00:00La Caisse d'Ăpargne-Ăle-de-France, fiĂšre de soutenir toutes les femmes, vous prĂ©sente Sud Radio, Parlons Femmes, Judith
00:08Belair.
00:09Parlons Femmes sur Sud Radio, c'est l'émission qui donne la parole aux femmes qui osent.
00:13Et je suis trĂšs heureuse de vous retrouver pour cette premiĂšre de la saison 4,
00:16afin de continuer à vous raconter toutes ces dames exceptionnelles que j'ai plaisir à vous faire découvrir.
00:21J'en profite aussi pour dire un grand merci Ă notre partenaire, la Caisse d'Ăpargne-Ăle-de-France.
00:26Gaëlle Atlan Ackermann est journaliste, esthéiste, chroniqueuse et réalisatrice, engagée, il va s'en dire.
00:31Bienvenue Gaëlle.
00:32Merci, bonjour.
00:32Avec plaisir.
00:33Vous publiez chez FIP Ăditions un essai intitulĂ© Le FĂ©misme d'AtmosphĂšre,
00:37quand les particules militantes colonisent nos esprits.
00:40J'ai envie de dire que c'est tout un programme.
00:42Allez, vous allez nous raconter tout ça et plus encore.
00:45Parlons Femmes, c'est maintenant sur Sud Radio.
00:46Au Sud Radio, Parlons Femmes, Judith Belair.
00:50Alors Gaëlle, Atlan Ackermann, Parlons Femmes vous pose des questions.
00:54Vous ĂȘtes prĂȘte ?
00:55Bien sûr.
00:56Alors, quelle femme a changé votre maniÚre de vous regarder, si elle existe ?
01:04Ăa peut ĂȘtre un rĂŽle modĂšle, ça peut ĂȘtre votre maman, ça peut ĂȘtre vous-mĂȘme, ça peut ĂȘtre qui
01:09vous voulez ?
01:10Je n'ai pas vraiment de rĂŽle modĂšle, je ne sais pas si j'ai le droit de rĂ©pondre Ă
01:14cette question-lĂ .
01:15Bah si, vous avez le droit de répondre à ce que vous voulez.
01:18Non mais c'est vrai.
01:19La parole est vive, parlons vrai.
01:20J'aurais dû, effectivement, préparer cette réponse.
01:23Mais spontanément et en toute sincérité, je n'en ai pas.
01:26D'accord.
01:27Et vous en portez trĂšs bien.
01:29VoilĂ .
01:29Et puis voilĂ , je pense qu'on se construit au fur et Ă mesure de nos parcours.
01:33Et cette idée de rÎle modÚle, elle n'est pas...
01:36Oui, effectivement, ce n'est pas une évidence.
01:38Rien Ă voir avec...
01:38Vous, vous ĂȘtes le rĂŽle modĂšle de quelqu'un ou pas ?
01:40Oh non, non, non.
01:40Je n'ai pas cette prétention-là .
01:42Non plus.
01:42Et mĂȘme si j'aime beaucoup ma mĂšre, j'ai ma soeur, donc je suis aussi trĂšs proche.
01:45Il y a plein de femmes qui ont compté pour moi.
01:48Mais toutes, peut-ĂȘtre, ont Ă©tĂ© Ă chacune des rĂŽles modĂšles.
01:51Mais je ne sais pas si je le suis pour mes filles et je ne parle pas en leur nom.
01:54Vous avez bien raison.
01:56Quelle grande preuve de liberté.
01:58Est-ce qu'il faut désapprendre quelque chose pour que les femmes soient réellement libres aujourd'hui, selon vous ?
02:04J'ai un petit peu de mal avec cette idée selon laquelle les femmes ne seraient pas assez éduquées,
02:10assez informées, assez préparées.
02:13C'est un petit peu ce récit.
02:15que je tente justement de décrypter dans cet essai.
02:19Cette quĂȘte de la rĂ©vĂ©lation, je pense qu'aujourd'hui, les femmes ont accĂšs Ă tout,
02:25sont hyper connectées, hyper informées.
02:27Et je n'ai pas du tout l'impression qu'elles sont tenues à l'écart comme ça.
02:32On parle dans la société occidentale, évidemment.
02:34Bien sûr.
02:34C'est important de le préciser.
02:35Absolument.
02:36Tout Ă fait.
02:36Vous faites bien parce que justement, c'est assez étonnant de faire parfois cette équivalence,
02:42mĂȘme si certaines s'en dĂ©fendent.
02:44Mais on ne peut quand mĂȘme pas dire que les femmes aujourd'hui n'ont pas accĂšs Ă tous et
02:49aux informations.
02:51Et cette idĂ©e de tabou qui revient trĂšs rĂ©guliĂšrement sur une myriade de sujets me paraĂźt complĂštement artificielle, voire malhonnĂȘte.
02:57D'accord.
02:58Donc si je vous pose la question, le pouvoir a-t-il encore un genre selon vous ?
03:01Vous allez me dire non ?
03:02Non.
03:02Tout Ă fait.
03:03Et je pense que le féminisme n'est plus dans le contre-pouvoir.
03:06D'accord.
03:07Et est-ce que vous pensez que les hommes féministes, ça existe ?
03:09Oui, bien sûr.
03:10Bien sûr.
03:12Défendre l'égalité homme-femme n'est pas du tout le combat réservé aux femmes.
03:15On en voit de plus en plus des hommes féministes, bien sûr.
03:18De la mĂȘme façon que certaines considĂšrent que des femmes jouent contre leur camp,
03:23il y a aussi des hommes féministes, bien sûr.
03:25Est-ce que selon vous, on doit faire une différence entre les notions d'équité et d'égalité ?
03:29Oui, l'égalité, c'est une notion juridique.
03:33L'équité et plus les conditions qu'on met en place pour permettre l'égalité des chances.
03:41Il y a une notion juridique et puis il y a une notion plus de l'ordre de la construction.
03:44Est-ce qu'il faut que les femmes soient les égales des hommes ?
03:47Oui, bien sûr.
03:49La question me semble évidente.
03:50Ăa dĂ©pend dans quel sens ou sinon ?
03:53Ce qui me dĂ©range, c'est cette quĂȘte vers l'Ă©galitĂ© millimĂ©trique
03:56dans laquelle on s'est tous engagés
03:59et qui me paraĂźt une quĂȘte vaine.
04:02DĂšs lors oĂč il y a une Ă©galitĂ© en termes de droits,
04:06le combat sur l'égalité est abouti.
04:09D'accord.
04:10Donc pour vous, le combat féministe sur l'égalité des droits ?
04:12Sur l'égalité des droits, bien sûr.
04:13Est abouti, gagné ?
04:15Oui.
04:15Ok.
04:17Quand vous parlez de féminisme d'atmosphÚre,
04:19je rappelle le titre de votre livre,
04:20c'est-à -dire le féminisme d'atmosphÚre
04:22quand les particules militantes colonisent nos esprits.
04:24Vous parlez d'un ensemble d'idées, en fait,
04:26de mots, de réflexes aussi militants.
04:28C'est ça qui se diffuserait dans la société
04:29sans faire l'objet d'une véritable réflexion.
04:31C'est juste des mots tiroirs, quoi ?
04:33Tout Ă fait.
04:34Je pense qu'on est...
04:36Il y a quelques jours, lĂ ,
04:37on a vu des journalistes retirer sur une chaĂźne canadienne
04:41le mot terroriste, par exemple,
04:42à l'occasion de la cérémonie du 11 septembre.
04:45Donc certains ont parlé d'un désarmement...
04:47Il y a le maire de New York aussi.
04:48Parfait.
04:48Donc certains parlent d'un désarmement lexical.
04:51Le pendant, moi, je pense qu'il y a une inflation sémantique.
04:55Et il y a plein de mots comme ça
04:57qui se sont imposés dans la conversation publique.
05:01Domination, patriarcat, tout bout de champ,
05:03oppression, systémique.
05:04Dans les deux cas, le désarmement lexical, il est vrai.
05:06Et cette inflation sémantique, elle est aussi vraie.
05:08Et dans les deux cas, en fait,
05:10on veut vraiment faire rentrer des démos.
05:13Qui veut faire ça ?
05:14Personne, mais tout le monde, j'ai envie de dire.
05:16On m'a tout le monde demandé, mais qui ?
05:17Alors, il n'y a pas de conclave secret.
05:19Il n'y a pas une cuisine secrÚte qui organiserait tout ça.
05:22Il y a un mouvement général.
05:23Il y a une convergence des relais.
05:25Il y a une récupération.
05:27Il y a une convergence, que ce soit sur le plan politique,
05:33associatif, universitaire, sur le plan du marketing.
05:35Il y a comme ça une convergence
05:37qui a rendu toutes ces évidences
05:39comme des évidences qui sont devenues indiscutables.
05:42Et ce que je propose dans le livre,
05:44c'est non pas de nier certaines inégalités
05:46ou certains problĂšmes, certaines situations,
05:49mais de questionner ce qui est devenu,
05:51ce qui sont devenus des évidences indiscutables.
05:54Alors, votre thĂšse centrale, elle tourne autour
05:55de ce personnage de Manon, qui est une femme de 51 ans,
05:58qui se considĂšre comme victime, pour le coup,
06:00d'une société oppressive, alors que finalement,
06:02elle semble totalement libre et accomplie.
06:04Vous nous racontez qui, lĂ ?
06:05Alors, elle existe, mais c'est effectivement
06:08le miroir que j'otends Ă beaucoup d'entre nous.
06:11Oui, Manon, c'est une femme qui est libre,
06:14qui a aimé, qui a divorcé,
06:15qui a contrÎlé ses maternités,
06:17qui a une belle carriĂšre.
06:18C'est la femme, oui, libre que chantait
06:21Cookie Dingler, femme libérée.
06:23Peut-ĂȘtre qu'elle a juste un stat en plus.
06:25Et effectivement, elle se vit comme une femme,
06:28encore sous domination masculine.
06:31Alors que pourtant, tout dans les faits
06:33montre justement qu'elle a pu choisir,
06:36voilĂ , mener une carriĂšre.
06:37Oui, d'aucune vous dirait
06:38qu'elle a pu choisir, mais moins qu'un homme,
06:40qu'elle a eu des salaires plus bas,
06:43qu'elle a eu une route plus parsemée d'embûches
06:45parce qu'il a fallu en faire plus.
06:47Et moi, je reçois beaucoup de femmes
06:48qui disent ça, qui disent que finalement,
06:50la seule oppression qu'elles ont vraiment connue,
06:51c'est le fait de devoir prouver plus
06:52puisqu'elles sont des femmes.
06:54Alors, oui, alors ça, ça reste du ressenti.
06:57Et peut-ĂȘtre qu'effectivement,
06:58certaines ont effectivement été confrontées
07:00à ces entraves que vous décrivez.
07:03Alors, effectivement,
07:04il y a des choses qui peuvent ĂȘtre corrigĂ©es.
07:07Mais comme je le dis souvent,
07:09accuser, corriger, c'est pas accuser.
07:11C'est-Ă -dire de partir des acquis
07:13et les appliquer, en fait.
07:14Voilà , tout à fait, bien sûr.
07:15On ne peut pas toujours appliquer les lois votées.
07:17Non, bien sûr, il y a eu des lois sur la parité.
07:19Puis il y a eu la loi Copé-Zimmermann.
07:20Puis il y a encore d'autres lois.
07:22Ce que ça signifie,
07:23c'est que la société est engagée.
07:25Il y a une dynamique
07:25qui est quand mĂȘme enclenchĂ©e vers l'Ă©galitĂ©.
07:28Prétendre le contraire,
07:29c'est vraiment, c'est ça l'atmosphÚre.
07:30C'est de ne jamais voir les acquis obtenus
07:32et maintenir les femmes
07:34dans cet état de siÚge comme ça,
07:36discursif.
07:36C'est pas de dire, bon, bon,
07:37OK, ça, c'est bon, ça, on l'a.
07:39Maintenant, on passe Ă autre chose.
07:40Non, parce qu'il y a d'autres sujets.
07:41Non, mais bien sûr, bien sûr.
07:43Je ne suis pas en train de dire
07:44qu'il n'y a aucun problĂšme.
07:46Mais l'atmosphĂšre, c'est justement,
07:49c'est cette impression
07:50oĂč les faits, en fait,
07:52se nourrissent plus du récit
07:53que du réel.
07:54Alors oui, sur l'égalité salariale,
07:56il y a encore, effectivement,
07:58des choses Ă faire
07:58puisqu'il y a un écart de 4%
08:00à poste égal.
08:03Donc oui, il y a des choses Ă faire.
08:0424% pour les cadres.
08:0524% ?
08:06Mais je parle de...
08:07Pour les cadres ?
08:08Oui.
08:09C'est pas mal, quand mĂȘme.
08:10Non, parce qu'en fait,
08:11il y avait une confusion
08:12au niveau des chiffres.
08:13On a présenté 20%.
08:14Pour les 4 subs,
08:15on est Ă 24% de moins
08:16pour les femmes.
08:17Encore aujourd'hui.
08:18D'accord.
08:19Des chiffres réels
08:20que je vous donne.
08:20Je les connais bien.
08:21OK.
08:22Alors, c'est ce que je précise
08:24dans le livre,
08:25que mon livre n'est pas du tout
08:26un livre comptable.
08:27Et mĂȘme s'il faut rĂ©ouvrir
08:28ce thÚme de l'égalité salariale,
08:29bien sûr.
08:30Moi, ce qui m'intéresse
08:31dans cette atmosphĂšre,
08:33c'est d'analyser les réflexes,
08:35les slogans qui sont Ă donner
08:36et surtout la grille de lecture
08:38qui s'est infiltrée
08:39sur tous les sujets.
08:40C'est la grille de lecture
08:41intersectionnelle.
08:42Alors, expliquez-nous
08:43ce que c'est l'intersectionnalité,
08:44peut-ĂȘtre, pour les auditeurs.
08:45Alors, l'intersectionnalité,
08:46c'est cette façon
08:46d'appréhender le combat féministe
08:48en croisant
08:50les différentes oppressions
08:52qui concerneraient les femmes.
08:53Alors, c'est une autre grille de lecture,
08:55contrairement au prisme universaliste.
08:56Là , l'idée,
08:57c'est de prendre
08:58les différentes oppressions,
08:59de considérer que la femme
09:00peut ĂȘtre au carrefour
09:01de plusieurs oppressions.
09:03Par exemple, femmes noires et lesbiennes.
09:05VoilĂ , absolument.
09:05C'est une meilleure illustration.
09:07C'est une trĂšs bonne illustration
09:08et qu'effectivement,
09:09son rapport à la société
09:12va ĂȘtre impactĂ©
09:13par ces oppressions croisées.
09:16D'accord.
09:17La comparaison,
09:18comme des particules fines dans l'air,
09:19elle est essentielle
09:20dans votre discours,
09:22en fait,
09:22puisque ça montre
09:23que c'est en fait
09:25une influence globale.
09:26Ce n'est pas que les réseaux sociaux
09:27ou que les médias, etc.
09:28C'est la société
09:29dans son intégralité,
09:31finalement,
09:31qui,
09:32au lieu de considérer
09:35le féminisme
09:36comme une doctrine politique,
09:37ce qu'il est depuis le départ,
09:38devient une maniĂšre,
09:39en fait,
09:39c'est un prisme
09:40pour interpréter la réalité.
09:41C'est quoi ?
09:41Oui,
09:42ce que je questionne,
09:45c'est cette façon d'appliquer,
09:48quel que soit le sujet,
09:49la mĂȘme grille d'analyse
09:52selon laquelle,
09:53en fait,
09:53tout s'expliquerait
09:54par cette domination patriarcale.
09:57Encore une fois,
09:57l'idée n'est pas de nier
09:58les souffrances,
09:59c'est cette trame narrative,
10:01cette uniformisation des récits
10:03qui doit interpeller
10:04avec toujours
10:05les mĂȘmes intrigues,
10:06les mĂȘmes victimes,
10:07les femmes,
10:07les mĂȘmes coupables,
10:08la société,
10:09cette quĂȘte de la rĂ©vĂ©lation.
10:10C'est ça que j'interroge.
10:11C'est l'uniformisation des récits.
10:12C'est-Ă -dire que pour vous,
10:13en fait,
10:14ça empĂȘche
10:15de voir les femmes puissantes,
10:16par exemple ?
10:17Ou de, en tout cas,
10:17les intégrer
10:18Ă notre inconscient collectif ?
10:19J'ai l'impression
10:20qu'il faut maintenir
10:22un affect victimaire,
10:24victimiste.
10:25Les deux sont...
10:26Sous le coude.
10:27VoilĂ .
10:27Il y a vraiment
10:28cette volonté
10:29de maintenir, je trouve,
10:30les femmes
10:31dans cet état de siÚge
10:32permanent.
10:33Et encore une fois,
10:35je ne mineure pas
10:35les souffrances.
10:37Ce qui m'interpĂšte,
10:38c'est cette façon
10:39de les récupérer
10:40pour les transformer
10:40en produits,
10:41en fait,
10:41en produits marketing.
10:42On le voit sur le marché.
10:43J'invite quiconque
10:44à regarder les allées
10:45des hypermarchés,
10:47des parapharmacies
10:48ou mĂȘme sur les rĂ©seaux.
10:49Donc lĂ ,
10:49sous France est récupérée
10:50en produits marketing
10:51puis elle est aussi
10:52récupérée en produits politiques.
10:53Bien sûr.
10:54Allez,
10:55Parlons Femmes,
10:55c'est l'émission
10:55qui donne la parole
10:56Ă celles qui n'attendent plus.
10:57Vous l'aurez compris
10:58qu'on leur donne
10:58la permission d'exister.
11:00Aujourd'hui,
11:00vous ĂȘtes avec GaĂ«lle
11:01Atlan Ackerman
11:02qui est journaliste
11:02et séiste chroniqueuse
11:03et réalisatrice.
11:04Et puis son livre aussi,
11:06le féminisme d'atmosphÚre.
11:07Quand les particules militantes
11:09colonisent nos esprits,
11:10c'est chez FIP édition.
11:12Particules fines,
11:12ces particules militantes.
11:14Allez,
11:14Ă tout de suite.
11:15La Caisse d'épargne
11:16l'Ăźle de France,
11:17fiĂšre de soutenir
11:18toutes les femmes,
11:19vous présente
11:20Sud Radio.
11:21Parlons Femmes,
11:22Judith Belair.
11:23Quand les femmes parlent vrai,
11:25les lignes bougent.
11:26Parlons Femmes et Parlons Vrai
11:27sur Sud Radio
11:27comme chaque samedi
11:28Ă 13h30.
11:29Vous ĂȘtes en compagnie
11:29de Gaëlle Atlan aujourd'hui
11:31Ă Kerman
11:31qui est journaliste
11:32et séiste chroniqueuse
11:33et réaliste de son réalisatrice.
11:35Et puis son livre,
11:36le féminisme d'atmosphÚre.
11:37Quand les particules militantes
11:39colonisent nos esprits
11:40chez FIP édition.
11:41Je ne l'ai pas si bien
11:41descendu que ça,
11:42mais ce n'est pas grave,
11:43ça marche quand mĂȘme.
11:44Allez,
11:44Gaëlle Atlan à Kerman,
11:45on continue notre échange.
11:47On parlait justement
11:47de ce féminisme intersectionnel
11:51qui envahit un petit peu
11:52tous les courants.
11:53On peut le dire aujourd'hui,
11:54féministes trÚs engagées,
11:56on va dire ça comme ça.
11:57Alors,
11:57je vais ĂȘtre obligĂ©e
11:58de vous parler
11:58de la réaction des féministes
12:00post-7 octobre 2023.
12:02Vous étiez, vous,
12:03Ă la manifestation
12:05pour le droit des femmes
12:07du 8 mars
12:07qui a suivi cet événement.
12:09Vous étiez avec
12:10les femmes du mouvement
12:12Nous Vivrons,
12:12enfin en tout cas
12:13dans ce coin-lĂ .
12:14Oui,
12:14je n'étais pas...
12:15Et vous avez été parquées,
12:17en fait,
12:18insultées,
12:19frappées pour certaines
12:20par des femmes
12:22qui sont censées
12:22défendre des femmes.
12:23Tout Ă fait.
12:24Donc c'était vraiment
12:25une expérience
12:26pour le coup
12:27assez singuliĂšre
12:29quand mĂȘme
12:29d'avoir,
12:30effectivement,
12:31de mettre des femmes
12:32à l'écart
12:33pour cette journée
12:36féministe.
12:37Mais alors,
12:38évidemment,
12:39ça a étonné
12:39beaucoup de femmes
12:41qui étaient sur place,
12:42qui étaient vraiment
12:42médusées
12:43de ce traitement.
12:45Mais en fait...
12:47Vous,
12:47ça ne vous a pas étonné ?
12:48Je trouve que c'était
12:49tristement cohérent.
12:50C'est-Ă -dire qu'effectivement,
12:53on a vu,
12:54dĂšs le lendemain
12:54du 7 octobre,
12:55qu'il n'y a pas eu les...
12:56Alors évidemment,
12:56il y a des femmes,
12:57des féministes
12:59qui ont condamné,
13:00mais il n'y a pas eu
13:01cette indignation
13:01évidente
13:02Ă laquelle
13:03nous nous attendions.
13:05Mais en fait,
13:07cette hiérarchie,
13:08cette addition
13:09des oppressions,
13:10cette promesse
13:11d'inclusion XXL
13:12n'a pas été
13:13au rendez-vous
13:14et ce n'est pas
13:15la premiĂšre fois
13:16qu'on a vu
13:17justement
13:17cette absence
13:18de condamnation
13:19évidente.
13:20On l'avait déjà vu
13:20pour Cologne
13:22en 2016.
13:23On a bien vu
13:24que l'articulation
13:27entre le combat
13:28antiraciste
13:28et le combat féministe
13:29ne s'articulait pas
13:31si bien que ça
13:32et qu'il fallait choisir.
13:33Et donc,
13:33cette promesse
13:34d'inclusion,
13:34puisque c'est ce qu'on
13:35nous a promis quand mĂȘme
13:36que cette grille
13:37de lecture intersectionnelle
13:38allait justement
13:39inclure toutes les souffrances.
13:40Toutes les femmes.
13:41Y compris les femmes
13:42israéliennes
13:43victimes d'exactions.
13:43de viols, etc.
13:45Et plutĂŽt que de les prendre,
13:48que de les inclure,
13:49on les a exclus.
13:50Et pourquoi on les a exclus ?
13:51Parce que justement,
13:52ce féminisme intersectionnel
13:54n'a cessé d'appréhender
13:58le combat féministe
13:59de façon poupée russe.
14:00Ă force de penser
14:03en termes de catégorie,
14:04on a fait des subdivisions
14:05et puis quand on fait
14:06trop de subdivisions,
14:07on crée de l'exclusion.
14:09D'accord.
14:10Et donc finalement,
14:11pour vous,
14:11c'est logique ?
14:12C'est tristement logique,
14:14c'est-Ă -dire qu'on a,
14:15on l'a vu en fait,
14:17que justement,
14:18le viol,
14:19qui est quand mĂȘme
14:19le sujet,
14:20le combat féministe,
14:23n'a pas du tout
14:24été appréhendé
14:24comme il aurait dĂ»
14:26ĂȘtre apprĂ©hendĂ©.
14:27Et Ă ce moment-lĂ ,
14:28on a finalement regardé
14:30plutĂŽt le profil
14:32des agresseurs
14:32que le profil
14:33des victimes.
14:34Et c'est pour ça
14:34que je pense
14:34qu'il faut revenir
14:35Ă un prisme universaliste
14:37en fait,
14:38qui prend en compte
14:39la souffrance des femmes,
14:40de toutes les femmes,
14:41quel que soit leur profil.
14:42Et lĂ ,
14:42on ne l'a pas vu.
14:43Donc,
14:43je pense qu'ils n'ont pas
14:44été au rendez-vous.
14:45Alors,
14:46ce que vous expliquez,
14:46c'est aussi que l'émotion,
14:48finalement,
14:48elle remplace aussi
14:49une espÚce de démonstration
14:50rationnelle des choses.
14:51Et quand on vous écoute,
14:52c'est peut-ĂȘtre ça
14:53qui s'est passé ce jour-là aussi.
14:54C'est-Ă -dire qu'elles sont
14:55en réaction par rapport
14:56à une actualité internationale
14:58qui ne concerne pas directement
14:59les femmes juives
15:00qui sont lĂ ,
15:01mais que finalement,
15:01par émotion,
15:03par...
15:04elles sont scandalisées,
15:06par scandale,
15:07en fait.
15:07Elles vont s'en prendre
15:09aux représentants,
15:09selon elles,
15:10en tout cas,
15:10de ce courant-lĂ .
15:11Oui,
15:12tout Ă fait.
15:13Justement,
15:14lĂ ,
15:14elles ne prennent plus
15:15en compte les femmes,
15:17finalement,
15:18et conditionnent
15:19leur engagement
15:20sur d'autres
15:21considérations
15:23géopolitiques.
15:24AprĂšs,
15:24sur les féministes,
15:25en général,
15:26quand on a vu
15:26ce qui s'est passé
15:27avec la petite Liana
15:28et ce qui se passe
15:29en ce moment,
15:30on se dit
15:31que le traitement
15:32qui est fait aux femmes,
15:34qui est en train de se...
15:35en fait,
15:36qui permet
15:36la libération
15:37de la parole
15:37des enfants
15:38aussi aujourd'hui
15:38et une vraie prise
15:39de conscience globale,
15:40ça a aussi été poussé
15:42par ces femmes-lĂ ,
15:43finalement.
15:43Si elles n'Ă©taient pas lĂ
15:44pour crier,
15:44qui le ferait ?
15:45Bien sûr,
15:45mais le bruit est nécessaire.
15:47Ăvidemment,
15:49on a dĂ» avoir du bruit,
15:50on a dĂ» avoir
15:51de l'atmosphĂšre
15:52pour que des choses changent
15:53et pour que certains sujets
15:54basculent comme ça,
15:55comme c'est le cas
15:56des violences sexistes
15:58et sexuelles.
15:59Bien sûr qu'il faut
16:00faire du bruit.
16:01La question,
16:02c'est est-ce que
16:03l'atmosphĂšre
16:04doit poser des questions
16:05ou doit avoir
16:05des réponses toutes faites
16:06avec des récits
16:08préfabriqués ?
16:09C'est la question
16:09que je pose.
16:10Mais évidemment
16:10qu'il faut parler
16:11que certaines choses
16:13ont été changées
16:13grĂące au bruit
16:14que les femmes ont fait,
16:15bien sûr.
16:16Je vais ĂȘtre obligĂ©e
16:16de vous poser la question
16:17sur une affaire
16:18comme Patrick Bruel,
16:19par exemple,
16:20oĂč vous avez 35 femmes
16:21qui le dénoncent
16:22et qui continuent
16:23Ă ĂȘtre dĂ©fendues
16:24sous le prisme
16:25justement
16:25de la présomption
16:27d'innocence.
16:29qu'est-ce que vous en pensez
16:30de ce tribunal populaire
16:31justement qui condamne
16:32un artiste
16:32avant qu'il n'ait été jugé
16:33et en mĂȘme temps
16:34on se dit
16:35qu'il y a quand mĂȘme
16:3535 femmes
16:36qui ont parlé.
16:37Il y a 35 femmes
16:38qui ont parlé
16:39et qui ont bien fait
16:41de parler ça,
16:43évidemment.
16:44AprĂšs,
16:44effectivement,
16:45on a l'impression
16:45que moi je ne peux pas
16:46commenter cette affaire
16:47parce que de toute façon
16:48je suis...
16:49Non, ce qui est intéressant
16:50c'est le traitement médiatique
16:51qui en est fait.
16:51On a l'impression
16:52que le verdict
16:53est tombé
16:55avant le jugement.
16:56Et la suite de l'affaire
16:58on verra
16:58si l'atmosphĂšre
16:59a influencé
17:02le jugement.
17:02Donc lĂ ,
17:03on parle d'atmosphĂšre
17:03précisément.
17:04Ce n'est pas pour rien
17:04que je vous pose la question.
17:05Oui, parce qu'effectivement
17:06il y a eu des femmes
17:07qui ont déposé plainte
17:08et encore une fois
17:09elles ont raison de le faire
17:10et si ça doit aider
17:11d'autres femmes
17:11c'est trĂšs trĂšs bien.
17:13Mais on doit attendre
17:14le jugement
17:15et c'est vrai
17:16qu'on a l'impression
17:16que l'annulation du concert
17:19et la réponse
17:20est un verdict
17:21avant le jugement.
17:23On va parler un petit peu
17:24de vous
17:24sur le peu de temps
17:24qui nous reste.
17:25Vous ĂȘtes journaliste,
17:26d'ĂȘtre reporter, chroniqueuse
17:27essayiste, conférenciÚre
17:28formatrice
17:28et puis maman de 4 enfants.
17:30Alors forcément
17:31je vais vous demander
17:31comment ça va
17:32la charge mentale.
17:33Eh bien
17:34elle est lourde
17:35effectivement
17:36et je ne la conteste pas
17:38je ne suis pas
17:39en train de dire
17:39que c'est facile
17:41pour les femmes
17:42de concilier
17:43vie pro
17:43et vie perso
17:44mais encore une fois
17:45voilĂ
17:46je n'ai pas envie
17:47d'appliquer
17:48une lecture
17:49préfabriquée
17:50tout ça
17:51ce sont des choix.
17:53C'est vous
17:53qui avez choisi
17:54c'est ça que vous voulez dire.
17:54VoilĂ
17:55c'est aussi un petit peu
17:55la question
17:56de cet essai
17:57c'est-Ă -dire
17:58il en va
17:59de l'autonomie
18:00et de la liberté
18:02de choix
18:02la liberté de conscience.
18:03Vous avez choisi
18:04la charge mentale
18:05en fait ?
18:06J'ai choisi
18:06oui
18:07en fait la personne
18:08ne m'a obligée
18:09Ă faire quatre enfants
18:11je suis comme la femme
18:12que je décris
18:13sur certains aspects
18:15j'ai eu la liberté
18:16d'en faire
18:17un ou deux
18:17ou quatre
18:18donc oui
18:19la charge mentale
18:20est lĂ
18:21je ne vais pas la nier
18:21mais en tout cas
18:22je ne cherche pas
18:23de coupable
18:24mais qui s'occupe
18:25des enfants
18:25dans votre couple
18:26Alors qui s'occupe
18:27des enfants ?
18:28On dirait une question
18:30posée à SégolÚne Réal
18:31qui s'occupe des enfants ?
18:33Mais vous avez raison
18:34de poser cette question
18:35parce que vous avez raison
18:36on n'est pas traité
18:37de la mĂȘme façon
18:38et je me souviens
18:39d'un directeur de rédaction
18:40qui m'avait posé
18:40cette mĂȘme question
18:41qui s'occupe des enfants ?
18:43Alors ils s'occupent
18:44quand mĂȘme
18:45ils sont à l'école
18:45et puis effectivement
18:46je suis quand mĂȘme
18:47plus sur le quai
18:48Sur le tarmac ?
18:49VoilĂ
18:50Tout Ă fait
18:50Mais encore une fois
18:51C'est un choix aussi ?
18:52C'est un choix de couple
18:53C'est un choix que j'ai fait
18:55C'est un choix dont vous avez discuté
18:57avec votre conjoint ?
18:57Bien sûr
18:58Je ne peux pas accuser
18:59la société
19:00le patriarcat
19:01de tous les maux
19:02On ne peut pas en fait
19:03voilĂ
19:03on a des choix
19:05on a des souffrances
19:06mais on les a aussi
19:07on a la possibilité
19:10de choisir
19:11et voilĂ
19:11donc c'est difficile
19:12je ne le nie pas
19:13les choses ont quand mĂȘme
19:14changé
19:15franchement
19:16nos maris ne sont pas
19:17les pĂšres que nous avions eus
19:19donc je pense
19:19qu'il y a quand mĂȘme
19:19des choses
19:20qui ont évolué
19:21il n'empĂȘche que oui
19:22je m'occupe plus de choses
19:24que de lui
19:24Dans une société idéale
19:26dans la société idéale
19:27des féministes
19:27dont on parle depuis tout Ă l'heure
19:29la charge est 50-50
19:31et c'est le patriarcat
19:33qui pousse donc
19:34les hommes
19:34puisqu'ils sont installés
19:35dans un certain confort
19:36depuis un certain nombre
19:37de centaines d'années
19:39Ă rester dans ce confort-lĂ
19:40puisque les femmes
19:41leur servent aussi
19:42qu'est-ce que vous en pensez
19:43de ça
19:43pour terminer
19:47ce sera ma question
19:48ph de la fin de l'émission
19:49je ne sais pas
19:49cette histoire
19:50de patriarcat
19:51sincĂšrement
19:52je trouve que c'est un mot
19:53tellement usé
19:54tellement saturé
19:55tellement éculé
19:57que j'ai du mal
19:58vous avez enfin
19:59bon dire quelques-unes
20:00oui oui
20:01je sais
20:01je sais bien
20:02mais franchement
20:04je n'arrive pas
20:05Ă comprendre
20:05cette façon
20:08de vouloir
20:09débusquer
20:10le patriarcat
20:11ici
20:11et d'ĂȘtre
20:12trĂšs trĂšs
20:14tolérante
20:14avec d'autres
20:15patriarcat
20:16par exemple
20:17je ne sais pas
20:18on parle beaucoup
20:19de patriarcat
20:20de corps Ă disposition
20:21moi j'ai l'impression
20:22que c'est aussi
20:23l'esprit critique
20:23qui est un peu
20:25Ă disposition
20:25parce que
20:26voilĂ
20:27vous me parlez
20:28de patriarcat
20:28et fin août
20:29on a beaucoup parlé
20:30de l'excision
20:32et en fait
20:33c'est majoritairement
20:34les femmes
20:34qui font exciser
20:35les petites filles
20:35il faut le savoir
20:36mais ce n'est mĂȘme pas ça
20:37c'est qu'en fait
20:37il y a eu un rassemblement
20:39Ă Paris
20:39fin août
20:40il y a eu une centaine
20:41de personnes
20:41c'est assez dérisoire
20:43quand d'autres sujets
20:46en fait
20:46mobilisent
20:47et suscitent
20:48des indignations
20:50incroyables
20:50donc voilĂ
20:51je voulais aussi
20:52mettre ça en avant
20:54et
20:55bravo Gaëlle
20:56merci beaucoup
20:56je rappelle
20:58pourquoi je vous
20:59appelez
20:59Gabrielle
21:00je ne sais pas
21:00c'est un joli prénom
21:01en mĂȘme temps
21:03merci beaucoup
21:03Gaëlle Atlan
21:04le féminisme d'atmosphÚre
21:06quand les particules militantes
21:07colonisent nos esprits
21:08c'est chez FIP édition
21:09merci d'avoir partagé
21:10ce moment avec nous
21:10merci Ă vous
21:11pour l'invitation
21:11avec plaisir
21:12merci Ă vous
21:13de nous suivre
21:14tous les samedis
21:14et d'avoir Ă©tĂ© lĂ
21:15Ă ce premier rendez-vous
21:16de la saison
21:17c'est rendez-vous
21:18d'ailleurs samedi
21:19prochain 13h30
21:20pour une nouvelle édition
21:21de Parlons Femmes
21:22et puis demain
21:22Ă 19h dans
21:23c'est excellent
21:24merci à Dési
21:25en régie
21:25et surtout
21:26continuez de ĂȘtre vous-mĂȘme
21:27je vous embrasse
21:28Sud Radio
21:29Parlons Femmes
21:30Judith Belair
21:32avec la Caisse d'épargne
21:33Ăle-de-France
21:34fiĂšre de soutenir
21:35toutes les femmes
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