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  • il y a 4 jours
Dans Parlons Femmes, Judith Beller reçoit Gaëlle Buswel, chanteuse et guitariste

"Parlons Femmes" nous raconte les parcours des femmes extraordinaires qui tissent le lien de notre République. Nous explorons des thèmes universels tels que la lutte pour l’Egalité des genres, la liberté d’expression, la diversité culturelle, le droit à disposer de son corps. Et surtout, nous donnons la parole aux hommes engagés. Oui, ils existent, et il est essentiel de les entendre et de les encourager !

Une émission de Judith Beller.

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##DESTIN_DE_FEMMES-2026-01-24##

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Transcription
00:00La Caisse d'épargne-Île-de-France, fière de soutenir toutes les femmes, vous présente
00:05Sud Radio, parlons femmes, Judith Belair.
00:09Parce que chaque femme qui parle ouvre un chemin pour les autres.
00:11Parlons femmes sur Sud Radio, bienvenue à toutes et à tous.
00:15Elle a partagé la scène avec des sacrés groupes, ZZ Top, M, Ringo Starr, Beth Hart.
00:20Elle enflamme le blues rock avec une voix qui ne transige pas.
00:23La chanteuse, guitariste et auteure, compositrice aussi, Gaëlle Buswell revient
00:27avec un nouveau single très engagé pour nous les femmes et c'est un concentré d'énergie et de vérité.
00:31Autant dire que vous avez votre place dans cette émission.
00:32Bienvenue Gaëlle.
00:34Merci, merci beaucoup.
00:35Bonjour à tout le monde.
00:36C'est Parlons Femmes.
00:37Sud Radio, parlons femmes, Judith Belair.
00:40Alors Parlons Femmes pose des questions, vous le savez Gaëlle ?
00:42D'accord.
00:43Vous êtes prête ?
00:44Je suis prête, je suis prête.
00:45Et très contente d'être là surtout.
00:46Bah écoutez, c'est un plaisir partagé.
00:48Quelle femme incarne le courage sans compromis pour vous ?
00:51Tina Turner.
00:52Ah ouais, je suis d'accord.
00:54Expliquez-moi, je sais pourquoi, mais peut-être que vous avez d'autres raisons.
00:56Alors c'est sorti tout seul en plus, mais c'est vraiment une artiste et une femme que j'aime énormément
01:01parce qu'elle a énormément représenté les femmes dans le milieu du rock
01:06et surtout avec la vie personnelle qu'elle a pu avoir en tant que femme.
01:11Pas toujours simple.
01:12Vraiment pas simple.
01:13C'est une rescapée quoi.
01:13Voilà, une rescapée qui a su prendre sa place, vraiment prendre sa place, exister et dire non
01:20pour continuer en fait à pouvoir être la personne qu'elle avait envie d'être.
01:25C'est marrant que vous dites là parce que la prochaine question c'est à quoi avez-vous dit non pour dire oui ensuite ?
01:31À quoi j'ai dit non pour dire oui après ?
01:33Alors à quoi j'ai dit non ?
01:35Maintenant que je suis devenue maman, je dis non à beaucoup de choses.
01:40En fait c'est juste, je pense que c'est une force d'avoir ma petite, elle va bientôt avoir 3 ans là.
01:45Avant je disais toujours, pas toujours oui mais on a toujours peur de vexer les gens, etc.
01:51Et en fait non, c'est pas une mauvaise réponse en fait par moment.
01:54Et je pense que...
01:57Mais vous dites non pour vous aussi, pas que à votre fille quand même ?
01:59Ah oui, non, maintenant je le dis pour moi aussi.
02:02En fait c'est presque à votre enfant que vous avez commencé à dire non pour vous, c'est ça ?
02:05Je peux le dire, oui, exactement.
02:07De le dire beaucoup plus facilement, s'imposer beaucoup plus.
02:10D'autant plus parce que c'est une fille et que vous êtes une femme et qu'il y a un exemple.
02:13Exactement, peut-être aussi.
02:16Ou alors qu'elle me donne une force supplémentaire pour être la personne que j'ai envie d'être en fait.
02:19J'ai plus de temps à perdre.
02:21Voilà, on doit avancer et se préserver aussi.
02:23C'est surtout ça.
02:24Et non n'est pas une mauvaise réponse pour avancer.
02:26C'était Neil Black, le premier guitariste américain avec qui j'ai travaillé sur mon premier album.
02:31Il m'avait toujours expliqué, il me disait, tu sais, pour bien avancer, non n'est pas une mauvaise réponse.
02:35Au contraire.
02:36Voilà, exactement.
02:37Et ça c'était super.
02:37Parce que si on dit oui à tout, on s'en sort pas en fait.
02:40Exactement.
02:41On se perd dans la masse quoi.
02:42Exactement.
02:42Du oui.
02:43Oui.
02:44C'est le cas de le dire.
02:46Je serais très mauvaise.
02:47Je dis ni oui ni non au moins.
02:49Je pense pas là.
02:50Est-ce que, la réponse elle va toi aussi, mais est-ce que le pouvoir féminin ça fait encore peur du coup ?
02:55Maintenant que vous dites non.
02:57Alors, voilà, en fait il faut que je réponde par oui ou non en fait, c'est ça.
03:01Le pouvoir féminin, non, moi je trouve pas qu'il fasse peur.
03:04Après, en tant que femme, j'ai une vision qui sera forcément différente des...
03:07des hommes ou quoi que ce soit, mais je trouve que...
03:12Moi je suis toujours à voir que chacun a sa place, chacun a le droit d'exister de la façon dont il a envie d'être en fait.
03:19Donc le pouvoir, chacun a le droit de l'avoir.
03:20Mais les hommes, ils ont pas peur des femmes de pouvoir, pensez ?
03:24Vous vous êtes pas confrontés ?
03:26Je pense que ça dérange.
03:27C'est peut-être pas la même chose, je sais pas.
03:30Mais je sais que moi, par exemple, voilà, ça fait mon projet, il existe depuis 2011.
03:35Je travaille avec la même équipe de musiciens depuis du coup maintenant 15 ans, bientôt 16 ans, c'est ça.
03:42Je sais plus compter.
03:43Et c'est que des hommes avec qui je travaille dans mon équipe musicale.
03:47Je n'ai jamais eu de soucis en fait avec ça.
03:49Mais peut-être que chez les musiciens, c'est plus ouvert.
03:52Après, ça dépend...
03:54Parce que quand ils sont l'idée par une femme qui prend la lumière en même temps,
03:59si elle n'est pas là, il n'y a plus de lumière.
04:00Exactement.
04:01Oui, peut-être que ça c'est la bonne réponse.
04:03Et c'est joliment dit en plus.
04:04On aime la lumière, nous.
04:07Si vous pouviez offrir un super pouvoir à toutes les femmes du monde, qu'est-ce que vous leur offriez ?
04:11Riez.
04:12Un super pouvoir ?
04:14Alors le super pouvoir, vraiment, ce serait de...
04:18Le super pouvoir d'être vraiment à 100% de s'aimer.
04:25À 100% de s'aimer soi ?
04:26Oui, de s'aimer soi, oui.
04:28Parce que je pense qu'en tant que femme, des fois on grandit, on a souvent des blessures,
04:32on a toujours certaines choses.
04:35Ou du regard des autres.
04:37Et comme je leur dis, c'est des choses que j'ai compris en devenant maman en fait.
04:41Et ce truc de s'aimer soi-même, ça serait un super pouvoir.
04:46Je pense que ça serait un super pouvoir pour la planète en fait.
04:49Je pense que ça serait beaucoup plus large que ça.
04:52Moi je me suis rendue compte, je parle beaucoup de ma fille.
04:55Allez-y !
04:56Elle est petite pour nous écouter.
04:58Oui, elle est petite encore.
04:59Peut-être qu'elle écoutera plus de ça.
05:00Oui, moi je ne savais pas si je pouvais avoir des enfants.
05:03Et c'est vrai que quand j'avais 20 ans, on m'a dit que peut-être c'est quelque chose qui n'arriverait jamais.
05:07Et ça a toujours été quelque chose qui m'a frustrée.
05:10Donc je me suis beaucoup concentrée dans mon métier d'artiste, dans certaines choses.
05:14Et je pense que des fois j'essayais peut-être de courir après quelque chose qui ne comblerait pas cet amour-là.
05:20Ce que j'aurais aimé avoir.
05:22Et puis elle arrivait par magie il y a trois ans.
05:25Et j'aime la personne qui je suis aujourd'hui.
05:28Je pardonne la petite fille que j'ai été, qui a été dure avec elle-même en fait.
05:33Donc c'est pour ça qu'on voit un pouvoir, celui de...
05:36Vous êtes embêtante parce que vous précédez toutes les questions.
05:38C'est vrai ?
05:38Non mais je me dis à partir du moment, c'est vrai que si on avait ce pouvoir d'aider,
05:45qu'on est une petite fille ou quoi que ce soit,
05:47de ne pas se poser de questions sur la personne qu'on est physiquement ou tout ça,
05:53je pense que ça donne de l'assurance pour beaucoup de choses, pour pouvoir avancer en fait.
05:57Oui, je suis d'accord.
05:58Alors ce patriarcat là, à votre avis, il se contourne, il s'ignore, il se confronte, il s'embrasse.
06:05Qu'est-ce qu'on en fait ?
06:06Alors, c'est difficile de répondre à ça.
06:11J'ai le droit de mettre un veto là-dessus.
06:12Vous n'avez pas envie de répondre, vous ne répondez pas.
06:14C'est pas un sujet, ça peut ne pas être un sujet aussi.
06:19Oui, c'est vrai que j'essaye tellement de mettre en avant la place de la femme,
06:29mais tout en ayant un équilibre avec les hommes.
06:32Vous n'êtes pas pour les féministes enragées ?
06:34Alors, je ne veux pas dire que je suis pour ou contre,
06:37parce que chacun a ses idées, et quand chacun défend une idée avec des convictions...
06:40Ça ne vous correspond pas en tout cas.
06:41Voilà, ça ne me correspond pas.
06:43Alors pour revenir à cette petite question que vous m'avez volée en amour,
06:46j'allais vous demander ce que vous lui diriez à cette petite fille de 5 ans que vous étiez.
06:50Donc vous lui pardonnez, mais qu'est-ce que vous avez à pardonner à un enfant de 5 ans ?
06:54Alors, peut-être pas quand elle avait 5 ans, mais plus quand elle était ado.
06:57Parce que l'adolescence, c'est difficile.
06:59Les rêves ?
07:00Mais les rêves...
07:01Alors moi je suis contente parce que je réalise les rêves que j'avais petites.
07:05Et ça, je suis contente que le chemin m'ait amené jusqu'à ce rêve-là.
07:09D'avoir une entourage familiale qui a fait que j'ai pu aussi réaliser ces rêves.
07:13Qu'on me laissait le choix de pouvoir les réaliser.
07:16Moi, cette petite fille de 5 ans, je lui dirais justement de continuer à rêver,
07:20de laisser personne nous empêcher de rêver.
07:22Parce que même aujourd'hui, en 2026, je pense que la seule chose qui nous reste,
07:27c'est de s'entourer des gens qu'on aime et de rêver.
07:30Pour se sentir bien.
07:31C'est la seule chose qui nous reste ?
07:32Non, pas la seule qui nous reste.
07:36Mais ce que je veux dire, c'est que le monde dans lequel on évolue...
07:39Il est dur.
07:39Il est dur.
07:40Il est dur.
07:41Et il ne faut pas qu'on s'empêche de rêver, en fait.
07:44Voilà.
07:44Moi, je pense que...
07:45Peut-être que je vis dans un monde où le rêve est assez important pour pouvoir se préserver.
07:51Surtout pour créer.
07:52Et pour créer.
07:53Et pour créer.
07:54Exactement.
07:55Allez, on vous écoute un peu, Gaëlle Busuel.
08:27Alors, c'est That's All Right, avec Gaëlle Busuel en interprétation sur Sud Radio.
08:33Alors, That's All Right, ce n'est pas n'importe quelle chanson, déjà.
08:35C'est une reprise du bluesman Arthur Big Boy Crude Up.
08:39Vous le saviez ?
08:40Alors, le titre, oui.
08:41Le titre de la chanson, c'est exactement ça.
08:43Et ensuite, ça a été repris par Elvis Presley, aussi.
08:46Alors, oui.
08:47Même s'il n'y a pas la même chanson, exactement.
08:49Oui, oui, puisque là, c'est une composition originale, That's All Right.
08:53Mais c'est vrai que That's All Right, il y a eu tellement de chansons.
08:56C'est un message, en fait, universel, ça va aller, quoi.
08:59C'est exactement ça, oui.
09:00Everything is gonna be all right.
09:02C'est dans toutes nos époques.
09:03Et Bob Marley le disait aussi, ça.
09:04Oui, c'est vrai, en plus.
09:06Oui, oui.
09:07Il le disait en jumpant un peu.
09:10Alors, ce qui est intéressant, vous, dans votre texte, c'est que...
09:13Bon, je le dis en anglais, puis on va le traduire ensuite.
09:15Everything is gonna be all right.
09:16Oh, that's what they say.
09:18There's no other way.
09:19I am a girl.
09:19I am a wife.
09:20I am a mother.
09:21Bon, grosso modo, tout va aller bien.
09:22C'est ce qu'ils disent.
09:24Tout va aller bien.
09:25Il n'y a pas d'autre manière de faire, pas d'autre voie.
09:27Je suis une fille, je suis une femme, je suis une mère.
09:31Et je ne veux pas me faire avoir, en fait.
09:32C'est ça que vous dites.
09:33Que tout va aller bien.
09:35Et puis, ils vous disent aussi qu'il faut être un peu fou
09:37pour faire ce qu'ils vous demandent, parfois.
09:42Prétendre d'être aveugle.
09:43C'est jamais facile.
09:45Il ne faut pas garder la tête basse.
09:48Bon, c'est un hymne à la femme en général, à la résilience féminine.
09:52Exactement.
09:53C'est un hymne aux femmes et une ode à la résilience, en fait.
09:57C'est vraiment...
09:58Moi, j'ai appris beaucoup sur l'année 2025, en fait,
10:01avec une période qui a été vraiment...
10:04Voilà, en 15 ans, ça a été l'année la plus compliquée.
10:06Je me suis séparée du label avec qui je travaillais,
10:09puisque quand je suis devenue maman, il y a eu un peu une transition
10:12où c'était silence radio de leur part.
10:15Donc, voilà, j'ai voulu partir de ce label-là
10:19et pour redevenir indépendante.
10:21Et puis, à travers ce texte, c'était surtout de pouvoir montrer
10:25que ce n'est pas parce qu'on devient une maman que la vie s'arrête, en fait.
10:30Elle devient encore plus riche, elle devient belle.
10:33Les gens nous disent souvent qu'il faut rentrer dans des cases.
10:36Il faut toujours être conforme à certaines choses.
10:37Il faut toujours être ceci, cela.
10:39Et en fait, on n'a pas besoin de tout ça pour pouvoir exister.
10:42Et j'avais...
10:44Surtout, il faut être conforme à soi.
10:45Exactement, exactement.
10:47Et c'est vrai que ma fille, si un jour, elle a des rêves,
10:51je n'ai pas envie qu'on lui coupe l'herbe sous le pied.
10:53Elle m'a beaucoup inspirée cette chanson-là.
10:54C'est mon mari qui a composé la chanson.
10:56J'ai écrit le texte avec Marco Cinelli,
11:00qui a été à fond dans l'idée de vouloir faire un hymne aux femmes
11:05et de vouloir laisser nos voix parler.
11:08Tout simplement, parce que c'est vrai qu'on arrive en 2026.
11:12J'ai l'impression qu'on régresse sur beaucoup de choses.
11:15Et ce message, j'avais juste envie qu'il soit bien.
11:19Soyez juste la personne que vous avez envie d'être.
11:21En fait, à travers la musique, j'ai rencontré beaucoup de gens,
11:24mais j'ai aussi fait face à beaucoup de choses.
11:26où les débuts, avec mon premier album, j'allais jouer dans des...
11:30On va y revenir.
11:32Tu veux que j'en parle un peu plus tard, peut-être pour ne pas manger ta question ?
11:35C'est une coupure.
11:36Une coupure.
11:37Est-ce que ça s'appelle ? La pub.
11:38La pub.
11:39Parlons-là, c'est l'émission qui vous raconte la puissance des femmes avec moi.
11:43D'ailleurs, elle est bien puissante pour vous aujourd'hui,
11:45la chanteuse, guitariste et auteure, compositrice.
11:47Gaëlle Busuel, surtout, vous restez avec nous.
11:48La Caisse d'Épargne-Île-de-France, fière de soutenir toutes les femmes,
11:53vous présente Sud Radio, parlons-femmes, Judith Belair.
11:57On parle femme, on parle en femme, et on parle vrai, parlons-vrai,
12:01sur Sud Radio, comme tous les samedis à 13h30, avec vous aujourd'hui,
12:04la chanteuse, guitariste, auteure, compositrice Gaëlle Busuel,
12:07et puis son nouveau single, très engagé pour nous les femmes, That's All Right.
12:11Alors vous avez continué, je vous ai coupé.
12:13Non mais c'est pas grave, il n'y a aucun souci.
12:15Je vous ai coupé parce qu'il fallait, j'avais pas le choix.
12:16Je parle trop et je vais me parler aussi.
12:18Non mais c'est bien de parler.
12:20Donc justement, sur cette ode aux femmes, et sur le fait qu'il faut arrêter de s'excuser.
12:24Oui, c'est exactement ça.
12:27Moi j'ai pris cette position-là, parce que je suis une femme,
12:30et ça raconte un peu mon histoire, et je me dis,
12:33en fait on vit tous la même chose, à chaque fois,
12:35on passe tous par les mêmes choses, les mêmes événements et tout ça,
12:40et je me suis dit, voilà, je vais faire par rapport à mon point de vue, à moi,
12:43et par rapport à ce que j'ai vécu, pour pouvoir parler aux femmes,
12:46tout simplement dans cette chanson.
12:48J'ai dans les mains aussi un album que vous avez sorti post-Covid,
12:51mais qui est où, juste avant ?
12:53Alors on l'enregistre avant le Covid, et il est sorti début d'année 2021.
12:58Donc difficile.
12:59Difficile, mais il fallait qu'on puisse offrir quelque chose à nos fans,
13:03parce que je pense que les gens avaient besoin de retrouver de la musique.
13:05Et du coup on a sorti un double album, ce n'était pas prévu.
13:08Et alors il s'appelle Your Journey, on aurait envie de dire,
13:10quand on est un artiste, en général on met My Journey,
13:13mais là ce n'est pas ça, c'est pour les autres encore.
13:14En fait vous faites de la musique pour les autres.
13:16C'est ça, j'ai écrit des chansons,
13:18et alors je collabore avec pas mal d'artistes, avec des auteurs aussi,
13:23et Your Journey c'est notre message de la vie, en fait, tout simplement.
13:29Et c'est vrai qu'on écrit des chansons, elles ne nous appartiennent plus,
13:30donc là le prochain album il y a des choses où je parle un petit peu plus de moi,
13:34mais c'est vrai que j'aime m'adresser aux gens et de me dire que...
13:40Là ils font partie de votre chemin.
13:41Exactement, oui.
13:42Et puis il y a sur les quatre albums qu'on a sortis,
13:44il y en a trois qui ont été quand même financés grâce à l'aide de mes fans.
13:48Donc je les embarque avec moi à tous les niveaux.
13:52Vous les aimez d'amour quoi.
13:54Je les aime, d'ailleurs je vous dis, je vous aime, je vous aime tellement.
13:57Alors vous êtes dans la dualité comme on l'est tous,
14:00Gaëlle Busuel, vous avez une espèce de douceur sensible
14:03qui cohabite avec une rage exaltée, j'ai envie de dire.
14:05Ça vous parle un peu ?
14:05C'est gentil.
14:06C'est vrai en fait, vous assumez cette dualité qu'on a tous
14:12et que parfois on a envie de mettre un peu en retrait quoi.
14:15Oui c'est ça que vous mettez en avant vachement.
14:16Oui, oui, et puis je pense que les métiers artistiques
14:19aident à pouvoir mettre ça en avant aussi.
14:20Je sais qu'avant moi j'étais quelqu'un qui m'excusait tout le temps d'être là.
14:24Et quand j'ai compris que la musique, une fois que tu chantes tes chansons,
14:26en fait elles ne t'appartiennent plus,
14:27les gens ils emmènent la chanson avec eux,
14:30ils se font leur histoire avec tout ça.
14:32Maintenant je monte sur scène et voilà ce que j'ai à dire,
14:35voilà ce que j'ai à partager.
14:36Et puis après on ne maîtrise plus ce qui se passe en fait.
14:39Et alors il y a une autre histoire de dualité ombre et lumière dans votre histoire,
14:43c'est des néons du métro londonien
14:44dont le londonien aux clartés éclatantes de la scène.
14:48Racontez-nous ça.
14:49Ah bah alors ça c'est rigolo parce que
14:51quand j'ai démarré,
14:54c'était rigolo avant de sortir mon premier album,
14:56j'avais un peu tout plaqué pour partir vivre chez une copine qui habitait à Londres.
15:01Et puis voilà, je jouais dans des petits bars,
15:04je travaillais dans un bar pendant quelques mois.
15:07Et puis elle me disait,
15:08ah t'es pas capable de sortir ta guitare dans le métro,
15:10viens on me fait une expérience.
15:12Et en fait l'idée,
15:13et c'est rigolo que tu dis ça parce que j'ai chanté Simply the Best.
15:15Non bah voilà.
15:16Dans le métro,
15:17elle a filmé.
15:17C'est la petite à best !
15:18Voilà.
15:20Et elle a filmé,
15:22elle a fait une vidéo
15:23et ça a été assez viral
15:24parce qu'après on m'a demandé de faire ça dans le métro parisien,
15:28on va prendre des parties au Canada,
15:29on a fait ça dans le métro au Canada.
15:30Oui donc c'est le début de la lumière !
15:32Oui oui oui !
15:33Et ce qui était rigolo c'est que là c'était de se dire,
15:36ok l'idée c'est d'essayer de,
15:37alors ça remonte à quand même une dizaine d'années,
15:39donc c'était de décrocher le nez des gens de leur téléphone,
15:42de leur livre,
15:43et de leur dire,
15:43ok on a juste un truc à partager,
15:45on ne vous demande rien.
15:46Et à Londres c'était rigolo,
15:47il y a un petit gamin qui m'a offert une rose et tout
15:48et c'était super émouvant
15:49parce qu'il y a des gens,
15:50ils ont loupé leur station
15:51juste pour être avec nous
15:53et juste on voulait juste qu'ils sortent avec le smile.
15:56Mais en fait ce qui marche dans le processus créatif,
15:59sur scène, dans la musique, etc.
16:01en général,
16:02c'est ce qui ressort beaucoup dans les interviews que je fais,
16:04c'est que plus on est soi,
16:05plus on est authentique,
16:06plus on se donne comme on est,
16:08plus ça marche en fait,
16:09plus ça touche les gens,
16:10plus ça leur donne envie de rester,
16:11de réécouter, etc.
16:13Oui mais c'est exactement ça,
16:15mais de toute façon on ne peut pas tricher
16:16avec les métiers artistiques je pense.
16:19Et plus on est authentique,
16:21même si des fois ça peut être un peu brut de décoffrage,
16:24plus ça va parler justement aux gens,
16:26on n'est pas là pour se mettre des facettes
16:28et puis faire,
16:30je ne sais pas,
16:30il y a certains artistes
16:32qui rentrent dans des personnages
16:33et ça fonctionne.
16:35Ils aiment bien en sortir aussi a priori en général.
16:37Voilà exactement,
16:38moi je n'ai pas de juste milieu,
16:39c'est...
16:39Vous c'est vous quoi.
16:40Voilà c'est ça.
16:42Ça passe ou ça casse ?
16:43A priori ça passe.
16:46Pour le moment, oui.
16:47Et puis la scène chez vous,
16:48ce n'est pas un décor non plus quoi ?
16:50Non, non, non,
16:51moi je viens de là en fait.
16:52Voilà, c'est vraiment,
16:53je crois que j'ai commencé à faire de la scène,
16:56il n'y avait pas encore tous ces réseaux sociaux,
16:58il n'y avait pas l'intelligence artificielle,
17:00il n'y avait pas les plateformes digitales,
17:02donc c'est vrai que je viens de là
17:06et c'est là que je trouve
17:08où est ma place en fait
17:09et où j'aime être.
17:10En fait, vous prenez la place qui vous revient quoi,
17:12c'est ça que vous faites ?
17:14Je l'accepte aujourd'hui cette place,
17:16parce que je l'aime cette place,
17:17je me sens bien.
17:19Mais du coup,
17:19ça c'est depuis que vous êtes maman
17:20ou c'est venu un peu avant ?
17:22Non, ça je l'ai toujours eu.
17:23Je l'ai toujours eu.
17:23Je sais que j'étais une petite fille
17:24qui était très très introvertie,
17:27très discrète
17:28et je passais ma vie la nuit
17:31à jouer de la musique,
17:32à essayer d'écrire des trucs,
17:34à essayer de relever sur les cassettes audio
17:36qu'on écoutait,
17:37les paroles qu'il y avait
17:38et c'était vraiment ce que j'aimais
17:42et puis j'ai eu un cocon
17:43où la musique ça faisait partie de tout ça
17:45puisque mon père,
17:46il était batteur dans un groupe de métal
17:48en Normandie quand il était jeune,
17:50mais ma mère c'était une groupie
17:52et ils sont ensemble
17:53depuis que ma mère elle a 14 ans.
17:54C'est génial.
17:55Enfin, c'est une histoire de dingue
17:56mais ils avaient peur
17:57pour moi que j'aime ce métier-là.
18:00Parce que c'est un milieu difficile aussi.
18:01Puis le chanteur,
18:02dans les années 70,
18:03il est décédé d'une overdose
18:04donc pour eux c'était
18:05oh là là ma chérie,
18:06la musique,
18:07peut-être pas.
18:08Mais ils m'ont toujours soutenue
18:10pour pouvoir avancer.
18:10Vous n'avez pas fait partie
18:11du Club des 27 ?
18:12Non, non, non, ça va.
18:13C'était pas le but non plus ?
18:13Non, c'était pas le but.
18:14Le but c'était juste
18:15de faire quelque chose
18:16qui vous émeut,
18:16qui vous touche
18:17et qui vous emmène dans votre vie.
18:18Oui, c'est ça
18:19parce que quand j'ai découvert
18:20les albums de Johnny Lang
18:21quand j'avais 15 ans
18:23et puis bon,
18:24quand j'écoutais
18:24les vignes de Johnny Joplin,
18:25tout ça,
18:26en fait il y avait un truc
18:27qui était viscéral
18:28quand je les entendais chanter
18:29en fait.
18:30Et l'histoire de Johnny Joplin,
18:32c'est comme l'histoire
18:32de Simply The Best
18:33et des femmes
18:33où je me dis mince,
18:35comme on dit,
18:35elles ont eu la force
18:36de mettre sur la table
18:37des choses.
18:39Mais si elle avait été là,
18:39vous ne seriez pas là quoi.
18:40Non.
18:40C'est des femmes
18:41qui ont ouvert des portes.
18:42Exactement,
18:42comme Big Mama Thornton en fait.
18:44Si on remonte encore plus loin,
18:46cette première femme
18:46qui a joué de la guitare,
18:48tout le monde l'a regardée,
18:48c'est interdit
18:49de jouer de la guitare
18:51pour une femme.
18:52Et vous la guitare,
18:53alors de mots là-dessus justement,
18:55il fallait vous accompagner quoi.
18:56Oui,
18:56ça a commencé comme ça
18:57au départ
18:58parce que j'en avais marre
19:00de me dire mince,
19:02je n'arrivais pas
19:02à faire forcément
19:03la musique que je voulais
19:04ou quoi que ce soit
19:05et je me suis dit
19:06bah allez,
19:07je vais commencer un instrument.
19:08J'ai commencé la guitare
19:09parce que j'aimais
19:10cet instrument-là
19:11et je me suis dit
19:12au moins je dépends
19:12de personne aussi.
19:14Voilà,
19:14parce que ça c'était important
19:15de me dire
19:16si je veux faire des projets,
19:17je ne connais personne
19:18dans le milieu de la musique,
19:19je ne sais pas
19:19comment ça va se passer.
19:20Ah bah allez,
19:21je prends ma guitare
19:21et puis on va au casse-pipe
19:23et puis voilà qui je suis,
19:25voilà ce que je fais.
19:26Il ne faut pas avoir peur
19:27de se mettre à nu quand même.
19:29Oui,
19:29je suis toujours terrorisée
19:30avant de monter sur scène.
19:32Je n'y vais pas
19:32les doigts dans le nez,
19:33j'ai toujours eu peur
19:35mais je crois
19:36que j'avais besoin
19:37de cette adrénaline,
19:38je ne sais pas,
19:38pour peut-être
19:40pour devoir exprimer
19:42certaines choses
19:42et me sentir bien
19:43en fait tout simplement.
19:44Gaëlle Bisouel,
19:45si je vous dis,
19:46la musique est un acte
19:47de présence au monde ?
19:49Oui.
19:49Ça vous parle ?
19:50Ah oui,
19:50oui,
19:50vraiment,
19:51parce que même là
19:52tu me dis ça,
19:53ça me met les larmes aux yeux
19:53parce que tout de suite
19:54je pense à des enfants
19:56pour qui j'ai joué
19:57quand on parlait
19:57du premier album,
19:59avant la coupure pub.
20:02Il ne reste plus
20:02trop trop longtemps.
20:03J'ai eu la chance
20:05de pouvoir aller jouer
20:07tous les mercredis,
20:08j'allais jouer
20:08dans un service
20:09d'ocologie
20:10pour des enfants
20:11en fait.
20:12Des enfants
20:13qui ont le cancer.
20:14Oui,
20:14les trois quarts
20:15étaient en phase terminale
20:16et tous les mercredis
20:17je prenais ma guitare,
20:17j'allais dans les chambres
20:18et c'était assez impressionnant
20:20parce que les gamins
20:21arrivaient à faire passer
20:22des messages à leurs parents,
20:23des messages d'amour
20:24à travers la musique
20:24et ça c'est une des plus
20:26belles leçons.
20:28Une vie qu'on dit
20:29la musique,
20:30elle a cette présence-là.
20:30Je l'ai vraiment compris
20:32ce jour-là
20:33avec ces gamins-là.
20:33Ça vous rentre dans les veines.
20:35Oui, c'est ça.
20:36C'est beau, bravo.
20:37Merci beaucoup.
20:38Bravo Gaëlle Bisuel.
20:39Je rappelle
20:40votre tout dernier single
20:42qui va sortir bientôt
20:43ou qui est déjà sorti.
20:44That's All Right
20:45qu'il est sorti.
20:46C'est le premier single
20:46du nouvel album
20:47qui sortira en fin d'année
20:48normalement.
20:49Il est sur toutes les plateformes
20:50et sur YouTube aussi.
20:51Il y a la vidéo
20:52qui est top.
20:54Réalisé par une superbe autrice
20:55qui s'appelle
20:56Alexandra Ternan.
20:57On lui passe le bonjour.
20:58Il y a aussi votre album
20:59Your Journey
21:00pour ceux qui n'ont pas
21:01envie d'attendre
21:02jusqu'au second.
21:02En attendant,
21:03vous avez le prochain.
21:04En attendant,
21:05vous avez celui-là
21:05qui est trouvable
21:06un peu partout aussi.
21:07Oui, partout.
21:09Partout, partout, partout.
21:10Merci Gaëlle Bousuel.
21:11Je vous remercie
21:12d'être venue
21:12dans Parlons Femmes aujourd'hui.
21:15Merci à vous
21:15d'être au rendez-vous
21:16comme chaque samedi
21:17à 13h30.
21:17On se retrouve demain
21:1819h pour cet excellent.
21:20Et puis la semaine prochaine,
21:21toujours pareil,
21:2113h30 le samedi.
21:22Je vous embrasse.
21:23Merci à Juju.
21:24Bye.
21:24Sud Radio,
21:25Parlons Femmes,
21:27Judith Belair
21:28avec la Caisse d'épargne
21:29Île-de-France,
21:30fière de soutenir
21:31toutes les femmes.
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