- il y a 13 heures
En février dernier, dans le cadre de la négociation sur l'assurance chômage, les partenaires sociaux ont négocié un raccourcissement de la durée maximale d'indemnisation à la suite d'une rupture conventionnelle. Pour être actée, cette mesure a été inscrite dans un projet de loi, mais les députés l'ont rejeté en première lecture le 16 avril dernier. Le texte est donc retourné au Sénat, où il a été adopté, avant de revenir à l'Assemblée. La commission des affaires sociales a adopté le seul article du texte dans la même version que celle adoptée par les sénateurs. Il doit être de nouveau examiné dans l'hémicycle et être adopté par les députés pour pouvoir entrer en vigueur.
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00:00:07Bonjour à tous et bienvenue dans la séance est ouverte.
00:00:11Dans ce numéro, je vous propose de revenir sur l'examen du projet de loi
00:00:14qui transpose l'avenant de février 2026 à l'accord sur l'assurance chômage de 2023.
00:00:21Il s'agit des conditions d'indemnisation après une rupture conventionnelle.
00:00:25Une première fois rejetée à l'Assemblée, le texte revient en deuxième lecture.
00:00:28Regardez.
00:00:29Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les députés,
00:00:35Président de groupe, Madame la Première Ministre,
00:00:38Monsieur le rapporteur, cher Thibaut Bazin,
00:00:41Monsieur le Président de la Commission des Affaires Sociales,
00:00:44Monsieur le Ministre Valtout, Mesdames et Messieurs les députés.
00:00:47Le gouvernement revient aujourd'hui devant votre Assemblée avec un texte particulier.
00:00:52Particulier par son fond, mais surtout particulier par sa méthode.
00:00:56Car ce texte n'est pas né dans un cabinet ministériel, il n'est pas le produit d'une décision
00:01:02solitaire du gouvernement,
00:01:04il n'est pas non plus une réforme imposée d'en haut.
00:01:08Ce texte est le fruit du dialogue social.
00:01:11Il est le résultat d'une négociation entre celles et ceux qui, dans notre pays, représentent les salariés et les
00:01:17entreprises.
00:01:17Je veux ici les cités, la CFDT, Force Ouvrière, la CFTC, le MEDEF, la CPME et l'U2P.
00:01:25Je veux aussi saluer celles et ceux qui, sans signer l'accord, ont participé à la discussion.
00:01:31Car discuter, chercher un compromis, c'est déjà servir à l'intérêt général.
00:01:36Et je le dis clairement, dans la période politique que nous traversons, tout cela n'est pas un détail.
00:01:41Depuis trop longtemps, dans notre pays, tout se bloque trop facilement.
00:01:46Le dialogue politique se crispe, le dialogue parlementaire s'abîme, le dialogue social se fige.
00:01:51Comme si plus personne ne croyait possible de se parler sans se renier,
00:01:56comme si le compromis était devenu une faiblesse.
00:01:59Je pense, et je sais qu'un certain nombre d'entre vous s'y associe, exactement l'inverse.
00:02:05Le compromis n'est pas l'effacement des convictions.
00:02:08Le compromis, c'est la preuve que la démocratie peut fonctionner.
00:02:11C'est pourquoi ce texte dépasse de loin la seule question de l'assurance chômage.
00:02:17Il pose une question simple.
00:02:20Dans la France d'aujourd'hui, respecte-t-on encore le dialogue social lorsqu'il arrive à produire un accord
00:02:26?
00:02:27Alors oui, le Parlement est souverain.
00:02:30Oui, le Parlement débat.
00:02:33Oui, le Parlement vote.
00:02:35Mais, en première lecture, que s'est-il passé ?
00:02:39Un amendement de suppression, avant même le débat, avant même l'examen du fonds,
00:02:45avant même que la représentation nationale n'entre dans la discussion.
00:02:50Je le dis avec gravité, tout cela n'est pas un bon signal.
00:02:54Non pas tellement pour le gouvernement, contrairement à ce que certains ont pu dire,
00:02:58mais pour les partenaires sociaux, pour les travailleurs qu'il représente,
00:03:02pour toutes celles et ceux à qui l'ont dit depuis des années qu'il faut négocier, discuter, construire des
00:03:07compromis.
00:03:08Quel message leur envoie-t-on si, lorsqu'ils y parviennent,
00:03:12la représentation nationale balaie leur accord sans aucun débat ?
00:03:16Mesdames et Messieurs les députés,
00:03:18Le gouvernement n'est pas ici pour contourner le Parlement.
00:03:21Il est ici, au contraire, pour lui demander d'exercer pleinement sa responsabilité.
00:03:26Débattre, amender, bien sûr, si nécessaire, mais débattre.
00:03:29Car au fond, puisque ce texte n'est pas celui du gouvernement,
00:03:33nous en devenons, en quelque sorte, presque, des greffiers.
00:03:37Car ce texte appartient d'abord, je le disais, à la démocratie sociale.
00:03:41Sur le fond, il faut aussi nous parler clairement.
00:03:45La rupture conventionnelle est un outil utile.
00:03:48Elle a permis, depuis sa création, de fluidifier le marché du travail.
00:03:52Elle protège mieux qu'une démission.
00:03:54Elle évite parfois des conflits longs et destructeurs.
00:03:57Elle rend service à des salariés comme aux employeurs.
00:04:01Le sujet n'est donc certainement pas de supprimer un droit utile.
00:04:04Notre sujet est d'éviter qu'un droit utile ne soit détourné de son objet initial.
00:04:11Car chacun voit la dérive.
00:04:13Une montée continue des ruptures conventionnelles,
00:04:16des comportements d'optimisation,
00:04:18une pression croissante sur le régime de l'assurance chômage.
00:04:21Et quand notre modèle social finance des abus,
00:04:24ce sont toujours les travailleurs honnêtes qui les pètent à la fin.
00:04:28Les partenaires sociaux ont bien vu ce problème.
00:04:31Ils ont choisi d'y répondre, en responsabilité,
00:04:34sans brutalité, sans posture,
00:04:37par un compromis équilibré.
00:04:39Cette réforme permettra donc davantage de retours vers l'emploi.
00:04:43Elle générera des économies substantielles pour notre régime d'assurance chômage.
00:04:47Et surtout, elle préservera la crédibilité d'un système fondé sur la solidarité.
00:04:52Car la solidarité n'a de sens que si elle reste juste.
00:04:56Mais au-delà des chiffres, il y a peut-être une question plus profonde.
00:05:01Comment réforme-t-on encore la France ?
00:05:05Par l'affrontement permanent, par la verticalité,
00:05:07par des décisions prises seules, puis contestées malheureusement partout,
00:05:11ou heureusement, c'est selon,
00:05:13ou en assumant enfin une méthode différente.
00:05:15Car au fond, le vrai sujet de ce texte est là.
00:05:18Quelle place accordons-nous pour aujourd'hui et pour demain
00:05:22au paritarisme, héritage que nous ont laissé nos grands anciens ?
00:05:26Un mot, le paritarisme, que tout le monde invoque volontiers,
00:05:30un principe auquel beaucoup disent croire,
00:05:32mais qu'en réalité, peu acceptent vraiment de pratiquer jusqu'au bout.
00:05:36Et pourtant, le paritarisme fait partie de l'histoire sociale française.
00:05:40C'est une certaine idée de notre République sociale,
00:05:43celle qui considère que le travail ne se gouverne pas
00:05:45uniquement depuis l'État.
00:05:47Que celles et ceux qui créent la richesse,
00:05:49qui travaillent, qui emploient, qui cotisent,
00:05:52peuvent aussi prendre leurs propres responsabilités.
00:05:55C'est l'esprit même de notre modèle social.
00:05:58Mais depuis trop longtemps,
00:06:00reconnaissons-le collectivement,
00:06:02cette promesse s'est peu à peu affaiblie.
00:06:05Par facilité parfois,
00:06:07par méfiance aussi,
00:06:08parce qu'il est toujours plus simple pour un gouvernement
00:06:11de décider seul.
00:06:12Et parfois plus confortable pour certains
00:06:15de célébrer le dialogue social en théorie,
00:06:18tout en refusant ses conséquences concrètes
00:06:20lorsqu'un compromis émerge.
00:06:22Le résultat, nous le connaissons.
00:06:25Des réformes annoncées,
00:06:28ensuite contestées,
00:06:29des débats sans issue,
00:06:31de la défiance,
00:06:32et finalement l'immobilisme.
00:06:34Ce texte dit exactement l'inverse.
00:06:37Il démontre qu'une autre méthode est possible.
00:06:39Alors oui, c'est une réforme structurelle
00:06:41d'ampleur sur l'assurance chômage,
00:06:43comme nous en avons plus connu depuis longtemps.
00:06:47Oui, c'est une avancée concrète,
00:06:49négociée avec les partenaires sociaux
00:06:50sur un sujet qui avançait difficilement
00:06:53depuis l'abandon d'une réforme
00:06:54qui devait être prise par décret.
00:06:57Oui, c'est là une réforme structurelle
00:06:59issue du dialogue social.
00:07:01Donc oui, c'est encore possible.
00:07:03Tout cela n'est pas un hasard,
00:07:05c'est précisément parce que la méthode a changé.
00:07:07J'avais parlé de rupture.
00:07:10Au fond, nous revenons à l'essentiel
00:07:12comme nous l'avons connu dans le passé.
00:07:14Parce qu'au lieu d'imposer,
00:07:15nous avons proposé.
00:07:16Au lieu de contraindre,
00:07:18nous avons laissé négocier dans un cadre clair.
00:07:20Et au lieu de contourner les partenaires sociaux,
00:07:22nous leur avons demandé
00:07:23de prendre leur responsabilité.
00:07:26Mesdames et Messieurs les députés,
00:07:27ils l'ont fait.
00:07:29Alors quand les partenaires sociaux
00:07:30prennent leur responsabilité,
00:07:32je considère que la classe politique
00:07:34doit à son tour pouvoir prendre les siennes.
00:07:37Mesdames et Messieurs les députés,
00:07:39je ne vous demande pas un vote de confiance.
00:07:41Je vous demande mieux, en quelque sorte.
00:07:43Je vous demande de respecter ce débat,
00:07:45de respecter le travail accompli,
00:07:47de respecter la démocratie sociale.
00:07:49Le gouvernement propose,
00:07:51le Parlement débat,
00:07:53le Parlement vote,
00:07:54mais encore faut-il accepter de débattre.
00:07:56C'est désormais votre responsabilité.
00:07:59Ce soir, je vous en remercie.
00:08:03Merci à vous, Monsieur le Premier ministre.
00:08:06La parole à présent à Monsieur Jean-Pierre Farando,
00:08:08ministre du Travail et des Solidarités.
00:08:21Monsieur le Président de la Commission des Affaires Sociales,
00:08:26cher Frédéric Valtoux,
00:08:27Monsieur le rapporteur,
00:08:27cher Thibault Bazin,
00:08:28Mesdames et Messieurs les députés,
00:08:30le projet de loi qui revient aujourd'hui
00:08:31en seconde lecture à l'Assemblée
00:08:33est le résultat de négociations réussies
00:08:36entre les organisations syndicales
00:08:38et les organisations patronales.
00:08:39C'est le fruit du dialogue social
00:08:40que nous sommes nombreux,
00:08:42ici, dans cet hémicycle,
00:08:43à défendre,
00:08:44en tout cas, je l'espère.
00:08:46Après le Sénat,
00:08:47qui s'est prononcé à deux reprises
00:08:48en faveur du projet de loi
00:08:49et qu'il a adopté très largement
00:08:51la semaine dernière,
00:08:52il vous appartient désormais
00:08:53de vous prononcer sur ce texte.
00:08:55Il y a trois mois,
00:08:56fin février,
00:08:57trois organisations syndicales,
00:08:58CFDT,
00:08:59Forces ouvrières,
00:08:59CFTC,
00:09:00trois organisations patronales,
00:09:02MEDEF,
00:09:02CPME,
00:09:03UDP,
00:09:03sont parvenus à un accord
00:09:04sur les ruptures conventionnelles individuelles
00:09:07sans lettres de cadrage.
00:09:09Et dès lors que les partenaires sociaux
00:09:11se sont engagés à négocier,
00:09:13je rappelle que le Premier ministre
00:09:14avait retiré la précédente
00:09:17lettre de cadrage.
00:09:18L'accord qui a été trouvé
00:09:20répond à une double exigence,
00:09:21préserver la soutenabilité financière
00:09:23de notre régime d'assurance chômage
00:09:25et accélérer le retour à l'emploi
00:09:28de celles et ceux
00:09:28qui se retrouvent sans travail
00:09:29après avoir bénéficié
00:09:31d'une rupture conventionnelle.
00:09:32Grâce à cet accord,
00:09:34ces deux objectifs seront tenus,
00:09:36avec pour l'ensemble de l'accord
00:09:381 milliard d'euros
00:09:39d'économies annuelles
00:09:41pour l'UNEDIC
00:09:41et,
00:09:42en ce qui concerne l'emploi,
00:09:4415 000 personnes
00:09:45en emploi supplémentaires
00:09:46chaque année.
00:09:48Il faut saluer
00:09:49l'engagement des partenaires sociaux.
00:09:50Ils savent trouver des équilibres
00:09:52au plus près de la réalité du terrain,
00:09:53proposer des réformes utiles
00:09:55et structurelles
00:09:55dans un esprit de responsabilité
00:09:57et de gestion paritaire.
00:09:59Un accord social,
00:10:00ce n'est jamais la victoire
00:10:01d'un camp contre un autre.
00:10:02C'est la volonté
00:10:03de converger dans l'intérêt général
00:10:05des salariés
00:10:05et des employeurs
00:10:06pour préserver
00:10:07notre modèle social.
00:10:09Le texte que vous allez
00:10:10à nouveau examiner aujourd'hui
00:10:11s'inscrit dans cette logique
00:10:12et propose donc
00:10:13de transcrire,
00:10:14dans la loi
00:10:14et par un seul article,
00:10:16l'accord des partenaires sociaux,
00:10:17rien de plus.
00:10:20Soyons clairs,
00:10:21il n'est pas question
00:10:22de remettre en cause
00:10:22le principe
00:10:23des ruptures conventionnelles.
00:10:24Elles sont un instrument
00:10:25de séparation à l'amiable
00:10:26entre un salarié
00:10:27et un employeur.
00:10:28Depuis leur création
00:10:29en 2008,
00:10:30les ruptures conventionnelles
00:10:31ont démontré leur utilité.
00:10:33Elles sécurisent
00:10:33les salariés
00:10:34en leur donnant accès
00:10:35à l'assurance chômage.
00:10:36Elles réduisent
00:10:36la conflictualité juridique
00:10:37dans les entreprises
00:10:38et contribuent à apaiser
00:10:40les relations de travail.
00:10:41Une rupture conventionnelle
00:10:42reste cependant
00:10:43un moment délicat
00:10:44dans la vie du salarié
00:10:45qu'il faut aider
00:10:46à retrouver rapidement
00:10:47un emploi.
00:10:49Mais il nous faut aussi
00:10:50constater que leur usage
00:10:51a profondément évolué.
00:10:52En 2024,
00:10:53515 000 ruptures conventionnelles
00:10:55individuelles ont été signées
00:10:56ce qui représente
00:10:58une progression
00:10:58de plus de 63%
00:10:59depuis 2015.
00:11:01Elles représentent désormais
00:11:02plus d'un quart
00:11:03des dépenses
00:11:03d'assurance chômage
00:11:04soit près de 9,4 milliards
00:11:06d'euros par an.
00:11:08Il ne faut pas sous-estimer
00:11:09des phénomènes
00:11:09d'optimisation des droits
00:11:10qui expliquent pour partie
00:11:11l'explosion du recours
00:11:12et des coûts liés
00:11:13aux ruptures conventionnelles.
00:11:14Ce phénomène
00:11:15est désormais bien identifié
00:11:16selon une étude
00:11:17de l'Institut de l'IPP.
00:11:20Dans 40% des cas,
00:11:21les ruptures conventionnelles
00:11:23se substitueraient
00:11:23à des démissions
00:11:24qui, en principe,
00:11:25n'ouvrent pas droit
00:11:26à l'assurance chômage.
00:11:27Les bénéficiaires
00:11:28ont souvent des profils
00:11:29plus qualifiés
00:11:30et des niveaux d'indemnisation
00:11:31plus élevés
00:11:32que la moyenne
00:11:33des demandeurs d'emploi.
00:11:34Ils sont pourtant
00:11:35mieux armés
00:11:35pour retrouver un emploi
00:11:36mais, paradoxalement,
00:11:37restent plus longtemps
00:11:38au chômage
00:11:38que ceux qui ont connu
00:11:39d'autres formes
00:11:40de ruptures
00:11:40de contrat de travail.
00:11:42Si nous ne corrigeons pas
00:11:43aujourd'hui cette tendance,
00:11:44nous fragiliserons demain
00:11:45le principe même
00:11:46des ruptures conventionnelles
00:11:47face à une dérive
00:11:48trop importante
00:11:49de leur usage
00:11:49et des coûts
00:11:50insupportables
00:11:51à terme
00:11:52pour le régime
00:11:52d'assurance chômage.
00:11:54Il nous appartient
00:11:54de mieux calibrer
00:11:55leur utilisation
00:11:56en ajustant les paramètres
00:11:57qui permettent
00:11:58d'accélérer
00:11:58le retour à l'emploi
00:11:59car, au fond,
00:12:01retrouver un emploi
00:12:02est ce qui protège
00:12:03le mieux les salariés
00:12:04du risque
00:12:05de ne pas travailler.
00:12:07A ceux qui nous disent
00:12:07que cet accord
00:12:08ne traite que des salariés,
00:12:09je rappelle que
00:12:10le dernier PLFSS
00:12:11a fait passer
00:12:12de 30 à 40%
00:12:14la cotisation
00:12:15forfaitaire patronale
00:12:16sous les indemnités
00:12:16de rupture
00:12:17car 24%
00:12:18toujours selon l'IPP
00:12:20des ruptures conventionnelles
00:12:21se substituent
00:12:22à des licenciements.
00:12:23La mesure centrale
00:12:24de cet accord
00:12:25objet de l'article unique
00:12:26consiste à réduire
00:12:27la durée maximale
00:12:28d'indemnisation
00:12:29en cas de rupture conventionnelle.
00:12:30Elle serait désormais
00:12:31fixée à 15 mois
00:12:32pour les demandeurs d'emploi
00:12:33de moins de 55 ans
00:12:34contre 18 mois
00:12:35aujourd'hui.
00:12:37Des ajustements spécifiques
00:12:38sont toujours prévus
00:12:38pour les seniors
00:12:39ainsi que pour les territoires
00:12:40d'outre-mer.
00:12:41Vous ne le voyez pas
00:12:42dans le projet de loi
00:12:43mais conformément à l'accord
00:12:45conclu par les partenaires sociaux
00:12:46France Travail
00:12:47va renforcer le suivi
00:12:49des bénéficiaires
00:12:49des ruptures conventionnelles
00:12:50et porter une attention
00:12:52toute particulière
00:12:53aux seniors.
00:12:54C'était une attente forte
00:12:55des organisations syndicales
00:12:56et je sais
00:12:57que vous avez été nombreux
00:12:58à soulever le point
00:12:59en commission.
00:13:01En parallèle
00:13:01de l'examen de ce texte,
00:13:02j'ai demandé à mon ministère
00:13:03de s'atteler
00:13:04à la construction
00:13:05d'un plan complémentaire
00:13:06en faveur des travailleurs
00:13:07expérimentés
00:13:08prolongeant l'année
00:13:09et la loi
00:13:10de l'an dernier.
00:13:11Ce plan sera calé
00:13:12à l'automne 2026.
00:13:13il entrera en vigueur
00:13:14bien avant
00:13:15que les premiers effets
00:13:16de la loi
00:13:17n'interviennent
00:13:18fin 2027.
00:13:19Par ailleurs,
00:13:20il n'est pas normal
00:13:21que des entreprises
00:13:22se séparent des profits
00:13:23les plus expérimentés
00:13:24au prétexte
00:13:24qu'ils coûtent cher
00:13:25et qu'elles fassent peser
00:13:26une espèce de pré-retraite
00:13:28sur l'assurance chômage.
00:13:29Dans la période économique
00:13:30actuelle,
00:13:31nous avons besoin
00:13:31de toutes les forces utiles
00:13:33pour faire face aux difficultés
00:13:34et tenir notre pays
00:13:35et les seniors
00:13:36sont un atout précieux
00:13:38pour nos entreprises.
00:13:39Mesdames et Messieurs
00:13:40les députés,
00:13:40le texte qui vous est présenté
00:13:41est un texte d'équilibre.
00:13:43Un équilibre d'abord
00:13:44entre la nécessité
00:13:45de prolonger les salariés,
00:13:46de protéger les salariés
00:13:47et celle de préserver
00:13:48durablement
00:13:49les finances
00:13:50de notre régime
00:13:50d'assurance chômage.
00:13:51Un équilibre ensuite
00:13:52entre le maintien
00:13:53des droits protecteurs
00:13:54et un retour plus rapide
00:13:55à l'emploi.
00:13:56Un équilibre enfin
00:13:57entre la démocratie sociale
00:13:58et la démocratie représentative,
00:14:00c'est-à-dire entre le sens
00:14:01des responsabilités
00:14:02des partenaires sociaux
00:14:03qui ont construit
00:14:04cet accord
00:14:05et la capacité du Parlement
00:14:06à le comprendre,
00:14:07l'accepter
00:14:08et à le transcrire
00:14:09dans la loi.
00:14:10La mesure sur les ruptures
00:14:11conventionnelles individuelles
00:14:12est au cœur
00:14:13de ce projet de loi.
00:14:14Elle pourra générer
00:14:15à elle seule,
00:14:15je le rappelle,
00:14:17une économie
00:14:18de 800 millions
00:14:19à l'horizon 29
00:14:20tout en favorisant
00:14:21près de 15 000 retours
00:14:22à l'emploi supplémentaires
00:14:23chaque année.
00:14:2515 000 retours à l'emploi,
00:14:26ce sont 15 000 trajectoires
00:14:27professionnelles
00:14:28qui reprennent,
00:14:2915 000 situations de chômage
00:14:30qui ne s'installent pas
00:14:31dans la durée.
00:14:33Notre action
00:14:33pour les comptes
00:14:33de l'UNEDIC
00:14:34ne se limite pas
00:14:35au seul cadre social
00:14:36parlementaire français.
00:14:37Nous avons également
00:14:37obtenu une belle victoire
00:14:38au niveau européen
00:14:39sur la révision
00:14:40des règles
00:14:41sur le chômage
00:14:41des travailleurs frontaliers.
00:14:42Le cadre actuel
00:14:43pénalise la France
00:14:44et crée de l'injustice.
00:14:46Un travailleur
00:14:47qui réside en France
00:14:47et a cotisé,
00:14:48par exemple au Luxembourg
00:14:49ou en Suisse,
00:14:50est indanisé par la France
00:14:52en cas de période de chômage.
00:14:53Cette règle européenne
00:14:54entraîne un déséquilibre
00:14:55financier pour l'UNEDIC
00:14:56de 860 millions
00:14:58d'euros par an.
00:14:59Les négociations
00:15:00au niveau européen
00:15:00ont bien avancé
00:15:01et là encore,
00:15:02les partenaires sociaux,
00:15:03patronaux
00:15:03et syndicaux,
00:15:04ont été moteurs
00:15:05pour aboutir
00:15:07à un accord
00:15:07entre les États membres.
00:15:08Mesdames et Messieurs les députés,
00:15:10que ce soit sur ce dossier européen
00:15:11ou sur les ruptures conventionnelles
00:15:13individuelles
00:15:13que nous examinons aujourd'hui,
00:15:15mon objectif est le même,
00:15:16assurer la soutenabilité
00:15:18des finances
00:15:18de l'assurance chômage
00:15:19et aller au bout
00:15:20de la mise en œuvre
00:15:21des accords
00:15:21qui sont trouvés
00:15:22pour préserver
00:15:23notre modèle de protection sociale,
00:15:25accélérer aussi
00:15:25le retour vers l'emploi
00:15:26de celles et ceux
00:15:27qui cherchent un travail.
00:15:28C'est dans cet esprit
00:15:30de responsabilité
00:15:31et de considération
00:15:31pour le dialogue social
00:15:32que je vous invite
00:15:34à examiner
00:15:34et transcrire
00:15:35dans la loi
00:15:36telle qu'elle
00:15:37l'accord trouvé
00:15:37entre les partenaires sociaux.
00:15:39Ne les décevons pas,
00:15:40ils nous montrent
00:15:41le chemin de la réforme
00:15:42sans brutalité.
00:15:43Je vous remercie.
00:15:45Merci Monsieur le Ministre.
00:15:47La parole à présent
00:15:48à Monsieur Thibault Bazin,
00:15:50rapporteur
00:15:50de la Commission
00:15:50des Affaires Sociales.
00:15:56Merci Monsieur le Président,
00:15:57Monsieur le Premier Ministre,
00:15:58Monsieur le Ministre,
00:15:59Monsieur le Président
00:16:00de la Commission,
00:16:01mes chers collègues.
00:16:02Je suis honoré
00:16:03d'être parmi vous
00:16:04aujourd'hui
00:16:04pour l'examen
00:16:05en deuxième lecture
00:16:06du projet de loi
00:16:07portant transposition
00:16:08de l'avenant
00:16:08du 25 février 2026
00:16:10au protocole d'accord
00:16:11relatif à l'assurance chômage.
00:16:13Je me réjouis
00:16:14de son adoption
00:16:14conforme au Sénat
00:16:16et par la Commission
00:16:16des Affaires Sociales
00:16:17la semaine dernière.
00:16:18Comme vous le savez,
00:16:19le texte a été rejeté
00:16:21en séance publique
00:16:22en première lecture
00:16:23dans des circonstances
00:16:24politiques particulières
00:16:25qui dépassaient
00:16:27en réalité largement
00:16:28la portée
00:16:29de ce projet de loi
00:16:29fruit du dialogue social.
00:16:31Le texte qui nous réunit
00:16:33procède d'une transposition
00:16:34stricte
00:16:35de l'accord
00:16:35auquel les partenaires sociaux
00:16:36ont abouti
00:16:37le 25 février dernier
00:16:39à la demande du gouvernement.
00:16:40Il se compose
00:16:41d'un article unique
00:16:42visant à permettre
00:16:43l'ajustement
00:16:44de la durée maximale
00:16:45d'indemnisation
00:16:45des demandeurs d'emploi
00:16:46ayant eu recours
00:16:47à une rupture conventionnelle
00:16:49individuelle.
00:16:50A ce stade de l'examen,
00:16:51je me permets d'emblée
00:16:52de revenir sur plusieurs points
00:16:53qui ont pu animer
00:16:54nos débats
00:16:55encore mercredi dernier
00:16:56en commission.
00:16:57Tout d'abord,
00:16:58en soulignant
00:16:59ce que ce texte n'est pas,
00:17:01il ne remet pas en cause
00:17:02le bien fondé
00:17:03de la rupture conventionnelle
00:17:04individuelle.
00:17:05Ce mode de rupture
00:17:06introduit en 2008
00:17:07à l'initiative
00:17:08des partenaires sociaux
00:17:09a fait ses preuves
00:17:11à la fois comme outil
00:17:12de flexibilisation
00:17:13de marché du travail,
00:17:14de pacification
00:17:15des relations de travail
00:17:15et de sécurisation
00:17:16des trajectoires professionnelles.
00:17:18avec près de 515 000 ruptures
00:17:21conventionnelles
00:17:22enregistrées
00:17:22pour la seule année 2024,
00:17:25il est largement plébiscité
00:17:26tant par les employeurs
00:17:27que les salariés
00:17:28dans des circonstances
00:17:29très diverses.
00:17:29Il y a lieu de se féliciter
00:17:31de ce succès.
00:17:32Le texte que nous examinons
00:17:33aujourd'hui
00:17:34ne revient pas
00:17:35sur la pérennité
00:17:36de cet outil,
00:17:36bien au contraire.
00:17:37Il vise uniquement
00:17:38à garantir
00:17:40sa soutenabilité
00:17:41pour le régime
00:17:41d'assurance chômage.
00:17:43Deuxième idée
00:17:44que je souhaite
00:17:44battre en brèche.
00:17:45Ce mode de rupture
00:17:47n'est pas, par nature,
00:17:48plus à l'avantage
00:17:49des employeurs
00:17:50que des salariés.
00:17:51Il repose juridiquement
00:17:53sur le consentement
00:17:54des deux parties,
00:17:55salariés et employeurs,
00:17:57ce qui le distingue
00:17:58fondamentalement
00:17:59d'une logique
00:18:00de licenciement
00:18:01ou d'une décision
00:18:02unilatérale du salarié.
00:18:04La rupture conventionnelle
00:18:05individuelle
00:18:06est un dispositif
00:18:07qui offre également
00:18:08une sécurité
00:18:09et des garanties
00:18:10aux salariés
00:18:10en ouvrant notamment
00:18:12droit à une indemnité
00:18:13minimale légale
00:18:14et à l'assurance chômage
00:18:15contrairement à une démission.
00:18:17Elle n'est pas nécessairement
00:18:18moins coûteuse
00:18:19pour un employeur
00:18:19et n'empêche pas
00:18:20un contentieux ultérieur
00:18:22en cas de vice
00:18:22de consentement.
00:18:24D'après une étude
00:18:25de la DARES
00:18:25que je citais
00:18:26dans mon rapport
00:18:27et qui a déjà fait l'objet
00:18:27d'une intention
00:18:28toute particulière
00:18:29par mes collègues
00:18:30en commission,
00:18:31dans plus de 85%
00:18:33des cas,
00:18:33le recours
00:18:34à ce mode de rupture
00:18:35est vécu
00:18:35comme le résultat
00:18:36d'une acceptation
00:18:38commune
00:18:38ou de l'initiative
00:18:39du salarié.
00:18:40Les données existantes
00:18:41relatives
00:18:42à la rupture conventionnelle
00:18:43individuelle suggèrent que les cas
00:18:45de licenciements déguisés
00:18:46en rupture conventionnelle,
00:18:47s'ils existent,
00:18:48ne constituent pas
00:18:49l'écrasante majorité
00:18:51des ruptures conventionnelles
00:18:52conclues d'un commun accord.
00:18:53À titre indicatif,
00:18:55d'après l'Institut
00:18:56des politiques publiques,
00:18:57seulement 12%
00:18:58des licenciements
00:18:59pour motifs personnels
00:19:00auraient ainsi été convertis
00:19:01en rupture conventionnelle.
00:19:03Permettez-moi enfin
00:19:05d'anticiper nos débats
00:19:06sur la situation
00:19:07des seniors.
00:19:08Les partenaires sociaux
00:19:09en ont fait un sujet
00:19:10de préoccupation
00:19:11majeure de l'accord.
00:19:13D'une part,
00:19:14en proposant
00:19:14de renforcer
00:19:15l'accompagnement
00:19:16personnalisé
00:19:17et intensif
00:19:17mis en oeuvre
00:19:18par France Travail
00:19:19à la suite
00:19:20d'une rupture conventionnelle
00:19:21individuelle.
00:19:22Et d'autre part,
00:19:23en confiant
00:19:24à l'opérateur
00:19:25le soin
00:19:25de réaliser
00:19:26un examen
00:19:26de situation
00:19:27au 12e mois
00:19:28d'indemnisation
00:19:29de manière à permettre
00:19:30au besoin
00:19:31une prolongation
00:19:32des salariés
00:19:33âgés
00:19:33de plus de 55 ans.
00:19:34Cette mesure
00:19:35protectrice,
00:19:36mes chers collègues,
00:19:37garantira que le plafonnement
00:19:38ne se transforme pas
00:19:40en barrière infranchissable
00:19:41pour ceux
00:19:42qui font face
00:19:43à des difficultés
00:19:44réelles de réinsertion
00:19:45en raison
00:19:46de freins spécifiques
00:19:46liés à l'âge.
00:19:47J'ajouterai que les seniors
00:19:48ne sont pas les plus concernés
00:19:50par le recours
00:19:51à la rupture conventionnelle
00:19:53individuelle
00:19:53qui demeure plus fréquent
00:19:55parmi les demandeurs
00:19:56d'emploi
00:19:56en première partie
00:19:57de carrière.
00:19:58Mes chers collègues,
00:19:59je vous inviterai
00:20:01aujourd'hui
00:20:01à reconnaître
00:20:02l'équilibre
00:20:02de l'accord trouvé
00:20:03entre nos partenaires sociaux.
00:20:05Cet accord
00:20:06parvient à concilier
00:20:07des enjeux d'équité
00:20:09à des impératifs
00:20:10de soutenabilité
00:20:11et de consolidation
00:20:12financière
00:20:12de notre régime
00:20:13d'assurance chômage.
00:20:14Il s'appuie
00:20:15sur des constats
00:20:16bien documentés
00:20:17qui sont d'une part
00:20:18la pression croissante
00:20:19exercée sur les dépenses
00:20:20d'allocations chômage
00:20:21avec des effets
00:20:22d'aubaine
00:20:23importants
00:20:24du fait qu'un grand nombre
00:20:25de ruptures conventionnelles
00:20:26s'est en réalité
00:20:27substituées
00:20:28à des démissions
00:20:28qui, elles,
00:20:30n'ouvrent pas droit
00:20:30à l'assurance chômage.
00:20:31D'autre part,
00:20:32l'analyse des profils
00:20:34des allocataires
00:20:34ayant conclu
00:20:35une rupture conventionnelle
00:20:36individuelle.
00:20:37Ces derniers
00:20:38sont en moyenne
00:20:39plus qualifiés
00:20:40et présentent
00:20:41des trajectoires
00:20:41professionnelles
00:20:42plus stables.
00:20:43Plus de la moitié
00:20:44ont un diplôme supérieur
00:20:45au baccalauréat
00:20:46contre respectivement
00:20:4730% des personnes
00:20:48ayant été licenciées.
00:20:50Le fait que ces bénéficiaires
00:20:51demeurent plus longuement
00:20:52au chômage
00:20:53avec des indemnités
00:20:54plus élevées
00:20:55que la moyenne
00:20:55alors même
00:20:56qu'ils disposent
00:20:57de meilleures perspectives
00:20:58de reprise d'emploi
00:20:59traduit un problème
00:21:01d'incitation
00:21:01à la reprise d'emploi
00:21:02qui doit nous alerter.
00:21:04Ce sont ces constats
00:21:05qui ont motivé
00:21:06les partenaires sociaux
00:21:07à s'entendre
00:21:08sur le principe
00:21:09d'une modulation
00:21:09de la durée maximale
00:21:10d'indemnisation
00:21:11en cas de rupture
00:21:12conventionnelle individuelle.
00:21:13La différenciation
00:21:15prévue par l'accord
00:21:15que nous transposons ici
00:21:17est le reflet
00:21:18d'une volonté
00:21:19d'adapter
00:21:19l'indemnisation
00:21:20à la nature
00:21:21de la rupture
00:21:21par rapport
00:21:22à une privation
00:21:24involontaire d'emploi
00:21:25tout en tenant compte
00:21:26de la situation
00:21:27dans l'emploi
00:21:28des allocataires concernés.
00:21:29En ce sens
00:21:30elle ne méconnaît pas
00:21:32le principe
00:21:33d'égalité devant la loi.
00:21:34Comme l'a rappelé
00:21:35le Conseil d'Etat
00:21:35le caractère consenti
00:21:37de la rupture conventionnelle
00:21:39place les demandeurs
00:21:39d'emploi concernés
00:21:40dans une situation
00:21:41objective différente
00:21:43au regard du chômage
00:21:44de ceux qui subissent
00:21:46une privation
00:21:46involontaire.
00:21:48La réforme
00:21:48permettra
00:21:49les économies
00:21:49demandées
00:21:50au régime
00:21:51d'assurance chômage
00:21:51tout en encourageant
00:21:53la reprise d'activité
00:21:54et c'est très important.
00:21:55Il est assis
00:21:56attendu
00:21:57jusqu'à 15 000 retours
00:21:59à l'emploi supplémentaire
00:22:00et 800 millions d'euros
00:22:02d'économie annuelle
00:22:03à partir de 2029.
00:22:04Au regard
00:22:05de ces éléments
00:22:06il nous revient
00:22:07aujourd'hui
00:22:07de pourvoir
00:22:08la base légale
00:22:09à la mise en oeuvre
00:22:10d'un compromis
00:22:11équilibré
00:22:12conçu pour garantir
00:22:13un système d'assurance chômage
00:22:14plus juste
00:22:15efficace
00:22:16et pérenne
00:22:17pour les générations futures.
00:22:18En adoptant ce texte
00:22:19nous respectons
00:22:20l'autonomie
00:22:21des partenaires sociaux
00:22:22tout en exerçant
00:22:23pleinement
00:22:24notre rôle
00:22:25de législateur
00:22:26en sécurisant
00:22:27juridiquement
00:22:28le dispositif
00:22:29auquel leurs négociations
00:22:30ont permis
00:22:30d'aboutir.
00:22:31Je vous invite
00:22:32mes chers collègues
00:22:33comme l'ont fait
00:22:34le Sénat
00:22:34et la Commission
00:22:35des Affaires Sociales
00:22:36à une adoption
00:22:37conforme du texte
00:22:38qui permette
00:22:39dans les meilleurs délais
00:22:40la mise en oeuvre
00:22:41d'un accord
00:22:41issu d'un dialogue social
00:22:43de qualité
00:22:43et animé
00:22:44par un esprit
00:22:45de responsabilité.
00:22:49Merci M. le rapporteur.
00:22:51Nous entamons
00:22:51la discussion générale
00:22:53avec pour le groupe
00:22:54La France Insoumise
00:22:55la parole à M. Adrien Clouet.
00:23:15Pourquoi cette haine
00:23:17à l'égard des seniors en France ?
00:23:19Depuis la réélection
00:23:21d'Emmanuel Macron en 2022,
00:23:22le pays compte 150 000 chômeurs
00:23:25supplémentaires
00:23:25de plus de 60 ans.
00:23:26100 par jour.
00:23:29Vous avez volé
00:23:29sur la même période
00:23:30deux ans de retraite
00:23:31à ces mêmes personnes.
00:23:33Deux ans
00:23:33pendant lesquels
00:23:34des seniors
00:23:34sont soit discriminés
00:23:35en raison de leur âge,
00:23:36soit au RSA
00:23:37car en fin de droit,
00:23:38soit blessés
00:23:38par un accident
00:23:39de fin de carrière.
00:23:41Vous avez même inventé
00:23:42le CDI
00:23:43de valorisation
00:23:44de l'expérience,
00:23:45un contrat
00:23:46qui autorise
00:23:46à licencier à tout moment
00:23:47un travailleur âgé.
00:23:48Eh bien moi,
00:23:49je vous assure
00:23:49qu'en 2027,
00:23:50on va aussi valoriser
00:23:51votre expérience
00:23:52en vous renvoyant
00:23:52tous son préavis.
00:23:55Et voilà
00:23:57le dernier cadeau
00:23:59empoisonné
00:23:59d'un mandat
00:24:00pourri de A à Z.
00:24:01Baisser de 6 mois
00:24:03et demi
00:24:04la durée
00:24:04d'indemnisation chômage
00:24:05des travailleurs
00:24:06et des travailleurs
00:24:06de plus de 57 ans
00:24:07qui auraient signé
00:24:08une rupture conventionnelle.
00:24:12Regardons ce qu'il y a
00:24:13derrière les graphiques,
00:24:14le monde réel.
00:24:1560 000 personnes,
00:24:17si ce texte est adopté,
00:24:1860 000 personnes
00:24:19risquent de basculer
00:24:20dans la précarité
00:24:21d'ici Noël prochain.
00:24:22Décidément,
00:24:23il ne fait pas bon
00:24:24d'avoir 60 ans
00:24:25sous Emmanuel Macron.
00:24:28J'ai entendu dire
00:24:29à cette tribune
00:24:30que c'était une négociation
00:24:32entre le patronat
00:24:33et les syndicats.
00:24:34Parole de nouveaux convertis,
00:24:35les mêmes qui d'habitude
00:24:36veulent raser au bulldozer
00:24:38tout ce qui ressemble
00:24:38à un syndicaliste.
00:24:40Eh bien, non.
00:24:41Les syndicats
00:24:42n'ont pas approuvé
00:24:43une baisse de droit
00:24:44des seniors.
00:24:45D'abord, car la CGT
00:24:46et la CFE-CGC
00:24:47ont voté non
00:24:48au texte
00:24:48qui nous est présenté
00:24:49aujourd'hui.
00:24:51Les autres,
00:24:52vous leur avez mis
00:24:54un pistolet sur la tempe.
00:24:55Pardon, non,
00:24:55en Macronie,
00:24:56on ne dit pas
00:24:56un pistolet sur la tempe,
00:24:57on dit
00:24:57vous avez envoyé
00:24:58une lettre de cadrage.
00:24:59Autant pour moi.
00:25:00Une lettre de cadrage
00:25:01avait un contenu clair.
00:25:03Soit ils coupaient
00:25:04400 millions d'euros
00:25:05eux-mêmes
00:25:06en indemnisation
00:25:07des chômeuses
00:25:07et des chômeurs.
00:25:08Soit vous coupiez
00:25:09encore plus que cela.
00:25:11Ce n'est pas une négociation,
00:25:12c'est du racket.
00:25:14J'en veux pour preuve
00:25:16le communiqué
00:25:16de force ouvrière.
00:25:17Je prends celui-là,
00:25:18on pourrait faire celui
00:25:18de tous les syndicats signataires.
00:25:21Je le lis.
00:25:22Cet accord
00:25:22permet d'empêcher
00:25:23une reprise en main
00:25:24unilatérale
00:25:25de l'assurance chômage
00:25:26par le gouvernement.
00:25:27Mais quel enthousiasme,
00:25:28on dirait un pendu
00:25:28devant la corde.
00:25:29Tellement ils sont motivés.
00:25:31Tout ça pour aller chercher
00:25:32400 millions d'euros.
00:25:35Mais 400 millions d'euros,
00:25:36attendez,
00:25:37est-ce que ce n'est pas
00:25:38exactement ce que vous avez
00:25:39rendu l'an dernier
00:25:40au patronat
00:25:40en baissant
00:25:41le taux de cotisation
00:25:42à l'assurance chômage,
00:25:43dites donc ?
00:25:430,05 points.
00:25:45Ce qui signifie quand même
00:25:46un résultat assez cocasse.
00:25:48C'est que vous creusez des trous
00:25:50et demandez aux salariés
00:25:51de plus de 60 ans
00:25:52de les reboucher.
00:25:54Pardon,
00:25:54là non plus,
00:25:55ce n'est pas un accord
00:25:56pour les travailleurs seniors.
00:25:57C'est un chèque
00:25:58que vous exigez
00:25:59d'elles et d'eux
00:25:59en faveur
00:26:00de leur employeur direct.
00:26:03Mais pourquoi voulez-vous
00:26:05frapper les signataires
00:26:06de ruptures conventionnelles ?
00:26:08Pour une réalité
00:26:09très prosaïque.
00:26:10C'est que vous voulez
00:26:10les obliger à rester
00:26:11dans des emplois insupportables.
00:26:13Je rappelle
00:26:14en citant
00:26:15la même étude
00:26:17que M. Bazin
00:26:17il y a quelques minutes
00:26:18mais la page d'après
00:26:19que les trois quarts
00:26:21des demandes salariales
00:26:22de ruptures conventionnelles
00:26:23sont justifiées
00:26:24par soit des horaires intenables
00:26:25soit une souffrance
00:26:26sur le poste.
00:26:26Ça veut dire
00:26:27que vous voulez
00:26:27par votre texte ici
00:26:28river les gens
00:26:29dans le malheur
00:26:30lorsqu'ils le subissent
00:26:31au travail.
00:26:34Et pour le justifier
00:26:35on a entendu
00:26:36des propos
00:26:36assez farfelus
00:26:37en commission.
00:26:38J'ai entendu dire
00:26:40tenez-vous
00:26:40pour celles et ceux
00:26:41qui nous regardent
00:26:42à l'extérieur
00:26:43j'ai entendu dire
00:26:44on discute d'égal à égal
00:26:45avec son patron.
00:26:45Ben oui bien sûr
00:26:46d'ailleurs le code du travail
00:26:47c'est pour les soirées pyjama.
00:26:49Ben écoutez
00:26:49tout le monde
00:26:50n'est pas un cadre supérieur
00:26:52qui boit des bières
00:26:52avec son patron
00:26:53babyfoot en fin de journée.
00:26:55évidemment qu'il y a
00:26:56dans ce pays
00:26:57des employeurs
00:26:57et des employeuses
00:26:58qui convoquent
00:26:59les salariés
00:26:59et leur disent
00:26:59soit tu signes
00:27:01une rupture conventionnelle
00:27:01et tu pars
00:27:02soit je te licencie
00:27:03et débrouille-toi
00:27:04pour survivre
00:27:05avant un jugement
00:27:05des prud'hommes.
00:27:06Débrouille-toi
00:27:07pour survivre
00:27:07à 60 ans
00:27:08avec 6 mois
00:27:10et demi
00:27:10d'assurance chômage
00:27:11en moins
00:27:12tel est l'objet
00:27:13des débats
00:27:14aujourd'hui.
00:27:16Alors
00:27:17certains collègues
00:27:19M. Bazin
00:27:19M. Turquois
00:27:20nous ont dit
00:27:21qu'ils n'aimaient pas
00:27:21le conflit.
00:27:22Ben écoutez
00:27:23moi j'aime pas la pesanteur
00:27:24et pourtant
00:27:24le stylo y tombe.
00:27:26Et les pesanteurs
00:27:27sociales
00:27:28collègues
00:27:29existeront
00:27:29quoi que vous en
00:27:30vouliez.
00:27:31Ça s'appelle
00:27:31le capitalisme.
00:27:32C'est un mode de production.
00:27:34Alors
00:27:36ayez bien en tête
00:27:37que la prochaine
00:27:38convention d'assurance chômage
00:27:39devrait être négociée
00:27:40en 2028.
00:27:41Entre temps
00:27:41il y a une élection
00:27:42présidentielle.
00:27:44Et
00:27:44je veux dire
00:27:45à toutes celles
00:27:46et ceux qui nous écoutent
00:27:46de l'extérieur
00:27:47qu'avec
00:27:48comme président de la République
00:27:49Jean-Luc Mélenchon.
00:27:50Et bien
00:27:51cette prochaine convention
00:27:52aura pour objectif
00:27:531. De sécuriser
00:27:54l'emploi des seniors
00:27:542. De lutter
00:27:56contre leur discrimination
00:27:56à l'embauche
00:27:573. D'ouvrir la médecine
00:27:59du travail aux chômeuses
00:27:59et aux chômeurs
00:28:00et évidemment
00:28:01évidemment
00:28:02rétablir la retraite
00:28:03à 60 ans.
00:28:06Ainsi
00:28:08collègues
00:28:08quelle que soit
00:28:09l'issue du vote
00:28:10soit nous gagnons
00:28:11aujourd'hui
00:28:12soit nous réparons
00:28:13le pays demain.
00:28:14Merci.
00:28:15Merci M. le député.
00:28:17Pour le groupe
00:28:17socialiste et apparenté
00:28:19la parole est à Mme
00:28:19Océane Godard.
00:28:32M. le Président,
00:28:34M. le Ministre,
00:28:35M. le Président de la Commission
00:28:36des Affaires Sociales,
00:28:37M. le rapporteur,
00:28:38mes chers collègues.
00:28:39Les transformations
00:28:40du marché du travail
00:28:42ne sont jamais neutres.
00:28:44Elles déplacent
00:28:44les équilibres,
00:28:45interrogent nos solidarités
00:28:47et nous invitent,
00:28:48nous parlementaires,
00:28:49à faire des choix.
00:28:51Ce que propose
00:28:52cet avenant,
00:28:53à savoir réduire
00:28:54la durée d'indemnisation
00:28:55après une rupture
00:28:55conventionnelle,
00:28:56ne correspond pas
00:28:57à la conception
00:28:58que nous avons
00:28:58de la protection
00:28:59de celles et ceux
00:29:00qui travaillent
00:29:01et des femmes
00:29:02et des hommes
00:29:03en situation
00:29:03de recherche d'emploi.
00:29:04Le développement
00:29:05des ruptures conventionnelles
00:29:06pose des questions nouvelles.
00:29:08C'est pourquoi
00:29:09nous ne sommes pas opposés
00:29:10par principe
00:29:11à une régulation.
00:29:12Mais la solution
00:29:13retenue par ce texte,
00:29:14réduisant la durée
00:29:16maximale d'indemnisation,
00:29:17nous semble injuste.
00:29:19Injuste car elle touche
00:29:20des actifs
00:29:20dont le retour à l'emploi
00:29:21est déjà difficile,
00:29:23notamment les salariés
00:29:24les plus âgés.
00:29:25Sur 29 millions
00:29:27de travailleurs
00:29:27en emploi en 2025,
00:29:299 millions
00:29:30ont entre 50
00:29:32et 64 ans.
00:29:34injuste car ces travailleurs
00:29:36souvent en fin de carrière
00:29:37subissent déjà
00:29:38une précarité accrue.
00:29:39Tout comme les jeunes
00:29:40d'ailleurs,
00:29:41les femmes,
00:29:42les personnes en situation
00:29:43de handicap
00:29:43dont les taux d'emploi
00:29:46restent
00:29:46et seraient aussi
00:29:48pénalisés
00:29:49par une telle
00:29:51les taux d'emploi
00:29:51restent faibles
00:29:52et seraient aussi
00:29:54pénalisés
00:29:54par une telle mesure.
00:29:56C'est pourquoi
00:29:57notre groupe déposera
00:29:58un amendement
00:29:59pour exclure
00:30:00les travailleurs
00:30:00de plus de 55 ans
00:30:01de cette réforme.
00:30:03On ne peut pas
00:30:03prétendre protéger
00:30:05l'emploi
00:30:05tout en affaiblissant
00:30:07ceux qui peinent
00:30:08à en trouver un
00:30:09ou à en retrouver un.
00:30:10Ce texte procède
00:30:12d'un accord négocié
00:30:13par les partenaires sociaux
00:30:14dans la continuité
00:30:15de celui de 2023.
00:30:16Alors,
00:30:17nous prenons acte
00:30:19mais nous le jugeons
00:30:20insuffisant.
00:30:21Depuis 2018,
00:30:22la négociation
00:30:23est encadrée
00:30:24par l'exécutif
00:30:25avec des objectifs
00:30:26d'économie fixée
00:30:27d'avance
00:30:27et la menace
00:30:28d'une reprise
00:30:29en main réglementaire
00:30:30en cas d'échec.
00:30:31Ce cadre réduit
00:30:32la latitude
00:30:33des négociations.
00:30:34Il produit
00:30:34des compromis réels
00:30:36mais,
00:30:36disons-le,
00:30:37sous pression.
00:30:38La CFDT,
00:30:39FO,
00:30:40la CFTC
00:30:41ont signé
00:30:41cet accord
00:30:42par responsabilité,
00:30:43pas par adhésion
00:30:44pleine et entière.
00:30:45Elles ont cherché
00:30:46à circonscrire
00:30:47les économies,
00:30:48à écarter
00:30:48des mesures
00:30:49plus dures.
00:30:50Nous comprenons
00:30:51évidemment
00:30:51cette logique.
00:30:52Ce que nous proposons
00:30:54est d'aller
00:30:55plus loin
00:30:55parce que nous
00:30:57pensons
00:30:58qu'une autre voie
00:30:59est possible
00:31:00pour travailler
00:31:01mieux en France.
00:31:02Cette voie,
00:31:03nous l'avons proposée
00:31:04d'ailleurs à Blois
00:31:05en août 2025.
00:31:07Plafonner
00:31:08les indemnités
00:31:08d'assurance chômage
00:31:10pour les cadres supérieurs
00:31:11après une rupture
00:31:12conventionnelle.
00:31:13Cette solution
00:31:14fait porter
00:31:15l'effort
00:31:16là où il est
00:31:17le plus soutenable
00:31:17sans toucher
00:31:19aux droits
00:31:19des autres.
00:31:20C'est cela
00:31:20la justice sociale.
00:31:21Nous ne voterons
00:31:22pas ce texte
00:31:23car nous n'en partageons
00:31:24ni la philosophie
00:31:25ni le mécanisme
00:31:27principal.
00:31:28Néanmoins,
00:31:29nous ne pouvons pas
00:31:29non plus l'ignorer.
00:31:31Le rejeter
00:31:31purement et simplement
00:31:32reviendrait à méconnaître
00:31:33le compromis trouvé
00:31:34par les partenaires sociaux
00:31:35et à ouvrir la voie
00:31:37à des décisions
00:31:38du gouvernement
00:31:39peut-être encore
00:31:39plus défavorables
00:31:40pour les demandeurs
00:31:41d'emploi.
00:31:42C'est pourquoi
00:31:42nous nous abstiendrons
00:31:43par des accords
00:31:45avec l'orientation retenue
00:31:46mais aussi par attachement
00:31:47à la démocratie sociale.
00:31:49Même si nous souhaitons
00:31:50créer des conditions
00:31:52beaucoup plus qualitatives
00:31:53pour que s'exerce
00:31:54la démocratie sociale
00:31:55en France.
00:31:56Notre abstention
00:31:57est un message également,
00:31:59Monsieur le Ministre.
00:32:00L'assurance chômage
00:32:00doit être refondée
00:32:01en redonnant aux partenaires
00:32:03sociaux une place
00:32:04pleine et entière
00:32:04et en garantissant
00:32:06des efforts
00:32:06socialement justes.
00:32:08Elle doit être refondée
00:32:09en faisant participer
00:32:11les premiers concernés,
00:32:12à savoir les travailleurs
00:32:14et les femmes
00:32:15et les hommes
00:32:15en situation
00:32:16de recherche d'emploi.
00:32:18Notre abstention
00:32:19dit une exigence
00:32:20plus profonde.
00:32:22Si l'on veut refonder
00:32:23durablement
00:32:24l'assurance chômage,
00:32:26alors il faut le faire
00:32:27avec justice.
00:32:28Parce que
00:32:29de l'injustice
00:32:31naît un sentiment
00:32:32de colère,
00:32:33un sentiment
00:32:33de déclassement
00:32:35et nourrit
00:32:36finalement le vote
00:32:37pour celles et ceux
00:32:38qui fondent
00:32:39leur business politique
00:32:40sur la division,
00:32:41sur la peur.
00:32:43Suivez mon regard
00:32:44vers l'extrême droite.
00:32:46La protection
00:32:47des travailleurs
00:32:48ne doit pas être
00:32:48une variable d'ajustement.
00:32:50Elle doit rester
00:32:51un pilier
00:32:52de notre modèle social
00:32:53et c'est avec
00:32:54cette boussole
00:32:54que nous socialistes
00:32:56ferons du travail
00:32:57un véritable pilier
00:32:59pour les prochaines
00:33:00échéances présidentielles
00:33:02parce qu'il n'est pas
00:33:03possible que
00:33:04dans notre pays
00:33:05on oppose
00:33:06la question
00:33:06de la protection sociale
00:33:07et de la flexibilité.
00:33:09C'est la raison
00:33:10pour laquelle
00:33:10nous travaillerons
00:33:12pour avoir un projet
00:33:13pour que les Françaises
00:33:14et les Français
00:33:15travaillent plus,
00:33:16travaillent mieux
00:33:17surtout
00:33:18et cela sera
00:33:19au bénéfice
00:33:20également
00:33:20des entreprises.
00:33:21Je vous remercie.
00:33:23Merci Madame la députée.
00:33:25Pour le groupe
00:33:26Droite Républicaine
00:33:27la parole
00:33:27à Madame Justine Gruet.
00:33:35Monsieur le Président,
00:33:37Monsieur le Ministre,
00:33:38Monsieur le Président
00:33:39de la Commission,
00:33:40Monsieur le Rapporteur,
00:33:41mes chers collègues.
00:33:42Nous sommes réunis
00:33:43à nouveau
00:33:43pour examiner
00:33:44ce projet de loi
00:33:45portant sur
00:33:46les ruptures conventionnelles
00:33:47et j'espère cette fois
00:33:48l'adopter définitivement.
00:33:50Sur le fond du texte,
00:33:52pourquoi le ministre
00:33:53a-t-il engagé
00:33:53une négociation
00:33:54sur les ruptures conventionnelles ?
00:33:56Parce que nous observons
00:33:57une évolution
00:33:58très dynamique
00:33:59de ce dispositif
00:34:00introduit en 2008.
00:34:01En 2024,
00:34:03515 000 ruptures conventionnelles
00:34:05individuelles ont été signées.
00:34:07C'est chaque année
00:34:08davantage.
00:34:09Elles représentent
00:34:10désormais entre
00:34:118 et 21%
00:34:12des ruptures
00:34:13de CDI
00:34:14selon les secteurs
00:34:15et sont notamment
00:34:15surreprésentées
00:34:17parmi les entreprises
00:34:18de petite taille.
00:34:19Pourquoi ce nombre
00:34:20est-il en augmentation ?
00:34:22Parce que dans
00:34:2240% des cas,
00:34:24la rupture conventionnelle
00:34:25se substitue
00:34:26à la démission.
00:34:27Les études montrent
00:34:28que l'apparition
00:34:29de cet outil
00:34:29n'a pas nécessairement
00:34:31permis de réduire
00:34:32significativement
00:34:33les licenciements
00:34:33donnant lieu
00:34:34à des procédures
00:34:35contentieuses.
00:34:36On note que
00:34:37les profils
00:34:37des allocataires indemnisés
00:34:39suite à une rupture
00:34:40conventionnelle
00:34:41sont plus fréquemment
00:34:42en première partie
00:34:43de carrière
00:34:44diplômés du supérieur
00:34:46ou ayant occupé
00:34:47un poste de cadre.
00:34:49Ils sont également
00:34:50plus souvent couverts
00:34:51par des droits longs
00:34:52de 18 mois
00:34:53ou plus
00:34:53et bénéficient
00:34:54d'une allocation
00:34:55journalière plus élevée
00:34:56alors qu'ils devraient
00:34:57trouver plus rapidement
00:34:59et plus facilement
00:35:00un emploi qualifié.
00:35:02Car c'est là
00:35:02le principal problème
00:35:03qui impacte
00:35:04les finances publiques.
00:35:05La rupture conventionnelle
00:35:07individuelle
00:35:07ouvre des droits
00:35:08à l'assurance chômage
00:35:09dans les mêmes conditions
00:35:10qu'une privation
00:35:12d'emploi
00:35:12dite involontaire
00:35:13à la suite
00:35:14d'un licenciement
00:35:15pour motifs
00:35:16personnels
00:35:16ou économiques.
00:35:17C'est notre spécificité
00:35:18d'ailleurs
00:35:19par rapport
00:35:19à des pays
00:35:20comme l'Allemagne
00:35:21la Pologne
00:35:21la Suède
00:35:22ou la Belgique.
00:35:23Parallèlement
00:35:24à l'augmentation
00:35:25du nombre
00:35:25de ruptures conventionnelles
00:35:26les ouvertures
00:35:27de droits
00:35:28à l'allocation
00:35:29d'aides
00:35:29au retour
00:35:29à l'emploi
00:35:30à la suite
00:35:31de ce mode
00:35:31de rupture
00:35:32représente
00:35:3219%
00:35:34des ouvertures
00:35:34de droits
00:35:35en 2024.
00:35:36En moyenne
00:35:37chaque mois
00:35:3720%
00:35:38des allocataires
00:35:39indemnisés
00:35:40le sont
00:35:40par l'assurance
00:35:41chômage
00:35:41après une rupture
00:35:43conventionnelle.
00:35:44Véritable dérive
00:35:45dans l'utilisation
00:35:47de ces ruptures
00:35:48conventionnelles
00:35:49cela alourdit
00:35:50le coût
00:35:50pour les finances publiques.
00:35:519,4 milliards
00:35:53d'euros
00:35:53en 2024
00:35:54pour l'assurance
00:35:55chômage
00:35:55c'est évidemment
00:35:56considérable.
00:35:57La négociation
00:35:59paritaire
00:35:59que nous transposons
00:36:00aujourd'hui
00:36:01est donc
00:36:01bienvenue
00:36:02et nécessaire.
00:36:03Sur le fond
00:36:04personne ici
00:36:05ne conteste
00:36:05l'utilité
00:36:06des ruptures
00:36:07conventionnelles.
00:36:07Depuis leur création
00:36:09elles ont apporté
00:36:09de la souplesse
00:36:10au marché du travail.
00:36:12Dans beaucoup
00:36:12de petites
00:36:13et moyennes entreprises
00:36:14elles sont devenues
00:36:15un outil de gestion
00:36:16utile
00:36:16parfois même
00:36:17indispensable.
00:36:18Mais précisément
00:36:19parce que ce dispositif
00:36:21est souple
00:36:23et protecteur
00:36:24son usage
00:36:25a progressivement
00:36:26dérivé.
00:36:27Nous avons ici
00:36:28l'exemple typique
00:36:28d'un dispositif
00:36:30vertueux
00:36:30devenu un fardeau
00:36:31à cause des dérives
00:36:32qu'il engendre.
00:36:33Car ce phénomène
00:36:35n'est plus marginal
00:36:36il n'est plus ponctuel
00:36:37c'est devenu
00:36:38un déséquilibre
00:36:39structurel
00:36:40pour notre système
00:36:41d'assurance chômage
00:36:42pour notre modèle social
00:36:43du sens donné
00:36:45au travail.
00:36:46Le problème
00:36:47n'est pas
00:36:47de désigner
00:36:48des coupables
00:36:48parmi les salariés
00:36:49ou les employeurs.
00:36:50La responsabilité
00:36:52du législateur
00:36:53est d'adapter
00:36:53les règles
00:36:54lorsque les effets
00:36:55produits
00:36:55ne correspondent
00:36:56plus à l'objectif
00:36:57initial du dispositif.
00:36:59Le texte proposé
00:37:00ne supprime pas
00:37:01la rupture conventionnelle
00:37:02il ne remet pas
00:37:03en cause
00:37:04son utilité
00:37:04il vient simplement
00:37:06adapter les règles
00:37:06d'indemnisation
00:37:07afin de limiter
00:37:09les dérives
00:37:09et de renforcer
00:37:10l'incitation
00:37:11au retour à l'emploi.
00:37:13Rappelons que
00:37:13ce projet de loi
00:37:14est le fruit
00:37:15d'un accord
00:37:16entre les partenaires
00:37:17sociaux.
00:37:18Nous aurions pu
00:37:18aller plus loin
00:37:19mais un accord
00:37:20a été trouvé
00:37:21entre l'ensemble
00:37:21des organisations patronales
00:37:23et une majorité
00:37:24d'organisations syndicales.
00:37:26Nous sommes donc appelés
00:37:27à transposer
00:37:28dans la loi
00:37:29un compromis négocié
00:37:30par ceux qui connaissent
00:37:31le mieux
00:37:32les réalités
00:37:33du travail
00:37:33de l'entreprise
00:37:34et de l'emploi.
00:37:35La durée maximale
00:37:36d'indemnisation
00:37:37sera réduite
00:37:38pour les bénéficiaires
00:37:39d'une rupture conventionnelle
00:37:40tout en maintenant
00:37:41des protections
00:37:42spécifiques
00:37:43pour les seniors
00:37:44et pour les territoires
00:37:45ultramarins.
00:37:46Cette réforme
00:37:47permettra de générer
00:37:48au moins 400 millions
00:37:49d'euros d'économies
00:37:50par an
00:37:50pour l'assurance chômage
00:37:51et conservera
00:37:52son ADN
00:37:53d'une solidarité
00:37:54dans certaines
00:37:55situations spécifiques.
00:37:57Et contrairement
00:37:57à d'autres choix
00:37:58qui consistent
00:37:59à augmenter encore
00:38:00les charges pesant
00:38:00sur les entreprises
00:38:01ce texte privilégie
00:38:03une réforme structurelle
00:38:04plutôt qu'une hausse
00:38:05des prélèvements.
00:38:06L'objectif étant
00:38:07de favoriser
00:38:08le retour à l'emploi.
00:38:09C'est une approche
00:38:10que nous soutenons
00:38:11pleinement.
00:38:12Mes chers collègues
00:38:13nous avons ici
00:38:14l'exemple d'un dispositif
00:38:15initialement vertueux
00:38:16qui a progressivement
00:38:17produit des effets de bord
00:38:18coûteux
00:38:19pour nos finances publiques.
00:38:20Ce projet de loi
00:38:21apporte une réponse
00:38:22équilibrée
00:38:23responsable
00:38:24et pragmatique.
00:38:25Parce qu'il respecte
00:38:26le dialogue social
00:38:27parce qu'il préserve
00:38:29un outil utile
00:38:30aux entreprises
00:38:31comme aux salariés
00:38:32et parce qu'il participe
00:38:33au redressement
00:38:34de nos finances sociales
00:38:35et publiques
00:38:35le groupe droite républicaine
00:38:37soutiendra
00:38:38l'adoption
00:38:38conforme de ce texte.
00:38:40Je vous remercie.
00:38:42Merci madame la députée.
00:38:43Pour le groupe
00:38:44écologiste et social
00:38:45la parole
00:38:45à monsieur Devy.
00:38:55Monsieur le Président
00:38:57Monsieur le ministre
00:38:58chers collègues
00:38:59alors l'objectif
00:39:00de ce projet de loi
00:39:01est de réduire
00:39:02les droits
00:39:02des salariés
00:39:03qui signent
00:39:04des ruptures conventionnelles
00:39:05en diminuant
00:39:06la durée
00:39:06de leur indemnité.
00:39:08La baisse généralisée
00:39:09de la durée
00:39:09d'indemnisation chômage
00:39:10touchera tout le monde.
00:39:12Les moins de 55 ans
00:39:13perdront 3 mois
00:39:14d'indemnisation
00:39:15les 50-56 ans
00:39:16perdront 2 mois
00:39:17mais surtout
00:39:18les plus de 57 ans
00:39:19perdront 6 mois et demi.
00:39:21Les seniors
00:39:22donc payeront
00:39:23le prix fort.
00:39:23Un salarié
00:39:24de 57 ans
00:39:25perdra
00:39:25un quart
00:39:26de ses droits.
00:39:27S'il gagne
00:39:272000 euros net
00:39:28il perdra
00:39:29avec votre réforme
00:39:30près de 10 000 euros
00:39:31en tout
00:39:31de façon cumulée.
00:39:32Alors ces nouveaux
00:39:34demandeurs d'emploi
00:39:34vous les précipitez
00:39:35dans la précarité
00:39:36et bien souvent
00:39:37dans la pauvreté.
00:39:38Votre premier argument
00:39:39est le suivant
00:39:40il y a trop
00:39:40de ruptures conventionnelles
00:39:42qui coûtent trop cher
00:39:43aux caisses d'assurance
00:39:43chômage.
00:39:44Depuis 2008
00:39:45les ruptures conventionnelles
00:39:47se sont effectivement
00:39:47multipliées.
00:39:48Les 500 000 ruptures
00:39:50annuelles représentent
00:39:5120% des entrées
00:39:51dans le régime chômage.
00:39:53Nous sommes d'accord
00:39:53mais un quart
00:39:55de ces ruptures conventionnelles
00:39:57sont en réalité
00:39:57des licenciements déguisés.
00:39:59Elles se substituent
00:40:00aux licenciements
00:40:01en particulier
00:40:01dans les petites entreprises.
00:40:03Plus généralement
00:40:04la rupture conventionnelle
00:40:05est rarement une séparation
00:40:06à l'amiable
00:40:06entre un salarié
00:40:07éteignant et un employeur.
00:40:08Car ne vous en déplaise
00:40:10dans le vrai monde du travail
00:40:11la relation entre un patron
00:40:13et son salarié
00:40:13est asymétrique.
00:40:16Dès 2008
00:40:16la CGT pointait
00:40:17que la rupture conventionnelle
00:40:18offrait surtout
00:40:19un avantage clair
00:40:20à l'employeur
00:40:21lui permettant
00:40:22de se séparer
00:40:22d'un salarié
00:40:23sans motif
00:40:23avec un risque
00:40:24prud'homale
00:40:25quasi nul
00:40:26sans préavis imposé
00:40:27et pour un coût
00:40:28souvent inférieur
00:40:29à celui d'un licenciement
00:40:30économique.
00:40:30Ce ne sont pas
00:40:32des démissions déguisées
00:40:32contrairement à ce que
00:40:33laisse entendre
00:40:34cette proposition de loi.
00:40:35Dans une grande majorité
00:40:36de cas
00:40:37les ruptures conventionnelles
00:40:38mettent fin
00:40:38à une situation
00:40:39de conflit.
00:40:40C'est précisément
00:40:41pour cela
00:40:41que les ruptures conventionnelles
00:40:42doivent ouvrir
00:40:43à des droits
00:40:43d'indemnisation chômage
00:40:45au même titre
00:40:45que les licenciements.
00:40:47Deuxième argument
00:40:48des promoteurs
00:40:48de la présente loi
00:40:49ils respecteraient
00:40:50le dialogue social
00:40:51et les partenaires sociaux.
00:40:53C'est faux.
00:40:55Cet accord
00:40:55est surtout
00:40:56le produit
00:40:56d'un chantage
00:40:57et en rien
00:40:58d'un compromis.
00:40:59C'est pourquoi
00:40:59plusieurs organisations
00:41:00syndicales
00:41:01ont refusé
00:41:01l'accord
00:41:01comme la CGT
00:41:02la CFE-CGC
00:41:04ou même
00:41:04Solidaires.
00:41:05Ces négociations
00:41:06se sont tenues
00:41:07sous la menace.
00:41:08En juillet dernier
00:41:09le gouvernement
00:41:09Beyrou
00:41:10envisageait
00:41:11entre 2,5 et 4 milliards
00:41:12d'économies
00:41:13sur la branche chômage
00:41:14obligeant
00:41:15certains syndicats
00:41:16à signer
00:41:16un accord
00:41:16de 400 millions
00:41:17d'euros d'économies
00:41:18comme un moindre mal.
00:41:19De surcroît
00:41:20ces négociations
00:41:21ont été contraintes
00:41:22dans le temps
00:41:23en forçant
00:41:23les partenaires sociaux
00:41:24à trouver un accord
00:41:25au bout d'un mois.
00:41:26Voilà les conditions
00:41:27dans lesquelles
00:41:28cet accord a été conclu.
00:41:30Alors évidemment
00:41:30d'autres options existent
00:41:31pour maintenir
00:41:32à l'équilibre financier
00:41:33l'inudique.
00:41:34Il est possible
00:41:35de faire contribuer
00:41:36davantage les employeurs.
00:41:37Nous pouvons agir
00:41:38sur les abus
00:41:38de certains secteurs
00:41:39comme le commerce
00:41:40ou la restauration
00:41:40mais surtout
00:41:41l'État peut cesser
00:41:42de ponctionner
00:41:43les caisses
00:41:43de l'inudique
00:41:44parce que c'est quand même
00:41:45fort de café.
00:41:46L'État a ponctionné
00:41:47plus de 12 milliards d'euros
00:41:48depuis 2023
00:41:49sur ces caisses
00:41:50et là
00:41:51il exige des chômeurs
00:41:52des efforts
00:41:53pour réaliser
00:41:53400 millions d'économies.
00:41:55Cherchez l'erreur.
00:41:56Mais sur le fond
00:41:57messieurs les ministres
00:41:58cet avenant chômage
00:42:00sur les ruptures conventionnelles
00:42:01élu les vraies questions
00:42:01qui sont devant nous
00:42:02concernant le retour
00:42:03du chômage de masse
00:42:04et le financement
00:42:05de l'assurance chômage.
00:42:06Premier problème
00:42:08le gouvernement ne fait rien
00:42:09pour limiter l'épidémie
00:42:10de licenciement.
00:42:11Les plans sociaux
00:42:12se sont multipliés
00:42:13ces dernières années.
00:42:14Le chômage progresse.
00:42:165,7 millions
00:42:17de nos concitoyens
00:42:18sont aujourd'hui
00:42:18sans emploi
00:42:19ou en activité réduite.
00:42:21Donc il faut interdire
00:42:22d'urgence
00:42:23les licenciements
00:42:23notamment des entreprises
00:42:24qui font des bénéfices
00:42:25comme Auchan,
00:42:26Sanofi, Michelin.
00:42:27Michelin, un vrai scandale.
00:42:28Je le rappelle.
00:42:29Michelin a licencié
00:42:301 254 salariés
00:42:32après avoir gagné
00:42:331,4 milliard d'euros
00:42:34de dividendes
00:42:35par des rachats d'actions
00:42:35en 2024.
00:42:37Il faut aussi favoriser
00:42:38la reprise des entreprises
00:42:39par leurs salariés
00:42:40comme ceux de l'entreprise
00:42:41Fibre Excellence
00:42:42à Tarascon
00:42:43et j'ai sollicité
00:42:43le ministre de l'Industrie
00:42:45qui cherche donc à le faire
00:42:46et qui cherche
00:42:46à reprendre l'entreprise.
00:42:48Voilà.
00:42:48Il y a des solutions.
00:42:49Second problème.
00:42:50Le chômage
00:42:51des plus de 55 ans
00:42:52et des seniors en général.
00:42:53Aujourd'hui, 15% d'entre eux
00:42:55ne sont ni en emploi
00:42:56ni à la retraite.
00:42:56Vous continuez
00:42:57à les pénaliser
00:42:58avec cette réforme.
00:42:59Nous devons contraindre
00:43:00au contraire
00:43:00les entreprises
00:43:01à employer des seniors
00:43:02avec des objectifs chiffrés
00:43:04par branche
00:43:04et par entreprise
00:43:05avec des sanctions
00:43:06en cas de non-respect
00:43:07des objectifs.
00:43:08La CGT revendique
00:43:09d'ailleurs
00:43:09une retraite progressive
00:43:11élargie à 4 ans
00:43:12avant l'âge légal
00:43:13opposable
00:43:13sans perdre de droit
00:43:14à la retraite.
00:43:15C'est une bonne mesure.
00:43:16J'apporte d'ailleurs
00:43:17tout mon soutien
00:43:17à Sophie Binet
00:43:18qui est attaquée
00:43:19par Tefal en ce moment même.
00:43:21Troisième sujet
00:43:21la qualification du salariat
00:43:23et vous savez
00:43:23que c'est pour moi important
00:43:24et notamment
00:43:25au niveau d'innovation technologique
00:43:26parce que pour lutter
00:43:27contre le chômage
00:43:28nous devrions faire
00:43:29le pari du savoir
00:43:30de la formation
00:43:31et de la recherche.
00:43:32Nous devrions faciliter
00:43:33l'accès à l'enseignement supérieur
00:43:35vous faites tout le contraire
00:43:36parcours supplèche chaque année
00:43:37près de 100 000 lycéens
00:43:38au bord du chemin.
00:43:39Le gouvernement baisse
00:43:40de 20 millions d'euros
00:43:41supplémentaires
00:43:41les dotations du CNRS
00:43:42alors que l'investissement
00:43:43en R&D en France
00:43:45est maintenant
00:43:45au-dessous
00:43:46des moyennes de l'OCDE.
00:43:48Donc baisser les droits
00:43:48des salariés
00:43:49retarder la date
00:43:50de départ à la retraite
00:43:51ou préserver
00:43:53les avantages des employeurs
00:43:54ne sont pas des solutions
00:43:55une autre politique possible.
00:43:56C'est pourquoi
00:43:57le groupe écologiste et social
00:43:58votera contre ce texte.
00:44:00Je vous remercie.
00:44:01Merci monsieur le député.
00:44:02Pour le groupe
00:44:03Les Démocrates
00:44:04la parole à monsieur Nicolas Turquois.
00:44:23Monsieur le président, monsieur le premier ministre, monsieur le ministre, monsieur le rapporteur, monsieur le président, mes chers collègues,
00:44:31fruit d'un compromis, ce projet de loi qui transpose l'avenant à la convention d'assurance chômage 2025-2028,
00:44:38signé le 25 février dernier entre les partenaires sociaux, démontre non seulement que le dialogue social fonctionne, mais aussi qu
00:44:45'il a du sens.
00:44:46Vous l'avez souligné, monsieur le premier ministre, il est l'aboutissement d'une négociation entre partenaires sociaux, organisations syndicales
00:44:53et patronales conscients des réalités de terrain et des réalités sociales.
00:44:57Il est soutenu par six organisations représentatives dont la CFDT, FO, le MEDEF et la CPME et c'est un
00:45:04signe important alors qu'il nous appartient désormais de le porter jusqu'au bout sans le dénaturer.
00:45:10Sur le fond, nous partageons pleinement les objectifs poursuivis dans ce projet de loi.
00:45:15Les effets d'aubaine liés aux ruptures conventionnelles individuelles sont devenus considérables et ne peuvent plus être ignorés.
00:45:22Ce dispositif créé pour répondre à un besoin légitime a progressivement été détourné de sa vocation première.
00:45:29Dans certains cas, il s'est substitué à des démissions, profitant en moyenne à des salariés plus qualifiés que les
00:45:35salariés licenciés, 25% des bénéficiaires étant des cadres.
00:45:40Côté entreprises, le constat est le même. La rupture conventionnelle individuelle s'est substituée à autour de 24% des
00:45:46licenciements.
00:45:47En bref, ces chiffres montrent que les abus que j'évoque existent de part et d'autre, et ce, au
00:45:54détriment du collectif et des finances publiques.
00:45:57En 2024, les ruptures conventionnelles représentaient 19% des entrées à l'assurance chômage pour un coût de 9,4
00:46:04milliards d'euros.
00:46:05Il est absolument nécessaire de rompre cette dynamique qui exerce une pression croissante sur notre système de protection sociale.
00:46:12Faire preuve de responsabilité budgétaire n'est pas une option ou même un but en soi.
00:46:17C'est l'une des conditions indispensables à la pérennité de notre modèle social français auquel notre groupe est profondément
00:46:25attaché.
00:46:27Réaliser à terme jusqu'à 800 millions d'économies annuelles sur l'assurance chômage dans un contexte de finances publiques
00:46:33sous tension
00:46:33est une nécessité que nous ne pouvons ignorer si nous voulons continuer de financer les priorités pour notre solidarité.
00:46:41De même, les 15 000 retours à l'emploi supplémentaire attendus démontrent qu'ajuster les durées d'indemnisation constitue une
00:46:47variable d'ajustement
00:46:49nécessaire pour accélérer la reprise d'activité, réduire le taux de chômage et éviter les trappes à inactivité qui fragilisent
00:46:56durement les personnes concernées.
00:46:59Concrètement, ce texte permettra de moduler à la baisse la durée d'indemnisation des demandeurs d'emploi
00:47:04dont le contrat a pris fin à la suite d'une rupture conventionnelle individuelle.
00:47:0915 mois maximum pour les moins de 55 ans, 20 mois et demi pour les 55 ans et plus.
00:47:14Une mesure ciblée, proportionnée et négociée.
00:47:19Au-delà des aspects techniques, la philosophie du dispositif vient aussi répondre à des bouleversements en cours dans nos pratiques.
00:47:27En effet, les aspirations de la jeunesse notamment évoluent.
00:47:32Les parcours individuels changent, les trajectoires professionnelles ne sont plus aussi linéaires
00:47:37et la rupture conventionnelle individuelle est sans doute appelée à se développer.
00:47:41Et puisqu'il peut s'agir d'un outil, d'une voie d'apaisement des relations entre employeurs et salariés,
00:47:47cela rend d'autant plus nécessaire de l'ajuster dès aujourd'hui.
00:47:52Néanmoins, nous serons évidemment attentifs dans les mois qui suivront l'entrée en vigueur de ce texte
00:47:56à ce que la réduction de la durée d'indemnisation ne fragilise pas du monde des salariés
00:48:01ayant eu recours à la rupture conventionnelle de bonne foi,
00:48:05notamment ceux qui se trouvaient dans des situations de souffrance au travail ou de reconversion contrainte.
00:48:11Nous serons également vigilants quant aux effets potentiels sur les comportements des employeurs
00:48:15afin que cette réforme n'encourage pas de nouveaux usages détournés du dispositif.
00:48:20Ce projet de loi est indispensable à la soutenabilité de notre modèle social,
00:48:26aujourd'hui mis sous pression, et participe aussi du respect et de l'intérêt de la démocratie sociale.
00:48:33C'est pourquoi notre groupe, les démocrates, le soutiendra avec conviction.
00:48:36Je vous remercie.
00:48:38Merci monsieur le député.
00:48:40Pour le groupe horizon et indépendant, la parole est à madame Nathalie Collin-Eusterlet.
00:48:57Monsieur le Président, Monsieur le Premier Ministre, Monsieur le Ministre, Monsieur le Président de la Commission des Affaires Sociales,
00:49:02Monsieur le Rapporteur Général, mes chers collègues.
00:49:04En matière d'assurance chômage, quitter son emploi d'un commun accord ouvre aujourd'hui exactement les mêmes droits qu
00:49:11'un licenciement contraint.
00:49:12Celui qui négocie librement son départ est indemnisé dans les mêmes conditions que celui qui subit la perte de son
00:49:18emploi.
00:49:19La rupture conventionnelle individuelle a été créée en 2008 par la loi portant modernisation du marché du travail
00:49:25pour offrir une voie de séparation apaisée entre employeurs et salariés.
00:49:29C'est une avancée que nous saluons tous, mais 18 ans plus tard, force est de constater que ce dispositif
00:49:35a été progressivement détourné de son objet initial.
00:49:39Et ce qui devait être une troisième voie entre la démission et le licenciement est devenu pour une part significative
00:49:44de ses bénéficiaires
00:49:45un mode d'accès privilégié à l'assurance chômage.
00:49:49Les chiffres sont à ce titre sans appel.
00:49:51En 2024, plus de 500 000 personnes ont été indemnisées au titre d'une rupture conventionnelle,
00:49:56soit 19% des ouvertures de droits à l'allocation chômage.
00:50:00Ces allocataires représentent à eux seuls 26% des dépenses totales du régime, soit près de 9 milliards d'euros.
00:50:06Et ces chiffres sont en constante augmentation, le recours à la rupture conventionnelle ayant progressé de 17% entre 2019
00:50:13et 2024
00:50:14et se substituant trop fréquemment à des démissions.
00:50:17Mon groupe estime que nous ne pouvons plus fermer les yeux sur cette réalité.
00:50:21Et pourtant, les groupes de gauche qui ont entraîné le rejet de ce texte en première lecture
00:50:25refusent obstinément de regarder ces chiffres en face.
00:50:29Leur vote révèle une conception à géométrie variable du dialogue social.
00:50:33Ils en célèbrent les vertus tant que les conclusions leur conviennent,
00:50:36mais s'en détournent dès qu'il s'agit de responsabiliser les acteurs et de favoriser le retour à l
00:50:42'emploi.
00:50:42On ne peut pas dans le même temps invoquer la démocratie sociale comme un totem et refuser d'en appliquer
00:50:47les conclusions quand elles dérangent.
00:50:49Le MEDEF, la CPME, l'UDP, la CFDT, Force Ouvrière et la CFTC ont signé cet accord.
00:50:56Ce sont les organisations qui représentent les salariés et les employeurs de ce pays.
00:51:01Qui sur ces bancs prétend mieux savoir qu'elles ce qui est bon pour le marché du travail ?
00:51:07Le profil des bénéficiaires de la rupture conventionnelle confirme la nécessité d'un traitement différencié.
00:51:12Ce sont des salariés en moyenne plus qualifiés, plus anciens dans leur poste,
00:51:17qui bénéficient mécaniquement d'indemnisations plus élevées et de droits plus longs.
00:51:2177% d'entre eux disposent d'une durée potentielle de droit de 18 mois ou plus,
00:51:25contre 49% pour l'ensemble des allocataires.
00:51:28Et paradoxalement, malgré ce profil favorable,
00:51:31il reste en moyenne plus longtemps au chômage que les salariés licenciés.
00:51:36Ce paradoxe a un nom que certains refusent d'admettre, l'optimisation des droits.
00:51:40Et il a aussi un coût, celui que supporte notre modèle social tout entier.
00:51:45Mais soyons clairs, ce projet de loi ne remet pas en cause la rupture conventionnelle.
00:51:50Personne sur ces bancs ne propose de supprimer ce dispositif.
00:51:53Les employeurs et les salariés conservent pleinement la liberté de négocier ce type de séparation,
00:51:58mais une rupture choisie, consentie librement et en connaissance de cause
00:52:02ne peut pas être traitée exactement comme un licenciement subi.
00:52:06C'est une question de justice.
00:52:08Justice envers les salariés qui perdent leur emploi sans l'avoir voulu.
00:52:11Justice envers les cotisants qui financent le régime.
00:52:14Justice envers le principe même de l'assurance chômage
00:52:16qui est d'abord et avant tout un filet de sécurité.
00:52:19L'accord qui nous est soumis prévoit néanmoins, et c'est essentiel,
00:52:22des mesures protectrices pour les personnes les plus vulnérables sur le marché de l'emploi.
00:52:26Les seniors de 55 ans et plus pourront demander une prolongation de leurs droits
00:52:30pour rejoindre les durées maximales du régime commun
00:52:32sous réserve de démarches effectives de retour à l'emploi
00:52:36évaluées au 12e mois d'indemnisation
00:52:38dans le cadre d'un accompagnement personnalisé et intensif.
00:52:42Les résidents des territoires d'outre-mer
00:52:44bénéficieront quant à eux de durées d'indemnisation spécifiques et plus longues
00:52:48tenant compte des réalités de leur marché de l'emploi.
00:52:50Enfin, l'impact attendu est substantiel.
00:52:53Jusqu'à 15 000 retours à l'emploi supplémentaire
00:52:57et jusqu'à 800 millions d'euros d'économie annuelle en régime de croisière,
00:53:01soit le double de l'objectif des 400 millions fixés par la lettre de cadrage du ministre.
00:53:06Notre groupe Horizon Indépendance soutiendra donc pleinement ce texte
00:53:09et nous appelons cette Assemblée à l'adopter conforme en cette deuxième lecture
00:53:13pour que l'accord des partenaires sociaux puisse enfin entrer en vigueur
00:53:17et produire ses effets.
00:53:18Je vous remercie.
00:53:20Merci Madame la députée.
00:53:22Pour le groupe Liberté indépendante Autre-mer et territoire,
00:53:24la parole est à Monsieur Stéphane Viry.
00:53:37Monsieur le Président, Monsieur le Premier ministre, mes chers collègues,
00:53:41avant d'entrer dans le vif du sujet de cet accord national interprofessionnel,
00:53:46je voudrais en quelques mots vous parler d'un principe.
00:53:48D'un principe vivant que l'on croit parfois galvaudé,
00:53:51tant il est repris par les uns et estropié par les autres,
00:53:53mais qui demeure, pour ceux qui comprennent la force,
00:53:56le socle même de notre République.
00:53:59Ce principe inscrit à l'article 1er du Code du Travail,
00:54:02par la loi Larcher de 2008, c'est le dialogue social.
00:54:07Pourquoi je vous parle de cela ?
00:54:08Parce que je crois, et je le dis avec la force de la conviction,
00:54:12à cette France qui construit ses lois du travail,
00:54:15non pas dans le clair-obscur des directions générales,
00:54:19dans la pénombre secret du pouvoir,
00:54:20mais autour d'une table, là où se rencontrent dans la lumière de la confrontation loyale
00:54:25ceux qui emploient et ceux qui travaillent.
00:54:28Le dialogue social, mes chers collègues, ce n'est pas de la palabre,
00:54:31c'est du pragmatisme, c'est de la responsabilité,
00:54:35c'est d'accepter que la réalité du terrain compte plus,
00:54:39infiniment plus,
00:54:40que les idéologies partisanes ou les arbitrages budgétaires.
00:54:43car les conditions de travail,
00:54:46ce sont les conditions de travail de centaines de milliers de nos compatriotes qui sont en jeu.
00:54:51Le travail est porteur de sens, de valeur,
00:54:55le travail c'est la dignité, le travail c'est l'émancipation,
00:54:58c'est ce qui permet à chacun de bâtir sa vie et de contribuer à la richesse collective.
00:55:02Il faut comprendre que les solutions durables naissent du compromis,
00:55:07pas de l'affrontement stérile, ni des injonctions bureaucratiques.
00:55:11Cette méthode, elle a fait ses preuves,
00:55:13elle a bâti notre modèle social,
00:55:15elle a permis à notre pays de traverser les crises
00:55:18sans renoncer à ce qui nous définit,
00:55:20une société où le travail est respecté,
00:55:23où l'entreprise est valorisée,
00:55:24où le dialogue prime sur le conflit.
00:55:27Alors oui, je suis attaché au dialogue social,
00:55:30viscéralement attaché.
00:55:31Le rejet en première lecture de cet accord par certains députés
00:55:34interroge toutefois sur la place du dialogue social dans notre débat public.
00:55:39Et cette question, monsieur le Premier ministre, monsieur le ministre,
00:55:41se pose depuis une quinzaine d'années.
00:55:43Les lettres de cadrage prescriptives,
00:55:46la multiplication des conclaves comme écran de fumée
00:55:48questionnent sur la place vitale du paritarisme.
00:55:52La commission des affaires sociales, monsieur le Président,
00:55:54avait voté le lancement d'une mission d'information sur ce sujet,
00:55:57dont je suis l'un des co-rapporteurs,
00:55:59mais qui n'a pas encore été initié.
00:56:01Nous revoilà ainsi au cœur même de notre sujet,
00:56:03puisque l'Assemblée examine pour la deuxième fois ce soir
00:56:06ce projet de loi transposant l'avenant
00:56:09au protocole relatif à l'assurance chômage
00:56:11signé par certains partenaires sociaux
00:56:14après son adoption conforme au Sénat.
00:56:16Ce texte, et ça a été dit,
00:56:18intervient dans un contexte de tension
00:56:20sur les finances du régime
00:56:21après plusieurs années de réformes réglementaires
00:56:24qui ont fragilisé la logique paritaire.
00:56:27Il nous appartient ce soir
00:56:28d'en respecter l'équilibre général.
00:56:31Le constat est partagé,
00:56:32la rupture conventionnelle connaît un succès massif
00:56:34avec plus de 500 000 ruptures annuelles.
00:56:37L'objectif n'est pas de remettre en cause cet outil,
00:56:39mais d'en limiter les effets financiers.
00:56:43L'avenant prévoit ainsi une réduction encadrée
00:56:45de la durée d'indemnisation
00:56:46avec des modulations selon l'âge et la conjoncture
00:56:49et un accompagnement renforcé
00:56:51vers ce travail qui demeure,
00:56:54et n'en déplaise à certains utopistes,
00:56:56la valeur fondamentale d'intégration.
00:56:57Pour autant, plusieurs interrogations demeurent.
00:57:01Deux organisations syndicales n'ont pas signé l'accord.
00:57:04D'autre part, la différenciation introduite
00:57:06marque une évolution de la philosophie du régime.
00:57:10Les partenaires sociaux demandent la fin
00:57:12des prélèvements sur le NEDIC.
00:57:13Le respect du dialogue social implique
00:57:15que l'État tienne ses engagements.
00:57:18Mes chers collègues,
00:57:19cet accord, comme tout compromis, est perfectible.
00:57:21Mais au-delà de ce texte,
00:57:23c'est la place de ces sujets,
00:57:26de notre hémicycle, qui interroge.
00:57:28Un renforcement du débat parlementaire
00:57:31s'impose sur ces questions de chômage
00:57:34et d'assurance chômage.
00:57:35C'est dans cet esprit et dans cette démarche
00:57:37que j'avais porté un amendement en 2024,
00:57:39voté par cette Assemblée,
00:57:41mais qui toutefois était interrompu
00:57:43par la dissolution.
00:57:44Il prévoyait, M. le Premier ministre,
00:57:46d'instituer chaque année
00:57:47un débat sur l'emploi et l'assurance chômage
00:57:49ici, dans l'hémicycle,
00:57:51dans le respect premier de l'article
00:57:54du Code du Travail.
00:57:55Pour toutes ces raisons,
00:57:57et dans le respect du dialogue social
00:57:59qui doit guider notre action,
00:58:00le groupe Liotte appelle à voter pour ce texte.
00:58:03Non pas parce qu'il serait parfait,
00:58:05mais parce qu'il résulte
00:58:06d'une négociation paritaire
00:58:08dont nous devons respecter l'équilibre.
00:58:10Voter contre cet accord
00:58:11serait envoyer un signal funeste
00:58:13aux partenaires sociaux,
00:58:15celui de leur travail de négociateur
00:58:17qui pourrait être balayé
00:58:19d'un revers de main
00:58:20par le législateur.
00:58:21C'est là enfin,
00:58:22et j'en termine,
00:58:23c'est là enfin
00:58:24la substance même
00:58:25de ce pacte social
00:58:26qui nous lie
00:58:27et sans lequel
00:58:28il n'est point
00:58:29de république sociale
00:58:30digne de ce nom.
00:58:31Je vous remercie.
00:58:33Merci M. le député.
00:58:34Pour le groupe
00:58:35gauche démocrate et républicaine,
00:58:36la parole est à M. Yannick Monnet.
00:58:45M. le Président,
00:58:47M. le Premier ministre,
00:58:48M. le ministre,
00:58:49M. le Président de la Commission,
00:58:50M. le rapporteur,
00:58:51chers collègues,
00:58:52la rupture conventionnelle
00:58:53a été instaurée en 2008
00:58:54à l'issue d'un accord national
00:58:56interprofessionnel
00:58:57et après que les députés
00:58:58l'aient amendé
00:58:59dans le cadre de l'examen
00:59:00du projet d'oie
00:59:01portant modernisation
00:59:02du marché du travail.
00:59:03Je le rappelle pour dire
00:59:05que contrairement
00:59:05à ce que certains prétendent ici,
00:59:07ce n'est pas d'agir
00:59:08contre le dialogue social
00:59:09que de contester
00:59:10ou d'amender le fruit
00:59:11d'un accord
00:59:12entre les organisations
00:59:13patronales et syndicales,
00:59:15ça l'est d'autant moins
00:59:16quand l'accord
00:59:16n'a pas été unanime.
00:59:18La rupture conventionnelle
00:59:19lors de sa création
00:59:20a été présentée
00:59:21comme une troisième voie
00:59:22entre le licenciement
00:59:23et la démission.
00:59:24A la main, théoriquement,
00:59:26tant de l'employeur
00:59:26que du salarié.
00:59:27A l'époque, déjà,
00:59:28ce dispositif était
00:59:30unanimement plébiscité
00:59:31par les organisations patronales
00:59:32qui voyaient l'opportunité
00:59:34d'une plus grande
00:59:35flexibilisation
00:59:36du marché du travail.
00:59:37En effet,
00:59:38contrairement au licenciement,
00:59:39la rupture conventionnelle
00:59:40ne nécessite pas
00:59:41de motif
00:59:41ou de justification.
00:59:43C'est donc pour un employeur
00:59:44un très bon moyen
00:59:45pour licencier un salarié
00:59:47sans cause réelle
00:59:48et sérieuse.
00:59:49D'ailleurs,
00:59:50les employeurs apprécient
00:59:51aussi ce dispositif
00:59:52parce qu'il est source
00:59:53de très peu de recours
00:59:54au prud'homme.
00:59:55Mais c'est pourquoi aussi,
00:59:56dès 2008,
00:59:57la Confédération européenne
00:59:59des syndicats
00:59:59avait alerté
01:00:00sur la mise en œuvre
01:00:01d'un tel dispositif,
01:00:02craignant la flexicurité
01:00:04soit interprété
01:00:05comme un permis
01:00:06de licencier plus facilement
01:00:07et d'adopter
01:00:08les formes de travail
01:00:09plus précaires,
01:00:10promouvant un marché
01:00:11du travail plus segmenté
01:00:12qui exclurait tout particulièrement
01:00:14les travailleurs
01:00:15les plus vulnérables.
01:00:16Presque 20 ans plus tard,
01:00:18il semble malheureusement
01:00:19que la réalité
01:00:20leur donne raison.
01:00:20Le taux de chômage
01:00:22frôle à nouveau
01:00:23les 8%.
01:00:2412 personnes,
01:00:25des personnes en situation
01:00:26de handicap
01:00:26sont au chômage.
01:00:2880% des embauches
01:00:29en 2024
01:00:30ont été des contrats
01:00:31de très courte durée.
01:00:332,3 millions
01:00:34de travailleurs
01:00:35vivent sous le seuil
01:00:36de pauvreté,
01:00:37soit 25 de plus
01:00:38qu'il y a 20 ans.
01:00:40Mais selon le gouvernement,
01:00:41ce seraient les travailleurs
01:00:42qui seraient responsables
01:00:44de leur précarité salariale.
01:00:45Les salariés
01:00:45abuseraient
01:00:46en recourant
01:00:47à la rupture conventionnelle
01:00:48plutôt que de démissionner.
01:00:50D'abord,
01:00:51ce que le gouvernement
01:00:51qualifie ici d'abus
01:00:52est un droit
01:00:53qui a été donné aux salariés
01:00:54de négocier
01:00:55une telle rupture.
01:00:56Ensuite,
01:00:57s'il s'agit de remettre
01:00:58en cause ce droit
01:00:58du côté des salariés,
01:01:01pourquoi ne pas remettre
01:01:02en cause celui des employeurs
01:01:03qui utilisent
01:01:04la rupture conventionnelle
01:01:05en lieu et place
01:01:06du licenciement ?
01:01:07Enfin,
01:01:08il me semble que
01:01:08les raisons pour lesquelles
01:01:10un salarié décide
01:01:10de rompre son contrat de travail
01:01:12devraient nous interpeller.
01:01:14On ne peut pas,
01:01:14comme l'a fait
01:01:15M. le ministre Farandou,
01:01:16se contenter de dire
01:01:17qu'il s'agit de gens
01:01:18qui profitent d'être au chômage
01:01:19pour prendre un an de vacances.
01:01:21La dégradation
01:01:22des conditions de travail,
01:01:23l'allongement
01:01:23de la durée de travail,
01:01:24la perte de sens au travail
01:01:26sont des éléments documentés
01:01:27et dont on sait
01:01:28qu'ils peuvent légitimement
01:01:29conduire un salarié
01:01:30à ne plus pouvoir continuer.
01:01:32Ainsi,
01:01:33si l'ambition avait été
01:01:34de porter un regard sincère
01:01:36sur le monde des travailleurs,
01:01:38cette négociation
01:01:38aurait dû être l'occasion
01:01:39d'enfin mieux sécuriser
01:01:41les parcours professionnels,
01:01:42d'améliorer la santé
01:01:44et la sécurité au travail,
01:01:45de valoriser le travail
01:01:46et les travailleurs.
01:01:47Mais bien différemment,
01:01:48le gouvernement
01:01:49orchestrait une plus grande
01:01:50fragilisation des travailleurs
01:01:52et des privés d'emploi,
01:01:53de surcroît en nourrissant
01:01:54un discours cher
01:01:55à l'extrême droite
01:01:56qui assimile le travailleur
01:01:57à une personne
01:01:58de bien mauvaise volonté
01:01:59et le privé d'emploi
01:02:01à un profiteur.
01:02:02Cette avenance
01:02:03est donc d'emblée fondée
01:02:04sur une vision tronquée,
01:02:06partielle
01:02:07et à charge
01:02:08contre les travailleurs.
01:02:09Concrètement,
01:02:10si ce projet de loi
01:02:11est voté,
01:02:12un salarié sera désormais
01:02:13sanctionné
01:02:13s'il recourt
01:02:14ou subit
01:02:15une rupture conventionnelle.
01:02:16Il perdra
01:02:17jusqu'à 6 mois et demi
01:02:18de durée d'indemnisation.
01:02:19Les salariés âgés
01:02:20de plus de 55 ans
01:02:21seront les plus durement sanctionnés,
01:02:23leur durée maximale
01:02:24d'indemnisation
01:02:25est en portée
01:02:26de 30 à 20 mois.
01:02:28Une telle mesure
01:02:29ne manquera pas
01:02:29d'accroître
01:02:30le nombre
01:02:30de travailleurs précaires
01:02:31qui ne seront
01:02:32ni en emploi
01:02:33ni en retraite
01:02:34et créera
01:02:35une trappe
01:02:36à des qualifications.
01:02:37Ce texte
01:02:38est donc
01:02:39totalement
01:02:39à contresens
01:02:40des besoins
01:02:41de protection
01:02:41des travailleurs
01:02:42et d'accompagnement
01:02:43des privés d'emploi.
01:02:44Enfin,
01:02:45il n'est pas tolérable
01:02:46que le gouvernement
01:02:46fasse payer
01:02:47aux travailleurs
01:02:48sa mauvaise gestion
01:02:49des finances publiques.
01:02:50Il prétend en effet
01:02:51que cette réforme
01:02:52est rendue nécessaire
01:02:52par le déficit
01:02:53de l'unédit.
01:02:54Mais le déficit
01:02:55actuel
01:02:55de l'assurance chômage
01:02:58n'est dû
01:02:59qu'à une mauvaise gestion
01:03:00et au versement
01:03:00d'indemnisation
01:03:03trop généreuse,
01:03:05mais principalement
01:03:06aux ponctions
01:03:06récurrentes
01:03:07de l'État
01:03:07qui ont quand même
01:03:08atteint 12 milliards d'euros
01:03:09entre 2023
01:03:10et 2026.
01:03:12Sans les prélèvements
01:03:13de l'État,
01:03:13le solde du régime
01:03:14aurait été de plus
01:03:152 milliards d'euros
01:03:16en 2026.
01:03:17Ce projet de loi
01:03:18n'est donc rien d'autre
01:03:19qu'un texte
01:03:19d'opportunisme budgétaire
01:03:21dans une remise en cause
01:03:23frontale
01:03:23de notre système
01:03:24de protection sociale
01:03:26contraire aux intérêts
01:03:27des travailleurs.
01:03:28Et je finirai
01:03:29par vous dire,
01:03:29monsieur le ministre,
01:03:29vous m'avez reproché
01:03:31de ne voir que le verre
01:03:32à moitié vide
01:03:33alors que vous,
01:03:33vous prétendez voir
01:03:34le verre à moitié plein
01:03:36juste pour vous dire
01:03:37qu'il n'y a quasiment
01:03:37plus d'eau dans le verre.
01:03:39Je vous remercie.
01:03:40Merci, monsieur le député.
01:03:41Pour le groupe
01:03:42Union des droites
01:03:43pour la République,
01:03:43la parole à monsieur
01:03:44Olivier Fessard.
01:03:48Applaudissements
01:03:55Merci, monsieur le président,
01:03:57monsieur le ministre,
01:03:58monsieur le rapporteur,
01:03:59monsieur le président
01:04:00de la commission.
01:04:01Chers collègues,
01:04:02nous examinons aujourd'hui
01:04:03pour la deuxième fois
01:04:04un projet de loi
01:04:05adopté par le Sénat,
01:04:07rejeté par notre Assemblée
01:04:08en première lecture,
01:04:08puis restauré par le Sénat
01:04:10dans sa version initiale
01:04:11en seconde lecture.
01:04:13Ce projet vise
01:04:14à transposer
01:04:14l'avenant numéro 3
01:04:15du 25 février 2026
01:04:17au protocole d'accord
01:04:18du 10 novembre 2023
01:04:19relatif à l'assurance chômage.
01:04:22Le texte s'inscrit
01:04:23donc dans un cadre précis,
01:04:25celui d'un accord conclu
01:04:26entre les partenaires sociaux
01:04:28pour répondre
01:04:29à la dégradation financière
01:04:31de l'UNEDIC
01:04:31en ciblant spécifiquement
01:04:33les conséquences
01:04:34des ruptures conventionnelles
01:04:35individuelles
01:04:36sur les dépenses
01:04:37d'indemnisation.
01:04:38Ce texte ne remet pas
01:04:40en question
01:04:40le principe
01:04:41de la rupture conventionnelle.
01:04:42Il s'appuie
01:04:43sur un constat.
01:04:44Les ruptures conventionnelles
01:04:45ont progressé
01:04:46de plus de 60%
01:04:47en 10 ans.
01:04:49Ce mécanisme
01:04:49présente des avantages réels.
01:04:51Il offre davantage
01:04:52de souplesse
01:04:52aux entreprises,
01:04:53réduit les risques
01:04:54de contentieux
01:04:55et permet dans de nombreux cas
01:04:57de sécuriser
01:04:58les transitions professionnelles
01:04:59des salariés.
01:05:01L'idée de départ
01:05:02de la rupture conventionnelle
01:05:03était de proposer
01:05:04aux employeurs
01:05:04et aux salariés
01:05:05une forme de divorce
01:05:06à l'amiable
01:05:06permettant de répondre
01:05:08à une volonté conjointe
01:05:09de se séparer,
01:05:10pouvoir se quitter
01:05:11sans contentieux
01:05:12en sécurisant
01:05:13les deux parties.
01:05:14Un droit
01:05:15à l'assurance chômage
01:05:16pour le salarié
01:05:17et la suppression
01:05:18des risques
01:05:18d'un contentieux
01:05:19pour l'entreprise.
01:05:20En revanche,
01:05:21si la volonté
01:05:22de se séparer
01:05:22n'est pas conjointe,
01:05:24la rupture conventionnelle
01:05:25n'avait en aucun cas
01:05:26vocation
01:05:26à se substituer
01:05:28aux autres procédures
01:05:28que sont la démission
01:05:30et le licenciement.
01:05:32C'est pourtant
01:05:33ce qui est un peu arrivé
01:05:34et ça coûte cher.
01:05:35En 2024,
01:05:37ces bénéficiaires
01:05:37représentaient
01:05:3819% des nouveaux inscrits
01:05:39mais 26%
01:05:40des dépenses d'allocation
01:05:41soit 9,4 milliards d'euros.
01:05:44Le monde du travail
01:05:45a perdu de vue
01:05:46que l'assurance chômage
01:05:47repose historiquement
01:05:48sur la compensation
01:05:49d'une perte
01:05:50involontaire d'emploi.
01:05:52L'assurance,
01:05:53d'ailleurs,
01:05:53trouve son origine
01:05:54dans la volonté
01:05:54de se prémunir
01:05:55contre un aléa.
01:05:56L'aléa
01:05:57qui frappe
01:05:57un employé licencié
01:05:59est un risque
01:05:59contre lequel
01:06:00le salarié
01:06:01doit être protégé.
01:06:02C'est la logique
01:06:03même de l'assurance.
01:06:04Mais la rupture
01:06:05conventionnelle
01:06:06par définition
01:06:06n'est pas un aléa.
01:06:07C'est un choix.
01:06:08Un choix libre
01:06:09au moment consenti,
01:06:10négocié,
01:06:11signé par les deux parties.
01:06:12Le salarié
01:06:13veut quitter l'entreprise
01:06:14et l'employeur
01:06:15souhaite le départ
01:06:16de ce salarié.
01:06:17Il n'y a pas de victime,
01:06:18il y a une volonté commune,
01:06:20il y a un accord.
01:06:22Ceci étant,
01:06:22nous pouvons comprendre
01:06:23évidemment
01:06:24qu'on maintienne
01:06:24une ouverture des droits
01:06:25au chômage
01:06:26dans ce cas.
01:06:26Le salarié a cotisé,
01:06:28il mérite
01:06:29d'être accompagné
01:06:29dans cette transition.
01:06:31Mais indemniser
01:06:32ce choix délibéré
01:06:33aussi longtemps
01:06:34qu'une perte subie
01:06:35et involontaire,
01:06:36c'est contre-productif.
01:06:37On donne à l'employeur
01:06:39qui veut s'épargner
01:06:39les risques
01:06:40d'un licenciement
01:06:40le moyen de convaincre
01:06:41le salarié
01:06:42d'accepter
01:06:43ce qu'il ne veut pas.
01:06:44Et le salarié peut,
01:06:45à l'inverse,
01:06:47obtenir de son employeur
01:06:48une rupture
01:06:48qui ne lui aurait pas
01:06:49été accordée,
01:06:50faisant supporter
01:06:51à la collectivité
01:06:52ce qui n'est,
01:06:53au fond,
01:06:53qu'une volonté
01:06:54de démissionner.
01:06:56C'est pourquoi
01:06:57nous soutenons
01:06:57cette modulation
01:06:58de la durée
01:06:58d'indemnisation,
01:07:00même ouverture des droits,
01:07:01mais durée réduite
01:07:02pour les ruptures
01:07:03conventionnelles
01:07:03dans la continuité
01:07:04d'une logique
01:07:05assurantielle.
01:07:06Je ne vais pas
01:07:07m'attarder sur le fond
01:07:08ni sur les importantes
01:07:09économies attendues
01:07:10puisque nous avons
01:07:11déjà évoqué tout ça
01:07:12dans le détail
01:07:13en première lecture.
01:07:14Mais en synthèse,
01:07:15ils traduisent
01:07:16un compromis
01:07:16entre la volonté
01:07:17de rétablir
01:07:18un équilibre
01:07:18entre la nécessaire
01:07:19souplesse offerte
01:07:20par la rupture
01:07:20conventionnelle
01:07:21et la soutenabilité
01:07:23d'un régime
01:07:23d'assurance-chômage
01:07:24dont chacun sait
01:07:25qu'il ne peut
01:07:25durablement absorber
01:07:27de telles charges
01:07:28sans adaptation.
01:07:29La rupture conventionnelle
01:07:31est utile,
01:07:31elle permet d'organiser
01:07:32de manière apaisée
01:07:33la séparation
01:07:34entre un employeur
01:07:35et un salarié.
01:07:36Le projet de loi
01:07:37qui nous est soumis
01:07:38comporte un article unique
01:07:39lequel permet
01:07:40l'agrément
01:07:40de l'avenant négocié
01:07:41par les partenaires sociaux
01:07:43afin de rendre
01:07:43applicables
01:07:44les nouvelles règles.
01:07:46Ce texte résulte
01:07:47donc déjà
01:07:48d'une négociation
01:07:49dans un cadre
01:07:50défini par le gouvernement
01:07:51puis d'un accord
01:07:52majoritaire.
01:07:53Cet équilibre
01:07:54confère à la réforme
01:07:55une légitimité particulière
01:07:57et justifie
01:07:58que le Parlement
01:07:58ne la fragilise pas
01:07:59par des modifications
01:08:01qui remettraient
01:08:01en cause
01:08:02de l'architecture
01:08:03globale
01:08:03de l'accord.
01:08:04Il serait regrettable
01:08:06que nous ne parvenions
01:08:06pas à trouver ici
01:08:07une majorité
01:08:08alors qu'il s'agit
01:08:09de confirmer un accord
01:08:10conclu le 23 mars
01:08:122026
01:08:12qui a été signé
01:08:14par l'ensemble
01:08:14des organisations patronales
01:08:16ainsi que par la majorité
01:08:17des organisations syndicales.
01:08:20Espérons que la représentation nationale
01:08:21ne sera pas moins raisonnable
01:08:22que celles et ceux
01:08:23qu'elle représente.
01:08:24Le groupe UDR
01:08:25votera donc
01:08:26en faveur de ce projet.
01:08:28Je vous remercie.
01:08:29Merci monsieur le député.
01:08:31Pour le groupe
01:08:32rassemblement national
01:08:32la parole à monsieur
01:08:33Gaëtan
01:08:34du SOSÉ.
01:08:50Monsieur le Président,
01:08:52monsieur le Premier ministre,
01:08:53monsieur le ministre,
01:08:53monsieur le Président de la Commission,
01:08:54monsieur le rapporteur,
01:08:55chers collègues.
01:08:56Il faut désormais
01:08:57trois mois
01:08:58au gouvernement
01:08:59pour parvenir
01:08:59à transposer dans la loi
01:09:00un accord conclu
01:09:01par les partenaires sociaux
01:09:02à la majorité.
01:09:04Il faut désormais
01:09:05pas une, pas deux
01:09:06mais bien cinq réformes
01:09:07de l'assurance chômage
01:09:08depuis l'élection
01:09:08d'Emmanuel Macron
01:09:09pour parvenir encore
01:09:10à l'exploit
01:09:10de ne pas trouver de réponse
01:09:12ni face à l'augmentation
01:09:12du chômage
01:09:13ni face à l'augmentation
01:09:14du sous-emploi contraint
01:09:16ni face aux carences
01:09:17de la formation professionnelle
01:09:18et de la formation continue
01:09:19tout au long de sa carrière
01:09:20ni face encore
01:09:21aux difficultés
01:09:22de recrutement éprouvées
01:09:23par des secteurs stratégiques
01:09:24comme l'industrie
01:09:25tout comme des secteurs
01:09:26essentiels
01:09:26comme l'hôpital public.
01:09:28Cinq réformes
01:09:28de l'assurance chômage
01:09:29cinq réformes
01:09:30à travers lesquelles
01:09:31les gouvernements
01:09:32macronistes
01:09:32font, défont, refont,
01:09:34redéfont au gré du vent
01:09:35sans jamais poser
01:09:36la seule question qui vaille
01:09:37non pas celle
01:09:38de la pseudo-générosité
01:09:39du système
01:09:39mais bien celle
01:09:40de son efficacité.
01:09:42Engager une cinquième réforme
01:09:44de l'assurance chômage
01:09:44est en définitive
01:09:45faire l'aveu
01:09:46des manquements
01:09:46si ce n'est
01:09:47de l'inefficacité
01:09:48des quatre
01:09:48qui l'ont précédé.
01:09:49Alors sommes-nous étonnés ?
01:09:51La réponse est non.
01:09:52Qu'attendre d'autre
01:09:53de la Macronie
01:09:54qui a prouvé plus d'une fois
01:09:55son incompétence
01:09:55durant les dix longues années
01:09:57qu'elle a passées
01:09:57à la tête du pays ?
01:09:59Qu'attendre d'autre
01:10:00de la Macronie
01:10:00dont l'un des champions
01:10:01ex-premier ministre
01:10:03désormais candidat
01:10:04déclaré à l'élection présidentielle
01:10:05parmi les 32 autres
01:10:06candidats déclarés
01:10:07à l'élection présidentielle
01:10:08qui annonce
01:10:09vouloir réformer
01:10:10pour la énième fois
01:10:10l'assurance chômage
01:10:11sans même savoir
01:10:12ce qu'il propose.
01:10:13La séquence était savoureuse
01:10:14des millions de français
01:10:15l'ont d'ailleurs vu avec nous
01:10:16et dit tellement de vous
01:10:18de la Macronie.
01:10:19Un ex-premier ministre
01:10:24a ainsi annoncé
01:10:25en grande pompe
01:10:26vouloir abaisser
01:10:27à 18 mois
01:10:28la durée maximale
01:10:28d'indemnisation
01:10:29et oublie par la même occasion
01:10:31que la règle impose
01:10:32déjà une durée maximale
01:10:33de 18 mois.
01:10:34Un ex-premier ministre
01:10:35nous fait donc
01:10:36la démonstration
01:10:37devant la France entière
01:10:38qu'en Macronie
01:10:38pas la peine de connaître
01:10:39les réformes que vous portez
01:10:40lorsque vous êtes
01:10:41aux responsabilités.
01:10:43Soyez fiers
01:10:43d'être des amateurs
01:10:44sommez le président de la République
01:10:45le 11 février 2020
01:10:46aux députés macronistes
01:10:47jamais une consigne
01:10:49n'aura été aussi bien suivie.
01:10:51Chacun comprend mieux
01:10:52désormais l'état du pays
01:10:53comme l'état des comptes publics.
01:10:55Alors voyons ensemble
01:10:56ce qu'est cette cinquième réforme
01:10:57de l'assurance chômage
01:10:58et surtout ce que n'est pas
01:10:59cette cinquième réforme
01:11:00de l'assurance chômage.
01:11:01Non mesdames et messieurs
01:11:02les membres du gouvernement
01:11:03cette réforme n'est pas
01:11:03une réponse au déficit
01:11:05de notre régime
01:11:05d'assurance chômage.
01:11:07Le régime d'assurance chômage
01:11:08et vous le savez pertinemment
01:11:09sans les charges supplémentaires
01:11:10sans les prélèvements successifs
01:11:12et répétés de l'Etat
01:11:13sans les obligations croissantes
01:11:14de financement de France Travail
01:11:16et ce régime d'assurance chômage là
01:11:17est un régime à l'équilibre
01:11:19et même un régime excédentaire.
01:11:21Pour résorber le déficit
01:11:22une chose à faire
01:11:23stopper les prélèvements étatiques
01:11:25et lors du dernier projet
01:11:27de loi de financement
01:11:28de la sécurité sociale
01:11:29le gouvernement a pourtant
01:11:30récidivé 4 milliards d'euros
01:11:314 milliards d'euros
01:11:32prélevés sur l'UNEDIC
01:11:33avec le soutien des députés LR
01:11:34jusqu'aux bancs socialistes.
01:11:36Cette réforme n'est pas
01:11:37une réponse au déficit du régime
01:11:39mais peut-être plus
01:11:39une inflexion portée
01:11:40sur le recours
01:11:41aux ruptures conventionnelles individuelles.
01:11:43Et au Rassemblement national
01:11:44nous accueillons d'un œil
01:11:45attentif et prudent
01:11:46cette décision
01:11:47fruit de la démocratie sociale.
01:11:49Pourquoi ?
01:11:50Car le recours
01:11:50à ce mode de rupture
01:11:51du contrat de travail
01:11:52autrefois d'ailleurs
01:11:52fortement critiqué
01:11:53par la voie syndicale
01:11:54et par la gauche
01:11:55de cet hémicycle
01:11:55a considérablement augmenté.
01:11:57Plus 63% en 10 ans
01:11:59plus 17%
01:12:00rien qu'entre 2019
01:12:01et 2024.
01:12:03Ces ruptures conventionnelles
01:12:04on le sait
01:12:04ont un coût
01:12:05pour la productivité d'abord
01:12:06puisqu'elles sont devenues
01:12:07un véritable outil courant
01:12:09de mobilité professionnelle
01:12:10en surnombre au cœur
01:12:11des petites et des moyennes entreprises
01:12:12ce sont pourtant bien
01:12:13ces acteurs économiques
01:12:14qui sont proportionnellement
01:12:15les plus fortement impactés
01:12:17par la flexibilité
01:12:18du marché du travail.
01:12:19Ces ruptures conventionnelles
01:12:21on doit aussi les voir
01:12:21depuis le prisme
01:12:22de la justice sociale
01:12:23car ce sont bien
01:12:24les plus diplômés
01:12:25ceux qui ont donc
01:12:26le moins de difficultés
01:12:27à s'insérer
01:12:28sur le marché du travail
01:12:28qui ont recours
01:12:29dans des proportions
01:12:30plus importantes
01:12:30à ces modes de rupture
01:12:32de contrat.
01:12:33Exigées par les très très très
01:12:34très très très grandes entreprises
01:12:35plébiscitées par les très au cadre
01:12:37quel paradoxe de voir aujourd'hui
01:12:38la gauche
01:12:39devenir l'avocate
01:12:40de la rupture conventionnelle.
01:12:41Beaucoup de ceux
01:12:42qui dénoncent cette inflexion
01:12:43sur les ruptures conventionnelles
01:12:44sont les mêmes
01:12:45qui hier
01:12:45condamnaient avec virulence
01:12:47la rupture conventionnelle
01:12:48elle-même.
01:12:49Qui affirmait
01:12:50petit travail de mémoire
01:12:51qui affirmait hier
01:12:51que la rupture conventionnelle
01:12:52est un moyen de
01:12:53je cite
01:12:53contourner la législation
01:12:54en matière de licenciement ?
01:12:56Annie David
01:12:57sénatrice communiste.
01:12:58Qui affirmait hier
01:12:59que la rupture conventionnelle
01:13:00offrait une possibilité
01:13:01de licenciement
01:13:02sans motif ?
01:13:03Martine Billard
01:13:04députée à son tour
01:13:05communiste.
01:13:06Qui affirmait hier
01:13:07que la rupture conventionnelle
01:13:09est un dispositif
01:13:10qui
01:13:10je cite
01:13:11ouvrez les guillemets
01:13:12permet que l'on vous pousse
01:13:13dehors
01:13:14hors de tout cadre légal
01:13:15un certain sénateur
01:13:16qui siégeait alors
01:13:17avec les communistes
01:13:18j'ai nommé
01:13:19Jean-Luc Mélenchon.
01:13:20La gauche
01:13:20n'est donc définitivement pas
01:13:21à une contradiction près
01:13:23puisqu'elle se fait
01:13:24aujourd'hui
01:13:24l'avocate de la rupture conventionnelle
01:13:26qu'elle n'a eu de cesse
01:13:26pourtant de dénoncer.
01:13:28Alors on vous le dit
01:13:29très clairement
01:13:30voter en faveur
01:13:31de cette avenance
01:13:31est d'abord respecter
01:13:32l'accord négocié
01:13:33par les partenaires sociaux
01:13:34c'est donner son crédit
01:13:36et sa chance à la démocratie sociale
01:13:37il faut encore abandonner
01:13:38par l'extrême gauche
01:13:39de cet hémicycle
01:13:40et c'est ensuite
01:13:41agir pour un tout petit peu
01:13:42plus de justice sociale
01:13:43et un tout petit peu plus
01:13:45de pérennité
01:13:45sur le marché du travail
01:13:46raison pour laquelle
01:13:47le groupe Rassemblement National
01:13:49soutiendra l'accord
01:13:50je vous remercie.
01:13:51Merci monsieur le député.
01:13:53Pour le groupe
01:13:54Ensemble pour la République
01:13:55la parole à monsieur
01:13:56Christophe Mongardien.
01:13:58Merci.
01:14:00Merci.
01:14:01Merci.
01:14:01Merci.
01:14:02Merci.
01:14:21Monsieur le Président.
01:14:23Messieurs les ministres
01:14:25Monsieur le Président
01:14:26de la Commission
01:14:27Monsieur le rapporteur
01:14:28mes chers collègues
01:14:29ce projet de loi
01:14:31qui nous revient
01:14:31en deuxième lecture
01:14:32est indispensable
01:14:33à l'application
01:14:35de l'avenant numéro 3
01:14:36du 25 février 2026
01:14:37du protocole d'accord
01:14:38préalablement négocié
01:14:40et signé avec les partenaires sociaux
01:14:41le 10 novembre 2023
01:14:42et relatif
01:14:44à l'assurance chômage.
01:14:46Plus précisément
01:14:47ce projet de loi
01:14:48amende
01:14:49l'article
01:14:50L5422-2
01:14:51du Code du Travail
01:14:52en rajoutant
01:14:53comme critère discriminant
01:14:55pour l'établissement
01:14:56de la durée
01:14:56des droits
01:14:57à indemnité de chômage
01:14:58le type de rupture
01:14:59de contrat
01:15:00et dans le cas présent
01:15:01la rupture conventionnelle
01:15:04individuelle
01:15:04La rupture conventionnelle
01:15:06individuelle
01:15:07a été introduite
01:15:08dans le Code du Travail
01:15:08en 2008
01:15:09en accord
01:15:10avec les partenaires sociaux
01:15:11avec l'objectif
01:15:12de favoriser
01:15:13les négociations
01:15:14amiables
01:15:15entre l'employeur
01:15:16et le salarié
01:15:16dans le cadre
01:15:17d'une rupture
01:15:18de contrat de travail
01:15:19afin de réduire
01:15:20le nombre de contentieux
01:15:23Ce mode de rupture
01:15:24de contrat de travail
01:15:25qui répondait
01:15:26à un besoin
01:15:27tant du côté employeur
01:15:28que du côté employé
01:15:29est quelque part
01:15:30aujourd'hui
01:15:31victime de son succès
01:15:33et représente aujourd'hui
01:15:34de 8 à 21%
01:15:36du volume
01:15:37de rupture de contrat
01:15:38à durée indéterminée
01:15:40En lien direct
01:15:41avec ce nombre
01:15:42croissant
01:15:42de ruptures conventionnelles
01:15:43individuelles
01:15:44le nombre
01:15:45d'ouvertures
01:15:46de droits
01:15:46à allocation
01:15:47d'aides
01:15:48de retour
01:15:48à l'emploi
01:15:48lié à ce mode
01:15:49de rupture
01:15:50est en croissance
01:15:51depuis 2008
01:15:52et représente
01:15:54en 2024
01:15:5619%
01:15:57des ouvertures
01:15:58de droits
01:15:58pour un coût
01:15:59de 9,4 milliards
01:16:01d'euros
01:16:02en 2024
01:16:02soit 26%
01:16:04des dépenses
01:16:05totales
01:16:06d'allocations
01:16:06au chômage
01:16:07Par ailleurs
01:16:09la typologie
01:16:10et la sociologie
01:16:11des employés
01:16:11faisant le plus appel
01:16:12à ce mode de rupture
01:16:13correspondent
01:16:14à une catégorie
01:16:15de personnes
01:16:15dont l'employabilité
01:16:16de par leur âge
01:16:18leur formation
01:16:19et leur expérience
01:16:20professionnelle
01:16:21est très sensiblement
01:16:22supérieure
01:16:23à celle
01:16:24de la moyenne
01:16:24des employés
01:16:25et pourtant
01:16:26paradoxalement
01:16:27la moyenne
01:16:29des droits
01:16:30à allocation
01:16:30au chômage
01:16:31est plus forte
01:16:32chez les employés
01:16:34et ont fait l'objet
01:16:34d'une rupture conventionnelle
01:16:38que pour les employés
01:16:40qui ont subi
01:16:42un licenciement
01:16:42imposé
01:16:45Il convient donc
01:16:46dans un souci
01:16:47d'équité
01:16:48entre les employés
01:16:49et dans un objectif
01:16:50d'économie
01:16:50de charges
01:16:51liées
01:16:52aux allocations
01:16:52chômage
01:16:53et d'incitation
01:16:54au retour
01:16:55à l'emploi
01:16:55plus rapide
01:16:56de réduire
01:16:57légèrement
01:16:57la durée
01:16:58d'indemnisation
01:16:58maximale
01:16:59en cas de rupture
01:17:00conventionnelle
01:17:00individuelle
01:17:01par rapport
01:17:02à un licenciement
01:17:03forcé
01:17:03C'est exactement
01:17:05ce que prévoit
01:17:05l'avenant numéro 3
01:17:06au protocole d'accord
01:17:07car effectivement
01:17:08une rupture individuelle
01:17:10nécessite l'accord
01:17:11de l'employé
01:17:12et de l'employeur
01:17:13Il s'agit donc
01:17:14d'une rupture
01:17:15négociée
01:17:16et non unilatérale
01:17:17et subie
01:17:18comme l'est un licenciement
01:17:20Ce protocole d'accord
01:17:22apporte par ailleurs
01:17:22une attention particulière
01:17:24aux territoires
01:17:24d'outre-mer
01:17:25et aux personnes
01:17:26de plus de 55 ans
01:17:28qui malgré une recherche active
01:17:29se trouveraient
01:17:30en difficulté
01:17:31pour retrouver un emploi
01:17:32en permettant
01:17:33la restauration intégrale
01:17:35de la durée
01:17:35de leurs droits
01:17:35à location chômage
01:17:38Rejeter ce projet de loi
01:17:40reviendrait
01:17:41à rendre impossible
01:17:41l'application
01:17:42du protocole d'accord
01:17:43préalablement négocié
01:17:45et signé
01:17:45entre le gouvernement
01:17:46et les partenaires sociaux
01:17:47et cela reviendrait
01:17:48à mettre en cause
01:17:49le dialogue social
01:17:50et la pertinence
01:17:52des partenaires sociaux
01:17:53dans la défense
01:17:53effective
01:17:54des droits
01:17:55des salariés
01:17:55alors que ce sont eux
01:17:57qui connaissent le mieux
01:17:58le monde du travail
01:17:59le quotidien
01:18:00et les réalités
01:18:01des entreprises
01:18:02des salariés
01:18:03et des demandeurs d'emploi
01:18:05Ce projet de loi
01:18:06rejeté une première fois
01:18:07dans l'hémicycle
01:18:08de l'Assemblée nationale
01:18:09suite au vote
01:18:10d'un amendement
01:18:11de suppression
01:18:11a pourtant été
01:18:13par deux fois
01:18:14voté tel quel
01:18:15en commission
01:18:16des affaires sociales
01:18:17et il nous revient
01:18:19aujourd'hui
01:18:20du Sénat
01:18:21avec un vote
01:18:22favorable
01:18:23indiscutable
01:18:23avec 236 voix
01:18:25pour
01:18:26et seulement
01:18:2639 contre
01:18:27à notre tour
01:18:29dans l'hémicycle
01:18:30de l'Assemblée nationale
01:18:31de démontrer
01:18:32notre respect
01:18:33et notre attachement
01:18:34aux négociations
01:18:35entre les partenaires sociaux
01:18:36vous l'avez compris
01:18:38favorable
01:18:39à ce protocole d'accord
01:18:40et à l'avenant signé
01:18:41entre le gouvernement
01:18:41et les partenaires sociaux
01:18:42nous serons favorables
01:18:44à l'article unique
01:18:45de ce projet de loi
01:18:46tel qu'il nous est présenté
01:18:47et nous rejetterons
01:18:48tous les amendements
01:18:49présentés
01:18:50qui ne visent
01:18:50qu'à supprimer
01:18:51ou à contrecarrer
01:18:53le protocole d'accord signé
01:18:54je vous remercie
01:18:56merci monsieur le député
01:18:58la discussion générale
01:18:59est close
01:18:59voilà pour ce numéro
01:19:01de la séance est ouverte
01:19:02à très vite sur LCP
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