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  • il y a 2 jours
Avec GaĂ«lle Atlan-Akerman, "Le fĂ©minisme d’atmosphĂšre
 Quand les particules militantes colonisent nos esprits"

"Parlons femmes" nous raconte les parcours des femmes extraordinaires qui tissent le lien de notre République.
Nous explorons des thèmes universels tels que la lutte pour l’Egalité des genres, la liberté d’expression, la diversité culturelle, le droit à disposer de son corps.
Emission tirée du livre de Valérie Perez-Ennouchi, "Destins de Femmes", sorti chez Ramsay, prix Edgard Faure 2021.
Une émission de Judith Beller.
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##DESTIN_DE_FEMMES-2026-09-05##
Transcription
00:00La Caisse d'Épargne-Île-de-France, fiĂšre de soutenir toutes les femmes, vous prĂ©sente Sud Radio, Parlons Femmes, Judith
00:08Belair.
00:09Parlons Femmes sur Sud Radio, c'est l'émission qui donne la parole aux femmes qui osent.
00:13Et je suis trĂšs heureuse de vous retrouver pour cette premiĂšre de la saison 4,
00:16afin de continuer à vous raconter toutes ces dames exceptionnelles que j'ai plaisir à vous faire découvrir.
00:21J'en profite aussi pour dire un grand merci à notre partenaire, la Caisse d'Épargne-Île-de-France.
00:26Gaëlle Atlan Ackermann est journaliste, esthéiste, chroniqueuse et réalisatrice, engagée, il va s'en dire.
00:31Bienvenue Gaëlle.
00:32Merci, bonjour.
00:32Avec plaisir.
00:33Vous publiez chez FIP Éditions un essai intitulĂ© Le FĂ©misme d'AtmosphĂšre,
00:37quand les particules militantes colonisent nos esprits.
00:40J'ai envie de dire que c'est tout un programme.
00:42Allez, vous allez nous raconter tout ça et plus encore.
00:45Parlons Femmes, c'est maintenant sur Sud Radio.
00:46Au Sud Radio, Parlons Femmes, Judith Belair.
00:50Alors Gaëlle, Atlan Ackermann, Parlons Femmes vous pose des questions.
00:54Vous ĂȘtes prĂȘte ?
00:55Bien sûr.
00:56Alors, quelle femme a changé votre maniÚre de vous regarder, si elle existe ?
01:04Ça peut ĂȘtre un rĂŽle modĂšle, ça peut ĂȘtre votre maman, ça peut ĂȘtre vous-mĂȘme, ça peut ĂȘtre qui
01:09vous voulez ?
01:10Je n'ai pas vraiment de rÎle modÚle, je ne sais pas si j'ai le droit de répondre à
01:14cette question-lĂ .
01:15Bah si, vous avez le droit de répondre à ce que vous voulez.
01:18Non mais c'est vrai.
01:19La parole est vive, parlons vrai.
01:20J'aurais dû, effectivement, préparer cette réponse.
01:23Mais spontanément et en toute sincérité, je n'en ai pas.
01:26D'accord.
01:27Et vous en portez trĂšs bien.
01:29VoilĂ .
01:29Et puis voilĂ , je pense qu'on se construit au fur et Ă  mesure de nos parcours.
01:33Et cette idée de rÎle modÚle, elle n'est pas...
01:36Oui, effectivement, ce n'est pas une évidence.
01:38Rien Ă  voir avec...
01:38Vous, vous ĂȘtes le rĂŽle modĂšle de quelqu'un ou pas ?
01:40Oh non, non, non.
01:40Je n'ai pas cette prétention-là.
01:42Non plus.
01:42Et mĂȘme si j'aime beaucoup ma mĂšre, j'ai ma soeur, donc je suis aussi trĂšs proche.
01:45Il y a plein de femmes qui ont compté pour moi.
01:48Mais toutes, peut-ĂȘtre, ont Ă©tĂ© Ă  chacune des rĂŽles modĂšles.
01:51Mais je ne sais pas si je le suis pour mes filles et je ne parle pas en leur nom.
01:54Vous avez bien raison.
01:56Quelle grande preuve de liberté.
01:58Est-ce qu'il faut désapprendre quelque chose pour que les femmes soient réellement libres aujourd'hui, selon vous ?
02:04J'ai un petit peu de mal avec cette idée selon laquelle les femmes ne seraient pas assez éduquées,
02:10assez informées, assez préparées.
02:13C'est un petit peu ce récit.
02:15que je tente justement de décrypter dans cet essai.
02:19Cette quĂȘte de la rĂ©vĂ©lation, je pense qu'aujourd'hui, les femmes ont accĂšs Ă  tout,
02:25sont hyper connectées, hyper informées.
02:27Et je n'ai pas du tout l'impression qu'elles sont tenues à l'écart comme ça.
02:32On parle dans la société occidentale, évidemment.
02:34Bien sûr.
02:34C'est important de le préciser.
02:35Absolument.
02:36Tout Ă  fait.
02:36Vous faites bien parce que justement, c'est assez étonnant de faire parfois cette équivalence,
02:42mĂȘme si certaines s'en dĂ©fendent.
02:44Mais on ne peut quand mĂȘme pas dire que les femmes aujourd'hui n'ont pas accĂšs Ă  tous et
02:49aux informations.
02:51Et cette idĂ©e de tabou qui revient trĂšs rĂ©guliĂšrement sur une myriade de sujets me paraĂźt complĂštement artificielle, voire malhonnĂȘte.
02:57D'accord.
02:58Donc si je vous pose la question, le pouvoir a-t-il encore un genre selon vous ?
03:01Vous allez me dire non ?
03:02Non.
03:02Tout Ă  fait.
03:03Et je pense que le féminisme n'est plus dans le contre-pouvoir.
03:06D'accord.
03:07Et est-ce que vous pensez que les hommes féministes, ça existe ?
03:09Oui, bien sûr.
03:10Bien sûr.
03:12Défendre l'égalité homme-femme n'est pas du tout le combat réservé aux femmes.
03:15On en voit de plus en plus des hommes féministes, bien sûr.
03:18De la mĂȘme façon que certaines considĂšrent que des femmes jouent contre leur camp,
03:23il y a aussi des hommes féministes, bien sûr.
03:25Est-ce que selon vous, on doit faire une différence entre les notions d'équité et d'égalité ?
03:29Oui, l'égalité, c'est une notion juridique.
03:33L'équité et plus les conditions qu'on met en place pour permettre l'égalité des chances.
03:41Il y a une notion juridique et puis il y a une notion plus de l'ordre de la construction.
03:44Est-ce qu'il faut que les femmes soient les égales des hommes ?
03:47Oui, bien sûr.
03:49La question me semble évidente.
03:50Ça dĂ©pend dans quel sens ou sinon ?
03:53Ce qui me dĂ©range, c'est cette quĂȘte vers l'Ă©galitĂ© millimĂ©trique
03:56dans laquelle on s'est tous engagés
03:59et qui me paraĂźt une quĂȘte vaine.
04:02DĂšs lors oĂč il y a une Ă©galitĂ© en termes de droits,
04:06le combat sur l'égalité est abouti.
04:09D'accord.
04:10Donc pour vous, le combat féministe sur l'égalité des droits ?
04:12Sur l'égalité des droits, bien sûr.
04:13Est abouti, gagné ?
04:15Oui.
04:15Ok.
04:17Quand vous parlez de féminisme d'atmosphÚre,
04:19je rappelle le titre de votre livre,
04:20c'est-à-dire le féminisme d'atmosphÚre
04:22quand les particules militantes colonisent nos esprits.
04:24Vous parlez d'un ensemble d'idées, en fait,
04:26de mots, de réflexes aussi militants.
04:28C'est ça qui se diffuserait dans la société
04:29sans faire l'objet d'une véritable réflexion.
04:31C'est juste des mots tiroirs, quoi ?
04:33Tout Ă  fait.
04:34Je pense qu'on est...
04:36Il y a quelques jours, lĂ ,
04:37on a vu des journalistes retirer sur une chaĂźne canadienne
04:41le mot terroriste, par exemple,
04:42à l'occasion de la cérémonie du 11 septembre.
04:45Donc certains ont parlé d'un désarmement...
04:47Il y a le maire de New York aussi.
04:48Parfait.
04:48Donc certains parlent d'un désarmement lexical.
04:51Le pendant, moi, je pense qu'il y a une inflation sémantique.
04:55Et il y a plein de mots comme ça
04:57qui se sont imposés dans la conversation publique.
05:01Domination, patriarcat, tout bout de champ,
05:03oppression, systémique.
05:04Dans les deux cas, le désarmement lexical, il est vrai.
05:06Et cette inflation sémantique, elle est aussi vraie.
05:08Et dans les deux cas, en fait,
05:10on veut vraiment faire rentrer des démos.
05:13Qui veut faire ça ?
05:14Personne, mais tout le monde, j'ai envie de dire.
05:16On m'a tout le monde demandé, mais qui ?
05:17Alors, il n'y a pas de conclave secret.
05:19Il n'y a pas une cuisine secrÚte qui organiserait tout ça.
05:22Il y a un mouvement général.
05:23Il y a une convergence des relais.
05:25Il y a une récupération.
05:27Il y a une convergence, que ce soit sur le plan politique,
05:33associatif, universitaire, sur le plan du marketing.
05:35Il y a comme ça une convergence
05:37qui a rendu toutes ces évidences
05:39comme des évidences qui sont devenues indiscutables.
05:42Et ce que je propose dans le livre,
05:44c'est non pas de nier certaines inégalités
05:46ou certains problĂšmes, certaines situations,
05:49mais de questionner ce qui est devenu,
05:51ce qui sont devenus des évidences indiscutables.
05:54Alors, votre thĂšse centrale, elle tourne autour
05:55de ce personnage de Manon, qui est une femme de 51 ans,
05:58qui se considĂšre comme victime, pour le coup,
06:00d'une société oppressive, alors que finalement,
06:02elle semble totalement libre et accomplie.
06:04Vous nous racontez qui, lĂ  ?
06:05Alors, elle existe, mais c'est effectivement
06:08le miroir que j'otends Ă  beaucoup d'entre nous.
06:11Oui, Manon, c'est une femme qui est libre,
06:14qui a aimé, qui a divorcé,
06:15qui a contrÎlé ses maternités,
06:17qui a une belle carriĂšre.
06:18C'est la femme, oui, libre que chantait
06:21Cookie Dingler, femme libérée.
06:23Peut-ĂȘtre qu'elle a juste un stat en plus.
06:25Et effectivement, elle se vit comme une femme,
06:28encore sous domination masculine.
06:31Alors que pourtant, tout dans les faits
06:33montre justement qu'elle a pu choisir,
06:36voilĂ , mener une carriĂšre.
06:37Oui, d'aucune vous dirait
06:38qu'elle a pu choisir, mais moins qu'un homme,
06:40qu'elle a eu des salaires plus bas,
06:43qu'elle a eu une route plus parsemée d'embûches
06:45parce qu'il a fallu en faire plus.
06:47Et moi, je reçois beaucoup de femmes
06:48qui disent ça, qui disent que finalement,
06:50la seule oppression qu'elles ont vraiment connue,
06:51c'est le fait de devoir prouver plus
06:52puisqu'elles sont des femmes.
06:54Alors, oui, alors ça, ça reste du ressenti.
06:57Et peut-ĂȘtre qu'effectivement,
06:58certaines ont effectivement été confrontées
07:00à ces entraves que vous décrivez.
07:03Alors, effectivement,
07:04il y a des choses qui peuvent ĂȘtre corrigĂ©es.
07:07Mais comme je le dis souvent,
07:09accuser, corriger, c'est pas accuser.
07:11C'est-Ă -dire de partir des acquis
07:13et les appliquer, en fait.
07:14Voilà, tout à fait, bien sûr.
07:15On ne peut pas toujours appliquer les lois votées.
07:17Non, bien sûr, il y a eu des lois sur la parité.
07:19Puis il y a eu la loi Copé-Zimmermann.
07:20Puis il y a encore d'autres lois.
07:22Ce que ça signifie,
07:23c'est que la société est engagée.
07:25Il y a une dynamique
07:25qui est quand mĂȘme enclenchĂ©e vers l'Ă©galitĂ©.
07:28Prétendre le contraire,
07:29c'est vraiment, c'est ça l'atmosphÚre.
07:30C'est de ne jamais voir les acquis obtenus
07:32et maintenir les femmes
07:34dans cet état de siÚge comme ça,
07:36discursif.
07:36C'est pas de dire, bon, bon,
07:37OK, ça, c'est bon, ça, on l'a.
07:39Maintenant, on passe Ă  autre chose.
07:40Non, parce qu'il y a d'autres sujets.
07:41Non, mais bien sûr, bien sûr.
07:43Je ne suis pas en train de dire
07:44qu'il n'y a aucun problĂšme.
07:46Mais l'atmosphĂšre, c'est justement,
07:49c'est cette impression
07:50oĂč les faits, en fait,
07:52se nourrissent plus du récit
07:53que du réel.
07:54Alors oui, sur l'égalité salariale,
07:56il y a encore, effectivement,
07:58des choses Ă  faire
07:58puisqu'il y a un écart de 4%
08:00à poste égal.
08:03Donc oui, il y a des choses Ă  faire.
08:0424% pour les cadres.
08:0524% ?
08:06Mais je parle de...
08:07Pour les cadres ?
08:08Oui.
08:09C'est pas mal, quand mĂȘme.
08:10Non, parce qu'en fait,
08:11il y avait une confusion
08:12au niveau des chiffres.
08:13On a présenté 20%.
08:14Pour les 4 subs,
08:15on est Ă  24% de moins
08:16pour les femmes.
08:17Encore aujourd'hui.
08:18D'accord.
08:19Des chiffres réels
08:20que je vous donne.
08:20Je les connais bien.
08:21OK.
08:22Alors, c'est ce que je précise
08:24dans le livre,
08:25que mon livre n'est pas du tout
08:26un livre comptable.
08:27Et mĂȘme s'il faut rĂ©ouvrir
08:28ce thÚme de l'égalité salariale,
08:29bien sûr.
08:30Moi, ce qui m'intéresse
08:31dans cette atmosphĂšre,
08:33c'est d'analyser les réflexes,
08:35les slogans qui sont Ă  donner
08:36et surtout la grille de lecture
08:38qui s'est infiltrée
08:39sur tous les sujets.
08:40C'est la grille de lecture
08:41intersectionnelle.
08:42Alors, expliquez-nous
08:43ce que c'est l'intersectionnalité,
08:44peut-ĂȘtre, pour les auditeurs.
08:45Alors, l'intersectionnalité,
08:46c'est cette façon
08:46d'appréhender le combat féministe
08:48en croisant
08:50les différentes oppressions
08:52qui concerneraient les femmes.
08:53Alors, c'est une autre grille de lecture,
08:55contrairement au prisme universaliste.
08:56Là, l'idée,
08:57c'est de prendre
08:58les différentes oppressions,
08:59de considérer que la femme
09:00peut ĂȘtre au carrefour
09:01de plusieurs oppressions.
09:03Par exemple, femmes noires et lesbiennes.
09:05VoilĂ , absolument.
09:05C'est une meilleure illustration.
09:07C'est une trĂšs bonne illustration
09:08et qu'effectivement,
09:09son rapport à la société
09:12va ĂȘtre impactĂ©
09:13par ces oppressions croisées.
09:16D'accord.
09:17La comparaison,
09:18comme des particules fines dans l'air,
09:19elle est essentielle
09:20dans votre discours,
09:22en fait,
09:22puisque ça montre
09:23que c'est en fait
09:25une influence globale.
09:26Ce n'est pas que les réseaux sociaux
09:27ou que les médias, etc.
09:28C'est la société
09:29dans son intégralité,
09:31finalement,
09:31qui,
09:32au lieu de considérer
09:35le féminisme
09:36comme une doctrine politique,
09:37ce qu'il est depuis le départ,
09:38devient une maniĂšre,
09:39en fait,
09:39c'est un prisme
09:40pour interpréter la réalité.
09:41C'est quoi ?
09:41Oui,
09:42ce que je questionne,
09:45c'est cette façon d'appliquer,
09:48quel que soit le sujet,
09:49la mĂȘme grille d'analyse
09:52selon laquelle,
09:53en fait,
09:53tout s'expliquerait
09:54par cette domination patriarcale.
09:57Encore une fois,
09:57l'idée n'est pas de nier
09:58les souffrances,
09:59c'est cette trame narrative,
10:01cette uniformisation des récits
10:03qui doit interpeller
10:04avec toujours
10:05les mĂȘmes intrigues,
10:06les mĂȘmes victimes,
10:07les femmes,
10:07les mĂȘmes coupables,
10:08la société,
10:09cette quĂȘte de la rĂ©vĂ©lation.
10:10C'est ça que j'interroge.
10:11C'est l'uniformisation des récits.
10:12C'est-Ă -dire que pour vous,
10:13en fait,
10:14ça empĂȘche
10:15de voir les femmes puissantes,
10:16par exemple ?
10:17Ou de, en tout cas,
10:17les intégrer
10:18Ă  notre inconscient collectif ?
10:19J'ai l'impression
10:20qu'il faut maintenir
10:22un affect victimaire,
10:24victimiste.
10:25Les deux sont...
10:26Sous le coude.
10:27VoilĂ .
10:27Il y a vraiment
10:28cette volonté
10:29de maintenir, je trouve,
10:30les femmes
10:31dans cet état de siÚge
10:32permanent.
10:33Et encore une fois,
10:35je ne mineure pas
10:35les souffrances.
10:37Ce qui m'interpĂšte,
10:38c'est cette façon
10:39de les récupérer
10:40pour les transformer
10:40en produits,
10:41en fait,
10:41en produits marketing.
10:42On le voit sur le marché.
10:43J'invite quiconque
10:44à regarder les allées
10:45des hypermarchés,
10:47des parapharmacies
10:48ou mĂȘme sur les rĂ©seaux.
10:49Donc lĂ ,
10:49sous France est récupérée
10:50en produits marketing
10:51puis elle est aussi
10:52récupérée en produits politiques.
10:53Bien sûr.
10:54Allez,
10:55Parlons Femmes,
10:55c'est l'émission
10:55qui donne la parole
10:56Ă  celles qui n'attendent plus.
10:57Vous l'aurez compris
10:58qu'on leur donne
10:58la permission d'exister.
11:00Aujourd'hui,
11:00vous ĂȘtes avec GaĂ«lle
11:01Atlan Ackerman
11:02qui est journaliste
11:02et séiste chroniqueuse
11:03et réalisatrice.
11:04Et puis son livre aussi,
11:06le féminisme d'atmosphÚre.
11:07Quand les particules militantes
11:09colonisent nos esprits,
11:10c'est chez FIP édition.
11:12Particules fines,
11:12ces particules militantes.
11:14Allez,
11:14Ă  tout de suite.
11:15La Caisse d'épargne
11:16l'Ăźle de France,
11:17fiĂšre de soutenir
11:18toutes les femmes,
11:19vous présente
11:20Sud Radio.
11:21Parlons Femmes,
11:22Judith Belair.
11:23Quand les femmes parlent vrai,
11:25les lignes bougent.
11:26Parlons Femmes et Parlons Vrai
11:27sur Sud Radio
11:27comme chaque samedi
11:28Ă  13h30.
11:29Vous ĂȘtes en compagnie
11:29de Gaëlle Atlan aujourd'hui
11:31Ă  Kerman
11:31qui est journaliste
11:32et séiste chroniqueuse
11:33et réaliste de son réalisatrice.
11:35Et puis son livre,
11:36le féminisme d'atmosphÚre.
11:37Quand les particules militantes
11:39colonisent nos esprits
11:40chez FIP édition.
11:41Je ne l'ai pas si bien
11:41descendu que ça,
11:42mais ce n'est pas grave,
11:43ça marche quand mĂȘme.
11:44Allez,
11:44Gaëlle Atlan à Kerman,
11:45on continue notre échange.
11:47On parlait justement
11:47de ce féminisme intersectionnel
11:51qui envahit un petit peu
11:52tous les courants.
11:53On peut le dire aujourd'hui,
11:54féministes trÚs engagées,
11:56on va dire ça comme ça.
11:57Alors,
11:57je vais ĂȘtre obligĂ©e
11:58de vous parler
11:58de la réaction des féministes
12:00post-7 octobre 2023.
12:02Vous étiez, vous,
12:03Ă  la manifestation
12:05pour le droit des femmes
12:07du 8 mars
12:07qui a suivi cet événement.
12:09Vous étiez avec
12:10les femmes du mouvement
12:12Nous Vivrons,
12:12enfin en tout cas
12:13dans ce coin-lĂ .
12:14Oui,
12:14je n'étais pas...
12:15Et vous avez été parquées,
12:17en fait,
12:18insultées,
12:19frappées pour certaines
12:20par des femmes
12:22qui sont censées
12:22défendre des femmes.
12:23Tout Ă  fait.
12:24Donc c'était vraiment
12:25une expérience
12:26pour le coup
12:27assez singuliĂšre
12:29quand mĂȘme
12:29d'avoir,
12:30effectivement,
12:31de mettre des femmes
12:32à l'écart
12:33pour cette journée
12:36féministe.
12:37Mais alors,
12:38évidemment,
12:39ça a étonné
12:39beaucoup de femmes
12:41qui étaient sur place,
12:42qui étaient vraiment
12:42médusées
12:43de ce traitement.
12:45Mais en fait...
12:47Vous,
12:47ça ne vous a pas étonné ?
12:48Je trouve que c'était
12:49tristement cohérent.
12:50C'est-Ă -dire qu'effectivement,
12:53on a vu,
12:54dĂšs le lendemain
12:54du 7 octobre,
12:55qu'il n'y a pas eu les...
12:56Alors évidemment,
12:56il y a des femmes,
12:57des féministes
12:59qui ont condamné,
13:00mais il n'y a pas eu
13:01cette indignation
13:01évidente
13:02Ă  laquelle
13:03nous nous attendions.
13:05Mais en fait,
13:07cette hiérarchie,
13:08cette addition
13:09des oppressions,
13:10cette promesse
13:11d'inclusion XXL
13:12n'a pas été
13:13au rendez-vous
13:14et ce n'est pas
13:15la premiĂšre fois
13:16qu'on a vu
13:17justement
13:17cette absence
13:18de condamnation
13:19évidente.
13:20On l'avait déjà vu
13:20pour Cologne
13:22en 2016.
13:23On a bien vu
13:24que l'articulation
13:27entre le combat
13:28antiraciste
13:28et le combat féministe
13:29ne s'articulait pas
13:31si bien que ça
13:32et qu'il fallait choisir.
13:33Et donc,
13:33cette promesse
13:34d'inclusion,
13:34puisque c'est ce qu'on
13:35nous a promis quand mĂȘme
13:36que cette grille
13:37de lecture intersectionnelle
13:38allait justement
13:39inclure toutes les souffrances.
13:40Toutes les femmes.
13:41Y compris les femmes
13:42israéliennes
13:43victimes d'exactions.
13:43de viols, etc.
13:45Et plutĂŽt que de les prendre,
13:48que de les inclure,
13:49on les a exclus.
13:50Et pourquoi on les a exclus ?
13:51Parce que justement,
13:52ce féminisme intersectionnel
13:54n'a cessé d'appréhender
13:58le combat féministe
13:59de façon poupée russe.
14:00À force de penser
14:03en termes de catégorie,
14:04on a fait des subdivisions
14:05et puis quand on fait
14:06trop de subdivisions,
14:07on crée de l'exclusion.
14:09D'accord.
14:10Et donc finalement,
14:11pour vous,
14:11c'est logique ?
14:12C'est tristement logique,
14:14c'est-Ă -dire qu'on a,
14:15on l'a vu en fait,
14:17que justement,
14:18le viol,
14:19qui est quand mĂȘme
14:19le sujet,
14:20le combat féministe,
14:23n'a pas du tout
14:24été appréhendé
14:24comme il aurait dĂ»
14:26ĂȘtre apprĂ©hendĂ©.
14:27Et Ă  ce moment-lĂ ,
14:28on a finalement regardé
14:30plutĂŽt le profil
14:32des agresseurs
14:32que le profil
14:33des victimes.
14:34Et c'est pour ça
14:34que je pense
14:34qu'il faut revenir
14:35Ă  un prisme universaliste
14:37en fait,
14:38qui prend en compte
14:39la souffrance des femmes,
14:40de toutes les femmes,
14:41quel que soit leur profil.
14:42Et lĂ ,
14:42on ne l'a pas vu.
14:43Donc,
14:43je pense qu'ils n'ont pas
14:44été au rendez-vous.
14:45Alors,
14:46ce que vous expliquez,
14:46c'est aussi que l'émotion,
14:48finalement,
14:48elle remplace aussi
14:49une espÚce de démonstration
14:50rationnelle des choses.
14:51Et quand on vous écoute,
14:52c'est peut-ĂȘtre ça
14:53qui s'est passé ce jour-là aussi.
14:54C'est-Ă -dire qu'elles sont
14:55en réaction par rapport
14:56à une actualité internationale
14:58qui ne concerne pas directement
14:59les femmes juives
15:00qui sont lĂ ,
15:01mais que finalement,
15:01par émotion,
15:03par...
15:04elles sont scandalisées,
15:06par scandale,
15:07en fait.
15:07Elles vont s'en prendre
15:09aux représentants,
15:09selon elles,
15:10en tout cas,
15:10de ce courant-lĂ .
15:11Oui,
15:12tout Ă  fait.
15:13Justement,
15:14lĂ ,
15:14elles ne prennent plus
15:15en compte les femmes,
15:17finalement,
15:18et conditionnent
15:19leur engagement
15:20sur d'autres
15:21considérations
15:23géopolitiques.
15:24AprĂšs,
15:24sur les féministes,
15:25en général,
15:26quand on a vu
15:26ce qui s'est passé
15:27avec la petite Liana
15:28et ce qui se passe
15:29en ce moment,
15:30on se dit
15:31que le traitement
15:32qui est fait aux femmes,
15:34qui est en train de se...
15:35en fait,
15:36qui permet
15:36la libération
15:37de la parole
15:37des enfants
15:38aussi aujourd'hui
15:38et une vraie prise
15:39de conscience globale,
15:40ça a aussi été poussé
15:42par ces femmes-lĂ ,
15:43finalement.
15:43Si elles n'étaient pas là
15:44pour crier,
15:44qui le ferait ?
15:45Bien sûr,
15:45mais le bruit est nécessaire.
15:47Évidemment,
15:49on a dĂ» avoir du bruit,
15:50on a dĂ» avoir
15:51de l'atmosphĂšre
15:52pour que des choses changent
15:53et pour que certains sujets
15:54basculent comme ça,
15:55comme c'est le cas
15:56des violences sexistes
15:58et sexuelles.
15:59Bien sûr qu'il faut
16:00faire du bruit.
16:01La question,
16:02c'est est-ce que
16:03l'atmosphĂšre
16:04doit poser des questions
16:05ou doit avoir
16:05des réponses toutes faites
16:06avec des récits
16:08préfabriqués ?
16:09C'est la question
16:09que je pose.
16:10Mais évidemment
16:10qu'il faut parler
16:11que certaines choses
16:13ont été changées
16:13grĂące au bruit
16:14que les femmes ont fait,
16:15bien sûr.
16:16Je vais ĂȘtre obligĂ©e
16:16de vous poser la question
16:17sur une affaire
16:18comme Patrick Bruel,
16:19par exemple,
16:20oĂč vous avez 35 femmes
16:21qui le dénoncent
16:22et qui continuent
16:23Ă  ĂȘtre dĂ©fendues
16:24sous le prisme
16:25justement
16:25de la présomption
16:27d'innocence.
16:29qu'est-ce que vous en pensez
16:30de ce tribunal populaire
16:31justement qui condamne
16:32un artiste
16:32avant qu'il n'ait été jugé
16:33et en mĂȘme temps
16:34on se dit
16:35qu'il y a quand mĂȘme
16:3535 femmes
16:36qui ont parlé.
16:37Il y a 35 femmes
16:38qui ont parlé
16:39et qui ont bien fait
16:41de parler ça,
16:43évidemment.
16:44AprĂšs,
16:44effectivement,
16:45on a l'impression
16:45que moi je ne peux pas
16:46commenter cette affaire
16:47parce que de toute façon
16:48je suis...
16:49Non, ce qui est intéressant
16:50c'est le traitement médiatique
16:51qui en est fait.
16:51On a l'impression
16:52que le verdict
16:53est tombé
16:55avant le jugement.
16:56Et la suite de l'affaire
16:58on verra
16:58si l'atmosphĂšre
16:59a influencé
17:02le jugement.
17:02Donc lĂ ,
17:03on parle d'atmosphĂšre
17:03précisément.
17:04Ce n'est pas pour rien
17:04que je vous pose la question.
17:05Oui, parce qu'effectivement
17:06il y a eu des femmes
17:07qui ont déposé plainte
17:08et encore une fois
17:09elles ont raison de le faire
17:10et si ça doit aider
17:11d'autres femmes
17:11c'est trĂšs trĂšs bien.
17:13Mais on doit attendre
17:14le jugement
17:15et c'est vrai
17:16qu'on a l'impression
17:16que l'annulation du concert
17:19et la réponse
17:20est un verdict
17:21avant le jugement.
17:23On va parler un petit peu
17:24de vous
17:24sur le peu de temps
17:24qui nous reste.
17:25Vous ĂȘtes journaliste,
17:26d'ĂȘtre reporter, chroniqueuse
17:27essayiste, conférenciÚre
17:28formatrice
17:28et puis maman de 4 enfants.
17:30Alors forcément
17:31je vais vous demander
17:31comment ça va
17:32la charge mentale.
17:33Eh bien
17:34elle est lourde
17:35effectivement
17:36et je ne la conteste pas
17:38je ne suis pas
17:39en train de dire
17:39que c'est facile
17:41pour les femmes
17:42de concilier
17:43vie pro
17:43et vie perso
17:44mais encore une fois
17:45voilĂ 
17:46je n'ai pas envie
17:47d'appliquer
17:48une lecture
17:49préfabriquée
17:50tout ça
17:51ce sont des choix.
17:53C'est vous
17:53qui avez choisi
17:54c'est ça que vous voulez dire.
17:54VoilĂ 
17:55c'est aussi un petit peu
17:55la question
17:56de cet essai
17:57c'est-Ă -dire
17:58il en va
17:59de l'autonomie
18:00et de la liberté
18:02de choix
18:02la liberté de conscience.
18:03Vous avez choisi
18:04la charge mentale
18:05en fait ?
18:06J'ai choisi
18:06oui
18:07en fait la personne
18:08ne m'a obligée
18:09Ă  faire quatre enfants
18:11je suis comme la femme
18:12que je décris
18:13sur certains aspects
18:15j'ai eu la liberté
18:16d'en faire
18:17un ou deux
18:17ou quatre
18:18donc oui
18:19la charge mentale
18:20est lĂ 
18:21je ne vais pas la nier
18:21mais en tout cas
18:22je ne cherche pas
18:23de coupable
18:24mais qui s'occupe
18:25des enfants
18:25dans votre couple
18:26Alors qui s'occupe
18:27des enfants ?
18:28On dirait une question
18:30posée à SégolÚne Réal
18:31qui s'occupe des enfants ?
18:33Mais vous avez raison
18:34de poser cette question
18:35parce que vous avez raison
18:36on n'est pas traité
18:37de la mĂȘme façon
18:38et je me souviens
18:39d'un directeur de rédaction
18:40qui m'avait posé
18:40cette mĂȘme question
18:41qui s'occupe des enfants ?
18:43Alors ils s'occupent
18:44quand mĂȘme
18:45ils sont à l'école
18:45et puis effectivement
18:46je suis quand mĂȘme
18:47plus sur le quai
18:48Sur le tarmac ?
18:49VoilĂ 
18:50Tout Ă  fait
18:50Mais encore une fois
18:51C'est un choix aussi ?
18:52C'est un choix de couple
18:53C'est un choix que j'ai fait
18:55C'est un choix dont vous avez discuté
18:57avec votre conjoint ?
18:57Bien sûr
18:58Je ne peux pas accuser
18:59la société
19:00le patriarcat
19:01de tous les maux
19:02On ne peut pas en fait
19:03voilĂ 
19:03on a des choix
19:05on a des souffrances
19:06mais on les a aussi
19:07on a la possibilité
19:10de choisir
19:11et voilĂ 
19:11donc c'est difficile
19:12je ne le nie pas
19:13les choses ont quand mĂȘme
19:14changé
19:15franchement
19:16nos maris ne sont pas
19:17les pĂšres que nous avions eus
19:19donc je pense
19:19qu'il y a quand mĂȘme
19:19des choses
19:20qui ont évolué
19:21il n'empĂȘche que oui
19:22je m'occupe plus de choses
19:24que de lui
19:24Dans une société idéale
19:26dans la société idéale
19:27des féministes
19:27dont on parle depuis tout Ă  l'heure
19:29la charge est 50-50
19:31et c'est le patriarcat
19:33qui pousse donc
19:34les hommes
19:34puisqu'ils sont installés
19:35dans un certain confort
19:36depuis un certain nombre
19:37de centaines d'années
19:39Ă  rester dans ce confort-lĂ 
19:40puisque les femmes
19:41leur servent aussi
19:42qu'est-ce que vous en pensez
19:43de ça
19:43pour terminer
19:47ce sera ma question
19:48ph de la fin de l'émission
19:49je ne sais pas
19:49cette histoire
19:50de patriarcat
19:51sincĂšrement
19:52je trouve que c'est un mot
19:53tellement usé
19:54tellement saturé
19:55tellement éculé
19:57que j'ai du mal
19:58vous avez enfin
19:59bon dire quelques-unes
20:00oui oui
20:01je sais
20:01je sais bien
20:02mais franchement
20:04je n'arrive pas
20:05Ă  comprendre
20:05cette façon
20:08de vouloir
20:09débusquer
20:10le patriarcat
20:11ici
20:11et d'ĂȘtre
20:12trĂšs trĂšs
20:14tolérante
20:14avec d'autres
20:15patriarcat
20:16par exemple
20:17je ne sais pas
20:18on parle beaucoup
20:19de patriarcat
20:20de corps Ă  disposition
20:21moi j'ai l'impression
20:22que c'est aussi
20:23l'esprit critique
20:23qui est un peu
20:25Ă  disposition
20:25parce que
20:26voilĂ 
20:27vous me parlez
20:28de patriarcat
20:28et fin août
20:29on a beaucoup parlé
20:30de l'excision
20:32et en fait
20:33c'est majoritairement
20:34les femmes
20:34qui font exciser
20:35les petites filles
20:35il faut le savoir
20:36mais ce n'est mĂȘme pas ça
20:37c'est qu'en fait
20:37il y a eu un rassemblement
20:39Ă  Paris
20:39fin août
20:40il y a eu une centaine
20:41de personnes
20:41c'est assez dérisoire
20:43quand d'autres sujets
20:46en fait
20:46mobilisent
20:47et suscitent
20:48des indignations
20:50incroyables
20:50donc voilĂ 
20:51je voulais aussi
20:52mettre ça en avant
20:54et
20:55bravo Gaëlle
20:56merci beaucoup
20:56je rappelle
20:58pourquoi je vous
20:59appelez
20:59Gabrielle
21:00je ne sais pas
21:00c'est un joli prénom
21:01en mĂȘme temps
21:03merci beaucoup
21:03Gaëlle Atlan
21:04le féminisme d'atmosphÚre
21:06quand les particules militantes
21:07colonisent nos esprits
21:08c'est chez FIP édition
21:09merci d'avoir partagé
21:10ce moment avec nous
21:10merci Ă  vous
21:11pour l'invitation
21:11avec plaisir
21:12merci Ă  vous
21:13de nous suivre
21:14tous les samedis
21:14et d'avoir été là
21:15Ă  ce premier rendez-vous
21:16de la saison
21:17c'est rendez-vous
21:18d'ailleurs samedi
21:19prochain 13h30
21:20pour une nouvelle édition
21:21de Parlons Femmes
21:22et puis demain
21:22Ă  19h dans
21:23c'est excellent
21:24merci à Dési
21:25en régie
21:25et surtout
21:26continuez de ĂȘtre vous-mĂȘme
21:27je vous embrasse
21:28Sud Radio
21:29Parlons Femmes
21:30Judith Belair
21:32avec la Caisse d'épargne
21:33Île-de-France
21:34fiĂšre de soutenir
21:35toutes les femmes
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