- il y a 10 heures
À LA UNE / Électrification : Emmanuel Macron sonne la mobilisation
Un mois après la publication d'un plan d'électrification des usages par le gouvernement, comportant 22 mesures destinées à doper la consommation d'électricité en France, Emmanuel Macron a réuni mardi 26 mai « l'équipe de France de l'électrification », soit les acteurs majeurs de la filière, industriels et énergéticiens. L'objectif est double : réduire les émissions de CO2 et rendre ménages et entreprises moins dépendants de carburants issus de pétrole importé, alors que la guerre au Moyen-Orient fait flamber les prix. Souveraine en électricité, la France se trouve aujourd'hui en situation de surproduction. Le gouvernement formule des propositions : la multiplication des bornes de recharges, un investissement de 240 millions d'euros d'EDF pour électrifier les transports et aider les ménages à s'équiper d'une pompe à chaleur. Ces ambitions d'électrification sont-elles réalistes ?
Invités :
- Raphaël Schellenberger, député « non inscrit » du Haut-Rhin,
- Paul Messad, journaliste énergie et climat chez GreenUnivers,
- Yamina Saheb, directrice du laboratoire mondial des Sobriétés, chercheure et enseignante à Sciences Po.
Chroniques :
« Le chiffre du jour » : électrification, quelles retombées pour l'emploi ? par Fanny Guinochet
« Quelle histoire ! » : Encyclique de Léon XIV : l'Église au temps de l'IA par Olivier Ravanello
LA QUESTION QUI FÂCHE / Encadrement des loyers : stop ou encore ?
Les économistes Guillaume Chapelle et Gabrielle Fack ont rendu le mardi 26 mai, le rapport d'évaluation de l'encadrement des loyers confié par Matignon. Alors que la reconduction du dispositif, portée par les socialistes, avait été adoptée dans l'hémicycle, le rapport conclut à des « effets ambivalents ». D'un côté, le dispositif «?contribue à modérer les loyers observés » ; de l'autre, il demeurerait « imparfaitement ciblé, difficile à piloter et insuffisamment documenté statistiquement?». Si le gouvernement, qui s'est opposé à sa pérennisation, estime l'encadrement « inefficace », Manuel Domergue, directeur des études de la Fondation pour le logement, rappelle toutefois que le rapport propose des pistes de renforcement, appuyées par l'expérience des collectivités qui en demandent la reconduction. Face à ces constats, l'encadrement des loyers est-il la solution pour modérer l'augmentation des prix dans les zones tendues ?
Invités :
- Marie Coeurderoy, journaliste à « La Tribune Dimanche » et « BFM Business », spécialiste du logement,
- Philippe Lottiaux, député « Rassemblement National » du Var,
- Inaki Echaniz, député socialiste des Pyrénées-Atlantiques.
« Bourbon express » par Marco Paumier.
Un mois après la publication d'un plan d'électrification des usages par le gouvernement, comportant 22 mesures destinées à doper la consommation d'électricité en France, Emmanuel Macron a réuni mardi 26 mai « l'équipe de France de l'électrification », soit les acteurs majeurs de la filière, industriels et énergéticiens. L'objectif est double : réduire les émissions de CO2 et rendre ménages et entreprises moins dépendants de carburants issus de pétrole importé, alors que la guerre au Moyen-Orient fait flamber les prix. Souveraine en électricité, la France se trouve aujourd'hui en situation de surproduction. Le gouvernement formule des propositions : la multiplication des bornes de recharges, un investissement de 240 millions d'euros d'EDF pour électrifier les transports et aider les ménages à s'équiper d'une pompe à chaleur. Ces ambitions d'électrification sont-elles réalistes ?
Invités :
- Raphaël Schellenberger, député « non inscrit » du Haut-Rhin,
- Paul Messad, journaliste énergie et climat chez GreenUnivers,
- Yamina Saheb, directrice du laboratoire mondial des Sobriétés, chercheure et enseignante à Sciences Po.
Chroniques :
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« Quelle histoire ! » : Encyclique de Léon XIV : l'Église au temps de l'IA par Olivier Ravanello
LA QUESTION QUI FÂCHE / Encadrement des loyers : stop ou encore ?
Les économistes Guillaume Chapelle et Gabrielle Fack ont rendu le mardi 26 mai, le rapport d'évaluation de l'encadrement des loyers confié par Matignon. Alors que la reconduction du dispositif, portée par les socialistes, avait été adoptée dans l'hémicycle, le rapport conclut à des « effets ambivalents ». D'un côté, le dispositif «?contribue à modérer les loyers observés » ; de l'autre, il demeurerait « imparfaitement ciblé, difficile à piloter et insuffisamment documenté statistiquement?». Si le gouvernement, qui s'est opposé à sa pérennisation, estime l'encadrement « inefficace », Manuel Domergue, directeur des études de la Fondation pour le logement, rappelle toutefois que le rapport propose des pistes de renforcement, appuyées par l'expérience des collectivités qui en demandent la reconduction. Face à ces constats, l'encadrement des loyers est-il la solution pour modérer l'augmentation des prix dans les zones tendues ?
Invités :
- Marie Coeurderoy, journaliste à « La Tribune Dimanche » et « BFM Business », spécialiste du logement,
- Philippe Lottiaux, député « Rassemblement National » du Var,
- Inaki Echaniz, député socialiste des Pyrénées-Atlantiques.
« Bourbon express » par Marco Paumier.
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00:00:05Musique
00:00:24Bonsoir à tous et bienvenue dans Chaque Voix Compte sur LCP.
00:00:26Et nous sommes ensemble pour une heure de décryptage de l'actualité et de débats en direct de l'Assemblée
00:00:31Nationale pour m'accompagner ce soir Fanny Guinochet, journaliste à France Info.
00:00:36Bonsoir Fanny et bonsoir Olivier Ravanello.
00:00:39C'est parti pour le sommaire avec à la une l'équipe de France à l'Elysée.
00:00:43Alors rien à voir avec la prochaine Coupe du monde de foot non ?
00:00:45C'est l'équipe de France de l'électrification qu'Emmanuel Macron avait réunie ce matin pour doper la consommation
00:00:52d'électricité en France.
00:00:54Et on en parle ce soir avec vous Yamina Saeb, bonsoir.
00:00:57Bonsoir.
00:00:57Vous êtes directrice du laboratoire mondial des sobriétés, vous êtes également chercheuse et enseignante à Sciences Po.
00:01:03Merci d'être là aux côtés de Raphaël Schellenberger, bonsoir.
00:01:06Bonsoir.
00:01:07Député non inscrit, ex-LR du Haut-Rhin, vous êtes l'auteur d'un rapport commandé par le gouvernement sur
00:01:12les freins à l'électrification dans l'industrie.
00:01:15Vous devez le remettre le mois prochain, peut-être pourrez-vous nous en dire quelques mots avant sa publication.
00:01:20Et puis bonsoir Paul Messade, vous êtes journaliste énergie-climat pour le site Green Univers.
00:01:25Merci d'être là également.
00:01:27Fanny Guinochet, votre chiffre du jour ?
00:01:29Écoutez, l'électrification rime avec emploi.
00:01:31Non ?
00:01:3212 000 recrutements par an, ce sont les engagements des acteurs de la filière.
00:01:37Et vous nous en parlerez tout à l'heure.
00:01:39Olivier Ravanello, quelle histoire allez-vous nous raconter ce soir ?
00:01:41L'histoire de Magnifica Humanitas, c'est l'encyclique qu'a publié le pape.
00:01:46Elle parle, entre autres, parmi toutes les évolutions et les dangers qui guettent l'humanité, de l'IA.
00:01:51Et ça, c'est pas banal.
00:01:52Dans la deuxième partie de chaque voix compte, place à la question qui fâche.
00:01:55Encadrement des loyers ? Stop ou encore un rapport publié aujourd'hui même ?
00:02:00Pointe les effets, disons, ambivalents du dispositif créé en 2014, plébiscité par de nombreuses grandes villes.
00:02:07Normalement, il doit expirer en novembre prochain.
00:02:10Est-ce qu'il faut arrêter ? Est-ce qu'il faut continuer ?
00:02:12On en parle tout à l'heure avec Marie-Cœur de Roi, qui est journaliste IMO à la Tribune dimanche.
00:02:16Avec Inaki Echaniz, député socialiste des Pyrénées-Atlantiques.
00:02:20Et Philippe Lottiot, député Rassemblement National du Var, sera également avec nous.
00:02:24Vous pouvez vous aussi interroger nos invités ou nous faire part de vos réflexions.
00:02:27Vous flashez le QR code qui est là.
00:02:29Et c'est Olivier Ravanello qui se charge de nous transmettre vos questions.
00:02:33Et puis il y aura aussi Bourbon Express dans une heure.
00:02:35Le journal de l'Assemblée Nationale avec Marco Pommier.
00:02:38Voilà pour le menu de ce soir.
00:02:40Installez-vous confortablement.
00:02:41Chaque voix compte, c'est parti.
00:02:50France Gall nous disait, débranche.
00:02:52Emmanuel Macron nous dit, rebranche.
00:02:55Le chef de l'État a reçu aujourd'hui à l'Élysée les distributeurs, les fournisseurs d'électricité, les industriels
00:03:00pour faire avancer l'électrification de la France.
00:03:03L'idée est simple et on en a déjà parlé dans chaque voix compte.
00:03:06On n'a pas de pétrole en France, mais on a du courant et autant s'en servir dans tous
00:03:11les domaines possibles.
00:03:12Pour cela, le chef de l'État a appelé ce matin à la mobilisation collective pour rendre le passage à
00:03:18l'électrique naturel et désirable.
00:03:21Alors j'ai d'abord une question pour vous trois.
00:03:22Est-ce que l'électricité aujourd'hui, c'est ni naturel ni désirable ?
00:03:32Désirable, si.
00:03:34Je crois que les Français sont depuis longtemps fiers de leur système électrique.
00:03:37D'ailleurs, ce qui est assez impressionnant en France, c'est que depuis deux décennies, dès qu'on parle de
00:03:44politique énergétique,
00:03:46le débat politique glisse systématiquement sur la seule question de l'électricité.
00:03:51Et finalement, ce qu'on est en train de faire là, quand on parle d'électrification, c'est ramener la
00:03:57question de l'électricité au sein d'une politique énergétique.
00:04:00En disant, la seule question politique, ce n'est pas de savoir comment on produit de l'électricité,
00:04:06mais c'est de savoir comment on fait en sorte que l'électricité qui est produite sur le territoire national
00:04:12soit la première énergie dans notre pays,
00:04:15devant les énergies que nous importons, comme le pétrole ou le gaz.
00:04:18– Yamina Saeb, il faut rendre l'électricité désirable ?
00:04:21– Alors l'électricité, c'est un vecteur d'énergie, mais un vecteur secondaire.
00:04:25Donc il faut transformer une ressource naturelle pour en faire…
00:04:29– De l'eau, du vent, du soleil ?
00:04:30– Voilà, pour en faire de l'électricité.
00:04:33Après, l'électricité, il faut l'acheminer, il faut l'amener vers les utilisateurs.
00:04:39Et ce qui manque dans tous ces plans-là, c'est qu'on parle énergie,
00:04:41mais on ne parle pas du tout de la matière nécessaire pour amener cette électricité-là,
00:04:45et aussi pour les usages que l'on va avoir, les usages électriques,
00:04:49il y a des matières et ce n'est pas du tout intégré dans la stratégie électrification de la France.
00:04:55– Qu'est-ce que vous entendez quand Emmanuel Macron dit qu'il faut rendre l'électrification désirable ?
00:04:59Il y a un problème de désir ?
00:05:01– Je n'ai jamais rien lu sur l'électricité indésirable, je ne sais pas pourquoi il a été…
00:05:07Il faudra lui poser la question à lui.
00:05:09– En même temps, on a tous vécu ça, lorsque vous vouliez louer un appartement,
00:05:12vous regardez, s'il y avait des radiateurs électriques, vous disiez non merci parce que…
00:05:16– C'était indésirable.
00:05:17– Ça coûtait très cher, c'était un repoussoir, juste sur ce point-là par exemple.
00:05:21– Ça coûte toujours cher, vous savez que l'électricité, l'unité d'électricité, le kilowattheure,
00:05:28les premiers kilowattheures coûtent beaucoup plus cher,
00:05:30pratiquement le double des derniers kilowattheures.
00:05:32Ce qui veut dire qu'on va complètement à l'encontre de ce qu'on devrait faire,
00:05:37que ce soit d'un point de vue social ou d'un point de vue environnemental,
00:05:40en pousse les gens à consommer, donc comme ça coûte moins cher,
00:05:44plus vous consommez, plus l'unité coûte moins cher,
00:05:46donc on vous pousse à consommer plus,
00:05:48et en même temps, on augmente le poids de la facture énergétique et d'électricité
00:05:53sur les plus précaires d'entre nous.
00:05:56– On parlera évidemment du signal prix Paul Messade,
00:05:58naturel et désirable, c'est un objectif ?
00:06:01– J'allais répéter la même chose que mon confrère,
00:06:03la question c'est celle du prix de l'électricité.
00:06:05L'électricité sera désirable le jour où elle sera moins chère
00:06:08que les autres sources d'énergie, naturel, peut-être plus que dans d'autres pays,
00:06:12puisqu'en France, notre mix énergétique est très électrifié,
00:06:16notamment grâce à des énergies décarbonées comme le nucléaire ou l'hydroélectricité,
00:06:20mais on est encore de grands consommateurs de pétrole et de gaz,
00:06:23donc elle est peut-être plus naturelle que dans d'autres pays,
00:06:26mais il y a encore un long chemin à parcourir.
00:06:28– Et c'est donc devant 200 patrons qu'Emmanuel Macron a donné,
00:06:31a sonné la charge, sans mauvais jeu de mots, Marion Becker.
00:06:34– Face à 200 patrons et représentants du monde de l'énergie, du BTP
00:06:45ou encore de l'industrie, réunis à l'Elysée pour l'occasion,
00:06:50Emmanuel Macron a annoncé une série d'investissements.
00:06:52– Stellantis à Mulhouse va investir plus d'un milliard d'euros nouveaux
00:06:59pour produire de nouvelles générations de véhicules électriques à partir de 2029.
00:07:04Et pour alimenter ces véhicules, le président a annoncé le déploiement de bornes électriques.
00:07:09– Les opérateurs de bornes de recharge ont donc un rôle essentiel à jouer.
00:07:13Ils se sont engagés à déployer 240 000 bornes,
00:07:16dont 60 000 points de charge rapides et ultra-rapides.
00:07:19– À moins d'un an de la fin de son mandat,
00:07:22Emmanuel Macron veut tirer parti de la manne électrique tricolore.
00:07:26Un atout pour réduire la dépendance aux hydrocarbures,
00:07:29pour l'électrification du parc automobile, de l'industrie et du bâtiment.
00:07:34Avec l'objectif de l'installation d'un million de pompes à chaleur made in France par an d'ici
00:07:40à 2030
00:07:40et d'une offre de leasing social pour les foyers modestes.
00:07:44L'objectif est d'écarboner et assurer la souveraineté énergétique de la France.
00:07:50Un message adressé aux entreprises,
00:07:53prier de rendre accessible cette transition pour les Français.
00:07:56– C'est vous qui portez les solutions, ce sont les Français qui choisiront
00:08:00et donc je crois à cet égard qu'il faut leur faire confiance,
00:08:03mettre en capacité d'avoir cette mobilisation collective sur les usages
00:08:08et rendre le passage à l'électrique en quelque sorte naturel et désirable.
00:08:14– Le gouvernement espère ainsi réduire la part des hydrocarbures dans notre énergie
00:08:19de 60 à 30% d'ici 2035.
00:08:24– Paul Messade, on avait une impression de déjà-vu quand même aujourd'hui.
00:08:28Vous étiez à l'Élysée ce matin pour cette réunion.
00:08:31Le Premier ministre avait dévoilé déjà tout un train de mesures
00:08:34il y a un mois et demi sur l'électrification.
00:08:35Pourquoi est-ce que le Président semble reprendre la main aujourd'hui ?
00:08:39Qu'est-ce qu'il a dit de différent d'ailleurs ?
00:08:40– Je dirais qu'il y a trois raisons.
00:08:42La première, c'est évidemment rappeler les quelques mesures
00:08:44qui ont été annoncées par Sébastien Lecornu mi-avril.
00:08:48Il y en avait 22, qu'il s'agit maintenant d'essayer de préciser.
00:08:53La deuxième chose, c'est qu'on approche du 1er juin
00:08:57et de l'événement Choose France.
00:08:59Et Choose France, c'est quand même le grand raout pour l'investissement étranger.
00:09:02Et quel est l'avantage comparatif de la France ?
00:09:04C'est une électricité un peu moins chère, un peu plus décarbonée
00:09:07que dans le reste des pays d'Europe notamment.
00:09:10Donc je pense que le fait qu'Emmanuel Macron prenne la parole à ce moment-là,
00:09:13ça donne une teneur internationale à un plan que la France veut se donner
00:09:16pour réduire le prix de son électricité.
00:09:19Et la dernière chose, je dirais, qu'on approche de la fin de la période d'Emmanuel Macron.
00:09:24Donc c'est un peu le début des bilans.
00:09:26Il a rappelé au début de son discours pendant 5-6 minutes
00:09:29son discours de Belfort de février 2022,
00:09:31qui était plus axé sur la production.
00:09:33Là, on passe à la consommation.
00:09:35Donc je pense qu'il y a une forme de continuité
00:09:37et c'est le début du bilan de la Macronie, je dirais.
00:09:40– Macronie qui avait commencé avec la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim.
00:09:44Donc il veut laisser ce souvenir-là de l'électrification de la France
00:09:47plus que celui de la fermeture de Fessenheim, vous pensez ?
00:09:50– Oui, en plus, la fermeture de Fessenheim, il en parle de moins en moins,
00:09:53dans la mesure où en plus il a prévu à Belfort en 2022,
00:09:57justement le réinvestissement dans 6 nouveaux réacteurs nucléaires
00:09:59et peut-être 8, on n'y est pas encore.
00:10:02On a encore quelques discussions avec la Commission européenne,
00:10:04mais je pense que c'est une façon aussi de faire oublier
00:10:06les 5 ans précédents d'un point de vue nucléaire.
00:10:10– Yamina Saeb, le président fait ses annonces en plein pic de canicule.
00:10:14On est le 26 mai, 300 records de chaleur battus aujourd'hui.
00:10:17Elle est là d'abord, l'urgence de l'électrification ?
00:10:20– Alors, ce qu'il faut comprendre, c'est que pour que l'électrification fonctionne,
00:10:24il faudrait absolument, absolument, d'abord commencer par la sobriété,
00:10:29qui consiste à éviter en amont la demande.
00:10:32Donc, il ne suffit pas, la question, ce n'est pas ce que vous disiez de rebrancher.
00:10:35La question, c'est comment vivre sur une planète en surchauffe
00:10:39en évitant au maximum la demande de toutes les ressources d'énergie.
00:10:43– Ce que vous nous dites, c'est qu'on est en train de nous faire croire
00:10:45qu'on peut tout électrifier sans changer nos usages ?
00:10:48– C'est impossible.
00:10:49Donc, le 100% électrique sans sobriété, c'est une équation impossible.
00:10:53Il y a les scénarios d'RTE, réseau transport de l'électricité,
00:10:56qui ont été faits en 2022, je crois, qui montrent ça.
00:10:59Les scénarios de l'ADEME montrent ça, tous les scénarios français montrent ça.
00:11:03Il est exclu qu'on arrive à 100% d'électrification sans sobriété.
00:11:08Et en plus, l'électrification, c'est quoi ?
00:11:11C'est en vérité, oui, il faut sortir des énergies fossiles.
00:11:14L'électrification, c'est le passage de la dépendance des énergies fossiles
00:11:18au passage à la dépendance aux matières premières nécessaires
00:11:21pour fabriquer les pampes à chaleur, toutes ces choses-là, mais aussi les câbles.
00:11:26– Et ça, c'est un problème ?
00:11:27– Ça, c'est un énorme problème.
00:11:29– Pas de même nature.
00:11:30– C'est un énorme problème.
00:11:31On n'arrive pas à le mesurer encore sur le plan politique,
00:11:33mais c'est un énorme problème.
00:11:35Et ça, ce n'est pas du tout pris en compte.
00:11:37Et d'ailleurs, c'est ça qui manque, par exemple, dans la PPE 3.
00:11:39– Raphaël, je ne vous vois pas d'accord avec ce que vient de dire Yamin Assaed.
00:11:43– Je veux juste nuancer.
00:11:46Je ne dis pas qu'il n'y a pas un sujet sur les matières premières.
00:11:48Et d'ailleurs, ça fait des années que moi, je plaide
00:11:49pour que la France renoue aussi avec la maîtrise de son sous-sol,
00:11:53la connaissance de son sous-sol et éventuellement la mesure de la disponibilité.
00:11:58– Mais pour que le public comprenne bien.
00:11:59Les ressources dont vous parlez, c'est quoi ?
00:12:02C'est des terres rares, c'est des métaux ?
00:12:03– Alors, terres rares, c'est un terme un peu galvaudé.
00:12:05C'est des minerais.
00:12:06Par exemple, c'est le cuivre, pour faire très simple.
00:12:09– On en a ?
00:12:10– Non, on l'importe.
00:12:12Par contre, je crois qu'il faut faire attention à ce qu'on compare.
00:12:16Aujourd'hui, la dépendance, quand on a un système carboné,
00:12:19c'est une dépendance à un flux de gaz et de pétrole
00:12:22qui viennent tous les jours du Moyen-Orient, des États-Unis,
00:12:26de Russie, pour certains autres pays.
00:12:28Tous les jours, il faut être livré.
00:12:30Quand on est dépendant sur le sujet électrique à des minerais,
00:12:34c'est le jour où on installe une éolienne,
00:12:37le jour où on installe une turbine,
00:12:39le jour où on installe un point de consommation.
00:12:41– Et ensuite, on n'a plus cette dépendance puisqu'on a acheté…
00:12:44– C'est la question, par exemple, sur les panneaux solaires.
00:12:46Moi, je dis depuis longtemps que la priorité,
00:12:48on a malheureusement une mauvaise nouvelle
00:12:49qui est tombée la semaine dernière
00:12:50sur l'abandon d'un projet industriel à fausse…
00:12:53– La gigafactory de fausses-sur-mer.
00:12:55– Mais c'était aussi la démonstration
00:12:57qu'on avait un peu pris le problème par le mauvais bout.
00:12:59Il n'y a pas de dépendance urgente de la France aux panneaux solaires.
00:13:02Oui, on les importe de Chine.
00:13:04Mais une fois qu'ils sont installés en France,
00:13:05ils sont installés pour 20 ans.
00:13:07Donc la dépendance stratégique, géopolitique,
00:13:10elle n'est pas sur les panneaux solaires.
00:13:11Par contre, elle est sur les équipements de réseau,
00:13:13elle est sur le pétrole, on le voit.
00:13:16Ce qu'on vit aujourd'hui, ce que vivent les Français
00:13:18quand ils font le plein tous les jours dans leur portefeuille,
00:13:21c'est la dépendance géopolitique
00:13:24au pays producteur de pétrole.
00:13:26– Il y a un double enjeu dans l'électrification,
00:13:28c'est à la fois l'électrification des usages des ménages,
00:13:31des particuliers et l'industrie.
00:13:33Vous qui travaillez depuis des mois sur les freins à l'électrification,
00:13:37qui sont les plus retors ?
00:13:38Les industriels ou les particuliers ?
00:13:41– C'est une question, je crois que c'est dans les deux cas,
00:13:45c'est une question de décision à prendre.
00:13:49Il n'y a pas, pour électrifier, il faut bien comprendre,
00:13:52il n'y a pas besoin d'énormes ruptures.
00:13:54Il y a besoin que les voitures qu'on achète…
00:13:56– Il faut changer de voiture, il faut changer de chaudière…
00:13:59– Il faut bien comprendre que quand on demande aux Français
00:14:01d'électrifier leur transport, on ne va pas leur demander
00:14:04d'accélérer le changement de leur voiture,
00:14:06mais de passer à une voiture électrique au moment où ils changent la voiture.
00:14:10Je crois qu'il faut avoir bien ces éléments en tête.
00:14:14C'est pour ça que je suis prudent aussi sur la question sur le logement,
00:14:18où on fait comme si les Français se levaient un matin
00:14:22et allaient changer leur mode de chauffage.
00:14:24C'est bien plus progressif que ça.
00:14:26Si demain, on achète des voitures électriques à la place
00:14:29d'acheter des voitures thermiques, et qu'on le fait à 100%,
00:14:32on est au-delà des trajectoires que nous espérons.
00:14:35Voilà, c'est ça aussi l'ordre de grandeur qu'il faut avoir en tête.
00:14:39Dans l'industrie, c'est peut-être un peu plus compliqué
00:14:43parce que c'est des décisions qui se mûrissent aussi,
00:14:46qui ont des temps longues.
00:14:48Il faut intégrer l'électrification dans un procédé industriel.
00:14:51Est-ce que toutes les industries sont convertibles ?
00:14:53Et c'est la raison pour laquelle je dis aujourd'hui
00:14:55que la priorité sur l'industrie, c'est d'aller électrifier
00:14:58ce qui est facile d'électrifier,
00:14:59plutôt que de s'attaquer un petit peu aux grands symboles
00:15:02comme les aciéries, la production d'engrais,
00:15:06qui sont stratégiques.
00:15:08Mais électrifions d'abord ce qu'il est facile d'électrifier.
00:15:11Il est facile d'électrifier de la production de vapeur
00:15:13à faible température, qui est globalement
00:15:16ce que toutes les petites industries utilisent.
00:15:18Donc aidons les petites industries à se moderniser
00:15:22par l'électrification.
00:15:24– Yamin Asaheb.
00:15:25– Oui, la somme de toutes ces petites industries,
00:15:28ça fait combien en part de consommation d'énergie
00:15:31par rapport aux grandes industries,
00:15:33par rapport aux grands enjeux ?
00:15:34Et c'est là où il y a un véritable problème.
00:15:37Et la même chose pour le logement, oui,
00:15:40alors si on prévoit de remplacer les chaudières à gaz
00:15:43qui ont été jusqu'à un passé très récent subventionnées,
00:15:47donc une chaudière à gaz, elle a une durée de vie
00:15:49moyenne de 15 ans, mais dans la pratique,
00:15:51ça reste plus longtemps.
00:15:52Et donc ça veut dire que les chaudières à gaz
00:15:54qu'on a subventionnées il y a 4-5 ans,
00:15:56elles vont être là en 2050.
00:15:58Elles ont eu la chance d'être là en 2050.
00:15:59Et donc après, on va faire du matraquage
00:16:01pour que les citoyens aillent remplacer la chaudière à gaz
00:16:04qui a été subventionnée avec de l'argent public
00:16:06par une pompe à chaleur qui est produite quelque part ailleurs,
00:16:09parce qu'ils promettent qu'on va en produire ici.
00:16:12Et il y a un coût lié à ça qui va, en plus de ça,
00:16:16augmenter les inégalités.
00:16:18– Du coup, il faut continuer à installer des chaudières à gaz ?
00:16:20– Non, je n'ai pas dit qu'il faut continuer
00:16:21à installer des chaudières à gaz.
00:16:22– C'est juste pour bien savoir.
00:16:23– Non, je n'ai pas dit qu'il faut continuer
00:16:24à installer des chaudières à gaz.
00:16:26Je dis juste que quand le plan n'est pas cohérent,
00:16:29il n'y a pas de cohérence entre ce plan-là,
00:16:32le plan climat que nous avons,
00:16:34il y a une incohérence et il y a une demande très importante
00:16:39vis-à-vis une attente très importante
00:16:41de ce que les citoyens vont faire,
00:16:43alors qu'ils ne sont pas dans la capacité de changer.
00:16:45– Justement, puisque vous en parlez,
00:16:46Raphaël Schellenberger parlait du fait d'attendre
00:16:48de changer sa voiture pour aller vers une voiture électrique
00:16:51quand on changerait de voiture.
00:16:52Il se trouve que c'est ce qui se passe en ce moment
00:16:53avec les particuliers qui changent leur chaudière,
00:16:56c'est-à-dire que de plus en plus,
00:16:57quand ils doivent changer une chaudière à gaz,
00:16:59ils la changent en pompe à chaleur.
00:17:01Alors là, c'est le branle-bas de combat sur les PAC,
00:17:03les pompes à chaleur.
00:17:04Le gouvernement veut un million de pompes à chaleur
00:17:06installées par an d'ici 2035.
00:17:09On se demande si c'est bien réaliste,
00:17:11en sachant que l'an dernier, on en a installé seulement 180 000
00:17:13et que les installateurs sont débordés par les demandes de devis.
00:17:17Reportage d'Alicia Rogue.
00:17:19Dans le jardin de cette maison en région parisienne,
00:17:23François, dirigeant d'une entreprise de plomberie chauffagiste,
00:17:26finalise l'installation d'une pompe à chaleur,
00:17:29un équipement de plus en plus prisé.
00:17:32Mais concrètement, comment ça marche ?
00:17:35Le ventilateur, il tourne, il aspire l'air et ça repart devant.
00:17:39De l'air transformé à l'intérieur de la pompe.
00:17:42C'est cette chaleur-là qui va être restituée à l'intérieur.
00:17:46Un système en extérieur, relié à l'intérieur,
00:17:50qui permet à la fois de chauffer un logement,
00:17:52mais aussi de le rafraîchir.
00:17:54Et face à la hausse du prix des énergies fossiles,
00:17:57les pompes à chaleur séduisent de plus en plus les Français.
00:18:00On sent qu'il y a plus d'appels depuis un mois.
00:18:05Nous, on installe plus de 100 machines comme ça par an.
00:18:07Nous, c'est à nous, on cible 200 machines comme ça par an.
00:18:10Là, le carnet, il est plein jusqu'en septembre.
00:18:13Pour ce propriétaire, cet équipement représente aussi une solution
00:18:17pour remplacer son ancienne chaudière tout en faisant des économies.
00:18:21J'espère baisser d'au moins un tiers la facture, on va dire, la partie chauffage.
00:18:26Et après, en termes d'investissement,
00:18:28comme notre chaudière était en panne,
00:18:30finalement avec les aides, faire du gaz ou de la pompe à chaleur,
00:18:33c'est quasiment le même prix.
00:18:35Pour nous, c'était soit on arrivait à réparer une chaudière au gaz,
00:18:38soit on passait à l'électrique, on n'allait pas réinvestir dans du gaz neuf, vu le contexte.
00:18:43Un investissement soutenu par l'État, il a bénéficié d'environ 5 000 euros d'aide.
00:18:49Résultat, la demande explose.
00:18:51Dans cette usine du Pas-de-Calais, plus de 500 pompes à chaleur sont produites chaque jour.
00:18:56Là, depuis le début de l'année, les signaux sont positifs.
00:18:58On voit une légère reprise du marché.
00:19:01Donc on espère que la tendance se confirme et se poursuive ainsi.
00:19:04L'avenir est difficile à prédire.
00:19:06Par contre, on est prêt.
00:19:07On est prêt avec les produits, on est prêt avec les capacités de production.
00:19:11500 pompes à chaleur par jour en moyenne aujourd'hui.
00:19:13On sait qu'on a eu des pics, parfois, à 1 200 pompes à chaleur par jour.
00:19:18Le gouvernement affiche désormais une ambition claire,
00:19:22atteindre 1 million de pompes à chaleur fabriquées en France chaque année, d'ici à 2030.
00:19:27Paul Messade, est-ce que la France a un tissu industriel assez robuste pour répondre à cette demande ?
00:19:33Je ne sais pas.
00:19:34C'est bien de le dire aussi, quand on ne sait pas.
00:19:36Je suis certain que l'objectif d'un million de pompes à chaleur,
00:19:39pas installés, mais produites en France, il va être difficile.
00:19:43Je ne saurais pas vous dire à quel point on a des chances de le réussir.
00:19:46D'abord, c'est le même depuis 2024.
00:19:48Ce n'est pas une annonce qu'on a faite aujourd'hui.
00:19:50Il a été annoncé sous Bruno Le Maire il y a deux ans.
00:19:54Après, il y a un marché européen qui est un peu comme ça.
00:19:57Il oscille, il baisse un peu, il augmente un peu.
00:19:59Donc je pense qu'au-delà de la capacité de produire, est-ce qu'on va aussi réussir à toutes
00:20:03les vendre à un prix raisonnable ?
00:20:05Est-ce qu'on va vendre de la PAC ?
00:20:07Parce que pour Pâche-leur, on dit PAC RR ou RO.
00:20:09Les usages ne sont pas les mêmes.
00:20:10Est-ce qu'elles sont réversibles ?
00:20:11Il y a beaucoup de questions qui se posent.
00:20:12Ce n'est pas aussi évident que ça.
00:20:14Et ce n'est pas donné.
00:20:15Entre 10 et 15 000 euros, c'est ça, l'investissement ?
00:20:19EDF a annoncé aujourd'hui offrir une prime de 1 000 euros pour l'achat et l'installation sous certaines
00:20:24conditions.
00:20:25Mais est-ce que le frein ultime, ce n'est pas l'instabilité des aides publiques aussi, Raphaël Schoenberger ?
00:20:31Plus personne ne sait à quoi il peut prétendre aujourd'hui s'il veut une pompe à chaleur chez lui.
00:20:36Juste d'abord sur les objectifs de production, il faut aussi voir que ça va se substituer à d'autres
00:20:40productions.
00:20:42On arrête de produire à chaudière à gaz.
00:20:43Non, mais on ne va pas produire plus de moyens de chauffage.
00:20:45On va remplacer des productions de moyens de chauffage gaz par des productions de pompe à chaleur.
00:20:50Il faut aussi inscrire ça dans cette dynamique.
00:20:53Le mieux, c'est que le système soit suffisamment compétitif pour qu'il n'y ait pas besoin d'aide.
00:20:58À la fin, c'est toujours ça le mieux.
00:21:00Donc pour ça, il y a deux vecteurs sur lesquels agir.
00:21:04Un, le prix de l'électricité.
00:21:05Et on a encore des moyens d'action sur le prix de l'électricité.
00:21:08Et je vais le dire aussi de façon très claire.
00:21:11Le prix de l'électricité est directement corrélé à l'optimisation du système.
00:21:15Aujourd'hui, notre système, il est en partie déoptimisé.
00:21:18On le voit, on a des heures à prix très négatifs les week-ends.
00:21:22Forcément, il y a un corollaire à des moments où on a des heures très élevées.
00:21:25Mais tout ça est en train de s'équilibrer.
00:21:27On a peut-être que les offres, les annonces les plus importantes qui ont été faites ce matin, c'est
00:21:32une restructuration assez profonde des offres commerciales qui arrivent avec EDF qui se met enfin à faire des offres commerciales
00:21:39qui sont adaptées à la réalité de notre système de production.
00:21:42Donc ils vont proposer des tarifs pas chers quand il y a de l'électricité solaire.
00:21:46Et puis le deuxième...
00:21:46Des heures creuses en pleine journée.
00:21:48Des heures creuses, des heures super creuses au moment de la cloche solaire en plein cœur de journée qui correspondent
00:21:52parfaitement aux heures où on aimerait bien rafraîchir notre logement en ce moment.
00:21:56Deuxième chose, c'est qu'il faut industrialiser.
00:21:59Pourquoi les pompes à chaleur coûtent particulièrement cher aujourd'hui ?
00:22:02Parce qu'on en produit peu.
00:22:04Et c'est l'histoire de l'industrialisation.
00:22:06Les premières automobiles coûtent très cher.
00:22:09Et puis ensuite, ça devient un bien de consommation courant.
00:22:11Et ainsi de suite.
00:22:12Et puis après, il y a des mouvements de montée en gamme, etc.
00:22:15Mais plus on construit, plus on produit de pompe à chaleur, moins l'unité de pompe à chaleur coûte cher.
00:22:20Donc c'est ce double mouvement, prix de l'électricité, industrialisation de la production de pompe à chaleur.
00:22:26Et par ailleurs, Yamina Saeb, il faut peut-être aussi avoir une approche plus globale sur cette histoire de pompe
00:22:30à chaleur.
00:22:30Parce que là, on va équiper en pompe à chaleur des logements qui n'auront pas bénéficié d'une rénovation
00:22:36énergétique avant.
00:22:38Donc on va équiper des passoires thermiques en pompe à chaleur.
00:22:40Spoiler, ça ne fonctionne pas.
00:22:42Ça ne fonctionne pas.
00:22:43Et donc en fait, c'est une erreur monumentale de mettre la pompe à chaleur avant d'avoir isolé son
00:22:49logement.
00:22:50Et là, le focus se fait uniquement sur l'électrification, sur la pompe à chaleur, sur le leasing social, tout
00:22:57ce qui est lié à la pompe à chaleur.
00:22:58On oublie complètement l'étape première qui est celle de l'isolation.
00:23:02Et donc du coup, il est vrai que pour ceux qui vont installer ces pompes à chaleur-là, leur facture
00:23:08d'énergie, s'ils étaient au gaz, elle va baisser par rapport à la facture d'électricité.
00:23:13Mais seulement, ils vont être enfermés dans des passoires thermiques qui vont être des bouillards thermiques aussi l'été en
00:23:18général.
00:23:19D'autant plus, surtout, parce qu'on ne sait pas très bien ce qu'il y a derrière cette production
00:23:22de pompe à chaleur, si ce ne sont pas des pompes à chaleur réversibles.
00:23:25Et si ce sont des pompes à chaleur à air, ça veut dire que toute la chaleur, par exemple l
00:23:32'été, toute la chaleur qui est extraite, elle va quelque part à l'extérieur pour continuer à réchauffer.
00:23:37– C'est le même principe qu'une climatisation. – Voilà, c'est la même chose en fait.
00:23:40Et juste une chose concernant la pompe à chaleur, en fait, le plan, les chiffres qu'ils nous annoncent ne
00:23:46correspondent pas au rythme du remplacement des chaudières à gaz dans notre pays, le rythme que l'on connaît.
00:23:52C'est pour ça qu'on se pose la question, comment ces chiffres-là ont pu être montés et qu
00:23:57'est-ce qu'il y a derrière ces chiffres-là.
00:23:58Et après, la question de l'industrialisation, la pompe à chaleur, ce n'est pas du tout une nouvelle technologie,
00:24:02c'est aussi vieux que le cycle de Carnot, c'est très très vieux la pompe à chaleur.
00:24:05Et donc du coup, c'est déjà industrialisé, la pompe à chaleur, depuis longtemps, mais les prix n'ont pas
00:24:11baissé.
00:24:12– Raphaël Schellenberger, qu'est-ce que vous répondez ?
00:24:14– Enfin, ce serait intéressant de demander à Atlantique combien ils sortent de chaudières à gaz.
00:24:18Voilà, donc l'industrialisation, ce n'est pas une question de maturité technologique, c'est une question de cadence, de
00:24:25standardisation et de production à la chaîne.
00:24:27Et des pompes à chaleur, là où je suis d'accord, c'est qu'il existe plein de types différents.
00:24:31Donc à un moment donné, ça va se standardiser.
00:24:33Ce n'est pas la même chose si on parle…
00:24:34– C'est déjà standardisé, monsieur, la norme N14511 a standardisé ça.
00:24:39– Et de volume, mais ce n'est pas la même chose si on parle d'une pompe à chaleur
00:24:42pour l'industrie, d'une pompe à chaleur RR, d'une pompe à chaleur RO.
00:24:45Aujourd'hui, une petite pompe à chaleur RR pour un petit appartement urbain, si tant est qu'on arrive à
00:24:50mettre en place les règles de copropriété
00:24:52qui permettent de l'installer sans trop de difficultés avec les voisins, c'est très vite amorti, même dans un
00:25:00appartement parisien.
00:25:01Enfin voilà, ça fonctionne.
00:25:03C'est toujours pareil, je veux dire, évidemment, on voudrait une vision holistique, etc.
00:25:07Je crois qu'il faut aussi que sur des grands choix stratégiques comme ceux-là, on soit capable de se
00:25:12dire,
00:25:12il y a un enjeu de souveraineté pour notre pays, à regagner la maîtrise de notre destin énergétique.
00:25:18Et ça passe par l'électrification.
00:25:20– Non, vous passez, on va juste passer d'une dépendance aux énergies fossiles à une dépendance à d'autres
00:25:25matières premières.
00:25:26– Vous entendez l'argument, sans doute, est-ce que nos téléspectateurs y sont sensibles,
00:25:31l'argument de dire, bon ben du pétrole on en importe toute l'année, du cuivre pour fabriquer des câbles,
00:25:36on va en importer une fois, et une fois qu'on aura nos câbles, on n'aura pas besoin de...
00:25:39– Après il faut les remplacer, il y a...
00:25:40– Mais c'est pas un remplacement quotidien.
00:25:42– C'est pas quotidien, mais il faut mettre tout ça en place.
00:25:44Est-ce que tout ça a été chiffré ? Est-ce qu'on parle...
00:25:46En fait la stratégie, lorsque vous regardez la PPE 3, la stratégie, on a une stratégie énergie
00:25:51sans la matière nécessaire pour cette énergie.
00:25:54C'est ça qui manque.
00:25:55Il faut arriver à intégrer ça, on va voir si c'est intégré dans votre rapport.
00:25:58– Votre propos serait intéressant s'il n'était pas mobilisé au seul service d'une idéologie décroissante.
00:26:04C'est-à-dire qu'à partir du moment...
00:26:05Non mais il faut qu'on débatte du cadre intellectuel et politique dans lequel on discute.
00:26:10Moi je défends l'idée d'un projet politique qui vise à améliorer le confort et le quotidien des Français.
00:26:17Après on peut ne pas être d'accord avec cet objectif-là et se dire que l'idéal serait de
00:26:21dégrader les conditions de bioculture.
00:26:22– Est-ce que c'est incompatible avec la défense de l'environnement ?
00:26:26– C'est sûr qu'en continuant à la défense des importants...
00:26:31– Je ne sais pas pourquoi vous faites référence à la décroissance, je n'ai pas fait référence à la
00:26:34décroissance.
00:26:36– Est-ce que ce n'est pas deux jambes sur lesquelles on peut marcher en même temps ?
00:26:38C'est-à-dire que d'un côté l'électrification des usages,
00:26:42de l'autre côté une forme de sobriété que chacun est capable peut-être de s'imposer à lui-même.
00:26:46– La sobriété c'est un effort collectif, la sobriété c'est une façon d'organiser la société.
00:26:51– Vous oubliez l'acceptabilité à ce moment-là.
00:26:54– Non, attendez, ça dépend de comment est-ce qu'on explique la sobriété.
00:26:57Par exemple, il y a beaucoup de choses sur l'électrification de la mobilité individuelle.
00:27:01Lorsqu'on parle juste de l'électrification de la mobilité individuelle, des individus,
00:27:05en fait on est en train de travailler sur le symptôme.
00:27:07La vraie question à laquelle les politiques doivent répondre,
00:27:10c'est comment est-ce qu'on s'est retrouvé dépendant de la voiture
00:27:13et comment faire pour sortir de la dépendance de la voiture ?
00:27:16Si on ne se pose pas cette question-là en amont,
00:27:18on va juste remplacer la voiture avec un moteur thermique par une voiture électrique
00:27:23et on va juste faire un shift dans notre dépendance, c'est ça que l'on fait.
00:27:28– Un excellent exemple, qu'est-ce qui a fonctionné en matière d'électrification des mobilités ?
00:27:32Partout, pas que en ville, y compris à la campagne, c'est le dernier kilomètre.
00:27:36Aujourd'hui, le dernier kilomètre, ou les petits déplacements de proximité,
00:27:40ils se sont électrifiés par les moyens individuels,
00:27:43la trottinette électrique, le vélo électrique, ça marche très bien.
00:27:48Ça, c'est une électrification des usages qui a très bien fonctionné,
00:27:52qui s'est énormément accélérée ces trois dernières années.
00:27:55Pourquoi ? Parce que ça facilite la vie des gens.
00:27:58Donc l'électrification, ça fonctionne si on va dans un seul sens faciliter la vie des gens.
00:28:03Si on mène des projets qui visent à compliquer la vie des gens, ça ne fonctionne pas.
00:28:07C'est une des raisons pour lesquelles certains projets énergétiques,
00:28:10on peut échouer parce qu'on compliquait la vie des gens.
00:28:13On a là, avec l'électrification, l'opportunité de la leur faciliter.
00:28:18– L'électrification, et ça c'est peut-être un point qui va vous mettre d'accord,
00:28:21ce sont aussi des milliers d'emplois à la clé,
00:28:23et ça n'a pas échappé à Fanny Guinochet.
00:28:25– Sous-titrage Société Radio-Canada
00:28:55de voitures, des constructeurs de pompes à chaleur.
00:28:59Alors on parle de quoi concrètement comme emploi ?
00:29:01Eh bien ce sont des métiers assez divers,
00:29:04des compétences manuelles, techniques, managériales,
00:29:08pour installer des bornes de recharge,
00:29:10pour faire des pompes à chaleur,
00:29:13raccorder aussi des méga data centers.
00:29:16Et ces postes, ça va du chauffagiste,
00:29:21de l'électricien de quartier, l'artisan,
00:29:24ou à l'ingénieur nucléaire ou aux chercheurs haute définition.
00:29:28Les postes à pouvoir, ils se situent dans les grandes entreprises,
00:29:31EDF, la SNCF, ce qui est une partie importante de transport,
00:29:35Stellantis, Renault, mais aussi les bâtiments,
00:29:38Vinci, les promoteurs, Schneider Electric,
00:29:41et puis toute une série de TPE, PME,
00:29:44une myriade aussi de start-up qui travaillent sur tous ces sujets.
00:29:47– Mais dans ces métiers, il y a une pénurie de main-d'œuvre.
00:29:50– Exactement, pour l'instant, ce sont des métiers qui sont plutôt désertés,
00:29:55ou en tout cas pas valorisés, pas prisés,
00:29:57alors qu'ils sont assez bien rémunérés, plutôt rémunérateurs.
00:30:01Et alors, c'est souvent faute de compétences et de qualifications adéquates.
00:30:05C'est pour ça que les entreprises du secteur,
00:30:08le syndicat des professionnels qui s'appelle CERS,
00:30:10qui a pris l'engagement aujourd'hui d'organiser ces filières,
00:30:16notamment avec les lycées professionnels,
00:30:18pour que, par exemple, ils mettent à disposition
00:30:21tous les outils pour des formations pratiques,
00:30:23et que ça aille assez vite.
00:30:25Et puis, on parle là des jeunes diplômés, des lycées professionnels,
00:30:29mais aussi, on peut penser à des reconversions
00:30:32pour des salariés qui sont dans des secteurs plutôt en difficulté,
00:30:35et qui peuvent choisir ces métiers d'avenir.
00:30:37– Mais alors, tout ça, c'est pareil, ça va prendre du temps, non ?
00:30:39– Ça prend du temps, bon, mais regardez quand même du côté du nucléaire,
00:30:43soyons optimistes, après le Covid, souvenez-vous,
00:30:45la filière, elle était à plat, plus personne n'y croyait,
00:30:47personne n'avait envie d'y aller.
00:30:49Et puis, finalement, 5 ans après, on voit qu'il y a de nouveau
00:30:52de l'attrait pour cette filière, notamment chez les jeunes.
00:30:55Tous les acteurs du nucléaire vous disent qu'ils reçoivent plein de CV.
00:30:57Et puis, on a recréé des compétences.
00:31:02En plus, on peut se dire qu'on est dans une période de chômage
00:31:04qui remonte à 8%, donc ces secteurs,
00:31:07ils peuvent intéresser des gens qui, aujourd'hui, sont en emploi,
00:31:10mais voient leur emploi disparaître ou, en tout cas,
00:31:13être en perte de vitesse et qui peuvent s'orienter vers ces filières.
00:31:17– Paul Messade, il y a aussi un enjeu à la fois
00:31:19de reconversion professionnelle et de formation.
00:31:23Je pense notamment, on parlait de la voiture électrique tout à l'heure,
00:31:26je pense aux ouvriers de Stellantis à Mulhouse,
00:31:28qui savent assembler des voitures thermiques
00:31:31et qui se demandaient de quoi serait fait leur avenir.
00:31:34– Oui, et je pense qu'ils se posent toujours la question
00:31:36parce qu'on est face à beaucoup d'annonces.
00:31:39– Oui.
00:31:39– C'est très encourageant, mais je ne suis pas certain
00:31:42qu'on sache réellement où l'on va.
00:31:43Donc, ces gens-là ont, d'une certaine façon,
00:31:46raison de rester un petit peu sur le qui-vive.
00:31:48En revanche, ce qui est de la transition,
00:31:51de leur capacité à passer à une industrie
00:31:53qui évolue un petit peu,
00:31:55je pense qu'il n'y a pas de difficulté de ce point de vue.
00:31:58– Question téléspectateur, Olivier.
00:32:00– Oui, qui tourne beaucoup autour du prix de l'électricité.
00:32:03Il y a évidemment dans cette volonté d'accompagner le mouvement
00:32:06le fait que l'électricité est relativement peu chère encore.
00:32:10Et on en a parlé, lorsqu'on parlait de la voiture,
00:32:14la taxe qu'il y a aujourd'hui sur le carburant,
00:32:16rien ne dit que demain, on n'aura pas une taxe aussi
00:32:18sur l'électricité.
00:32:20Et donc, ça crée beaucoup d'inquiétudes.
00:32:22Qu'est-ce qui garantit que dans 5 ans, 10 ans, 15 ans,
00:32:25l'électricité ne va pas doubler, tripler ?
00:32:27Et puis, pour ce qui en est des consommateurs,
00:32:30on revienne à la case départ.
00:32:32– Raphaël Schellenberger.
00:32:33– À chaque fois qu'on a fait une émission sur l'électricité
00:32:36ou sur l'électrification, cette question, elle est revenue.
00:32:38De la taxe qu'inventerait la France sur un truc qui marche ?
00:32:42– D'abord, il faut avoir en tête qu'un des débats
00:32:45qui anime le landerneau, c'est de dire que ce qui est embêtant,
00:32:48c'est que le gaz est moins fiscalisé que l'électricité.
00:32:51– C'est un faux débat ?
00:32:52– Ce n'est pas un faux débat.
00:32:54Mais je vais en dire, malgré ça,
00:32:57c'est plus compétitif de se chauffer avec une pompe à chaleur
00:33:00et c'est plus compétitif de rouler avec une voiture électrique,
00:33:03malgré le fait qu'aujourd'hui, l'électricité soit plus taxée que le gaz.
00:33:08Alors après, je comprends que cette question se pose
00:33:11sur la fiscalité future, parce qu'on est en France,
00:33:16et qu'on a tendance à tout fiscaliser,
00:33:19et que tant qu'on ne réglera pas le problème
00:33:22du niveau trop élevé de la dépense publique,
00:33:24cette question se posera.
00:33:25Mais cette question se posera sur tous les vecteurs énergétiques,
00:33:30quels qu'ils soient.
00:33:31– Je voulais vous faire réagir à la tribune
00:33:33d'une centaine de parlementaires LR,
00:33:34vous étiez auparavant LR, vous êtes désormais indépendant,
00:33:37qui a été publiée dans Le Monde ce matin.
00:33:39Tribune intitulée
00:33:40« Il ne peut y avoir de plan d'électrification du pays
00:33:42sans baisse du prix de l'électricité.
00:33:44Nous considérons que le signal prix est trop faible
00:33:47face aux hydrocarbures. »
00:33:48Est-ce que ce n'est pas aussi ça le nœud du sujet ?
00:33:51Quand Emmanuel Macron dit rendre l'électrification désirable,
00:33:54est-ce que ça ne commence pas par le signal prix ?
00:33:56– Je suis d'accord sur le fait qu'il faille
00:33:59être très vigilant sur la fiscalité
00:34:01et que l'idéal, ce serait que l'élargissement de l'assiette,
00:34:05c'est-à-dire l'augmentation du volume d'électricité qu'on consomme,
00:34:09qui générera plus de rentrées de recettes fiscales
00:34:12liées à l'électricité,
00:34:14conduisent à une baisse de la fiscalité sur l'électricité.
00:34:16Ce serait l'idéal.
00:34:17Après, attention, on a toujours encore en France
00:34:21et cela durablement le prix de l'électricité
00:34:23le plus compétitif d'Europe,
00:34:25particulièrement compétitif au niveau du monde.
00:34:27– Mais les Français ne le voient pas encore
00:34:29sur leur facture d'électricité ?
00:34:31– Les Français ne le voient pas sur leur facture d'électricité
00:34:34parce qu'il y a eu un gros mouvement vers la hausse en 2022.
00:34:37Beaucoup sont encore aux tarifs réglementés de vente
00:34:40et malheureusement, le tarif réglementé de vente
00:34:42dont ils peuvent sortir à tout moment
00:34:45est plus élevé que les prix de marché,
00:34:47mais les prix de marché sont revenus à une situation normale,
00:34:51inférieure, largement inférieure à 2022
00:34:53et beaucoup plus compétitif que dans les autres pays d'Europe.
00:34:55– Camina Saeb ?
00:34:56– Dans le prix de l'électricité,
00:34:58vous parlez beaucoup de la taxe,
00:34:59mais en fait, il n'y a pas que la taxe,
00:35:00il y a le réseau, il y a la production d'électricité.
00:35:03Lorsque vous regardez…
00:35:04– Contribution tarifaire d'acheminement.
00:35:06– Voilà, alors, il y a le prix de l'unité de l'énergie,
00:35:11de l'électricité produite,
00:35:12et après, en fait, lorsque vous faites la somme du prix
00:35:17de l'unité de l'énergie plus le réseau, l'acheminement,
00:35:22c'est plus de la moitié du coût de l'unité de l'énergie,
00:35:25surtout dans les consommations, dans la première bombe.
00:35:28– Donc c'est exactement comme pour un litre d'essence,
00:35:30en fait, il y a 60% de taxe.
00:35:31– Voilà, et donc du coup, ce n'est pas juste une question de taxe.
00:35:34Ce qui ne va pas dans les prix de l'électricité,
00:35:36c'est qu'ils sont régressifs,
00:35:37c'est ça qui ne va pas dans les prix de l'électricité.
00:35:39Donc plus vous consommez, moins vous coûtera l'unité d'électricité.
00:35:44Ça, ça ne va pas du tout,
00:35:45parce que ça, ça augmente la précarité énergétique,
00:35:48et donc ça augmente aussi la consommation,
00:35:51ça encourage les gens à consommer,
00:35:52alors qu'on devrait plutôt être dans une logique de sobriété
00:35:55où on ne serait pas encouragé à consommer.
00:35:58– Paul ?
00:35:58– Il y avait un point assez intéressant,
00:35:59pendant le discours du président de la République,
00:36:01il a précisé le prix de l'électricité français
00:36:03sur le marché européen de l'électricité, 57 euros.
00:36:06C'est quand même allé très loin dans la précision,
00:36:08parce que ça ne parle pas globalement aux gens.
00:36:10Mais il l'a fait pour comparer avec l'Italie et l'Allemagne,
00:36:12dans cette logique évidemment aussi d'investissement étranger en France.
00:36:16Mais c'est assez intéressant à quel point le prix a pris une place
00:36:22très importante dans le discours du président de la République.
00:36:25– Dernier point Raphaël Schellenberger dans cette tribune des parlementaires LR,
00:36:29il explique aussi la contribution tarifaire d'acheminement,
00:36:32qui figure encore sur chacune de nos factures d'électricité,
00:36:34sert à financer le régime spécial de retraite d'EDF et de GDF,
00:36:38coûtant plus d'un milliard d'euros par an aux consommateurs.
00:36:40Cet argent doit être rendu aux Français pour affirmer notre indépendance énergétique.
00:36:45Qu'est-ce que vous leur répondez à vos anciens camarades et républicains ?
00:36:48– Non mais je partage.
00:36:49Alors il me semble que c'est l'extinction du régime ancien que ça finance, de mémoire.
00:36:55C'est d'ailleurs pour ça que c'est une des principales annonces
00:36:58qu'avait fait le gouvernement sur le prix de l'électricité à l'automne dernier,
00:37:02en disant on a réussi à récupérer quelques centaines de millions d'euros là-dessus.
00:37:05Et oui parce que c'est un régime extinctif.
00:37:07Donc voilà, c'est vrai qu'après la guerre…
00:37:10– Donc c'est le temps que les anciens électriciens décèdent en fait.
00:37:14– Les anciens salariés d'EDF, très clairement, parce que dans le fond c'est un régime qui a été
00:37:20spécial,
00:37:21lié à la reconstruction, à la résistance et au caractère stratégique de la production d'électricité.
00:37:28Donc oui, il y a un certain nombre d'avantages qui aujourd'hui sont devenus insupportables,
00:37:32mais qui s'expliquent aussi historiquement.
00:37:35Et puis parfois il faut aussi laisser le temps au temps, c'est une exception qui disparaît.
00:37:40– Eh bien merci à tous les trois d'être venus ce soir en parler,
00:37:43de façon un peu électrique parfois d'ailleurs, sur le plateau de chaque voix compte.
00:37:47Dans un instant là, la question qui fâche, on va parler de l'encadrement des loyers.
00:37:50Mais avant cela, c'est quelle histoire ? Et c'est Olivier Ravanello.
00:37:53– Ce soir Olivier, vous vouliez nous parler d'intelligence artificielle et du pape.
00:38:04Bah oui, parce que le pape a publié une encyclique sur l'intelligence artificielle.
00:38:10– Oui, Magnifica Humanitas, une encyclique de 130 pages,
00:38:14qui réfléchit sur les dangers qui pèsent sur le monde,
00:38:20que ce soit le réchauffement climatique, que ce soit le retour des prédateurs,
00:38:24de ces empires d'un monde multipolaire et en conflit,
00:38:29et puis surtout beaucoup de l'IA et de tout ce que cela génère.
00:38:33Pour rappeler, ce qu'est une encyclique, c'est un texte qui cherche à mettre en cohérence
00:38:38les valeurs de l'Église avec les évolutions du monde, en gros avec la modernité.
00:38:43Donc avec l'IA, évidemment, le sujet s'impose.
00:38:45L'IA dont les impacts sociétaux vont être absolument incommensurables,
00:38:51qui s'accompagne d'une concentration de capital et aussi d'une concentration de pouvoir
00:38:57dans les mains de quelques-uns, comme on en a rarement vu dans l'histoire de l'humanité.
00:39:01Le pape cite donc Platon, Tolkien, Picasso ou Beethoven
00:39:05pour alerter sur la déshumanisation qui guette le monde.
00:39:08Et il est en cela dans la droite ligne d'un autre pape, Léon XIII.
00:39:13Il s'y réfère, c'est pour ça qu'il a choisi ce prénom.
00:39:16Léon XIII qui, en 1891, publiait l'encyclique Rerum Novarum,
00:39:22qui est l'encyclique sociale, la doctrine sociale de l'Église,
00:39:25à l'époque de la révolution industrielle.
00:39:28Comment être donc un bon chrétien, entre guillemets,
00:39:31dans ce monde qui était en plein bouleversement ?
00:39:35Rerum Novarum qu'on pourrait traduire par « les choses nouvelles » ou « l'innovation ».
00:39:38Vous voyez bien qu'avec l'IA, on est en plein dedans.
00:39:41C'est en quelque sorte le tome 2 que vient de publier Léon XIV.
00:39:45On est dans une filiation complètement assumée, mais avec une spécificité.
00:39:49C'est l'alarmisme dont fait preuve le pape.
00:39:53L'intelligence artificielle exige désormais d'être désarmée,
00:39:58libérée des logiques qui en font un instrument de domination, d'exclusion et de mort.
00:40:06Comme l'énergie nucléaire, elle doit être au service de tous et du bien commun.
00:40:11Les décisions concernant la technologie ne doivent jamais être séparées de la conscience et de la responsabilité.
00:40:18C'est vrai qu'en l'écoutant, on se dit « mais que vient faire l'Église dans ce débat
00:40:22sur l'intelligence artificielle ? »
00:40:24Oui, c'est vrai qu'un pape qui appelle à un monde meilleur, malheureusement, ça n'a pas vraiment rendu
00:40:29un monde meilleur jusque-là.
00:40:29Rien de neuf au soleil du Vatican.
00:40:31A ceci près que ce pape n'est pas du tout déconnecté du réel.
00:40:34Ce n'est pas un Benoît XVI philosophe.
00:40:36C'est un pape qui est bien dans son temps.
00:40:38C'est le premier pape de l'après-guerre.
00:40:39C'est un pape qui est américain et qui a vu, sans doute aux premières loges, depuis Chicago où il
00:40:45a longtemps été,
00:40:47cette accélération de la technologie et cette apparition de l'IA.
00:40:50Et ce faisant, il a vu aussi des hommes, ces nouveaux grands dirigeants économiques de la planète, grandir.
00:40:58Et parmi eux, Christopher Ola, qui est le cofondateur d'Enthropic.
00:41:02Enthropic, c'est ceux qui ont fabriqué Claude, une IA soi-disant plus éthique, plus responsable.
00:41:09A telle enseigne d'ailleurs qu'Enthropic a refusé de travailler avec le Pentagone, avec le ministère de la Défense
00:41:15américain.
00:41:16Et c'est cette éthique qui fait que Christopher Ola était à côté du pape.
00:41:22Nous avons besoin que davantage d'acteurs du monde, communautés religieuses, sociétés civiles, chercheurs, gouvernements,
00:41:28et en réalité toutes les personnes de bonne volonté, fassent ce que sa sainteté a fait ici,
00:41:33prendre cela au sérieux, regarder de près et orienter les événements dans une meilleure direction.
00:41:38Nous avons besoin de critiques éclairées qui dérontent au laboratoire quand ils échouent,
00:41:42de joies que les incitations ne peuvent pas faire plier.
00:41:46Saint-Augustin théorisait deux cités, la cité céleste et puis la cité terrestre, les deux étant liées.
00:41:52C'est ce qui a fondé en quelque sorte les rapports politiques modernes entre la religion et entre l'État,
00:41:57entre le sabre et le goupillon.
00:41:59Saint-Augustin, c'est l'ordre dans lequel Léon XIII a été ordonné prêtre.
00:42:03Il n'y a quand même pas complètement de hasard.
00:42:04Et on voit bien que ce Léon XIV cherche à pointer du doigt une troisième cité qui serait celle de
00:42:12l'intelligence artificielle.
00:42:14Preuve en est, si le pape se penche sur ce sujet, que cette révolution de l'IA qui arrive va
00:42:20complètement chambouler notre monde.
00:42:21Merci Olivier. On passe à la question qui fâche.
00:42:32C'est un rapport qui était très attendu, le rapport sur les effets de l'encadrement des loyers.
00:42:37Il avait été commandé en juin 2025 par le Premier ministre de l'époque, François Bayrou, à deux économistes qui
00:42:44viennent enfin de le remettre.
00:42:45Bon, Bayrou n'est plus Premier ministre, les deux économistes ont pris tout leur temps.
00:42:49Et leur conclusion, c'est que ce dispositif, il a eu, oui, des effets réels, mais il a aussi eu
00:42:53des effets pervers.
00:42:54Et du coup, on se demande s'il faut prolonger l'encadrement des loyers au mois de novembre prochain, ou
00:42:58s'il faut tout arrêter.
00:42:59On va en débattre avec vous ce soir, Ignaki Echanis. Bonsoir.
00:43:02Bonsoir.
00:43:03Vous êtes députée socialiste des Pyrénées-Atlantiques.
00:43:05Merci d'être là aux côtés de Philippe Lottiot. Bonsoir.
00:43:08Députée Rassemblement National du Var.
00:43:10Et bonsoir Marie-Cœur de Roy.
00:43:11Bonsoir.
00:43:12Journaliste SIBO à la Tribune dimanche.
00:43:14Vous serez en quelque sorte l'arbitre des élégances ce soir.
00:43:17On va essayer.
00:43:18Bonsoir vous.
00:43:19C'est Maïté Frémont qui vous pose la question qui fâche.
00:43:24Dans la question qui fâche ce soir, l'encadrement des loyers.
00:43:28Le gouvernement ressuscite l'encadrement des loyers.
00:43:31La mesure avait été annulée par la justice en novembre 2017.
00:43:36Désormais, les élus s'appuient sur la loi Elan pour remettre en place ce dispositif.
00:43:40C'était les titres de vos journaux télévisés il y a 8 ans.
00:43:43L'expérimentation dans 70 villes du dispositif.
00:43:47Plus question de fixer un prix librement pour le propriétaire qui souhaite louer son bien sous peine d'une amende.
00:43:53Alors à 6 mois de la fin de l'expérimentation, quel bilan ont tiré en 2026 ?
00:43:59Cet après-midi, deux universitaires ont remis un rapport au ministre du Logement.
00:44:03Leur conclusion, certes, c'est une bouffée d'oxygène pour les ménages modestes à court terme.
00:44:10Effet positif pour les locataires avec des prix contenus.
00:44:13Mais il y a également des effets négatifs pour l'Etat avec la baisse des recettes fiscales.
00:44:19Et puis, la réduction du nombre d'annonces sur l'offre locative, à l'exception de Paris.
00:44:25Un raisonnement dont certains s'étonnent.
00:44:27Dans une tribune, 50 mères ont appelé à pérenniser et à étendre la mesure pour garantir à tous l'accès
00:44:34à un logement abordable.
00:44:36On est déterminé à protéger les locataires à Paris.
00:44:38Les experts préconisent, eux, de privilégier des politiques de l'offre.
00:44:43Alors la question qui fâche ce soir la voici.
00:44:46Encadrer les loyers, stop ou encore ?
00:44:49Marie-Cœur de Roi, à l'encadrement des loyers, devait protéger les locataires des abus dans les zones tendues.
00:44:5512 ans après sa création, ce que disent ces deux économistes, c'est que ça marche un peu, mais mal
00:45:00en fait.
00:45:01C'est ça la lecture que vous faites de ce rapport ?
00:45:02Il y a des choses, il y a des trous dans la raquette qu'il va falloir corriger.
00:45:06Après, la réalité, c'est que ça a quand même corrigé ses excès.
00:45:08Après, au propriétaire d'ailleurs qui était très inquiet, les loyers ont continué à augmenter dans les villes encadrées.
00:45:13C'est le cas de Paris, mais un peu moins vite que dans les villes pas encadrées.
00:45:17Donc ça a juste décéléré la hausse des loyers qu'on aurait eu sans cet encadrement.
00:45:21Donc il faut dire les choses en fait.
00:45:22On n'a pas eu de baisse de loyer depuis...
00:45:25Je suis locataire dans le 19e arrondissement, j'embrasse mon propriétaire mailleur.
00:45:28Je n'ai pas vu mes loyers baisser.
00:45:30Donc voilà, il faut dire les choses.
00:45:31Mais vous ne l'avez pas vu flamber non plus ?
00:45:32Et je ne l'ai pas vu flamber non plus.
00:45:34Il est déjà suffisamment élevé pour flamber davantage.
00:45:35Franchement, ça piquerait sérieusement.
00:45:37Mais la vérité, c'est ça.
00:45:38C'est qu'on a eu effectivement une moindre hausse des loyers qu'on aurait eu grâce à l'encadrement
00:45:44des loyers.
00:45:45Et par ailleurs, sur la question de l'offre locative, là-dessus, moi vraiment, ça me fait tiquer ce rapport.
00:45:50Je ne comprends pas.
00:45:51Et même à la mairie de Paris, ils le disent.
00:45:53Non, le nombre de biens alloués n'a pas augmenté depuis l'encadrement des loyers.
00:45:57Bien au contraire, il a baissé.
00:45:59Mais ce n'est pas lié à l'encadrement parce qu'il faut comparer ce qui est comparable,
00:46:02c'est-à-dire les villes avec encadrement et les villes sans encadrement.
00:46:06Vous avez une baisse du volume de biens alloués qui est similaire à Nice,
00:46:09qui n'est pas une ville encadrée, par rapport à Paris.
00:46:12Donc la baisse de l'offre locative n'est visiblement pas liée à l'encadrement des loyers.
00:46:17L'encadrement des loyers, Inaki et Echaniz, c'est un outil de justice sociale pour la gauche.
00:46:22Vous, qu'est-ce que vous retenez de ce rapport ?
00:46:24Moi, je retiens de ce rapport qu'il ouvre la porte à ce qu'on puisse avancer sur le sujet.
00:46:29J'ai eu l'honneur de porter un texte qui a été largement adopté en décembre dernier ici à l
00:46:34'Assemblée
00:46:35sur l'amélioration et la pérennisation de l'encadrement des loyers
00:46:38parce que justement, c'est une mesure de pouvoir d'achat.
00:46:41Comme l'a dit la journaliste juste avant,
00:46:44on ne peut pas aujourd'hui prouver que ça a une conséquence sur la baisse de l'offre locative
00:46:48qui est plutôt du fait de la crise du logement en règle générale,
00:46:51la baisse de la construction, la rénovation qui patine,
00:46:54la multiplication des meubles et de tourisme,
00:46:57le logement social qui est à la peine.
00:46:59C'est surtout ça qui fait aussi baisser l'offre locative.
00:47:02Mais à l'inverse, l'encadrement des loyers, comme à Paris par exemple,
00:47:05a permis aux locataires d'économiser jusqu'à 1 000 euros par an.
00:47:07Et ce n'est pas rien.
00:47:08De ne pas les dépenser en tout cas.
00:47:09En tout cas, de ne pas le dépenser.
00:47:11Effectivement, parfois, on pointe l'encadrement des loyers
00:47:13comme une mesure extrêmement coercitive.
00:47:15C'est faux, ça vient d'être dit.
00:47:16L'encadrement des loyers permet de limiter la hausse
00:47:19et de limiter les excès pour permettre aux locataires de se loger dignement.
00:47:23Et on échangeait tout à l'heure avant d'arriver sur le plateau.
00:47:25Un des sujets qui touche toutes les familles, c'est les étudiants,
00:47:29leurs enfants qui partent vivre dans les grandes villes.
00:47:32Et moi, quand j'ai fait le rapport avec ma collègue Anna-Higlemeur,
00:47:35on avait des gens qui étaient défavorables à l'encadrement des loyers
00:47:37et qui depuis ont changé d'avis
00:47:39parce que leur enfant est parti faire des études
00:47:41et qu'ils étaient bien contents de trouver un loyer encadré.
00:47:43Et je terminerai enfin en disant que,
00:47:45surtout, c'est un outil facultatif à la main des maires.
00:47:48On sort des élections municipales.
00:47:50Les maires sont légitimes pour le mettre en oeuvre ou pas,
00:47:52pour y rentrer comme pour en sortir.
00:47:54Vous l'avez vu dans le sujet,
00:47:5550 maires des 70 qui le mettent en oeuvre appellent à continuer.
00:47:58– Une des critiques que l'on fait souvent sur les aides publiques
00:48:02ou en tout cas sur les politiques publiques,
00:48:04c'est qu'elles soient ciblées ou pas.
00:48:06On le voit sur le carburant.
00:48:08Là, l'encadrement des loyers, finalement,
00:48:10ça cible même des gens qui pourraient payer un loyer beaucoup plus élevé.
00:48:14Est-ce que ça ne pose pas un souci ?
00:48:16– Il y a aussi beaucoup de gens qui auraient pu être éligibles
00:48:18à un logement social.
00:48:19C'est mon cas, je suis éligible à deux catégories de logements sociaux sur trois,
00:48:22mais je n'ai pas de logement social.
00:48:23Donc je suis bien obligée de me loger dans le parc privé.
00:48:25Donc je trouve que le rapport qui accentue vachement là-dessus,
00:48:27en disant attention, parce qu'on va aussi aider des gens
00:48:30qui n'en ont pas besoin.
00:48:31Oui, enfin, un loyer de 1900 euros par mois dans le 19e
00:48:34pour moins de 70 mètres carrés,
00:48:35il ne me semble pas que ce soit hyper avantageux, par exemple.
00:48:38– Philippe Lottio, je vous voyais en désaccord avec votre voisin.
00:48:41– Oui, parce que, disons, j'ai un peu l'impression,
00:48:43c'est un peu retour vers le futur, on a un petit peu l'impression
00:48:45de discussions soviétiques, vous savez, sur l'encadrement,
00:48:47la fixation, etc.
00:48:49Je crois que c'est une mauvaise solution à un vrai problème.
00:48:52C'est-à-dire qu'il y a, c'est sûr, des loyers complètement délirants,
00:48:54complètement inadmissibles, d'ailleurs notamment dans les grandes villes.
00:48:57Mais ça vient d'où ?
00:48:58Ça vient d'un problème, tout simplement,
00:48:59d'un problème de l'offre et de la demande.
00:49:00Quand vous avez une demande qui est largement supérieure à l'offre,
00:49:04le prix augmente, c'est un principe de base d'économie.
00:49:07Or le problème, depuis quelques années,
00:49:09un ensemble de lois ont été prises
00:49:10qui a contribué à réduire cette offre.
00:49:13Les DPE, les normes, etc.
00:49:15Et on construit de moins en moins,
00:49:17il n'y a plus d'investissement locatif dans ce pays.
00:49:19Donc qu'est-ce qui se passe en effet ?
00:49:21Parallèlement à une politique quand même de métropolisation,
00:49:23notamment pour les études supérieures.
00:49:25Aujourd'hui, les étudiants, ils n'ont pas trop le choix,
00:49:27il faut aller dans les grandes villes, dans les métropoles.
00:49:28Ce qui n'est pas forcément une bonne chose.
00:49:30Donc ça, plus ça, plus ça, on a contribué finalement
00:49:32à maintenir, voire augmenter la demande.
00:49:35Et parallèlement à ça, on réduit l'offre.
00:49:37Et après, on dit, ah zut, les loyers augmentent.
00:49:38Enfin, c'était quand même assez prévisible.
00:49:40Donc la vraie solution, ça serait quand même
00:49:42de refaire une politique pour pouvoir à nouveau
00:49:44augmenter l'offre. D'ailleurs, c'est ce qui est évoqué
00:49:46en partie. Pour pouvoir à nouveau augmenter l'offre,
00:49:48il y a tout un ensemble de solutions à mettre en œuvre.
00:49:51Et c'est le seul moyen où on arrivera à une baisse
00:49:54durable, plutôt que des systèmes
00:49:55qui finalement profitent à quelques-uns.
00:49:57Je suis très content pour les locataires
00:49:58qui bénéficient de ce plafonnement.
00:50:01C'est très bien pour eux.
00:50:02Mais profitent à quelques-uns et finalement,
00:50:04nuis à beaucoup, parce qu'en n'augmentant pas l'offre
00:50:07et voire en contribuant quand même
00:50:08à la réduire, eh bien,
00:50:10finalement, il y a beaucoup de gens
00:50:12qui ne sont pas dans ce dispositif
00:50:13et qui finalement souffrent de l'existence même
00:50:15de ce dispositif.
00:50:16Le rapport dit aussi que la rentabilité locative
00:50:19s'est érodée dans les grandes villes.
00:50:21Ça veut dire quoi, Marie-Cœur de Roy ?
00:50:22Que des propriétaires ont retiré leurs biens du marché
00:50:24ou qu'ils sont passés en meublé
00:50:26ou en Airbnb pour contourner les règles ?
00:50:29C'est les fameux trous dans la raquette
00:50:30de l'encadrement des loyers, parce qu'effectivement,
00:50:32l'encadrement tel qu'il est aujourd'hui,
00:50:33il n'est pas parfait.
00:50:34Et donc forcément, mais après, encore une fois,
00:50:35j'en avais déjà parlé, c'est le procès de la nature humaine.
00:50:37C'est-à-dire que moi, je suis propriétaire bailleur,
00:50:39je vais essayer de maximiser mes profits.
00:50:40Si aujourd'hui, les règles fiscales me permettent
00:50:43de gagner plus d'argent en louant en meublé
00:50:45ou en choisissant des beaux spécifiques,
00:50:47je pense que mes amis députés à côté vont en parler,
00:50:51mais le bail-code civil, par exemple,
00:50:53eh bien forcément, les gens, ils vont s'engouffrer dans...
00:50:55Le problème, c'est la question de la légalité.
00:50:56Vous voulez que je vous amuse ?
00:50:57J'ai regardé quand même avant de venir,
00:50:59il y a par exemple quelque chose qui est autorisé
00:51:01grâce à l'encadrement des loyers,
00:51:02c'est le complément de loyer.
00:51:04C'est-à-dire qu'on peut aller juste au bout du...
00:51:05J'ai découvert ça aussi.
00:51:06Voilà, et en fait, on peut rajouter par-dessus.
00:51:08On peut, par exemple, s'il y a une cheminée
00:51:10dans l'appartement ou s'il y a une vue.
00:51:12En fait, c'est des caractéristiques exceptionnelles,
00:51:14mais la loi ne dit pas, ne fait pas de liste exhaustive
00:51:17de ce qui justifie ce complément de loyer.
00:51:19Je vous donne juste un petit exemple.
00:51:20On est à La Chapelle-Max-Dormois, Paris,
00:51:23un deux pièces de 13 mètres carrés quand même,
00:51:25850 euros par mois.
00:51:27Si le propriétaire avait juste respecté la règle,
00:51:30ce serait un loyer de 455 euros par mois.
00:51:32Il a ajouté 334 euros de complément de loyer
00:51:36en justifiant le fait que la cuisine est équipée.
00:51:38Voilà ce qu'on a aujourd'hui encore comme annonce.
00:51:41Et il y en a plein, j'en ai imprimé plein,
00:51:42mais je ne vais pas prendre toute l'entrée.
00:51:43La minima, Enyaki Echanis, c'est déjà ça qu'il faut corriger, non ?
00:51:46Si on prolonge le dispositif.
00:51:49C'est tout le sens de la proposition de loi
00:51:50qu'on a portée avec mes collègues du groupe socialiste.
00:51:53Et une large partie aussi des élus de cette Assemblée
00:51:56qui sont au cœur de leur territoire,
00:51:57qui voient bien l'effet délétère qu'il y a sur la population.
00:52:00On avait eu le sujet sur la régulation des meubles et de tourisme.
00:52:03C'est le cas ici.
00:52:04Et effectivement, ce n'est pas ça qui va changer,
00:52:06qui va répondre à la crise.
00:52:07Mais aujourd'hui, face aux besoins,
00:52:09on a besoin de temporiser les choses
00:52:11pour faire avancer un certain nombre de sujets.
00:52:12J'entends mon collègue du Rassemblement national
00:52:14dire qu'il faut grande politique du logement.
00:52:15Mais ils n'ont jamais été au rendez-vous
00:52:17des propositions qu'on porte,
00:52:18que ce soit redonner des moyens au logement social
00:52:21pour pouvoir construire plus.
00:52:22Moi, je porte depuis 2022 la baisse de la fiscalité
00:52:25sur la location longue durée.
00:52:26Je n'ai jamais vu le Rassemblement national soutenir cette mesure.
00:52:28Sur le DPE, moi, j'ai proposé avec Bastien Marchiv
00:52:31un aménagement du DPE justement pour y aller progressivement.
00:52:35Ils ont voté contre justement pour laisser
00:52:36cette situation de blocage.
00:52:38Donc, moi, j'entends bien.
00:52:39Ce n'est pas vrai, Philippe Lothiot ?
00:52:40C'est avant tout une mesure de justice sociale
00:52:43pour les classes moyennes, les classes intermédiaires.
00:52:45Et comme ça a été très bien dit,
00:52:46ça reste rentable pour les propriétaires.
00:52:48Tout en sachant, et il faut le rappeler,
00:52:50que le logement, investir dans un logement,
00:52:51ce n'est pas un investissement comme un autre.
00:52:53On n'investit pas dans la pierre.
00:52:55Comme on investit en bourse, le logement,
00:52:56c'est un bien essentiel pour loger tout à chacun,
00:53:00y compris des gens qui vont bien,
00:53:01des gens qui vont moins bien.
00:53:02Et on reste sur un rapport locatif
00:53:05qui est avantageux pour le propriétaire.
00:53:07Il retrouve ses oeufs dans le panier
00:53:09juste de façon un peu plus raisonnée.
00:53:11Si l'investissement locatif était rentable,
00:53:12il y en aurait.
00:53:13Aujourd'hui, il y a une baisse considérable
00:53:15dans l'investissement locatif
00:53:16parce que justement, il n'est plus rentable.
00:53:17Il y a une baisse considérable des offres.
00:53:19Mais le rapport dit que ce n'est pas lié
00:53:20à l'encadrement des loyers.
00:53:21Non, attention.
00:53:22Je dis que c'est une mauvaise solution
00:53:24à un vrai problème.
00:53:25Le problème, en effet, de loyer complètement délirant,
00:53:27ce que vous avez cité, c'est complètement délirant.
00:53:29Mais à un moment aussi, finalement,
00:53:30c'est de faire du surloyer.
00:53:31Vous savez, on dit toujours
00:53:32qu'en un règle qui est trop strict,
00:53:33le jeu avec la règle devient la règle du jeu.
00:53:35C'est-à-dire, si on met des contraintes,
00:53:36des contraintes et des contraintes,
00:53:37il va toujours y avoir des objectifs de contournement.
00:53:40Il y a une question téléspectateur, Olivier.
00:53:41Oui, qui tourne beaucoup autour de cette question
00:53:45des locations meublées,
00:53:47qui empêche les gens d'habiter dans les villes.
00:53:51Comment faire pour arrêter ces incitations
00:53:54ou arrêter ce réflexe de loyer en meublé ?
00:53:57Revoir la fiscalité.
00:53:58On avait jusqu'à 2024 les Airbnb
00:54:02qui avaient 70% d'abattement sur les revenus.
00:54:05On a réussi, par la loi que j'ai portée,
00:54:07à descendre à 50%.
00:54:08Dans le même temps, dans le cas du PLF,
00:54:09on a le meublé qui est à 50% d'abattement
00:54:12et l'allocation nue longue durée,
00:54:14qui est le mieux,
00:54:15qui n'a que 30% d'abattement.
00:54:17Et nous, ce qu'on propose,
00:54:17c'est d'inverser cette fiscalité-là
00:54:19pour encourager l'allocation longue durée nue.
00:54:21Le meublé, ça peut être utile.
00:54:23Ça peut être utile pour l'étudiant
00:54:24qui va passer un an ici,
00:54:26pour une famille qui...
00:54:26Et qui n'a pas besoin d'un bail de 3 ans.
00:54:27Qui n'a pas besoin d'un bail de 3 ans,
00:54:28qui ne va pas se racheter des meubles à chaque fois,
00:54:30pour le couple qui divorce
00:54:31et qui doit trouver une solution rapide
00:54:33pour pouvoir décohabiter.
00:54:35Sauf qu'aujourd'hui,
00:54:39effectivement, fiscalement,
00:54:40c'est beaucoup plus intéressant,
00:54:41sauf que c'est beaucoup plus précarisant
00:54:43pour un certain nombre de locataires.
00:54:45Donc nous, ce qu'on veut,
00:54:45c'est inverser la pression fiscale
00:54:48et en tout cas la contribution fiscale
00:54:49entre meublé, longue et courte durée,
00:54:51meublé ou nu.
00:54:52Et c'est quelque part aussi
00:54:53ce que disent les économistes dans le rapport
00:54:55en disant qu'il y a besoin
00:54:56d'avoir une refonte globale de la fiscalité
00:54:58sur l'allocation
00:54:59pour atteindre le but,
00:55:00celui de pouvoir loger tout le monde dignement
00:55:02sur tous les territoires,
00:55:03qu'il soit tendu ou non.
00:55:04Philippe Lothio ?
00:55:05Ce n'est pas forcément mettre davantage
00:55:06de contraintes sur les locations meublées.
00:55:08Le problème, pareil,
00:55:08on dit toujours les locations meublées,
00:55:10ça enlève des logements et tout ça.
00:55:12Mais qu'est-ce qui se passe ?
00:55:13Quand vous discutez avec les propriétaires,
00:55:14au début,
00:55:15ils n'avaient pas forcément comme but
00:55:16de le mettre en location meublée.
00:55:17Mais ils disent,
00:55:17oulala, si j'ai un squat,
00:55:19si j'ai ceci,
00:55:20si j'ai cela,
00:55:21etc., etc.,
00:55:22je n'ai plus envie de louer
00:55:23en location longue durée.
00:55:24C'est tout simplement ça.
00:55:24Je n'ai plus envie de louer
00:55:25en location longue durée.
00:55:26Donc, par voie de conséquence...
00:55:27Je vais passer en meublé.
00:55:28Je vais passer en meublé.
00:55:29Mais pas forcément
00:55:36aux propriétaires
00:55:37de faire de l'investissement locatif,
00:55:38de construire du logement intermédiaire,
00:55:40par exemple,
00:55:40en ouvrant le statut
00:55:42de logement intermédiaire
00:55:42aux investisseurs privés
00:55:43ou des choses comme ça.
00:55:44Si on redonnait cette possibilité,
00:55:46si on redonnait des rapports locatifs
00:55:47peut-être plus simples aussi,
00:55:49qui n'inquiètent pas les propriétaires,
00:55:51eh bien, on arriverait à des situations
00:55:52où il y aurait davantage
00:55:53de logements sur le marché
00:55:54parce que c'est bien ça.
00:55:55Et davantage de logements
00:55:57sur le marché,
00:55:58c'est ça qui va faire
00:55:58que les prix vont baisser.
00:56:00Ce n'est pas une régulation
00:56:01où on n'aura pas davantage de logements.
00:56:02Et que font ceux
00:56:03qui n'ont pas accès à ça ?
00:56:04Que font ceux
00:56:05qui n'ont pas accès
00:56:05à ces logements
00:56:07qui sont les plus nombreux,
00:56:08qui n'ont pas accès
00:56:08à ces logements régulés ?
00:56:10On les met où ?
00:56:11C'est pour ça
00:56:12qu'il faut éteindre le dispositif
00:56:13à tous les maires
00:56:13qui le souhaitent
00:56:14et à toutes les communes
00:56:14qui le souhaitent.
00:56:15Parce qu'aujourd'hui,
00:56:17le risque,
00:56:17et je le dis aux téléspectateurs,
00:56:19c'est que si rien n'est fait
00:56:20sur le plan législatif,
00:56:21en novembre,
00:56:22tout s'arrête.
00:56:22Alors, pour que le dispositif
00:56:23soit prolongé,
00:56:24il faut obligatoirement
00:56:25passer par une loi
00:56:26votée au Parlement.
00:56:27Donc, ma question ce soir,
00:56:28c'est simple.
00:56:28Vous votez oui
00:56:29ou vous votez non ?
00:56:30Ce n'est pas aujourd'hui
00:56:31un bon dispositif
00:56:32par rapport à la situation.
00:56:33On verra ce qui sera proposé
00:56:35à ce moment-là,
00:56:36mais a priori,
00:56:37ce n'est pas une bonne solution.
00:56:38Bien sûr que oui.
00:56:39Nous, on l'a fait voter
00:56:40ici à l'Assemblée.
00:56:40Le Rassemblement national
00:56:41était le seul groupe
00:56:43à voter contre,
00:56:44alors que, je le dis,
00:56:4587% des Français
00:56:46y sont favorables.
00:56:48Et ce n'est pas tous les jours
00:56:49qu'il y a une mesure
00:56:50qui réunit
00:56:51une majorité écrasante des Français.
00:56:53Donc, nous, on est pour.
00:56:54On est pour l'améliorer aussi
00:56:55parce qu'il y a des trous
00:56:55dans la raquette
00:56:56et pour retrouver l'équilibre
00:56:58et la confiance
00:56:58entre propriétaires et locataires.
00:57:00Parce que ça a été dit
00:57:00par le collègue...
00:57:00Juste d'un mot,
00:57:01c'est assez apolitique,
00:57:02c'est assez...
00:57:02Enfin, je fais mon autopromo,
00:57:03mais on a fait un sondage
00:57:04avec BFM, Odoxa,
00:57:06sur l'avis des Français
00:57:07au sens large
00:57:08sur l'encadrement des loyers.
00:57:09Alors, ils sont à 71% favorables
00:57:11qu'ils soient propriétaires
00:57:12ou locataires.
00:57:13Et en fonction
00:57:14de leurs accointances politiques,
00:57:15ils sont tous majoritairement,
00:57:18majoritairement favorables
00:57:18à l'encadrement des loyers.
00:57:19Bon, alors,
00:57:20et dans les 71%,
00:57:21il y a des électeurs
00:57:22du Rassemblement national.
00:57:23C'est très généreux.
00:57:2375% pour les électeurs
00:57:24du Rassemblement national.
00:57:24Mais il faut l'expliquer aussi.
00:57:27Il faut dire
00:57:27que s'attaquer aux conséquences
00:57:28d'une situation
00:57:29et pas aux causes
00:57:29est une fausse solution.
00:57:30C'est la bonne mesure.
00:57:31Mais en attendant,
00:57:31qu'est-ce qu'on fait ?
00:57:31Mais il faut quand même...
00:57:33Fiscalement,
00:57:34on relance la construction,
00:57:35ça a des années.
00:57:36J'attends mon vote.
00:57:37Il y a des propositions de loi
00:57:38qui ont été déposées
00:57:38depuis le mois de 2024.
00:57:39Merci en tout cas
00:57:40à tous les trois
00:57:40d'être venus en parler ce soir
00:57:41sur le plateau de chaque voix.
00:57:42On compte rester là
00:57:42parce que tout de suite,
00:57:43c'est le journal
00:57:43de l'Assemblée nationale.
00:57:45C'est Marco Pommier
00:57:45pour Bourbon Express.
00:57:51Bonsoir, Marco.
00:57:52Bonsoir, Adeline.
00:57:53On parle des ruptures conventionnelles
00:57:54pour commencer ce soir
00:57:55dans Bourbon Express.
00:57:57Le gouvernement veut réduire
00:57:58la durée maximale
00:57:59de l'indemnisation chômage
00:58:00après une rupture conventionnelle.
00:58:02On en avait parlé ici même
00:58:03dans chaque vacante
00:58:04au mois d'avril.
00:58:05Un projet de loi
00:58:05issu d'un accord
00:58:07entre les partenaires sociaux.
00:58:08Il a été examiné
00:58:09cet après-midi.
00:58:10Alors, vous le savez,
00:58:11la rupture conventionnelle,
00:58:12c'est ce départ négocié
00:58:14entre le salarié
00:58:15et son employeur.
00:58:16Un divorce à l'amiable
00:58:18qui coûte cher à l'État
00:58:19selon le ministre du Travail.
00:58:219 milliards d'euros par an,
00:58:22soit un quart des dépenses
00:58:24de l'assurance chômage.
00:58:26Grâce à cet accord,
00:58:281 milliard d'euros
00:58:29d'économie annuelle
00:58:31pour l'UNEDIC
00:58:31et, en ce qui concerne l'emploi,
00:58:3415 000 personnes
00:58:35en emploi supplémentaire
00:58:36chaque année.
00:58:38Vous l'avez entendu,
00:58:391 milliard d'euros
00:58:40d'économie à la clé.
00:58:41Avec ce projet de loi,
00:58:42selon le ministre,
00:58:43pour cela,
00:58:43le gouvernement veut donc
00:58:44réduire la durée
00:58:45d'indemnisation
00:58:46de 18 à 15 mois
00:58:48pour les moins de 55 ans
00:58:50et même de 27 à 20 mois
00:58:52pour les plus de 57 ans.
00:58:54Vous le voyez,
00:58:54la gauche,
00:58:55qui avait réussi
00:58:55à faire rejeter le texte
00:58:57en avril,
00:58:57a dénoncé
00:58:58des économies injustes
00:58:59sur le dos des chômeurs.
00:59:01Voilà le dernier cadeau
00:59:03empoisonné
00:59:03d'un mandat pourri
00:59:04de A à Z.
00:59:05Baissé de 6 mois
00:59:07et demi
00:59:08la durée
00:59:08d'indemnisation chômage
00:59:09des travailleurs
00:59:10de plus de 57 ans
00:59:11qui auraient signé
00:59:12une rupture conventionnelle.
00:59:14Vous voulez,
00:59:14par votre texte ici,
00:59:15river les gens
00:59:16dans le malheur
00:59:17lorsqu'ils le subissent
00:59:18au travail.
00:59:18Et cette fois,
00:59:19les mots d'Adrien Clouet
00:59:20ou de la gauche,
00:59:21d'ailleurs,
00:59:22n'ont pas suffi
00:59:22à faire bouger le texte
00:59:24déjà adopté au Sénat.
00:59:25Le vote solennel
00:59:26du projet de loi
00:59:27est prévu la semaine prochaine.
00:59:29On était mardi
00:59:29et le mardi,
00:59:30c'est questions au gouvernement.
00:59:31La séance s'est ouverte
00:59:32avec beaucoup d'émotion
00:59:33suite au décès
00:59:34de Béatrice Bellamy,
00:59:35la députée de Vendée.
00:59:36On a appris sa disparition hier
00:59:38à l'âge de 59 ans.
00:59:40Elle luttait depuis
00:59:40plusieurs semaines
00:59:41contre un cancer.
00:59:42Députée Horizon
00:59:43depuis 2022,
00:59:44Béatrice Bellamy
00:59:45était particulièrement investie
00:59:47sur les questions
00:59:48liées au sport.
00:59:48L'Assemblée
00:59:49lui a rendu hommage
00:59:51cet après-midi
00:59:51à commencer
00:59:52par la présidente
00:59:53Yaël Braun-Pivet.
00:59:55Une minute de silence
00:59:55a été observée
00:59:56dans l'hémicycle.
00:59:57On retiendra aussi
00:59:58les mots
00:59:59de Laurent Marc-Angeli,
01:00:00le président du groupe Horizon.
01:00:02Je conclurai
01:00:03par une citation
01:00:05d'un de nos grands écrivains,
01:00:08Jean Dormesson.
01:00:09C'est ce que représente
01:00:10Béatrice Bellamy
01:00:10et l'absence
01:00:11qu'elle laisse à présent
01:00:13derrière elle.
01:00:14Il y a quelque chose
01:00:15de plus puissant
01:00:16que la mort,
01:00:17disait Jean Dormesson.
01:00:18c'est la présence
01:00:19des absents
01:00:19dans la mémoire
01:00:21des vivants.
01:00:22Je vous remercie.
01:00:25Applaudissements
01:00:28Et un éloge funèbre
01:00:30sera organisé
01:00:31dans les prochaines semaines
01:00:31à l'Assemblée
01:00:32en présence
01:00:33de sa famille,
01:00:33de la famille
01:00:34de la députée.
01:00:34Des questions au gouvernement
01:00:36marquées également
01:00:36par l'épisode caniculaire
01:00:38que nous sommes en train
01:00:39de vivre.
01:00:39300 records de température
01:00:40battus encore aujourd'hui.
01:00:42Les écologistes
01:00:43ont remis sur la table
01:00:44leur plan canicule.
01:00:4513 départements
01:00:47en vigilance orange
01:00:48canicule
01:00:48au plein mois de mai.
01:00:50Au moins 7 morts.
01:00:51Une vague de chaleur
01:00:52exceptionnelle
01:00:53par sa précocité,
01:00:54son intensité
01:00:55et sa durée.
01:00:56Le Premier ministre
01:00:57a convoqué
01:00:57une réunion de crise
01:00:58jeudi.
01:00:59Et de leur côté,
01:01:00les écologistes
01:01:01mettent plusieurs propositions
01:01:02dans le débat
01:01:03avec notamment
01:01:04une mesure
01:01:04sur le travail.
01:01:05Écoutez.
01:01:06La chaleur peut tuer,
01:01:08elle abîme les corps
01:01:08et donc il faut définir
01:01:10une température maximale
01:01:11de travail,
01:01:12instaurer un droit au retrait.
01:01:14Il y a déjà eu
01:01:14des propositions
01:01:15sur un congé climatique
01:01:16qui ont été mis
01:01:16dans le débat public.
01:01:17En tout cas,
01:01:18il faut repenser
01:01:19collectivement
01:01:20notre organisation
01:01:21du travail.
01:01:23Instaurer une température
01:01:24maximale pour travailler,
01:01:26voilà l'une des pistes
01:01:27avancées
01:01:28et ce n'est pas la seule.
01:01:29Les écologistes
01:01:30proposent aussi
01:01:30un plan grand chaud
01:01:31sur le modèle
01:01:32du plan grand froid
01:01:33pour héberger
01:01:34les personnes à la rue
01:01:35ou encore,
01:01:36vous l'avez entendu
01:01:36dans le sonore,
01:01:37un congé climatique
01:01:38de cinq jours
01:01:40pour les salariés
01:01:41et les parents d'enfants
01:01:42dont les écoles
01:01:42ferment à cause
01:01:43de la chaleur.
01:01:44Les écologistes,
01:01:45l'ensemble de la gauche
01:01:46même qui accusent
01:01:47le gouvernement
01:01:47de ne pas être
01:01:48à la hauteur
01:01:49face aux canicules
01:01:50à répétition.
01:01:51Interpellé aujourd'hui,
01:01:52la ministre a défendu
01:01:53l'action du gouvernement.
01:01:55Non, vous ne pouvez pas dire
01:01:56qu'il n'y a rien.
01:01:57Nous avons un plan national,
01:01:59comme vous le savez,
01:02:01d'adaptation
01:02:01au changement climatique
01:02:03qui comprend
01:02:03un certain nombre
01:02:05d'actions
01:02:06sur la végétalisation
01:02:08des écoles,
01:02:08la lutte contre
01:02:09les îlots de chaleur urbains,
01:02:11la meilleure connaissance
01:02:12des vulnérabilités locales
01:02:14et la transformation
01:02:15de l'espace public.
01:02:17La ministre se défend,
01:02:19les écologistes proposent
01:02:20donc un plan canicule.
01:02:21L'ERN, lui,
01:02:22milite pour un plan climatisation.
01:02:25Un droit à la fraîcheur
01:02:26n'est pas un luxe,
01:02:27a dit Marine Le Pen
01:02:27aujourd'hui.
01:02:28Philippe Lothiot,
01:02:29le droit à la fraîcheur.
01:02:30Oui, c'est peut-être mieux
01:02:31que le droit à la paresse.
01:02:33Mais vous,
01:02:34donc l'ERN milite désormais
01:02:35pour un grand plan
01:02:36de climatisation.
01:02:37Ce n'est pas désormais,
01:02:37ce n'est pas récent.
01:02:38Ça fait déjà quelques temps
01:02:39qu'on en parle.
01:02:40Au début,
01:02:40on nous regardait
01:02:41avec des yeux ébahis.
01:02:42Finalement,
01:02:42on commençait à se dire
01:02:43que ce n'était peut-être pas idiot.
01:02:44Oui, tout à fait.
01:02:45Parce que ça règle
01:02:51il y a des pointes de chaleur.
01:02:53Il y a des gestes,
01:02:54il y a des choses de bon sens
01:02:55qu'on connaît,
01:02:55que tout le monde connaît
01:02:56et qui sont à mettre en œuvre.
01:02:58Si on commence à dire
01:02:59alors oui,
01:02:59alors il fait trop chaud,
01:03:00alors on ne va pas travailler
01:03:01et puis demain,
01:03:01il va faire trop froid
01:03:02et puis après,
01:03:02il va faire trop plus vieux.
01:03:04On va dire ça
01:03:05aux gens qui travaillent sur les toits.
01:03:06Vous savez,
01:03:06ceux qui travaillent sur les toits,
01:03:07il se trouve que je connais bien
01:03:08le sujet pour d'autres raisons personnelles.
01:03:09Ils ont le droit d'exercer
01:03:10un droit de retraite.
01:03:10Quand les gens travaillent sur les toits,
01:03:11les patrons ne sont pas idiots.
01:03:12quand il y a des périodes de canicule,
01:03:14ils adaptent leurs horaires,
01:03:15ils adaptent les périodes,
01:03:16ils renvoient.
01:03:17Vous savez,
01:03:18les patrons ne sont pas complètement stupides
01:03:20et ne veulent pas
01:03:21que les seuls s'écroulent.
01:03:22Donc quand il y a des épisodes comme ça,
01:03:24justement,
01:03:24je connais bien ce sujet,
01:03:26ils gèrent,
01:03:27ils s'organisent,
01:03:27il n'y a pas besoin de loi
01:03:28pour leur dire
01:03:28qu'ils vont partir, etc.
01:03:30Niaki et Chanisse,
01:03:31vous avez été étonné
01:03:32que Sébastien Lecornu
01:03:32annonce une réunion jeudi prochain.
01:03:34Je pense que c'est un enjeu
01:03:37pour les années,
01:03:37les décennies à venir
01:03:38et qu'effectivement,
01:03:39il faut qu'on se mette en action.
01:03:42Nous, on porte la nécessité,
01:03:44comme les écologistes,
01:03:45d'avoir un grand plan
01:03:46de rénovation de l'habitat
01:03:47parce qu'au-delà
01:03:48de la question du travail,
01:03:48il y a aussi l'habitat,
01:03:50on revient au sujet du logement
01:03:51et où le RN dénonce le DPE
01:03:53mais il y a un enjeu
01:03:53aujourd'hui derrière le DPE
01:03:54de rénovation de l'habitat
01:03:55parce que c'est une question sanitaire
01:03:58et de vivabilité dans nos logements
01:04:00et donc il faut,
01:04:01à l'image de MaPrimeRénov',
01:04:02investir massivement,
01:04:04faire en sorte
01:04:04qu'il n'y ait plus de stop and go
01:04:05comme on a pu le voir
01:04:06avec un coup de MaPrimeRénov'
01:04:07éligible, un coup vous ne l'êtes plus,
01:04:09il faut investir massivement
01:04:11pour rénover le parc immobilier français
01:04:13pour l'adapter à la fois au froid
01:04:15comme au chaud
01:04:16qui va se multiplier
01:04:17dans les années à venir.
01:04:19On termine, Marco,
01:04:20avec un député
01:04:21qui continue de faire parler de lui,
01:04:22c'est Charles Aloncle,
01:04:23soupçonné d'avoir embauché
01:04:25sa compagne
01:04:26comme attaché parlementaire,
01:04:27ce qui est interdit par la loi.
01:04:28Oui, Charles Aloncle,
01:04:29le rapporteur
01:04:30de la fameuse commission d'enquête
01:04:32sur l'audiovisuel public
01:04:33dont on a beaucoup parlé,
01:04:35le député UDR
01:04:36au cœur d'une paparazzade
01:04:38de Paris Match
01:04:39qui le montre dans les rues de Paris
01:04:40avec sa collaboratrice présentée,
01:04:42vous le voyez,
01:04:42comme sa compagne.
01:04:43Oui, mais voilà,
01:04:44depuis 2017,
01:04:45après la retentissante affaire Fillon,
01:04:47la loi est claire,
01:04:48vous l'avez dit,
01:04:49un parlementaire n'a pas le droit
01:04:50d'employer son conjoint.
01:04:52Résultat,
01:04:53Yael Brunpivet a saisi
01:04:54le déontologue de l'Assemblée
01:04:55pour vérification,
01:04:56je cite,
01:04:57auprès de l'AFP,
01:04:58Charles Aloncle se dit
01:04:59abasourdi par les méthodes
01:05:00de filature,
01:05:01d'autant qu'il n'y a
01:05:02rien d'illégal.
01:05:03Selon lui,
01:05:04regardez,
01:05:05nous ne sommes
01:05:06ni conjoints,
01:05:07ni concubins,
01:05:08ni mariés,
01:05:08ni paxés.
01:05:09Il ajoute que la présidente
01:05:11de l'Assemblée
01:05:11semble avoir un problème
01:05:12avec lui,
01:05:13il compte attaquer Paris Match,
01:05:15affaire à suivre.
01:05:15On suivra ça,
01:05:16merci beaucoup Marco,
01:05:17merci à tous les trois
01:05:18d'être venus ce soir
01:05:19dans chaque voix compte.
01:05:20Merci Fanny Guinochet.
01:05:21On vous écoute religieusement
01:05:22demain matin
01:05:23sur France Info.
01:05:247h51.
01:05:25Et merci Olivier Ramanello,
01:05:26à demain.
01:05:27Merci à vous
01:05:28de nous avoir suivis
01:05:29chez vous.
01:05:30Cette émission est rediffusée
01:05:31tout à l'heure
01:05:31à 23h30
01:05:32et vous la retrouvez
01:05:33à tout moment
01:05:33sur lcp.fr.
01:05:35On revient demain
01:05:36en direct à 19h30.
01:05:37Passez une excellente soirée
01:05:38sur la 8,
01:05:38à demain.
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