait.
00:55:31Ma difficulté
00:55:32chère collègue
00:55:33par exemple
00:55:33lorsque j'entends
00:55:35que
00:55:36la France
00:55:37ne doit pas
00:55:37avoir honte
00:55:38de son histoire
00:55:39on peut
00:55:40avoir honte
00:55:41et on doit
00:55:41avoir honte
00:55:42de ce passé
00:55:43colonial
00:55:43et de cet esclavage
00:55:46et justement
00:55:47le fait
00:55:48de déclarer
00:55:49illégal
00:55:51ce code noir
00:55:52vise justement
00:55:53à renforcer
00:55:54notre constitution
00:55:54qui je le rappelle
00:55:56dans son bloc
00:55:56de constitutionnalité
00:55:57reprend
00:55:58la déclaration
00:55:59des droits
00:55:59des hommes
00:55:59et du citoyen
00:56:00de 1789
00:56:02c'est-à-dire
00:56:04avant
00:56:04l'abolition
00:56:06qui est
00:56:06de 1848
00:56:09donc
00:56:09je dois
00:56:11maintenir.
00:56:12Donc du coup
00:56:13vous maintenez.
00:56:15Merci.
00:56:16Donc
00:56:16j'ai
00:56:17trois inscrites
00:56:18on commence
00:56:19avec madame
00:56:19Katala.
00:56:22Merci
00:56:23madame la présidente
00:56:24je regrette
00:56:24que le collègue
00:56:25Servat
00:56:25ait retiré
00:56:26son amendement
00:56:27juste avant
00:56:27parce que
00:56:28si j'ai bien
00:56:30compris
00:56:31le débat
00:56:32et le sens
00:56:33de remplacer
00:56:34le mot abrogé
00:56:35par le mot annulé
00:56:36c'est que le mot
00:56:37annulé
00:56:37permet de discuter
00:56:38de la réparation
00:56:39et la réparation
00:56:41est je crois
00:56:42un sujet central
00:56:43lorsque nous discutons
00:56:45dans le cadre
00:56:46du débat
00:56:47de ce texte
00:56:48et je reviens
00:56:48à ce que je disais
00:56:49tout à l'heure
00:56:50sur Haïti
00:56:51la France
00:56:52napoléonienne
00:56:53n'a pas supporté
00:56:54d'être humiliée
00:56:55par des esclaves
00:56:56en 1803
00:56:57puisque les esclaves
00:56:58en Haïti
00:56:59ont vaincu
00:57:00l'armée de Napoléon
00:57:01lors de la bataille
00:57:02de Vertières
00:57:03Haïti a ensuite été
00:57:04la première république
00:57:06noire
00:57:07de l'histoire
00:57:07le premier pays
00:57:09à proclamer
00:57:11son indépendance
00:57:12ce que la France
00:57:12n'a là aussi
00:57:13pas supporté
00:57:14et donc
00:57:15qu'a fait la France
00:57:16elle a envoyé
00:57:17le baron
00:57:18de Macau
00:57:18en 1825
00:57:20faire pression
00:57:21sur le président
00:57:22d'Haïti
00:57:22de l'époque
00:57:23qui s'appelait
00:57:24Jean-Pierre Boyer
00:57:24à la demande
00:57:25du roi Charles X
00:57:26pour imposer
00:57:28que Haïti
00:57:30paye l'équivalent
00:57:31de 150 millions
00:57:33de francs or
00:57:33en échange
00:57:34de la reconnaissance
00:57:36de son indépendance
00:57:37par la France
00:57:37Haïti évidemment
00:57:39n'avait absolument
00:57:40pas les moyens
00:57:41de payer cette somme
00:57:42colossale
00:57:43et a dû emprunter
00:57:44à des banques françaises
00:57:45qui ont mis en place
00:57:47des intérêts
00:57:47là aussi colossaux
00:57:49pour payer
00:57:49sa propre indépendance
00:57:51et cette dette
00:57:52a toujours
00:57:53des conséquences
00:57:54aujourd'hui
00:57:54on appelle ça
00:57:55la double dette
00:57:55ou la rançon
00:57:56de l'indépendance
00:57:57puisqu'elle a été évaluée
00:57:58à 30 milliards
00:58:00d'euros
00:58:01contemporains
00:58:02et la France
00:58:03bien sûr
00:58:03refuse d'octroyer
00:58:05une quelconque réparation
00:58:06or il y a une commission
00:58:08indépendante
00:58:09qui a été mise en place
00:58:10en Haïti
00:58:10qui réclame des réparations
00:58:11et même le remboursement
00:58:13de cette dette
00:58:14et il y a une commission
00:58:15mixte
00:58:15qui a été mise en place
00:58:16par Emmanuel Macron
00:58:17et il est hors de question
00:58:19que la réparation
00:58:20que le sujet de la réparation
00:58:21soit écarté
00:58:22de ces débats
00:58:23parce que c'est un sujet central
00:58:24et vous allez me dire
00:58:25oui mais la France
00:58:26n'a pas les moyens
00:58:26de réparer
00:58:27mais Haïti
00:58:27n'avait pas non plus
00:58:28les moyens
00:58:28de payer cette dette
00:58:29merci
00:58:30la parole est à Mme Bellet
00:58:33merci Mme la Présidente
00:58:35évidemment
00:58:36je souscris aux paroles
00:58:38et à la tristesse
00:58:41presque de notre collègue
00:58:43Catala
00:58:44parce que
00:58:46il s'agissait là
00:58:47de répéter à nouveau
00:58:49à quel point
00:58:50dans une république
00:58:51qui était déjà codifiée
00:58:54qui légiférait déjà
00:58:56qui avait un texte fondateur
00:58:57comme celui de la Constitution
00:59:00qui pourtant écartait
00:59:01un certain nombre de personnes
00:59:03il était important de dire
00:59:04que cet acte était
00:59:05non seulement illégal
00:59:06mais qu'il faut
00:59:08encore en annuler
00:59:09les effets
00:59:10nous l'avons répété
00:59:12les effets perdurent
00:59:15et je veux rassurer
00:59:16un certain nombre
00:59:17de nos collègues
00:59:18qui ont peur
00:59:20que lorsque l'on parle
00:59:21réparation
00:59:21on parle
00:59:22d'argent
00:59:24de pièces d'or
00:59:25et de monnaie
00:59:27sonnante et trébuchante
00:59:29lorsque nous parlons
00:59:30réparation
00:59:31nous parlons
00:59:32réparation
00:59:32dans le droit
00:59:33dans l'accès au droit
00:59:34et encore une fois
00:59:36je renvoie
00:59:37évidemment
00:59:37aux paroles
00:59:38de la défenseur
00:59:40des droits
00:59:40du précédent
00:59:42défenseur des droits
00:59:42d'ailleurs
00:59:43dont on ne pouvait pas dire
00:59:44qu'il était
00:59:45un gaucho patenté
00:59:47M. Toubon
00:59:50qui a pourtant
00:59:51dit la même chose
00:59:52et qui est parti
00:59:53probablement
00:59:53de son poste
00:59:54avec la même émotion
00:59:56constatant
00:59:57à quel point
00:59:57les inégalités
00:59:59étaient systémiques
01:00:00et héritées
01:00:01d'un récit national
01:00:03qu'il convenait
01:00:04de revoir
01:00:06ces actes
01:00:07étaient illégaux
01:00:08parce qu'ils ne correspondaient
01:00:10pas dans une grande partie
01:00:11de leur temps
01:00:12et de leurs effets
01:00:13à ce que prônaient
01:00:15le royaume
01:00:16et la république
01:00:16à ce moment là
01:00:17et je crois
01:00:18qu'il faut
01:00:19aujourd'hui
01:00:20pour ceux
01:00:21qui le trouvent
01:00:22symbolique
01:00:22ce tech
01:00:23et pour ceux
01:00:23qui le vivent
01:00:25différemment
01:00:25et bien
01:00:26il me semble nécessaire
01:00:27non pas symboliquement
01:00:29mais juridiquement
01:00:30puisque nous sommes là
01:00:31pour faire du droit
01:00:32pour écrire
01:00:33la législation
01:00:34et bien
01:00:35il me semble nécessaire
01:00:36de répéter
01:00:37et d'inscrire
01:00:38cette inégalité
01:00:39merci
01:00:40et enfin
01:00:41Mme Faucillon
01:00:44merci
01:00:45je m'associe
01:00:46après mes deux collègues
01:00:47au regret
01:00:48de ne pas avoir vu
01:00:50l'amendement précédent
01:00:51être discuté
01:00:52et potentiellement
01:00:53adopté
01:00:54je crois que là
01:00:56l'idée
01:00:56n'est absolument pas
01:00:57d'effacer
01:00:58je le disais
01:00:58dans mon intervention
01:00:59précédente
01:01:00il n'y a rien
01:01:00qui effacera
01:01:01cette histoire
01:01:02cette partie
01:01:03de l'histoire
01:01:03en revanche
01:01:04je crois
01:01:05qu'il est important
01:01:06de pouvoir dire
01:01:07que la république
01:01:09juge comme
01:01:09illégitime
01:01:10ce que pourtant
01:01:11est illégal
01:01:12ce que pourtant
01:01:13elle a produit
01:01:14et effectivement
01:01:17je crois qu'il faut
01:01:17arrêter avec cette idée
01:01:18que
01:01:20tenter
01:01:21d'analyser
01:01:22de
01:01:24comment dire
01:01:25de se remémorer
01:01:26de commémorer
01:01:28serait des actes
01:01:29de repentance
01:01:31bien au contraire
01:01:33lorsque
01:01:34nous allons
01:01:35et c'est ce que vous faites
01:01:36monsieur le rapporteur
01:01:37avec ce texte
01:01:38tenter justement
01:01:40d'analyser
01:01:41de creuser
01:01:42ce qui s'est passé
01:01:43dans le passé
01:01:44pardon pour la répétition
01:01:46l'idée c'est de
01:01:47justement
01:01:48chercher ce qu'on dit
01:01:49du présent
01:01:51avec
01:01:52cette initiative
01:01:53voir
01:01:54ce qu'on va faire
01:01:55à l'avenir
01:01:55et donc
01:01:56vous le dites
01:01:57au travers de l'article 2
01:01:59vous dites que
01:02:00il y a des conséquences
01:02:01qui aujourd'hui encore
01:02:02et particulièrement
01:02:03dans les territoires
01:02:04d'outre-mer
01:02:06sont des conséquences
01:02:06issus
01:02:07du code noir
01:02:10et c'est intéressant
01:02:11d'ailleurs
01:02:11je trouve
01:02:12cet article 2
01:02:13alors avec
01:02:14le fait de juger
01:02:15comme illégal
01:02:16avec le fait d'annuler
01:02:17nous disons quelque chose
01:02:19du présent
01:02:19et nous disons quelque chose
01:02:20de l'avenir
01:02:21dans le but
01:02:21de la réparation
01:02:23qui est nécessaire
01:02:23sinon
01:02:24nous resterons
01:02:26et je sais que ce n'est pas
01:02:26votre souhait
01:02:27dans un acte
01:02:28uniquement symbolique
01:02:29nous devons être
01:02:30dans un acte
01:02:31qui oriente vers l'avenir
01:02:33et qui oriente
01:02:34vers la réparation
01:02:35donc c'est absolument pas
01:02:36quelque chose
01:02:37qui doit faire peur
01:02:38parce qu'au contraire
01:02:38c'est un acte
01:02:39d'apaisement
01:02:40et c'est un acte
01:02:41qui nous permet
01:02:42d'envoyer un signal
01:02:43qui est celui
01:02:43que la honte
01:02:44ne doit pas être
01:02:45vers les descendants
01:02:45d'esclavisés
01:02:46mais vers ce que la république
01:02:47a produit à ce moment là
01:02:48merci
01:02:49je me soumets donc
01:02:52cet amendement
01:02:52CL11
01:02:54au vote
01:02:55qui vote pour
01:03:11merci
01:03:12qui vote contre
01:03:27il est rejeté
01:03:30amendement
01:03:32CL12
01:03:34monsieur William
01:03:36je retire
01:03:37je retire
01:03:37ok
01:03:38retiré
01:03:42et je soumets donc
01:03:45l'article 1
01:03:45ainsi modifié
01:03:47aux voix
01:03:48qui vote pour
01:03:50l'article 1
01:03:52beaucoup
01:03:53merci
01:03:54baissez vos mains
01:03:56qui vote contre
01:03:57est adopté
01:03:58à l'unanimité
01:03:59article 2
01:04:02avec
01:04:03l'amendement
01:04:03CL17
01:04:05de monsieur
01:04:05le rapporteur
01:04:06l'amendement
01:04:08CL17
01:04:09c'est un amendement
01:04:11rédactionnel
01:04:13est remplacé
01:04:15depuis 1685
01:04:18jusqu'à
01:04:191946
01:04:20en précisant
01:04:22celle
01:04:22remplacée
01:04:23ces mots
01:04:24par
01:04:24encore
01:04:25en conséquence
01:04:26la fin
01:04:26même de la phrase
01:04:28supprimer les mots
01:04:29à la date
01:04:30d'abrogation
01:04:31prévue
01:04:31à l'article 1
01:04:32de la présente loi
01:04:34merci
01:04:38j'ai une intervention
01:04:40madame
01:04:40cap de vienne
01:04:42oui
01:04:44mon intervention
01:04:46sera sur les deux
01:04:47d'ailleurs
01:04:48c'est bien
01:04:49de demander
01:04:49un rapport
01:04:51au gouvernement
01:04:54mais peut-être
01:04:55monsieur le rapporteur
01:04:56faudrait-il
01:04:57aller au-delà
01:04:58et peut-être
01:04:59l'inclure
01:04:59dans votre rapport
01:05:00parce qu'on doit
01:05:01comme tous mes collègues
01:05:02l'ont dit
01:05:03avoir un regard
01:05:04objectif et critique
01:05:05sur notre histoire
01:05:06et notre passé
01:05:07c'est indispensable
01:05:07et c'est dommage
01:05:09et c'est dommage
01:05:10que notre pays
01:05:10n'ait pas eu le courage
01:05:11de mettre en place
01:05:12un véritable processus
01:05:14de justice transitionnelle
01:05:16justice transitionnelle
01:05:17selon la définition
01:05:18qui nous est donnée
01:05:19par les Nations Unies
01:05:21c'est jamais trop tard
01:05:22et probablement
01:05:23qu'il faudra l'évoquer
01:05:24monsieur le rapporteur
01:05:25dans le cadre
01:05:26de ce rapport
01:05:27que vous présenterez
01:05:28au gouvernement
01:05:28j'exposerai bientôt
01:05:30ici à la commission
01:05:31des lois
01:05:32ce qu'est réellement
01:05:33la justice transitionnelle
01:05:34la justice transitionnelle
01:05:35c'est ce qui permet
01:05:36à la fois
01:05:37de faire un travail
01:05:37de mémoire
01:05:38et de recherche
01:05:38de la vérité
01:05:39avec tout un éventail
01:05:41de processus
01:05:42très efficaces
01:05:42avec des mécanismes
01:05:44très intéressants
01:05:45d'abord qui permettent
01:05:46de reprendre l'histoire
01:05:47d'établir
01:05:48les responsabilités
01:05:49de rendre la justice
01:05:52et surtout
01:05:52après quatre ans
01:05:54quatre siècles
01:05:55pardon
01:05:56quatre siècles
01:05:56pardon
01:05:57quatre siècles
01:05:58d'esclavage
01:06:00aussi
01:06:00de permettre
01:06:01ce qui est indispensable
01:06:02et qui résulte
01:06:03je crois
01:06:03de tout ce que l'on vient
01:06:04de dire ici
01:06:05de permettre
01:06:06la réconciliation
01:06:07et seul
01:06:08un processus
01:06:09de justice transitionnelle
01:06:11tel que ça peut être fait
01:06:13aujourd'hui
01:06:14c'est à la fois complexe
01:06:15et très exigeant
01:06:16mais en tout cas
01:06:17ça permet
01:06:19cette réconciliation
01:06:20qui est absolument
01:06:22indispensable
01:06:22et je dirais
01:06:23pour terminer
01:06:24honte
01:06:25à ceux
01:06:25qui ont osé
01:06:27aujourd'hui
01:06:28dire
01:06:29et refuser
01:06:30d'avoir un regard
01:06:31objectif
01:06:32critique
01:06:33et lucide
01:06:34sur notre passé
01:06:35c'est honte
01:06:36à eux
01:06:36qu'il faut dire ici
01:06:38merci
01:06:39donc je soumets
01:06:40cet amendement
01:06:41de CL17
01:06:42de nature
01:06:43rédactionnelle
01:06:44mais pas tout à fait
01:06:45rédactionnelle
01:06:46au vote
01:06:48qui vote pour
01:07:15il est donc adopté
01:07:19amendement CL16
01:07:20rédactionnel
01:07:21monsieur le rapporteur
01:07:23je le soumets donc
01:07:25aux voix
01:07:26qui vote pour
01:07:29beaucoup
01:07:29merci
01:07:30qui vote contre
01:07:31il est adopté
01:07:33amendement
01:07:34faisant l'objet
01:07:35de sous-amendement
01:07:36l'amendement CL12
01:07:38de madame
01:07:39Abomangoli
01:07:40est-ce que c'est vous
01:07:41qui le présentez ?
01:07:42oui merci
01:07:42merci madame la présidente
01:07:43en fait c'est un amendement
01:07:44qui vise
01:07:45à renforcer
01:07:46la mémoire
01:07:47et l'enseignement
01:07:47de l'esclavage
01:07:49sur tout le territoire
01:07:50national
01:07:50j'insiste
01:07:51sur le caractère
01:07:52universel
01:07:53de cet enseignement
01:07:55parce que
01:07:55très souvent
01:07:56il est cantonné
01:07:57dans les outre-mer
01:07:58ou alors sur des lieux
01:07:59symboliques en France
01:08:01de lieux
01:08:02de déportation
01:08:03des noirs
01:08:04comme Bordeaux
01:08:05ou Nantes
01:08:06mais je pense
01:08:07qu'il faut élargir
01:08:08cela
01:08:08parce qu'on constate
01:08:09que malgré la loi 2001
01:08:11de Christine Taubira
01:08:12reconnaissant l'esclavage
01:08:13comme crime contre l'humanité
01:08:14l'enseignement de cette période
01:08:16est encore insuffisante
01:08:17et c'est d'ailleurs inégal
01:08:19selon les territoires
01:08:20et les niveaux scolaires
01:08:21donc j'ai parlé
01:08:22de la question des territoires
01:08:23mais je pense
01:08:24qu'y compris
01:08:25du point de vue
01:08:26des niveaux scolaires
01:08:26il faut également élargir
01:08:29d'autant que certains
01:08:30contestent aujourd'hui
01:08:31la nécessité
01:08:33de cette cérémonie
01:08:34on l'a vu
01:08:35encore
01:08:36durant ce mois de mai
01:08:37de la part
01:08:38d'une mairie
01:08:39rassemblement national
01:08:41pareil
01:08:42du point de vue
01:08:43des logiques
01:08:44d'exception
01:08:44que subissent
01:08:45les outre-mer
01:08:46il nous faut comprendre
01:08:48leur origine
01:08:49nous avons parlé
01:08:49tout à l'heure
01:08:50du chlordécone
01:08:51par exemple
01:08:52ou des difficultés
01:08:53d'accès à l'eau
01:08:53par exemple
01:08:54dans l'enseignement
01:08:55de la géographie
01:08:56il est important
01:08:57de voir
01:08:57que tout cela
01:08:59est ancré aussi
01:08:59dans une longue histoire
01:09:01coloniale
01:09:01que ce sont
01:09:01les conséquences
01:09:03il faut relier
01:09:04les phénomènes actuels
01:09:05à l'histoire
01:09:06tout n'est pas né
01:09:07comme ça
01:09:07ex nihilo
01:09:09ma collègue
01:09:10Daniela Bonneau
01:09:10a parlé également
01:09:11des conditions
01:09:12d'enrichissement
01:09:13de l'occident
01:09:15européen
01:09:16notamment
01:09:16cette accumulation
01:09:18du capital
01:09:18qui vient
01:09:19d'abord du pillage
01:09:20en humain
01:09:22du pillage
01:09:23en richesse
01:09:24et donc
01:09:25il faut relier
01:09:26tout cela
01:09:27par une démarche
01:09:28constructive
01:09:29et la démarche
01:09:30constructive
01:09:30ça passe par
01:09:31l'éducation
01:09:32il faut évaluer
01:09:33objectivement
01:09:33la place
01:09:34accordée
01:09:35à cette histoire
01:09:36dans les programmes
01:09:36scolaires
01:09:37aujourd'hui
01:09:37afin d'identifier
01:09:39évidemment
01:09:40les manques
01:09:40et les améliorations
01:09:41nécessaires
01:09:42je vous remercie
01:09:44merci
01:09:46sous amendement
01:09:47de monsieur le rapporteur
01:09:49et après j'ai
01:09:50une inscrite
01:09:51deux inscrites
01:09:53monsieur le rapporteur
01:09:54donc ce sous-amendement
01:09:57supprime
01:09:57la fin
01:09:59la dernière phrase
01:10:00de l'amendement
01:10:01CL2
01:10:02de madame
01:10:04Aboumangoli
01:10:05et pour que ce soit
01:10:08un peu plus concis
01:10:08sinon je suis favorable
01:10:10à son amendement
01:10:12donc favorable
01:10:14aux deux amendements
01:10:15j'ai donc
01:10:16deux inscrites
01:10:17madame Katala
01:10:17puis madame Bélé
01:10:20merci madame la présidente
01:10:21évidemment je suis
01:10:22entièrement d'accord
01:10:23avec cet amendement
01:10:23puisque outre
01:10:25l'effacement
01:10:26de l'histoire
01:10:27esclavagiste
01:10:28et coloniale
01:10:29de la France
01:10:29dans les programmes
01:10:30scolaires notamment
01:10:31il y a aussi
01:10:32l'effacement
01:10:32des personnalités
01:10:34noires
01:10:34qui ont été
01:10:35centrales
01:10:36dans notre histoire
01:10:36et dans l'histoire
01:10:37du monde
01:10:37par exemple
01:10:38qui dans cette salle
01:10:39a appris
01:10:40au lycée
01:10:41ou au collège
01:10:41la biographie
01:10:43de Toussaint Louverture
01:10:43ou de Jean-Jacques
01:10:44de Saline
01:10:45ou de Bookman
01:10:45je pense
01:10:46personne
01:10:48pourtant
01:10:48pourtant
01:10:49comme je le disais
01:10:50tout à l'heure
01:10:50et je l'ai appris
01:10:52très tard
01:10:53comme sûrement
01:10:54certains d'entre vous
01:10:54ou d'autres
01:10:55l'ignoraient certainement
01:10:55dans cette salle
01:10:58la révolution
01:10:59haïtienne
01:11:00comme d'autres événements
01:11:01ne sont pas juste
01:11:02des éléments
01:11:03de l'histoire
01:11:04du pays en question
01:11:05la révolution haïtienne
01:11:06ce n'est pas juste
01:11:06une question
01:11:07ce n'est pas juste
01:11:08un sujet
01:11:09dans l'histoire d'Haïti
01:11:10c'est un événement
01:11:11central
01:11:12dans l'histoire de France
01:11:13mais surtout
01:11:14dans l'histoire du monde
01:11:15parce que jamais
01:11:16personne
01:11:16n'aurait pensé
01:11:17que des esclaves
01:11:19allaient renverser
01:11:20la plus grande puissance
01:11:22militaire de l'époque
01:11:23allait renverser
01:11:24un empire
01:11:25et allait mettre fin
01:11:27à ce qui était
01:11:27la colonie
01:11:29la plus violente
01:11:30et la plus rentable
01:11:31pour la France
01:11:32et je vous invite là
01:11:33à lire un livre magnifique
01:11:35qui s'appelle
01:11:35les Jacobins Noirs
01:11:36qui revient sur cette histoire
01:11:37et qui replace
01:11:38la révolution haïtienne
01:11:40dans l'histoire du monde
01:11:41et je crois qu'on devrait
01:11:42tous se dire
01:11:43que la révolution haïtienne
01:11:44par exemple devrait être
01:11:45un chapitre entier
01:11:46dans nos programmes scolaires
01:11:49Merci
01:11:50Madame Bellet
01:11:51puis Monsieur Mendès
01:11:54Moi je suis
01:11:55entièrement favorable
01:11:57et surtout
01:11:58d'ailleurs défavorable
01:11:59aux sous-amendements
01:12:01par lesquels
01:12:02on supprimerait
01:12:04la création
01:12:04de lieux mémoriels
01:12:05et de recherches historiques
01:12:06alors j'avais fait
01:12:07un amendement
01:12:08qui a été jugé
01:12:09irrecevable
01:12:10et je vais tout de même
01:12:12en parler
01:12:13pourquoi est-il nécessaire
01:12:15de parler
01:12:16de la création
01:12:17de lieux mémoriels
01:12:18et de recherches historiques
01:12:20parce que par exemple
01:12:21en Martinique
01:12:22des lieux mémoriels
01:12:22il y en a plein
01:12:24mais ce sont des lieux
01:12:25qui s'ignorent
01:12:27c'est ceux des lieux
01:12:28qui sont appelés
01:12:29des habitations
01:12:30et dans lesquelles
01:12:31alors que nous savons
01:12:32que des crimes
01:12:33contre l'humanité
01:12:34ont été commis
01:12:35et bien il est fait
01:12:36une part très grande
01:12:37si ce n'est exclusive
01:12:40qu'à l'histoire
01:12:41industrielle du lieu
01:12:42et on vous explique
01:12:43comment on a coupé
01:12:44la canne
01:12:44et on vous explique
01:12:45comment on faisait
01:12:45du sucre
01:12:46et on vous explique
01:12:47comment on fait du rhum
01:12:47mais on oublie
01:12:48de vous dire
01:12:49qu'il y a eu
01:12:49des gens pendus
01:12:51des femmes violées
01:12:52des enfants violés
01:12:55des pères et mères tués
01:12:56pour certains suicidés
01:12:58et cette histoire
01:12:59bien puisqu'on l'assume
01:13:01il me semble
01:13:01que l'on peut la raconter
01:13:02et qu'elle doit d'ailleurs
01:13:04et je souscris
01:13:06aux propos
01:13:07de mes collègues
01:13:08elle doit d'ailleurs
01:13:09rentrer dans
01:13:10le récit national français
01:13:12et donc rentrer
01:13:13dans ses livres d'histoire
01:13:14rentrer dans
01:13:16sa connaissance
01:13:17la plus globale
01:13:18et notamment
01:13:19dans l'instruction
01:13:20des plus jeunes
01:13:21afin que jamais
01:13:22à l'heure
01:13:23où les réactionnaires
01:13:25les racistes
01:13:26les fascistes
01:13:27reprennent
01:13:27tant de force
01:13:29et bien
01:13:29il faut que notre république
01:13:31puisse dire
01:13:33ce qui a déjà été fait
01:13:34et ce qui ne devrait
01:13:36plus jamais se faire
01:13:39merci
01:13:39monsieur Mendès
01:13:41merci madame la présidente
01:13:43nous partageons
01:13:44l'amendement
01:13:45de madame
01:13:47Adoma
01:13:48Adoma
01:13:48Bancoli
01:13:49pardon
01:13:49j'ai eu un peu de mal
01:13:51oui je sais
01:13:52j'ai eu mal à parler
01:13:53ce matin
01:13:53j'en suis vraiment
01:13:54navré
01:13:54et je m'excuse
01:13:55auprès de notre collègue
01:13:57non on est sur un sujet
01:13:58qui est hyper important
01:13:59et on a besoin
01:14:00d'avoir ce débat
01:14:01et sur la scolarité
01:14:03sur le fait de bien apprendre
01:14:04les choses en lien
01:14:05avec le sous-clavage
01:14:05de notre côté
01:14:06on soutiendra
01:14:07l'amendement
01:14:07si le sous-amendement
01:14:09est validé
01:14:10qui nous paraît
01:14:11être équitable
01:14:13dans l'écriture
01:14:16Nadej
01:14:17désolé
01:14:19merci
01:14:23monsieur le rapporteur
01:14:26ma collègue m'a convaincu
01:14:30ma collègue m'a convaincu
01:14:31désolé
01:14:32mais je retire
01:14:34ce sous-amendement
01:14:35l'analyse
01:14:36mes collègues
01:14:38je le dirais
01:14:38et vous maintenez
01:14:39l'avis favorable
01:14:40sur l'amendement
01:14:42oui
01:14:42voilà
01:14:42donc
01:14:43on soumet
01:14:44l'amendement
01:14:46sans sous-amendement
01:14:47au vote
01:14:47avec l'avis favorable
01:14:49de monsieur le rapporteur
01:14:50qui est
01:14:52qui est pour
01:15:13merci
01:15:14qui vote contre
01:15:16il est adopté
01:15:18un moment
01:15:21suivant
01:15:22en discussion commune
01:15:25le CL3
01:15:26de madame
01:15:28Abomangolier
01:15:29est-ce que
01:15:29présenté par madame
01:15:31Obonou
01:15:34merci madame la présidente
01:15:36par cet amendement
01:15:37nous souhaitons
01:15:38effectivement
01:15:40qu'il puisse y avoir
01:15:41un rapport
01:15:42qui
01:15:43analyse
01:15:44les conséquences
01:15:45de l'application
01:15:46des dispositions
01:15:47en termes de
01:15:48discrimination
01:15:49et de racisme
01:15:50dans l'ensemble
01:15:51de la société
01:15:53française
01:15:55puisque c'est
01:15:56un sujet
01:15:57comme je l'ai dit
01:15:57qui
01:15:58a forgé
01:15:59non seulement
01:16:00l'économie
01:16:01non seulement
01:16:02le droit
01:16:02mais aussi
01:16:04les sciences
01:16:04les sciences
01:16:05humaines
01:16:06les sciences
01:16:07sociales
01:16:08et même
01:16:09les sciences
01:16:10médicales
01:16:11c'est un sujet
01:16:12qui persiste
01:16:13jusqu'à aujourd'hui
01:16:15dans les imaginaires
01:16:16et dans les pratiques
01:16:17je rappelle
01:16:18ce qui a été
01:16:19mis en lumière
01:16:20par la défenseur
01:16:22des droits
01:16:23mais aussi
01:16:23la CNCDH
01:16:24sur les biais
01:16:25en matière
01:16:26de santé
01:16:27par exemple
01:16:27où on retrouve
01:16:29une perception
01:16:30des corps
01:16:31des personnes
01:16:31racisées
01:16:32avec ce qu'on appelle
01:16:34par exemple
01:16:34le syndrome
01:16:35dit méditerranéen
01:16:36l'idée que
01:16:38les personnes noires
01:16:39seraient plus résistantes
01:16:40à la douleur
01:16:41le fait que
01:16:41les femmes noires
01:16:43risquent
01:16:45plus leur vie
01:16:47et risquent
01:16:49une mauvaise
01:16:50prise en charge
01:16:52plus que
01:16:53les autres catégories
01:16:55de la population
01:16:56du fait
01:16:57de ces perceptions
01:16:58et donc
01:16:59on a une histoire
01:16:59très très longue
01:17:00qui continue
01:17:01à avoir
01:17:01des effets
01:17:03c'est une des raisons
01:17:04pour lesquelles
01:17:04j'ai déposé
01:17:05dernièrement
01:17:06une proposition
01:17:06de loi
01:17:06pour la reconnaissance
01:17:08du trauma
01:17:09psychique
01:17:10du vécu raciste
01:17:10parce que
01:17:11ce n'était pas
01:17:11simplement une question
01:17:12de santé physique
01:17:13mais aussi
01:17:14de santé mentale
01:17:16là aussi
01:17:16appuyée
01:17:17par de nombreuses
01:17:18recherches
01:17:19voilà les raisons
01:17:20pour lesquelles
01:17:21nous pensons
01:17:21que le rapport
01:17:22doit intégrer
01:17:23une analyse
01:17:24structurelle
01:17:25de toutes les conséquences
01:17:26contemporaines
01:17:26de cette histoire
01:17:28d'esclavage
01:17:29et de domination
01:17:31merci
01:17:32en discussion commune
01:17:34le CL4
01:17:35est-ce que vous le présentez
01:17:37également
01:17:38merci madame la présidente
01:17:40alors c'est un amendement
01:17:41de mon collègue
01:17:42Jean-Yves Rattenon
01:17:42qui vise à compléter
01:17:43le rapport
01:17:44prévu à l'article 2
01:17:45par un volet spécifique
01:17:47consacré à la place
01:17:48des descendants
01:17:49des personnes
01:17:49mises en esclavage
01:17:50dans la société
01:17:52contemporaine
01:17:52ça a été dit
01:17:53par beaucoup de collègues
01:17:53l'esclavage
01:17:54ce n'est pas seulement
01:17:55une organisation économique
01:17:57c'est un système
01:17:58qui a façonné
01:17:59durablement
01:17:59des hiérarchies sociales
01:18:01des représentations
01:18:02et des inégalités
01:18:02dont les effets
01:18:03persistent
01:18:04dans nos sociétés
01:18:05ultramarines
01:18:05ces conséquences
01:18:07elles sont multiples
01:18:07rupture de filiation
01:18:09dépossession patrimoniale
01:18:11marginalisation sociale
01:18:13invisibilisation
01:18:14pardon
01:18:14des mémoires
01:18:15et difficultés
01:18:15de reconnaissance
01:18:16dans le récit national
01:18:17de nombreux travaux
01:18:19historiques et sociologiques
01:18:20ont montré
01:18:21la persistance
01:18:22de mécanismes
01:18:23sociaux et économiques
01:18:24hérités de la société
01:18:25coloniale
01:18:26pour la réunion
01:18:26on pourrait citer
01:18:27des historiens
01:18:28comme Sudel Fuma
01:18:29ou Bruno Maillard
01:18:30une historienne
01:18:30comme Françoise Vergès
01:18:31on pourrait citer
01:18:32aussi un sociologue
01:18:33comme Laurent Médea
01:18:34et donc cet amendement
01:18:36propose donc
01:18:36que la République française
01:18:37s'appuie sur ses recherches
01:18:39pour finalement
01:18:40parce que c'est là
01:18:41la question fondamentale
01:18:42avancée sur la question
01:18:43des réparations
01:18:44et je finirai là-dessus
01:18:45la question des réparations
01:18:46elle doit être aussi financière
01:18:47parce qu'elle ne peut pas
01:18:48être uniquement
01:18:49sur le plan
01:18:49des politiques publiques
01:18:50et elle doit concerner
01:18:52évidemment l'État français
01:18:53qui l'a organisé
01:18:54structuré
01:18:54légitimé
01:18:55mais elle doit aussi
01:18:56et ça a été dit
01:18:57par ma collègue
01:18:58Obono
01:19:00considérer
01:19:00elle doit être prise en compte
01:19:01pour les pouvoirs économiques
01:19:02je vais prendre quelques exemples
01:19:03que à mon avis
01:19:04peu de personnes connaissent ici
01:19:05mais des groupes en France
01:19:06comme AXA
01:19:07comme la Banque de France
01:19:08comme la Caisse des dépôts
01:19:09comme la société Marie-Brizard
01:19:10comme les sociétés Cognac
01:19:12et Nessie
01:19:12ont fait leur fortune
01:19:13sur le dos de l'esclavage
01:19:14dans les espaces anglo-saxons
01:19:17c'est une question
01:19:17qui est déjà
01:19:18largement avancée
01:19:19on va prendre
01:19:20la Royal Bank of Scotland
01:19:21la Lodz
01:19:21la Bank of England
01:19:22qui a avancé
01:19:23sur ces questions-là
01:19:24alors nous devons
01:19:25à un moment
01:19:26regarder en face
01:19:27non seulement
01:19:28la responsabilité
01:19:28de l'État français
01:19:30mais aussi
01:19:30la responsabilité
01:19:31de grandes entreprises
01:19:32capitalistes
01:19:33actuelles
01:19:34qui doivent leur fortune
01:19:35à la traite transatlantique
01:19:38Merci
01:19:40Monsieur le rapporteur
01:19:41votre avis
01:19:41sur ces deux amendements
01:19:45Dans la forme
01:19:46de l'article 2
01:19:47puisqu'il s'agit
01:19:48de deux rapports
01:19:49ou deux sous-rapports
01:19:50je crois que l'article 2
01:19:52tel que rédigé
01:19:54satisfait déjà
01:19:56à la portée
01:19:57à la demande
01:19:57de ces deux amendements
01:19:58Donc défavorables
01:20:00sur les deux
01:20:02Retrait ou défavorables
01:20:03sur les deux
01:20:04Est-ce que vous les maintenez ?
01:20:06Oui
01:20:07Merci
01:20:07Donc j'ai deux inscrites
01:20:09Madame Bellet
01:20:10puis Madame Catala
01:20:14Je comprends
01:20:15et c'est vrai
01:20:17à la lecture
01:20:18des amendements
01:20:19l'article 2
01:20:21est plutôt
01:20:21bien rédigé
01:20:22mais je comprends
01:20:23qu'on ait à chaque fois
01:20:24besoin
01:20:24d'en rajouter
01:20:26une couche
01:20:27tant le sujet
01:20:29n'est pas
01:20:31vidé
01:20:33ni émotion
01:20:34Non mais je parle
01:20:35évidemment que je parle
01:20:36d'émotion
01:20:36Vous savez pourquoi
01:20:37je parle d'émotion
01:20:37avec émotion ?
01:20:38C'est parce que j'ai pris
01:20:39un an et demi
01:20:40à trouver un appartement
01:20:41à Paris
01:20:43Voilà
01:20:43J'ai pris un an et demi
01:20:44à trouver un appartement
01:20:45à Paris
01:20:46On ne critiquait pas
01:20:46les propos
01:20:48Non mais
01:20:48j'explique encore
01:20:50les effets
01:20:51J'explique que
01:20:52j'ai envoyé
01:20:54mon dossier
01:20:55en précisant
01:20:55parce que j'ai essayé
01:20:56de gagner du temps
01:20:57en précisant
01:20:58que j'étais
01:20:58une députée
01:20:59martiniquaise
01:21:01et donc
01:21:02en précisant
01:21:03mon prénom
01:21:03mon nom
01:21:04à 150
01:21:07environ
01:21:08annonces
01:21:08qui ont été faites
01:21:10pour des appartements
01:21:11pour lesquels
01:21:12heureusement
01:21:12nous sommes aidés
01:21:13à payer
01:21:14mais nous avons
01:21:15largement les moyens
01:21:16Un an et demi
01:21:17et sur les un an et demi
01:21:19j'ai 5 réponses
01:21:21dont une
01:21:21où on m'a dit
01:21:22désolé
01:21:23nous ne prenons pas
01:21:25les personnes
01:21:25en emploi précaire
01:21:27alors ça m'a fait rigoler
01:21:28du coup
01:21:29j'ai trouvé ça
01:21:30plutôt drôle
01:21:31ah c'était drôle
01:21:32je l'ai trouvé ça
01:21:33j'ai trouvé ça drôle
01:21:36mais si quelqu'un doute
01:21:39mais si si quelqu'un doute
01:21:41de ce que
01:21:42ma couleur de peau
01:21:44et mon origine
01:21:46ont justifié
01:21:47de ce temps pris
01:21:47à trouver un appartement
01:21:49au prix où en plus
01:21:50ils sont loués
01:21:51donc que je consentais
01:21:53à payer
01:21:54et bien
01:21:56c'est que cette personne
01:21:57n'est pas assez éclairée
01:21:58et que donc
01:21:58il faut des éclairages
01:21:59supplémentaires
01:22:00sur les effets
01:22:01produits par
01:22:02cette législation
01:22:04pléthorique
01:22:05par ailleurs
01:22:06parce qu'on n'en a pas parlé
01:22:07on parle du code noir
01:22:08on parle pas des édits
01:22:11la proposition de loi
01:22:12d'ailleurs
01:22:12de notre collègue
01:22:14parlementaire
01:22:15Victorin Lurel
01:22:15en parle assez bien
01:22:16l'ordonnance
01:22:17de 1685
01:22:19les lettres patentes
01:22:20de 1723
01:22:23le code de Bourbon
01:22:24de 1777
01:22:27de 1804
01:22:28la loi sur la traître
01:22:29des noirs
01:22:30et le régime
01:22:31des colonies
01:22:32du 20 mai 1902
01:22:33enfin tout ça
01:22:34c'est encore
01:22:35de la législation
01:22:36qui nous faudra
01:22:37regarder
01:22:38et je crois
01:22:39que les effets
01:22:39en tout cas
01:22:40sont importants
01:22:41à observer
01:22:42et à...
01:22:43Madame Katala
01:22:46Merci
01:22:47Madame la Présidente
01:22:48je souscris
01:22:48à tout ce qui a été dit
01:22:50par ma collègue
01:22:51Madame Obono
01:22:52et ma collègue
01:22:52Madame Bellet
01:22:53il est évident
01:22:54que l'histoire
01:22:56esclavagiste
01:22:56a toujours des conséquences
01:22:58dans la société d'aujourd'hui
01:22:59sur les corps
01:23:00des personnes noires
01:23:01et sur le fait
01:23:02que les personnes noires
01:23:03soient considérées
01:23:04comme des citoyens
01:23:05subalternes
01:23:05il y a d'autres
01:23:07conséquences
01:23:08dont on parle moins
01:23:08c'est l'histoire
01:23:10environnementale
01:23:11et comment elle a été
01:23:12aussi façonnée
01:23:13par le colonialisme
01:23:14et par l'esclavagisme
01:23:15l'esclavagisme
01:23:16quand vous allez
01:23:17en Martinique
01:23:18quand vous allez
01:23:19en Guadeloupe
01:23:20qu'est-ce qui saute aux yeux
01:23:21que ce soit
01:23:22l'économie
01:23:23de la plantation
01:23:24qui perdure
01:23:25toujours aujourd'hui
01:23:26et que toutes les populations
01:23:28aient pu être empoisonnées
01:23:30par le chlordécone
01:23:31pourquoi ?
01:23:32parce que c'était
01:23:33des populations
01:23:34considérées
01:23:35comme colonisées
01:23:36et si
01:23:37aujourd'hui
01:23:38quand on regarde
01:23:39le paysage
01:23:39on a toujours
01:23:40cette économie
01:23:41de la plantation
01:23:41qui saute aux yeux
01:23:42qu'on peut appeler
01:23:43le plantationocène
01:23:44c'est un concept
01:23:45qui a été développé
01:23:46par plusieurs anthropologues
01:23:48et chercheurs
01:23:49qui revient à dire
01:23:50que la métropole
01:23:52qui est un terme colonial
01:23:53que certains utilisaient
01:23:54encore aujourd'hui
01:23:54au lieu de parler
01:23:55d'hexagone
01:23:55la métropole
01:23:56a cherché
01:23:57la rentabilité maximale
01:23:59en exploitant
01:24:01au maximum
01:24:02à la fois
01:24:02les ressources naturelles
01:24:03et aussi
01:24:04le corps
01:24:05des dominés
01:24:06et c'est tout cela
01:24:07que nous devons
01:24:08reconnaître
01:24:09aujourd'hui
01:24:09et dont nous devons
01:24:10nous libérer
01:24:12Merci
01:24:13M. le rapporteur
01:24:14vous souhaitiez réagir
01:24:16Non je ne réagirai pas
01:24:18dans la mesure
01:24:19où j'estime
01:24:19que
01:24:21l'article 2
01:24:22est assez large
01:24:24dans sa rédaction
01:24:26et laisse de la place
01:24:27à ce que nous puissions travailler
01:24:28moi j'ai l'habitude
01:24:29du gouvernement
01:24:30qui ne présente
01:24:31jamais de rapport
01:24:31et nous sommes toujours
01:24:33obligés de revenir
01:24:34à la charge
01:24:34et pour rappeler
01:24:37qu'il y a eu
01:24:37une promesse
01:24:39une demande
01:24:39un vote
01:24:40pour un rapport
01:24:41par conséquent
01:24:43je considère
01:24:43que
01:24:45je considère
01:24:46que l'article 2
01:24:48brasse
01:24:49assez largement
01:24:50ce que nous pourrions
01:24:52sortir
01:24:53d'un rapport
01:24:54qui pourrait être
01:24:54présenté
01:24:55mais je suis vraiment
01:24:57fort conscient
01:24:58de tous ces éléments
01:24:59de tous ces arguments
01:25:01que vous présentez
01:25:01mes chers collègues
01:25:03Merci beaucoup
01:25:04M. le rapporteur
01:25:05donc je soumets
01:25:07au vote
01:25:07d'abord
01:25:08l'amendement
01:25:10pardon
01:25:10CL3
01:25:11de Mme Abomangoli
01:25:13qui vote pour
01:25:1818
01:25:20merci
01:25:2119
01:25:2218
01:25:24merci
01:25:25qui vote contre
01:25:35il est adopté
01:26:09je soumets donc
01:26:12l'article 2
01:26:14ainsi modifié
01:26:16qui vote pour
01:26:17l'article 2
01:26:19dans son intégralité
01:26:21merci
01:26:22qui vote contre
01:26:24il est adopté
01:26:26et je soumets
01:26:28et je soumets donc
01:26:28l'ensemble de la proposition
01:26:30de loi
01:26:30ainsi amendée
01:26:31qui vote pour
01:26:34merci
01:26:34qui vote contre
01:26:37qui vote contre
01:26:39elle est donc adoptée
01:26:41à l'unanimité
01:26:42merci
01:26:43voilà pour ce numéro
01:26:44de la séance est ouverte
01:26:45à très bientôt
01:26:46sur LCP
01:26:46l'article 3
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