- il y a 4 jours
Un mois et demi après le début du conflit au Moyen-Orient, les eurodéputés observent avec attention les prix de l'énergie fluctuer. Au moment où Donald Trump et les Iraniens concluent un cessez-le-feu, avec en ligne de mire la réouverture du détroit d'Ormuz, les Européens vont-ils enfin sortir du spectre d'un choc pétrolier et gazier majeur ? L'Europe doit-elle s'engager militairement dans cette zone stratégique instable pour assurer sa sécurité énergétique, et surtout, l'Union Européenne, qui dépend à plus de 55 % des importations pour sa consommation énergétique, doit-elle se fixer des objectifs en matière de renouvelable entre l'éolien, le solaire ou encore l'hydraulique. Caroline de Camaret et Alexandre Poussard ouvrent le débat dans Ici l'Europe avec les députés Christophe Grudler du groupe Renew (France), Isabelle Le Callennec du Parti Populaire Européen (France) et Marc Botenga, eurodéputé La Gauche (Belgique).
Première partie : Caroline de Camaret reçoit Enrico Letta, ancien président du conseil italien et actuel président de l'institut Jacques Delors
Deuxième partie : Caroline de Camaret et Alexandre Poussart reçoivent les eurodéputés :
- Isabelle Le Callennec, eurodéputée, Parti Populaire Européen (France),
- Christophe Grudler, eurodéputé, Renew (France),
- Marc Botenga, eurodéputé, La Gauche (Belgique).
Première partie : Caroline de Camaret reçoit Enrico Letta, ancien président du conseil italien et actuel président de l'institut Jacques Delors
Deuxième partie : Caroline de Camaret et Alexandre Poussart reçoivent les eurodéputés :
- Isabelle Le Callennec, eurodéputée, Parti Populaire Européen (France),
- Christophe Grudler, eurodéputé, Renew (France),
- Marc Botenga, eurodéputé, La Gauche (Belgique).
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00:00France 24, LCP, Public Sénat présente.
00:15Bienvenue pour Ici l'Europe sur France 24 et les chaînes parlementaires.
00:19Les guerres s'intensifient comme celles au Moyen-Orient déclenchées par Donald Trump
00:23et toujours celles en Ukraine à l'initiative de Vladimir Poutine.
00:27Et dans notre parti débat, nous parlerons précisément de l'impact économique sur l'énergie en Europe.
00:35Alors si elle n'est pas belligérante directe, l'Union Européenne subit lourdement plusieurs conséquences,
00:40affaiblie économiquement et moralement et nous en parlons tout de suite avec Enrico Letta. Bonjour.
00:45Merci d'être avec nous, Monsieur Letta. Je vous rappelle que vous êtes ancien président du Conseil italien.
00:51Vous étiez d'ailleurs aussi chef de file en Italie du Parti démocrate.
00:56C'est les sociodémocrates.
00:58Mais vous êtes surtout connu aujourd'hui comme auteur d'un rapport de référence pour la Commission européenne
01:03sur la compétitivité et le marché unique, président de l'Institut Jacques Delors
01:08et doyen de IE Université à Madrid.
01:11Alors on commence, si vous le voulez bien, par la guerre en Iran déclenchée le 28 février.
01:16Où sont, dans ce conflit, dans cette région, les Européens ?
01:20Ils sont hélas divisés. Et ça, c'est le grand problème.
01:24Ils sont divisés comme on l'a été dans beaucoup de ces tournants de l'histoire.
01:29Et cette division est un énorme problème parce que c'est une division qui nous empêche
01:34d'être évidemment unie et d'être capable de bloquer, quand il est nécessaire de le faire,
01:41les folies comme cette folie de l'administration Trump qui est en train de faire chuter l'économie mondiale
01:48et de mettre le Moyen-Orient à feu dans une situation dans laquelle personne ne comprend plus rien.
01:55Et on comprend aussi que le retour au statu quo est impossible et qu'il va y avoir un problème
02:01pour tous.
02:02Surtout pour l'Europe, pour sa compétitivité, le prix de l'énergie qui double, les avions à terre pour le
02:10manque d'essence.
02:12Je pense qu'on va payer un prix très grave.
02:16Ce n'est pas seulement nous. Le reste du monde va le faire.
02:19Mais nous, les Européens, on va le payer double parce qu'à cause des divisions,
02:22on n'est pas capable de dire non et de bloquer.
02:25Alors que si on était plus unis et surtout si on était capable d'avoir notre propre capacité de nous
02:31défendre
02:32ou de défendre nos voisins, je pense à l'Ukraine, là le chantage de Trump qui est toujours le chantage
02:38de dire
02:39« si vous ne me suivez pas, moi je cesse d'aider l'Ukraine ».
02:43Et ce chantage est fort parce que nous n'avons pas de défense européenne totalement unie
02:48et les industries de défense européenne ne sont pas complètement intégrées comme elles devraient l'être.
02:53Alors on va continuer notre tour de l'actualité géopolitique.
02:57Mais tout de suite, on regarde les dernières nouvelles sélectionnées par Oyana Almando.
03:02C'est l'Europe en bref.
03:06La trêve est fragile entre l'Iran et les Etats-Unis.
03:09Les Européens saluent le cessez-le-feu, mais le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou,
03:14a poursuivi, au-delà du 7 avril, ses frappes sur le seul Liban,
03:17ce que déplore la chef de la diplomatie européenne, Kaya Kalas.
03:21Les frappes israéliennes ont tué des centaines de personnes,
03:24ce qui rend difficile de soutenir que des actions aussi brutales relèvent de la légitime défense.
03:29Les actions israéliennes mettent le cessez-le-feu à rude épreuve.
03:32L'action israélienne est bien plus condamnée par l'Espagne socialiste,
03:35par la voix de son ministre des Affaires étrangères.
03:39Nous sommes confrontés à la plus grande attaque contre la civilisation fondée sur les idéaux humanistes
03:44de la raison, de la paix, de la compréhension et du droit universel,
03:47face à l'abus de pouvoir, à la force brute et à l'arbitraire.
03:51Le Premier ministre Pedro Sánchez a également de nouveau appelé l'UE
03:54à annuler son accord d'association avec Israël,
03:57qui facilite les échanges commerciaux entre les deux parties.
04:00Un conflit qui bouleverse l'économie mondiale
04:03et inquiète la première ministre italienne de droite radicale, Giorgia Meloni.
04:06S'il venait à se prolonger, elle réclame la suspension de la règle européenne
04:10qui force les États à rester sous la barre des 3% du PIB pour leur déficit.
04:15Or, Giorgia Meloni a choisi de réduire les taxes sur les carburants
04:19et a déjà échoué à repasser sous la barre des 3% en 2025 dans un pays en pleine stagnation.
04:24Proposition rejetée par le commissaire européen à l'économie.
04:28Il rappelle qu'on ne suspend les règles qu'en cas de récession économique dans toute l'UE,
04:32alors qu'on anticipe une croissance à 0,8% cette année.
04:37Enrico Letta, vous avez parlé des conséquences en matière énergétique pour l'Europe.
04:42L'Espagne, l'Italie, l'Allemagne, le Portugal, l'Autriche ont appelé à la mise en place
04:47de taxes sur les bénéfices exceptionnels des entreprises énergétiques
04:51en réponse à la hausse des carburants générés par cette guerre au Moyen-Orient.
04:55La France ne veut rien en faire.
04:57Pourtant, on l'a déjà fait, effectivement, dans le cas de l'invasion de l'Ukraine en 2022
05:01et ça n'a pas empêché les géants pétroliers d'empocher 180 milliards de bénéfices,
05:06ce qu'Emmanuel Macron a tort de ne pas vouloir taxer les super-profits.
05:10Vous savez, la question de la division des Européens est la conséquence de cette contradiction terrible
05:17que nous sommes en train de vivre dans ce mois d'avril.
05:21La contradiction est entre le besoin d'intervention immédiate,
05:25parce que le prix de l'essence du carburant est devenu insupportable,
05:31et en même temps savoir que l'Europe est en train de discuter
05:35de comment appliquer des mesures structurelles pour intégrer son marché de l'énergie.
05:40Le Conseil européen de 22-23 avril va discuter exactement de ces points d'intégration du marché unique
05:48en lançant ce plan One Europe, One Market,
05:52qui est le plan d'intégration du marché où la question énergétique est centrale.
05:57Mais vous êtes pour ou contre la taxation des super-profits ?
06:00Évidemment, aujourd'hui, la question est liée au fait qu'il faut trouver de l'argent
06:05pour faire baisser les impôts sur le carburant
06:09et faire en sorte que les gens aient un carburant qui coûte moins.
06:13Donc il faut que les pays qui sont en condition de le faire le fassent.
06:17S'il y a des pays qui ne sont pas en condition de le faire, ils peuvent éviter de le
06:20faire.
06:20Quand on parle d'impôts, malheureusement, c'est une compétence nationale,
06:25ce n'est pas une compétence européenne.
06:27Pendant ce temps, guerre en Ukraine, effectivement,
06:29Volodymyr Zelensky, le président ukrainien, a signé d'ailleurs des accords de défense
06:33avec Arabie Saoudite, Qatar et Mérats Arabes Unis,
06:36suite au déploiement d'experts de Kiev pour aider les pays du Golfe.
06:40Est-ce que le monde est en train de se partager entre deux camps ?
06:42Je trouve qu'il y a des changements géopolitiques assez importants.
06:45Moi, ce que je vois, c'est que je ne vois aucun changement de raison pour l'Europe
06:51de arrêter, de cesser de soutenir l'Ukraine.
06:55L'Ukraine mérite le soutien de l'Europe.
06:58C'est un soutien coûteux, mais c'est un soutien qui est en train de nous faire faire des pas
07:03en avant
07:04vers l'intégration européenne.
07:05Parce qu'on sait, par exemple, que dans le camp de la défense,
07:08de l'industrie de la défense,
07:10défendre les Ukrainiens ayant 27 systèmes de défense séparés entre eux,
07:15ça veut dire acheter des armes aux Américains,
07:18créer des emplois aux États-Unis.
07:20Alors que s'intégrer, ça veut dire que cet argent qu'on dépense,
07:23ça devient des emplois chez nous en Europe.
07:26La guerre en Ukraine a changé complètement la donne de la défense.
07:31Aujourd'hui, c'est une donne beaucoup plus technologique.
07:34Les drones ont pris la place des armes traditionnelles.
07:37Et c'est pour ça que l'Europe doit faire un grand pas en avant
07:40vers une capacité technologique et d'innovation dans ce domaine
07:44qui est absolument fondamental.
07:45En attendant, vous parliez de division.
07:47Le prêt de 90 milliards d'euros à l'Ukraine,
07:49qui a été approuvé en décembre 2025 par les 27,
07:53mais avec une clause de non-participation pour la Hongrie,
07:55la Slovaquie, la République tchèque,
07:57a marqué un tournant décisif.
07:59Mais la Hongrie, de Viktor Orban,
08:01a ensuite opposé son veto à partir du sommet d'après
08:05pour le bloquer.
08:07Qu'est-ce qu'on fait ?
08:08L'attitude d'Orban envers cette décision du mois de décembre
08:12qui était une décision qui ne le touchait pas.
08:15Donc la décision des Européens
08:16qui a été finalement celle d'employer les coopérations renforcées,
08:20c'est-à-dire un système, un moyen institutionnel
08:24qui jamais n'avait été employé.
08:26Donc je le vois comme un grand pas en avant européen.
08:29C'est une façon de dire que les vétos ne nous bloquent plus.
08:33Mais ce qui a été fait au mois de décembre
08:36vient aujourd'hui d'être mis sous chantage par Orban,
08:40c'est la démonstration que là aussi peut-être
08:43on a été trop mou par rapport...
08:45La signature ne vaut rien finalement d'un chef d'État.
08:48Oui, mais surtout ce qui ne vaut rien,
08:49c'est le fait de dire, tu sais,
08:52que les Européens ont toujours tenu une attitude
08:55qui est une attitude institutionnelle.
08:57Si tu veux qu'on déclenche toutes les clauses
09:01et toutes les règles qu'on a en Europe,
09:03par exemple pour bloquer complètement tout argent
09:06qui arrive à la Hongrie,
09:09eh bien je pense que le moment est venu
09:11de commencer à réfléchir à ça.
09:12Alors le moment est surtout celui d'une campagne électorale
09:15d'Orban lui-même et du Fidesz,
09:17d'une violence sans précédent contre l'Union Européenne,
09:20contre l'Ukraine pour les élections du 12 avril.
09:23Il a reçu l'appui de la Russie soupçonnée
09:25d'ingérence sur les réseaux sociaux,
09:27de toute l'extrême droite européenne,
09:29même Marine Le Pen a défilé à Budapest,
09:32et du vice-président américain,
09:34Vance, à quelques jours des élections.
09:36C'est un moment clé pour l'histoire politique européenne.
09:41Dans cette année, probablement,
09:42c'est l'élection la plus importante.
09:44C'est une élection pour laquelle
09:46le peuple hongrois se prononce.
09:49Si on n'était pas en condition d'avoir
09:52l'idée que ce vote soit un vote libre,
09:55évidemment, il y aurait une crise
09:58absolument frappante à l'intérieur de l'Europe.
10:00Donc, on espère une expression de vote libre,
10:04que l'état de droit marche,
10:05et de mon côté, j'espère vraiment
10:08qu'il y a un changement en Hongrie,
10:10parce que le rôle de la Hongrie comme pays
10:13et qui a bloqué l'Europe,
10:15quelques-uns de ses représentants
10:17ont été les espions de Moscou.
10:19On a vu ça aussi.
10:21Je pense que ça, c'est incroyable,
10:23ce qu'on a vu avec le ministre des Affaires étrangères,
10:27qui passait les informations à son collègue russe,
10:32de l'intérieur des réunions européennes.
10:34Moi, je pense que c'est de la trahison, ça.
10:36Il faut appeler les choses comme elles le sont.
10:39Donc, je pense que la solidarité européenne
10:42a été cassée par le gouvernement hongrois.
10:45Il faut tenir compte de tout ça.
10:47Et j'espère que ce vote soit un vote libre.
10:50Mais 16 ans de pouvoir de Viktor Orban,
10:52qui s'en est pris à l'État de droit
10:54sur tous les chapitres,
10:56la magistrature, la liberté des médias,
10:5880% aux mains du Fidesz.
11:01Est-ce que Peter Maguiar, même s'il gagne,
11:05peut véritablement représenter un changement
11:07pour l'UE et l'Ukraine ?
11:09Ou est-ce que tout restera comme avant ?
11:10On l'a vu peut-être en Pologne.
11:11Il n'y a pas beaucoup de changements.
11:12En Pologne, les changements sont là.
11:14J'espère qu'en Hongrie, ce sera la même chose.
11:17Mais j'espère surtout que chaque pays est libre
11:20dans le débat européen de prendre ses positions.
11:24Le point essentiel est la solidarité
11:26entre des pays européens, entre eux.
11:29Et ce que Orban a fait,
11:30ce que son ministre des Affaires étrangères a fait,
11:34a été une rupture de cette solidarité.
11:37Et l'Europe gagne.
11:39L'Europe devient effectivement
11:42le producteur de prospérité,
11:44de biens pour ses peuples,
11:45seulement si les pays européens
11:47sont avec des gouvernements
11:49qui sont solidaires entre eux.
11:51Alors, l'euro numérique,
11:52on en parle avec vous,
11:54Henri Colota,
11:55c'est un sujet intéressant.
11:57C'est le futur complément
11:58à l'argent liquide
12:00qui vise à proposer
12:01un moyen de paiement électronique
12:03sûr et garanti
12:04par la Banque Centrale Européenne.
12:06Il est encore au stade de projet,
12:08cet euro numérique,
12:08mais il pourrait voir le jour
12:09en 2029.
12:11Alix Le Bourdon,
12:12notre correspondante au Benelux,
12:14a enquêté sur son intérêt.
12:16Depuis l'été dernier,
12:18Nicolas Guillaume ne peut plus
12:19utiliser sa carte bancaire.
12:21Il fait partie des juges
12:23de la Cour pénale internationale
12:24qui ont émis un mandat d'arrêt
12:26contre le premier ministre israélien,
12:28Benjamin Netanyahou.
12:30Résultat, il a été placé
12:32sous sanction des Etats-Unis,
12:34grands alliés de l'Etat hébreu.
12:35Depuis, le juge subit tous les jours
12:38la dépendance européenne
12:39en matière bancaire.
12:41J'étais dans une gare
12:43aux Pays-Bas
12:44il y a quelques semaines.
12:45Il y avait un panneau
12:46où il était inscrit
12:48« No cash ».
12:49Il y avait le logo
12:50des moyens de paiement
12:51et ils étaient tous
12:53chinois ou américains.
12:55Donc ça veut dire
12:55que quand on est citoyen européen
12:57et qu'un pays extérieur
12:59vous ferme le robinet du paiement,
13:02vous n'avez plus
13:02aucune possibilité pour payer.
13:04Ça montre en fait
13:05qu'il faut absolument
13:06retrouver de la souveraineté.
13:07Parce qu'en fait,
13:08c'est une énorme fragilité.
13:09Aujourd'hui, ça arrive
13:10à 11 juges
13:12et procureurs
13:12de la Cour pénale internationale,
13:14mais ça peut arriver
13:15à beaucoup de personnes.
13:16Une situation handicapante
13:18qui a poussé ce juge
13:20à s'intéresser de près
13:21au projet d'euro numérique
13:23discuté à Bruxelles.
13:25Une sorte de version électronique
13:27de l'argent liquide
13:28émis directement
13:30par la Banque Centrale Européenne
13:31et distribuée
13:32par les banques privées.
13:34Nous ne disposons pas
13:36d'une solution de paiement
13:37pan-européenne
13:38pour l'ensemble
13:38de la zone euro.
13:39L'euro numérique
13:40permettra donc
13:41de créer cette infrastructure
13:42de paiement.
13:43Une infrastructure
13:44de paiement
13:46véritablement européenne
13:47sur laquelle
13:47les banques privées
13:48et les solutions
13:49de paiement privées
13:50pourront s'appuyer
13:52pour se développer davantage.
13:53Le projet prévoit
13:54une limite de détention
13:56d'euro numérique.
13:57Mais le secteur bancaire
13:58ne l'entend pas
13:59de cette oreille.
13:59Les banques craignent
14:01de perdre les dépôts
14:02de leurs clients
14:03au profit de cette monnaie publique
14:04et les frais bancaires
14:06qu'elles prélèvent.
14:07Les banques ont peur
14:08évidemment d'une perte
14:09de liquidité
14:10et surtout
14:11elles ont peur
14:11du fait qu'en cas
14:12de stress bancaire
14:13tout d'un coup
14:14l'épargne bancaire
14:15se délocalise
14:16vers la Banque Centrale Européenne.
14:19Un euro numérique
14:21qui pourrait redonner
14:22de la souveraineté bancaire
14:23à l'Union Européenne.
14:24Mais une question demeure.
14:26Suffira-t-il
14:27à convaincre
14:28alors qu'un Européen sur dix
14:30détient aujourd'hui
14:30des crypto-monnaies
14:31indépendantes des Etats
14:33comme le Bitcoin ?
14:36Enrico Letta,
14:37auteur, je le rappelle,
14:38d'un rapport
14:39sur le marché unique.
14:41Les moyens de paiement
14:42par carte
14:42d'un pays à l'autre
14:43de l'Union Européenne
14:44sont essentiellement américains.
14:46Il y a clairement
14:47un enjeu de souveraineté
14:49dans la mise en place
14:50d'un euro numérique ?
14:52Je pense que
14:53ce qu'on a entendu
14:54est exceptionnellement puissant
14:56parce que le fait
14:58qu'il y ait des juges
14:59de la Cour pénale internationale
15:01qui sont privés
15:02de leurs droits
15:04aujourd'hui,
15:05c'est un droit
15:06à l'existence.
15:08La question
15:09des moyens de paiement
15:10par des puissances étrangères
15:12est quelque chose
15:13d'incroyable.
15:14Donc c'est
15:15effectivement
15:15la raison
15:16pour laquelle
15:17la question
15:18de la souveraineté
15:19européenne
15:20sur la monnaie,
15:21sur la banque bancaire
15:22et sur les moyens
15:24de paiement
15:24est absolument centrale
15:26et évidemment
15:28l'euro numérique
15:29est une solution
15:30mais il faut aussi
15:32ajouter une autre solution
15:33parce que sinon
15:34ça n'est pas suffisant.
15:35L'autre solution
15:36est de créer
15:37le marché unique
15:39des marchés financiers.
15:41Ce qui n'a jamais
15:42existé en Europe,
15:43on a la même monnaie
15:44et on a 27
15:46marchés
15:46qui sont séparés
15:48et fragmentés
15:48parce qu'on n'a pas voulu
15:50faire trop
15:50en même temps.
15:51Aujourd'hui,
15:52on paie tout ça.
15:53Ce qui s'est passé
15:54sur l'intelligence artificielle.
15:56Les Américains
15:57ont mis tellement
15:57d'argent
15:58parce qu'ils l'avaient
15:59pour les investissements
16:01sur l'intelligence artificielle
16:02qu'ils ont gagné
16:04avec des ingénieurs
16:05européens.
16:06Nous,
16:06on avait tous
16:07des projets nationaux,
16:08on n'a pas été
16:09en condition
16:09de le faire
16:10comme les moyens
16:11de paiement.
16:12On n'a pas
16:12de marché européen
16:13donc on n'a pas
16:15de possibilité
16:16de créer
16:17une carte de crédit
16:18européenne.
16:19Voilà le moment
16:20est venu
16:20d'intégrer
16:21les marchés financiers.
16:22Ça fait partie
16:23de ce projet
16:23One Europe,
16:24One Market
16:25et de faire en sorte
16:26qu'avec l'euro numérique,
16:28on puisse avoir
16:29et reprendre
16:30notre souveraineté.
16:31Et il n'occasionnera pas
16:33de frais bancaires
16:34par les utilisateurs
16:35comme lors des retraits
16:36dans les distributeurs
16:37et automatiques de billets.
16:38Mais ça,
16:39ça ne fait pas du tout
16:39plaisir aux banques.
16:40Est-ce qu'elles vont,
16:40vous pensez,
16:42batailler contre cet euro
16:44numérique
16:45jusqu'en 2029 ?
16:46Je pense qu'il y a
16:47le temps maintenant
16:48pour que la Banque centrale
16:50européenne trouve
16:52des solutions
16:53pour éviter
16:55qu'il y ait
16:55une lutte
16:56avec les banques.
16:57Mais il faut aussi
16:58que les banques
16:58soient claires.
17:00Aujourd'hui,
17:01le problème
17:01de la fragmentation
17:02est évident.
17:03Donc les banques
17:04aussi doivent dire
17:05qu'il faut s'intégrer.
17:06Merci Henri Coletta
17:08d'avoir été notre invité
17:09sur France 24
17:10et les chaînes parlementaires.
17:11D'ailleurs,
17:11on poursuit le débat
17:13à Bruxelles
17:13sur les questions énergétiques.
17:16L'Union européenne
17:17doit-elle obtenir
17:17plus de souveraineté énergétique
17:19et comment ?
17:20C'est notre débat tout de suite.
17:26Merci de nous rejoindre
17:27à Bruxelles
17:28au Parlement européen
17:29où les eurodéputés
17:30observent avec attention
17:31depuis des semaines
17:32les prix de l'énergie
17:33fluctués
17:34depuis le début de la guerre
17:35au Moyen-Orient.
17:36Donald Trump
17:37et les Iraniens
17:38ont conclu
17:38un cessez-le-feu.
17:40Une question se pose.
17:41Les Européens
17:42vont-ils sortir
17:42du spectre
17:43d'un choc pétrolier
17:44et gazier majeur
17:45à l'avenir ?
17:46En effet,
17:47l'Union européenne
17:47dépend toujours
17:48des importations
17:49pour 55%
17:50de sa consommation énergétique.
17:53Les 27 cherchent
17:55à être plus indépendants
17:56notamment du pétrole
17:58et du gaz russe
17:59depuis la guerre
18:00en Ukraine
18:00même si certains pays
18:02comme la Hongrie,
18:03la Slovaquie
18:04s'alimentent toujours
18:05de pétrole
18:06depuis Moscou.
18:07Parmi les pistes
18:08d'indépendance,
18:09il faut bien sûr
18:10citer les énergies
18:11renouvelables
18:12mais aussi le nucléaire
18:14qui font débat
18:15entre les 27.
18:17Chaque État membre
18:18défend en effet
18:18son modèle énergétique
18:20idéal.
18:21Pour parler de ces énergies
18:22européennes,
18:23trois invités
18:24cette semaine.
18:25Isabelle Lecalenek,
18:26bonjour.
18:26Bonjour.
18:26Vous êtes eurodéputée française,
18:28membre du groupe
18:28du Parti populaire européen
18:30au centre droit
18:31de cet hémicycle européen.
18:33Nous accueillons également
18:33Christophe Grudler.
18:35Bonjour.
18:35Bonjour.
18:36Eurodéputée française,
18:37membre du groupe
18:37centriste Renew.
18:39Et bonjour à vous,
18:40Marc Botenga.
18:41Bonjour.
18:41Vous êtes eurodéputée belge
18:43et membre du groupe
18:44La Gauche
18:44au Parlement européen.
18:45Monsieur Grudler,
18:46alors il y a cessé le feu
18:48de Donald Trump
18:49jusqu'à nouvel ordre.
18:50Le détroit d'Hormuz
18:52est en voie de réouverture.
18:54Est-ce qu'il faut
18:54s'engager militairement
18:56en tant qu'Européen
18:57dans ce détroit d'Hormuz
18:58instable
18:59pour assurer
19:00notre sécurité énergétique ?
19:03Donald Trump a l'air de penser
19:04qu'il faut assurer militairement
19:06notre sécurité énergétique.
19:07Depuis qu'il s'est engagé militairement
19:08au détroit d'Hormuz,
19:09le détroit est fermé
19:11alors qu'il était ouvert avant.
19:12Donc c'est déjà une ambiguïté
19:13à traiter.
19:14Mais en fait,
19:15je pense que les Européens
19:16ils doivent arrêter
19:16de regarder le détroit d'Hormuz.
19:18L'avenir énergétique de l'Europe
19:20il n'est pas là-bas.
19:21Il est clairement en Europe
19:23et c'est là où on doit vraiment
19:24faire un focus
19:25pour produire davantage en Europe,
19:27pour électrifier davantage en Europe,
19:29pour développer les renouvelables
19:30et le nucléaire.
19:31Vous êtes d'accord Marc Botenga ?
19:32Il faut arrêter
19:33de regarder vers le Moyen-Orient
19:35mais pourtant on a vu que
19:36cette guerre en Iran
19:38a considérablement fragilisé
19:40le marché énergétique européen
19:42et l'Union Européenne
19:43est restée spectatrice.
19:45Forcément,
19:46je veux dire,
19:46il n'y avait pas de secret.
19:47Les Iraniens disaient
19:48depuis des années,
19:49des décennies,
19:50si vous nous attaquez,
19:51nous fermons le détroit d'Hormuz.
19:52C'était très clair,
19:53il y a une grosse partie
19:54du pétrole, du gaz
19:55qui passe par là-bas
19:56pour les marchés mondiaux.
19:57Donc ça allait avoir
19:58un impact sur la guerre.
19:59On entend dire
20:00Donald Trump maintenant
20:01de manière joyeuse,
20:03j'ai ouvert le détroit
20:04mais ce détroit
20:05il était ouvert
20:05avant qu'il n'attaque l'Iran.
20:07Ce qui m'a un peu choqué
20:08à interpellé,
20:09c'est que l'Union Européenne
20:10n'ait pas dit
20:10à Donald Trump
20:11ou les Etats-Unis
20:12qui sont quand même
20:13le meilleur allié
20:14mais ne faites pas ça.
20:16Je veux dire,
20:16arrêtez,
20:16cette guerre-là
20:17elle est illégale
20:18et en plus
20:18elle nous fait du mal
20:19immédiatement
20:20à nos consommateurs.
20:21Alors les Européens
20:21n'ont pas été consultés.
20:22Ils n'ont pas été consultés
20:24mais après vous avez
20:24un rôle à jouer.
20:25La Chine a joué un rôle,
20:26le Pakistan a joué un rôle
20:27où sont les Européens
20:28tandis que c'est effectivement
20:29nos intérêts
20:30parce que je suis d'accord
20:30qu'il faut aujourd'hui dire
20:32voilà nous devons produire
20:33davantage en Europe,
20:34on doit investir massivement
20:35dans les énergies en Europe
20:37mais en parallèle
20:38nous savons que nous dépendons
20:39encore énormément
20:40du gaz et du pétrole importé
20:42et des prix sur les marchés mondiaux.
20:43D'ailleurs Madame Le Gallinac
20:44avec la guerre au Moyen-Orient
20:46plus que les autres
20:46les Européens ont subi
20:48donc cette flambée
20:50des prix des hydrocarbures
20:51et bien quelles leçons
20:53vous tirez de cette crise énergétique ?
20:55Qu'il faut diversifier
20:57nos approvisionnements
20:58et effectivement
20:59être moins dépendants.
21:00Comme vous le dites
21:01cette crise a eu un impact majeur
21:05sur un grand nombre d'activités
21:07donc aujourd'hui
21:08c'est l'économie qui est fragilisée
21:10l'économie européenne
21:12je pense en particulier
21:13au secteur des transports
21:15je pense, je suis membre
21:16de la commission de la pêche
21:17je pense aux agriculteurs
21:19je pense aussi aux personnes
21:21qui prennent leur automobile
21:23pour aller travailler
21:24tout ce qui est service
21:24à la personne
21:25on a vu dans les différents
21:26états membres
21:27l'impact immédiat
21:28de cette crise
21:29et du renchérissement
21:31du prix du carburant
21:32et on a vu là aussi
21:33des attitudes assez différentes
21:35d'un état membre à l'autre
21:37pour savoir
21:37qu'est-ce qu'il fallait faire
21:38à la fois sur le court terme
21:40parce qu'il faut réagir
21:41sur le court terme
21:42mais aussi sur le moyen
21:44et sur le long terme.
21:45C'est ça Christophe Grudelor
21:46il y a eu toute une
21:48myriade de réactions
21:49de la part des états
21:49membres européens
21:51pas d'unité finalement
21:52dans la réponse européenne
21:53à cette crise énergétique
21:55et cette diversité
21:56ça fait aussi
21:57notre fragilité
21:58Ah ben clairement
21:59et le problème aujourd'hui
22:00c'est que l'Europe
22:00n'est pas capable
22:02de se faire entendre
22:03face à Donald Trump
22:04on a peur
22:05on baisse la tête
22:06comme on l'a fait
22:06avec l'accord USUE
22:07par exemple
22:08donc on n'ose pas y aller
22:09et donc dans ces conditions-là
22:11c'est la loi du plus fort
22:12qui l'emporte
22:13alors que la force
22:13devrait être celle de la loi
22:14et pas la loi de la force
22:15Sur l'énergie
22:16on a aussi entendu
22:17la commission européenne
22:17finalement dire
22:18bon, consommer moins de pétrole
22:20voilà, c'est logique
22:22mais pas de mesures supplémentaires
22:23Ben écoutez
22:25moi j'ai demandé
22:26avec mon groupe
22:26qu'on réactive
22:28Aggregate EU
22:28par exemple
22:29qui va permettre
22:29d'acheter ensemble
22:30du gaz
22:31sur le court terme
22:32évidemment
22:32mais de lutter
22:33contre la spéculation
22:34en ayant des achats
22:35en commun
22:36bon, j'attends encore
22:37que ça se réalise
22:38pour de bon
22:39il y a un certain nombre
22:40d'outils comme ça
22:41qu'on peut prendre
22:42sur le court terme
22:42pour aider nos concitoyens
22:44et pour être sûr aussi
22:45parce qu'il n'y a pas que le prix
22:46il faut aussi que la matière
22:47soit accessible
22:49si demain
22:49on a des prix pas chers
22:51mais qu'on n'a pas
22:51d'énergie
22:52l'Europe est là à l'arrêt
22:53on chope plus les européens
22:54on les éclaire plus
22:55et on n'a plus d'industrie
22:56on a manqué de clairvoyance
22:57il y a 40 ans
22:59on était finalement
23:01dans l'importation
23:02pour notre consommation
23:03à 44%
23:04aujourd'hui
23:05on est à 55%
23:06on a augmenté
23:07notre dépendance
23:09aux hydrocarbures extérieures
23:10et on est les seuls au monde
23:12à avoir une économie
23:13qui dépend à 55%
23:14de l'extérieur
23:14au niveau de l'énergie
23:15donc on se met
23:17en danger de mort
23:17avec ça
23:18donc c'est pour ça
23:18qu'il faut absolument
23:19passer déjà
23:20en dessous des 50%
23:21avec ce développement
23:22d'énergie renouvelable
23:24du nucléaire
23:24de production énergétique européenne
23:27on a encore des réserves
23:28dans l'hydraulique par exemple
23:29donc il y a des possibilités
23:31de mieux utiliser
23:32notre énergie
23:33en européen
23:34et d'arrêter
23:35de dépendre des autres
23:35on ne va pas quitter
23:36le gaz russe
23:37pour dépendre
23:38du gaz américain
23:39donc il faut
23:40qu'on soit
23:40en européen
23:41en autonomie stratégique
23:43énergétique
23:43parlons-en du gaz russe
23:44justement
23:44et oui car dans cette flambée
23:46des prix du carburant
23:47à cause du Moyen-Orient
23:48on a entendu
23:49Donald Trump
23:50le Premier ministre hongrois
23:52Viktor Orban
23:53finalement
23:53faire l'apologie
23:55du pétrole
23:56et du gaz russe
23:57pour contrôler
23:58le marché
23:59contrôler les prix
24:00est-ce qu'il aurait fallu
24:01lever les sanctions
24:03sur la Russie ?
24:04le problème c'est
24:05au moment où on prend
24:05ces sanctions
24:06en 2022-2023
24:07en fait
24:08on n'a pas une réflexion
24:10sur l'autonomie européenne
24:12en matière énergétique
24:13parce que
24:13on entend
24:14Madame van der Leyen
24:14dire nous serons indépendants
24:16du gaz russe
24:17oui mais en même temps
24:18on augmente la dépendance
24:19vis-à-vis par exemple
24:20LNG américain
24:21on importe toujours
24:22via d'autres acteurs
24:24et donc on se trouve
24:26dans une situation
24:26il n'y a pas de cette réflexion
24:27en disant
24:27on doit vraiment
24:28mettre le paquet
24:29massivement
24:30sur les énergies renouvelables
24:32de manière publique
24:32donc ça c'est un premier problème
24:34un deuxième problème
24:35c'est qu'aujourd'hui
24:36effectivement
24:36quand vous prenez pas ces mesures
24:38incertainment
24:38vous dites
24:39on n'importe plus de la Russie
24:40vous n'arrivez plus à importer
24:41du Moyen-Orient
24:43incertainment
24:43vous allez chercher où
24:44vos gaz
24:45votre pétrole
24:46chez Donald Trump
24:48dans les faits
24:48ça a été ça
24:49et donc Donald Trump
24:50les Etats-Unis
24:50en profitent évidemment
24:51à ce moment-là
24:52quand l'LNG
24:53quand nous on est
24:53pour ce gaz
24:55naturel liquifié
24:56on est dépendant
24:57des Etats-Unis
24:58on augmente
24:58nos dépendances
24:59les Etats-Unis
25:00peuvent se dire
25:00soit on augmente
25:01les prix
25:01soit on envoie
25:03ses bateaux ailleurs
25:03parce que c'est évidemment
25:05autre chose
25:05d'avoir un gazoduc
25:06ou un pipeline
25:07que d'avoir un navire
25:08qui vous amène les gaz
25:09donc ça nous met
25:10dans une situation
25:10extrêmement précaire
25:12et je ne vois pas
25:13aujourd'hui
25:14et c'était déjà la critique
25:15en 2022-2023
25:16quand on a eu cette crise
25:17qui était due
25:18au fait qu'on s'était coupé
25:19en grande partie
25:20du gaz russe
25:21je ne voyais pas
25:22à l'époque
25:23cette urgence
25:24au sein de la Commission européenne
25:25on s'est coupé
25:25pour des sanctions
25:26contre la Russie
25:28mais à l'exception
25:29de deux pays quand même
25:30précisons-le
25:30Madame Le Kalenek
25:32qui s'en vendent d'ailleurs
25:33la Hongrie de Viktor Orban
25:34et la Slovaquie
25:36de Robert Fitsow
25:37qui carburent toujours
25:38au gaz russe
25:39et au pétrole
25:40pas cher
25:41la majorité
25:43des Européens
25:44sont sortis
25:45du pétrole russe
25:46et disent
25:48qu'ils vont arrêter
25:48de s'approvisionner
25:49en gaz russe
25:50en 2027
25:51est-ce que l'objectif
25:52est tenable
25:53dans un marché
25:54si incertain ?
25:54Oui moi je pense
25:55qu'il faut tenir
25:56cette ligne
25:57pour les raisons
25:58que l'on sait
25:58avec la guerre
26:00en Ukraine
26:02la difficulté
26:03que nous avons
26:03en Europe
26:04en fait
26:04c'est que nous avons
26:04des systèmes
26:05et des mix énergétiques
26:06qui sont très différents
26:07les uns des autres
26:08chez nous en France
26:09la part du nucléaire
26:10est très importante
26:11ce n'est pas le cas
26:12partout
26:13on parlait des Etats-Unis
26:14mais on s'approvisionne
26:16aussi beaucoup
26:16en Norvège
26:17avec lesquelles on a
26:19des relations abouties
26:20et donc mix énergétique
26:22différent
26:23et également
26:24des situations
26:26économiques et financières
26:27par Etats membres
26:28qui sont très différentes
26:29on l'a vu
26:30au moment de gérer
26:31la crise
26:32la France en particulier
26:33n'a plus aujourd'hui
26:35la capacité
26:36de faire des chèques
26:37de diminuer
26:38ses taxes
26:39et c'est ça
26:40moi qui m'inquiète
26:41le plus
26:41je pense qu'aujourd'hui
26:43avec cette crise
26:44de l'énergie
26:45où on se rend compte
26:45que l'énergie
26:46est finalement
26:47un carburant
26:48pour notre économie
26:49il faut que dans
26:51nos différents Etats membres
26:53on en ait conscience
26:54qu'effectivement
26:56on travaille
26:57à la production
26:57et à la préférence
26:59européenne
27:00et chez nous
27:01en France
27:02en particulier
27:03qu'on soutienne
27:04la production
27:06l'emploi
27:07qu'est-ce qui va se passer là
27:09l'inflation
27:10va de nouveau
27:10augmenter
27:11le chômage
27:12va de nouveau
27:12augmenter
27:13dans nos différents
27:14pays européens
27:15donc la crise
27:16doit vraiment être
27:17comme souvent
27:18une prise de conscience
27:19avec en général
27:20des annonces
27:21qui ne sont pas
27:22forcément suivies
27:22des faits
27:23vous êtes favorable
27:24à un grand plan
27:25je vous le demande
27:25à tous
27:26de sortie
27:27de notre dépendance
27:28extérieure
27:29tout simplement
27:29avec des non-démocraties
27:32on va dire
27:32c'est un objectif
27:33qui a été fixé
27:34déjà depuis quelques années
27:35on devrait se poser
27:36la question
27:36de savoir
27:36pourquoi on n'y est
27:37toujours pas
27:38parce que le problème
27:39c'est qu'on est dans
27:39le dogme
27:40et qu'est-ce qui s'est passé
27:41madame Van der Leyen
27:42elle dit
27:42on ne dépend plus
27:43du gaz russe
27:43donc on arrête
27:44le gaz russe
27:45oui bah à ce moment là
27:46qu'est-ce qu'on a
27:46comme alternative
27:47l'alternative
27:48aurait pu être le nucléaire
27:50elle-même a reconnu
27:51au sommet mondial
27:51du nucléaire de Paris
27:52qu'elle avait fait une erreur
27:54en bloquant le nucléaire
27:54depuis toutes ces années
27:56alors que c'était
27:56un élément aussi
27:57d'indépendance
27:57donc maintenant
27:58la question c'est
27:59comment elle va faire
28:05le nucléaire
28:05ça peut être l'hydraulique
28:06parce que je pense
28:07qu'il y a beaucoup
28:07de réserves hydrauliques
28:08également en Europe
28:09sur les renouvelables
28:10il y a aussi des réserves
28:12et passer en dessous
28:13de ces 50% de dépendance
28:14et là il y aura un avenir
28:16pour tous nos concitoyens
28:16c'est la question
28:17de quelle énergie
28:18finalement investir
28:19il y a la question
28:20des renouvelables
28:21mais les renouvelables
28:22certaines personnes
28:23comme monsieur Grugler
28:24vous dirait
28:25l'éolien
28:25le solaire
28:26on dépend beaucoup
28:27encore de la Chine
28:28il y a l'hydraulique
28:29en effet
28:30est très européen
28:33là on peut le produire
28:34est-ce qu'on doit se fixer
28:36des objectifs ambitieux
28:37en matière de renouvelables
28:38des objectifs fixes
28:40verrouillés
28:40ce qu'on n'a pas fait
28:41jusqu'à présent
28:42ce qu'on n'a pas été
28:43capable de faire
28:43oui évidemment
28:44mais il faut se donner
28:44les moyens aussi
28:45un des problèmes a été
28:46qu'on a laissé ça au marché
28:47donc on a dit
28:48on va encourager
28:49les entreprises
28:50on va leur donner
28:51les entreprises font des profits
28:52si avec l'arrière
28:53on fait des sur-profits
28:55ça c'est pas le souci
28:56le problème c'est
28:56qu'on a laissé au marché
28:57et une entreprise
28:58où est-ce qu'elle va investir
28:59là où il y a
29:00un rendement
29:00à court terme
29:01le plus intéressant
29:02et souvent c'est rester les fossiles
29:04donc nous si on dit
29:05on veut vraiment
29:06faire cette transition
29:07rapidement
29:07il faut investir publiquement
29:09il faut dire
29:10voilà nous avons des objectifs
29:11et on va se donner
29:12les moyens pour faire
29:13on va pas laisser ça au marché
29:14parce qu'on n'y arrivera pas
29:15et on le voit bien
29:15quand on regarde l'évolution
29:17notre dépendance
29:19a augmenté
29:19on a réformé
29:20le marché européen
29:21de l'électricité
29:21et on est sorti
29:22de ce marché spot
29:23puisque maintenant
29:23on autorise les contrats
29:25de long terme
29:25les CFD
29:26les PPA
29:27qui vont permettre
29:28en fait
29:29de se libérer
29:30du marché libéral
29:31du quotidien
29:31donc en fait
29:32il y a quand même
29:32une garantie
29:33qu'on a d'abord abolie
29:34grâce au travail
29:35du Parlement européen
29:35on a une réforme positive
29:37les contrats long terme
29:38c'était mauvais
29:38ça s'empêchait
29:40donc d'abord
29:40ils abolissent
29:40maintenant
29:41ils se disent
29:41on a commun
29:41les amis
29:42c'est notamment
29:43la commission de l'industrie
29:44qui a travaillé
29:44dans cet esprit là
29:45pour qu'il y ait
29:46des contrats de long terme
29:47qui permettent
29:48de ne pas défendre le marché
29:49Isabelle Lecalinec
29:50est-ce que l'Union Européenne
29:51finalement
29:52sort depuis quelques années
29:53assez vite
29:54de cette économie
29:55carbonée
29:56quand on voit
29:56que la droite européenne
29:57donc votre famille politique
29:58parfois s'allie
29:59avec l'extrême droite
30:00au Parlement européen
30:01pour ralentir
30:02l'application du pacte vert
30:04ralentir la transition
30:05vers le véhicule électrique
30:06vers les énergies renouvelables
30:07est-ce que finalement
30:08ça ne cultive pas
30:09notre dépendance au carbone ?
30:10Non
30:10les objectifs
30:11ont été rappelés
30:13ils doivent être maintenus
30:14maintenant
30:15ce qu'on demande
30:16nous au sein du PPE
30:17c'est de donner
30:18le temps
30:19et les moyens
30:20aux entreprises
30:21de s'adapter
30:21parce qu'elles évoluent
30:23dans une concurrence mondiale
30:25avec notamment
30:26la Chine
30:26et les Etats-Unis
30:27et effectivement
30:28les objectifs
30:29qu'on s'est fixés
30:30qui sont très ambitieux
30:31ont une répercussion
30:33sur les coûts
30:34on parlait
30:35à l'instant
30:35des énergies renouvelables
30:37ou du nucléaire
30:38les énergies renouvelables
30:40ça a un coût
30:40dans la plupart
30:41de nos Etats membres
30:42elles sont largement subventionnées
30:44aujourd'hui
30:44on a cette capacité
30:45à décarboner
30:46l'industrie
30:48c'est une priorité
30:50des priorités
30:50et ça je pense
30:51que ça peut être
30:52largement partagé
30:54il faut juste donner
30:55du temps au temps
30:56et accepter
30:59des objectifs
31:01et des jalons
31:01comme on le dit ici
31:03qui soient raisonnables
31:04responsables
31:05et soutenables
31:06pour les entreprises
31:07donc l'objectif
31:08est toujours là
31:09puisque chacun connaît
31:10l'état
31:11je dirais
31:12de la planète
31:12et du dérèglement climatique
31:14donc ces objectifs
31:15de baisse à gaz
31:16à effet de serre
31:17il faut les maintenir
31:18par contre
31:19il y a des entreprises
31:19en effet
31:20qui font des profits
31:22et ces entreprises-là
31:23demandez-leur
31:24discutez avec elles
31:25elles réinvestissent
31:27dans la décarbonation
31:28parce que
31:28si on continue
31:29à taxer
31:31taxer
31:32et retaxer
31:33les entreprises
31:34qui elles peuvent
31:35faire des efforts
31:35et réinvestir
31:37dans la décarbonation
31:38on n'y arrivera
31:38c'est un pourcentage
31:39de réinvestissement
31:40des profits
31:40sur les dernières 10 années
31:41je pense qu'il faut
31:42absolument un équilibre
31:44il faut trouver un équilibre
31:46c'est un minimum
31:47c'est un minimum
31:48qu'ils réinvestissent
31:49et justement
31:49parce que quand vous regardez
31:50ce qui est donné
31:51dans les dividendes
31:53ou au rachat d'actions
31:54c'est énorme
31:55dans ces entreprises
31:56multinationales
31:56énergétiques
31:57et deuxièmement
31:58elles ne sont pas surtaxées
32:00elles font des surprofits
32:01et effectivement
32:02si vous ne voulez pas faire ça
32:03c'est très clair
32:04vous voulez laisser le marché
32:05donc il n'y aura pas
32:06de renouvelables
32:06c'est pour ça que votre groupe
32:07est toujours sur le frein
32:08et après on est dépendant
32:10des fossiles
32:10le PPE n'est pas contre
32:12les énergies renouvelables
32:14quelles qu'elles soient
32:14à chaque fois qu'il faut voter
32:16vous mettez le frein
32:17ça c'est vous qui le dit
32:18non non non
32:19oui mais c'est exactement
32:20j'ai dit l'objectif
32:21est resté le même
32:22oui mais les objectifs
32:23mais vous ne mettez pas
32:24les moyens
32:24et après 50-10 ans après
32:26vous venez pleurer
32:27vous voyez bien
32:28qu'on n'y arrive pas
32:28parce que vous avez saboté
32:30parce que c'est ça
32:31votre rôle ici
32:31dans ce parlement
32:32dans le mandat précédent
32:33il me semble que le Green Deal
32:35est allé quand même
32:36très très loin
32:36et aujourd'hui
32:37pourquoi on revient
32:38parce qu'on est plus compétitif
32:40et donc l'objectif
32:42de ce mandat
32:42c'est de restaurer
32:44la compétitivité
32:45de nos économies européennes
32:47c'est quoi ?
32:48c'est le coût de l'énergie
32:49qui aujourd'hui
32:49sape pour beaucoup d'entreprises
32:51la compétitivité
32:52ok ?
32:52aujourd'hui
32:53c'est quoi les énergies
32:54les plus chères ?
32:55non pas la main d'oeuvre
32:56le BASF
32:57la pétrochimie
32:57vous allez regarder
32:58la main d'oeuvre
32:59le coût il est minimal
33:00là-dedans
33:00chez nous par exemple
33:01au port d'Anvers
33:02c'est genre 8%
33:038% la main d'oeuvre
33:04et les coûts de l'énergie
33:06c'est ça ce qui explose
33:09pour s'y prendre
33:10il faut investir massivement
33:11dans la transition
33:12et il ne faut pas saboter ça
33:13parce qu'aujourd'hui
33:14c'est les gaz
33:15et le pétrole qui explose
33:16alors qu'on parlait du nucléaire
33:18est-ce que vous êtes
33:18contre le nucléaire ?
33:19le nucléaire est une énergie
33:20totalement décarbonée
33:21est-ce que vous êtes d'accord
33:22avec ça ?
33:23le nucléaire est une énergie
33:25décarbonée
33:26elle est moins chère
33:27que l'éolien de short
33:28le prix de rachat
33:29de l'éolien de short
33:30on pourra en parler
33:32l'indépendance énergétique
33:34c'est pour tout de suite ?
33:35alors c'est pour demain matin
33:37c'est pas pour
33:38après-demain
33:38c'est pour demain matin
33:39je veux dire
33:40et l'Europe n'a jamais
33:41été aussi forte
33:42que dans les crises
33:43quand il y a une crise
33:44il y a une prise de conscience
33:45on l'a vu pour la défense
33:46quand il y a eu l'agression
33:47russe en Ukraine
33:48on le voit maintenant
33:49pour l'énergie
33:50il y a une crise énergétique
33:51et c'est l'occasion
33:52pour les Européens
33:53de se dire
33:53oui
33:53il faut s'organiser
33:54en européen
33:55pour que demain
33:56il y ait des renouvelables
33:57il y ait du nucléaire
33:58il y ait de l'énergie décarbonée
33:59qui nous permettent
34:00de ne pas dépendre des autres
34:01merci à vous
34:02d'avoir été
34:04sur ce débat
34:05très vif
34:07et très pertinent
34:09merci à vous
34:10de nous avoir suivis
34:11et très bonne suite
34:11des programmes
34:12sur nos antennes
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